Issuu on Google+

couleur & sexe

...vu de l’atelier


bleu layette

bleu petit marin

blanc crème

rose poupon

jaune poussin


Naissance

Pendant des siècles, bébé et ses langes - survivance d’une prononciation ancienne de «linge» - sont indissociables d’un emmaillotement serré de bandelettes de couleur naturelle ou écrue, épinglées sur l’enfant. A partir du XVIIIe siècle, les langes sont majoritairement blancs, avec l’arrivée du coton. Et le blanc s’impose car, par hygiène, le linge est bouilli et décoloré. Le blanc est donc la couleur du nouveau-né. De façon symbolique, le blanc est une couleur de pureté et d’innocence, au sens d’absence de péché. Le blanc virginal est aussi une couleur neutre, asexuée, le bébé étant considéré à l’époque, plus comme un objet qu’une personne. En allemand, l’article neutre du mot bébé (das Baby) garde les traces de cette absence de sexualisation du nouveauné, de son indétermination de genre. Le blanc et le rose sont employés jusqu’aux années 1910 indifféremment pour les garçons et les filles. La différenciation sexuelle par la couleur s’affiche progressivement au début du XXe siècle, et réserve après la première guerre mondiale le rose aux filles et le bleu aux garçons. Cette association couleur et genre s’affirme de façon marquée à partir des années 1940, sous Pétain, grand théoricien de la couleur des genres et de la fête des Mères…

rose girly

peau blanche

rose fille

rose malabar

rose Barbie

blanc-manger


Baptême

Le jour de leur baptême, les nourrissons sont présentés à l’église, enveloppés du châle de leur mère ou d’une couverture de couleur blanche. Selon certaines coutumes et divers folklores français, on y appose un petit ruban pour différencier le sexe de l’enfant : rouge ou rose pour les garçons, blanc ou bleu pour les filles. Cette tradition subsiste dans certaines régions de Belgique où les garçons sont toujours habillés de rose et les filles, de bleu… La tradition en remonte au Moyen Âge. Le bleu est plutôt féminin, à cause du manteau de la Vierge, tandis que le rouge symbolise le pouvoir et la guerre, plutôt masculin. L’iconographie religieuse montre, quant à elle, un Christ à la tunique rouge recouverte d’un manteau bleu, le bleu du renoncement et du détachement des valeurs du monde terrestre recouvrant le rouge de la passion et de la souffrance. Pour revêtir les enfants d’une couleur religieuse, ce couple fondamental rouge/bleu foncé est décliné assez logiquement dans sa version rabattue, plus douce, plus enfantine, rose/bleu clair, Ce n’est qu’à partir du XVIe siècle que les valeurs du couple s’inverseront : le bleu, plus discret, deviendra masculin, tandis que le rouge, symbolisant la vie, devient féminin.

queue de vache bouton de rose couleur de feu

catleya pelure d’oignon


Enfance

Ce sont évidemment des motifs religieux qui expliquent, du XIXe au début du XXe siècle, le respect par les familles catholiques de la pratique des enfants bleus. De leur naissance jusqu’à l’âge de 7-8 ans, les enfants n’étaient habillés que de blanc et de nuances de bleu, du bleu ciel au bleu marine. Ces enfants que l’on voue au bleu et au blanc ne sont donc pas encore complètement genrés. Asexués, n’appartenant pas encore tout à fait au monde, ils étaient donc censés pouvoir répondre plus aisément à l’appel de la Vierge. Cette pratique, ressentie aujourd’hui comme funèbre, se justifiait par le taux important de mortalité en bas âge. On habillait les enfants de bleu et de blanc pour les placer sous la protection de la Vierge Marie. Et les garçons, apparaissant comme plus précieux dans la lignée familiale, étaient en priorité concernés par cette protection… Si les baby-boomers grandissent dans le stéréotype de ces couleurs sexuées, les années 1960 et le féminisme remettront en question cette mode, en marquant le retour des vêtements neutres... Jusqu’au milieu des années 1980, le blanc, le jaune poussin, le gris auront leur heure de gloire. Fin du XXe siècle, la situation change à nouveau. Tout d’abord, parce que la possibilité de connaître le sexe de son enfant poussa les parents à des achats vestimentaires ciblés. Ensuite, parce que certaines femmes ayant grandi dans les années 1980 sans pouvoir porter de rose, jouer à la Barbie et affirmer leur féminité, rejetèrent à leur tour le look unisexe pour leurs propres enfants... Retour de balancier.

