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Artag - Rapport Annuel 2010 Sommaire

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Rapport moral

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L'action associative

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Le Centre Social Itinérant

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Histoire… Le projet Une Mémoire Française

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La lutte contre les discriminations continue

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Manifestation du 4 septembre, Contre la politique de haine

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Les activités de l'Artag (schéma)

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La domiciliation

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L'accompagnement social

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La médiation sociale et le suivi des aires d'accueil

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L'habitat et le stationnement

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Le cabinet d'études CATHS

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L’accompagnement économique

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L’accès aux savoirs et l’accompagnement à la scolarité

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L'action culturelle

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La formation

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Rapport financier

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Annexes

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Liste de nos partenaires

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Organigrammes de l’Artag

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Carte Avancement du Schéma Départemental au 31/12/2010

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Rapport moral ₪ De la militance à la citoyenneté Tout au long de ses vingt-cinq ans d’existence, l’ARTAG aura toujours eu cœur la participation des gens du voyage. Celle-ci aura pris plusieurs figures pendant toutes ces années. Il a fallu d’abord une bonne dose de militantisme pour que dans les années 80, la cause des Gens du Voyage émerge. L’action de l’association était axée sur la reconnaissance de leur existence de leur sur le territoire. En effet malgré des siècles de présence, cette communauté semblait invisible à leur entourage. Heureusement qu’il y avait les conflits de stationnement pour se rappeler aux pouvoirs publics. Pendant cette période l’ARTAG jouait un triple rôle : - un rôle d’interpellation des autorités mais aussi de l’ensemble de la société pour attirer l’attention sur les conditions de vies de plus en plus précaires des familles - un rôle d’organisation de la parole des gens du voyage si longtemps habitué à ne rien dire et à ne pas attirer l’attention - Un rôle de construction d’une représentativité des gens du voyage Cette démarche, fondement de l’association, a facilité une certaine reconnaissance de l’association qui s’est alors développée en s’appuyant sur les dispositifs publics comme le RMI, la loi Besson qu’elle avait grandement contribué à voir le jour mais aussi la domiciliation avec la loi Guigou. Pendant ces dix dernières années, l’ARTAG a été présente sur tous les terrains ou la cause des voyageurs devait être entendue. Les gens du voyage ont participé à de nombreuses manifestations ont représenté leur communauté dans de nombreuses instances ont travaillé sur de nombreux sujets dont la loi de 69, les assurances. Par ce travail de terrain peu à peu l’ARTAG a été reconnu dans une fonction de : -

Partenaire des acteurs sociaux D’expert auprès des pouvoirs publics

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- D’animatrice des politiques publiques en direction des Gens du Voyage Cette démarche participative si chère aux techniciens de la construction européenne a pris une autre dimension ces deux dernières années et notamment en 2010. La création du centre social, le festival itinérance Tsigane centré sur l’internement des tsiganes pendant la seconde guerre mondiale, le voyage à Auschwitz sont le fruit de l’action des gens du voyage qui ont contribué non seulement à la réussite de ces événements, mais aussi et surtout à leur connaissance dans la communauté. Par cette démarche les Gens du voyage affirment : - leurs savoir-faire informels, outils d’adaptation aux évolutions de leur mode de vie - leur capacité à être coproducteur d’actions - de maitriser leur histoire leur présent et leur avenir Aujourd’hui les Gens du Voyage sont prêts à participer en tant que citoyens aux actions et dans les lieux qui les concernent. Ils attendent tout simplement que les pouvoirs publics et les acteurs institutionnels leur en fassent la proposition.

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L'action associative Le fonctionnement associatif spécifique de l’Artag est aujourd’hui relativement connu. La présence des Gens du Voyage à tous les niveaux décisionnels ou opérationnels de l’association est devenue avec le temps une de ses marques de fabrique. La participation des Gens du Voyage fait partie du fonctionnement quotidien, elle permet la définition de priorités et valide les plans d’actions et leurs objectifs. Outre les fonctions d’administration, les Gens du Voyage sont présents dans la formation, mais aussi dans la représentation nationale, à travers la fédération nationale. Ils sont aussi moteur d’un certain nombre d’actions qui visent à mettre en exergue, et à faire connaitre leur mode de vie, leur culture, leur histoire. En 2010, cet engagement s’est révélé non seulement nécessaire, mais pertinent pour aller jusqu’au bout des orientations définies ces trois dernières années. Le bilan que nous pouvons en faire peut paraitre parfois mitigé par rapport aux effets à court terme sur la vie quotidienne des Gens du Voyage. Néanmoins, ces actions s’avèrent autant d’étapes marquantes d’une véritable relation avec la société des Gadjé que les Gens du voyage de l’association pensent nécessaires. Les chantiers que nous avons considérés comme prioritaires ces dernières années restent malheureusement d’actualité. La question des assurances, de la loi de 69, les difficultés à accéder à la place de citoyen comme tout un chacun, les discriminations, sont autant de sujets qui constituent un ordre du jour prioritaire de l’action de l’association. Pour cela, l’association poursuit son travail d’ouverture vers d’autres partenaires. La création du centre social en est une étape puisque cela doit nous permettre d’intégrer un nouveau réseau professionnel et militant. En cela peut constituer une force mais aussi une incertitude dans la mesure où la rencontre de l’autre provoque nécessairement si ce n’est une remise en cause tout au moins une introspection sur les objectifs poursuivis dans cette évolution. L’association reste vigilante sur tout ce qui fait la vie quotidienne des Gens du Voyage et notamment la question du stationnement et de l’habitat.

₪ Le Centre Social Itinérant Enfin après trois années de travail partenarial l’Artag a obtenu au 1er janvier 2010 un double agrément pour un centre social itinérant par les caisses d’allocations familiales du département, soit celle de Lyon et celle de Villefranche sur Saône. L’année 2010 a été l’occasion de mettre en place méthodologiquement le projet et audelà, de revisiter l’ensemble du fonctionnement pour l’adapter aux nouvelles exigences générées par la création de cette structure.

Ainsi successivement L’Artag a construit son adhésion à la convention SNAECSO, revisité l’ensemble des postes de travail pour redéfinir de nouvelles fiches de postes. créé un poste de dilection adjointe. Grace au soutien du Dispositif d’Accompagnement Local géré

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par RDI nous avons pu bénéficier de l’appui technique déterminant du cabinet AGILIS pour conduire ce changent interne qui se poursuivra en 2011 En 2010 l’Artag a pu enfin accéder à de nouveaux locaux. Ceux de Vaulx en Velin étaient devenus vraiment trop exiguë et constituaient un frein au développement de nos activités. Ce n’est pas sans un pincement au cœur que nous avons quitté vaulx en velin commune avec laquelle nous avons connu un partenariat régulier et en qui nous avons toujours trouvé un soutien pour l’amélioration des conditions de vie des gens du voyage, pour rejoindre Villeurbanne avec laquelle nous espérons pouvoir construire un nouveau partenariat.

Les orientations

du projet

Ces orientations ont été construites à partir des rencontres avec des Voyageurs dans un échantillon très représentatif : - 6 rencontres sur des terrains sédentaires, aires d’accueil et de grand passage, - avec des communautés d’origines ethniques différentes, - dans des localités différentes de l’agglomération (Sud, Ouest et Est). Plusieurs rencontres ont également été organisées avec les salariés et avec le conseil d’administration. Ces orientations sont le socle de la réflexion générale qui préside à la définition des actions. Elles guident la méthode et la démarche de mise en œuvre de ces actions. Elles servent de base à l’évaluation finale du projet. Trois grandes orientations constituent le socle de notre projet.  Amélioration du cadre de vie et amélioration des conditions de vie  Développement des solidarités et des échanges culturels  Accès à la citoyenneté La création du Centre Social implique pour l’association, la redéfinition de son organisation afin de déterminer quelles actions existantes seront intégrées et développées dans le cadre d’un Centre Social Itinérant. Les critères qui présideront à ces choix ont été arrêtés par le Conseil d’administration. Les 4 critères principaux sont : o Favoriser l’action collective o Faciliter l’accès aux droits par la création de passerelle avec les équipements, institutions, associations du territoire… o Favoriser l’ouverture sur l’extérieur et lutter contre l’isolement de cette communauté o Maintenir une cohérence de sens et d’action, avec les autres secteurs d’activités de l’Artag. Le centre social, c’est pour l’équipe et l’ensemble des acteurs de l’association une possibilité de promouvoir une nouvelle forme de travail et d’accompagnement. En effet, l’ARTAG c’est depuis toujours un accompagnement individuel de situations complexes. Aujourd’hui, devant la répétition de ces situations qui concernent des groupes de personnes il est nécessaire de passer par l’action collective et ce pour deux raisons :

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Les problématiques concernent des ensembles de personnes qui ont nécessité de se grouper pour se faire entendre Les solutions à ces problématiques (habitat, discrimination, vie citoyenne...) ne sont pas viables individuellement et surtout difficiles à mettre en œuvre.

Par ailleurs, être centre social ouvre l’ARTAG à d’autres réseaux et les Gens du Voyage à d’autres groupes. Ceci est une étape essentielle pour jouer notre rôle de passerelle entre Gens du Voyage et la société des gadjé.

₪ Histoire… Le projet Une Mémoire Française Cette action qui avait démarré en 2009 a été un fil conducteur de l’association pendant l’année 2010. Le festival Itinérances Tsiganes (cf. chapitre culture) l’a décliné lors de différents évènements. Le point d’orgue de ce travail a été la commémoration de cet internement place Antonin Poncet le 6 mai 2010 en présence de nombreuses personnalités et amis de l’association. Cet événement aura produit très rapidement des résultats : - Un travail législatif conduit en particulier par les députés Lyonnais, présents ce soir-là, Messieurs JeanLouis Touraine et Pierre-Alain Muet, avec l’appui du Sénateur Guy Fischer pour obtenir l’abolition de la loi de 69, travail qui trouvera son épilogue en 2011. - Une rencontre avec la communauté juive et plus particulièrement l’association France Israël en la personne de Monsieur Alain Partouche, lequel nous a permis de participer à un voyage de la mémoire au camp d’Auschwitz avec six Voyageurs en Novembre dernier. La prise de conscience de la nécessité de travailler sur leur histoire est à ce jour le résultat le plus probant de ce travail de commémoration. La participation aux différents groupes de travail qui ont eu lieu en 2010 nous a permis de le constater. Il s’agira pour l’ARTAG de mettre en forme ce travail de recherche avec une participation effective de Voyageurs… et déjà certains se sont fait connaitre.

