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Réseau routier

Un viaduc sur trois est mal en point 500 structures à vérifier

Charte: au moins 200 heures d’audiences … et une incertaine issue

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Santé Vers la fin des hospitalisations gratuites… Un comité réfléchit déjà à un nouveau modèle de facturation pour les chambres d’hôpital Page 10

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Québec : Élections printanières ? Les partis y croient et prennent leurs marques…

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Soccer : Reda Agourram poursuit sa carrière au Maroc L’ex-Impact signe à l'AS FAR

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Réduire l’endettement et payer les échéances

Sécurité des chauffeurs de taxi

Principale préoccupation des ménages québécois en 2014 Page 5

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Editeur : Abdelghani Dades. Directeur Général Rachid Najahi. Rédaction : Hassan Boutabssil, Narjisse El-Bakkali, Zahira Ellahgui, Wahid Megherbi, Mona Doutabaa, Said Chayane, Reda Benkoula Publicité : Agence Odyssée Conception et Réalisation Graphique : Atlas Média Atlas.Mtl est un produit du. GROUPE ATLAS MEDIA Editeur de. * La Voix des Marocains à Montréal et du site web: www.atlasmedias.com

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Depuis 2002 Atlas.Mtl paraît une fois aux deux semaines, distribué gratuitement dans la grande région de Montréal (Montréal, Laval et rive sud) et rejoint environ 25 000 lecteurs additionnel via son site web www.atlasmedias.com, essentiellement dans la communauté maghrébine et arabe du Canada.

Éditorial

Éditorial

2014 : Bon courage! Est-il trop tard pour vous souhaiter à nouveau une bonne année 2014? Nous avons effectivement été tenté de répondre par l’affirmative à cette question, au moment de mettre en chantier ce numéro, le deux cent vingt et unième, de votre journal. Mais au vu des articles qui en constituent le sommaire cependant, cette certitude s’est effilochée. Car des vœux, en espérant qu’ils ne seront pas seulement pieux, devant des perspectives pas forcément rassurantes, des vœux de courage, ne semblent pas être inutiles. Commençons par le commencement. Dans un traditionnel exercice journalistique de début d’année, nombre de nos confrères se sont intéressés à vos résolutions du nouvel an. Généralement, ce travail montre que pour une bonne partie d’entre nous, en 2014, ce n’est pas d’acquisition immobilière ou de loisirs (voyages notamment) que nous rêvons. Ce n’est pas non plus d’épargne, notamment aux fins de retraite, que se préoccupent nos concitoyens. L’idée qui est revenue le plus souvent dans les différents sondages en la matière portait plutôt sur l’intention de réduire l’endettement et d’éviter ainsi de perdre les acquis. Présenté autrement, ce pronostic signifie : 1- Que nous n’aurons pas le cœur à consommer ou à nous amuser cette année, 2- Que nous nous résignons à préparer une vieillesse qui ne semble plus devoir être aussi heureuse que nous l’aurions souhaité,

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3- Que l’immédiat nous inquiète de plus en plus et que nous devons en conséquence «sauver les meubles». Voilà de bien pessimistes auspices, bien éloignés de l’euphorie traditionnelle des temps de fête ou de lendemain de veille! Qui méritent donc réflexion. Pour peu cependant que l’on soit resté attentif à l’actualité des dernières semaines, ce sentiment ne semblerait plus tellement incongru. En effet, coup sur coup, à qui voulait bien entendre, on pouvait apprendre que la STM allait relever ses tarifs, Hydro Québec faire de même et dans des proportions encore plus importantes, que l’infrastructure québécoise semblait avoir fait son temps et qu’il fallait sérieusement songer à son remplacement, que nos filets sociaux (notamment en santé) n’avait plus leur solidité d’antan, que notre fiscalité était de plus en plus inéquitable au détriment des salariés, c’està-dire des citoyens les plus vulnérables, etc. etc. Tout ceci, noyau de cerise sur le gâteau, au moment ou la population vieillissante du Québec engendre des coûts de plus en plus élevés et réduit sensiblement les contributions au financement du fonctionnement de la société. La table était mise, pour que nous puissions penser, à notre corps défendant, que l’héritage de la Révolution tranquille, le legs des Baby boomers et des bâtisseurs de prospérité de la fin du siècle dernier avait été dilapidé et que, nou-

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veaux pauvres, nous devions nous remettre au travail et que nous ne nous y résignions pas. Car, dans une telle atmosphère, Il eut été logique que l’on nous parle de relance, d’effort, de participation, de reconstruction, de solidarité. Mais tout ce que l’on nous propose, c’est de la vanité. Chez les politiciens, la Charte, transformée en farce par ses promoteurs (avec leur Guide du prêtà-penser à déguster en découpant la dinde de Noël), mais que l’un des rhéteurs de l’Exécutif nous présente comme le Texte Ultime, «sonnant le glas de la charte canadienne» et annonçant des lendemains qui chantent, et seule au menu. Chez les médias, totalement oublieux de la mission de pédagogie citoyenne qui est la leur, on a droit à de larges tartines sur la vie privée du président de la République française et sur les tribulations d’un humoriste (lui aussi français) qui ne fait pas rire tout le monde. On n’oublie pas non plus Sotchi. On rajoute une pincée de faits divers. Vanité? Oui, mais surtout vacuité! Et embarras? Sans doute, devant des difficultés qui ne sont insurmontable que lorsqu’on se refuse à y faire face. Ou qu’on ne sait pas comment y faire face. Mais cette situation a ceci de bon qu’elle permet, au moins, de mesurer tout l’écart qui existe entre les véritables préoccupations des gens et celles de ceux qui nous gouvernent. On s’en souviendra dans quelques semaines…

Abdelghani Dades


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Perspectives Votre argent

Réduire l’endettement et payer les échéances Principale préoccupation des ménages québécois en 2014 La plupart des Québécois s’affaireront plutôt à rembourser leurs dettes ou à payer leurs dépenses courantes avant de mettre de l’argent de côté en prévision de leur retraite. On ne les compte pas sur les doigts d’une main, mais presque. À peine six Québécois sur cent disent avoir placé au sommet de leurs bonnes résolutions en matière de finances personnelles la volonté d’épargner en vue de leur retraite.

Le remboursement des dettes reste la priorité pour les Québécois, mais dans une moindre proportion que pour les Canadiens. Quelque 12 % des Québécois comptent s’attaquer en priorité au remboursement de leurs dettes au cours de la prochaine année par rapport à 16 % de Canadiens, selon le coup de sonde commandé par la Banque CIBC à la veille de l’ouverture de la saison des REER.

La plupart des Québécois s’affaireront plutôt à rembourser leurs dettes ou à payer leurs dépenses courantes - loyer, facture d’Hydro-Québec, épicerie, pleins d’essence et compagnie - avant de mettre de l’argent de côté en prévision de leur retraite.

En revanche, 11 % des Québécois et 8 % des Canadiens s’affaireront en premier lieu à équilibrer leur budget, en réglant leurs achats courants.

La situation n’est pas unique au Québec. « Pour la quatrième année consécutive, les Canadiens nous ont dit qu’alors que nous entamons une nouvelle année, leur principale priorité financière est de rembourser leurs dettes », indique la vice-présidente à la direction Distribution Détail et Stratégie des canaux de la Banque CIBC, Christina Kramer. Les préoccupations financières à court terme prennent le pas depuis quelques années sur celles à long terme, comme la planification de la retraite, observe-t-elle. Environ 7 % des Canadiens mettront toute la gomme afin d’économiser en vue de leur retraite, soit près de deux fois moins qu’en 2011, selon un sondage Banque CIBC– Harris-Decima dévoilé le 4 janvier 2014. En effet, 13 % des Canadiens accordaient la priorité il y a trois ans à leur bas de laine.

Le taux de défaut de paiement, qui comprend les retards de 90 jours ou plus, poursuivra sa glissade pour atteindre 1,66 % à la fin de l’année, contre 1,76 % en 2013, selon les dernières prévisions annuelles de TransUnion. Il s’agira d’une première depuis 2008. En revanche, le Canadien moyen ajoutera 1100 $ à sa dette à la consommation cette année. Multipliant les records année après année, cette dette (excluant l’hypothèque) dépassera les 28 850 $ à la fin de 2014, en hausse de 4 % sur un an, selon les données de l’agence de renseignements de crédit. « Bien qu’ils aient manifestement l’intention de réduire leurs dettes, certains Canadiens n’arrivent pas encore à diminuer leur niveau d’endettement général comme ils le souhaiteraient »,  constate Mme Kramer, insistant sur l’« importance » de concevoir un plan d’action assorti de cibles « claires ». À ses yeux, il s’agit d’un outil

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indispensable pour arriver à assainir ses finances personnelles.« Certaines personnes réussiront à s’en sortir seules, mais la plupart des Canadiens auraient avantage à rencontrer un conseiller afin d’avoir une vue d’ensemble de leur situation financière, notamment pour examiner leurs dettes et élaborer un plan réaliste de remboursement progressif », dit Mme Kramer. L’endettement des Canadiens fracasse de nouveaux records année après année, ce qui n’est pas de bon augure sachant que les travailleurs ont quelque 10 ans de moins pour économiser en prévision d’une retraite qui sera 20 ans plus longue que celle de leurs parents ou de leurs grands-parents. Au milieu du siècle dernier, les jeunes amorçaient leur vie active à 15 ans. Ils disaient « bye bye boss » 50 ans plus tard, et rendaient leur dernier souffle à 70 ans. De nos jours, les jeunes font leur entrée sur le marché du travail autour de 20 ans. Ils y tournent le dos à 60 ans… et vivent jusqu’à 85 ans. D’ailleurs, l’endettement des personnes âgées de 65 ans et plus bondit environ de 9 % en moyenne chaque année depuis la crise de 2008, selon les statistiques de l’agence Equifax. Avec des revenus moins importants, elles continuent néanmoins de jouir du style de vie préretraite grâce à un recours accru au crédit. « La gestion des liquidités et des dépenses est un problème immédiat, mais vous ne pouvez pas non plus remettre indéfiniment la planification de la retraite », souligne Mme Kramer. Cependant, « la bonne nou-

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velle est que, si vous commencez tôt, vous pouvez accumuler de l’épargne-retraite petit à petit tout en répondant à vos besoins financiers actuels », ajoute Mme Kramer, alors que 6 % des Québécois comptent placer de l’argent pour leur retraite (contre 7 % dans l’ensemble du Canada). Les Québécois sont généralement moins enclins que les autres Canadiens à mettre de l’argent de côté. Seulement 6 % d’entre eux entendent prioritairement accroître leur épargne — pas celle mise de côté en prévision de la retraite — cette année (11 % dans tout le pays). Harris-Decima a effectué le sondage auprès de 2060 Canadiens entre le 25 octobre et le 4 novembre dernier. Un échantillon probabiliste de cette taille a une marge d’erreur de plus ou moins 2,2 %, 19 fois sur 20. Source : Actualités économiques


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Perspectives

Paiement de factures

De plus en plus difficile! Crédit auto et cartes de crédits, sources principales de défaillance Des professionnels de la gestion des risques s’inquiètent que de nombreux consommateurs n’arrivent plus à payer leur facture en raison d’un recours constant à l’endettement.

