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D av i d L é v y & Associés

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D av i d L é v y & Associés

mod ern

Avenue Albert 199 1190 Brussels – Belgium Tel. +32 475 66 12 25

art

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maurice estève ( 19 0 4 – 2 0 01 )

selected works 19 3 9 – 19 8 8


I N TRO DUCTIO N – se l ecte d Works – Works’ details – Biography


W

e a r e d e l i g h t e d t o d a y t o r e nd e r homage to Maurice Estève (1904-2001) by presenting these eighteen works taken from private collections. Most of them have not been shown in public for some thirty years. This group, created between 1939 and 1988, offers an exceptional opportunity for an in-depth look at this œuvre a nd r e p r e s e n t s t h e d i f f e r e n t t e c h niques that Estève employed. Estève was one of the most striking figures of the French post-war art scene, and today his works are held in many impo rtant collections, both public and private, in France and around the world.

N

ous sommes heureux aujourd’hui de rendre hommage à Maurice Estève (19042001) en présentant ces dix-huit œuvres issues de collections privées et dont la plupart n’ont pas été montrées au public depuis une trentaine d’années.

Cet ensemble, réalisé entre 1939 et 1988, permet une plongée exceptionnelle dans l’œuvre de Maurice Estève, représentative des différentes techniques employées par l’artiste. Estève est une des figures les plus marquantes de l’abstraction de l’après-guerre et ses œuvres figurent aujourd’hui dans les grandes collections privées et publiques, en france et à l’étranger.


a life f or a rt

une v i e po ur l’art

M

I

Self-taught, Estève developed a variety of skills, including typography, design, and furniture making. For a year, he ran a studio for fabric design in Barcelona, which gave him the chance to discover Catalan Romanesque art. Back to Paris, he spent all his free time drawing and painting. Occasionally, he took courses at the Académie Colarossi, and he regularly visited the galleries in the Louvre. He was especially drawn to Paolo Ucello and was deeply interested in the work of Cézanne, whom he honored with his painting Hommage à Cézanne in 1942. In 1929, influenced by Matisse and above all by the syntax of Fernand Léger’s

Autodidacte, Estève exerce divers métiers, comme typographe ou dessinateur de mobilier. Pendant une année, il dirige un atelier de création de tissus à Barcelone et découvre l’art roman catalan. De retour à Paris, tout son temps libre est consacré à dessiner et à peindre. Occasionnellement, il suit des cours à l’académie Colarossi et arpente régulièrement les salles du Louvre dévolues aux Primitifs avec une prédilection pour Paolo Ucello, tout en se passionnant pour Cézanne, à qui il rendra honneur en peignant en 1942 son Hommage à Cézanne. En 1929, influencé par Matisse et surtout par la syntaxe des compositions de Fernand Léger, il s’engage, comme l’écrit Jean Leymarie, sur une « voie inventive et résolument plastique, non illusionniste ».

I N TRO D UCTIO N

aurice Estève was born in modest circumstances in 1904 in Culan, a small village in the French department of Cher. His father was a shoemaker, and his mother, a fashion designer. He spent his childhood in the countryside, far from artistic circles, living with his grandparents while his parents were living in Paris. He joined them there for vacations, visiting the capital and discovering the Louvre in 1913. He immediately felt that painting was his calling, something his father was thoroughly incapable of understanding. As he explained to Louis Carré in July of 1943: ”Ever since I was a boy, my father was violently and obstinately opposed to my adopting this vocation, which I, on the other hand, found irresistible. When I was 16, he burned some paintings that I had just finished. And if he never did that again, it was because he realized that one of his son’s paintings could ‘make money’. […] His imperviousness to the art world was otherwise absolute and unshakable.”

ssu d’un milieu modeste, Maurice Estève naît en 1904, à Culan, une petite ville du Cher, son père est cordonnier et sa mère couturière modéliste. Il passe son enfance à la campagne, loin des milieux artistiques, auprès de ses grands-parents alors que ses parents vivaient à Paris. Il les rejoint à l’occasion des vacances, visite la capitale et découvre le Louvre en 1913, se sentant véritablement appelé par la peinture, ce qui plonge son père dans une totale incompréhension, comme il l’explique à Louis Carré en juillet 1943 : « Mon père s’est opposé, avec acharnement et violence, dès mon enfance, à une vocation qu’il sentait pourtant irrésistible. Lorsque j’avais 16 ans, il brûlait les toiles que je venais de peindre. Et s’il n’ose plus faire ce geste, c’est qu’il sait qu’une toile de son fils peut “faire de l’argent”. […] Son imperméabilité au monde de l’Art est d’ailleurs absolue et sans appel. »

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compositions, he adopted ”a path that was both inventive and resolutely concrete, not illusionist”, as the art historian Jean Leymarie phrased it. His first solo exhibition was held at the galerie Yvangot in 1930 and attracted the attention of the critic Maurice Raynal. Raynal, linked to the Cubists, appreciated Estève’s ”distain for facile seductions that are wildly attractive but never last very long”. He went on to say, ”In speaking with Estève, I found him to share some of the character of the late Juan Gris, and that’s not the least praise I could give him”. At the time, he was associated with a couple of artists who had studied with Arpad Szenès and Vieira da Silva in their studio, which brought painters, sculptors, poets, and musicians all together. In 1937, Robert and Sonia Delaunay asked him to participate in the painting of the murals in the Pavillon des Chemins de fer et de l’Aviation at the Exposition Universelle. And that same year, following Braque’s advice, the French-Swedish gallery in Stockholm invited him to take part in the important exhibition French Painting, alongside Picasso, Gris, Matisse, and Léger. Called up for the army in 1939, Estève recorded his impressions in drawings he made in his “war notebook”. 1941 was an important year for Estève; it was the year that he decided to devote himself entirely to his art, and while supporting the group exhibition, he won’t join Bazaine, Lapicque, Manessier, Tal Coat, Édouard Pignon, and others in the famous exhibition at the galerie Braun titled Vingt jeunes peintres de tradition française, which was considered to be the manifesto of what became known as the New Paris School or the Second School of Paris. He made a verbal agreement with Louis Carré, who was his gallerist until 1949, giving him the exclusive management of his works. It was a time when the influence of Bonnard’s embrace of color was at its height. Estève gained international recognition, taking part in group shows around the world. A large exhibition, his first outside of France, organized by Jorn Rubow at the Statens Museum for Kunst in Copenhagen in 1956 was extremely successful. Estève began working with the galerie Villand-Galanis, which brought his watercolors and drawings to the attention of the public in 1955. They were a

