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Élections municipales 2013

Ce qu'il faut savoir sur le scrutin du 3 novembre Page 28

Points de vues

«Mon Québec d'il y à quinze ans….» Page 15

Valeurs Québécoises

La charte de la discorde

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Migrations

Douze philosophes en conclave

Réinventer le Vivre-ensemble

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Pour un renouvellement des politiques d'asile et d'immigration Page 26


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Éditorial

Directeur Général Rachid Najahi. Rédaction : Hassan Boutabssil, Narjisse El-Bakkali, Zahira Ellahgui, Wahid Megherbi, Mona Doutabaa, Said Chayane Publicité : Agence Odyssée Hassan Boulal Conception et Réalisation Graphique : Atlas Média Atlas.Mtl est un produit du. GROUPE ATLAS MEDIA Editeur de. * La Voix des Marocains à Montréal et du site web: www.atlasmedias.com

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Projet de Charte des valeurs Québécoises

Éditorial

Editeur : Abdelghani Dades.

Garder tête froide...

Levons d'abord une équivoque: ce que Bernard Drainville à présenté mardi 10 septembre 2013, ce n'est pas le projet de Loi formant Charte des Valeurs Québécoises, mais la note d'orientation qui servira de base à l'élaboration du projet de loi.

Le gouvernement envisagerait-il vraiment de confiner, sous prétexte de «neutralité de l'État» les appartenances religieuses des différents segments de la population dans la stricte sphère privée?

Si nous arrivons tous à ce faire, à garder la tête froide, nous auront mérité, selon le propos de Jean Lesage «mérité (d'être) ici, chez nous».

La nuance est certes sans doute saisissable par les seuls spécialistes de la science juridique, mais elle n'en est pas moins de taille. Car entre une «note d'orientation» et un «projet de loi» - et les exemples abondent, ici et partout dans le monde - il peut, pour de multiples raisons, y avoir des différences telles que l'idée de départ ne se retrouve quasiment plus dans le texte final.

«Ici; Chez nous !»

Faisons un rêve…

Si oui, son projet souffrirait d'une tare originelle : il confondrait «espace de l'État» et «espace public « ce qui assurément constituerait une atteinte aux libertés individuelles; inadmissible même si on considère que les libertés collectives ont primauté.

Un tel débat, dans la sérénité, dans le souci d'être efficaces et équitables, nous permettra de cesser d'être déçus, cyniques. Il nous permettra de croire en ce rêve dans lequel un temps Bernard Landry - et bien d'autres grands leaders avant lui nous a fait vivre : un Québec inclusif et généreux, un Québec dans lequel tous les habitants, quelles que soient leurs origines, leurs fois, la date de leurs arrivées, celles de leurs parents ou celles de leurs ancêtres, parce qu'ils travaillent à forger un avenir communément prospère, sont également des «peuples fondateurs» dont les signes identitaires devraient - justice des symboles et justice de l'Histoire - trouver tous leur place sur les murs et les frises de l'Assemblée Nationale.

Combien de «Notes d'orientation» ont soulevé d'espoirs, déçus par les «projets de lois» sur lesquels ils ont débouchés; et combien ont soulevés de colères qui par la suite se sont avérées sans motifs réels! Or le projet de loi, personne - ou presque - n'a encore eu la chance de lire. Au mieux, on sait qu'il comporte une «clause de retrait» qui permettrait à certaines institutions ou établissements publics de ne pas appliquer la loi qui en émanera. Dès lors, de quoi le tollé soulevé, en une opposition quasi -unanime, par la déclaration gouvernementale se nourrit-il? Y a-t-il, dans le texte en question, des mesures dont le grand public n'aurait pas été informé?

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Inadmissible par tout un chacun ici; car cela reviendrait à oublier que la Révolution tranquille à certes décléricalisé le Québec, mais ne l'a en aucune façon déconfessionnalisé. Mais foin de questions! Car la définition de la place du sacré dans la société, de quelque nom qu'on la qualifie, même si la solution proposée n'est peut-être pas la meilleurs du monde, constitue un vrai problème; un problème qui, si l'on n'y réfléchit pas sérieusement, nous hantera longtemps, ressurgira régulièrement et sous des formes qui pourraient nous désagréer collectivement et hypothéquer notre futur commun. La question appelle dons un débat, un vrai débat, un débat inclusif, autant que possible serein et, dès lors potentiellement porteur de la sorte de solutions viables et durables.

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En fait À trop polariser sur le crucifix du salon bleu, on oublie en effet que les ors, les boiseries et les plâtres, s'ornent aussi de fleurs de lys, de roses et de chardons. Autrement dit, n'y ont leurs place, parmi les cent quatre vint et quelques ethnies qui constituent la mosaïque humaine Québécoise, que les composants français, Anglais et Écossais de la population.

Abdelghani Dades


Dossier - Charte des Valeurs Québécoises

La charte de la discorde

Tout le monde trouve à redire… …même le Mouvement laïc Québécois La présidente du MLQ, Lucie Jobin, s'est réjouie du fait que la laïcité va « enfin être inscrite dans la charte des droits et libertés de la personne ». La charte va en outre baliser les différentes demandes d'accommodements, ce qui « va permettre aux gens de savoir ce qui est recevable ou non recevable », a-telle affirmé à Radio-Canada. Mme Jobin dénonce toutefois la politique de « deux poids deux mesures » du gouvernement péquiste, qui refuse toujours de retirer le crucifix de l'Assemblée nationale « au nom de l'Histoire ». « On trouve que c'est plus ou moins logique », souligne la présidente du MLQ. Le président de la FAE a également soulevé un certain nombre de ce qu'il qualifie «d'incohérences ». « Toute la question de l'octroi de dérogation, qui ferait en sorte que certains employés de l'État porteraient sur leurs épaules la laïcité, alors que d'autres employés municipaux ou d'universités ou d'hôpitaux pourraient par un vote d'un conseil d'administration être dispensés de ces obligations. C'est pour tout le monde ou pour personne », a dénoncé Sylvain Malette.

Ce dernier craint également « des dérapages » dans l'encadrement du port des signes religieux « facilement visibles ». « Qu'est-ce qui est ostentatoire? On semble s'appuyer sur le jugement individuel », déplore M. Malette. Le Québec fragmenté juridiquement Même son de cloche provenant du coprésident de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements religieux en 2007-2008, Charles Taylor. Il estime que le gouvernement du Québec ratisse trop large dans sa définition de la neutralité de l'État. Le sociologue Gérard Bouchard dénonce le « droit de retrait » auquel aurait droit le personnel des cégeps, des universités, des établissements de santé et les municipalités, qui va selon lui « entraîner la fragmentation juridique du Québec ». « Ça me paraît inacceptable du point de vue du droit », a-t-il affirmé à RadioCanada, ajoutant que « ça va donner un feu vert aux municipalités et aux institutions pour se libérer de la loi ». La Fédération des femmes estime que le gouvernement Marois a choisi la

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Charles Taylor et Gérard Bouchard ont présidé la Commission Bouchard-Taylor en 2008. mauvaise cible avec cette interdiction du port de signes religieux visibles dans la fonction publique. Cette mesure punira les femmes qui portent le hijab simplement parce qu'elles sont croyantes, alors que les taux de chômage sont très élevés chez les femmes d'origine maghrébine, souligne la présidente de la FFQ, Alexa Conradi. La présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, se montre prudente sur la question

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d'interdire le port de signes religieux ostentatoires dans l'appareil étatique et préfère consulter ses membres avant de se prononcer. Tout en appelant à un débat serein, Mgr Pierre-André Fournier, président de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ), réitère sa position pour une laïcité applicable « à des institutions, et non à la société dans son ensemble ».


Dossier - Charte des Valeurs Québécoises

Cinq propositions

qui pourraient, selon Bernard Drainville, «rassembler les Québécoises et les Québécois de toutes croyances et de toutes origines» Le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, a présenté mardi 10 septembre 2013 une série de propositions destinées, du point de vue du gouvernement Marois, à consacrer la neutralité religieuse de l'État québécois et baliser les demandes d'accommodements.

ments religieux et à préciser les conditions suivant lesquelles ils devraient être accordés ».

Après des semaines de fuites et de débats, le gouvernement a ainsi dévoilé son projet de Charte des Valeurs Québécoises sous la forme de cinq propositions destinées à doter l'État et la société québécoise de règles en matière d'accommodements religieux, de droits et libertés, ainsi que de port de signes religieux par les fonctionnaires de l'État.

En ce qui a trait à la valeur d'égalité homme-femme, le gouvernement propose d'établir qu'un accommodement religieux soit accordé seulement s'il respecte l'égalité entre les hommes et les femmes.

Par ces propositions, le gouvernement péquiste entend faire connaître ses intentions et ouvrir une discussion qui devrait conduire au dépôt d'un éventuel projet de loi à l'Assemblée nationale. Voici en substance les cinq propositions présentées à Québec par le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville : Modifier la Charte québécoise des droits et libertés de la personne Le gouvernement propose d'y inscrire la neutralité religieuse de l'État, ainsi que le caractère laïque des institutions publiques. Pour le ministre responsable des Institutions démocratiques, ces propositions « visent à baliser les accommode-

Bernard Drainville précise qu'à l'avenir « un accommodement devrait entre autres respecter les valeurs d'égalité entre les hommes et les femmes ».

Énoncer un devoir de réserve et de neutralité pour le personnel de l'État Dans l'exercice de ses fonctions, l'employé de l'État devra projeter une image de neutralité. Encadrer le port des signes religieux ostentatoires Dans l'exercice de ses fonctions, l'employé de l'État ne pourra plus porter de « signes religieux facilement visibles ». Cette règle s'applique aux personnes suivantes : le personnel des ministères et des organismes publics le personnel de l'État exerçant un pouvoir de sanction : les juges nommés par le Québec, les procureurs, les policiers et les agents correctionnels le personnel des CPE et des garderies privées subventionnées le personnel des commissions scolaires, des écoles publiques, des cégeps, et des universités le personnel des établissements de santé et de services sociaux le personnel des municipalités

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Un possible droit de retrait Dans les cégeps, les universités, les établissements de santé et les municipalités, le personnel pourra se soustraire à la politique, à condition que le conseil d'administration ou le conseil municipal adopte une résolution permettant le port de tels signes religieux. M Bernard Drainville, ministre responsable

des Institutions démocratiques

Cette autorisation sera valide pour une période maximale de cinq ans, mais pourra être renouvelée. Elle ne pourra toutefois pas permettre d'avoir le visage couvert « lorsqu'on donne ou reçoit un service de l'État ».

Rendre obligatoire le visage découvert Aucune exception à cette règle : « la prestation des services de l'État s'effectue à visage découvert, tant pour la personne qui donne le service que pour celle qui le reçoit ». Établir une politique de mise en œuvre Tous les ministères et organismes publics devront se doter d'une politique de mise en oeuvre, qui permettra à la fois d'assurer la neutralité religieuse, tout en respectant sa mission particulière. Patrimoine historique En plus des cinq propositions, le gouver-

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nement souhaite inscrire certains éléments au patrimoine culturel du Québec afin de témoigner de son parcours historique. Parce que la religion a occupé un rôle fondamental dans l'histoire du Québec, le gouvernement souhaite protéger certains éléments emblématiques, comme le crucifix de l'Assemblée nationale. Bernard Drainville : « rassembler les Québécois» Pour le ministre Bernard Drainville, « c'est pour favoriser un climat de confiance, d'harmonie et d'équité au Québec que nous présentons cette proposition ». Le gouvernement Marois estime que c'est l'absence de règles claires qui crée des divisions. Bernard Drainville ajoute que cette proposition « permettra de rassembler encore davantage les Québécoises et les Québécois de toutes croyances et de toutes origines. »


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Dossier - Charte des Valeurs Québécoises

Grosses inquiétudes à Ottawa

Denis Lebel, ministre fédéral des Affaires intergouvernementales : «Nous contesteront toute proposition inconstitutionnelle»

Le gouvernement Harper se dit préoccupé « par les propositions qui limiteraient le droit de toute personne de pratiquer sa religion » et entend « contester vigoureusement » toute loi qui serait jugée inconstitutionnelle par le ministère de la Justice.

