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Portraits de

valeur

Parcours de Dipl么m茅s du GROUPE ESC CLERMONT


Portraits de

valeur

Parcours de Dipl么m茅s du GROUPE ESC CLERMONT


D

es vingt portraits que vous allez découvrir, il y aura probablement des coups de cœur, des souhaits de rencontres ou bien encore des idées partagées…

Les anciens élèves qui ont accepté de nous livrer leur parcours nous démontrent une chose essentielle : la réussite tient au travail, à des opportunités, certes, mais surtout à l’envie qui pousse à se surpasser. Aucun n’avait une idée préconçue de sa carrière, privilégiant le plaisir de faire et la prise de risque dans certaines circonstances aux voies toutes tracées. Dans tous les cas, ils sont unanimes : la formation reçue à Clermont était suffisamment généraliste pour leur permettre la mobilité fonctionnelle attendue et proposée au fil de leur carrière. Leurs témoignages et leurs réussites attestent que notre Ecole mérite son qualificatif de valeur sûre : un établissement garantissant une formation en sciences de gestion de haute qualité, évoluant de concert avec le monde de l’entreprise. Pourquoi avoir choisi d’intégrer l’ESC Clermont ? Des motivations diverses les ont conduits à cette décision, mais tous ont aimé dans la période des concours les qualités humaines si particulières à cette Ecole, et qui se confirment par la suite. Sont cités tour à tour le tutorat, les relations étroites entre étudiants et enseignants, le respect mutuel, l’hyper dynamisme associatif… C’est donc sans surprise que nos vingt témoins, aujourd’hui au meilleur niveau de l’entreprise, font preuve de modestie, de simplicité et d’humilité, privilégiant pour expliquer leur réussite la valeur travail, le sens de l’effort et l’engagement. Les portraits réunis dans cet ouvrage sont autant de preuves de la réalité et de la consistance de la marque ESC Clermont, beaucoup plus crédibles et légitimes sans doute que bon nombre de campagnes publicitaires déployées aujourd’hui sur le marché des Grandes Ecoles, au risque d’y perdre son âme… Je souhaite à chaque lecteur de prendre plaisir à ces rencontres avec des entrepreneurs, cadres ou dirigeants qui, aux quatre coins du monde, portent haut les couleurs de l’ESC Clermont et de son diplôme, précieux passeport pour réaliser ses projets et vivre heureux, tout simplement ! Laurent Windenberger Président de l’Association des diplômés du Groupe ESC Clermont

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S ommaire Eric Maugein, Hélène Etzi,

Directeur général de LEGO pour la France, l’Espagne et le Portugal............................................................................. 6

Directrice générale de Disney Télévision France................................................................................................................. 8

Jacques Tapiero,

Président de la région intercontinentale, Eli Lilly.................................................................................................. 10

Sébastien Desitter,

Expert comptable et commissaire aux comptes, président du cabinet Desitter.............................................. 12

Sandrine Groslier,

PDG du groupe Clarins Espagne et Portugal................................................................................................... 14

Jean-Paul Roudier,

DRH Europe, Moyen-Orient, Afrique du groupe Manitowoc............................................................................ 16

Hervé Wittenauer,

Directeur général du Pôle Advertainment de Carat Fusion............................................................................ 18

Olivier RICHET,

Directeur général d’Arkema Turquie.......................................................................................................................... 20

Karine Reynoud Fabre, Laurent Datrier,

Directrice internationale du category management, Fox Home Entertainment................................... 22

Directeur général de la supply chain du groupe L’Oréal....................................................................................... 24

Claude Forget,

Directeur général adjoint de Natixis Épargne Financière.......................................................................................... 26

Cédric Prouvé,

Group président international chez Estée Lauder...................................................................................................... 28

Estelle Colas,

Directrice associée, Agence BETC Euro RSCG............................................................................................................ 30

Richard Roulendes, Maurice Rozet,

Directeur commercial de « Danone dans la vie », Groupe Danone............................................................... 32

Président d’Alexander Hughes.................................................................................................................................. 34

Frédérique ClEnet-LEcuyer, Bertrand Favre,

Directeur du circuit hypermarchés de Taïwan, Procter & Gamble............................................................................ 38

Jérôme Laurent, Valérie Blasco,

Directrice du développement et de la communication de SOS Villages d’Enfants.................. 36

Directeur marketing de Go Voyages.................................................................................................................... 40

Management des talents........................................................................................................................................ 42

Jean-Michel Demaison,

Senior Manager chez Deloitte Conseil................................................................................................. 44

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Eric Maugein Directeur général de LEGO pour la France, l’Espagne et le Portugal

Un choix de cœur Il faut imaginer dix adultes assis autour d’une table, perplexes. Devant eux, deux cents briques de LEGO de couleur identique. Ils ont une heure pour construire ensemble l’animal de leur choix…

« Ca marche à tous les coups ! », s’enflamme Éric Maugein, directeur général des filiales françaises, espagnole et portugaise de LEGO. « Notre marque développe la créativité, le plaisir, l’estime de soi. » Et de tendre son portable avec fierté pour prouver qu’il dit vrai : ici la photo d’une girafe géante, là d’un crocodile grandeur nature. Au siège de LEGO France, les collaborateurs jouent beaucoup. « Nos gammes sont très segmentées. Avec près de 250 produits différents, cela demande un sens du détail, et une vraie passion pour cet univers », explique Éric Maugein. Cet enthousiasme, Éric Maugein le transmet à ses équipes depuis qu’il est aux commandes de LEGO France. « À mon arrivée en 2004, la filiale perdait de l’argent. Fin 2005, l’équilibre était rétabli. Depuis, nous avons doublé le chiffre d’affaires. Ici, c’est un peu mon bébé », conclut-il joyeusement.

© Marie Docher

Courage. Cela fonctionne si bien, que le siège lui confie rapidement l’Espagne et le Portugal, qu’il redresse d’une manière tout aussi spectaculaire.

« J’ai mis l’organisation en phase avec ce que nous étions réellement, et non ce que nous rêvions d’être », explique-t-il pragmatique. Son secret ? « La rapidité et le courage. » Le courage de trancher rapidement, pour consacrer toute

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Valeurs. C’est aussi pour relancer Little Tikes Europe que Newel Rubermaid le sollicite en 2002. En un an, Éric Maugein coupe cinq millions de dollars de pertes et s’apprête à relancer l’activité lorsque le groupe lui demande de reproduire la méthode sur une autre de ses filiales, elle aussi en difficultés. « Je n’allais pas continuer ainsi à restructurer sans projet de croissance ! » Il met donc rapidement fin à cette spirale infernale, pour rejoindre le groupe LEGO, avec lequel il se sent davantage en adéquation. « Cette entreprise, tout en plaçant la barre de la performance au plus haut, met autant d’énergie à satisfaire ses consommateurs que ses employés, ses clients, ou ses actionnaires. Un équilibre qui correspond à mes valeurs. » Car pour Éric Maugein, se sentir en adéquation avec ses choix reste la meilleure définition de la réussite.

l’énergie à la croissance. Une leçon qu’il a tirée de ses deux précédentes expériences dans l’univers du jouet. D’abord chez Majorette, en tant que directeur commercial et marketing Europe, puis au sein du conglomérat Newel Rubermaid, à la tête de Little Tikes Europe. Chez Majorette, qui est au bord de la faillite en 1993, Éric Maugein réorganise les ventes et le marketing, remet la logistique et les systèmes d’information à plat. Une aventure passionnante, mais qui ne se fait pas sans heurts. « Plans sociaux, fermetures d’usines, réorganisation des filiales… la mutation est longue et difficile. » S’il réussit, en sept ans, à redresser l’entreprise, il assiste à de vraies souffrances humaines. « J’en ai conclu que les restructurations devaient se faire vite pour laisser place à l’espoir qu’amène un projet de développement. »

t n e n n e i v n o c s u no e n s e s i r p e r t n e ’ d ix s o e r h c u t l u n c u s r e a n c i a t r r e tect é Ce d e l r i o v a s ut a f ite l s I s u é . t r u o e t d u s d e c n s pa cha e d s u l p p u o c beau e r f f o r u e o c de n. o s i a r e d x i o h qu’un c Eric Maugein est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1985. 7


slogan « Nous ne vendons plus d’ordinateurs », signés « IBM Services ». Efficace. Le lancement des premiers téléphones portables destinés au grand public ? Encore elle, pour le compte de France Télécom Mobiles. « En 1997, le marché de la téléphonie mobile était balbutiant. Seules les entreprises l’utilisaient. Il s’agissait de passer d’un outil de travail gris et terne à l’objet de consommation courante qui allait faire rêver les gens. » De son approche marketing sort un petit téléphone jaune vif tout en rondeur, commercialisé avec le premier forfait « OLA ». Résultat : rupture de stocks dès les premières semaines. Dans la téléphonie, il y aura un avant et un après OLA. Quand, en 2000, le rachat d’Orange se profile avec tout son lot d’opportunités, Hélène Etzi préfère ouvrir une nouvelle page blanche et se lance dans l’aventure internet.

Hélène Etzi Directrice générale de Disney Télévision France

Rien ne m’attire plus qu’une page blanche Hélène Etzi n’a pas peur du vide. Son parcours est jalonné de pages blanches qu’elle noircit de ses succès, et tourne au gré des opportunités. La jeune directrice générale de Disney Télévision France n’a jamais eu de plan de carrière : « Le calcul, cela ne m’amuse pas. Ce qui me galvanise, c’est de changer complètement d’univers, de trouver toujours plus de difficultés à surmonter ». Sans doute une leçon tirée de la danse classique, qu’elle pratique depuis son plus jeune âge : « une quête impossible de la perfection, où chaque jour apporte ses remises en question, mais où la récompense prime sur la souffrance. » Cet art, difficile, correspond bien à son tempérament. « Je suis têtue » affirme-t-elle dans un sourire. On veut bien la croire, vu son tableau de réussite.