auréolin

éburné

rose sillon

cuisse de nymphe émue

cerise

rose nacre


Adolescence

Premiers émois de l’adolescence, éveil des sens, explorations de la sentimentalité, premières expériences de sexualité, la couleur de l’adolescence passe incontestablement par le rose sensuel, nacré et insouciant du toucher et de la peau. Le rose pastel d’un âge où tout est érotique, érotisé et tendre encore est aussi le rose de son corps et du corps de l’autre. Cet érotisme juvénile et charnel est raccord avec les spécificités du corps adolescent, qui convient aux deux sexes, un corps caractérisé par l’inachèvement, la similarité. La découverte des amours adolescentes a comme attirance, le semblable, ce qui ne fait pas peur. Le couple enfantin est androgyne et confond fraternité et amitié, baiser et accolade. Ces corps souples et soyeux sont l’incarnation de la beauté parfaite, asexuée, pure et intacte, juste avant l’achèvement de la métamorphose des corps et les décalages, la croissance, la puberté et, selon le sexe, la barbe ou la pointe des seins. La désunion peut être causée par l’amour même, l’épuisement du désir, du corps, du fantasme ou du temps que de trop jeunes amoureux ne savent apprivoiser. Les premières peines de cœur font aussi partie de la découverte de la vie amoureuse mais les peines sont aussi légères et éphémères qu’un souffle de rose.

blanc perle

coton blanc

grenade

buisson d’églantine

portail d’ivoire


Mariage

La couleur de la robe de mariée est une grande convention sociale d’un grand moment de la vie, qui évolue bien entendu avec les époques et avec les continents. A l’instar de la Chine éternelle, la robe des mariées en Occident est rouge, rouge sang, rouge vie… jusqu’aux années 1840, date à laquelle la reine Victoria lance fugacement la mode du mariage en blanc. La mode repasse au noir à la fin du XIXe siècle, pour définitivement se fixer au blanc dans la première moitié du XXe siècle. Si le mariage se fait désormais en blanc en Europe et dans les pays où s’étend son influence, le mariage a pour vocation de ne pas rester blanc. Un mariage blanc est un mariage basé sur un libre consentement par lequel les époux mentent sur leurs intentions qui ne sont pas amoureuses, mais souvent l’objet d’une négociation ou d’un contrat. Pour toutes les raisons symboliques reconnues, un mariage blanc n’est donc pas consommé… Plus pernicieux, un mariage gris colore un mariage de tromperie entre époux, dans le but d’obtenir un permis de séjour, une nationalité, un avantage social, fiscal ou professionnel. Conjurons vite le sort avec le mariage bleu. Porter discrètement du bleu en accessoire, comme un mouchoir, par exemple, est censé apporter fidélité et pureté dans son couple. Mariage bleu, mariage heureux !

rose coquille

pot de miel

rose shocking

berlingot

couleur de peau


Vie Adulte

Une étude anthropologiste menée en avril 2012 par l’Université du Kent testait une théorie sur la couleur idéale des lèvres de femmes. Pour de nombreux biologistes évolutionnaires –et peut-être aussi pour certains couturiers et fabricants de maquillage– les hommes trouvent la couleur rouge particulièrement stimulante. Elle leur rappelle, à un niveau enfoui et à l’échelle de l’évolution, la façon dont les organes génitaux d’une femelle rougissent quand sa réceptivité sexuelle est maximale, sans doute juste avant l’ovulation. Ces effets visuels du rouge subsisteraient toujours dans le cortex de l’homme moderne. En 1966, les sexologues Masters & Johnson, pionniers de la discipline, se demandaient déjà si l’attrait du rouge dans la réponse sexuelle n’était pas une conséquence de la signalisation du pic de fertilité des femmes, leur ovulation cachée et, la plupart du temps, leur sexe caché. Bref, à travers toutes les cultures, les hommes trouvent les femmes plus attirantes lorsqu’elles sont habillées de rouge, portent du rouge, apparaissent sur un fond rouge… ou ourlent leurs lèvres de rouge. Rouge baiser, rouge passion... Le rouge est donc clairement la couleur sexuelle par excellence, celle de l’érotisme, de l’amour charnel et du désir exacerbé.

rose chair

vert tige

rosâtre

mastic

rubis craquette

fruit de la passion


Rose Rose! !

