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Immigration et identité 

Jean-François Lisée étale son jeu Page 6 L’Ontario veut des immigrants francophones

Cinq payssource prioritaires : la France, la Belgique, la Tunisie, le Maroc et l'Algérie

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Tensions autour des lieux de cultes

Y a-t-il une «fracture religieuse» à Montréal?

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Voix d’ailleurs; voix d’ici

Nos confrères ont la parole

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Décembre, moment-clé fiscal

Quatre trucs bons pour crédits d’impôts…

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Premières Journées Culturelles Africaines de Dar Al-Maghrib

Maroc – Sénégal : Un modèle inspirant Page 16

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Édito

Conception et Réalisation Graphique : Atlas Média Atlas.Mtl est un produit du. GROUPE ATLAS MEDIA Inc Editeur de. * La Voix des Marocains à Montréal et du site web: www.atlasmedias.com

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Depuis 2002 Groupe Atlas Media Quatorze ans, c’est… • 291 numéros du bimensuel Atlas.Mtl, soit plusieurs milliers d'articles exprimant la sensibilité maghrébine et valorisant la dimension maghrébine de la société dans laquelle nous vivons; • Une cinquantaine d'événements identitaires, artistiques, culturels et politiques; • De nombreux débats, colloques, séminaires et conférences, • 118 reportages sur la communauté pour les chaînes de télévision 2M, AlMaghribia, Ai Aoula, Arrayadia; • 365 émissions radio (de 2002 a 2009); • Un site web ayant accueilli plus de 11 millions de visiteurs depuis 2003 et qui dans sa nouvelle version (mise en ligne début 2012) et qui reçoit en moyenne 2500 visiteurs par jour.

Diversité : entre les faits et les préjugés

Éditorial

Editeur : Abdelghani Dades. Directeur Général Rachid Najahi. Rédaction : Abdelghani Dades, Narjisse El-Bakkali, Zahira Ellahgui, Mona Doutabaa, Said Chayane, Reda Benkoula Publicité : Agence Odyssée

Deux nouvelles pour entrer en matière :

1- Jean-Francois Lisée, présentant ce qui devrait être la politique du PQ en matière d’immigration et de gestion de la diversité glisse une annonce de taille dans ses propos : si le PQ parvenait à enlever la majorité aux élections provinciales de 2018, un de ses premiers actes de Premier ministre consisterait à conclure des ententes de reconnaissance réciproque des compétences professionnelles avec la Tunisie, le Maroc et l'Algérie. 2- L’Ontario veut renforcer son immigration francophone et les pays devant l’aider à réaliser cet objectif seraient notamment le Maroc, la Tunisie et l’Algérie. Actes et valeurs Voilà deux faits qui nous mettent du baume au cœur sachant que jusqu’à présent, la communauté des originaires du Maghreb et en particulier du Maroc, si elle se distingue par le niveau de compétence qui est le sien (à 80% hautement diplômée et francophone) reste le détenteur du triste record du chômage (un peu plus de 20%). Voilà aussi qui constitue une belle reconnaissance de la capacité de ce segment de la population à contribuer, contre vents et marées, à la richesse présente et au devenir du Québec; au plan des actes comme au plan des idées, avec des initiatives qui, hélas!, ne semble pas retenir l’attention de nos média; si prompts par ailleurs à nous jeter l’opprobre en toute occasion; toujours, hélas encore, sur la base de préjugés et d’ignorance. Cette reconnaissance n’est en effet pas gratuite. Qu’on en juge : - Tout récemment, dans le cadre de la COP 22 tenue à Marrakech, la délégation du Québec à brillé; bien plus que la trop discrète (insignifiante?) présence et participation de notre gouvernement fédéral. En y regardant de plus près, on aurait pu se rendre compte que la représentation du Québec – officiels, institutions,

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entreprises et associations – comptait en son sein quelques quarante québéco-marocains, scientifiques, gens d’affaires et gens de culture qui ont ainsi parfaitement assumé leur double appartenance, leur rôle de «dynamiseurs» de coopération mutuellement profitable et leur responsabilité en matière de protection de la nature et de contribution à la lutte contre les effets du réchauffement climatique.

- Ce rôle de médiateur entre le Québec et le pays hôte de la COP 22 s’est enrichi d’une dimension africaine; celle que les originaires du Maroc et donc du Continent de toutes les promesses, ont apporté en partage dans leur société de vie; aspect parfaitement illustré à Montréal aussi, à la faveur de l’organisation par le Centre culturel Dar al Maghrib (la Maison du Maroc, des marocains et des maroco-canadiens) de Journées culturelles Africaines qui, si elles mettent la Sénégal à l’honneur, n’en sont pas moins une invite à une nouvelle forme de coopération internationale qui semble être bien dans les vues du gouvernement québécois. - En même temps, à Montréal, les originaires du Maroc réunis au sein du Forum des Compétences Canado-Marocaines (FCCM) se livrait à une nouvelle démonstration de leur volonté de contribuer plus et mieux à la création de valeur et de richesse collective en incitant et encadrant des jeunes de toutes origines, sur la voie de l’entrepreneuriat. - Toujours au chapitre valeur, mais au pluriel, c’est-à-dire au niveau des principes qui fondent la société dans laquelle nous vivons tous, une autre initiative est à souligner : celle de l’Institut Musulman de Montréal (IMM) qui a initié une réflexion sur le thème «Héritage au féminin entre passé, tradition et passion». Pour cette association qui se donne pour objectif de débattre de la place de la religion dans la société sans jamais aborder les aspects théologiques, il s’agissait par ce biais de dire combien la question de l’égalité homme-femme est

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présente chez les maghrébins même si «toutes les sociétés humaines que ces dernières vivent des processus continus de transformations», certaine vivent «parfois des blocages et même des retours en arrière» qui ne signifient cependant pas une incapacité de leurs membres à respecter des valeurs qui sont et restent universelles. - Enfin, d’autres originaires du Maroc, de confession juive, viennent rappeler à l’ensemble de nos concitoyens que parler de vivre ensemble, c’est faire constamment preuve «d’ouverture à l’autre, de partage et de tolérance». Et ce message, ils le transmettent par le vecteur de la culture, dans le cadre de la 44ème Quinzaine SÉFARAD (Montréal; 26 novembre – 11 décembre); un événement qu’il ne faut rater sous aucun prétexte. Afin que tombent les préjugés… C’est sur ces entrefaites que le gouvernement du Québec lance une campagne de valorisation de la diversité et du vivre ensemble. Une campagne qui, selon Kathleen Weil, ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, est Une «initiative importante qui bénéficiera à l’ensemble de la société québécoise»; «À travers les témoignages authentiques de personnes qui incarnent le Québec d’aujourd’hui, la campagne« Ensemble, nous sommes le Québec» permet de mettre à l’avant-plan l’apport de la diversité à la prospérité du Québec. Ce sera l’occasion d’affirmer notre appartenance commune au Québec et de valoriser les échanges et les rencontres interculturelles. S’ouvrir à la diversité, partager et se rapprocher permet de mieux se connaître et faire tomber les préjugés, ce qui nous renforce collectivement ». Hasard ? Sans doute plutôt une autre reconnaissance; en attendant que tous le Québec emprunte les voies ouvertes par les décideurs ontariens, J-F Lisée et Kathleen Weil …

Abdelghani Dades


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Éducation

Élection scolaire partielle le 4 décembre 2016 à Montréal-Nord

Voter, c’est décider; ne pas choisir, c’est subir…

Par Boubaker Mesbah*

Annoncée le 21 octobre dernier par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), une élection partielle aura lieu pour un poste de commissaire de la circonscription no 7 (Montréal-Nord) de la commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, le 4 décembre 2016. Parmi les candidats, M. Boubaker Mesbah, qui nous explique ci-après le rôle des commissaires scolaires et l'importance pour les citoyens de participer à ce scrutin. Dans toute démocratie, être électeur est un droit fondamental, il permet à chaque membre adulte d’une circonscription électorale d’exercer son droit de choisir la ou les personnes qui peuvent le représenter dans tel ou tel aspect de la vie politique, sociale ou administrative. En d’autre terme, l’électeur prend le pouvoir d’un gestionnaire des ressources humaines qui engage une personne à un poste donné… Pourquoi des élections de commissaires scolaires? Tout d’abords, c’est une question de Loi. La Loi sur les élections scolaires (1989, c. 36). Cette loi fut sanctionnée le 22 juin 1989 et entrée en vigueur le 1er juillet 1989.

Elle encadre le processus d’élections et fournit la réglementation nécessaire à suivre par les candidats intéressés à soumettre leurs candidatures et garantit aux électeurs la liberté du choix des personnes qu’ils veulent élire avec impartialité, intégrité et transparence. Pour autant que ces électeurs s’engagent et fassent valoir leur droit de vote… Les commissaires scolaires jouent un rôle très important au sein de leur milieu. Élus par les citoyennes et les citoyens, ils déterminent les orientations de la commission scolaire en prenant en considération l’intérêt des élèves, des parents et des électeurs de leur communauté. Rôle des commissaires scolaires Comme la commission scolaire constitue un gouvernement local autonome, les commissaires, qui forment ensemble le conseil des commissaires, exercent des responsabilités qui peuvent s’apparenter à celles des conseillers municipaux. Le commissaire est appelé à statuer notamment sur : - les orientations et les priorités de la commission scolaire;

- les politiques éducatives et administratives; - le plan stratégique de la commission scolaire; - l’affectation et l’utilisation des écoles et des centres de formation sur le territoire; - la répartition équitable des ressources humaines, matérielles et financières entre les écoles et les centres de formation; - la politique de transport scolaire (incluant la tarification et les distances de marche); - l’offre de cours d’été et la tarification qui y est liée; - l’attribution de contrats de services professionnels (en architecture ou en ingénierie, par exemple) ou encore de contrats de services d’hygiène et salubrité; - les orientations budgétaires et les dépenses à autoriser; - la Politique sur les services de garde en milieu scolaire; - l’affiliation avec des organismes nationaux ou internationaux (ex : Organisation du Baccalauréat International) ou la désaffiliation de ceuxci; - la tarification pour la location de locaux ou d’espaces à des organismes municipaux ou communautaires; - les projets sociaux

M Boubaker Mesbah visant à lutter contre le décrochage scolaire ou la violence et l’intimidation. (Extrait : http://www.education.gouv.qc.ca/commissions-scolaires/gouvernance/elections-scolaires-2014/role-des-commissaires-scolaires/)

sur vos représentants et élus. Choisir, c’est décider qui vous représentera, ne pas choisir, c’est subir… *candidat autorisé à l’élection scolaire, Circonscription # 7 à Montréal-Nord

En tant qu’électeurs, vous avez un pouvoir de choix

Adoption du projet de loi 105 sur l’instruction publique

Une réforme diversement accueillie Parents, commissions scolaires, directions d’écoles et syndicats accueillent avec des réactions plutôt partagées l’adoption du projet de loi 105 qui modifie la Loi sur l’instruction publique. Le projet de loi 105, qui est venu remplacer le très controversé projet de loi 86, vient renforcer le rôle des parents et des établissements d’enseignement dans la gouvernance du réseau scolaire. « L’adoption de ce projet de loi constitue une étape importante aujourd’hui, s’est réjoui le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, par voie de communiqué. Un consensus fort a d’ailleurs émergé sur plusieurs aspects du

projet de loi. » Le résumé du projet Le ministre dit avoir donné suite aux demandes de plusieurs groupes qui se sont fait entendre pendant l’étude du projet de loi ces derniers mois.

commissaires, en vue de favoriser la prise en compte des saines habitudes de vie dans les décisions, et l’allégement des processus de planification et de reddition de comptes pour que plus de temps soit consacré à la réussite », résume le cabinet du ministre.

« Le projet de loi, tel qu’adopté, prévoit notamment l’attribution du droit de vote aux commissaires représentant le comité de parent ; la mise sur pied, dans chaque commission scolaire, d’un comité de répartition des ressources, composé en majorité de directeurs d’établissements ; l’ajout d’un représentant du milieu du sport et de la santé au sein du conseil des

Accueil tiède à mitigé… Les réactions n’ont pas tardé à se fuser. La Fédération des comités de parents du Québec, directement touchée par le projet de loi, y va d’un accueil favorable, mais timide. « Même si toutes nos demandes n’ont pas été entendues et que beaucoup de clarifications sont encore attendues, nous sommes satisfaits du projet de loi

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adopté par les parlementaires », a soutenu la présidente de la FCPQ, Corinne Payne. Le ministre pourra compter sur « l’entière collaboration des commissions scolaires pour la mise en oeuvre des mesures » contenues dans le projet de loi, promet la Fédération des commissions scolaires du Québec. Du côté des directions d’école, on parle carrément de « désolation » et d’une « perte de temps et d’argent pour les contribuables québécois ». « Alors que le projet de loi 86 venait reconnaître, l’année

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dernière, le rôle majeur de l’école dans la réussite des élèves, son cousin, le projet de loi 105, est d’une dilution totale, affirme Michèle Demers de la Fédération québécoise des directions d’établissement. C’est l'éléphant qui accouche d’une souris. » Enfin, du côté de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la présidente Louise Chabot se contente de « prendre acte » de l’adoption du projet de loi. « Nous l’avons dénoncé dès le départ […] On se retrouve devant un brassage de structures qui ne sert pas la réussite des élèves et n’est pas la solution aux enjeux actuels de l’éducation. »


Politique québécoise

Immigration et identité

Jean-François Lisée étale son jeu

Une fois élu, il envisage la conclusion d’ententes de reconnaissance réciproque des compétences professionnelles avec le Maroc, la Tunisie et l'Algérie Le chef du PQ, Jean-François Lisée, a présenté fin novembre 2016 sa politique en matière de laïcité, de francisation, d'immigration et d'intégration. Fruit d'un consensus au sein du caucus péquiste, cette politique sera présentée au congrès du parti en 2017, afin d'y être débattue et adoptée. Après moult déchirements lors de la course à la direction du parti, le caucus péquiste a enfin une position unifiée sur les questions délicates de l’identité, de l'immigration et du port de signes religieux par les employés de l’État. Son approche en la matière a été révélée par Jean-François Lisée en conférence de presse, qui a plaidé d'entrée de jeu pour la mise en place de règles claires dans tous ces domaines. Signes religieux Le chef du PQ reporte à plus tard le débat sur l’interdiction du voile intégral (burqa et niqab) dans l’espace public. Cependant, le PQ entend interdire aux employés de l'État de porter le tchador, ce voile qui recouvre la tête et le corps. De plus, le PQ interdirait non

seulement aux juges, gardiens de prison et policiers, mais également aux enseignants et aux éducatrices en garderie d'afficher leurs convictions, notamment religieuses. Cette mesure serait cependant appliquée graduellement, les salariés actuels préservant leurs droits acquis. L'État établira aussi des « balises claires » pour les institutions scolaires qui doivent répondre à des demandes d'accommodement. Les fonctionnaires devront offrir leurs services à visage découvert; les citoyens devront aussi avoir le visage découvert pour demander un service de l'État, sauf pour « motif de santé et de sécurité impératif et avéré ». Les priorités du caucus péquiste, élaborées dans un document intitulé « Identité : une approche résolue, équilibrée et responsable », sont, dit-on, destinées à favoriser « l’intégration réussie des Québécois d’adoption ». Laïcité de l'État Advenant qu’il prenne le pouvoir, le PQ envisage de légiférer en février 2019 pour baliser, dans la Charte des droits et libertés de la per-

sonne, les paramètres qui encadrent les accommodements religieux. Il s'agira notamment de s'assurer d'interdire tout accommodement qui contrevient à l'égalité entre les hommes et les femmes. Le caucus du PQ entend inscrire le principe de la laïcité de l’État dans la Charte des droits. Le chef du PQ reconnaît que les positions du caucus relativement à la laïcité se rapprochent des siennes. « Comme j'ai gagné la course [à la direction du parti], il est un peu normal que mes idées soient assez largement partagées », a-t-il ironisé.

