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PORTRAITS DE

valeur

PARCOURS DE DIPLÔMÉS DU GROUPE ESC CLERMONT

Tome 2


PORTRAITS DE

valeur

PARCOURS DE DIPLÔMÉS DU GROUPE ESC CLERMONT

Tome 2


ESC CLERMONT > GROUPE PROGRAMME GRANDE ECOLE GROUPE ESC CLERMONT > ESC CLERMONT > GROUPE PROGRAMME GRANDE ECOLE www.esc-clermont.fr

Une valeur sûre.

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Inscription commune Clermont, Dijon, Rennes, Strasbourg Une valeur sûre.

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"Nous saurons faire de vous des professionnels de valeur !"

Nous saurons faire de vous Portesdes ouvertes le 6 février 2010, professionnels de valeur !

de 10 heures à 17 heures Visa - Grade Master - Accréditation AACSB - Top 50 Financial Times 2009

Nous avons choisi dans cette édition de faire le portrait de quelques diplômés entrepreneurs. Notre réseau compte en effet de nombreux créateurs, repreneurs, dirigeants et développeurs d’entreprises familiales. Vous les découvrirez dans la seconde partie de l’ouvrage, ainsi que l’actualité des diplômés présentés dans le tome I. La valeur d’une Ecole se mesure notamment à la qualité des parcours professionnels de ses diplômés, et à ce titre l’ESC Clermont brigue sans aucun doute une place de choix dans le cercle des Grandes Ecoles de Management. Les vingt nouveaux portraits réunis dans cet ouvrage sont autant de preuves de la réalité et de la consistance de la marque ESC Clermont, une Ecole qui mérite son qualificatif de valeur sûre : un établissement garantissant une formation en sciences de gestion de haute qualité, évoluant de concert avec le monde de l’entreprise, ses exigences et ses besoins.

rrand/Issoire • Octobre 2009 CCI Clermont-Ferrand/Issoire • Octobre 2009

Visa - Grade Master - Accréditation AACSB - Top 50 Financial Times 2009

Diversité des fonctions, des métiers, variété des parcours professionnels et des motivations personnelles pour accepter -ou refuser- de nouveaux challenges, mais vous pourrez le constater à la lecture de ces « Portraits de valeur », tous ces cadres et dirigeants aujourd’hui au meilleur niveau de l’entreprise ont un point commun : des valeurs humaines fortes et un engagement de tous les instants.

Chacune et chacun d’entre eux a accepté de faire partager ses choix, ses convictions et parfois quelques conseils pour piloter sa vie professionnelle, cherchant ce « juste équilibre » entre une famille et une carrière exigeante en temps et en énergie. Le solide socle généraliste de la formation reçue à Clermont a permis à nombre d’entre eux la mobilité fonctionnelle qui les a conduits aux postes du top management qu’ils occupent en 2011, un parti pris pédagogique qui fait la force de l’ESC Clermont sur le marché des Grandes Ecoles.

> Partenaires internationaux > International program > Apprentissage Electifs et parcours métiers >> Partenaires internationaux Doubles diplômes >> International program … et vous ! > Apprentissage > Electifs et parcours métiers > Doubles diplômes … et vous !

Nous saurons faire de vous des professionnels de valeur !

F

orte de son expérience centenaire et d’une stratégie offensive visant notamment à promouvoir la qualité et la valeur du diplôme ESC Clermont, notre Association vous invite à découvrir 20 nouveaux portraits de diplômés de notre Ecole.

Comme moi, je l’espère, vous aurez plaisir à faire la connaissance de ces diplômés qui sont fiers de leur Ecole, aux quatre coins de la planète, fidèles à une institution, à des valeurs et résolument engagés aux côtés de leur Association ! Etienne Dubois (promotion 1977) Président de l’Association des diplômés du Groupe ESC Clermont

Un premier tome a été publié par notre Association en 2009, disponible sur demande auprès de l’Association


S OMMAIRE CLAUDE ESCLATINE, Président d’AlloCiné .......................................................................................................................................... 6 YVES MOULIN Directeur général de la coentreprise Dongfeng Citroën en Chine ...................................................................................... 8 ISABELLE YACINE, Directeur de marque Europe chez Kellogg’s ............................................................................................................ 10 ALEXANDRE FAURE, Directeur général adjoint, agence MRM Paris ...................................................................................................... 12 JEAN-FRÉDERIC DOUROUX, Directeur de la communication interne du groupe Michelin................................................................. 14 CATHERINE HALBERSTADT, Directeur général de la Banque Populaire du Massif Central ............................................................. 16 RODOLPHE ROTA, Directeur de la division professionnelle Soins dentaires, Procter & Gamble ................................................................ 18 VINCENT TISSIER, Directeur général de l’hôtel Bel ami, en charge du marketing du groupe Bessé Signature ....................................... 20 SYLVIE GALLOIS, Directeur commercial et marketing de Butagaz ........................................................................................................ 22 CHRISTOPHE PALATRE, Directeur général d’EMI Music France .......................................................................................................... 24 JEAN-PASCAL PAPIN, Consultant chez Arnava ................................................................................................................................... 26 CATHERINE COLINEAU, Directeur des rémunérations et avantages sociaux Asie-Pacifique, pour le groupe LVMH ............................. 28 CLAUDE AUBERT, Expert comptable, commissaire aux comptes et gérant associé de Gestion 4 .......................................................... 30 MICHEL VALETTE, Responsable du département gestion de carrières des métiers géosciences au sein du Groupe Total,

Branche Exploration Production ...................................................................................................................................................................... 32

FLORENCE DOUROUX-CHATELLIER, Directrice marketing chez Dyson ................................................................................. 34 ALAIN BENISTY, CEO, Vizille Capital Innovation.................................................................................................................................... 36 JEAN PIGANIOL, Président des parapluies Piganiol ............................................................................................................................. 38 JEAN-MARC GONON, Président d’Ecosystem Développement durable................................................................................................ 40 MICHEL BOUYSSY, Président de Neodis.............................................................................................................................................. 42 ARNAUD THIOLLIER, LAURENT WINDENBERGER, ARNAUD COURDESSES,

Directeurs généraux de Babymoov.................................................................................................................................................................. 44

Edition mars 2011 Directeur de la publication : Etienne Dubois Conception, réalisation, impression : de Bussac

PEFC/10-31-2001

, Clermont-Ferrand - www.gdebussac.fr

Imprimé sur papier PEFC issu de forêts gérées durablement.

ILS ONT REÇU LE LABEL EXCELLENCE ................................................................................................................................................ 46 PORTRAITS DE VALEUR - PARCOURS DE DIPLÔMÉS DU GROUPE ESC CLERMONT - TOME 1

que sont-ils devenus deux ans après ? ........................................................................................................................................................... 48


CLAUDE ESCLATINE Président d’AlloCiné

Claude Esclatine est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1974. Il a complété son cursus d’un diplôme de Sciences Politiques en 1976, et d’un DEA de droit et d’aménagement du territoire en 1977.

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L’insatiable De ses rêves d’adolescent, Claude Esclatine n’en retient que deux : gérer une exploitation agricole et faire Sciences Po. Son premier grand écart. Il ne devint jamais agriculteur mais conserva le goût d’entreprendre. Il ne devint jamais ministre mais navigua dans les hautes sphères d’institutions publiques. « Je ne compte plus les virages à 180°. Je suis irrémédiablement attiré par ce que je ne connais pas », affirme ce touche-à-tout. Dès sa première année à l’ESC Clermont, il s’investit dans l’Association internationale des étudiants en sciences économiques et commerciales (AIESEC), présente à l’époque dans 55 pays. Cet Auvergnat pure souche acquiert ainsi sa première touche internationale. Il fait rapidement partie du bureau national et se voit proposer un poste de permanent au secrétariat international aux Pays-Bas. Attiré par les sirènes de Sciences Po, il décline l’offre, et tente le concours « en dilettante » ayant au même moment créé Cogem, une société d’études de marché qu’il implante à Chamalières, avec deux copains de promotion. Admis dans le sérail de Sciences Po Paris, il continue en catimini à développer sa société depuis la capitale, car l’institution ne tolère, à l’époque, aucun entrepreneur dans ses rangs. Epopée. Son diplôme de Sciences Po en poche, il enchaîne avec un DEA de droit et d’aménagement du territoire. Or en 1975 est lancé le plan de désenclavement du Massif Central. L’occasion pour Claude Esclatine de se rapprocher de la

, es èr ci n a n fi s n io s es pr s le Dans un monde où , ts r pa s te u to e d t en n a ém es spéculatives ou politiqu aux r te is és r à is a m a j e u q s u l’excellence consiste pl e. dérives contraires à l’éthiqu Datar du Massif Central, pour laquelle il participe à l’organisation des premiers salons de la création d’entreprise. Il devient l’un des spécialistes de l’entrepreneuriat. Suffisamment pour se faire repérer en 1982, avec son associé de l’époque, par le tout nouveau Ministère de l’industrie qui ne sait que faire de l’Agence nationale pour la création d’entreprise, lancée trois ans plus tôt par Raymond Barre. En mai 1982, l’Auvergnat s’installe à Paris, définitivement, et devient directeur général adjoint de cette agence jusqu’en 1988. « Une épopée phénoménale ! J’ai vu le regard de la gauche changer positivement à l’égard de l’entreprise », s’enthousiasme-t-il. Jusqu’à ce qu’il croise le chemin de Christian Pelerin, « le grand homme de la Défense ». Sa vision : faire de la Défense un quartier d’affaires qui concentre les sièges sociaux de très grosses entreprises. Exactement le contraire de ce pour quoi il s’était battu jusque là. Trois milliards. « Il faut que je m’y intéresse ! », se dit-il dans les deux heures qui suivent. Sitôt dit, sitôt fait. « Nous avions douze mois et trois milliards de francs pour construire le plus grand centre d’affaires d’Europe ! » Jusqu’en 1994, il va

gérer tous les centres d’affaires de la Générale des Eaux, mais aussi lancer un centre de production pour la télévision au sein du Cnit. Le début d’un long parcours dans l’audiovisuel. En 1994, il prend la direction générale de Canal France International, une chaîne publique à visée diplomatique (Afrique, Asie, Moyen Orient). En 1998, il crée de toute pièce Equidia, une chaîne thématique dédiée au monde du cheval, dont l’actionnaire principal est le PMU. « Un univers financièrement très lourd, grâce aux paris », explique-t-il. En 2002, retour vers le service public, à la tête des sports de France Télévisions. Puis, en 2004, le voici directeur délégué aux côtés du président de France Télévisions. En 2007, il accepte la présidence du groupe AlloCiné. A son actif : une diversification vers la production télévisuelle et l’ouverture vers de nouveaux supports lui permettant d’afficher une croissance insolente de 20 % par an. « Je suis déjà préparé intellectuellement à m’intéresser à tout autre chose », conclut ce boulimique en évoquant son passage à l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Cela n’a rien à voir avec ce qu’il a déjà fait ? Raison de plus…

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YVES MOULIN Directeur général de la coentreprise Dongfeng Citroën en Chine

nommé 70 nouveaux concessionnaires. « Ici, le parc automobile compte 45 millions de voitures, dont 10 millions vendues rien qu’en 2009. Le taux d’équipement est encore très faible. Il faut couvrir le territoire. Certaines villes importantes n’avaient encore aucun revendeur il y a trois ans ! », souligne-t-il.

« Voulez-vous aller en Chine ? »

Il est 18 heures en Chine. Yves Moulin s’accorde une courte pause pour évoquer son parcours, avant d’être à nouveau happé par ses responsabilités. Depuis 2007, il pilote la

se e d e l i c i f f i D . s r u o j s e l s u o réinventer t , r i s s u é r r u o P . e u q i t n e h t u a e il faut êtr

commercialisation des véhicules Citroën en Chine, le marché automobile le plus effervescent au monde. Sa mission : redresser une part de marché qui prenait la mauvaise pente. « Une seule vie n’y suffit pas ! », s’exclame-t-il sur le ton de la boutade.

