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Django

Unchained

Le nouveau film

de Quentin Tarantino

BEN AFFLECK

QUAND LES RÉALISATEURS CHOISISSENT LES BONS RÔLES M 00000001 - 123 - 3,5 €

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L’histoire du premier noir chez les Dodgers

SCARLETT

CHEZ HITCHCOCK

Regarde moderne sur une scène culte.


ED ITO Caractère pratique et non-sens du contenu Les faux-textes sont également couramment employés à des fins de présentation et de comparaison de la maquette et des variantes typographiques. Ces textes sont pour la plupart sans valeur sémantique, leurs contenus en soit sont dénués de sens. La perception humaine étant apte à intégrer certaines formes et certains schémas de répétitions à la lecture, l'inintelligibilité de leur contenu reste la principale raison de leur utilisation répandue dans le domaine du graphisme. Si tant est que la répartition et la longueur des "mots" reste arbitraire, ceux-ci ne détournent alors en rien l'attention du lecteur de l'appréciation de l'effet visuel et de la lisibilité des polices de caractère (typographies), tout autant que de la disposition et du calibrage du texte sur la page (mise-en-page et surface de composition). C'est pourquoi les faux-textes consistent souvent en une suite plus ou moins arbitraire de mots ou de syllabes. Les schémas de répétitions ne peuvent donc plus troubler l'impression générale, et les typographies peuvent être comparées plus aisément. D'autre part, il est avantageux que le faux-texte reste relativement réaliste, afin que la maquette corresponde au produit final et que la future publication n'en soit pas altérée.

Français ou Latin ? Inintelligibilité ou lisibilité ? Telles sont les questions Le plus courant et plus connu des Faux-texte reste "Lorem ipsum", dont les origines semblent remonter au 16ème siècle. Lorem ipsum est rédigé en un pseudo-Latin, relativement proche du Latin réel. Contenant toute une série de vrais mots latins, et imitant le rythme de la plupart des langues européennes ayant une base latine, il n'en reste pas moins incompréhensible. L'avantage de l'origine latine doublée du non-sens du contenu du Lorem ipsum, permet d'éviter au lecteur d'être distrait par le contenu du texte, et par là même de focaliser son attention sur la conception graphique.

HAFT, le magasine du cinéma tout public ou non. Magasine crée par Aryas Abdollahi. dans le cadre du cour de print. Les images et articles sont tirés de différents sites internet. © 2013 Haft group. Tout droit de reproduction réservé. Haft I 2013 I 3


SOMMAIRE 8

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News

Plongez au coeur des derniers films prochainement en salle

Coup de coeur Argo

Une machine à gagner des oscars

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Dossier

Django Unchained

Tarantino s’attaque au Western Spaghetti

34

Rubrique Hitchcock

Comment Anthony Hopkins fait revivre le génie du cinéma

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Box Office

Skyfall Jack Reacher The Hobbit L’odysée de Pi Les mondes de Ralph L’homme qui rit De l’autre coté du Periph Looper

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Coup de coeur

ARGO Ben Affleck revient sur une histoire vraie de l’amerique de Carter


Chronique

Argo : Le film le plus am Ben Affleck est en route vers les oscars

L

ogo Warner vintage, typographies rondelettes, légers scratchs sur la pellicule, photographie brute, terne, granuleuse : l’illusion est parfaite, nous sommes bien en novembre 1979, quelques heures avant la prise d’assaut de l’ambassade américaine à Téhéran par des activistes proches du nouveau maître des lieux, l’ayatollah Khomeini.

dis que les autres sont faits prisonniers. Argo,“based on a true story”, raconte l’exfiltration rocambolesque des six par un expert de la CIA (joué par Ben Affleck, également réalisateur, pour la troisième fois après Gone Baby Gone et The Town), qui fit passer tout ce petit monde pour une équipe de tournage venue faire des repérages sur place.

S’en suit un film d’espionnage réaliste, haletant, drôle par moments, tendu Dans la confusion, six employés par- à d’autres, excellemment interprété, viennent à s’enfuir et à se réfugier avec juste ce qu’il faut de patriodans l’ambassade canadienne, tan- tisme et de mièvrerie pour séduire

sans choquer : bref, une machine à gagner des oscars. Pourtant, Argo est plus que cela : un film qui, tout en étant exactement ce qu’on attend de lui, déjoue ces mêmes attentes – un film de contrebande.