Jean-François Lisée

Cela veut dire que les travailleurs qualifiés qui voudront venir au Québec devront démontrer une connaissance intermédiaire ou avancée du français pour obtenir leur certificat de sélection. C'est une clause éliminatoire.

étrangers désireux de s'établir dans la province, le PQ veut : - qu'un lien plus efficace soit créé entre les services de l'immigration et ceux de l'emploi; - que le délai de délivrance d'une évaluation des diplômes soit réduit à quelques jours; - qu'une aide financière remboursable soit offerte à ceux qui doivent obtenir de la formation ou faire un stage; - que des ententes de reconnaissance réciproque des compétences professionnelles soient conclues avec la Tunisie, le Maroc et l'Algérie.

Pour aider les travailleurs

Le PQ prévoit aussi dépoli-

Lier immigration, compétences et emploi M. Lisée entend améliorer les services de francisation et d’intégration des immigrants pour atteindre «l'objectif de francisation 100 % ».

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tiser le processus de détermination des seuils d’immigration en confiant à la vérificatrice générale du Québec la tâche de faire des recommandations au gouvernement. La vérificatrice serait assistée dans son travail par des experts en démographie, en emploi et en intégration. Jean-François Lisée dit continuer de penser qu'accueillir 50 000 immigrants par année au Québec, « c'est le chiffre de l'échec ». Le chef du PQ estime qu'il faut trouver « un nombre dont on peut raisonnablement assurer le succès ».


Politique québécoise

Immigration et question identitaire

PQ et CAQ à couteaux tirés

Le dernier propos de sa conférence de presse sur la question de l’identité et de l’immigration, le chef du PQ l’a réservé à la Coalition avenir Québec (CAQ). Sous forme d’une réaction virulente à la publicité que fait circuler le parti de François Legault et dans laquelle on voit un montage photographique plaçant une femme vêtue d'un tchador aux côtés des portraits du premier ministre Philippe Couillard et du chef péquiste Jean-François Lisée. Dans cette publicité la CAQ soutient que le PQ et le PLQ sont en faveur du tchador pour les enseignantes dans les écoles.

Le chef du PQ qualifie sans ambages cette publicité de « mensongère ». « Je ne me souviens pas d'un moment où on était favorable au tchador », affirme M. Lisée

au sujet des positions passées du PQ.

quatre circonscriptions le 5 décembre prochain.

Jusqu'ici, au Québec, « on avait échappé au mensonge » et à ce genre de publicité « à l'américaine », dit encore Jean-François Lisée, qui estime que la CAQ recourt ainsi à la « démagogie ».

Nathalie Roy persiste et signe La députée de Montarville pour la CAQ, Nathalie Roy, rétorque qu'au contraire, « ça va super bien pour la CAQ » dans les circonscriptions visées par des élections partielles. Mme Roy a aussi défendu la publicité décriée par le PQ, une publicité qui dit la vérité, selon elle.

De l'avis du chef péquiste, les Québécois n'auront pas envie de confier le poste de premier ministre au chef de la CAQ, François Legault, et réagiront à cette publicité en disant : « Ouache! Ce n'est pas ça qu'on veut ». Enfin, M. Lisée avance l'hypothèse que les troupes de François Legault optent pour ce genre de publicité parce qu'« on sait que ça va mal (pour la CAQ) dans Arthabaska et Saint-Jérôme ». Le chef du PQ fait ainsi allusion aux élections partielles qui se tiendront dans

Nathalie Roy

En effet, explique la députée, M. Lisée a voté en faveur du projet de loi 62 sur le respect de la neutralité religieuse de l’État. Or, explique-t-elle, «JeanFrançois Lisée sait très bien que ce projet de loi va permettre le port du tchador aux enseignants, par exemple ».

En conférence de presse, le chef du PQ avait expliqué qu'aux yeux de sa formation politique, le projet de loi 62 représentait « un pas en avant ». Il a aussi rappelé que le PQ souhaitait amender ce projet de loi. Le gouvernement de Philippe Couillard avait toutefois rejeté d'emblée les huit amendements suggérés par le PQ.

Mais qu'à cela ne tienne, pour Nathalie Roy, le chef du PQ « change d'idée comme il change de chemise » et son parti « devient timide sur la question identitaire, peut-être pour plaire à Alexandre Cloutier (du PQ), à Manon Massé ou à Françoise David (toutes deux de Québec solidaire).

PQ – CAQ 

Un cheval de bataille pour deux : la surenchère identitaire

Le couteau à double tranchant de la surenchère identitaire La bataille identitaire que se livrent le Parti québécois et la Coalition avenir Québec est en train de déraper et a toutes les chances de se retourner contre ceux qui l'auront lancée.

Il y a une poignée de femmes — surtout âgées — au Québec qui portent un tchador. Mais il n’y a sans doute pas 5 % des Québécois qui en ont vu une de leurs yeux. Et il n’y en a surtout aucune qui ait demandé à travailler dans la fonction publique et, encore moins, comme enseignante. Pourtant, à voir cette fin de campagne pour les élections partielles, on pourrait penser que le tchador est le plus grand fléau qui menace la société québécoise. Plus que le décrochage, le chômage, le vieillissement de la population ou les régions qui se dépeuplent…

C’est ce qui arrive quand un débat public se met à déraper et, dans ce cas précis, quand deux partis, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec, se sont engagés à fond de train dans une surenchère identitaire. Le tout sur fond d’élections partielles qui font figure de test pour tous les partis. Mais quand la poussière finira par retomber, les partis qui se sont livrés à une telle surenchère identitaire risquent fort d’en être les perdants. Si l'épisode de la charte des valeurs a montré quelque chose, c'est que les jeunes se méfient d'emblée de l'utilisation partisane des questions identitaires. De même, les communautés culturelles ont tendance à rejeter de telles politiques, même si elles ne les touchent pas directement. Et il y a des Québécois de souche qui se méfient instinctivement de ces discours d’exclusion.

Ça fait pas mal d’électeurs que l’on risque d’indisposer avec un débat de ce type. Mais on dirait que la tentation est tout simplement irrésistible pour des politiciens qui se cherchent un cheval de bataille. Avec ce discours, autant la CAQ que le PQ sont en train de se couper d’électorats qui leur seraient essentiels s’ils veulent prendre le pouvoir un jour. Et de se disputer exactement une même clientèle plus conservatrice qui, quand il y a de la chicane, trouve le plus souvent souvent refuge... au PLQ. La CAQ n’en finit plus de faire des professions de foi fédéralistes dans le but avoué de ramasser un électorat potentiel : les non-francophones déçus du PLQ et qui pourraient chercher refuge ailleurs. Un peu comme en 1966, quand l'électorat a largement sup-

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porté l'Union nationale aux dépens des libéraux de Jean Lesage. Sauf que le meilleur moyen de refroidir cet électorat, c’est de faire le genre de publicité que la CAQ a mis en ligne ces derniers jours. Un message aussi inexact sur les faits que réducteur sur les principes. Le chef péquiste, Jean-François Lisée, lui aussi, risque gros sur ce terrain. Ses zigzags sur la question pourraient étourdir l’électeur le mieux intentionné à son endroit et ne feront qu'accentuer la définition que ses adversaires sont en train de faire de lui, soit d'une sorte de girouette mue uniquement par sa propre vision de la tactique. En plus, si on assiste à une surenchère identitaire avec la CAQ, il est loin d'être certain que c’est le PQ qui en sortira gagnant.

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M. Lisée tient mordicus à sa clause grand-père, soit que sa loi ne s'appliquera qu'aux nouveaux employés – avec le résultat que les voiles dans les garderies, par exemple, ne vont disparaître que très graduellement, peut-être sur une période de 20 ans. La CAQ aura beau jeu de dire qu'il faut agir tout de suite. Mais surtout, cette bataille identitaire risque fort de mener le PQ et la CAQ dans un cul-de-sac. Parce que, depuis Duplessis, personne n'a gagné d'élection au Québec en tablant essentiellement sur les questions identitaires. On a parfois pu améliorer son sort ponctuellement, comme l'ADQ en 2007, mais personne n’a pu utiliser la question pour gagner une élection et prendre le pouvoir. Source : Radio-Canada


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Diversité

Ensemble, nous sommes le Québec Le gouvernement du Québec lance une campagne de valorisation de la diversité et du vivre-ensemble Invitant les Québécoises et les Québécois de toutes origines à se rapprocher et à mieux se connaître afin de couper court aux préjugés qui parfois les séparent, la ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Mme Kathleen Weil, a lancé le 28 novembre 2016 une campagne qui affirme l’approche harmonieuse du vivreensemble québécois et qui rappelle que la diversité est une force et une richesse pour le Québec. Mettant en vedette les témoignages de Mme Alexandra Diaz et de M. Patrice Bernier dans des capsules vidéo réalisées par M. Ricardo Trogi, la campagne se déroulera sous le thème Ensemble, nous sommes le Québec. Faire tomber les préjugés Pour la ministre, il s’agit d’une initiative importante qui bénéficiera à l’ensemble de la société québécoise : « À travers les

témoignages authentiques de personnes qui incarnent le Québec d’aujourd’hui, la campagne Ensemble, nous sommes le Québec permet de mettre à l’avant-plan l’apport de la diversité à la prospérité du Québec. Ce sera l’occasion d’affirmer notre appartenance commune au Québec et de valoriser les échanges et les rencontres interculturelles. S’ouvrir à la diversité, partager et se rapprocher permet de mieux se connaître et de faire tomber les préjugés, ce qui nous renforce collectivement ». Au moyen de courtes capsules vidéo, Mme Alexandra Diaz, productrice et animatrice à la barre de l’émission Cuisine futée, parents pressés, ainsi que M. Patrice Bernier, capitaine de l’équipe de soccer l’Impact de Montréal, partagent avec le public leur expérience personnelle du vivre-ensem-

ble dans un Québec riche de sa diversité. La réalisation de ces capsules a été confiée à M. Ricardo Trogi, à qui l’on doit notamment les films 1987, Horloge biologique et QuébecMontréal. Dotée d’un budget de 1,2 M$, la campagne sera diffusée à la télévision, sur le Web et dans les médias écrits jusqu’au printemps 2017. La campagne Ensemble, nous sommes le Québec s’inscrit dans le cadre de la Politique québécoise en matière d’immigration, de participation et d’inclusion, dévoilée le 7 mars dernier. Elle présentera aussi des témoignages de personnes immigrantes de différentes régions du Québec et comportera un volet jeunesse en partenariat avec la chaîne VRAK. Des phases subséquentes sont prévues au cours des pro-

chaines années. Pour voir les témoignages:

www.midi.gouv.qc.ca/fr/dossiers/ EnsembleQuebec.html

L’Ontario veut des immigrants francophones Cinq pays-source prioritaires : la France, la Belgique, la Tunisie, le Maroc et l'Algérie Le gouvernement ontarien devrait cibler en priorité la France, la Belgique, la Tunisie, le Maroc et l'Algérie pour recruter des immigrants francophones, selon le rapport d'un groupe d'experts provincial. Le groupe de travail explique avoir retenu ces pays en observant l'origine des internautes sur les sites destinés à renseigner les immigrants potentiels en français. Le rapport commandé par le ministère ontarien de l’Immigration en 2015 était très attendu. L’Ontario s'est engagé en 2012 à ce que 5 % des nouveaux arrivants soient francophones,

mais, en réalité, l’immigration francophone ne cesse de reculer dans la province. L’immigration est sans doute l’instrument le plus important pour développer la communauté francophone de l’Ontario. 13 recommandations Le rapport présente 13 recommandations, dont les suivantes : - «Élaborer un plan de marketing pour promouvoir l’Ontario français à l’échelle internationale.» - « Créer une mission francophone internationale annuelle. » - « Travailler avec le gouvernement du Canada pour élargir

la sélection d’immigrants francophones en Ontario. » - « Collaborer avec le gouvernement fédéral pour rendre les examens linguistiques plus accessibles. » Actuellement, le test en français n’est offert qu’à Toronto et à Ottawa, sans parler de son coût plus élevé qu'en anglais. - « Améliorer et développer l’accès à l’information offerte en ligne pour les immigrants francophones potentiels avant leur arrivée en Ontario. » - « Mobiliser les municipalités de l’Ontario dans le but d’attirer, de retenir et d’intégrer les nouveaux arrivants francophones dans les collectivités de la province. » - « Établir un partenariat avec

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les organismes francophones et les employeurs pour élaborer des initiatives consacrées à la main-d’œuvre francophone. » Réactions L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) presse les gouvernements fédéral et provincial d'agir. «Il est plus que temps que les gouvernements du Canada et de l’Ontario travaillent ensemble sur le dossier» affirme à cet égard Carol Jolin, président de l'AFO L'Assemblée ajoute ceci : « Les francophones de l’Ontario dépendent grandement de l’immigration francophone afin de conserver leur poids

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démographique dans la province. » Même son de cloche de la part du Centre francophone de Toronto (CFT) : « Il devient capital que le gouvernement fédéral fasse de l'immigration francophone en Ontario une de ses priorités et qu'il soutienne le gouvernement provincial dans ce dossier », dit la directrice générale du CFT, Lise Marie Baudry. Le Réseau de développement économique et d'employabilité (RDEE) de l'Ontario qualifie le rapport de « feuille de route inspirante avec des recommandations concrètes ».