Saumon Fuchsia Malabar Magenta GĂŠranium...


Sexe et sexes

On savait le bleu, la couleur préférée des occidentaux, il est aussi la couleur préférée des deux sexes, sans distinction, si ce n’est en proportion : 57% des hommes contre 35% des femmes. Beaucoup plus segmentant, le violet est la seconde couleur préférée des femmes (23%) alors qu’aucun homme ne l’apprécie. Et c’est dommage ! Selon une récente enquête, 36% des femmes ont accepté un rendez-vous avec un homme qui portait une chemise violette. Viennent ensuite les messieurs en noir (32%), en blanc (13%), en bleu (11%) et en rose (6%). Et quand on parle d’attirance et de dégoût, les couleurs les moins appréciées sont le marron puis le violet pour les hommes, l’orange pour les femmes. Information moins étonnante car elle est le résultat d’une éducation sexuellement orientée en ce qui concerne la couleur, ce sont les hommes qui préfèrent les couleurs vives et saturées, alors que les femmes préfèrent les teintes douces et pastel. Le camion de pompiers et la poupée sont passés par là… Les hommes sont les plus nombreux à aimer les couleurs achromatiques telles que les noir, blanc et gris. En revanche, les femmes possèdent plus de connaissances et plus de sensibilité en termes de détermination de la couleur. Ce qui est tout simplement rose pour un homme sera en réalité saumon, fuchsia, malabar, magenta ou géranium pour les femmes. Encore une fois, en termes de couleurs, ce sont les hommes qui en parlent le mieux…

petit gris

bande jaune

pomme d’amour

couleur de chair tendre

auburn


châtain clair

brun fourrure

crinière fauve

noisette

vert angélique


Sexe attitude

Il en va de la couleur et du comportement. Chaque couleur diffuse une énergie propre et influence l’humeur, l’envie, le désir. Cela, on peut le comprendre ou le concevoir. En poussant un peu plus le bouchon, certains s’amusent à penser que la couleur induit une attitude face à la sexualité et qu’il est judicieux d’accoler un penchant pour une couleur avec une personnalité sexuelle directement en rapport ! On vous fait grâce des détails de cette littérature un peu cucul, mais comme tout le monde s’est déjà fait prendre au moins une fois à lire son horoscope, on résume la tendance par un seul adjectif et on gagne du temps ! On tente le coup ? Détachez vos ceintures…


queue de renard

prune de Monsieur

rouge torride

noir dĂŠsir

jaune cocu


Sexe et décoration

Les poncifs continuent à poncer de plus belle et il semble difficile de faire évoluer les mentalités lorsque l’on évoque les couleurs : certaines sont définitivement classées comme féminines, d’autres, masculines. Cette répartition entre les sexes semble clairement établie et surtout, immuable. C’est une erreur, et les nouvelles utilisations du rose ont récemment fait bouger les frontières… Avec le sport, l’automobile, la décoration intérieure, la mode, le rose est aussi devenu viril, un rose viril, un rose mec très affirmé et sans ambiguïté. Autre poncif qu’il faut détruire, celui de la couleur de la chambre à coucher. Envolés les poncifs de lupanar rouge, de bordel rutilant, de chambre écarlate. Exit le rouge triomphant des maisons closes ! Selon une enquête britannique effectuée en octobre 2012 auprès de 2.000 adultes et rapportée par le Daily Mail, la couleur de la chambre aurait une influence certaine sur la fréquence des rapports sexuels. Et dans ce registre, le mauve en décoration ouvre la voie du 7e ciel et garantit plus de sexe en chambre ! En moyenne, les couples qui ont des murs, des draps ou des meubles mauves dans leur chambre à coucher font 3,5 fois plus l’amour par semaine que les autres. Le rouge est bien placé (3,18), tout comme le bleu clair (3,14), le rose (3,02) et le noir (2,99). Parmi les couleurs les moins aphrodisiaques, on notera que les couleurs neutres calment toutes les ardeurs : blanc (2,02), beige (1,97). Le gris (1,80) remporte la palme, véritable éteignoir de la passion amoureuse.

