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La revue ISFA NUMERO 05 / NOVEMBRE 2012

l a i c spé M U R O F

La spécialité S2IFA

Mobilité

internationale

Jean Claude AUGROS reçoit la legion d’honneur

Plus d’information sur : www.asso-isfa.com


VOUS ÊTES DIPLOME DE L’ISFA ET ACTUAIRE : LA BANQUE DE FRANCE RECRUTE SES CADRES DE DIRECTION Vous voulez connaître : - nos activités et nos métiers, - nos concours et nos autres modalités de recrutement, - nos offres de stage et nos offres d'emploi en alternance. Vous êtes : - diplômé(e) de l’ISFA, - engagé(e) dans votre dernière année d’études ou avec une première expérience professionnelle, - ressortissant(e) d’un pays membre de l’Union européenne ou d’un État signataire de l’accord sur l’Espace économique européen Vous souhaitez intégrer une institution au cœur de l’actualité économique et financière et du fonctionnement de l’Europe, qui vous garantit des perspectives d’évolution et assure le développement permanent des compétences de ses collaborateurs. Rejoignez-nous sur notre site www.recrutement-banquedefrance.fr ou recrutement@acp.banque-france.fr et postulez en ligne ! Situés dans le centre de Paris, nous offrons une large gamme de postes couvrant tous nos domaines d’activité : économistes, experts en techniques financières ou en méthodes quantitatives, contrôleurs bancaire et d'assurance, spécialistes des marchés financiers, statisticiens, analystes d’entreprises, chefs de projet informatique… Comme actuaire, l’Autorité de contrôle prudentiel adossée à la Banque de France vous offre notamment de devenir un acteur de la supervision financière. Vous participerez à la supervision des établissements de crédit, des entreprises d’assurances, des mutuelles et vous veillerez au respect des règles visant à assurer la protection de la clientèle. Nous vous proposons d’intégrer des équipes professionnelles et motivées qui partagent leurs savoir-faire et leurs valeurs. Vous pourrez participer à des réunions de haut niveau avec la Place et à l'international. Nous encourageons les mobilités, en particulier à l’étranger : Banque centrale européenne et institutions communautaires, Fonds monétaire international, Banque des règlements internationaux, ambassades... Nous faisons du développement des compétences une priorité. Tous nos cadres de direction bénéficient de formations au management. Nous portons une attention particulière à l'équilibre vie professionnelle / vie privée.

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EDito

Par Pierre THEROND, ISFA 2003 Actuaire Conseil et Maître de Conférences Associé à l’ISFA

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omme c’est désormais le cas chaque année, l’actualité de novembre pour notre école est évidemment centrée sur le forum ISFA. On ne le dira jamais assez : c’est un moment privilégié pour les étudiants qui peuvent échanger avec des « anciens » autour des ateliers mais aussi (et parfois surtout), d’une manière plus décontractée, tout au long des deux jours. C’est aussi l’occasion pour ces anciens de se retrouver sur Lyon dans une ambiance conviviale et de participer ainsi à la consolidation du mouvement ISFA ! Si l’avenir est devant nous, il apparaît néanmoins utile de se rappeler d’où l’on vient. En ce sens, l’évolution du forum depuis sa création nous semble un bon révélateur de l’évolution de l’ISFA sur cette période. Initié il y a une vingtaine d’années, le forum est né de l’évident intérêt de faire se rencontrer élèves-actuaires et anciens élèves (à une époque où le système d’alternance en 3e année de la formation d’actuaire n’existait pas) à un rythme biannuel. Il était organisé par une task-force (généralement émanant du BDE) épaulée par les enseignants-chercheurs et le personnel administratif. Les effectifs des promotions d’actuaires et le dynamisme des étudiants ont depuis conduit à faire évoluer sensiblement le forum. Aujourd’hui le rythme est annuel, le Gala qui a lieu le vendredi est également l’occasion de la remise des diplômes, la manifestation ne se résume plus à la seule formation d’actuaires mais s’est ouverte aux autres formations proposées par l’ISFA (Master IR, Master GRAF) et, grâce à la constitution d’une association dédiée, l’organisation s’est renforcée et stabilisée avec des effets spectaculaires : nombre de participants (plus de 400 l’an passé) ; d’intervenants aux ateliers et conférences (plus d’une trentaine prévus cette année) ; mise en place de

stands pour les entreprises (plus de 20 cette année) ; mécénats ; revue ISFA dédiée au forum ; interventions lors du Gala de personnalités des mondes universitaire, de l’entreprise et politique, etc. L’intérêt de la profession pour l’ISFA en général et le forum en particulier se lit notamment dans les partenariats et la participation massive aux ateliers et aux stands. Si le forum a toujours été l’occasion pour les étudiants de se faire connaître des entreprises, jamais la démarche n’a été si prégnante : le forum constitue un rendez-vous important pour la recherche de stages et de contrats d’alternance. Le monde professionnel ne s’y trompe pas et, à titre d’illustration, la remise des diplômes sera cette année parrainée par l’Autorité de Contrôle Prudentiel (ACP). Une nouveauté 2012 consiste en la mise à disposition d’applications pour mobiles dédiées au forum (disponible sur http://isfa.fr/mobApps). Nous espérons que celles-ci vous permettront de profiter au maximum de la manifestation et sommes bien entendu en attente de vos retours pour les améliorer. Au final, le forum ISFA est aujourd’hui cet événement majeur dans la vie de l’école et plus largement du mouvement ISFA, auquel nous avons hâte de participer. Néanmoins ne nous y trompons pas : sa pérennité est largement dépendante de tous ceux qui s’y investissent et n’est acquise qu’au prix de la rigueur et de l’abnégation des organisateurs, du dynamisme des étudiants, du professionnalisme du personnel administratif et de l’implication du mouvement ISFA. Aussi n’oubliez pas que chacun peut poser sa pierre à l’édifice et surtout… Excellent forum 2012 à tous !

Plus d’informations sur

La revue ISFA

C’est dans le cadre d’une dynamique collective que l’Association ISFA a créé, en avril 2010, la revue ISFA. Cette revue se veut un véritable outil de diffusion de l’information au sein du mouvement ISFA, mais également un lieu de communication, d’échange et de représentation. Les professionnels, les chercheurs, les représentants de l’école et de l’association y sont les bienvenus ensemble pour s’y exprimer avec en commun un même souci d’excellence, de convivialité et la farouche volonté de porter haut les couleurs de l’ISFA. N’hésitez pas à nous soumettre vos idées, articles et contributions afin de faire vivre cette revue ISFA, et de faire rayonner le Mouvement ISFA ! L’équipe de la rédaction

revue@isfa.fr


L’Association pour le Management des Risques et des Assurances et de  l’Entreprise organise depuis 1993     

   

 

 

 

 

     

LE RENDEZ VOUS DES METIERS DU RISQUE EN FRANCE    LES RENCONTRES DE L’AMRAE    ème 21  Edition les 6, 7 et 8 février 2013  4 sessions plénières, 33 ateliers, 8 sessions de Formation  2000 décideurs et acteurs de la gestion des risques et de l’assurance  Programme, Inscriptions   (http://rencontres.amrae2013.insight‐outside.fr/)  Ne manquez pas cette opportunité unique de contacts et   d’échanges avec vos futurs managers. 

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La revue vie de l’école 29

Les associations étudiantes

Sommaire Formations

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Actualités de l’Association ISFA

32-33

Jean Claude AUGROS promu chevalier de la Légion d’Honneur

32-33

L’ACP parraine la promotion des diplômés 2012

16-17

Quels débouchés après le Master IR ?

18-19

Focus sur la Spécialité S2IFA

20-21

La formation d’actuaire se délocalise

22-25

Mobilité internationale

26

Rencontre avec les étudiants canadiens

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Focus sur l’ERM

Recherche 06-07

Actualités du Laboratoire SAF

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Le projet ANR AST&Risk

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Frédéric PLANCHET, Professeur des Universités à l’ISFA

12-13

Modèles mathématiques dans l’assurance : comment les utiliser sans les laisser diriger ?

14-15

Prochains colloques à Lyon : Entretiens Jacques Cartier et Congrès AFIR-ERM-Life-PBSS de l’AAI


Recherche

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Le site du laboratoire

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actualités

DU

LAboratoire SAF

Par Christian ROBERT, Directeur du Laboratoire SAF

L’année 2011-2012 a été riche pour le laboratoire de Sciences Actuarielle et Financière : un nouveau site, des nouveaux ouvrages, des prix pour les travaux des chercheurs, un nouveau séminaire commun avec l’équipe du laboratoire Manceau de Mathématiques du Mans, la fin du projet Ast&Risk, … 6

Le site (http://isfa.univ-lyon1.fr/la_recherche) du laboratoire a fait peau neuve et permet à chacun de découvrir le laboratoire et les activités de ses membres. Nous vous invitons à une petite balade d’automne dans les chemins et recoins de notre site. Commencez par descendre le petit chemin qui serpente jusqu’à l’onglet « Membres du laboratoire » et passez y quelques instants pour découvrir toutes les espèces de chercheurs qui vivent et travaillent ensemble. Vous pourrez apercevoir la famille des enseignants-chercheurs, faciles à identifier, car ils ont toujours une feuille à coté d’eux pour poser leurs idées, la famille des doctorants (plus discrets que les enseignants chercheurs, ils sont souvent assis sur des hautes piles de bouquins), et une espèce assez énigmatique, les ATERs (quand le temps s’y prête, on peut les apercevoir en train de discuter et travailler avec les doctorants). Il faut poursuivre le sentier jusqu’à une grande clairière où l’on a entreposé tous les documents de travail des membres du laboratoire depuis 2005. Il faut y rester au moins une bonne heure et prendre son temps pour feuilleter quelques travaux en mathématiques appliquées, en économie, en assurance ou en finance. Ensuite, pour ceux qui sont intéressés par la formation doctorale, il faut revenir un peu sur ses pas, passer par l’onglet « Formation doctorale » et poursuivre jusqu’à l’onglet « Soutenances de thèse et HDR ». Là aussi, prévoyez de rester au moins une heure pour découvrir de très beaux travaux de nos anciens doctorants. Enfin, il ne faut pas hésiter à terminer la balade en prenant le chemin des « Séminaires et congrès ». Vous pourrez prendre connaissance des événements importants auxquels participent les membres du laboratoire.




Aymric Kamega et Frédéric Planchet ont rédigé un ouvrage sur l’« Actuariat et assurance vie en Afrique subsaharienne francophone ». Cet ouvrage est destiné à tous les professionnels et universitaires sensibles au développement de l’assurance vie en Afrique subsaharienne francophone. Par ailleurs, indépendamment de son intérêt pour le marché africain, il est également utile aux actuaires et étudiants en cursus d’actuariat désireux de disposer d’outils pour analyser les risques associés à la construction de tables de mortalité d’expérience. Il est paru aux Editions Seddita.

Alaeddine Faleh, Frédéric Planchet et Didier Rullière ont rédigé l’ouvrage « Scénarios économiques et techniques d’allocation d’actifs ». L’ouvrage, inspiré principalement des travaux de thèse de doctorat d’Alaeddine Faleh, est consacré aux modèles d’allocation stratégique d’actifs et à leurs applications pour la gestion des réserves financières dans un cadre de gestion actifpassif. Il est paru chez Economica dans la collection AAA.