Diversité

Tensions autour des lieux de cultes

Y a-t-il une «fracture religieuse» à Montréal? La très célèbre affaire Roncarelli, propulsée en Cour suprême par l’intolérance affichée par le premier ministre Maurice Duplessis à l’égard des Témoins de Jéhovah, est un des rares exemples d’intolérance religieuse ayant marqué l’histoire du Québec. L’histoire est connue. Le grand écrivain satiriste Mark Twain, en visite à Montréal en 1881, accueilli par ce poète national qu’était Louis Fréchette, affirme dans son discours que c’est la première fois qu’il se trouve dans une ville où il apparaît impossible de lancer une pierre sans casser une fenêtre d’église.

Après les révolutions manquées de 1837-1838, Mgr Ignace Bourget (1799-1885) contribue à l’arrivée et au développement de plusieurs nouvelles communautés religieuses. Les tensions au nom de la religion sont plus palpables que jamais. L’émeute qui éclate au soir du 9 juin 1853 à Montréal en est un exemple éloquent. C’est la

venue d’Alessandro Gavazzi, un prêcheur italien vêtu de sa longue robe noire agrémentée des deux croix tricolores, qui met le feu à un espace social déjà très inflammable.

Émeute et mort d’homme Gavazzi parle à l’église Zion, dans la côte du Beaver Hall, où il prend la parole, non loin de ce qui est aujourd’hui le Palais des congrès. Les Irlandais de Griffintown font le pied de grue tout en chahutant devant l’édifice. La police dépêchée sur les lieux ne suffit pas à la tâche. Plusieurs coups de feu sont entendus. Des hommes sont tués. Le maire de Montréal, qui fait intervenir un détachement de l’armée, voit les hommes en armes éprouver beaucoup de difficulté à disperser la foule. Selon Louis Rousseau, professeur associé au Département de science religieuse à l’UQAM, cette période du milieu du XIXe siècle est riche en tensions, lesquelles

s’expriment notamment par des articles acrimonieux dans la presse du temps. « Les catholiques considèrent qu’avec l’église Notre-Dame, dans le Vieux-Montréal, ils sont chez eux, que c’est un espace sacralisé en leur faveur. Mais, à partir de 1860, les nouvelles églises s’établissent vers ce que nous appelons l’ouest de Montréal. » Les lieux de culte se déplacent et les tensions se résorbent en partie à cause de cette nouvelle spatialisation, explique M. Rousseau, auteur avec Frank Remiggi de l’Atlas historique des pratiques religieuses.

Mesures vexatoires contre religion minoritaires Selon l’historienne Lucia Ferretti, il y a tout de même peu de chicanes religieuses à Montréal, sinon à l’intérieur même des confessions. « À Pointe-Saint-Charles, on va trouver deux immenses églises avec leur presbytère, l’une

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à côté de l’autre, parce que les Irlandais et les Canadiens français n’arrivent pas à s’entendre pour des questions linguistiques. Même chose en face de RadioCanada, où Saint-Pierre-Apôtre et Sainte-Brigide sont deux bâtiments très importants construits à cause de problèmes du même genre. » Il y aura aussi des tensions, par exemple au sein de la

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communauté juive. Des mesures vexatoires pour empêcher le libre exercice d’une religion qui n’est pas dominante parsèment l’histoire. Cas célèbre : l’affaire Roncarelli, du nom de ce restaurateur qui s’était vu refuser par Maurice Duplessis un permis d’alcool pour

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Diversité

Tensions autour des lieux de cultes

Y a-t-il une «fracture religieuse» à Montréal?

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Cour suprême, à l’avantage de Roncarelli.

son établissement parce qu’il payait les cautionnements de ses coreligionnaires Témoins de Jéhovah. L’affaire se rendra en

Aujourd’hui les églises sont vide s, mais les mosquées dérangent… Avant 1970, explique Louis

Rousseau, « on sait que les gamins se battaient entre eux à cause de la langue et de la religion. Mais est-ce que ça s’est joué sur une scène plus grande ? Il faudrait l’étudier davantage.

Les lieux de culte dans la Métropole Montréal Sud-Ouest : 22 Mercier-HochelagaMaisonneuve : 19 Saint-Laurent : 29 Côte-des-Neiges-Notre-Damede-Grâce : 84

Montréal-Nord : 126 Ahuntsic-Cartierville : 32 Rosemont-La-Petite-Patrie : 65 Municipalités Laval : plus de 100 Brossard : 6

Ces chiffres excluent les lieux de culte établis depuis plusieurs décennies et ceux qui n’ont pas de permis. Source: Arrondissements de Montréal et municipalités

Pour les anciens cultes, les problèmes sont moins grands. Mais on voit aujourd’hui que, pour les lieux de culte musulmans et même évangéliques dans cer-

Les frictions arrondissement par arrondissement

Montréal-Nord Au mois de janvier 2013, l’arrondissement constate que 75 % de la centaine de lieux de culte alors situés sur son territoire dérogent au règlement de zonage. Après des consultations, l’adoption d’un nouveau règlement a forcé le tiers des lieux de culte à déménager.

Mercier-HochelagaMaisonneuve En août 2015, l’imam radical Hamza Chaoui a déposé une demande de permis auprès de l’arrondissement pour ouvrir un centre communautaire islamique dans le quartier Mercier-Est. Devant le tollé suscité,

l’arrondissement a modifié ses règlements et interdit désormais de tenir des activités liées au culte dans un centre communautaire. Villeray-Saint-Michel-ParcExtension À la suite du cas Chaoui, l’arrondissement gèle l’octroi de permis de lieux de culte et de centres communautaires. Depuis décembre 2015, il a levé le moratoire et interdit les nouveaux lieux de culte dans les immeubles à la fois commerciaux et résidentiels. Sud-Ouest Devant la multiplication des

lieux de culte sur l’avenue Monk, l’arrondissement a annoncé en mai 2015 son intention de modifier son règlement d’urbanisme pour proscrire les lieux de culte sur les artères commerciales. Le nouveau règlement a été entériné au début de l’année. Saint-Laurent Après deux ans de pourparlers, l’arrondissement a menacé d’expulsion, en mars 2015, la mosquée Al-Andalous située sur le boulevard Décarie, en raison de contraventions au règlement de zonage. Un mois plus tard, l’arrondissement a fait volteface et élargi les zones dédiées

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au culte. Ahuntsic-Cartierville À l’automne 2015, l’octroi du statut de lieu de culte à un centre communautaire musulman du quartier Saint-Sulpice a soulevé l’opposition de résidants. Après avoir obtenu la tenue d’un référendum sur la question, une majorité de citoyens a voté en juin dernier contre l’octroi de ce statut. Outremont Après des mois de tergiversations, le conseil d’arrondissement a adopté en mai 2016 un règlement interdisant l’ouverture de lieux de culte

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tains cas, les réactions sont émotives. Il y a un sentiment de “venez pas nous déranger” dans un territoire religieux où, par ailleurs, les vieilles églises sont vides. »

sur les artères commerciales Laurier et Bernard. La communauté hassidique a forcé cet automne la tenue d’un référendum, pour la zone touchant seulement l’avenue Bernard. 4400 résidants auront le droit de voter ce dimanche, mais plus de 1000 se sont déjà prononcés lors du vote par anticipation. Et dans certaines autres municipalités... Depuis deux ans, Shawinigan, Terrebonne, Mascouche et Saint-Lambert ont toutes revu leur règlement de zonage afin de limiter le nombre de secteurs où l’ouverture de lieux de culte est autorisée.


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Idées

Les colloques de l’IMM

Femmes, sociétés, histoire, traditions et passions Khayrouna ont consacré leur vie à la science de la Charia, d'autres femmes se sont intéressées à la science rationnelle et à Al Mantiq (la logique) telle Al Aalya Bent Mohamed Tayeb Benkirane, qui s'est distinguée en matière de logique, qu'elle a enseignée.

Mohamed Khallad Par Mohamed Khallad* Les 19 et 20 Novembre 2016, le Pavillon DeSève de l’UQAM abritait un quatrième colloque organisé par l’Institut Musulman de Montréal (IMM). Le thème choisi pour cette édition était loin d’être banal. Il s’agissait en effet de débattre de la question de l’héritage au féminin dans la tradition musulmane, question épineuse s’il en est. L’IMM en était parfaitement conscient d’ailleurs. Mais pour cette association qui se donne pour objectif de débattre de la place de la religion dans la société sans jamais aborder les aspects théologiques, ce n’est pas parce qu’un sujet est difficile qu’il faut l’occulter ou le laisser dans la zone des nondits. Ce que n’a pas manqué de rappeler Mohamed Khallad, président de l’IMM, dans un exposé introductif dont nous reproduisons ci-après la teneur. Le colloque «Héritage au féminin entre passé, tradition et passion» est né d’une idée mise de l’avant par Keira Mecheri (chargée de recherche à l’IMM) dans le cadre d’une réflexion sur la question des rapports entre mas-

culinité et féminité qui se décline, dans les différentes présentations, de plusieurs façons différentes. Ainsi, en collaboration avec Gilles Bibeau, le colloque présente les trois angles principaux sous lesquels doit être considérée la thématique de l’héritage au féminin : 1.d’abord de penser cette question en la situant dans la durée et à partir de la notion de transmission. Dans ce contexte, ont été évoquée des figures féminines emblématiques qui ont fortement marqué l’histoire de l’humanité dans les domaines les plus divers, dans les arts, dans les humanités et dans les sciences. Des figures féminines emblématiques Tout au long de l’histoire, on a vu apparaitre des grandes figures de femmes qui ont dirigé le monde et même créé des civilisations. Tous les livres d’histoire ainsi que les livres sacrés- le Coran tout comme la Bible – parle de la reine Saba qui a été une gouvernante exceptionnelle en faisant tout ce qu’elle pouvait pour protéger ses compatriotes.

Je peux aussi ajouter que des femmes ont contribué, il y a des siècles, à l’édification des cultures spirituelles, dans le judaïsme, dans l’islam, dans le christianisme et dans bien d’autres religions. En islam plus précisément, Aicha, Fatima et d’autres femmes de l’époque ont joué un rôle capital dans la transmission et l’enseignement des hadiths du prophète (SWAL). Les ouvrages de références en matière des hadiths renferment pas moins de 2764 hadiths rapportés pas les femmes. Les figures de Sara, Rebecca, Rachel sont, parmi d’autres, au cœur de la tradition biblique. Il en va de même pour Marie et bien d’autres dans le christianisme. On peut aussi citer le cas de femmes musulmanes qui se sont rendues célèbres en s'illustrant dans le soufisme, la politique, la science, la résistance, la bienfaisance, la littérature, la médecine et l'art. Tel est le cas de Khayrouna d'origine andalouse qui a grandi à Fès au cours de la deuxième moitié du sixième siècle de l'Hégire et qui a puisé sa connaissance du Fiqh auprès de l'érudit Othmane Salalji. Si des femmes comme

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Des actions de bienfaisance menées par les femmes, on en trouve dans tous les domaines : construction de mosquées, de ponts, approvisionnement des nécessiteux en produits alimentaires. Ces actions de bienfaisance ont été marquées par le Waqf l'exemple de Fatima Bent Mohamed Al Fihri, Oum Al Banine qui a construit la Mosquée et la première Université Al Quaraouiyine. Il y a aussi eu la participation de femme à la vie politique, un domaine qui est surtout l'apanage de l'homme. On peut citer les cas de Kenza, épouse de Moulay Driss Al Akbar, qui a fait du Maroc un État indépendant par rapport au califat de Baghdad. Cette femme a acquis au contact de son époux une expérience en matière de gestion des affaires publiques et de l'action politique. Dans le même sillage on peut citer également, l'exemple de Zineb Nafzaouya qui, grâce à son habilité, a aidé son mari Almoravide Youssef Ibn Tachfine as-Sanhaji (1061 à 1106) dans la gestion des affaires d'Imarat Al Moslimine (qui incluait une grande partie du Sahara et de l’Afrique du Nord d’aujourd’hui ainsi que le sud de l’Europe) ». Sociétés, cultures et … domination masculine 2. Le colloque vise aussi à interroger la question de la domination masculine du point de vue des différentes civilisations, sociétés et cultures. Partout les hommes se sont imposés d’une manière hégémonique, dans toutes les sociétés à travers le

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monde. Bien sûr cela s’est fait avec des modalités variées et selon des dosages différents. Permettez-moi de rappeler ici une chose évidente que l’on oublie hélas trop souvent. L’histoire des sociétés humaines démontre que ces dernières vivent des processus continus de transformations avec parfois des blocages et même des retours en arrière. Nous savons également que les sociétés n’évoluent pas toutes au même rythme. D’ailleurs, en France par exemple, le code Napoléon qui imposait le devoir d’obéissance de la femme envers le mari, n’a été aboli qu’en 1938 après plus d’un siècle de subordination à leur mari, les femmes ont alors obtenu quelques libertés : celle de s’inscrire en faculté (loi du 18 février), celle de passer un contrat pour leurs biens propres, celle d’accepter une donation, et celle de séjourner dans un hôpital ou une clinique sans être accusée d’abandon de domicile. Plus récemment au Maroc, on a accordé un intérêt particulier à la question des droits des femmes. C’est ainsi qu’elles ont été impliquées dans le processus de la réforme du champ religieux. La participation féminine dans la gestion du champ religieux a pour objectif de promouvoir l’équité et l’égalité, d’encourager les femmes à assumer des responsabilités diverses qui dépassent les tâches traditionnelles, et de renoncer aux pratiques et coutumes héritées qui dénigrent les femmes. Et nous souhaitons évidemment que tous les pays musulmans accordent aux femmes leurs droits tels que dictés par le Coran. Échanges et enrichissement mutuel 3. Le colloque d’aujourd’hui vise enfin à mettre en œuvre

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À la Une

Les colloques de l’IMM

Femmes, sociétés, histoire, traditions et passions

sion que Keira nous invite à discuter de la féminité, en islam et ailleurs.