D’après un sondage mené pour la firme américaine FICO, les professionnels du risque de banques canadiennes et américaines ont révélé que les prévisions quant aux défauts de remboursement des prêts auto pourraient atteindre leur niveau le plus élevé depuis le quatrième trimestre de 2012, et les prévisions liées aux défaillances sur les cartes de crédit ont atteint leur plus haut niveau en deux

ans.

Ainsi, 34 % des personnes sondées prévoyaient une augmentation des défauts de remboursement des prêts auto au cours des six prochains mois, tandis que 28 % s'attendaient à ce que les défaillances sur les cartes de crédit augmentent. Les auteurs de l’étude notent toutefois que les défauts de remboursement des cartes de crédit sont actuellement à leur plus bas et qu’une « légère hausse des défauts de remboursement s'avère normale lorsque le crédit est plus accessible

Prix La STM hausse ses tarifs Le déplacement à bord des autobus et du métro de la STM coûte plus cher au Montréalais depuis le 1er janvier

La compagnie, a annoncé sa nouvelle grille tarifaire en soulignant notamment que la Carte autobus-métro (CAM) mensuelle passe de 77 $ à 79,50 $, celle à tarif réduit sera offerte à 47,25 $. Cette « hausse moyenne de 3,2 % s'inscrit dans la moyenne des hausses de la grande région métropolitaine », indique M. Schnobb, président du conseil d'administration de la STM. Il précise toutefois que « pour la troisième année consécutive, la STM n'indexera pas les tarifs des titres pour un passage ordinaire à 3 $, et celui réduit à 2 $ tandis que le tarif du titre pour deux passages, lancé en 2011, est une fois de plus maintenu à son prix de lancement ordinaire à 5,50 $ et réduit à 3,50 $ ». Les clients bénéficiant du tarif réduit

pourront également se procurer le titre CAM 4 mois au coût avantageux de 180 $, soit l'équivalent de quatre titres CAM au tarif réduit de 2013, ajoute le communiqué de la STM. La société de transport de la métropole justifie ces tarifs par « un contexte où la STM tente d'équilibrer son budget en 2014 et prévoit pour 2013 un déficit de l'ordre de 16 millions de dollar ». Après une énumération des améliorations, qui doivent être mises en œuvre comme le déploiement du réseau de téléphonie cellulaire dans plusieurs stations, la STM explique que pour « l'année 2013, nous prévoyons atteindre un nouveau record historique de 416,9 millions de déplacements, soit une croissance de 1,1 % par rapport à 2012 ». Cela prouve aux yeux des dirigeants de la société que les Montréalais utilisent de plus en plus le transport collectif pour se déplacer sur l'île.

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et que l'emprunt augmente ». La Banque du Canada s’inquiète d’ailleurs du niveau élevé d’endettement des consommateurs. Si les Canadiens manifestent une certaine retenue dans leurs achats ces derniers mois, ils demeurent très endettés, indiquait le mois dernier, la banque centrale. Dans l’ensemble du pays, la dette des ménages correspond à 163,4 % de leur revenu disponible, selon les derniers chiffres officiels de Statistique Canada.

Impôts Le salarié ordinaire, principal payeur de taxes Le système fiscal québécois désavantage la classe salariée Les contribuables québécois plus fortunés ayant des revenus d’autres sources qu’un salaire sont favorisés par le régime fiscal de la province. C’est la conclusion à laquelle en arrivent deux chercheurs de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) qui soulignent que si les mêmes règles s’appliquaient à tous les types de revenus, le Trésor québécois serait en mesure de récupérer 960 millions par année. Les auteurs de l’étude déplorent au passage l’inutile complexité du système d’imposition québécois, notant que c’est cette complexité qui permet aux contribuables ayant des sources de revenus diverses d’être mieux servis par le régime, notamment par le biais de déductions fiscales et de crédits d’impôt. Ces déductions et crédits permettent aux

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contribuables dont les revenus sont supérieurs à 70 000 $ — et dont ces revenus proviennent notamment de rentes diverses — de se prévaloir de stratégies fiscales plus complexes qui leur permettent de diminuer leur part d’impôt. De manière plus précise, les chercheurs identifient les crédits d’impôt sur les gains en capital et les dividendes ainsi que la capacité d’un conjoint très riche de transférer des sommes importantes à un conjoint sans revenu pour créer deux revenus plus faibles parmi les ouvertures fiscales qui ne sont pas accessibles aux salariés. Les chercheurs concluent donc que le régime fiscal québécois favorise clairement ceux qui vivent des rentes d’un capital investi au détriment des salariés. Or, selon eux, rien ne justifie que des revenus obtenus par l’investissement soient moins imposés que des revenus issus d’un travail salarié.


Infrastructure

Réseau routier

Un viaduc sur trois est mal en point 500 structures à vérifier Malgré les milliards investis ces dernières années pour préserver les viaducs, bretelles et autres ponceaux qui menacent de s’écrouler, près d’une structure sur trois nécessite toujours des réparations, travaux majeurs ou même un remplacement, selon les plus récents chiffres du ministère des Transports. « Oui, on a des chiffres bruts comme ça qui peuvent faire peur, mais les structures sont toutes suivies », se défend la porte-parole au ministère des Transports (MTQ), Caroline Larose. Se basant sur les bilans annuels de l’état du réseau routier, elle affirme que malgré les apparences, le réseau s’améliore d’année en année. Sur les 5294 structures répertoriées par le MTQ en date du 14 janvier, 940 nécessitent des réparations, 262 des travaux majeurs et 362 doivent carrément être remplacées. Une seule, située à Hemmingford, est fermée pour des raisons de sécurité. « Quand on parle de structures qui nécessitent des réparations, ce ne sont pas nécessairement des travaux qui doivent être faits de façon immédiate, ça peut s’étaler sur un horizon de 10 ans, précise Mme Larose. Ce sont davantage celles qui nécessitent des travaux majeurs ou un remplacement qui nécessitent notre attention première. » Viaduc Henri-Bourassa Pourtant, le viaduc Henri-Bourassa, dont un morceau de béton vient de s’effondrer sur un véhicule qui circulait sur l’autoroute 40, faisait partie de la première catégorie, soit celle des structures qui nécessitent des réparations non urgentes. Dans ce cas précis, il s’agissait de béton de recouvrement qui venait recouvrir et protéger les armatures et

non pas de béton structural. Malgré le rapport d’inspection qui révélait en juillet 2012 que le dispositif de retenue était dans un état de « désagrégation très importante » et représentait « un risque important pour les usagers », cette structure n’était pas considérée comme une urgence et n’était soumise à aucune restriction. On avait toutefois procédé, à au moins deux reprises au printemps puis à l’automne dernier, à des opérations de sécurisation qui consistaient à retirer des morceaux de béton chambranlants. Vérification de 500 structures Pour le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, le problème de l’état des routes est complexe et il n’existe pas de solution miracle. « On peut faire le plus de travail possible, on peut examiner au plus près possible les infrastructures et il va arriver un événement qui va faire qu’un morceau qui va tomber. C’est ça qui est arrivé. Mais ce qui m’apparaît important, c’est d’être capable de s’ajuster et de changer nos façons de faire. C’est ça qu’on a fait, dès hier. » Dans les minutes qui ont suivi l’incident, le ministre a demandé de vérifier à nouveau et de sécuriser les 500 structures à travers le Québec où un problème similaire a été décelé ces dernières années. Le rapport est attendu pour la fin de la semaine. Il rappelle que son ministère a consacré « la part du lion » des investissements routiers pour la conservation des structures, soit 2,6 des 5,6 milliards prévus en 2013-2015. Et malgré le dernier incident, il tente de se faire rassurant, même s’il ne peut « garantir à 100 % » qu’un évé-

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nement semblable ne se reproduira pas. « Les automobilistes sont en sécurité. Dès que nous avons des informations voulant qu’une structure soit dangereuse, on la ferme carrément. » Montréal Le maire Denis Coderre a également tenté de se faire rassurant au sujet des ponts et viaducs appartenant à la Ville de Montréal. « Je ne suis pas inquiet dans le sens où il y a quand même des inspections qui se font en continu, a-til indiqué mardi. On va très certainement être vigilants. Il faut qu’on soit en mode prévention. » Le maire a tout de même demandé un portrait complet de l’état des structures de compétence municipale. Il estime d’ailleurs que dans l’optique d’une ville intelligente, les citoyens

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devraient être mieux informés de l’état des ponts et viaducs. En 2011, le vérificateur général de la Ville, Jacques Bergeron, avait sonné l’alarme concernant le retard de la Ville dans l’entretien de ses ponts, tunnels et viaducs. Montréal compte 589 structures sous sa responsabilité exclusive ou partagée. Selon le bilan présenté en septembre dernier par l’administration, 24 structures étaient considérées dans un « état critique », 31 présentaient des « déficiences », alors que 54 autres étaient dans un état « médiocre ». L’effondrement d’un morceau de béton sur l’autoroute 40 oblige Québec à revoir ses priorités et à procéder à de nouvelles vérifications sur 500 structures qui n’étaient jusqu’alors pas jugées prioritaires.