« Si une charte est acceptée et passée à l'Assemblée nationale, nous demanderons au ministère de la Justice d'en faire l'examen, et si elle viole les protections constitutionnelles auxquelles ont droit tous les Canadiens, nous défendrons ces droits », a affirmé le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Denis Lebel, en réaction à la proposition de charte des valeurs québécoise présentée par le gouvernement Marois. « Partout au pays, c'est important pour nous que les gens vivent, soient respectés selon leurs traditions, peu importe où ils sont nés, quelle que soit leur origine, leur race, quelle que soit leur origine ethnique, quelle que soit leur religion, se sentent chez eux dans notre pays [...] et fier d'être Canadien », a poursuivi M. Lebel. « Évidemment, le gouvernement séparatiste du Québec voudrait se chicaner avec le gouvernement fédéral à tout moment sur n'importe quel enjeu, mais nous allons garder notre attention sur la priorité des Canadiens, soit la création d'emplois et la prospérité à long terme », a affirmé de son côté le ministre de l'Emploi et du Développement social et ministre du Multiculturalisme, Jason Kenney. « Nous croyons que l'économie n'est pas seulement la priorité des Canadiens, mais aussi de la vaste majorité de Québécois », a-t-il ajouté.

M Thomas Mulcair, Chef du Nouveau Parti démocratique

Thomas Mulcair : «Intolérable» Pour le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, il est tout simplement « intolérable » qu'une femme portant le foulard islamique doive quitter son emploi dans un Centre de la petite enfance (CPE). En marge du caucus de son parti à Saskatoon, M. Mulcair a promis que ses troupes allaient « se tenir debout » devant la situation, sans toutefois préciser comment il allait tenter de contrer l'initiative du gouvernement péquiste.

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a pour sa part dénoncé « la politique de la division » de la première ministre Marois. « Je continue de savoir très bien que les Québécois et les autres Canadiens méritent mieux que cette charte. Nous croyons que nous devons défendre les libertés des gens et non les restreindre », a-t-il déclaré aux journalistes en marge de l'ouverture du local électoral de son candidat dans le comté de Bourassa, Emmanuel Dubourg. « Nous allons nous battre contre cette charte qui ne représente pas l'ouverture d'esprit des Québécois », a-t-il martelé, réitérant une position qu'il a maintes fois défendu. Le mois dernier, M. Trudeau avait par ailleurs fait un lien entre la charte des valeurs québécoises et la ségrégation américaine, propos que la première ministre avait qualifiés d'« irrespectueux ».

Daniel Paillé, accueille favorablement la volonté du gouvernement Marois de s'intéresser sérieusement à la question de la laïcité et des valeurs québécoises, sans toutefois donner son appui au projet de charte. M. Paillé rappelle qu'« en 2007, le Bloc jugeait qu'une restriction du port de symboles religieux de manière visible pour celles et ceux qui représentent l'autorité de l'État de par leurs fonctions était fondée » et qu'« elle l'est toujours ». Il ne prend toutefois pas position sur la volonté du gouvernement péquiste d'étendre l'interdiction du port de signes religieux « facilement visibles » à tous les employés de l'État. Le chef bloquiste soutient par ailleurs que la politique du multiculturalisme canadien nuit à la mise en place de la politique d'interculturalisme du Québec, laquelle « pose aux personnes immigrantes l'exigence de l'apprentissage du français comme langue commune, insiste sur la nécessité de respecter les valeurs communes à l'ensemble de la société québécoise et reconnaît, en contrepartie, la diversité ou le pluralisme culturel ». « Malheureusement, le Québec n'a pas tous les pouvoirs pour réaliser cette politique. Par exemple, il ne peut pas, à l'international, donner l'heure juste à celles et ceux qui ont envie de se joindre à la nation québécoise », déplore M. Paillé.

M Daniel Pallé Chef du Bloc Québécois

M Justin Trudeau Chef du Parti libéral du Canada

Justin Trudeau : «Une politique de la division »

Daniel Paillé pour « une discussion franche et ouverte »

Pour sa part, la députée bloquiste Maria Mourani se prononcera mercredi au sein du collectif « Les indépendantistes pour une laïcité inclusive », laissant présager certaines distances par rapport à la proposition de charte du gouvernement Marois.

De son côté, le chef du Bloc québécois,

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Dossier - Charte des Valeurs Québécoises

PLQ, CAQ et QS ont à redire…

PLQ : Une «Atteinte aux libertés individuelles» Les libéraux sont aux antipodes du Parti québécois sur ces questions sensibles et semblent peu enclins à négocier. «Chose certaine, nous ne transigerons pas sur nos valeurs. Le gouvernement Marois devrait se concentrer sur l'économie et l'emploi au lieu d'essayer de diviser les Québécois», a ajouté M. Tanguay.

M Marc Tanguay, Parti Libéral du Québec

PLQ : Une «Atteinte aux libertés individuelles» Les libéraux, qui s'opposent à toute forme de bannissement des signes religieux pour les employés de l'État, ont réitéré leur discours, déplorant à nouveau une «atteinte aux libertés» des individus. «Il faut une vision bien étroite pour demander que l'on sorte le ruban à mesurer afin de limiter nos droits et libertés individuels», a martelé le député Marc Tanguay. Le gouvernement cherche, selon lui, à institutionnaliser les discriminations et les exclusions à l'embauche. «Il y a un paradoxe très fort lorsque le gouvernement dit vouloir défendre l'égalité hommes-femmes tout en permettant que les premières touchées par les mesures proposées soient justement des femmes [...] Nous ne serons pas complices de cette négation des droits.»

«Alors, qu'est-ce qu'on fait? Ça, c'est permis [...] ça, c'est ostentatoire? Avons-nous une mesure? Est-ce que ça va prendre une police religieuse pour aller voir dans le cou des fonctionnaires ce qui est permis, ce qui ne l'est pas? Qui va aller voir dans les cégeps, les universités, les ministères, tous les bureaux gouvernementaux pour savoir de quelle grosseur est le bijou ou le symbole religieux?» Autant de questions sans réponse qui font dire à la CAQ que le projet de Bernard Drainville ouvre la porte à une foule d'interprétations et de contestations. «Ça va être un vrai calvaire. Ça n'a pas de bon sens, ça va créer de la chicane, puis ça va créer de la dissension, et ça ne sera pas applicable. Pour nous, décidément, ce n'est pas le Québec dans lequel nous voulons vivre. Il faut être plus précis, il faut être plus clair.»

Mme Nathalie Roy, Coalition Avenir Quévec

CAQ : «Flou, trop compliqué, inapplicable» La Coalition avenir Québec a dénoncé le projet du PQ qui est «radical», «trop compliqué» et risque d'être «inapplicable». Elle a déploré le flou qui subsistera sur l'interdiction des signes religieux, si un éventuel projet de loi devait être adopté tel quel.

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La députée Nathalie Roy a fait une démonstration éloquente, en conférence de presse, en brandissant trois croix chrétiennes - une petite, une moyenne, une grande.

La CAQ veut «régler le problème des accommodements religieux» mais elle propose de limiter l'interdiction du port des signes religieux à tous les officiers de l'État en position d'autorité : les juges, procureurs de la Couronne, gardiens de prison, directeurs et enseignants d'écoles primaires et secondaires.

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Mme Françoise David Québec Solidaire

Québec Solidaire : Un projet «qui ne tient pas la route» La députée Françoise David a d'abord lancé quelques fleurs au gouvernement en saluant l'inclusion du principe de laïcité dans la Charte des droits et libertés avant de lui lancer le pot. Sa position sur le port des signes religieux «ne tient pas la route». «L'enfer est souvent pavé de bonnes intentions et celles du ministre concernant les signes religieux sont marquées par l'inégalité. À Québec solidaire nous faisons une différence entre la neutralité religieuse des institutions et celle des individus. Nous croyons qu'une personne peut agir avec loyauté et professionnalisme tout en arborant un signe religieux». Mme David s'interroge également sur le fait qu'on réserve un droit de retrait «aux institutions médicales et pas aux écoles». «On s'apprête donc à agir de façon discriminatoire à l'égard des femmes d'une communauté spécifique. Plutôt que d'inclure on exclut», a-t-elle dénoncé.


Dossier - Charte des Valeurs Québécoises

Montréal : levée de boucliers

Le projet de charte des valeurs québécoises a frappé un mur à Montréal où l'on retrouve les plus importantes communautés culturelles du Québec. Tour à tour, les candidats à la mairie ont pris position et tous se sont prononcés contre la charte.

veut dire qu'au Jewish il pourrait avoir sa kippa, mais s'il était à Montreal hospital ou à Sainte-Justine, il faudrait qu'il l'enlève », a déclaré Denis Coderre.

Ils se sont également tous prononcés en faveur de l'utilisation de la clause dérogatoire, l'exemption, qui permet aux municipalités de se soustraire à la charte.

existent, on devrait tenter de les respecter ».

M. Côté apprécie la possibilité d'utiliser la clause de retrait pendant cinq ans, et n'a pas l'intention de s'en priver s'il est élu, ce qui permettrait au Conseil municipal d'autoriser certains signes religieux aux employés. « Évidemment nous allons demander l'exemption. Non seulement nous allons demander une exemption, nous allons le demander à la communauté métropolitaine, nous allons inciter les autres villes de la région. Je ne peux pas croire que Brossard et Laval, par exemple, qui ont d'importantes minorités, vont accepter une telle gifle pour leurs femmes »

M Maecel Côté, Candidat à la mairie de Montréal

Marcel Côté : «Une véritable gifle» M Denis Coderre, Candidat à la mairie de Montréal

Denis Coderre : «Pas acceptable» « Moi je n'accepte pas que Montréal soit soumis à ce genre de charte si elle est appliquée tel quelle, ce n'est pas acceptable », a déclaré le candidat à la mairie Denis Coderre. Il envisage, s'il est élu, de demander un statut particulier pour toute la ville, y compris pour ses hôpitaux et ses écoles. « On va travailler pour s'assurer que cette charte-là ne voit pas le jour. Malgré tout, si elle passait, c'est sûr que l'exemption serait appliquée. Le problème, c'est qu'on va avoir une ghettoïsation de Montréal. Vous allez avoir des municipalités qui ne l'ont pas, vous allez avoir des municipalités qui l'ont. Si mon ami Lionel était médecin, ça

Mme Mélanie Joly, Candidate à la mairie de Montréal

Plus tôt, le chef de la Coalition Montréal, Marcel Côté, a vivement réagi. « Ce n'est pas une grande journée pour le Québec aujourd'hui et pour Montréal. C'est une véritable gifle. Il ne faut pas oublier qu'à Montréal, 40% de la population est soit née à l'étranger, soit de minorité visible. Il y a beaucoup de ces gens-là qui portent le turban, portent le voile, la kippa. Ces gens-là ont des droits, on les respecte. Il n'y a pas de problème à Montréal ». Selon lui, la charte est particulièrement discriminatoire envers les femmes: « À Montréal, il y a beaucoup de femmes qui travaillent dans des CPE qui vont être obligées d'abandonner des choses importantes pour elles. Alors pourquoi on vise des femmes ainsi? On a enrobé ça dans un discours mielleux de valeurs québécoises. Il y a des valeurs internationales, universelles qui

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femmes, soit désormais limité puisque l'on parle de l'emploi dans le secteur public, les écoles primaires, les écoles secondaires, les CPE. Alors on vise directement un groupe de femmes essentiellement et c'est fort malheureux », dit-il. « Si je suis élu maire de Montréal, je demanderai d'exercer le droit de retrait de l'application de la charte ».

Mélanie Joly : « Inutile»

M Richard Bergeron Candidat à la mairie de Montréal

Richard Bergeron : «Droit de retrait» Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, préfère limiter pour l'instant ses engagements à une intervention au niveau municipal, mais voit tout de même l'impact négatif de la charte pour limiter l'accès à l'emploi dans le secteur public aux femmes qui portent le voile. « J'estime malheureux que l'accès à l'emploi qui est le mode d'intégration par excellence des nouvelles communautés, tout particulièrement des

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Discours semblable de la part de Mélanie Joly, candidate à la mairie pour le Parti du vrai changement. « On trouve que la démarche gouvernementale ne sert en rien Montréal. Montréal est un exemple d'harmonie et la charte ne va que diviser la population. Dans le contexte de notre administration, il est évident qu'une des premières résolutions que nous allons adopter c'est de nous soustraire par rapport à cette charte-là. Parce qu'on est contre la charte des valeurs québécoises et faire en sorte que les gens puissent porter leurs signes religieux. Pour nous la ville est déjà laïque dans son fonctionnement. Ça ne sert pas Montréal et quand Montréal ne va pas bien, c'est tout le Québec qui en souffre », a-t-elle déclaré.


Dossier - Charte des Valeurs Québécoises

Monseigneur Christian Lépine, archevêque de Montréal

«Une mesure excessive»

L'archevêque de Montréal, Christian Lépine, juge «excessive» l'idée d'enchâsser des valeurs à l'intérieur d'une charte, comme le propose le gouvernement Marois.

l'archevêque. Alors je suis porté à penser que pour ce qui concerne la charte, il faut vraiment rester au niveau des droits de la personne et ne pas chercher à y inclure des valeurs.»

«Je suis un peu embêté parce que ça revient à imposer des valeurs et ça peut devenir très contraignant pour les personnes qui ne les partagent pas, a-t-il indiqué. Je trouve ça excessif et je pense que ça va trop loin. Pour moi, valeurs et liberté de conscience, ça va ensemble.»