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₪ Encore, toujours… La lutte contre les discriminations A travers la commémoration de l’internement c’est aussi la question cruciale de la loi de 69 qui est au cœur du débat aujourd’hui. La plupart des discriminations dont sont victimes les Gens du Voyage trouvent leur ferment dans la loi de 69, en ce qu’elle suppose de traitement différentiel d’une population. C’est pourquoi tout au long de l’année 2010 ce travail de remise en cause de la loi de 69 a été une ligne directrice de l’action de l’association. En lien avec la FNASAT, notre fédération nationale, et l’UFAT, l’union des associations de Voyageurs, nous avons approché les parlementaires locaux pour que soit posée au niveau des assemblées la question de la suppression de ce texte. Le dossier a trouvé un premier épilogue au tout début de l’année 2011 par un vote négatif de l’assemblée nationale concernant son abolition. Toutefois, ce travail ne sera pas sans résultat car divers groupes de travail ont reçu mission du gouvernement pour proposer une amélioration de la situation législative des Gens du Voyage. Prenons patience et soyons vigilants. Si cette étape était franchie nul doute que les problèmes liés aux assurances, aux comptes en banque, à l’accès au crédit trouveraient plus facilement solution.

₪ Victimes des amalgames et préjugés… Les Gens du Voyage ont manifesté leur désaccord

Manifestation du 4 septembre 2010, Lyon Gens du Voyage, Roms, élus et citoyens, tous unis Contre la politique de haine Communiqué du 1er septembre 2010 « Les Gens du Voyage ont été profondément atteints par les déclarations des ces dernières semaines, les présentant comme des coupables potentiels. Utiliser un incident, aussi grave soit-il, mais isolé pour jeter en pâture toute une communauté ne peut en aucun cas être tolérable ! A présent, nous peuples du voyage - Gitans, Yéniches, Manouches, Roms, Sinté, Voyageurs - déplorons que l’exclusion, le rejet et le racisme que nous subissons en France, soient portés et revendiqués jusqu’aux discours des plus « hautes » sphères. Pendant ce temps, les terrains de Gens du Voyage prévus par la loi ne sont pas réalisés… Pendant ce temps, nous ne pouvons pas, pleinement, accéder à nos droits civiques… Pendant ce temps des lois spécifiques et des pratiques discriminatoires s’appliquent pour les Gens du Voyage… »

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Accompagnement dans la réalisation de projets collectifs Accompagnement à l'activité économique Accueil et Domiciliation

Actions d'Insertion

Accompagnement social lié au logement

Activités de conseil et d'accompagnement de projets d'Habitat

Accompagnement social dans le cadre du RSA

Actions de développement social

Médiation et coordination sociale sur les Aires d'Accueil

Actions d'expertise

Actions de sensibilisation et de formation

Activités du GIE CATHS

Actions culturelles

Animations socio éducatives


Les activités de l'Artag

₪ La domiciliation La procédure de domiciliation permet aux personnes sans domicile stable, en habitat mobile ou précaire, d’avoir une adresse administrative pour faire valoir leurs droits civils, civiques et sociaux. La notion de personne sans domicile stable désigne : toute personne qui ne dispose pas d’une adresse lui permettant de recevoir et de consulter son courrier de façon constante (circulaire N° DGAS/MAS/2008/70 du 25/02/2008 relative à la domiciliation des personnes sans domicile fixe. Source du ministère du logement et de la ville).  Tous droits et démarches sont soumis à la production d’un justificatif de domicile. Sans ce justificatif, les familles ne peuvent faire valoir leurs droits civiques et sociaux comme :      

L’accès aux prestations CAF, RSA, AAH L’accès aux prestations sociales d’assurances vieillesse L’affiliation au régime d’assurance maladie, la CMU complémentaire, L’accès aux prestations d’aide sociale légale de l’Etat ou Département (PCHPrestation Compensation Handicap/ ADPA-Allocation Départementale Personnes Agées) L’accès aux services de pôle emploi L’ouverture d’un compte bancaire

Nous rappelons toutefois, cette année encore, auprès des partenaires et institutionnels, les difficultés du service domiciliation à ne pouvoir satisfaire toutes les demandes, ainsi que les obstacles rencontrés par la communauté des Gens du Voyage à se domicilier sur le département. En effet, trouver un lieu de domiciliation adapté au mode de vie des Gens du Voyage devient de plus en plus difficile. Les associations agréées par le Préfet du Rhône se voient saturées et les CCAS, peu équipés pour gérer la domiciliation de cette communauté. Si les modalités de retrait ou de réexpédition du courrier, auprès des associations agréées, peuvent être plus adaptées au fonctionnement des Voyageurs, les structures n’ont plus la capacité d’absorber les nombreuses demandes. Force est de constater, et ce malgré un travail soutenu, que ce service n’a qu’une reconnaissance sommaire de la part des institutions.

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LE SERVICE DOMICILIATION = 2 agents de domiciliation (Responsable du 647 familles adhérentes service) Cette année le service domiciliation de l’ARTAG a connu une certaine stabilité, non pas en termes de charge de travail, mais plutôt en termes d’inscription puisque l’Association n’a toujours pas pu renouveler les demandes d’élection de domicile. Paradoxalement, et malgré la baisse du nombre de personnes domiciliées, il n’en demeure pas moins que le travail du service s’est amplifié.

Nombre de sorties : 25

Un équilibre entre les sorties et les quelques adhésions enregistrées pour les ayant droits

Un service indispensable ! Comme

l’année précédente, 2010 a été marquée par de nombreuse demandes de

domiciliation. L'ARTAG, qui s’est vue renouveler son agrément d’élection de domicilie, et ce pour 3 ans, n’a toutefois pu réaliser de nouvelles inscriptions (à l’exception des ayants droits des familles déjà inscrites) et ce malgré un certain équilibre entre les entrées et les sorties. L’Artag a donc une liste d’attente de personnes en demande urgente d’une adresse pour laquelle il est impossible de répondre favorablement, pour l’instant. Cependant le volume de courriers à traiter, de passage dans le service, d’appels téléphoniques n’a cessé de s’amplifier. Les sollicitations sont nombreuses en termes de demande d’inscription mais sont également de plus en plus liées à l’ouverture des aires d’accueil sur le département. Les quelques rares adhésions enregistrées relèvent de situations exceptionnelles. Etudiées en lien avec la Direction, celles-ci ont été traitées au cas par cas et accordées

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sur des critères de situations d’urgence (hospitalisation pour maladie grave, décès et rapprochement familial..).

Le service comptabilise à fin 2010, 647 familles. Le nombre de courriers reçus a fortement augmenté (environ 6 200 lettres en plus) Cela s’explique encore pour cette année par un nombre croissant de courriers reçus liés aux dispositifs sociaux (RSA/CAF/ MDR et CCAS) économiques (RSI / URSSAF /création d’entreprise, auto entrepreneur..) prévention santé, mutuelles…mais aussi aux enfants grandissant qui reçoivent à leur tour leur correspondance.

Nombre de courriers reçus : 59.801 (+10,78 %)

Nombre de courriers réexpédies : 5.814 (- 8%)

Environ 500 lettres en moins réexpédiées

Moins de réexpédition mais beaucoup plus de passage dans le service.

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₪ La domiciliation : un service primordial Les demandes d’une adresse de domiciliation sont toujours en constante augmentation pour bénéficier de l’accès aux droits. Cependant la recrudescence des demandes est souvent générée, d’une part, par l’ouverture des aires d’accueil, (5 en plus sur 2010 : Lyon 9ème, St-Genis-Laval, Bron, Grigny et Neuville et 2 sont prévues en 2011) et les familles stationnant pour plusieurs mois souhaitent avoir leur adresse à l’ARTAG, et d’autre part par les sollicitations émanent de personnes souhaitant un retour sur le département pour rapprochement familial ou raison économique. Le nombre de passages dans le service pour, entre autres, faire cette demande a continué d’augmenter (451 personnes en plus sont passées cette année dans le service). Un constat : les usagers, ne viennent plus seulement pour retirer leur courrier ou renouveler leur adhésion, mais aussi pour demander une élection de domicilie, une aide, prendre un rendez-vous, se faire orienter vers les services adéquats. De plus, les agents de domiciliation doivent aussi accueillir les personnes nouvelles arrivant sur le département, non connues du service, mais pour lesquelles un accueil est nécessaire afin d’analyser et comprendre la situation, et orienter vers les acteurs compétents.

Nombre de personnes reçues : 5.180 (+ 8,70 %)

Malgré la présence des 2 agents, l’accueil téléphonique est souvent saturé : les appels sont toujours aussi nombreux : les motifs d’appels sont désormais divers. La majorité appelle pour le courrier mais aussi, et de plus en plus, pour des demandes liées aux emplacements sur les aires et/ou pour un accompagnement de proximité, un renseignement.

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Les personnes stationnant sur les aires sollicitent l’agent de domiciliation soit en téléphonant, soit en passant directement au service.  De nouvelles aires, une équipe qui s’agrandit, et plus d’usagers adhérents, ou non, font que ce service est le lieu où toutes les demandes et réclamations transitent. Il est aussi à noter que les demandes d’intervention d’un agent de développement ou d’un chargé de mission, se sont accentuées. Les personnes suivies, ou non, par l’Artag, sollicitent le service pour traiter des problèmes sociaux récurrents souvent liés aux difficultés inhérentes à l’habitat, à la scolarisation, ou bien encore au registre du commerce. L’agent de domiciliation est amené, en dehors du traitement du courrier, à répondre aux nombreuses questions liées à ces thématiques. Il apporte également, entres autres, les réponses liées au contrat d’insertion, à expliciter les obligations à tenir au regard du RSA, à faire le relais auprès des référents de l’ARTAG (l’ARTAG est missionnée pour le suivi de 310 bénéficiaires dans ce cadre-là). C’est pourquoi ce service se doit d’être doté de deux agents pour proposer un accueil de qualité aux usagers et aux partenaires, et être en adéquation avec l’équipe avec laquelle ils travaillent en lien direct.  C’est pourquoi l’ARTAG envisage pour 2011 une restructuration de ce service en termes de moyens humains et matériels.