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Yves Moulin est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1981.

En trois ans, il a tout de même lancé de nouveaux modèles adaptés aux attentes des Chinois, amélioré l’image de la marque, et reconstruit un esprit d’équipe. Résultat : cette année Citroën est passé de 160 000 à 200 000 véhicules vendus, a

Choc culturel. Sur ce marché, tout diffère de l’Europe : l’âge des clients, leurs goûts, leurs attentes. Et c’est justement ce qui passionne Yves Moulin. « Tout est à réinventer. Je dois faire table rase de mon expérience pour proposer de nouvelles solutions », constate-t-il, malgré ses 25 ans passés à des fonctions commerciales chez Volkswagen puis PSA. Cela ne le chagrine d’ailleurs absolument pas. « Je n’ai jamais orchestré mon parcours comme une course de haies à franchir chaque jour. J’ai saisi les opportunités au moment où elles se présentaient. Ce n’est ni un exploit, ni une contrainte, juste un choix assumé », analyse-t-il, modeste. D’après lui, sa fonction actuelle, il la doit à une simple question. « Un jour, le patron de Citroën m’appelle alors que j’étais le directeur des ventes de la marque depuis trois ans, et me demande : “Voulez-vous aller en Chine ?” J’ai dit oui. Je suis parti. »

constructeur. Il y a le profit, mais aussi la fierté, la volonté de développer un patrimoine. Il faut savoir se mettre à leur place pour comprendre ce qui va les faire travailler pour vous. » En 22 ans chez Volkswagen, il a vu certains démarrer simples agents et finir à la tête d’un groupe de plusieurs milliers de voitures. « Mon parcours n’est rien à côté de ces gens là, capables de véritables prouesses commerciales dans des environnements très hostiles. » La concurrence sur le marché chinois semble pourtant très féroce…

Se mettre à la place de l’autre. Son ouverture d’esprit qui lui permet de s’adapter aussi bien au marché chinois, c’est sur le terrain, en animant le réseau de concessionnaires chez Volkswagen qu’il se l’est forgée. « Les motivations des concessionnaires diffèrent de celles du

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ISABELLE YACINE Directeur de marque Europe chez Kellogg’s

Sans compromis « Je suis sortie de l’ESC Clermont à une très mauvaise période. En 1994, même avec un MBA, impossible de trouver un job à la hauteur de mes attentes » se souvient Isabelle Yacine. Il faut dire qu’elle n’était prête à aucune concession pour

Isabelle Yacine est sortie diplômée de l’ESC Clermont en 1994. Elle a complété son cursus d’un MBA à Kansas University en 1993.

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faire du marketing grande consommation. Au bout de dix mois de recherche infructueuse, n’y tenant plus, elle part pour Londres. « A l’étranger, au moins, je sortirai du lot » se dit-elle. Sur place, elle prend contact avec Kimberly Clark, dont elle avait déjà reçu une réponse négative, et met le pied dans la porte. « Ils me reprochaient mon manque d’expérience dans le marketing. Je leur ai proposé de me prendre à l’essai pour presque rien ». Ils ont fini par lui accorder une heure d’entretien… qui s’est prolongée toute la journée. Le soir, elle décrochait un poste d’assistant chef de produit. Coup de foudre. Pendant deux ans, Isabelle Yacine fait ses armes sur Kleenex, puis rentre à Paris pour s’occuper d’hygiène bébé. Elle est nommée chef de produit sur les couches culottes Huggies. Au bout de trois ans, l’étranger lui manque terriblement. Bic lui propose un poste de chef de produit senior Europe, qu’elle accepte. « Très mauvais choix ! » convient-elle aujourd’hui. La culture familiale de ce groupe, son manque d’organisation de la fonction marketing, ne lui correspondent pas. Elle se remet en quête d’un nouvel employeur, cette fois encore, sans compromis. Au point de refuser une proposition ferme de Coca Cola. « Mon contrat était prêt. Au dernier entretien de pure formalité avec le directeur général, je lui demande pourquoi il aime travailler pour Coca Cola. En guise de réponse, il me montre une courbe qui grimpe en flèche. "Bientôt les Français boiront du Coca à chaque

repas", m’explique-t-il fièrement. Je n’adhérais pas vraiment à sa vision. Je n’ai pas donné suite. Ils m’en ont beaucoup voulu. » Et puis elle fait cette rencontre avec Kellogg’s, un coup de foudre qui dure depuis dix ans. « Plus qu’un emploi, j’y ai trouvé des personnalités attachantes. Enfin je ressens le sentiment d’appartenance à un groupe, j’ai l’impression d’être à ma place », avoue-t-elle. Directe. Elle y retrouve l’univers de l’enfance qu’elle affectionne particulièrement, avec la marque de céréales Frosties. Rapidement, elle devient chef de groupe pour toutes les marques enfants. Puis, de 2005 à 2009, elle entre au comité de direction de la filiale du Benelux. En devenant directrice du

département marketing, elle ne mesure pas toute la dimension publique de la fonction et les exigences qui en découlent. « Mon responsable m’a expliqué que je devais contrôler mon image. Ca m’a pesé », concède Isabelle Yacine, qui aime avoir un relationnel direct avec les gens, « sans calcul ». Le groupe se centralisant, début 2010, Kellogg’s lui propose de rejoindre le siège à Dublin en tant que directrice de marque pour l’Europe. « Je n’avais pas envie d’abandonner la dimension créative de mon métier. A Bruxelles, elle m’échappait. Ici, je suis à nouveau dans le développement produit, à la source des idées publicitaires. » Encore un compromis qu’elle n’aura pas fait…

ec v a e s a h p n e te s e r s r u o c r a p on m e u q . t n e x u m e i v a r e v J x u e v e j e u q e c t e nt. ce que je suis i o p e c r u s r e nsig a r t e d e l b i s s Impo

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ALEXANDRE FAURE Directeur général adjoint, agence MRM Paris

La force des idées Alexandre Faure ne se prend pas au sérieux et cela le rend d’autant plus sympathique. Avec ses lunettes vintage et ses cheveux longs, il pourrait sortir tout droit d’un album de pop anglaise des années 70. De la musique, il n’en joue pas. Même s’il avoue mixer à ses heures perdues. Sa passion, la vraie, c’est la scène. Celle du théâtre, qu’il arpente tous les deux ans avec quelques irréductibles amateurs comme lui, mais aussi celle des compétitions. Le « pitch », comme il dit dans son jargon publicitaire. Depuis qu’il a rejoint l’agence de marketing relationnel MRM en tant que directeur général adjoint, la compétition est devenue son quotidien. « J’ai été recruté pour superviser les grands comptes internationaux. Après quelques mois, j’ai bifurqué vers le développement de l’agence : le new business, l’image et le marketing de l’agence. J’ai laissé la course de fond de la relation client pour le sprint des compétitions », explique-t-il l’œil pétillant. Droiture. Comprendre, deviner les besoins du client, surfer sur les tendances, bâtir une stratégie… le tout en quelques semaines : c’est cela qui le captive. « Je crois en la force des idées. La compétition génère une tension énorme, mais

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au final, comme toute agence, nous sommes fiers de nos recommandations. L’avantage de notre métier est de pouvoir les présenter directement au dirigeant, sans aucun filtre édulcorant. » Un exercice dans lequel il excelle particulièrement à en croire la façon dont il a évolué au sein de l’agence Rapp, où il est resté douze ans avant de rejoindre MRM. Il y entre comme chef de publicité après avoir rongé son frein dix-huit mois à l’Anpe clermontoise, pour un service civil qu’il n’a pu éviter. Décidé à ne pas « finir chef de pub à 40 ans », il apprend vite, au contact, notamment, de Jacques Maillot, créateur de Nouvelles Frontières dont il gère le programme de fidélité. Il gagne en autonomie et en légitimité, devient chef de groupe, directeur de clientèle, puis directeur conseil. Il participe à la compétition d’Air France, que l’agence gagne, et devient fer de lance du programme de fidélité Flying Blue, qui finit par concerner quarante marchés actifs. « Rapp avait des agences un peu partout dans le monde, mais il ne s’agissait pas d’un véritable réseau coordonné. Une faiblesse pour certains, que j’avais réussi à tourner en avantage car la souplesse qui en découlait permettait d’épouser parfaitement les besoins du client. » Hold-up. Disneyland cherchait une agence pour gérer ses relations clients. Alexandre

“” Le monde suivre. Et contentement

e l r i o v u o p t u fa l I . e t i v p o r t change le s n a d e l f f u o s s e s’ n o i t a v i t o m la de soi.

Faure accompagne son DG à un rendez-vous de prise de contact et présente sa vision du réseau international de Rapp. Sa prestation est si convaincante que Disneyland choisit l’agence sans même organiser de compétition. « Nous sortions d’un rendez-vous d’une demi-heure qui venait de rapporter 800 000 euros ! Ce “hold-up” m’a valu le poste de directeur commercial ainsi que de figurer au comité de direction de l’agence. » Trois ans après, alors que le vice-président de Rapp monde fait une tournée mondiale, Alexandre Faure réussit à lui faire part de sa vision du réseau international… et fait mouche. Trois mois plus tard, quand ce vice-président gagne le budget mondial de HP Enterprise Business, c’est à Alexandre qu’il confie la coordination de la mission pour l’Europe, le Moyen Orient et l’Afrique, sa dernière avant de rejoindre MRM. « J’ai eu une belle progression, admet-il. Mais il faut savoir raison garder. Je pourrais être fier de moi si j’avais créé l’avion solaire, ou la voiture à pile interchangeable en moins d’une minute… » Et d’ajouter l’air facétieux : « A moins qu’une idée puisse sauver le monde ? »

Alexandre Faure est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1997.

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JEAN-FRÉDÉRIC DOUROUX Directeur de la communication interne du groupe Michelin

Un homme de marque « Il est toujours plus facile de partir, affirme JeanFrédéric Douroux, après 23 ans de maison chez Michelin. Rester demande un effort constant de renouvellement ! » Il vient justement de prendre la direction de la communication interne du groupe, et ne cache pas son enthousiasme à l’idée d’explorer cette dimension stratégique, nouvelle pour lui. « L’époque où la communication interne consistait à monter son journal est bel et bien révolue. Aujourd’hui, l’enjeu se situe sur la construction de la fierté d’appartenance, sur l’adhésion à la culture et aux valeurs du groupe », analyse-t-il. Une fonction qu’il n’occupe pas par hasard. Depuis plus de deux décennies, Jean-Frédéric Douroux contribue à positionner, façonner et valoriser la marque Michelin. « Une marque riche, solide, porteuse de valeurs, un moteur incroyable de motivation en interne ! » lance-t-il, toujours aussi admiratif. Audace. Dès le départ, Michelin lui fait confiance. Il est à peine sorti de l’école en 1987, que le Groupe lui propose un contrat de coopération inattendu. « Je suis allé aux entretiens avec la ferme intention de faire du marketing. Michelin m’a proposé la responsabilité de la communication de l’ensemble du Benelux. Il fallait beaucoup d’audace ! » Initialement parti à Bruxelles pour seize mois, il y reste quatre ans et demi. « Une formidable

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période d’apprentissage dans une structure à taille humaine, avec une dynamique internationale », se souvient-il. C’est ainsi qu’il instaure pour la première fois au sein d’une filiale, le travail avec une agence de publicité. En 1992, le groupe le rappelle au sein de la direction commerciale France pour gérer la communication des activités business. « Ces années là, j’inaugure le trade marketing. L’essentiel de nos distributeurs étant des indépendants, il s’agissait de les aider à mieux vendre. » En 1996, le voici à la Direction tourisme et camionnettes Europe, le marché phare du groupe, en charge du portefeuille de marques Michelin, Kleber, Goodrich… Un vaste chantier l’y attend : celui de segmenter le marché et de définir le positionnement stratégique de chacune des marques. Là aussi, il s’agit d’une première. Un travail fondateur qui perdure encore aujourd’hui : « Kleber a toujours la même signature, le même logo, le même positionnement », lance Jean-Frédéric Douroux, enthousiaste. Puis, après une brève incursion à Paris au sein de la division cartes et guides, il retrouve sa grande passion pour la marque avec la direction de l’image du groupe. Partage. Huit années qu’il consacrera à définir et formaliser les fondations de la marque Michelin, puis à orchestrer une campagne de communication cohérente au niveau mondial. « La France n’avait pas le monopole des bonnes idées ! Chacune leur tour, les régions ont été responsables d’élaborer les messages de la campagne. Nous voulions qu’elles s’approprient cette stratégie de marque pour mieux la mettre en mouvement. » Et pour parachever ce long travail sur l’identité, Jean-Frédéric Douroux a doté Michelin d’une dimension sonore : « Ce

vé i r r a e r t ê é r é d onsi c s i a m a j i r a u o p t i t Je n’ é p p a ’ l e d e d r a g e J . . quelque part e r d n e r p p a à te s e r e m l i u’ q tout ce

chantier a duré six mois, avec une équipe multidisciplinaire et multiculturelle pour aboutir à quelques notes universelles qui incarnent Michelin dans le monde entier. » Une touche finale, avant de passer à autre chose, « pour continuer à prendre du plaisir », dit-il.