Une idée «bonne et mauvaise à la fois»

Mgr Lépine est d'avis que l'État a la responsabilité de garantir le respect des droits individuels, et non pas d'imposer un système de valeurs. Il estime en outre que le projet de charte, tel qu'il a été présenté, reviendrait à «geler des valeurs dans le temps» et à mettre fin à la réflexion et aux discussions qui les entourent. «Si on avait fait une charte il y a vingt ans, on aurait mis d'autres valeurs. Et ce sera la même chose si on en fait une dans dix ans, a fait remarquer

De son côté, le président de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ), Pierre-André Fournier, a salué dans un communiqué le «sérieux» avec lequel le gouvernement désire aborder et alimenter la discussion entourant les accommodements religieux. Il a dit espérer un débat «serein, respectueux et franc». Sans commenter directement le projet de charte dévoilé mardi, Mgr Fournier a rappelé certains éléments du message pastoral «Catholiques dans un Québec pluraliste», publié plus tôt cette année par l'AECQ. «La laïcité est une notion qui s'applique à des institutions, et non à la société dans son ensemble, peut-on lire dans le

message. La société est composée de personnes qui ont toutes sortes de convictions, de croyances, de spiritualités et d'appartenances religieuses et les organisations religieuses font partie de la société. Celle-ci est donc pluraliste, plutôt que laïque.» L'archevêque de Québec, Gérald Cyprien Lacroix, a brièvement commenté le projet de charte sur les réseaux sociaux. Il a indiqué sur son compte Twitter que le balisage des accommodements était une «bonne idée». Il a cependant qualifié de «mauvaise idée» l'interdiction de certains signes religieux chez les employés de l'État. Mgr Lacroix partagera ses observations plus en profondeur lors de la prochaine assemblée des évêques du Québec, qui aura lieu à Trois-Rivières le 19 septembre.

M Christian Lépine, Archevêque de Montréal

Point de vue

Veux-t-on ethniciser la laïcité? Suite au dépôt de la Charte des valeurs québécoises par le PQ, le C.O.R. (organisme de communication pour l'ouverture et le rapprochement interculturel) prend la position suivante. Nous sommes pour : - l'égalité femme-homme; - l'équité femme-homme; - l'égalité et l'équité femme-femme; - l'interculturalisme; - la laïcité inclusive; - les libertés et droits fondamentaux; - le respect de la démocratie; - la neutralité de l'État. Nous sommes contre : - toute exclusion. Nous croyons fermement que c'est par l'autonomie financière que toutes les femmes peuvent aspirer à une réelle égalité femme-homme. Il est bien évident qu'il est impossible d'atteindre l'autonomie financière sans avoir un

accès équitable au travail. L'exclusion de la fonction publique de l'employée arborant «des signes religieux nettement visibles» envoie le message à l'employeur privé qu'il est acceptable, sinon souhaitable, d'exclure à son tour cette candidate ou ce candidat.

Cet avis, en fait, qui exclut-il? Strictement la Québécoise au foulard islamique et le Québécois au turban sikh, puisque «les signes très discrets et peu apparents» sont acceptés. Mais, concentrons-nous sur le statut des femmes. Faisons la distinction entre tradition et religion. L'Islam, en tant que religion, a donné aux femmes, il y a plus de 14 siècles, le droit de voter, le droit de commercer, le droit de choisir son conjoint, etc. Cependant, vu l'emprise de la culture patriarcale, comme dans toutes les sociétés d'autrefois, des hommes musulmans ont infériorisé la femme en la reléguant à des rôles du genre féminin. De ce fait, les femmes, condamnées à l'analphabétisme, se sont cantonnées dans ces rôles auxquels certaines se croient destinées encore aujourd'hui.

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Mme Samira Laouni, Présidente du C.O.R Ne pensez-vous pas qu'en interdisant l'accès à l'équité (femme-femme; femme-homme) à des femmes instruites et émancipées, nous nous retrouvons devant une attitude maternaliste qui retourne ces femmes dans leur isolement à la maison? Comment peut-on prétendre que laisser de côté tout «signe nettement visible» le temps du travail pourrait nous faire avancer d'un pas de plus vers une égalité réelle? Faire partie d'une

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minorité visible serait-il subversif? Peut-on changer son identité : sa couleur de peau, son orientation sexuelle, son accent... le temps du travail? Au Québec, chaque fois qu'on déclare vouloir instaurer la laïcité, on évoque immédiatement ces Québécoises au foulard islamique. De ce fait, on ethnicise la laïcité. Samira Laouni Présidente du C.O.R


Dossier - Charte des Valeurs Québécoises

Point de vue

De la nécessaire clarté des règles serait intéressant, par ailleurs, de savoir comment peut-on légiférer sur des valeurs qui restent universelles partout où l'on va.

M Kamal Benkirane Le projet de la charte des valeurs québécoises aura au moins le mérite de mettre fin à l'hypocrisie et la langue de bois avec lesquels ce dossier a souvent été traité. Le « vivre ensemble » aura une tournure plus progressiste, la tolérance envers les minorités et la valorisation de la diversité culturelle seront définitivement confinées sous le firmament approprié, les quelques radios poubelles seront plus au moins parfumées à l'anisette, sur fond de jubilation exclusiviste. Bref, la clarté sera la norme, une valeur ajoutée. La clarté nécessaire et la nécessité des définitions C'est un exercice de communication politique auquel le PQ s'est livré avec ce projet de charte, et pourtant il fallait le faire, cela dévoilera les contours d'une vision politique qui libérera tout le monde par l'application de clauses qui passeront en « valeurs » édictés et ou les choses seront gentiment institués entre le « Nous » et le « vous » et fermenteront sous la bannière du « Vivre ensemble », telle est l'aspiration de ceux qui tentent de construire leur capital politique à coup d'émotions ludiques sur le dos des minorités, qui enfourchent encore la croupe de l'identitaire pour brandir le malaise imminent, il

Le projet de loi 94, présenté naguère par le biais de la libérale Katherine Veil, préconisant une laïcité ouverte et établissant des balises encadrant les demandes d'accommodement dans l'Administration gouvernementale, avait été définitivement bloquée par le PQ : deux visions opposées de deux partis politiques, se disputant sur le droit ou non de dénuder ces communautés de tout un patrimoine culturel, affectif et émotionnel pour participer à la construction d'une société distincte. Deux visions de la laïcité, hypothéquant l'avenir de tous ceux qui ont bâti le Québec. On ne peut, de ce fait, s'empêcher de se poser ces quelques questions : En quoi la liberté de conscience, ou la laïcité de l'État démarquent le Québec du reste du monde occidental? En quoi la démocratie libérale est-elle typiquement «québécoise»? Dans ce contexte, il est urgent de s'atteler à répondre clairement à quelques définitions, ne serait-ce que pour éviter de stigmatiser une communauté par rapport à une autre : définir ce que c'est qu'un signe ostentatoire, définir en quoi la neutralité religieuse de l'état peut être une menace envers l'état même et envers les autres, définir en quoi le port du hijab chez une fonctionnaire du ministère des transports est une atteinte aux droits de la majorité. Le consensus est majeur chez les musulmans du Québec que cette charte vise spécifiquement le hijab, il n'en reste pas moins vrai que cette charte devrait définir la nature des menaces que représentent les signes religieux, et jusqu'où la liberté individuelle de chacun sera respectée. Le ministre Drainville, convaincu de devoir laisser la tempête passer, ne pipe

mot sur certains points tels que la présomption d'impartialité, ce fait qui met au pied du mur la neutralité de l'état, les professeurs Jocelyn Maclure et Charles Taylor dans une lettre ouverte publiée en 2010 étaient clairs à ce niveau: «On voit mal pourquoi il faudrait penser, à priori, que ceux qui affichent leur appartenance religieuse sont moins capables de faire la part des choses que ceux dont les convictions de conscience ne sont pas extériorisées ou le sont de façon moins visible (pensons au port de la croix). Pourquoi refuser la présomption d'impartialité à l'un et l'accorder à l'autre?» Le ressentiment religieux

Le ressentiment religieux, vécu par une grande frange de la population québécoise au temps de la grande noirceur, est un fait qui explique plus au moins le rejet de certains individus de tout ce qui est religieux. C'est ce ressentiment qui continue de créer la peur, voire même d'alimenter l'islamophobie et de cautionner même la montée des mouvements de l'extrême Droite. Dans la mesure où la laïcité fermée, va octroyer un caractère extrémiste aux accommodements, l'idéal est de savoir comment établir les conditions d'une éthique de cette laïcité, dans la confrontation des urbanités culturelles et communautaires. Par delà ce ressentiment religieux, des questions identitaires devraient logiquement être posés, par-delà certains constats qui stipulent que toute affiliation religieuse est par conséquent fanatique. Or, une laïcité ouverte pourrait être un pas préliminaire pour instituer les normes solides et inclusives du vivre ensemble, mais les dissensions à ce niveau buttent ainsi sur une vision de société, que d'aucuns ont baptisé « le vrai monde », une vision de société desservie en gagne pain pour certains journaleux, nés d'une droite intellectuelle revancharde, une société attachée à

une politique du ressentiment aux accents autoritaires. Le projet de la charte des valeurs québécoises aura au moins le mérite de montrer qu'une Droite intellectuelle radicale au Québec n'aurait pas pu éviter le débat de l'identité, par une laïcité fermée, comme terreau fertile à la conception d'un « vrai monde » fait sur mesure pour ceux qui en rêvent. Et pourtant, grands sont les défis au Québec : promouvoir et préserver la culture québécoise, intégrer des nouveaux arrivants, promouvoir la langue française, concevoir ou modifier des programme publics, construire des écoles, des routes, des hôpitaux, désenclaver les régions, etc. Les stigmatisations ostentatoires, et les interdictions catégoriques des signes produiront éventuellement un clash et mettront au pied du mur une société qui a longuement œuvré pour l'inclusion et l'intégration de plusieurs milliers d'immigrants au Québec à travers l'histoire, une charte claire de la laïcité exprimera certes la particularité de la société québécoise et sa prise de position dans un dossier si difficile, reste que la neutralité de l'état à ce niveau devrait garantir le droit et la liberté de pratiquer son culte religieux plutôt que de l'entuber par des balises manichéennes. L'avenir dépendra beaucoup des capacités à lier identité collective et identité individuelle, communautarisme identitaire et libéralisme politique, et à assurer l'autonomie de l'espace public vis-àvis du pouvoir étatique.L'espoir est que ce projet des valeurs québécoises ne continuera pas d'insister sur l'unique valeur qui sillonne les rues et les lèvres, celle de l'égalité entre les hommes et les femmes, mais aussi cette valeur, présente à même la charte québécoise des droits et des libertés, et qui est celle du respect des droits et des libertés des minorités. Kamal Benkirane

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Lu dans la presse

Une grenade contre Montréal

À quelques jours de la publication de la charte des « valeurs québécoises » (sic), quelques questions…

l'immense majorité des cas, ne recouvrent que les cheveux.

Le gouvernement Marois osera-t-il ignorer toutes les voix qui, à Montréal, s'élèvent contre ce projet inspiré par une conception dogmatique de la laïcité - de la fédération qui regroupe les enseignants montréalais au conseil municipal qui rejette ce projet à l'unanimité ?

En quoi cela vous dérange-t-il ? Avez-vous absolument besoin de connaître la couleur des cheveux de la femme qui vous ausculte ou qui vous remet votre permis de conduire ? Où est le scandale, quand la fonction publique est remplie à ras bord de tatouages, de piercings et d'autres ornements drôlement moins hygiéniques, sans parler des sacres qui servent de musique de fond dans les couloirs de nos hôpitaux ? Il y en a qui ont trouvé la solution magique. Qu'il enlève sa kippa de neuf à cinq ! Qu'elle laisse son voile à la maison !, s'exclament-ils avec l'assurance que donnent l'ignorance et l'insensibilité.