« Une machine à gagner des oscars » En préambule de son film, Ben Affleck prend soin de résumer, en trois minutes chrono, trente ans d’histoire d’Iran. Haft I 2013 I 10


mbitieux de Ben Affleck De Mossadegh le nationaliste à Khomeini l’islamiste, en passant par Pahlavi l’opportuniste. vOn a pu le vérifier maintes et maintes fois, Hollywood et la complexité historique ne font pas bon ménage. Argo, malgré ses louables efforts de contextualisation, n’est pas si différent, et les spectateurs tatillons pourront s’agacer des raccourcis, caricatures – grosso modo, les Iraniens ont la barbe fournie, l’œil noir et autant de joie de vivre que Dark Vador au réveil – et rebondissements spectaculaires d’une affaire qui s’est plus vraisembla-

blement jouée dans le silence ouaté des moquettes oranges à imprimés géométriques. Mais que voulez-vous, tout cela est du cinéma…

« Hollywood et la complexité historique ne font pas bon ménage. »

des dessins de story-board. Le message ne pourrait être plus clair : Histoire et cinéma ne font ici qu’un, il n’y a pas de vérité objective, seulement des histoires (h minuscule) racontées par des producteurs affables, un verre de champagne à la main.

Oui, tout cela est du cinéma, nous dit Affleck, et même du cinéma au carré : la voilà l’idée. Que l’on y regarde attentivement, et que voit-on dans cette présentation historique express ? Qu’aux images d’archives se mêlent Haft I 2013 I 11


Interview


FACETO ECAF Comment êtes-vous tombé sur cette histoire abrac a d a b ra n te d ' ex fi l t ra t i o n d ' a m b a s s a d e u r s a m é ricains à Téhéran durant la révolution islamique? Ben AFFLECK. - J'aimerais vous donner une réponse parfaitement romanesque. La vérité m'oblige à dire qu'après The Town j'ai tout simplement contacté la Warner en leur demandant de m'envoyer des scénarios pour mon prochain film. Beaucoup de projets ne m'ont pas passionné. D'autres étaient dotés de gros budgets, ce qui ne correspondait pas à mes envies. Quand je leur ai précisé que je voulais réaliser un film centré sur l'histoire et les personnages, ils m'ont envoyé le scénario d'Argo. Je l'ai lu. Et je n'en suis pas revenu tellement c'était bon! Le scénario appartenait à la compagnie de George Clooney, Smokehouse Pictures. Je l'ai appelé. Nous avons longtemps discuté. Finalement, il m'a dit: «C'est ton film. Fais-le comme tu veux. Nous te protégerons en tant que producteurs de manière à ce que personne ne puisse toucher à ta vision du projet.»

Dans Argo, il y a trois films en un. Comment les avez-vous unifiés? C'est vrai: une authentique tragédie historique se superpose à un thriller d'espionnage, le tout mêlé à une comédie hollywoodienne. Mon grand défi a été de faire en sorte que ces différentes atmosphères fassent partie intégrante du même film. La musique m'a été d'un grand secours. Mais c'est sans doute l'authenticité du jeu des acteurs qui a permis que tout cela fonctionne. Je me suis également rendu compte que les spectateurs d'aujourd'hui se sont accoutumés à évoluer rapidement d'un univers à l'autre, du moment que la réalité n'est pas altérée.

N'est-ce pas une idée folle que de prétendre tourner un film de science-fiction en Iran durant la révolution? Pour un metteur en scène, c'est le nec plus ultra du scénario! L'histoire absolue. Par contre, si cette histoire avait été fausse, le film n'aurait pas fonctionné..

