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Les détails de la stratégie d’investissement de Petrobras de 2012 à 2016

Année 01 - Octobre / Novembre - Numéro 01 - www.clubdupetrole.com.br

PRÉ-SAL

Le plus grand defis du Brésil Une opportunité en or pour l’économie du pays

Le Bassin de Campos jusqu’en 2042

Petrobras: 2,58 Ms de barrils en juin

GTT cible les terminaux de LNG


L’Institut Franco-Brésilien de Recherche et Développement Technologique (IFB-RDT) est une entité de droit privé à but non lucratif ayant pour objectif principal de promouvoir la haute technologie française auprès du secteur pétrolier brésilien. A terme le but de l’IFB-RDT est de capter des fonds auprès des pétroliers permettant la réalisation de projets de développement technologique entre les PME françaises et les pétroliers implantés au Brésil.

3 | IFB


Lettre de l’éditeur

LE CLUB DU PÉTROLE Le pétrole du pré-sal n’est plus un projet lointain et abstrait, puisqu’il alimente aujourd’hui des véhicules du Brésil et de l’étranger. Cette réalité met désormais fin aux doutes sur la viabilité technologique et économique d’extraire du pétrole sous 3.000 mètres d’eau et 4.000 mètres de roches. Basé sur des estimations prudentes, le pré-sal devrait doubler les réserves de pétrole du pays pour atteindre 31 milliards de barils. Ainsi, le Brésil fait face à une opportunité rare. La saga autour du pré-sal est, aujourd’hui, un des projets les plus importants. Dans le classement des principaux projets entrepris, seule la construction d’un réseau de train à grande vitesse en Chine rivalise avec le pré-sal. D’ici la fin de la décennie ce sont 270 milliards d’USD d’investissements prévus pré-sal uniquement - et 2 millions de nouveaux emplois créés. Si le secteur du pétrole et du gaz représente aujourd’hui déjà 10% du produit national brut, en 2020 il devrait atteindre 20%. La chaîne pétrolière est potentiellement la plus longue de l’économie brésilienne, stimulant directement des secteurs comme celui des mines, de la sidérurgie, de l’énergie électrique, de la construction navale, de la technologie de pointe… A l’épicentre de cette révolution on trouve Petrobras. Sous la direction de

Maria das Graças Foster, depuis février 2012, Petrobras fait face à un choque des réalités. Graça, a implanté un modèle de gestion basé uniquement sur la technique ne laissant plus de marge à la politique. Graça a très rapidement changé toute la direction de Petrobras en plus des 250 managers. Les exigences du contenu national pourraient mettre en cause l’expansion prévue pour le secteur. Petrobras a comme objectif de faire construire, d’ici

D’ici la fin de la décennie ce sont 270 milliards d’USD d’investissements prévus - pré-sal uniquement à 2020, un énorme parc industriel. Rien qu’en termes de plateformes offshore, il faut passer de 75 actuellement à plus de 150. La flotte de pétroliers devrait presque tripler pour atteindre 120 bateaux. Le défi est énorme. Jamais au monde une entreprise de ce secteur n’avait construit une structure aussi importante en si peu de temps. La tâche était déjà difficile en ellemême. Mais, depuis 2003, le gouvernement a adopté une politique connue sous le nom de loi de contenu

national qui complique la situation. Il s’agit d’un ensemble de règles qui oblige les entreprises pétrolières à contracter dans le pays la majorité des équipements et des services (entre 55% et 65% sur le total). L’objectif de renforcer l’industrie locale, pourrait bien être un facteur qui restreindrait le développement tant souhaité. Aujourd’hui, la chaîne des fournisseurs installée dans le pays n’a pas la capacité de répondre à toutes les demandes de Petrobras, ni même à celles des autres opérateurs. Les fournisseurs locaux pratiquent des prix bien supérieurs à ceux de leurs concurrents étrangers, ne respectent pas les délais de livraison, et souvent n’atteignent pas les niveaux de qualité requis. Le moment actuel est propice à la réflexion. Ne serait-il pas plus logique de flexibiliser les exigences du contenu national tout en stimulant les partenariats entre les sociétés nationales et étrangères ? Favoriser la R&D entre le Brésil et d’autres pays sans obligatoirement obliger que toute activité soit exécutée localement ? Promouvoir l’entrée au Brésil d’employés étrangers, capables de transférer les connaissances nécessaires aux ressources humaines brésiliennes ? Quelques soient les réponses, le pays va inévitablement prendre une place stratégique dans le marché pétrolier mondial.

Michel Curletto Directeur de l’Institut Franco-Brésilien de Recherche et Développement Technologique

Contacte www.clubdupetrole.com.br - www.ifb-rdt.org Lettre de l’éditeur | 3


Sommaire

Spécial

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PRÉ-SAL: LE PLUS GRAND DEFIS DU BRÉSIL

Le pétrole dans le pré-sal : une opportunité en or pour l’avancée de l’économie brésilienne – depuis que le Brésil ne se surestime plus

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Le bassin de Campos jusqu’à 2042

Reportages et actualités Business Plan de 20 LePetrobras de 2012 à 2016

Le Business Plan 2012-2016 présente des objectifs plus réalistes, mais ne rassure pas le marché, qui craint une grande ingérence politique

Le plus grand bassin producteur du pays représente 20% des concessions actives brésiliennes et regroupe huit des vingt meilleurs producteurs de gaz naturel. En effet, il cumule des indicateurs impressionnants.

fournisseurs 27 Les répondent aux

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L e retard dans la livraison des plateformes de forage commandées en Chine et en Corée – critiqué par la présidente de Petrobras – a remis au premier plan un vieux
débat : le choix entre construire ce type d’équipement au Brésil ou à l’étranger.

Petrobras augemente l’éfficacité de Campos

Le Proef est un programme qui permet le soutien au Business Plan de 2012-2016, élaboré grâce à des actions spécifiques pour chaque système de production de l’Unité des Opérations du Bassin de Campos (UO-BC).

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critiquent de Petrobras


Ici personne ne travaille dans le confort. Le confort est un terme interdit entre nous. Ici c’est un environnement de malaise 365 par an, et 24 heures par jour Maria da Graça Foster

nouvelles 28 Sixplateformes L a présidente de Petrobras asigné un contrat avec Sete Brasil et le chantier naval Brasfels pour la construction de six plateformes de forage qui opéreront dans le pré-sal.

test définitif de Eike 29 LeBatista Actions en chute, préjudices et débandade de la part des diricteurs. L’empire X traverse un mauvais moment et Eike Batista a recourt à l’ex-président Lula pour collecter l’argent des fonds de pension.

a embaucher 32 STX 500 personnes en

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SIX MOIS À LA TÊTE DE PETROBRAS

Les e-mails envoyés aux fonctionnaires à 3h du matin, habituels les premiers temps de la gouvernance Foster, se sont faits mois fréquents ces derniers mois. Mais les appels aux conseillers les plus proches avant 6h du matin et le week-end font partie de la routine. Chez Petrobras la réponse est unanime : on n’y a jamais autant travaillé que depuis la Présidence Foster.

définit le niveau de production 35 OGX sur le site de Tubarão Azul 36 Mendes Junior signe accord avec OSX 37 GTT cible les terminaux LNG

Septembre

En septembre, STX Promar, contrôlé par des norvégiens et des brésiliens, va embaûcher 500 personnes sur un total de 1.500 employés qui devront être embauchés dans les années à venir.

nouvelle étape 34 Une chez Odebrecht Odebrecht planifie d’intégrer la nouvelle activité en se spécialisant dans les services pour les réservoirs non-conventionnels de pétrole et de gaz de schiste argileux.

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Bassin de Campos

Le Bassin de Campos jusqu’à 2042 Source: Brasil Energia

Le plus grand bassin producteur du pays représente 20% des concessions actives brésiliennes et regroupe huit des vingt meilleurs producteurs de gaz naturel. En effet, il cumule des indicateurs impressionnants.

L

a production de Campos se porte très bien. Le bassin qui en août célèbre les 35 ans de sa première extraction de pétrole est sur le point de dépasser le seuil des 2 Ms de b/j. La production du bassin est à l’heure actuelle d’1,8 M de b/j. Cela ne fait pas l’ombre d’un doute que, sur le court terme le volume dépassera les 2,5 Ms de b/j pouvant atteindre jusque 3 Ms de b/j. Et ce, même si beaucoup de ses sites d’exploitation ont déjà enregistré un fort déclin dans leurs courbes de production.

6 | Développement

Le plus grand bassin producteur du pays représente 20% des concessions actives brésiliennes et regroupe huit des vingt meilleurs producteurs de gaz naturel. En effet, il cumule des indicateurs impressionnants. Soient : 47 sites en production, 14 zones en développement, plus de 60 plateformes de production en opération, parmi les systèmes flottants et fixes, plus de 70 plateformes de perforation effectives dans la région, et près de 800 puits de développement. Le tout, géré par Petrobras, qui détient la plus

grande partie des installations ; seule ou en partenariat avec Statoil, Shell, BP, OGX, ou Chevron. L’activité de Chevron a été interrompue dans la région par l’ANP suite à l’accident sur le site de production de Frade. Au cours de ces trois décennies et demi, 9 Mds de barils de pétrole ont été produits. La majeure partie d’entre eux, l’équivalent de 8,8 Mds de barils, proviennent de la production de Petrobras. C’est certes conséquent, mais ce qui reste à venir est encore plus impressionnant. 33 régions sont encore


à explorer et jusque 2016 l’installation d’au moins 17 nouvelles plateformes a été confirmée ; soient 10 de Petrobras, 6 d’OGX et 1 de Statoil. Petrobras à elle seule, prétend atteindre, en 2014, 2Ms de b/j, et de parvenir en 2016 à une production de 2,3 Ms de b/j. D’une superficie de près de 100 mille km2, Campos s’étend d’Anchieta, dans l’état d’ Espirito Santo, jusque Arraial, situé dans l’état Rio de Janeiro. Uniquement pour la côte de Rio de Janeiro, le bassin inclut 13 municipalités. Considéré comme un bassin à maturité, mais avec encore un fort potentiel de croissance, Campos possède à l’heure actuelle un portefeuille financier fortement diversifié. Les sites du bassin situés dans sa partie nord, dans le Parque das Baleias et celui de Conchas sont très prometteurs. Dans sa partie centrale on enregistre à l’heure actuelle un important déclin de la production. Dans sa partie sud où opèrent notamment Statoil, et l’entreprise du milliardaire brésilien Eike Batista, OGX, les opportunités et les résultats sont autant prometteurs dans le postsal que dans le pré-sal. Pour Paulo Mendonça, ex-président d’OGX, Campos et Maracaibo, au Vénézuela sont aujourd’hui les champs les plus prometteurs d’Amérique du Sud. « Campos possède une roche mère extrêmement riche. On trouve encore des niveaux dans le Bassin qui sont pratiquement inexplorés. L’un d’eux est le calcaire albiano, dans lequel nous sommes en train de travailler », a-t-il ajouté. Le potentiel de Campos n’est ainsi dire pas questionnable. Roncador, le plus grand site du bassin, produit à l’heure actuelle 283 mille b/j – presque 16% du volume total extrait – et va encore augmenter sa production. La production de Marlim Sul, le second plus grand site de la région, s’établit à 213 mille b/j, même 21 ans après le premier forage pétrolier. Sa plateforme

P-56 est d’ailleurs la plus performante du bassin avec une production atteignant 136,3 mille barils de b/j. Petrobras porte son attention sur Rocador, Papa Terra et sur le Parque das Baleias, champs qui requièrent à l’heure actuelle de grandes plateformes. Les réservoirs du pré-sal, d’où sont extraits 66,5 mille b/j, dans les sites de production de Brava, Jubarte, Carimbé et Tracajà, sont également très prometteurs. La recherche de pétrole en réservoirs profonds fait également partie des plans de Statoil et d’OGX. L’entreprise pétrolière norvégienne a déjà confirmé le forage de quatre nouveaux puits dans le pré-sal de Peregrino. Connu comme un bassin de grands volumes de production en eaux profondes et comme site de petite envergure en eaux peu profondes, Campos voit son profil changer. Uniquement à la fin de l’année, Statoil extraira 100 mille b/j à Peregrino, situé à une profondeur de 100m. Néanmoins, le bassin ne présente pas toujours des indicateurs et des résultats aussi positifs. La production conséquente d’eau, aujourd’hui d’1,3 M stimule la recherche de nouvelles

solutions afin d’augmenter la productivité de ces champs. Pour répondre à ces problèmes, Petrobras est en train d’établir un Plan de développement de production pour le bassin de Campos. « Le profil de Campos est en train de changer, mais le bassin continuera d’être opérationnel de nombreuses années. Il est exploité depuis 35 ans, mais nous pensons qu’il est possible d’obtenir encore 2 décennies de productivité » souligne Joelson Mendes, le directeur général de l’Unité Opérationnelle de Petrobras du bassin de Campos (UOBC). En effet, Campos possède à son avantage une infrastructure qui a déjà été montée et qui optimisera donc les nouveaux investissements des projets à venir. Shell lutte également pour maintenir une production croissante. Avec six champs en opération dans le bassin de Campos, avec comme caractéristique commune la production de pétrole lourd, l’entreprise pétrolière est sur le point d’atteindre la production de 80 mille b/j. En résumé, Shell débutera la seconde phase de sa production du Parque das Conchas dans les mois à venir.

Développement | 7


Bassin de Campos

Petrobras detail le futur de Campos

P

enser et établir le futur du bassin de Campos pour les 30 prochaines années est le défi actuel de Petrobras. Le projet a été implanté à la fin de 2011 et a pour objectif de garantir la croissance de la production et la meilleure utilisation possible des systèmes et des installations qui existent déjà dans la région. A elle seule, l’entreprise pétrolière produit à Campos 1,7 M de b/j de pétrole et 27 Ms de m3/j de gaz. Ils sont extraits de 41 sites par 54 unités de productions (14 fixes et 40 flottantes, dont 16 semi-submersibles et 24 FPSOs). Ce sont 774 puits parmi lesquels 577 de production et 197 d’injection.

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La gestion de ces actifs est divisée entre les Unités d’Opération (UO) de Petrobras du bassin de Campos, Rio de Janeiro et Espirito Santo. Au total, Petrobras produit, dans le bassin 8,86 Mds de barils de pétrole. En plus du pétrole et du gaz, sont produits chaque jour dans la région pas moins d’1,3 M de barils d’eau. Ce volume dépasse la production de pétrole de chacune des 3 unités opérationnelles : presque 3 fois supérieure à celle d’UO-BC, et six fois plus importante que celle de l’UOES. Il dépasse également le volume de l’UO-Rio, qui produit 966,1 mille b/j au total.