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 Dans l’esprit des séminaires Lyon-Lausanne organisés Un nouveau séminaire

depuis plus de 10 ans en commun avec l’équipe d’HEC Lausanne, nous avons initié un nouveau séminaire annuel avec l’équipe du laboratoire Manceau de Mathématiques de l’Université du Maine. Cette équipe est spécialisée en calcul stochastique, en statistique des processus et en théorie des nombres.

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Les prix

Deux articles de chercheurs et d’anciens doctorants du Laboratoire de Sciences Actuarielle et Financière ont été primés lors de la conférence ASTIN/AFIRERM/LIFE qui a eu lieu à Mexico du 1er au 4 octobre 2012. Christophe Dutang, Hansjoerg Albrecher et Stéphane Loisel ont reçu le prix du deuxième meilleur article présenté lors de la conférence ASTIN, pour leur travail intitulé « A gametheoretic approach to non-life insurance markets », qui traite de la compétition entre assureurs non-vie et du comportement des assurés en utilisant des outils de théorie des jeux. Stéphane Loisel et Xavier Milhaud ont obtenu le prix du meilleur article présenté lors de la conférence LIFE, pour leur travail intitulé « From deterministic to stochastic surrender risk models: impact of correlation crises on economic capital » sur le risque de comportement moutonnier et de rachat massif pour les contrats d’épargne.

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La fin du projet Ast&Risk

Sélectionné par l’ANR au titre de l’appel à projets non thématique 2008, le projet AST&Risk (Approches spatio-temporelles pour la modélisation du risque en assurance et en finance) porté par Véronique Maume-Deschamps a permis de financer un grand nombre d’événements scientifiques ces trois dernières années et de produire de nombreux articles de recherche sur la modélisation spatio-temporelle des risques (voir notre article page 9).

L’année 2012-2013 s’annonce aussi riche en événements scientifiques Pour le laboratoire de Sciences Actuarielle et Financière. Professeur de finance à l’ISFA depuis 1994, François Quittard-Pinon a considérablement participé à la formation des étudiants de l’ISFA et à l’activité de recherche du laboratoire. A l’occasion de son départ en retraite, l’ISFA a organisé une journée scientifique le 22 octobre 2012 où ont été invités plusieurs de ses amis universitaires et co-auteurs sur des thèmes de recherche concernant notamment l’analyse des produits financiers structurés, les choix de portefeuille, les liens entre assurance et finance (en particulier en assurance-vie). L’ISFA organisera les 19 et 20 novembre 2012 un colloque sur les mathématiques appliquées à la gestion des risques, dans le cadre des Entretiens Jacques Cartier. Cette conférence sera organisée en collaboration avec l’Institut Camille Jourdan, ainsi que trois universités de Montréal (UdM, Concordia University et l’UQAM). Voir notre article page 14. Du 24 au 26 juin 2013, l’ISFA organisera enfin, en collaboration avec l’Institut des actuaires, les congrès AFIR, LIFE et PBSS (http://www.actuaries.org/lyon2013/). Venez nombreux nous y rejoindre.

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Recherche

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Les nouveaux ouvrages


Recherche

PROJET ANR AST&Risk Par Véronique MAUME-DESCHAMPS, Responsable Scientifique du projet

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e projet AST&Risk (Approches Spatio-Temporelles pour la modélisation du Risque) a été sélectionné par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) au titre de l’appel à projets 2008. Il s’est déroulé de janvier 2009 à juin 2012. Coordonné par Véronique Maume-Deschamps (laboratoire SAF) et Philippe Soulier (laboratoire Modal’X, Paris Ouest-Nanterre), il a regroupé une vingtaine de chercheurs, localisés principalement à Lyon (laboratoire SAF, Institut Camille Jordan), Grenoble, Paris Ouest-Nanterre, Paris XI, Versailles, Rennes I, Dijon mais aussi à l’université Laval (Canada) et à l’université libre de Bruxelles. Le financement par l’ANR (250 000 € sur 40 mois) a permis de recruter une doctorante qui a réalisé sa thèse au sein du projet, une post-doctorante qui a participé à plusieurs travaux dans le cadre d’AST&Risk, et d’inviter des chercheurs étrangers pour quelques semaines. Les travaux réalisés ont mené à la construction de mesures de risque adaptées aux problématiques multidimensionnelles. Des formules explicites pour la probabilité de ruine dans différents contextes de dépendance ont été obtenues. Des modèles de contagion multi-périodiques dans le domaine du risque de crédit ont été introduits et l’utilisation des distorsions de probabilités permettent des projections à long terme des mesures de risque. Dans le domaine des valeurs extrêmes, les avancées du projet portent principalement sur l’estimation des lois des valeurs extrêmes multivariées et leur classification. Par ailleurs un travail important sur l’estimation des valeurs extrêmes dans le cadre de processus à mémoire longue a été mené. D’un point de vue quantitatif ces travaux ont mené à la publication de près de 50 publications dans des revues internationales et de 6 livres ou chapitres de livres. Enfin, le projet AST&Risk a favorisé la mise en place de nouvelles collaborations et partenariats scientifiques. En particulier, 3 chaires de recherche privées (financées respectivement par BNP Paribas Cardif, Milliman et Generali), portées par des membres du projet ont été conclues en 2010. Elles concernent des domaines d’applications du projet AST&Risk. Le projet MIRACCLE financé par le ministère de l’écologie et du développement durable se situe aussi dans cette dynamique.

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Les rencontres organisées dans le cadre du projet AST&Risk ont permis la mise en place de collaborations avec John Nolan (université de Washington), Laurens De Haan (université de Rotterdam), José Léon (université de Caracas) et Corina Constantinescu (université de Liverpool). Le projet a aussi contribué à un rapprochement scientifique entre des chercheurs de Grenoble et de Lyon sur les thématiques liées aux extrêmes. Ce rapprochement va certainement se concrétiser dans les années à venir par des projets communs.


myMagazine

Notre époque est paradoxale. On y voit une planète bien mal gérée. Des richesses dilapidées. Des jeunes qui se demandent s’ils ont un avenir. Des personnes âgées inquiètes de ne pas avoir des moyens suffisants pour une espérance de vie désormais plus longue. On y voit aussi des énergies formidables, des solidarités inventives, des générosités discrètes, des intelligences circulant à la vitesse d’Internet, des créateurs d’emplois qui construisent à la force de leurs idées. Toute une génération d’hommes et de femmes, jeunes et moins jeunes, qui veulent être acteurs d’un présent et d’un futur meilleurs. Quel rôle peut jouer une compagnie d’assurance face à de tels contrastes ? D’abord et avant tout, bien faire son métier en construisant des solutions pour couvrir les dommages et les accidents de la vie, des solutions pour mieux épargner, sécuriser la prise de risques et donner ainsi le courage d’avancer aux entrepreneurs comme aux particuliers. Mais elle peut aller plus loin en engageant des actions de prévention, en récompensant les comportements responsables, en aidant ces initiatives vertueuses qui permettront de transmettre notre héritage commun : les ressources naturelles, les patrimoines, les entreprises, les savoirs. Generali a choisi ce combat. Nous ne sommes pas les seuls et c’est tant mieux. Pour être solidaire de cette génération qui veut agir, nous avons décidé de créer un site où pourront se rencontrer les bonnes volontés et les projets, associatifs ou non, pour en faire autant d’opportunités de se rendre utile. Un espace d’échange et de partage, pour vous, pour les autres et tous ceux qui viendront demain.

© Corbis - Getty - Hervé Thouroude

Retrouvons-nous sur www.generation-responsable.com

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Parlez-nous de votre carrière dans l’enseignement à l’ISFA ? Quelles matières avez-vous enseignées ? Les principales matières que j’enseigne à l’ISFA sont les modèles de durées et les modèles financiers en assurance, mais il y en a d’autres : vous pouvez trouver une liste exhaustive sur le site http://www.ressources-actuarielles.net. Je m’intéresse d’ailleurs plus largement à travers ce site à la diffusion de la connaissance actuarielle, à travers notamment la mise en ligne des mémoires d’actuariat des diverses filières, chantier initié il y a maintenant plusieurs années, avec le soutien des filières et de l’Institut des Actuaires. Pouvez-vous nous expliquer vos grands axes de recherches actuellement ?

Interview de Frédéric PLANCHET

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rédéric Planchet, vous avez été recruté Professeur des Universités à l’ISFA depuis le 1er septembre 2012. Pouvez-vous nous décrire votre parcours académique et professionnel ? Diplômé en actuariat de l’ENSAE, j’ai fait mes débuts professionnels chez WINTER & Associés en 1991, puis suis devenu associé dans ce Cabinet depuis 1997, et également directeur scientifique. D’un point de vue académique, j’ai commencé à enseigner à l’ISFA comme vacataire en 2000, puis professeur associé depuis 2003 et enfin Professeur des Universités depuis le mois de septembre.

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« Grands axes » est sans doute un peu présomptueux ! Disons que je m’intéresse aux problèmes suivants : l’adaptation des modèles issus de la finance de marché dans le contexte de l’assurance, notamment la construction de générateurs de scénarios économiques adaptés à ce cadre ; la quantification de risques systématiques non couvrables, notamment le risque d’estimation associé à la construction de lois d’expérience (mortalité, arrêt de travail, dépendance) ; l’obtention d’informations sur la distribution du taux de couverture des engagements sur l’horizon du plan stratégique dans le cadre de l’ORSA. Quels sujets sont susceptibles d’occuper selon vous une place majeure dans l’actuariat au cours des prochaines années ? Dans les années à venir, je pense que les problématiques qui vont prendre de l’ampleur dans les recherches actuarielles, sont probablement la mise en place des aspects quantitatifs du pilier 2 de Solvabilité 2 (ORSA), ou encore les problèmes de données massives (« big data ») et les évolutions associées dans les offres de produits, la tarification, etc. Ce sont des problématiques qui suscitent déjà de nombreux travaux.

La vie de l’école

Recherche

Frederic planchet Professeur des Universités à l’ISFA


Crédit photo : tous droits réservés.

Conseil en aCtuariat et gestion des risques

Votre développement est notre ambition Si nous sommes le leader français de l’actuariat conseil et de la gestion des risques depuis plus de 30 ans, c’est parce que nous cherchons toujours à trouver avec chacun d’entre vous la solution la plus efficace et pérenne. Avec plus de 180 consultants dont 70 actuaires diplômés membres de l’Institut des Actuaires, Optimind Winter propose dans le respect des meilleurs standards européens l’ensemble des métiers associés à votre chaîne des risques :

La gestion attentive de nos ressources, privilégiant le développement des compétences et la R & D, offre de réelles perspectives de carrière pour des consultants de talents, rejoigneznous, écrivez à drh@optimind.fr ou drh@winter-associes.fr. Présent à Paris, Lyon et Strasbourg.