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Quels sont les films qui vous ont inspiré pour Argo ? Beaucoup d'excellents films des années 1970. J'ai énormément emprunté à l'esthétique des longs-métrages de l'époque. Ainsi réintroduits dans l'inconscient des spectateurs, ils poussaient les gens à se croire revenus à cette époque. J'ai beaucoup revu Les Trois Jours du Condor ainsi que Meurtre d'un bookmaker chinois de Cassavetes pour ses zooms, sa pellicule très contrastée, ses couleurs très saturées. Pour la partie iranienne, j'ai visionné Sunday Bloody Sunday , Missing, Z ou La Bataille d'Alger , des films qui vous plongent directement au cœur du chaos de façon à ce que le spectateur s'en trouve désorienté

Quelle a été la séquence la plus difficile à tourner? Principalement, la scène de l'ambassade américaine prise d'assaut par les étudiants iraniens. Normalement, j'aurais dû avoir recours à des figurants digitaux, un peu comme ceux qu'on voit dans les scènes de stade. Mais j'avais le sentiment qu'instinctivement le cerveau n'y croirait pas. Alors j'ai essayé de rassembler deux cents personnes à Istanbul. Il faisait froid. Il était 1 heure du matin. Nous les avons habillés avec des vêtements de l'époque, leur avons donné des pancartes et appris des slogans en farsi. Le plus dur a été de les garder jusqu'au moment du tournage. En plus, beaucoup d'étudiants ayant cours durant la journée, à un moment donné, j'ai cru que ma manifestation de jeunes activistes se transformerait en révolution de vétérans! On avait monté des caméras 35 mm sur des grues, car je voulais capter chaque moment. Mais j'ai aussi tenu à fournir de petites caméras ­­super-huit à quelques figurants et, en compagnie du cinéaste iranien Rafi Pitts, nous avons pris des images au cœur de la foule en action. Finalement, ce sont ces images-là qui figurent dans le film. Pratiquement aucun plan de grue n'apparaît à l'écran! On aurait pu économiser beaucoup d'argent… Mais on ne peut jamais prévoir ces choses-là.

Qu'est-ce que vous retirez de cette expérience? D'abord, en tant que réalisateur, une grande fierté. J'ai réussi à prendre la tête d'un film qui utilise trois tonalités différentes sans me prendre les pieds dans le tapis et tout en gardant la colonne vertébrale véridique de l'histoire. À ce jour, c'est le plus ambitieux de mes films en termes d'échelle et de format. C'est en quelque sorte mon premier film en CinémaScope! En plus, beaucoup d’étudiants ayant cours durant la journée, à un moment donné, j’ai cru que ma manifestation de jeunes activistes se transformerait en révolution de vétérans! On avait monté des caméras 35 mm sur des grues, car je voulais capter chaque moment. Mais j’ai aussi tenu à fournir de petites caméras ­­super-huit à quelques figurants et, en compagnie du cinéaste iranien Rafi Pitts, nous avons pris des images au cœur de la foule en action. Finalement, ce sont ces images-là qui figurent dans le film. Pratiquement aucun plan de grue n’apparaît à l’écran!

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Coup de coeur

« ArgoFuckYourself » Le talent devant et derrière la caméra

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a plus grande erreur de Ben Affleck n'est pas d'avoir tourné dans Gigli ou Daredevil. Ni d'avoir offert aux tabloïds leurs plus belles pages pendant les années «Bennifer». Le péché originel remonte à 1997 quand il laisse son ami d'enfance, Matt Damon, incarner le génie dans Good Will Hunting, un film que les compères de Boston ont écrit trois ans plus tôt pour lancer des carrières au point mort. Dans le chef-d’œuvre de Gus Van Sant, Affleck incarne le pote au grand cœur mais au QI limité, qui manie la pioche sur les chantiers pendant que Matt Damon résout des équations improbables au MIT. A 25 et 27 ans, Affleck et Damon deviennent les plus jeunes scénaristes à décrocher l'Oscar. Du jour au lendemain, ils sont les rois du monde. Mais si Matt Damon tourne ensuite avec Coppola, Spielberg et Soderbergh, Ben Affleck joue les justiciers à la mâchoire carrée et les soldats pour Michael Bay. Malgré une parenthèse heureuse dans Shakespeare In Love, Affleck, qui a démarré sa carrière à la télé quand il était ado, décroche un Razzie Award en 2003 pour sa triple performance dans Gigli, Daredevil et Paycheck. Entre des problèmes d'alcoolisme, de jeu, de strip-teaseuses, le golden boy devient radioactif.

«Rétroactivement, c'est facile de voir les mauvais choix. Mais sur le moment, quand on commence sa carrière, le seul objectif est d'aller à des auditions et d'être accepté partout», confiait l'acteur à 20 Minutes fin octobre pour la sortie américaine d'Argo. Selon lui, la prise de conscience de ses excès n'a «pas eu lieu à un moment précis». «Mais progressivement, j'en ai eu marre de mon image publique, de cette surexposition médiatique. Il m'a fallu du temps pour trouver ma boussole.»