2010 des changements positifs :

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L’embauche d’un deuxième agent de domiciliation a fortement soulagé le service (pour rappel l’agent de domiciliation responsable du service ne peut, à lui seul, absorber la charge de travail qui ne cesse d’augmenter tous les ans). Cependant, faute de financements, l’Artag se voit toujours contrainte d’embaucher des personnes en fonction de sa trésorerie et à ce jour n’a pas de solution pérenne. Il devient plus que nécessaire aujourd’hui d’envisager une embauche stable et durable pour le bon fonctionnement du service d’une part, et pour d’autre part que celui-ci se révèle de qualité pour les usagers.

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De nouveaux locaux : l’Artag a déménagé en juillet 2010 et a investi de nouveaux locaux plus appropriés à son fonctionnement.

* un espace de bureau spécifique au service avec un nouvel aménagement pour le courrier devrait être conçu en 2011, et si le financement demandé est octroyé, le service pourra investir dans un logiciel spécifique à la domiciliation. Cela permettra un travail plus efficient. * une nouvelle adresse : au-delà d’un espace d’accueil plus adéquat, ce changement va avoir une conséquence directe pour les Voyageurs qui vont se voir doter en 2011 d’une adresse postale (Cf. nouvelle adresse de l’Artag) et non plus d’une Boite Postale. Ce changement leur facilitera certaines demandes, comme avoir

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une carte d’identité, prendre une assurance, demandes parfois refusées faute d’une adresse identifiable. -

Un logiciel spécifique au traitement de la domiciliation : si l’ARTAG peut investir en 2011 dans ce logiciel, le travail informatisé sera un avantage non négligeable pour les agents mais aussi pour les usagers qui se verront apporter des réponses beaucoup plus rapidement.

₪ La domiciliation : une fonction d’information et de médiation Le service domiciliation est en lien direct avec les personnes et fait office de médiateur avec les institutions. L’ARTAG se trouve toujours dans l’obligation de refuser de nouvelles domiciliations. L’agent de domiciliation a été directement confronté à ces demandes et a dû argumenter ce refus, orienter les personnes vers les CCAS, CIAS ou autres organismes agréés. Mais les conditions d’une domiciliation dans ces structures ne sont pas en adéquation avec le mode de vie des Voyageurs, surtout pour ceux qui sont itinérants. En effet, dans certains CCAS il y a obligation de récupérer son courrier au moins deux fois par mois et la réexpédition du courrier n’est pas assurée. De plus certains organismes refusent de domicilier des personnes car celles-ci ne justifient pas d’assez de lien avec la commune, d’où l’émergence de toutes ces demandes auprès d’associations comme l’ARTAG. Outre la fonction postale, la domiciliation joue deux rôles importants dans le rapport entre la communauté des Gens du Voyage et ce qu’on appelle communément le droit commun. L’agent de domiciliation, issu de la communauté des Gens du Voyage, qui gère maintenant le service depuis 10 ans, a renforcé le lien et assuré une relation de confiance entre l’association et les Voyageurs.

 Une fonction d’information et de retranscription : Il arrive très souvent que l’agent de domiciliation soit amené à lire, à expliciter le courrier à l’usager, à l’orienter vers d’autres structures si nécessaire, à prendre un rendez vous pour lui. Dans cette fonction d’information, l’agent de domiciliation est amené à vulgariser les courriers institutionnels pour un certain nombre de personnes qui sont souvent illettrées. Cette relation-là demeure importante pour les Gens du Voyage qui se sentent dans ce service accueillis et compris. Ce rôle d’information se joue aussi auprès des partenaires car la domiciliation est un lieu de recueil de la réalité quotidienne dont les acteurs institutionnels sont parfois éloignés.  Une fonction de médiation : C’est par ce biais que les Voyageurs informent de leurs difficultés quotidiennes, ou de leurs besoins. En effet, lors d’incompréhension entre les Voyageurs et la société majoritaire, lors de situations de conflit avec les administrations ou les collectivités, l’agent de domiciliation est amené à interpréter la demande et à la retranscrire.

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Très souvent ces difficultés sont d’abord liées à l’incompréhension par les Voyageurs des fonctionnements institutionnels et/ou inversement à la méconnaissance de la culture des Gens du Voyage.  Le rôle de l’agent de domiciliation sera alors d’avoir cette fonction de médiateur-facilitateur entre les structures institutionnelles et les Voyageurs, et de faire remonter à sa direction et/ou à l’équipe la situation conflictuelle recueillie. Cependant l’ARTAG met l’accent sur sa fonction à rendre les usagers autonomes et ce dans la mesure du possible ; l’ARTAG s’emploie à être une passerelle entre les personnes et la société, à former, informer et ne pas faire à la place de...

Le travail du service domiciliation est décliné en plusieurs phases :

₪ Le courrier :  Prise du courrier tous les matins à la boîte postale (en 2011 le courrier sera remis et collecté directement au bureau de l’association)  Tri du courrier (en moyenne 200 à 250 lettres par jour avec des pics pouvant aller jusqu’à 500, voir 600 lettres), enregistrement, classement. Quotidiennement, en fin de journée l’agent de domiciliation assure la gestion des courriers qui seront réexpédiés à l’adresse indiquée par le Voyageur.

₪ Le travail administratif :    

Les liens avec les structures et administrations concernées (CAF, MDR, CCAS, Gestionnaires des aires d’accueil). La gestion des adhésions (prise des adhésions, saisie et relais à la comptabilité). La gestion des prises de rendez-vous auprès des agents de l’ARTAG. La retransmission des messages.

Les demandes émanant des services sociaux, des institutions administratives et d’associations partenaires, amènent également les agents de domiciliation à traiter ces demandes. Il peut s’agir d’adresser des attestations de domicile, de faire des courriers, de faire le lien entre les acteurs et les Voyageurs…

₪ L’accueil et l’orientation (téléphonique et physique) : L’accueil tient une place importante dans ce service car nombre de personnes téléphonent et/ou passent à l’ARTAG, non seulement pour récupérer leur courrier, mais viennent aussi pour des demandes très diversifiées :  la personne demande si elle a du courrier et quelle en est la provenance,  elle appelle pour indiquer le lieu où envoyer son courrier,  elle appelle pour obtenir des renseignements ou pour être mise en relation avec un membre de l’équipe,  elle souhaite laisser un message à un référent,

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 elle sollicite un rendez-vous (papiers à remplir, contrats d’insertion, etc.)  elle demande des renseignements notamment liés à l’habitat, aux terrains, aux stationnements sur les aires d’accueil mais aussi, et de plus en plus, elle sollicite des explications quant au suivi de leur création d’entreprise et des dispositifs ou règlementation qu’elle a du mal à maîtriser. La réception des appels téléphoniques des Voyageurs : le flux des appels varie selon les périodes mais on peut comptabiliser sur certaines journées environ une centaine d’appels, voire plus. Nous rappelons ici que les agents de domiciliation relèvent très régulièrement les messages laissés sur le répondeur téléphonique et que ceux-ci sont traités, et/ou transmis dans les plus brefs délais. Pour conclure, le service domiciliation n’est plus depuis quelques années, seulement un service de boîte postale et de traitement du courrier, mais bien un service à part entière qui remplit plusieurs fonctions :    

une fonction technique et administrative. une fonction d’accueil, de renseignement et d’orientation, de transmission. une fonction de médiation. Une fonction parfois d’écrivain public.

Ce service est bien identifié non seulement par les Voyageurs de la région, mais aussi par ceux qui transitent dans le département et qui ont entendu parler du service de l’association. Ce lieu demeure plus que jamais un lieu de pacification des relations entre le droit commun et leur communauté.

₪ Rappel des règles de domiciliation :      

Avoir 18 ans Fournir un justificatif d’identité valide (carnet de circulation, carte d’identité Fournir une attestation de radiation de l’ancienne adresse Si le bénéficiaire a déjà des droits ouverts fournir une attestation CAF S’acquitter de l’adhésion annuelle de 25 €uros Si la réexpédition du courrier est souhaitée, il sera alors demandé une participation de 35 €uros pour les frais d’envoi, ce qui porte l’adhésion annuelle à 60 €uros.

Nouvelle adresse de l’Artag pour les partenaires et les Voyageurs : CS 70027- 185 rue Jean Voillot – 69100 VILLEURBANNE Les horaires d'ouverture du Bureau :  Les lundis après midi de 14H00 à 17H00  Du mardi au jeudi de 9H00 à 12H00 / de 14H00 à 17H00 les vendredis matin de 9H00 à 12H00. La ligne téléphonique Voyageurs 04.72.04.16.80 :  du lundi au jeudi de 14H00 à 16H30

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Les activités de l'Artag

₪ L'accompagnement social INTRODUCTION L’Artag intervient auprès des familles issues de la communauté des Gens du Voyage sur diverses thématiques, ce qui permet un accompagnement social global de la personne. L’accompagnement effectué auprès de ce public spécifique prend en compte à la fois le lieu d’habitation des personnes et le statut social et professionnel. L’accompagnement proposé par l’ARTAG s’adresse principalement aux personnes itinérantes ayant élu domicile à l’Artag (ce sont des personnes ne stationnant pas sur un terrain de manière pérenne et qui par conséquent ne peuvent pas utiliser ce lieu de stationnement comme adresse stable donc comme élection de domicile. Elles sont ainsi contraintes de trouver une adresse administrative afin d’ouvrir ou de maintenir leurs droits civiques et sociaux) ou au sein d’une autre association ou CCAS. Cet accompagnement s’adresse aussi aux personnes vivant sur des terrains sédentaires (terrain familial privé, terrain communal de type familial, terrain communal de type habitat adapté). Dans le domaine professionnel, nous suivons principalement des personnes ayant une activité indépendante, mais aussi des personnes en recherche d’un emploi salarié. Notre intervention d’accompagnement est adaptée en fonction de la situation sociale de la personne. Elle concerne les ménages bénéficiaires du RSA que nous accompagnons en tant que référent (comme le prévoit la convention signée avec le Conseil Général) mais aussi les personnes percevant d’autres minimas sociaux (AAH, pension de retraite...). Le suivi des bénéficiaires du RSA est réalisé par les 7 agents de développement, qui ont aussi comme mission la médiation et coordination sociale sur les aires d’accueil. En 2010, un nouvel agent de développement a été embauché et un nouveau secteur a été créé. Nous intervenons selon un découpage géographique composé de 7 secteurs à l’échelle du département. Ce découpage n’est pas exhaustif, il correspond à la photographie de notre intervention sur 2010, qui ne reflète qu’une partie de la réalité du nombre de terrains existant sur le Rhône. Le découpage des secteurs tente de prendre en compte à la fois le nombre de familles résidant sur les terrains et la cohérence des territoires au niveau de l’insertion sociale. Comme chaque année, notre intervention se réajuste en fonction des demandes et des réalités géographiques correspondantes. Deux agents de développement interviennent parfois sur la même commune car, dans la répartition des tâches liées aux deux missions, l’un intervient sur le terrain sédentaire et l’autre sur l’aire d’accueil.  Nous intervenons de Taluyers à St Jean d’Ardière en balayant aussi tout le Sud-Est de l’agglomération lyonnaise. L’intervention sur ces secteurs

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est réalisée par les Agents de Développement, avec l’appui des 4 Chargés de missions.  LISTE DES PERMANENCES :

Permanences extérieures (uniquement sur rendez-vous) :   

MERCREDI matin (9h – 12h) : MDR de GIVORS JEUDI après-midi (14h – 17h) : CCAS de MIONS JEUDI après-midi (14h -17h) : Maison de l’Emploi de FEYZIN

Permanences dans les locaux de l’ARTAG (uniquement sur rendez-vous) :  

LUNDI après-midi MARDI, MERCREDI, JEUDI : matin et après-midi VENDREDI matin

Pour effectuer l’accompagnement des bénéficiaires du RSA, l’ARTAG propose des permanences dans les locaux de l’association mais aussi dans les lieux d’accueil de public comme les Maisons Départemental du Rhône (Conseil Général) ou les CCAS. Les agents référents se déplacent aussi sur le terrain dans le cadre de visites à domicile (aires d’accueil, habitats adaptés, terrains privés).