bleu iris

rose Schiaparelli

rouge baiser

rouge passion

rose cochon


purpurin

lapin rose

bleu bite

gorge de pigeon

ventre de biche


Sexe et perversions

On a toujours et depuis longtemps prêté à la danseuse, sujet de nombreux fantasmes depuis la bayadère et l’hétaïre, une réputation de femme légère, voire facile. Elle est à l’origine de l’expression «ballet rose» utilisée pour désigner des orgies sexuelles organisées par des adultes aux dépens de jeunes filles, généralement des danseuses «protégées» par des personnalités qui les regroupaient en ballets intimes pour des fêtes sexuelles. En 1959, une affaire de mœurs défraya la chronique en France puisqu’elle compromettait le président de l’Assemblée Nationale dans ce que la presse appelait, selon sa tendance politique, une partie fine, des ballets licencieux ou des séances de strip-tease. En clair, une partouze. Les «nymphettes» âgées de 13 à 20 ans étaient au cœur des ébats parlementaires. L’affaire dite des «ballets roses» évoqua donc des soirées chorégraphiques à laquelle les libations donnèrent un caractère de dépravation, avec détournement de mineures, implication de notables dans de respectables appartements parisiens. Les ballets roses eurent leur pendant de ballets bleus. On ne sait si on y pratiquait la coloration d’autres dérives sexuelles carabinées : le déguisement, du blanc de l’infirmière au bleu marine de l’écolière, le rouge et le noir du sadomasochisme, le jaune des golden showers, le rose et le rouge de la fessée ou le noir du bondage…


Monde animal

Les animaux déploient une multitude d’ornements pour séduire un partenaire sexuel et se reproduire. C’est le souvent le mâle qui déploie ses meilleurs atours pour séduire la femelle, et les arguments de séduction sont nombreux : couleur, motif, chatoiement, danse nuptiale, odeurs, cris et chuchotements. Considérés comme des ornements esthétiques, ils sont aujourd’hui reconnus pour leur valeur indicatrice et héritable de la qualité individuelle. Leur fonction est ainsi de signaler la qualité du partenaire et ses talents de reproducteur. Ces signaux de parade, d’une extrême diversité dans le monde animal, ce sont les mâles et leurs habits qui les portent pour s’investir dans l’attraction d’une ou de plusieurs femelles. Pelage, plumage, robe, fourrure, apparence, tout est en beauté pour persuader les femelles de s’accoupler. Cette asymétrie est la simple conséquence d’une différence majeure entre les sexes. Commune à tous les animaux, elle concerne leurs cellules reproductrices, ou gamètes. Les mâles produisent pendant l’essentiel de leur vie de nombreux petits gamètes mobiles appelés spermatozoïdes, alors que les femelles produisent pendant une durée plus limitée de gros gamètes immobiles appelés ovocytes. C’est ce que l’on appelle l’anisogamie. Le mâle a donc une urgence continuelle à séduire, attirer, être vu, parader, se reproduire. Bref, rien de nouveau à l’aune du monde animal !

fleur de pêcher

baise-moi ma mignonne

chou blanc

peau de pêche


Vieillesse

Dans toutes les sociétés, la mort d’un proche est signifiée par le port du costume de deuil. Le deuil est une convenance personnelle et sociale qui impose des règles de civilité extrêmement contraignantes, depuis le XIXe siècle jusqu’à la Grande Guerre. La période de deuil est extrêmement stricte pour les femmes auxquelles est imposé un deuil organisé en trois temps. Le grand deuil, ou deuil de laine ou de crêpe, se porte exclusivement en noir. Le petit deuil, moins sévère, autorise de porter du noir et du blanc. Le demi-deuil, enfin, permet un retour à la coquetterie et à la mode dans la toilette, avec l’entrée des gris et des mauves. En plus d’un certain retrait de la vie sociale, la couleur a pour vocation d’éteindre progressivement l’aura et l’attractivité des veuves, qui deviennent des femmes vertueuses, respectueuses donc inaccessibles, comme préparées à la mort qui surviendra vite désormais. Subsistance de cette tradition, les cheveux des vieilles dames, donc des veuves, ont longtemps été teintés de mauve. Couleur complémentaire, le mauve est conseillé pour contrarier le jaunissement des cheveux gris, leur donnant par là-même une lumière funèbre un peu magique, un halo gris lavendé spectaculaire, à michemin entre couleur mortuaire et surprise un peu extra-terrestre.