Santé

Vers la fin des hospitalisations gratuites… Un comité réfléchit déjà à un nouveau modèle de facturation pour les chambres d’hôpital Refusant de se priver des revenus générés grâce aux patients qui paient pour des chambres particulières à l’hôpital, Québec songe à aller récupérer chez les assureurs les pertes qu’entraînera l’offre généralisée de chambres individuelles au CHUM, au CUSM et dans les hôpitaux du futur. S’il refuse de faire payer les patients, Québec n’est pas prêt à ce que la transition vers des chambres individuelles, rendue nécessaire pour éviter la propagation des infections à l’avenir, se solde par des baisses de revenus, a laissé savoir hier le ministère de la Santé et des Services sociaux. Envoyé au front pour répondre aux informations diffusées à Radio-Canada voulant que Québec songe à faire payer les patients en fonction de leurs revenus, Pierre Lafleur, le directeur adjoint à la coordination et aux ententes de gestion au MSSS, a répété plusieurs fois ce que le ministre Hébert venait de confirmer par communiqué : pas question de faire payer tous les usagers pour ces chambres individuelles. Ira-t-il chercher les revenus manquants dans les poches des assureurs — et des assurés qui paient les primes ? Pas nécessairement, se défend M. Lafleur. C’est une hypothèse. L’hôpital Pierre-Le Gardeur, par exemple, ne compte plus que des chambres à un ou deux lits. « Lors de l’admission, on demande au patient s’il a une assurance privée. Si oui, on facture sa compagnie, et sinon, il a accès à une chambre privée ou semi-privée gratuite », a expliqué M. Lafleur. Québec a formé un comité qui doit aboutir à un nouveau modèle de facturation pour les chambres d’hôpital. « Je ne dis pas que le modèle de Le Gardeur sera celui que le comité va retenir. On va procéder à une analyse dont la prémisse est que l’hospitalisation gratuite est garantie. » Des profits à récupérer Québec aurait aussi songé à faire payer tous les patients hospitalisés dans les nouveaux hôpitaux du CHUM et du CUSM. Devant le tollé immédiat qu’a

provoqué la nouvelle ébruitée par Radio-Canada, le ministre de la Santé Réjean Hébert a freiné la rumeur, affirmant par voie de communiqué « qu’il y aura toujours une offre de chambres gratuites dans les hôpitaux ». Dans une entrevue avec La facture diffusée mardi, le sous-ministre Michel Fontaine avait au préalable affirmé que les chambres des deux nouveaux superhôpitaux montréalais pourraient être tarifées en fonction du revenu des patients. « On est en train de vérifier d’autres moyens, comme on a pour les personnes en CHSLD. On a la contribution de l’adulte hébergé. C’est normal que l’on contribue si on veut quelque chose de plus luxueux. On va probablement s’en aller vers une formule comme celle-là plus en fonction des revenus des gens », a affirmé celui qui est aussi directeur général par intérim du CHUM depuis décembre. Que le scénario ait même existé étonne, car les services hospitaliers gratuits et universels sont garantis par la Loi canadienne sur la santé. C’est le cinquième principe de la loi, qui stipule que « tous les services médicaux requis offerts par les hôpitaux et les médecins doivent être assurés ». L’hébergement en centre hospitalier comprend « l’hébergement et la fourniture des repas en salle commune ou, si médicalement nécessaire, en chambre privée ou semi-privée », stipule encore la loi. D’ailleurs, Santé Canada a fermement rappelé, dans un courriel au Devoir mardi, que le paiement des transferts en santé par le fédéral dépendait du respect de la loi par les provinces. Les hôpitaux tirent des revenus de 60 millions par an des suppléments payés par les patients qui souhaitent plus d’intimité que celle offerte par les chambres gratuites à trois, quatre ou même six patients. Pas question de se priver de ces revenus, dit le MSSS. Actuellement, le tarif des chambres individuelles dans les hôpitaux du Québec varie de 118 à 235 dollars, alors

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que celui des chambres à deux lits va de 65 à 83 dollars par jour. Québec veut maintenir ces revenus, même si pour prévenir la transmission des infections, les nouveaux hôpitaux ne comptent plus de « salles » communes et misent tout sur les chambres individuelles. C’est pourquoi le MSSS a formé un comité qui doit se pencher sur la tarification des chambres.

sang. C’est une atteinte à la gratuité et à l’universalité », s’indigne-t-il.

Mais « l’hospitalisation gratuite est là pour rester », a martelé M. Lafleur en entrevue. À l’intérieur du réseau, oui, mais au sein de chaque établissement aussi, assure-t-il. « On ne va pas vous transférer à Maisonneuve-Rosemont si vous ne pouvez pas payer une chambre au CHUM. Dans tous les hôpitaux, il y aura toujours moyen d’accéder à une chambre gratuite. » Le MSSS doit arrêter sa décision d’ici un an.

« Le NPD est à l’origine de notre système d’assurance-maladie universel, gratuit et public. La Loi canadienne sur la santé est le reflet des valeurs des Canadiens autant que de celles des Québécois. Personne ne souhaite retourner à une époque où l’on devait choisir entre payer son loyer et obtenir des soins de qualité », a affirmé une porte-parole de l’opposition officielle à Ottawa.

Tollé La simple évocation de la tarification universelle des chambres a suffi à soulever un tollé, de Québec à Ottawa. L’ex-ministre de la Santé, le libéral Yves Bolduc, affirme qu’il n’en a jamais été question alors que les libéraux étaient au pouvoir. « C’est un scénario qui n’a strictement pas de bon

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« C’est impensable, on ne choisit pas d’aller à l’hôpital, renchérit Pierre Blain, le directeur général du Regroupement provincial des comités des usagers. Je ne peux même pas imaginer comment ça a pu se retrouver sur la table. »

Avant que Québec ne réaffirme que la gratuité était là pour de bon, le député solidaire Amir Khadir a affirmé par voie de communiqué que « si ces informations sont vraies, l’ineptie du gouvernement en matière de santé n’a plus de limite. La tarification des chambres d’hôpital s’ajouterait aux autres brèches à l’universalité des soins de santé ».


Démographie

Québec : Le déclin démographique va s’accélérer en 2014 … et ça va coûter cher! Le déclin démographique chez les 15 à 64 ans commencera à s’accélérer en 2014 au Québec, au grand dam de la communauté d’affaires, déjà aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre.

Jusqu’en 2020, la diminution de personnes faisant partie de cette tranche d’âge exercera une pression à la baisse très importante sur le nombre de travailleurs disponibles au Québec, a prévenu Pierre Fortin, professeur d’économie à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM. Certes, l’emploi continuera d’augmenter, mais de manière beaucoup plus lente qu’avant. Au cours des 15 dernières années, le travail a progressé en moyenne de 50 000 emplois par année. Au cours des prochaines années, il faudra plutôt s’attendre à une augmentation d’environ 20 000 emplois par année, a analysé M. Fortin. «Pour moi, en tant qu’entrepreneur,

c’est un grand stress. Pour ne pas freiner ma croissance, je devrai peut-être ouvrir un centre de production et de distribution ailleurs», a témoigné Dominique Brown, président de Chocolats Favoris et fondateur de Beenox.

la croissance des entreprises québécoises, mais en plus, il aura un impact considérable sur les finances publiques, rappelle M. Fortin.

De son côté, l’immigration, bien qu’elle ait progressé, reste encore faible. En 2001, les immigrants formaient 2,9 % de la population de Québec, alors qu’ils constituent maintenant autour de 5,1 %.

De 1981 à 2013, le revenu intérieur au Québec a augmenté de 2 % en moyenne par année. À partir de maintenant, l’économiste estime que le revenu intérieur croîtra de tout au plus 1,5 %.

«Par rapport à nous-mêmes, on s’améliore beaucoup, mais ce n’est qu’une petite portion. Lorsqu’on parle d’innovation, il serait profitable d’être mis en contact avec beaucoup plus de diversité que nous le sommes actuellement, c’est-à-dire avec le modèle blanc, catholique, qui parle français et qui s’habille chez Simons», a ajouté pour sa part M. Brown. Non seulement le déclin de la population active risque de compromettre

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«Par conséquent, il y aura moins de revenus dans les coffres du gouvernement», a-t-il dit. Avec une population vieillissante, les revenus disponibles seront moins importants, alors que les soins de santé coûteront plus cher.

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Une personne de 65 ans et plus coûte environ six fois plus chère à soigner qu’une personne moins âgée.


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Débats

Charte: au moins 200 heures d’audiences … et une incertaine issue

jeudi, mais le gouvernement peut modifier cet horaire. Au cabinet du ministre responsable de la Charte, Bernard Drainville, on indique que « 200 mémoires, ça veut effectivement dire 200 heures en commission. On a souhaité commencer rapidement, le 14 janvier, car on savait qu’il y aurait beaucoup d’intérêt.

Bernard Drainville, Ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne

Entamées lundi 13 janvier 2014, les audiences publiques sur le projet de loi 60 - celui de la Charte de la laïcité pourraient durer une bonne partie de l’hiver… et risquent fort de ne pas être terminées si des élections sont déclenchées en mars. Au moins 200 mémoires ont en effet été transmis à la Commission des institutions avant la date limite du 20 décembre et chacun donnera lieu à une heure d’audiences. Quelques ajouts sont toujours possibles, mais l’ordre de grandeur final ne variera pas beaucoup. À ces mémoires pourront s’ajouter les témoignages de citoyens qui n’ont pas transmis de doc-

uments mais qui souhaitent tout de même être entendus. Selon le secrétaire suppléant de la Commission des institutions, Mathew Lagacé, «tous ceux qui voulaient être entendus seront entendus. C’est une consultation générale vraiment ouverte à tous. Tous les mémoires déposés seront présentés en public, individuellement, même si certains se recoupent.» M. Lagacé précise qu’on prévoit normalement 60 minutes par mémoire : soit 10 minutes de présentation et 50 minutes d’échanges. La commission devrait tenir ses audiences du mardi au

Tous azimuts Nathalie Roy a pu consulter la liste des mémoires qui ont été déposés et qui seront présentés. « C’est vraiment tous azimuts, dit-elle. Il y a les pour, les contre, les modérés, les groupes de pression, les groupes d’intérêt, les groupes religieux… La diversité est énorme. » La députée Caqiste de Montarville estime que «tous les domaines qui seraient touchés par le projet de loi 60 seront représentés. Et, si on lit bien le projet de loi, ça veut dire beaucoup de monde.» Difficile d’évaluer précisément combien de temps dureront ces audiences. Certains mémoires pourraient par exemple ne pas être présentés en public, si telle est l’intention de leurs auteurs. Mais, en comparaison, les 73 mémoires présentés lors de la consultation générale autour du projet de loi 14 (qui modifiaient la Charte de la langue française) ont nécessité 15 jours d’audiences, entre le 12 mars et le 18

avril 2013. Si le même rythme est maintenu (environ cinq mémoires par séance), il faudrait une quarantaine de jours pour venir à bout du projet de loi 60. Puis, une fois les audiences terminées, les députés procéderont à l’étude détaillée (article par article) du projet de loi, avant de le soumettre au vote. « Les chances que ce soit terminé avant avril sont très minces », reconnaît une source au Parti libéral du Québec. « Les audiences vont durer un certain temps, et c’est un projet de loi sur lequel les partis d’opposition auront beaucoup de choses à dire ensuite. » Le dossier n’est donc pas susceptible d’être réglé s’il y a des élections après le dépôt du budget du gouvernement Marois ? « On ne contrôle pas l’ordre du jour électoral », dit-on au PLQ, en rappelant qu’on ne sait pas quand le ministre des Finances, Nicolas Marceau, déposera son budget, dont le vote pourrait faire tomber le gouvernement. Le Parti libéral souhaite la présentation d’un budget en mars. Mais la première ministre Pauline Marois a indiqué, dans des entretiens de fin d’année, que son gouvernement pourrait attendre jusqu’à la fin avril avant de procéder.

Gérard Bouchard dénonce à nouveau

«Les mensonges du gouvernement» Le sociologue Gérard Bouchard accuse le gouvernement de mentir aux Québécois afin de promouvoir la charte de la laïcité

Dans une lettre d'opinion publiée dans le quotidien Le Soleil, le sociologue et historien Gérard Bouchard, coprésident de la Commission Bouchard-Taylor, accuse le gouvernement québécois de verser dans le mensonge dans le but de promouvoir le projet de charte de la laïcité. M. Bouchard accuse le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, de mentir aux

Québécois en répétant, sans étude à l'appui, que les accommodements religieux violent les valeurs québécoises et que le gouvernement fait face à une accumulation de demandes déraisonnables.