Diriger. Elle prend la direction marketing d’Easynet. « Épuisant » confie-t-elle, mais passionnant car elle entre de plain-pied dans le management d’une entreprise. En un an, la start-up passe de 60 à 170 personnes. Membre du comité de direction, elle est de toutes les décisions. Il lui faut construire une équipe, la structurer, la faire monter en puissance. On lui confie également la direction commerciale. Un challenge de plus qui n’est pas pour lui déplaire. « Du pur management d’hommes », dont elle tire une règle simple, qui lui sert encore aujourd’hui : « Définir des objectifs clairs, et bien les communiquer ». En 2004,

Défricher. La campagne de publicité qui accompagne le virage stratégique du géant IBM, et qui lui permet de passer d’une image de fabricant d’ordinateurs, à celle d’une société de services ? C’est elle, alors qu’elle est directrice de clientèle d’IBM au sein de l’agence de publicité CFP. Une simple tasse de café fumant, accompagnée du

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Easynet se recentre sur le marché des entreprises. Cette orientation n’amuse plus notre défricheuse. Quand Disney recherche pour sa division télévision une professionnelle du marketing, rompue aux nouveaux médias, Hélène Etzi est la femme de l’emploi. « Pour mes enfants de 8 et 13 ans, j’étais la star ! » Elle obtient les budgets nécessaires à sa stratégie marketing audacieuse, développe l’image des chaînes Disney et investit les nouveaux média. Une fois de plus, elle se retrouve au cœur d’un véritable bouleversement : celui de la convergence des média. Une fois de plus, sa mission est rondement menée. Si bien qu’on lui confie en 2008 la direction générale de Disney TV en France et sur les territoires francophones. Ses enfants avaient bien raison de se réjouir.

er m s a i s u o h t n e , er m s a i s u o h t n e ’ lgré S a m s r u o j u o t et e r o c n e , s e p i . t u e r c e s e ses éq l à l i o v :   e c n e i r é p x e l ’ t les années e

Hélène Etzi est sortie diplômée de l’ESC Clermont en 1986. Elle a complété son cursus d’un DESS de marketing et communication au Celsa à Paris en 1987. 9


puis au siège à Indianapolis où il est en charge de l’Europe. « Je voyageais beaucoup avec le PDG. J’étais devenu une sorte de bras droit des filiales européennes. »

Jacques Tapiero Président de la région intercontinentale, Eli Lilly

Je reste un éternel étudiant

Repartir à zéro. En 1990, il prend le pari de quitter la voie financière pour se lancer dans l’opérationnel. « Il fallait que je comprenne comment le business fonctionne sur le terrain. » Il se fait visiteur médical à Pittsburg, puis chef de produit au siège de la filiale américaine, et enfin chef des ventes à Boston. « J’avais beau être à un niveau plus élevé que les autres, je devais faire mes preuves, et repartir à zéro. » En 1992, son expérience est suffisamment concluante pour qu’il prenne la direction générale

« Après vingt-sept ans, pourquoi es-tu encore chez Eli Lilly ? » A cette question très souvent posée, Jacques Tapiero répond simplement : « À partir du moment où l’entreprise me donne suffisamment d’opportunités, pourquoi chercher ailleurs ? » Une évidence devant l’impressionnant parcours de cet homme de 51 ans, aujourd’hui président d’une région qui couvre tous les pays à l’exception des États-Unis, de l’Europe et du Japon, soit près de 80 % de la population mondiale. « Ma philosophie a toujours été de procéder étape par étape. Avoir de l’ambition, c’est bien. Encore faut-il se prouver que l’on peut y parvenir. » Pour Jacques Tapiero, cela commence très jeune. Il rêve d’étudier aux États-Unis. À la sortie de l’ESC Clermont, il obtient une bourse auprès du Rotary Club de la ville. Direction l’Arizona, où il suit un MBA international à Glendale. Une fois diplômé, son profil intéresse le groupe Eli Lilly qui lui propose une première mission en trésorerie internationale : il doit amener toutes les filiales à informatiser leur gestion de trésorerie. Ce poste lui ouvre les portes du groupe : credit manager à Genève, contrôleur de gestion à Paris,

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ué t i t s n o c s r u o j u to t n o e s u a c n e ise m e r e d s t n e m Les mo . e r è i r r a c a m e d s t r o f s p m e t s le de la Suède. « Ma première grande expérience, à 34 ans », confie-t-il. Il gère une petite équipe de quarante-cinq personnes pendant deux ans et demi avant de se voir confier la direction générale de la filiale brésilienne.

Sommets. Il change alors d’échelle : mille collaborateurs, deux unités de production… « J’ai eu la chance d’être entouré d’un comité de direction très expérimenté. J’ai pris le temps de construire en m’appuyant sur les forces des hommes et des femmes du pays. » Cinq ans plus tard, le voici de retour en France, pour gérer une des plus importantes filiales du groupe, forte de deux mille cinq cents personnes. « Je n’ai pas forcément été le bienvenu au départ, même si je parlais bien le français. Les équipes étaient excellentes, mais il m’a fallu les ressouder. » La France, pays complexe par ses mécanismes

de remboursements, par l’implication des pouvoirs publics, lui offre un excellent terrain d’apprentissage. « Après vingt ans de maison, je me sentais dans la peau d’un éternel étudiant. Il me fallait écouter et gagner ma crédibilité. » En 2004, Jacques Tapiero accède au sommet en prenant la présidence de la région qui concentre l’essentiel de la croissance mondiale de demain. Aujourd’hui, comme hier, son enthousiasme reste entier. « Chaque matin, je me lève porté par cette mission inhérente à notre industrie : contribuer à l’amélioration de la qualité de vie de nombreux patients. »

Jacques Tapiero est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1980. Il a complété son cursus d’un MBA à Thunderbird à Glendale en Arizona (États-Unis), obtenu en 1982. 11


s l i e s n o c s e l e u q s i a s e j , s e é n ur o j s e m les e d s t n n e i i l c s e m A la f e d n u c a h c à s é u i g u i q d o e r c p t i s a e ’ ’ C que j . s e r i a f f a s leur r e s i n n e r é p à . r e i t aident é m e c r e c exer ’ d x u e r u e h me rend

certains entrepreneurs, qui, avec une idée, et de la persévérance, parviennent à monter des projets extrêmement innovants. Aujourd’hui, le cabinet Desitter, situé à Saint-Étienne, compte treize salariés et plus de trois cents clients. « La chance a joué en ma faveur, plaide Sébastien Desitter. L’expert-comptable qui m’a recruté m’a vraiment mis le pied à l’étrier. »

Sébastien Desitter Expert comptable et commissaire aux comptes, président du cabinet Desitter

Un expert à la pointe de l’innovation

Parrain. En choisissant l’ESC Clermont, il opte pour un double cursus école de commerce/ maîtrise de sciences et techniques comptables et financières (MSTCF). À sa sortie, un ancien élève de l’école l’accueille dans son cabinet en tant que stagiaire expert-comptable, et devient pour lui une sorte de parrain professionnel. « Son affaire était très belle. Il avait capté les plus grandes entreprises de la région. Grâce à lui, j’ai énormément appris. » Dès le départ, il est prévu que Sébastien Desitter

« À 18 ans, je m’étais fait une idée très précise de l’expertise comptable et de l’audit. Il s’agissait pour moi d’un métier extrêmement utile, où l’on passe ses journées à conseiller les gens. » Après plus de quinze ans d’exercice, Sébastien Desitter a su rester fidèle à sa vision d’adolescent. Il a toujours un étonnement juvénile devant la diversité de ses clients, devant l’ingéniosité de

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prenne les rênes d’un autre cabinet auquel son patron souhaite s’associer. « Encore une chance énorme, raconte-t-il. Dans ce métier, dès qu’un expert-comptable prend sa retraite, sa clientèle est rachetée par un grand groupe. Il était très difficile pour un jeune comme moi de s’installer à son compte. Cette affaire m’a été servie sur un plateau ! » Depuis son rachat par Sébastien Desitter en 2000, le cabinet a triplé sa clientèle, affiche une croissance annuelle à deux chiffres, et accueille un collaborateur supplémentaire par an. Et la crise ne fait qu’accroître sa notoriété : « Depuis six mois, nous voyons arriver jusqu’à nous d’importantes missions d’expertise et d’audit, de la part d’entités qui se créent ou de structures existantes qui souhaitent changer d’expert-comptable. » Attentif. Sébastien Desitter ne ménage pas ses efforts pour anticiper les besoins de ses clients. Rien à voir avec la chance cette fois. « Beaucoup sont des entrepreneurs soucieux d’optimiser leur fiscalité, mais aussi de préserver leur entreprise en cas de succession, de divorce… », expliquet-il. Pour mieux les accompagner sur ces terrains dont il n’est pas expert, il se spécialise en gestion fiscale, puis en gestion patrimoniale en dehors de son temps de travail. Il tient également à ce que son cabinet soit certifié ISO, « un gage de qualité très apprécié des clients », confirme-t-il. Et depuis quelques semaines, il leur offre la possibilité d’accéder à leur comptabilité en ligne. « Nous sommes parmi les premiers à le proposer en France, s’enthousiasme Sébastien Desitter. C’est le genre d’innovation que les clients attendent et qui permet de se différencier. » Passionné par son métier, il croit foncièrement aux vertus du réseau :

vice-président de la compagnie régionale des commissaires aux comptes de Lyon, en charge de la formation de ses confrères ; fondateur et co-président d’un club de gestion de patrimoine au sein de l’Ordre des experts comptables ; corédacteur du guide comptable des associations… Sébastien Desitter ne compte pas son temps pour faire progresser sa profession, ni son expertise. « À 18 ans, une seule dimension de ce métier m’avait échappée : son intérêt intellectuel, ce qui constitue pour moi un plaisir quotidien. »

Sébastien Desitter est sorti diplômé de l’ESC Clermont et de la MSTCF en 1993. Il a obtenu son diplôme d’expertise comptable en 1999. 13


Sandrine Groslier PDG du groupe Clarins Espagne et Portugal

Déterminée Tout a commencé avec Samuel de Fuller, une griffe très confidentielle que Sandrine Groslier s’était inventée pour sa petite parfumerie. Elle avait huit ans à peine. Marque, logo, filières d’approvisionnement : tout était déjà très organisé. Sa mère, adepte des produits de beauté, lui donnait ses échantillons. « J’écrivais à toutes les grandes marques de cosmétique pour en recevoir davantage, annonçant à chaque fois un nouveau type de peau. » Clarins fut la seule à jamais lui répondre. De ses fréquentes visites à la parfumerie avec sa mère, elle s’en souvient comme de voyages oniriques, emprunts de magie : « les conseillères beauté savaient dépeindre les notes d’un parfum et nous faire pénétrer dans son univers olfactif. Je me rappelle encore du jour où l’on m’a présenté Angel, de Thierry Mugler. Ces effluves gourmandes, ce bleu nuit, ce flacon en forme d’étoile qui ne tenait pas debout, ce nom surprenant… » Un positionnement radicalement différent qui la fait rêver de travailler un jour pour ce parfumeur audacieux. À 35 ans, Sandrine Groslier est aujourd’hui directrice générale du groupe Clarins en Espagne, et présidente de la filiale portugaise.

parfumeurs croulent sous les CV de femmes qui se disent passionnées par l’univers du luxe. Ils commencent généralement à trier en fonction du diplôme. Pour sortir du lot des grandes écoles parisiennes, il convient d’étonner », expliquet-elle. A la fin de sa deuxième année à l’ESC Clermont, Sandrine Groslier décide de profiter

Étonner. Une passion pour la marque qu’elle a su filer jusqu’au bout, à force de ténacité. « Les

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d’un an de césure en entreprise. L’univers est tout choisi : celui des cosmétiques. Mais au bout de plusieurs candidatures sans réponse, elle change de stratégie : « je préférais susciter une réaction, même de rejet, plutôt que l’indifférence ». JeanPaul Gauthier reçoit son CV dans une boîte de conserve, et Guerlain dans un théâtre de poche. Pour Thierry Mugler, elle écrit un conte sur papier luxueux, emballé dans du vinyle noir et profusion de bleu. La réponse est immédiate. Thierry Mugler lui propose un stage de six mois en tant qu’assistante chef de produit. Deux jours après son arrivée, le chef de produit développement démissionne. Elle propose de le remplacer. On lui donne cette chance. « Je créais tous les produits associés aux parfums Angel et Amen : nouvelles fragrances, produits dérivés, outils de relation client… Un stage hors du commun ! » Le temps de finir ses études, et Thierry Mugler l’accueille à nouveau.

