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LA REVUE

ISFA

HORS-SÉRIE SPÉCIAL CONGRÈS

“ GÉRER LES RISQUES AUTREMENT ” INTERVIEWS EXCLUSIVES

> BERNARD ACCOYER

PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

> JACQUES DE LAROSIÈRE CONSEILLER DU PRÉSIDENT DE BNP PARIBAS GOUVERNEUR HONORAIRE DE LA BANQUE DE FRANCE

> BRUNO ROUSSET PDG D’APRIL GROUP


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EDITO

> par Jean Claude Augros, Directeur de l’ISFA

À l’occasion des 80 ans de l’ISFA, nous avons eu l’idée d’écrire un livre sur l’ISFA et d’organiser un grand évènement pour fêter cet anniversaire. Pourquoi ? Depuis 20 ans, l’ISFA a beaucoup évolué pour s’adapter aux modifications de son environnement universitaire et professionnel et devenir une véritable grande école d’enseignement supérieur et de recherche. Cette évolution s’est faite le plus souvent à l’initiative de l’ISFA et de ses acteurs. Nous n’avions guère le choix tant, au sein de son université de rattachement, la place de l’ISFA était modeste et l’actuariat peu prioritaire. Pourtant, l’utilité sociale de l’enseignement supérieur et de la recherche en actuariat nous semblait évidente. Même sans le soutien affirmé des instances de l’université, il était urgent d’agir pour l’intérêt général bien compris. Méthodiquement et pas à pas, la petite équipe de l’ISFA s’est engagée dans « APRÈS AVOIR RÉALISÉ L’ESSENTIEL DES OBJECTIFS VISÉS ET ATTEINT UNE EFFICACITÉ TOUT À FAIT EXCEPTIONNELLE (…) L’ISFA SE TROUVE DÉSORMAIS À UN TOURNANT DE SON HISTOIRE. » une succession de réformes essentielles pour le développement de l’institut et la réalisation de ses missions. L’un des premiers objectifs de ce livre consiste à retracer l’évolution de l’ISFA, depuis ses origines jusqu’à nos jours, en décrivant de la manière la plus précise et objective possible les étapes successives de cette mutation. Après avoir réalisé l’essentiel des objectifs visés et atteint une efficacité tout à fait exceptionnelle compte tenu de la faiblesse relative de ses moyens humains, l’ISFA se trouve désormais à un tournant de son histoire. En effet, l’ISFA doit consolider ses acquis et, en dépit d’une croissance déjà importante de ses effectifs étudiants, changer d’échelle. Cette recommandation lui a été faite par le bureau de l’université le 20 octobre 2006. Nous en avons pris acte et donc choisi de situer l’action future de l’ISFA dans un cadre élargi qui est celui de la Maison de l’Assurance et

de l’Actuariat, constituée avec l’Institut des Assurances de Lyon, institut interne de la faculté de droit de l’université Lyon 3. Le cadre juridique de cette maison commune existe désormais et un projet immobilier a été proposé dans le cadre du prochain plan campus dont l’ampleur pour la ville de Lyon est tout à fait considérable. Cette réalisation est indispensable pour réunir des équipes venant d’horizons différents et leur permettre de développer des projets communs. L’autre condition nécessaire au développement de l’ISFA, tant pour l’enseignement que pour la recherche, est l’augmentation de ses ressources humaines en personnels enseignants-chercheurs et en personnels administratifs. Nous nous félicitons que les dernières décisions de la présidence de Lyon 1 en matière de redéploiements aillent dans ce sens. Cette évolution est très encourageante ; il reste à la confirmer et à l’amplifier. Ces questions sur l’avenir de l’ISFA méritent d’être posées publiquement. Le congrès des 80 ans de l’ISFA nous en donne une magnifique occasion. En effet, ce congrès va réunir des personnalités de tout premier plan, venant aussi bien du monde politique, économique, universitaire et professionnel. Toutes ces personnalités nous ont fait l’honneur d’accepter notre invitation. Nous les en remercions très chaleureusement. Avec le public présent, elles seront les témoins de l’appel lancé par l’ISFA en faveur de son développement. Lyon est la capitale française de l’actuariat universitaire ; nous souhaitons vivement que, par le renforcement de l’ISFA, elle le demeure. Le congrès des 80 ans de l’ISFA a été l’occasion d’un formidable mouvement de générosité du monde professionnel à l’égard de l’ISFA. Nous ne saurons jamais remercier suffisamment les généreux donateurs qui nous ont soutenus dans la préparation de ce congrès et la publication du livre « Gérer les risques autrement ». Grâce à eux, et à la présence d’un public nombreux de participants, le congrès des 80 ans de l’ISFA doit être une véritable fête pour l’ISFA comme pour l’ensemble du mouvement actuariel français.

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LE CONTRAIRE DE SEUL AU MONDE “Seul au monde ? C’est le sentiment que chacun éprouve quand il s’agit de préparer l’avenir, protéger ses proches, anticiper les risques de la vie. Le contraire de seul au monde, c’est la promesse que nous vous faisons. Vous accompagner tout au long de votre vie et pour tous vos besoins en prévoyance, santé, épargne et retraite afin de vous apporter le soutien et la sérénité que vous attendez. Pour en savoir plus, rendez vous sur www.ag2rlamondiale.fr

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PRÉVOYANCE SANTÉ ÉPARGNE RETRAITE


SOMMAIRE 06( PROGRAMME 08( INTERVENANTS DE LA MATINÉE •P  our la table ronde : « Actuariat, modélisation et risques financiers : vers un rôle et une responsabilité accrus de la profession » M. Jean-François Boulier – M. Michel Crouhy –­ M. Jean-Paul Laurent –­ M. André Lévy-Lang

•P  our la table ronde : « Actuariat et gestion des risques » M. Jean-Luc Besson – M. Pierre-Yves Geoffard –­ M. Régis de Laroullière M. Olivier Sorba – M. Pierre de Villeneuve

•P  our la conférence : « Risques de demain » Mme Nicole El Karoui

15( PRÉSENTATION DU LIVRE : « Gérer les risques autrement,

l’ISFA école d’actuariat, de 1930 à nos jours » M. Philippe Mabille •E  xtraits : M. Lionel Collet ­– M. François Ewald –­ M. Régis de Laroullière •P  oints de vue sur l’ouvrage : M. Jean-Michel Eyraud –­ M. Philippe Picard – M. Daniel Serant

18( INVITÉS DE LA CÉRÉMONIE •C  onférence-débat : « Par la gestion des risques, contribuer à la stabilité financière, à l’équilibre social et au développement durable » M. Bernard Accoyer ­– M. Jean-François Arrue­– M. Jean Claude Augros ­– M. Thomas Béhar M. Lionel Collet ­– M. Serge Degallaix ­– M. Jacques de Larosière ­– M. Bruno Rousset M. Pierre Walker

INTERVIEWS

04( Bernard Accoyer « Les actuaires doivent savoir faire preuve de rigueur, mais aussi d’indépendance d’esprit dans l’ appréciation des risques »

12( Jacques de Larosière « Mettre l’accent sur la qualité

de la supervision et pas seulement sur la multiplicité des règles »

20( Bruno Rousset « Avec Bruno Rousset, les gestionnaires des risques s’engagent dans la micro-assurance »

22( Jean Claude Augros « Histoire et perspectives de l’ISFA :

ses traits identitaires, sa formidable trajectoire de développement et les défis qui l’attendent »

25( François Delavenne « Cinématique et dynamique du mouvement ISFA » 26( Véronique Maume-Deschamps « Le laboratoire de sciences actuarielle et financière de l’ISFA : des modèles pour gérer les risques autrement »

28( Association ISFA « L’association ISFA fait peau neuve et renouvelle ses ambitions »

Rédaction : ISFA. Conception et réalisation . Crédits photos : R. Astier/Assemblée nationale, Dortmann, ISFA, E. le Roux/Communication/UCBL, P. Zamora. Tous drois réservés. © ISFA, juin 2010.

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INTERVIEW BERNARD ACCOYER, PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

« LES ACTUAIRES DOIVENT SAVOIR FAIRE PREUVE DE RIGUEUR, MAIS AUSSI D’INDÉPENDANCE D’ESPRIT DANS L’ APPRÉCIATION DES RISQUES »

Monsieur le Président, vous avez accepté d’intervenir en tant que conférencier d’honneur à l’occasion du Congrès des 80 ans de l’ISFA. Quelle est votre relation avec cet Institut ? En tant qu’élu de Haute-Savoie, je connais l’ISFA depuis longtemps. C’est une institution qui me tient à cœur et qui a joué un rôle pionnier dans la formation des actuaires dans notre pays. À chaque fois que j’ai été sollicité en ce sens, je me suis toujours impliqué pour contribuer à son rayonnement tant national qu’international. Je tiens ici à féliciter son Directeur, M. Jean Claude Augros, et, à travers lui, l’ensemble des équipes qui, depuis vingt ans, ont œuvré à rendre la formation des actuaires plus ouverte et plus efficace.

Comment voyez-vous les défis auxquels est confrontée aujourd’hui la profession d’actuaire compte tenu des effets de la crise ? Ce 80e anniversaire tombe à point nommé car il permet à la fois de tirer un bilan et d’aborder les perspectives d’avenir. Le bilan, c’est une augmentation très forte du nombre des actuaires qui sont toujours davantage sollicités pour garantir la confiance et accompagner les évolutions comptables et réglementaires en cours (normes IFRS, Solvency II). L’avenir,

c’est donc une nouvelle naissance du métier d’actuaire qui devient un élément majeur de gouvernance des entreprises compte tenu des leçons prudentielles tirées de la crise financière.

Pouvez-vous préciser les liens que vous voyez entre l’exercice du métier d’actuaire et la confiance ? La finance, la gestion et l’assurance concernent l’avenir, et un avenir qui est loin d’être certain. Aussi la bonne compréhension par le public en général, et leurs clients en particulier, des produits et services qu’elles proposent, jusque dans les inévitables aléas dont ils sont porteurs, appelle-t-elle une vigilance particulière. Les acteurs comme les produits doivent être dignes de confiance, en tout temps, et plus encore si possible en période de crise comme dans la période actuelle. Cette confiance repose essentiellement sur deux piliers : la régulation et la qualité des hommes. Si les règles applicables sont globalement en cours de réexamen et de renforcement au niveau mondial, et si le Parlement français y attache une attention particulière dans le cadre, notamment, de la loi de régulation bancaire et financière qui sera votée très prochai-

« LA CONFIANCE REPOSE ESSENTIELLEMENT SUR DEUX PILIERS : LA RÉGULATION ET LA QUALITÉ DES HOMMES. »

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nement, la plupart des observateurs s’accordent pour dire qu’en France, ces règles ont plutôt bien fonctionné. En ce qui concerne les personnes responsables de la mise en œuvre concrète de ces règles — les dirigeants, les contrôleurs, mais aussi l’ensemble des professionnels, hommes et femmes, qui conçoivent, gèrent et distribuent des produits toujours plus nombreux et sophistiqués —, il est réconfortant de constater que celles-ci ont également été dans l’ensemble, en tout cas en France, à la hauteur de leurs responsabilités. Ceci est en partie lié au fait que les actuaires, qui constituent une partie significative de ces professionnels et dirigeants, portent haut les exigences de compétence et de professionnalisme.