Suite de la page 13 une pensée au sein de laquelle une culture ou une tradition renseigne l’autre. C’est l’échange des expériences qui nous intéressent de manière à nous enrichir mutuellement et à initier des changements là où cela apparait nécessaire. On peut certainement dire que des femmes sont opprimées à des degrés variés partout dans le monde. Certainement, il y a du rattrapage à faire partout et en cela, le chemin suivi en un endroit peut aider les autres à modifier les choses chez eux. La lutte pour l’égalité des sexes n’est nulle part pleinement acquise : les résultats de la récente élection présidentielle américaine le démontrent sans qu’il faille bien sûr attribuer l’échec de Mme Clinton à la seule question des plafonds de verre que les femmes n’arrivent pas à traverser. Je me limiterai ici à dire un mot de la vision que le Coran se fait des êtres humains, hommes et femmes. Le Coran présente les êtres humains comme étant composés de deux éléments importants, la matérialité et la spiritualité ; il sig-

nale aussi que l’homme et la femme sont supérieurs à toutes les autres créatures par leur capacité de connaissances et de raisonnement. Cette compréhension de la création humaine est à la base des relations entre les femmes et les hommes. Les deux, indépendamment de leurs différences sexuelles, ont reçu des commandements divins. Le Coran révèle également comment femmes et hommes sont naturellement et réciproquement attachés les uns aux autres et comment leur relation est faite de « complémentarité et de solidarité ». Les oulémas de l’islam n’ont jamais fait de distinction entre les hommes et les femmes pour ce qui en est de la science des hadiths, de la théologie (Fiqh) et des

autres branches du savoir. Aucune femme qui s’est adonnée à ces activités n’a jamais été pointée du doigt pour malhonnêteté. À la différence des hommes dont beaucoup étaient réputés d’avoir inventer des hadiths de toute pièce. Droits des femmes et construction de la féminité Par-delà cette importante question du statut et des droits de la femme au sein de la société qu’il faut examiner, il y a aussi la question de la construction de la féminité qui doit être posée. Cela va des règles du mariage à l’habillement de la femme, de sa place au sein du couple à son droit de disposer de son propre corps. C’est sous l’angle de la pas-

Quatre ateliers Le colloque s’est décliné en quatre ateliers

- le premier atelier, a dressé un état des lieux sur l’évolution comparative des femmes au sein des différentes religions.

- le deuxième atelier, a consisté en une analyse comparative du féminin au regard du masculin à travers l’art et les sciences; - le troisième atelier, a procédé à une analyse du rapport au corps dans ses dimensions

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Je me permets de dire un mot au sujet de la littérature féministe portant sur le genre et la question des femmes tout en reconnaissant que je suis loin d’être un spécialiste dans ce domaine. J’ai l’impression que cette littérature tend à placer les hommes et les femmes dans deux camps opposés. Bien sûr, je peux me tromper dans mon analyse. En outre, les problèmes et les solutions proposées aux femmes s’inscrivent dans une relation dualiste entre un « Occident laïc dominant » qui appelle à la libération des femmes, et un « Orient faible » qui bafoue leurs droits. Dans les deux cas, la question des femmes est réduite, me semble-t-il, à des controverses, entre « les féministes ultralibérales » et « les antiféministes conservatrices et fondamentalistes », sur les sujets les plus divers : le port du voile vs le dévoilement, et sur le corps et la sexualité des femmes. J’ai souvent l’impression que cette littérature féministe est une littérature de combat. Elle se constitue en effet comme un moyen d’exprimer des revendications sur les plans politique, social, culturel et juridique. Cela m’apparaît normal et je dois dire que je me réjouis du fait que la production littéraire féminine se multiplie grâce à la contribution de

intrinsèque et extrinsèque ; - le quatrième atelier, a accueilli les témoignages de femmes québécoises sur la question des grands enjeux qui se posent aujourd’hui par rapport à la place du féminin dans les religions.

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plus en plus de femmes. Leurs contributions qui se manifestent dans tous les domaines de la littérature poésie, romans, théâtre - ont pour but la promotion d’une culture davantage égalitaire qui puisse garantir un meilleur équilibre entre l’identité et l’altérité, entre la tradition et la modernité, et entre les hommes et les femmes. On note en particulier la tendance de l’écrivaine à se forger un espace où elle cultive la tension entre la tradition et la modernité afin de révéler la possibilité d’une coexistence possible entre les deux univers et d’un espace où elle sera capable de réapproprier son identité. Et si certains écrivains ont présenté des femmes dans leurs œuvres, leurs représentations se caractérisent souvent par le silence et la fragilité du personnage féminin. Leurs descriptions de la femme restent vagues et reflètent une perception parfois caricaturale et réductrice de la femme qui traduit la socialisation de celle-ci. J’ai évoqué assez longuement la littérature parce que quelques écrivaines de fiction participent comme oratrices à notre colloque et qu’il sera beaucoup question de littérature dans les présentations. Bien sûr, on entendra aussi la voix de spécialistes de d’autres disciplines, de l’histoire, de la sociologie, de l’anthropologie, de la psychanalyse, de la psychologie, des sciences des religions. Toutes ces perspectives devraient nous aider à nous donner une approche transdisciplinaire dans les débats que nous mènerons autour de la question de l’héritage au féminin. *Président de l’Institut Musulman de Montréal


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Soins dentaires au Québec

… Encore faut-il en avoir les moyens ! Au Québec, malheur à celui qui n’a pas une assurance dentaire, d'être aux prises avec une rage de dents, d’avoir besoin du moindre petit soin pour traiter une carie ou simplement de vouloir raviver son sourire. La facture du dentiste lui fera, justement, perdre le sourire! Sans assurances vous risquez d’être extrêmement surpris des prix faramineux exigés pour des actes dentaires qui n’en valent pas autant dans d’autres pays du monde. Des techniques jugées par les dentistes des pays - dits tiers mondistes – extrêmement vétustes et dépassées. Ne changeons pas de continent et allons voir du côté de l’Amérique du Sud, où pour dix fois moins que les tarifs imposés au Québec, les patients se voient offrir des prestations dentaires de qualité.

Faisons-nous face à de l’abus de la part d’un système de santé qui se constitue en moissonneuses batteuse, qui réduirait le citoyen en un parfait instrument à manipuler à sa guise ? Effectivement, les assurances couvrent la majorité des soins dentaires. Sauf que le citoyen moyen n’est pas en mesure de se permettre des cotisations mensuelles qui atteindraient les 400,00$ pour une petite famille. Il n’existe malheureusement pas un système concurrentiel d’assurance privée qui propose des cotisations mensuelles à la portée de la majorité des foyers Québécois.

? Le gouvernement n’est-il pas conscient qu’une mauvaise hygiène dentaire pourrait engendrer des maladies chroniques dangereuses et coûteuses pour le système de santé? Des questions qui restent sans réponses convaincantes, pour les citoyens aux bourses limitées.

Est-ce voulu ? Sommes-nous aux prises avec une stratégie qui mettrait le citoyen au pied du mur ? Pourquoi ne pas disposer de soins dentaires dans les CLSC et les hôpitaux publics

Ces derniers n’ont recours qu’aux calmants, aux soins faits-maison ou à l’extraction de la dent malade, comme dernier recours pour soulager un mal insupportable.

Certaines études ont démontrées que l’inaccessibilité aux soins bucco-dentaires touche encore plus les Québécois actifs à faible revenu. Partant du postulat que la majorité des entreprises ne contractent pas d’assurances collectives dentaires pour leurs employés.

Aux difficultés financières rendant l’accès aux soins bucco-dentaires au Québec un luxe, s’ajoute la technique utilisée, qui laisse souvent à désirer la comparant à celle pratiquée dans certains pays d’Afrique du Nord, d’Amérique du Sud et même d’Europe de l’Est. En Europe des voyages dentaires sont organisés par des agences spécialisées, qui proposent des packages pour les patients désireux de bénéfici-

er d’excellentes prestations dentaires à des prix indéniablement plus à la portée de tous ; déplacement et soins compris. Cette option devrait être envisageable par certaines agences de voyage au Québec, puisque attendre que le gouvernement Québécois initie une réforme d’urgence touchant ce volet est carrément comme être en l’attente de Godot !

Les « petites jobs »

Une excellente école de vie pour notre jeunesse canado-maghrébine

Pour beaucoup de canadiens d’origine maghrébine, la culture des « petits boulots » pendant l’adolescence était quasi inexistante. Notre entourage ne le permettait pas, car faire travailler les jeunes, était synonyme de conditions de vie familiale précaires. Les employeurs non plus n’étaient pas enthousiastes à l’idée de confier une quelconque tâche à un adolescent qui n’aurait pas encore fait ses preuves dans la vie. Résultat de cette mentalité, des jeunes loin d’être prêts à affronter la réalité de la vie professionnelle et ses exigences. Ils ont souvent du mal à se frayer un chemin dans la vie active, une fois le diplôme universitaire décroché. Au Canada, le sujet de l’employabilité ou non des jeunes adolescents, ne fait pas l’objet d’une polémique. Il n’y a pas de quoi inquiéter les organismes et les instances de protection de la jeunesse. Les

jeunes ont besoin de sous et d’expériences, ils peuvent travailler pour avoir les deux. Beaucoup de questionnements orbitent cependant autour des emplois que nos jeunes adolescents pourraient exercer, particulièrement en cette période de l'année où les vacances scolaires d’été arrivent à grands pas. Au Québec, il y a des normes qui réglementent le travail des jeunes actifs et les protègent contre les abus en tous genres. Ces normes dissuadent certains employeurs d’abuser de la naïveté de cette catégorie vulnérable et inexpérimentée d’employés. À titre d’exemple, un adolescent de moins de 16 ans, qui n'a pas encore obtenu sa cinquième secondaire ne peut travailler pendant les heures de classe, ni durant la nuit entre 23h00 et 6 h00 du matin. Si l'enfant a moins de 14 ans, l'employeur doit exiger l'autorisation écrite d'un de ses parents ou de son tuteur avant

de l’engager.

Il existe certaines exceptions pour le travail nocturne des jeunes, comme les livreurs de journaux, les artistes et les moniteurs des colonies de vacances pendant l'été. Ceux-ci peuvent exercer entre 23 h et 6 h, s'ils logent chez l'employeur. Et nos adolescents d’origines maghrébines ont-ils réussi à intégrer ce volet important pour la consolidation d’une bonne personnalité en devenir ? Surprenant mais réel, nos jeunes adolescents maghrébins ont, aussi, réussi à intégrer différents petits emplois leur permettant d’acquérir des compétences dans le service à la clientèle. Ceci représente une clé de voute pour une intégration approuvée dans la société canadienne. Ses expériences professionnelles, lorsqu’elles figurent sur le Curriculum Vitae de nos adolescents, leur ouvrent des perspectives considérables et affirment la confiance que quelques organismes de

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financement d’études, voir même les universités ellesmêmes auront pour accepter le dossier d’un jeune employé. Il y va du gardiennage d’enfant à la restauration, du ‘’camelotage’’ au travail de moniteur de camp de jour ; en somme, toute activité qui les aideraient à développer leur confiance en eux et alimenterait leur portefeuilles de quelques centaines de dollars par semaine, un gain conséquent par rapport aux besoins et à l’âge des jeunes actifs. Et le rôle des parents dans ce processus de débrouille ? Contrairement à leurs propres expériences, les parents d’origine maghrébine sont en majorité favorables à cet apprentissage. Ils encouragent leurs enfants à faire partie de cette sphère en perpétuel mouvement. Certes, la mentalité est différente et l’éducation l’est, assurément aussi, mais ces parents ont compris que pour

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assurer à leurs enfants une parfaite inclusion dans la société canadienne, une activité professionnelle resterait le meilleur indice de l’adaptation de notre jeunesse à l’environnement sociétal canadien. Plusieurs sites internet aident les jeunes à trouver des emplois, les journaux aussi sont efficaces en matière de publication d’offres d’emploi pour la jeunesse. Des portes ouvertes sont organisées de façon saisonnière pour les grandes bannières de restauration rapide, sans oublier les candidatures spontanées par dépôt de Curriculum Vitae chez l’organisme ciblé. Encourager l’implication active des jeunes de la communauté maghrébine, assurera une relève dont nous seront très fières, dans un futur très proche.