Même Louise Harel, qui a toujours été, faut-il dire, plus Montréalaise que péquiste, s'est dissociée de son parti pour plaider en faveur de la tolérance, de même d'ailleurs que nombre de souverainistes montréalais pour qui l'indépendance devrait se faire dans l'ouverture. Le gouvernement osera-t-il lancer cette grenade explosive sur la seule ville cosmopolite du Québec, laquelle se trouve aussi à être son moteur économique essentiel ? Osera-t-il s'en prendre à ceux des immigrants qui sont le mieux intégrés au Québec ? Car soyons-en bien conscients : ces musulmans et juifs pratiquants qui travaillent dans le secteur public, du plus humble commis au médecin le plus renommé, sont par définition parmi les plus francophones et les mieux intégrés à la société d'accueil. Osera-t-il proclamer à la face du monde qu'au Québec, un immigrant qui voudrait afficher les signes de sa religion sera exclu de la fonction publique, du réseau scolaire et des hôpitaux ? Que cette personne ne pourra jamais accéder aux meilleurs emplois de la province, voire aux seuls emplois auxquels sa formation la destine (c'est le cas des professionnels de l'enseignement et de la santé, qui peuvent difficilement travailler ailleurs que dans le secteur public) ? On ne parle pas ici de voile intégral, ni de niqab, tant il est vrai qu'il est juste d'exiger que les services publics soient rendus à visage découvert. On parle de kippas, ces minuscules couvre-chefs, on parle de foulards qui, dans

Ce n'est pas parce qu'on n'a pas de religion qu'il faut refuser aux autres le droit d'en avoir une. Or, la liberté religieuse implique que l'on puisse afficher les signes extérieurs de sa religion quand cela ne menace pas l'intégrité d'autrui (c'est pourquoi je fais exception pour le kirpan, un objet potentiellement dangereux). Une religion n'est pas une chose honteuse qu'il faut cacher dans le creux du logis sous peine de polluer l'espace public. Le gouvernement osera-t-il faire du Québec le seul Mme Pauline Marois endroit en Amérique où la liberté religieuse serait subPremière ministre du Québec ordonnée aux diktats de l'État ? Un État qui, par-dessus le marché, se mêle de définir les « valeurs » du peuple, comme si le Québec n'était pas une société veut une rumeur ? complexe et diversifiée où chacun a ses propres valeurs ? Ce serait bien la pire des choses que de voir un gouvernement démocratique faire campagne sur le dos des Le gouvernement a décidé de reporter la date de la publi- minorités. cation de sa charte et d'y aller graduellement. Serait-ce le signe que cette affaire commence à l'embêter ? Ou, autre Lysiane Gagnon (La Presse) possibilité, qu'il entend faire durer le débat et en profiter Publié le 7 septembre 2013 pour déclencher des élections en décembre, comme le

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«Mon Québec d'il y à quinze ans….» uniques et chaleureux qui m'ont acceptés parmi eux.

Mme Rime El-Rhoul Il y'a aujourd'hui quinze ans. Quinze merveilleuses années maintenant que ce magnifique pays, cette splendide province m'a ouvert ses portes, mais aussi son cœur. Quinze ans que je suis charmée par ces remarquables paysages québécois, mais surtout par ces gens

Il y a quinze ans, je ne sentais pas le besoin de définir en mot ce que j'étais. Pour la petite fille qui jouait à la marelle dans la cour de récréation de l'école primaire, j'étais tout simplement une québécoise, comme mes camarades, qui parlait aussi arabe à la maison et qui avait, disons, plus d'une culture. Cette petite fille vivait bien avec ça. Jamais la moindre interrogation, le moindre doute quant à ma place dans cette société d'accueil, m'ont traversé l'esprit. Et puis, j'ai grandit. Grandir m'a fait réaliser que les choses se compliquent un peu lorsque vient le temps de se définir culturellement. Ce n'était plus aussi facile que d'être une petite fille «québécoise, comme mes camarades, qui parlait aussi arabe à la maison et qui avait, disons, plus d'une culture». Je devais désormais trouver

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LE mot qui détermine ce que la jeune femme que je suis devenue est. Mais comment? Comment dans une société aussi diversifiée peut-on trouver notre place? Et bien je ne sais pas, je ne sais plus en fait. Bien franchement, je n'ai toujours pas réussi. Et la mi-vingtaine approche! Ne pas savoir comment se définir à mon âge est assez troublant.

Pour être honnête, je n'ai jamais vraiment pris le temps de me poser la question, car avant, je ne voyais pas de différence entre moi, mon voisin québécois, le caissier du supermarché casher ou la fille haïtienne qui occupe le casier à ma droite, je n'avais pas ce besoin de me définir à tout prix. Cette différence, ce besoin n'existaient pas, car ils n'étaient pas valorisés par les médias. Les minorités visibles ne faisaient pas les manchettes et, il y'a quinze ans, jamais on aurait eu le malheur d'assister à une bataille sur les accommodements raisonnables ou lire en première page

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du journal qu'une mosquée s'est fait attaquer par du sang porcin. Qu'est ce qui a bien pu se passer? Comment une province aussi accueillante, ouverte et aimante peut bien se retrouver au milieu de tels tourments au point de vouloir devenir une deuxième France et d'interdire, par une charte des valeurs, tout signe religieux visible et de perdre par le fait même sa diversité? Ce qui me plaisait tant dans le Québec d'il y a quinze ans n'est plus. La belle rose qu'était le Québec se fane petit à petit. Cette chaleur, cet accueil, cet esprit de solidarité, d'ouverture, cette bonté qui rejoignait les valeurs que mes parents tentaient de me transmettre disparaissent lentement. Rendez-moi mon Québec, ma belle rose d'il y a quinze ans. Rime El-Rhoul


Dossier - Charte des Valeurs Québécoises

Vu de France

Vents mauvais pour les canadiens “étrangers”

Au Québec, le gouvernement, par électoralisme, veut faire adopter une « charte des valeurs » qui stigmatise les « étrangers » et remet en cause un des fondements de vivre-ensemble canadien: le multiculturalisme. Nos cousins maghrébins du Canada sont très concernés. Ici, une lettre de Montréal parle de ces vents mauvais.

Un vent mauvais souffle sur la province de Québec en cette fin d'été et il risque de se transformer en tempête à l'automne. La raison en est l'obstination du gouvernement à faire adopter par l'Assemblée nationale une ” Charte des valeurs québécoises ”. Que stipule cette charte ? Dorénavant l'État doit être neutre et par conséquent ses agents ne doivent montrer aucun signe d'appartenance religieuse. Donc, les policiers, les juges, les fonctionnaires ne doivent porter ni kippa, ni turban, ni croix et, bien sûr, ni hidjab. Les dispositions de cette Charte ne s'arrêtent pas là. Les femmes qui portent le voile ne peuvent exercer leur métier d'infirmière dans un hôpital public, ni travailler dans une garderie ou enseigner dans une école. Ou du moins elles doivent se défaire de leur foulard si elles veulent continuer à travailler. Boules puantes et paroles xénophobes libérées Le fond de l'air sent mauvais depuis quelques temps déjà au Québec, mais avec ce projet de charte, le gouvernement vient carrément de lancer des boules puantes qui risquent de gravement intoxiquer le débat public. On le sait et cela s'est vu ailleurs, notamment en France, ce genre de démarche pour démagogique qu'il soit libère dangereusement la parole xénophobe. Illustration en direct à Montréal. Je me promenais avec ma famille au VieuxPort, ou se donnait un spectacle de rue qui restituait le passé de Montréal avec costumes et instruments de musique et outils d'époque. Beaucoup de familles

s'y trouvaient. Parmi elles une dame portant le hidjab accompagnée de ses deux filles portant elles aussi des foulards. Soudain la femme voilée est interpellée violement par une dame d'un certain âge qui lui dit : ” C'est dégueulasse, ce que vous faites à vos filles ”.

La femme voilée a répondu: ”est-ce que je commente votre façon de vous coiffer ?” en partant entourée de ses filles. Mais l'autre dame a insisté devenant progressivement de plus en plus vindicative. Il a fallu l'intervention d'un agent de sécurité pour la calmer. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui parler. Je lui ai demandé de quel droit elle se permettait d'interpeller une femme dans la rue et lui faire des reproches sur ses propres enfants? Ce à quoi elle a rétorqué : ” Pourquoi vient-elle ici ?” Je lui ai répondu que jusqu'à preuve du contraire cet endroit n'est pas interdit aux femmes voilées. Face à cet argument de bon sens cette personne décidément chauffée à blanc par la xénophobie « libérée » rétorque : « Vous la défendez parce que vous êtes arabe ”. Elle a ajouté : ” que diriez-vous si des juifs hassidiques se promenaient ici, vous qui leur crachez tout le temps au visage ? ” Malgré le caractère provocateur du propos j'ai tenu à lui préciser qu' ” il y a des choses plus importantes dans la vie qu'un morceau de tissu sur la tête d'une femme ”. Puis je me suis éloigné n'ayant plus rien à dire devant cette synthèse d'ignorance et d'agressivité. Le gouvernement a ouvert la porte des dérives Les politiciens et les médias ont créé un terreau fertile qui favorise ce genre de débordement. N'importe qui peut interpeller une femme voilée dans la rue et lui faire la leçon. La femme voilée n'est pas stigmatisée seulement dans les journaux et la télévision, elle devient la proie des ignares et le bouc-émissaire de la haine ordinaire. Quelques jours plus tard, une mosquée au Saguenay, au nord de Montréal, est aspergée par du

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sang de porc. Les auteurs de cet acte ont lassé une lettre sur les lieux dans laquelle ils ont signifié, entre autres injures, que ” la mosquée est baptisée par du sang frais de porc du Québec”. ” Intégrez-vous ou rentrez chez vous ” et ” Non à l'islam”. Même si les responsables de la mosquée n'ont pas voulu porter plainte, la police a ouvert une enquête. Il est à craindre que des actes similaires se multiplient dans la province. Le gouvernement a désormais ouvert la porte à toutes les dérives. Revenons à la fameuse ”Charte des valeurs québécoises”. Une question revient sans cesse chez les gens raisonnables : Quelle est la nécessité de cette charte ? Est-il besoin d'un nouveau texte de loi alors que la Charte des droits et libertés et les lois du pays sont suffisamment éloquentes sur les principes qui fondent le vivre-ensemble du pays. A l'évidence, la motivation du gouvernement est purement politicienne. Étant minoritaire, il ne dispose que de quatre députés de plus que l'opposition, le gouvernement peut être renversé n'importe quand. Il a donc besoin de ratisser large, y compris dans les marges électorales les moins reluisantes. Des élus locaux plus lucides que le

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gouvernement N'ayant rien produit de particulièrement remarquable depuis son élection, il essaye de trouver une diversion pour masquer l'absence de créativité et son manque d'imagination dans tous les secteurs. Et il n'est pas de meilleure diversion que de s'en prendre aux plus faibles, c'est à dire les immigrants. Et plus particulièrement les musulmans puisque l'air du temps s'y prête. La mairie de Montréal a vite réagi, ses élus ont voté une motion dans laquelle ils ont écrit : ” Il est souhaitable d'éviter tout dérapage mettant en péril notre capacité à vivre ensemble de façon harmonieuse”. Les élus de Montréal sont plus lucides que le gouvernement. La moitié de la population montréalaise est constituée d'immigrants, notamment de musulmans. Un prêtre connu de la région de Montréal a signé une tribune dans le journal La Presse dans laquelle il qualifie le geste du gouvernement d”'abus de pouvoir digne d'une dictature ou d'un gouvernement totalitaire ”. Ce n'est qu'un début. L'automne québécois risque d'être très chaud. Nassim Saint- Laurent Publié le 6 septembre 2013


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Dérives

Geste haineux contre une mosquée

Une substance qui semble être du sang de porc a été versée sur la façade de la mosquée de Saguenay, samedi 2 septembre 2013. Une lettre contenant des propos haineux a aussi été laissée sur les lieux. Une lettre comme celle laissée à la mosquée a été envoyée à Radio-Canada. Le message contient de nombreux propos islamophobes. « Cette mosquée est baptisée avec du sang de porc frais du Québec », « intégrez-vous ou rentrez chez vous », et « non à l'islam » peut-on notamment y lire. Même si les responsables de la mosquée ont refusé de porter plainte, les policiers ont ouvert une enquête. Ils considèrent l'acte de vandalisme et la lettre comme un geste haineux de nature raciale et une incitation publique à la haine.

La Mosquée de Saguenay La Mosquée ainsi profanée, a pignon sur rue depuis une quinzaine d'années à Chicoutimi. Inconnue de tous, ses membres se font discrets parmi la population saguenéenne, conscients de l'image négative des musulmans projetée dans la société.