Il estime que le ministre Drainville laisse croire que les accommodements ne sont pas balisés et qu'il y a urgence d'agir pour « mettre fin à ces dérapages ». M. Bouchard avance que les Québécois sont sensibles à ce genre de discours qui évoque « diverses formes de dépendance et d'humiliation subies dans le passé ». Il reproche également à Mme Marois

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de citer en exemple le modèle d'intégration français qui est, selon lui, un retentissant échec. M. Bouchard dénonce le parallèle effectué par le gouvernement québécois entre la charte de la laïcité et la Loi 101. Le péril menaçant la langue française était documenté, explique M. Gérard Bouchard Bouchard, alors que celui auquel répondrait la charte ne l'est pas. Il à certains citoyens en dépit des traités reproche également au gouvernement internationaux auquel le Québec est de s'appuyer sur la « majorité silencieuse » qu'il oppose aux universitaires assujetti Il conclut sa charge contre le gouvernement du Parti québécois en « décrochés du réel ». l'accusant de « perverti » l'héritage de René Lévesque, « si soucieux des M. Bouchard reproche également au droits et de la démocratie ». gouvernement de supprimer des droits

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Débats

Charte : 52 intervenants pro-charte … pour ouvrir le bal La commission parlementaire qui s’ouvre mardi sur le projet de loi 60 fera la part belle aux interventions en faveur de la Charte de la laïcité du gouvernement Marois au cours des trois premières semaines. La liste des participants qui présenteront leur position d’ici au 7 février sur le projet de loi 60 déposé par le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, montre qu’une nette majorité d’entre eux défendront la position du gouvernement. Fruit du hasard En tout, 52 des quelque 250 participants qui se sont manifestés seront entendus pendant les huit premiers jours de la consultation générale. La Commission des institutions se réunit les mardis, mercredis et jeudis pour les deux prochaines semaines, le jeudi 30 janvier et le vendredi 7 février. Selon l’attaché de presse du ministre, Manuel Dionne, l’avantage que l’ordre des comparutions accorde au gouvernement est le fruit du hasard. Contrairement aux consultations particulières où cet ordre fait l’objet de discussions entre les partis, dans le cas d’une consultation générale, c’est l’ordre de réception des mémoires ou

des demandes de participation qui prévaut avec les changements nécessaires pour tenir compte de la disponibilité des participants. La commission parlementaire débute avec la comparution de l’ancien président de la Centrale des enseignants du Québec et blogueur Réjean Parent qui s’est prononcé en faveur de la charte de la laïcité. Sur sept participants mardi, deux s’opposeront au projet de loi 60. Samuel Samson, un jeune homme qui ne craint pas la contradiction, prône la neutralité religieuse d’un État qui affirmerait par ailleurs que l’identité du Québec « est profondément catholique romaine ». Pour sa part, l’Organisme de communication pour l’ouverture et le rapprochement culturel C.O.R., un groupe islamiste que certains associent à l’intellectuel radical Tariq Ramadan, s’est déjà opposé à la règle du visage découvert que les libéraux ont voulu instaurer avec le projet de loi 94. On retrouve dans la liste plusieurs « Janette », dont Michelle Blanc et Rakia Fourati. Deux autres regroupements de femmes viendront soutenir la Charte : Pour le droit des femmes du Québec et l’Association féminine d’éducation et d’action sociale.

De même, la Coalition laïcité Québec présentera son mémoire, mais, en plus, certains de ses membres comparaîtront à titre personnel, comme l’auteur Sam Haroun. L’Association humaniste du Québec, qui se veut la voix des athées et des agnostiques, se prononcera en faveur du projet de loi 60, et quelquesuns de ses membres feront de même séparément. Le sociologue Guy Rocher et l’ancien chef du Bloc québécois Michel Gauthier viendront aussi ajouter de l’eau au moulin du gouvernement.

Quant à l’organisme Citoyens contre l’abattage rituel d’animaux au Québec, son nom est en soi une prise de position. Deux universités viendront exprimer leur opposition à la Charte : l’Université Concordia et l’Université de Montréal. La Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles fera de même.

Les audiences se poursuivent Pour la deuxième journée consécutive, les audiences publiques sur la charte de valeurs se poursuivent à Québec. Lundi, plusieurs organismes ont exprimé leurs positions quant au projet de loi 60 du gouvernement Marois, qui reste ferme sur ses objectifs. La députée de Québec solidaire a d'ailleurs critiqué mercredi 15 janvier la fermeté de Québec à ce sujet. « L'interdiction du port des signes reli-

gieux est le seul point qui divise profondément la population et c'est justement là-dessus que le ministre Drainville ne veut pas négocier. Comment peut-il prétendre rechercher un consensus? », s'interroge-t-elle. Mme David invite le ministre Bernard Drainville à se montrer plus ouvert aux débats afin de parvenir à un consensus sur la poursuite de la laïcisation de l'État québécois avant les prochaines

élections. La députée de Gouin estime qu' « une campagne électorale, avec toute sa charge partisane, n'est pas le forum approprié pour débattre de sujets aussi complexes et émotifs. Je m'attends donc à ce que le ministre agisse en homme d'État, se place au-dessus de la mêlée, loin du populisme et d'un électoralisme ostentatoire ».

Françoise David

AIDEZ SAFAE GREFFE DE MOELLE OSSEUSE Safae est une fille de neuf (9) ans qui souffre de la maladie d’Aplasie Médullaire. Elle a besoin d'une Greffe de moelle osseuse. Elle et ses modestes parents sont au Maroc où il est impossible d'avoir ce traitement. Sa soeur de 15 ans Majda est décédée l e 11 Novembre 2013 à cause de la même maladie. Aidez-nous à sauver la vie de Safae avant que ce ne soit trop tard. Nous devons amasser un minimum de 100,000.00 USD pour l’opération et les traitements. Je fais appel à votre bon coeur et à votre générosité pour sauver cet enfant et l’aider à vaincre cette maladie mortelle. Pour nous Supporter : www.Gofundme/save-safae Ou appelez : 514-781-1915 – Rachid Moudrik

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Débats

Denis Coderre

«Ce n'est pas à Québec de choisir mes employés» Farouchement opposé à la charte de la laïcité, le maire de Montréal, Denis Coderre, tient à prévenir le gouvernement Marois : «Ce n'est pas au gouvernement du Québec à choisir mes employés.»

En impromptu de presse ce matin, lors du lancement de la programmation de la Maison du développement durable au centre-ville de Montréal, le maire Coderre a en outre manifesté son scepticisme devant la tenue d'une commission parlementaire. «Des fois, j'ai l'impression qu'on va avoir une commission parlementaire mais on ne change pas sur... Le ministre nous annonce qu'il est intraitable sur les signes ostentatoires. Des fois, on se demande à quoi ça sert (...) J'entends des choses où, si on veut discuter puis qu'au bout de la ligne, on dit "Je suis intraitable sur tel ou tel dossier..."» Le maire entend cependant «aller au bout du processus» en déposant un mémoire et en allant le défendre luimême à Québec. «De façon sereine, on doit faire ce débat-là. J'espère que ce n'est pas juste une stratégie électorale (...) J'espère qu'on ne verra pas ce qu'il y a de plus laid dans la nature humaine.

Ce genre de débat est extrêmement émotif, sensible. On n'avait vraiment pas besoin de ce débat-là, ça c'est clair dans ma tête.»

Aucune plainte Comme il l'avait annoncé en campagne électorale, il rejette cette charte qui pourrait «institutionnaliser la discrimination à l'emploi», notamment en ce qui concerne les femmes voilées. Il a tenu à rappeler qu'à son avis, il n'y pas de crise actuellement sur ces questions. «Le noeud gordien dans tout ça, c'est, par exemple, si j'ai une employée de la Ville qui porte le voile. Est-ce qu'elle fait la promotion de sa religion? Savez-vous combien de plaintes on a eues à la Ville de Montréal depuis le début sur ce dossier-là? Il n'y en a pas eu pantoute.» Il affirme appuyer la sortie de l'ex-premier ministre Jacques Parizeau pour qui la neutralité de l'État québécois est déjà établie. Il a réitéré son intention d'envisager «toutes les options», y compris une contestation devant les tribunaux, pour empêcher l'application de la charte. Il fait peu de cas de la présence du cru-

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Denis Coderre, Maire de Montréal

cifix dans la salle du conseil municipal. «Il est là, le crucifix. Moi, personnellement, ça ne me gêne pas. Quand je m'en vais là, ce n'est pas pour faire ma religion, mais pour aider les Montréalais.» Viaducs et ville intelligente Au lendemain de la chute de morceaux de béton du viaduc Henri-Bourassa, le maire Coderre s'est par ailleurs montré rassurant, rappelant «qu'il y a des inspections qui se font en tout temps». «Je ne suis pas inquiet (...) Ce qui serait important, et ça se fait ailleurs, quand on parle de visibilité et de ville intelli-

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gente, c'est de s'assurer que les gens puissent voir en même temps l'évolution de l'état des infrastructures. Pour ne pas qu'on tombe dans la perception et qu'on commence à dire que ça ne va pas bien, et qu'on accentue les inquiétudes.» Il a précisé avoir demandé un «inventaire complet» de l'état des viaducs, qu'il s'attend à recevoir sous peu. Source : La Presse


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Politique

Québec : Élections printanières ? Les partis y croient et prennent leurs marques… Mine de rien, cela fait maintenant 16 mois que le Parti québécois est au pouvoir, une durée somme toute honorable pour un gouvernement minoritaire dont l’espérance de vie est d’au plus deux ans. S’il faut en croire ce que libéraux et caquistes en disent, ses jours sont maintenant comptés. Les libéraux étaient fin prêts pour des élections déclenchées au début de novembre. Programme, candidats, messages, slogan, tout y était. Tout sauf peut-être la préparation de Philippe Couillard, dont on doutait qu’elle fût au point, lui qui n’a jamais été soumis à l’épreuve d’une campagne électorale en tant que chef. Persuadés que Pauline Marois déclencherait les hostilités à l’automne pour profiter de l’inexpérience de leur chef, certains de ses stratèges libéraux n’ont pas compris pourquoi la première ministre n’a pas sauté sur l’occasion. Tant mieux, croient-ils, Philippe Couillard aura ainsi quelques mois de plus pour se

légèrement celle de Philippe Couillard.