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Sa première exposition personnelle a lieu en 1930 à la galerie Yvangot, et attire l’attention du critique Maurice Raynal, lié aux cubistes, qui apprécie en lui « son dédain des séductions faciles qui attirent violemment mais ne retiennent jamais longtemps. En parlant avec Estève, j’ai retrouvé chez lui un peu du caractère du regretté Juan Gris, et ce n’est pas le plus mince éloge que je puisse lui faire. » À l’époque, il se lie avec le couple d’artistes formé par Arpad Szenès et Vieira da Silva dans l’atelier desquels se réunissent peintres, sculpteurs, poètes et musiciens. En 1937, Robert et Sonia Delaunay lui proposent de participer à la réalisation des décorations du Pavillon des Chemins de fer et de l’Aviation à l’Exposition universelle. La même année, sur les conseils de Braque, il est convié par la galerie franco-suédoise de Stockholm à prendre part à l’importante exposition Peinture française aux côtés de Picasso, Gris, Matisse et Léger. Mobilisé en 1939, Estève exprime ce qu’il ressent à travers les dessins de son « carnet de guerre ». 1941 est une année importante pour l’artiste qui prend la décision de se consacrer entièrement à son art, et tout en soutenant le projet, il ne participe pas, avec Bazaine, Lapicque, Manessier, Tal Coat, Édouard Pignon... à la fameuse exposition de la galerie Braun Vingt jeunes peintres de tradition française, considérée comme le manifeste de ce qu’on appellera la Nouvelle École de Paris. Il scelle alors un accord verbal avec Louis Carré qui sera son galeriste jusqu’en 1949 et lui confie l’exclusivité de son œuvre. C’est l’époque où l’influence de l’embrasement des couleurs de Bonnard se fait le plus sentir. Sa notoriété devient internationale et il bénéficie d’expositions de groupe à travers le monde. Il remporte un vif succès à Copenhague quand Jorn Rubow lui consacre, en 1956 au Statens Museum for Kunst de Copenhague, une grande exposition. C’est sa première manifestation à l’étranger. Estève travaille ensuite avec la galerie Villand-Galanis, qui en 1955 dévoile au public ses aquarelles et ses dessins. Le succès est immense, Pierre Francastel rédige en 1956 la première monographie, et les expositions s’enchaînent dont l’importante rétrospective des musées de Copenhague et de Stockholm en 1956, celle en 1961 des musées de Bâle, Düsseldorf, Copenhague et Oslo. Cette période faste est inter-


huge success. In 1956, Pierre Francastel wrote the first monograph on his work, and exhibition after exhibition followed, including important retrospectives in museums in Copenhagen and Stockholm in 1956 and in museums in Basel, Düsseldorf, Copenhagen, and Oslo in 1961. This active and optimistic period was interrupted, in 1965, by the death of his wife Nelly, just after Henri Villand’s past away in 1964. Estève began declining commissions and requests for interviews, taking refuge in the intimacy of his studio, where he worked in private. Though in 1967, he became associated with the Neue Galerie in Zurich and later began showing with Claude Bernard in Paris (drawings in 1972, watercolors in 1973, collages in 1974, and oils in 1977), giving the public an opportunity to see his evolving work. Since then, the reputation of his work has only continued to grow among his contemporaries and is taking its place in the history of 20th century art as one of the key links in the return to abstraction. In 1979, he began thinking about how to donate his work to the public, a process that culminated in the inauguration of the Musée Estève in Bourges in 1987, following a particularly important retrospective at the Grand Palais in 1986. He married Monique Prudhomme in 1983, and ten years later, she published the catalogue raisonné of his work. He spent the last six years of his life in his native village of Culan. He moved his studio to his family home, where he devoted himself to works on paper. He died on June 27, 2001.

rompue en 1965 par le décès de son épouse Nelly, précédée en 1964 de la mort d’Henri Villand. L’artiste refuse alors diverses commandes, fuit les interviews pour se réfugier dans l’intimité de son atelier où il travaille en secret. Néanmoins en 1967, il entreprend une collaboration avec la Neue Galerie de Zürich et accepte d’exposer à Paris chez Claude Bernard (des dessins en 1972, des aquarelles en 1973, des collages en 1974 et des huiles en 1977) présentant à nouveau son travail au public. Dès lors, son œuvre ne cessera de prendre de l’importance auprès de ses contemporains avant de s’inscrire dans l’histoire de l’art du XX e siècle comme l’un des maillons essentiels du retour vers l’abstraction. À partir de 1979, il réfléchit à la manière de présenter une donation de ses œuvres ; ce qui aboutit en 1987 à l’inauguration du musée Estève de Bourges après une rétrospective au Grand Palais en 1986. En 1983, l’artiste épouse Monique Prudhomme qui publie, quelque dix ans plus tard, le catalogue raisonné de son œuvre. Il passe les six dernières années de sa vie dans sa ville natale de Culan, installant son atelier dans la maison de son enfance où il ne réalise plus que des œuvres sur papier. Il s’y éteint le 27 juin 2001.

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A rt every w h i ch way

l’art dans to us ses états

M

M

aurice Estève is k nown for his great talent as a pain ter, but throughout his long c areer, he explore d a variety of me dia a nd techniques. H is pre d iliction for paper le d him to a ng le his lan guage towar d other forms that fou nd their own distinct place at the heart of his œuvre.

aurice Estève est reconn u pour son immen se ta l ent de peintre mais i l a exploré durant sa lo ngue c arrière des domaines et des techniques variées. S on goût prono ncé pour le papier l’ont a m e n é à d é c l i n e r s o n l a n g ag e s o u s d ’autres formes qui on t trouvé au sein d e son œuvre une p lace à part e n tière.

Pai nting

La pein ture

In placing oil pigments on canvas, Estève was attentive to the moment that forms appeared. Following inspiration, he composed his works step by step, following a gradual creative evolution that sometimes took years: ”A process in which spontaneity and reflection connect, in which relatively short spurts of work alternate with long periods of meditation and forgetfulness, which prepared what Estève jovially called ‘the painting’s bed.’” (Robert Maillard in Maurice Estève, Catalogue raisonné, p. 25) Rhythm and light interweave in his compositions, particularly the still lifes ”in luminous crystallizations” (Jean Leymarie in Maurice Estève, exhibition catalogue, Paris, Grand Palais, 1987, p. 11) that associate familiar objects with a feminine presence in majestic syntheses, such as that seen in Les Trois Tables from 1939 (cat. no. 1). ”In fact, for me, a canvas is a series of constant revisions that continues until I suddenly find myself before an organism that I recognize as fully alive. Only my own sensations can tell me whether or not I’ve reached this recognition.” His

Posant la couleur à l’huile sur la toile, l’artiste guette le moment où apparaissent les formes. Au gré de son inspiration, la composition se construit peu à peu, au long d’une lente évolution créatrice qui peut prendre plusieurs années : « Processus où la spontanéité et la réflexion se relayent, où les séances de travail, relativement courtes, alternent avec de longues périodes de méditation ou d’oubli et qui vise à préparer ce qu’Estève appelle joliment ‘’le lit de la peinture’’ » (Robert Maillard in Maurice Estève, Catalogue raisonné, p. 25). Rythme et lumière scandent ses compositions, notamment les natures mortes « aux cristallisations lumineuses » (Jean Leymarie in Maurice Estève, catalogue d’exposition, Paris, Grand Palais, 1987, p. 11) qui associent objets familiers et présence féminine en de magistrales synthèses, comme dans Les Trois Tables de 1939 (cat. n° 1). « En vérité une toile est pour moi une somme de reprises incessantes qui dure jusqu’à ce que je me trouve devant un organisme que je sens vivant. Seule ma sensibilité peut me dire si j’ai atteint ou non