N’êtes-vous pas inquiet de la montée de la méfiance généralisée de notre société vis-à-vis des risques inhérents au progrès technique et aux innovations ?

Que souhaiteriez-vous dire aux actuaires actuellement en exercice ? Je souhaiterais leur dire que, par leurs compétences, leur professionnalisme, leur déontologie, les actuaires doivent continuer d’apporter cet éclairage équilibré des risques qui constitue une contribution essentielle au bon fonctionnement de nos organismes sociaux et financiers. Pour cela, ils doivent savoir faire preuve de rigueur, mais aussi d’indépendance d’esprit dans l’appréciation des risques. Avec la loi de régulation bancaire et financière et en veillant à ce que les textes législatifs à venir mettent pleinement les actuaires en mesure d’assumer leurs responsabilités éminentes, je suis convaincu que le Parlement, aux côtés de l’action vigoureuse du pouvoir exécutif, permettra à notre pays de relever efficacement les défis actuels de confiance, de stabilité financière et de protection de l’épargnant.

Notre monde est un monde où croissent les risques de toute nature en même temps que le refus de ces risques. Virus H1N1, Xynthia ou volcan islandais : autant d’exemples de cette montée des attitudes de précaution systématique. Dans ce contexte, le sens de l’histoire comme l’évolution de la réglementation renforcent les attentes à l’égard des professionnels. On attend « L’AVENIR, C’EST DONC UNE NOUVELLE d’eux d’éclairer la solidarité nationale (comme auNAISSANCE DU MÉTIER D’ACTUAIRE QUI DEVIENT jourd’hui la réforme à venir des retraites), d’évaluer et d’adosser les risques assurantiels ou finanUN ÉLÉMENT MAJEUR DE GOUVERNANCE DES ciers pris en charge par les contrats de l’économie ENTREPRISES. » de marché, tout en étant conscients qu’il restera toujours un aléa auquel répond la solidarité individuelle ou organisée.

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PROGRAMME

Gérer les risques autrement

Matinée

Conférences et tables rondes 9h00 > 9h30

Accueil des participants

9h30 > 10h00

Introduction historique M. Jean-Michel Eyraud, Allianz Group M. Philippe Picard, Directeur honoraire de l’ISFA

10h00 > 11h00

Table ronde

« Actuariat, modélisation et risques financiers : vers un rôle et une responsabilité accrus de la profession »  M. Jean-François Boulier, Président du directoire AVIVA Investors France M. Michel Crouhy, Président de la fondation NATIXIS pour la recherche quantitative M. Jean-Paul Laurent, Professeur à l’ISFA, actuaire membre agrégé de l’Institut des Actuaires M. André Lévy-Lang, Professeur Émérite à Paris-Dauphine

11h30 > 12h30

Table ronde

« Actuariat et gestion des risques » M. Jean-Luc Besson, Conseiller du président du groupe SCOR M. Pierre-Yves Geoffard, Directeur de recherche CNRS, Professeur Associé à Paris School of Economics

M. Régis de Laroullière, Directeur de l’Institut des Actuaires, du Centre d’Études Actuarielles et de l’Institut du Risk Management

M. Olivier Sorba, Directeur des Risques, Lagardère SCA M. Pierre de Villeneuve, Directeur Général Délégué de BNP Paribas Assurances

12h30 > 13h00

Conférence de clôture

« Risques de demain » Mme Nicole El Karoui, Professeure à Paris VI

13h00 > 15h00

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Déjeuner - Buffet

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Après-midi

Cérémonie des 80 ans de l’ISFA 15h00 > 16h00

Présentation du livre « Gérer les risques autrement, l’ISFA école d’actuariat, de 1930 à nos jours » Échange avec les auteurs suivi par une séance de dédicaces

16h30 > 18h30

Cérémonie Conférence-débat animée par Philippe Mabille, éditorialiste à La Tribune

« Par la gestion des risques, contribuer à la stabilité financière, à l’équilibre social et au développement durable » Conférenciers d’honneur M. Bernard Accoyer, Président de l’Assemblée Nationale M. Jacques de Larosière, Gouverneur Honoraire de la Banque de France M. Bruno Rousset, Président Directeur Général APRIL GROUP En présence de M. Jean-François Arrue, Conseiller Municipal Délégué à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, Vice-Président du Grand Lyon représentant M. Gérard Colomb, Sénateur du Rhône, Maire de Lyon, Président du Grand Lyon

M. Jean Claude Augros, Directeur de l’ISFA M. Thomas Béhar, Président de l’Institut des Actuaires M. Lionel Collet, Président de l’Université Lyon 1, Président de la Conférence des présidents d’université

M. Serge Degallaix, Ambassadeur de France, Président de l’Association DIAF M. Pierre Walker, Président du Conseil ISFA

19h00

Cocktail dînatoire - Remise du prix des 80 ans de l’ISFA

21h00

Soirée dansante

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Table ronde 10h00 – 11h00

« ACTUARIAT, MODÉLISATION ET RISQUES FINANCIERS : VERS UN RÔLE ET UNE RESPONSABILITÉ ACCRUS DE LA PROFESSION »

M. Jean-François Boulier

M. Jean-Paul Laurent

Président du directoire AVIVA Investors France

Professeur à l’ISFA, actuaire membre agrégé de l’Institut des Actuaires

Polytechnicien, ingénieur du Génie Rural et des Eaux et Forêts et docteur en mécanique des fluides, Jean-François Boulier a été Directeur de la Recherche au CCF et a créé la revue Quants. Directeur Général de Sinopia Asset Management, responsable de la Gestion de Taux Euro et Crédit chez CAAM, Directeur de l’investissement chez AVIVA Investors France dont il est aujourd’hui le Président du directoire, il est par ailleurs Président d’Honneur de l’Association Française de Finance, Président d’honneur de l’Association Française des Gestionnaires Actif-Passif et administrateur de l’Association Française des Fonds de Pension. Depuis 1992, il préside le Comité Scientifique de la revue Bankers, Markets & Investors et « board member » de l’Institute for Quantitative Investment Research Europe. Auteur de nombreux articles et communications scientifiques, il a reçu en 1993 le Prix d’Inquire Europe et en 2005 le Prix de Banque & Marchés. Il préside la Commission des Techniques de Gestion de l’Association Française de Gestion.

M. Michel Crouhy Président de la Fondation NATIXIS pour la recherche quantitative Ingénieur des Ponts et Chaussées, PhD de la Wharton School of the University of Pennsylvania et Docteur Honoris Causa de l’Université de Montréal, Michel Crouhy est Directeur de la recherche et développement chez NATIXIS. Il est le fondateur et le Président de la Fondation NATIXIS pour la recherche quantitative qui vise à promouvoir la recherche académique et les manifestations internationales dans le domaine des mathématiques financières. Il a été Senior Vice-Président, business analytic solutions, dans la division Risk Management de la Canadian Imperial Bank of Commerce. Avant sa carrière dans l’industrie, il a été Professeur à HEC et Professeur visitant à la Wharton School et à University of California, Los Angeles. Il est l’auteur et le co-auteur de plusieurs ouvrages, dont parmi les plus récents, « Risk Management » (McGraw-Hill - 2001), « The Essentials of Risk Management » (McGraw-Hill - 2006).

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Ingénieur civil de l’École des Mines de Paris (1983), diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris (1986), du Mastère de Finance Internationale d’HEC (1988), Jean-Paul Laurent est également actuaire, membre agrégé de l’Institut des Actuaires. Titulaire du Doctorat en Sciences de Gestion et de l’Habilitation à diriger des recherches en gestion (1997) de l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, il a été nommé Professeur des universités à l’université Claude Bernard Lyon 1 en 1999. Rattaché à l’ISFA, il y enseigne la finance. Auteur de nombreux articles et ouvrages, il a également enseigné à l’ENSAE et à l’École Polytechnique. Il est conseiller scientifique auprès de BNP Paribas.

M. André Lévy-Lang Professeur Émérite à Paris-Dauphine Ancien élève de l’École polytechnique et de l’université de Stanford, André Lévy-Lang a débuté comme physicien au Commissariat à l’énergie atomique. De 1962 à 1974, dans le groupe Schlumberger, il a occupé différentes fonctions techniques et de direction, en France et aux États-Unis. Entré dans le groupe Paribas en 1974, il a été nommé Président du directoire de la Compagnie Bancaire en 1982 puis Président du directoire du groupe Paribas en 1990 jusqu’à la fusion avec la BNP en 1999. André Lévy-Lang est Professeur associé émérite à l’Université Paris-Dauphine, Président du Conseil de Surveillance des Échos, de l’Institut Louis Bachelier et de la Fondation du Risque, et administrateur de sociétés.

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Table ronde 11h30 – 12h30

« ACTUARIAT ET GESTION DES RISQUES »

M. Jean-Luc Besson Conseiller du président du groupe SCOR Jean-Luc Besson, membre qualifié de l’Institut des Actuaires, Docteur es Sciences Mathématiques, est Conseiller du Président du groupe SCOR. Il a rejoint SCOR début 2003 comme membre du Comité Exécutif du groupe et Chief Reserving Actuary. Il a été Chief Risk Officer de 2004 à 2010. Auparavant, il avait poursuivi une carrière universitaire comme Professeur de Mathématiques et exercé la fonction de Directeur des Études Statistiques et des Systèmes d’Information de la FFSA.

M. Pierre-Yves Geoffard Directeur de recherche CNRS, Professeur Associé à Paris School of Economics Ancien élève de l’ENS (Ulm) et agrégé de mathématiques, Pierre-Yves Geoffard est Docteur en Mathématiques Appliquées aux Sciences Économiques de l’Université Paris IX Dauphine. Il est Directeur de recherche au CNRS, à Paris School of Economics (Unité mixte de recherche CNRS-EHESS-ENPC-ENS), Directeur d’études à l’EHESS, Professeur associé à l’École d’économie de Paris dont il est le Directeur adjoint et co-directeur du programme « Économie publique et redistribution ». Il a enseigné à l’ENS, à l’École Polytechnique, à l’ENSAE, à l’EHESS, à l’Institut d’Économie et de Management de la Santé de Université de Lausanne, Visiting Scholar à l’université de Stanford (Graduate School of Business) et à l’université de Chicago (Department of Economics). Il est membre du Comité Scientifique de l’IRDES et du Comité Scientifique Économique de l’Institut National du Cancer.