abricot

biscuit

oreille d’ours

figue

rose praline

rouge pompier


Mort

La diversité des mœurs et des usages suivis par les différentes sociétés et respectés pour marquer la mort révèle que, par le passé, le blanc dominait en Orient, à Rome, à Sparte, en Castille et bien ailleurs en Europe. La tradition de la mort en blanc est donc gréco-romaine. Les reines de France portent le deuil en blanc jusqu’au XVIe siècle : Marie Stuart, Élisabeth d’Autriche et Louise de Lorraine sont les dernières reines blanches, après qu’Anne de Bretagne ait été la première à porter le deuil en noir, imitée par Catherine de Médicis, Marie de Médicis, puis Anne d’Autriche. La dernière souveraine à avoir porté le deuil blanc est la reine Élisabeth d’Angleterre, épouse de George VI, en 1952. Le blanc subsiste encore pour le deuil des enfants. Quant aux rois de France et d’Angleterre, ils portent le deuil en violet ou en pourpre, couleurs royales. La généralisation du noir aux XVIe et XVIIe siècles prend sa source à la cour de Bourgogne puis à celle des Habsbourg, qui en sont les héritiers. Cette austérité qui souligne la majesté du pouvoir est la marque de la domination espagnole en Europe et des influences antagonistes de la Réforme et de la Contre-Réforme. La couleur noire de la mort en Europe est essentiellement religieuse, liée à celle de la cendre et de l’obscurité de la nuit éternelle.

nuit blanche

bouton de rose

satin mauve

carnation

rose téton


couleur couleurs culturelles

La couleur est affaire de culture. En ce sens, à y regarder de plus près, chaque pays a son code coloriel symbolique, lié à son histoire, sa religion, sa morale, ses combats et ses rêves. En matière de sexe et de sexualité aussi. Si les magazines pornographiques sont dits appartenir à l’industrie rose en France, ils sont dits bleus chez les anglo-saxons (blue press), à cause du film plastique rétractable qui recouvre, par pruderie, leur couverture. L’Europe a longtemps été une mosaïque de sensibilités différentes et le langage de la couleur a suivi les frontières nationales, même si la construction européenne les efface peu à peu. Les variantes sont géographiques, transmises de génération en génération. Exploré au niveau mondial, le choc des cultures est encore plus fort entre les continents et les civilisations. Le violet est la couleur érotique par exemple pour les adolescentes japonaises, tandis que le blanc est celle de leurs aînés, sans doute à cause de l’imagerie de virginité et de pureté de l’infirmière japonaise, grand fantasme local. Si le rouge est la couleur des fantasmes de tout l’Occident avec, quelquefois le noir aussi, le jaune est la couleur la plus érotisée, violemment érotisé en Chine, parce que le jaune est porté en plus haute estime. Rien n’est donc jamais unanime avec la couleur, il faut savoir d’où vient la voix qui parle…

lanterne rouge

toison d’or

flamme

ventre de nonnain

pluie de rose


couleur + couleurs universelles

Certaines couleurs semblent également faire l’unanimité chez les deux sexes, lorsque l’on évoque leur perception qualitative : l’orange puis le jaune, en termes d’élégance et de statut, de valeur et de niveau de gamme, sont aussi bien perçus comme pauvres par les hommes et les femmes. Quant à la qualité des couleurs, les femmes préfèrent les couleurs dégradées au blanc, tandis que les hommes préfèrent celles rabattues au noir. Les premières, lavées au blanc, sont douces, fraîches et apaisantes. Les secondes, rembrunies au noir, sont sérieuses, puissantes et mystérieuses. Cette tendance est générale et tient sans doute aux caricatures et aux principaux traits de caractère des deux genres humains. Quand aux caractéristiques physiques telles que couleurs de peaux, de lèvres ou de cheveux, puisque la sexualité y est solidement sensible, elles sont l’objet de fantasmes croisés et réciproques : peau blanche rêvant à la peau noire, blondes mythiques et pulpeuses, little brunettes accortes, beaux bruns ténébreux, yeux bleus d’amoureux, tâches de rousseur suggestives, marques de bronzage, charme poivre et sel, pommettes roses et dents de nacre, seins de lait et peau de pêche ou d’ébène, la panoplie de l’érotisme couleur est complète.