Cet acte de vandalisme survient alors que le débat sur la charte des valeurs québécoises fait rage. C'est pourquoi la Sécurité publique prend la situation au sérieux. On ne sait pas pour le moment s'il s'agit de l'oeuvre d'un groupe ou d'un seul individu. Les autorités enquêtent et vont augmenter la surveillance autour de la mosquée. Le ministre responsable du projet de charte des valeurs, Bernard Drainville, a condamné le geste commis à la mosquée. « Au Québec, toute forme de violence doit être rejetée. Je condamne vigoureusement ce geste », a-t-il écrit sur son compte Twitter. Source: Radio Canada Publié le 2 septembre 2013

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L'Association islamique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, gestionnaire du lieu de culte, regroupe environ une centaine de musulmans, dont plusieurs étudiants étrangers de passage dans la région. La Mosquée, située au 555 de la rue Bégin à Chicoutimi, a été créée afin que les membres aient un endroit pour se rassembler, prier et écouter le sermon de l'Imam. Brahim Rerhaye, un membre régulier de l'Association explique : «Nous n'avons aucun Imam présentement, nous assurons nousmêmes l'élocution des prières» ajoute-t-il. La Mosquée est située tout près de l'UQAC afin d'accommoder les nombreux étudiants étrangers qui la fréquentent. Discrétion Les membres de l'Association ont préféré rester dans l'anonymat afin de se fondre dans la société et ils ne désirent en rien imposer leurs coutumes. Comme les membres se rejoignent à la Mosquée le vendredi pour la prière, l'Association

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essaie de s'adapter à leur horaire. «Vendredi est le jour de repos dans la religion musulmane, pour les juifs, c'est le samedi et pour les catholiques, le dimanche» dit-il. «Je ne peux donc pas m'absenter comme bon me semble pour la messe et il n'est pas question que j'impose l'horaire de mes prières à mon employeur» ajoute-t-il. Ils essaient aussi de contrer l'image négative qui les entoure. «Malheureusement, nous entendons toujours des histoires négatives entourant la religion musulmane. Tout ce qui concerne la burqa (le voile intégral), les crimes d'honneur, la soumission de la femme; ça ne rejoint qu'une minorité d'extrémistes qui n'est d'ailleurs pas acceptée par l'ensemble de la communauté musulmane» affirme M. Rerhrhaye. L'Association compte trois membres d'origine québécoise convertis à l'Islam. De plus, plusieurs femmes fréquentent l'établissement. et ce, même si elles n'y sont pas obligées par le Coran. Source : Le Courrier de Saguenay


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Soutiens

Rassemblement à la mosquée de Chicoutimi

Une solidarité exemplaire Une vingtaine de personnes se sont réunies vendredi 6 septembre devant la mosquée de Chicoutimi en signe de solidarité envers la communauté musulmane.

Le week-end précédent, le lieu de culte a été vandalisé. Une substance qui pourrait être du sang de porc a été versée sur la façade. À la suite de cet événement, des citoyens ont décidé de profiter de la prière du vendredi pour appuyer les musulmans. Leur objectif est de faire comprendre que le geste haineux qui a été commis quelques jours auparavant n'a rien à voir avec la tolérance habituelle des gens de la région. Des chrétiens engagés ont aussi participé ce rassemblement. Ils souhaitent tisser des liens avec la communauté musulmane.

Le député de Chicoutimi-Le Fjord, Dany Morin, est également de ce mouvement de solidarité, tout comme l'ex-député bloquiste Robert Bouchard. Prière du vendredi Le célébrant qui a dirigé la prière à la mosquée de Chicoutimi vendredi a indiqué à une trentaine de fidèles que le geste posé le week-end dernier est ignoble. Brahim Rerhaye parle d'un acte qui reflète l'intolérance de certains à l'égard des musulmans. La présence d'une vingtaine de résidents de Saguenay à la mosquée a été appréciée par le célébrant.

Rita De Santis : pour «Un Québec ouvert et tolérant» Suite à la profanation d'une mosquée au Saguenay, la députée de Bourassa-Sauvé a écrit aux leaders de la communauté musulmane de Montréal-Nord. Voici le texte de sa lettre : « Comme la vaste majorité des Québécois, j'ai appris avec consternation l'acte de vandalisme perpétré contre la mosquée à Saguenay. Il s'agit là d'un geste de haine qui ne reflète pas l'esprit d'ouverture et de tolérance de la grande majorité des Québécois. On ne peut que le déplorer et souhaiter que ses auteurs soient le plus rapidement identifiés et traduits en justice. Je partage le désarroi et l'inquiétude de nos compatriotes musulmans. Étant moi-même issue de l'immigration, puisque je suis arrivée au Québec à 4 ans avec mes parents et mon jeune frère en provenance de l'Italie, je sais les efforts qu'il faut faire de part et d'autre pour promouvoir l'intégration. Je sais aussi qu'il y a toujours une certaine crainte de l'inconnu. Je souhaite donc que ce geste nous amène non seulement à réfléchir mais aussi à

Mme Rita De Santis tendre la main à nos frères et à nos sœurs de toutes les communautés pour que l'on puisse, ensemble, continuer à bâtir un Québec toujours plus ouvert et plus tolérant à nos différences. Cet acte de vandalisme n'est pas mon Québec, une terre d'accueil si généreuse. Ce n'est pas le Québec que nous voulons, ce n'est pas le Québec que nous méritons. »

CMQ : «les attaques contre des minorités religieuses ou culturelles n'ont pas leur place» au Québec Le Congrès Maghrébin au Québec dénonce le geste et les propos haineux envers la mosquée et la communauté musulmane de Saguenay. Il s'agit d'actes condamnables qui ne sont pas dignes de la longue tradition de cohabitation pacifique et de tolérance au Québec.

M Monsef Derraji Président du CMQ

« Je demande aux autorités gouvernementales de prendre leurs responsabilités afin d'éviter ce genre d'incidents malheureux et condamnables. Au Québec, les attaques envers des minorités religieuses et culturelles n'ont pas leur place et les Québécois doivent se lever afin qu'un geste comme celui de Saguenay ne soit qu'une malheureuse exception » a affirmé le président et cofondateur du CMQ,

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Monsef Derraji.

Québec et du Canada.

En remettant le dossier identitaire sur la table, le gouvernement a rallumé le feu, mettant ainsi les minorités religieuses, particulièrement la communauté musulmane, sous le feu de la rampe et la rendant susceptible d'être victime de ce genre de crime haineux qui ne peut être accepté.

CMQ Digest

Contrairement à ce qui est véhiculé par certains médias, la communauté musulmane compte parmi les communautés les mieux intégrées au Québec. Il s'agit de personnes francophones, éduquées et enracinées au Québec, désireuses de prendre une part active au développement économique, social et culturel du

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Le CMQ a été fondé en avril 2009 par un groupe de professionnels québécois d'origine maghrébine, désireux de créer un lieu d'échange, de débat et de rencontres fructueuses dans leur communauté afin de faciliter leur intégration au Québec. Organisme à but non lucratif basé à Montréal, le CMQ contribue au pluralisme culturel dans le respect des valeurs communes. Source : Congrès Maghrébin au Québec


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Enjeux

Douze philosophes en conclave

Réinventer le Vivre-ensemble

L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) organise les 16, 17 et 18 septembre 2013 à la Villa des Arts de Rabat (Maroc), le second Dialogue philosophique Sud-Sud, avec le soutien du Royaume d'Arabie Saoudite à travers le programme international Abdullah Bin Abdulaziz pour la culture de la paix et le dialogue.

L'événement, organisé avec la participation de la Fondation ONA, réunira 12 philosophes de tous les continents qui se retrouveront pour élaborer un manuel pédagogique innovant destiné aux jeunes, prenant en compte des apports philosophiques à la pensée universelle de l'Afrique, des États arabes, de l'Asie et du Pacifique ainsi que de l'Amérique latine et des Caraïbes, encore peu connus. Construire des sociétés plus inclusives En effet, à l'aube du XXIe siècle, le véritable défi que la communauté internationale doit relever est celui de la construction d'une société plus inclusive et ouverte au dialogue. Pour y contribuer, il est essentiel d'assurer la reconnaissance et la transmission de la diversité des courants intellectuels aux générations futures et de valoriser les différentes visions philosophiques sur les grandes questions liées à la condition humaine. L'UNESCO est convaincue qu'une telle approche est indispensable pour promouvoir l'ouverture d'esprit et la pensée critique chez les jeunes afin de bâtir les fondements d'une compréhension mutuelle et

d'une paix durable entre les peuples.

Les efforts déjà déployés dans ce sens se sont traduits par la tenue d'un premier Dialogue philosophique, organisé du 9 au 11 juillet 2012 à Marrakech, et qui avait permis de définir l'approche pédagogique à adopter pour l'élaboration d'un tel manuel, ainsi que d'identifier les grandes questions philosophiques à aborder pour offrir aux jeunes une compréhension plus objective du monde dans lequel ils vivent, prenant en compte les réalités de chaque région. Ce second Dialogue, à Rabat, organisé sous la forme d'un atelier d'écriture avec la participation du Comité scientifique, permettra d'analyser et de compiler les matériaux collectés par les coordonnateurs régionaux du projet. La journée d'ouverture du lundi 16 septembre 2013 verra la participation de personnalités et institutions marocaines et internationales œuvrant dans le domaine de la philosophie sous le prisme du dialogue interculturel. Seront présentées une série de réflexions sur cette thématique, mais également les avancées du projet dans les quatre régions précitées. Pour cette session publique, la traduction simultanée sera assurée en français, anglais et arabe. Différentes traditions philosophiques dialoguent Les 17 et 18 septembre seront des journées dédiées aux travaux en atelier des philosophes autour des textes philosophiques sélectionnés et compilés.

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Reflétant la richesse des différentes traditions philosophiques, les textes seront commentés pour en proposer une lecture susceptible de soutenir l'enseignement de la philosophie - à l'école, à l'université, mais aussi au cœur de la cité. A rappeler que cette initiative, lancée en 2012, s'inscrit dans le cadre du projet de l'UNESCO « Dialogue philosophique entre le monde arabo-musulman et les autres régions du monde, dans le contexte de la coopération Sud-Sud », mis en œuvre par le Secteur des Sciences sociales et humaines, en collaboration avec la Plate-forme intersectorielle pour une culture de la paix et la non-violence. Elle

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bénéficie de l'accompagnement d'un Comité scientifique international composé de douze philosophes de renom, membres des réseaux « Dialogue philosophique interrégional Asie-Région arabe » et « Dialogue philosophique interrégional Afrique-Amériques » établis par l'UNESCO. Y seront présents entre autres Ali Benmakhlouf (Université Paris Est Créteil Val-de-Marne, Paris, France), Rozena Maart (Université de KwazuluNatal, Durban, Afrique du Sud), Enrique Dussel (Universidad Autónoma Metropolitana, Mexico, Mexique), et Rainier Ibana (Université Ateneo, Manille, Philippines).


Enjeux

Migrations

Pour un renouvellement des politiques d'asile et d'immigration

Dans un document conjoint publié en juillet 2013, le Conseil National (marocain) des Droits de l'Homme, la Délégation interministérielle aux droits de l'Homme (DIDH) et le bureau de Rabat de l'Office International des Migrations dressaient un tableau qui reste d'actualité. 240 millions de migrants

Avec 240 millions de migrants internationaux en 2012 (et 740 millions de migrants internes), les migrations constituent aujourd'hui, un peu partout dans le monde, un sujet de préoccupation et de débat constants, voire de controverse, interpellant à la fois pouvoirs publics, sociétés civiles, chercheurs et mécanismes internationaux des droits de l'Homme. Les approches polémiques persistent et se renforcent alors même que le rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) de 2009 avait souligné le rôle central que les mobilités humaines jouent dans le développement humain. Les populations concernées sont inégalement réparties avec 97 millions de migrations Sud-Nord, 74 millions de migrations Sud-Sud, 37 millions de migrations Nord-Nord, 40 millions de migrations Nord-Sud, « le reste étant constitué par des migrations EstOuest et, plus rarement, Ouest-Est » (De Wenden, 2013). Des réalités migratoires en mutation Ces chiffres révèlent d'abord la mondialisation des flux, à l'œuvre depuis deux à trois décennies, qui fait qu'aujourd'hui, de plus en plus de pays sont à la fois, et quel que soit leur niveau de développement, des pays d'émigration, de transit et d'immigration. Ils disent aussi l'émergence de systèmes migratoires régionaux et subrégionaux complexes, de réseaux transnationaux diasporiques et de réseaux sophistiqués spécialisés dans la traite des êtres humains.