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painting L’Ancien from 1951 (cat. no. 2), is a superb transitional work and a beautiful example of the gradual emergence of combined colors and forms. It displays a chromatic musicality animated by complex geometries. Evoking the port of Saint-Omer, where Estève often spent time with his family, the painting Boulogne from 1957 (cat. no. 5) is a formally rigorous work that comes from a landscape series he did in the 1950s, which was shown at the museum in Copenhagen in 1961. Surrounded by various cerulean blues, the milky lines of the turbulent material manage to translate the architecture of the harbor remarkably well. In each of his canvases, Estève orchestrates a new dialogue between form and color, striking a subtle balance, perceptible, for instance, in the colored stratifications of the scratched surface of Grichula, 1975 (cat. no. 15) and in the emblematic canvas Les Amants transparents from 1985, in which the curves bathed in a diaphanous light poetically evoke the sensuality of an embracing couple. Estève loved dissonance. He knew how to fuse great mastery with spontaneity, how to contrast the fluidity of curves with the rigidity of angles. And he knew how to resolve these formal confrontations through an alchemy of style.

cette reconnaissance. » Superbe œuvre de transition, son tableau L’Ancien de 1951 (cat. n° 2) est un bel exemple de cette progressive apparition de couleurs et de formes conjuguées. Il s’y affirme une musicalité chromatique animée par des géométries complexes. Évocation du port qu’Estève visite régulièrement lors de ses séjours dans sa famille à Saint-Omer, Boulogne 1957 (cat. n° 5) est une œuvre d’une grande rigueur formelle qui fait partie des paysages des années 50 exposés au musée de Copenhague en 1961. Cernées de variations céruléennes, les lignes laiteuses à la matière tourmentée traduisent remarquablement l’architecture portuaire. Dans chacune de ses toiles, l’artiste orchestre un nouveau dialogue entre les formes et les couleurs, subtil équilibre qui se perçoit tant dans les stratifications colorées aux surfaces grattées de Grichula, 1975 (cat. n° 15) que dans l’emblématique toile Les Amants transparents de 1985 (cat. n° 17), dont les courbes baignées d’une lumière diaphane évoquent avec poésie la sensualité d’un couple enlacé. Estève aime la dissonance. Il sait allier la plus grande maîtrise à la spontanéité, opposer la fluidité des courbes à la fermeté des droites, et ces confrontations formelles trouvent leur résolution dans l’alchimie du style.

Watercolors

L’aquarelle

“I work with watercolor like I work with oil […] When you look at my watercolors, you might think that they’re spontaneous, but in fact, they are studiously and extensively worked.” Estève didn’t hesitate to go back to a sheet of paper that was already dry and dampen it again to get back to the white of the paper. He stated this clearly, in fact, ”I’m not a watercolorist as much as a whitener”. That particular term tells us a lot about his practice as a watercolor artist; he returned to works that were more or less complete and added more color, achieving a layered effect. He was, in a way, ”lightening” and ”going back over” the works. It made the colors more luminous, more transparent, more ”inhabited”. These surprising and vivacious effects can be seen in the 1967 composition Aquarelle, 1063-A (cat. no. 14). His balanced abstractions at times evoke imaginary landscapes, as in Aquarelle, 977-A, 1967 (cat. no. 12), in which the colors are so fresh that they seem still damp, a witness to the timeless quality of his gesture and his trace. There are several photographs that reveal his methods of working

« Je travaille avec l’aquarelle comme je travaille avec l’huile […] À les voir, on pourrait croire mes aquarelles spontanées, je les travaille pourtant énormément. ». Le peintre n’hésite pas à reprendre une feuille déjà sèche en la mouillant pour retrouver la blancheur du papier. Ce qu’il explique en affirmant : «  Je ne suis pas un aquarelliste, mais plutôt une blanchisseuse. » Ce terme singulier nous renseigne sur sa pratique d’aquarelliste, il s’agit de reprendre l’œuvre qui offrait déjà les prémices d’un aboutissement et de reposer de la couleur pour obtenir des effets de superposition, il faut « blanchir » et « repasser » en quelque sorte. La couleur est ainsi plus lumineuse, plus transparente, plus « habitée ». On retrouve ces effets dans la vivacité inouïe des coloris de cette composition de 1967 Aquarelle, 1063-A (cat. n° 14). Ces abstractions équilibrées, forment parfois des paysages imaginaires, comme dans Aquarelle, 977-A, 1967 (cat. n° 12) dont la fraîcheur des couleurs qui semblent encore humides, témoigne de l’intemporalité du geste et de sa trace. Plusieurs séries de photogra-

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in watercolor. They show the painter before the work, standing at his drawing table surrounded by white dishes filled with pure colors, working simultaneously on several sheets of paper.

phies témoignent de sa méthode de travail à l’aquarelle. On y voit le peintre à l’œuvre, devant sa table à dessin, entouré d’assiettes blanches emplies de couleurs pures, travaillant simultanément sur différentes feuilles.

Collage and Mixed Technique

Collage et technique mixte

Estève’s talent as a colorist is equally apparent in his collages. His first efforts in the medium go back to 1950. He only worked on them in the country, and most of his output occurred in two phases, between 1965 and 1968 and again between 1971 and 1973. The Neue Galerie in Zurich held a major exhibition of 69 his collages in 1969, with a catalogue prefaced by Pierre Francastel. Self-taught and following his own technique, he composed with pieces cut from newspapers, torn-up drawings, and all sorts scraps of paper, either raw or painted with oils, gouache, or india ink, such as Soir breton, 1968 (cat. no. 13). Using drawing pins, he organized his compositions, which at times tended toward figuration. ”In this domain, I let myself evoke the figurative in a way that I reject in drawing and painting. And also a certain humor which I flatly refuse in watercolors and on canvases.” He blends forms and puts colors into conversation until they please him, a process clearly visible in Corné balancé, N° 70-C from 1965 (cat. no. 9). In light of his collages, one can also see how his talent as a colorist led to his creating the impressive stained-glass windows in the church at Berlincourt in the Swiss Jura 1957.

Ce talent de coloriste s’affirme également dans ses collages. Les premiers essais remontent à 1950, et il reprend cette technique qu’il ne pratique qu’à la campagne, pendant deux phases importantes, de 1965 à 1968 et de 1971 à 1973. La Neue Galerie de Zürich consacre en 1969 une exposition d’envergure à 69 de ses collages (catalogue préfacé par Pierre Francastel). En autodidacte, selon une technique personnelle, il découpe fragments de journaux, dessins déchirés, et toutes sortes de papiers laissés tels quels ou préalablement couverts de peinture à l’huile, de gouache ou d’encre de chine, comme dans Soir breton, 1968 (cat. n° 13). À l’aide d’épingles, il agence ses compositions, qui tendent parfois vers une certaine figuration : « J’ai pu, en ce domaine, m’abandonner à une évocation figurative que je rejette en dessin ou en peinture. Et aussi à un certain humour qui m’est singulièrement interdit en aquarelle ou sur mes toiles. » Il entremêle les formes, faisant dialoguer les couleurs jusqu’à ce qu’elles lui donnent satisfaction, processus que Corné balancé, N° 70-C, 1965 (cat. n° 9) exprime admirablement. C’est aussi à travers ses collages que l’on comprend comment son talent de coloriste l’a mené à réaliser en 1957 les impressionnants vitraux de l’église de Berlincourt dans le Jura suisse.