«Affleck met les freins juste à temps» Affleck met les freins juste à temps. Pour ne pas marcher dans les pas de son père alcoolique, il décide d'aller en rehab et arrête de boire. Il troque une Jennifer pour une autre –Lopez pour Garner– se marie, devient papa et reste loin des plateaux de tournages pendant deux ans, entre 2003 et 2005.


Interview

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À l’affiche

Marque le grand retour de Quentin Tarantino derrière la caméra avec en prime des acteurs comme Jamie Fox, Leornado Di Caprio, Christopher Waltz et Samuel L. Jackson..

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À l’affiche

Tarantino en plein west Leornardo Di Caprio en méchant, Jamie Foxx en héro

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jango Unchained e s t u n e h i s to i re d’empowerment, terme américain qui désigne le processus par lequel on prend possession de son propre pouvoir. Comme Boulevard de la mort et Inglourious Basterds, les deux films précédents de l’auteur, c’est une variation vengeresse sur le passé, une chance offerte aux vaincus de l’histoire de régler avec leurs bourreaux les comptes qui ne l’ont jamais été. Dans Boulevard de la mort, Tarantino enchaînait une première partie

dans laquelle un cascadeur se révélait être tueur de femmes psychopathe, et une seconde qui orchestrait, au fil d’une course-poursuite d’anthologie, sa mise à mort par un trio de cascadeuses délurées. Inglourious Basterds offrait une alternative à la seconde guerre mondiale en faisant périr Hitler et son état-major dans le feu allumé par une héroïne juive à l’intérieur d’une salle de cinéma parisienne.

Si un vaste faisceau de citations inscrit le film dans l’univers du western, son horizon culturel n’en est pas moins, comme ceux de tous les films de Tarantino, totalement hybride.

« Django Unchained est une histoire d’empowerment »

Pour le guider dans son apprentissage de la liberté, Tarantino jette en Django Unchained se déroule à outre en pâture à son héros rien de une autre époque, dans un autre moins que la légende germanique pays, mais suit le même schéma, des Nibelungen. ces deux films peuvent être considérés comme les volets d’un diptyque. Haft I 2013 I 22


tern spaghetti Le terrible dieu Wotan du mythe germanique prend ici les traits d’un odieux propriétaire terrien, Calvin Candie (DiCaprio), qui ne se distrait qu’au spectacle de ses esclaves dévorés par des chiens ou se battant entre eux à mains nues tels des gladiateurs. Dans cette partie “plantation” mixant ciné A et ciné Z, Tarantino insère des influences européennes qui sont à la fois cinéphiles et justifiées par le récit – les maîtres sudistes se prenaient pour des rois et se piquaient de raffinement européen alors que Tarantino prend manifestement plaisir à filmer des séquences de dîners

aux candélabres avec vaisselle chic et codes sociaux sophistiqués. Il pense peut-être à Visconti, cite Dumas, ce qui fait également sens puisque Monte Cristo est l’une des plus célèbres fictions de vengeance, genre prisé du cinéaste.

« Tarantino prend manifestement plaisir »

part sérieuse du film, Django étant aussi habité de douleur et de colère que l’était Shosanna/Mélanie Laurent. La comédie est répartie sur les autres personnages, Waltz reprenant son grand numéro de phraséologue dialecticien à l’élocution irrésistible, mais en étant ce coup-ci du côté du bien.

On notera une impayable séquence sur les cagoules du KKK ou encore la jouissance incorrecte de l’excellent Comme avec Inglourious Basterds, Samuel L. Jackson en personnage Tarantino parvient à faire cohabi- de 75ans , à jouer sans frein un ultrater tragédie historique et comédie. Oncle Tom au service des Blancs La méthode reste la même : le per- racistes, version noire-américaine de sonnage principal porte en lui la la figure du kapo. Haft I 2013 I 23


À l’affiche

AVEC DU VRAI SANG DE DICAPRIO Blessé lors du tournage de Django Unchained, Leonardo DiCaprio n’a pas hésité à continuer sa scène.