La féminisation des flux, le prolongement des routes migratoires, la diversification des profils des migrants et des réfugiés et l'élévation de leur niveau socioculturel constituent d'autres traits marquants de cette seconde vague des migrations contemporaines, entamée dans les années 1980. Facteur de développement et source d'inquiétudes Mais si les migrations humaines constituent à terme un facteur d'enrichissement pour les sociétés de départ et d'arrivée, un stimulant de l'activité économique et une source de leur développement culturel, elles n'en restent pas moins objet d'inquiétudes, de plus en plus instru-

mentalisées lors des échéances électorales, suscitant l'émergence de dispositifs juridiques de plus en plus drastiques, en vue de contrôler les entrées sur les territoires nationaux et le séjour des populations déjà régulièrement installées. Au plan international, et depuis le lancement par les Nations unies du dialogue de haut niveau sur les migrations, la problématique d'une gouvernance internationale rénovée des mobilités humaines est régulièrement soulevée. A cet égard, aux plans nationaux comme au niveau international, l'approche droits de l'Homme constitue une dimension incontournable, seule susceptible de garantir les droits

fondamentaux des migrants, quelle que soit leur situation administrative, et nécessaire pour fonder des politiques migratoires de longue haleine, assurant les droits, un vivre-ensemble démocratique et un échange fécond entre cultures et civilisations. À ces flux, s'ajoutent des groupes installés depuis longtemps (Algériens ou Syriens par exemple, diverses nationalités européennes) et une accélération des mobilités comme l'illustrent, par exemple, la circulation des élites professionnelles hautement qualifiées entre l'Europe et le Maroc ou les séjours prolongés de retraités européens, notamment français. Cette conjonction de dynamiques

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Le cas du Maroc

Un modèle en devenir? C'est en prenant à la fois l'histoire du pays sur la longue durée et les mutations de ces dernières décennies au niveau international, rappelées ci-dessus, que l'on peut comprendre les évolutions que connaît le Maroc dans le domaine des migrations et de l'asile. Émigration, immigration et transit Ainsi, le Maroc est à la fois une grande

terre d'émigration depuis la première vague de la Première Guerre mondiale et une terre d'immigration et d'accueil, même si la conscience collective n'a pas intégré cette donnée historique.

Situé en Afrique, un continent confronté aux défis du développement et régulièrement secoué par des crises politiques et des conflits armés, le Maroc ne peut rester à l'écart des conséquenc-

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es de cette situation troublée et probablement durable. Enfin, le Maroc subit incontestablement les effets de la politique drastique de contrôle par l'Europe de ses frontières extérieures. Chinois, Philippins et Népalais… Pour toutes ces raisons, le Maroc est

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devenu à son tour une terre d'asile et d'installation durable de migrants. Il accueille ainsi une immigration de travail régulière, un nombre relativement important d'étudiants étrangers, des migrants en situation irrégulière, « en transit » souvent depuis de longues années et enfin, des demandeurs d'asile et des réfugiés.


Enjeux

Migrations

Pour un renouvellement des politiques d'asile et d'immigration Suite de la page 26

migratoires diversifiées fait du Maroc, insensiblement mais de manière irréversible, un pays cosmopolite. La poursuite de l'émigration des Marocain-e-s, de manière régulière ou irrégulière et la visibilité de populations venues de très loin (Chinois, Philippins, voire Népalais comme l'ont révélé quelques interpellations) attestent de l'insertion incontestable du Maroc dans la mondialisation des mobilités humaines. C'est cette réalité complexe, qui constitue à la fois un défi et une richesse, que cache la figure, largement médiatisée mais réductrice, du subsharien errant sur les routes, acculé à recourir à la charité publique ou s'attaquant régulièrement et en groupe, aux frontières des deux enclaves espagnoles. Actions inadaptées Face à cette situation historiquement inédite, les pouvoirs publics ont agi de manière ad hoc, par touches successives, sans que leurs initiatives ne soient conçues de manière globale et adaptée aux nouvelles réalités. En 2003, une loi sur l'entrée et le séjour des étrangers, l'émigration et l'immigration irrégulières était adoptée, suivie en 2007 de la signature d'un accord de siège avec le HCR, lui déléguant l'examen et l'octroi des demandes d'asile. Parallèlement, et avec le soutien de l'Union européenne, une politique de contrôle des tentatives d'émigration irrégulière a été mise en place, avec un réel succès comme en témoignent les chiffres d'interpellation et les nombreuses déclarations de satisfaction des divers pays européens. Le contrôle accru des frontières s'est accompagné de campagnes régulières de contrôles d'identité et d'interpellations dans les divers centres urbains ou dans les forêts avoisinant les enclaves de Sebta et Mellilia, suivies d'opérations de refoulement vers la frontière algérienne ou mauritanienne. Ces campagnes ont donné lieu à de nombreuses violations des droits des migrants en situation irrégulière (interpellation de réfugiés, violences et mauvais traitements, refoulements sans saisine de la justice, …), qui s'ajoutent aux violences de délinquants et de trafiquants des êtres humains et aux violations subies par les migrant-e-s pendant leur long parcours migratoire, parfois avant même leur entrée sur le territoire national. Les autorités arguent de leur droit de sanctionner l'entrée et le séjour illégaux, de combattre le trafic des êtres

humains et de lutter contre les tentatives -tout aussi illégales- de franchissement des frontières internationales et notamment avec les enclaves espagnoles. Elles avancent aussi parfois l'argument de la violence émanant des groupes qui organisent de telles tentatives. Rappels constitutionnels Sans contester sur le principe le droit des autorités marocaines à contrôler l'entrée et le séjour des étrangers et leur devoir de lutter contre les trafics des êtes humains, le CNDH estime que les pouvoirs publics ne peuvent, dans l'accomplissement de ces missions, se soustraire aux dispositions constitutionnelles en matière de droits humains et de droits des étrangers, aux engagements internationaux contractés en vertu de la ratification de l'ensemble des instruments de protection des droits de l'Homme et notamment, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention contre la torture, la Convention des droits de l'enfant, la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes, la Convention internationale pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles et la Convention de 1951 relative aux

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réfugiés. La dernière initiative a été la signature, en juin 2013, entre le Maroc, l'Union européenne et six États membres d'une Déclaration conjointe établissant le partenariat de mobilité. Partant de l'ensemble de ces éléments, le CNDH appelle les pouvoirs publics, l'ensemble des acteurs sociaux et les pays partenaires du Maroc à prendre acte des nouvelles réalités et à agir en commun pour l'élaboration et la mise en œuvre d'une véritable politique publique protectrice des droits, basée sur la coopération internationale et intégrant la société civile. En relevant un tel défi, le Maroc pourrait constituer pour de nombreux pays du Sud, confrontés à des problématiques similaires, un exemple bénéfique. Recommandations Partant de l'observation des nouvelles réalités migratoires internationales et de l'examen de la situation spécifique au Maroc, le CNDH émet une série de recommandations considérées comme un minimum portant sur 1. la situation des réfugiés et des demandeurs d'asile 2. les étrangers en situation administrative irrégulière

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3. la lutte contre la traite des personnes 4. les étrangers en situation régulière 12 recommandations en particulier s'adressent Au Parlement, invité à accélérer l'étude et l'adoption de projets de Lois destinés à parfaire le cadre normatif des flux migratoires Aux médias, invités à s'abstenir de diffuser tout message incitant à l'intolérance, à la violence, à la haine, à la xénophobie, au racisme, à l'antisémitisme ou à la discrimination envers les étrangers; promouvoir un traitement journalistique et des analyses équilibrées de l'immigration en mettant l'accent également sur ses aspects positifs; à combattre les stéréotypes et les discours négatifs sur la migration et à contribuer de manière active à la sensibilisation de la population contre le racisme et la xénophobie. Aux entreprises et aux organisations syndicales, concernant l'importance de l'accès à l'emploi comme facteur de réussite de tout projet migratoire, afin que cesse l'exploitation des migrants.


Élections municipales 2013

Un site web du bureau des élections : Jevotepourmaville.ca

Ce qu'il faut savoir sur le scrutin du 3 novembre

Le Bureau des élections de Montréal a lancé le 3 septembre 2013 son nouveau site web en prévision de l'élection municipale du 3 novembre 2013 : jevotepourmaville.ca. Véritable carrefour de l'information en ce qui a trait à l'élection, ce site web s'adresse à l'ensemble des électeurs montréalais et à toutes les personnes intéressées par le processus électoral et le déroulement de l'élection 2013. Proposant une présentation graphique soignée et épurée, le site offre un accès facile à l'ensemble de l'information disponible. De nombreux renseignements sont déjà présents sur le site qui sera régulièrement mis à jour d'ici l'élection du 3 novembre. On retrouvera dans les prochaines semaines des informations sur les candidatures, sur la localisation des bureaux de vote, sur le calendrier électoral, les mesures mises en place pour les électeurs ayant des limitations fonctionnelles, les besoins en personnel du président d'élection, etc. On peut déjà y consulter de nombreux renseignements et formulaires pour les candidats, des liens vers les lois pertinentes ainsi que

les résultats de l'élection générale de 2009 et des élections précédentes.

Dans les jours qui suivront la fin de la période de mise en candidature (le 4 octobre), toute l'information sur les candidats à la mairie de la Ville, aux mairies d'arrondissement et aux postes de conseillers de ville et d'arrondissement sera déposée sur le site web. Jevotepourmaville.ca sera aussi le lieu privilégié pour suivre l'évolution des résultats du vote tout au long de la soirée du 3 novembre. Personnel recherché La tenue d'une élection municipale à Montréal nécessite une armée de travailleurs : scrutateurs, secrétaires de bureau de vote, responsables de la vérification de l'identité des électeurs et bien d'autres fonctions. Les personnes intéressées à vivre cette expérience peuvent d'ores et déjà postuler en remplissant le formulaire en ligne sur le site web. Il faut être âgé d'au moins 16 ans et avoir un numéro d'assurance sociale

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pour poser sa candidature. Il s'agit d'un emploi rémunéré qui inclut aussi une période de formation. Le Bureau des élections En vertu de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités, le greffier de la Ville, Me Yves Saindon,

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est d'office président d'élection et, à ce titre, a la responsabilité de voir à la tenue de l'élection municipale conformément à la loi. Le Bureau des élections a pour fonction d'assister le président d'élection dans ses responsabilités. Source : jevotepourmaville.ca


Élections municipales 2013

Bannière commune pour Marcel Côté et Louise Harel

À Montréal, tous les candidats qui appuient la coalition de Marcel Côté devront se présenter sous la même bannière, lors des élections de novembre. Le parti Vision Montréal devra donc s'effacer le temps de la campagne, pour éviter toute ambiguïté auprès des électeurs.

étant donné que Louise Harel et son parti municipal, Vision Montréal, avaient annoncé qu'ils appuyaient la candidature de Marcel Côté dans la course à la mairie. Selon la loi actuelle, il n'est pas possible de présenter une coalition de partis politiques : cela aurait compliqué la situation entourant le financement électoral.

a expliqué M. Côté, en point de presse. Fait à noter, le parti Vision Montréal continue d'exister, a souligné Louise Harel. « Cependant, nous serons tous des candidats et des candidates de la Coalition pour Montréal Marcel Côté », a indiqué Mme Harel. Le candidat à la mairie Denis Coderre a critiqué la nouvelle bannière commune de ses adversaires politiques. Il a estimé que cette coalition n'est qu'une tentative de maquillage, qui permet à Vision Montréal de se partager l'est et l'ouest de Montréal. Par le passé, Vision Montréal n'avait pas pu s'imposer dans l'ouest de Montréal, plutôt anglophone. Une question de financement

Mme Louise Harel L'appellation « Vision Montréal », le parti de Louise Harel, ne sera donc pas visible lors de la campagne électorale municipale à Montréal, ni sur les bulletins de vote, ni sur les affiches. Tous ceux qui appuient Marcel Côté vont se présenter sous la bannière « Coalition Montréal - Marcel Côté ». La situation était complexe du point de vue légal

M Marcel Côté

« Comme avec la loi vient un ensemble de restrictions sur les dépenses, ça rendait nos communications presque impossibles. Par exemple, je ne pouvais aller assister, parler à une assemblée où la salle aurait été payée par Vision Montréal. Ça aurait été une dépense de Vision Montréal pour ma candidature »,

Denis Coderre a profité de l'occasion pour s'expliquer sur les révélations de La Presse Canadienne, selon lesquelles des individus et des entreprises nommés lors des audiences de la commission Charbonneau ont contribué à la caisse du Parti libéral du Canada dans la circonscription de Bourassa que représentait M. Coderre jusqu'à récemment. « Tout avait été fait dans les règles de l'art. Le financement politique fonctionnait comme ça. Puis des années plus tard, il passe dans une commission, ne me demandez pas ce qui va arriver dans dix ans », a déclaré M. Coderre. De son côté, Projet Montréal a dévoilé la liste de ses donateurs de plus de 100 $. Le chef Richard Bergeron exhorte les autres partis à faire de même. « Nous voulons savoir tout de suite qui finance Denis Coderre. Bien sûr, on a eu quelques informations cette semaine sur qui a financé Denis Coderre. C'est important de savoir qui le finance aujourd'hui », a lancé M. Bergeron. Denis Coderre et Marcel Côté promettent de dévoiler la liste de leurs donateurs comme l'a fait Projet Montréal, mais on ne sait pas à quel moment ils le feront.