L’accompagnement social dans le cadre de la convention RSA Dans les missions des agents de développement, nous retrouvons la transversalité de l’accompagnement social. Cet accompagnement varie en fonction des situations : il peut être social, professionnel ou socio professionnel et peut évoluer de l’un à l’autre aux différents stades de l’insertion de la personne. Cet accompagnement, adapté aux besoins de chaque bénéficiaire, est réalisé par un référent unique, qui d’une part, accompagne le bénéficiaire dans ses démarches et son projet d’insertion, et d’autre part, élabore et rédige avec la personne un contrat d’insertion. L’ARTAG a signé une convention avec le conseil général pour être référent RSA pour « le public spécifique » des Gens du Voyage. L’ARTAG est donc conventionnée dans le cadre de la référence RSA pour 310 dossiers dont 20 RSA/PLIE. Au cours de l’année 2010, nous avons accompagné au total 339 bénéficiaires du RSA, ce chiffre dépasse les 310 dossiers pour lesquels nous sommes conventionnés puisqu’il inclut les entrées /sorties effectuées au cours de l’année 2010. En ce qui concerne chaque dossier RSA affecté à l’Artag par le Conseil Général, une évaluation globale et un diagnostic sont systématiquement établis, ce qui permet de faire le point avec les bénéficiaires sur leur situation, et notamment sur :  leur rapport au voyage : déplacement nationaux, régionaux ou locaux  l’état de l’habitat : caravane, mobil home, appartements ou maisons  la santé : vérification de l’ouverture des droits à la CMU (base et complémentaire), demande de reconnaissance de travailleur handicapé, demande

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ou renouvellement de la prise en charge à 100 %... l’endettement ou le surendettement : état des dettes, des crédits le niveau d’étude : illettrisme (notion ou lettré), diplômes. l’expérience professionnelle, le savoir faire, l’élaboration du projet. la scolarisation des enfants (orientation vers les écoles à proximité du lieu de stationnement, aide à l’inscription au CNED) Le référent répond aux problématiques socio professionnelle et apporte un premier niveau de réponses aux questions d’ordre social du bénéficiaire. Ce travail consiste à vérifier l’ouverture de l’ensemble des droits des personnes reçues. Nous sommes également sollicités pour des interruptions de droits comme les suspensions pour contrôle de ressources pour les travailleurs indépendants, pour les personnes qui n’ont pas renvoyé leur déclaration trimestrielle de ressources ou pour les personnes en interruption de droit du fait de leur difficulté à gérer le courrier en fonction du voyage et/ou de leur illettrisme. Ces actions nécessitent de nombreux contacts avec des partenaires comme entre autre la CAF, le Conseil Général, la CPAM ou encore le RSI.    

Dans le cadre de l’accompagnement des familles, le référent peut solliciter des aides financières par le biais des fonds spécifiques mis en place par le département tels que le Fond d’Aide au Logement (FAL) ou au Fond d’Aide à l’Insertion (FAI). Les demandes se font lors d’un entretien avec le demandeur et par l’intermédiaire d’un formulaire spécifique édité par le Conseil Général qui étudie ensuite la demande et décide, en fonction des ressources et de la situation, de donner suite ou non. La CAF propose, elle aussi, un secours sous forme de prêt, pour financer des appareils électro ménager de première nécessité (réfrigérateur, machine à laver…). Les agents de développement de l’ARTAG peuvent accompagner les bénéficiaires pour remplir la demande. Ces prêts sont l’occasion, pour les personnes qui en bénéficient, de les aider à renouveler régulièrement leur équipement ménager qui s’use plus rapidement du fait d’être entreposé à l’extérieur. Remarque : Nous avons constaté que depuis l’entrée en vigueur du RSA, certaines nouvelles demandes de référence à l’ARTAG pour des couples sont des demandes de suivis individuels. Nous faisons donc deux accompagnements et procédons à l’élaboration de deux contrats d’insertion distincts.

THEMATIQUES TRANSVERSALES : L’accompagnement social des bénéficiaires du RSA nous conduit en tant que référent à intervenir autour de diverses thématiques telles qu’entre autre la santé (l’accès aux soins), la gestion administrative et l’accès/maintien des droits.

₪ La santé  La Couverture Maladie Universelle de base et complémentaire Depuis le 1er juin 2009, avec la mise en place du RSA, une réforme des droits dits connexes (droit à la CMU par exemple) a vu le jour. Jusque là conditionnés au statut de bénéficiaire de minima sociaux, leur attribution se fait, dès lors, sur la base des ressources des familles. Il y a ainsi une dissociation entre les droits attribués et le statut. Les agents de développement interviennent pour l’ouverture des droits à la CMU (si cela n’a pas déjà été fait lors de l’instruction) et pour le renouvellement (aide à la rédaction du dossier).

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Dans le cadre du suivi des familles, et de part leurs activités professionnelles, l’accompagnement social au niveau de la santé nous amène à être en lien avec trois caisses d’assurances maladie :  la CPAM (Régime Général)  la RSI (Régime Social des Indépendants)  la MSA (Mutuelle Sociale Agricole) Outre les renouvellements de droit à la CMU/C, qui se font auprès de ces mêmes organismes, notre action consiste à se mettre en lien avec ces derniers, à aider les personnes à consulter leurs remboursements de soins et demander divers documents (attestations, carte vitale, relevés de situation…). Pour les travailleurs indépendants cotisants au RSI, nous apportons une aide dans le suivi de la gestion de l’entreprise, des explications concernant l’acquittement des cotisations trimestrielles (retraite, vieillesse, maladie)…  L’accès aux mutuelles Pour les personnes ne bénéficiant pas de la CMU/C, nous les orientons vers les mutuelles soit pour mettre en place l’aide à la mutualisation proposée par la sécurité sociale soit pour adhérer directement à une mutuelle sans aide financière particulière. Pour conseiller au mieux les familles, nous comparons des devis en fonction des demandes et besoins des personnes, en termes de soins, de leur âge et de leurs ressources.  Le rattachement de conjoint et des enfants à la caisse d’assurance maladie Il est possible, pour les ayants droits d’un assuré, de demander un rattachement pour le bénéfice de l’assurance maladie et maternité à la même caisse ou organisme. Ce rattachement est possible pour les conjoints n’exerçant pas ou ayant cessé d’exercer une activité professionnelle, n’étant pas indemnisé par les Assedic ou ayant cessé de bénéficier de leur précédent régime d’assurance maladie.

₪ Gestion administrative et accès/maintien aux droits Nous constatons que certaines familles méconnaissent leurs droits. Ainsi, nous vérifions systématiquement si les droits sont ouverts. Nous aidons à rassembler les documents demandés par l’administration (extrait acte de naissance par exemple ou encore certificat de scolarité) et nous accompagnons les familles dans leurs démarches d’accès ou de maintien des droits. Nous intervenons autour de l’accès à la santé (cmu et cmu-c…), l’accès à la justice (aide juridictionnelle, conseil avocat gratuit…), l’accès aux prestations sociales (AAH, PCH, RSA, allocations familiales, prêt caravane…), l’aide dans les démarches administratives (carte grise, livret ou carnet de circulation…). Les familles en situation d’illettrisme nous sollicitent pour les aider à remplir divers documents tels que la déclaration de ressources trimestrielle demandée par la CAF. Très souvent, nous constatons des suspensions de RSA liées au non envoi de cette déclaration. Nous sommes aussi très souvent sollicitées pour lire et expliquer le sens des courriers administratifs qui restent, pour certaines familles, non compris. Nous les aidons aussi à transmettre la bonne information à la CAF lorsque il y a un changement de situation notamment en termes de composition familiale. Pour cela nous consacrons du temps à aider la famille à trier les documents administratifs et à les classer le mieux possible. Il n’est pas rare de voir des familles ayant jeté des documents importants (avis d’imposition) et avoir conservé d’autres inutiles. Il nous faut alors les accompagner pour

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réobtenir les documents. Nous aidons aussi les familles à saisir les commissions de recours (tel que la commission de recours amiable) de la CAF lorsque cela est opportun.