De nouvelles opportunités Elaboré avec le soutien de toutes les directions de l’E&P, et comptant encore sur le partena riat du Cenpes, le plan de développement de Campos dresse la carte de tout le secteur. De nouvelles et anciennes perspectives commerciales du post et du pré-sal vont également être identifiées, surtout dans les champs proches des unités de production déjà installées. Environ 200 professionnels, cadres et techniciens, travaillent sur le projet. On retrouve des spécialistes dans les domaines suivant : Equipements de Superficie, Processus


et Mesure des fluides, Opération et Maintenance, Ingénierie Sous-Marine, Exploration, Réservoir, Equipements Sous-Marins et Projet de Revitalisation, et Développement Complémentaire de la Production. Le plan a gagné la même renommée en matière de gestion que les projets du groupe du Bassin de Santos. Le potentiel d’exploration de Campos est encore considéré comme important, même après 30 ans d’opérations. La plus grande partie des investissements faite dans la région a déjà été amortie, ce qui rend les coûts de production très attractifs. L’enjeu majeur est de comprendre la diversité du site de Campos avec ses réservoirs d’arénite et de carbonate de post et de pré-sal. Les techniciens de Petrobras travaillent déjà pour implanter les premiers projets courant 2013.

Les actions seront dirigées, dans leur grande majorité, vers le réaménagement des plateformes, la construction de nouvelles unités ou la revitalisation des systèmes en opération.

Concentration et approche

L’approche technologique du plan promet d’être différente et simple, une fois que tout aura été pensé en priorité à partir des installations déjà existantes. Les actions seront dirigées, dans leur grande majorité, vers le réaménagement des plateformes, la construction de nouvelles unités ou la revitalisation des systèmes en opération. Dans la liste des priorités, figure la recherche pour l’augmentation du facteur de récupération, comme l’utilisation de nouvelles technologies d’injection d’eau et de forage de nouveaux puits. Soutenue dans le programme Recage 70, l’objectif est d’atteindre le facteur de récupération de 70%. L’autre préoccupation consiste à vérifier le bon fonctionnement des installations existantes et de voir ce qui peut être fait pour augmenter de façon efficace la durée de vie de

ces unités. Bien que certaines d’entre elles fonctionnent depuis plus de 30 ans, la proposition principale est d’investir dans leur revitalisation, mais pas de les démobiliser. De nombreuses plateformes de la partie centrale du bassin, ont une fonction importante et sont fondamentales dans le système d’opération. L’idée est de connecter de nouveaux sites entre eux chaque fois que cela est possible, en profitant de la capacité disponible des unités. Cette stratégie est soutenue par le Projet Varredura, qui, il y a près de trois ans a fait la promotion d’une étude complète des actifs de la région. Il a pour cela fourni, la liaison du réservoir du pré-sal de Brava à l’unité de production P-27, située à Voador. Deux ans après la mise en place du projet, les résultats obtenus se montrent déjà positifs. L’initiative, tel que

l’indique le nom du projet, vient ‘balayer’, le bassin sédimentaire grâce à de nouvelles technologies et grâce à l’interprétation d’anciennes et de nouvelles données. En décembre 2011, 2,2 Mds de barils ont été détectés. Les nouveaux gisements ont été découverts dans le pré-sal et le post-sal de sites en pleine activité tel que Marlim, Voador, Marlim Leste, Roncador, Marlim Sul, Albacora, Albacora Leste, Barracuda, et Catinga. A travers le projet Varredura, Petrobras pense forer 67 puits d’ici à 2015, dans les bassins de Campos et d’Espirito Santo. Le nouveau plan répartit les investissements dans le pré-sal : 131,6 Mds USD prévus pour l’Exploration et la Production (E&P), 25,4 Mds USD destinés à l’exploration uniquement. Sur ce total 17,5 Mds sont dédiés au post-

Bassin de Campos | 9


Bassin de Campos sal, dont une bonne partie se trouve dans le bassin nord de l’état de Rio. Parmi les 89,9 Mds USD prévus jusque 2016, presque la moitié est dédiée au pré-sal. Mais le post-sal de Campos va absorber la plus grande partie des 30,2 Mds USD qui concerne cette « couche » qui s’étend du fond marin jusqu’à la superficie au dessus du pré-sal. Dans l’optique de revitalisation, Petrobras travaille déjà sur la plateforme de Cherne. A Congro, où certaines plateformes produisent très peu, l’entreprise compte substituer ses unités par des équipements sousmarins, tout en réaménageant les plateformes pour d’autres domaines. Malgré l’effort fourni pour maintenir les installations opérationnelles, le directeur général d’UO-BC, Joelson Mendes, a affirmé que dans le futur la tendance sera de diminuer l’utilisation des plateformes de la région. « Mais nous devons encore effectuer beaucoup d’arrangements avant de

penser à tout cela » a-t-il expliqué. L’autre question d’importance fondamentale est liée au traitement des eaux. Petrobras utilise de nouvelles techniques axées sur des systèmes sous-marins d’injection d’eau de mer (Raw Water Injection – RWI) et de compression de gaz. Tout ce travail selon Mendes, va faire partie de la routine du bassin. « Campos a atteint un stade qui demande à ce que tout le budget de la région soit revu en permanence. La vision que nous devons adopter n’est pas uniquement liée à ce que nous avons déjà installé mais à ce qui est à venir » affirme le directeur général d’UO-BC.

Efficacité Opérationnelle Parmi les 16,3 Mds USD prévus pour l’infrastructure dans le domaine de E&P, une partie importante est destinée au Bassin de Santos. Mais Campos ne sera pas oublié : le plus grand bassin producteur de pétrole et

de gaz du pays est opérationnellement inefficace. La plus forte baisse s’est précisément produite dans la partie du Bassin de Campos gérée par l’Unité des Opérations l’UO-BC : cette efficacité est passée de 88 à 72%, une chute de 20%. Afin de mettre un terme à cette chute vertigineuse, la Présidente de Petrobras, Graça Foster a créé le Programme d’Augmentation de l’Efficacité Opérationnelle (Proef ) du Bassin de Campos : « Il faut augmenter de façon urgente l’efficacité opérationnelle du bassin », a déclaré la présidente. Proef a l’intention d’augmenter et de réguler la production de pétrole à travers l’optimisation des opérations et l’intégration des systèmes de production du Bassin de Campos. Sur le long terme il est prévu de standardiser les équipements, de substituer les systèmes de production et d’établir des projets de revitalisation afin d’assurer une vraie performance sur le bassin.

Shell, de barils en barils

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pérant dans deux pôles de production à Campos – dans le Parque das Conchas, en eaux profondes, sur la partie nord du bassin, et à Bijupirá-Salema, dans la partie centrale, à 800m de profondeur – Shell anticipe une production de 80 mille b/j de pétrole en 2013. Dans ces zones, la production actuelle est de 72 mille b/j. Cette faible croissance provient du déclin de production des deux complexes, requérant plus d’efforts technologiques. Dans le Parque das Conchas, qui réunit les sites de production d’Ostra, d’Abalone, d’Argonauta et de Nautilus, l’entreprise pétrolière parie sur la plupart de ces atouts. Elle vient de

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commencer le développement de la phase II, avec le forage du premier des 11 réservoirs qui feront partie du nouveau système. Destiné à la production du site d’Argonauta O-Norte, de pétrole lourd (16° API), la nouvelle phase sera effective en 2013 et augmentera la production aux alentours de 30 mille b/j. Le forage est exécuté par le rig de forage Noble Bully II et doit prendre fin courant de l’année prochaine. Parmi les réservoirs, sept seront producteurs et quatre injecteurs. Ils seront liés au FPSO Espirito Santo, unité qui opère déjà dans la phase I. En ajoutant les deux phases, Shell pense qu’il est possible de produire en-

tre 50 et 60 mille b/j de pétrole d’ici à fin 2013. En agissant de la sorte, l’entreprise n’aura plus de capacité disponible dans le FPSO Espirito Santo. Produisant actuellement 50 mille b/j, la phase I est concentrée sur les sites d’Ostra et d’Argonauta (partie Ouest). Le système a commencé à fonctionner en 2009 et est aujourd’hui connecté à dix-sept réservoirs producteurs et à un injecteur. Misant sur le potentiel de la région, Shell étudie la mise en place d’une troisième phase. Les analyses mettent en avant l’exploitation du site de Massa, localisé à 7km d’Argonauta. Le nouvel investissement commencera seulement en 2013. Les études prélim-


inaires suggèrent que la phase III entre en opération en 2015. En parallèle, Shell se prépare au lancement de la première opération de transport de gaz naturel du Parque das Conchas, à travers le Parque das Baleias. Utilisant le gazoduc Sul Capixaba, de Petrobras, l’entreprise pétrolière écoulera chaque jour 560 mille m3. Actuellement Shell travaille sur la construction du gazoduc sous-marin qui fera la liaison de son site de production jusqu’au Parque das Baleias. Pour le moment, Shell agit sur la mise en service et la liaison de son extension jusqu’au Parque das Baleias. Son segment est de 40km de long et doit être opérationnel d’ici deux à trois mois.

Le système définitif de Waimea

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a production d’OGX dans la partie sud de Campos pourra atteindre 30 mille b/j d’ici la fin de l’année, une fois que l’entreprise pétrolière fera fonctionner le système définitif de Waimea. Actuellement la production de cette dernière est faite grâce au test de longue durée (TLD) par le FPSO OSX-1, qui, en mai der- nier extrayait l’équivalent de 13 mille b/j. L’augmentation sera obtenue grâce à la liaison de trois nouveaux réservoirs, deux injecteurs et un producteur – aujourd’hui la production du champ est extraite des réservoirs OGX-26 et OGX-68. L’opération des trois réservoirs est liée à l’approbation par l’ANP du plan de développement, et l’enjeu réside dans la rapidité avec laquelle tout ceci va se passer. En plus de cela, le système défini-

tif de Waiema possèdera un quatrième réservoir producteur, prévu pour entrer en opération seulement en 2013. Cette phase est dirigée vers la partie qu’OGX qualifie de petit Waimea, qui possède 110 Ms de barils de pétrole recouvrables. Et contrairement à ce qui a été prévu initialement, le domaine appelé Waimea ne possède non pas un, mais sept sites – Tubarão Azul, Fuji, Illimani, Tupungato, Osorno, Chimborazo et Tambora. Paulo Mendonça, ex-président d’OGX, affirmait, avant sa sortie du groupe, que la production du TLD de Waimea devrait atteindre, d’ici peu, les 15 mille b/j. « Nous pouvons parvenir à ce volume en toute sécurité, sans abîmer le réservoir ni porter atteinte à la production future ». La phase actuelle du champ est faite de réajustements et de vérifications des conditions idéales du réservoir. « Nous ne voulons pas épuiser les réservoirs en deux ou trois ans, nous désirons qu’ils puissent produire durant une vingtaine d’années », a ajouté Mendonça. C’est pour cela qu’il est important d’obtenir la plus grande quantité pos-

sible de données sur le réservoir. Les informations seront fondamentales pour l’implantation définitive de cette phase et des étapes qui suivent. Pour le moment, selon le directeur de production d’OGX, Reinaldo Belotti, il faut effectuer des tests et des observations avant d’entrer dans la production définitive. « C’est pendant la phase de variation des flux des réservoirs que l’on observe l’effet de l’un sur l’autre, et l’impact des deux sur le réservoir, et que l’on voit jusqu’où on peut aller avant d’ajouter l’eau. Tout ceci permet qu’ensuite, l’entreprise puisse exploiter le réservoir de la façon la plus rentable et respectueuse de l’environnement possible ». Dans le cas du grand Waimea, OGX a déjà confirmé l’installation d’un nouveau mo- dule, en optant pour un système hybride de rotation sèche et mouillée, avec le FPSO OSX2 et une Wellhead Platform (WHP). Le FPSO est converti à Singapour et sera finalisé à Porto do Açu, entrant en opération en octobre/novembre 2013, alors que WHP est construit par Techint, mais n’entrera en vigueur qu’en 2014.

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Bassin de Campos

Petrobras lance un programme pour augmenter l’efficacité de Campos Source: Agência Petrobras

Le Proef est un programme qui permet le soutien au Business Plan de 2012-2016, élaboré grâce à des actions spécifiques pour chaque système de production de l’Unité des Opérations du Bassin de Campos (UO-BC). L’objectif est de restaurer et de consolider le rendement d’exploitation pour cette Unité Opérationnelle, pour qu’elle atteigne à nouveau ses niveaux historiques, d’environ 90%.

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a présidente de Petrobras, Graça Foster, a inauguré vendredi 27 juillet le Programme d’Amélioration de l’Efficacité Opérationnelle du Bassin de Campos (Proef ). La cérémonie s’est déroulée sur la base d’Imbetiba, à Macaé, avec la présence du Directeur d’Exploration et de Production, José Formigli, et des directeurs exécutifs. Le Proef est un programme qui permet le soutien au Business Plan de 2012-2016, élaboré grâce à des actions

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spécifiques pour chaque système de production de l’Unité des Opérations du Bassin de Campos (UO-BC). L’objectif est de restaurer et de consolider le rendement d’exploitation pour cette Unité Opérationnelle, pour qu’elle atteigne à nouveau ses niveaux historiques, d’environ 90%. Cela permet également de garantir le maintien des objectifs de production de pétrole prévus par le planning de l’entreprise. Sur la base d’Imbetiba, le programme a été présenté par la présiden-

te et les managers de 35 plateformes du Bassin de Campos et d’autres unités de Petrobras. Graça Foster a déclaré au personnel : “Il est fondamental que nous soyons tous unis, et qu’il y ait une entente entre les équipes pour que le programme réussisse”. Durant sa présentation, Graça Foster a affirmé que les préoccupations concernant les objectifs de production de Petrobras ne datent pas d’aujourd’hui. “Ces préoccupations sont relativement anciennes, elles existaient


déjà quand j’étais directrice de Gaz et Energie. Nous avons tous d’énormes engagements. Tout le pétrole produit est un retour aux actionnaires, aux investisseurs et à nos contrôleurs. Mais c’est par dessus tout un engagement avec le Brésil”. En parlant du programme, le directeur de l’E&P, José Formigli a déclaré que : “Fort de son expérience et de l’opportunité d’amélioration qui a toujours régi les actions de Petrobras, la direction s’est mobilisée pour organiser un programme qui provient de l’augmentation de l’efficacité du Bassin de Campos”. “Nous pensons que retrouver l’efficacité perdue est tout à fait possible. Nous obtiendrons les premiers résultats à partir de 2012” a-t-il conclu. La Directrice Exécutive d’Ingénierie de production, Solange Guedes, a détaillé le programme et a convoqué tous les responsables. Elle a cité un à un les managers des plateformes, tout en énumérant les projets en cours de réalisation pour chacune des 35 unités de production et de traitement, comprises dans le PROEF. La directrice a insisté sur le fait que l’augmentation de l’efficacité dépendait de l’implication de chacune des équipes. Avant d’arriver sur la base de Petrobras, à Macaé, Graça Foster, le directeur Formigli, les directeurs exécutifs de E&P, Solange Guedes, Erardo Gomes Barbosa Filho, Cristina Pinho et José Luiz Roque du département Performance, Mario Jorge da Silva et le Directeur Général du Bassin de Campos, Joelson Falcão Mendes, ont visité la plateforme P-33, unité importante du Bassin de Campos. Donec imperdiet congue mauris, vel bibendum justo pulvinar eu. Donec non mi tellus, vitae aliquet tortor. Donec non mi tellus, vitae aliquet tortor. Donec non mi tellus, vitae aliquet Donec non mi tellus. Donec non mi tellus, vitae aliquet. Donec non mi tellus, vitae aliquet.