42 personnes en France à 300 en Espagne, de succéder à un homme charismatique de 60 ans, dans un pays où la place des femmes à des postes de direction reste encore à conquérir. Aujourd’hui, je suis la seule femme expatriée du groupe, et la présidente la plus jeune. Cette prise de risque, c’est ma fierté, ma victoire. »

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S’adapter. Au bout de cinq ans de développement produit, on lui propose la direction marketing France. « Dans le marketing, tout le monde rêve de faire du développement. Il est rare de revenir vers l’opérationnel », remarque-t-elle. Elle fait néanmoins ce choix qui lui ouvre d’importantes perspectives d’évolution : deux ans après, la voici directrice générale adjointe de Thierry Mugler France. Un tremplin vers la direction générale du groupe Clarins en Espagne qu’elle occupe maintenant depuis août 2006. « Je ne tire pas de gloire de ce titre, mais plutôt du courage que j’ai eu de faire certains choix. Il n’était pas aisé de passer de la gestion de

ler l a r i o v a s t u a Il f s a p e n , l e i t n e s s à l’e , r e l ô r t n o c t u o t vouloir r e l û r b e s e d sous peine les ailes.

Sandrine Groslier est sortie diplômée de l’ESC Clermont en 1997. 15


« Des bijoux de technologies », s’enthousiasmet-il. « Mon père était un ébéniste fasciné par la technique. Il rêvait de me voir ingénieur. J’en ai gardé une attirance pour l’industrie ». En sortant de l’Ecole Supérieure de Commerce de Clermont, il envisageait plutôt une carrière dans le contrôle de gestion. C’est à la Société des eaux de Volvic, en Auvergne, qu’il la démarre… et la clôt définitivement deux ans plus tard. « J’étais obnubilé par l’animation de l’information économique et la communication aux équipes ». Son responsable y décèle certaines prédispositions, et lui confie la gestion des relations sociales de l’usine. « De quoi me forger le caractère », admet-il a posteriori.

Jean-Paul Roudier DRH Europe, Moyen-Orient, Afrique du groupe Manitowoc

Seul à la barre Sa plus grande admiration, Jean-Paul Roudier la réserve à ces fous de navigation, « ces marins héroïques qui tentent l’aventure en solitaire. » La performance physique et mentale, la détermination sans faille alliée à la dose d’humilité nécessaire pour surmonter les dangers de la haute mer le laissent songeur. Une certaine similitude peut-être, avec la position qu’il occupe aujourd’hui, en tant que DRH Europe, Moyen-Orient, Afrique du groupe Manitowoc.

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Responsabilités. « Face aux décisions les plus difficiles, il faut savoir trancher et agir vite. Bien sûr, je prends des avis, des conseils, mais in fine, je reste seul à assumer les conséquences de mes arbitrages. » Angoissant pour certains. Pas pour lui. C’est justement ce qui lui plaît : piloter l’une des dimensions les plus stratégiques de l’entreprise, et sa ressource la plus noble. Car Jean-Paul Roudier croit profondément dans la richesse humaine et sa capacité d’adaptation. « C’est la qualité des hommes et des équipes qui distingue un leader de ses challengers », explique-t-il avec force. Leader. Justement, son groupe l’est, dans le secteur du matériel de levage et des équipements alimentaires.

avoir s t i o d H R Le D x u a é t i l i b i s n e s garder cette e s i s s u a t n a h autres, en sac l ne i , i o u q s n a protéger. S peut pas vivre.

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Détermination. Il apprend toutes les bases du métier dans cette entité de 600 salariés, puis au siège social en région parisienne : relations sociales, recrutement, organisation, formation, gestion des carrières… Les échelons dans la fonction, il les gravit un à un, jusqu’à devenir DRH. « Mais au bout de seize ans d’un même univers, j’ai eu besoin de respirer l’air du grand large ». Nouveau secteur donc, mais aussi nouvelle échelle. En 2000,

Jean-Paul Roudier est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1981. 17

le Groupe Potain le recrute pour dynamiser ses ressources humaines sur le plan international. Un an plus tard, l’Américain Manitowoc rachète le groupe, puis, en 2002, s’empare de Grove, le spécialiste des grues mobiles et en 2008 d’Enodis, leader de l’équipement pour la restauration. Il revient à Jean-Paul Roudier de rationaliser ces entités en Europe, avec à la clé un important projet de restructuration et d’harmonisation de la politique RH. Aujourd’hui, Manitowoc compte plus de 4 000 salariés et onze usines en Europe. « Si la gestion des hommes reste la même, le passage à une dimension internationale apporte beaucoup de complexité à la fonction. » Mais ce virage, il ne le regrette pas. « J’apprécie à quel point mes décisions peuvent faire la différence sur la performance de l’entreprise », lance-t-il avec une détermination qui n’a d’égal que son profond respect d’autrui. « Ecoute permanente et considération de l’autre constituent en toutes circonstances le socle de mon action. Une ligne de conduite indispensable pour construire des relations pérennes et asseoir sa crédibilité ». Son entourage admire sa force de travail. « Mes parents m’ont transmis des valeurs essentielles de courage et d’engagement qui m’ont guidé dans l’action », admet-il. Jean-Paul Roudier n’a jamais navigué. Il aurait pu.


la brigade financière. Tous ses amis sont experts comptables, un statut dont il rêve pour son fils. L’idée fait son chemin dans la tête du jeune Hervé. Consciencieux, il se renseigne sur ce métier, et choisit d’intégrer l’ESC Clermont, une des rares écoles de commerce qui propose de préparer en parallèle une maîtrise de sciences et techniques comptables et financières (MSTCF). « Dès les premiers cours de comptabilité, j’ai senti que je m’étais fourvoyé, se souvient-il. J’ai donc arrêté la MSTCF. Par acquit de conscience, en deuxième année, je choisis néanmoins les modules de contrôle de gestion. » Jusqu’à ce qu’une amie lui glisse entre les mains un test distribué en cours de publicité : « Êtes-vous fait pour la pub ? » A 100 %, lui révèle le test.

Hervé Wittenauer Directeur général du Pôle Advertainment de Carat Fusion

Êtes-vous fait pour la pub ? Il est certains rêves d’enfant impossibles à enfouir, et qui ressurgissent malgré tout, impérieux, sans appel. Tout petit, Hervé Wittenauer rêvait de faire de la publicité, « comme Séguéla ». La Citroën qui décolle du porte-avions est restée gravée dans sa mémoire d’enfant. Seulement voilà : son père dirige

Revirement. Il fait tout pour rejoindre ce cours optionnel, très convoité par les étudiants, et abandonne sans regret le contrôle de gestion. Mais son père est tenace. Mettant sa vocation à l’épreuve, il conditionne le financement d’un an de stage à Paris, en agence de publicité, à une expérience préalable de six mois dans une banque de sa région. Une traversée du désert, avant de rejoindre l’agence BDDP, « la plus créative de toutes », au sein du département média. Il ne devait plus connaître l’ennui. Son service militaire, il le fait dans la communication, l’année où l’armée se professionnalise. Campagnes de publicité, achat d’espaces, voyages de presse… tout cela ne lui suffit pas. De 19 à 23 heures, il enchaîne.

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ble a t i r é v e L . e cid u l e t s e r e j , e ssit u é r me e d l i e t r è i E t a . m e i v n E a s e d n i f a l t à i a f e l n o , ir. n r u o c bila r a p à n i em h c g n o l n u e reste encor Cette fois pour une société éditrice de logiciels pour l’affichage, dont il doit tester l’ergonomie et concevoir les modes d’emploi. Un sésame pour Optimedia, la filiale achat d’espaces du groupe Publicis, qui cherche à structurer son planning stratégique. « Pendant deux ans, j’ai géré tous les appels d’offre. J’étais de toutes les compétitions, en prise directe avec les managers de la structure. Passionnant. Prenant. Il m’est arrivé de travailler jusqu’à 120 heures par semaine. » Quand son corps se met à trembler, il décide qu’il est temps de changer de rythme. Deux jours plus tard, il est embauché par Carat Sponsorship en tant que directeur des études. « Je m’étais pourtant juré de ne jamais travailler pour Carat dont la réputation de dureté était légendaire. » Une réputation seulement. En 2008, il en fait toujours partie. Il avoue même un attachement profond pour cette société qui a su l’accompagner dans son évolution.

Ascension. Directeur des études, directeur conseil, directeur du développement et de la diversification, directeur général adjoint : rien ne semble l’arrêter. En janvier 2007, lorsque le groupe Carat réunit cinq de ses agences pour répondre aux besoins spécifiques de ses clients challengers, Hervé Wittenauer prend la direction générale de la partie Advertainment du nouveau pôle de communication, Carat Fusion, fort de 117 personnes. Sa mission est d’y développer la création de contenu via la production de programmes et la publicité. « Le

jour où j’ai commencé à recruter des directeurs artistiques pour Carat Fusion, j’ai su que mon rêve devenait réalité. » Il ne lui reste plus qu’à faire décoller les voitures.