₪ Personnes âgées / Personnes handicapées Notre mission de médiation et coordination sociale sur les aires d’accueil nous permet de constater l’émergence de nouvelles demandes de la part des personnes vieillissantes. Dans la culture des Gens du Voyage, les personnes âgées ont une place importante, et lorsqu’elles voyagent, il n’est pas rare que nous retrouvions sur les aires tout le groupe familial à savoir parents/enfants/grands-parents. Cependant, nous remarquons aujourd’hui que certaines personnes âgées se retrouvent sur les aires sans leurs enfants, à proximité ou avec les enfants qui viennent stationner auprès d’eux à tour de rôle. Pour autant, les personnes âgées «du voyage» peuvent être confrontées aux mêmes difficultés que celles des personnes âgées «sédentaires» à savoir la perte d’autonomie, des difficultés de santé, de faibles revenus et parfois même l’isolement… Cependant, les conditions d’habitat soulèvent des difficultés plus spécifiques. Tout d’abord parce que l’habitat caravane peut être ancien, voir même vétuste. Puis, lorsque les personnes ont des problèmes de mobilité, les déplacements à l’intérieur de leur habitation sont peu commodes, ce qui reste vrai aussi dans le cas de déplacements vers l’extérieur de la caravane (par exemple : le fait de devoir descendre de sa caravane pour rejoindre son bloc sanitaire). Ainsi, nous rencontrons régulièrement des personnes âgées qui ne quittent pas ou très peu leur habitat. Il en est de même concernant l’aménagement de l’espace intérieur, lorsqu’une personne souhaite une hospitalisation à domicile ou en cas de forte dépendance. Enfin, sur certains territoires, l’intervention de personnel soignant à domicile (médecins, services infirmiers à domicile, kinésithérapeutes) reste très complexe. Nous avons accompagné plusieurs ménages, qui suite à des hospitalisations, devaient bénéficier de soins à domicile. Souvent les recherches se sont avérées compliquées car les médecins et kinésithérapeutes se déplacent de moins en moins. Il faut également souligner que la mise en place de ses soins à domicile pour les personnes itinérantes devient difficile lorsqu’il faut changer de lieu de vie tous les 6 ou 9 mois. Par ailleurs, nous notons que la mise en place de dispositif tel que l’Allocation Personnalisée à l’Autonomie (APA) reste confuse dans le cas des personnes itinérantes. Tout d’abord, les Gens du Voyage possèdent en général une élection de domicile qui est différente du lieu de vie (lieu de stationnement). Cependant, l’APA est un dispositif géré par le Conseil général. Les demandes sont donc établies auprès des MDR du lieu de vie. Ainsi nous avons été confrontés à des interrogations de certaines MDR pour savoir s’il fallait instruire le dossier auprès de la MDR du lieu où se trouve l’élection de domicile ou auprès de celle où se trouve le lieu de vie. Il nous semble plus cohérent que ces demandes soient gérées par les MDR des communes de stationnement au même titre que pour les orientations que l’on peut être amené à faire pour des aides financières. Ensuite, les délais de traitement de ces dossiers sont souvent longs (plusieurs mois) entre le moment où le dossier est envoyé et celui où la MDR reprend contact avec la famille pour fixer le rendez-vous pour la visite à domicile. Il arrive que les familles aient déjà quitté l’aire de stationnement. Pour ces cas, si cela est possible, nous faisons le relais auprès des travailleurs sociaux. Néanmoins, dès que les familles changent de département, cela devient plus difficile (mutation du dossier qui induit de nouveaux délais de traitement).

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La pension retraite:

Nous sommes interpellés par des personnes retraitées bénéficiaires d’une pension retraite accordée par la CRAM (Caisse Régionale d’Assurance Maladie), le RSI (Régime Social des Indépendants) ou encore la CDC (Caisse des Dépôts et de Consignation). Dans le cadre de l’accès à la pension retraite, nous orientions ou accompagnons physiquement la personne dans ses démarches. Pour cela, nous l’aidons à rassembler l’ensemble des documents administratifs utiles, lors de la rencontre avec le conseiller CRAM ou encore le travailleur social du CCAS, par exemple. Concernant les travailleurs indépendants que nous suivons dans le cadre du RSA, lors du passage à la pension retraite, nous traitons en direct le dossier retraite avec le RSI. Il arrive fréquemment que des personnes aient peu cotisé et n’ont donc aucune ouverture de droit au RSI. Aussi, suite à la notification de rejet du RSI, ils obtiennent un droit à l’Allocation de Solidarité aux Personnes Agées (ASPA). Concernant le maintien de la pension de retraite, il faut savoir que les caisses de retraite envoie un questionnaire annuel pour vérifier un éventuel changement de situation (adresse, numéro de compte…). Dans le cas où la personne ne retourne pas ce document, les droits sont suspendus. C’est pourquoi, il nous est arrivé d’intervenir soit en amont, afin d’aider les personnes à compléter ce questionnaire, soit suite à une suspension de droits pour régulariser la situation en lien avec la caisse de retraite. 

Accès à la santé :

Nous pouvons rappeler ici que les bénéficiaires de l’Allocation Adultes Handicapés et les personnes retraitées n’ouvrent pas de droit à la CMU/C car leurs ressources dépassent le plafond. Or, ces personnes ont particulièrement besoin d’une couverture santé du fait d’un suivi médical. Ainsi en 2010, nous avons accompagné les personnes âgées et personnes handicapées dans leurs démarches d’adhésion à la mutuelle. Nous les avons aussi aidées à faire des démarches auprès de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie pour des aides à la complémentaire santé (aide à la mutualisation).

₪ Travail en partenariat Notre intervention auprès des familles doit permettre une mise en lien avec les acteurs locaux. Nous orientons les personnes vers nos partenaires en fonction de leur lieu de résidence ou de stationnement afin de respecter leur ancrage territorial. Nous travaillons en partenariat avec différentes structures :  MDR (Maisons du Rhône)  MDPH (Maisons Départementales des Personnes Handicapées)  CCAS (Centres Communaux d’Action Sociale)  CAF (Caisse d’allocation Familiale)  CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie)  CRAM (Caisse Régionale d’Assurance Maladie)  Différents réseaux d’entraides caritatifs : Secours Populaire, Resto du Cœur, Secours Catholique…  Maison du Droit et de la Justice  Centres sociaux et centres de Loisirs (…) Pour un grand nombre de situations, il nous parait important de travailler en partenariat. Il nous arrive d’accompagner physiquement la personne, puisque nous constatons que certaines familles ne font pas la démarche d’utiliser les services de droit commun ; soit par méconnaissance, soit suite à une mauvaise expérience.

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De plus, les spécificités de ces familles restent souvent méconnues et nous intervenons souvent auprès des acteurs locaux afin de leur apporter un appui technique.

CONCLUSION En ce qui concerne l’accompagnement des personnes hors convention RSA, l’intervention de l’Artag s’est modifiée peu à peu, et ce depuis 2009. En effet, l’ARTAG a supprimé les deux permanences sociales du fait d’un surcroît d'activités. Néanmoins, nous maintenons cette activité afin de prendre en compte les besoins et demandes de ces familles. Aujourd’hui, pour l’ARTAG et pour les Gens du Voyage nécessitant ce type d’accompagnement, cela nécessiterait une reconnaissance de cette action par les pouvoirs publics pour permettre un accès ou un maintien des droits de l’ensemble de la communauté des GDV et par ailleurs, cela permettrait d’améliorer le lien fonctionnel entre la communauté des Gens du Voyage, les institutions sociales et les administrations. Nous pouvons constater que nous continuons de recevoir et d’accompagner des personnes hors convention RSA et hors mission de médiation sur les aires d’accueil. Ce nombre reste élevé, malgré le fait que nous ne soyons pas financés, puisque nous avons pu comptabiliser 113 ménages accompagnés au cours de l’année 2010. A cela peut s’ajouter l’ensemble des interventions dépassant le cadre de la mission de médiation. Il s’agit de personnes âgées, de personnes bénéficiaires de l’AAH, d’anciens bénéficiaires du RSA suivis par l’ARTAG, de familles sédentarisées faisant appel à l’ARTAG pour des questions spécifiques ou encore de personnes rencontrées sur une aire d’accueil n’ayant pas de référent social. Du fait de notre mission de médiation sur les aires d’accueil, qui nous permet d’aller à la rencontre des familles et de répondre à une demande, il arrive que les familles nous sollicitent même après leur départ. L’intervention de l’ARTAG au niveau de la référence RSA se poursuit et a été axée cette année plus particulièrement sur les itinérants. Néanmoins, nous constatons que la réorientation des ménages sédentaires vers des suivis effectués par les acteurs locaux n’est pas aussi automatique et efficiente que l’on pourrait le constater. L’intervention de l’ARTAG reste encore présente pour nombre de ces dossiers. Cela pose la question de la spécificité du public, qui ne serait alors peut-être pas liée seulement au mode de vie itinérant, mais aussi au lien réciproque entre les administrations et la communauté des Gens du Voyage. Bien que l’accès aux droits soit parfois difficile du fait de la non prise en compte de l’itinérance des personnes ou encore de la législation spécifique à cette communauté (adresse postale, carnet de circulation, habitat mobile), la tradition de l’oralité, encore palpable chez les Gens du Voyage, peut être aussi un frein à cet accès aux droits et nécessite la mise en place d’un accompagnement spécifique.

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Les activités de l'Artag

₪ La médiation et la coordination sociale des aires d'accueil INTRODUCTION : Le Schéma Départemental d’accueil des Gens du Voyage du Rhône est un document qui fait état des besoins en matière de stationnement des familles du Voyage itinérantes et qui prévoit ainsi la réalisation de plusieurs lieux de stationnement que l’on nomme « aire d’accueil. » Aire d’accueil de Bron, 20 places

L’ARTAG est présent aux 2 niveaux du schéma départemental :

Ces aires d’accueil sont de 3 types :   

et le suivi du Schéma Départemental, avant la réalisation effective des aires d’accueil, en siégeant dans les différentes instances techniques et politiques.

la coordination sociale, une fois l’aire d’accueil ouverte.

Les aires d’accueil de séjour (9 mois maximum) Les aires d’accueil de passage (6 mois maximum) Les aires de grand passage, destinés aux grands rassemblements (à partir de 100 caravanes / 1 mois maximum)

Les aires d’accueil de séjour et de passage sont équipées d’emplacements individuels (en nombre variable selon la capacité d’accueil), composées de sanitaires collectifs ou individuels et d’un accès individuel à l’eau et à l’électricité. On trouve également sur ces aires un local technique destiné au gestionnaire locatif. Les ménages présents sur ces aires doivent s’acquitter d’une redevance journalière équivalente à 3 € par emplacement et de leurs consommations en eau et électricité. Les montants au KW et au m3 peuvent varier selon les communes.

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La mise en œuvre et le suivi du schéma départemental Publié en juin 2003, le Schéma Départemental d’accueil des Gens du Voyage du Rhône prévoit la réalisation de 704 places de stationnement (soit 352 emplacements) ce qui prévoit l’implication de 40 communes du département. Des regroupements de communes ayant été effectués en vue de la réalisation de ces aires, le nombre de création d’aires d’accueil net est ramené à 33. Si l’on comprend bien les enjeux financiers pour les communes, on peut néanmoins s’interroger sur la pertinence sociale et locative de ces aires regroupées : en effet, ces dernières se trouvent être, de fait, les aires les plus grandes et par conséquent potentiellement les plus difficiles à gérer.  A l’heure actuelle, on note encore que le nombre d’aires d’accueil ouvertes à la fin 2010 reste insuffisant par rapport aux besoins estimés dans le cadre du schéma départemental. En effet, après une période calme de juin à août, on note un taux de remplissage proche de 100%.