UO-BC atteindra 90% de rendement d’exploitation d’ici à 2016

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etrobras va attribuer 5,6 Mds USD à l’Unité des Opérations du Bassin de Campos (UO-BC) afin d’augmenter le rendement d’exploitation de ses champs à maturité pour atteindre 90% d’ici à 2016. Les données du premier trimestre de cette année indiquent que les sites liés à cette unité présentent un indice des rendements d’exploitation d’environ 72%. Les informations ont été dévoilées pendant la présentation du Programme d’Amélioration de l’Efficacité Opérationnelle de l’Unité des Opérations du Bassin de Campos (PROEF) par les directeurs du département Exploration et Production, Solange Guedes et Eduardo Gomes Barbosa Filho, et par le directeur général de l’Unité Opérationnelle du Bassin de Campos (UOBC), Joelson Falcão Mendes. Le financement prévu comprend les investissements et les coûts de fonc-

tionnement, dont une partie des investissements est déjà destinée au Business Plan 2012-2016 de la société. Le retour sur investissements prévu est estimé entre 1,6 et 3,3 Mds USD. Les indices de rendement d’exploitation de l’Unité des Opérations du Bassin de Campos, qui ont déjà été estimés à 89% en 2009 ont chuté à 71% fin 2011. Le PROEF a pour objectif d’augmenter ces indices pour atteindre de nouveau 90% d’ici 2016. Le rendement d’exploitation est le rapport entre ce qui est produit en un jour donné et ce qui pourrait être produit dans des conditions optimums. Selon la directrice Solange Guedes : “Nous opérons dans un bassin complexe et qui est arrivé à maturité. Il a été construit dans des années 80, avec des productions sur le déclin. Ce programme prévoit

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Bassin de Campos d’augmenter le rendement d’exploitation de la zone, parce que si nous ne le faisons pas, nous assisterons à une baisse très importante de la production” a affirmé la directrice. Le directeur Erardo Gomes Barbosa Filho a souligné que “les ressources pour le retour à l’efficacité, concernent aussi bien les plateformes de production que les systèmes sous-marins et les puits”. Quant à la zone couverte par l’UO-

BC, le directeur général de l’unité, Joelson Falcão a souligné que cette zone prise en compte par le programme comprend 31 plateformes en opération. Elle produit environ ¼ de la production de l’entreprise, environ 450.000 barils, provenant de sites arrivés à maturité dans le Bassin de Campos. Solange Guedes souligne que “ce sont les installations pionnières, telles que Garoupa, quand nous avons

commencé à travailler en eaux plus profondes, qui composent nos installations arrivées à maturité. Elles ont été découvertes avant les grandes réserves de Marlim Sul et Roncador.” Petrobras a été en charge de la gestion des opérations de trois Unités d’Opération dans le Bassin de Campos; celles de l’UO-BC, l’UO-Rio ainsi que de l’UO- Espírito Santo. Marlim Sud et Roncadorsont gérées par l’UO-Rio et n’intègrent pas le PROEF.

Le bassin de Campos correspond à 80% de la production de Petrobras. Le Proef sera appliqué sur 31 sites sur une période pouvant s’étaler de 13 à 30 ans. Ceux-ci produisent 450 000 barils de pétrole par jour, l’équivalent d’approximativement un quart de la production totale de l’entreprise au Brésil. Le groupe d’actifs que le programme inclut sont des domaines pionniers comme - Garoupa, Marlim et Albacora - considérés comme arrivés à maturité et qui, grâce à cela présentent un déclin naturel de leur production. Pour atteindre ses objectifs, Petrobras a défini 15 initiatives de court, moyen et long terme. Parmi elles, la directrice a expliqué qu’il existait une “campagne intensive pour le forage des puits, comme il existe déjà aux sites de Marlim. Une autre possibilité est d’augmenter la disponibilité des équipements pour les plateformes grâce à l’utilisation grues ”.

D’autres mesures garantiront le maintien de l’efficacité sur le long terme, comme la standardisation des équipements utilisés. “L’unité UOBC a été construite dans les années 1980, et n’a pas adopté les mesures de standardisation que nous utilisons aujourd’hui”, dit elle. “Substituer les équipements qui ne sont pas standardisés nous prend plus de temps que ce que nous croyions. Nous avons besoin d’anticiper nos problèmes” . Pour le directeur du département Exploration et de Production Sud/ Sudeste, Gustavo Barbosa, l’industrie ne rencontre pas de difficultés particulières à fournir des équipements qui garantissent l’efficacité de la production. « Nous avons dû faire face à une plus grande complexité des systèmes. Nous sommes en train d’améliorer l’allocation des ressources, en apprenant à travailler avec des domaines complexes.”, a expliqué le directeur.

Le Bassin de Campos recevra 5,6 Mds USD pour améliorer sa productivité

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a directrice d’Ingénierie de Production du département d’Exploration et de Production (E&P) de Petrobras, Solange Guedes, a détaillé ce lundi 30 juillet la répartition budgétaire du Programme d’Amélioration de l’Efficacité Opérationnelle du Bassin de Campos (Proef ) du Business Plan 2012-2016. Jusque 2016, 5,6 Mds USD lui seront consacrés ; 4,6 Mds USD seront attribués aux dépenses et 1 Md USD sera destiné à l’investissement effectif. Selon Solange Guedes, l’UO-BC présente une chute de l’efficacité depuis 2009. En 2011, l’indice était de 71%, un des taux les plus bas de l’histoire, et au premier trimestre de 2012, le taux était de 72%. La prévision de l’indice pour cette année est de 74%. Pour 2013, l’objectif est fixé à 76% avec une augmentation graduelle jusque 2016 pour atteindre les 90% d’efficacité.

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Petrobras produit 2,58Ms de barils en juin

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etrobras prévoit de doubler au cours des prochaines années, sa flotte d’Unité de Maintenance et de Sécurité (UMSs), plateformes dédiées aux upgrades et aux réparations des unités de production. Cette mesure fait partie du Programme d’Amélioration de l’Efficacité Opérationnelle dans le Bassin de Campos (Proef), présenté vendredi 27 juillet par la présidente de la société, Maria das Graças Foster. Actuellement, la compagnie pétrolière possède trois plateformes affrétées, toutes deux dédiées au bassin de Campos. Source: Petrobras

L’entreprise prévoit que l’une des trois nouvelles plateformes soit au stade de l’appel d’offre dès 2012, a déclaré hier, le directeur général de l’Unité Opérationnelle du Bassin de Campos, Joelson Falcão. Les unités vont participer à l’amélioration du rendement d’exploitation des 35 systèmes d’UO-BC, dont la production est déjà tombée aux alentours de 25.000 b/j, et qui produit actuellement 450.000 b/j. Le budget total du Proef est estimé à 5,6 Mds USD, dont 4,6 Mds sont dépensés dans les coûts et 1 Md est attribué aux investissements, déjà approuvés dans le nouveau Business Plan 2012-2016. L’objectif est d’augmenter le rendement d’exploitation à un taux d’environ 90%. En 2011, les systèmes de production installés dans cette zone ont eu un rendement d’exploitation moyen de 71%, le plus bas depuis 1998.

La directrice du département Ingénierie de Production, Solange Guedes, a reconnu l’insuffisance de la planification effectuée par l’entreprise ces dernières années, alors que la demande en équipements nouveaux et en solutions a été croissante. “Il n’y a pas eu de planification accompagnant cette demande” déclare-t-elle. Petrobras a programmé une série d’action pour essayer de remédier à ces indices négatifs. Cette planification par exemple, prévoit, la rénovation de cinq modules installés sur des plateformes fixes du bassin, le rappel des systèmes de production obsolètes en arrêt et la standardisation de ces équipements pour l’optimisation des coûts, entre autres. “Ce sont des systèmes obsolètes pour lesquels nous apportons de nouvelles technologies et de nouvelles fonctions” conclue Falcão.

Records mensuels et journaliers pour la livraison de gaz en 2012 Au cours de l’année 2012, Petrobras a de nouveau dépassé ses records de vente de gaz naturel produit au Brésil. Au mois de juin, l’offre de gaz a été de 44,1 Ms de m³/j. Le 30 du même mois, l’entreprise a atteint un nouveau record historique avec un débit de 46,2 Ms de m³/j. La livraison de gaz au premier semestre 2012 a été de 40,9 Ms de m³/j en moyenne ; plus de 10% supérieur à l’offre moyenne de 2011, qui était de 37 Ms de m³/j. Ces records sont fruits d’une série d’investissements réalisés dans le développement des projets de production de gaz naturel, prévu par le “Plangaz”.

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Petrobras

Graça Foster six mois à la tête de Petrobras Source: Folhapress

Les e-mails envoyés aux fonctionnaires à 3h du matin, habituels les premiers temps de la gouvernance Foster, se sont faits mois fréquents ces derniers mois. Mais les appels aux conseillers les plus proches avant 6h du matin et le weekend font partie de la routine. Chez Petrobras la réponse est unanime : on n’y a jamais autant travaillé que depuis la Présidence Foster.

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uinze jours après avoir assumé la présidence de l’entreprise la plus grande du Brésil et la cinquième plus importante au monde dans le domaine de l’énergie, Maria das Graças Foster, 58 ans, a organisé une réunion avec son rival, pour résoudre un des plus grands conflits de l’entreprise de ces dernières années : le retard de la livraison des commandes faite au Chantier Atlântico Sul (EAS). L’adresse, un hôtel à Recife, le rival, le président de Transpetro, Sergio Machado. A partir de là, ils partiront pour le chantier naval et joueront cartes sur table : ou bien les directeurs – les constructeurs Camargo Corrêa et Queiroz Galvão – résolvent les problèmes ou bien la commande des 22 navires sera annulée.

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Non seulement EAS a du retard dans les livraisons, et il a également perdu son partenariat technologique avec Samsung, après des désaccords avec les contrôleurs. Sans lui, il ne pouvait pas livrer les commandes à partir du 6ème navire. Après la visite de Graça Foster – comme elle préfère être appelée – tout a été résolu. Le chantier naval a reçu une amande, a livré le premier bateau, João Cândido, et le groupe japonais IHI (Ishikawajima-Harima Heavy Industries) est devenu partenaire pour les commandes de la filiale Transpetro. Elle a alors commencé à imposer sa marque : suivre tout ce qui se passe dans l’entreprise et laver les erreurs de la gestion antérieure. Les e-mails envoyés aux fonctionnaires à 3h du matin, habituels les premiers temps de la gouvernance Foster, se sont faits mois fréquents ces derniers mois. Mais les appels aux conseillers les plus proches avant 6h du matin et le week-end font partie de la routine. Chez Petrobras la réponse est unanime : on n’y a jamais autant travaillé que depuis la Présidence Foster.

Une journée de 48 heures

commencé par Graça le 13 février et qui n’a pas encore pris fin. La présidente dit souvent à ses Il n’exagère peut être pas tant que conseillers qu’elle voudrait des jours de ça. Graça arrive tous les jours à 7h et 48h – dont quatre heures pour dormir part au minimum à 22h ; elle a imposé et quatre autres destinées aux loisirs – un nouveau rythme chez Petrobras ! explicitant ainsi ses priorités. Les rares fois où elle parvient à Discrète, on connaît peu de choses sortir plus tôt du travail elle dit “je sur sa vie personnelle. Nous savons vais tenter de faire une petite marche qu’elle est mariée, qu’elle a deux fils aujourd’hui”. et une petite fille. La charge de travail, qui était déjà importante quand elle 24 heures de malhaise était directrice de Gaz et Energie, a augmenté, laissant peu de temps pour Durant sa première interview en les footings le long de la mer et les tant que présidente, Graça a affirmé : week end à Búzios (Littoral nord de « Ici personne ne travaille dans le conRio). Mais elle réussit encore à aller à fort. Le confort est un terme interdit l’église. entre nous. Ici c’est un environnement Les réunions du Conseil qui avaient de malaise 365 par an, et 24 heures par auparavant lieu le jeudi ont désormais jour » a-t-elle répondu aux journalistes lieu le lundi également. Les directeurs perplexes d’avoir demandé si la situasont épuisés d’autant que Graça tion était « confortable » à la vue des réclame des rapports actualisés de tous prix pratiqués par l’entreprise. les projets en cours. Ni même les fournisseurs de Petrobras n’échappent au martinet de la Certains ont besoin de se rendre sur les chantiers le week end pour présidente. arriver à la réunion avec une parfaite Graça a exigé la présence des présiconnaissance du sujet. “Ce sont dents d’une entreprise française et six années en six mois”, exagère un d’une autre asiatique, après deux acemployé, se référant au “nettoyage” cidents de travail graves. Un des di-

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Petrobras rigeants était à Paris et est venu au Brésil pour se faire réprimander. Graça a instauré dans l’entreprise un programme d’accident et de fuite zéro et dès qu’elle peut elle répète : “On m’a déjà dit que la fuite zéro n’existe pas, mais moi c’est ce que je veux”. Graça a changé presque tous les dirigeants des domaines les plus critiques – rien que pour le département des relations avec les investisseurs, 4 dirigeants ont été remplacés – et elle a exigé, en plus d’un investissement total, une vraie passion du travail. “Elle change celui qui s’est trop habitué au poste, le remplace par celui qui veut vraiment travailler et replace le premier dans un endroit où il puisse être encore plus productif » explique un employé qui, comme beaucoup de ceux qui sont dans les petits papiers de la présidente, approuve sa gestion, mais ne souhaite pas révéler son identité. Un des grands changements – en plus de la mutation de tous les directeurs, à l’exception du directeur financier, Almir Barbassa – a été réalisé dans le domaine du sponsoring, qui pendant des années était sous le contrôle exclusif du directeur de Communication Institutionnelle, Wilson Santarosa. Le département a été divisé entre l’ex-président de Petrobras et celui du PT José Eduardo Dutra, actuel directeur corporatif. Santarosa maintient son pouvoir sur les sponsorings culturels et sportifs ; Dutra à l’heure actuelle s’occupe des projets sociaux et environnementaux. La présidente s’est entourée de « directeurs de luxe », les anciens cadres sont répartis selon leurs compétences et leur affinité avec Graça. Ils sont plus faciles à manager que ceux de Gabrielli, a indiqué l’employé, se référant à la gestion antérieure, dont les directeurs avaient été indiqués

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Ici personne ne travaille dans le confort. Le confort est un terme interdit entre nous. Ici c’est un environnement de malaise 365 par an, et 24 heures par jour

par les politiques et étaient plus indépendants. A l’opposé de l’équipe de Gabrielli, qui répondait, sans consulter au préalable le président, aux médias sur des sujets en rapport avec leur domaine, aucun des directeurs actuels n’est autorisé à donner une interview seul. De même, lors des rencontres avec le marché ou la presse, ils préfèrent rester silencieux. La même “loi du silence” s’applique aux présidents des filiales. Que ce soit le président de Transpetro, Sergio Machado, ou celui des Réseaux de Distribution, José Lima de Andrade Neto, réputés pour parler avec les journalistes, ils évitent désormais toute interview, spécialement quand Graça est présente. Quand ses employés prennent la parole, très souvent elle ne peut s’empêcher de compléter leurs réponses. Lors de la présentation du Business Plan pour les analystes de New York, la présidente a interrompu le Directeur d’Approvisionnement, José Carlos Consenza, quand il répondait sur le sujet des nouvelles raffineries Premi-

um qui seront construites. “Si nous dépensons autant pour les nouvelles raffineries que ce que nous avons dépensé pour l’Abreu et Lima...” a-t-il commencé. Il faisait référence aux raffineries de Pernambouco qui ont pris du retard et qui vont coûter neuf fois plus chères que ce qui était prévu à l’origine. Graça l’a interrompu : « Bien sûr que non, nous n’allons pas répéter les erreurs que nous avons commises à Abreu et Lima”. Les collaborateurs n’échappent pas aux observations de la présidente, lorsqu’un rapport ne lui convient pas et qu’elle corrige tout au stylo rouge.