Hervé Wittenauer est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1997. Il a complété sa formation d’un master Média Entertainment à l’Essec, en 2008. 19


avait besoin d’une expertise commerciale que je venais combler. » Un « couple » qui fonctionne merveilleusement. Si bien qu’Olivier Richet est promu business manager au bout de deux ans. « J’avais la responsabilité commerciale et marketing du produit, mais aussi de la R&D et de tout le business plan. » Trois ans plus tard, on lui propose le même poste, mais pour des produits utilisés dans le traitement de l’eau. « Le volet R&D y était beaucoup plus important, avec une forte adaptation aux besoins du client. » Un passage qu’il avoue difficile, mais qu’il franchit avec l’aide d’un technicien. En 2001, Olivier Richet est pressenti pour remplacer le directeur des ventes Europe, qui part à la retraite. « Je revenais au terrain, mais cette fois, avec une forte dimension managériale. » Il occupe cette fonction pendant sept ans, son périmètre géographique s’agrandissant constamment. De l’Europe, il prend la responsabilité des États-Unis, puis de tous les continents, excepté l’Asie.

Olivier Richet Directeur général d’Arkema Turquie

Un choix de cœur Olivier Richet a toujours eu un faible pour le monde industriel, et apprécie au plus haut point la compagnie des ingénieurs. « En sortant de l’ESC Clermont, l’idée de travailler dans la grande distribution me faisait fuir en courant, et je n’avais aucune passion pour l’audit et le conseil, qui attiraient tous mes camarades de promotion », explique-t-il. Il choisit donc la voie de la différenciation : « J’avais des atouts commerciaux à faire valoir dans des secteurs à forte dominante technique. » Elf Atochem, la filiale chimie du groupe Elf, trouve ces arguments à son goût et lui propose un poste d’ingénieur commercial. Pendant quatre ans, il sillonne le quart ouest de la France pour vendre des produits chimiques de commodités. « Je me suis senti très à l’aise. Mon secteur pesait près de cent millions d’euros de chiffres d’affaires, ma clientèle était diversifiée, j’avais beaucoup à apporter. »

Epanouissement. Fin 2007, sa société, devenue depuis Arkema, lui offre la bouffée d’oxygène dont il sentait avoir besoin : la direction générale de la filiale commerciale turque. Olivier Richet accepte, sans hésiter, et ne le regrettera pas. « En France, je commençais à me sentir englué dans des problèmes opérationnels et managériaux, dans un secteur malmené par les restructurations. La Turquie, au contraire, est un marché à très fort potentiel, depuis lequel nous desservons le

Complémentarité. Puis, une des divisions le repère et lui confie la gestion des ventes Europe du styrène. « J’étais l’adjoint du business manager. Le chef de produit, un brillant polytechnicien,

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Moyen-Orient, la Roumanie et la Bulgarie. Et puis les Turcs ne tergiversent pas une fois la décision prise. Ils avancent avec un sens très poussé du service. » Ce déracinement, il l’a vécu comme un épanouissement, y compris familial. Aujourd’hui, il vit à Istanbul, avec sa femme et ses trois enfants qui l’ont accompagné dans cette aventure en juillet 2008 : « Tout était à recréer. Cela m’a fait beaucoup progresser. Non seulement j’ai changé de pays, mais c’est comme si, de surcroît, j’avais changé de société. »

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la s n a d t n e l l i a av r t x u a i c r e m m s o u c o t s l à i f o , r r p e t r e o d p ap à Peu p u o c u a e b t tan r u o p t n o s l I chimie. les niveaux. Olivier Richet est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1989. 21


Petite fille, Karine Reynoud Fabre voulait devenir présidente de la République. Un rêve qui ne hante pas souvent les cours de récréation, mais qui annonçait déjà son anticonformisme. À vingt ans, ses ambitions politiques ont laissé place au pragmatisme. Elle vient de finir son cursus à Sup’de Co Clermont. Après un brillant stage de fin d’études chez Alcatel où elle met en place la première politique merchandising de téléphonie grand public, elle tourne le dos aux sirènes du marketing, pour devenir chef de secteur chez Kronenbourg. « La vente de bière ne fait rêver aucune femme. Personne ne comprenait ma décision, expliquet-elle. Ma seule conviction était que j’avais intérêt à faire de la vente dans le secteur de la grande consommation. Je voulais une expérience terrain. Ma priorité était donc de trouver une entreprise formatrice, et sans doute moins élitiste, dans laquelle j’allais pouvoir m’épanouir. Jamais je n’ai regretté ce choix qui m’a permis d’asseoir mon expertise de la grande distribution, l’une de mes forces encore aujourd’hui. »

Karine Reynoud Fabre Directrice internationale du category management, Fox Home Entertainment

Croire en ses choix

L’esprit d’entreprendre. Et puis la vente, elle aime vraiment cela. En trois ans, Karine Reynoud Fabre forge ses armes de négociatrice avec la grande distribution et aspire rapidement à plus de responsabilités. « Trop jeune » lui répond sa direction. Qu’à cela ne tienne. Elle accepte une proposition de Monsanto, et devient directrice régionale pour les produits de jardinage grand public. Sa mission : aider les distributeurs à

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ts. n a l f n o r s e r t i t s e l t n e t r o p m i ’ Peu m . e v i t o m e m e i Seule l’env

optimiser le rendement de leur rayon jardinage, à l’aide des techniques de category management. « Une approche partenariale qui tient compte de la stratégie du distributeur en termes de promotion, de logistique et d’achat », expliquet-elle. Là encore, elle n’est pas conformiste. Plus qu’une référence sur son CV, Karine Reynoud Fabre cherche un esprit d’entreprendre : « une structure courte, orientée résultats et qui réagisse vite. » Une option gagnante puisque Monsanto lui fait immédiatement confiance : « un mois après mon embauche, je négociais seule un contrat avec Casino France. Un an après, on me confiait la direction nationale des ventes et me laissait piloter la mise en place du category management en Europe, l’un des trois plus gros projets de la société ! » Décliner les meilleures pratiques de category management en Europe : c’est pour ce savoir-faire prisé que les whiskies Ballantine’s la courtisent en 1998, puis les parfums Coty en 1999, et tout récemment Fox Home Entertainment, en 2008, qui lui confie la direction internationale du category management.

De l’enthousiasme à revendre. « À chaque fois, je me suis retrouvée en lice avec le « candidat idéal » : un ancien directeur commercial, ayant travaillé chez Procter & Gamble, Unilever ou L’Oréal, et diplômé d’une grande école parisienne. » À chaque fois, elle a su susciter l’enthousiasme pour son parcours différent. Mais si ses yeux pétillent en permanence, elle ne cache pas sa grosse puissance de travail et son sens du devoir « sans doute auvergnat ». Pragmatique, elle garde la tête froide : « je n’ai jamais été aveuglée par les promesses de carrière. Je sais que tout cela reste très éphémère. Si j’essaie de garder un cap, guidée par des valeurs de transparence et de courage, ma force, je la puise dans ma famille, mes enfants. À 40 ans, je suis fière d’appartenir à cette première génération de femmes ayant enfin pu concilier carrière réussie et famille épanouie. »

Karine Reynoud Fabre est sortie diplômée de l’ESC Clermont en 1991. 23


Laurent Datrier Directeur général de la supply chain du groupe L’Oréal

Rester vrai « Le marketing ne m’a jamais inspiré. Son côté irrationnel m’inquiète plus qu’il me rassure ! » Il est 8h00 du matin, au siège du groupe L’Oréal. Celui qui blasphème ainsi n’est autre que le directeur général de la supply chain du groupe. Laurent Datrier a le parler vrai et l’accueil sympathique. Son non-conformisme, il le revendique. C’est que ce poste clé, on ne lui a pas confié par hasard : « la direction générale est venue me chercher pour réconcilier deux mondes très cloisonnés dans le groupe : la production et les affaires. » Une longue aventure, qui a commencé en 1989. Les Laboratoires Vichy, dont le groupe L’Oréal détenait alors la majorité des parts, cherchaient à réorganiser et rationaliser leur outil industriel. Ils avaient entendu parler de Laurent Datrier. « J’avais consacré mes premières années d’expérience en Auvergne à des restructurations drastiques en milieu industriel. L’Oréal, je connaissais à peine. »

s’arrête. Les commandes d’armement s’effondrent. Le groupe Thomson décide alors de céder ses usines à un sous-traitant automobile ; je deviens le contrôleur financier de la nouvelle société ainsi

Cost killer. Trois ans auparavant, Laurent Datrier avait en effet opté pour un groupe puissant : Thomson-Brandt Armement. Il y était entré comme contrôleur de gestion d’une des deux usines en Corrèze. « À peine arrivé, le conflit Iran-Irak

créée. Passer de l’armement à l’équipement automobile ne se fait pas sans conséquence pour l’emploi. Le plan social est draconien et touche 60 % des effectifs. » Suivent des années

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extrêmement difficiles, mais formatrices : mouvements sociaux importants, pressions politiques de toutes sortes… L’équipe en place surmonte, restructure. « De toute façon, c’était ça ou fermer », explique-t-il, tout en admettant qu’il lui serait difficile aujourd’hui de revivre cette période : « La jeunesse apporte une certaine dose d’inconscience… » C’est cette détermination que le DRH des Laboratoires Vichy vient donc chercher en 1989, en lui proposant un poste de directeur financier. Sept ans plus tard, l’usine des Laboratoires Vichy est parmi les plus performantes du groupe. Mais Laurent Datrier sent qu’il lui faut opérer un virage stratégique dans sa carrière. « J’étais devenu un homme installé à Vichy. Je le serais sans doute resté si je n’étais pas « monté à la capitale », pour me faire connaître et construire mon réseau. » Atypique. En 1996, il accepte donc le poste de directeur administratif industriel des sept usines des divisions luxe et cosmétique active. Une stratégie gagnante puisque 18 mois plus tard, il y fait une rencontre décisive. Le directeur général de Biotherm, séduit par son franc-parler, lui propose de le rejoindre en tant que directeur financier de Biotherm international. Il devient son bras droit. « Chez L’Oréal, il est très rare de passer de l’industrie aux affaires. Tous les grands patrons sont issus du marketing. » Ce qui valorise d’autant plus son parcours atypique, et lui permet d’obtenir la direction des opérations de la division luxe en

Laurent Datrier est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1982. 25

de n o m e c s n a D xe, e l p m o c t e n i a t incer t i g a ’ s l i ’ u q es l , e l b i s i l e r d de ren la e d s t o m s e r t î ma e n i l p i c s i d a l t réussite son . et la simplicité 2001, « à la charnière entre l’industrie et le business », puis la direction générale de la supply chain en 2007. « Dans un monde un peu aseptisé, L’Oréal recherche des personnalités. Depuis le début, je mets un point d’honneur à rester moi-même, en toute transparence, et simplicité. » Des qualités très appréciées en ces temps de crise…


Épargne Financière, la plate-forme d’appui à la distribution d’OPCVM des réseaux de la Caisse d’Épargne et des Banques Populaires.