Charcoal Estève’s most remarkable drawings combine charcoal and colored pencil. He was drawn to charcoal because it offers the possibilities of scratching and shading, allowing him to achieve subtle tones of grey and black that he then highlighted through a juxtaposition of colors, often yellow or blue. Arbre à pois, N° 1648-D from 1964 (cat. no. 7) is the finished expression of a work that emanates a material alchemy. This practice reveals Estève’s attachment to the artisanal dimension of the artistic gesture, of the body entirely invested in the act of creation, which carries daring and excess still farther. Through the force of their materials, his charcoals take on a sculptural dimension.

Le fusain Les dessins les plus remarquables d’Estève associent fusain et crayons de couleur. Si l’artiste apprécie le fusain c’est qu’il lui offre la possibilité de gratter, d’estomper pour décliner de subtils camaïeux de gris et de noirs qu’il rehausse par la juxtaposition de couleurs, souvent jaune ou bleu. Arbre à pois, N° 1648-D de 1964 (cat. n° 7) est l’expression aboutie d’un travail d’où émane une alchimie de la matière. Cette pratique révèle l’attachement d’Estève à la dimension artisanale du geste, au corps tout entier investi dans l’acte de création qui porte toujours plus loin l’audace et le dépassement. Par la force de leur matière, ces fusains prennent une dimension sculpturale.


selected works 19 3 9 –19 8 8


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Les Trois Tables 1939 Oil on canvas Signed and dated lower right Estève 39 Titled and dated on the reverse 130 x 162 cm 51.2 x 63.8 in. “This exceptionally large and magisterial composition in saturated colors is a synthesis of an intimate painting presided over by a feminine figure and a still-life set vertically, creating an architectonic impression of chairs and tables amid the harmonious curves of glass and stoneware vessels.” Jean Leymarie in Estève, exhibition catalogue, Paris, Grand Palais, 1987, p. 162.

« Cette composition magistrale aux couleurs saturées et aux dimensions exceptionnelles est la synthèse des tableaux d’intimité où veille une figure féminine et des natures mortes redressées en hauteur pour livrer en vision proche l’architectonie des chaises et des tables et les galbes harmonieux des récipents en verre en grès. » Jean Leymarie in Estève, catalogue d’exposition, Paris, Grand Palais, 1987, p. 162.


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L’Ancien 1951 Oil on canvas Signed and dated lower left Estève 51 Signed, dated and titled on the reverse 92 x 73 cm 36.2 x 28.7 in. “This evocation of trades or professions is a nostalgic farewell to forms of life and thought that are disappearing and to which L’Ancien remains stubbornly faithful. In this painting, full of suspense and transition, there’s a struggle between the confined space in which the man is imprisoned and the bright light coming in from outside.” Jean Leymarie in Estève, exhibition catalogue, Paris, Grand Palais, 1987, p. 172.

« L’évocation des métiers est un adieu nostalgique à des formes de vie et de pensée en voie de disparition et auxquelles L’Ancien demeure obstinément fidèle. Il y a dans ce tableau de suspens et de transition, à la matière précieuse, lutte entre le milieu confiné dont l’homme est prisonnier et la claire lumière qui vient de l’extérieur. » Jean Leymarie in Estève, catalogue d’exposition, Paris, Grand Palais, 1987, p. 172.


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Collage, N° 23-C 1956 Collage and gouache on paper Signed and dated lower right Estève 56 Dated and numbered on the reverse 31 x 24 cm 12.2 x 9.5 in.


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Collage, N° 24-C 1956 Collage and gouache on paper Signed and dated lower right Estève 56 Dated and numbered on the reverse 31 x 24 cm 12.2 x 9.5 in.


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Boulogne 1957 Oil on canvas Signed and dated lower right Estève 57 Signed, dated and titled on the reverse 65 x 91 cm 25.6 x 35.8 in. “While staying with his aunt and uncle at Saint-Omer, Estève would visit Boulogne, the fishing and commercial port that features in a number of Manet’s paintings. The gritty material and crude contours bring out the roughness of the pier, the dark rust of the waters, and the white lead and asphalt tones of the moored vessels.” Jean Leymarie in Estève, exhibition catalogue, Paris, Grand Palais, 1987, p. 178.

« Lors de ses séjours chez son oncle et sa tante à Saint-Omer, Estève allait en excursion jusqu’à Boulogne, le port de pêche et de commerce illustré par plusieurs toiles de Manet. La matière grumeleuse aux âpres contours évoque l’aspect rude de la jetée, la rouille sombre des eaux, les tons de céruse et de goudron des bâtiments amarrés. » Jean Leymarie in Estève, catalogue d’exposition, Paris, Grand Palais, 1987, p. 178.


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Montavent 1963 Oil on canvas Signed and dated lower left Estève 63 Signed, dated and titled on the reverse 100 x 73 cm 39.4 x 28.7 in.


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Arbre à pois, 1648-D 1964 Charcoal and color pencil on paper Signed and dated lower right Estève 64 Titled and numbered on the reverse 22.5 x 29 cm 8.9 x 11.4 in.


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Arbre ciel blanc, N° 84-C 1965 Gouache and collage on paper Signed and dated lower right Estève 65 Titled, dated and numbered on the reverse 65 x 50 cm 25.6 x 19.7 in.


9

Corné balancé, N° 70-C 1965 Collage on paper Signed and dated lower right Estève 65 Titled, dated and numbered on the reverse 48.5 x 38.5 cm 19.1 x 15.2 in.


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Jardins et cravates, N° 64-C 1965 Collage, watercolor and color pencil on paper Signed and dated lower right Estève 65 Titled, dated and numbered on the reverse 32.5 x 45.5 cm 12.8 x 17.9 in.


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Nu drapé gris, boisé, N° 68-C 1965 Watercolor and collage on paper Signed and dated lower right Estève 65 Titled, dated and numbered on the reverse 33 x 49 cm 13 x 19.3 in.


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Aquarelle, 977-A 1967 Watercolor on paper Signed and dated lower right Estève 67 Dated and numbered on the reverse 43 x 32 cm 16.9 x 12.6 in.


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Soir breton, N° 121-C 1968 Collage on blue paper Signed and dated lower left Estève 68 Titled and numbered on the reverse 49.5 x 42.8 cm 19.5 x 16.8 in.

“There is the vast nocturnal keyboard; we know an example, and the slow and nostalgic nightfall across the moor in Brittany. These modulations of evening are created by the simplest means, fragments of grey newspapers are inked in black and blue, then interwoven and glued onto the lighter blue background, the final glimmers of daylight radiating through the interstices.”

« Il y a le vaste clavier nocturne dont nous connaissons un exemple et cette lente et nostalgique tombée du soir sur les landes bretonnes. La modulation crépusculaire résulte des moyens les plus simples, fragments gris de journaux encrés de noir et de bleu, collés en tamis sur le fond bleu plus clair d’où rayonnent, à travers les interstices, les dernières lueurs du jour. »

Jean Leymarie in Estève, exhibition catalogue, Paris, Grand Palais, 1987, p. 172.