M Denis Coderre

Partielle Fédérale dans Bourassa

La candidature d'Emmanuel Dubourg confirmée La candidature d'Emmanuel Dubourg dans la circonscription de Bourassa pour le PLC est confirmée L'ex-député provincial Emmanuel Dubourg défendra les couleurs Parti libéral du Canada (PLC) dans la circonscription fédérale montréalaise de Bourassa à l'occasion de la prochaine élection complémentaire. Sa candidature a été confirmée dimanche lors de l'assemblée d'investiture du PLC à Montréal-Nord. M. Dubourg, qui a démissionné de son poste de député libéral de Viau à l'Assemblée nationale afin de faire le saut sur la scène fédérale, tentera de

succéder à Denis Coderre.

La circonscription a été représentée à Ottawa par M. Coderre pendant 16 ans. Du côté du Nouveau Parti démocratique (NPD), quatre personnes ont déjà confirmé leur candidature à l'investiture du parti pour Bourassa, dont Stéphane Moraille, chanteuse pour le groupe Bran Van 3000 et avocate. L'ancien joueur de hockey Georges Laraque se présentera quant à lui sous la bannière du Parti vert du Canada. La date de l'élection partielle n'a pas encore été annoncée par le premier ministre Stephen Harper.

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M Emmanuel Dubourg

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Technologies

Des sites Internet qui posent problème…

Le Centre européen des consommateurs a établi un classement des sites web qui posent problème, en fonction des différentes réclamations qu'ils reçoivent. En tête de liste : vol24.fr, Infurn.com, ou encore différents sites de rencontres. Le Web de tous les risques Si les internautes deviennent des consommateurs de plus en plus assidus, le web devient de son côté un lieu où il peut être facile de duper les clients.

Révélé par RTL, un classement réalisé par le Centre européen des consommateurs - qui gère les réclamations des Français pour les sites dont le siège n'est pas basé en France - recense les sites où les problèmes se multiplient, et ne sont pas toujours arrangés… «La plupart du temps, nous arrivons à arranger ces litiges et à obtenir des remboursements des sociétés visées. Mais il arrive aussi que nous ayons des problèmes à joindre la société concernée» explique Bianca Schultz, directrice du Centre européen des consommateurs. «Et pour certaines sociétés, malgré toutes les plaintes, aucune amélioration n'est constatée pour satisfaire le client.» Voici les principaux sites concernés. * Réserver et voyager sur vol24.fr Le site de billeterie - hébergé en Allemagne - en ligne est en tête pour les problèmes de réservation. Plus de 400 plaintes ont déjà été recensées sur le site, principalement sur le paiement de la transaction. Certains consomma-

teurs se plaignent que le site vol24.fr leur indique ne pas avoir réussi à débiter le montant de la réservation sur leur compte bancaire alors que celui-ci est suffisamment approvisionné… Conséquence: des frais d'annulation de 100€ leur sont alors facturés, lesquels sont prélevés sans difficulté sur le même compte bancaire!

* Les sites de rencontres (be2, e-darling, e-dates) Faire des rencontres sur le web peut parfois coûter très cher! Le Centre européen des consommateurs a reçu plus de 500 réclamations pour des sites de rencontres basés à l'étranger comme e-darling, e-dates, ou be2. Cas de figure typique: sur e-dates, les clients pensent souscrire à une offre promotionelle de 15 jours à 4,90 euros, mais s'engagent en fait pour un forfait de 9 semaines, à 162 euros, renouvellé automatiquement. Tout cela à cause de conditions de ventes évasives et illisibles. Ensuite, se rétracter ou se faire rembourser est quasi impossible. * Le site télécharger.francais.com Malgré un nom de domaine bien français, le site de téléchargement (films, jeux vidéos) est basé à Chypre, avec un compte bancaire maltais. Le consommateur renseigne ses coordonnées afin de pouvoir accéder aux données téléchargeables , avant qu'on lui demande de payer un abonnement de 99 euros . L'utilisateur abandonne donc directement, mais il est ensuite relancé par mail par le site, qui lui annonce que son inscription a été confirmée, et lui

réclamant les 99 euros - majorés de 12 euros d'intérêts de retard pour chaque nouveau mail de rappel! * Le mobilier design chez Infurn.com Des réductions significatives, des «frais de ports gratuits uniquement aujourd'hui»… Il est facile de se laisser tenter par les offres du site Infurn.com basé en Espagne mais inscrit sur les registres du commerce en Angleterre! pour quinconque est à la recherche de mobilier design bon marché. Même si les promesses sont nombreuses, la réalité est toute autre: délais de livraison interminables, remboursements tardifs ou absence de remboursement… Les internautes ont été nombreux à se laisser surprendre par ce site aux apparences sérieuses. 439 internautes ont déposé plainte, dont 75% de Français.

Rumeurs de prison en chine La campagne contre les propagateurs de rumeurs sur Internet, qui fait rage depuis plusieurs semaines, a pris une tournure inattendue en Chine avec la publication lundi 9 septembre de nouvelles directives par la Cour suprême et le parquet, qui clarifient les limites à ne pas franchir. Ainsi des billets de microblogs constitués de “fausses informations” et dont l'impact est jugé “sérieux” car ils auront été “vus” plus de 5 000 fois ou retwittés plus de 500 fois : les auteurs seront jugés au pénal et encourent

jusqu'à trois ans de prison.

Un message diffamatoire ne peut donner lieu à des poursuites que si la victime porte plainte, précisent les directives. Excepté dans sept cas : quand la rumeur déclenche une manifestation de masse, une crise sociale, un conflit interethnique ou interconfessionnel. Ou quand elle nuit à l'image de l'Etat, aux intérêts nationaux et à l'image de la Chine à l'étranger.Autant dire que ces directives, entrées en vigueur dès mardi, ont suscité moult sarcasmes dans la blogosphère.

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Un internaute de Changsha a rediffusé sur Weibo la capture d'écran d'un quotidien local qui avait repris la “bavure” de l'agence Chine nouvelle (Xinhua) dimanche sur l'attribution des JO de 2020 à Istanbul et non à Tokyo. Les internautes se sont empressés de rediffuser l'information afin de dépasser le seuil des 500 “retweets”, pour mettre ainsi dans l'illégalité virtuelle l'agence Chine nouvelle, honnie pour sa langue de bois. Le professeur de droit He Weifang, l'un

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* Investissements Forex et Options Binaires Le CEC observe actuellement une recrudescence de publicités par internet ou téléphone qui proposent des placements «à haut rendement» dans les marchés de devises. L'Autorité des marchés financiers (AMF) met en garde les consommateurs tentés de placer leur argent dans des tels produits boursiers. Certains sites proposant ces services pas agréés. Ils ne sont par conséquent pas contrôlés par l'AMF ou des structures similaires dans d'autres pays européens et ne répondent pas aux obligations imposées par la loi pour garantir la bonne information des investisseurs et la sécurité des transactions. Source : Le Figaro.fr

des tribuns les plus actifs du Web sur les sujets liés au système judiciaire, a commis un message codé, doublé d'une pique contre les maoïstes, soit le courant le plus conservateur au sein du parti : le 10 septembre, a-t-il fait remarquer, est en Chine le jour des enseignants. Et c'est une date bien choisie, car elle tombe juste après le 9 septembre. Source : Le Monde


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Maghrébofolies 2013 Maghrébofolies 2013

5000 personnes en fête au Parc Villeray

La 4 eme édition des Maghrébofolies 2013 ont eu lieu au Parc Villeray sous un soleil radieux rappelant les couleurs lumineuses des pays du Maghreb. Près de 5000 personnes ont investis le parc pour visiter les différents stands et assister aux différentes activités offertes par des prestataires professionnels. Quant aux jeunes, ils ont confirmé une fois de plus qu'ils sont la première clientèle des Maghrébofolies, même si nombreux parmi eux sont arrivés en famille. Les enfants, très nombreux, se sont amusés

et ont profité des aires de jeux mis gracieusement à leur disposition par l'organisateur de l'événement, le Congres Maghrébin au Québec.

Étaient présents de nombreuses personnalités parmi elles la Mairesse de Saint Michel Villeray, Mme Anie Samson et Mme Mary Deros Membre l'exécutif de la Ville de Montréal. Nous avons approché M. Abdou Zirat , chargé de la communication du Congrés

Monsef Derraji, président du CMQ

«Faites entendre votre voix!»

Maghrébin au Québec qui croit que " les Maghrébofolies au parc Villeray, c'est le format idéal pour cet événement familial. À présent nous maitrisons parfaitement tous les aspects de l'organisation et sommes en mesure de réserver davantage de bonnes surprises à la communauté maghrébine et aux autres communautés que nous encourageons ,fortement, à

Anie Samson : «Ici, vous êtes chez vous!»

pour faire la différence. À la dernière élection municipale, la communauté maghrébine est allée voter massivement et cela a été pris en compte par les responsables politiques de tous bords.

temps, de leur isolement et rester au contact de leurs semblables. Quelle est votre opinion sur la proposition de la charte des valeurs québécoises du gouvernement du Québec ?

M Monsef Derraji Président du Congrès des maghrébins au Québec, Monsef Derraji est à ce titre, le chef d'orchestre des Maghrébofolies, dont la quatrième édition a connu un franc succès. Wahid Megherbi l'a rencontré sur le terrain. Entretien. Wahid Megherbi : Quels sont les objectifs des Maghrébofolies ? Monsef Darraji : Les Maghrébofolies est une fête familiale. Nous avions voulu que l'endroit choisi, le parc Villeray soit un espace de rencontres pour les familles qui n'ont pas souvent les moyens de payer des loisirs pour leurs enfants. Nous avons organisé les 3 précédentes éditions au Parc Jean Drapeau avec entrée payante. Cette année, nous avons offerts les activités et jeux à titre gracieux pour démocratiser ce genre d'événements pour qu'ils soient accessibles à toutes les catégories sociales. Nous avons donné, également, l'occasion à de jeunes artistes prodiges de se produire devant une assistance nombreuse. Ces jeunes pourraient débuter une carrière prometteuse. Je le leur souhaite. La participation à ce genre d'événements est- il un outil d'intégration dans la société d'accueil ? Ce sont des moyens utilisés pour rencontrer les membres de notre communautés et leurs permettre, aussi, de tisser des liens d'amitié entre eux. Il y a des personnes célibataires qui n'ont pas de familles. Ils peuvent s'extirper, pour un

 l'heure actuelle, je ne puis me prononcer sur la dite charte. Le gouvernement va déposer des orientations cette semaine. Le jour où nous aurons devant nous les dites propositions, le Congres Maghrébin du Québec (CMQ) rendra public sa position la dessus. Ce qui m'inquiète cette semaine, ce sont les deux sorties médiatiques de M. Bernard Drainville et Mme. Pauline Marois. Cette dernière doit être la première ministre de tous les québécois peu importe leurs origines. Je qualifie l'attitude de Mme Marois de stupidité intellectuelle. Affirmer qu'une femme avec un voile est une femme soumise est une preuve que cette dame ne comprend rien à la question du voile. Pensez-vous que le modèle du Multiculturalisme nuit à l'intégration des maghrébins au Québec? Le modèle du Multiculturalisme respecte la diversité du Québec et respecte les gens qui font partie du Québec. Si Mme Pauline Marois voit ce modèle comme une menace qu'elle reste dans son siège en le voyant comme une menace. Elle a ouvert les hostilités. Qu'elle s'assume. Quel est votre message pour les Citoyens d'origine maghrébine qui ne votent pas ? Je pense que, plus que jamais, nous devons nous engager. Si on ne s'engage pas, on va récolter notre absence de la scène. On doit s'engager à tous les paliers de la politique, municipal, provincial et fédéral. Nous devons adhérer à tous les partis. Nous devons, surtout, s'inscrire sur les listes électorales et aller voter, en masse le ou les jours J. Maghrébins, faites entendre votre voix. Propos recueillis par Wahid Megherbi

venir fêter avec nous" " Les Maghrébofolies, une fête pour tous les Montréalais" a conclu M.Zirat . Wahid Megherbi