Recul politique Quand la politique entre en jeu, Graça Foster est obligé d’être plus flexible. Après avoir critiqué ouvertement la gestion de Gabrielli en présentant un Business Plan qu’elle estimait « plus réaliste » que les précédents et avoir dit que les raffineries annoncées par le président Lula étaient en cours d’analyse, elle a été appelée à Brasilia. « Elle est arrivée très sure d’elle,


mais a rapidement dû faire profil bas » a expliqué un membre du gouvernement fédéral qui a accompagne le tollé provoqué par les déclarations de Graça sur la gestion de Gabrielli. « Elle est allée trop loin et même la présidente Dilma le pense ». Les déclarations qui ont le plus gêné sont celles critiquant la gestion antérieure. “Lors de nos huit derniers Business Plans nous n’avons pas respecté nos objectifs de production alors que pour chaque plan nous avons diminué les quantités de pétrole à produire” “Il faut tirer des enseignements du cas de la raffinerie d’Abreu et Lima, pour que les mêmes erreurs ne se reproduisent plus” Graça a tenu le même discours à New York, mais de façon un peu moins virulente. Au retour de son Voyage elle a du se rendre à Brasilia pour apaiser les tensions provoquées par ses déclarations. Assise face au Ministre des Mines et de l’Energie, Edison Lobão (PMDBMA) elle a écouté ses “recommandations”. Il lui a conseillé de rendre visite au Gouverneur du Maranhão, Roseana Sarney, pour garantir la raffinerie de l’Etat du Ministre. Ensuite elle a reçu le Gouverneur du Ceará, Cid Gomes, afin de confirmer l’autre raffinerie promise par Lula, et celui de Rio, Sérgio Cabral qui était certain de la fin du Comperj (Complexe Pétrochimique de Rio de Janeiro). La présidente a accepté de diviser l’espace avec l’ex président Gabrielli lors d’une interview à Bahia, après le baptême de la plateforme de production P-59, avec la présence de Dilma – qui lui aurait conseillé de faire son mea culpa. Lors de l’interview, Graça a dit qu’elle avait participé à toutes les réunions concernant les anciens plans et

également à celles concernant l’approbation du projet Abreu et Lima. « Avant d’être présidente de Petrobras, j’ai été directrice pendant quatre ans et demi. Plusieurs fois on a ouvert le débat et je n’ai jamais voté contre les projets. Je suis donc moi aussi responsable pour tout ce qui a mal été fait, et tous les projets qui n’ont pas aboutis. »

Déficit record Il semblerait que la Présidente se soit attirée les bonnes grâces du marché des capitaux, qui approuve son style de «nettoyeuse ». Même après avoir enregistré le premier déficit depuis 13 ans, (il est d’1,3 Mds de Reais), les actions de Petrobras ont repris une fois l’annonce de Graça faite sur la lute pour la parité des prix des dérivés vendus par l’entreprise sur le marché international. Dans le même temps la Présidente se montre plus soucieuse de son apparence depuis quelques temps. Elle s’est coupée les cheveux pour leur donner plus de volume et a adopté

un style vestimentaire plus fantaisiste. « Elle est plus féminine, s’habille bien, utilise des broches et a désépaissi ses cheveux » a observé une proche. Comme elle se rend souvent à Brasilia, elle s’est achetée des tailleurs avec jupes pour respecter le protocole qui l’oblige à s’accorder à la Présidente Dilma. Elle achète toujours la veste, le pantalon et la jupe assortis, mais elle se laisse aller à plus de fantaisie avec des chemises colorées. Mais dès qu’elle doit se maquiller, elle se montre impatiente. Elle n’aime pas ça, elle trouve que c’est une perte de temps. Surnommée « petite Dilma » à cause de sa ressemblance vestimentaire avec la Présidente de la République, Graça a tenté de commencer sa gestion en détendant l’atmosphère. Ainsi, lors de la première réunion avec les membres de la direction et les présidents des filiales, dont le nom de beaucoup d’entre eux commençait par Joseph, elle n’a pas pu s’empêcher de dire : “Ça fait beaucoup de Joseph pour une seule Maria !”

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La stratégie d’investissement de Petrobras de 2012 à 2016 Source: Brasil Energia

Le Business Plan 2012-2016 présente des objectifs plus réalistes, mais ne rassure pas le marché, qui craint une grande ingérence politique

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epuis 2003, bien qu’elle n’ait pas atteint ses objectifs de production et qu’elle n’ait pas ni respecté les délais de certains projets, Petrobras a investi chaque année, en moyenne, ce qui était prévu dans ses business plans annoncés – ou même parfois plus. Selon un sondage, effectué sur le site de la compagnie pétrolière, à l’exception

de 2011, 2010 et 2004, l’entreprise a maintenu ses objectifs d’investissements, sans nécessairement réaliser les projets prévus. Ainsi, le Business Plan de Petrobras 2012-2016, premier sous la direction de Graça Foster, correspond à ce que Brasil Energia avait anticipé dans son édition du mois d’avril : plus réaliste et moins ambitieux, avec des objectifs de pro-

duction revus à la baisse, mais tangibles, et des projets pour lesquels la réalisation et le budget seront liés. Avec un financement de 236,5 Mds USD (208,7 Mds USD pour les projets en cours d’exécution et 27,8 Mds USD réservés pour les projets encore en cours d’évaluation), le Business Plan définit une ère nouvelle chez Petrobras, pour laquelle les prévisions et les réali-


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sations évolueront, a priori, côte à côte. Pour s’adapter à la réalité comme le préfère Graça, et mettre fin au temps des “annonces populistes” qui proclamaient des objectifs ambitieux mais irréalisables, tous les projets ont été revus et de nouveaux objectifs ont été établis. Après plus de trois mois de travail, ont été reportés ou retardés au moins 13 projets du secteur de l’E&P et du Raffinage. Et parmi les 980 projets confirmés, 833 sont en cours d’exécution et ont obtenu un financement garanti. Les 147 en évaluation doivent justifier leur budget s’ils veulent être maintenus, et aucun secteur d’activité de l’entreprise n’a été épargné. Des projets du département E&P (international), Approvisionnement, Gaz & Energie, Pétrochimie, Distribution et Biocombustibles vont se disputer les financements. De plus il y a eu une réduction importante des objectifs de production – près de 1 M de b/j de pétrole et de gaz naturel d’ici à 2015, et près de 700 000 b/j d’ici à 2020. Petrobras travaille maintenant pour produire 2,5 Ms de b/j de pétrole et de gaz naturel en 2016 et 4,2 Ms de b/j en 2020. Dans l’ancien Business Plan (2011-2015), l’objectif était d’atteindre 3,1 Ms de b/j en 2015 – les prévisions actuelles pour cette même année sont aux alentours de 2,1 Ms de b/j – et de 4,9 Ms b/j à la fin de la décennie. “Il a été demandé au corps technique de l’E&P d’établir des objectifs parfaitement réalistes et pour ce faire d’avoir un point de vue pragmatique basé sur les projets typiques. Les miracles ne sont pas envisageables dans un contexte de forte demande mondiale et nationale”, a déclaré Graça dans sa présentation du Business Plan 20122016 aux investisseurs, analystes, et entrepreneurs.

Les principaux points du Business Plan 2012-2016 • Le BP se divise en trois actions principales : l’amélioration de la courbe de production ; l’organisation effective des projets pour chaque responsable de département ; et l’approbation systématique des projets, se soumettant à chaque étape et ne dépassant absolument pas le budget. • Aucun secteur, à l’exception de l’E&P, n’a le droit d’acheter par anticipation des équipements destinés à des projets qui n’aient pas validé leur Etude de Viabilité Technique et Economique. La responsabilité des actions de chaque secteur repose donc entièrement sur son directeur. « La responsabilité absolue de la gestion du budget des projets appartient au directeur du département, et il faut donc toujours s’en tenir à l’étude systématique des projets » affirme Graça Foster. • La priorité à partir de maintenant est d’accompagner

en détail les projets, surtout ceux qui respectent le délai et le budget attribué, afin d’en intégrer d’autres à leur gestion. Il a été exigé de ne permettre aucun retard injustifié afin d’éviter qu’ils compromettent les indicateurs techniques et financiers de la société, comme cela a pu arriver ces dernières années. • Comme exemple à ne pas suivre, Graça Foster évoque souvent Rnest. La raffinerie entre en lancement avec trois ans de retards, et avec un fort dépassement de budget (9 fois le budget initial). • Le BP est encore engagé dans trois programmes de grandes importances : le Programme d’Optimisation des Coûts, le Programme d’Optimisation Opérationnelle du bassin de Campos, et le Programme de Gestion du Contenu Local. • Une dernière nouveauté réside dans la décision d’organiser la logistique de l’entreprise de manière intégrée et non plus sous forme de départements opérationnels.

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Petrobras Un marché plus optimiste

La crainte des politiques

Aux yeux du marché, l’utilisation de deux valeurs a provoqué plus de pertes que de gains. Si la compagnie pétrolière avait seulement révélé l’investissement de 208,7 Mds USD, le comportement des actions aurait été différent, selon certains analystes. En effet, les investisseurs ont perçu ces deux valeurs comme un signe préoccupant par rapport au bilan financier.

Bien que les actions de Petrobras aient continué à baisser, la majeure partie des analystes financiers considère le Business Plan 2012-2016 comme étant bon et plus cohérent. Les nouveaux objectifs de production de la compagnie pétrolière s’approchent des prévisions des principaux analystes du marché qui, il y a quelques années, étaient en désaccord avec l’entreprise. Il est vrai que les principales banques du pays s’attendaient à une estimation de production pour 2016 se situant entre 2,6 Ms et 2,7 Ms de b/j. Mais les chiffres actuels sont plus proches de la réalité du marché. Pour se donner une idée des divergences entre les analystes, à l’étranger, quand Petrobras prévoyait 3,1 Ms de b/j pour 2015, de nombreuses banques ont pris en compte une base de 2,5 Ms de b/j. Pourtant, le marché craint que l’entreprise ne s’endette dans le futur. Cette préoccupation se base sur deux faits : la disparité des prix des combustibles entre le marché interne et le marché externe, malgré la récente augmentation des prix dans les raffineries, et l’étrange mon- tant de 27,8 Mds USD qui, pour certains analystes, est le signe de l’influence du gouvernement

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dans la gestion de l’entreprise. En outre, Petrobras ne révèle pas la longue liste des 147 projets en phase d’évaluation, actuellement sans financements. Toutefois, selon le scénario actuel décrit dans le plan, 50% des projets correspond à des projets de Raffinage/ Transport/ Commercialisation, 21% pour le Gaz & L’Energie, 17% pour l’E&P à l’étranger, 7% pour les Biocombustibles, 5% pour la Pétrochimie et 0,4% pour la Distribution. Même si Petrobras a attribué les budgets par secteur, Graça souligne que les projets en phase d’analyse seront quand même en compétition avec les projets d’autres secteurs d’activités. “Chaque directeur devra faire preuve, pour chaque projet, d’une grande créativité, de simplicité et d’un travail approfondi de planification, avec un objectif de réduction des coûts suffisamment élevé pour que ces projets aient une valeur nette actuelle positive. Nous devrons observer la disponibilité des ressources et la compétition pour les financements. Il n’y a pas plus de réserves d’investissements pour un département que pour un autre.”

“Le marché financier estime que si Petrobras avait annoncé un budget d’investissement de 208,7 Mds USD, il aurait été sous entendu que la compagnie pétrolière restait indépendante des décisions politiques. Dans le sens où Petrobras a annoncé un budget de 236,7 Mds USD, il est clair pour les analystes, qu’en plus d’être influencée par le gouvernement, Petrobras n’aura peut-être pas assez de trésorerie pour répondre à son audacieux budget d’investissements” déclare un analyste. La plus grande préoccupation du marché est que Petrobras n’ait pas assez de trésorerie pour investir 236,5 Mds USD et finisse par emprunter plus que ce qu’elle ne le devrait, en utilisant une nouvelle augmentation de capital. Le directeur financier de la compagnie, Almir Barbassa, a néanmoins assuré qu’il n’y aurait pas de recours à de nouvelles émissions d’actions. Pour Petrobras, l’important est de viser la parité de prix du carburant entre le marché interne et le marché international. Chaque fois qu’elle le peut, Graça met un point d’honneur à dire que cette mesure est essentielle pour renforcer la trésorerie de l’entreprise et permettre la réalisation des objectifs et des projets pour les cinq ans à venir. Un autre point important pour le succès du plan est le programme de désinvestissement, qui s’élève à 14,8 Mds USD, et qui était de 13,6 Mds USD dans la version précédente.


Courbe de production au Brésil

Un planning réaliste La révision des indicateurs a altéré le calendrier d’au moins neuf projets. Parmi les principaux changements, il y a le report de 2015 à 2016 de l’entrée en opération des deux premiers FPSOs “réplicants” et du premier FPSO de la “cession onéreuse”, qui seront installés respectivement à Lula Alto, Lula Central et Franco. On ne prévoit aujourd’hui plus qu’un seul projet pour 2015 – le FPSO de Cerambi Nord dont le contrat est sur le point d’être signé. Suite à la politique de transparence des informations, pour la première fois le secteur de l’E&P a répertorié les pro-

jets qui seront mis en place entre 2016 et 2020. Parmi les nouveaux projets assurés : de nouvelles unités pour Lula sud, Carioca, Lula nord, Franco, (qui auront en 2015 au minimum quatre plateformes en plus de la P-74), Lula Ext. Sul, Iara Horst, Nordeste de Tupi, Iara NW, Sul de Guará, Júpiter, Entorno de Iara et Florim. Pour 2012, la compagnie pétrolière prévoit le lancement des opérations de deux sites : Baleia Azul, en août, puis Baúna et Piracaba, en octobre. Le plan précédent prévoyait également le lancement du module IV de Roncador et du projet pilote de Sapinhoá, tous deux reportés à l’année prochaine. En 2013, le planning prévoit l’en-

trée de trois systèmes supplémentaires : un projet pilote au nord-est de Lula ainsi que les unités P-61 et P-63, toutes deux sur le champ de Papa Terra, dans le Bassin de Campos. Pour 2014, quatre projets sont prévus : P-58, dans le Parc des Baleines ; P-62, dans le module IV de Roncador ; FPSO Cidade de Ilhabela, à Sapinhoá nord ; et FPSO Cidade Mangaratiba, à Iracema sud.A partir de 2016, le nombre de projets par an commence à augmen- ter. Déjà cette année, la liste comprend sept nouvelles installations, toutes destinées à l’exploitation du pré-sal de Santos (“concession et cession onéreuse”). En 2017 et 2018, le retrait de sept unités a également été programmé.