Claude Forget Directeur général adjoint de Natixis Épargne Financière

Nuance. Quand on lui parle de sa réussite, Claude Forget perd soudain son air enjoué et rectifie. « Jamais je n’ai considéré avoir atteint un sommet, car dans la vie, rien n’est blanc ou noir. Tout est nuance de gris. J’essaie juste que le gris de ma vie se rapproche chaque jour davantage de la nuance que j’aime. » Une vraie philosophie du quotidien, dont son parcours témoigne. Issu d’un milieu modeste, il poursuit des études supérieures, grâce à une bourse de la CCI de Clermont Ferrand. Jeune diplômé en 1987, il ne sait vraiment pas vers quoi se tourner. « Poursuis ta formation sur le terrain, va dans le dur, tente le métier le plus éloigné de ce que tu aimes faire », se dit-il. Il opte pour la banque d’entreprise, qui demande rigueur et technicité et devient chargé de clientèle au Crédit de l’équipement des PME (CEPME) à Clermont Ferrand. « J’y ai découvert le match de la vraie vie et le respect dû aux entrepreneurs », admet Claude Forget. Deux ans plus tard, il encadre une équipe de commerciaux en Ile-de-France. Au bout de cinq ans, il s’apprête à poursuivre des études d’expertcomptable quand on lui propose une mission

Ma passion est dans le quotidien ! De ses années étudiantes, Claude Forget a gardé son regard malicieux, comme s’il s’amusait encore d’avoir endossé le costume improbable du banquier. Ceux qui l’ont côtoyé à l’ESC Clermont pourraient certainement s’en étonner : irruption dans le bureau du directeur, accompagné de Marthe Mercadier, organisation d’un défilé de mode, tournée des stades pour remporter deux années de suite la coupe de France de football des grandes écoles, rappels aux règles de discipline… En 1987, peu auraient parié sur son avenir prometteur dans la finance. Et pourtant… en vingt-deux ans, l’indiscipliné a parcouru du chemin, poussé par ses envies et sa curiosité insatiable. Il est aujourd’hui directeur général adjoint de Natixis

r e p p o l e v é d s n o v de s u o n e u q e c n ige . x e r i n ’ e l v a t e ’ l r u e r u u po V La rig C r u e l l i e e m l t n e t s e r i u h aujourd’ 26


d’audit et de conseil en Bélarus pour le compte de l’Union européenne. Il revient un an plus tard, à la direction du développement du CEPME. Contre-courant. Alain Juppé lançait alors un appel à projet innovant pour renforcer les fonds propres des entreprises. Claude Forget s’en empare. En s’inspirant d’une expérience canadienne, il conçoit un produit audacieux pour l’époque : un prêt sans garantie, en contrepartie de royalties sur le développement de l’activité. « Mon idée fut accueillie dans un scepticisme général, car la pensée dominante était qu’une entreprise ne rembourse pas un prêt sans garanties. Mon constat était qu’un entrepreneur ne trahit pas ses fournisseurs. » Son président lui donne carte blanche. Six mois de négociation sont nécessaires pour obtenir des actionnaires les cent millions de francs nécessaires au lancement du projet. Il développe ainsi les Contrats de Développement pendant deux ans, jusqu’à ce que Marylise Lebranchu, secrétaire d’État aux PME, le sollicite pour devenir conseiller technique banque et PME au sein de son cabinet. Une proposition qui ne se refuse pas : il y découvre les arcanes de la vie politique et met au point, en partenariat avec les banques, le Prêt à la création d’entreprise (PCE), qui est devenu depuis le produit phare du financement des petits projets. Mais sa carrière ne sera pas politique. En 2001, il rejoint la direction du marché des PME de la Banque Fédérale des Banques Populaires, et devient directeur de la planification stratégique en 2005. En juillet 2008, il est nommé DGA de Natixis Épargne Financière, en charge des équipes du marketing, de la

Claude Forget est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1987. 27

communication et des systèmes d’information. Au cœur d’un des métiers les plus impactés par la crise, Claude Forget précise son rôle : « Dans cette tourmente, je fais en sorte de donner du sens à nos actes. Je veux que mes équipes gardent leur enthousiasme et leur ouverture d’esprit pour continuer à innover. À terme, il y aura ceux qui auront surmonté cette crise… et les autres. »


Cédric Prouvé Group président international chez Estée Lauder

Ma valise est prête « Mes enfants sont des citoyens du monde. Ils n’ont pas de racines, si ce n’est leurs parents », admet Cédric Prouvé, avec une pointe de fierté dans la voix. Londres, Kansas City, Hong Kong, Miami, Singapour, New York, Tokyo… autant de villes qui ont jalonné sa vie, dédiée toute entière à « l’international ». Tant est si bien qu’aujourd’hui, chez Estée Lauder, on oublie même qu’il est français. À 17 ans, son bac en poche, il part un an aux États-Unis pour perfectionner son anglais. Il en revient fasciné par l’Amérique. Admis à l’ESC Clermont, il suit toutes les options liées au commerce international, part un semestre à Londres et inaugure le partenariat avec Kansas University, dont il obtient un master en marketing.

r, u e l a v a l e d r ée J’essaie de cr oit. v n e ’ n e r t u a d’ e n n o s r e p ù o là 28


Partir à tout prix. Au moment de chercher du travail, en 1985, il n’a qu’un seul credo : partir à l’étranger. « Mais aucune société n’était prête à prendre le risque d’expatrier un jeune sans expérience. » Sauf une : L’Oréal. La seule à lui donner sa chance, mais qui exige au préalable un an de terrain en France. Un délai beaucoup trop long pour ce jeune impatient. « Ma valise est prête » : c’est ainsi qu’il conclut chaque semaine ses rapports de suivi. « Au bout de six mois, ils m’ont proposé un poste. J’ai accepté avant même de savoir où c’était. » Direction l’Asie. Hong Kong. Cédric Prouvé doit y développer l’implantation des marques de luxe dans les magasins duty free d’Asie. « Tout était à construire. Le marché démarrait. » Au bout de cinq ans, il se laisse tenter par Miami. Même mission, cette fois pour l’Amérique, du nord au sud. Son équipe grossit, et avec elle sa capacité à comprendre les différences culturelles. « Je passais de la retenue asiatique au comportement très émotionnel des latinoaméricains. Il a fallu que je m’adapte. » Intégration réussie puisqu’il y rencontre son épouse, d’origine hondurienne. Ses deux fils naissent peu après, à Hong Kong, où il est rappelé pour diriger l’activité duty free Asie-Pacifique.

stratégique permettait d’aller au-delà du prix, et de s’interroger sur la meilleure façon de vendre des produits de luxe aux voyageurs. Elle m’intéressait davantage. » Estée Lauder est coté en bourse fin 1995. En découle une stratégie de croissance externe dont profite Cédric Prouvé qui devient patron du travel retail mondial en 1997. Il s’installe au siège, à New York. En 2000, nouveau déménagement. Cette fois pour Tokyo où il prend la tête de la filiale japonaise. « Deux ans. À peine le temps de goûter à la poésie des idéogrammes japonais, puis je suis rappelé à New York, cette fois pour occuper le job de mes rêves. » En 2003 on lui confie la présidence de l’activité internationale du groupe, qui pèse alors 40 % d’Estée Lauder. Elle en représente aujourd’hui près des deux tiers. « J’ai eu la chance d’être sur des créneaux porteurs », tente-t-il de justifier, puis se ravise. Aujourd’hui, son fils aîné a 17 ans. L’âge qu’il avait au moment de prendre un passeport pour le monde. Ses hésitations le renvoient à son propre cheminement : « je crois surtout que j’ai su prendre des risques. Laisser passer de telles opportunités aurait été criminel. » Cela ne tombera certainement pas dans l’oreille d’un sourd.

100 % luxe. En 1994, Estée Lauder le débauche pour son marché asiatique. Exit le « duty free ». Place au « travel retail ». « Cette approche

Cédric Prouvé est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1982. Il a complété son cursus d’un Master of Science en marketing research et marketing management à Kansas University en 1984. 29


HDM recherche un chef de groupe pour Peugeot. Elle sait pertinemment que ce n’est pas pour une débutante, mais postule néanmoins et mise tout sur la forme pour se faire remarquer. Sur un CV géant, elle use et abuse des codes de l’automobile, une de ses nombreuses passions. Le résultat est immédiat. Elle décroche son premier poste de chef de pub pour Peugeot France. Deux ans plus tard, elle travaille pour Peugeot International et participe au lancement de la 406. Puis l’agence remporte le budget des Galeries Lafayette. « La mode me

Estelle Colas Directrice associée, Agence BETC Euro RSCG

Provoquer la chance Estelle Colas dégage un savant mélange de douceur et de détermination. Dans les bureaux parisiens de l’agence BETC Euro RSCG, elle est connue pour son courage sur les dossiers difficiles mais aussi pour son management de dialogue. C’est avec une certaine fierté qu’elle fait visiter ces locaux baignés de lumière, ces volumes audacieux dédiés à la création, ces terrasses qui dominent tout Paris… Estelle Colas, directrice associée, est dans son élément, et cela se sent. « J’ai toujours su que je voulais faire de la publicité », expliquet-elle. Les salons, les tournages, les prises de vue : toute petite déjà elle s’est imprégnée de leur ambiance survoltée, grâce à sa mère, directrice de la communication de 3M Europe. Au moment de faire ses choix d’orientation, l’école de commerce s’impose naturellement. Elle entre à l’ESC Clermont en 1987. Trois ans plus tard, la Guerre du Golfe éclate. « Il n’y avait pas pire moment pour postuler dans une agence. Tous les budgets étaient gelés. Les embauches se faisaient au compte-gouttes. » Culot. Estelle Colas ne se démonte pas. Elle repère une annonce dans le magazine Stratégie : l’agence

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passionne littéralement. Je suis tous les défilés, je lis le journal du textile, j’adore les accessoires… » Elle sait le faire valoir… et devient chef de groupe sur les Galeries Lafayette. Plaisir. En 1996 commence pour elle une sorte de parenthèse enchantée. Son mari est muté à Cincinnati aux États-Unis dans des conditions d’expatriation de rêve. En tant qu’épouse, elle profite des possibilités offertes par l’entreprise pour se nourrir de tout ce qui la passionne, vingt mois durant : cours de peinture, aquarelle, pastel, sculpture sur pierre, histoire de l’art, école de mode… Puis son mari repart pour Bruxelles. « J’avais beaucoup reçu, mais peu donné. Je souhaitais reprendre pied dans le monde du travail. » Elle décroche le budget Côte d’Or au

sein d’une petite agence bruxelloise. La marque de chocolats est suivie en France par BETC Euro RSCG. Le moment venu, elle saisit l’opportunité d’un départ pour se placer sur ce budget à Paris. Depuis 2003, elle partage son temps entre une grande marque alimentaire et Veolia Environnement, et manage une dizaine de personnes. Elle fait maintenant partie du top management de l’agence. Sur son parcours professionnel, elle pose un regard serein : « Tout s’est tracé naturellement, avec une fluidité déconcertante. » Sa détermination aura fait la différence.