– l’Actuariat Conseil, – la Protection Sociale, – le Risk Management, – le Projet et la Maîtrise d’Ouvrage. Les femmes et les hommes de notre équipe agissent tous en ingénieurs de la protection sociale et de la gestion actuarielle des organismes assureurs. Ensemble, nous portons la volonté de mettre l’excellence professionnelle au service du développement de votre activité.

www.optimind.fr www.winter-associes.fr OPTIMIND GROUP, LOCAL OPTIMIZATION EUROPEAN MINDED

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Depuis juillet 2012, WINTER & Associés et OPTIMIND se sont rapprochés pour constituer le 1er groupe de référence en actuariat conseil et gestion des risques.


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modèles mathématiques dans l’assurance

comment les utiliser sans les laisser diriger ? Des éléments de réflexion au sein de la chaire Management de la modélisation financée par BNP Paribas Cardif. Par Véronique MAUME-DESCHAMPS

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a mise en œuvre, dans les organismes d’assurance, des évolutions réglementaires récentes, qu’elles soient prudentielles (Solvabilité 2 en Europe), comptables (normes IFRS) ou encore financières (Market Consistent Embeded Value – MCEV), induit un développement et une utilisation accrus de modèles mathématiques de plus en plus complexes. Ces modèles interviennent dorénavant à tous les niveaux de gestion et de prise de décision. En complément du développement de concepts et d’outils mathématiques ou algorithmiques à même de répondre aux besoins quantitatifs de l’industrie de l’assurance, une réflexion sur l’impact de leur utilisation s’avère indispensable. L’amélioration de la qualité des modèles internes passe par une meilleure compréhension des mécanismes économiques et financiers associés à la rentabilité à long terme des compagnies d’assurance et par la modélisation mathématique des relations complexes entre les différents risques auxquels elles doivent faire face. Comprendre et évaluer l’impact de l’utilisation des modèles par le management des compagnies d’assurance pour le pilotage de leurs activités, appréhender les mécanismes de prise de décision en matière de gestion des risques est un autre thème de recherche important.

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La chaire Management de la Modélisation vise à répondre à ces enjeux. Cette chaire de mécénat est financée par BNP Paribas Cardif pour 5 ans, depuis octobre 2010. Elle est gérée par la fondation partenariale Lyon 1 et portée par le Laboratoire de Sciences Actuarielle et Financière (SAF), de l’Institut de Science Financière et d’Assurances (ISFA), école interne de l’Université Claude Bernard Lyon 1. Au sein de cette chaire, économistes, actuaires, statisticiens et financiers mettent leurs compétences en commun. Véronique Maume-Deschamps, professeure à l’université Claude Bernard Lyon 1 et Jean-Paul Laurent, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, en sont les titulaires. Plusieurs membres du laboratoire SAF participent aux travaux : Stéphane Loisel , Frédéric Planchet , Christian Robert et Pierre Thérond . Areski Cousin , Béatrice Rey-Fournier et Didier Rullière sont aussi associés à ces travaux. Enfin, le financement de la chaire Management de la Modélisation a permis de recruter des chercheurs pour compléter l’équipe : Ragnar Norberg recruté pour 4 ans en tant que chercheur sénior, Yahia Salhy recruté pour 18 mois en tant que chercheur junior, Julien Azzaz recruté en tant que doctorant. Parallèlement, Jean-Charles Croix, doctorant CIFRE chez BNP Paribas Cardif, participe aussi aux travaux de la chaire.


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La chaire « Management de la Modélisation » se caractérise par l’articulation étroite entre un laboratoire de recherche universitaire de réputation internationale dans le domaine de l’actuariat et de la gestion financière quantitative et un sponsor dont la qualité et l’expertise en matière de modélisation des risques techniques et de gestion financière sont au meilleur niveau. De manière plus technique, les recherches académiques effectuées dans le cadre de la chaire portent notamment sur : • Le calcul explicite de probabilités de ruine dans des contextes de dépendance entre montants des sinistres et/ou temps inter-sinistres • L’évaluation du risque d’estimation et de l’erreur liées à l’agrégation des risques • L’estimation statistique d’indicateurs de risque en présence de plusieurs facteurs de risque (problématiques multidimensionnelles), en vue d’applications en théorie du risque, à l’ERM (« Entreprise Risk Management ») et dans le cadre de Solvabilité 2 • La modélisation des événements rares ou extrêmes et ses applications en théorie du risque • Le calcul de la marge pour risque des risques d’assurance non-vie dans le cadre de Solvabilité 2 • La modélisation des risques liés à la démographie et aux événements catastrophiques • La gestion des risques corrélés, en particulier en matière de risque de crédit, de contrepartie et de liquidité

Véronique Maume-Deschamps et Jean-Paul Laurent, Responsables scientifiques de la chaire Management de la Modélisation, financée par BNP Paribas Cardif

Des travaux sont aussi menés en commun entre BNP Paribas Cardif et les chercheurs de la chaire. Ils concernent : • Les aspects comptables avec l’estimation de primes futures, les questions liées à la mesure de la performance d’une compagnie d’assurance, la détermination des « contract boundaries » • Le risque de modèle avec la réduction des écarts de convergence ou le « backtesting » • L’ORSA (Own Risk Solvency Assesment) avec l’identification des limites de risque et du ratio de solvabilité cible. Après 2 années de fonctionnement, les participants aux travaux de la chaire se réjouissent d’une convergence de leurs intérêts scientifiques et d’un équilibre entre recherche théorique et plus pratique. Les collaborateurs de BNP Paribas Cardif sont associés aux travaux de la chaire, notamment par l’organisation régulière de séminaires techniques. Une part importante des membres du laboratoire SAF y participe activement. D’un point de vue académique, les travaux mènent à des publications dans des revues internationales de haut niveau. Il s’agit donc d’une expérience riche et valorisante pour BNP Paribas Cardif comme pour le laboratoire SAF !

Yahia SALHI, chercheur recruté sur la chaire Management de la Modélisation depuis septembre 2012

“ Titulaire du diplôme d’Ingénieur Civil des Mines et

du Master de Sciences Actuarielle et Financière de l’ISFA, je suis actuellement en fin de thèse. Ma thèse - je soutiens fin Janvier - traite des problématiques liées au risque de longévité et a été financée par SCOR Global Life dans le cadre d’un financement CIFRE. Depuis Septembre, j’ai intégré la chaire BNP Paribas Cardif en tant que chercheur sur des thématiques relatives à la valorisation des produits d’assurance mais aussi à des sujets liés au risque du modèle. Ce dernier volet de ma collaboration dans la chaire est une suite naturelle à mes recherches menées dans le cadre de ma thèse durant laquelle j’ai pu me pencher sur le problème lié au risque de tendance dans les modèles de mortalité classiques.”

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Colloque Franco-Canadien sur les Risques Lyon 19 et 20 novembre 2012 Par Pierre Ribereau

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es entretiens Jacques Cartier sont une série de colloques organisés tous les deux ans, en alternance entre la région Rhône-Alpes et le Québec. Ces entretiens ont pour vocation, entre autres, de promouvoir une recherche francophone de qualité. Cette année, l’ISFA est partenaire du colloque Mathématiques appliquées à la gestion des risques (en partenariat avec l’Ecole Centrale de Lyon et le Centre de Recherches Mathématiques de Montréal). Ce colloque est une nouvelle preuve de l’étroite collaboration qu’entretient l’ISFA avec les équipes de recherche en actuariat du Québec. L’originalité de ce colloque est de permettre des échanges interdisciplinaires sur le thème de la gestion quantitative des risques, non seulement actuariels ou financiers mais aussi climatiques, environnementaux, de sûreté des calculs, sanitaires et biotechnologiques.

Les sessions et tables rondes organisées porteront à la fois sur la modélisation de ces risques, sur les mesures utilisées pour les quantifier, sur le risque de modèle, sur les techniques d’estimation et sur les problèmes d’optimisation liés à l’atténuation ou au transfert de ces risques.

Toutes les informations se trouvent sur le site du colloque :

http://www.crm.umontreal.ca/2012/gestionrisques/index.php Inscription au colloque :

http://www.entretiens.centrejc.org/ docs/11Bulletininscription.pdf

Programme du 19 Novembre

Programme du 20 Novembre

8H45 Ouverture Guy METIVIER, Directeur de l’INSMI, CNRS, Paris

9H00 Qualité des calculs en machine : évaluation certifiée des fonctions numériques Nicolas BRISEBARRE, Chargé de recherche, LIP, Lyon

9H00 Gestion des risques et régimes de marché Marc-André LEWIS, Vice-président principal et Chef adjoint de la Direction des risques, Caisse de dépôt et placement du Québec, Montréal

9H45 Utilité dynamique et l’investissement à long terme Nicole EL KAROUI, Professeur, Laboratoire de Probabilités et Modèles Aléatoires, Université Paris VI 10H30 Modèle de risque de crédit en finance Monique JEANBLANC, Professeur, Laboratoire Analyse et Probabilités, Université d’Evry Val d’Essonne 11H45 Titre de la communication à venir Rama CONT, Directeur de recherche, Laboratoire de Probabilités et Modèles Aléatoires, Université Paris VI 12H30 L’utilisation appropriée des produits dérivés Bruno DUPIRE, Head of quantitative research, Bloomberg, New York 14H45 Session Poster 15H45 Apprentissage et changement climatique: le futur incertain de l’incertitude Alexis HANNART, Institut Franco-Argentin sur le climat, Buenos Aires

16H30 Statistique des événements neigeux extrêmes en Suisse Juliette BLANCHET, postdoctoral fellow, Chair of Statistics, Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne

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9H45 Une approche générale à l’évaluation et gestion de risque des annuités variables Pietro MILLOSSOVICH, Senior Lecturer, Faculty of Actuarial Science and Insurance, Cass Business School, Londres

11H00 Evènements extrêmes au-delà des lois de puissance. Didier SORNETTE, Professeur, Chair of Entrepreneurial Risks, ETH, Zürich 11H45 Développements récents sur l’agrégation des risques dépendants Etienne MARCEAU, Professeur, École d’actuariat, Université Laval, Québec 14H00 Table Ronde 1 Patrice BERTAIL, Professeur, Centre de Recherche en Économie et Statistiques, Université Paris-Ouest Anne-Béatrice DUFOUR, Maître de conférences, Biométrie et biologie évolutive, Université Lyon 1 Max FEINBERG, Directeur de recherche, Met@risk, INRA, Paris Alexis HANNART, Institut Franco-Argentin sur le climat, Buenos Aires Jacques LEGARE, Professeur émérite, Département de démographie, Université de Montréal Catherine PIGEON, Directrice générale, Axéria Prévoyance, Lyon 16H00 Table Ronde 2 Rama CONT, Directeur de recherche, Laboratoire de Probabilités et Modèles Aléatoires, Université Paris VI Bruno DUPIRE, Head of quantitative research, Bloomberg, New York Nicole EL KAROUI, Professeur, Laboratoire de Probabilités et Modèles Aléatoires, Université Paris VI, Monique JEANBLANC, Professeur, Laboratoire Analyse et Probabilités, Université d’Evry Val d’Essonne Marc-André LEWIS, Vice-président principal et Chef adjoint de la Direction des risques, Caisse de dépôt et placement du Québec, Montréal Didier SORNETTE, Professeur, Chair of Entrepreneurial Risks, ETH, Zürich


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Lyon

June 24-26, 2013 Espace Tête d’Or

IAA

Colloquium in Lyon, France AFIR/ERM - PBSS - LIFE

Welcome in Lyon Registered on the list of World Heritage of UNESCO, Lyon has been founded by the Romans in the 1st century B.C. as the capital of the Three Gauls. It still offers an exceptional testimony to its two millenaries continued role in Europe’s political, cultural and economic development. Also renowned for its world-famous gastronomy, Lyon is the heart of one of the richest French terroirs... and the second most important city for congresses in France ! Program, information and registration coming soon on : www.actuaries.org/Lyon2013 Contact : lyon2013@institutdesactuaires.com Transport, accomodations, and tourism information : www.en.lyon-france.com/ Join the 350 expected participants from all over the world for the IAA Colloquium Lyon 2013 !