Mme Anie Samson Mairesse de l'Arrondissement Saint Michel Villeray - Parc Extension, Anie Samson était dons l'hôte de la quatrième édition des Maghrébofolies. Par coix, dit-elle; Un choix qu'elle explique dans l,entretien ci-après, accordé à W. Megherbi. Wahid Megherbi : Pourquoi avoir choisi d'accueillir les Maghrébofolies dans votre Arrondissement de Saint Michel Villeray Parc Extension? Anie Samson : C'est tout à fait normal que cela se passe chez nous .On est l'arrondissement qui regroupe le plus de Maghrébins à Montréal. On a une communauté maghrébine extrêmement importante dans mon Arrondissement et cela est une fierté. On leur dit vous êtes chez vous ici. Restez ici. C'est tout à fait normal que les Maghrébofolies se tiennent à Saint- Michel Villeray. La tenue des Maghrébofolies a eu lieu au moment où le Gouvernement du Québec annonce une proposition de Loi sur une Charte des valeurs québécoises. Quelle est votre position la dessus? Elle n'a pas encore été déposée officiellement au moment où je vous parle. C'est difficile de se positionner pour ou contre .La seule qu'on pout dire c'est qu'on est à Montréal. On est clairs avec l'équipe Coderre. On est pour une Laïcité ouverte inclusive. Une laïcité des Institutions et non des personnes. Quel est le message, votre message, aux Maghrébines et Maghrébins qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales et qui ne se rendent pas aux urnes ? La première des choses c'est de s'inscrire sur la liste électorale. Le devoir de tout citoyen, Montréalais surtout, c'est d'aller voter. Parce que voter va faire entendre leurs voix. S'ils choisissent de ne pas aller voter ils vont être exclus .Ils feront pas partie du débat .Ils ne participeront pas à l'amélioration de leur qualité de vie et de leur quartier. On leur donne le droit d'aller voter. Je trouve ça péché de ne pas aller voter .Cela permet aux personnes de dire ce qu'elles pensent, ce qu'elles veulent pour leur quartier. Après le vote, c'est trop tard pour se plaindre. C'est une opportunité de choix, surtout cette année,

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Quels sont les objectifs principaux que le Candidat Coderre voudrait atteindre s'il est élu Maire de Montréal ? Il travaillera avec son équipe pour le bien de la population. On va travailler sur les gens. On veut rendre la ville Intelligente. On voudrait permettre d'avoir du Wifi un peu partout dans la ville de Montréal et l'offrir dans nos institutions municipales pour permettre à nos concitoyens de surfer, gratuitement, sur internet à la quête des informations dont ils ont besoin. On voudrait faire de Montréal une ville du 21eme siècle. ll faudra, également, redonner de la fierté à Montréal. Après tout ce qu'on a vécu lors des scandales révélés par la commission Charbonneau, il faut qu'on mette en place des façons de faire qui vont permettre d'avoir une transparence. Les maghrébins ont de la difficulté à se trouver un travail qui corresponde à sa formation. On ne pourrait demander à un Médecin ou un Ingénieur Informaticien d'aller travailler commis dans une manufacture. Cela est un non-sens économique. Est-ce que votre équipe du candidat Coderre a programmé des Initiatives pour permettre à cette gent maghrébine hyper diplômée de trouver du travail, chose qui est difficile pour eux dans la province du Québec? Actuellement, il y a des quotas dans la ville de Montréal pour embaucher des candidats issus des minorités visibles. Ces objectifs n'ont pas été atteints lors du mandat du Maire Tremblay. Nous allons favoriser l'embauche des gens issus des communautés .Ils ont droit d'avoir leurs place s'ils ont les capacités et compétences nécessaires. Nous allons, également, demander aux compagnies qui font affaire avec la ville d'avoir un programme d'embauche qui permettrait à tout le monde d'avoir sa chance de trouver un emploi digne. On pourrait faire des pressions au niveau du gouvernement pour la reconnaissance des diplômes obtenus à l'extérieur du Canada. Je peux vous dire que si Montréal parle, Québec nous écoutera surement et voudra travailler avec nous pour trouver des solutions. C'est la communauté maghrébine qui souffre du plus haut taux de chômage au Québec. Cela est inacceptable, nous y remédieront. Je vois des gens qui ont choisi le Canada pour faire leur vie et ne trouvent pas le travail qui leur convient. Cela me révolte. Savez-vous que vous êtes la première personnalité politique au Canada à m'avoir accordé une entrevue et qui m'avez donné la chance de commencer une carrière dans le monde des medias? Je suis contente de le savoir et je continuerai sans relâche à faire en sorte que toute la place sera donnée aux minorités visibles qui veulent s'investir et faire de notre ville Montréal, un espace où il fait bon vivre.

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Cultures Jusqu' au 14 septembre

Le 2e Festival Flamenco de Montréa

Présenté pour une deuxième année au cœur du quartier Mile-End, le Festival Flamenco de Montréal 2013, dirigé par Benoît Bigham, propose une programmation qui saura plaire autant aux connaisseurs de flamenco qu'au grand public.

« Le Festival Flamenco de Montréal a été conçu pour faire connaître le flamenco, un genre artistique qui suscite un engouement croissant dans de nombreuses villes du monde où plus d'une centaine de festivals lui sont consacrés chaque année, explique la porte-parole de l'événement, la compositrice et guitariste flamenco de réputation internationale Caroline Planté. Fille de Marcel Planté, dit « El Rubio », guitariste flamenco et pionnier du genre au Québec, Caroline Planté est directrice musicale de la compagnie de danse madrilène Cruceta Flamenco depuis 2005. En plus de s'être produite sur plusieurs scènes du Canada, des États-Unis et de l'Espagne, elle a notamment fait paraître l'album 8REFLEXIONES en 2010. La programmation . Le 11 septembre à 20 h, la formation Las Comadres, un groupe de flamenco qui réunit des artistes bien connues de la scène locale, présentera le spectacle 3X4. Seront réunis sur la scène du Cabaret du Mile End (5240, av. du Parc) les danseuses et chorégraphes Julie Fontaine, Sabrina Kulenovic et Delphine Mantha, ainsi que le chanteur José Lumbreras, dit « El Chele », et le guitariste Benjamin Barrile.

. Le 12 septembre à 20 h au Théâtre Rialto (5723, av. du Parc), de l'Espagne, le chorégraphe et danseur El Junco, le compositeur et guitariste Oscar Lago, le chanteur Matias Exposito, dit « El Mati », et le percussionniste Nacho Lopez offriront D'ArT en première nordaméricaine. . Le 13 septembre à 20 h au Cabaret du Mile End, Caroline Planté et la chorégraphe et danseuse Rae Bowhay s'uniront pour présenter Sello, en compagnie des chanteurs Felix de Lola et Marco Marin, du percussionniste Miguel Medina et du bassiste Bob Benson. La programmation comprend aussi un récital de chant offert le 7 septembre par le Sévillois Felix de Lola et le Torontois Nicolas Hernandez, ainsi qu'un spectacle de Triana Project, une formation de Toronto qui regroupe musiciens, chanteurs et danseurs, le 9 septembre à la Casa del Popolo (4873, boul. Saint-Laurent). Le 10 septembre, le chanteur et danseurmontréalais José Luis Pérez présentera Como Nieva au Snack'n Blues (5260, boul. SaintLaurent). Une nouveauté s'ajoute cette année au Festival Flamenco de Montréal, qui tiendra le ***LE 14 SEPTEMBRE*** une journée flamenca sur la rue Bernard : connaisseurs et néophytes seront invités à prendre part à cette journée où une foule d'activités gratuites et interactives seront proposées. Ne manquez pas

également de faire un détour au Dépanneur Café (206, rue Bernard O.) qui sera l'hôte, du 6 au 14 septembre, d'une exposition de photos flamencas

L'immigration en dehors des sentiers battus Plusieurs des auteurs seront présents lors de la présentation. Le premier ouvrage rend compte d'une réflexion collective entre chercheurs et partenaires institutionnels et communautaires sur les questions d'immigration dans les régions du Québec et sur les stratégies mises en œuvre par les collectivités locales pour accueillir et intégrer les nouveaux arrivants. Les recherches présentées ici ont été menées dans une même orientation de saisir les articulations entre les collectivités d'accueil et les trajectoires des migrants. Le dialogue entre partenaires s'illustre au travers de textes de recherche, de pratique et de réflexion critique qui se répondent pour enrichir les savoirs collectifs et améliorer les politiques et pratiques. Ce travail cumulatif des savoirs a été développé dans le cadre du Centre Métropolis du Québec.

Sera également présenté le numéro 37 de la Revue des Cantons de l'Est/JETS, publié à l'Université Bishops, intitulé : « Les diversités au cœur de la recherche interculturelle : harmonies et dissonances » et édité sous la direction de Michèle Vatz Laaroussi et Claude Charpentier. Ce numéro rend compte de cinq textes présentés dans le cadre du congrès 2011 de l'Association internationale de recherche interculturelle, ARIC, en juin 2011. Ces textes portent sur la diversité culturelle dans les Cantons de l'Est et sur ses effets dans les domaines de l'éducation, des religions, des relations entre communautés et des interactions entre citoyens. Une discussion suivra la présentation des deux ouvrages et un cocktail sera servi. Cette présentation publique est effectuée dans le cadre du groupe Voies vers la prospérité/P2P et du Réseau international de recherche sur l'immigration en dehors des grands centres. Info : http://voiesversprosperite.ca/

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Info : www.fflam.org

Arts visuels

Livres

Deux ouvrages portant sur l'immigration en dehors des grands centres, parus au printemps 2013, seront présentés le 12 septembre 2013 à partir de 16h30 à l'Agora du Carrefour d'information de l'Université de Sherbrooke

de Luma Brieuc.

La Francophonie des Amériques en vidéo Aujourd'hui plus de 33 millions de francophones et de francophiles vivent dans les Amériques. Dans des communautés parfois isolées, l'héritage français résonne avec ses multiples accents. Des rives de l'Acadie et du Saint-Laurent jusqu'aux Prairies de l'Ouest canadien, en passant par la NouvelleAngleterre, la Louisiane, les Caraïbes ou le Brésil, le français en Amérique continue de vibrer, de s'affirmer… bref de nous inspirer à travers le continent. Surprenez-nous ! Que vos élèves/étudiants produisent une vidéo nous dévoilant les multiples facettes d'une communauté francophone des Amériques à travers ses par-

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ticularités, son héritage, son identité, ses accents, ses artistes et ses artisans... Séduisez-nous !... Vous avez jusqu'au 13 décembre 2013. Pour qui ? Enseignants et professeurs des Amériques œuvrant en français. Nouveauté : Le prix du public. Une bourse supplémentaire de 3 000 $ CAN sera octroyée à la vidéo ayant reçu le plus de votes du public. Renseignements : www.francophoniedesameriques.com/ anime


Sports

Le Maroc aura bientôt son équipe de football… américain

On ne verra pas les lions de l'Atlas au Mondial brésilien de football en 2014. En revanche il pourrait y avoir une équipe du Maroc en Suède en 2015, pour la Coupe du monde de football… américain.

Première sortie internationale, et premier succès pour l'équipe du Maroc de football américain. C'était le samedi 7 septembre, en Suisse, contre les Neuchâtel Knights, club local. Les Lions de l'Atlas version foot US se sont imposés sur le score de 14 à 0. Une première réussie donc, pour la jeune équipe, mais aussi pour l'American Football Morocco (AFM), en passe de s'ériger en fédération nationale de la discipline au Maroc. Ahmed Ben El Cadi, président de l'association, contacté par nos soins, estime que ça a été «une grande réussite du point de vue sportif, mais aussi une grande victoire d'avoir pu réunir tout le monde, et de disputer ce match dans un grand stade». La sélection, composée essentiellement de joueurs évoluant aux quatre coins de l'Europe (France, en Espagne, en Belgique, en Allemagne…), a disputé en Suisse son premier match avec des règles professionnelles. Au mois de juin, elle avait effectué un tournoi de rodage à Marseillan, d'où elle avait ramené 2 victoires, et s'était classée 7e sur 12. Le Mondial 2015 en ligne de mire La victoire face au Knights a ainsi décuplé la motivation d'Ahmed Ben El Cadi, dont l'objectif ultime est de faire

représenter le Maroc à la Coupe du monde de Football américain qui se tient en Suède en 2015. Mais l'homme sait aussi que le chemin jusqu'à Stockholm est encore long. Même si elle est connue comme une équipe du Maroc américain, la sélection n'est pas encore habilitée à représenter officiellement le Royaume. «Nous devons d'abord nous constituer en fédération, et avoir la reconnaissance du gouvernement marocain, puis celle des instances internationales de la discipline », nous explique le président d'AFM. «Nous avons démarré les discussions avec le ministère des Sports», poursuit-il. La fédération marocaine de

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football américain et l'équipe nationale de la discipline devraient être officiellement reconnues. Après la bataille administrative, il sera question de préparer l'équipe pour son grand défi, le Mondial suédois. «L'objectif est de faire d'autres matches amicaux avant de pouvoir nous frotter à d'autres nations. Au niveau du continent, nous sommes parmi les pionniers du foot US». Développer la discipline Pour l'instant les rangs de la future équipe nationale du Maroc de foot américain se composent essentiellement

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de joueurs évoluant en Europe, mais l'autre grand chantier de l'American football Morocco est de promouvoir cette discipline au Maroc. Depuis janvier, deux clubs ont ainsi vu le jour à Rabat et Casablanca. La logistique encore précaire (pas de terrain adéquat, manque d'équipements…) est largement comblée par l'enthousiasme des joueurs. Après tout ne dit-on pas qu'avec de la volonté est une force qui déplace des montagnes ? Source : 24hinfo.ma


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Journal de la communauté arabe du Canada

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