Jean-Frédéric Douroux est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1987.

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CATHERINE HALBERSTADT Directeur général de la Banque Populaire du Massif Central

Femme d’équilibre Catherine Halberstadt ne court pas après la notoriété. « Je suis dans la réalisation, pas dans le faire savoir. Les gens avec qui je travaille savent ce que je fais. Cela me suffit », explique-t-elle, après 26 ans de carrière au sein de la Banque Populaire du Massif Central et deux années à la tête de Natixis Factor, la filiale d’affacturage du groupe Natixis. Les gens. Là réside sans doute la clé de son parcours. « Tout ce qui touche les gens me touche », confie cette banquière humaniste. C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’elle évoque son expérience de directeur des ressources humaines : « Pendant six ans j’ai essayé de rencontrer le maximum de collaborateurs des 80 agences de la région, et du siège social. Il était important pour moi de mieux les connaître afin de leur donner de meilleures perspectives ». Elle instaure la gestion de carrière, met en place les premiers entretiens d’évaluation, renforce les formations au management… Simplicité. « J’ai vraiment cherché à éviter les usines à gaz. Nous avons développé des outils très simples, et qui vivent toujours ! » En 1998, elle prend la direction financière de la banque, en période de rigueur budgétaire, ce qui lui permet de

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Catherine Halberstadt est sortie diplômée de l’ESC Clermont en 1980, cursus qu’elle a complété d’une licence de droit de la faculté de Clermont Ferrand. A sa sortie, l’ESC Clermont lui a permis de suivre pendant un an le programme MBA de Kansas University.

bien comprendre ses rouages. « Une période moins riche en contacts ! », admet-elle. Puis, en 2000, elle devient directeur général adjoint plus spécialement en charge de l’animation commerciale et de la politique de développement. « Il s’agissait d’investir dans une relation durable avec le client, non pas de faire des “coups”. Bien sûr, cela demande de former et d’animer les collaborateurs en permanence. Mais là réside le véritable développement d’une entreprise », explique-t-elle avec conviction. Une stratégie qui porte ses fruits puisque Catherine Halberstatdt réussit à faire gagner un demi point de part de marché par an à sa banque. En 2008, quand l’opportunité se présente de diriger Natixis Factor, elle n’hésite pas, même si elle quitte Clermont-Ferrand, le jour de la chute de la banque Lehman Brothers. Anticipation. Sa connaissance des réseaux bancaires, apporteurs d’affaires, et sa bonne maîtrise du risque lui permettent de traverser la tourmente financière sans dommages. « A mon arrivée, j’ai reçu mes responsables de service individuellement, et les ai écoutés. Ce que j’ai mis en place découle de ces entretiens. Je n’ai rien inventé ! » Rapidement, elle se forge une vision de

“” as p t s e ’ n é t i l a u La q t ô t u l p t s e ’ c , un acte . e r t ê ’ d n o ç a une f

l’avenir de l’entreprise, et guide ses collaborateurs dans ce sens. Son maître mot est l’anticipation : « Au quotidien, je les force à distinguer l’important de l’accessoire, l’urgent de ce qui peut attendre ». Ce qui lui permet de gérer ses priorités, celles de l’entreprise et de maîtriser un tant soit peu son emploi du temps. « Je suis une femme d’équilibre », concède-t-elle en soulevant pudiquement le voile de sa vie familiale. En acceptant la direction générale de Natixis Factor à Paris, elle acceptait également de s’éloigner de sa famille. Chaque week-end de retrouvailles en Auvergne était sacré, et sonnait un peu comme des vacances. « Je suis vraiment fière de mon mari, de mes quatre enfants. Nous étions très solidaires dans cette aventure. » Un éloignement qui fut finalement court puisque Catherine Halberstadt a été nommée directeur général de la Banque Populaire du Massif Central à la fin de l’année 2010. Un retour aux sources réjouissant pour celle qui considère l’équilibre entre sa vie familiale et professionnelle comme le symbole de sa réussite.

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RODOLPHE ROTA Directeur de la division professionnelle Soins dentaires, Procter & Gamble

Toujours plus « A 20 ans, visiter les supermarchés pour leur vendre de la lessive, était pour moi aussi improbable que d’entrer dans les ordres ! » plaisante Rodolphe Rota, après dix huit ans de carrière chez Procter & Gamble. Car son cap à lui, c’était la finance, l’expertise comptable, dans lesquelles il effectuait consciencieusement tous ses stages. Mais à six mois du diplôme il doit se rendre à l’évidence : cet univers l’ennuie. Par curiosité, il tente un concours de vente organisé

“” t Le succès n’es i. t n a r a g s i a m a j ige l b o e c n e l l e c x e L’ e r r a b a l r e c à pla ut. a h s u l p s r u o j tou

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à Deauville… et remporte le premier prix dans la catégorie des produits financiers. Une révélation. Procter & Gamble, à l’affût des lauréats, l’approche, et le séduit. Il venait de chasser l’ennui. Parts de marché, chiffres d’affaires, taux de marge… son quotidien devient conquête. Tous les deux ans, ou presque, il change de terrain, après avoir notablement transformé le précédent. Toujours plus. Toujours mieux. Une exigence qui ne faillit pas. Croissance. De 1995 à 1996, après trois ans de terrain, le chiffre d’affaires de Procter bondit de 9 % chez Monoprix et Promodès, grâce au category management que Rodolphe Rota instaure sur les couches Pampers. En 1997, il fait des miracles sur le trade marketing de la marque en France, et c’est encore 13 % de chiffre d’affaires supplémentaire. L’année suivante, il est missionné pour réorganiser les équipes autour de pôles multifonctionnels (commercial, logistique, finance et marketing). Son but : efficacité et résultats. En 2002, après avoir été trois ans directeur de clientèle de Cora, Casino et Monoprix, il revient au trade marketing de Pampers, mais cette fois pour l’Europe de l’Ouest. « La jeune mère était devenue une cliente cible pour nos grands comptes européens : fidèle, avec davantage de besoins pour son nouveau-né. Nous avons créé chez nos clients des univers bébé. Le croisement de nos bases de données permettait ensuite d’attirer cette consommatrice en or dans leurs rayons », détaille-t-il. Deux années fastes qui rapportent encore cinq points de part de marché

à Pampers en Europe de l’Ouest. Puis Rodolphe Rota prend conscience que les deux tiers de la croissance mondiale proviendront des pays en voie de développement d’ici à 2020. Il flaire un potentiel énorme, et devient directeur commercial de Pampers et Always pour la zone Europe Centrale, Moyen Orient et Afrique. Bouleversement. « Il fallait rendre les couches et les serviettes hygiéniques accessibles au plus grand nombre », explique-t-il. La tâche est colossale, car les deux marques ne sont présentes que dans les grandes villes. Il revoit les portefeuilles produits, crée de nouvelles gammes plus abordables, modifie les canaux de distribution et la logistique. Les échoppes les plus reculées devaient pouvoir vendre ces produits, même à l’unité. Après son passage, rien n’est comme avant. En quatre ans, le chiffre d’affaires sur la zone passe de 1,5 à 3 milliards de dollars… Mais chez Procter, on ne se repose pas sur ses acquis. En 2008, Rodolphe Rota quitte la grande consommation pour la division professionnelle soins dentaires, dont il prend la tête pour l’Europe, le Moyen Orient et l’Afrique. Sa mission n’est plus de vendre, mais de convaincre des prescripteurs. Avec une équipe

de quatre cents personnes sur dix pays, son rôle s’apparente à celui d’un directeur général. « Cela peut paraître naïf, mais il est possible d’aider les gens à avoir une vie meilleure, tout en faisant du business. Et en matière d’hygiène buccodentaire, la prévention a de beaux jours devant elle ! », prédit Rodolphe Rota. Un nouveau terrain de conquête pour ce commercial qui s’ignorait.

Rodolphe Rota est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1992.

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VINCENT TISSIER Directeur général de l’hôtel Bel ami, en charge du marketing du groupe Bessé Signature

La tête dans les étoiles La démarche souple, le costume impeccable, Vincent Tissier prend le temps de glisser un mot attentif aux employés qu’il croise avant de vous accueillir d’un large sourire. Il a l’air serein des personnes qui n’ont jamais douté de leurs rêves. Depuis 2005, il dirige le Bel Ami, un hôtel de luxe situé au cœur de Saint-Germain des Prés à Paris. Ambiance intimiste, décoration contemporaine, expositions d’artistes… Vincent Tissier se surpasse pour séduire une clientèle raffinée. Une passion qui l’anime depuis qu’il est enfant. Chaque été, pendant dix ans, à Cannes, il tournait le dos à la mer et passait des heures à observer le ballet du Carlton sans jamais oser y entrer : « Les courses, les livraisons, la clientèle : tout me fascinait ! » Une fois admis à l’ESC Clermont, impossible d’envisager ses stages ailleurs que dans l’hostellerie. Il postule dans de nombreux palaces, et se retrouve accepté… au Carlton, puis au Crillon. « J’en ai pleuré de joie ! », se souvient-il. Deux immersions totales, dans un univers qu’il n’allait plus quitter. Du rêve à la réalité. Les décors, somptueux, la fourmilière des sous-sols, en ébullition, afin de

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Vincent Tissier est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1995.