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Photos © J. Léone/Grand Lyon, M. Perrin, F. Stofleth. Remerciements à Only Lyon.

The Institut des actuaires, with the support of ISFA, kindly invites you to attend the Colloquium of the International Actuarial Association held in Lyon, France, from the 24th to the 26th June 2013. This colloquium is a joint collaboration of three IAA sections: Actuarial Approach for Financial Risks/ Enterprise Risk Management (AFIR/ERM), Pension Benefits and Social Security (PBSS), and Life. Program will include formal adresses by keynote speakers and topical presentations by experts on topics related to AFIR-ERM, PBSS and LIFE... as well as lot of social activities in the beautiful area of Lyon.


Formations

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Ségolène METRAL-CHARVET (diplômée Master IR-DRM) Chargée d’études risques - April Santé Prévoyance

Je travaille au sein de la Direction Risk Mangement, qui regroupe l’audit et le contrôle interne, ainsi que la gestion des risques. J’interviens principalement sur des missions de gestion des risques, et en particulier sur la lutte contre les fraudes. Une grande partie de mon travail consiste à utiliser des méthodes d’analyses de données et à construire des indicateurs statistiques pour détecter d’éventuelles fraudes ou des comportements atypiques. Je travaille en étroite collaboration avec les services de gestion, afin d’identifier les risques de fraudes qui pèsent sur leurs activités, définir et mettre en place des actions correctives, par exemple modifier une procédure. Des compétences relationnelles sont donc indispensables. Au-delà de cette mission principale, il m’arrive de mener des audits internes, par exemple sur la sécurisation des accès aux locaux et la gestion des profils informatiques. En ce moment, je participe également à des projets de mise en conformité dans le cadre de la réforme Solvabilité II. C’est un métier varié, passionnant et plein d’opportunités.

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Céline BONOLA (diplômée Master IR-DRM) Risk and Internal Controller – Swissquote

L’équipe dans laquelle je travaille a pour mission d’assurer le contrôle des risques auxquels la banque est exposée, de prévenir les nouveaux risques mais également de savoir limiter le risque en cas de survenance de celui-ci et de mettre immédiatement en place de nouvelles procédures. Pour ce faire nous travaillons en étroite collaboration avec tous les différents départements de la banque et nous rédigeons de nombreux rapports sur les différentes activités en analysant et en interprétant les données. Nous développons alors des outils de contrôle avec des indicateurs pour une meilleure visibilité de l’activité. Des connaissances approfondies du marché, des différents produits financiers ainsi que des réglementations bancaires sont indispensables.

Quels débouchés

APrès le master IR ?

La Spécialité Ingénierie des Risques du Master SAFIR forme des étudiants dans le domaine de la gestion des risques, avec une spécialisation selon l’un des trois parcours possibles (Ingénierie Financière, Decision Risk-Management, Sécurité des Systèmes Informatiques en Finance et Assurance). Quelques anciens élèves partagent leur entrée dans le monde professionnel.

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Jean-Michel BERTHIER (Diplômé Master IR-S2IFA) Consultant Sécurité des Systèmes d’Information - FIDENS

Formations

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Après avoir effectué en 2009-2011 le master MAIM spécialité IR parcours Codage Cryptographie et Sécurité, j’ai été dans un premier temps employé en tant que Consultant Sécurité chez EXAKIS. Depuis Mars 2012, j’occupe la fonction indiquée plus haut. Mon activité professionnelle est pour l’instant majoritairement centrée sur la gestion des risques et la définition de mesures adaptées aux besoins, au contexte et aux contraintes des entreprises sollicitant une analyse de risque. L’éventail des compétences, bien sûr, à la fois mathématiques et informatiques mais aussi d’autres disciplines telle que l’entreprise et ses risques m’a permis d’appréhender des contextes complexes et divers. J’ai pu notamment constater que la démarche d’analyse des risques financiers pouvait se translater aux risques informatiques et structurels. Cette diversité est un atout. Elle permet de s’adapter aux enjeux des entreprises.

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Jonathan TAVERNE (Diplômé Master IR-S2IFA) Hardware Security Engineer - Intel Corporation

Au sein du “Security Center of Excellence”, ma mission consiste à vérifier et valider les micro-processeurs destinés aux marchés des serveurs afin d’en garantir la sécurité. L’analyse de risque est basée sur trois composantes principales: la confidentialité, l’intégrité et la fiabilité. Dans sa partie pratique, ce travail est fortement orienté “hardware”. Cependant, des connaissances logicielles sont indispensables à l’identification des menaces actuelles et futures ciblant les plates-formes serveurs. Ainsi, l’adoption croissante du cloud et de la virtualisation accroît la complexité en matière de sécurité en introduisant de nouveaux risques au regard de la protection des données et de la confiance. Finalement l’enjeu est de transférer certaines exigences légales et morales dans les appareils électroniques d’aujourd’hui et de demain.

Denis CLOT et François CONESA, Responsables des spécialités S2IFA et DRM du Master2 IR

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Formations

Focus sur la spécialité S2ifa Interview de Denis CLOT, Maitre de Conférences à l’ISFA

D

evant la diversification des risques en entreprise, l’ISFA n’a cessé de faire évoluer ses formations. Ainsi l’école propose maintenant une spécialité “Ingénierie des Risques” (IR) avec 3 parcours distincts en 2ème année de Master, dont un parcours spécialisé dans le risque informatique : S2IFA (Sécurité des Systèmes Informatiques en Finance et en Assurance).

En votre qualité de coresponsable du parcours S2IFA du Master IR, que pourriez-vous nous dire sur les modules enseignés dans cette branche et sur les métiers auxquels elle prépare? La spécialité S2IFA est issue d’une réflexion évoluant depuis la fin des années 90 sur la construction d’une formation visant à satisfaire le besoin des entreprises de maîtriser les échanges d’informations à travers les outils informatiques. L’ISFA a accueilli ce projet, co-dirigé initialement avec l’UFR de Mathématique de Lyon1, en créant un cadre réunissant les conditions nécessaires à sa naissance puis son épanouissement. Afin de bien comprendre le large éventail de métiers vers lesquel se dirigent les étudiants issus de ce parcours, une présentation de l’évolution de la formation est bien adaptée. D’abord développée sous forme d’un DESS, la formation rassemble les fondements mathématiques et informatiques ad-hoc (arithmétique, codage, éléments de théorie de l’information, cryptographie et éléments de programmation et d’administration système). Dotée dès ses débuts d’une salle informatique dédiée aux projets des étudiants, la formation a utilisé cet atout comme catalyseur du développement d’une autonomie et d’un savoir-faire autour des concepts enseignés et recherchés en entreprise.

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Le coeur de cette formation a traversé deux enrichissements significatifs. Le passage au système des Masters a permis d’organiser un programme de formation sur deux années, en apportant de nombreux développements aux éléments existants et en rapprochant la sécurité des applications et des communications dans les préoccupations centrales de la formation. Ainsi, en collaboration avec l’ENS de Lyon et l’Institut Camille Jordan, l’extension de la cryptographie à la cryptologie, l’étude des courbes elliptiques, de l’arithmétique des ordinateurs, de l’algorithmique numérique et de la sureté des calculs sont venues compléter le contenu académique de la formation. Lors de la transition vers le master SAFIR une intégration importante de professionnels aux enseignements a été opérée dans le but d’introduire diverses expertises métiers : droit, base de l’audit de sécurité, développement sur terminaux mobiles, compétences en lien avec la gestion de la sécurité et la gestion du risque informatique et enfin éléments sur les technologies courantes en monétique. Aujourd’hui, la formation est donc construite sur un noyau académique dense et diversifié, à la fois portée par des équipes académiques reconnues et impliquant de nombreux professionnels issus des secteurs des technologies de l’information et de la gestion du risque informatique. La pluridisciplinarité et les synergies avec le tissu socioprofessionnel sont des ingrédients de base dans les formations de l’ISFA! Les perspectives offertes aux étudiants sont très variées puisqu’elles embrassent à la fois des profils généralistes (Ingénieur d’études et de développement, Directeur technique, Chef de projet, Architecte fonctionnel...), et des profils extrêmement spécialisés (Consultant en Sécurité, Ingénieur d’étude dans des SS2I spécialisées dans la mise en place de solutions de sécurisation d’accès à l’information, et d’audit de sécurité, Ingénieur dans les agences de l’Etat - ANSSI, DGSE...).


Formations Enfin, certains étudiants trouvent un prolongement à notre formation dans le contexte de la R&D privée ou académique, en France comme à l’étranger. Qu’en est-il de l’insertion professionnelle des diplômés de ce parcours? Se fait-elle aisément et aussi bien en France qu’à l’étranger? La lisibilité du profil des étudiants du parcours s’est beaucoup améliorée auprès des entreprises : à ses débuts, une confusion pouvait exister dans les attentes que les entreprises avaient au vu d’un profil de mathématicien/informaticien. Aujourd’hui les étudiants du parcours trouvent avec facilité leur stage de fin d’étude et une majorité de ces stages sont des stages de préembauche. Nous avons quelques exemples de recrutement à l’étranger. Nous étudions la possibilité de passer la deuxième année de Master en alternance. La création de ce parcours a-t-elle été l’occasion de mettre en place des partenariats avec des entreprises avec lesquelles l’ISFA ne collaborait pas encore? Depuis la création du master SAFIR, le renforcement des relations avec les entreprises pour le parcours S2IFA est une priorité. Ce rapprochement s’est d’abord fait à travers le réseau des anciens élèves du parcours, puis s’est poursuivi avec le réseau des membres du CLUSIR (CLUb de la Sécurité de l’Information Régional) qui contribuent à la formation des étudiants. Il est encore tôt pour parler de réels partenariats, bien que nos étudiants profitent déjà de relations privilégiées avec un certain nombre d’entreprises, en plus de celles impliquées dans l’association ISFA.

