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30 janvier 2009 ­ Numéro 8

Face à la poursuite de l'occupation et de la résistance, où en  est la solidarité internationale ? Pas de trêve ! Comme le disait une chanson des années 80, devenue un hymne en Euskal Herria. Il  est évident que la Palestine ne connaît ni de paix ni de trêve, au­delà des vagues médiatiques et de  médiation. L'occupation se poursuit, les 5 millions de réfugiés sont toujours en exil, le mur de la  honte est toujours là, la société Véolia poursuit la construction du tramway de l'apartheid, 11 000  Palestiniens et Palestiniennes, adultes, enfants et vieillards, croupissent dans les geôles  d'extermination, les Palestiniens possédant un passeport israélien sont victimes d'une ségrégation  raciale, on arrache les oliviers, Gaza est sous le coup du blocus, sans oublier les assassinats sélectifs  et indiscriminés... Or, nous allons assister maintenant à une démobilisation générale. Car pour certains, "le massacre"  terminé, le problème s'évanouit : plus de manifestations de masse, plus de condamnation du bout  des lèvres, plus de démarches diplomatiques... Mais les relations spéciales avec Israël aux niveaux  économique, politique, institutionnel, culturel, académique ou sportif se poursuivent pourtant... Israël redevient un État "normal", la seule démocratie de la région, un pays moderne, dynamique,  une île occidentale au coeur de la barbarie orientale. Ceux et celles qui se dressent contre un tel état de choses disposent d'une arme à la portée de tous,  d'une arme capable de miner les bases de l'apartheid sioniste et d'apporter la justice, la paix et la  souveraineté au peuple palestinien. Cette arme, c'est le boycott à Israël.

Mobilisations en Euskal Herria En Euskal Herria, comme partout dans le monde, des mobilisations très suivies, en solidarité avec la  Palestine, ont été organisées. Outre l'aspect quantitatif (des mobilisations ont été enregistrées dans  plus de 30 villes et villages basques et ont rassemblé un total de plus de 30 000 personnes), des  éléments sont à souligner : 

Dans la majeure partie des mobilisations menées en protestation contre le massacre de Gaza,  au­delà des infos concernant la cruauté des faits, c'est le boycott à Israël qui a centré les  interventions. Un boycott qui constitue l'outil de solidarité le plus efficace.


De nombreux secteurs sociaux ont travaillé en commun : 1. La communauté arabe et musulmane a été présente dans toutes les convocations et un  rapprochement net s'est produit entre cette communauté et les secteurs les plus engagés  dans la lutte pour la libération de la Palestine. 2. Les familles et amis des prisonniers politiques basques ont ménagé une place à la  solidarité avec la Palestine dans leur manifestation annuelle du début janvier qui, cette  année, a rassemblé quelques 38 000 personnes. Voir la vidéo. 3. Mairies : des motions favorables à la rupture de toutes les relations avec l'État d'Israël  ont été approuvées dans plus de 10 mairies basques. 4. Syndicats : tous les syndicats présents en Pays Basque du sud ont participé unitairement  à une manifestation organisée à Bilbao pour réclamer le boycott à Israël et la rupture du  contrat passé entre la mairie de Bilbao et l'entreprise Véolia pour la gestion des autobus  urbains de la ville de Bilbao. En effet, cette société étant adjudicataire de la gestion du  tramway de Jérusalem, vient de perdre un contrat en Suède pour la même raison. 5. Des mobilisations ont eu lieu dans les communes suivantes (excusez en cas d'oubli !), à  certains endroits comme à Bilbao les gens étant sortis dans la rue 8 fois de suite :  Baiona, Irun, Donostia, Orereta, Azpeitia, Azkoitia, Zestoa, Zarautz, Lasarte, Andoain,  Tolosa, Altsasu, Arbizu, Barañain, Antsoain, Tafalla, Iruñea, Ermua, Bermeo, Gernika,  Algorta, Elexalde, Bilbao, Barakaldo, Otxandio, Trapagaran, Gasteiz, Koldo Mitxelena  institutua, Agurain...  Voir vidéo.

Et demain ? Voici des exemples de solidarité réelle dans le monde. La Bolivie et le Venezuela ont expulsé les  ambassadeurs de l'occupation (tandis que l'UE et les États­Unis gardent des relations privilégiées et  fluides avec Israël). Les activistes grecs ont bloqué, dans le port d'Atakos, un navire nord­américain  transportant des armes vers Israël. En Suède, la société française Véolia a été écartée de l'attribution  du contrat de gestion du métro de Stockholm, car elle est responsable du tramway de l'apartheid à  Jérusalem (tramway devant unir des colonies sionistes illégales). 300 enseignants britanniques et  335 catalans réclament le boycott à Israël, assorti de désinvestissements et de sanctions. Le match de  basket de la Coupe d'Europe entre l'équipe Turk Telekom et le Bnei Hasharon a été suspendu grâce  aux protestations des supporters turcs. Enfin, le Forum Social Mondial réuni à Belém (Brésil) vient  de déclarer la validité de la campagne de boycott à Israël dans les conclusions du forum. Pour notre part, nous allons diffuser le manifeste elkartasunez, version basque du PACBI entre les  groupes sportifs, culturels et académiques basques ; nous continuerons de promouvoir le boycott  institutionnel des mairies basques envers Israël et de boycotter toutes les expressions culturelles,  sportives, commerciales ou institutionnelles sionistes dans notre pays. 


Sur les photos, des activistes grecs et turcs.


Face à la poursuite de l'occupation et de la résistance, où en est la solidarité internationale ?