. s e s o h c s e d é t ô c n o b n u s r u o dir. j n a r g e r i a f Il y a tou s ou n r u o p à l t n o s s é t l u c i f f i d s e L

Estelle Colas est sortie diplômée de l’ESC Clermont en 1990. 31


en interaction avec d’autres êtres humains. » Une éthique de travail, des valeurs de solidarité et d’engagement, qui trouvent un terrain fertile au sein du groupe Danone. Embauché à la sortie de l’école en tant que chef de secteur, Richard Roulendes y gravit les échelons avec une régularité de métronome. « Je suis un compétiteur dans l’âme, avoue-t-il. J’ai besoin de challenges pour m’épanouir. »

Richard Roulendes Directeur commercial de « Danone dans la vie », Groupe Danone

Compétiteur dans l’âme « En classe de sixième déjà, mon déguisement préféré était le costume-cravate-attaché caisse ! » se souvient Richard Roulendes, directeur commercial de la division « Danone dans la vie », qui regroupe les activités mondiales de Danone hors domicile. Convaincre, développer ses idées, représenter : Richard Roulendes voit très rapidement dans la vente un vecteur d’ascension sociale. « Je suis issu d’un milieu ouvrier. Le côté apparat de la fonction commerciale, ce rôle qu’il faut jouer pour convaincre, m’ont toujours attiré », avoue-t-il. Il se tourne donc vers un DUT en technique de commercialisation, puis vers l’ESC Clermont, où il se passionne pour la distribution et les ressources humaines. « Les techniques de persuasion, c’est bien, mais cela se fait toujours

Immersion. De ses deux premières années, il s’en souvient comme d’une immersion totale mais aussi comme d’une école de solidarité. « Il n’était pas rare d’aider ses collègues à implanter un magasin toute la nuit, et de se retrouver au petit matin autour d’une soupe à l’oignon. » Il sort de cette expérience avec la volonté d’encadrer lui aussi une équipe. Au bout de trois ans, il devient chef des ventes à Nice. Une équipe de vendeurs qu’il fallait remotiver. « Ce que vous ne faites pas au début, vous ne le faites jamais. » Il impose son style de management, un savant mélange d’écoute et de fermeté, et obtient leur confiance en quelques mois. Puis il est appelé au siège, à Paris. Sous la responsabilité du directeur d’enseigne de Carrefour,

ion t c a e n u i o m ur o p e t s e r % 80 à e é n e m n . o e i l t b i s s e c c Une ac a r e t s t re i o d f i t c e j b o réussie. L’ 32


il gère le category management pour ce plus gros client français. « Il m’a fallu me battre pour faire

mes preuves, et surtout travailler, travailler… ». Richard Roulendes fait table rase de ce qu’il sait et s’adapte. Un challenge à sa hauteur, puisque deux ans plus tard, il se voit confier la direction régionale parisienne, la plus importante de France pour le groupe.

Richard Roulendes est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1991. 33

Valeurs. « Le pas est énorme, confie-t-il. Je rentrais dans la cour des grands. » Mais son plus grand plaisir reste de faire progresser ses collaborateurs. « Chez Danone, la performance n’est pas qu’individuelle. Un vendeur extraordinaire qui marche sur les autres n’a aucune chance d’évoluer. » Des valeurs qui lui réussissent plutôt bien : au bout de deux ans et demi, il prend la direction de l’enseigne Carrefour, puis, deux ans plus tard, la direction du développement commercial de Danone en France. Mais il manquait une dimension internationale à sa carrière. Depuis 2008, c’est chose faite : « Je gère les relations de Danone avec les grandes chaînes internationales d’hôtels, de restaurants, de stations services… Je passe la moitié de mon temps à l’étranger, j’apprends les différents modes de communication et de négociation. C’est passionnant ! » Ce qui ne l’empêche pas de pratiquer son sport favori : la course à pieds. « Je cours cinq fois par semaine. Où que je sois, j’ai toujours mes affaires avec moi. » Son objectif ? Se qualifier pour les championnats de France qui nécessitent de parcourir 10 km en moins de 37 minutes. « Je suis à 37,30 minutes, assène-til, déterminé. Tout mon plan d’entraînement est sur cette trentaine de secondes. » Nul doute qu’elles ne lui résistent très longtemps…


Maurice Rozet Président d’Alexander Hughes

Réussir, en toute discrétion « Je n’aime pas parler de moi. Ce que je suis n’a aucune importance. Parlons d’Alexander Hughes », confie Maurice Rozet après avoir détaillé son parcours en un temps record. Pourtant, face à ce personnage charismatique, président de la première firme française de « chasse de tête », les questions vous brûlent les lèvres. Comment devient-on chasseur de tête ? Comment mène-t-on son entreprise sur la voie du podium européen ? Comment reste-t-on indépendant dans un secteur dominé par les Américains ?... La réponse tient peut-être en une phrase : « J’ai un tempérament à avoir du tempérament. » C’est en 1978 qu’il décide de créer son cabinet de recrutement par approche directe. Il a 29 ans et aucune expérience du recrutement. « J’avais déjà vendu, déjà négocié : ces atouts me suffisaient ! » Quelques années à l’Aérospatiale, où il met sur pied le premier plan stratégique à moyen terme, suivies de deux ans à la direction financière de Herz, puis d’un bref passage à la tête d’une filiale de financement du groupe Fruehauf, équipementier en transport routier, et le voilà prêt pour créer CPM Search. Son entreprise croît et embellit en France. Mais ce métier n’a pas

de frontières. Maurice Rozet s’adosse à un réseau international qui finit par se dissoudre en 1989. Il lui faut donc retrouver une assise, au moins européenne. Croissance. Petit à petit, il tisse sa toile en Europe, rachetant des concurrents, montant ses

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en s a p z e t s e r e n , t n a v a n e s a p t z n e e t t u e q i m l p p s u a o v i u e q x “N u e c p u o c u a e b e ir m . e d l a l e n ’ n j o i s : s e f ” o e r r arriè r réussite p u e l s n a d s i o n ce proverbe chi propres bureaux. En 1998, il rassemble tous ses collaborateurs sous la bannière Alexander Hugues, du nom d’une firme mondialement connue qu’il a acquise en Angleterre. Parallèlement, Maurice Rozet est à l’origine d’un réseau international d’approche directe, couvrant ainsi les continents américain et asiatique. Aujourd’hui, Alexander Hughes compte quarante bureaux en Europe, et cent vingt consultants. Une entreprise dont le capital est resté familial, dans un métier d’associés. Encore une de ses singularités qui n’évoluera pas de sitôt : « Je suis un père heureux ! Mon fils nous a rejoints il y a quatre ans », lance Maurice Rozet, avec une pointe de fierté dans la voix. Sa succession est donc bien assurée… pour un avenir qu’il espère le plus lointain possible, car il n’est pas prêt de décrocher des affaires. « Mon fils garde les responsabilités opérationnelles. Je m’occupe du développement. »

Maurice Rozet est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1971. 35

But ultime. Depuis le début, son objectif est de figurer au podium des firmes européennes. « Je m’étais fixé une échéance à 2010, qu’il faudra sans doute repousser un peu, vu la conjoncture. » Mais rien ne perturbe Maurice Rozet dans sa volonté de peser toujours plus sur le marché. Alexander Hughes a toujours cru plus vite que ses concurrents, son organisation et ses méthodologies sont parfaitement rôdées, ses équipes sont stabilisées, aucune acquisition hasardeuse n’est venue le mettre en péril… : nul ne devrait empêcher Maurice Rozet d’atteindre ce but ultime. « Et après ? », serait-on tenté de demander. « Cette société, c’est mon troisième enfant. Même si je suis fier du chemin qu’elle a parcouru, je la considère toujours en devenir. Un entrepreneur n’a jamais fini son travail. »


huit années de marketing high-tech. Depuis 2002, elle œuvre pour le développement de l’association SOS Villages d’Enfants, qui permet à des frères et sœurs séparés de leurs parents sur décision judiciaire, orphelins ou abandonnés de grandir ensemble auprès d’une « mère SOS ». « Quand 25 000 enfants dépendent de la capacité de votre équipe à pérenniser la collecte de dons, la pression est immense », explique-t-elle dans un sourire, au sortir d’une longue journée de travail. « Mais agir pour le devenir des enfants : que pouvais-je faire de mieux ? » A 47 ans, elle avait fait le tour du secteur informatique. SOS Villages d’Enfants cherchait à professionnaliser sa collecte de dons et vit en elle celle qui saurait transposer au monde associatif son savoir-faire en marketing et communication. Le marché fut vite conclu.

Frédérique ClEnet-LEcuyer Directrice du développement et de la communication de l’association SOS Villages d’Enfants

Juste quelqu’un de bien Le point commun entre une start-up informatique et une association reconnue d’utilité publique est a priori ténu, mais il existe. Toutes deux ont un cruel besoin de financements pour continuer leur aventure respective. Frédérique Clénet-Lécuyer est soudain passée de l’une à l’autre, tournant la page de dix-

Méthodique. Pourtant, Frédérique Clénet-Lécuyer n’est pas une impulsive. Sa carrière, elle a su la mener de manière très cartésienne, enrichissant méthodiquement chacune de ses compétences. Pendant ses trois années d’études à l’ESC Clermont, elle approfondit la finance autant qu’elle le peut. « Je ne comptais pas en faire mon métier, analyse-t-elle, pragmatique. Mais je savais que cela me servirait. » Sa réserve lui pose problème ? Elle démarre sa carrière par la vente, chez Olivetti. « Rien de tel pour le développement personnel », souligne-t-elle. Après six mois de formation, la voici sur le terrain, à vendre des systèmes informatiques de gestion aux PME. « Du haut de mes 22 ans, je ne devais mon étoffe qu’à ma spécialisation

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financière. » Au bout de deux ans, elle décide d’explorer la chaîne des achats, et devient chef de rayon puis chef de secteur chez Auchan. C’est là qu’elle découvre la puissance de l’informatique décisionnelle. En 1984, changement de cap, qu’elle tient pendant 18 ans. « Je me sentais prête pour le marketing ». Elle fait ses armes dans une SSII française, puis chez un éditeur canadien, dont elle devient la responsable marketing Europe du Sud. « C’est dans cet environnement international et exigeant que j’ai appris toutes les ficelles du métier. » En 1994, il lui manquait encore l’expérience de l’animation d’un réseau de grossistes/ revendeurs. Elle devient responsable marketing Europe du Sud chez SCO, dont le système d’exploitation est commercialisé en indirect.