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Réseaux sociaux

Les abus qui font mal (2) Il ne fait aucun doute que les médias sociaux, Facebook, twitter, YouTube et autres réseaux du net constituent une plate-forme de communication efficace et libre, d’échange d’informations, de connaissances et de savoir. Ces nouvelles technologies ont révolutionné le monde et les relations humaines. Elles ont changé notre mode de vie et bien d’autres domaines. Mais il faut également garder à l’esprit que, comme toute nouvelle technologie, ces moyens de communication, autant ils sont utiles et bénéfiques, autant ils comportent les germes de dérives et d’abus qui portent atteinte à la liberté d’expression et à la vie privée des gens. Et ce sont là les côtés sombres où la frontière entre le public et le privé devient mince, voire invisible. Une simple visite virtuelle à travers les médias sociaux vous donne une idée sur ces internautes, sans scrupules, qui usent et abusent de ces supports médiatiques pour s’attaquer aux gens ou pour des règlements de comptes bas et sordides. C’est ainsi que parfois, et on pourrait même dire trop souvent, on se retrouve exposés à des vidéos sur YouTube où des gens, derrière leur écran d’ordinateur, dans la quiétude de leur foyer, s’attaquent violemment et nommément à des personnalités publiques de tous bords, ou à de simples citoyens, en les vitupérant et en les menaçant par des propos malsains. Une attitude injustifiable qui dépasse

l’entendement. Des situations absurdes qui peuvent en amuser certains, mais elles génèrent aussi leur lot de malaise, de gêne, d’agacement aussi bien chez le destinataire que chez l’internaute devenu, malgré lui, spectateur de telles obscénités. Des informations ou plutôt des allégations, des fausses données sur telle ou telle personne se retrouvent ainsi librement et délibérément publiées ou diffusées sur l’espace public, au vu et au su de tout le monde. Des propos déconcertants dont les conséquences sont dévastatrices pour les personnes ciblées, victimes de l’ignorance et de comportements insensés. L’on voit défiler des vidéos où des

personnes sans scrupules fustigent des innocents, sans remord, avec des écarts dans les propos qui vont jusqu’à la diffamation, l’injure et l’atteinte à l’honneur de la personne. Un langage malveillant qui peut mener jusqu’à la poursuite judiciaire. La communication, supposée être interpersonnelle devient alors un message à sens unique et indirect, car il est plus facile de s’attaquer aux gens à travers son écran que de les affronter dans un contexte naturel. L’autocensure cède la place à des propos inqualifiables qui expriment des idées saugrenues, loin de toute diplomatie, de toute bienveillance et de tout dis-

cernement. On est loin de la communication qui mène à la discussion dans le calme, à l’ouverture d’esprit et à la tolérance qui ouvrent la voie à une interaction positive, exempte de tout jugement. Il est déplorable de constater de telles attitudes sur les réseaux sociaux. Des écarts de langage qui vont de la simple plaisanterie de mauvais goût jusqu’à l’intimidation, la diffamation, l’injure, l’atteinte à la vie privée, voire le recours aux menaces. Rien ne justifie de tels agissements qui outrepassent les limites du tolérable. Lorsque la sécurité d’une personne est menacée, les autori-

Que dit la loi ? Publier une information sur internet via un réseau social, en théorie privé, devient du domaine public, et tous commentaires malveillants peuvent avoir un impact sur la personne ciblée. Il peut s’agir d’atteinte à l’honneur, de diffamation ou encore de calomnie. Diffamation et Calomnie Au Maroc Dans la section V du code pénal marocain, les atteintes portées à l’honneur et à la considération des personnes et de la violation des secrets sont définies ainsi : Article 44 : Toute allégation ou imputation d'un fait qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération des personnes ou du corps auquel

le fait est imputé, est une diffamation. Article 443 : Toute expression outrageante, terme de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait, est une injure. Article 444 : Toute diffamation ou injure publique est réprimée conformément au dahir n° 1-58-378 du 3 joumada I 1378 (15 novembre 1958) formant code de la presse[151]. Au Québec Au Québec, la législation vient protéger le droit d’une personne à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation, tel que reconnu par le code civil du Québec. En effet, dans son Chapitre troisième, articles 3 et 35, le code

stipule : 2- Toute personne est titulaire de droits de la personnalité, tels le droit à la vie, à l'inviolabilité et à l'intégrité de sa personne, au respect de son nom, de sa réputation et de sa vie privée. 3- Toute personne a droit au respect de sa réputation et de sa vie privée. La diffamation, selon la Cour suprême du Canada, consiste dans la communication de propos ou d’écrits qui font perdre l’estime ou la considération de quelqu’un ou qui, encore, suscite à son égard des sentiments défavorables ou désagréables.

tés compétentes doivent agir et il devient impératif pour tous les usagers de dénoncer ces comportements, en avisant les gestionnaires des sites utilisés et les autorités policières compétentes, afin que des actions soient entreprises. Chaque personne qui a recours aux médias sociaux est responsable de ce qu’elle écrit ou ce qu’elle diffuse, et doit assumer ses gestes et paroles devant la justice, en cas d’abus. La loi doit assurer l'équilibre entre la protection des droits des personnes et la garantie de la liberté d'échange et d’expression. Les réseaux sociaux sont désormais des incontournables dans la vie quotidienne des gens, dans l’établissement et le maintien de relations sociales saines et fructueuses. Cette intégration massive appelle à un ajustement des pratiques de communication, afin que ces outils continuent d’avoir une valeur ajoutée pour leurs utilisateurs. Le respect de soi et de son prochain, et des valeurs respectives, ainsi que la tolérance demeurent des facteurs clés pour une communication interpersonnelle saine.

Sédentarité au masculin

… À qui la faute ?

Par un Samedi, mes obligations professionnelles m’ont conduites dans un quartier où la communauté maghrébine vivait en grand nombre. Les boucheries halal juxtaposaient petits restaurants et cafés, dont les façades ne laissaient aucun doute sur l’origine de leurs propriétaires. Ces derniers, généralement des compétences hautement qualifiées qui, à défaut de reconduire leurs carrières et leurs anciennes situations, ils se lancent en « autonomes » dans un pays où il vaudrait mieux pour nous de travailler pour pouvoir payer nos factures à temps. Ici au Canada, ce qui est gênant ce n’est pas de quelle manière l’on gagne sa vie, mais plutôt de trainer - son orgueil du bout du nez - le long des rues et de peupler les cafés en attendant qu’une proposition d’emploi ne tombe du ciel ! L’homme perdra toujours face à

son orgueil, là est le mur qui se dresse entre certains immigrants et toute forme de développement de soi. L’ouverture sur la société québécoise commence par l’intégration effective dans la vie active économique, quel que soit le domaine professionnel qui offrirait ne serait-ce qu’une infime opportunité à ces compétences désorientées. Le secret ? Tout simplement, être réaliste, convaincu qu’il faudrait bien s’adapter et réussir à sortir sa tête d’un torrent capitaliste déchainé. Il va sans dire que les minorités arabophones avancent sur un terrain épineux et assez ségrégatif. Cependant, il ne faut aucunement en faire un prétexte et accuser stigmatisation raciale et appartenance religieuse tout en préférant s’emmitoufler dans le confort d’un

salon de thé. Les conversations inutiles à vouloir refaire la politique socioéconomique d’un pays, déjà sur pied à la force de persévérance de ses bâtisseurs de souche, nourrissent la paresse et encouragent le renfermement sur soi. Lorsque le chômage est au masculin, il est plus nocif et les dommages sont répercutés sur tous les autres membres de la famille. La souffrance est psychologique et les symptômes développés vont au-delà de quelques dépressions masquées par le justificatif de ‘lghorba’. Il est prouvé que les femmes issues de l’immigration maghrébine trouvent souvent plus facilement un travail à temps partiel ou à temps plein au Québec. Elles endossent une responsabilité à laquelle elles n’étaient, probablement, pas

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préparées auparavant, et de là naissent des conflits insolvables. Il est à signaler, esthétiquement, que beaucoup d’hommes, anciens cadres ou professionnels émérites, refusent les emplois impliquant les efforts physiques. Ils préfèrent mieux vivre aux prises avec des situations économiques inextricables que de se servir de la force de leurs muscles. Ce sujet est très délicat et crée des tensions invivables au sein même des communautés touchées par le chômage. La lucidité devrait être présente dans le traitement de certains cas récalcitrants quant à la participation à la vie économique québécoise. Il est primordial de souligner, que camper sur des aspirations démesurées et tourner le dos à une réalité mordante, sont des erreurs à éviter. Le quotidien est faucheur et ne permet à aucun

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d’entre nous de tomber sans se relever dans l’immédiat. L’orgueil, la fierté et les rêvasseries utopiques aveuglent les consciences et font de leurs victimes des pantins manipulables. Il est à noter que l’immersion efficace dans la vie active, passe par la formation professionnelle, de laquelle résulte une adaptation effective au modèle canadien. Un modèle qui a fait ses preuves administrativement et même techniquement. Pourquoi ne pas demander aide et orientation aux conseillers en emploi ? Pourquoi ne pas revoir ses ambitions à la baisse et faire face à des réalités qui rattrapent même si l’on faisait l’autruche ? Évitant, ainsi de vivre des situations spartiates, de subir des séparations douloureuses et de sombrer dans des dépressions incurables.


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Votre argent

Décembre, moment-clé fiscal

Quatre trucs bons pour crédits d’impôts…

La planification fiscale est probablement la dernière chose dans l'esprit des Canadiens en décembre, alors qu'ils se préparent à célébrer et à profiter du temps des Fêtes.

Et pourtant, le dernier mois de l'année est un moment clé pour profiter de certains crédits d'impôt et avantages disponibles, fait valoir Jamie Golombek, directeur gestionnaire pour la planification fiscale et successorale chez Gestion privée de patrimoine CIBC. Passer outre cette occasion reviendrait à laisser filer de l'argent qu'il ne sera plus possible de réclamer une fois la nouvelle année entamée. «La plus grande partie de la planification doit être réalisée au cours de l'année d'imposition dans laquelle nous nous trouvons», fait remarquer M. Golombek. Il ne faut pas oublier que, même si de nouveaux crédits d'impôt ont été mis en place cette année, d'autres ont été éliminés, ajoute Karin Mizgala, planificatrice financière et cofondatrice de Money Coaches Canada. Voici quatre stratégies fiscales

à envisager avant que ne s'écoulent les dernières minutes de 2016.

Maximiser les dépenses médicales Même si les dépenses médicales doivent être payées avant le 31 décembre pour réclamer un crédit d'impôt pour 2016, les biens ou services liés ne doivent pas toujours avoir été acquis dans la même année, selon M. Golombek. Il pourrait être avantageux de prépayer certains produits qui seront utilisés en 2017 et pouvoir les inscrire à sa déclaration de revenus de l'année 2016 si cela permet de dépasser le seuil minimal requis pour avoir droit à un crédit d'impôt. «Je donne souvent l'exemple de traitement d'orthodontie ou de broches pour un enfant, illustre M. Golombek. Il pourrait être possible d'obtenir un crédit pour dépense médicale dès maintenant pour le montant payé cette année, même s'il s'agit d'un traitement qui se poursuivra pendant un certain nombre de mois l'an prochain.» Pour 2016, un crédit d'impôt peut être réclamé lorsque les

dépenses médicales totales dépassent le plus faible montant entre celui qui représente trois pour cent du revenu net ou 2237 $, a indiqué M. Golombek dans un récent rapport. Ne pas retarder les dons de bienfaisance Si un don de bienfaisance est envisagé dans un avenir proche, il est préférable de le faire avant la fin de l'année, afin d'obtenir un crédit d'impôt pour don de bienfaisance dès maintenant et ainsi réduire ses impôts de 2016. «Si on attend jusqu'au 1er janvier, il faudra attendre un an, sinon plus, avant de pouvoir profiter du crédit pour don de bienfaisance», souligne Mme Mizgala. Les gouvernements fédéral et provinciaux offrent des crédits d'impôt pour les dons. Pris ensemble, ces crédits se traduisent par une économie d'impôts atteignant jusqu'à 50 pour cent des dons effectués en 2016, ajoute M. Golombek. Prépayer les activités artistiques et physiques des enfants Ottawa commence à éliminer les crédits d'impôt pour les activités artistiques et la con-

dition physique des enfants cette année. Ainsi, après le 31 décembre, il ne sera plus possible d'économiser jusqu'à 250 $ en dépenses liées à des activités culturelles ou artistiques et jusqu'à 500 $ sur les dépenses de programmes d'activités physiques. «Alors si une personne n'avait pas assez dépensé d'argent en 2016 pour maximiser ces crédits, elle pourrait peut-être prépayer certaines de ces dépenses pour 2017», illustre M. Golombek. «Pour les enfants qui suivront des cours de natation en janvier, il pourrait être possible de les inscrire maintenant pour le semestre de janvier, pour obtenir le crédit et l'utiliser si le maximum n'est pas déjà atteint.» Rénover pour l'accessibilité domiciliaire

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Un crédit d'impôt a été introduit cette année pour l'accessibilité domiciliaire, afin d'aider les personnes âgées et les personnes handicapées à amoindrir les coûts liés aux rénovations qui visent à leur simplifier la vie ou à rendre leur habitation plus sûre. Le crédit d'impôt équivaut à 15 pour cent des dépenses pour ceux qui dépensent jusqu'à 10 000 $ par année pour des éléments comme des rampes d'accès pour fauteuils roulants ou des baignoires à accès latéral, explique Mme Mizgala. Pour l'année d'imposition 2016, le crédit est admissible pour les paiements faits avant la fin de l'année pour les travaux ou les biens acquis Source : Presse canadienne


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Racines

Premières Journées Culturelles Africaines de Dar Al-Maghrib

Le Sénégal à l'honneur

Le Sénégal est à l'honneur à l'occasion de la première édition des Journées Culturelles Africaines lancée, vendredi 26 novembre 2016, au centre culturel marocain «Dar Al-Maghrib» à Montréal, en présence de plusieurs personnalités africaines, québécoises et canadiennes, de représentants de corps diplomatiques et consulaires et de membres des communautés marocaine et sénégalaise.

Intervenant à cette occasion, le directeur de «Dar Al-Maghrib», Jaâfar Debbarh a affirmé que ces Journées culturelles africaines se veulent un événement marquant qui met en avant la richesse et la diversité des cultures du Continent, ajoutant que cette manifestation de deux jours est aussi l'occasion de réaffirmer l'identité africaine du Maroc qui place toujours l'Afrique au coeur de ses choix stratégiques, et ne cesse d'accorder une importance primordiale au développement de ses relations avec les pays africains frères, fidèle en cela aux liens historiques et séculaires profonds et solides qu'il entretient avec ces États. Traditions et cultures d’Afrique M. Debbarh a précisé que «Dar Al-Maghrib» a programmé dans son plan d’action l’organisation annuelle de ces Journées Culturelles Africaines afin de faire découvrir davantage au public local la richesse et la diversité des arts, des traditions et des cultures de l'Afrique et de mettre en exergue la contribution

des communautés africaines à la promotion du vivre-ensemble harmonieux au Québec et dans les autres provinces du Canada. Il a, dans ce sens, affirmé que le choix de mettre l'art, la culture et le patrimoine du Sénégal frère à l'honneur lors de cette première édition n'est pas fortuit, puisque le Maroc et le pays de la Teranga partagent singulièrement un riche patrimoine historique, cultuel et culturel, de même que les peuples marocain et sénégalais sont liés par des liens de fraternité, de solidarité, de coopération et d'échanges constamment approfondis.

La célébration de ces Journées Culturelles Africaines maroco-sénégalaises, organisées en partenariat avec le Regroupement général des Sénégalais du Canada (RGSC), s'inscrit donc, a-t-il poursuivi, dans la trame de l'histoire commune des deux pays. M. Debbarh a, par ailleurs, fait savoir que cette première édition comprend un large éventail d'activités reflétant la diversité et la richesse des cultures des deux pays, à travers notamment une exposition mixte d'arts plastiques des artistes peintres autodidactes Nazha Bencherif et Assane Dème, un village de l'artisan qui présente au public des produits de l'artisanat marocains et sénégalais, la mise en relief de la gastronomie et de l'art culinaire sénégalais et une soirée de clôture aux rythmes de musique, de sonorités et de danse marocaine et

sénégalaise. De son côté, Mme Fatou Haydara, secrétaire adjointe de la commission culturelle du RGSC, a exprimé la joie et la fierté de la communauté sénégalaise, dans ses différentes composantes, à l'égard de cette haute considération de la part du Maroc frère, affirmant que le symbole de ces Journées culturelles africaines, avec le Sénégal comme pays vedette, trouve son ancrage dans les relations exceptionnelles qu'entretiennent Rabat et Dakar qui sont marquées par une grande complicité.

