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Cendres de cailloux une pièce de Daniel Danis mise en scène par Mathieu Dietsch avec la compagnie « Rêves Résiduels »

Des Cendres de cailloux au bord des lèvres… Pourquoi du théâtre ? Faire vivre l’intensité du rêve sur scène. Un temps éphémère où les conventions du réel laissent la place à celles de la représentation. Le théâtre comme un miroir déformant, reflétant l’intérieur de nous-même, l’intérieur de nos cris, cris d’injustices qui nous entourent, cris de passions qui nous habitent, murmures d’amour ou de complots… Tout ce qui nous rend à la fois sombre et lumineux se retrouve dans le théâtre, prenant forme sur scène, grâce aux jeux des acteurs. Pourquoi s’appeler « Rêves Résiduels » ? Il ne s’agit pas du rêve comme d’une fuite de la réalité, mais plutôt comme d’un rêve qui se veut une exploration des frontières de nos pensées, de nos conceptions, de nos préjugés. Il s’agit de se décentrer d’une prétendue vérité intangible, universelle et fondamentale pour entrer dans un univers qui n’a pas peur d’abandonner ses propres conceptions. Le rêve est ce choix poétique du risque, de l’inconnu, du nouveau. Le nom « Rêves Résiduels », à cause de cette empreinte que le rêve laisse quelquefois sur notre perception du monde. Comme lorsque notre vision s’altère après avoir été ébloui. Le rêve comme choix poétique, afin de nous rappeler que ce qui compte n’est pas ce qui est déjà connu, mais ce qui reste à découvrir. Nos vies ne doivent pas se limiter à une fonction de travail ou à une image imposée par la société, mais elles doivent au contraire dépasser toutes contraintes mentales que l’on pourrait leur

imposer, c’est pourquoi le rêve comme choix poétique est une composante du projet artistique de la compagnie « Rêves résiduels ». Pourquoi Cendres de cailloux ? On ne peut pas toujours expliquer (et c’est tant mieux), comment les choses avancent dans et autour de nos vies… La rencontre avec Cendres de cailloux s’est faite lors de mon séjour universitaire au Québec en 2007. J’étais parti pour étudier l’œuvre de l’auteur Daniel Danis. Son écriture était captivante, proche de nous mais en même temps gardant une dimension mystérieuse. Au-delà des différences linguistiques entre la France et le Québec, son écriture semblait tout à la fois ancrée dans la nature tout en restant profondément humaine. Par « hasard », il se trouve que cette année-là, une compagnie montait Cendres de cailloux à l’université Laval. J’ai eu la chance de pouvoir jouer dans une mise en scène de Cendres de cailloux par Eva Saida. Depuis, je n’ai jamais pu oublier cette pièce. J’ai aimé la force des personnages. Ils sont en quelque sorte bloqués dans cette histoire. Ils ne vivent que pour elle, ils en sont d’autant plus beaux et tragiques. La pièce raconte cet enchevêtrement de vies, si intenses, ayant tellement vécu, tellement souffert, tellement aimé. Un bouquet d’émotions, de désirs, de joies, de folies, de peines et d’amours, porté par l’énergie invisible du rêve et de l’étrange. Mathieu Dietsch


le corps criait. « Je suis venu à l’écriture parce que

En connexion avec les autres éléments de la nature, je le sentais traversé d’images qui faisaient sens, des images qui s’imprimaient dans ma chair, dans mes cellules, et parfois s’y enflammaient. J’ai cru longtemps que c’était mon cerveau qui guidait ma main, je sais maintenant que ma langue est dans mon pied, parce que c’est lui qui touche le sol et me relie à la terre-mère. » Daniel Danis


La planète est en train de vivre un mauvais quart d’heure. Tiens bon, Coco les temps nouveaux arrivent. C’est toujours comme ça dans les

fins de siècle.


À l’automne on monte dans le bois pour la chasse à l’orignal. On tue toujours

de la viande à saveur des bois.


Des sentiers de chasseurs qui se rendent au bout du monde disent les Indiens des terres perdues.

I faisait une chaleur à faire vomir les chiens. ]’voulais m’éventer l’esprit et le corps. ]’aurais voulu être une passoire. De champ en champ je me dirigeais vers les sentiers infinis. Je suis entrée dans le sous-bors d’érables. La fraîche.


Perdre

sa femme la tĂŞte


Si tu vois cet animal en toi faut l’apprivoiser. Va à la chasse dans le bois des rêves. Prends du petit gibier. Ton animal saura trouver le chemin pour aller manger ce que tu auras pris. Mais, dès que tu pourras faudra le tuer parce que, si un jour dans la forêt de tes rêves Y avait plus d’animaux ou que le bois prenait en feu et que ton animal était rendu gros et grand il te mangera la cervelle d’abord ton cerveau après. Faudra le tuer si tu ne veux pas crever de ses crocs. Le grand-père avait raison. ]’aurais dû.

Ma forêt est rasée, brûlée.


Artbook conçu et réalisé par Nicolas Brobecker – tous droits réservés.


Cendres de cailloux