Charte et polémique La charte des valeurs et, surtout, l’interdiction faite aux employés de l’État de porter des signes religieux ostensibles divisent les Québécois mais recueillent l’appui nettement majoritaire de l’électorat francophone. Cet appui ne se dément pas.

faire les dents. Et ce ne sera pas de trop. Au Parti québécois, on explique que l’embellie dont le gouvernement Marois semblait bénéficier à l’automne était encore trop récente pour qu’on sache s’il s’agissait d’un soubresaut ou d’une tendance. Qui plus est, la mise à jour économique et financière du ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, n’était pas encore déposée. Il n’était pas question de déclencher des élections sans qu’elle soit présentée ; les adversaires n’auraient pas manqué d’exploiter un tel silence sur l’état des finances publiques. Et, comme les résultats n’étaient guère reluisants, les péquistes auraient connu un début de campagne pénible, craignait-on. Depuis, les péquistes se sentent bien en selle : la montée du parti dans les sondages et surtout de la première ministre n’est pas un phénomène éphémère, se réjouit-on dans son entourage. Depuis juin, la cote de Pauline Marois en tant que meilleure première ministre a grimpé de 15 points, pour atteindre 27 %, coiffant

Mais le chef libéral a tout de même dû

Victimes du débat Même si la CAQ a présenté une position mitoyenne où seuls les employés de l’État en autorité - les agents dits coercitifs, comme les juges et les policiers, mais aussi les enseignants - ne pourraient porter de signes religieux, une position qui peut faire consensus, selon les caquistes, le parti de François Legault continue de faire les frais du débat. La charte des valeurs

François Legault

mettre un peu d’eau dans son vin, ouvrant la porte à une interdiction limitée aux agents coercitifs de l’État, sous la pression de la députée dissidente Fatima Houda-Pepin. Cette interdiction devra toutefois s’avérer conforme aux chartes des droits, a statué le chef. Or la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) croit dur comme fer que même cette interdiction limitée viole les chartes. Le chef libéral ne contrariera pas l’organisme.

a plombé la CAQ. C’était d’ailleurs un des buts plus ou moins avoués que poursuivaient les péquistes ; ils se frottent aujourd’hui les mains. Du côté libéral, Philippe Couillard, qui a déjà parlé d’« extrémisme laïque », a adopté le consensus canadien et

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Pour l’heure, libéraux et caquistes n’envisagent pas de retirer leur confiance au gouvernement avant le dépôt du prochain budget. En revanche, Philippe Couillard a déjà déclaré que son parti votera contre le budget en raison de la piètre gestion économique du gouvernement.

Au sein du caucus de la CAQ, on s’est fait une raison. Il n’est pas question de perdre la face devant les électeurs caquistes qui ne comprendraient pas qu’ils permettent au gouvernement péquiste de survivre. « Il n’y a personne qui a la chienne d’aller en élections quitte à perdre », confie-t-on. François Legault, qui déteste se retrouver dans l’opposition, jouera son va-tout. Pauline Marois, elle, n’est pas pressée. Le dépôt du budget attendra à l’ultime limite, à la toute fin du mois de mars, indique-t-on. Le vote fatidique sur le budget n’aura lieu que deux ou trois semaines plus tard. Entre-temps, à compter de la mi-janvier, se déroulera la commission par-

Philippe Couillard n’a pourtant rien réglé ; obstinée, Fatima Houda-Pepin n’entend pas s’en tenir là. « Le voile n’est pas un symbole religieux », a affirmé la députée au Journal de Québec dans une rare entrevue à la mi-décembre. Les intégristes ont instrumentalisé le foulard pour en faire un signe religieux, clame-t-elle, encore outrée que les députés libéraux, enferrés dans une logique du « visage découvert », acceptent que des employés de l’État puissent porter le tchador, une tenue « dégradante pour les femmes ». Discrets ceux-là, certains députés libéraux en région sont d’avis que l’entêtement de leur chef leur fera perdre de précieux points. « Du côté des libéraux, ce n’est pas réglé comme du papier à musique, cette affaire-là, souligne un député caquiste. Dans le Québec profond, il y a des gens qui sont prêts à voter péquiste pour la première fois de leur vie ! »

Philippe Couillard

ertés individuelles.

Ce sera donc aux députés caquistes de décider de la survie du gouvernement Marois au-delà du printemps. La décision est déjà prise : François Legault insiste pour un retour à l’équilibre budgétaire dès 2014-2015, soit un an avant l’échéance promise par Nicolas Marceau, une exigence impossible à remplir.

Électoralisme, cynisme, « wedge politics » qui s’apparentent aux tactiques de Stephen Harper, gains à court terme quitte à risquer une fracture sociale, tant Philippe Couillard que François Legault n’ont pas manqué de dénoncer le gouvernement Marois. Or la polémique, aussi vive soit-elle, ne le fera pas reculer. Comparant ce débat à celui qu’a suscité en 1977 la Charte de la langue française, Pauline Marois voit dans la laïcité de l’État une question de principe. Cette laïcité ne peut se faire à moitié : elle doit s’appliquer à tous les employés des secteurs public et parapublic. Aussi, le gouvernement ne bougera pas d’un iota, assure-t-on dans l’entourage de la première ministre, même si un compromis avec la Coalition avenir Québec est à portée de la main. Le ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, l’a clairement fait savoir aux caquistes.

Pauline Marois

se porte à la défense sans compromis des libertés individuelles. « Inapplicable, illégale et inconstitutionnelle », a-t-il réitéré pour qualifier cette charte honnie lors de son discours d’assermentation comme député d’Outremont.

Le chef libéral n’est pas sorti de l’auberge. Alors que les stratèges libéraux souhaitent que l’enjeu central de la prochaine élection — le « ballot question » — porte sur l’économie, Philippe Couillard, qui s’est dit sur « les blocs de départ », entend prendre de front le PQ sur la question des lib-

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Amir Khadir

lementaire sur le projet de loi instaurant la « Charte des valeurs de laïcité », sans doute jusqu’en mars. L’enjeu restera bien en vie. D’ici la fin de mars, l’économie québécoise pourrait montrer des signes encourageants, espère-t-on. Le versement de la péréquation par Ottawa pourrait aussi s’avérer plus important que prévu. Bref, d’ici avril, le portrait des finances publiques pourrait un tant soit peu s’embellir. Et c’est à ce moment que Pauline Marois cherchera à prendre l’initiative des hostilités.


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Économie

Plaidoyer pour l’exploitation des ressources pétrolières du Québec … afin de faire face au défi de la dette et au vieillissement de la population Pour faire face au défi de la dette et à celui du vieillissement de la population, le Québec a le devoir d'exploiter le pétrole qui se trouve sur son territoire, plaide un groupe d'anciens politiciens et de décideurs économiques. Ne pas le faire serait une erreur, écrit-on dans un manifeste en faveur de cette énergie fossile. Parmi les signataires, on retrouve l'expremier ministre péquiste Bernard Landry, l'ancienne ministre libérale des Finances Monique Jérôme-Forget et le président du Conseil du patronat du Québec Yves-Thomas Dorval. « Bien qu'il soit trop tôt pour estimer le nombre d'emplois créés par une exploitation du pétrole québécois, nous savons fort bien que d'autres endroits dans le monde se sont fortement enrichis grâce à des projets similaires », écrit-on, en citant l'exemple de la Norvège et de son fonds souverain de 645 milliards de dollars. L'exploitation du pétrole pourrait notamment améliorer la balance commerciale de la province, ajoute-t-on, estimant entre 11 et 14 milliards de dollars les sommes envoyées à l'étranger

chaque année pour importer de l'or noir. Pour les signataires du manifeste, ceux qui affirment que le pétrole est une énergie du passé « rêvent en couleurs ». On consommera du pétrole au cours des prochaines décennies, plaide-t-ils. En entrevue à Radio-Canada, l'ex-premier ministre Bernard Landry a joué la carte du pragmatisme. « Le rêve serait que l'humanité tourne le dos aux hydrocarbures fossiles », a-t-il affirmé, ajoutant du même souffle que notre civilisation n'était pas prête à faire ce virage dans les années à venir. Certains groupes opposés à l'exploitation du pétrole, « omniprésents dans le débat public », n'hésitent pas à recourir à des « stratégies de désinformations », dénonce-t-on par ailleurs, sans préciser de quelle organisation il est question. Le groupe se dit malgré tout préoccupé par les changements climatiques. « Exploiter notre pétrole n'est pas contraire à cette préoccupation qui doit aujourd'hui animer tous les États du monde. Les pays responsables veulent d'ailleurs être moins dépendants du pétrole », dit-on, en appuyant notamment la stratégie d'électrification des

transports du gouvernement. Et si l'exploitation du pétrole est nécessaire, elle doit se faire « selon de hauts standards de protection de l'environnement ».

Un coup de pouce pour Québec Cette sortie de plusieurs personnalités en faveur du pétrole survient alors que le gouvernement de Pauline Marois tente de convaincre les Québécois du bien-fondé de l'exploitation de cette ressource. Que ce soit le pétrole de la Gaspésie, de l'île d'Anticosti ou du golfe SaintLaurent, le gouvernement a l'intention de s'engager dans cette voie. « C'est une priorité d'exploiter nos ressources naturelles », avait déclaré la première ministre Marois lors d'une entrevue à L'actualité en 2013. Ce mois-ci, le gouvernement doit d'ailleurs lancer une étude sur le potentiel économique des hydrocarbures du

Sécurité des chauffeurs de taxi

Une consultation débute Une vaste consultation est sur le point de s'amorcer à Montréal pour améliorer la sécurité des chauffeurs de taxi, a annoncé mercredi le comité exécutif de la Ville de Montréal.

chauffeurs de taxi.

En novembre dernier, le chauffeur Ziad Bouzid avait été assassiné froidement. Le suspect dans ce dossier, Michel Duchaussoy, sera par ailleurs de retour en cour le 23 janvier prochain.

Par exemple, doit-on doter les voitures de taxi de caméras de surveillance? Un tel système existe dans quatre villes américaines et le taux de criminalité à l'égard des chauffeurs de taxi a radicalement chuté.

«C'était un engagement que notre administration avait pris [...]. Je pense qu'il est essentiel que l'on puisse redéfinir, à Montréal, toute la question de la sécurité du taxi», a expliqué le maire de la métropole Denis Coderre. Le comité de la Ville a donc mandaté la Commission sur les transports pour qu'elle mène une consultation sur les moyens d'améliorer la sécurité des

L'industrie du taxi ainsi que la population seront invitées à émettre des recommandations.

À Montréal, la réglementation permet déjà l'installation d'une vitre entre le chauffeur et le client. Il s'agit là cependant d'une mesure facultative et non obligatoire. Le maire Coderre dit espérer l'adoption d'une politique sur la sécurité du taxi à Montréal d'ici juin.

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banc des Américains, en Gaspésie. Cette zone côtière est située à environ 15 km à l'est de Percé. Le ministère des Ressources naturelles a publié le 17 décembre un appel d'offres de procéder à un examen de ce secteur, ainsi que de celui d'Old Harry située entre les Îles-de-la-Madeleine et Terre-Neuve-et-Labrador. Pour leur part, le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec plaident aussi pour l'exploitation du pétrole sur le territoire québécois.


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Économie

Libre-échange

L'ALENA a vingt ans

… et elle accuse déjà son âge

Après deux décennies, les rides se profilent sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui faisait à un certain moment du Canada, des États-Unis et du Mexique la zone économique la plus imposante au monde.