«Un modèle de coopération sudsud» Mettant en avant la richesse de l'histoire des deux pays notamment au niveau des échanges de flux humains, commerciaux et culturels avec une identité dans les valeurs spirituelles, Mme Haydara a soutenu que les relations entre le Maroc et le Sénégal constituent «un véritable modèle de coopération sud-sud». Cette manifestation culturelle est aussi, a-t-elle relevé, l'occasion de découvrir la culture sénégalaise à travers notamment des expositions d'arts plastiques et de produits arti-

sanaux, des défilés de mode traditionnel, de la musique et de la dégustation de mets typiquement sénégalais, et la lutte traditionnelle du Sénégal. Et Mme Haydara de conclure que cet événement vise aussi à promouvoir les cultures marocaine et sénégalaise au Canada, à renforcer les relations maroco-sénégalaises audelà du continent africain et à raffermir les liens de solidarité entre les membres des communautés des deux pays. Source : Maghreb Arabe Presse

Maroc - Sénégal

Un modèle inspirant «Le Maroc et le Sénégal, un modèle inspirant de la coopération Sud-Sud» a été le thème d'une conférence-débat organisée au Centre culturel marocain «Dar Al-Maghrib» à Montréal, dans le cadre des activités marquant le lancement de la première édition des Journées culturelles africaines, avec le Sénégal à l'honneur. Intervenant à cette occasion, le ministre-conseiller à l'ambassade du Royaume à Ottawa, Abdollah Lkahya a mis en exergue les relations de fraternité, de solidarité et de communauté de destin qui unissent les peuples sénégalais et marocain frères, affirmant que le Maroc a édifié sous le leadership éclairé de Sa Majesté le Roi Mohammed VI un modèle pionnier à l'échelle régionale, continentale et internationale, à travers la consolidation des partenariats traditionnels et la conclusion de nouveaux partenariats agissants et solidaires, notamment avec les pays africains. Il a souligné que la politique africaine du Maroc a été voulue et impulsée par le Souverain qui n’a

eu de cesse, depuis Son intronisation, de faire de la coopération avec les pays du Continent, un axe majeur de la politique étrangère du Royaume. Ancrage africain Cette Vision Royale, a-t-il soutenu, réaffirme l’ancrage du Maroc dans son continent et son engagement irréversible en faveur du raffermissement des liens séculaires, spirituels, économiques, culturels, et humains avec les pays africains, comme en témoignent les multiples visites Royales qui ont créé une nouvelle dynamique dans les relations avec ces pays et consacré le caractère prioritaire que le Royaume accorde à sa profondeur continentale, à sa prospérité économique et à une coopération Sud-Sud solidaire, agissante et à forte charge humanitaire. Le diplomate marocain a, en outre, indiqué que le Royaume ne cesse de promouvoir les intérêts et les questions prioritaires pour l’Afrique lors des foras internationaux, comme en témoigne la récente

COP22 à Marrakech, qui a été l'occasion pour le Maroc de souligner les priorités des pays africains dans le domaine des changements climatiques, ainsi que leurs besoins spécifiques en termes

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d'adaptation, de financement et de transfert de technologie. Cette messe internationale a été notamment marquée par la tenue, à l’initiative de Sa Majesté Roi, du

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«Sommet Africain de l’Action», qui a appelé à l'édification d'une Afrique résiliente aux changements climatiques, une Afrique qui

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Le Sénégal à l'honneur

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s’engage résolument sur la voie du développement durable, a-t-il dit. De son côté, le directeur de Dar Al-Maghrib, Jaâfar Debbarh a mis en relief le discours historique prononcé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI depuis la ville de Dakar à l'occasion du 41ème anniversaire de la Glorieuse Marche Verte, un événement exceptionnel qui restera gravé dans les annales de l'histoire séculaire maroco-sénégalaise, ajoutant que la décision Royale de faire de la capitale sénégalaise le lieu de cette importante célébration reflète la profondeur des liens fraternels, spirituels et humains qui unissent les deux pays et la place dont jouit l'Afrique auprès de Sa Majesté le Roi et de l'ensemble des Marocains. Rappelant que le Sénégal, fidèle allié du Maroc dans la défense de son intégrité territoriale, est aussi le premier partenaire économique du Royaume en Afrique subsaharienne, M. Debbarh a noté que les deux pays s'appuient dans leur coopération sur une approche «gagnant-gagnant», tout en s'orientant vers un partenariat économique renforcé et

tourné vers la réalisation de projets communs de développement.

Il a, en outre, souligné que Rabat et Dakar ont jeté les bases d'un modèle de partenariat novateur, viable et durable en réussissant à fructifier le capital précieux de leur solidarité exemplaire et agissante et ce, grâce à la ferme volonté de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et du président Macky Sall de donner un nouvel élan aux échanges bilatéraux et à leur partenariat prometteur qui pourrait servir de modèle inspirant de la coopération Sud-Sud. De leur côté, les autres intervenants marocains et et sénégalais, dont des universitaires et des politologues, ont affirmé que le Maroc, sous le leadership visionnaire de Sa Majesté le Roi, a adopté une approche diplomatique stratégique pour consolider une coopération sud-sud qui soit efficiente et multidimensionnelle, notamment avec les pays africains, ajoutant que les visites effectuées par le Souverain dans le Continent ont permis de développer un modèle de coopération économique mutuellement bénéfique et d'améliorer les conditions de vie des citoyens africains.

Relations séculaires et partenariat pour l’avenir Dans ce sens, ils ont insisté sur l'importance de promouvoir ce partenariat solidaire sud-sud porté par le Royaume, relevant que le modèle marocain suscite un intérêt de plus en plus croissant auprès de nombreux pays subsahariens, comme en atteste la forte présence de grandes entreprises marocaines opérant dans différents secteurs d'activités dans plusieurs de ces pays. Mettant en relief les relations séculaires inscrites dans la continuité entre le Maroc et le Sénégal, ainsi que la profondeur des liens spirituels et religieux entre les deux pays, basés sur l'islam sunnite, la doctrine achaârite et le rite malékite, sans oublier la Tariqa Tijaniya qui retrouve ses racines dans le Royaume avec la ville de Fès qui en représente le berceau, ils ont aussi salué la constance et la vigueur des relations exemplaires maroco-sénégalaises intangibles face aux aléas du temps. Cette rencontre s'est déroulée en présence de la Consule général du Royaume à Montréal, Habiba Zemmouri, de plusieurs personnali-

tés africaines, québécoises et canadiennes, de représentants de corps diplomatiques et consulaires et de membres des communautés

marocaine et sénégalaise. Source : Maghreb Arabe Presse

41ème anniversaire de la Marche verte et 61ème anniversaire de l’Indépendance du Maroc

Levée de drapeau à Toronto

La communauté marocaine établie à Toronto a célébré dimanche 20 novembre 2016, dans une ambiance de fierté et de patriotisme, le 41ème anniversaire de la glorieuse Marche Verte et le 61ème anniversaire de la fête de l’Indépendance, deux événements majeurs dans l’histoire contemporaine du Royaume, en présence de centaines de membres de la diaspora marocaine et de personnalités et dignitaires canadiens et

étrangers.

Cette journée de célébration organisée à l'initiative par l'Association Marocaine de Toronto (AMDT) en partenariat avec les Associations et Organismes marocains à Toronto se veut, pour la communauté expatriée, une occasion de commémorer avec toute indépendance, solidairement et avec fierté, l’histoire, les traditions et l’attachement à notre patrie mère, le Maroc

Le point d'orgue de cette journée commémorative a été la grande cérémonie de levée du drapeau marocain sur l'esplanade de l’Hôtel de ville- North York Civic centre de la «Ville Reine», qui s’est déroulée en présence notamment du Ministre Conseiller à l’Ambassade du Royaume du Maroc au Canada, Mr. Abdellah LKAHYA; du Membre du Parlement Canadian, Dr. Michael LEVITT; du Membre du Parlement Provincial, Madame Gila MARTOW; du Dr. Ahmed Bourini, Vice-Consul General des Émirats Arabe Unis, de Mr Mohammed BRIHMI, Juge de Paie et les Présidents des Associations, des entreprises parte-

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naires et les Institutions gouvernementales et non gouvernementales. En marge de cette célébration, plusieurs personnalités et membres de la diaspora marocaine ont tenu à souligner, sur un ton unanime, leur fierté et leur attachement au Royaume dans un cadre con-

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vivial d'échange et de partage entre l'ensemble des Marocains du Canada, d'une part, et entre les Marocains et les Canadiens d'autre part. Source : Association marocaine de Toronto Info@amdt.ca; www.amdt.ca


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Cultures

Festival Sefarad de Montréal 2016

« Ouverture, partage et tolérance»

Entretien avec David Dadoun, président de la 44ème édition

Le Festival Sefarad de Montréal 2016 (FSM), un des événements-phares de la Communauté sépharade unifiée du Québec, a débuté le 26 novembre et se poursuivra jusqu’au 11 décembre 2016, sous la présidence d’honneur de Kathleen Weil, ministre de l’Immigration, de la Diversité

férences, moments d’émotion et événements festifs qui témoignent de la richesse et du dynamisme de la tradition culturelle sépharade de Montréal et suscitent l’intérêt de tous les amateurs de savoir, de réjouissances et d’expression artistique.

tionale dans un esprit de fraternité et d’ouverture, mêlant cultures, traditions et coutumes afin de mieux représenter la pluralité montréalaise. Les activités auront lieu au théâtre Outremont, au centre Segal, au centre Gelber et à la Congrégation Or Hahayim. Pour dire la dimension inclusive de cet événement, Atlas. Mtl a rencontré Dave Dadoun, président de l’édition 2016 du festival. Entretien. Atlas.Mtl : Quel effet cela fait-il de se retrouver à la tête d’un festival qui tient sa quarante-cinquième édition, c’est-à-dire plus vieux que les trois-quarts de l’humanité?

David Dadoun

et de l’inclusion. Le FSM 2016 présente une moisson de spectacles, con-

Le FSM, organisé tous les ans par la Communauté sépharade unifiée du Québec, réunit des artistes de renommée interna-

David Dadoun : L’humanité n’ayant jamais vécu aussi vieille et l’espérance de vie augmentant, nous avons de la marge! Et puis je crois qu’un des privilèges de vieillir, c’est de transmettre. En ce qui me concerne, c’est un retour aux sources. J’ai déjà présidé aux destinées de la Quinzaine sépharade il y a quelques années. C’est donc pour moi un honneur de reprendre le flambeau. Avec des perspectives différentes, cependant, parce que notre monde a changé. Les nouvelles technologies et la globalisation ont transformé nos modes de vie et je veux rejoindre des publics plus larges et surtout, notre

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jeunesse, qui est une force et une inspiration. Quel bilan pourrait-on dresser de ce demi-siècle d’existence et d’action culturelle? Un bilan très positif. Jusque-là, nous étions uniquement préoccupés de perpétuer et de transmettre nos traditions et notre culture aux jeunes générations et bien sûr, de les partager avec tous Adil Othmani nos concitoyens. Mais il faut vivre avec son temps. La culture a nous présentons des conévolué. L’heure est à la fusion férences où s’expriment des des gastronomies, des cultures, experts de tous les horizons, des musiques, des arts, des nous recevons un des plus formes d’expression. grands orchestres du Maroc, On ne s’étonne pas nous partageons nos scènes aujourd’hui d’un mariage avec des vedettes du monde entre musique rock et clasentier. De cette manière, nous sique, entre jazz et andalou, tentons de mettre en avant ce entre philosophie et musique modèle de vivre ensemble qui classique. Le FSM est à cette fait partie de nos gènes et qu’il image. Il puise dans ses convient d’appeler l’Exception racines, mais reste résolument marocaine. tourné vers l’avenir. La communauté séfarade est C’est donc le vivre ensemble l’un des segments de la comque la dimension culturelle munauté des originaires du de la Quinzaine met d’abord Maroc; le second segment, le de l’avant… segment de confession musulmane adhère-t-il à la Oui. Nous avons été les piondynamique socioculturelle niers. Toute notre programma- illustrée par la Quinzaine? tion est conçue dans un esprit d’ouverture à l’autre, de partCertes, prenez nos conférencage et de tolérance. Nous es, par exemple, des conférenavons mis sur pied des proSuite à la page 31 grammes de rapprochement,

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Cultures

Festival Sefarad de Montréal 2016

« Ouverture, partage et tolérance»

Entretien avec David Dadoun, président de la 44ème édition Suite de la page 29 ciers musulmans, comme Rachida Azdouz ou Aziz Fares, viennent s’y exprimer. Au plan musical, nous avons des invitées de marque, comme l’incontournable Leila Gouchi, notre étoile nationale ou l’envoutante Fairouz Oudjida. Sans oublier, bien entendu, le concert de musique andalouse dirigé par Adil Otmani qui séduira sans aucun doute nos frères marocains. Revenons au Festival 2016. On peut supposer que pour ce 45ème anniversaire de la Quinzaine Séfarade la programmation 2016 va être exceptionnelle. Si oui, en quoi le sera-t-elle? Ce festival sera exceptionnel, parce que diversifiée et éclectique, de manière à rejoindre des publics plus larges, et en particulier les jeunes. Cette année, nous avons pris le risque de louer de grandes salles comme le théâtre Outremont, d’inviter des vedettes de

renommée internationale comme Jacques Attali, l’Orchestre des musiciens du monde ou l’orchestre marocain Rouh Atourat. J’aimerai, à cet égard, rendre un hommage appuyé au rôle de Mme Habiba Zemmouri, notre consule générale qui a permis la concrétisation de ce projet. Si vous deviez suggérer deux ou trois activités à ne manquer sous aucun prétexte, quelles seraientelles? Toutes les activités sont dignes de mention et méritent le déplacement! Mais s’il n’y en avait que trois, alors il ne faut manquer en aucun cas le concert de musique andalouse de l’orchestre Rouh Atourat, dirigé par Adil Otmani, le 3 décembre. La conférenceconcert classique de Jacques Attali, avec l’Orchestre des musiciens du monde, le 10 décembre, sera certainement aussi un des moments clés du FSM : ce n’est pas souvent

que l’on voit Attali en chef d’orchestre! Enfin, j’invite la communauté à assister au spectacle de clôture, le 11

décembre, qui présentera une fusion unique de musiques orientale, andalouse et brésilienne, avec Mike Chriqui de

Casablanca, la très populaire Bïa et l’extraordinaire Leila Gouchi.