Jean Leymarie in Estève, catalogue d’exposition, Paris, Grand Palais, 1987, p. 172.


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Aquarelle, 1063-A 1972 Watercolor on paper Signed lower right Estève Dated and numbered on the reverse 61 x 48.5 cm 24 x 19.1 in.


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Grichula 1974 Oil on canvas Signed and dated lower right Estève 74 Signed, dated and titled on the reverse 130 x 97 cm 51.2 x 38.2 in. “One only needs to compare […] this painting […] to his dark complexity, his scratched surfaces, overpainted and strongly divided, and to his shadowy and marbled tones to see how Estève refused to work in series, instead varying his layouts, textures, and color relationships.”

« Il suffit de comparer […] cette toile-ci […] à la complexité grinçante, aux surfaces grattées, recouvertes, divisées en tous sens, aux teintes ombreuses et marbrées pour voir comme Estève se refuse à la série, varie à chaque fois l’ordonnance, la texture, les rapports chromatiques. »

Jean Leymarie in Estève, exhibition catalogue, Paris, Grand Palais, 1987, p. 172.

Jean Leymarie in Estève, catalogue d’exposition, Paris, Grand Palais, 1987, p. 172.


16

Stille Naght (Sweet Night)

1979 Charcoal and color pencil on paper Signed and dated lower left Estève 79 Titled on the reverse 45.5 x 49.5 cm 17.9 x 19.5 in.


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Les Amants transparents 1985 Oil on canvas Signed and dated lower left Estève 85 Signed, dated and titled on the reverse 100 x 73 cm 39.4 x 28.7 in.

“In the fervor and liberty of the era, Estève made an unusual concession to the figurative in this lyrical evocation of the primordial and metamorphic theme of the couple, often portrayed as young in flat, uniform tones. A shimmering, spiritualized light envelops the two lovers in diaphanous colors, grey and pink pollen, and transparent forms.” Jean Leymarie in Estève, exhibition catalogue, Paris, Grand Palais, 1987, p. 172.

« Dans la ferveur et la liberté de l’âge, Estève s’accorde une concession figurative inusuelle pour reprendre lyriquement le thème primordial et métamorphique du couple, traité souvent dans sa jeunesse en aplats et tons unis. La lumière frémissante, spiritualisée, enveloppe les deux amants aux couleurs diaphanes, pollen gris et rose, aux formes transparentes. » Jean Leymarie in Estève, catalogue d’exposition, Paris, Grand Palais, 1987, p. 172.


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Courille 1988 Oil on canvas Signed and dated lower right 88 Estève Signed, dated and titled on the reverse 61 x 46 cm 24 x 18.1 in.


w o r k s ’ d e ta i l s


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Les Trois Tables

L’Ancien

1939 Oil on canvas Signed and dated lower right Estève 39 Titled and dated on the reverse 130 x 162 cm (51.2 x 63.8 in.)

1951 Oil on canvas Signed and dated lower left Estève 51 Signed, dated and titled on the reverse 92 x 73 cm (36.2 x 28.7 in.)

Provenance

Provenance

H. G. Adam, Paris

Philippe Dotremont collection, Brussels

Willy Grubben collection, Brussels

Gösta Olson collection, Stockholm

Acquavella Gallery, New York

Galerie Bonnier, Lausanne

Neue Gallery, Zürich

Private collection, Paris

Ev and Walther Scharf collection, Berlin

Galerie Hopkins Custot, Paris

Private collection Exhibitions Paris, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Salon d’Automne, 1941 Copenhague, Charlottenborg, Levende Farver (Vivid Colors), 1950, repr. Bern, Künsthalle, Tendances actuelles de l’École de Paris, 1952 Paris, musée national d’Art moderne, L’École de Paris dans les collections belges, 1959 Washington, National Gallery of Art ; New York, Metropolitan Museum of Art ; Boston, The Museum of Fine Arts ; Chicago, The Art Institute ; San Francisco, Young Memorial Museum, Painting in France 1900 - 1967, 1968 Paris, Grand Palais, Estève, 17 October 1986 - 12 January 1987, no. 20, p. 162 Hövikodden (Norway), Sonja Henie and Niels Onstad Foundation ; Tübingen (Germany), Kunsthalle, Estève (works 1919-1985), 1987 Literature Hommage à Estève, in XXe siècle, special issue, Paris, 1975, p. 41 Robert Maillard, Monique PrudhommeEstève, Estève, Catalogue raisonné de l’œuvre peint, Paris, Ides et Calendes, 1995, no. 152, p. 203 Paris, Grand Palais, Estève, 17 October 1986 - 12 January 1987, p. 11

52

Private collection, Belgium Exhibitions Bern, Kunsthalle, Tendances actuelles de l’École de Paris, 1952, repr. Amsterdam, Stedelijk Museum ; Eindhoven, Stedelijk Van Abbe Museum, Collection Philippe Dotremont, 1954 Basel, Kunsthalle, Estève (works 19191960), 10 June - 16 July 1961, no. 82 Düsseldorf, Kunstverein, Kunsthalle, Estève (works 1919-1960), 26 July - 27 August 1961, no. 101 Copenhague, Statens Museum for Kunst, Estève (works 1919-1960), 15 September - 15 October 1961, no. 104 Oslo, Kunstnernes Hus, Estève (works 1919-1960), 11 November - 3 December 1961, no. 97 Paris, Grand Palais, Estève, 17 October 1986 - 12 January 1987, no. 42, repr. pp. 100 and 172 Literature Pierre Francastel, Estève, Paris, éditions Galanis, 1956, repr. p. 91 Encyclopedia Universalis, t. VI, 1970, p. 556, repr. Hommage à Estève, in XXe siècle, special issue, Paris, 1975, repr. p. 61 Robert Maillard, Monique PrudhommeEstève, Estève, Catalogue raisonné de l’œuvre peint, Paris, Ides et Calendes, 1995, no. 366, p. 285 Paris, Grand Palais, Estève, 17 October 1986 - 12 January 1987, p. 12


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Collage, N° 23-C

Collage, N° 24-C

Boulogne

1956 Collage and gouache on paper Signed and dated lower right Estève 56 Dated and numbered on the reverse 31 x 24 cm (12.2 x 9.5 in.)

1956 Collage and gouache on paper Signed and dated lower right Estève 56 Dated and numbered on the reverse 31 x 24 cm (12.2 x 9.5 in.)

1957 Oil on canvas Signed and dated lower right Estève 57 Signed, dated and titled on the reverse 65 x 91 cm (25.6 x 35.8 in.)