M. Régis de Laroullière Directeur de l’Institut des Actuaires, du Centre d’Études Actuarielles et de l’Institut du Risk Management Ancien élève de l’École Normale Supérieure (Ulm), de l’ÉNA, diplômé de Sciences Po et actuaire (CEA). Haut fonctionnaire à la direction du Trésor et attaché financier aux États-Unis. Directeur technique et commercial des assurances collectives, puis Directeur central du financement et des participations de l’UAP. Nommé numéro deux du Crédit foncier de France en 1997, il en anime auprès du Gouverneur le redressement puis la

privatisation par adossement aux Caisses d’Épargne. Directeur général du groupe paritaire et mutualiste Médéric en 2001, puis Délégué général en 2004. Conseil en développement, stratégie et gouvernance depuis 2007. Président fondateur du Club des dirigeants d’assurances et de mutuelles au sein du Centre des professions financières. Il est depuis 2009 Directeur de l’Institut des Actuaires, du Centre d’Études Actuarielles et de l’Institut du Risk Management.

M. Olivier Sorba Directeur des Risques, Lagardère SCA Ancien élève de l’École Normale Supérieure (Ulm) et actuaire, membre agrégé de l’Institut des Actuaires, Olivier Sorba est Directeur des risques et du contrôle interne du Groupe Lagardère. Rattaché au Directeur financier du groupe et membre du Comité financier, il est notamment chargé de la cartographie des risques, du suivi de l’efficacité des dispositifs de gestion des risques et de contrôle interne, et de la supervision des programmes d’assurance. Olivier Sorba est devenu en 1999 Directeur des Risques du groupe Lagardère, qu’il avait rejoint comme CEO de Lagardère North America. Il a auparavant exercé comme actuaire et ingénieur financier au sein du groupe Caisse des Dépôts, puis à la direction des marchés de capitaux de la Caisse Nationale de Crédit Agricole. Il a été Président de l’AMRAE.

M. Pierre de Villeneuve Directeur Général Délégué de BNP Paribas Assurances Actuaire diplômé de l’Institut de Science Financière et d’assurances (ISFA,1972), Pierre de Villeneuve est Administrateur Directeur Général Délégué de BNP Paribas Assurance. Directeur Général (1992-2004) puis Directeur Général Délégué (décembre  2004) de Cardif Assurance-vie, Directeur Général Délégué (2002-2005) puis Directeur Général (octobre 2005) de Cardif-Assurances Risques Divers, Président du Conseil d’administration de Cardif Assicurazioni (Italie) et de Cardif Leven (Belgique), il est Président du Comité Technique, puis du Comité Vie des Assurances de Personnes de la Fédération Française des Sociétés d’Assurances (FFSA) depuis 1996. Ancien Président de l’Association des Actuaires diplômés de l’ISFA (1988-1991), Pierre de Villeneuve est membre qualifié de l’Institut des Actuaires.

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Conférence de clôture de la matinée 12h30 – 13h00

« LES RISQUES DE DEMAIN »

> Par Nicole El Karoui, Professeure à Paris VI

« ON S’ÉTONNE MAINTENANT DE GRANDES PERTES. IL AURAIT FALLU ÊTRE PLUS VIGILANT SUR LES GAINS. TOUT LE MONDE A LAISSÉ FAIRE. LA CRISE EST DUE AU MANQUE DE RÉGULATION. » Nicole El Karoui, Le Monde, 28 mars 2008

« LA STRATÉGIE DE COUVERTURE DES PRODUITS DÉRIVÉS A ÉTÉ CRÉÉE GRÂCE AUX CALCULS STOCHASTIQUES. TOUS LES PROGRÈS DES MARCHÉS FINANCIERS ONT ÉTÉ DUS AUX RUPTURES CONCEPTUELLES. » Nicole El Karoui, L’AGEFI Hebdo, 3 janvier 2008

« LA VRAIE CAUSE DE LA CRISE EST LA DISPARITION DU BON SENS. » Nicole El Karoui, La Tribune, 20 octobre 2009

Nicole El Karoui Nicole El Karoui, née le 29 mai 1944 à Paris, est professeure à l’université Paris VI et depuis 1997 à l’École Polytechnique. Ancienne élève de l’École Normale Supérieure (Sèvres), elle a notamment été professeure à l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud. Elle est considérée comme étant l’un des principaux précurseurs du développement des mathématiques financières depuis la fin des années 1980. Auteur de nombreuses publications, Nicole El Karoui a aussi dirigé un nombre important de thèses et est de plus responsable avec Marc Yor et Gilles Pagès d’une formation de haut niveau en mathématiques financières à l’université Paris VI au sein du master de probabilités et finance qui forme environ 90 élèves par an.

SPÉCIAL

120 ANS

9e CONGRÈS ANNUEL DES ACTUAIRES

DE L’INSTITUT

PROGRAMME mercredi 23 juin 2010

Quel est le rôle des institutionnels (banques, assurances, mutuelles) dans la prise en charge des risques aujourd’hui (crise, Solvabilité II, Bâle III, ERM) ? Centre Eurosites George V 28, Avenue George V Paris 8e

• Discours d’introduction : Claude Bébéar • Table ronde CRO • 9 ateliers • Table ronde CEO : Denis Kessler, Jean-Hervé Lorenzi, Robert Leblanc • Allocution de Jean-Philippe Thierry, Vice-Président de l’ACP

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INTERVIEW JACQUES DE LAROSIÈRE, CONSEILLER DU PRÉSIDENT DE BNP PARIBAS, GOUVERNEUR HONORAIRE DE LA BANQUE DE FRANCE

« METTRE L’ACCENT SUR LA QUALITÉ DE LA SUPERVISION ET PAS SEULEMENT SUR LA MULTIPLICITÉ DES RÈGLES »

continueront à être surveillées par les superviseurs nationaux mais avec une corde de rappel assez puissante qui fera que la cohésion des méthodes de supervision et des règles qui président au code des réglementations européennes devrait être beaucoup plus forte qu’elle ne l’a été dans le passé.

Le rapport Larosière dont les principes ont été adoptés par le G20 et l’Union Européenne ont émis des recommandations relatives à la régulation et la supervision en proposant un nouveau dispositif de macrosurveillance. Pouvezvous nous rappeler comment ces propositions ont été concrétisées depuis février 2009 ?

Nous avons dénoncé le caractère très permissif et court-termiste des incitations réglementaires décidées avant la crise et nous avons donc proposé que les règles nouvelles soient à la fois plus simples, plus contraignantes, plus respectées surtout et qu’elles touchent les domaines de la solvabilité, de la liquidité et de l’évaluation des risques. Nous avons aussi souligné dans notre rapport la faiblesse de l’évaluation et de la gestion des risques telle qu’elle existait avant la crise, bien que Bâle II fut fondé sur l’idée de l’évaluation correcte des risques. Dans les faits, les modèles de risques et les évaluations par les agences de notation ont été très insuffisants et ont favorisé des prises de risques

Ces propositions ont fait l’objet d’un accord de principe au niveau politique en juin 2009. La Commission Européenne a ensuite travaillé sur des textes à caractère juridique qui ont été soumis au Conseil des États membres. Le 3 décembre 2009, les chefs d’États et leurs ministres des finances ont approuvé les grandes lignes des propositions « BÂLE I ET BÂLE II N’ONT PAS MIS SUFFISAMMENT qui avaient été mises en forme par L’ACCENT SUR L’IMPORTANCE DE TESTER LES MODÈLES. » la Commission. Il y a eu un certain nombre de retraits par rapport aux propositions du rapport mais on peut considérer qu’une grande partie des propositions d’origine a été adoptée. Le Parlement européen doit encore se prononcer.

Selon vous, quelles conséquences induisent-elles pour les acteurs micro-économiques que sont les gestionnaires des risques des institutions financières et des sociétés d’assurance ? Sur le plan micro, ce que nous avons dit, c’est que la surveillance microfinancière des institutions particulières continuerait à s’exercer sous l’égide des superviseurs nationaux. Au jour le jour, les institutions d’assurance et de banque

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imprudentes. Malheureusement, le système de Bâle I et la naissance de Bâle II n’ont pas mis suffisamment l’accent sur l’importance de tester les modèles, de les évaluer en fonction d’hypothèses plus extrêmes, plus difficiles que celles que l’on avait l’habitude de prendre en compte.

Pensez-vous, comme certains observateurs, que le système financier est en état de faillite morale ? Si oui, où sont les remèdes ? Non, je ne dirais pas qu’il est en état de faillite morale, je dirais que les considérations d’intérêt public ont été très insuffisamment mises en avant par les agents du système, que

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Jacques de Larosière, Conseiller du Président de BNP Paribas, ancien Président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) (1993-1998), Gouverneur de la Banque de France entre 1987 et 1993, et ancien Directeur général du Fonds Monétaire International (1978-1987). Nommé en octobre 2008 Président d’un groupe chargé par la Commission européenne de réfléchir à la supervision financière au sein de l’Union européenne, Jacques de Larosière a remis son rapport le 25 février 2009. Il sert de base à la définition d’une législation européenne sur la supervision financière.

« UN GRAND AVEUGLEMENT COLLECTIF SUR LE DANGER DU COURT TERMISME. » les incitations réglementaires et comptables — et je mets beaucoup l’accent sur le terme comptable — ont favorisé la prise de risque excessive chez un certain nombre d’établissements. Ces incitations ont certainement eu un rôle dans la recherche du profit à très court terme qui a caractérisé le système. Je pense qu’il y a une sorte de responsabilité partagée à la fois des incitations dangereuses que j’ai évoquées et aussi d’une politique monétaire très laxiste qui a maintenu les taux d’intérêt réels à zéro pendant de longues années. Tout cela a incité certains financiers à prendre des risques excessifs et à regarder un horizon temporel très court. Évidemment, ça s’est très mal terminé.

ceux qui prenaient des risques étaient ceux qui prêtaient leur propre argent. C’est sans doute une conception passéiste des choses mais un grain de sel dans cette direction là ne saurait être une mauvaise chose. Malheureusement, l’incitation a été très grande et l’argent est devenu facile, c’est ce contre quoi je m’élève.

Vous vous êtes efforcé ces derniers mois à beaucoup de pédagogie autour de votre rapport. Quels sont les messages que vous souhaitez délivrer aux gestionnaires des risques et aux actuaires à l’occasion de ce congrès ?

À l’occasion de ce Congrès, mon message est que ce n’est Sans parler de faillite morale, je trouve que le problème pas la multiplication de règles compliquées destinées à traiest d’une certaine façon plus étendu, c’est un grand aveuter tous les cas de figure possibles et inimaginables qui est glement collectif sur le danger du court termisme. C’est en jeu. Ceci est une conception réglementaire que je crois comme s’il y avait eu un raccourcissement extrême de l’horizon temporel de tous les « L’ARGENT QUE L’ON AIDE À INVESTIR A décideurs au plan gouvernemental, public et au plan individuel.

Comment, selon vous, un plus grand sens de la responsabilité peut-il être mieux enseigné aux gestionnaires des risques ?