créer cette alchimie qui saura étonner, émouvoir, conquérir une clientèle exigeante, parfois blasée : tout le ravit. En 1996, après son service militaire, il décline l’offre du groupe Hilton, pour lui préférer une petite entreprise familiale à la tête de quatre Relais & Châteaux. « Nous allons t’apprendre le métier », lui annoncent Albert et Christine Parveaux, le couple de propriétaires, en l’embauchant comme agent de réservation. Vincent Tissier retrousse ses manches et accepte ce pari sur l’avenir : « Dès la fin de la première saison, j’étais devenu leur bras

droit sur la gestion de deux sites ». Quatre ans plus tard, l’envie des grands palaces le taraude à nouveau. Il quitte la « vie de château » pour devenir réceptionniste au très réputé Cap Eden Roc d’Antibes. « Je me moquais de mon statut. J’étais nourri, logé. Je vivais de peu. Ce palace à l’ancienne, son exigence extrême, allait forcément m’ouvrir des portes », confie-t-il. Pari doublement gagné : il y rencontre sa future épouse, et à peine six mois plus tard, l’Hôtel Meurice lui propose un poste de responsable des ventes pour le marché français. « L’établissement était en plein travaux. Il s’agissait de préparer sa réouverture », détaille-t-il. Une aventure qui tourne court face à la proposition d’Albert et Christine Parveaux, qui offrent à Vincent Tissier et sa compagne de prendre la direction de deux de leurs établissements. « Nous n’étions pas préparés à cela, mais la direction d’hôtel à trente ans, cela ne se refuse pas ! » Le jeune couple se lance dans l’aventure, mais renonce au bout d’un an et demi. « Il s’agissait d’un investissement 24 heures sur 24. Une vie dont nous ne voulions pas. » Reconnaissance. De retour à Paris, Vincent Tissier a un coup de cœur pour GLA Hotels, une société de management et de marketing hôtelier, qui le recrute comme directeur général adjoint de l’hôtel Montalembert. Durant quatre ans, il gère ce petit établissement de luxe dans le 7e arrondissement de Paris. Un tremplin pour la direction générale du Bel Ami également dans

le giron de l’entreprise. « Depuis 2009, la famille Bessé a repris la gestion directe de ses quatre hôtels, créant un nouveau groupe hôtelier de luxe, Bessé Signature, dont je supervise aujourd’hui le marketing », explique Vincent Tissier avec enthousiasme. A l’entendre, les années n’ont pas émoussé sa fascination pour les maisons prestigieuses. Une passion qu’il semble avoir transmise à son plus jeune fils qui regarde à son tour ce monde luxueux, des étoiles plein les yeux.

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site s u é r e l l e b s u l Ma p u n e v r a p e r t ê ’ d est es m r e s i t é r c n o c à lus p s e l s n o i t a r i asp profondes.

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SYLVIE GALLOIS Directeur commercial et marketing de Butagaz

Sylvie Gallois est sortie diplômée de l’ESC Clermont en 1984

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Meneuse d’hommes Son visage fatigué trahit les longues heures passées sur la préparation de la vente de Butagaz par le groupe Shell. Peu importe. Sylvie Gallois jubile. « Ca m’amuse de vivre cette nouvelle aventure de l’intérieur, au sein du comité de direction ». La dernière, après 23 années au sein du groupe Shell ? La question est balayée d’un revers de main. Sylvie Gallois n’est pas de ceux qui se plaignent. Elle ne sait que rebondir. « J’ai passé 17 ans au réseau automobile du groupe, un secteur extrêmement chahuté par la grande distribution. A mon arrivée, Shell comptait 2 500 stations service. Aujourd’hui, il n’en a plus qu’une centaine ! » C’est dire la guerre féroce que se sont livrée les pétroliers pour attirer et conserver leurs clients. « 99 % du marketing était consacré à des opérations de fidélisation », confirme Sylvie Gallois, qui sera de toutes les innovations en la matière et qui n’occupera pas moins de quinze postes différents. Défricheurs. En tant que loyalty manager, elle crée les premières bases de données clients en France, Shell devenant ainsi le pionnier du « datamining ». En 1997, la « bataille du portefeuille » fait rage. Shell et Casino partent du principe qu’ils fidéliseront d’autant mieux leurs clients en s’associant au sein d’un même programme de fidélisation. Le Club Avantage est né, ancêtre des Smiles actuels. Sylvie Gallois en devient l’administrateur. « Nous étions des défricheurs ! En croisant nos bases de données multi-produits, notre connaissance du client devenait

très pointue », s’enthousiasme-t-elle. En 1998, elle devient directrice marketing et communication du réseau automobile. En 2000, sa sphère s’élargit et regroupe également le « convenience retailing », tout ce qui se vend en station service, en dehors du carburant : alimentation, café, mais aussi réparation, lavage… « Nous avons mis en place des relais de location de voitures avec Hertz ; nous avons été les premiers à introduire les boissons énergétiques en France, avec Dark Dog dont nous avons fait modifier la formule et obtenu l’exclusivité pendant un an », se souvient-elle. En 2004, Sylvie Gallois est la n°2 du réseau automobile, qu’elle laisse un an plus tard pour rejoindre Butagaz. Maîtresse femme. « On est venu me chercher pour mon expertise marketing, explique-t-elle. Le gaz liquéfié est un marché très complexe. Mes clients vont de l’éleveur de volaille à la grande distribution,

en passant par le particulier avec sa citerne dans le jardin, ce qui demande un marketing très spécialisé, par canaux. » Sylvie Gallois anime aussi une force de vente de 250 commerciaux, salariés des distributeurs de Butagaz. « A 90 % des hommes », confie-t-elle. Tout comme le comité de direction, où elle est la première femme à siéger depuis trois quart de siècle. « Il n’y a pas plus macho que le monde pétrolier ! » lâche-t-elle en riant. Sur son bureau trône un lourd trophée. En 2008, elle a obtenu le deuxième prix du manager commercial décerné par le magazine Action commerciale, la seule femme nominée parmi neuf hommes. « Je l’ai reçu la veille de ma réunion annuelle avec les commerciaux. Je leur ai dit : “Ce trophée, c’est le vôtre, pas le mien. On a tous gagné !” La notion d’équipe est primordiale. Toute seule, je ne fais rien ! » Certes. Mais il est des femmes qui font lever des montagnes.

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t n e m e m ê r t x e chés r a m s o n r e u l e S r è u g s n o v ’a n s u o n , s l e i t n , n e i concurre b e r i a f t fau l I . r e n n o t â t droit de . p u o c r e i m e r p du 23


CHRISTOPHE PALATRE Directeur général d’EMI Music France

Le tempo d’une vie tout en musique Il a mené Mickey 3D aux Victoires de la musique, révélé Raphaël, et son incontournable « Caravane », participé au succès planétaire de David Guetta… Christophe Palatre est un habitué des projecteurs, mais côté coulisses. Le directeur général d’EMI Music France n’a pas coutume de se mettre en avant. C’est tout en pudeur qu’il évoque sa passion pour la musique, « un parallèle à ma vie » admet-il, et qu’il voulait préserver de toute incursion professionnelle. Il y a bien eu un groupe, le « Café

Mauve », qu’il monte à l’ESC Clermont, des concerts qu’il organise sur la région Auvergne, ou la promotion d’une radio universitaire qu’il assure lors de ses études en Louisiane, mais il tenait à ce que cela reste du pur plaisir amateur. Il se trace donc une voie dans le marketing et la communication et fait ses armes dans la publicité au sein de l’agence BDDP. Quatre années très formatrices sur les budgets Mc Donald’s, Danone ou Upsa, qui devaient bientôt servir son art. Changement de cap. Chez BDDP, un des directeurs de création travaille également pour

Christophe Palatre est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1989.Il a complété sa formation par un Master of Sciences and Marketing obtenu à Louisiana State University en 1991, grâce à une bourse de l’ESC Clermont.

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Virgin Music, où il a ses entrées. Christophe Palatre, curieux d’une industrie qu’il ne connaît pas, lui demande un contact… qu’il obtient plusieurs mois plus tard alors que Virgin Music recherche un directeur marketing. Sa solide formation, sa dimension internationale, et sa culture musicale séduisent la direction qui lui propose un poste de chef de produit. Rapidement, il devient directeur marketing du répertoire français, puis du label Capitol, issu de la fusion entre EMI et Virgin. Son métier ? « Faire en sorte que l’artiste trouve son public », résume-t-il. Les clips, les pochettes d’albums, le choix du premier single, l’image véhiculée par la star en devenir… tout cela est orchestré par le directeur marketing. « La dimension humaine et psychologique est cruciale, souligne Christophe Palatre, et demande une disponibilité de chaque instant pour épauler l’artiste dès qu’il en a besoin. » Piraterie. Aujourd’hui, ses fonctions de direction générale en charge de l’activité des labels, lui ont fait prendre du champ par rapport au processus de création. « J’ai beaucoup de responsabilités juridiques et financières. Je gère également une équipe de quarante trois personnes, qu’il faut encadrer et encourager. » Un savoir-faire essentiel au moment où l’industrie subit la plus grave crise

e d e i r t s u d n i Dans l’ e t i s s u é r a l , la musique s u l p e t u o d s n dépend sa sa e d s r u e l l i a qu’ en e r t t e m e r e s capacité à question. de son histoire, minée par le piratage. « La valeur du marché a été divisée par deux en l’espace de cinq ans », analyse Christophe Palatre. Dans le même temps, EMI France licenciait la moitié de son personnel. « Avec la crise, l’industrie musicale s’est rapprochée des consommateurs en étant davantage à l’écoute de leurs attentes, de leur façon de découvrir des artistes, de leurs modes de consommation multiples… Néanmoins la découverte d’un nouveau talent reste avant tout une question de sensibilité. Aucune étude marketing ne pourra remplacer les qualités d’un bon directeur artistique », tempère-t-il. Un terrain stimulant pour cet insatiable curieux qui continue à courir les concerts trois soirs par semaine, avide de l’émotion que lui procure toujours la musique.

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“” JEAN-PASCAL PAPIN

Consultant chez Arnava

s e d e u q t i a f Je n’ai is, a m i a j’ e u q choses é t i s o i r u c e d p avec beaucou ur o P . r i s i a l p et de cela e r t ê t u e p t s e moi, c’ la réussite. Le sport avant tout

« J’étais sportif. L’économie du sport m’intéressait. Je n’imaginais pas faire autre chose. » C’est ainsi que Jean-Pascal Papin passera trente ans de sa vie à sillonner le monde, entre pistes de ski, terrains de golf, ou parcours de vélo, contribuant ainsi à l’explosion d’un marché prometteur. « En 1975, le marché du sport et des loisirs était en

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pleine effervescence, un peu comme le multimédia d’aujourd’hui », se souvient-il. Ses diplômes en poche, il n’a aucun mal à convaincre Look, spécialiste des fixations de ski, de sa passion pour la montagne. En quelques années, le voici chef de produit, puis responsable de la zone Asie, et enfin patron de la filiale française. « A 27 ans, j’ai découvert les montagnes d’Hokkaido. Le Japon était alors le premier marché du ski au monde. » En 1984, il se met au golf « par obligation professionnelle » et va vivre son explosion en Europe continentale. Il devient responsable de la division golf-tennis-planche à voile pour le monde, au sein du groupe américain Browning. Six années durant, il assainit l’activité, ferme des usines en Europe, transfert la fabrication et le contrôle qualité en Asie. L’activité se développe et surtout devient rentable. Jean-Pascal Papin se sent prêt pour une nouvelle étape. Notoriété. Avec un ancien dirigeant de Look, il suit la mise au point des fixations adaptées au vélo et participe à la création de Time Sport, qu’il dirigera pendant plusieurs années. « Dans le sport, la marque est capitale. Pour nous faire connaître, nous avons fait le pari de la compétition. » En 1987, Pedro Delgado gagne le tour de France avec des pédales et des chaussures Time. Puis c’est au tour de Janie Longo, Laurent Fignon, Greg Lemon et Miguel Indurain de remporter des victoires avec ces équipements. Pari gagné côté notoriété. L’entreprise se développe avec des cadres en

carbone et matériaux composites. En 1994, Jean-Pascal Papin cesse cette aventure entrepreneuriale, « très exigeante sur le plan personnel », admet-il. Il quitte les commandes de Time Sport mais en reste actionnaire. C’est sur un vélo, à San Francisco, qu’il rencontre des collaborateurs de The North Face, spécialisé dans les équipements très techniques pour la montagne et la randonnée. « L’entreprise venait d’être rachetée. Ils cherchaient un responsable du développement pour l’Europe », explique-t-il. Il vit la cotation de la société au Nasdaq et le développement fulgurant de l’entreprise. Cinq années qu’il traverse intensément.

ans passés dans l’industrie du sport, Jean-Pascal Papin éprouve le besoin de partager son expérience. Après l’action, place à la réflexion, à la conceptualisation. Il divise aujourd’hui son temps entre le conseil en ressources humaines au sein du cabinet Arnava, spécialisé dans l’évaluation des compétences, et l’enseignement universitaire, notamment à l’ESC Clermont et à l’université de Hanoï. « J’apprends énormément au contact de la jeunesse. Je n’ai qu’un souhait : leur faire comprendre que tout est possible. »

Engagement. En 1999, le charismatique Yvon Chouinard, créateur de Patagonia, lui propose de participer au développement de la marque en Europe. « La démarche environnementale de Patagonia m’a captivé. » C’est au quotidien qu’il vit ce credo pour la protection de la nature : utilisation du chanvre, généralisation du coton biologique, création du club « 1 % For the Planet », qui exige des entreprises membres d’investir 1 % de leur chiffre d’affaires dans des projets environnementaux… Jean-Pascal Papin prend part à de nombreux projets. Son admiration reste sans borne pour cette stratégie engagée, responsable et néanmoins rentable. En 2005, après presque trente

Jean-Pascal Papin est diplômé de l’ESC Clermont (1973). Il a complété son cursus par un MBA de Kansas University (USA) en 1975.