Provenance

Provenance

Provenance

Neue Gallery, Zürich (inv. Est-C-5604)

Neue Gallery, Zürich (inv. Est-C-5605)

Jean Fossez collection, Lisieux

Private collection

Private collection

Neue Gallery, Zürich Ev and Walther Scharf collection, Berlin Private collection Exhibitions Paris, galerie Villand-Galanis, 1961, no. 7, repr. Basel, Kunsthalle, Estève (works 19191960), 10 June - 16 July 1961, no. 105 Düsseldorf, Kunstverein, Kunsthalle, Estève (works 1919-1960), 26 July - 27 August 1961, no. 129 Copenhague, Statens Museum for Kunst, Estève (works 1919-1960), 15 September - 15 October 1961, no. 131 Oslo, Kunstnernes Hus, Estève (works 1919-1960), 11 November - 3 December 1961, no. 122 Paris, Grand Palais, Estève, 17 October 1986 - 12 January 1987, no. 56, p. 178 Literature Hommage à Estève, in XXe siècle, special issue, Paris, 1975, repr. p. 73 Robert Maillard, Monique PrudhommeEstève, Estève, Catalogue raisonné de l’œuvre peint, Paris, Ides et Calendes, 1995, no. 487, p. 335

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Montavent

Arbre à pois, 1648-D

Arbre ciel blanc, N° 84-C

1963 Oil on canvas Signed and dated lower left Estève 63 Signed, dated and titled on the reverse 100 x 73 cm (39.4 x 28.7 in.)

1964 Charcoal and color pencil on paper Signed and dated lower right Estève 64 Titled and numbered on the reverse 22.5 x 29 cm (8.9 x 11.4 in.)

1965 Gouache and collage on paper Signed and dated lower right Estève 65 Titled, dated and numbered on the reverse 65 x 50 cm (25.6 x 19.7 in.)

Provenance

Provenance

Provenance

Neue Gallery, Zürich

Neue Gallery, Zürich

Neue Gallery, Zürich

Private collection

Private collection

Private collection

Exhibitions Kassel, Dokumenta II, 1968 Baden-Baden, Kunsthalle, Bazaine, Estève, Lapique, 11 October - 10 November 1968, repr. Ulm, Ulmer Museum, Maurice Estève, 27 May - 8 July 1973, repr. Bremen, Kunsthalle, Maurice Estève, 3 February - 10 March 1974, repr. Literature Robert Maillard, Monique PrudhommeEstève, Estève, Catalogue raisonné de l’œuvre peint, Paris, Ides et Calendes, 1995, no. 562, p. 367

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10

11

Corné balancé, N° 70-C

Jardins et cravates,

Nu drapé gris, boisé,

1965 Collage, watercolor and color pencil on paper Signed and dated lower right Estève 65 Titled, dated and numbered on the reverse 32.5 x 45.5 cm (12.8 x 17.9 in.)

1965 Watercolor and collage on paper Signed and dated lower right Estève 65 Titled, dated and numbered on the reverse 33 x 49 cm (13 x 19.3 in.)

Neue Gallery, Zürich (inv. Est-C-6509)

Provenance

Provenance

Private collection

Neue Gallery, Zürich (inv. Est-C-6505)

Neue Gallery, Zürich (inv. Est-C-6508)

Private collection

Private collection

1965 Collage on paper Signed and dated lower right Estève 65 Titled, dated and numbered on the reverse 48.5 x 38.5 cm (19.1 x 15.2 in.) Provenance

N° 64-C

N° 68-C

12 Aquarelle,

977-A

1967 Watercolor on paper Signed and dated lower right Estève 67 Dated and numbered on the reverse 43 x 32 cm (16.9 x 12.6 in.) Provenance Neue Gallery, Zürich Private collection

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Soir breton, N° 121-C

Aquarelle, 1063-A

Grichula

1968 Collage on blue paper Signed and dated lower left Estève 68 Titled and numbered on the reverse 49.5 x 42.8 cm (19.5 x 16.8 in.)

1972 Watercolor on paper Signed lower right Estève Dated and numbered on the reverse 61 x 48.5 cm (24 x 19.1 in.)

1974 Oil on canvas Signed and dated lower right Estève 74 Signed, dated and titled on the reverse 130 x 97 cm (51.2 x 38.2 in.)

Provenance

Provenance

Provenance

Neue Galerie, Zürich

Neue Galerie, Zürich

Galerie Claude Bernard, Paris

Ev and Walther Scharf collection, Berlin

Private collection

Neue Gallery, Zürich

Private collection Exhibitions Zürich, Neue Galerie, Maurice Estève, 69 collages 1950-1968, 25 October 1969 -  10 January 1970, no. 56, repr. Ulm, Ulmer Museum, Maurice Estève, 27 May - 8 July 1973, no. 61, repr. Bremen, Kunsthalle, Maurice Estève, 3 February - 10 March 1974, no. 62, repr. Hovikodden, Norway, Sonja Henie and Niels Onstad Foundation, Maurice Estève, painting, drawing, watercolour, 21 February - 5 April 1987, no. 101 Paris, Grand Palais, Estève, 17 October 1986 - 12 January 1987, no. 223, repr. p. 254

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Exhibitions Zürich, Neue Galerie, Estève, 42 aquarelles 1957-1972, 6 April - 19 May 1973, no. 42, repr. Hövikodden, Norway, Sonja Henie and Niels Onstad Foundation, Maurice Estève, painting, drawing, watercolour, 21 February - 5 April 1987, no. 71 Paris, Grand Palais, Estève, 17 octobre 1986 - 12 janvier 1987, no. 201, p. 240 Literature Robert Maillard, Monique PrudhommeEstève, Estève, Catalogue raisonné de l’œuvre peint, Paris, Ides et Calendes, 1995, p. 30, repr.

Ev and Walther Scharf collection, Berlin Private collection Exhibitions Paris, Galerie Claude Bernard, Estève, 4 mai - 16 juillet 1977, repr. Paris, Grand Palais, Estève, 17 October 1986 - 12 January 1987, no. 83, p. 189 Hövikodden (Norway), Sonja Henie and Niels Onstad Foundation, Maurice Estève, painting, drawing, watercolour, 21 February - 5 April 1987 Literature Robert Maillard, Monique PrudhommeEstève, Estève, Catalogue raisonné de l’œuvre peint, Paris, Ides et Calendes, 1995, no. 636, p. 395


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Stille Naght

Les Amants transparents

Courille

1985 Oil on canvas Signed and dated lower left Estève 85 Signed, dated and titled on the reverse 100 x 73 cm (39.4 x 28.7 in.)

1988 Oil on canvas Signed and dated lower right 88 Estève Signed, dated and titled on the reverse 61 x 46 cm (24 x 18.1 in.)

(Sweet Night) 1979 Charcoal and color pencil on paper Signed and dated lower left Estève 79 Titled on the reverse 45.5 x 49.5 cm (17.9 x 19.5 in.)

Provenance

Provenance

Provenance

Neue Gallery, Zürich

Neue Galerie, Zürich

Neue Galerie, Zürich

Private collection

Private collection

Exhibitions

Literature

Paris, Grand Palais, Estève, 17 October 1986 - 12 January 1987, no. 113, p. 203

Robert Maillard, Monique PrudhommeEstève, Estève, Catalogue raisonné de l’œuvre peint, Paris, Ides et Calendes, 1995, no. 769, p. 442

Private collection

Literature Robert Maillard, Monique PrudhommeEstève, Estève, Catalogue raisonné de l’œuvre peint, Paris, Ides et Calendes, 1995, no. 755, pp. 23 and 437 Germain Viatte, introduction to exhibition catalogue Découvrir Maurice Estève, Paris, galerie Applicat-Prazan, 3 November 19 December 2015, p. 24


biography


1904 – Maurice Estève was born at Culan in the Cher. He spent his childhood with his grandparents and had warm memories of his years in the Berry. Later, he would transform one of the rooms of the family house into his studio.