L’ALENA, qui soulignait son 20e anniversaire le 1er janvier, suscite quelques voix discordantes, mais ses réussites sont largement saluées. Dans les trois pays, le PIB a bondi, bien que le Mexique semble être celui qui a profité du plus grand élan. Le flux des échanges commerciaux a plus que triplé — même en tenant compte du recul temporaire durant la récession de 20082009 et de ses suites immédiates. Personne n’attribue tout cela à l’ALENA, mais personne ne peut arguer que l’accord a été un désastre non plus. Peu d’indulgence à l’égard des détracteurs Le ministre canadien du Commerce international, Ed Fast, qui montre peu d’indulgence à l’égard des détracteurs du libre-échange, laisse entendre que s’il y a un problème avec l’ALENA, c’est qu’il s’agissait d’un « accord de libre-échange du XXe siècle », plutôt qu’une entente du XXIe siècle, comme celle que le Canada a signée avec l’Union européenne en octobre. Par cela, M. Fast signifie que l’ALENA n’incluait pas de protection de la propriété intellectuelle, de coopération sur la réglementation, de clauses sur la mobilité de la main-d’oeuvre et d’autres « innovations ». Tout de même, il

s’agissait d’une entente modèle à l’époque.

« Il y avait des alarmistes il y a 25 ans [lorsque le Canada a signé l’accord précurseur de l’ALENA avec les ÉtatsUnis]. Ils soutenaient que nous allions perdre notre souveraineté sur l’eau potable, notre système de santé et notre culture, que nous allions perdre des millions d’emplois, et bien plus encore, et rien de cela ne s’est avéré », a fait valoir le ministre. « L’histoire nous a montré qu’un commerce plus libre et plus ouvert a été un bienfait pour l’économie du Canada et un bienfait pour la prospérité à long terme du pays », a-t-il ajouté. «Pas le choix» Le ministre a raison de faire référence au précurseur des ententes de libreéchange, soit l’accord Canada-ÉtatsUnis, qui a suscité bien des craintes en 1987. Pour l’essentiel, l’ALENA a impliqué le Mexique dans un pacte bilatéral combattu avec force. Et 20 ans plus tard, le partenariat Canada - ÉtatsUnis domine encore les échanges. L’économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, affirme que le gouvernement fédéral a poussé pour constituer l’ALENA en grande partie en tant que manoeuvre défensive, car il était clair que les États-Unis et le Mexique tenteraient d’obtenir leur propre pacte, ce qui aurait placé stratégiquement les États-Unis dans le siège du chauffeur. « D’une certaine façon, nous n’avions pas le choix. Autrement, […] les États-Unis auraient eu des ententes de libre-échange avec chacun

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de nous et nous n’aurions pas tellement pu tirer des avantages l’un de l’autre », a exposé M. Porter. Selon plusieurs analystes, l’évolution de la société innovante menait de façon incontournable à ces accords de libreéchange. L’économiste Jim Stanford, oeuvrant pour le syndicat Unifor, soutient pour sa part qu’une approche plus ciblée ; avec des accords sectoriels comportant des conditions bien circonscrites, comme le « Pacte de l’automobile » Canada États-Unis ; aurait généré des bénéfices plus importants et évité les perturbations qu’ont tendance à créer les ententes de libre-échange. « Le Canada peut et doit être un joueur important dans le monde, et ne pas s’isoler, mais les accords de libre-échange ne sont pas le seul moyen d’y arriver », a argué M. Stanford. Il ne s’agit pas d’un point de vue majoritaire, et nous ne saurons jamais si l’approche préconisée par M. Stanford aurait fonctionné, ou si le Canada aurait su trouver des partenaires intéressés. Des données laissent croire que l’ALENA a gonflé la production globale, élargi le commerce bilatéral et transformé les industries. Dans le cas du Mexique, les transformations ont touché pratiquement tous les secteurs. Pour le Canada, le secteur manufacturier a été en chute libre, mais il n’est pas évident que l’ALENA soit pour la majeure partie responsable de cette situation. Les pays développés perdent des

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emplois dans le secteur manufacturier à travers le monde — avec ou sans accords de libre-échange — en partie à cause des besoins réduits de personnel pour fabriquer des biens dans un contexte de robotisation des processus. « L’impact sur la perte d’emplois est venu principalement de la technologie, pas du commerce, a avancé Stephen Blank, un expert de l’intégration nord-américaine établi à New York, qui a été professeur invité dans plusieurs universités canadiennes. « […] Le Canada se trouverait dans une situation bien pire sans l’ALENA. » Angeles Villarreal, spécialiste du commerce au service de recherches du Congrès américain, dit croire que les liens entre les trois pays auront toujours préséance indépendamment du nombre d’ententes de chaque pays avec l’Asie ou l’Europe. Toutefois, il estime que les trois partenaires devraient adopter une stratégie différente en tant qu’entité nord-américaine. Par exemple, il s’interroge sur la pertinence de voir le Canada signer une entente de libre-échange avec l’Europe, alors que les États-Unis suivront bientôt avec la leur, et puis le Mexique. Pourquoi ne pas avoir tenté un accord entre l’Union européenne et l’Amérique du Nord, ou encore avoir constitué une Chambre de commerce nord-américaine ou une stratégie continentale sur les changements climatiques, se demande aussi M. Villarreal.


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Édition

«Les Algériens et Internet» De notre collaborateur Réda Benkoula Sociologue de formation, notre collaborateur Réda Benkoula accorde, dans ses préoccupations et recherches, un intérêt particulier aux relations entre les populations – particulièrement les maghrébins et les originaires du Maghreb – et les nouvelles technologies.

quelques unes des interrogations que nous nous sommes posées et auxquelles nous avons tentés de répondre dans le recueil « Les Algériens et Internet » qui tente de mettre en contexte les raisons qui les poussent à se connecter sur Internet en observant les opérationnalisations auxquels ils ont recours.

Ce fait a débouché sur de nombreuses participations, à travers un certain nombre d’articles publiés dans des revues scientifiques et de contributions à des ouvrages collectifs.

En effet, le contexte socioculturel de l’Algérie aux valeurs traditionnelles, est propice aux utilisateurs qui s’approprient les différents modes de communications et les réseaux sociaux comme une voie d’accès vers « un ailleurs ».

Depuis quelques semaines, Réda à franchi un nouveau cap : il a publié un ouvrage individuel, « Les Algériens et Internet », édité par Dar Tanouir à Alger. Voici la note de l’éditeur sur cet ouvrage qui, autant que les chroniques périodiques que nous vous livrons, méritent intérêt et lecture, tant il est riche de révélations et d’observations parfois étonnantes. « Pourquoi est-ce que les Algériens se connectent sur Internet ? Pourquoi aller vers le virtuel alors qu’il y a le monde réel ? Qu’espèrent trouver les internautes sur les réseaux sociaux et les Communications Médiatisées par Ordinateurs (CMO) ? Quelles significations sociales peut-on avoir de ces pratiques ? Ces questions, sont

Pour eux, le virtuel ne remplace pas le réel, mais il a l’avantage de leur permettre de faire ce qui peut être réprouvé par la société. Les Algériens ont conscience que les dynamiques qui prennent forme sur la Toile leurs permettent de contourner les formes de contrôle qui sont exercées sur eux dans l’espace public et profitent de la liberté qu’ils trouvent sur Internet et les réseaux sociaux pour s’exprimer et partager leurs idées et leurs sentiments que ce soit avec leurs compatriotes ou avec des étrangers.» L’ouvrage n’est encore disponible au Québec que sur commande auprès de votre libraire; mais ce qu’il nous apprend mérite le temps qu’on attendra pour sa livraison.

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Cultures

Exposition à la Maison du Tunisien

La Tunisie sous toutes ses couleurs Par Réda Benkoula

« Hiver Montréalais au Couleurs Tunisiennes », c’est sous ce thème que la Ligue des Artistes Tunisiens du Canada organise une exposition de peinture du 11 au 31 janvier à la Maison du Tunisien. Pour cette seconde édition, l’événement qui se veut être un pont entre les cultures, est l’occasion de diffuser en ce temps hivernal un peu de chaleur méditerranéenne à travers les toiles qui sont exposées. Saoussen Ouerghemmi présente le Jasmin d’hiver et le Jasmin d’été, deux tableaux qui s’inspirent de la Tunisie au moment où l’on célèbre les trois ans de la révolution de Jasmin. Pour l’artiste, si la référence à la révolution que traverse son pays est présente dans ses toiles, elle ressent le besoin de parler de paix : « Ce qui nous touche au plus profond c’est la Tunisie qui souffre. Mais c’est un passage obligé après une révolution. C’est pourquoi je travaille sur les couleurs dans mes tableaux. C’est bien d’avoir un peu d’équilibre. Il faut sortir de la tristesse à travers l’art que je fais. Je n’ai pas oublié les couleurs de Sidi Boussaid avec le bleu et blanc et l’odeur du jasmin me manque ». Il faut dire que la date de l’exposition coïncide avec le contexte politique que vit la Tunisie trois ans après la chute de Ben Ali. L’examen de la nouvelle constitution prend du retard au moment où le pays traverse une grave crise

économique et sociale. Les prix ont flambé, ce qui rend la vie très difficile pour beaucoup de tunisiens. Le taux de chômage dépasse les 30%. A cela s’ajoute, les disparités entre le centre du pays et la région côtière.

Ce processus de changement en Tunisie qu’observent Anis Ben Ammar et Najet Ferjani, deux poètes d’expression arabe, est source d’inspiration. L’éloignement du pays d’origine fait naître cette envie de partager à travers la poésie leur regard sur l’amour et le monde qui les entoure. Najet aura ému les convives des différentes cultures à travers les sonorités du verbe arabe et commente son regard sur ce qui se passe en Tunisie : « On a commencé le printemps arabe avec de l’effervescence et une révolution que nous n’avons pas préparée et par la suite les choses se sont dégradées. Ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas un échec total. Mais on doit se doter des moyens pour réussir pour affronter l’hiver et construire notre pays. Je suis ici, mais mon cœur est toujours en Tunisie ». La noblesse des lettres arabes est aussi une source d’inspiration pour Ali Marzouki qui fait ce qu’il considère être de la calligraphie contemporaine ou du lettrisme contemporaine. Même, s’il n’aime pas se définir, l’artiste utilise les lettres arabes comme prétexte pour illustrer ses toiles : « J’essaye de vider le mot et la forme de la lettre de son sens. Il y a des tableaux qui sont fait avec de la calligraphie arabe. Par contre, dans mon travail, on ne peut pas les

lire. Que l’on soit arabophone ou d’une autre langue ou d’une autre culture ; nous avons tous la même distance par rapport à l’œuvre. Il y a le coté sémiotique et linguistique qui est absent. Je l’efface et je laisse l’autre sémiotique : celle de la couleur et de la forme qui touche les cœurs au plus profond de l’être humain, quelle que soit son origine. C’est ça mon travail. J’essaye de toucher l’humain dans cet être qui est devenu trop culturel au point ou il est devenu stéréotypé ».