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Petrobras

Les nouveauté à venir Le secteur de l’E&P utilisera les systèmes de production permanents du cluster pour faire les tests de longue durée dans les nouveaux sites de la région. La mise en place de ce nouveau projet commencera en 2013, avec l’entré des FPSOs de Sapinhoá et de Lula nord-est. Petrobras a déjà deux sites en étude, dans les régions de Lula et Iracema. Il s’agirait de relier leurs puits aux unités définitives, plutôt que d’effectuer ces campagnes uniquement avec les FPSO spécifiques, tels que le Dynamic Producer et le Cidade de São Vicente. Grâce à cette mise en place, Petrobras sera plus mobile et pourra tester un plus grand nombre de découvertes dans la région. De plus, l’utilisation d’unités fixes pour les tests va permettre d’exploiter le gaz dès la phase de TLD. Avec les mises en place toujours

plus nombreuses des projets hors possal, Petrobras estime que 47% des 4,2 Ms de b/j prévus pour 2020 seront extraits du pré-sal, soit 28% des actifs des concessions, et 19% des systèmes de la “cession onéreuse”. Les projets du pos-sal représenteront 42% de ce volume, laissant les autres 12% aux nouvelles découvertes. En plus de ses capitaux propres, Petrobras prévoit qu’un montant de 34 Mds USD lui soit débloqué par ses sociétés partenaires afin d’investir dans le secteur de l’E&P.

Le budget destiné à l’approvisionnement perd 20Mds Le budget du département Raffinage/Transport/Commercialisation est certainement celui qui a le plus souffert du Business Plan de Petrobras. Alors que la compagnie lui réservait 73,6 Mds USD d’investissements dans son BP 2011-2015, le secteur ne recevra désormais plus que 65,5 Mds USD

jusqu’en 2016. De plus, si l’on considère uniquement les projets d’installation – ceux dont les financements sont garantis -, ce chiffre chute à 51,7 Mds USD, soit 24,8% du budget initial, originellement prévu pour le département d’approvisionnement. La réforme budgétaire du département est directement liée à la nouvelle gestion des projets, établie par Graça Foster. Elle concerne directement les projets des nouvelles raffineries. L’exemple le plus emblématique étant celui de Rnest. Après des retards successifs – trois entre le dernier Business Plan et l’actuel – l’usine a été présentée pendant la divulgation du Business Plan 20122016 comme exemple de mauvaise gestion et de mauvaise administration. Depuis le lancement du projet en 2005, trois ans de retard se sont déjà accumulés et le coût se révèle neuf fois supérieur au coût initialement prévu,

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faisant un bond de 2,3 Mds USD à 20,1 Mds USD. Le projet a été le premier du département Raffinage à voir son planning totalement reformé par la Direction d’Ingénierie, Technologie et Matériaux, qui a annoncé son entrée en opération pour novembre 2014. La deuxième étape de la raffinerie sera inaugurée six mois plus tard, en mai de l’année suivante. En ce qui concerne les autres raffineries (les deux étapes de raffinage et de pétrochimie des usines du Comperj et des Premium) le message de Graça a été très clair : personne n’est autorisé à divulguer de nouvelles échéances sans son approbation. En effet, chaque projet passe par une étude minutieuse afin de déterminer les nouveaux délais.

Ce qui n’est pas prévu par le Business Plan Les usines Premium et la seconde étape de l’usine du Comperj sont classées « en cours d’étude », ce qui les oblige ainsi à se disputer le budget. Ainsi, l’usine Premium I, de 600 000 b/j, ne sera pas inaugurée en 2016 et le projet de l’usine Premium II ne devrait plus voir le jour en 2017. Graça, cependant, a déclaré que les quatre raffineries sont une priorité et qu’elles ne quitteront pas le portefeuille de Petrobras «Nous n’allons pas rediscuter leur réalisation. Ce sera fait. Mais je dois savoir combien cela nous coûtera et si cela est compatible avec le budget disponible ».

Peu de gaz et encore moins d’énergie Bien que Petrobras s’assure que chaque projet bénéficie du budget nécessaire, l’entreprise réévalue ses délais et priorités. Les incertitudes quant au volume future de gaz naturel du pré-sal, et la faible compétitivité

des centrales thermiques à gaz dans le scénario actuel du marché électrique brésilien, ont incité la société pétrolière à préféré attendre plutôt que d’investir en ce qui concerne le secteur du Gaz et Energie. Pas en vain: des 13,5 Mds USD prévus par le département, un peu plus de la moitié (7,7 Mds USD) est attribué à des projets en phase d’installation. Les 5,9 Mds USD supplémentaires seront destinés aux projets en cours d’analyse, qui seront exécutés seulement s’ils prouvent une rentabilité, un retour sur investissement, et un financement possible, en plus d’être en compétition avec des projets d’autres secteurs. L’UFN de Três Lagoas, dans l’Etat du Mato Grosso du Sud, le terminal de GNL de Bahia, l’UPGN Cabiúnas et l’UTE Baixada Fluminense (530 MW), qui positionnera l’entreprise comme septième plus grande génératrice d’énergie du pays, sont des projets qui seront maintenus. En ce qui concerne les projets en cours d’analyse, Petrobras laisse en stand-by le projet du FLNG, jusqu’à ce que la courbe de production de gaz viabilise l’unité. L’UFN V, à Uberaba (MG), devra également revoir ses délais. Destinée à entrer en opération l’année dernière, l’entité n’a toujours pas la garantie d’être approvisionnée à temps pour son lancement initialement prévu en septembre 2015, le gazoduc qui lui est associé n’étant toujours qu’en projet. La phase finale de regazéification

qui devrait être construite à Barra do Riacho (ES) est toujours en phase d’analyse. Le Business Plan 2012-2016 ralentit également le développement des nouvelles centrales thermiques à gaz, soit trois usines en cours d’étude qui totalisent 1,3 GW : Bahia II et Barra do Riacho I, dans l’Etat de Bahia, et Sudeste IV. Leur faible compétitivité face aux centrales éoliennes et le besoin de justifier 20 ans de réserves pour chaque projet en compétition sont des raisons qui pourraient limiter leur expansion. Petrobras a également évoqué dans son Business Plan la mise au point d’un projet d’optimisation de la compression de Gasbol, afin d’accroître la capacité du gazoduc à 2 Ms de m3/ jour.

Fournisseurs, la clé du succès Pointé du doigt comme étant responsable de la perte de vitesse de la courbe de production de Petrobras, les fournisseurs pourraient être responsable de la probable augmentation des investissements de l’entreprise pour la période 2012-2016. Tel que l’a annoncé la présidente Graça Foster durant la divulgation du Business Plan, « il est nécessaire que les entreprises soient de notre côté afin que les projets soient les plus viables possibles ». Plus clairement, la directrice générale de Petrobras sous-entend que la libération des 27,8 Mds USD prévus pour les projets en étude dépen-

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dra beaucoup des prix négociés avec le marché. Le message pour le fournisseur, qu’il soit national ou étranger, est de réfléchir avec Petrobras et de rendre le projet plus viable afin de battre les autres candidats qui souhaitent s’implanter. Selon les perspectives de financement adoptées par le Business Plan 2012-2016, 151 Mds USD sortiront des caisses de l’entreprise, soit 15 Mds USD de marges sur le budget actuel et 136 Mds USD des flux de trésorerie jusqu’en 2016. 14,8 Mds USD supplémentaires seront comptabilisés à partir d’opération de désinvestissements, qui doivent être pour la grande majorité conclues en 2013. Les besoins en captation de fonds ont été estimés à 80 Mds USD, soit une moyenne de 16 Mds par an. Selon Barbassa, ce montant est atteignable puisque l’entreprise a déjà collecté des valeurs semblables durant les quatre dernières années. « Nous avons un plan d’investissement, d’un point de vue financier, tout à fait finançable ». En ce qui concerne l’éventuel impact de variation des prix des produits dérivés du marché externe, Barbassa a déclaré que le Business Plan tenait compte des prix internationaux, tout en émettant une réserve : « nous n’avons pas besoin d’atteindre immédiatement les prix internationaux, cependant, nous devons réussir à nous aligner à moyen et long terme. » Graça a ponctué son message de : « Le premier fondement (du Business Plan) est la parité des prix, mais il n’est pas écrit que cela doit être le cas tout le temps, tous les jours. Nous ne ferrons pas subir la volatilité des prix au consommateur ».

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Les biocombustibles perdent de l’importance Le secteur des biocombustibles a perdu du poids dans le nouveau plan de Petrobras et voit son budget chuter de 4,1 à 3,8 Mds USD. De ce montant total, Petrobras Biocombustible (Pbio) utilisera moins d’un tiers, soit 1,2 Md USD engagé, pour ses projets d’installation. Petrobras se concentre principalement sur l’éthanol, qui détient 1,05 Md USD pour ses projets en cours et plus de 800 Ms mis à disposition pour de possibles acquisitions de friches industrielles. Bien qu’ils soient présentés comme des éléments phares du secteur, les projets de biodiesel et de bio kérosène destinés à l’aviation, possèdent un budget garanti à seulement 30 Ms USD. Si l’on considère les projets en étude, le montant s’élève à 280 Ms USD. L’installation d’une usine de biodiesel et d’une usine de bioQAV fait partie des projets prévus pour ce secteur, outre la construction d’une usine de green diesel au Portugal.

La distribution conserve ses chiffres Le département Distribution est celui qui a le moins souffert des probables coupes budgétaires. Des 3,2 Mds qu’ils lui étaient destinés, seulement 100 Ms sont attribués aux projets en cours d’étude. Le département conserve ainsi les chiffres prévus par le Business Plan 2011-2015 de 3,1 Mds USD. La plus grande partie des investissements sera destinée aux opérations et à la logistique : soit 1,39 Mds USD. Les départements destinés à l’automobile

et au consommateur recevront près de 700 Ms USD chacun. Le département des filiales et celui des apports financiers géreront un budget de 420 Ms USD. La construction des deux bases de distribution, une dans la région Nord et l’autre dans la région Centre-Ouest, l’extension et la modernisation de l’Usine de Lubrifiants de Duque de Caxias (RJ), l’expansion de 142 km de canalisation de gaz dans l’Etat de l’Espirito Santo, et l’implantation de 1 275 nouvelles boutiques dans les stations essence de BR Distribuidora, sont les principaux projets en œuvre. Concernant les perspectives de participation de BR (réseau de distribution des combustibles de Petrobras) sur le marché, les chiffres restent modestes : pour le marché automobile, le distributeur passera de 31,9% cette année à 33,4% en 2016 et 34,2% en 2020. Pour le marché mondial, la participation de BR passera de 39,4% en 2012 à 39,5% en 2016 et 40,3% en 2020.

Evaluation du marché international La direction Internationale de Petrobras aura un budget de 10,7 Mds d’USD dont 6 Mds à investir en projet d’implantation. Ce budget sera surtout destiné aux activités d’E&P, secteur qui concentre 85% du montant total, correspondant à 5,1 Mds USD. Les 900 Ms USD supplémentaires seront répartis sur des projets du département Distribution (400 Ms USD), Raffinage (200 Ms USD), Gaz et Energie (100 Ms USD), Pétrochimie (100 Ms USD) et Corporative (100 Ms USD). Pour les projets en cours d’étude, le département dispose de 4,7 Mds USD jusqu’en 2016, destinés presque exclusivement à l’E&P. En effet, le secteur possède 97% des ressources attribuées aux études de projets et le reste sera redistribué aux projets de Raffinage.


Les fournisseurs répondent aux critiques de Petrobras Source:Valor Econômico

L

e retard dans la livraison des plateformes de forage commandées en Chine et en Corée – critiqué par la présidente de Petrobras, Graça Foster – a remis au premier plan un vieux
débat : le choix entre construire ce type d’équipement au Brésil ou à l’étranger. En attirant l’attention sur ce problème, Petrobras a montré que les retards n’arrivent pas uniquement au Brésil. En outre, cette situation permet de contrer l’argument selon lequel la politique du local content serait responsable du non-respect des calendriers de projets. Les entreprises qui construisent les plateformes de forage en Asie pour les affréter à

Petrobras se sont défendues contre les attaques du gouvernement. Graça et le directeur de l’exploration-production de Petrobras, José Formigli, ont annoncé que sur les 14 plateformes de forage faites en Chine et en Corée dont la livraison était prévue en 2012, les retards par rapport au planning initial vont de 83 à 864 jours. Sur les 16 plateformes prévues pour 2011, seulement 10 ont été livrées avec 542 jours de retards. Petrobras n’a pas indiqué les raisons de ces retards. Parmi les arguments du secteur privé, Graça et Formigli affirment qu’il est difficile de contracter une construction avec les chantiers

navals à une époque où le marché est en ébullition. Ensuite, ils dénoncent la crise financière, en septembre 2008, le problème de l’accès au crédit qui a conduit à une renégociation des contrats. Avant la crise, dans le milieu de l’année 2008, Petrobras avait approuvé l’affrètement de 12 unités de forage construites à l’étranger, pour environ 8 Mds USD. Une source provenant du chantier naval indique que les retards critiqués par Petrobras incluent la phase de test de validation. Un autre cadre critique les comparaisons entre les retards des projets au Brésil et à l’étranger, il dit qu’il faudrait mieux expliquer comment se mesure le local content des projets de Petrobras dans le pays. Odebrecht Oil and Gas (OOG) a affirmé, dans un communiqué, que

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Petrobras

Petrobras va signer un contrat pour la construction de six plateformes pour le Pré Sal Source:Valor Online

l’entreprise contrôle sept unités de forage, dont trois contrats ont été obtenus en concurrence et remporté par entreprise. Il y a eu une anticipation dans la livraison de deux unités, affirme OOG. ” Les autres contrats ont été l’objet d’un accord fait entre OOG et les meilleurs concurrents initiaux, qui ont rencontré des difficultés dans le passage de la commande aux chantiers navals et dans les financements” affirme OOG. Selon l’entreprise, les accords pour mettre en place les contrats ont été conclus avec Delba et Interoil. En accord avec OOG, l’entreprise, en arrangement avec Petrobras, et sur l’invitation de l’état, s’est associé à Delba et à Interoil pour rendre possible la construction et garantir les financements nécessaires pour que les projets puissent être achevés dans une période renégociée avec Petrobras. Dans la liste énoncée par le gouvernement, les retards des plateformes d’Odebrecht varient de 344 à 683 jours. Le retard maximum, 864 jours, est celui de la plateforme Schain Amazônia. Contacté, Schain n’a pas souhaité s’exprimer. Queiroz Galvão Óleo e Gás, qui totalise 189 jours de retard pour le projet de la plateforme de forage Amaralina Star déclare que cette plateforme et un autre navire, la Laguna Star, vont être livrés par les chantiers navals Samsung en juin et en septembre et leur mise en opération est prévue en octobre et en décembre. La construction
des navires de forage, affrétés à Petrobras pour un contrat de six ans, aura été réalisée en moins de deux ans.