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e professionnalisme peut mener cer tains acteurs à des situations parfois extrêmes. C’est le cas de Leonardo DiCaprio, en particulier lors du tournage de Django Unchained. En effet lors d’une scène de dîner que l’on verra dans le film, Leonardo DiCaprio dîne avec Christoph Waltz, Jamie Foxx et Kerry Washington et joue un très long monologue. Durant ce monologue, il tape sur la table avec sa main. Sur la table, il y a un verre cassé. Pendant le tournage de cette scène, DiCaprio a raté son coup et sa main est allée se planter sur le verre. Il s’est bien entendu entaillé, assez profondément pour requérir quelques points de sutures. Cependant au lieu de demander qu’on coupe la scène pour se soigner, l’acteur a continué son long monologue. Stacey Sher, une des productrices du film raconte : « Du sang coulait de sa blessure mais il n’est jamais sorti de son personnage. Il a continué comme si de rien était, il était complètement dans son travail, c’était vraiment très intense ». L’acteur a même joué avec la blessure, et l ’a utilisée pour ajouter un plus à la scène.

Puis il caresse le visage de Kerry Washington, qui se retrouve donc, à l’écran, avec du sang de Léonardo DiCaprio sur la figure.

«Mais toute l’équipe ne lui offrent une standing ovation, bien méritée.» Une fois la scène terminée et Quentin Tarentino a hurlé « coupez », DiCaprio est allé naturellement se faire soigner. Mais pas avant que les autres acteurs et toute l’équipe ne lui offrent une standing ovation, bien méritée.


À l’affiche

UN JAMIE AU TOP DE SA FORME Avec Django, Jamie Fox devient un as de la gâchette

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i on l'a aperçu dans Ali, Collateral ou Dreamgirls, c'est en interprétant le rôle de Ray Charles d a n s l a b i o g ra p h i e Ray qu'il a explosé aux yeux du public, raflant par la même occasion l'oscar du meilleur acteur. Animateur radio, comédien de tr§s grand stand-up, Jamie Foxx est aussi un musicien renommé aux États-Unis. Il a sorti quatre albums (avec des collaborations de stars comme P.Diddy, Justin Timberlake ou Kanye West) et a reçu un prestigieux Grammy Award pour son morceau de hiphop: Blame It. Il a ainsi rejoint Bing Crosby, Frank Sinatra et Barbra Streisand dans la très courte liste des artistes ayant à la fois remporté un oscar, un grammy. C’est en interprétant le rôle de Ray Charles dans la biographie

Ray qu’il a explosé aux yeux du public,l’oscar du meilleur acteur. Jamie Foxx est aussi un musicien renommé aux États-Unis. Il a sorti quatre albums, avec de nombreuses collaborations.


Interview

QuentinTarantino "Django Unchained est le film que je rêvais de voir"

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jango Unchained apparaît comme un prolongement d'Inglourious Basterds dans le sens où le ressort est le même : il s'agit d'offrir un fantasme de vengeance à une communauté de victimes. Les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale pour Inglourious, les esclaves noirs américains pour Django... Ça correspond à une période que je traverse, un peu comme un peintre. Il est possible que je fasse d'autres films dans la même veine... Jusqu'à ce que celle-ci s'épuise ! Comme à chaque fois que je fais un film, j'ai voulu faire le film que j'avais envie de voir et que personne n'avait fait exactement comme je l'avais rêvé. J'ai envie de donner la satisfaction au public d'une vengeance collective. La catharsis est un ressort essentiel de mon cinéma. On était solidaire du projet de vengeance de l'héroïne de Kill Bill par exemple, du moins je le souhaitais !

J'y accorde beaucoup d'importance, car, pour moi, cela fait partie intégrante du divertissement. Et puis il y a une violence brutale et crue, qui n'est pas amusante du tout. Celle des Blancs contre les Noirs. Dans ces scènes-là du film, j'aurais pu y aller plus fort. Je vous le dis franchement : ce que j'ai lu dans les livres d'histoire dépasse encore ce que je montre dans le film, Broomhilda (Kerry Washington) enfermée dans un puits, l'esclave qui s'enfuit, dévoré par les chiens, les combats d'hommes organisés pour le plaisir des maîtres.