ÉTÉ GAGNÉ ET ÉPARGNÉ, IL A UNE VALEUR INTRINSÈQUE, ON NE PEUT PAS JOUER AVEC. »

Il faut partir des erreurs du passé, reprendre les modèles qui n’ont pas fonctionné, faire des stress tests à l’aune des réalités, se méfier des innovations incomprises. Il faut enseigner aux gens les crises du passé. Quand on est gestionnaire, on doit se dire qu’on travaille pour le long terme, que l’argent que l’on aide à investir a été gagné et épargné, qu’il a une valeur intrinsèque, que l’on ne peut pas jouer avec. Aucun conflit d’intérêt ne saurait être accepté et il faut être d’autant plus prudent que l’argent que l’on investit n’est pas son propre argent.

erronée, il y aura toujours des gens capables de contourner les règles, de recruter des juristes, de vivre avec un cadre réglementaire tout en faisant autre chose. Il est donc essentiel de renforcer la supervision, c’est-à-dire de donner aux superviseurs, avec un certain degré de discrétion, la capacité technique de vérifier, d’évaluer la qualité de la gestion des risques. Je pense que c’est ça le message essentiel, mettre l’accent sur la qualité de la supervision et pas seulement sur la multiplicité des règles.

Il faut aussi se dire que la mentalité de celui qui prend les risques devrait se rapprocher de la mentalité ancienne où

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Les partenaires officiels des 80 ans de l’ISFA grâce auxquels la publication de cet ouvrage a été possible

Fer de lance du mouvement ISFA, l’association ISFA a pris récemment un nouvel élan pour se concentrer sur trois objectifs : assurer le lien entre l’école et le monde professionnel, animer le réseau ISFA et soutenir l’école dans ses projets, son financement et la promotion de son label. Elle regroupe désormais l’ensemble des anciens, quelle que soit leur filière d’origine, qui souhaitent porter haut les couleurs de l’Institut.

Acofi Gestion est une société de gestion de portefeuille entrepreneuriale agréée par l’Autorité des Marchés Financiers depuis 1997. Elle développe une activité de gestion et de distribution de fonds (OPCVM et OPCI) investis dans des entreprises et des actifs dont les perspectives sont pérennes. Sa clientèle est composée d’institutionnels et d’entreprises, de banques et d’intermédiaires financiers.

APRIL GROUP s’est créé en France en 1988, de la volonté de Bruno Rousset de vouloir « changer l’image de l’assurance ». Son métier originel : l’assurance de personnes (prévoyance et santé) distribuée par un réseau de courtiers indépendants. Vingt ans après, le Groupe est présent sur toute la chaîne de valeur de l’assurance et compte 3 500 collaborateurs. En 2009, il a réalisé un CA consolidé de 813 M€.

Favoriser le développement de l’assurance mutuelle tout en fédérant, telles sont les principales missions de Monceau Assurances. Doté d’une assise financière solide, attaché aux valeurs du mutualisme, Monceau Assurances réunit aujourd’hui plusieurs adhérents dont la Mutuelle Centrale de Réassurance et Capma & Capmi, spécialisée en assurance-vie et dans la gestion des risques viagers.

Société de gestion indépendante, Schelcher Prince propose une expertise reconnue dans les domaines du crédit et des convertibles.

SOPARGEFI SAS Un acteur majeur sur le marché mondial de l’assurance. BNP Paribas Assurance assure les personnes, leurs familles et leurs biens. Il commercialise ses produits sous les marques BNP Paribas et Cardif. - En épargne : épargne et retraite individuelles et collectives. - En protection : assurance des emprunteurs, extensions de garantie, protection des moyens de paiement, assurance des factures, gap, prévoyance individuelle et collective, assurance dommages, assurance santé.

Convictions Asset Management

Créée par Philippe Delienne, Convictions AM est une société de gestion entrepreneuriale dont le processus de gestion est basé sur : - Une approche « macro/top down » tenant compte des scénarios économiques et de l’analyse de la politique monétaire des banques centrales. - Une gestion du risque très spécifique : calcul de budgets de risque et Couverture Active des Risques Extrêmes : CARE ™ Gamme de fonds : Convictions Premium, Convictions ActivInflation et Convictions Europactive.

Edmond de Rothschild Asset Management, filiale de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild, est reconnue pour sa gestion de convictions et son savoir-faire en matière de gestion actions, obligations convertibles et allocation d’actifs. Elle place le client au cœur de sa stratégie et offre une gamme complète de produits investis sur les principales places financières et sur les thématiques les plus porteuses.

UFG-LFP est un groupe de gestion d’actifs multispécialiste qui allie l’expertise des valeurs mobilières (gestion obligataire, gestion actions thématique, et multigestion alternative) et celle de l’immobilier. UFG-LFP entend « redonner du sens à la finance » par son engagement à décrypter les grandes tendances et leur impact sur l’économie et les marchés financiers, sa capacité à créer des solutions adaptées aux contraintes et besoins de ses clients à long terme, en offrant notamment l’accès à une gestion Socialement Responsable sur l’ensemble des classes d’actifs dans le respect de l’intérêt de ses clients.

VLIEGHE INVESTISSEMENT CONSEIL

Leader en actuariat conseil, au service des organismes assureurs (gestion de projets métier, régie, actuariat et démarches réglementaires) et des sociétés industrielles et commerciales (prévoyance, santé, épargne retraite, IAS 19). WINTER & Associés est le premier Cabinet d’actuaires spécifiquement certifié ISO 9001:2008 pour l’évaluation des engagements sociaux en norme IAS 19 et pour l’audit des comptes en prévoyance / santé.


LE MOUVEMENT ISFA DANS UN NOUVEL ÉLAN

Présentation 15h00 – 16h00

TABLE RONDE POUR LA SORTIE DE L’OUVRAGE

> Animée par Philippe Mabille

> Présentation du livre, échange avec les auteurs, suivie par une séance de dédicaces

À l’occasion de son 80e anniversaire, l’ISFA lance l’ouvrage « Gérer les risques autrement. ISFA, école d’actuariat, de 1930 à nos jours », édition Revue Banque. Ce livre, rédigé sous la direction de Jean Claude Augros, Directeur de l’ISFA, retrace l’évolution de l’Institut et propose pistes de réflexion et éclairages quant aux nouvelles problématiques de la gestion des risques.

Philippe Mabille Philippe Mabille, éditorialiste à La Tribune. Rédacteur en chef chargé des pages Opinions et Enquêtes. Co-auteur du livre « N’enterrez pas la France », avec Jean-Pierre Jouyet (éditions Robert Laffont, 2007).

Avec les contributions d’Alain Borderie, Lionel Collet, François Ewald, Anne Eyraud-Loisel, Régis de Laroullière, Stéphane Loisel, Esterina Masiello, Véronique MaumeDeschamps, Philippe Picard, Frédéric Planchet, Daniel Serant, Pierre de Villeneuve.

Précédemment rédacteur en chef chargé du service Économie, Politique, International à La Tribune, de 2004 à 2007, il a été chef adjoint du service Économie des Échos de 1997 à 2004. Ancien élève de Sciences-Po Paris, Licence d’Histoire à Paris I, il a débuté comme journaliste puis rédacteur en chef de la revue Marchés et Techniques Financières, de 1987 à 1992, puis comme chef de rubrique marchés monétaires et obligataires au service Finance du quotidien Les Échos (1992-1997).

La direction de l’École ISFA

remercie également très chaleureusement pour leur soutien : Louis Armagnat (ISFA 69) • Philippe Berquin (ISFA 72) • Evelyne Brugère (ISFA 85) • Sébastien Caron (ISFA 96) • Jean-Louis Cassabalian (ISFA 73) • Dominique Davier (ISFA 85) • François Delavenne (ISFA 71) • Philippe Delienne (ISFA 72) • Raphaël Di Marzio (ISFA 97) • Gilles Ecary (ISFA 85) • Jean-Michel Eyraud (ISFA 77) • Alexandre Hezez (ISFA 98) • Ty Lim (ISFA 73) • Pierre Mancini (ISFA 62) • Anne Marion (ISFA 89) • Christian Prince (ISFA 68) • Elisabeth et Jacques Protin (ISFA 70) • Fabrice Sauvignon (ISFA 96) • Jérôme Vignancour (ISFA 91) • Pierre de Villeneuve (ISFA 72) • Yves Vlieghe (ISFA 73) • Alain Wicker (ISFA 67) • Joël Winter (ISFA  73).

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« GÉRER LES RISQUES AUTREMENT, L’ISFA ÉCOLE D’ACTUARIAT, DE 1930 À NOS JOURS »

> Quelques extraits

«

L’ISFA est un octogénaire fringant, précurseur et toujours moderne. Moderne par sa double finalité de formation professionnelle, mais aussi de recherche fondamentale en gestion des risques. Moderne par ses liens avec les milieux socioéconomiques et son exceptionnelle insertion professionnelle, alors que le Code de l’éducation n’a inscrit qu’en 2007 dans le contexte de la loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) la mission d’insertion professionnelle aux universités.

Cette dimension d’utilité sociale m’apparaît très proche d’un des éléments clés d’exigence de professionnalisme à l’endroit des actuaires figurant dans le core syllabus de l’Association actuarielle internationale, la prise en compte de l’intérêt général (“public interest” en anglais) dans les travaux de l’actuaire.

Moderne par son adossement à une fondation dès sa création, alors que les universités n’ont été autorisées à créer des fondations que soixante-dix-sept ans plus tard. Moderne par une politique internationale avec des délocalisations de formations en accord avec les pays d’accueil. Moderne par l’existence d’un réseau d’anciens, de tels réseaux étant en cours de constitution dans de nombreuses universités ayant le souci de développer le sentiment d’appartenance de leurs étudiants.

L’anniversaire est le temps d’un arrêt sur image et d’un regard en arrière, le moment de replonger les plus jeunes générations dans la filiation historique, l’occasion de se retremper dans les valeurs historiques et fondatrices. »

L’ISFA est une composante de petite taille eu égard à ses flux d’étudiants et à ses ressources humaines, mais constitue une « pépite » reconnue qui fait honneur à l’Université Claude Bernard Lyon 1. »

Lionel Collet

Président de l’Université Claude Bernard Lyon 1 Président de la Conférence des présidents d’université

«

Ce qui frappe l’étudiant qui découvre l’ISFA comme celui qui le connaît bien, c’est sa jeunesse renouvelée, son dynamisme, sa modernité (…) Le dynamisme de l’ISFA me semble puiser à deux sources. La première est que la modernité s’ancre dans la tradition, du fait de la pertinence de l’intuition des fondateurs. Derrière le texte du décret du 4 juin 1930 qui crée l’ISFA se perçoit fortement la dimension d’utilité sociale du métier auquel prépare cet institut : il s’agit de former des professionnels spécialistes des questions d’assurance, de prévoyance sociale et de finance pour les organismes en charge de ces questions, dans le contexte économique et social de l’époque. De cette mise en perspective découlent deux piliers de la formation, qui figurent au décret fondateur : son caractère théorique et pratique d’une part, son ancrage pluridisciplinaire d’autre part, caractéristiques qui seront développées dans le corps de l’ouvrage.