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L

a présidente de Petrobras, Maria das Graças Foster, a affirmé ce vendredi 13 juillet que la société signera la semaine prochaine, un contrat avec Sete Brasil et le chantier naval Brasfels pour la construction de six plateformes de forage qui opéreront dans le pré-sal. “Nous signerons la semaine prochaine le contrat pour six plateformes de forage avec Sete Brasil et Brasfels”, a déclaré Graça, qui participait au lancement d’une plateforme de forage à Bahia. Elle a également révélé que dans les 30 jours à venir, la société et Sete Brasil signeront un autre contrat, également pour la construction de six plateformes de forage, mais cette fois avec le chantier naval Enseada de Praguaçu, à Bahia. Au total, Sete Brasil – holding financier dédié à la gestion de portefeu-

ille d’actions dans le secteur du pétrole et du gaz – prévoit de contracter 28 plateformes de forage avec les chantiers navals brésiliens. L’investissement est estimé à 27 Mds USD. Enseada do Praguaçu est un chantier naval construit, en partenariat avec Odebrecht, OAS et UTC. Les six unités commandées au chantier naval vont coûter 4,8 Mds USD et seront conçues par l’entreprise hollandaise Gusto. Le chantier naval négocie actuellement, un partenariat avec l’entreprise Japonaise Kawasaki pour obtenir une association stratégique. Brasfels, à Angra dos Reis, dans l’état de Rio de Janeiro, appartient à la société Keppel Fels. Le chantier naval a déjà signé, fin 2011, un contrat avec Sete Brasil pour construire une plateforme de forage. Il reste à signer le contrat avec Sete Brasil pour construire les cinq autres unités.


Autres acteurs

Le rayon X Actions en chute, préjudices et débandade de la part des diricteurs. L’empire X traverse un mauvais moment et Eike Batista a recourt à l’ex-président Lula pour collecter l’argent des fonds de pension.

Le 28 Juin 2012 a signé une rupture dans ce qu’Eike Batista avait fait jusqu’à présent. Les enchères n’étaient pas encore closes quand le milliardaire a fait venir dans son bureau Paulo Mendonça, ancien dirigeant chez Pe-

trobras qu’il surnommait Dr Pétrole, « l’homme qui a découvert 9 Mds de barils de pétrole ». La conversation a commencé de façon civilisée mais s’est mal terminée. Quelques temps plus tard Mendonça se faisait licencier. Après avoir admit que ne pourraient être produits que 5 000 barils de pétrole par jour en 2012, soit un quart des 20 000 barils promis au marché, OGX, que le Dr Pétrole présidait, finira par perdre 40% de sa valeur en bourse. Tout ça en seulement deux jours. Dans les semaines qui suivirent, l’homme le plus riche du Brésil circulait dans les couloirs du groupe EBX l’air totalement dévasté. « Le marché sanctionne », ne pouvait-il cesser de répéter. Depuis cette après-midi de juin, les actions en chute, les soldes dans le rouge, la débandade des directeurs et

la rumeur sur l’imminente chute de l’empire X ont commencé à faire partie du quotidien du milliardaire. Eike sait qu’il fait face à un moment difficile, mais il commence à demander de l’aide, notamment en se tournant vers un personnage de poids, l’ex-président Luiz Inácio Lula da Silva. Selon les données de la société de conseil Econométrique, depuis juin les entreprises d’Eike Batista perdent 16 Mds de reais en valeur boursière. Le préjudice accumulé d’1,1 Md de reais sur l’année laisse peu d’espoir quant au bénéfice d’un minimum d’1 Md de USD que le milliardaire a promis aux actionnaires. Les actionnaires affirment d’une seule voix que les entreprises ne disposeraient que de deux ans de cash flow pour maintenir leurs opérations – c’est à dire avant que les

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Autres acteurs entreprises ne commencent à facturer. Le fait que la grande majorité des prévisions faites ne soit pas réalisée n’aide pas. Eike récolte toutes les évaluations qui lui ont mis le coup de grâce. Ce qui est certain c’est que sa situation n’a jamais été brillantissime dans le passé, et n’est pas non plus totalement désespérante à l’heure actuelle. La vérité se situe entre les deux extrêmes. Eike garantit avoir un financement suffisant pour faire tourner l’entreprise pétrolière, augmenter la capacité d’exploitation de deux mines et rendre opérationnels deux ports, sept terminaux et un chantier naval. Eike a expliqué que : « des projets de cette ampleur prennent du retard dans n’importe quel endroit du monde. Mais laissez-moi remettre sur pieds mes entreprises et tout va reprendre comme avant. Et alors on verra bien ce qu’ils auront encore à dire.» Dans un environnement tant inhospitalier, l’effort de Lula s’est révélé providentiel. L’ex-président et le milliardaire se sont retrouvés au moins trois fois depuis la fin mai, date à laquelle Lula a visité les locaux du groupe EBX dans le centre de Rio de Janeiro. Ils se parlent également beaucoup au téléphone. Selon Eike ils discutent de questions macroéconomiques. « Je suis l’exécuteur de la vision de Lula pour le Brésil » aime dire Eike. Dans le cercle intime de la présidente Dilma Roussef et lors des rencontres avec des chefs d’entreprises Lula s’est montré infatigable pour défendre son ami. Selon les mots de Lula la trajectoire d’Eike serait « un reflet de l’ascension économique du Brésil durant mon gouvernement ». L’ex-président a parrainé le rapprochement entre le milliardaire, Dilma et Maria das Graças Foster – un groupe dans lequel il était considéré comme l’ennemi il y a encore peu de temps. Fin avril, Dilma a visité le port de Açu qui est en train d’être construit par LLX à Rio avec Graça dans les pa-

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Prévision

Réalité

Les entreprises obtiendront un benefice d’un minimum d’1 Md de dollars en 2012

Préjudice est deja d’1,1 Mds de reais ; Eike que c’est une question de comptabilité et que le bénéfice arrivera l’année prochaine.

OGX produira en 2012, 20 000 barils de pétrole par jour. Ses réserves étaient estimées jusque 10 Mds de barils.

Les estimations sont gonflées; la production est de fait à 5 000 barils par jour et les réserves sont aujourd’hui de 395 Ms de barils

Le Port d’Açu, de LLX commencera à être opérationnelle en 2011 embarquant 63 millions de tonnes de minerais et ouvrant deux sidérurgies, un chantier naval et un pôle metalmecanique

Le port est encore en travaux et ne sera opérationnel qu’à partir de 2014

OSX de chantiers navals a prévu de fournir 49 rigs et plateformes à OGX et de recueillir 30 mds de dollars d’ici à 2020

OGX a déjà annulé 4 commandes, mais l’entreprise a reçu deux demandes de Petrobras et doit recevoir deux supplémentaires d’ici la fin de l’année

MPX d’energie, inaugurerait 4 usines entre juillet 2011 et juillet 2012

Les processus de licences environnementales et le mauvais temps retardent les travaux ; les usines seront seulement prêtes en mars ou avril 2013

MMX produirait 18,5 ms de tonnes de minerais en 2011

L’entreprise minière a extrait 8,7 Ms de tonnes l’an dernier

MMX embarquerait 50 Ms de tonnes de minerais au port sudeste de Rio à partir du second semestre de 2011

La construction a pris du retard. Le port sera opérationnel à partir du second trimestre de 2013, avec seulement une partie de la capacité prévue


rages. « Il n’y a pas et ne devrait pas y avoir de concurrence entre Petrobras et OGX. Plus de chefs d’entreprises devraient adopter le point de vue d’Eike Batista ». Les premiers résultats concrets de ce partenariat publico-privé sont apparus en août. OSX a signé un contrat avec Petrobras de 900 Ms de dollars pour construire deux plateformes de production pour le pré-sal. Ce n’était que le début. Mais la sortie même pour Eike s’appelle Sete Brasil – entreprise qui est formée du capital des fonds de pension des entreprises publiques et des banques Bradesco, BTG Pactual et Santander et contracte des équipements pour le pré-sal. Elle fonctionne comme une source d’investissements de Petrobras dont l’endettement est limité par la loi. Lula semble avoir beaucoup d’influence à Sete Brasil. Eike désire qu’il commande deux rigs à OSX, business qui pourra rapporter environ 6 Mds de dollars en quinze ans. Ce serait un lot de consolation. Eike aimerait par dessus tout vendre OSX en entier à Sete Brasil. L’affaire a commencé à être discutée ces dernières semaines par les représentants des deux entreprises. Cependant rien ne s’est décidé. Eike est également prêt à signer des contrats avec l’opérateur grec de plateformes Ocean Rig, qui va fournir cinq rigs à Petrobras. OSX veut produire les rigs. Toutes ces opportunités d’affaire sont fondamentales pour Eike une fois que ses entreprises sont interdépendantes. Les ports seront créés pour exporter, parmi tous les produits, le minerai de MMX. Les deux utiliseront de l’énergie des usines de MPX qui a recourt au charbon de CCX et au gaz d’OGX. L’entreprise pétrolière devrait être le plus gros client du chantier naval d’OSX. Mais avec la chute des estimations de production, les commandes seront suspendues. Eike nie formellement qu’ils sont en train de vendre OSX. Il se dit victime dans le même temps

de la conjoncture mondiale défavorable qui punit les bourses de valeur dans le monde entier ; des fonds qui spéculent avec leurs actions ; des intrigues des entreprises rivales et d’anciens directeurs. Sa fortune a atteint 34,5 Mds de dollars. Sur le marché on dit que Bill Gates a gagné autant avec le Power Point – un comble puisque Eike utilisait abondamment le programme de Microsoft lors des road shows afin d’attirer les investisseurs. En 2008 il a vendu pour 5,5 Mds de dollars à Anglo American une partie des mines (MMX) encore en construction. Il a gagné 3,5 Mds de dollars et a distribué 2 millions aux actionnaires. Le marché était aux pieds d’Eike. Les investisseurs hypnotisés à l’époque par les résultats d’Eike, les investisseurs ont inauguré tous les signaux évidents que tous les résultats ne seraient pas atteint par les nouvelles sociétés du groupe X. Les promesses ont commencé à s’éloigner de la réalité. Entre octobre 2009 et avril 2012, OGX a publié 48 communiqués sur le marché relatant la « présence d’hydrocarbures » à l’occasion des compagnies de forage. Rien que ce facteur ne permet pas de faire quel que pronostique que ce soit sur la taille des réserves et encore moins sur la viabilité de l’extraction ou la qualité du pétrole. C’est pour cela que Petrobras ne suit pas ce type de stratégie marketing, La chance d’Eike a tourné. Deux douzaines de directeurs ont quitté le groupe, une partie s’est faite licencier l’autre a été déçue par les coupes dans les programmes de rémunération des actions promises. « Nous ne sommes plus uniquement un groupe de projets. A partir de maintenant et dans le futur, ne recevra de bonus que celui qui présente des résultats », explique un directeur concerné par la renégociation de 200 programmes de rémunération variable. La nouvelle étoile de l’entreprise est le tunisien Aziz Ben Ammar qu’Eike a rencontré pendant la vie nocturne européenne.

Sa fonction est de chercher des investissements, tout spécialement dans le monde arabe. L’achat d’une partie d’AUX qui possède des mines d’or en Colombie, par l’entreprise publique Qatar Mining pour 2 Mds de dollars serait l’œuvre de Ben Ammar. « Qui a plus de chance de convaincre un arabe d’investir avec nous ? Un jeune bien éduqué à la peau chocolat au lait ou un banquier juif aux yeux bleus ? » demande un directeur des entreprises X. Eike Batista prend les paris sur qui prédit sa chute. Il dit « La roue tourne. Je serai bientôt au top de nouveau mais avec plus d’entreprises dans les poches. Personne au Brésil n’a de projets comme les miens. » A-t-il encore comme objectif de devenir l’homme le plus riche du monde en 2015 ? Eike répond : « Oui mais ça va prendre un peu plus de temps ». Il a promis mais n’a encore rien remis Après que l’entreprise OGX ait revu ses estimations de production, les investisseurs ont soumis à examen les prévisions du milliardaire. Visiblement, ils n’ont pas apprécié le résultat. Depuis juin, les entreprises du groupe EBX ont perdu 16 mds de reais, c’est à dire 30% de sa valeur en bourse.

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Autres acteurs

STX va embaucher 500 personnes en septembre Source:Valor Econômico

En septembre, STX Promar, contrôlé par des norvégiens et des brésiliens, va embaûcher 500 personnes sur un total de 1.500 employés qui devront être embauchés dans les années à venir.

L

e chantier naval de STX Promar commence à prendre forme sur l’Ile de Tatuoca, au Complexe Industriel Portuaire de Suape, au Pernambuco. À mesure que les travaux avancent, les attentes concernant les effets du projet sur les municipalités environnantes sont croissantes. Un des défis principaux est d’éviter les erreurs commises par le chantier naval Atlântico Sul (EAS), qui lui aussi est situé à Tatuoca. En septembre, STX Promar, contrôlé par des norvégiens et des brésiliens, va embaûcher 500 personnes sur un total de 1.500 employés qui devront être

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embauchés dans les années à venir. Le début de la production est prévu pour juin 2013, à partir des investissements de 250 Ms reais. Le nouveau chantier naval pernambucano commence avec la commande conséquente de huit méthaniers commandés par Transpetro pour un montant de 536 Ms USD. C’est ce contrat qui a donné confiance aux actionnaires : l’entreprise norvégienne STX OSV, avec 50,5% du capital, et l’entreprise carioca PJMR, avec 49,5%, font avancer la construction du chantier naval. La construction des méthaniers garantit plus de trois ans de travail au chantier naval, mais à partir de 2014, STX Promar aura besoin d’obtenir de nouveaux chantiers. Lorsque les méthaniers seront terminés, les projets porteront principalement sur la construction de bateaux supports aux activités de pétrole et gaz, la spécialité de STX OSV.

