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pour répondre à tous les problèmes de la ville. L’exemple qu’il donne de la « Ville-Khan », cette entité urbaine dans laquelle tout logement est équipé jusqu’au pyjama et à la brosse à dent, où la notion de privé n’est effective que lorsque le lieu est occupé mais n’évoque plus l’appartenance, est particulièrement évocateur du décalage entre sa pensée de l’autonomie et le désir possessif de l’être humain. Il est donc nécessaire de prendre du recul quant au propos de Yona Friedman qui présente une utopie sociétale et urbaine, mais qui met en avant aussi la nécessité de l’éducation de l’architecte et de l’utilisateur qui doivent travailler ensemble à « savoir choisir ». Aussi, la notion qui me paraît primordiale à retenir dans son travail, réside dans le concept d’architecture « auto-décidée » : l’individu se connaît lui-même et va apprendre à « habiter » grâce à cet architecte, savant observateur en capacité de lui exposer un répertoire des possibilités. Bien évidemment, une telle recherche serait considérablement longue, mais il exprime par là une nécessité de la libération de la tutelle de l’architecte, et prône un retour à une « architecture folklorique », plus proche de la diversité naturelle à laquelle convient les différents modes de vie. Pour poursuivre notre enquête, nous allons donc nous intéresser à la question de l’image de l’architecte, de son rôle dans le processus du projet et dans le dessin de la ville. Car si nombre de théories, plus ou moins réalistes, furent imaginées pour tenter de définir de bonnes pratiques architecturales,

la

question

du

déficit

de

« popularité »

de

l’architecte auprès des populations, se sentant incomprises et mises en marge, revient invariablement à la table des débats.

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Profile for Arthur Vallerault

Architecture du dialogue  

Mémoire de master, soutenu en janvier 2017. Architecture thesis.

Architecture du dialogue  

Mémoire de master, soutenu en janvier 2017. Architecture thesis.