parcs informatiques, avant de devenir directrice du développement d’une société d’intelligence artificielle. « Elle avait conçu un puissant moteur de recherche documentaire. Un outil fantastique, qui nous a permis de prouver qu’une pièce de Racine avait en réalité été écrite par Corneille. » Fantastique, certes, mais pas suffisamment rentable aux yeux des investisseurs. Frédérique ClénetLécuyer clôt cette longue épopée high-tech, et répond à l’annonce de SOS Villages d’Enfants. En six ans, elle et son équipe ont augmenté de 50 % le montant de la collecte, doublé le montant des prélèvements automatiques, renforcé les legs et donations… « Mon parcours professionnel m’a tant apporté. Aujourd’hui je restitue cette richesse pour les enfants. »

Fascinée. En 1999, c’est auprès d’investisseurs qu’elle exerce ses compétences, pour le compte d’une start-up éditrice de logiciels de gestion de

: e t i s s u é r a l s r ve e é c a r t e t u o t e voi e t s e e d r s l e a i p t n e a s s e y L’ . Il n’ x u e u n i s t e g n o l e r t ê t u e p . le chemin s e l b i s s o p s e p d m a h c e l r e r o l d’exp Frédérique Clénet-Lécuyer est sortie diplômée de l’ESC Clermont en 1979. 37


Bertrand Favre Directeur du circuit hypermarchés de Taïwan, Procter & Gamble

Porté par l’ambition Consacrer chaque été, dès l’âge de quinze ans, à des stages ouvriers permet de se faire une idée précise de ce que l’on ne veut surtout pas faire dans la vie. Bertrand Favre est de ceux-là. C’est cette rencontre avec la précarité qui le pousse à faire des études de commerce, et le mène jusqu’à l’ESC Clermont Ferrand. Une intégration qu’il vit comme un choc culturel. « À vingt ans, j’étais

empreint d’une insouciance toute parisienne, de cet idéalisme devant l’avenir qui devait forcément me sourire. À Clermont, j’ai été plongé dans le concret, l’humilité. J’ai appris qu’il fallait travailler pour réussir, même en école de commerce. » Vocation. Très tôt il se sent attiré par une carrière commerciale, dont il a déjà esquissé les contours :

« J’y voyais le travail en équipe, un métier tourné

décisive pour sa carrière. « Le siège mondial de

vers l’échange, fondé sur la performance. »

Procter & Gamble se trouvait justement en Ohio.

Le cours sur la gestion d’une force de vente,

Un premier contact noué sur place me permet

animé par un ancien élève de l’école, finit de le

d’obtenir un stage de commercial terrain en rentrant

convaincre. C’est aux États-Unis, lors de son MBA

des États-Unis. » L’entreprise l’emploie dès la sortie

à l’Université de l’Ohio, qu’il fait une rencontre

de son service militaire. Bertrand Favre passe

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“” La réussite son aptitude les autres, soi-même.

se mesure à à développer pas seulement

deux années éprouvantes sur le terrain, mais qui le confortent dans sa décision d’épouser une carrière commerciale. « J’avais aussi choisi Procter pour ses

opportunités de promotion interne… »

Progression. Deux ans plus tard, Bertrand Favre devient responsable compte clé national pour Auchan. Il se plonge dans la réflexion stratégique de développement des marques, et y peaufine l’art de la négociation. Le lancement particulièrement réussi d’une nouvelle catégorie de boisson réfrigérée lui

directeur de clientèle. Sa mission ? Gérer une équipe commerciale dédiée à une grande enseigne, et repenser la stratégie commerciale de la filiale française dans le cadre de l’intégration de Gillette.

« J’ai vécu cinq années passionnantes, en contact régulier avec les membres du comité de direction. » Mais il lui manquait encore une dimension multiculturelle. Qu’à cela ne tienne. Procter & Gamble le charge de renouer des relations de confiance avec l’enseigne Carrefour à Taïwan. « Nous étions proches de la rupture. J’avais carte blanche. J’ai donc créé une équipe multi-spécialiste composée de Taïwanais. Nous avons pris le temps de comprendre le client et bâti ensemble un plan d’action. » Depuis 2008, Bertrand Favre est le directeur du circuit hypermarchés de Taïwan, et ne compte pas en rester là, rêvant d’une région plus grande. Là-bas comme en France, il passe plus de la moitié de son temps à gérer son équipe. Il aime à rappeler la devise qui circule chez Procter & Gamble : « qui fait bien son travail, développe ses prochains patrons. » Un adage dont il a assurément su bénéficier.

permet d’être promu responsable trade marketing pour les « soins de la maison ». « Je définissais

les plans nationaux en terme de produits, de gammes, de merchandising. » Un an plus tard, il encadre une équipe de trade marketeurs et se fait repérer dans la mise en place de nouvelles méthodes de category management. Il devient

Bertrand Favre est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1995. Il a complété son cursus d’un MBA à l’Université de l’Ohio en 1994. 39


relationnel était assez rare. L’agence Euro RSCG s’est tout de suite montrée intéressée par mon profil pour sa première web agency lyonnaise. » En deux ans, l’agence se développe mais ne trouve pas son positionnement. Sentant le vent tourner, Jérôme Laurent répond à la proposition d’une agence parisienne, Eclosion.net, spécialisé dans le conseil en NTIC. Moins d’un an plus tard, l’associé qui l’avait recruté quitte l’entreprise. Jérôme Laurent lui emboîte le pas. Nous sommes fin 2002, au moment de l’explosion de la bulle internet, la plus mauvaise époque pour se retrouver au chômage.

Jérôme Laurent Directeur marketing de Go Voyages

Fou de web Tout a commencé à Kansas University, en 1997, alors que Jérôme Laurent en suit le programme MBA, après ses deux premières années à l’ESC Clermont. Il s’initie au marketing relationnel, « le vrai », précise-t-il, ainsi qu’aux vertus du web, que les entreprises américaines commencent à exploiter. Une révélation. Lui qui avait exploré les métiers de la finance et de l’audit avec un certain ennui, trouve dans le monde de l’internet une réactivité et une liberté d’action qui correspondent à son tempérament de fonceur. Aujourd’hui directeur marketing de Go Voyages, la première agence de voyages en ligne française, ses dix premières années d’expérience professionnelle sont à l’image de l’économie numérique : bouillonnantes. « En 1999, avoir des compétences en marketing

Cowboys. Six mois plus tard, Kelkoo, un site comparateur de prix, lui propose un poste de commercial pour lancer sa chaîne de voyages. Jérôme Laurent doit approcher tous les voyagistes du web et leur vendre une intégration dans le comparateur de prix. « J’ai mis plusieurs mois à m’adapter aux méthodes commerciales de Kelkoo : une équipe de cowboys de la vente, très efficaces ! » Malgré la forte pression, il prend des responsabilités, constitue une équipe de

t u a f l I . t i a parf s i a m a j t s e ’ n n e i r , t e n r e t Sur in . m u m i t p o ’ l de r e t n e t n o c e s savoir 40


commerciaux, gère les relations avec la technique, met en place des relations partenariales avec les différents sites de Kelkoo en Europe. En 2006, n’obtenant pas la direction commerciale qu’il convoite, il rejoint d’anciens collaborateurs qui viennent de monter la première agence média dont les modèles sont fondés sur la performance. « Avec Addvise Media, je me retrouvais au cœur des problématiques e-commerce. » II en accepte la direction générale. Rapidement, l’agence passe de sept à quinze salariés, double sa marge brute. Deux ans de travail épuisants pendant lesquels Jérôme Laurent se sent malmené. « Sur le web, le temps de réponse maximal consenti par le client ne va guère au-delà de six heures, explique-t-il. J’étais sans arrêt entre le marteau et l’enclume ! » Contagion. En 2007, le virus du web le gagne au point d’investir dans une start-up : un comparateur de prix de voyages, concurrent de Kelkoo. Suite à une levée de fonds de un million et demi d’euros, il décide de les rejoindre en tant que directeur marketing et commercial. Une expérience de sept mois seulement. « Notre trésor de guerre fondait à vue d’œil au profit de la technique, sans investir sur le référencement. Résultat : nous restions invisibles sur la toile ! » C’est en prévenant ses clients de son départ imminent que Go Voyages lui propose un poste de directeur marketing, à la tête d’une équipe de trente personnes. Une responsabilité de taille pour un habitué des petites structures. « Je suis fier d’avoir réussi à construire cette expertise

internet forte, même s’il me reste encore beaucoup à apprendre et à prouver. » Car comme tout passionné du web, Jérôme Laurent travaille à sa propre success story. En secret, il songe à la pépite technologique qui lui permettrait de décupler sa mise… et de s’acheter un bateau.

Jérôme Laurent est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1999. Il a complété son cursus d’un MBA à Kansas University en 1998. 41


humaines de treize pays, puis, en tant que business partner, vient en appui de la stratégie des directions générales des filiales de la zone. De 2000 à 2006, Valérie Blasco accompagne le groupe dans une période de profonde mutation, imposée par la révolution numérique. « J’ai vécu la stagnation, voire le déclin de l’Europe de l’Ouest, tandis que les marchés émergents explosaient littéralement. » Valérie Blasco développe

Valérie Blasco Management des talents

Signe particulier : dénicheuse de talents « Groupe Kodak recherche un(e) DRH/Responsable export, Marne-La-Vallée/Daubai » : c’est en substance le libellé de l’annonce qui attise la curiosité de Valérie Blasco, et la met soudainement sur la voie de la gestion des talents. Nous sommes en 1998. Cela fait dix ans qu’elle travaille pour Kodak, au sein de l’équipe commerciale française de l’imagerie médicale. Poussée par l’envie d’une nouvelle dimension internationale, elle postule pour ce job à deux têtes. « J’étais intriguée par cette proposition saugrenue », se souvient-elle, amusée. Sa mission : gérer les ressources humaines de trois plates-formes export, depuis Dubaï, ainsi que les opérations export, depuis la France. « Après dix années de vie sédentaire, je me suis soudain retrouvée à partager mon temps entre Dubaï et Marne-la-Vallée ! » Au terme de deux années de navettes incessantes, elle abandonne volontiers sa casquette export pour se consacrer entièrement aux ressources humaines du groupe. Respect. Elle est promue directrice des RH, puis business partner pour l’Europe, le MoyenOrient et l’Afrique. Elle chapeaute les ressources

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d’ambitieux programmes de fidélisation des talents à l’Est, tout en accompagnant les restructurations à l’Ouest. « Plans sociaux, outplacement, réductions d’équipes : il s’agit du volet triste des ressources humaines, mais qu’il faut savoir accomplir dans le respect de tout ce que les gens ont pu donner à l’entreprise. »

des années avec deux semaines de vacances par an. J’ai toujours été dans le mouvement, les voyages, les projets. Je suis tournée vers l’action, et les résultats : il n’y a aucune raison que cela change. » Dans quelques semaines, elle repart déjà aux États-Unis participer à une conférence de plusieurs jours sur la gestion des talents, une passion qui ne la quitte pas.