L’entreprise est contrôlée par le groupe coréen STX qui a des activités en Norvège, en Roumanie, au Vietnam et au Brésil. Au Brésil, STX OSV a atteint un chiffre d’affaire de 430 Ms reais en 2011, chiffre qui devrait croître de 16% cette année pour atteindre 500 Ms reais, indique Waldomiro Arantes, président de STX OSV, au Brésil. Un des avantages de STX Promar est d’avoir le soutien d’un chantier naval opérationnel appartenant au groupe STX OSV de Niterói (RJ). Les activités de STX OSV au Brésil se déroulent conjointement avec PJMR, dont les membres ont créé le chantier naval Promar, qui finalement, a été acheté par les norvégiens. Le groupe a encore deux autres projets dans le pays : un consortium avec le chantier naval Rionave, de Rio, qui est en train de débuter la production des coques des deux premiers méthaniers de Transpetro, et la construction d’un


chantier naval de réparation pour les navires offshores à Quissamã (RJ). STX de Niterói est en train de former 50 soudeurs, découpeurs aux chalumeaux, et autres techniciens recrutés dans la région de Suape. En janvier 2013 un autre groupe de 50 employés de Pernambuco va arriver à Rio pour une période de formation. Au total, STX OSV a 1 800 employés, dont 1 600 à Niterói et 200 à Suape, où le directeur est un norvégien qui a construit une autre unité au Vietnam. Arantes déclare que le chantier pernambucano, qui va être installé sur une zone de 25 hectares, débutera avec 1 000 employés et arrivera à 1 500 au point culminant des opérations. STX Promar aura une capacité de traiter 20 000 tonnes d’acier par an, soit 20% de la capacité du chantier naval Atlântico Sul (EAS), qui est de 100 000 tonnes. EAS emploie également cinq fois plus de personnes (le nombre d’employés aujourd’hui dans le chantier est d’environ 5 000 personnes). Mais EAS a déjà atteint près

de 11 000 employés, dont beaucoup provenaient de l’activité de la canne à sucre des villes près de Suape. Une partie de la main d’œuvre, qui a été formée pour travailler à EAS et ensuite renvoyé, pourra être utilisé par STX Promar. Un autre contingent de ces employés travaille actuellement sur certains grands projets tels que la construction de la Raffinerie Abreu et Lima, à Suape, la transposition de Rio São Francisco et la construction de la voie ferrée Transnordestina, déclare Alberto Santos, président du Syndicat des employés de la métallurgie de Pernambuco (Sindimetal/PE). Pour Santos, il est important dans le cas de STX Promar, qu’il y ait des efforts conjoints entre les entreprises, l’Etat et les syndicats, pour éviter les problèmes qui sont survenus à EAS. “Je ne crois pas à la crise du manque de main-d’œuvre”. Arantes de STX OSV, déclare qu’un programme de formation a été créé par un accord entre le chantier naval, le gouvernement de Pernambuco, et cinq munici-

palités de la région de Suape. L’accord vise notamment à se concentrer sur le processus de sélection qui commence en septembre. Il existe un rapport selon lequel EAS, par son travail de pionnier, pourrait contribuer en termes d’expérience, à réduire les erreurs des nouveaux projets de construction au Pernambuco. Des 250 Ms reais investis dans STX Promar, 70% sera financé par les investissements de la Marine Marchande. Il est prévu que le projet soit rentabilisé en 15 ans. Le montant inclut le payement destiné au transfert d’utilisation de l’espace de 25 hectares, sur un total de 80 hectares loués par le chantier naval. Ce dernier travaille maintenant pour obtenir le “mandat” de transfert officiel de cette zone de 25 hectares qui doit être fait par l’Etat de Pernambuco, avec le Secrétariat du Patrimoine de l’Union (SPU). Les 55 hectares restants continueront à être loués par STX Promar.

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Une nouvelle étape chez Odebrecht Source:Valor Econômico

Odebrecht Pétrole et Gaz planifie d’intégrer la nouvelle activité en se spécialisant dans les services pour les réservoirs non-conventionnels de pétrole et de gaz de schiste argileux. L’entreprise va commencer le travail dans les sites à maturité de Tierra Oeste, au Venezuela.

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debrecht Pétrole et Gaz, prestataire de service pour l’industrie du pétrole, étend son domaine d’activité. L’entreprise s’est agrandie ces six dernières années, en se spécialisant dans le forage des réservoirs de pétrole pour Petrobras. L’entreprise a fait construire sept sondes pour des opérations en eau ultra profonde. Cette flotte a consommé une bonne partie des 5 Mds USD que l’entreprise a commencé à investir en 2007 et qui se prolongera jusque 2013. A l’heure actuelle l’entreprise se concentre de nouveau sur la prestation de services spécialisée dans les réservoirs de pétrole. Son activité commence dans les sites de production terrestres au Venezuela mais dont l’enjeu principal se trouve sur les sites de production en Argentine. «Nous pensons qu’il y a suffisamment d’espace pour qu’une entreprise brésilienne travaille dans le domaine d’activité des réservoirs et qu’elle produise des technologies provenant du Brésil », explique Roberto Ramos, président de l’entreprise. Les partenaires de l’entreprise sont Odebrecht, Gávea Investimentos, qui a acheté 5%

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du capital en 2011, et Temasek Holdings, le fond souverain de Singapour, avec 13,57% du capital total. Odebrecht Pétrole et Gaz planifie d’intégrer la nouvelle activité en se spécialisant dans les services pour les réservoirs non-conventionnels de pétrole et de gaz de schiste argileux. L’entreprise va commencer le travail dans les sites à maturité de Tierra Oeste, au Venezuela, qui présentent un déclin de la production. Selon Ramos, Odebrecht Venezuela a acquis 40% de ses sites. Les autres 60% sont sous le contrôle de PDVSA. « Ce sont des réservoirs gazeux qui ont besoin de services de stimulation par explosion à haute pression » explique le directeur exécutif. L’entreprise a l’intention d’utiliser l’expérience acquise sur nos sites pour cumuler des références à utiliser sur notre segment. Ramos pense que l’Argentine sera grand demandeur de ce type de service. C’est ce que l’on pense d’après les réserves estimées de pétrole et de gaz naturel de micaschiste datant de la découverte de « Vaca Muerta », dans la province de Neuquén. Les services spécialisés dans les réservoirs de pé-

trole peuvent générer des revenus supplémentaires de 200 Ms USD par an sur quatre ou cinq ans, selon les prévisions du directeur exécutif. L’activité sera intégrée à la nouvelle ligne de services qui a rapidement cru ces 6 dernières années. Il inclut des actifs de forage et des services sous-marins, comme la construction d’oléoducs au fond de la mer. Dans cette activité, l’entreprise possède deux bateaux pour le lancement de lignes flexibles, en association avec Technip. La construction des bateaux devrait commencer en octobre en Corée, et arriver au Brésil en 2014. Odebrecht joue encore un rôle sur deux plateformes de production : l’une en association avec Maersk, en opération dans la mer du nord, et l’autre en partenariat avec Teekay Petrojarl, construit à Singapour et qui arrivera en octobre au Brésil. Ces activités, liées aux activités des réservoirs, vont garantir à l’entreprise un revenu annuel supplémentaire de près de 1,5 Mds USD à partir de 2013. En 2012, l’entreprise prévoit de facturer près d’1 Md USD. En 2011, la recette brute a été de


OGX définit le niveau de production sur le site de Tubarão azul 378 Ms USD. Dans l’activité de forage, l’entreprise dispose de quatre rigs de forages construits en Corée, parmi lesquels : Norb VIII et Norb IX qui sont en activité. Les deux autres sont arrivés dans le pays, mais ils passent encore par une série de tests. L’entreprise possède encore trois plateformes semi-submersibles, deux faites à Abu Dhabi, aux Emirats Arabe Unis (la troisième a été convertie dans les Iles Canari). «Nous sommes l’entreprise brésilienne qui dispose de la plus grande flotte de plateformes de forage pour les eaux ultra profondes » a affirmé Ramos. La flotte va être opérationnelle pour Petrobras sur des contrats de long terme. Les rigs intègrent une série de douze plateformes commandées à l’étranger par Petrobras. Au début, l’entreprise avait des contrats pour construire trois des douze unités, mais elle a fini par prendre une participation majoritaire dans quatre autres sondes en association avec Delba/Interoil. Elle est à l’heure actuelle partenaire de Sete Brasil pour cinq rigs qui seront construits au Brésil. L’entreprise possèdera 15% dans chaque unité et sera l’opérateur des rigs qui seront frétés à Petrobras. Avec ces plateformes l’entreprise va augmenter sa flotte à douze rigs, dont sept seront sous son contrôle et cinq dont elle sera actionnaire.

L’entreprise a affirmé que depuis le début du TLD, les puits OGX-26HP et OGX-68HP ont été testés avec des débits variant de 4 à 18 mille b/j.

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près environ 5 mois d’opération de Test de Longue Durée (TLD) sur le site de Tubarão Azul (avant le gisement de Waimea), OGX a défini un débit idéal de 5 000 b/j pour chacun des deux premiers puits en stade préliminaire, avant l’injection d’eau. L’entreprise a affirmé que depuis le début du TLD, les puits OGX26HP et OGX-68HP ont été testés avec des débits variant de 4 à 18 mille b/j. Cela permet une meilleure compréhension du modèle du réservoir et indique le besoin de remplacer la pompe centrifuge du puits OGX-26HP par une pompe
ayant des caractéristiques différentes afin d’ajuster la capacité de pompage au débit idéal du puits. Pendant les cinq derniers jours, lors de l’arrêt du puits OGX-26 par le remplacement de la pompe, le FPSO OSX-1 connecté au puits OGX-68 a produit 7,4 mille b/j, avec un niveau de pression dans le réservoir maintenu à un niveau satisfaisant. Toujours selon la société, au cours des 12 prochains mois, plus de 2 puits producteurs et 2 puits d’injection d’eau seront raccordés au FPSO OSX-1, de

manière à augmenter graduellement la production de pétrole à Campo de Tubarão Azul. “En plus de l’injection d’eau, nous utilisons la technologie de fracturation hydraulique par produits chimiques et
d’autres technologies déjà connues dans l’industrie pétrolière, pour optimiser la production” indique le communiqué. “Toutes ces décisions ont été prises afin de garantir à Campo de Tubarão Azul une exploitation durable et conformément aux meilleures pratiques de l’industrie”, affirme Paulo Mendonça, CEO de OGX. OGX a remis sa première cargaison de pétrole produite à Waimea – approximativement 600 mille barils – à Shell le 27 mars. Ce gisement, qui a été découvert en décembre 2009, est le premier à démarrer la production d’OGX dans le bassin de Campos. Avec l’intensification du développement de la région, la prochaine de production sera celle de Waikiki. Les FPSOs OSX-2 et OSX-3, unités de production déjà contractées, sont actuellement à un stade avancé de construction à Singapour. Leur arrivée et leurs débuts de production sont prévus pour le second semestre 2013.

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Mendes Junior signe accord avec OSX Source:Valor Econômico

En partenariat avec OSX du groupe d’Eike Batista, l’entreprise a signé un contrat pour construire et monter deux plateformes

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’entreprise de construction de Minas Gerais, Mendes Junior a fait ses débuts en août dernier en matière de projet dans le pré-sal. En partenariat avec OSX du groupe d’Eike Batista, l’entreprise a signé un contrat pour construire et monter deux plateformes visant à l’extraction de pétrole en haute mer à travers un consortium dirigé par Petrobras. Le travail d’ingénierie a déjà commencé. Cette affaire est la première étape du plan de l’entreprise pour commencer à négocier les contrats dirigés vers l’exploration de la couche de pré-sal. La société, qui ces dernières années a travaillé sur des projets de raffinerie et d’oléoducs, est à la recherche d’un terrain pour la construction d’un chantier naval. Là, elle y construirait des plateformes pour répondre principalement à la demande de Petrobras. Selon Sergio Cunha Mendes, vice-président de Mercado de Mendes Junior, l’objectif est de définir la localité du futur chantier naval d’ici à 2013. « Nous sommes en train de voir avec plusieurs gouvernements. Nous nous concentrons sur les états de Rio de Janeiro, de Pernambuco, de l’Espirito Santo et sur celui de Rio Grande do Sul. Nous sommes également en pleine conversation avec des entreprises pour faire partie des projets de

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Petrobras dans le pré-sal » a-t-il dit lors d’une interview avec Valor. L’entreprise a besoin d’une surface entre 350 et 400 mille mètres carrés. « La valeur de l’investissement est estimée entre 800 Ms et 1 Mds de reais. Le chantier naval servira pour mieux répondre à la demande de Petrobras, mais également aux autres clients qui ont besoin de plateformes de production ». Même si son image est souvent associée aux grands travaux d’ingénierie, comme l’autoroute Anhanguera à São Paulo; le pont Rio-Niteroi; l’entreprise hydroélectrique d’Itaipu ; les métros de São Paulo et de Rio de Janeiro, entre autres ; le secteur du pétrole et du gaz est le principal projet de Mendes Junior pour le moment. En 2010, 61% de revenus d’exploitation provenaient des contrats signés dans le milieu du pétrole. L’an dernier le poids du secteur a augmenté de 70%. Le revenu net de l’entreprise en 2011 est passé à 1,25 Mds USD – une chute par rapport aux 1,44 Mds de 2010. La prévision de cette année est la croissance. L’entreprise ne divulgue pas ses projections pour 2012. Les contrats dans le secteur du pétrole et du gaz ont été plus fructueux pour l’entreprise à partir de 2000. Depuis cette date, elle a dédié plus

de temps et de ressources aux projets d’expansion de raffineries et de construction de pipelines. Avec son propre chantier naval, Mendes Junior a l’intention d’utiliser l’expérience acquise dans ce domaine pour fournir aux entreprises pétrolières des plateformes pour la production de pétrole et de gaz en haute mer, surtout sur les projets en cours dans le pré-sal. Cunha Mendes explique que la majeure partie des revenus de l’entreprise provient aujourd’hui des travaux réalisés dans les raffineries, mais prévoit un changement à ce niveau. « Nous partons aujourd’hui de zéro pour les projets offshore, et ce secteur sera fortement représenté dans notre société » a dit le directeur exécutif. Quand et combien, tout cela va surtout dépendre du rythme que Petrobras imposera à son plan d’investissement. Selon le contrat signé il y a quelques semaines avec OSX, Mendes Junior va en partie construire des modules et monter deux unités flottantes de stockage et de transfert (FPSO).Ce sont des plateformes pétrolières installées sur des navires baptisées P-67 et P-70. Les projets de 900 Ms USD, ont été commandés par un consortium formé par Petrobras, BG Group et Petrogal Brésil et doivent être prêts dans 60 mois.


GTT cible les terminaux de LNG Source: Brasil Energia

L’entreprise française GTT, spécialisée dans le développement de technologies pour les bateaux et terminaux de LNG, est en train de prospecter des fournisseurs potentiels de matériaux et de composants pour la fabrication de leur système au Brésil.

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a société française cherche des entreprises d’ingénierie et des fournisseurs brésiliens pour accorder des licences de technologie dans le pays.
L’entreprise française GTT, spécialisée dans le développement de technologies pour les bateaux et terminaux de LNG, est en train de prospecter et de rechercher des entreprises d’ingénierie et des fournisseurs potentiels de matériaux et de composants pour la fabrication de leur système au Brésil. L’objectif de l’entreprise est d’accorder des licences pour leurs solutions dans le pays afin de répondre à de futurs appels d’offre par rapport aux nouveaux terminaux dont l’installation est prévue dans l’état de Bahia et l’état d’Espírito Santo.
Selon le Chairman et CEO de l’entreprise, Philippe Berterottière, GTT devrait conclure les premiers contrats d’octroie

de licence d’ici à début 2013. D’après lui, les perspectives du marché brésilien sont très attrayantes. “Il va être nécessaire d’investir aussi bien pour exporter et liquéfier le gaz, que pour importer de l’énergie, par conséquent, à notre avis, le marché brésilien est très attractif ”, explique l’exécutif. Berterottière indique qu’au départ, la priorité de l’entreprise est de se concentrer sur les réservoirs de stockage de LNG onshore, mais que dans le futur, GTT va également planifier d’apporter la technologie pour les FSRUs et – si le projet est effectivement accepté par Petrobras – pour les unités FLNG présentent dans le pré-sal. L’entreprise a également l’intention de rencontrer quelques constructeurs brésiliens qui peuvent les renseigner sur les fournisseurs de matériaux et de composants, tels que les plaques d’acier inoxydables, les alliages spéciaux (inconel), les systèmes d’isolation de polyuréthane. Il s’agit aussi d’avoir des informations sur les chantiers navals ayant la capacité de construire les bateaux de transport de LNG. “Nous allons transférer la technologie. Nous atteindrons quasiment 100% de local content”, affirme Berterottière.