« Le propos du film est profondément politique, et la violence de Django loin d'être seulement parodique. » Mais si j'étais allé plus loin, si j'avais tout représenté de ce que j'ai découvert sur le sujet..., j'aurais perdu le public. Ils auraient été trop traumatisés pour entrer dans la catharsis, soutenir le combat de Django et applaudir quand il gagne à la fin. Pour cela, il fallait trouver le bon dosage, qui correspond au dernier montage.

Pourquoi n'avoir pas opéré la Le propos du film est profondément même distinction entre deux types politique, et la violence de Django de violence dans Inglourious Basloin d'être seulement parodique. terds ? Aviez-vous conscience de cette Je n'avais pas besoin de montrer nouveauté dans votre cinéma ? l'horreur de l'Allemagne nazie parce Il y a deux types de violence dans qu'il y a eu des centaines de films sur Django. D'abord, une violence le sujet. Quand le film s'ouvre, avec la comique, proche de ce que j'ai tou- famille cachée sous le plancher de la maison et le nazi qui les cherche, jours fait. Oui, il y a beaucoup d'hémoglo- le spectateur est en terrain familier. bine, mais c'est pour rire, avec des ralentis, des zooms.

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À l’affiche

HITCHCOCK Anthony Hopkins fait revivre le génie du cinéma

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our le film de Sacha Gervasi, Hitchcock, Anthony Hopkins a enfilé le costume du grand maître du suspens. Le long-métrage revient sur les coulisses du tournage de Psychose. Les affiches, photos, bandes-annonces et autres extraits diffusés à propos du film dévoilent une chose sûre et certaine : Anthony Hopkins est réellement devenu Alfred Hitchcock pour le film. « Je passais plus d’une heure et demi au maquillage », raconte Anthony Hopkins dans un entretien accordé à Deadline. « Hitchcock et moi n’avons pas la même mâchoire donc le maquillage s’est surtout porté sur mon menton et mon cou. Je portais des lentilles de contact, puisque Hitchcock avait les yeux noisettes tandis que j’ai les yeux bleus. J’ai aussi dû raser mes cheveux. J’ai les cheveux blancs et Hitchcock se teignait les cheveux avec cette affreuse teinture rouge. Enfin, j’avais le costume pour alourdir ma silhouette ».

« Hitchcock est un homme complexe » Jamais en jeans, pas même pour les répétitions. Si tu dois répéter une scène, tu dois devenir ton personnage ! » Mais plus que les accessoires, il vante surtout les autres acteurs pour la qualité de sa performance. « Comme disait John Wayne, on ne joue pas, on réagit aux autres. Quand on a en face quelqu’un du talent d’Helen Mirren, ils font tout le travail et vous n’avez qu’à écouter et réagir en conséquence. Quand Richard Portnow dans le rôle de Barney Balaban me parle durement,

je n’ai qu’à lui renvoyer son regard », décrit Hopkins. Mais si, d’après les premières critiques, il est un si bon Alfred Hitchcock, c’est surtout car il partage certains points communs : « Hitchcock n’avait pas toujours confiance en lui, et je partage les mêmes doutes. Je le comprends donc à un niveau instinctif. Il se sentait comme un outsider, tout comme moi. J’ai un peu de recul là-dessus, j’aime donc jouer ce genre de personnage ».


À l’affiche

SCARTLETT JOHANSSON PARLE DE SON RÔLE La

scène horreur de la douche, dans le film Psychose

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carlett Johansson révèle quelques détails sur l’expérience qu’elle a eue d’avoir joué Janet Leigh dans le biopic « Hitchcock ».

Janet Leigh était l’actrice principale qui jouait dans « Psychose » d’Alfred Hitchcock, incarné par Anthony Hopkins. Voici ce qu’a déclaré Johansson au sujet de Leigh : « Elle

était différente en ce sens qu’elle était mariée à Tony Curtis et elle a eu trois enfants, elle n’est pas tout à fait de cette catégorie de ‘blonde inaccessible’. Elle est vraiment accessible parce qu’elle était une femme et une mère, et elle était aussi du genre drôle, sexy, très confiante et il y a sûrement pu y avoir plus qu’une amitié avec Hitchcock. Dans le film, leur relation professionnelle est l’occasion.

Par ailleurs, James D’Arcy, qui joue Anthony Perkins, a avoué qu’il a été difficile pour lui d’imiter la manière de parler de l’acteur. Il a déclaré :j’ai regardé certains de ses vieux films. .



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