Aire d’accueil de Grigny, 10 places

 En 2010, on dénombre

donc 22 aires d’accueil ouvertes sur le territoire du Rhône, soit 488 places (environ 70% du nombre d’aires prévues)

Aire d’accueil de Bron, 20 places

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Aires D'accueil – Rhône [2006-2010] Année

Communes

Places

Type de terrain

2006

Rillieux

20

passage

St Priest

16

séjour

Vénissieux Lyon/Feyzin

20 52

séjour séjour

Craponne Francheville/St Foy

10 20

passage passage

Genas

16

séjour

Caluire

16

séjour

Dardilly Vaulx/Villleurbanne

16 46

séjour passage

St Jean d'Ardières/ Belleville

26

passage

Brignais/Chaponost

40

passage

Brindas Meyzieu

20 16

passage séjour

St Bonnet de Mure

36

passage

Chassieu

26

passage

Tarare/ St Marcel l'Eclairé

20

passage

Saint-Genis-Laval

16

passage

Grigny

10

séjour

Bron Neuville

20 16

séjour passage

Lyon 9

10

passage

28 communes soit 22 aires

488

2007

2008

2009

2010

Sous total

Programmation prévisionnelle Aires d'accueil – Rhône Année

2011

sous total

Total

Communes

Places

Type de terrain

Ecully Corbas Arnas L'Arbresle L'Arbresle 33 communes soit 27 Aires d’Accueil Oullins Lyon 8/3 St Symphorien d'Ozon St Romain en Gal St Georges de Reinens

16 10 36 16 26

passage séjour séjour/passage séjour passage

592 16 26 15 26 16

passage passage passage passage passage

Givors

20

passage

40 communes soit 33 Aires d’Accueil

711

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La poursuite de l’ouverture des aires d’accueil depuis 2006 a permis de réduire de manière significative les stationnements illicites puisqu’une partie des ménages qui circulaient dans l’agglomération à la recherche d’un lieu d’habitat stable ont trouvé dans les aires d’accueil une solution provisoire à leur problème de stationnement. En effet, sur les communes pourvues d’aire d’accueil, on note un respect mutuel du cadre législatif qui n’implique quasiment plus de stationnements illicites sur ces dernières. Contrairement aux années passées, nous sommes que très peu intervenus dans des actions de médiation, sur des communes dépourvues d’aires d’accueil, ayant pour but la résolution des conflits par la mise en relation et le dialogue entre la commune et les Voyageurs.  Dans le cadre d’une convention signée avec le Conseil Général et l’Etat, nous accompagnons donc la mise en œuvre du schéma départemental sur le Grand Lyon mais aussi sur l’arrondissement de Villefranche-sur-Saône, de la Vallée du Garon, de la Vallée du Lyonnais, de la communauté de communes de l’Est lyonnais, du Pays Mornantais et du Pays de l’Arbresle. Notre action vise ici :  A soutenir la réalisation d’aires d’accueil adaptées aux besoins des Gens du Voyage dans le but d’apporter une réponse en matière de stationnement et d’habitat cohérente.  A aider les collectivités locales à comprendre les enjeux liés à l’ouverture des aires d’accueil, en leur apportant un appui social et technique. Ainsi, nous sommes présents dans les instances techniques et politiques de définition et de réalisation des aires d’accueil. En 2010, nous avons participé au niveau communal, aux comités de pilotage locaux qui permettent le suivi des travaux de la réalisation de l’aire d’accueil.  En 2010, l’ARTAG est intervenue auprès de 28 communes en participant aux comités de suivi.  Par ailleurs, l’action de l’ARTAG à destination des itinérants particulièrement menée par plusieurs personnes ressources :

est

L’agent de domiciliation qui est au contact direct et quotidien avec les itinérants qui viennent chercher leur courrier. Les Voyageurs peuvent ainsi, à son contact, avoir différents types d’informations. L’agent de domiciliation est également la personne relai pour l’orientation des familles vers les salariés de l’ARTAG compétents en matière d’action sociale, de scolarisation et d’habitat notamment. Les agents de développement, référents RSA des « grands Voyageurs » qui informent les ménages des lieux de stationnement et des conditions d’accès dans le département. Le directeur et la chargée de mission Habitat qui proposent une résolution des conflits en s’inscrivant dans un travail de proximité avec l’ensemble des acteurs concernés. Le stationnement illicite est une problématique récurrente ; le travail de l’ARTAG est alors d’inscrire ces situations dans des perspectives légalistes et un positionnement citoyen. Conformément à l’article 4 de l’arrêté conjoint portant approbation du Schéma Départemental relatif à l'accueil et à l'habitat des Gens du Voyage, le schéma entre en 2010 dans la phase finale d’évaluation, sept ans après sa publication.

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La médiation et la coordination sociale L'action sociale de l'ARTAG basée sur un travail de proximité comporte deux volets : Le premier concerne l’accompagnement socioprofessionnel des personnes bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA) dans le cadre d'une convention avec le Conseil Général et se situe à l'échelle du Département. Le second volet présente une médiation - coordination de l’action sociale sur les Aires d'Accueil (AA). En effet, l’ouverture des aires d’accueil dans le Rhône s’est accompagnée de la mise en place de deux sortes de gestion : 

Une gestion locative effectuée par un bailleur locatif comme les sociétés Adoma, Serned ou SG2A. Le gestionnaire est chargé d’effectuer les modalités d’entrée et de sortie des usagers, d’encaisser les redevances et les fluides, d’entretenir l’aire d’accueil et de faire appliquer le règlement intérieur. Une médiation et coordination sociale réalisée par 7 agents de développement salariés de l’ARTAG.

La mission a pour finalité de faciliter le bon fonctionnement général de l’aire d’accueil. L’action poursuit quatre objectifs opérationnels : 1. Accompagner les familles résidant sur l’Aire d’Accueil 2. Soutenir le gestionnaire locatif 3. Informer la collectivité responsable de tout problème ou disfonctionnement 4. Développer la mise en réseau avec les acteurs locaux. Le partenariat prend alors tout son sens pour : - un rapprochement des Gens du Voyage vers les institutions et les acteurs locaux - la création d'un lien fonctionnel entre les partenaires locaux et institutionnels vis à vis de cette population. La médiation est abordée en tant qu’outil de lien social. Il s’agit de tenter à travers l’organisation d’échanges, entre les personnes et les institutions, de les aider à améliorer une relation ou de régler un conflit qui les oppose. La médiation–coordination sociale favorise l'établissement d'une relation de proximité avec les Voyageurs et facilite la remontée des demandes permettant d'alimenter la réflexion autour des besoins et des actions à mettre en place. Ce travail est mené par une équipe pluridisciplinaire composée d'agents de développement qui portent une action de territoire et de chargés de mission dont l’action est thématique (Animation, Scolarisation, Habitat, Culture-Communication et Insertion par l’activité économique).

 En 2010, l’Artag est intervenue au titre de la médiation coordination sociale sur les 22 aires d’accueil ouvertes sur le département. Les 16 aires d’accueil situées sur le territoire du Grand Lyon sont régies par ses propres services. Les aires d’accueil de Genas et St Bonnet de Mûre dépendent de la CCEL (Communauté de Communes de l’Est Lyonnais), celle de St Jean d’Ardières/Belleville de

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la CCBVS (Communauté de Commune du Beaujolais Val de Saône), St Marcel l’Eclairé / Tarare CCPT (Communauté de Communes du Pays de Tarare), celles de Brignais/Chaponost de la CCVG (Communauté de communes de la Vallée du Garon) et Brindas de la CCVL (Communauté de communes des Vallons du Lyonnais).

₪ Définition de la mission La mission de médiation et coordination sociale sur les aires d’accueil qui nous est confiée par les différentes communautés de communes consiste à :  Favoriser l’accès des usagers de l’aire d’accueil aux services et équipements de proximité dans le but de permettre une inscription territoriale des familles sur le quartier durant leur période de stationnement, ceci afin que l’aire d’accueil ne soit pas une simple réponse à des besoins de stationnement mais permette aussi un accès aux services publics et privés, au travail, à l’enseignement, aux droits sociaux.  Participer au bon fonctionnement interne de l'aire en s'appuyant sur le règlement intérieur fixant les droits et les devoirs des usagers. 

L’accompagnement des familles habitant sur l’Aire d’Accueil :

Il débute par une rencontre sur l’aire d’accueil par l’agent de développement. Ce dernier se présente auprès de chaque habitant et fait une information sur son rôle, explicite le fonctionnement de l’aire et notamment le rapport bailleur/locataire. Il repère également les premiers besoins et demandes tels que l’inscription scolaire, l’identification des différents services sociaux, les lieux de soins. Pendant la durée du séjour, le professionnel vise à faciliter l’accès aux différentes services et équipements pour que les familles accèdent aux droits auxquels elles peuvent prétendre. Chaque agent de développement est présent sur chaque site une fois par semaine. En tant que médiateur, nous commençons par examiner les situations au cas par cas. Nous jugeons ainsi si la demande peut être traitée dans le cadre de la médiation ou si elle nécessite une orientation et parfois un accompagnement vers les services concernés. Notre intervention s’adapte au public présent sur l’aire. En effet selon les aires et les périodes, les besoins peuvent être très différents :  Un public illettré nécessite une intervention plus régulière et plus soutenue.  Un public stationnant sur la commune depuis plusieurs années et qui connaît les services locaux depuis longtemps sera moins demandeur au niveau de la gestion sociale. L’aire leur apporte alors de meilleures conditions d’habitat.  On peut aussi rencontrer sur les aires des familles pour lesquelles le rapport de confiance est plus long et plus difficile à instaurer mais d'autant plus nécessaire pour permettre à ces dernières de connaître et reconnaître les services publics et privés de la commune. Il nous apparaît important d’attirer l’attention sur les Personnes âgées qui le plus souvent sont bénéficiaires de retraites minimums et qui rencontrent de réelles difficultés à assumer les frais occasionnés par leur stationnement.