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La seconde source est la capacité d’adaptation et de changement dont l’ISFA a su faire preuve tout au long de son histoire dans la fidélité à ses intuitions fondatrices. Le contenu du présent ouvrage en témoigne abondamment. (…)

Régis de Laroullière

Directeur de l’Institut des Actuaires

«

La crise financière souligne un des défis auquel est confronté l’actuariat. Il a deux faces. Il tient autant à la qualité des modèles utilisés pour apprécier les engagements financiers qu’à la capacité de l’actuariat à fournir une règle de jugement, afin de déterminer s’il convient ou non de prendre tel ou tel risque. Comme toujours en la matière, la réalité est biface : elle a un côté scientifique et technique (la construction des modèles) et un côté moral (Que faire des modèles ? Comment les utiliser correctement ?). Ce sont, en réalité, les deux versants d’une même activité  : trouver le moyen de décrire au plus près une activité humaine de manière à pouvoir déterminer adéquatement la valeur d’un engagement ; mais aussi, activité plus subjective, permettre la formation d’un jugement concernant la valeur des modèles, et le risque que l’on prend à s’y conformer. »

François Ewald

Professeur au Conservatoire national des arts et métiers

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Points de vue sur l’ouvrage Quel sens avez-vous voulu donner à votre contribution à cet ouvrage ?

Philippe Picard

Philippe Picard Ce livre est là pour renforcer la visibilité de cette formation et entretenir le sentiment d’appartenance à la communauté ISFA. Les ISFA sont un groupe fortement structuré et d’une grande proximité liée à ses effectifs réduits. L’intérêt du livre, c’est de raviver cette solidarité et de valoriser le diplôme des ISFA et anciens ISFA en mettant notamment en évidence la particularité et l’évolution de la formation pour ne pas rester sur des perceptions stéréotypées.

Mathématicien, spécialiste des probabilités, Philippe Picard est Professeur honoraire des universités. Il a notamment appliqué les probabilités en génétique, en épidémiologie ainsi qu’en théorie du risque et des assurances. Il s’est aussi intéressé aux sciences humaines – droit, histoire et sociologie – dans leurs rapports avec les mathématiques. Longtemps directeur de l’ISFA, il enseigne encore au Vietnam et au Liban, dans le cadre des universités partenaires de l’ISFA. Son dernier ouvrage « Hasard et probabilités, histoire, théorie et application des probabilités » est paru chez Vuibert en juin 2007.

Daniel Serant  Il y un manque de réflexion philosophique sur le devenir des sociétés, trop axées sur l’innovation technique. Une prise de recul est nécessaire et l’ambition de cet ouvrage est d’initier un début de réflexion sur le sujet. Les actuaires devraient par exemple avoir un rôle crucial dans l’innovation sur le problème des retraites et ne pas seulement s’en tenir à un rôle comptable des engagements des propositions qui leur sont faites. Il faut aller au-delà. Inventer d’autres systèmes devrait être aussi une réflexion des actuaires.

Quelle a été selon vous la contribution de l’ISFA au mouvement actuariel et à la gestion des risques ? Jean-Michel Eyraud Créé par des humanistes éclairés, l’ISFA, par sa pluridisciplinarité, a diplômé de nombreuses générations de personnes qui se sont intégrées dans divers domaines de la société. Par l’aspect ouvert de sa formation, à chaque évolution importante, l’ISFA a formé des acteurs au cœur des changements majeurs : création de la sécurité sociale, mise en place des systèmes de retraites, évolution du marché obligataire, et plus récemment gestion de la crise. D’un point de vue personnel, je suis fier à la fin de mon activité professionnelle, d’avoir pu participer à une partie de ces mouvements. Philippe Picard On a cherché l’équilibre entre le monde universitaire de la recherche et le souci de former des ingénieurs de terrain. On est de ce point de vue la seule formation à avoir réussi cette mixité de préoccupations. Mon but en tant que responsable de l’ISFA était de former des gens opérationnels, mais surtout de les former intellectuellement. Dépasser les recettes pour « former des intelligences », qu’ils puissent prendre des décisions en fonction de leur jugement et de leur expérience passée, savoir surtout ne pas être prisonnier des vieux schémas et élaborer un jugement. Bref, enseigner un savoir-être en entreprise.

Directeur honoraire de l’ISFA

Daniel Serant Directeur honoraire de l’ISFA Statisticien, agrégé de mathématiques et actuaire membre qualifié de l’Institut des Actuaires, Daniel Serant est Professeur honoraire des universités et a été Directeur de l’ISFA. Il est l’auteur des tables prospectives de mortalité en vigueur depuis 2005 et de différents travaux en assurance dommage et assurance-vie.

Jean-Michel Eyraud Directeur, ALLIANZ Group Diplômé d’études supérieures de sciences physiques et de l’Institut de science financière et d’assurances, Jean-Michel Eyraud a commencé sa carrière en 1977 à la Banque Veuve Morin Pons. Il a collaboré à la Préservatrice Foncière (banque Demachy), à la banque de marché et d’arbitrage, avant de devenir Directeur général adjoint de la société de Bourse Schelcher Prince SA entre 1990 et 1992, puis Directeur du développement de Rothschild & Cie Banque jusqu’en 1994. Il est entré dans le groupe AGF en 1995, où il a été membre du directoire d’AGF Asset Management puis Directeur commercial du réseau des agents généraux. Il a occupé le poste de Directeur de la gestion privée au sein du pôle vie et services financiers et celui de Directeur général d’AGF Private Banking, anciennement Dresdner Gestion Privée.

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Conférence - débat 16h30 – 18h30

« PAR LA GESTION DES RISQUES, CONTRIBUER À LA STABILITÉ FINANCIÈRE, À L’ÉQUILIBRE SOCIAL ET AU DÉVELOPPEMENT DURABLE »

> Animée par Philippe Mabille, éditorialiste à la Tribune

CONFÉRENCIERS D’HONNEUR

M. Bernard Accoyer

M. Bruno Rousset

Président de l’Assemblée Nationale

Président Directeur Général APRIL GROUP

Médecin oto-rhino-laryngologiste, docteur en médecine, spécialiste ORL, ancien Interne et Assistant Chef de Clinique des hôpitaux de Grenoble, Bernard Accoyer est député-maire d’Annecy-le-Vieux. En juin 2007, il a été élu Président de l’Assemblée Nationale. Il s’est alors donné pour objectif principal de « donner à l’Assemblée un plus grand rôle dans le fonctionnement de l’État, une meilleure capacité de contrôle et d’évaluation, davantage de transparence et d’efficacité, pour une démocratie irréprochable ». La mise en œuvre de la révision constitutionnelle du 23  juillet 2008 qu’il a portée et traduite à l’Assemblée par l’adoption d’un nouveau Règlement a permis, comme il le souhaitait, d’atteindre ces objectifs et de profondément moderniser l’institution, en mettant notamment en place un véritable statut de l’opposition.

Diplômé de gestion et marketing puis du CPA, Bruno Rousset choisit de se spécialiser en assurance. Il a débuté sa carrière en 1978 à la Mutualité Française avant de rejoindre en 1979 le Groupe de retraite et de prévoyance lyonnais UPESE (Union de prévoyance des Entreprises du Sud-Est), en tant que responsable Prévoyance, puis Directeur adjoint. En 1988, il fonde la société d’assurances APRIL sur la base d’une conviction forte  : «  changer l’image de l’assurance  ». Le Groupe APRIL, coté en Bourse depuis 1997, propose des produits d’assurance innovants, s’appuyant sur un service de qualité dans 33 pays. En 1996, il crée EVOLEM, groupe de capital-investissement ayant vocation à accompagner la croissance des entreprises partout en France, afin de soutenir la mise en œuvre de leurs projets d’avenir. Le goût d’entreprendre et la dimension humaine étant essentiels à ses yeux, il s’engage également dans le domaine de la micro-assurance depuis 2006 par la création de la Fondation Entrepreneurs de la Cité. Reconnue d’utilité publique, la Fondation offre un dispositif de micro-assurance solidaire unique en France, adapté à la situation des chômeurs et travailleurs pauvres, créateurs d’entreprise.

M. Jacques de Larosière Conseiller du Président de BNP Paribas, Gouverneur Honoraire de la Banque de France Jacques de Larosière a été Directeur du Trésor de 1974 à 1978, Directeur général du Fonds Monétaire International (FMI) de 1978 à 1987, Gouverneur de la Banque de France de 1987 à 1993, Président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) de 1993 à 1998, Conseiller du Président de Paribas, puis de BNP Paribas depuis 1998. De novembre 2008 à février 2009, il a été Président du Comité d’experts nommés par la Commission européenne. Ce comité a émis un rapport le 25 février 2009 qui a fait des propositions sur la réforme du système de régulation et de supervision financière en Europe.

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CONCLUSION DE

M. Lionel Collet Président de l’Université Lyon 1, Président de la Conférence des présidents d’université Praticien-hospitalier et professeur de physiologie, Lionel Collet préside l’université Lyon 1 depuis février 2006. Il a été élu à la tête de la Conférence des présidents d’université (CPU) le 18  décembre 2008. Docteur en médecine, il obtient le doctorat d’État en biologie humaine en 1985, avant de devenir professeur des universités-praticien hospitalier en 1992 et responsable du service d’audiologie et d’explorations orofaciales aux Hospices Civils de Lyon. Il a dirigé le laboratoire « Neurosciences et systèmes sensoriels », UMR CNRS de 1991 à 2006 et le groupement de recherche CNRS prothèses auditives de 2000 à 2003. Il a été membre du Comité national de la recherche scientifique de 1995 à 2004. Il est l’auteur ou le co-auteur de plus de 200 publications scientifiques dans des revues internationales.

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EN PRÉSENCE DE

M. Pierre Walker

M. Jean-François Arrue

Président du Conseil de l’ISFA

Conseiller Municipal Délégué à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, Jean-François Arrue est également VicePrésident du Grand Lyon représentant M. Gérard Colomb, Sénateur du Rhône, Maire de Lyon, Président du Grand Lyon

Docteur en Droit, ancien Président de banque, administrateur de sociétés et déontologue financier, Pierre Walker est Président du Conseil de l’Institut de Science Financière et d’Assurances (ISFA) et Président honoraire de Lyon Place Financière et Tertiaire.

M. Jean Claude Augros Directeur de l’ISFA Ingénieur ENSIA-AgroParisTech, professeur agrégé de sciences de gestion, actuaire qualifié membre de l’Institut des Actuaires, Jean Claude Augros est professeur à l’Université Claude Bernard Lyon 1. Il a été directeur de l’UFR de Mathématiques Appliquées, de Gestion et d’Économie de cette université avant d’être nommé directeur de l’Institut de Science Financière et d’Assurances.