La ligue des artistes Tunisiens est aussi un carrefour de rencontre et d’échange artistique auquel adhère Heya Gharbi, une artiste d’origine marocaine qui a trouvé un écho pour s’exprimer et faire découvrir ses toiles : « Ce n’est pas juste une manière de s’exprimer, c’est aussi un moyen de retrouver les souvenirs, surtout pour les gens qui vivent ici et qui veulent revenir au Maroc. C’est de la nostalgie. Ce que je fais c’est des choses proches de nous, reflétant notre culture et notre passé ».

Solidarité L’association Tunisian Community of Western-Ontario organise une levée de fonds pour envoyer un container de chaises roulantes destinées aux handicapés en Tunisie par l’intermédiaire de Human Concern International (C’est par l’intermédiaire de cet organisme que les tunisiens et tunisiennes ont déjà envoyé des ambulances). Les chaises seront reçues et distribuées en Tunisie par l’organisation tunisienne El Tanmia Lil Jami3. Merci de faire vos dons le plus tôt possible via le lien suivant : https://humanconcern.org/pages/urgent-appeals/tunisia-wheelchair-project Pour de plus amples informations, veuillez contactez Mr. Ali Chérif (Tunisian Community of Western-Ontario) au (416)712-9532, Mr. M.Guettat au (450)688-0450, ou Mr. Yazen (HCI Montréal) au (514)668-1550.

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Sports

JO de Sotchi

Adam et Sami Lamhamedi peaufinent leur préparation La ville de Sotchi, en Russie, accueillera du 7 au 23 février 2014 les Jeux olympiques d’hiver. A un mois du début des épreuves, deux frères marocains peaufinent actuellement leur préparation au Canada pour aborder la compétition sous leur meilleure forme. Adam et Sami Lamhamedi, tous deux membres de l’équipe nationale marocaine de ski, vont très probablement s’envoler dans moins d’un moins vers Sotchi, en Russie. Et pour cause, c’est dans cette ville située à quelques 1400 kilomètres de Moscou, au bord de la mer noire, que seront organisés, du 7 au 23 février prochains, les Jeux olympiques d’hiver de 2014. Natifs de Québec, les deux frères marocains, âgés de 18 et de 16 ans, devront, en effet, représenter le Maroc lors des épreuves olympiques de ski alpin. L’ainé, Adam, a d’ores et déjà décroché son ticket pour Sotchi, « grâce à ses bonnes performances, et surtout sa constance, lors de la période de qualification olympique sur le circuit de la Fédération internationale de ski », a fait savoir ce dimanche le journal canadien La Presse. Une place et un substitut Selon ce dernier, le skieur marocain est bel et bien inscrit sur la liste des participants pour les épreuves de slalom et de slalom géant. Il ne lui manque plus que la confirmation officielle de la

fédération, attendue pour le 19 janvier.

Sami, lui, n’a pas pu obtenir sa place pour la compétition. Une Française d’origine marocaine est parvenue, selon le même journal, à se qualifier pour les JO. Et comme le Maroc ne disposait au préalable que d’une place féminine et d’une autre masculine, le jeune homme devra se contenter de faire le voyage en tant que remplaçant. A défaut de pouvoir fouler les pistes olympiques, Sami sera certainement d’un grand soutien à son grand frère. « C'est quelque chose » A 18 ans seulement, Adam Lamhamedi aura certainement du mal à reproduire le même exploit qu’en 2012 où il avait remporté la médaille d’or en slalom géant aux Jeux olympiques de la jeunesse d’hiver, à Innsbruck, en Autriche. A Sotchi, ses adversaires seront, en effet, nettement plus âgés que lui, et donc plus expérimentés. L’athlète en est bien conscient. « Les meilleurs gars ont entre 26 et 36 ans, j'en ai 18 », reconnait-il. « N'importe quel skieur rêverait d'aller aux Jeux olympiques et skier avec les meilleurs. Tu apprends beaucoup de ces expériences, poursuit-il. Le Maroc, ce n'est pas un pays où les gens s'attendent à des médailles aux Jeux d'hiver. Juste représenter un pays afric-

Adam et Sami Lamhamedi en compagnie de leur entraineur Martin Côté

ain en ski, c'est quelque chose », a-t-il ajouté. Avant de déposer leurs valises au village olympique de Sotchi, les deux frères parachèvent leur préparation sur les pistes de Mont-Édouard, une station de ski située à proximité du village de l'Anse-Saint-Jean, au Québec. Ils feront ensuite escale au Maroc pour

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donner une conférence de presse avant de poser leurs bagages en Russie, le 30 janvier prochain. Selon La Presse, la délégation marocaine qui fera le voyage sera composée de sept personnes. Samir Azzimani, également skieur marocain ayant représenté le Maroc aux JO 2010 de Vancouver, espère également en faire partie. Mais pour l’instant rien n’est encore sûr pour lui.


Sports

Reda Agourram poursuit sa carrière au Maroc L’ex-Impact signe à l'AS FAR C’est désormais officiel, Reda Agourram a rejoint l’AS FAR de Rabat après avoir débuté sa carrière au Canada.

Sans club depuis qu’il avait quitté les rangs de l’ Impact de Montréal le 1er janvier 2012, l’attaquant de 23 ans a paraphé un contrat de six mois renouvelable avec les Militaires R’batis. Le natif de Rabat a inscrit deux buts en 30 matchs de Super Liga (Association de football nord-américaine) entre avril 2010 et aout 2011. Reda Agourram est un jouer de soccer (football association) canadien, d'origine marocaine, né le 12 octobre 1990 à Rabat au Maroc.

Formé à l'Impact de Montréal, il évolue au poste d'attaquant. Lors du passage de l'Impact en MLS, le club décide de ne pas lui proposer de nouveau contrat suite à un camp d'entrainement à Guadalajara en janvier 2012.

Refusant d'être conservé par l'Impact mais prêté en NASL, il réalise des essais successifs avec le Dijon FCO et Clermont Foot en France, avant de décider de poursuivre sa carrière en championnat professionnel marocain. Reda a été représenté et assisté dans ses démarches par la société 4FAME Sports management gérée par Anasse Brouk , agent de joueur FIFA, autre canadien d’origine marocain

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Reda Agouram en compagnie de Rachid Taoussi entraineur de L'AS FAR

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Sports

Soccer

CHAN 2014: Spectacle et surprises en Afrique du Sud C’est une compétition qui suscite, sans doute à tort, moins d’intérêt que les grandes épreuves FIFA. Mais le Championnat d’Afrique des Nations, réservé aux joueurs évoluant dans les compétitions locales de leurs pays respectifs, mérite certainement d’être regardé et suivi. Le CHAN 2014, qui se dispute en Afrique du Sud en 2014, à l’initiative de la Confédération africaine de football (CAF) regroupe en effet les joueurs que nous retrouverons sans doute durant les saisons prochaines dans les grands clubs professionnels d’Europe où dans leurs équipes nationales, dans les grandes compétitions internationales. Ces perspectives les motivent d’autant plus et font que le niveau de la compétition est des plus relevés. L’édition 2014 est la troisième édition de cette épreuve qui met en compétition les 16 meilleures équipes africaines locales réparties en quatre poules de quatre équipes. Pour dire combien elle peut être intéressante soulignons quelques faits. L’équipe tenante du titre, la Tunisie, à été éliminé dès les tours préliminaires; tout comme l’Algérie qui représentera le Continent africain en Coupe du Monde au Brésil. Le Sénégal, autre grande puissance footballistique africaine, a été éliminé par une valeur montante, la Mauritanie, qui accède ainsi à sa première grande participation internationale. Dès le début de la compétition, le Nigéria, favori au départ pour le titre, s’est fait battre par le Mali qui semble ainsi vouloir revenir aux premiers rangs. Un autre favori, le Burkina Faso, s’est laissé surprendre par le supposé tr`s modeste Ouganda. Et un troisième favori, le Maroc, a du accepter le nul face à un Zimbabwé qui ne cesse de progresser. On n’est pas à l’abri d’autres surprises encore d’ici la fin de la compétition. Mais une chose est sûre : le spectacle, dans tous les matchs, est de haute facture et de grande qualité.

Pour suivre la compétition, voici un petit guide retraçant les premiers résultats et annonçant la suite du programme. Groupe A Samedi 11 janvier 2014 Afrique du Sud - Mozambique 3-1 Mali - Nigéria 2-1 Mercredi 15 janvier 2014 Afrique du Sud - Mali Nigéria - Mozambique Dimanche 19 janvier 2014 Nigéria - Afrique du Sud Mozambique – Mali Groupe B Dimanche 12 janvier 2014 Zimbabwe - Maroc 0-0 Ouganda - Burkina Faso 2-1 Jeudi 16 janvier 2014 Zimbabwe - Ouganda Burkina Faso - Maroc Lundi 20 janvier 2014 Burkina Faso - Zimbabwe Maroc - Ouganda

L'éqquipe national du Maroc

Groupe C Lundi 13 janvier 2014 Ghana - Congo 1- 0 Libye - Éthiopie 2-0 Vendredi 17 janvier 2014 Ghana - Libye Éthiopie - Congo Mardi 21 janvier 2014 Éthiopie - Ghana Congo - Libye Groupe D Mardi 14 janvier 2014 RD Congo - Mauritanie 1-0 Gabon - Burundi 0-0 Samedi 18 janvier 2014 RD Congo - Gabon Burundi - Mauritanie Mercredi 22 janvier 2014 Burundi - RD Congo Mauritanie - Gabon Quarts-finale 25/01/2014 Match 25 : Premier Groupe A Deuxième Groupe B 25/01/2014 Match 26: Premier Groupe C Deuxième Groupe D 26/01/2014

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Match 27: Premier Groupe B Deuxième Groupe A 26/01/2014 Match 28: Premier Groupe D Deuxième Group C

Gagnant Match 27

Demi-finales 29/01/2014 Match 29: Gagnant Match 25 - Gagnant Match 28 29/01/2014 Match 30: Gagnant Match 26 -

Finale 01/02/2014 Gagnant Match 29 - Gagnant Match 30

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Troisième place 01/02/2014 Perdant Match 29 - Perdant Match 30


Sports

Hockey du Canadien

12 saisons de plus sur RDS Le Réseau des Sports va conserver les droits de télédiffusion régionale des matchs du Canadien de Montréal pour les 12 prochaines saisons.