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Le partenariat avec le gestionnaire locatif :

Il s’agit de le soutenir pour faciliter le fonctionnement du contrat de location et principalement le respect des droits et devoirs. Dans ce cadre, l’agent de développement veille à faciliter le respect du règlement intérieur, à anticiper les retards de loyer, à vérifier que l’information soit bien comprise. Avec le gestionnaire, nous échangeons sur la gestion générale de l’aire d’accueil et sur des situations particulières comme par exemple des retards de paiement qui nécessiteraient une orientation vers les services sociaux. Lorsque nous ne parvenons pas à nous voir sur l’aire, nous établissons un contact téléphonique régulier. Celui- ci, de son côté nous fait des remontées d’informations hebdomadaires (états des paiements, dégradations, non-respect du règlement intérieur…). 

Le partenariat avec la collectivité responsable :

Il s’agit de rendre compte de l’activité de médiation mais aussi de l’alerter en cas de difficulté repérée ou de problème avéré. Il s’agit dans la mesure du possible d’anticiper ces difficultés par une information de l’élu et, ou du technicien responsable.

La mise en réseau avec les acteurs locaux :

Il s’agit de faire en sorte que l’aire d’accueil devienne un espace de vie comme les autres. Notre travail consiste alors à identifier les acteurs locaux susceptibles d'intervenir auprès des usagers. Il s'agit des services sociaux tels que la MDR, le CCAS et les associations caritatives, les écoles, les acteurs de l'emploi (pôle emploi, mission locale) et les acteurs de santé (PMI, CDHS, centres de soins,..). Nous allons à leur rencontre afin de leur expliquer le fonctionnement de l'aire, notre mission est de nous présenter comme un intermédiaire possible entre eux et les familles. Ce travail est indispensable à une bonne orientation des familles. Cependant, ce lien est parfois difficile à mettre en œuvre du fait de la spécificité de l'accompagnement des familles et de la durée limitée du stationnement sur l'aire. En effet, le cadre d'intervention des différents services (RDV lointains dans le temps, critère de durée de résidence minimale sur une commune pour avoir accès aux services,..) n'est pas toujours adapté au mode de vie des Voyageurs et ne permet qu’un accès limité aux services. Nous sommes donc amenés parfois, dans l'intérêt des familles, à dépasser le cadre de la mission de médiation et d'effectuer l'accompagnement social. De plus, les demandes des familles sont parfois spécifiques. Ainsi en est-il de demandes liées aux documents d'identité ou à certaines questions d'habitat ou encore la nécessité du lien avec d'autres partenaires hors du département du Rhône. Les partenaires de l’action sociale Nos principaux partenaires sont les travailleurs sociaux des services du Département. Les orientations que nous sommes amenés à faire sont en direction des Maisons du Rhône et Centres Communaux d’Action Sociale. Nous avons ainsi plusieurs interlocuteurs tels qu’entre autres les assistants de service social et les infirmiers de la Protection Maternelle et Infantile. Nous notons qu’il arrive de faire des orientations mais que soit les personnes n’allaient pas au bout de la démarche, soit les délais pour obtenir un rendezvous sont longs. C’est pourquoi, le nombre d’orientation dépend d’une part des familles présentes sur l’aire mais aussi du réseau partenarial établi.

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Quand nous parlons d’orientation, cela peut être de transmettre le numéro de téléphone des structures, de téléphoner avec les personnes pour prendre rendez-vous et leur dire les pièces justificatives qu’elles doivent préparer. Il arrive parfois que nous accompagnons physiquement les familles lors de rendez-vous. Nous avons fait un travail avec certains CCAS sur les conditions d’attribution des aides financières pour les personnes de passage et sur les types d’aides demandées. Il nous est arrivé aussi de participer aux commissions d’attribution des aides pour présenter les dossiers. Mis à part les services sociaux du département et des communes, nous orientons les familles vers les restos du cœur (pour des aides alimentaires) ainsi que vers les antennes Caf, Sécurité sociale, CRAM, centre des impôts (pour les démarches administratives). Nous pouvons remarquer que le partenariat varie selon les territoires. Il est vrai que sur certains secteurs ou communes, nous rencontrons des difficultés à orienter et nous pensons que cela est lié à plusieurs facteurs. Nous concevons que le partenariat n’est pas toujours lié à une institution mais à des personnes. C’est pourquoi, il semble nécessaire d’entretenir le partenariat, d’effectuer de nouvelles rencontres, lorsqu’il y a un changement de personnel dans une structure, mais aussi, plus largement, prévoir une «rencontre officielle» entre tous les acteurs susceptibles d’intervenir sur l’accompagnement des Gens du Voyage. En effet, il est plus difficile d’orienter quand il n’y a pas eu de rencontres préalables avec les partenaires de la commune, du fait des problématiques liées au stationnement mais aussi de ce public spécifique. Les partenaires de l’action socioculturelle De par notre mission, il nous parait important d’orienter les familles vers les structures d’animation. C’est pourquoi, dans la mesure du possible, nous allons récupérer les programmes pour les activités pendant les vacances scolaires afin de les distribuer aux familles. Ainsi, certains enfants participent à des activités et cela permet parfois de faire le lien pour une inscription à l’école dès la rentrée. Nous pouvons préciser ici que certaines familles inscrivent leurs enfants aux activités sans accompagnement de l’ARTAG. Sur certaines communes, nous avons établi un partenariat avec les centres sociaux afin de présenter aux familles les activités proposées. Des animations ont pu être organisées en collaboration, sur l’aire d’accueil dans un premier temps, puis au centre social ou dans une médiathèque dans un second temps. En fonction des demandes ou besoins, les personnes sont alors orientées vers les acteurs locaux. Le but est de permettre aux familles de connaître les services de la commune où elles résident et de les utiliser comme tout habitant de cette commune.

Le partenariat au niveau national

Dans un souci de cohérence et d'accompagnement global des familles, nous sommes très souvent amenés à entrer en contact avec des partenaires de la France entière. En effet, le public présent sur les aires d'accueil est composé de familles voyageant sur l'ensemble du territoire français. Toutes les familles, par le biais de leur adresse de domiciliation et des droits qui en découlent (droits sociaux, référent social et/ou professionnel dans le cadre du RSA) ont un ancrage territorial privilégié sur une commune ou un département et, en France, les compétences au niveau de l'action sociale, du RSA et des autres droits en général (CMU, par exemple) relèvent du département. Nous sommes alors régulièrement amenés à entrer en contact avec les différents services des autres départements : services de domiciliation, associations pour les Gens du Voyage, référents RSA, CPAM, CAF,... afin de favoriser une cohérence dans

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l'accompagnement qui s'inscrit dans la durée et de permettre le maintien des droits des personnes. Cette action est spécifique dans la mesure où nous sommes les seuls à effectuer ce service hors département. Ces interventions posent la question de la limite de la mission de médiation. Nous sommes ainsi amenés à traiter en direct certaines demandes et à mener l'accompagnement car, dans bien des cas, les familles qui voyagent sont confrontées à un vide et ne peuvent être orientées localement. Nous participons également à des comités de suivis techniques, où sont présents le gestionnaire, le commanditaire de l’aire, la Mairie et les acteurs locaux (Conseil Général, Education nationale, Préfecture…). En effet, cette instance nous permet d’établir un bilan « de la vie sur l’aire d’accueil » durant une période donnée et d’échanger sur les éventuels dysfonctionnements de gestion. Afin d’évoquer ces éventuels problèmes de gestion technique et envisager une meilleure communication des parties (gestionnaire, Voyageurs), des comités d’usagers (voir cidessous) peuvent être proposés et mis en place. Enfin, il faut noter que notre rôle de médiateur est rendu possible aussi grâce à nos autres interventions sur l’aire comme les différentes animations que nous développons seul ou en partenariat.

₪ Exemples d’actions menées en 2010 (animations, comité d’usagers…) 

Animations (cf. partie « animations »)

Comité d’usagers

En 2009, un nouvel outil de médiation a été expérimenté et s’est développé en 2010. Il s’agit de l’organisation de « comité d’usagers ». Le comité d’usagers est organisé par l’Artag qui est chargée de solliciter les familles ou des représentants de groupes familiaux afin qu’ils participent au comité. L’ARTAG est chargée d’animer ce comité et d’assurer la rédaction du compte rendu de ce dernier dans le cadre de sa mission de médiation sociale. Aire d’accueil de Vénissieux

Nous avons constaté, en 2010 et les années précédentes, que les usagers s’expriment, en général, facilement sur les conditions de vie qui leur sont proposées par les équipements et les services des aires d’accueil du Rhône. Cette parole est recueillie lors du passage régulier de l’agent de développement et elle est permise par la confiance qui s’est instaurée au fil du temps avec l’usager. Les expériences de vie sur les aires d’accueil de France et du Rhône des Voyageurs alimentent leurs réflexions et leur apporte un certain recul quant à la manière d’être accueillis et d’investir une aire d’accueil.

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Nous avons remarqué que les usagers partagent souvent les mêmes attentes et signalent les mêmes manquements quant aux équipements des aires d’accueil et aux services apportés sur celles-ci.

 Il nous a alors semblé important que la parole individuelle puisse être exprimée collectivement et organisée dans un cadre officiel où les remarques seraient retranscrites et transmises aux interlocuteurs concernés et compétents.

Objet du comité d'usagers: Créer un espace d’échange entre le bailleur et le locataire au sujet du fonctionnement de l’aire Déroulement : 1) Constat du fonctionnement : permet au bailleur représenté par son régisseur de reprendre le fonctionnement, ou bien d’informer les locataires sur le fonctionnement 2) Point d’achoppement ou dysfonctionnement : permet au bailleur comme à l’usager de faire valoir les dysfonctionnements repérés ou bien vécus. Il s’agit là d’évoquer tout ce qui fait problème et d’apporter une réponse dans la mesure du possible. Les problèmes qui ne relèvent pas du régisseur en termes de compétence seront notés pour être exposés au comité de suivi qui suivra. 3) Proposition d’amélioration et doléances : discussion autour des réponses possibles et repérage des demandes des familles par rapport à des manques éventuels 4) Questions diverses

L’expérience doit se poursuivre afin d’en mesurer les réels effets même si aujourd’hui il parait déjà intéressant de formaliser un temps d’échanges entre usagers et gestionnaire. Nous souhaitons développer voire systématiser sur les aires ces temps collectifs de paroles. Ils sont aussi l'occasion d'entendre les demandes et les besoins des familles en matière d'animation, de lien social.