“”

Postes clés. En 2007, le DRH international de Kodak part chez Invensys Process Systems, une société d’engineering de sept mille personnes dont le siège est basé à Boston, et attire Valérie Blasco dans son sillage pour gérer les talents mondiaux. « J’étais en charge des successions des postes clés, du développement du leadership et également du recrutement. Avec 1 400 recrutements engineering par an, j’y ai découvert toute la difficulté d‘attirer et retenir la population la plus demandée au monde. » À peine arrivée, Valérie Blasco restructure les process de recrutement, et impose son style, proche du terrain. « Je rencontre les talents là où ils sont. Lorsque l’on parle de volatilité des salariés en Asie, cela reste très théorique. Je préfère me rendre sur place pour comprendre les besoins spécifiques de chaque zone du monde. » Elle continue à sillonner le globe pendant deux ans, jusqu’à ce que le directeur du conseil en Management RH Europe de PricewaterhouseCoopers lui propose de monter de toutes pièces une équipe. « Ce nouveau défi m’a tentée, surtout après vingt années passées en entreprise. » Un projet qui n’a pas le temps de voir le jour, la crise financière poussant le cabinet conseil à revoir ses ambitions. Contrainte à cette pause qu’elle n’attendait pas, Valérie Blasco se sent plus que jamais en confiance pour continuer. « J’ai vécu

n u s a p t s e ’ n e La réussit e n u s i a m , e é v i point d’arr ui q s è r g o r p e d dynamique ces r u o s s e r s e d s n puise da insoupçonnées.

Valérie Blasco est sortie diplômée de l’ESC Clermont en 1986. Elle a complété son cursus d’un Master of Science à Kansas University en 1987, puis d’un master en ressources humaines à l’ESSEC en 2005. 43


Jean-Michel Demaison Senior Manager chez Deloitte Conseil

Profiter de l’imprévu « L’entreprise qui me faisait rêver quand j’étais étudiant à Sup’ de Co, c’était Salomon. Je m’imaginais volontiers contrôleur de gestion d’une grosse PME régionale », se rappelle Jean-Michel Demaison. Vingt ans plus tard, ce Savoyard a conseillé la moitié du CAC 40, travaillé pour les cabinets les plus prisés de Paris, mais admet avoir perdu de sa superbe à ski. On ne peut pas tout avoir… « Je ne me sens pas au-dessus du lot. Il m’est toujours arrivé des choses que je n’avais pas prévues », explique-t-il, modeste, comme s’il n’était pour rien dans sa réussite. Ses études à Clermont-Ferrand ? C’est parce qu’il imaginait revenir chaque week-end à Annecy. Trois ans plus tard, profitant des premiers accords internationaux développés par l’école de commerce, il s’envole pour le programme MBA de l’Université d’Oregon aux États-Unis. « Cette occasion en or m’a ouvert au monde ».

équipementier automobile lui propose de travailler sur la centralisation européenne de ses activités administratives et comptables. Un vrai déclic s’opère. « Dans ce travail en mode projet, on ne m’imposait pas de cadre de travail mais un objectif. Un état d’esprit qui me convenait beaucoup mieux. » Il devient consultant senior en 1996, au moment de la grande vague des ERP, ces outils de gestion intégrés. Oracle Consulting lui ouvre alors grand ses portes. Une sphère dans laquelle JeanMichel Demaison s’épanouit, et se distingue. Si bien qu’en 1998, il se voit confier l’un des projets les plus en vue du moment : la mise en place de

Liberté. Faire carrière dans le conseil ? Cela ne lui effleure pas l’esprit. Il tente plutôt l’entreprise, dans des fonctions de finance et gestion. « Un univers de contraintes, où je ne me sentais pas à l’aise », se souvient-il. Jusqu’à ce qu’un

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l’outil de back-office du groupe Accor. Budget conséquent, approche novatrice et d’envergure mondiale… Repéré par Arthur Andersen Business Consulting, il quitte le projet à la fin du site pilote. Aboutissement. Un an plus tard, il entre dans la cour des grands. « À l’époque, Arthur Andersen était la référence, le cabinet où tout le monde souhaitait entrer. » Des années fastes, durant lesquelles il travaille à de multiples projets de transformation de la fonction financière. « Arthur Andersen allait fêter ses cent ans. Nous avions un formidable sentiment d’appartenance. Nous nous sentions intouchables. » Jusqu’au jour où l’affaire Enron éclate et engloutit avec elle le plus beau fleuron de l’audit mondial. « De stars nous sommes passés au rang d’accusés ». Un choc

pour Jean-Michel Demaison. Arthur Andersen Business Consulting devient Bearing Point en 2002, mais le cœur n’y est plus. Il quitte l’entreprise en 2005. Après un bref passage à la tête de Parson Consulting, il entre en 2007 chez Deloitte Conseil. Devenir associé ? Il y songe, mais il n’est pas pressé. Pour l’heure, il se délecte de la richesse de ce métier. Cet esprit ouvert et curieux fait feu de tous bois car dit-il, « dans le conseil, l’excellence se mesure à la capacité à innover ». L’inspiration, il la trouve partout. Dans ses lectures, ses rencontres, mais aussi ses voyages, à l’affût des plus belles salles de concert. « J’aime comprendre ce lien qui noue les peuples à la musique », confie-t-il. Une façon d’appréhender le monde, qui n’est pas étrangère à sa réussite.

e C . e i o v a s rer o l p x e ’ d s p m e t le t r e n n o n ’ o m d i e u s q t u s ce n e i r Il fa é p x e s e r è i m pre s e m t n e m e l a n . s t e n i sont fi b a c s r u e l l ei m s e d s e t r o p ouvert les Jean-Michel Demaison est sorti diplômé de l’ESC Clermont en 1988. 45


, t n o m r e l C C S E e p u Gro s e l b a r u d s e i g r e n é ’ d générateur

CCI

de Clermont-Ferrand / Issoire

La Voix des Entreprises

w w w . e s c - c l e 46 r m o n t . f r


L’Association des Diplômés du Groupe ESC Clermont, créée en 1920 et actuellement présidée par Laurent Windenberger, fédère aujourd’hui 7 150 diplômés. L’Association propose à ses membres un réseau d’entraide et de solidarité. Ces relations amicales et d’affaires favorisent les échanges d’expériences, l’appui à la recherche d’emploi et à la gestion de carrières, l’aide aux créateurs d’entreprise… Animé par plus de 50 bénévoles en France et dans le monde, le Réseau des diplômés du Groupe ESC Clermont est présent dans 11 régions françaises ainsi qu’à Londres où des rencontres mensuelles sont proposées. En 2006, l’Association des Diplômés du Groupe ESC Clermont a créé le Club Excellence.

Ce dernier constitue aujourd’hui l’atout majeur de développement et de valorisation du Groupe ESC Clermont, lancé dans la compétition internationale sur le marché de l’enseignement supérieur. Le cœur du dispositif Club Excellence repose sur la valorisation de réussites exemplaires sur le décryptage de parcours exceptionnels, conventionnels ou atypiques, comme autant de preuves attachées à la valeur d’une formation et de son diplôme. Les 300 personnalités qui composent le noyau dur et dynamique du Club Excellence constituent une communauté impliquée, solidaire et attentive au devenir du Groupe ESC Clermont. In fine, l’ensemble des actions du Club Excellence s’attache à promouvoir la qualité du diplôme de l’ESC Clermont.

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La Caisse d’Epargne d’Auvergne et du Limousin soutient la dynamique régionale et tous ceux qui contribuent au développement économique et social de nos régions

Caisse d’Epargne et de Prévoyance d’Auvergne et du Limousin - Capital social de 158 922 900 euros - 382 742 013 RCS Clermont-Ferrand - ORIAS n° 07 006 292.


Chefs de projet de l’ouvrage « Portraits de valeur – Parcours de Diplômés du Groupe ESC Clermont » Gilles Chetelat (promo 1996), Françoise Roudier (promo 1980) et Florence Saugues (promo 1993)

Cet ouvrage a été réalisé grâce au soutien du Groupe ESC Clermont et de la Caisse d’Epargne d’Auvergne et du Limousin.

Nous remercions Michèle Foin (promo 1994), journaliste, dont la plume talentueuse a su retranscrire avec fidélité le parcours des 20 diplômés présentés dans cet ouvrage.

Toute l’actualité de l’Association des Diplômés du Groupe ESC Clermont est en ligne sur

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Dépôt légal : mai 2009 Directeur de la publication : Laurent Windenberger Conception, réalisation, impression : de Bussac

, Clermont-Fd - www.gdebussac.fr


Conçu et réalisé par l’Association des diplômés du Groupe ESC Clermont, cet ouvrage présente vingt portraits d’anciens élèves aux parcours professionnels contrastés. Chaque portrait atteste de la réalité de la marque et du diplôme ESC Clermont et démontre la qualité intrinsèque d’une formation généraliste reconnue et plébiscitée par les recruteurs, résumée par le qualificatif de « valeur sûre ». Les diplômés qui se sont prêtés à l’exercice vous feront partager leurs rêves d’étudiants, leurs convictions d’hommes et de femmes managers et quelques-uns de leurs secrets. Tous ont en commun leurs trois ou quatre années d’études à l’ESC Clermont et si leur carrière professionnelle les a conduits bien loin du Boulevard Trudaine, il reste à jamais dans leur cœur et leur esprit de la reconnaissance et de l’attachement pour « leur » Ecole.

A ssociation

des

D iplômés

du

G roupe ESC C lermont , 4

boulevard

T rudaine , 63037 C lermont -F errand

T él . : 04 73 98 24 26 - associationdipl@esc-clermont.fr www.reseau-esc-clermont.org

cedex

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Profile for ESC Clermont Alumni

Portraits de valeurs tome 1  

Retrouvez les portraits de 20 diplômés du Groupe ESC Clermont au parcours exemplaire.

Portraits de valeurs tome 1  

Retrouvez les portraits de 20 diplômés du Groupe ESC Clermont au parcours exemplaire.

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