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CATHERINE COLINEAU Directeur des rémunérations et avantages sociaux Asie-Pacifique, pour le groupe LVMH

Docteur ès « Comp & Ben » « Je suis une fan de Michelin ! », lâche sans détours Catherine Colineau. « Cette société m’a offert le plus beau cadeau de ma vie ! » Ses yeux pétillent quand elle évoque son passage au sein du géant mondial des pneumatiques. Six années qui ont fait d’elle une perle rare que les sociétés du CAC 40 courtisent à tour de rôle. Catherine n’a que 28 ans et cinq ans d’expérience dans l’audit, quand Michelin décide de rationnaliser ses périphériques de rémunération. Retraites, prévoyance, avantages en nature… : en 1999, Catherine Colineau devient la responsable « benefits » du groupe et pose

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ainsi le pied dans le cercle très confidentiel des responsables rémunérations et avantages sociaux, plus communément appelés « Comp & Ben » (pour « Compensation & Benefits »). Aucune école ne forme à cette profession d’experts, à la croisée des ressources humaines et de la finance. Michelin lui donne carte blanche pendant trois ans pour dresser le bilan de ses régimes de retraite et faire des propositions qui préservent la compétitivité du groupe. Jusqu’à ce que son mari la conduise à quitter l’Auvergne pour la région parisienne. Désirée. « Je n’avais pas envie de partir de Michelin. Quand Guilbert, une société de PPR, me propose un poste de Comp & Ben Groupe et RRH holding, mes exigences sont démesurées. A ma grande surprise, ils les acceptent ! » Mais à peine arrivée, Catherine Colineau comprend vite que PPR cherche à se séparer de sa filiale. Elle avance en terrain mouvant, deux ans à peine, jusqu’à ce qu’un

e d r te r o pp A . é it il m u h l’ e d e d n a em d er ti é m n Mo r u le t en m le eu s s pa t es n’ ce , es tr u a x u a r u la vale on, ti a v er s b o ’ L e. d o th é e m n u et s le èg r es d er n don la er pt a d a r u po s le ab l’écoute sont indispens t. en em n n o ir v en r u le réponse à

chasseur de tête la repère à nouveau et lui propose de rejoindre Technip. A sa casquette de Comp & Ben, s’ajoute la mobilité internationale, pour une multinationale de 20 000 personnes. « J’arrivais juste après la fusion de Technip et de Coflexip, explique-t-elle. Ma mission était d’harmoniser les politiques de rémunérations et de mobilité de deux sociétés aux cultures très différentes. » En 2006, Catherine a besoin d’un nouveau souffle. Elle répond aux sirènes du luxe, d’abord au sein des Parfums Christian Dior, toujours en tant que Comp & Ben, puis au niveau du groupe LVMH, où elle s’occupe cette fois plus spécifiquement de la politique de rémunération des cadres et des 250 dirigeants du groupe. « J’étais chargée de structurer les rémunérations, et d’élaborer un socle commun aux 50 Maisons du groupe »,

rapporte-t-elle. Une mission complexe compte tenu des univers et profils très différents des sociétés du groupe LVMH. Attendue. Aujourd’hui, dix ans après le coup de pouce décisif de Michelin, la voici à nouveau prête à défricher. A Hong Kong cette fois, afin d’adapter les directives de LVMH aux pratiques du marché Asie Pacifique. « Ici, la bataille des talents fait rage. Ma fonction y est devenue indispensable, pour attirer et retenir les meilleurs », analyse Catherine. Pour autant, les logiques du Vietnam, de l’Inde ou de la Chine sont radicalement différentes. « Il ne s’agit pas de dupliquer bêtement ce qui se fait en Europe, mais de comprendre les ressorts des quatorze pays de la zone et de s’y adapter. » Un rôle d’influence entre tous les DRH de la région et la maison mère. « Je sais que ma vision du monde ne sera plus la même après cette expérience. J’ai tout à gagner dans cette aventure. Encore un cadeau de la vie ! » Catherine attire décidément toutes les bonnes fées.

Catherine Colineau est sortie diplômée de l’ESC Clermont en 1993. Elle a complété son cursus d’un DESS d’audit juridique, comptable et fiscal en 1994.

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CLAUDE AUBERT Expert comptable, commissaire aux comptes et gérant associé de Gestion 4

Coureur de fond

assumer notre stratégie un peu atypique sur la région », convient-il. Car contrairement à ses concurrents qui tentent d’accroître leur emprise géographique, Gestion 4 multiplie les expertises offertes à sa clientèle existante. Lorsqu’une entreprise lui fait confiance, le cabinet peut tout lui proposer : business plan, conseil juridique, gestion de la paie, comptabilité, mise en relation avec les banques… « Alors que les gros cabinets anglosaxons alimentent la concentration du secteur, cette stratégie nous permet de faire référence sur la région Auvergne, et de compter être là encore dans dix ans ! », explique Claude Aubert avec optimisme. Le coureur de fond, toujours.

En 1978, une fois ses études terminées, Claude Aubert était sûr de deux choses : l’expertise comptable serait son métier, et l’Auvergne resterait sa région. « Je me suis glissé dans la filière », explique-t-il aujourd’hui. Une métaphore qui résume bien la fluidité de son parcours. En 1979, il effectue son stage d’expert comptable dans le cabinet clermontois Gestion 4. Trente et un ans plus tard, il y officie toujours, en tant qu’associé majoritaire d’un groupe qu’il a contribué à métamorphoser. En douceur. Sur la longueur. Car Claude Aubert a tout du coureur de fond. D’abord apprendre le métier, patiemment : « Il s’agit d’une profession très technique, qui demande de capitaliser les enseignements jour après jour, pour en comprendre les rouages. » A partir de 1983, il a les reins suffisamment solides pour commencer à développer son portefeuille de clients. « Bien sûr, j’ai subi les crises, en 1983, puis en 1993, mais la persévérance m’a donné un second souffle. » Nouvelle donne. Jusqu’à ce que les dirigeants, chacun à la tête de leur propre cabinet, partent à la retraite en 2000. La deuxième génération, dont Claude Aubert fait partie, passe alors aux commandes. « Nous avons racheté et fusionné les cabinets pour faciliter le processus décisionnel, puis organisé les équipes par métier. » En 2000, Gestion 4 comptait soixante collaborateurs. Il en a aujourd’hui cent trente. « La taille critique pour

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Claude Aubert est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1978.

Respect. « Travailler sur la durée, c’est aussi assister à des histoires extraordinaires, telles ce garage de cinq personnes qui devient une concession de dix, vingt, puis trente personnes, qui rachète un plus gros que lui et qui finit, vingt ans plus tard par couvrir toutes les villes de la région avec plus de deux cents salariés. Après tant d’années, le respect professionnel s’est installé. Il s’agit presque d’une relation d’amitié ! » Nul besoin d’insister pour comprendre sa passion pour le contact humain, qui transpire dans toutes ses activités : président du golf d’Orcine, conseiller municipal à Chamalières, trésorier du Rotary club de son district, ancien président de la compagnie régionale des commissaires aux comptes… Autant d’engagements qui contribuent à dynamiser l’Auvergne, « ma région, mes racines », comme il dit.

“” tre ê ’ d e l i c i f f i D . t u o t r a p t n a m r perfo r e u g é l é d n e i b Savoir et s’entourer : là est la clé.

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MICHEL VALETTE Responsable du département gestion de carrières des métiers géosciences au sein du Groupe Total, Branche Exploration Production

Attention, gisement de talents ! Tous ses cartons ne sont pas encore défaits, des dossiers gisent épars sur son bureau. Michel Valette vient de prendre ses fonctions à l’étage le plus surveillé de la Tour Total, celui des métiers de géosciences : géophysique, géologie, réservoir, gisements, pétrochimie… « C’est ici que se trouve le cœur du business de l’entreprise. Là où l’on identifie et découvre les nouveaux champs pétroliers », glisse-t-il sur un air de confidence. Depuis le 1er juillet, ce quinquagénaire au regard malicieux s’est vu confier la valorisation et le développement de cette population de deux mille ingénieurs, hautement courtisés sur le marché de l’exploration production pétrolière. « C’est là que réside l’avenir de l’entreprise, dit-il fièrement. Total me fait un insigne honneur en me confiant cette responsabilité. » Michel Valette a intégré le groupe Total en 1991, après dix ans d’expérience en formation, puis en développement des ressources humaines, notamment au sein du cabinet de recrutement Rossignol Todd & Associés. Des années dont il profite pour se perfectionner en psychologie et évaluation, son intérêt personnel

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l’incitant même à intégrer l’éminent Groupement des graphologues conseils de France. Interculturel. Depuis ses débuts au sein de Total, Michel Valette a touché à tous les domaines des ressources humaines : intégration des jeunes cadres, relations sociales, paie, gestion des retraites supplémentaires… jusqu’à sa première expatriation. En 1998, il devient responsable RH d’une filiale à Tripoli. « Dans ce groupe, tout le monde travaille

à l’étranger. Impossible de passer à côté des problématiques interculturelles ! » C’est donc en Libye qu’il prend conscience de ce que cela signifie

Michel Valette est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1981

au quotidien. « En France, nous séparons la vie religieuse de la vie publique. Au Moyen Orient, il y a confusion, voire intégration absolue entre les deux ! » Michel Valette est intarissable sur le choc des cultures. Il pourrait évoquer pendant des heures les rapports que le monde arabe entretient avec le temps – « ils ont l’éternité devant eux » – et la mort, ou le regard porté sur les femmes. « Nous devons maîtriser toutes ces différences culturelles afin d’aider nos collaborateurs à se fondre dans des environnements qu’ils ne connaissent pas », relate-t-il. Un talent qu’il peaufinera par la suite en tant que responsable des ressources humaines de la région Moyen Orient. Ethique. Aujourd’hui, à la veille d’entamer une nouvelle étape de sa carrière chez Total, Michel Valette a une idée très claire de sa lettre de mission. « Sur ces métiers de géosciences, le groupe me demande d’optimiser ce formidable gisement de matière grise, qui nous rend talentueux aux côtés de nos partenaires. Avec ces ingénieurs de haut vol, nous allons travailler leurs capacités à maîtriser les enjeux techniques et stratégiques majeurs des dix ans à venir. » Michel Valette insiste cependant sur la déontologie. « En géosciences, nous avons une conscience très aiguë de notre responsabilité à l’égard de l’environnement et de la société. Certes, nous sommes dans l’excellence technique, mais ce que l’on attend de moi, c’est d’insuffler de l’éthique dans la façon de la vivre et de la faire valoir. »

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C’est à plusieurs que l’on atteint les sommets de la perfection.