HAUT COMITÉ D’HONNEUR DE LA CÉRÉMONIE

M. Thomas Béhar

Monsieur Michel Barnier

Président de l’Institut des Actuaires Polytechnicien et diplômé de l’ENSAE, Thomas Béhar a été commissaire contrôleur des assurances (1995), responsable du suivi stratégique assurance et retraite à la Caisse des Dépôts et Consignations (1999), chargé de mission auprès du directeur des partenariats et du développement commercial (2002), directeur du pilotage et du contrôle de gestion (2003-06), puis directeur comptable France (depuis 2006) de CNP Assurances. Il est le Président de l’Institut des Actuaires depuis 2006

M. Serge Degallaix Ambassadeur de France, Président de l’Association DIAF Serge Degallaix est ancien élève de Sciences-Po Paris, titulaire d’un master en économie et diplômé de l’École nationale d’administration, promotion Simone Weil (1974). En 1974, il est entré au Ministère des Affaires étrangères. Après des postes au Cameroun et en Iran, il rejoint la Direction Économique du quai d’Orsay (chef du bureau énergie et matières premières). Après un passage au Ministère de la Coopération (chef de mission à Lomé puis directeur à Paris), il est ambassadeur au Bangladesh (Dacca) de 1989 à 1992. Après la direction générale des relations Culturelles, Scientifiques et Techniques, il redevient ambassadeur de France en 1996 en dirigeant la représentation diplomatique de la France au Vietnam (Hanoï) jusqu’en 2001. De septembre 2005 à septembre  2009, il est ambassadeur en Tunisie. Entre  2002 et  2005, il est le conseiller diplomatique et pour les affaires stratégiques du Premier ministre, M.  Jean-Pierre Raffarin. Actuaire d’honneur, il préside depuis sa création l’association de diffusion internationale de l’actuariat français. Il est conseiller du président de la chambre de Commerce Franco-Arabe.

Monsieur Bernard Accoyer Président de l’Assemblée nationale

Commissaire Européen pour le Marché Intérieur et les Services

Monsieur Gérard Colomb Sénateur du Rhône, Maire de Lyon, Président du Grand Lyon

Monsieur Lionel Collet Président de l’Université Claude Bernard Lyon 1 Président de la Conférence des Présidents d’Université

Monsieur Serge Degallaix Ambassadeur de France, Président de l’Association de Diffusion Internationale de l’Actuariat Français

Monsieur Jacques de Larosière Conseiller du Président de BNP Paribas, Gouverneur Honoraire de la Banque de France

Monsieur Bruno Rousset Président d’APRIL GROUP

Monsieur Thomas Béhar Président de l’Institut des Actuaires

Monsieur Pierre Walker Président du conseil de l’ISFA, Président honoraire de Lyon Place Financière et Tertiaire

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INTERVIEW BRUNO ROUSSET, PDG D’APRIL GROUP

AVEC BRUNO ROUSSET, LES GESTIONNAIRES DES RISQUES S’ENGAGENT DANS LA MICRO-ASSURANCE

© Dortmann

Le thème central de votre blog (www.brunorousset.com) est la promotion de l’ « homme entrepreneur ». Comment selon vous peut-on concilier l’emphase actuellement mise sur la gestion des risques dans les institutions financières et d’assurance et l’encouragement à l’esprit d’entreprise ? C’est une question centrale. Si la science de la gestion des risques est d’une utilité incontestable, c’est la philosophie de son application et sa mise en pratique qui posent problème. Le principe de précaution est la nouvelle idéologie du moment. Les institutions financières et d’assurance dépensent des fortunes dans la recherche du risque zéro, se rassurent par la multiplication à l’infini des outils. Au-delà des questions techniques, j’observe que la gestion des risques se transforme en aversion au risque, si mal noté par les analystes boursiers et les agences de notation. Cette approche du risque zéro n’est pas compatible avec l’esprit d’entreprise qui me semble disparaître des secteurs de la banque et de l’assurance. Au sein d’April, nous recherchons l’équilibre entre un risk management rigoureux et une incitation à innover, à prendre les nouveaux chemins de la différenciation. Cette approche, fondée sur la simplicité, la taille humaine des structures et la responsabilisation des hommes est source de forte motivation pour nos équipes et constitue la meilleure protection contre les risques auxquels notre groupe est exposé. Sans risque, pas d’entreprise, pas de mérite, pas de rémunération justifiée, la vie vaut-elle encore d’être vécue ? La vie serait-elle la vie ?

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APRIL GROUP a eu l’idée en 2004 de mettre en place une offre de micro-assurance en France. Comment se concrétise-t-elle aujourd’hui ? La Fondation reconnue d’utilité publique « Entrepreneurs de la Cité » que j’ai constituée avec d’autres assureurs et banquiers (APRIL GROUP, CNP Assurances, EVOLEM, La Caisse des Dépôts, AG2R La Mondiale, la MATMUT, La Banque Postale, CFDP Assurances) s’adresse à des chômeurs, travailleurs pauvres et personnes handicapées désirant créer leur propre micro-entreprise. Elle a ainsi adapté à la France le principe de micro-assurance développé dans les pays émergents pour rendre accessible l’assurance aux créateurs d’entreprise modestes. Nous offrons à cette population deux types d’aide : un service d’assistance à la gestion des risques fort utile pour des entreprises au format souvent incertain et des programmes de micro-assurance « low cost » destinés à protéger l’exploitation comme le micro-entrepreneur. La Fondation participe du grand mouvement en faveur de la création d’entreprise, du micro-crédit et de l’accompagnement de cette frange de la population plus défavorisée qui a pris le parti à son tour d’être entrepreneur de sa vie. « Entrepreneurs de la Cité », soutenue dès son origine par la Fédération Française des Sociétés d’Assurance, a vocation à devenir la contribution sociétale des assureurs à la création d’entreprise, et nous invitons tous les membres de notre profession, interpellés par cette initiative, à nous rejoindre.

« SI LA SCIENCE DE LA GESTION DES RISQUES EST D’UNE UTILITÉ INCONTESTABLE, C’EST LA PHILOSOPHIE DE SON APPLICATION ET SA MISE EN PRATIQUE QUI POSENT PROBLÈME. »

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« ENTREPRENEURS DE LA CITÉ S’ADRESSE À DES CHÔMEURS, TRAVAILLEURS PAUVRES ET PERSONNES HANDICAPÉES DÉSIRANT CRÉER LEUR PROPRE MICRO-ENTREPRISE. »

Après quelques années d’expérience, la micro-assurance a-t-elle démontré l’utilité sociale escomptée ? Si j’en juge par les témoignages des salariés et bénévoles de la Fondation, nombreux sont les micro-entrepreneurs qui ont pu apprécier leur écoute et les solutions et couvertures qui leur ont été proposées. De plus, nous avons pu constater que la sinistralité de ces micro-créateurs était significative. Or ces populations étant particulièrement fragiles, l’assurance joue tout son rôle de protection du projet entrepreneurial. Notre micro-assurance a également permis à des créateurs handicapés, ayant difficilement accès à l’assurance, de pouvoir souscrire un produit adapté et accessible en prix. Les chiffres de la création d’entreprise ont explosé ces deux dernières années et pas seulement sous l’effet du nouveau régime de l’auto entrepreneur. Les réseaux d’accompagnement locaux du micro financement avec lesquels la Fondation a signé des partenariats ont également apprécié notre capacité à apporter un dispositif assurant un minimum de pérennité à ces entreprises.

La micro-assurance est-elle économiquement pérenne ? Le vocable micro-assurance recouvre malheureusement de nombreuses initiatives en France et dans le monde. Nous avons été les premiers à lancer cette initiative dans l’hexagone en la ciblant sur les entrepreneurs. Depuis six ans nous avons été naturellement suivis notamment par d’autres assureurs et nous nous en réjouissons. Mais la micro-assurance selon « Entrepreneurs de la Cité » est traitée en dehors du périmètre des activités lucratives de chacun des fondateurs. La fondation assure et protège aujourd’hui plus de 1 200 créateurs en France, dans un esprit d’intérêt général et conseille 2  000 créateurs par an sur la gestion de leurs risques. Elle est au départ largement financée pour tout ce qui concerne les coûts élevés d’accompagnement des bénéficiaires. L’objectif est de rendre cette population, en trois ans maximum, à son autonomie et au marché.

Quels sont selon vous les enjeux des prochaines années pour la micro-assurance ?

Dans le premier cas, les assureurs pratiquent ce que nous appelons la prime minimum destinée à être suffisamment représentative du risque assuré et à couvrir des frais de distribution et de gestion peu corrélés au niveau de prime. Dans le second, c’est la distorsion entre les primes de certains risques, notamment en responsabilité civile professionnelle, et les engagements de l’assureur qui crée toute la difficulté. L’étape à venir repose sur le développement des modèles de segmentation, et l’enrichissement des bases statistiques résultant de l’expérience que nous commençons à avoir du risque de la micro-entreprise pour rendre le coût de l’assurance supportable. La pédagogie du risque et la sensibilisation à l’assurance restent également des enjeux clés pour l’avenir de la micro-assurance : s’assurer n’est pas une démarche spontanée chez le créateur, qui sort d’une « galère », est confiant dans ses talents, et a tendance à sous-estimer ses risques. Y compris les acteurs institutionnels et sociaux de la création d’entreprise en France qui ont besoin de mieux intégrer l’assurance dans leurs grilles d’accompagnement. Enfin un partage d’expérience au niveau international par son appartenance au MicroInsurance Network, présidé par le Bureau International du Travail, permettra à notre Fondation de trouver d’autres solutions pour améliorer son offre.

Quelle devra être la contribution des professionnels de la gestion des risques au développement de la micro-assurance ? Nous avons déjà un partenariat avec l’ISFA avec lequel nous avons créé l’observatoire de la gestion des risques. L’objectif est d’améliorer notre connaissance des comportements de cette population face au risque afin de renforcer la mission de prévention de la Fondation. Les membres fondateurs se sont montrés très présents pour apporter leur assistance sur de nombreux sujets : montage des programmes, formation des réseaux de bénévoles à notre approche des risques et de l’assurance. Pour rendre le risque du micro-entrepreneur le plus assurable possible nous devons disposer des bases de données les plus riches possible. C’est pourquoi la fédération du plus grand nombre d’assureurs autour de ce projet est l’objectif central de notre Fondation.

Il y a en réalité deux enjeux pour la micro-assurance du futur  en France  : les coûts de distribution et de gestion des contrats d’une part et l’assurabilité des clients d‘autre part.

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INTERVIEW JEAN CLAUDE AUGROS, DIRECTEUR DE L’ISFA

HISTOIRE ET PERSPECTIVES DE L’ISFA : SES TRAITS IDENTITAIRES, SA FORMIDABLE TRAJECTOIRE DE DÉVELOPPEMENT ET LES DÉFIS QUI L’ATTENDENT.

En matière de financement, le budget de l’ISFA est assuré à environ 80  % par des ressources en provenance des entreprises, ce qui traduit bien la confiance des milieux professionnels vis-à-vis de l’ISFA dans l’exercice de ses missions.

L’ISFA a été créé il y a 80 ans. Quelle était l’inspiration fondatrice de ses créateurs ? L’acte de création de l’ISFA (décret du président Gaston Doumergue du 4 juin 1930) affiche plusieurs principes de grande modernité, celui de la pluridisciplinarité, celui de l’association étroite des milieux socioprofessionnels au fonctionnement d’un organisme universitaire et, enfin, le caractère social d’un institut appelé à recevoir des élèves de toutes origines. Dès sa création, les initiateurs de l’ISFA avaient dans l’esprit de donner une dimension d’utilité sociale à l’institut.