1904 – Maurice Estève nait à Culan dans le Cher. Il passe son enfance chez ses grands-parents et gardera un souvenir ému de ces années dans le Berry. Il fera plus tard son atelier d’une pièce de la maison familiale.

1912 – He began drawing.

1912 – Il commence à dessiner.

1913 – He discovered the Louvre, by himself: decisive visit: “From then on, I saw nature through paintings.”

1913 – Il découvre le musée du Louvre, seul : visite décisive : « Je voyais désormais la nature à travers les tableaux. »

1914 – He spent the war years at Culan and began painting.

1914 – Il passe les années de guerre à Culan et commence à peindre.

1918 – His father apprenticed him to a typographer in Paris, and later to a furniture maker. Estève managed to take drawing courses in the evening.

1918 – Son père le met en apprentissage à Paris, chez un typographe, puis chez un fabricant de meubles. Estève parvient à suivre des cours du soir de dessin.

1919 – The works from this year show evidence of his artistic precocity.

1919 – Les œuvres de cette année témoignent déjà de sa précocité artistique.

1923 – His father’s vigorous opposition to his vocation as a painter caused him to accept a position in Barcelona running a studio for fabric design. He stayed for a year, during which he didn’t paint because of the harshness of the light.

1923 – La virulente opposition de son père à sa vocation de peintre lui fait accepter de partir pour Barcelone diriger un atelier de dessins pour tissus. Il y reste un an, sans peindre, à cause de la dureté de la lumière.

1924 – He came back to Paris and, fascinated by the cinema, tried to get involved in that art, but again took up his pencils and brushes. He was a frequent visitor at the Académie Colarossi and studied the Primitives and the Moderns in the Louvre. Cézanne was his preferred master. He met Nelly Camille Richez, who would be his companion until her death in 1965. 1928 – He came under the influence of surrealism, Giorgio de Chirico in particular, and moved increasingly toward abstraction. 1929 – He participated in the Salon des Surindépendants, where he showed until 1938. His material life was difficult. 1930 – He moved to an atelier supported by the city of Paris at the Porte de Vanves. His first one-man show was held at the galerie Yvangot in Paris. Maurice Raynal wrote in L’Intransigeant: “This artist is engaging because of his sincerity and his distain for facile solutions...”

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1924 – De retour à Paris, très intéressé par le cinéma, il est tenté de s’engager dans cette voie, mais reprend crayons et pinceaux. Il fréquente l’Académie libre Colarossi, étudie au Louvre les Primitifs et les Modernes. Cézanne est son maître préféré. Rencontre Nelly Camille Richez, qui sera sa compagne jusqu’à sa mort en 1965. 1928 – Il subit l’influence du surréalisme, en particulier de Giorgio de Chirico, et abandonne progressivement le travail sur le motif. 1929 – Participe au salon des Surindépendants où il exposera jusqu’en 1938. Connaît une vie matérielle difficile. 1930 – Il s’installe dans un atelier de la Ville de Paris, porte de Vanves. Première exposition personnelle galerie Yvangot à Paris. Maurice Raynal écrit dans L’Intransigeant : « Cet art est sympathique à cause de sa sincérité et de son dédain des solutions faciles... » 1932 – Face à la montée des problèmes sociaux, il crée avec ses amis Robin, Falk, Camuro et Debarbieux une


1932 – In the face of mounting social problems, he created the protest publication Les Indélicats with his friends Robin, Falk, Camuro and Debarbieux, and did linocuts for it. 1936 – Deeply distressed by the war in Spain, he painted several “expressionist” canvases. 1937 – He participated in the exhibition French Painting at the Svensk-Franska Konistgalleriet in Stockholm. The Konstmuseum in Göteborg bought his La femme au bain de pieds. This was the beginning of an enthusiastic reception for his work in Scandinavia. He was invited to participate in Des artistes de ce temps at the Petit Palais, and he worked on the great decorative murals by Robert and Sonia Delaunay for the Paris Exposition Universelle. 1938/1941 – He moved to the rue Lepic. During his time in the army, he did sketches and drawings highlighted with color.

publication contestataire Les Indélicats pour laquelle il réalise des linogravures. 1936 – Bouleversé par la guerre d’Espagne, il peint quelques toiles « expressionnistes ». 1937 – Participe à l’exposition Peinture Française à la Svensk-Franska Konistgalleriet de Stockholm. Le Konstmuseum de Göteborg lui achète La Femme au bain de pieds. Débuts du grand intérêt des pays scandinaves pour son œuvre. Est invité à l’exposition Des artistes de ce temps au Petit Palais. Participe à la réalisation des grandes décorations murales de Robert et Sonia Delaunay pour l’Exposition universelle de Paris. 1938/1941 – S’installe rue Lepic. Pendant sa mobilisation, il fait des croquis, des dessins rehaussés de couleurs. 1942 – Passe un accord avec la galerie Louis Carré qui le libère des soucis matériels.

1942 – He made an agreement with the galerie Louis Carré, which freed him from material concerns.

1943 – Dans l’album Cinq peintres d’aujourd’hui, Robert Lesbats (Frank Elgar) écrit « La peinture d’Estève est l’effusion d’une âme chaleureuse, émotive, poétique. D’où cette musicalité... »

1943 – In the album Cinq peintres d’aujourd’hui, Robert Lesbats (Frank Elgar) wrote: “Estève’s painting is the effusion of a warm, emotional, poetic soul. Which is the root of his musicality...”

1946 – Rencontre avec Fernand Léger. En décembre, il participe à une exposition au Stedelijk Museum.

1946 – He met Fernand Léger. In December, he participated in an exhibition at the Stedelijk Museum. 1947 – The Statens Museum for Kunst in Copenhagen bought Le Tabouret blanc and Hangars d’Auvergne. Estève began a series on various occupations. “A shift from formalist stylization toward a poetics of forms and light”, wrote Francastel. 1952 – He began working in color lithography. 1955 – He left the rue Lepic and moved to the rue Monsieur Le Prince. He set up a studio in his family’s house in Culan, in which he worked during the summers. There he worked mostly in charcoal and watercolor and, later, in collage.

1947 – La Statens Museum for Kunst de Copenhague acquiert Le Tabouret blanc et Hangars d’Auvergne. Estève commence la série des métiers. « Passage d’une stylisation formaliste vers une poétique des formes et des lumières », écrit Francastel. 1952 – Début des lithographies en couleur. 1955 – Abandon de la rue Lepic pour la rue Monsieur Le Prince. Installe un atelier dans la maison natale de Culan, dans lequel il travaillera chaque été. Il y fera principalement des aquarelles, des fusains, plus tard des collages. 1956 – Rétrospective au Statens Museum for Kunst de Copenhague. Pierre Francastel retrace la genèse et les étapes formatrices de son œuvre dans une première monographie.