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FLORENCE DOUROUX-CHATELLIER Directrice marketing chez Dyson

Speed Sa petite fille lui a raconté un rêve : Sa mère est au volant d’une voiture qui va vite. Trop vite. L’enfant est accrochée à la portière et tente en vain de mettre un pied à l’intérieur. « Il faudrait sans doute que je ralentisse », soupire Florence DourouxChatellier, après avoir évoqué son parcours en vitesse accélérée. C’est chez Procter & Gamble que la course effrénée commence, au sortir de l’ESC Clermont. « Ne jamais revenir deux fois sur une même tâche, le “Do it now !”…, tout cela, je l’ai appris quand j’étais chef de secteur chez Procter. De la vente de haute volée, avec des outils, de la méthode, des objectifs clairs ! » Elle a 23 ans et prend le pli de l’efficacité permanente. Trois ans plus tard, elle se sent trop jeune pour diriger une équipe. Nokia France lui propose un poste de responsable comptes clés accessoires. « J’ai signé en ne sachant pas trop ce que j’allais y faire, admet-elle. Nokia était le plus innovant du marché et le potentiel de croissance énorme. Cela me suffisait. » Désapprendre. Dans cette filiale de vingt personnes, exit le cadre et les méthodes. « J’ai dû désapprendre Procter ! Avec un slogan comme “Pave the way“, nous avancions dans l’inconnu. »

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Elle doit se faire aux rendez-vous sans objectifs, aux agenda désorganisés, aux sollicitations pendant les vacances… « Peu importe. L’aventure était palpitante. » De 1997 à 2002, elle a en charge les comptes clés grande distribution et grandes surfaces spécialisées. « J’ai lancé la téléphonie mobile chez Auchan ! » explique-t-elle avec fierté. Elle s’y entend pour mettre autour de la table distributeur, constructeur et opérateur. « Mes méthodes Procter étaient enfin appréciées ! » Sur un marché pénurique, elle monte des conditions commerciales avec Carrefour, développe des accords avec la toute jeune enseigne Phone House, amène Auchan au sommet du marché de la téléphonie. Un secteur qui fuse, qui innove, qui

e r t t e m e r e s r Il faut savoi r se u o p n o i t s e u q en ant d r e p n e t u o t dépasser le b i s s o p s p m e t e le moins d . e c n e r r u c n o c a face à l

lui va bien. En 2002, elle passe au trade marketing, puis devient directrice marketing téléphonie mobile en 2004, pour accéder en 2008 au poste de directrice marketing France. « Notre part de marché était attaquée en permanence. Il fallait mettre de la profondeur dans l’offre avec les jeux, la musique, et le développement du business sur internet », détaille-t-elle. L’arrivée de l’iPhone fait l’effet d’un coup de massue chez Nokia. Florence Douroux-Chatellier quitte l’entreprise au moment d’importantes réorganisations. Ovni. Depuis 2010, elle occupe un poste similaire chez Dyson, l’ovni qui tire le marché des équipements, avec ses aspirateurs design et sans sac. « J’y retrouve la vélocité, la technologie et la simplicité qu’il pouvait y avoir chez Nokia. Je repars d’une page grise pour faire grandir Dyson. » Avide d’action et de concret, elle a besoin de sentir son marché à proximité, de toucher du doigt l’impact de ses décisions. Si elle admet n’être ni experte, ni créative, elle revendique la polyvalence et la capacité à fédérer des équipes « qui m’amènera à une fonction de directrice générale » prédit-elle. Mais pour une fois, rien ne presse. « J’ai encore besoin de grandir », confie-t-elle avant de courir vers sa prochaine réunion.

Florence DourouxChatellier est sortie diplômée de l’ESC Clermont en 1991.

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ALAIN BÉNISTY Directeur général de Vizille Capital Innovation

Alain Bénisty est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1984.

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Lucide Nous sommes en juin 1984. Alain Bénisty vient de terminer le dernier oral pour l’obtention de son diplôme à l’ESC Clermont. Au détour d’un café avec son professeur d’économie, ce dernier lui propose de le rejoindre chez Sofimac, une des rares sociétés de capital-risque françaises, et qui officie en Auvergne. « J’aurais pu devenir technico-commercial chez IBM. J’ai préféré un domaine où il y avait tout à construire. Si je n’avais pas participé à la création de ce secteur en France, jamais je n’aurais pu y entrer par la suite », affirme-t-il. Aujourd’hui, Alain Bénisty dirige Vizille Capital Innovation, la filiale « Venture capital » de la Banque de Vizille, banque d’affaires implantée à Lyon et filiale du groupe CIC. « Je suis un dinosaure du métier ! », plaisante-t-il du haut de ses 26 ans d’expérience qu’il retrace avec une grande lucidité. A ses débuts, Alain Bénisty apprend l’humilité : « Chez Sofimac, nous financions la création d’entreprises traditionnelles, avec un ticket d’entrée modeste, de cent à trois cents mille francs. Nous allions nous-mêmes faire les tableaux de bord des entreprises ! Sur le papier, nous n’avions aucune chance de réussir. Pourtant, Sofimac était rentable ! » Revers. Puis, le développement de la microinformatique, le pousse vers le « venture capital », venu tout droit des Etats-Unis. Sudinova, une joint venture entre Sofinnova, créateur du capital-risque en France et la Lyonnaise de Banque recherche

a l i s t n e g r a ’ l e d r e n g a g à al m n u c u a a y . s u o v Il n’ z e d n e r u a t s e r u e l a v création de

un chargé d’affaires. Alain Bénisty se lance dans le projet aux côtés d’un directeur général. De 1989 à 1994, l’entreprise s’étoffe. De 12 millions de francs, le capital passe à 59. Mais en 1995, Sudinova n’a plus de fonds à investir. Alain Bénisty quitte le navire pour une des entreprises financées par Sofinova. « Ma fortune était faite ! Je devenais directeur financier d’une start-up sur le point d’être introduite au Nasdaq. » Au bout d’une semaine, c’est la désillusion. Les dés étaient pipés : « Les investisseurs mettaient de l’argent sur la foi de tableaux de bords erronés, alors que l’entreprise frisait la cessation de paiement ! » Ebranlé, il démissionne. Mais on n’échappe pas comme cela aux griffes du capital-risque.

Briseur de rêves. 1996 voit la création du nouveau marché et l’intervention des pouvoirs publics. Sudinova est l’une des premières sociétés de capital-risque dans laquelle investit la Caisse des dépôts. Alain Bénisty est rappelé, cette fois en tant qu’associé. « Nous changions d’échelle, explique-t-il. Un deuxième fonds, Sudinova II, de 33 millions d’euros, voit le jour tandis que

Sudinova introduit quatre ou cinq entreprises sur le nouveau marché. En 1999, nous créons Sud Partners, gestionnaire de ces deux entités. » La machine s’emballe. Aux Etats-Unis, la bulle grossit. « Un modèle magnifique, mais empreint d’excès. Nous devenions gourmands. Happés par le courttermisme, il nous fallait engranger toujours plus d’argent. » Administrateur de sociétés en Californie, Alain Benisty s’y rend tous les trois mois. Il sent venir l’effondrement d’un système bâti sur la spéculation. « Nous allions droit dans le mur mais personne n’y croyait. Je devenais le briseur de rêves », admet-il. La Banque de Vizille, filiale haut de bilan du groupe CM-CIC et l’un des principaux partenaires de Sudinova, est prête à créer une activité de capital-risque sur ses fonds propres. Alain Bénisty lui propose un plan de 60 millions d’euros pour financer des sociétés de technologie. L’occasion de renouer avec une éthique fondée sur le long terme et la création de valeur. L’activité démarre en janvier 2003. Huit ans plus tard, Alain Bénisty annonce des résultats positifs, confirmant que l’on pouvait avoir une autre idée du capital-risque.

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PORTRAIT ENTREPRENEURS

JEAN PIGANIOL Président des parapluies Piganiol

Le dernier des Mohicans En 1970, deux millions de parapluies étaient encore fabriqués à Aurillac, le berceau français de cette industrie, soit 40 % de la production nationale. Quarante ans plus tard, il ne sort plus que cent mille pièces des usines d’Aurillac. Les parapluies Piganiol, seuls rescapés, ont su résister vent debout à la crise d’un marché submergé par le tsunami asiatique. Lafarge, Neyrat-Peyronie, Sauvagnat… un à un, les plus grands fabricants ont fini par sombrer. « Je me suis toujours dit que je ne serais pas la génération qui mettrait la clé sous la porte », martèle Jean Piganiol, quatrième du nom, et qui œuvre à la destinée de l’entreprise depuis 1974. Tout petit déjà, sa vie était rythmée par la « fabrique », alors en plein centre ville. « A la moindre incartade, on m’envoyait finir les parapluies, ou poser des poignées ! », se souvient-il avec nostalgie. Car ce qui le rattache si fort à ces

fameux parapluies, ce n’est pas tant l’objet que l’histoire d’Aurillac et de sa famille. Sacerdoce. Dès le lendemain de l’obtention de son diplôme, il embarque sur le navire familial. Son père s’occupe de la production. Il tient la barre du développement de l’entreprise. « Mon arrivée coïncide avec la crise du pétrole. Ma première mission fut d’annoncer à notre plus gros client une augmentation 30 % de nos prix de vente ! » Un baptême du feu qui devait l’aguerrir pour la suite. Alors que les ventes françaises ne cessent de s’éroder, il réalise que son salut passe par la création de collections différenciées, qui lui ouvriront de nouveaux marchés à l’export. Grâce aux conseils de sa femme Martine, il fait du parapluie Piganiol un objet de mode qui s’exporte d’abord aux Etats-Unis, puis en Belgique, en Allemagne, et enfin au Japon, dans les années 1990. Mais le « made in China » débarque en Europe par containers. Le navire commence à prendre l’eau. En 1985, Jean Piganiol monte un atelier de sérigraphie pour développer le parapluie publicitaire. En 1988, c’en est fait de ses illusions. Lui qui était viceprésident de la Fédération des industries françaises

e ir a f ir o v a s le er v u a s Mon ambition est de urais a j’ e, h ic r ir en ev d ulu o v is a v a j’ i S l. loca . n io ct u d o pr e d é it n u l’ commencé par fermer

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du parapluie, crée une société de diffusion qui importe des parapluies d’Asie. Ce choix cornélien le conduit à démissionner de la Fédération et provoque le départ anticipé de son père. « Il savait que je n’avais pas le choix, mais refusait de se mettre au service des fabricants chinois, lui qui avait toute sa vie défendu bec et ongles les produits français », relate Jean Piganiol, une pointe de gène dans la voix. Il sélectionne ses fabricants en Chine, et leur impose un cahier des charges selon ses standards de qualité afin de conquérir la grande distribution. Ce virement

de bord salutaire lui permet de sauver son usine. « Le négoce m’a permis d’apurer mes pertes en France et de maintenir quarante emplois ! », contrairement à ses concurrents qui partout en Europe déposent le bilan. Ressources. Conséquence : les fabricants de tissus, en mal de débouchés, arrêtent leur production. Jean Piganiol et son fils Matthieu, lui aussi diplômé de l’ESC Clermont et qui l’a rejoint par la suite, décident alors d’investir dans un atelier d’impression numérique qui leur permet de créer leurs propres tissus. La découpe au laser suit, puis une deuxième imprimante. Les grandes marques du luxe deviennent des clients prestigieux. Les parapluies Piganiol sont les premiers à proposer des parapluies sur mesure aux particuliers, grâce à internet… Le prochain défi, et non des moindres, est celui des approvisionnements. « D’ici trois à cinq ans, nos fournisseurs de montures, et de baleines devront quitter la Chine du Sud, prédit Jean Piganiol. Elles éprouvent déjà des difficultés à recruter et le gouvernement chinois entend renvoyer des millions de personnes dans les campagnes. » Début janvier, lui et son fils ont prospecté à mille kilomètres au centre de la Chine, en quête de fabricants. Tout un processus à reconstruire. « Depuis 1974, j’ai connu beaucoup d’années difficiles, relativise Jean Piganiol. Je ne suis pas prêt de baisser les bras. » D’autant moins que la relève est aujourd’hui assurée.