En quoi cette inspiration est-elle encore aujourd’hui au centre de l’identité de l’ISFA ? Aujourd’hui encore l’ISFA a pour objectif de former des actuaires généralistes possédant à la fois des connaissances mathématiques, juridiques, économiques et relevant des sciences de gestion. La force des actuaires ISFA est de savoir résoudre par eux-mêmes des questions d’assurance et de finance nécessitant cette culture pluridisciplinaire. L’actuaire ISFA bénéficie de cette image et, en dépit d’un fort développement des techniques scientifiques dans l’exercice de la profession d’actuaire, l’ISFA ne renoncera pas à un enseignement « EN DÉPIT D’UN pluridisciplinaire.

Enfin, nous cherchons à accroître le recrutement d’élèves de toutes origines, à la fois sociales et géographiques. Aujourd’hui, l’ISFA compte environ 20  % de boursiers et 30  % d’élèves étrangers.

Quelle singularité l’ISFA veut-il exprimer lorsqu’il scande le slogan « Gérer les risques autrement » ? La crise financière a révélé certaines faiblesses dans la gestion des risques à des niveaux multiples et variés où les actuaires sont le plus souvent absents. En revanche, sur leurs terrains d’exercice habituels, les actuaires ont démontré leur capacité à envisager la gestion des risques avec discernement et prudence. Ce n’est pas pour rien que le secteur des assurances a plutôt bien traversé la crise actuelle. Les difficultés rencontrées par certaines sociétés sont davantage dues à des comportements aveugles et court-termistes, opposés à la démarche de l’actuaire, dont la préoccupation est d’abord la prudence et une vision à long terme. En particulier, les actuaires ISFA, de par leur formation généraliste, possèdent une vision globale des risques qui leur permet de mieux appréhender les enjeux de leurs responsabilités professionnelles. Par ailleurs, la question de la validité et de l’utilisation des modèles est une préoccupation constante dans l’enseignement de l’ISFA. Ainsi sensibilisés, les futurs professionnels sont incités à gérer les risques autrement.

FORT DÉVELOPPEMENT DES TECHNIQUES SCIENTIFIQUES DANS L’EXERCICE DE LA PROFESSION D’ACTUAIRE, L’ISFA NE RENONCERA PAS À UN ENSEIGNEMENT PLURIDISCIPLINAIRE. »

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La pluridisciplinarité historique de la formation d’actuaire de l’ISFA s’étend aujourd’hui à l’ensemble des formations à la gestion des risques qu’il dispense. Quels sont les éléments communs à toutes ces filières ? Si l’ISFA s’était contenté de cultiver son « petit jardin » de la formation d’actuaires à petite échelle, il n’existerait plus aujourd’hui ou, tout au moins, aurait été intégré dans un ensemble plus vaste où il aurait complètement perdu son identité. L’ISFA a, au contraire, cherché à se développer non seulement sur sa formation de base, mais aussi sur d’autres segments de la gestion des risques comme l’ingénierie financière, le risk management et la sécurité informatique. Toutes ses formations ont en commun d’associer aux techniques mathématiques des connaissances approfondies de l’entreprise et d’être centrées sur les secteurs économiques de l’assurance et de la finance.

L’ISFA s’est caractérisé par une grande capacité d’évolution et de transformation tant du point de vue de ses disciplines que du point de vue de sa taille. Quelles en ont été les principales modalités ces dernières années ? L’évolution de l’ISFA ne s’est pas faite au hasard, ni brutalement. Elle est le fruit d’une véritable réflexion de fond, entamée il y a près de 20 ans au sein de l’ISFA. Le premier constat a été d’observer qu’en présence de ressources humaines rares dans le domaine de l’enseignement des sciences actuarielle et financière, l’enseignement supérieur français de la formation des actuaires devait accroître ses ressources et les concentrer. Pour répondre à l’insuffisance du nombre des actuaires et aux besoins croissants des entreprises, il fallait construire une école d’actuariat disposant d’un corps professoral suffisamment étoffé et de haut niveau, capable d’avoir des promotions d’au moins 100 élèves. La création du laboratoire de recherche de l’ISFA en 1994 suivie de celle de la formation doctorale en sciences actuarielle et financière en 1996, nous a permis précisément de former de jeunes universitaires brillants dans ce domaine dont certains ont pu être recrutés à l’ISFA. Même s’il est encore insuffisant numériquement, ce corps professoral constitue la principale force de l’ISFA. C’est grâce à lui que l’ISFA a pu connaître un tel développement.

Quels objectifs poursuit l’internationalisation de l’ISFA ? Au plan international, il n’y avait aucune raison d’abandonner le champ de la formation des actuaires des pays en voie de développement au seul système américain «  par examen ». Avec l’aide de l’association DIAF et un tour de table

de grandes entreprises françaises du secteur de l’assurance et de la finance, nous avons donc cherché à développer dans ces pays un véritable système de formation en « face à face » (educational model) susceptible de favoriser la francophonie et de permettre de créer, dans les pays qui le souhaitent, une société actuarielle en un laps de temps raisonnable.

Quels sont les perspectives et les facteurs décisifs de réussite pour l’ISFA dans les prochaines années ? L’objectif de l’ISFA est aujourd’hui d’atteindre un millier d’élèves dans les prochaines années. Cet objectif ne pourra être réalisé que si plusieurs conditions sont remplies. Nous espérons tout d’abord que le projet de construction de la « Maison de l’Assurance et de l’Actuariat de l’Université de Lyon », envisagé dans le cadre du plan campus, avec l’Institut des Assurances de Lyon (IAL-Lyon 3), pourra aboutir rapidement. La réalisation de ce projet doit nous permettre de développer des projets de formations sur des segments, comme celui des licences professionnelles, que, jusqu’à présent, nous avons négligés. Nous souhaitons également que le développement de l’ISFA ne résulte pas seulement d’une volonté de l’école elle-même, mais soit totalement intégré dans la stratégie globale de notre université de rattachement. Par rapport aux normes d’encadrement habituelles, l’ISFA souffre, en effet, d’un sous-encadrement notable et avéré qui en fait, dans ce domaine, le parent pauvre de l’université. La poursuite du développement de l’ISFA implique donc nécessairement le redéploiement d’emplois des secteurs de l’université les plus sur-encadrés vers l’ISFA. Ceci suppose un véritable choix politique qui est demandé à la gouvernance de l’université Claude Bernard Lyon 1. La réponse lui appartient.

Panorama des formations • Une formation d’actuaire - Licence et Master en Sciences Actuarielle et Financière (SAF) et Diplôme d’Actuaire de Lyon  • Une formation en Ingénierie du Risque (IR) qui se décline en trois parcours en master 2  • Une formation doctorale comprenant un master recherche et l’encadrement de thèses  • Une formation en économie et management issue du rattachement des formations d’un ex-IUP (cf. chapitre 4 du livre « Gérer les risques autrement »)

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Réalisation

– © Photo Alto ; Matthieu Spohn

ALLIANZ porte vos talents à la pointe de l’actuariat

ALLIANZ porte vos talents à la pointe de l’actuariat Avec 75 millions de clients à travers le monde, le Groupe Allianz s’affirme comme le leader mondial en assurances de biens et responsabilités, et n°1 de l’assurance et des services financiers en Europe. Le groupe Allianz compte plus de 150 000 collaborateurs, dont 12 000 en France où il est présent sur tous les métiers de l’assurance pour les particuliers, entreprises et collectivités. Allianz offre des perspectives de carrière et de mobilité internationale à tous les talents qui souhaitent évoluer dans le métier de l’actuariat. Contact : www.allianz.fr

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INTERVIEW FRANÇOIS DELAVENNE, PRÉSIDENT DU GROUPE ACOFI

CINÉMATIQUE ET DYNAMIQUE DU MOUVEMENT ISFA « ON TIENT DANS LA TRADITION ACTUARIELLE, UNE RÉFÉRENCE À UNE FINALITÉ, UNE FINALITÉ SOCIALE. CETTE TRADITION DOIT ÊTRE CONSERVÉE. » Pouvez-vous nous dire comment le mouvement ISFA est né, où trouve-t-il ses origines ? Face à quel constat s’est-il constitué ? Ce mouvement est né de l’appel lancé par Jean Claude Augros lors de l’Assemblée Générale de l’association ISFA en 2009, un appel à l’aide s’adressant au réseau ISFA pour continuer le développement qui avait été entrepris et pour profiter de la célébration des 80 ans de l’Institut. Dans le même temps, l’ISFA faisait le constat qu’il devait se préparer aux prochaines transformations du paysage universitaire. Il avait besoin d’un important soutien de sa famille s’il souhaitait pérenniser son développement. Plutôt que d’une fondation, on a parlé de mouvement ISFA : la réunion de personnes concernées par l’ISFA et qui veulent contribuer à son développement.

Quels sont les inspirateurs de ce mouvement ? L’inspiration est née de la rencontre de ceux que nous nommons les membres du G6  : Jean-Michel Eyraud (ISFA 77), Pierre Mancini (ISFA 62), Pierre de Villeneuve (ISFA 72), Yves Vlieghe (ISFA 73), Alain Wicker (ISFA 67) et moi-même (ISFA 71) avec les dirigeants de l’école, professeurs et chercheurs.

le laboratoire que le réseau. Enfin, une grande visée du mouvement est d’intensifier les relations avec les entreprises afin que le monde de l’entreprise et le monde de l’ISFA coopèrent de façon opérationnelle (les projets de création de chaires allant en ce sens). Les sociétés qui participent à la taxe d’apprentissage ne sont pas assez informées des problématiques ISFA et une démarche de communication est essentielle à cet égard  : c’est la vocation de la revue ISFA.

Quel message adressez-vous aux participants du Congrès ? Prendre l’engagement. Ce 80e anniversaire, c’est la fin des 80 premières années mais surtout un départ pour l’avenir. Aujourd’hui, nous sommes rentrés dans une compétition féroce. La petite taille des effectifs de l’institut doit nous inciter à favoriser l’unité du mouvement ISFA. Il est essentiel de poursuivre l’action entreprise sur une base d’échanges, des échanges bilatéraux certes mais aussi multilatéraux comme ce congrès et d’autres qui verront le jour où élèves, élus, organisations professionnelles, entreprises, université sont rassemblés. L’échange est le secret de la pérennité du mouvement.