Enfin, pour en revenir à la spécialité “Ingénierie des Risques”: les parcours mènent-ils à des débouchés communs? Est-il envisageable de créer une autre spécialité vu la complexification du monde de la finance? Sans pouvoir véritablement identifier aujourd’hui de débouchés communs aux trois parcours, il me semble que la partie liée à la gestion du risque est développée de sorte à profiler d’avantage nos étudiants comme des «risk managers» spécialisés sur les niches correspondantes aux parcours, ce qui n’était pas le cas à la création de la formation. Le développement du «risk management» est très fort en entreprise et la spécialité IR est parfaitement positionnée pour répondre à ce besoin. Je pense qu’il est possible de développer davantage et de façon plus explicite cet aspect de la formation, et que l’ISFA est la place naturelle pour développer une culture de la gestion du risque à la fois pointue et diversifiée. Enfin, pour répondre sur le développement de la spécialité IR, et de façon plus large au développement des formations de l’ISFA, il y a aujourd’hui plusieurs axes de développement comme l’ouverture à l’international, l’amélioration de la qualité de ses formations, l’ouverture à la formation continue et le recrutement des étudiants. Le monde de la finance a été malmené ces dernières années, et je serai réservé sur l’opportunité d’une diversification de l’offre de formation du parcours IF (Ingénierie Financière) de la spécialité IR vers la finance - mais je n’ai cependant pas la légitimité de m’avancer sur le terrain de la finance. Par ailleurs, l’ISFA est une structure de petite taille dont chaque membre est déjà bien occupé! Je crois qu’il y a déjà beaucoup à faire pour la spécialité IR dans une démarche d’amélioration continue de sa qualité.

Fabien Laguillaumie : Un nouveau professeur pour encadrer la formation S2IFA Recruté Professeur des Universités à l’ISFA depuis septembre, Fabien LAGUILLAUMIE est incontestablement un expert en codage. Ses travaux de recherche sont d’ailleurs axés sur la cryptographie à clé publique. D’abord maître de conférences à l’Université de Caen Basse-Normandie, Fabien LAGUILLAUMIE a participé a de nombreux projets de recherche sur la cryptographie. Ainsi il a contribué au projet ARIC (Arithmetic and computing project) au LIP (Laboratoire de l’Informatique du Parallélisme de l’ENS), pu intervenir au niveau du GREYC (Le Groupe de Recherche en Informatique, Image, Automatique et Instrumentation de Caen) en dirigeant d’une part le pôle Protection de la Vie Privée, Cryptographie et Codage et en étant membre d’autre part de l’AMAC (l’équipe Algorithmique, Modèles de calcul, Aléa, Cryptographie, Complexité), pris part dans des travaux de l’ANR) tels que LAREDA (sur la réduction de treillis) et l’APCE (sur l’appariement basé sur la cryptologie et le paiement en ligne). Cet ancien membre du comité général de la conférence LLL+25 (en hommage au 25ème anniversaire de l’algorithme LLL) a un passé et une bibliographie denses qui témoignent pour lui. Nous sommes ainsi extrêmement heureux que Fabien puisse faire bénéficier nos étudiants de sa riche expérience.

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myMagazine

Formations

La formation d’actuaire

se délocalise ... Formation délocalisée à Rabat Interview d’ Alexis BIENVENÜE, Maître de Conférences à l’ISFA

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’ISFA, dans son optique d’ouverture à l’international, a développé des partenariats avec de prestigieuses universités, exporte son savoir-faire et ses filières,…

Pourriez-vous nous parler du projet de coopération avec le Maroc ? Pays en plein développement, le Maroc a besoin d’actuaires et les formations qui y existent actuellement ne suffisent pas à satisfaire cette demande. Forte de ce constat, l’Université Internationale de Rabat (UIR) a décidé d’ouvrir une nouvelle formation à l’actuariat. Elle s’est tournée vers l’ISFA pour trouver conseils et assistance, et ce rapprochement a abouti à l’ouverture cette année de cette formation. Quels enseignements délivre-t-on dans cette filière? Aura-t-on, au terme de cette formation, un diplôme d’actuaire équivalent à celui délivré par l’ISFA en France ? Les étudiants sont sélectionnés par un concours ayant ses épreuves écrites en commun avec celui de l’ISFA. La plupart des cours sont assurés par les enseignants de l’UIR, mais l’ISFA apportera son savoir-faire en envoyant quelques enseignants intervenir sur certains domaines spécialisés.

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Les étudiants de l’UIR passeront en outre le premier semestre de leur deuxième année de formation à l’ISFA. Le programme de l’UIR a été conçu de telle façon que ses étudiants puissent acquérir le double diplôme de master UIR/ISFA à l’issue de leur trois années de formation, ainsi que le diplôme d’actuaire de Lyon dans les mêmes conditions que les étudiants de l’ISFA (ils devront en particulier soutenir un mémoire devant un jury comprenant au moins un membre de l’Institut des Actuaires). Les seules différences au niveau des enseignements portent sur le droit, qui pourra être adapté au droit marocain. Y a-t-il des chances pour que ce projet en inspire un autre : celui du programme d’échange d’étudiants dans le cadre des semestres à l’étranger? Cela reste envisageable : si des étudiants de l’ISFA émettent le souhait de passer un semestre d’études à l’UIR, un accord pourrait être passé avec l’UIR dans ce sens. Sur le long terme, comment envisagez-vous la collaboration avec l’Université Internationale de Rabat, pourra-t-on exporter la spécialité “Ingénierie des Risques” par exemple? Nous n’en sommes pas encore là. Nos projets à moyen terme portent sur le transfert de compétences en direction des enseignants de l’UIR, et sur la collaboration en recherche.


Formations

Formation délocalisée à Hô-Chi-Minh-Ville Interview d’ Areski COUSIN, Maître de Conférences à l’ISFA

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’ISFA entretient des liens étroits avec des universités de renommée mondiale. Au Viet-Nâm, par exemple, un partenariat de longue date existe avec l’Université Nationale d’Economie d’Hanoi. Récemment, un accord a été mis en place avec l’Université Internationale d’Hô-Chi-Minh-Ville. En tant que responsable des formations délocalisées au Viet-Nâm, pourriez-vous nous décrire les démarches qui ont amené à la conclusion de ces accords ? L’économie Vietnamienne se développe à une vitesse fulgurante et le besoin de spécialistes des risques est de plus en plus pressant. En effet, le Vietnam compte seulement une centaine d’actuaires qualifiés pour une population de 88 millions d’habitants. Fort de ce constat et avec l’aide de Duc Co-Minh (Président de Prévoir Vietnam) et de l’association DIAF (Diffusion Internationale de l’Actuariat Français), l’ISFA a naturellement proposé en 2002 une formation délocalisée à HCMC. L’ISFA recrute ainsi depuis 2002 par concours spécifique des élèves au Viêt-Nam qui ont déjà suivi des études supérieures en mathématiques, et propose actuellement un diplôme d’actuaire en partenariat avec l’Université Nationale d’Economie (NEU) d’Hanoï. Un projet de collaboration avec l’Université Internationale d’Hô-Chi-Minh-Ville (HCMIU) est en cours de montage. Pour le moment, le recrutement s’effectue tous les deux ans à Hanoï (années impaires). L’ouverture de la formation à Hô-Chi-Minh-City permettra de recruter des étudiants les années paires, en alternant le recrutement avec Hanoï. Les élèves admis suivent les deux premières années de la formation d’actuaire au Viêt-Nam en anglais tout en apprenant le français. Ils viennent ensuite suivre la dernière année à Lyon (en français) avec les autres étudiants de l’ISFA.

Opter pour une autre ville du Viet-Nâm pour un partenariat laisse à penser à une expérience concluante avec l’Université d’Hanoï. Cependant, pourquoi avoir choisi précisément la ville de Hô-Chi-Minh-City? Par ailleurs, y’aurat-il des différences foncières entre les enseignements dans les deux villes? Nous avons choisi d’ouvrir une nouvelle formation à HCMC pour deux raisons. D’abord, nous avons déjà une expérience de formation à HCMC, puisque trois promotions d’actuaires (2002, 2003, 2005) ont été formées en collaboration avec l’université nationale d’économie d’HCMC. Cela représente une quarantaine d’étudiants vietnamiens. Nous souhaitons donc créer un nouveau partenariat de formation avec une université à HCMC. D’autre part, HCMC étant la capitale économique du Vietnam, les compagnies d’assurance et les institutions financières (locales ou étrangères) y sont très bien représentées. Dans ce contexte, nous observons une forte demande en actuaires qualifiés à HCMC. Il nous parait donc intéressant de développer une formation capable de répondre à cette demande. Le projet de partenariat avec l’université internationale d’HCMC est envisagé suivant le même fonctionnement général que celui avec l’université nationale d’économie d’Hanoi. Les deux établissements devront respecter le même programme d’enseignement que celui proposé aux étudiants de l’ISFA. Le Viet-Nâm et la France : deux cultures et deux contextes économiques relativement différents. La formation d’actuaire que l’ISFA propose au Viet-Nâm sensibilisera-telle plutôt aux enjeux du monde européen de l’Assurance (Solvabilité II,…) ou se penchera-t-elle davantage sur la réalité économique et financière vietnamienne? Les étudiants vietnamiens seront sensibilisés, comme les autres étudiants de l’ISFA, aux enjeux du monde européen de l’Assurance. En outre, la formation prévoit, pendant les deux premières années, des interventions de professionnels pour aborder les spécificités du marché vietnamien. Par ailleurs, les étudiants vietnamiens peuvent effectuer s’ils le souhaitent leur stage de fin d’étude au Vietnam. Aujourd’hui, le Viet-Nâm est le seul pays d’Asie qui bénéficie d’accords pédagogiques avec l’ISFA. Est-il envisageable que cela ouvre la voie à des partenariats avec d’autres pays d’Asie? L’ISFA a-t-elle des projets spécifiques dans ce sens? Un projet de collaboration est envisagé avec la Chine, à Pékin. Les discussions sont en cours.

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Formations

mobilité internationale Interview de Pierre RIBEREAU, Maître de Conférences à l’ISFA et Samy BRIAS, Chargé des Relations Internationales à l’ISFA

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’heure étant à la mondialisation, l’ouverture à l’international prend aujourd’hui une ampleur conséquente dans divers domaines, en particulier en Finance. Conscient des enjeux de ce phénomène, l’ISFA propose à ses étudiants la possibilité d’effectuer des échanges avec de prestigieuses universités à l’étranger. Responsable de la section mobilité internationale, pourriez-vous nous expliquer le principe des échanges internationaux proposés par l’ISFA ? Le principe est assez simple : nos étudiants ont la possibilité d’effectuer un semestre dans une université (partenaire ou non de l’ISFA) à l’étranger. Il est question du premier semestre de la deuxième année de la formation d’actuaire. Notons que l’ISFA a introduit un nouvel élément à ce programme d’échanges cette année. En effet, les étudiants en L3 de Mathématiques à l’Université Claude Bernard Lyon I qui souhaiteraient intégrer

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le cursus Ingénierie des Risques en M1 à l’ISFA peuvent également bénéficier de ce programme. Quelle est la procédure à suivre pour effectuer son premier semestre de M1 à l’étranger ? Lors de la rentrée en première année à l’ISFA, les équipes pédagogique et administrative de l’école tiennent une réunion de présentation de la section Mobilité internationale. Sont alors présentées les conditions d’acceptation d’un dossier et les exigences inhérentes à cela. Nous demandons alors aux étudiants de nous faire part des destinations qui les intéresseraient en les classant par préférence (vœux). Au mois de Janvier se tient une réunion de présélection de dossiers. Un étudiant doit fournir un curriculum vitae et une lettre de motivation qui viendront appuyer des notes de premier semestre nécessairement satisfaisantes. A cela s’ajoute le certificat du TOEFL.