Jean Piganiol est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1974.

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PORTRAIT ENTREPRENEURS

JEAN-MARC GONON Président d’Ecosystem Développement durable

Une longueur d’avance Jean-Marc Gonon déteste le surplace. Ses affaires, il les développe à coup de croissance à trois chiffres. « Toute mon enfance, j’ai vu mon père regretter de ne pas être son propre patron », avoue-t-il, comme pour justifier son envie de développement. En 1990, sa carrière avait pourtant commencé sagement, chez KPMG, en tant qu’auditeur financier. Mais c’est en épluchant les dossiers de ses clients, qu’il s’aperçoit que l’Europe, encore balbutiante à l’époque, offre des poches de financements pour la recherche totalement insoupçonnées par les Français. « Seuls les Anglo-saxons les utilisaient ! » explique-t-il. Une

x u a e t n e v a l s Dan ne e t i s s u é r a l particuliers, l u e s n u à u’ q se mesure n o i t c a f s i t a s critère : la du client.

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Jean-Marc Gonon est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1990.

niche que Jean-Marc Gonon a tôt fait d’exploiter. En 1993, il crée, avec un associé, l’un des premiers cabinets de conseil en optimisation de subventions européennes pour la recherche. Cinq ans plus tard, alors que son équipe s’est étoffée de trente consultants, il sent le moment venu de s’adosser à plus gros que lui pour franchir un nouveau cap. Ascension. Il vend alors son affaire à Alma Consulting, leader français de l’optimisation

de coûts, tout en restant aux commandes. Le président d’Alma voit en lui le bras armé du développement de son groupe. En 2001, Jean-Marc Gonon prend la tête de l’audit social, « la locomotive d’Alma », précise-t-il, pour devenir trois ans plus tard, le directeur général de l’entreprise. Jusqu’en 2007, Jean-Marc Gonon intégrera sept nouvelles entreprises, verra passer les effectifs de 200 à 2000 salariés et changera radicalement les process d’organisation interne. La rentabilité est au rendezvous, ce qui ne manque pas d’attirer des fonds d’investissement. « De 2001 à 2007, nous vivons trois LBO extraordinaires, qui nous permettent de surperformer », s’enthousiasme-t-il. Quand en 2007, le président accepte que le management devienne minoritaire, Jean-Marc Gonon y voit alors un frein à ses ambitions et se désengage d’Alma Consulting. Mais cet insatiable n’est pas du genre à vivre de ses rentes : « J’étais entouré de quarantenaires qui mourraient d’envie de créer leur activité, avec de bons projets, une tête bien faite, mais que la crainte de mettre leur famille en difficulté freinait systématiquement. » Jean-Marc Gonon met donc une partie de son patrimoine à profit pour créer un fonds d’investissement familial.

de développement, à faire profiter les créateurs de mon expérience opérationnelle », admet-il. Ce qui ne l’empêche pas d’être à l’affût d’un créneau porteur pour son propre compte. En 2009, il rachète Ecosystem, qui propose aux particuliers d’améliorer la performance énergétique de leur habitat. Domaine porteur, marché immature, très atomisé : Jean-Marc Gonon détecte un gros potentiel à condition d’atteindre une taille critique. En un an, il soude une équipe et fait passer l’entreprise de 40 à 180 salariés, de 7 à 18 millions d’euros de chiffre d’affaires et s’engage dans la croissance externe… Une telle assurance ne manque pas d’étonner. « Pendant dix ans, j’ai partagé le quotidien d’un président visionnaire, qui avait toujours une longueur d’avance », justifie-t-il. Une philosophie que Jean-Marc Gonon semble avoir fait sienne.

Soif de création. Il soutient aujourd’hui cinq projets. Cinq quadragénaires qui ont pu réaliser leur rêve d’entreprendre sans renoncer pour autant à leur niveau de vie antérieur. Le retour sur investissement n’est pas son objectif premier : « Je prends surtout du plaisir à participer à ces projets

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PORTRAIT ENTREPRENEURS

MICHEL BOUYSSY Président de Neodis

Panache « Vous me reconnaîtrez facilement, je fume la pipe », avait-il prévenu. Un attribut qui tranche avec son air d’éternelle jeunesse. Col de chemise ouvert, teint halé, Michel Bouyssy est d’une vitalité contagieuse : « je crois en la vie, j’adore la vie. J’aime prendre des risques, sans entraves », lance cet entrepreneur soixante-huitard, féru de philosophie, qui partage son quotidien avec une agrégée de lettres. « A 20 ans, j’étais passionné d’économie politique. Rocard, l’auto-gestion… Je voulais agir sur le terrain. » Le sentiment de liberté, la confiance qui permet de tenter n’importe quoi, c’est à l’ESC Clermont qu’il les développe. Audace. En deuxième année, il créait déjà son entreprise. Son produit : des fleurs en soie qu’il achète auprès d’un importateur. Ses sources de financement : un maître de stage, qui lui avance les cinquante mille francs que toutes les banques lui refusent. Son objectif : le rayon jardinerie des magasins Auchan. Sa méthode ne manque pas de panache. Il attire le chef de rayon à sa voiture, une Jaguar mauve rutilante qu’il a achetée d’occasion, pour lui montrer ses compositions florales. Il en profite pour demander l’avis de quelques passantes qui finissent par former un attroupement autour

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de l’acheteur, médusé. Une entrevue pour parler plan merchandising, mètres linéaires, et rentabilité du rayon suffisent à le convaincre des marges confortables qui l’attendent. C’est ainsi que Michel Bouyssy conquière l’enseigne, magasin par magasin, et s’assure dix ans d’un juteux commerce saisonnier, moyennant huit semaines de travail par an. « Le reste du temps je m’employais à développer Cogem, un cabinet d’études marketing que j’avais monté avec deux copains d’école. » Un serment d’étudiant les laisse libre de quitter le navire quand bon leur semble et sans rien devoir à personne. Ce sont les salariés qui ont fini aux commandes de Cogem. Gratuitement. Détachement. Car en 1977, Michel Bouyssy doit porter secours à l’entreprise paternelle, sur le point de sombrer. S’il sauve ce grossiste fournisseur de bureaux de tabac, il ne fait pas de miracles. L’affaire vivote jusqu’à ce qu’il rachète un concurrent en faillite dont il booste les ventes. L’entreprise faisait partie d’un groupement d’achat. Michel Bouyssy s’y implique, démarre l’importation de produits d’Asie, étend son réseau d’influence, et prend la tête du groupement. Des années difficiles… « Je trouvais force et équilibre dans la complicité qui me lie à mon épouse, mon point d’ancrage. A cette époque, tout l’argent que je gagnais, je le réinvestissais. Je savais que son salaire mettait ma famille à l’abri des coups durs. » Puis en 1998, l’entreprise décolle littéralement avec le lancement de la téléphonie prépayée. « Je décroche la

Michel Bouyssy est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1974.

e r u s e m e s e n L’excellence s e s s e h c i r s e d e pas à l’aun tés i l i b a s n o p s e r s ou de l e i t n e s s e ’ L accumulées. é t r e b i l a l r e est de gard s u o n i u q e c de faire . r i b u s s n a s , ressemble

distribution de Bouygues prépayé dans les bureaux de tabac, ce qui m’ouvre les portes des autres opérateurs ! »… et lui permet de racheter trois autres concurrents. Aujourd’hui, Neodis c’est 180 salariés, 120 millions d’euros de chiffres d’affaires et d’alléchantes perspectives pour 2011, avec les jeux sur internet et le transfert d’argent qu’il proposera prochainement à ses clients buralistes. Une belle réussite ? Michel Bouyssy élude la question. « L’engagement, c’est cela l’important ! » Et il en a trouvé un sur mesure, au sein du Réseau Entreprendre, association qui aide à la création et à la reprise d’entreprises via des prêts d’honneur. Après avoir monté son antenne auvergnate en 1994, il lève aujourd’hui des fonds pour financer de jeunes lauréats en forte croissance. « En un an, j’ai réussi à lever 400 000 euros auprès de nos adhérents qui acceptent de renoncer à toute plus value », explique-t-il. La caution du Réseau Entreprendre permet à la jeune pousse de convaincre d’autres investisseurs. Une revanche pour le jeune homme qu’il fût, et qu’aucune banque ne voulait prendre au sérieux.

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PORTRAIT ENTREPRENEURS

ARNAUD THIOLLIER, LAURENT WINDENBERGER, ARNAUD COURDESSES Directeurs généraux de Babymoov

Les trois mousquetaires Il y avait le tenace, commercial dans l’âme, qui vendait des chemises à tous les professeurs de l’école ; le créatif, fougueux, extraverti, impatient de se réaliser dans la vie active ; et l’homme de projet, rassurant, structurant qui aimait les chiffres : Arnaud Thiollier, Laurent Windenberger et Arnaud Courdesses se sont rencontrés à l’ESC Clermont. De cette indéfectible amitié est née l’envie d’une aventure : celle de la création, à trois, pour être plus fort, et ne pas souffrir un jour de la solitude. Le projet était flou, jusqu’à la lecture d’un article

sur les accidents domestiques chez les moins de trois ans. La France accusait un net retard sur les pays scandinaves. En juillet 1997, ils lancent leur entreprise avec un catalogue d’articles de sécurité pour bébés qu’ils envoient à dix mille foyers. « Avec notre sélection de produits, les parents avaient de quoi transformer leur maison en bunker ! » ironise aujourd’hui Arnaud Courdesses. « Trop morbide ! » admet Laurent Windenberger. Leur premier essai est un flop. Sans le sou, le moral dans les chaussettes, ils reprennent tout à zéro. « Les parents ont leurs enfants de plus en plus tard. Le bébé est un vrai projet, source de joie et de plaisir, explique le créatif de la bande. Il nous fallait des produits innovants et décalés. » Coup de jeune. Exit la sécurité, et la vente par correspondance ! Ils importent un pot « Formule 1 », avec volant et klaxon et sillonnent la France pour le proposer en direct à tous les magasins de puériculture. « On nous accueillait les bras

Arnaud Thiollier, Laurent Windenberger et Arnaud Courdesses sont sortis diplômés de l’ESC Clermont en 1997.