Cela signifie que RDS gardera la propriété d'un maximum de 60 matchs réguliers ainsi que des matchs préparatoires du Canadien dans la région de diffusion désignée de l'équipe jusqu'à la fin de campagne 2025-26. Notons aussi que Bell, à qui appartient RDS, conservera les droits d'identité pour le Centre Bell jusqu'en 2028. Rappelons que TVA Sports a brisé le monopole que détenait RDS en ce qui a trait à la présentation des matchs du Canadien de Montréal en vertu d'une entente de 5,2 milliards $ sur 12 ans annoncée tard en novembre entre la Ligue nationale de hockey, Rogers Communications (TSX:RCI.B) et Québecor. TVA Sports a ainsi obtenu les droits de diffusion d'au moins 22 matchs de saison régulière du Tricolore, de l'ensemble des matchs de séries éliminatoires, dont ceux du Canadien, et de la finale de la Coupe Stanley. RDS diffuse des matchs du Canadien depuis 1992 et était devenu le diffuseur exclusif de l'équipe en 2002. « Nous sommes très fiers de prolonger notre partenariat avec RDS et Bell Média et ce à long terme, a déclaré Kevin Gilmore, chef de l'exploitation du Canadien, par le biais d'un communiqué. Depuis plusieurs années, le Canadien, Bell et RDS entretiennent une relation d'affaires qui continue d'être fructueuse et nous sommes convaincus que la poursuite de notre collaboration sera bénéfique pour toutes les parties impliquées, ainsi que pour les partisans du Canadien de Montréal. » Soulagement du côté de RDS et du public Du côté de RDS, on a véritablement soufflé un soupir de soulagement puisque la perte des droits de diffusion des rencontres du Tricolore aurait porté un dur coup à la chaîne, qui détient les droits de nombreux événements sportifs majeurs, mais qui est principalement reconnue pour sa couverture du Canadien. « Il y a un mois, on a appris une très mauvaise nouvelle, ç'a été un dur coup, a admis le président de RDS, Gerry

Frappier en entrevue avec La Presse Canadienne, vendredi soir. C'était important pour nous, comme équipe de direction, de ne pas voir s'effriter un travail qui s'est fait sur une longue durée de temps et dans lequel beaucoup de gens ont mis beaucoup d'heures et de leur passion et de leur énergie pour nous amener là où on est rendu. » « Si tu regardes la valeur d'écoute de tout ce qui est déjà à l'antenne chez nous, que tu enlèves la valeur d'écoute de ce qu'on a perdu et que tu conserves la valeur de ce qu'on a conservé avec les droits régionaux, RDS va demeurer incontestablement le leader au niveau des réseaux sportifs francophones. » Le mois d'attente entre les deux nouvelles a aussi été particulièrement dur sur les nerfs des employés, même si on demeurait confiant de conserver les droits régionaux. « J'avais bon espoir que RDS garde la majorité de ce qui restait [de disponible], a confié le journaliste Luc Gélinas, qui est affecté à la couverture du Canadien depuis 1992. Tant que ce

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n'était pas confirmé... ce n'était pas réglé. On savait par les conversations qu'on avait avec les patrons que ça devait se régler avant Noël et là, on était rendu le 20 décembre. Je me disais que plus ça prenait du temps, plus ça regardait mal... Je suis content de savoir qu'on reste finalement le diffuseur principal, particulièrement pour 12 ans. C'est génial. » M. Gélinas a également mentionné que les employés étaient conscients que leur employeur avait seulement perdu les droits sur une vingtaine de rencontres par saison et que le reste était encore en jeu. « Ce qui a été le plus dur, c'était la perception du public, a raconté M. Gélinas. Je recevais des messages sur Facebook et Twitter de personnes qui pensaient que RDS allait fermer. Ça me révoltait un peu. On a plein de propriétés importantes et il y avait encore 60 matchs de disponibles. On allait continuer à faire la couverture du Canadien... C'était ça le plus frustrant, les gens ne comprenaient pas. »

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Malgré tout, cela n'a pas empêché certains visages bien connus de quitter le navire au profit de l'empire Québecor au cours des derniers mois, comme le journaliste Renaud Lavoie, en août dernier, et l'analyste et ancien entraîneur Michel Bergeron, dont le transfert à TVA Sports a été annoncé mercredi. « Mon concurrent s'acharne beaucoup sur le talent de RDS, a noté M. Frappier. Il tente par tous les moyens de prendre notre monde. Alors je me dis qu'on doit faire une bonne job si mon concurrent veut prendre mes gens. » Selon M. Frappier, RDS pourra continuer de diffuser les rencontres du Canadien disputées d'autres soirs que le samedi, et le chiffre changera donc d'une saison à l'autre en fonction du calendrier de l'équipe. Il a également mentionné que Bell devrait maintenant se concentrer sur les droits régionaux anglophones de l'équipe, afin de continuer la diffusion des rencontres sur la chaîne TSN.


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Société

Immigration

Une «classe d'accueil» pour les nouveaux arrivants Depuis septembre, un groupe d'enfants de 10 à 12 ans apprend le français à l'école primaire Saint-Louis de PointeClaire, dans l'ouest de l'île de Montréal. Cette école offre 4 des 150 classes d'accueil que compte la Commission scolaire Marguerite Bourgeoys. Provenant de Syrie et d'Égypte, plusieurs des enfants qu'accueille l'école Saint-Louis sont arrivés de l'étranger quelques semaines seulement avant la rentrée scolaire. Enseignante à l'école Saint-Louis, Yadviga Kontantinova reçoit les élèves de 10 à 12 ans. Certains enfants amorcent une deuxième année de scolarité en français, mais plusieurs autres ne comprennent que quelques mots de français et parlent une autre langue à la maison. Les plus jeunes devront passer une année complète en classe avant de pouvoir continuer leur scolarité en français alors que les plus vieux, qui ont déjà commencé à lire et à écrire dans une

autre langue, mettront jusqu'à 20 mois avant de pouvoir intégrer une classe ordinaire en français.

Malgré son sourire, Elsa Otero est un peu inquiète après avoir déposé son fils, Marco, à l'école Saint-Louis. La famille est arrivée du Mexique en mai, mais elle estime que son fils sera capable de demander ses cadeaux de Noël en français. Elle-même immigrante de Russie, l'enseignante Yadviga Kontantinova admire ses petits exilés dont certains ont quitté des pays en conflit. Elle estime qu'elle n'enseigne pas seulement une langue, mais aussi une façon de vivre en français. Les fêtes font partie de la culture du pays d'accueil et elle croit que les familles finissent par s'harmoniser même si certaines fêtes sont étrangères à leur culture d'origine. Issue d'une famille palestinienne de Syrie, Farah ne s'était pas déguisée l'an dernier pour l'Halloween. Cette année toutefois, elle est très fière de son costume de reine. Même les classes d'accueil des élèves

plus vieux sont parsemées d'étiquettes. Les fêtes sont aussi l'occasion pour les enfants d'enrichir leur vocabulaire de nouveaux mots. Les enfants de la classe d'accueil de Yadviga Kontantinova ont plusieurs chansons de Noël à leur répertoire.

Travailleurs temporaires étrangers

Postes Canada

Le milieu des affaires et les groupes de travailleurs se disent perplexes quant à la récente volteface du gouvernement fédéral, qui a retiré des dispositions de son Programme des travailleurs étrangers temporaires qui auraient empêché les employeurs criminellement coupables de certaines infractions d’y souscrire.

La décision de Postes Canada de cesser de livrer le courrier à domicile en ville a un effet dévastateur sur le bien-être de nombreux facteurs.

Des facteurs démissionnent

Ottawa change les règles

Dans un avis publié le jour de l’An, Ottawa indique que ses propositions de départ — visant les employeurs condamnés, en vertu du Code criminel, pour traite de personnes, agression sexuelle contre un employé ou pour avoir provoqué la mort d’un employé — étaient « trop rigides et encombrantes dans la forme proposée ». Le gouvernement conservateur les a donc retirées, proposant plutôt d’autres mesures pour atteindre les objectifs de milieu de travail sécuritaire pour les travailleurs étrangers temporaires, mesures qui lui donneront le temps de gérer les cas d’abus, assure Ottawa. Les employeurs sont donc tenus de faire des efforts « raisonnables » pour offrir un milieu de travail exempt de « toute forme de violence », dont la violence physique, sexuelle, psychologique et l’exploitation financière, indique-

À l'école primaire Saint-Louis de Pointe-Claire, la fête de Noël est de toutes les couleurs. Peu importe leur religion, les élèves célèbrent tout simplement la joie de vivre et les vacances.

t-on dans l’avis. Considérations juridiques Or, plusieurs intervenants du secteur s’interrogent sur les motivations de ce revirement de situation.

Certains vont jusqu'à donner leur démission, même s'ils approchent de l'heure de la retraite.

Daniel Kelly, le directeur de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, soutient que son organisation était favorable aux mesures initiales et que ses membres ne sont pas à l’origine de ces changements. À son avis, les nouvelles dispositions auraient été soumises par Ottawa en raison de considérations juridiques et non parce que des entrepreneurs s’en seraient plaints.

TVA Nouvelles a obtenu des lettres de démission de facteurs et commis de postes qui ont récemment claqué la porte de la société d'État. L'un d'entre eux, Pier Alberto Pierini, a démissionné le 23 décembre dernier. Il avait huit ans d'ancienneté comme facteur. «Les restructurations sauvages des succursales amputent le service à la clientèle et elles mettent davantage de pression sur les employés», écrit-il dans sa lettre pour s'expliquer.

Aucun représentant du ministère de l’Emploi n’était disponible vendredi pour commenter l’affaire.

«Mon milieu de travail est devenu au fil du temps malsain et inhumain», ajoute le travailleur. Dans une autre lettre de démission, un commis de postes qui avait 16 ans d'ancienneté raconte avoir été contacté à trois reprises par Postes Canada après sa démission pour qu'il réponde à un sondage destiné aux ressources humaines.

Ces dispositions font partie de nouvelles réglementations sévères pour apaiser les craintes de certains que des étrangers puissent occuper l’emploi de Canadiens.

«Je tiens à dire que j'y ai pas répondu avec le dos de la cuillère. Ça fait du bien», s'est-il exclamé.

La série de règlements est entrée en vigueur mardi et permet aux représentants gouvernementaux d’inspecter des milieux de travail sans mandat et d’inscrire le nom des employeurs fautifs sur la liste noire, entre autres.

Le Syndicat des travailleurs des postes de Montréal confirme que le moral est bas au sein de ses troupes. «Les gens nous appellent en pleurant. [...] Une

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autre chose que l'on voit et que l'on ne voyait pas : les gens ne se rendent même pas à leur retraite. Ils démissionnent quatre, cinq, six ans avant», s'étonne le président du syndicat, Alain Duguay. Ces démissions ne sont pas étrangères non plus au plan de restructuration dévoilé en décembre dernier par Postes Canada. Suivant celui-ci, la livraison du courrier à domicile sera graduellement remplacée par des boîtes postales installées en milieu urbain. Du côté de Postes Canada, on ne s'inquiète pas de la situation. «C'est bien dommage d'apprendre cette nouvelle, mais ce n'est rien d'exceptionnel», a réagi la société par écrit. Postes Canada indique que le roulement de personnel n'est pas une «situation extraordinaire», considérant le nombre d'employés qui travaillent pour l'organisation. Selon ses chiffres, la société d'État emploie près de 55 000 personnes


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