La demande en énergie thermique stimule l’importation de LNG

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es terminaux LNG de Petrobras ont regazéifié au cours du premier semestre de cette année environ 953 Ms de m³ de gaz naturel, l’équivalent d’environ 5,23 Ms de m³/j. Ce volume est le plus grand jamais enregistré pour un premier semestre, depuis l’entrée en opération de ses usines de regazéifications – Pecém (CE) et Baía de Guanabara (RJ) –, en 2009. Ce résultat reflète une augmentation de la demande en énergie thermique. Jusqu’en mai, la consommation des centrales thermoélectriques a augmenté de 107%, passant de 8,23 Ms de m³/j à 17,04 Ms de m³/j. Pour importer le produit, provenant principalement du Qatar, de la Belgique et du Nigéria, Petrobras a payé entre 13,1 USD et 15,4 USD le MMBTU.

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Développement

Pré-Sal, le plus grand défis du Brésil Source: Revista Exame

Le pétrole dans le pré-sal : une opportunité en or pour l’avancée de l’économie brésilienne – depuis que le Brésil ne se surestime plus


Spécial

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ous les jours, plus de 180 000 barils de pétrole sont extraits des réservoirs du pré-sal. Le combustible, produit à la nouvelle frontière découverte en 2007, a déjà alimenté des véhicules au Brésil et à l’étranger. La première livraison a été réalisée au Chili en mai dernier. Pour beaucoup, le pré-sal ne sera bientôt plus un projet lointain, inscrit dans l’imaginaire des brésiliens. Les doutes concernant la viabilité technologique et économique afin d’extraire le pétrole à 3000 mètres de profondeur d’eau et 4000m de profondeur de roche vont s’estomper. L’essentiel est de savoir que la production actuelle du pré-sal ne représente qu’une infime partie du potentiel brésilien. Les champs gigantesques qui s’étendent du littoral d’Espirito Santo à celui de Santa Catarina sont la principale nouveauté du secteur depuis des décennies. Un baril de pétrole sur cinq découvert dans le monde ces cinq dernières années provient du Brésil. Selon des estimations plutôt conservatrices, le pré-sal devrait doubler les réserves de pétrole du pays pour atteindre 31 Mds de barils – les chiffres ne tiennent compte que de ce qui a déjà été découvert. On pense qu’il existe l’équivalent de 87 Mds de barils à exploiter. « La découverte du pré-sal ouvre un nouvel horizon pour le Brésil. Il positionne le pays en tant que puissance énergétique » explique Daniel Yergin, économiste américain considéré comme l’une des plus grandes autorités mondiales de l’énergie. On comprend aisément que le Brésil se trouve face à une opportunité rare. La saga autour du pré sal est à l’heure actuelle l’un des plus grands projets en compétition dans le monde. Rien que la construction d’un réseau de 25 000 km de chemin de fer pour le train grande vitesse en Chine rivalise avec le domaine du pré-sal. Dans le cas chinois, les 300 Mds USD prévus pour

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les investissements dans les chemins de fer d’ici à 2020, représentent le plus grand pari du gouvernement Pékinois pour maintenir l’économie au même stade tout au long de la décennie. Au Brésil, le pétrole peut être un passeport pour devenir un pays dit « du Nord », s’il parvient à gérer son potentiel. Tout, autour de lui impressionne par sa grandeur. Ce sont 270 Mds USD d’investissements prévus jusqu’à la fin de la décennie. Le secteur du pétrole et du gaz, qui représente déjà 10% du produit intérieur brut du pays, devrait passer à 20%. C’est de loin le domaine le plus prospère du pays, tout spécialement à un moment de franche désaccélération économique. On estime que 2 Ms d’emplois seront créés dans la chaîne de pétrole d’ici à 2020 –métiers qui requièrent tous les niveaux d’éducation. La demande est autant tournée vers les diplômés de filières courtes que vers les docteurs, habitués à travailler dans le domaine de la technologie. L’échelle de production que le Brésil peut atteindre ouvre une infinité de possibilités pour les entreprises de tous types et de toutes tailles. « La chaîne du pétrole est la plus longue de toute

l’économie. Elle va de l’acier, utilisé dans la construction de navires, au « arroz et feijão » servi sur les plateformes, en état de marche 24h/24, 365 jours de l’année », explique Adilson Oliveira, professeur de l’Institut d’Economie de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ) et coordinateur d’une étude qui a analysé la compétitivité et la capacité productive de la chaîne des fournisseurs du secteur. « Le présal peut placer le Brésil à un nouveau niveau économique, social, géopolitique et technologique ». Selon Oliveira, au delà des entreprises et des nouvelles technologies, le pré-sal va gérer une quantité importante de collecte de fonds. Elle pourra alors faciliter la réforme tributaire tant rêvée. Et en gagnant de l’importance en tant que fournisseur d’une ressource convoitée par tous, le pays doit lui aussi gagner de la crédibilité au niveau géopolitique. Si l’ascension du Brésil dans le monde s’était déjà matérialisée, sous l’impulsion du pré-sal sa crédibilité en aurait été d’autant plus accrue. Tout projet de grande amplitude se découpe forcément en plusieurs phases. Dans la première, la découverte


des réserves au fond de la mer, atteste de la réussite du pays. En ce moment nous sommes en pleine phase 2, moins glamour et potentiellement plus problématique : la construction de la chaîne d’entreprises qui va soutenir l’exploration et la commercialisation du pré-sal. Bien évidemment, l’épicentre de la chaîne est Petrobras. Et c’est à ce moment là que l’entreprise publique commence à patauger. Le plan d’action tracé ce lundi 25 Juin par Maria das Graças Foster, présidente de Petrobras depuis février dernier, sera décisif pour des milliers d’entreprises qui espèrent faire partie de l’écosystème en formation. Annoncé il y a quelques jours, le nouveau plan quinquennal de Petrobras a créé un certain choque des réalités. Sur la période 2012-2016, les investissements en exploration et production augmenteront de 11%, c’est à dire à 142 Mds USD. L’objectif de la production domestique pour 2020, a cependant chuté de 6 Ms à 5,2 Ms de barils par jour. Cela peut paraître peu, mais 800 000 barils en moins représentent presque 30 Mds USD en moins dans le chiffre d’affaire annuel de l’entreprise pétrolière. A cause de cela, le jour suivant à l’annonce du plan, l’entreprise a perdu 10 Mds USD en valeur de marché. Remède ou poison ? Petrobras représente bien l’actuel dilemme brésilien du secteur. D’une part, les opportunités d’action de l’entreprise paraissent presque infinies. D’autre part, les objectifs trop ambitieux commencent à se retourner contre elle – comme le reconnaît de façon implicite le Business Plan récemment annoncé. Petrobras s’est fixée comme objectif de construire, d’ici à 2020, un énorme parc productif. Les plateformes maritimes devraient passer de 45 à 94. Sa flotte de pétroliers devrait presque tripler, pour atteindre les 120

navires. L’enjeu est énorme. Jamais dans le monde une entreprise du secteur n’avait construit une structure aussi grande en aussi peu de temps. La tâche est déjà difficile en soit. Mais depuis 2003, le gouvernement a résolu d’adopter une politique connue comme loi de Contenu Local, ce qui a compliqué la tâche. Il s‘agit d’un ensemble de règles qui oblige les entreprises pétrolières à utiliser dans le pays la plupart des équipements et des services (entre 55 et 65% au total). L’objectif – tout à fait louable par ailleurs – est de renforcer l’industrie locale. Plusieurs fois, cependant, l’écart entre le remède et le poison s’est fait ressentir. Dans la pratique, il est clair que les objectifs paraissent inattei- gnables. Aujourd’hui on sait que la chaîne des provisions installée dans le pays n’a pas la capacité de répondre à la demande de Petrobras, et encore moins à celle des autres opérateurs. Une étude réalisée par l’Institut d’Economie de

l’UFRJ – commandée par le gouvernement – montre que l’industrie locale peut seulement répondre à la nécessité des entreprises pétrolières sur 5 des 24 catégories d’équipement, considérées comme critiques pour le domaine de l’exploration et de la production. Sur les 19 autres catégories on retrouve un ensemble de problèmes : ou bien les entreprises locales affichent un prix bien au-dessus des concurrents étrangers, ou alors elles ne parviennent pas à livrer dans les délais, ou bien finalement elles n’ont pas la capacité de répondre aux exigences de qualité. L’étude montre également qu’en dépit du coût du minerais de fer moins élevé au Brésil, le prix de l’acier national est d’environ 30% plus cher que celui importé. Les métallurgies installées au Brésil produisent très peu d’acier spécial, élément fondamental pour les opérations dans le pré-sal, où les équipements sont soumis à de sévères niveaux de corrosion. Ils doivent ain-

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si être conçus avec des ligues plus résistantes. C’est pour cela que les doutes persistent concernant le rythme de production brésilien. Selon les pronostiques, le Brésil devrait fortement augmenter son volume de pétrole. Mais la différence entre les prévisions suivant les politiques adoptées peut être immense. Le cabinet de conseil McKinsey, par exemple, a établi deux scenarios de production pour Petrobras. Dans le scena- rio dans lequel le gouvernement maintient les exigences actuelles du Contenu Local, la production atteindra 4,4 Ms de barils par jour en 2020. La projection de la Banque du Crédit Suisse est plus pessimiste : la production serait de 4,1 Ms de barils. C’est à dire 21% en dessous de l’objectif déjà réduit par rapport à ce qui était prévu à l’origine. « L’historique de Petrobras est excellent mais l’entreprise aura beaucoup de mal à atteindre ses objectifs si les règles ne sont pas plus flexibles », affirme Aris Tsikouras, de McKinsey. Dans le scénario alternatif du cabinet de conseil, Petrobras atteint les 5,4 Ms de barils par jour à la fin

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de la décennie – dans le cas où le gouvernement chan- gerait la politique de nationalisation. Petrobras perçoit déjà les difficultés de l’industrie locale lors de l’approvisionnement des équipements dont elle a besoin. L’Estaleiro Atlântico Sul, installé à Pernambuco en est une preuve amère. Créé en 2005 par les entreprises Camargo Corrêa et Queiroz Galvão et par l’entreprise coréenne Samsung Heavy Industries, le chantier naval a été une référence pour la construction navale de l’hémisphère sud. Transpetro, filiale de Petrobras, a livré les commandes – pas moins de 22 pétroliers – et la Banque Nationale de Développement Economique et Social (BNDES) a débloqué la majeure partie des investissements, soient 1,3 Mds de reais. Dans la pratique cependant, l’Atlântico Sul s’est transformé en une source d’humiliation et de retards. Le premier navire, baptisé João Cândido, devait être livré en Septembre 2010, mais n’a été mis à la mer qu’en mai de cette année avec presque deux ans de retard. L’histoire de l’embarcation est devenue une blague dans le milieu na-

val. On l’a nommé le « navire Suflair, le seul bateau avec une coque aérée » à cause des défauts de soudure. Dans le secteur on dit que le pétrolier a besoin de 8 Ms d’heures/ homme pour être construit alors que les chantiers navals de dernière génération ne requièrent que 350 000 heures. (L’entreprise ne fait pas de commentaires sur le sujet). Contrariés par tous ces problèmes, les coréens ont quitté le consortium. C’est un des signaux qui montre que ce n’est pas simple de former une chaîne efficace de fournisseurs. Une des difficultés clairement notée dans l’Atlântico Sul est le manque de personnes qualifiées. Le Programme de Mobilisation de l’Industrie National de Pétrole du gouvernement, a pour objectif de former 208 000 professionnels dans le secteur d’ici à 2015. Les chantiers navals sont aujourd’hui le talon d’Achille des entreprises pétrolières. Dans un rapport récent, le Crédit Suisse a prévenu que deux plateformes qui devraient être opérationnelles d’ici à la fin de cette année seront prêtes seulement en 2013. La livraison d’une autre plate-


forme qui aurait dû être prête pour 2013, a déjà été reculée à 2014. C’est sans compter sur la construction de trois unités de production plus petites prévue pour 2014 reportée à 2015. Récemment Petrobras a affirmé qu’elle retarderait d’un an tout le calendrier des «répliques», plateformes toutes identiques qui devraient commencer à être opérationnelles pour l’extraction de pétrole en 2015. Mais des doutes persistent quant à la durée de la livraison des rigs de forage – équipement vitaux pour l’exploration du pré-sal. Petrobras va acquérir 33 rigs de forage de Sete Brasil, entreprise créée il y a un peu plus d’un an et avec laquelle Petrobras est partenaire. Parmi les huit chantiers navals programmés pour fabriquer les rigs, au moins trois sont pleinement efficients. Deux sont en travaux, un en attente d’autorisation environnementale et l’Atlântico Sul traverse les difficultés qu’on lui connaît déjà. « Les projets vont prendre du retard et coûter plus cher. Cette surfacturation sera financée par l’ensemble des brésiliens » affirme un partenaire qui travaille dans un cabinet de con-

seil, et qui a demandé à ne pas être identifié. La difficulté pour rencontrer des personnes qui acceptent de parler ouvertement sur les problèmes de l’industrie du pétrole reflète un grave problème politique. Le thème « contenu local » est devenu tabou dans le secteur. Personne ne veut s’opposer aux deux femmes les plus puissantes du pays, la Présidente Dilma Roussef et Graça Foster. Le format actuel de la politique de contenu local a été défini par Dilma lorsqu’elle était ministre des Mines et de l’Energie, et de Graça quand elle gérait le Secrétariat de Pétrole et de Gaz du ministère. Ces deux femmes de pouvoir ont tracé les lignes de la politique actuelle. Elle a commencé à se dessiner pendant la campagne électorale de 2002, lorsque l’ex-Président Lula a fait un discours mémorable devant des milliers d’ouvriers dans l’ancien chantier Verolme, à Angra dos Reis, au sud de l’État de Rio. A l’époque, Lula affirmait que le Président Fernando Henrique Cardoso devait menacer le Président de Petrobras, Francisco Gros, de licen-

ciement s ‘il persistait à construire des plateformes à l’étranger. Après 2003, les commandes de plateformes ont commencé à être réalisées au Brésil et le Ministère des Mines et de l’Energie a défini les indices minimums du Contenu National pour chaque nouvelle vente aux enchères. Le décalage entre la dynamique du secteur et les indices de nationalisation définis par le gouvernement a été plus évident en 2007, après la découverte du « je ne peux pas le dire en public parce que ça serait rejeter la faute sur l’Agence Nationale du Pétrole et sur ses clients ».

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LE RÉSEAU FRANCO-BRÉSILIEN DU PÉTROLE ET DU GAZ

Club du Pétrole - Numéro 01  

Revue de presse