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ouverts. Nous apportions un coup de jeune au secteur ! » s’enthousiasme Arnaud Courdesses. Parallèlement, des réunions de mamans leur permettent de comprendre précisément les besoins des parents. La marque « Babymoov » était née. Elle mettra dix-huit mois à décoller, grâce au biberon « Yam Yam »… en forme de fusée. Le succès est immédiat. Ils quadruplent leur chiffre d’affaires, passent de quelques colis amenés chaque jour à la Poste à la location d’un entrepôt. L’entreprise se structure, les rôles se définissent. Arnaud Thiollier œuvre au développement commercial, Laurent Windenberger au marketing, à la communication et à la R&D, Arnaud Courdesses, aux finances et ressources humaines. La présidence est tournante. Une organisation qui prévaut encore actuellement. « Nous vivons notre trio à fond, en toute transparence, admet Arnaud Courdesses. Jamais l’un ne sera au dessus des deux autres. » Agitateurs. En 2001, les trois compères sont prêts pour la conception de produits. Rehausseur, stérilisateur, robot multifonctions « Bébédélice », transat « Doomoo nid »… chaque année, Babymoov fait parler de lui et les parents adhèrent. De 2001 à 2005, l’entreprise croit de 70 % par an. « Les problèmes de trésorerie étaient récurrents, se souvient encore Laurent Windenberger, des sueurs froides dans le dos. Nous avons apprécié d’être trois quand à certains moments, banquiers et fournisseurs nous appelaient en boucle ! »

s e m m o s s u o n Ce dont ait f i u q t e s r e i les plus f t s e , e c r o f e d n notre gra r e v r e s é r p à i d’avoir réuss ès r p a , e l a i t i n i notre amitié e r u t n e v a e t t e c treize ans de un. m m o c u d s r o h

llier

Arnaud Thio

Ils passent ce cap délicat, sans dommages. « En 2005, notre gamme était suffisamment étoffée pour envisager l’export, relate Arnaud Thiollier. A ce jour, il représente 20 % de notre chiffre d’affaires. C’est là où notre croissance est la plus forte ! » Et depuis trois ans, une petite sœur est née, Badabulle, avec des produits développés spécialement pour la grande distribution. « Là encore, nous faisons office d’agitateurs du rayon puériculture qui manquait cruellement de dynamisme en grande surface », fait valoir Arnaud Thiollier. Aujourd’hui, les trois entrepreneurs pèsent 27 millions de chiffre d’affaires et comptent 50 collaborateurs. « Tout cela grâce à une idée que nous avons eue il y a treize ans », s’étonne encore Arnaud Courdesses.

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Ils ont reçu le Label

Excellence

Depuis 2006, le Club Excellence valorise les plus belles réussites de diplômés du Groupe ESC Clermont. Cela fait maintenant trois ans qu’il affirme sa volonté de créer un lien intergénérationnel en délivrant le Label Excellence à un étudiant de chaque promotion sortante. Cette récompense est le symbole d’une réussite exemplaire tant au niveau du parcours académique que professionnel et elle honore les qualités humaines et les engagements de celui qui se voit primé. Les critères permettant de sélectionner le lauréat, étudiant en dernière année du Programme Grande Ecole, sont les suivants : • Capacité à représenter l’ESC Clermont, à porter haut les couleurs de son diplôme et de ses valeurs • Intelligence sociale de l’étudiant, son esprit Réseau • Qualités humaines et relationnelles • Les performances académiques, c’est un pré-requis • Et la probabilité d’occuper rapidement des fonctions et des responsabilités au meilleur niveau Les jeunes qui reçoivent le Label sont invités aux diverses actions du Club Excellence et peuvent en priorité bénéficier de ce Réseau Premium.

2009

ISSAM BENBELAÏD Volontaire Issam Benbelaïd est pugnace et a su le montrer tout au long de son parcours à l’ESC Clermont. A l’issue de sa première année, même s’il se destine à une carrière financière, c’est dans la vente qu’il effectue son tout premier stage, pour une filiale de L’Oréal. Il se surpasse et remporte le challenge des stagiaires du groupe. En deuxième année, il décide de suivre le cursus MBA de l’université d’Amman en Jordanie, tout en menant de front une étude sur les semences de chevaux d’endurance pour les Haras nationaux. De retour en France, classé en tête de classement en Jordanie, il consacre une année de césure au contrôle de gestion d’une filiale du Groupe Sanofi Aventis située à Singapour. Enfin, pour consolider son parcours professionnel, il opte pour une troisième année en apprentissage chez Areva, à la direction financière du combustible nucléaire. Son apprentissage se finissait en septembre 2009. Trois mois plus tôt, en sus du label Excellence, il obtenait les premiers prix de finance et de stratégie, et était assuré de devenir inspecteur bancaire à la Banque Postale.

2008

CÉCILE TINCHANT 2010

CYRIL GREFFEUILLE Le touche-à-tout En 2007, Cyril Greffeuille est élu président du Bureau des élèves. La première priorité de son mandat est de redonner un nouvel éclat à la vie associative de l’école, mais aussi de remettre les associations sur les rails d’une gestion plus rigoureuse. Son cursus spécialisé dans la finance et l’expertise comptable lui donne les reins solides pour cette mission. Parallèlement à cela, il joue un rôle de tuteur en comptabilité pour les élèves de première année. Entre sa deuxième et sa troisième année, il choisit d’effectuer un stage de contrôle de gestion chez EMI Music à Paris, auprès du responsable en charge du répertoire international, puis, sans transition, enchaîne avec un stage de management administratif et financier… de la cuisine du Sofitel de New York ! Un parcours atypique qui a séduit Deloitte. Dès septembre 2010, il était embauché comme auditeur financier.

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Cursus de luxe Cécile Tinchant est clermontoise. Lorsqu’elle choisit de faire ses études à l’ESC Clermont, ce n’est pas par crainte de l’inconnu, mais bien pour embrasser le monde. Dès la deuxième année, elle s’immerge dans un cursus dispensé entièrement en anglais, puis s’envole pour la Chine dans la province du Liaoning, pour suivre un programme d’échange à l’université de Dalian. Quand elle revient en France, c’est pour effectuer un stage de marketing d’un an à Paris, au sein du groupe Clarins, d’abord chez Azzaro, puis chez Thierry Mugler. Le temps d’un bref stage de vente pour le maroquinier de luxe Bottega Veneta à Paris, et la voici repartie à Glasgow, où elle obtiendra un Master of science in marketing à l’université de Strathclyde. Diplômée en septembre 2008, en pleine crise financière, elle n’a qu’une idée en tête : travailler dans le marketing du luxe à l’étranger. La Suisse offre encore des opportunités. En janvier 2009, Cécile Tinchant débute sa carrière chez Jaeger-LeCoultre, la célèbre manufacture horlogère suisse, en tant qu’assistante internet et CRM. Elle est aujourd’hui chef de projet internet, plus spécialement dédiée au community management, et aux films pour la marque.

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PORTRAITS DE

valeur

P ARCOURS

DE

D IPLÔMÉS

DU

GROUPE ESC CLERMONT -

TOME

1

que sont-ils devenus deux ans après ? ERIC MAUGEIN est toujours Vice Président, Directeur Général LEGO France, Espagne et Portugal. Il a reçu le Prix de l’Excellence 2010 décerné par l’Association des Diplômés du Groupe ESC Clermont. HÉLÈNE ETZI est Directrice générale des Chaînes Disney et Vice-Présidente Marketing Disney France. Elle a reçu le Prix de l’Excellence 2009 décerné par l’Association des Diplômés du Groupe ESC Clermont. JACQUES TAPIERO est devenu Senior Vice President et President des Marchés Emergents, Eli Lilly.

SÉBASTIEN DESITTER continue à développer son

d’Arkema Turquie.

KARINE REYNOUD FABRE est Directrice internationale en charge du développement commercial et marketing international de Twentieth Century Fox - Home Entertainment.

LAURENT DATRIER est toujours Directeur général de la supply chain du Groupe L’Oréal. CÉDRIC PROUVÉ est toujours Group Président International chez Estée Lauder.

ESTELLE COLAS, Directrice associée de l’Agence BETC Euro RSCG, est entrée au Comité de Direction.

RICHARD ROULENDES est toujours Directeur

cabinet d’expertise comptable et de commissariat aux comptes.

commercial, Groupe Danone.

SANDRINE GROSLIER est toujours Directrice

MAURICE ROZET est toujours Président

générale du Groupe Clarins Espagne et Portugal

JEAN-PAUL ROUDIER a été nommé VicePresident, Global Organizational Design & Development de Manitowoc. En charge de la réorganisation mondiale de la branche Foodservice suite à une importante acquisition, il est expatrié aux Etats-Unis depuis début 2010.

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OLIVIER RICHET est toujours Directeur général

d’Alexander Hughes.

BERTRAND FAVRE a été nommé Directeur Associé et travaille aujourd’hui au siège de Procter & Gamble Europe à Genève pour développer les affaires chez un grand compte international. JEAN-MICHEL DEMAISON a été promu Directeur chez Deloitte Conseil.


L’Association des Diplômés du Groupe ESC Clermont, créée en 1920 et actuellement présidée par Etienne Dubois, fédère aujourd’hui 8 000 anciens élèves. L’Association propose à ses membres un réseau d’entraide et de solidarité. Ces relations amicales et d’affaires favorisent les échanges d’expériences, l’appui à la recherche d’emploi et à la gestion de carrières, l’aide aux créateurs d’entreprise... Animé par 80 bénévoles en France et dans le monde, le Réseau des diplômés du Groupe ESC Clermont est présent dans 11 régions françaises ainsi qu’au Royaume-Uni, aux USA, en Chine, en Allemagne, en Suisse et en Belgique. En 2006, l’Association des Diplômés du Groupe ESC Clermont a créé le Club Excellence. Ce dernier constitue aujourd’hui l’atout majeur de développement et de valorisation du Groupe ESC Clermont, lancé dans la compétition internationale sur le marché de l’enseignement supérieur. Le cœur du dispositif Club Excellence repose sur la valorisation de réussites exemplaires qu’elles soient professionnelles ou associatives, sur le décryptage de parcours exceptionnels, conventionnels ou atypiques, comme autant de preuves attachées à la valeur d’une formation et de son diplôme. Les 300 personnalités qui composent le noyau dur et dynamique du Club Excellence constituent une communauté impliquée, solidaire et attentive au devenir du Groupe ESC Clermont. In fine, l’ensemble des actions du Club Excellence s’attache à promouvoir la qualité du diplôme de l’ESC Clermont.

Chefs de projet de l’ouvrage « Portraits de valeur – Parcours de Diplômés du Groupe ESC Clermont » Françoise Roudier (promo 1980) et Florence Saugues (promo 1993)

Nous remercions Michèle Foin (promo 1994), journaliste, dont la plume talentueuse a su retranscrire avec fidélité le parcours des 20 diplômés présentés dans cet ouvrage.

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’ASSOCIATION DES DIPLÔMÉS DU GROUPE ESC CLERMONT EST EN LIGNE SUR

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Conçu et réalisé par l’Association des diplômés du Groupe ESC Clermont, cet ouvrage présente vingt portraits d’anciens élèves aux parcours professionnels contrastés. Chaque portrait atteste de la réalité de la marque et du diplôme ESC Clermont et démontre la qualité intrinsèque d’une formation généraliste reconnue et plébiscitée par les recruteurs, résumée par le qualificatif de « valeur sûre ».

A SSOCIATION

DES

D IPLÔMÉS

DU

G ROUPE ESC C LERMONT , 4

BOULEVARD

T RUDAINE , 63037 C LERMONT -F ERRAND

T ÉL . : 04 73 98 24 26 - associationdipl@esc-clermont.fr www.reseau-esc-clermont.org ISBN : 978-2-85395-090-9 - Dépôt légal n° 1702 - Prix de vente : 15 €

CEDEX

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9 782853 950909

Les diplômés qui se sont prêtés à l’exercice vous feront partager leurs rêves d’étudiants, leurs convictions d’hommes et de femmes managers et quelques uns de leurs secrets. Tous ont en commun leurs trois ou quatre années d’études à l’ESC Clermont et si leur carrière professionnelle les a conduits bien loin du Boulevard Trudaine, il reste à jamais dans leur cœur et leur esprit de la reconnaissance et de l’attachement pour « leur » Ecole.

Profile for ESC Clermont Alumni

Portrait de valeurs TOME 2  

Nouveau portrait de valeurs Tome 2 à feuilletter

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