Formations La note exigée pour la validation de ce dernier varie selon l’université choisie. Enfin, l’étudiant dont le dossier a été présélectionné doit valider ses modules de second semestre en première session. Ces exigences sont justifiées : c’est grâce à de hautes aptitudes qu’un étudiant sera d’une part capable de suivre les enseignements à l’étranger et d’autre part de reprendre le cours de sa scolarité à l’ISFA au second semestre du M1 sans lacunes.

Par ailleurs, ce programme d’échange peut être un atout imposant lors de la recherche d’un stage/emploi, en particulier à l’étranger. Avoir effectué un semestre à l’étranger dénote d’une souplesse d’esprit, d’une flexibilité géographique et d’un sens de la « débrouillardise ». Il existe toutefois une confusion commune : cet échange ne s’apparente pas à un programme aboutissant sur un doublediplôme.

Parallèlement à cela, l’étudiant ne doit pas négliger deux autres points : la demande de la bourse de mobilité internationale et les démarches (logement, visa,…) qu’il a à effectuer dans le cadre de son séjour à l’étranger.

Où peut-on effectuer son semestre à l’étranger ?

Quelle est la plus-value d’un départ à l’étranger ? Elle est à la fois d’ordre personnel et professionnel. Découvrir une autre culture, élargir son champ de vision, se confronter à des contextes nouveaux et vivre des rencontres inédites. C’est dans le contact de l’autre que l’on progresse et l’ISFA essaye de transmettre cette valeur, entre autres, à ses étudiants.

Les possibilités sont multiples. Il existe d’une part de nombreux accords avec de prestigieuses universités de part le monde : Canada, Chili, Viêt-Nam,… En général, ces accords naissent de préalables partenariats en Recherche établis avec les universités en question. Ces conventions peuvent également être celles conclues entre la Région Rhône-Alpes et ces institutions. L’avantage certain lorsqu’un étudiant choisit une université partenaire de l’école est de lui éviter de payer à deux reprises ses frais d’inscription et de lui assurer la validation automatique de son semestre par l’ISFA.

Enfin, à quelles autres activités peuton associer le pôle Mobilité Internationale de l’ISFA ? Sans doute aux stages à l’étranger. L’ISFA suit de très près l’intérêt que peut porter ses étudiants aux stages à l’étranger. En effet, il faut savoir qu’un étudiant (peu importe s’il est en licence ou en master, en formation d’actuaire ou en ingénierie des risques) qui choisit d’effectuer un stage à l’étranger a droit à la même bourse (90 euros par semaine) qu’un étudiant qui passe tout un semestre à l’étranger. Les opportunités existent et peuvent représenter un avantage considérable sur un CV.

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Formations

Tour du monde des étudiants ISFA en Mobilité Internationale

Brahim BOUAMAMA, en MALAISIE

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Formations Matthias BOCHARD, à ROME

Chadia ATTOUMANE, à WATERLOO

Daphné LE CONTE, à HANOI

Brahim BOUAMAMA, en MALAISIE

Ibrahim SYLLA, à Toronto

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Formations

INTERVIEW des

ETUDIANTS CANADiens

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ette année pour la première fois, 6 étudiants canadiens des Universités canadiennes de Laval (Québec), UdM (Montréal) et UQAM (Montréal) sont accueillis en échange à l’ISFA. Leur accent délicieusement chantant les trahit immédiatement. Venus du pays du grand froid le temps d’un échange semestriel, Alix, Pierre-Marc, François et Simon témoignent et nous présentent une vision d’outre-Atlantique sur les échanges internationaux.

Il y a d’abord eu un choix, celui d’une orientation. Pourquoi l’actuariat ? Au Canada, auprès d’un large public, cette branche n’est pas très populaire. Pourtant, en y regardant de plus près, dans les milieux financiers, l’actuariat a le vent en poupe. Reconnus et convoités, les actuaires connaissent une insertion professionnelle aisée, et ce, dès l’obtention de leur diplôme. Qu’en est-il du cheminement scolaire ? Qu’est-ce qui mène au diplôme d’actuaire au Canada ? Au Québec, la structure scolaire est différente de celle ayant vigueur en France. Au terme de notre DES (Diplôme d’Etudes Secondaires), équivalent du baccalauréat français, nous entamons un cursus appelé Baccalauréat.

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Celui-ci dure trois ans en moyenne. Il peut être à vocation professionnelle (enseignement technique) ou s’inscrire dans le cadre d’une préparation à des études universitaires. Trois années de baccalauréat peuvent mener au titre de chargé d’études actuarielles. Pour obtenir celui d’actuaire, il faut passer les examens du FELLOW. Une fois obtenu, ce titre donne le droit d’être membre de la AAA (Actuarial American Academy). Par ailleurs, au Canada, deux institutions chapeautent la formation d’actuaire : la SOA (Assurance Vie) et la CAS (IARD). Comment avez-vous abordé ce semestre à l’ISFA : démarches administratives, adaptation à la vie lyonnaise,… ? Le rayonnement de l’ISFA dans le monde de l’actuariat est indéniable. Y effectuer un semestre d’études est une réelle opportunité car nous fait bénéficier de l’expertise française dans ce domaine. Ainsi, nous avons l’occasion de suivre les cours du premier semestre de la deuxième année de la formation d’actuaire à l’ISFA.

Nous y serons donc présents jusqu’au mois de Janvier, sans pour autant passer les examens semestriels à l’école. Ceci étant, nous avons rencontré, au départ, certaines difficultés. Nous avons, par exemple, été amenés à choisir les modules dont on allait suivre l’enseignement et nous nous sentions légèrement perdus. Ce sentiment s’est vite dissipé grâce à l’encadrement des enseignants et de l’équipe administrative de l’école. En outre, la qualité de l’enseignement exige un nombre important de cours hebdomadairement, ce qui nous a changés des habituelles 15 heures québécoises de cours par semaine. Enfin, comment envisagez-vous la poursuite de vos études ? Au Canada, les opportunités d’emploi dans le monde de l’actuariat sont concentrées dans les grandes villes : Toronto, Calgary, Vancouver, Québec,… Avant de quitter le Canada, nous avons, dans le cadre de notre formation, effectué un premier stage dans le milieu actuariel. Cela a mené certains d’entre nous à signer un contrat pour rejoindre des entreprises et ce, dès l’obtention de notre diplôme. Au demeurant, le laps de temps passé à Lyon a été fort agréable et nous n’excluons pas l’éventualité d’exercer un jour le métier d’actuaire en France.


Formations

Focus ERM Par Stéphane LOISEL, Directeur Scientifique de la formation ERM de l’Institut des Actuaires.

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’Institut du Risk Management, sous l’égide de l’Institut des

actuaires, propose une formation à l’ERM (Enterprise Risk Management), c’est-à-dire à une gestion globale ou intégrée des risques auxquels fait face un organisme d’assurance ou une institution financière. Les cours sont assurés par des professionnels (Chief Risk Officers (CRO) ou spécialistes de l’ERM) et par des universitaires. La formation comprend 157 heures de formation dispensées lors de 10 sessions de 2,5 jours et d’un séminaire d’une journée à Deauville. Les sujets abordés concernent le concept et le cadre de l’ERM, la façon d’implémenter un processus de gestion des risques, les problématiques d’identification et de cartographie des risques, de mesure et d’agrégation des risques, de gestion et de transfert de risque, ainsi que les méthodes de détermination et d’allocation de capital économique. Le but de la formation est de rapprocher les points de vue qualitatifs et quantitatifs, et de donner aux participants les moyens de choisir la meilleure approche en fonction de la taille et du profil de risque de leur entité, tout en étant conscients des limites de la stratégie employée.

La première promotion a commencé la formation en janvier 2009. En ce moment, la quatrième promotion se prépare aux examens (un écrit de 3 heures et la soutenance d’un rapport sur une étude de cas pratique sur l’ERM devant un jury composé de CROs et d’universitaires) et la cinquième promotion est en train d’être sélectionnée. Entre 15 et 25 participants par an entreprennent cette formation chaque année. Elle permet aux actuaires qualifiés ayant au moins cinq années d’expérience professionnelle d’obtenir le titre CERA (Certified Enterprise Risk Analyst), reconnu internationalement. C’est en effet la première fois que la SOA partage une marque (la marque CERA) avec d’autres associations actuarielles (dont l’Institut des Actuaires). Le traité CERA à été signé en novembre 2009 et l’accréditation CERA à été obtenue par l’institut des actuaires au printemps 2012 pour l’ensemble des promotions.

“La formation actuaire expert ERM, suivie en 2010, présente un juste équilibre entre savoirs aca-

démiques (mesures de risque, valeurs extrêmes, allocation de capital…) et confrontation à la réalité du marché avec le regard pratique de nombreux opérationnels. La variété des interventions reflète toute la diversité des fonctions de l’actuaire risk manager : réassurance, modélisation, contrôle interne, risque opérationnel, project management, ALM, analyse crédit, comptabilité. Cette variété se retrouve également au niveau des parcours professionnels des actuaires suivant la formation, source d’échanges, de retours d’expérience et de points de vue critiques. Professionnellement, au quotidien dans mon entreprise, les enseignements de ce cursus me sont très utiles. Par exemple, lorsque je suis amené à travailler à l’optimisation de programmes de réassurance, j’adopte plus naturellement la vision globale et le recul nécessaires pour accommoder les objectifs souvent divergents des interlocuteurs présents autour de la table. Un directeur financier et un directeur des risques ont chacun leur propre grille de lecture qu’il convient de rapprocher, et le fait de comprendre leurs contraintes respectives facilite grandement la tâche.

“Au quotidien dans mon entreprise, les enseignements de ce cursus me sont très utiles“

Enfin, mon activité étant internationale par nature, l’adhésion au traité CERA me permet d’être immédiatement identifié par mes interlocuteurs, et plus particulièrement dans le monde anglo-saxon, ce que le diplôme d’actuaire français ne permet pas toujours.” Adrien LAFAILLE Guy Carpenter - European Life Business

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je deviendrai

… un collaborateur APRIL autonome et organisé, développant des projets et ayant le sens des responsabilités. Je serai épanoui et travaillerai dans la bonne humeur, je me sentirai bien dans mon job, utile et écouté car c’est…

ce que je suis vraiment APRIL RECRUTE

Photo Getty Images. Conception et création :

Chaque année APRIL recrute plus de 700 personnes : Chef de produits, Commercial terrain, Gestionnaire sinistres, Chargé(e) de relation clients, Actuaire, Chargé(e) de marketing, Webmaster, Contrôleur interne, Hôte(sse) d'accueil, Assistant(e) de direction, Auditeur interne,Superviseur...

Rendez-vous sur www.april.fr/carriere APRIL s’est engagé à promouvoir l'égalité des chances en signant la charte de la diversité.

L’assurance n’est plus ce qu’elle était

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Par Adrien COSTEMALE, Président de l’ISFA Invest

Vie de l’école

les clubs de l’iSfa Par Chadia ATTOUMANE

”Crée en juin 2011, la toute jeune association du journal de l’ISFA (aussi connue sous le nom d’ « Isfactu ») est composée d’une dizaine de membres, majoritairement étudiants en 2ème année de la filière SAF. Du monde de l’actuariat et de la finance à la vie étudiante de l’ISFA en passant par les évènements culturels lyonnais, notre journal a pour but d’informer mais aussi de divertir les étudiants en choisissant des sujets qui les concernent directement. En plus des éditions publiées environ toutes les 3 semaines, nous avons mis en place d’autres projets tels que la réalisation d’un guide sur les départs à l’étranger en 2ème année ou alors la constitution de la généalogie de l’ISFA. Notre association est ouverte à tout étudiant qui souhaite s’investir dans la vie associative de l’école et mettre en pratique ses talents de rédacteur !”

