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nomme « architecture autoritaire », révèle la tendance actuelle de la relation entre l’architecte et l’utilisateur, osons donc parler d’une absence de confiance entre l’architecte et le commanditaire. Prenons pour exemple ce droit moral au respect de l’œuvre architecturale qui donne le droit à l’architecte de s’opposer aux modifications

pouvant

dénaturer

son

« œuvre ».

Par

cette

réglementation conservatrice, on donne naissance à une artification de l’architecture qui se perd sous prétexte de vouloir cristalliser un objet architectural. Mais cela n’a peut-être pas l’effet escompté, en effet, en voulant pérenniser une architecture, on peut la rendre hermétique à tous les changements, peu importe leur nature, que l’utilisateur envisagera afin de s’approprier ce lieu. Cette opposition s’illustre particulièrement dans nos espaces publics urbains : l’espace public qui se veut pour tous, est en réalité un lieu de négation de la liberté individuelle puisque le dessin d’un lieu dédié à la rencontre et à la vie sociale est confié à une seule personne et donc à sa propre façon d’envisager l’espace public. Dès lors, il semble difficile à d’autres utilisateurs de s’approprier un espace qui n’a pour seule vocation que d’être traversé. Quand il est question de logement, c’est au niveau de l’uniformisation de la cellule de l’habitat que ce manque de dialogue se fait sentir : ce n’est pas l’habitat qui s’adapte à l’habitant mais le mode de vie d’un individu qui doit se conformer à son lieu de vie. « L’autre, c’est celui qui construit avec moi, car construire est un acte collectif, construire crée le lien, c’est l’expression de la

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Profile for Arthur Vallerault

Architecture du dialogue  

Mémoire de master, soutenu en janvier 2017. Architecture thesis.

Architecture du dialogue  

Mémoire de master, soutenu en janvier 2017. Architecture thesis.

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