Quels objectifs sont poursuivis au travers de ces actions ? La raison d’être du mouvement est de contribuer par des échanges à sa notoriété, son rayonnement et au développement de l’ISFA au sens pluriel du terme. Ceci revêt d’abord des objectifs de marque, le rayonnement de la marque ISFA étant essentiel, y compris à l’international. L’identité de l’ISFA s’articule autour de sa finalité : « gérer les risques autrement » est ce qui différencie les ISFA. On tient dans la tradition actuarielle, une référence à une finalité, une finalité sociale. Cette tradition doit être conservée.  Aussi, le mouvement affiche des objectifs de moyens parmi lesquels favoriser le recrutement de professeurs ou encore la recherche d’une solution immobilière autour du projet de la maison de l’assurance et de l’actuariat ; ce dernier objectif concerne aussi bien l’université, les entreprises, l’école,

François Delavenne – Actuaire spécialiste de la gestion collective, fondateur de l’AFIR (la section financière du mouvement actuariel international), et ancien Président de l’Institut Français des Actuaires. François DELAVENNE a passé 18 ans dans le groupe de la Caisse des dépôts et consignations au sein de laquelle il a notamment créé en 1982 Techniques de Gestion Financière (TGF) spécialisée dans la gestion des OPCVM. Depuis 1990, il est Président du groupe ACOFI dont il est le fondateur.

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INTERVIEW VÉRONIQUE MAUME-DESCHAMPS, DIRECTRICE DU LABORATOIRE DE SCIENCES ACTUARIELLE ET FINANCIÈRE

LE LABORATOIRE DE SCIENCES ACTUARIELLE ET FINANCIÈRE DE L’ISFA : DES MODÈLES POUR GÉRER LES RISQUES AUTREMENT Les activités de recherche du laboratoire SAF se développent en partenariat avec les acteurs de la recherche tant au niveau local, national qu’international.

Le laboratoire de Sciences Actuarielle et Financière (SAF) que vous dirigez est présenté comme le seul laboratoire de recherche français dédié aux sciences actuarielle et financière. Pourriez-vous nous présenter plus particulièrement les activités de recherche qui y sont menées ? Par essence pluridisciplinaires, les activités du laboratoire SAF portent sur la gestion des intermédiaires financiers et des compagnies d’assurances, l’évaluation de contrats, la modélisation et la mesure des risques dans ces domaines, en prenant notamment en compte la dépendance spatiale et temporelle entre les risques et/ou les actifs. Ces thèmes de recherche évoluent en intégrant de nouveaux risques, les récentes normes comptables (IFRS) et les nouvelles réglementations prudentielles (Bâle II, bientôt Bâle III, Solvabilité II). La science actuarielle s’intéresse aux volets économique et assurantiel des risques et à leurs interactions. Il s’agit de proposer des modèles de gestion des risques, d’étudier leur assurabilité et leurs conséquences économiques et sociales. Parmi les risques étudiés, citons le risque de crédit et le risque de longévité dont l’importance est centrale dans l’étude formalisée de l’épargne longue et les problématiques liées à la prévoyance. Ces modèles concernent aussi bien une gestion publique que privée des risques.

« LES SCIENCES ACTUARIELLE ET FINANCIÈRE DOIVENT VISER À AMÉLIORER LA PERFORMANCE DES ENTREPRISES DANS LA DURÉE. » 26

Vous mentionnez souvent vous intéresser aux problématiques d’utilité sociale. Pouvez-vous nous expliquer davantage en quoi les travaux de recherche menés au sein de votre laboratoire s’inscrivent dans le message porté par l’ISFA « Gérer les risques autrement : par la gestion des risques, contribuer à la stabilité financière, à l’équilibre social et au développement durable » ? Les sciences actuarielle et financière doivent viser à améliorer la performance des entreprises dans la durée afin d’assurer une croissance régulière de l’économie, le plein emploi, le progrès de la société et plus de protection des individus. Cette performance durable prend en compte les enjeux environnementaux. Il s’agit ainsi d’une prise en compte globale des risques au sens de l’Enterprise Risk Management (ERM), dont l’objet est de donner une vision globale de l’ensemble des risques pesant sur les entreprises ou les institutions. Les crises financières récentes montrent aussi la nécessité d’une meilleure prise en compte des risques de modèle, mettant en lumière la nécessité d’une culture de la gestion des risques au sein des entreprises, des institutions financières comme des États. Aller au-delà du cadre réglementaire est indispensable pour assurer une création de valeur de manière durable. Un laboratoire de recherche comme le laboratoire SAF s’attache à fournir les outils mathématiques, économiques et de gestion nécessaires à cette gestion souhaitable des risques.

Par exemple ? Focalisons-nous sur deux thèmes de recherche actuels du laboratoire SAF : l’un concerne l’ERM, l’autre les risques associés au changement climatique. En ce qui concerne l’ERM, le laboratoire SAF développe actuellement plusieurs projets visant à une meilleure prise en compte des risques en entreprise. Une cartographie des

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« LA COMMUNAUTÉ ACTUARIELLE INTERNATIONALE A BESOIN DE MODÈLES PERFORMANTS, PLUS RÉALISTES ET D’UNE BONNE COMPRÉHENSION QUANT À LEUR UTILISATION. » risques moderne doit non seulement identifier les facteurs de risques principaux mais aussi leurs interdépendances et comment celles-ci peuvent varier au cours du temps. En effet, dans les périodes d’instabilité, des crises de corrélation sont susceptibles de se produire et d’amplifier les conséquences néfastes d’événements extrêmes au niveau agrégé. Ces conséquences sont parfois sous-estimées si on utilise pour la modélisation les corrélations plus faibles observées en régime de croisière. Autre exemple, depuis peu, plusieurs chercheurs du laboratoire, en collaboration avec l’équipe Hydrologie et Hydrolique du CEMAGREF Lyon et l’équipe Statistique de l’Institut de Modélisation Mathématique de l’université de Montpellier, s’intéressent aux risques liés au changement climatique. Il s’agit de mesurer les risques climatiques en proposant de nouveaux indicateurs adaptés au changement climatique, à la nature vectorielle et spatio-temporelle des données, et leur non-stationnarité. Ce projet vise aussi à mesurer l’impact économique du changement climatique sur les compagnies d’assurance, l’état et les marchés financiers.

Les travaux de recherche peuvent parfois paraître assez distants des préoccupations immédiates du monde de l’entreprise. En quoi pensez-vous que vos activités sont également un atout pour le monde de l’entreprise ? Les entreprises du secteur bancaire et d’assurance doivent s’adapter aux évolutions réglementaires et à l’environnement économique. La communauté actuarielle internationale a besoin de modèles performants, plus réalistes et d’une bonne compréhension quant à leur utilisation. Les liens avec notre laboratoire de recherche constituent alors un atout important pour les entreprises du secteur, leur permettant d’être au fait des nouveaux outils, théories et méthodes mis en œuvre par les chercheurs, et d’impulser de nouvelles problématiques de recherche. Ces liens se matérialisent par des collaborations scientifiques avec des publications communes, des contrats de recherche partenariale, et enfin la mise en place prochaine de chaires d’excellence financées par des entreprises du secteur. Enfin, le laboratoire SAF forme, par l’élaboration de thèses de doctorat en Sciences Actuarielle et Financière, des chercheurs qui peuvent ensuite apporter leurs compétences aux départements R&D des entreprises du secteur.

MEMBRES DU LABORATOIRE • Jean Claude Augros • Alexis Bienvenüe • Areski Cousin • Christian de Peretti • Diana Dorobantu • Anne Eyraud-Loisel • François Ewald • Jean-Paul Laurent • Nicolas Leboisne

• Stéphane Loisel • Esterina Masiello • Véronique Maume-Deschamps • Frédéric Planchet • François Quittard-Pinon • Béatrice Rey-Fournier • Didier Rullière • Melchior Salgado

THÉMATIQUES DE RECHERCHE • Finance • Modèles de taux, calcul obligataire • Risque de crédit • Modèles de contagion • Épargne longue • Modélisation financière • Asymétrie d’information • Calcul stochastique, processus à saut • Probabilité

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• Statistique : modèles et estimation • Théorie de la ruine • Mesures de risque • Modèles de durée • Risque de longévité, dépendance • Économie du risque • Perception du risque • Épistémologie du risque • Management

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L’ASSOCIATION ISFA FAIT PEAU NEUVE ET RENOUVELLE SES AMBITIONS

Sur la base d’un projet ambitieux, l’association des anciens diplômés de l’ISFA change de nom, s’ouvre à l’ensemble des diplômés des formations ISFA et s’organise afin d’accélérer son développement. Louis Armagnat en est son nouveau président depuis Avril 2010. L’association ISFA n’a pas failli à la tradition en tenant son assemblée générale le 22 avril 2010 dans une ambiance chaleureuse. Dans un esprit de renouveau, la dynamique du mouvement ISFA et le projet ambitieux de l’association y ont été exposés. L’association ISFA prend en effet la mesure de la formidable transformation de l’école depuis 15 ans et des enjeux qui attendent cette vénérable institution. Elle se prépare à jouer un rôle moteur dans la dynamique collective engagée depuis plusieurs mois. Sa feuille de route pour l’année à venir est très claire. L’association va centrer son action autour de trois missions :

1/ Assurer le lien entre l’ISFA et le monde professionnel Une manifestation annuelle devrait en constituer le pilier. Le laboratoire de recherche devrait par ailleurs jouer un rôle central dans cette mission.

2/ Animer le réseau ISFA L’animation du réseau des ISFA doit se renouveler. La création de la revue ISFA témoigne de ce changement. Cette revue, dont la diffusion dépassera largement le mouvement ISFA devrait permettre non seulement une plus grande reconnaissance mutuelle des ISFA mais contribuera au rayonnement du mouvement ISFA.

3/ Soutenir l’école dans ses projets et notamment dans son financement et la promotion de son label Le travail initié depuis plusieurs années en termes de soutien à l’école (soutien à la taxe d’apprentissage, insertion des jeunes diplômés, participation au forum) sera poursuivi. L’association a par ailleurs intensifié ses relations avec l’école en sorte d’engager une coopération plus resserrée et lui apporter le plus grand soutien de ses membres. L’association s’emploie également à pérenniser un niveau de rentrées financières autorisant l’emploi d’une ressource permanente permettant ainsi la continuité de ses activités. L’association a donc bien changé de nom pour s’appeler l’association ISFA (anciennement AADISFA). Elle réunit désormais l’ensemble des anciens ISFA quelle que soit leur filière d’origine. Par ailleurs, le Conseil d’administration a eu le plaisir d’annoncer l’élection de son nouveau président Louis Armagnat. Le moment est bien choisi pour apporter notre adhésion au mouvement ISFA qui doit relever dans les prochaines années de nombreux défis. La nouvelle énergie déployée au service de l’ISFA nous encourage tous à faire preuve d’engagement derrière l’école et son label.

Louis Armagnat, Président de l’Association ISFA

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Les partenaires du congrès

ACTUARIS ACTUARIAT CONSEIL

Les partenaires officiels des 80 ans de l’ISFA

Convictions Asset Management

SOPARGEFI SAS

VLIEGHE INVESTISSEMENT CONSEIL

Les partenaires média

Le Comité d’organisation des 80 ans de l’ISFA Jean Claude Augros • Alexis Bienvenüe • François Delavenne • Jean-Michel Eyraud • Anne Eyraud-Loisel • Nicolas Leboisne • Pierre Mancini • Véronique Maume-Deschamps • Fabrice Sauvignon • Pierre de Villeneuve • Yves Vlieghe • Pierre Walker • Alain Wicker


Revue isfa #2  
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