”Le club ISFA Invest est un club d’investissement

visant à initier les étudiants aux marchés financiers et à la finance en général. Informations, réunions, débats, conférences tel est le maître mot de ce club qui rassemble tous les niveaux. Des plus expérimentés aux purs débutants, nous essayons de transformer un intérêt en une passion par sa convivialité et la participation de l’ensemble de ses membres. Le club s’inscrit également dans une politique commune au sein de la Fédération Sud Finance, avec d’autres clubs d’investissement, dans le but de promouvoir une passion commune: le monde financier.”

Interview de Aurélien COLOUMY, Président de l’ISFA Junior Conseil Peux-tu nous présenter rapidement la Junior et nous parler de vos principaux objectifs ? L’ISFA Junior Conseil est une association étudiante à but non lucratif et à portée économique. Elle à pour rôle d’une part d’apporter aux étudiants des moyens pour mettre en application leurs formations théoriques, et d’autre part d’apporter aux entreprises des solutions à la fois rentables et complètes en gestion des risques. Nos objectifs sont nombreux. Nous souhaitons mettre en place un système qui permette aux étudiants d’acquérir davantage de connaissance mais aussi davantage de visibilité sur le marché du travail, tout se faisant par la même occasion « un peu d’argent ». Nous voulons également mettre en avant la dynamique de l’école, ainsi que son savoir-faire au travers de nos diverses missions. Enfin, nous souhaitons répondre aux besoins continus des entreprises en matière d’actuariat, statistique, informatique, ingénierie des risques etc…et par cette occasion s’imposer en porte drapeau de l’expertise junior en gestion des risques. Quand est-ce que la Junior [Entreprise] a-t-elle été créée et qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce projet ? La junior a vu le jour en février sur un salon étudiant alors que nous représentions l’ISFA. Nous avons assisté à une conférence de la CNJE et nous nous sommes demandé pourquoi cela n’existait pas à l’ISFA.

Après discussion avec les professeurs de l’ISFA et de longues concertations portant sur la viabilité du projet, nous avons finit par nous lancer, soutenu unanimement par les personnes au courant de l’idée. Cela fait plus de 7 mois que nous travaillons à la création de cette junior, et nous voyons enfin le bout du tunnel. Quand nous nous sommes lancés, nous souhaitions avant tout rendre l’école plus vivante, mais aussi proposer aux élèves une alternative aux cours particuliers et autres job d’étudiants peu valorisant. Enfin, en tant que président, qu’est-ce que cette expérience t’a déjà apporté concrètement ? Tout d’abord, nous avons créé une entreprise, de la communication client à la structure interne en passant par toutes les paperasses administratives, et cela est déjà en soit une expérience incroyable. A titre personnel, cela m’a permit de mettre un pied dans le monde de l’actuariat mais aussi de l’entreprenariat et du commerce, de rencontrer des gens, d’échanger sur des problématiques nouvelles dont on ne peut soupçonner l’existence en allant simplement en cours (le développement du business, les recherches en actuariat, l’intérêt de la communication etc…). Je ne peux que conseiller à personnes motivées, créatives et qui souhaitent entreprendre, de nous rejoindre. Plus d’information via contact@isfajuniorconseil.fr

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Vie de l’école

L’actualité de l’association isfa Par Samy COLLIER, Membre du Conseil de l’Association ISFA

L

’année 2012 a été riche en actualité pour l’association. Jean-Michel Eyraud, actuel président de l’association, a fortement redynamisé les activités dans un contexte d’augmentation de la taille des promotions de l’ISFA. L’école a par ailleurs rapproché les filières actuariat et ingénierie du risque par la création d’un Master unique. L’association s’est donc adaptée en changeant ses statuts et permettant à toutes les personnes disposant d’un diplôme de l’école, quel qu’il soit, d’adhérer à ce mouvement. Cette modification augmente donc considérément le nombre de membres potentiels de l’association et le conseil d’administration accueille à présent un diplômé de la filière IR.

La notoriété de l’école est en pleine expansion, comme le montre le succès du forum, le projet de la Maison de l’Assurance, mais aussi l’organisation d’événements internationaux comme le colloque AFIR/ERM qui se tiendra en juin 2013 à Lyon. Dans ce cadre, l’association ISFA soutient ce mouvement, notamment par une communication et une visibilité des activités de l’école. Les petits déjeuners qu’organise l’association vont dans le même sens et visent à mettre en valeur les travaux remarquables issus de l’école. L’année 2012 a permis l’exposé de mémoires prisés ou encore la présentation du laboratoire de recherche de l’ISFA qui œuvre dans différents domaines des sciences actuarielles et échange avec de nombreux laboratoires étrangers.

Le site internet a été le lancement phare de l’association en 2011, et, fort de près de 1000 membres désormais, il s’est amélioré significativement en 2012 grâce à l’ajout de la catégorie RH et des actualités publiées fréquemment. Le site internet correspond à une volonté du président de donner de la vigueur au réseau d’anciens étudiants de l’ISFA. Un effort particulier a été fait pour que l’annuaire soit à jour, par des relances via le site ainsi que les correspondants de promotions.

L’Association ISFA a la volonté de soutenir et de promouvoir le mouvement ISFA qui prend de l’ampleur chaque année. Nous avons de nombreux projets et l’intention de les réaliser, mais cela nécessite un soutien de votre part. L’association vous convie à mettre en place ou renouveler votre adhésion, à participer à nos événements et à soutenir nos actions.

Les activités 2012-2013 de l’Association:

- Organisation de petits déjeuners autour de thèmes d’actualité - Amélioration du site internet par l’ISFA Junior Conseil afin de permettre encore plus de services comme le règlement des petits déjeuner, des cotisations et du gala en ligne - Soutien et présence de l’association au Forum 2012 : le président, Jean Michel Eyraud ainsi que de nombreux membres de l’association seront présents à cet événement incontournable pour répondre à vos questions - Soutien aux étudiants en recherche de stage ou d’alternance et parrainage intergénérationnel à l’ISFA - Lancement d’un prix Association ISFA pour les meilleurs mémoires afin de promouvoir la qualité des travaux réalisés par les étudiants - Organisation du Gala Annuel au début de l’été qui permet à tous d’échanger, danser et s’amuser.

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Vie de l’école

Jean Claude augros

chevalier de la légion d’honneur Interview de Jean-Claude AUGROS

J

ean Claude Augros a reçu les insignes de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur, par Bernard Accoyer, Président de l’Assemblée Nationale, le samedi 28 avril au Palais du commerce de Lyon (Place de la Bourse 69002 Lyon). Retrouvez l’interview qu’il a accordé à la rédaction de l’ISFA. Vous venez d’être promu chevalier de la Légion d’honneur, cela consacre t-il votre carrière universitaire dans sa globalité, votre investissement pour l’ISFA, ou plus précisément vos travaux pour la finance comme ceux sur les actifs conditionnels ? Il est bien difficile de répondre précisément à cette question. Je me garderai donc bien de porter un jugement sur mes travaux de recherche universitaires. En revanche, je suis très honoré d’avoir reçu, sur proposition du ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, cette nomination qui rejaillit sur tout le mouvement actuariel français et notamment sur l’Institut de Science Financière et d’Assurances (ISFA)

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que j’ai eu l’honneur de diriger jusqu’en juin 2011. C’est pourquoi j’accepte très volontiers d’évoquer avec vous l’action que j’ai pu mener, avec toute l’équipe enseignante et administrative de l’ISFA, pour faire de cette école le premier centre français d’enseignement et de recherche dans le domaine de l’actuariat et de la gestion des risques. Je suis particulièrement heureux que cette nomination permette de mettre en lumière l’école lyonnaise d’actuariat. Pendant plus de onze ans, d’abord comme directeur de l’UFR de mathématiques appliquées, gestion et économie, puis de l’ISFA, avec tous les collaborateurs de l’institut, nous nous sommes mobilisés pour assurer collectivement la refondation de l’ISFA qu’exigeait, nous semblait-il, l’intérêt général. Quand, avec mes deux prédécesseurs, nous avons entrepris cette reconstruction, nous partions de très loin car l’ISFA avait été négligé par l’université depuis de nombreuses années et il existait dans le corps universitaire de très fortes résistances au développement de l’institut.


Vie de l’école Il a donc fallu faire preuve de persévérance et de détermination pour vaincre progressivement ces résistances. Le franchissement de chacune des étapes de cette reconstruction a exigé beaucoup d’énergie et de persuasion.

“Le point de départ a été en 1994 le regroupement dans un laboratoire de recherche des quelques enseignantschercheurs de Lyon 1 concernés par l’actuariat et la finance. “ Ce laboratoire a pu alors servir d’appui à la création en 1995 d’un DEA et d’une formation doctorale en Sciences Actuarielle et Financière (SAF) qui devait combler un important vide dans le système éducatif français. Depuis 1968, date de la loi Edgard Faure, l’université avait abandonné l’idée de doter l’ISFA de statuts conformes à la nouvelle loi d’orientation. En 1998, soit 30 ans plus tard et après trois ans de lutte acharnée pour vaincre les résistances, nous avons réussi à obtenir le statut d’école interne pour l’ISFA. Depuis cette date, l’institut est enfin devenu un acteur reconnu au sein de l’université pouvant revendiquer le développement qu’exigeait la place éminente du secteur des assurances en France. Les étapes suivantes ont consisté à obtenir à côté du titre d’actuaire, diplôme phare de l’ISFA, des diplômes nationaux reconnus qui, au fil des réformes successives et de la normalisation européenne, ont pris différentes formes aboutissant à la situation actuelle. Aujourd’hui, si l’on se réfère à l’évaluation de la recherche et de la formation réalisée par l’AERES, la configuration de l’ISFA apparait très satisfaisante puisque le laboratoire de l’ISFA a reçu la notation A, de même que la licence SAF tandis que la mention de master SAFIR, résultant de l’agrégation du master de Sciences Actuarielle et Financière (SAF) et de la spécialité Ingénierie des risques (IR), a obtenu la note remarquable A+, réservé qu’à un tout petit nombre de mentions.

A côté de cette reconnaissance officielle de la qualité des diplômes préparés à l’ISFA, il convient surtout de souligner celle des milieux professionnels qui se traduit par la remarquable insertion professionnelle de nos étudiants. Face au développement international des entreprises d’assurances françaises et à celui des assurances dans les pays émergeants, nous avons également envisagé dès 2002 la délocalisation de la formation d’actuaire. Aujourd’hui, l’ISFA est présent au Vietnam et au Liban et organise le recrutement d’élèves sur plusieurs continents. Cette diversification internationale des recrutements vaut à l’ISFA d’avoir un taux d’étudiants étrangers très important puisqu’il dépasse 30 %. Plusieurs autres projets de délocalisation des formations de l’ISFA sont encore dans nos cartons.