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1956 – A retrospective of his work was held at the Statens Museum for Kunst in Copenhagen. Pierre Francastel wrote the first monograph on his work, tracing its beginnings and formative stages. 1957 – He did the drawings for the stained-glass windows for the church in Berlincourt in the Swiss Jura. 1960 – Frank Elgar’s Estève, dessins was published in connection with an exhibition of one hundred drawings at the galerie Villand-Galanis. 1961 – An important retrospective was held at the Kuntsthalle in Basel, the Kunstverein in Dusseldorf, the Statens Museum for Kunst in Copenhagen, and the Kunstnernes Hus in Oslo. An album was published in the Peintres d’aujourd’hui (Painters of Today) collection by Hazan. 1963 – He created his first drawings for tapestries and did an important series of monotypes.

1957 – Cartons pour les vitraux de l’église Berlincourt dans le Jura suisse. 1960 – Publication de l’ouvrage Estève, dessins par Frank Elgar, à l’occasion de l’exposition de cent dessins à la galerie Villand-Galanis. 1961 – Importante rétrospective présentée à la Kunsthalle de Bâle, au Kunstverein de Dusseldorf, au Statens Museum for Kunst de Copenhague et à la Kunstnernes Hus d’Oslo. Publication d’un album dans la collection Peintres d’aujourd’hui aux Éditions Hazan. 1963 – Exécute ses premiers cartons de tapisserie. Réalise une importante série de monotypes. 1965 – Fait ses premiers collages. La revue Connaissance des Arts publie un dossier sur la lente élaboration de ses peintures. 1970 – Le Grand Prix National des Arts lui est décerné.

1965 – He did his first collages. The art magazine Connaissance des Arts published a dossier on the gradual development of his paintings. 1970 – He was awarded the Grand Prix National des Arts. 1972 – “I believe that I am possessed by a certain universe of forms... for a long time, I have been nourished by the gaze of nature, things, and beings. And I think that forms are born out of each other. With me, they’ve become a more autonomous language, apart from any reference to nature.” Extract from an interview with Jacques Michel, published in Le Monde, April 26. 1973/1981 – He participated in numerous exhibitions, both individual and collective, in galleries and museums. 1982 – Estève decided to make a large donation of his work; friends established an association in order to help him find an appropriate institution in which to place it. 1983 – He married Monique Prudhomme, whom he had met in 1967. 1985 – July 2: He signed the documents donating a large body of work to the city of Bourges. It included fifty-nine

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1972 – « Je crois que je suis possédé par un certain univers des formes... depuis longtemps je me suis nourri du regard de la nature, des choses et des êtres. Et je pense que les formes naissent les unes des autres. Chez moi, elles ont fini par devenir un langage plus autonome, en dehors de toute référence à la nature. » Extrait d’une interview par Jacques Michel, publiée dans Le Monde du 26 avril. 1973/1981 – Nombreuses participations à des expositions personnelles et collectives dans des galeries et des musées. 1982 – Estève, souhaitant faire une donation importante de ses oeuvres, quelques amis fondent une association afin de l’aider à trouver un lieu pour présenter en permanence cette donation. 1983 – Épouse Monique Prudhomme rencontrée en 1967. 1985 – 2 juillet : signature de l’acte de donation à la Ville de Bourges de cinquante-neuf huiles sur toile, trentequatre dessins, vingt aquarelles, dix collages et deux tapisseries. La ville s’engage à restaurer l’Hôtel des Échevins pour en faire le Musée Estève .


oils on canvas, thirty-four drawings, twenty watercolors, ten collages, and two tapestries. The city agreed to restore the Hôtel des Échevins and turn it into the Musée Estève.

1986 – Émission d’un timbre poste reproduisant Skibet.

1986 – A postage stamp featuring Skibet was issued.

1989 – Estève crée une affiche 1789 La Prise de la parole. Deuxième donation à la Ville de Bourges.

1987 – December 19: The Musée Estève was opened in the Hôtel des Échevins in Bourges. 1989 – Estève created the poster 1789 La Prise de la Parole. He made a second donation to the city of Bourges. 1990 – A catalogue of the collection in the Musée Estève in Bourges was published by Monique Prudhomme-Estève. 1993 – Estève created a poster to commemorate the designation of the cathedral of St. Etienne in Bourges as a UNESCO World Heritage Site. On the eve of his 90th birthday, he went to stay in Aix-en-Provence and did the poster and the program cover for the Festival d’art lyrique in Aix-en-Provence. 1995 – The Catalogue raisonné de l’œuvre peint de Maurice Estève, by Monique Prudhomme-Estève and Robert Maillard, was published by Ides and Calendes in Neuchâtel. Estève did twenty-four collages to illustrate a 1996 calendar celebrating the 20th anniversary of the Printemps de Bourges and a 1997 calendar celebrating the 10th anniversary of the Musée Estève. He moved permanently to Culan. 1997 – He made a third donation to the city of Bourges. Eighty-two original lithographs were shown at the Musée Estève to celebrate its 10th anniversary. 1999 – The Catalogue raisonné des collages de Maurice Estève’s collages, by Monique Prudhomme-Estève, with a preface by François Chapon, was published by the Musée Estève in Bourges. 2001 – Maurice Estève died in his native village on June 27.

1987 – 19 décembre : inauguration du Musée Estève en l’Hôtel des Échevins de Bourges.

1990 – Parution du catalogue Collection du Musée Estève de Bourges par Monique Prudhomme-Estève. 1993  –  Estève crée une affiche pour commémorer l’inscription de la cathédrale St-Étienne de Bourges au patrimoine de l’UNESCO. Séjour du peintre à Aix-en-Provence à la veille de ses 90 ans. Réalise l’affiche et la couverture du programme du Festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence. 1995 – Publication du Catalogue raisonné de l’œuvre peint de Maurice Estève par Monique Prudhomme-Estève et Robert Maillard, éditions Ides et Calendes, Neuchâtel. Estève crée vingt-quatre collages pour illustrer les calendriers de 1996 (20e anniversaire du Printemps de Bourges) et de 1997 (10e anniversaire du Musée Estève). S’installe définitivement à Culan. 1997 – Troisième donation à la Ville de Bourges. Quatrevingt deux lithographies originales exposées au Musée Estève pour le 10e anniversaire du musée. 1999 – Publication du Catalogue raisonné des collages de Maurice Estève, par Monique Prudhomme-Estève, avec une préface de François Chapon, éditions du Musée Estève, Bourges. 2001 – 27 juin : Maurice Estève décède dans son village natal.


We would like to express our special gratitude to Madame Monique Prudhomme-Estève for her kind collaboration.

We wish to express our deep gratitude for their contribution to this exhibition: Antoine Bechet, framing, Paris, Laure Ber trand Pudles, graphic design, Brussels, Dominique Choffel, texts and coordination, Paris, Stephan Neess, framing, Brussels, Cole Swensen, translation, Brice Vandermeeren, photographies, Brussels.

Printing by Paperland, Belgium Š SABAM Belgium 2017


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David Levy - TEFAF 2017  

Homage to maurice estève (1904-2001)

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