jaune pipi

couille de boeuf

banane

dos de cerf

cuisse de puce


cap sur la couleur


chaque époque a sa couleur… Par un long cheminement culturel, la couleur a une dimension symbolique dans le message qu’elle véhicule, sciemment ou inconsciemment. C’est la mission de l’Atelier de connaître, identifier, comprendre les couleurs dans toutes leurs dimensions symboliques, cachées, afin d’identifier le message de séduction qu’elles portent en elles lorsqu’elles sont exposées. Soit en tant que telles, soit dans leur association, leur combinaison, leur contraste. C’est la mission de l’Atelier de recenser les couleurs culturelles et leur usage, celles liées aux différentes civilisations, aux habitudes socioculturelles, à l’histoire des pays et à leurs croyances, à leur mâturité. Tout comme les autres couleurs, l’Atelier 3D couleur se passionne pour la sexualisation des couleurs, leur attribution à un genre, leur dimension souterraine, enfouie dans l’inconscient d’une culture ou d’une nation. La couleur est un vecteur sans pareil, un messager immédiat : savoir l’utiliser est un acquis précieux. Depuis plus de 30 ans, l’Atelier 3D couleur qui a le sens et la culture de la couleur, note leur apparition, leur évolution, le changement de leur message et de leurs valeurs, par secteur, par saison, par cible. Il enregistre leur succès, leur demande, leur rencontre avec un marché… leur estimé gagnée dans l’opinion. Ce design de la couleur répond à un marketing de la couleur, une intervention nouvelle et sensible de décodage des envies, au service de l’entreprise, du produit industriel, de l’architecture et du cadre de vie.

ministre en faveur

veuve réjouie

réglisse

noir ramoneur

bas noir

noir désir


Plus de trente ans d’expérience dans le domaine de la couleur appliquée à l’architecture et au produit industriel ont permis de mettre au point une méthodologie précise, pointilleuse qui alimente une banque de données inestimable et incomparable sur les habitudes socioculturelles de l’usage de la couleur dans le monde. Pays par pays, région par région, marché par marché… Pour conquérir de nouveaux consommateurs, éviter les faux-pas, connaître ses gammes de couleurs sur le bout des doigts, correspondre aux attentes des acheteurs où qu’ils se trouvent, les anticiper et y répondre, et assurer le succès du produit sur son marché, la couleur doit être conçue au plus juste. C’est fort de toutes les dimensions culturelles de la couleur, son histoire, sa géographie, ses connotations, ses valeurs d’usage, ses habitudes sociologiques, avec un œil aiguisé sur tous les continents et toutes les époques que l’Atelier 3D couleur travaille, en connaissance de cause, ses projets de colorations, préconisant des recommandations affûtées et durables, parfaitement adaptées à un lieu et à une époque. Principauté de Monaco, Opéra Garnier, Villa Médicis-Académie de France à Rome, La Samaritaine, Les Grands Magasins du Printemps, Ministère de la Culture-Direction du Patrimoine, Musée du Louvre, Villes de Nîmes, Viviers-en-Vivarais, Saint-Germain-en-Laye, Châlons-en-Champagne, Joigny, ArkemaRésinoPlast-PSA, cuisines Lapeyre, Saint-Gobain, Verrerie Aurys, Tollens, Zolpan, IQAP, Aéroports de Paris-Roissy-Charles-De-Gaulle, Groupe Seb, Tefal, Rowenta, Krups, Calor, S.N.C.F., R.A.T.P., Fresh Architecture-UNIFA, Züber-Rieder, Beiersdorf-Nivea Beauté, Matra-Alcatel, Hanty Corée, Hino Motors, Aga, Solmer, Sommer, Gerflex, Régie des Transports Marseillais, Oberflex, Skinplate, Emalit, MiraX, AkzoNobel Powder Coatings Polydrox, Selles-Céramiques de Touraine, Cycles Gitane, Taylormade, Facom, Toutlemonde-Bochart, Packard-Bell, Bianchini-Férier, Samsung… nous ont déjà fait confiance.

61, rue de Lancry 75010 Paris www.atelier3dcouleur.com contact@atelier3dcouleur.com Tel 01 42 02 34 86 Fax 01 42 03 27 73

couleur & sexe ... graphisme vu par Adrien Maschino

la méthodologie


25. couleur & sexe, la couleur du genre