“Dans un environnement où l’on ne parle que de regroupements, de recherche de synergie et de réalisation d’économie d’échelle, l’ISFA entend jouer un rôle moteur dans ce domaine.” Ainsi, en 2006, répondant à l’appel à projets du président de l’université Claude Bernard-Lyon 1, Lionel Collet, nous avons élaboré le projet de création à Lyon d’une Maison de l’Assurance et de l’Actuariat.

Cette maison commune vise à regrouper à Lyon tous les organismes de formation et de recherche du domaine des assurances et de la gestion des risques. Le concept à la base de ce projet dépasse les frontières habituelles des disciplines, des universités et des écoles, du public et du privé pour former un ensemble universitaire complet, pluridisciplinaire et cohérent en mesure d’assurer les missions d’enseignement et de recherche d’un même secteur économique. C’est une idée originale en France qui a reçu des encouragements appuyés des autorités professionnelles, patronales et territoriales. Sa mise en œuvre nécessite néanmoins de franchir tous les obstacles liés aux frontières administratives des différentes parties prenantes. D’ores et déjà, le processus de rapprochement entre l’ISFA, l’IAL et l’IFPASS est bien engagé et il y a tout lieu d’être optimiste sur sa poursuite. Au total, si l’on devait caractériser l’action de l’ISFA, on pourrait dire qu’elle consiste à toujours aller de l’avant même si les moyens humains attribués à cette composante sont les plus faibles de toute l’université. Une telle situation ne peut exister qu’avec un engagement très fort de tous les personnels de l’ISFA, aussi bien enseignants-chercheurs qu’administratifs. Aussi, à l’occasion de la distinction qui m’a été attribuée, je tiens à leur rendre un hommage tout particulier et à les féliciter pour leur remarquable dévouement vis-à-vis de l’ISFA.

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Vie de l’école

L’ACP parraine les diplômés 2012 Interview de Cyril ROUX, Premier Secrétaire Général Adjoint de l’ACP

C

yril Roux, vous êtes le parrain de la promotion des diplômés ISFA 2012. Beaucoup connaissent l’ACP mais pouvez-vous nous rappeler ses principales missions et la place qu’elle tient dans les activités liées à l’actuariat ? L’Autorité de contrôle prudentiel est une institution administrative indépendante qui agrée et contrôle les banques, les assureurs et leurs intermédiaires. Elle a trois missions principales : contribuer à la stabilité du secteur financier ; veiller au respect par les banques et les assurances des règles destinées à assurer la protection de la clientèle ; porter la voix de la France dans les instances européennes et internationales de supervision. Elle a recours aux compétences des actuaires d’abord pour mener à bien ses tâches de contrôle des assurances, mais aussi pour conduire des études thématiques dans ce secteur ou pour préparer la mise en place des textes règlementaires.

Quels sont les missions possibles au sein de l’ACP pour les diplômés ISFA des différentes spécialités ? L’ACP offre à la fois des postes de supervision, de réglementation et d’études : en tant que superviseur des assurances, elle doit être en effet présente sur ces trois activités complémentaires qui sont reliées par une qualité commune à ceux qui les exercent, celle de mettre en œuvre au quotidien une démarche intellectuelle rigoureuse.

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L’ACP a donc besoin de collaborateurs qui ont été bien formés sur le plan des techniques pendant leurs études, et de ce point de vue les actuaires diplômés de l’ISFA sont clairement dans sa cible. En outre, l’Autorité attend d’eux qu’ils soient prêts à s’engager quelques années – de quatre années à beaucoup plus – de façon qu’elle puisse s’appuyer sur leurs compétences dans la durée. En retour, l’ACP et la Banque de France à laquelle elle est adossée leur proposent des évolutions de carrière sur une grande diversité de métiers, qu’il s’agisse de fonctions d’expert ou de manager. Quelles sont les relations que l’ACP entretient avec l’ISFA ? Pourquoi, à travers vous, l’ACP a-t-elle décidé de parrainer la nouvelle promotion des diplômés de l’ISFA cette année ? Nos relations sont assez récentes car nous avons ouvert notre recrutement d’actuaires non fonctionnaires il y a quelques années seulement, et la fusion de 2010 entre l’Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles et la Commission bancaire n’a fait qu’amplifier ce mouvement. Mais pour récentes qu’elles soient, elles n’en sont pas moins excellentes, comme en témoigne la signature l’été dernier d’une convention de partenariat dont nous nous félicitons. A travers ce partenariat, notre objectif partagé est de mieux se connaître mutuellement sur le plan institutionnel, avec pour l’ACP l’ambition d’être partie prenante aux ac-

tions de formation organisées par l’ISFA sous leurs différentes formes (interventions en cours et en séminaires, accompagnement de thèses, etc.) et également la perspective que nous continuerons de recruter des jeunes diplômés de l’ISFA en CDI ou par le concours de cadre de direction. C’est ce projet que je porte en étant parrain de la promotion 2012 de l’ISFA. Quelles seront les différentes problématiques pour l’ACP durant les années à venir ? Le rôle du superviseur est avant tout de prévenir, détecter et contribuer à résoudre les difficultés des entreprises contrôlées susceptibles de porter atteinte aux intérêts de leur clientèle, voire d’affecter la stabilité financière du pays. A cet égard, notre pratique, côté banques, va être amenée à se modifier du fait de la création de l’union bancaire sous l’égide de la Banque centrale européenne. La seconde mission confiée à l’ACP est celle de la bonne information de la clientèle des banques et des assurances et de la délivrance d’un bon conseil face à l’évolution des pratiques commerciales et à la diversification des produits et supports de communication. Promouvoir les positions françaises liées aux spécificités de notre système bancaire et assurantiel dans les négociations internationales en cours constitue une troisième problématique importante, c’est dans la feuille de route que l’ACP s’est donnée à sa création.


Vie de l’école

Les Diplômés MASTER IR

MASTER SAF

ADJ Gora ALOGAN Karaca AOUDI Tarek BARRADOUANE Ilham BASSOUM Abou BONNET Louis BOUFLIJA Walid BRUNEAU Nicolas CAHUET Chloe CHAPAS Robin CHEN Yutian CHUNG Tran Diem Nga COULIBALY Hamady DASCHER Delphine DEMONT Thibault DEVRE Ferdi DIARRA Djénéba DONVEZ Marc-Antoine DRIF Yannick DUSSUD Agnès FAYE Adji Bintou GALLETY Jean-Baptiste GOZILLON Mathieu GUILLAUME Vincent GUNES Muhammet HADDADOU HOUACINE Saïda HUANG Jian LAPERROUZE Vivien LAVEDRINE Guillaume LEBRUN Bastien LERASLE Maxime LI Ying MARGARIT Olivier MEUNIER Aymeric OSHIMA Yuhei PAILLARD Rémi PERRUSSEL Anthony PUYDEBOIS Nicolas QUEANT Nicolas SACCOMANI Thomas SAOULI Mériem TAKARA Fabrice TOUMI Sofien XIAO Yue

ABRIVARD Audrey ALLIBERT Valérie ANAKEU TSANA Armand ARNOU Thomas ATTHAR Alexandre AUBIAT Geoffrey BALTESAR Benjamin BARREAU François BAVARD Ivan BELLINA Rémi BENIER Marie BERNARD Romain BONNICHON ép. HERAUDE Clémentine BOU RJEILY Amanda BOULVERT Hervé CHAPUIS Camille CHULEM Alexia COTTRON Maxime COULOUMY Aurélien CREYSSELS Alexandre DALLER Thomas DARNIS Mathieu DE JESUS Maureen DEGIOVANNI Etienne DELLE-CASE Elodie DENISE-BAILLON Christophe DIAB Amani ETHUIN Terry FAUCHON Anthony FAURE Rémy FERRY Arnaud GELLON Pierre-Marie GREMILLET Marion GRILLO Maxime GUEGAU Alexandre HABCHI Gisèle HUACOTO NAKASONE Diana KIZILIAN Emmanuel KOENIG Emmanuel LABROSSE Charline LAHOUD-WAKIM Jean LAINE Marion LE CORRE Loïc LE ROUX Manuel LE SAINT Antoine LOPEZ GONZALES César Edward MAÏGA Aissata Birkouktji MALINGE David MANIABLE Eric MARBACH Bastien MASSIHI Stéphanie MEUNDOM YOUNDOM Eugénie MICHAUD Clémence MIETTON Marjorie MINA Michel MINASSIAN Dimitri MONIN Claire MOUSSA Nivine NDATA TCHEA Nathalie NGNINGHA DONMESSOU Alex NGUYEN Diep Minh NGUYEN Duy An NGUYEN Minh Tung NIAMKE Dédé Guy NIMOUR Amina OROSCO ROJAS Leonardo OUARRAK Camille PERRIN Camille PLEYNET Jean-Baptiste PORET Pierre POTHON Adrien QUELIN Arnaud RAHAL Mary ROBINO-RIZET Dorian ROFES VERNIS David ROGER Adrien ROSSPOPOFF Bastien

MASTER GRAF CADENA CEPEDA Meitner HAQUEBERGE Niels KACEM Hamdi KHALIFA Jihen MABROUK Chamseddine MOUTACHAKKIR Mohamed A. TALOUH Anass TOURE Mohamed WANG Jing

ROUSVOAL Justine SEGUIN Bastien SFAIF Youssef SHAYKHIAN Cécile SMUTEK Eric STEPHAN Valérie TA THAI Son TAMNWO NOKAM Ghislain THIBAULT Simon THOMINE Gabriel TOUGERON Florence TOUKOUROU Ademola TRIEU Thi Diep TRUCHET Pierre-Louis TRUMEAU Maëlle WADE El Hadji Ibrahima YAMMINE Georges

DU ACTUAIRE BARGAIN Deborah BAYE François BONNET Sylvain BOULDI Lazhare BRETTE Anne-Charlotte CARVAS Pierre CASIMIRIUS Corinne CHOPINEAU Antoine COGNET Sylvie D’HONDT SANCHEZ Sophie DELAFONTAINE Barthélémy DRUAIS Maxime DUPERRAY Mathilde DUVAL Arnaud ESPAGNET Pierre-Antoine FAVENNEC Glenn GARRIGUE Nicolas GAUTHIER Thibault GODRIX Bastien GROS LA FAIGE Benoît GUESSOUS Kawtar GUEYE Papa Maguette GUEYRAUD Leslie HOU Wei IMBEAULT Matthieu JAFFRE Pascale née BLANCHARD JAZIRI Salma KOENIG Emmanuel LAIR François LALOU Jacky LE Minh Tuyen LIN Ning MA Haoxiang MANDZIJ Julia MARCHAL Thibault MARENGO Fanny MARIN Raphael MECHAHOUGUI Khalil MENETRIER Yves MERDRIGNAC Marie MICHALEK Michel MOUDIKI NDOUMBE Thierry PATURLE Adrian RENAUDIN Alexis ROLLET Julien ROUSSEAU Vanda

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Les partenaires

du Forum ISFA 2012

Nouveauté 2012 : Une appli spéciale Forum ! Retrouvez sur votre smartphone toutes les informations du forum (programme, plan, conférences, intervenants,…) 36 grâce à notre toute nouvelle application FORUM ISFA. Plus de détails sur http://isfa.fr/mobApps


Revue isfa #6  
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