La dimension sépharade au Canada Par David Bensoussan* Au 18e siècle, la première immigration des Juifs au Canada fut essentiellement sépharade, composée de Sépharades venus du Brésil, de Hollande et d’Angleterre. Les familles légendaires des Hart, Frank, Joseph, David, Di Sola et bien d’autres ont grandement contribué au développement du Bas-Canada. À partir du début des années 1950, une nouvelle immigration de Sépharades s’est établie sur les rives du Saint-Laurent. La majorité des Sépharades au Canada provient des pays méditerranéens et de l’Irak et les ressortissants du Maroc sont majoritaires. Au Québec, ces premiers immigrants sépharades, francophones pour la plupart, se virent fermer les écoles publiques d’expression française du fait que celles-ci n’acceptaient que des catholiques. Plutôt que de s’intégrer dans le moule anglophone, les Sépharades ont tenus à bâtir des institutions qui leur permettaient de maintenir la langue française. Il faut toutefois souligner que les immigrants sépharades ont également colporté avec eux

un bagage linguistique coloré incluant l’espagnol, l’arabe, le judéo-arabe, le judéo-espagnol ou le judéo-berbère. Dans son ensemble, l’intégration des Sépharades dans leur terre d’accueil a été réussie sur plus d’un plan et une nouvelle génération de professionnels, d’écrivains et d’artistes (1) est en train de faire ses preuves. Ainsi et à titre d’exemple, les noms d’Emmanuelle Chriqui, de Raphy Benmergui ou de Sonia Benezra sont bien connus dans le monde artistique. Chaque année, le festival SEFARAD de Montréal rassemble de nombreux talents locaux et internationaux. Ces activités s’adressent à tous les âges ce qui permet de faire revivre de bons moments aux personnes qui ont gardé la nostalgie du pays natal, ou à celles qui ont conservé des attaches qui résonnent encore en elles. Ce qui a été fort intéressant d’observer est que l’expression artistique des Sépharades garde la trace des thèmes, des couleurs et des musiques des pays d’origine au sein de la nouvelle génération qui a grandi au Canada. Des con-

tacts soutenus avec les membres de la famille éparpillée de par le monde, nourrissent l’attachement culturel avec toute une civilisation déracinée et dispersée dans des conditions qui furent parfois tragiques. De tous les pays de la diaspora sépharade, le Maroc a été quasiment le seul à avoir maintenu le contact avec ses anciens ressortissants. L’Espagne et le Portugal offrent la nationalité aux descendants des expulsés juifs de la péninsule ibérique et retrouvent également non sans plaisir les traces d’une culture qui a imprégné leur histoire. Des voyages de retour aux sources sont organisés pour des jeunes afin de visiter des lieux ancestraux de la diaspora sépharade en Espagne, au Portugal, au Maroc, en Italie et en Israël. Le dialogue judéo-musulman est courtois et convivial. D’excellents contacts sont entretenus avec la nouvelle immigration musulmane d’Afrique du Nord afin de partager l’expérience d’immigration en terre canadienne et d’y faire renaître des rythmes de musique andalouse remontant à l’âge d’or

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David Bensoussan sépharade en Espagne. L’appréciation musicale unanime rapproche les âmes et les coeurs et atténue les rancoeurs du passé. Au Québec ou la majorité des Sépharades a pris racine, les relations interculturelles s’épanouissent. La société québécoise est une des plus accueillantes et tout y est réuni pour que l’ensemble de la société tire parti d’un enrichissement mutuel. Les médias et les politiciens réagissent vivement et trop souvent aux propos et agissements d’une minorité immigrante radicale, alors que la joie du vivre ensemble est celle bien plus discrète que la majorité immigrante modérée

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veut et peut partager avec toutes et tous au sein de la Belle Province. L’interculturalisme démine les relents de radicalisme pour céder la place au dialogue. Le dynamisme des Sépharades au Canada a fait ses preuves et constitue une valeur ajoutée à l’ensemble du pays. *Professeur de sciences à l’Université du Québec (1) David Bensoussan (dir.), « 50 ans ensemble : Le livre sépharade. 1959-2009 », Montréal, Communauté Sépharade Unifiée du Québec


Actes

Startup-weekend Fintech

La technologie financière au menu du FCCM Par Nafissa Abarbach

Les investissements dans la «fintech» soit la technologie financière explosent, et la communauté montréalaise commence à se mobiliser pour positionner la métropole dans cet univers où les grands centres financiers prennent déjà beaucoup de place. De jeunes Canadiens d’origine Marocaine, déjà impliqué et tous membres du CA du Forum des compétences Canadomarocaines et ayant déjà organisé et/ou participé à de précédentes éditions de Startup Weekend (Novembre 2015 et janvier 2016), ont voulu contribuer à cette révolution et ont décidé d’organiser un Startup weekend dédié à la Fintech. L’objectif de cette initiative était de rassembler les gens impliqués dans l’écosystème Fintech et les faire travailler ensemble afin de créer des liens et solidifier l’écosystème. Le startup weekend organisé à cette fin a attiré et rassemblé des porteurs d’idées, des développeurs, designers, professionnels dans la finance, Marketing , des coaches et mentors ayant des expertises différentes allant de la finance, technologie, business model, Design graphique etc. Les participants ont également profité des con-

seils de deux conférenciers ainsi d’un Workshop donné par l’équipe de IBM Montréal.

services financiers ou encore les rendre plus accessibles.

54 heures de remue-méninges Après 54h de travail acharné, remue-méninge, brainstorming et de coaching, les 5 équipes finalistes sont passés devant un jury remarquables dans le domaine de la Fintech afin d’évaluer leurs projets. Chaque présentation a été suivie d’une période de questions ensuite les juges se sont retirés pour délibérer et choisir deux équipes grandes gagnantes.

Les cinq gagnants Voici la liste des 5 équipes finalistes et gagnantes :

Le grand gagnant de toute cette

L’équipe organistrice du Startup Weekend Fintech 1- Nafissa Abarbach 2- Mohamed Charradi 3- Houda Rohaimi 4- Ilyes El Ouarzadi. mobilisation sera certainement le consommateur car tous les projets émergents visent à diminuer les coûts de certains

Gagnant de l’édition Projet «Save the grapes» Description : Réduire les pertes de produits alimentaires en phase transport. Leader : Scott Laughlin Membres de l’équipe : Jacques Dutil, Vladimir Kozin, Aymen Sakka, Ivonne Carvajal, Michael Fu, Vinh Phanh, Victor Palacios. Deuxième place Projet QRATE Description : Plateforme online d’aide aux personnes désirant investor Leader : Sebastian de los santos Membres de l’équipe: Vijay Patel, Amine Bennani,Tai Tran Troisième place Projet DARETE Description : fiancement participatif Leader : Akram Adhaim Membres de l’équipe: Yassine Boudouch, Ilham Quatrième place

Projet CAUREX Description : «On peut faire ça ensemble» Leader : Franck Peguy Njamo Membres de l’équipe : Johan Nyamsy, Patrick Finken, Shawn Lauzon, Maxime Jong Cinquième place Projet GRANTED Description : "Six million de dollars au bout des doigts

Membres de l’équipe: Théo Reybard, Clotilde Vitou, Ramy Massarani, Jean-Francois Lessard, Amine Benmoussa Pour plus de détails sur l’événement merci de visiter le site web : http://www.up.co/ communities/canada/montreal/startup-weekend/8345

Le startup weekend vu par nos confrères

Montréal se débat pour promouvoir son attractivité, retenir et attirer les talents, Montreal Fintech soutient les entrepreneurs dans leurs efforts de recrutement. Il faut dire que notre pays est bien doté en matière de Fintech et que son savoir-faire est reconnu en finance comme en technologie. Le nombre de nouveaux acteurs explose et leur croissance est exponentielle. .

Startup weekend Montréal est une initiative portée par des jeunes porteurs de projets, canadomarocains, tous membres du CA du Forum des compétences Canado-marocaines et ayant déjà organisé et/ou participé à de précédentes éditions de Startup Weekend (Nov 2015 et janvier 2016) ces derniers ont réussi à rassembler les gens impliqués

dans l’écosystème Fintech et les faire travailler ensemble afin de contribuer à dynamiser l’écosystème de l’innovation à Montréal, en dépit des challenges.

Les entrepreneurs, aux différents profils, avaient 54 heures pour créer une start-up dans le domaine et mettre en place un projet d’entreprise viable. Celui-ci est évalué ensuite par des profession-

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nels de l’industrie.

L'événement s'est déroulé en fin de semaine, au centre culturel marocain “Dar Al Maghrib” à Montréal. Plusieurs de ces jeunes talents n’ont pas caché leur joie et leur enthousiasme de participer à cette compétition afin de tester leurs compétences entrepreneuriales,

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élargir leurs réseaux de contacts, rencontrer d’éventuels partenaires d’affaires et disposer des conseils et de l’accompagnement nécessaires pour démarrer leurs propres entreprises. Source : Voix d’ailleurs


Actes

Le FCCM à la COP22

"Il n'y a pas d'entreprises créatives, il n'y a que des individus créatifs!" Par Badreddine Filali-Baba

C'est en ces termes allant à l'encontre des idées reçues que Jamal Chaouki, professeur á Polytechnique Montréal, a conclu son intervention au panel de discussion sur le "rôle de l'innovation dans la réduction des impacts des changements climatiques" organisé par le Forum des Compétences CanadoMarocaines (FCCM) le 16 novembre 2016 en marge de la COP22 á Marrakech. Ouvrant ce panel, ainsi que le suivant portant sur la "place des compétences résidant à l'étranger en matière d'accompagnement de leur pays d'origine face aux changements climatiques", Abdelaadim El Hanchi, président du FCCM, a souligné que "les marocains du Canada sont venus en nombre et qualité pour intervenir sur les thèmes de l'environnement, la gestion des déchets, la créativité et la contribution des marocains du monde." Créer, c'est oser! Élaborant sur l'innovation, Mr. Chaouki en a caractérisé les cinq conditions clés: "penser à coté, regarder les choses par un angle différent, être patient, oser et avoir le droit de se tromper." Il a aussi averti contre les trois dérives de l'innovation: "compartimenter (ne pas regarder derrière le mur), inhiber la diversité humaine et la naïveté des chercheurs (plus on travaille avec les autres et on donne libre cour á ses instincts, plus on réussi!)" Associer deux technologies existantes pour en créer une nouvelle C'est ainsi que de grandes trouvailles ont vu le jour! Et c'est ainsi que Saïd Samih,

Ph.D. et Postdoctorant de Polytechnique Montréal, a mis au point le premier réacteur pour gazéifier le charbon tout en réduisant ses émissions de gaz carbonique.

C'est aussi la démarche suivie par Abdellah Azzimani, fondateur et CEO de ModWind, pour créer un concept "d'éolienne domestique", qui lui a valu un prix de l'organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Il s'agit d'une éolienne de faible puissance (5 à 10 KW). Ses petites dimensions et sa conception standard et modulaire en réduisent les coût d'installation et de maintenance, et permettent un ajustement de la puissance en fonction des besoins ainsi qu'une une standardisation des pièces de rechanges. C'est une évolution remarquable qui met une technologie, à priori lourde et complexe, á la portée de chacun, même dans les zones reculées et difficiles d'accès. Elle devient ainsi un levier de développement, au moment où cette énergie propre croit á un rythme effréné de 8%. Transformer un problème en une opportunité C'est le cas des déchets qui deviennent une ressource précieuse. D'abord en en évitant ou minimisant la génération, en les recyclant, et enfin en les valorisant dans les cimenteries qui intègrent leurs contenus énergétique et minéral avec un impact positif sur l'environnement. Badreddine Filali Baba, ingénieur et consultant en fabrication du ciment et écologie industrielle, a expliqué que le Maroc jouit d'avantages appréciables à cet égard. D'abord grâce à une industrie cimentière moderne, performante et bien répartie sur le

territoire national; et aussi grâce aux compétences que le pays exporte, particulièrement en Afrique. Pourtant, malgré une expérience éprouvée, le potentiel de recyclage et valorisation des déchets reste encore largement sous-utilisé.

ces énergies pour accompagner l'évolution du Maroc." Au Canada en particulier, elle suggère de "réseauter les professeurs, ingénieurs, informaticiens et autres expertises et les connecter aux besoins du pays."

Quel rôle pour la diaspora? Après avoir proposé une typologie des marocains du monde et décrit certains irritants à leurs interventions au Maroc, Bouchra M'Zali, professeure en responsabilité sociale á l'UQÀM, suggère une initiative concrète: une plateforme de recherche à mettre à la disposition des jeunes marocains doctorants pour identifier leurs sujets de recherche.

Abdelaadim El Hanchi signale à cet effet que les compétences marocaines du Canada et des Etats-Unis, á l'occasion de leur première rencontre de septembre 2016, ont initié des commissions mixtes autour de certaines thématiques telles que l'industrie automobile et aéronautique, energie et environnement, recherche médicale, marketing numérique et entreprenariat social.

Fatiha Chandad, Professeure et vice-doyenne à la faculté de médecine dentaire de l'université Laval, relève pour sa part que "la diaspora marocaine comprend des experts mondiaux de haut calibre. Il y'a lieu de canaliser

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Abderrahman El Fouladi, Directeur de Géo Planète Solutions-Canada, a quant à lui rendu compte d'un excellent exemple de contribution de la diaspora, á savoir un colloque international sur les migrations climatiques qu'il a lui-même organisé et dont les

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actes viennent d'être publiés. Aider son pays en groupes ou individuellement? Les deux sont parfaitement valables. L'intervention de spécialistes contre la desertification et les changements climatiques pilotée par Mr. El Fouladi, et la conception et concrétisation d'un projets sur les réfugiés climatiques proposées par Hassan Bendahmane sont des initiatives de groupes, alors que la formation peut être une excellente contribution individuelle comme le suggère et le pratique Mr. Chaouki. Les marocains en force dans la délégation du Québec à la COP Signalons enfin, comme l'a souligné avec fierté Mr. Bendahmane, que les canadomarocains ont eu une place quantitative et qualitative de choix dans la délégation du Québec à la COP22 présidée par le premier ministre Philippe Couillard.


