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Immigration

Programme de l’expérience québécoise (PEQ)

Une enquête de l’UPAC sur les cours de français Suite dela page 12

ette. C’est votre avenir qui est en jeu », explique M. Boudreault. L’entrevue orale handicape les candidats dont le niveau de français est meilleur à l’écrit, selon lui. L’examen final des cours de français dispensés par les commissions scolaires comme EnglishMontreal et Lester-B.-Pearson s’échelonne sur deux jours et comprend des épreuves écrites et orales. Des candidats rejetés en appellent aux tribunaux Ces faits sont-ils à l’origine de la démarche entreprise par quatre candidats qui ont vu leurs dossiers d’immigration rejetés et qui ont entamé des procédures judiciaires contre le ministère de l'Immigration devant la Cour supérieure. Ils demandent que la décision soit révisée. Les quatre candidats sont des étudiants étrangers qui sont venus étudier dans des programmes de

formations professionnelles offerts par les commissions scolaires anglophones Lester-B.-Pearson, New Frontier et English-Montreal. Les quatre étudiants ont aussi suivi le cours de français intermédiaire. Ce cours, une fois réussi, leur permettait de prouver au ministère qu’ils avaient le niveau suffisant pour déposer une demande d’immigration en vertu du Programme de l’expérience québécoise.

Le ministère de l'Immigration a dit par lettre aux candidats qu’il avait des « motifs de croire » que les candidats avaient fourni un document « faux » ou « trompeur » relativement à leur niveau de connaissance du français. Le ministère a demandé aux candidats de se présenter à une entrevue lors de laquelle leur niveau de français a été évalué oralement. Leur demande a été rejetée, l'évaluateur estimant que les candidats n’avaient pas le niveau de français adéquat. L’avocate Audrey Boctor estime

que ses quatre clients ont suivi le cours de français intermédiaire, car le ministère reconnaissait que la réussite de ce cours leur permettait de déposer un dossier en vertu du Programme de l'expérience québécoise. Rien n'indiquait, selon elle, qu'ils devaient ensuite se soumettre à un examen oral. «Ce n’est pas la faute des étudiants, et ce ne sont certainement pas des fausses représentations des étudiants. Ils ont simplement suivi le cours qui est reconnu par le ministère» déclare à ce sujet Audrey Boctor, avocate chez Irving Mitchell Kalichman Plusieurs autres candidats à l’immigration pensent à se tourner vers les tribunaux. English-Montreal n'est pas au courant que le cours qu’elle dispense pose problème. Angela Mancini, la présidente de la Commission scolaire EnglishMontreal, soutient que le cours de français est reconnu par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Elle

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rajoute que le cours de français apparaît dans la liste des cours reconnus par le ministère de l’Immigration, sur son site web.

forme au programme qui était établi par le Ministère et par le gouvernement », dit M. Cannavino.

Elle indique aussi que le cours enseigne la lecture, l’écriture et la compréhension orale aux étudiants. Mme Mancini demande une rencontre avec la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil. Elle précise aussi que la vérificatrice, nommée par le ministre de l'Éducation il y a presque six mois, n'est toujours pas passée aux bureaux de la commission scolaire.

«Il y a quelque chose qui n’est pas correct quelque part et nous voudrions des réponses […] nous perdons de la crédibilité» s’interroge Julien Feldman, commissaire scolaire de l'opposition à la Commission scolaire EnglishMontreal

Audits du gouvernement et enquête de l’UPAC À la Commission scolaire English-Montreal, les commissaires scolaires de l’opposition, Agostino Cannavino et Julien Feldman, avaient écrit à l’UPAC pour demander une enquête en décembre 2016 concernant plusieurs irrégularités. Ils se sont dits toutefois surpris que le cours de français pose problème au MIDI. « Très surpris, car on était con-

nº 301 du 20 avril au 3 mai 2017

La Commission scolaire LesterB.-Pearson et la Commission scolaire New Frontier, dont le nom d’une de ses écoles affiliées apparaît dans la demande de révision judiciaire n’ont pas répondu aux questions des media sur le sujet. La ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, a indiqué que les vérifications en cours allaient continuer. « Il y a des audits internes, des audits du gouvernement […] il y a aussi une enquête, une enquête de l’UPAC, donc je ne peux pas vous en parlez plus », a dit Mme Weil.

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