Santé

Nouvelles mesures contre le tabagisme depuis le 26 novembre 2016

Plus âcre sera la fumée… De nouvelles mesures de la Loi sur la lutte contre le tabagisme sont entrées en vigueur le 26 novembre 2016. Il est ainsi désormais interdit de fumer à moins de 9 mètres d'une porte d'entrée de tout édifice public. Cette restriction était déjà en place pour les hôpitaux et les écoles du Québec, mais la loi va maintenant un peu plus loin et il sera dorénavant interdit de fumer à moins de 9 mètres d'une fenêtre qui s'ouvre et d'une prise d'air. Les fumeurs rencontrés à proximité du bâtiment semblent d'ailleurs tout à fait d'accord avec l'entrée en vigueur des nouveaux règlements. « Ça va m'aider à m'arrêter... c'est ce que vous souhaitez? C'est ça que je souhaite oui », lance l’une d’entre elles. « Je ne sais pas si ça m'encouragerait à arrêter de fumer tant que ça. Cependant ça peut peut-être

apporter un peu de respect pour les gens qui sont nonfumeurs étant donné qu'on sait que l'odeur peut être incommodante », explique une autre personne.

La mise en application de la règle du 9 mètres risque d'être beaucoup plus difficile à appliquer pour les hôtels dont les portes principales sont souvent situées à proximité de la rue. « Ici c'est un hôtel nonfumeurs, donc on doit demander à nos clients de sortir à l'extérieur, mais un Américain qui arrive ici, par exemple, n'est pas au courant qu'il y a une nouvelle loi. Donc, il faut informer nos employés, il y a de la formation à faire », explique le directeur général d’un établissement du centre-ville qui se questionne cependant sur l'impact qu'aura la loi sur la clientèle touristique.

Avec l'arrivée de ces nouvelles mesures, plusieurs centres commerciaux devront notamment retirer les cendriers installés à proximité de leurs entrées, ce que saluent les groupes antitabac. « Dans les faits, dans plusieurs circonstances, comme à l'entrée des édifices, dans la mesure où l'on trouvait souvent un toit, on se trouvait souvent exposé à des niveaux élevés de fumée secondaire et c'était problématique », précise Flory Doucas, porte-parole de la Coalition québécois pour le contrôle du tabac.

Les objectifs de la loi Les modifications à la Loi sur le tabac adoptées le 26 novembre 2015 ont notamment amené un changement de nom de la Loi, qui porte maintenant le nom de Loi concernant la lutte contre le tabagisme. Cette Loi vise à : - protéger les jeunes et prévenir l'initiation à l'usage

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du tabac; - protéger la population des dangers de l'exposition à la fumée de tabac; - favoriser l'abandon du tabac. Dans la suite du texte, les mots « La Loi » désignent la Loi concernant la lutte contre le tabagisme.

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Les modifications apportées Les modifications apportées à la Loi couvrent divers volets, notamment : - la hausse des amendes en cas d’infraction; - l’usage du tabac dans certains lieux; - l’encadrement de la cigarette électronique;

Suite à la page 35


Santé

Nouvelles mesures contre le tabagisme depuis le 26 novembre 2016

Plus âcre sera la fumée… Suite de la page 34 - la vente de tabac; - la promotion et la publicité relatives aux produits du tabac; - l’interdiction concernant les arômes et les saveurs autres que ceux du tabac; - les règles concernant les emballages et la mise en garde de santé affichée sur les emballages de cigarettes et de petits cigares. Certaines des nouvelles dispositions législatives sont entrées en vigueur dès la sanction de la Loi, le 26 novembre 2015. D’autres mesures prendront effet dans les mois suivants. Principales modifications apportées à la Loi La cigarette électronique et tous les autres dispositifs de même nature, y compris leurs composantes et leurs acces-

soires, sont maintenant soumis aux mêmes règles que les produits du tabac.

Cette mesure implique notamment : - que la vente de ces produits est rigoureusement encadrée; - qu’il est interdit de faire usage d’une cigarette électronique dans tous les lieux où il est interdit de fumer : à l'intérieur des lieux fermés qui accueillent le public, dans les milieux de travail, dans tous les autres lieux extérieurs interdits par la Loi. Cependant, si le rayon de 9 mètres ou une partie de celuici excède la limite du terrain sur lequel le lieu est situé, l’interdiction s’applique uniquement jusqu’à cette limite. Par exemple, l’interdiction de fumer n’est pas applicable si une porte ou une fenêtre communiquant

avec un lieu donne directement sur un trottoir municipal. L’interdiction concernant les arômes ou saveurs autres que ceux du tabac ne s’applique pas aux cigarettes électroniques, ni à leurs accessoires comme les liquides.

- Le montant des amendes liées aux différentes infractions prévues à la Loi a été augmenté. Par exemple, une personne qui fume dans un lieu où il est interdit de le faire peut maintenant recevoir une amende de 250 $ à 750 $. Pour plus de détails, consultez la liste des infractions et des amendes. - Il est interdit à une personne mineure d’acheter du tabac. - En ce qui concerne toute personne qui désire acheter du tabac ou être admise dans un salon de cigares ou dans un point de vente spécialisé : la personne a

l’obligation de prouver qu’elle est majeure si l’exploitant du commerce ou son préposé lui en fait la demande. La personne doit en faire la preuve en présentant une pièce d’identité avec photo, délivrée par un gouvernement ou l’un de ses ministères ou par un organisme public. - Le nombre de lieux où il est possible d’installer un fumoir a été augmenté. Par exemple, il est maintenant possible d’installer un fumoir dans un immeuble d’habitation de 2 logements ou plus. En plus des interdictions déjà existantes, il est aussi interdit de fumer : - dans les véhicules automobiles, lorsque des personnes de moins de 16 ans y sont présentes; - dans les aires communes des immeubles d’habitation comportant de 2 à 5 logements;

- sur les terrasses commerciales, incluant celles des restaurants et des bars; - dans les aires de jeux extérieures pour enfants; - sur les terrains sportifs et les terrains de jeux; - sur les terrains des camps de vacances; - en tout temps, sur les terrains : des centres de la petite enfance et des garderies; des établissements d’enseignement : préscolaire, primaire, secondaire, y compris les centres de formation générale aux adultes et les centres de formation professionnelle. Il est également interdit aux fabricants et aux distributeurs de vendre, d’offrir en vente ou de distribuer des produits du tabac comportant une saveur ou un arôme autres que ceux du tabac.

Ce que vous risquez en cas d’Infraction

Des amendes qui peuvent aller jusqu’à 3000 $!... Le montant des amendes liées aux différentes infractions prévues à la Loi a été augmenté. Voilà ce que vous risquez désormais : - Fumer dans un lieu où il est interdit de le faire :

250 $ à 750 $; Récidive : 500 $ à 1 500 $ - Se présenter faussement comme une personne majeure pour acheter du tabac : 100 $

- Pour une personne majeure, acheter du tabac pour une personne mineure : 500 $ à 1 500 $; Récidive : 1 000 $ à 3 000 $

terrains et dans les locaux ou les bâtiments mis à la disposition d’une école : 500 $ à 1 500 $; Récidive : 1 000 $ à 3 000 $

- Fournir du tabac à une personne mineure sur les

- Enlever, endommager ou modifier une affiche

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indiquant qu’il est interdit de fumer dans un lieu, indiquant qu’il est interdit de vendre du tabac à des mineurs ou concernant la mise en garde sur les effets du tabagisme : 500 $ à 1 500 $; Récidive : 1 000 $ à 3 000 $


Enfance

Plus de 1,3 million d'enfants canadiens en situation de pauvreté La pauvreté infantile au Canada a certes diminué au cours des dernières années, selon l'organisme Campagne 2000, passant de 19,1 % en 2012 à 18,5 % en 2014. Elle demeure toutefois plus élevée qu'en 1989, période où le taux atteignait 15,8 %. Si l'on omet le territoire du Yukon, où le taux de pauvreté infantile se situe à 12,6 %, le Québec est la province canadienne où le taux est le moins élevé, s'élevant à 15,1 %. Il est suivi de près par l'Alberta, où le taux est de 15,5 %. Campagne 2000 estime toutefois que les chiffres pour l'année 2014 ne représentent pas l'impact de la chute des prix du pétrole survenue en Alberta à la fin de cette même année. Quant aux pires taux de pauvreté infantile au pays, hormis le territoire du Nunavut où le taux se chiffre à 38 %, c'est la province du Manitoba qui fait piètre figure. Dans cette province, 29 % des enfants vivent dans la pauvreté. La Saskatchewan est la seconde province à afficher le

taux le plus élevé, celui-ci se chiffrant à 24,6 %.

L'organisme blâme en partie le « faible niveau des prestations d'aide sociale » pour l'ampleur de la pauvreté au Canada. « Les revenus sont insuffisants dans toutes les provinces et tous les territoires au Canada », peut-on lire dans leur rapport. Campagne 2000 souligne toutefois que les « transferts gouvernementaux sont des investissements cruciaux et efficaces pour réduire ou prévenir la pauvreté », ajoutant que, sans les programmes d'aide déjà en place, au moins 712 000 enfants canadiens de plus seraient en situation de pauvreté. Le rapport formule des recommandations qui portent notamment sur le logement, la précarité d'emploi, les inégalités de revenu et les services éducatifs et de garde à l'enfance. Par exemple, Campagne 2000 demande à Ottawa « d'indexer l'ACE [Allocation canadienne pour enfants] à l'inflation à compter de 2017 pour permettre

aux familles de suivre l'augmentation du coût de la vie », alors qu'Ottawa prévoit l'indexer en 2020.

Des inégalités persistantes La Campagne 2000 dénonce par ailleurs les inégalités qui sont parmi les causes de la pauvreté chez des familles. « Nous devons aussi concentrer nos efforts à mettre fin à la discrimination dont sont victimes des groupes d'enfants dont les taux de pauvreté sont plus élevés, notamment les enfants dont une femme est le soutien économique, les enfants autochtones, les enfants racialisés, les enfants présentant des incapacités et les enfants nouvellement immigrés au pays », affirme la coordonnatrice nationale de Campagne 2000, Anita Khanna, dans un communiqué. Le rapport donne comme exemple l'iniquité salariale par rapport au sexe de la personne. Les femmes qui travaillent à temps plein et toute l'année obtiennent 72 % de la rémunération moyenne des hommes.

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Pour résoudre ce problème, Campagne 2000 recommande notamment de « revitaliser le Plan d'action canadien contre le racisme » et « d'accélérer l'adoption de mesures législatives obligeant les industries assujetties à la réglementation fédérale de verser un salaire égal aux femmes pour un travailleur de valeur égale ». Aussi, toujours selon le rapport, 60 % des enfants autochtones qui vivent dans une réserve et qui détiennent le statut d'Indien vivent dans la pauvreté.

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Le rapport souhaite qu'Ottawa s’attaque à la pauvreté chez les Autochtones. « Le gouvernement doit se plier au jugement du Tribunal canadien des droits de la personne et financer de manière équitable les services d’aide à l’enfance dans les réserves », a demandé Rachel Gouin de l’organisme Repaires jeunesse du Canada, lors d'un point de presse. Source : Radio-Canada


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Sports

Tae kwon do - Coupe Dando 2016

Open Toronto 2016

Neuf podiums Six médailles de pour l’École plus pour Montréal des Champions Olympiques le club ACMPT en collaboration avec Centre Communautaire Annour a participé à la coupe Dando 2016 qui a eu lieu au Complexe Sportif Claude Robillard le samedi 19 novembre 2016.

Une équipe de six jeunes a défié ses adversaires pour monter au podium et décroché des médailles pendant cette compétition Interprovinciale, les athlètes ont démontré beaucoup de potentiel et détermination pour atteindre les objectifs fixés par le club sous la supervision de Maître Abdel Ilah Es Sabbar. Liste des médaillés : 1- Hamza Benttoumi Médaille d'Or 2- Islam Ali Mehessem Médaille d'Or 3- Arwa Benttoumi Médaille D'Argent 4- Rayan Jrindou

Médaille de Bronze 5- Adam Rharrar Médaille de Bronze 6- Wissal Briak Médaille de Bronze Les entraineurs-coach Oussama El Mehadaoui et Naoufel Koussani ont de quoi être fiers!...

L’École des Champions Olympiques a participé avec sa délégation à l’ Open Toronto 2016 qui a eu lieu du 11 au 13 novembre 2016 à Variety Village Toronto (Ontario).

Médaille de Bronze

Une équipe de six jeunes a défié ses adversaires pour monter au podium et décroché des médailles pendant cette compétition où plusieurs clubs des USA et Canada ont participé à cette compétition d’envergure. Nos athlètes de l’école des champions ont démontré beaucoup de potentiel et détermination pour atteindre les objectifs fixés par le club sous la supervision de Maître Abdel Ilah Es Sabbar.

4Kaoutar Omary Médaille de Bronze

Liste des médaillés Catégorie combat 1Ahmed Zerrouk Médaille d’Argent

8Rania Hidda Médaille de Bronze

2-

Aya Omary

3Ilyesse Zerrouk Médaille de Bronze

5Khalil Ibrahim Es Sabbar Médaille de Bronze 6Mohammed Lillou Médaille d’Argent 7Nizar Es Sabbar 5e au Classement

Catégorie poomsee Rania Hidda Médaille de Bronze

Karaté championnats du monde

Quatre médailles pour Adam Chaoui Après le titre de Champion Canadien en karaté de cette année, Adam Chaoui membre de l'équipe nationale canadienne, s'est démarqué une nouvelle fois avec force et détermination aux Championnats du monde à Dublin en Irlande qui se sont déroulés du 29 Octobre au 4 Novembre 2016, en remportant deux belles médailles d'Argent et deux médailles de Bronze, devant plusieurs adversaires internationaux, ce qu'il lui a donné la chance de montrer sur le podium à quatre reprises. Cet exploit ne doit rien au hasard, Adam travaille avec acharnement et avec une volonté extraordinaire. Avec cette performance, Adam a honoré son style, son pays, sa communauté, ses amis et sa famille, merci Adam de nous donner cette sensation de fierté, tu mérites tous ces résultats, tu as travaillé très fort pour monter sur le podium et voilà, mission accomplie, tu rentres au pays la tête haute.

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Atlas.Mtl 291 du 01 au 14 décembre 2016 Le journal de la communauté maghrébine du Canada depuis 2003

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