₪ La vie sur l'aire Les aires d’accueil sont utilisées globalement par tous les groupes familiaux et toutes les communautés présentes chez les « Voyageurs ». Au départ, les familles qui ne se connaissaient pas étaient méfiantes les unes envers les autres et essayaient de s’isoler au maximum. Aujourd’hui, on constate que les aires ont permis cette rencontre entre les différents groupes familiaux et parfois même la création de liens. La mission de médiation sur les aires qui nous est confiée nous permet d’aller à la rencontre de toutes ces familles et de discuter de la « vie des Voyageurs ». Les aires, telles qu’elles sont conçues, améliorent de fait leur quotidien en ce sens où elles leur apportent un stationnement licite et l’accès à l’eau et à l’électricité.

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Cependant, avec le recul que nous avons sur les aires d’accueil aujourd’hui de part les remarques des familles, nous pouvons faire certains constats et proposer des améliorations quant à l’aménagement des aires et de ses alentours qui pourraient améliorer le bien être et diminuer les tensions parfois palpables entre les familles utilisatrices et/ou entre les familles et le gestionnaire et plus encore le « monde sédentaire ». Le processus d’insertion passe par la reconnaissance du mode de vie des « Voyageurs ». Aire d’accueil de Meyzieu

Aménagement et conception des aires L’expérience de vie sur les aires a fait émerger des constats en termes d’aménagements pratiques des emplacements individuels mais aussi des espaces collectifs qui permettraient d’améliorer le quotidien des Voyageurs. 

Aménagements

Aménagements individuels La façon dont les aires sont conçues prend en compte davantage l’aspect collectif du groupe. Or, certaines familles ou personnes voyageant seules. Il est donc important de prendre en compte aussi l’individualité de chaque famille « nucléaire » et que les emplacements soient plus individualisés pour permettre à chacun de vivre sa vie de famille. Peut être pourrait-on imaginer des séparations entre les emplacements sous forme de haies ou de brises-vues. Le revêtement du sol en goudron renvoie toute la chaleur en été, les emplacements ne sont pas protégés du soleil. Pour les familles avec enfants en bas-âge ou les personnes âgées, le seul espace de vie possible est derrière le bloc sanitaire à l’ombre du toit. La difficulté se pose particulièrement pour les familles qui n’ont pas de auvent. Les blocs sanitaires, dans leur aménagement, ne sont pas très pratiques pour des familles qui vivent sur les aires pour de longues durées et par toutes saisons et qui, de fait, ne sont pas simplement de passage mais s’installent. L’abri extérieur n’est pas assez protégé des conditions climatiques (pas de protection contre le vent, le gel mais aussi la chaleur. Sur certaines aires, les avancées de toit sont trop courtes). A l’intérieur du bloc, de petites améliorations pourraient également être apportées : dans la partie douche, il n’y a pas toujours de séparation avec le coin douche, il manque de porte-manteau, d’un endroit pour poser le nécessaire de toilette. Parfois, l’eau stagne car la pente d’écoulement est mal conçue. Lorsqu’il y a des robinets à l’intérieur, seulement l’eau froide est disponible, obligeant alors les personnes à prendre l’eau dans les douches. Aménagements collectifs Les familles sont en demande d’espaces collectifs : - Pour les enfants : Les enfants ont peu de jeux personnels, en dehors des vélos et des consoles de jeux vidéo. Sur certaines aires, l’inoccupation des enfants se traduit par des conflits avec le gestionnaire ou l’agent d’entretien qu’ils vont déranger dans son travail. S’il y avait un lieu identifié comme espace jeux et aménagé, comme cela se fait d’ailleurs dans tous les quartiers des villes, cela permettrait une amélioration du cadre de vie pour les familles et le gestionnaire en évitant certaines tensions inutiles sans que cela

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puisse bien entendu résoudre tous les problèmes. Sur certaines aires, des espaces existent mais comme ils ne sont pas aménagés, ils sont de fait peu utilisés. - Pour se retrouver collectivement : ce lieu manque aux familles qui auraient parfois besoin d’un espace collectif pour certaines manifestations (mariage, fêtes) et pour organiser que ce soit des comités d’usagers, des animations, des actions partenariales. Si, bien sûr, tous les services ne peuvent pas être proposés sur l’aire, il y a eu des initiatives de familles pour louer des salles à l’extérieur, par exemple à Dardilly mais la location leur a été refusée. L’exercice de l’activité économique L’aire d’accueil est donc avant tout un lieu d’habitat. Cependant, la plupart des gens qui stationne sur les aires, exercent une activité économique. Cette activité a des conséquences sur l’aire car les Voyageurs travaillent souvent sur le site. Or, celui-ci n’a pas été conçu comme un lieu de travail. Les activités, souvent liées à des matériaux polluants (peinture, cuivre, huiles de moteur,..) ou encombrants (dépôt de déchets d’espaces verts) ont des effets néfastes sur l’environnement (pollution des sols) et sur la santé des familles, mais aussi une certaine dégradation du paysage (ce qui peut entraîner une stigmatisation des Voyageurs). De manière générale, il nous semble important que les travailleurs indépendants soient accompagnés dans l’exercice de leurs activités : utilisation des déchèteries, qui devraient être gratuites pour initier et favoriser leur utilisation, exercice de leur activité sur leur lieu de travail et non à domicile.

L’environnement de l’aire d’accueil

Localisation des aires dans le paysage urbain : Pour que la vie sur l’aire et l’insertion des familles sur la commune puisse se dérouler dans de bonnes conditions, il est important que l’environnement proche soit serein. Or, les aires sont souvent localisées en périphérie des communes et dans un environnement qui peut être nocif. Les aires d’accueil sont pour la plupart situées en périphérie des villes, à côté de déchèteries, usines de traitements des déchets, autoroutes, de champs ou d’autres terrains de Voyageurs sédentaires. Cette implantation dans le paysage urbain a des conséquences non seulement sur la vie sur l’aire mais aussi sur la santé des personnes ce qui nécessite une intervention de notre part pour arriver à minimiser leur impact sur les personnes. ….et ses conséquences. En tant que tel, le fait que les aires d’accueil soient excentrées des villes et souvent éloignées des transports en commun ne favorise pas l’insertion des familles dans la commune et alourdit la mission de médiation car nous sommes amenés à faire des accompagnements physiques alors que la personne, si elle pouvait prendre les transports, n’aurait pas eu besoin d’être accompagnée. Ceci nous pose question dans le cadre de notre accompagnement social qui est censé favoriser l’autonomie de la personne et qui dépasse la cadre de notre mission. Outre les odeurs et la pollution sur lesquelles il est difficile d’agir, la proximité de champs autour des aires favorise la présence de rats. Ceux-ci sont très gênants car ils sont porteurs de microbes et s’introduisent dans les blocs sanitaires ou mangent les fils électriques des véhicules.  Il serait souhaitable d’envisager chaque année des dératisations systématiques sans attendre les plaintes massives des Voyageurs.  Dans le cadre de la prévention hygiène et santé, il faudrait également arracher les plants d’ambroisie dés le printemps pour éviter les désagréments et le danger que cette pante représente pour les personnes asthmatiques.

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Certaines aires, enfin, ont été construites à côté de Voyageurs sédentarisés en maisons ou sur des terrains privés. Cette promiscuité a toujours des conséquences sur les relations entre les familles des différents terrains et donne, pour les personnes extérieures, l’image stigmatisante de « campements ». Les tensions entre les familles peuvent avoir des répercussions sur la vie de l’aire comme à Vaulx-en-Velin par exemple. L’idée est alors de travailler sur ces tensions, d’essayer de les comprendre, de les prendre à compte et de les réduire dans la mesure du possible. Cependant, la résolution de certains conflits dépasse la mission de médiation. Même si les familles ont une certaine confiance en nous, il y a certains enjeux que l’on ne peut pas maîtriser, car certains éléments ne nous Aire d’accueil de Vaulx-en-Velin sont pas transmis.

₪ Des problématiques techniques récurrentes Les conditions de vie sur l’aire d’accueil sont liées au mode de vie des résidents, à leurs habitudes et activités quotidiennes mais aussi, et surtout, au bon fonctionnement des infrastructures mises à leur disposition. La maintenance et l’entretien de l’aire d’accueil sont indispensables pour pouvoir proposer aux résidents des équipements et un service d’accueil conformes au tarif de la redevance journalière (3 euros par jour).  En 2010, les aires d’accueil du Rhône ont connu des dysfonctionnements techniques récurrents et parfois identiques d’une aire à une autre, tant sur les équipements individuels, que sur les espaces communs. La cause principale des problèmes techniques semble se situer plus dans la construction même des aires d’accueil et moins dans une mauvaise utilisation ou une usure prématurée. Nous avons répertorié ci-dessous les malfaçons repérées et nous les avons associé aux dysfonctionnements et inconvénients techniques qu’elles entrainent. En 2010, certaines de ces difficultés ont pu trouver une réponse totale ou partielle dans des services ou opérations aménagés.

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Malfaçons

Dysfonctionnements ou inconvénients techniques

Solutions proposées

Gel des robinets extérieurs en hiver

Robinets fissurés plus d’accès à l’eau

Installation de robinet hors gel dans les douches

Réseaux d’égouts manquent d’inclinaison

Sanitaires bouchés

Curages des réseaux réguliers

Odeurs nauséabondes Equipements non adaptés aux intempéries extérieures

Targettes des portes cassées Charnières des portes cassées Dysfonction à répétition lors des périodes de froids

Remplacement et changement des équipements Augmentation de l’ampérage des compteurs individuels Astreinte du gestionnaire

Environnement

Absence de chéneaux sur les locaux des sanitaires

Enneigement en hiver

Mise à disposition de sel

Rats

Dératisation régulière

Allergies des usagers à l’ambroisie

Entretien des espaces verts

Absence de protection pour accéder aux douches ou WC lors de fortes pluies

Les solutions proposées ne sont pas mises en place systématiquement ou parfois nécessitent des délais d’interventions très longs et qui ne semblent pas proportionnels à l’ampleur du problème. Nous sommes en liens réguliers avec les gestionnaires des aires pour faire remonter les informations liées aux dysfonctionnements techniques que signalent les usagers. Les services qui sont compétents pour apporter une réponse ou prendre en charge les réparations diffèrent selon la nature du dysfonctionnement. Il s’agit donc d’identifier les bons interlocuteurs et d’être parfois tributaires des procédures administratives. Répercussions :  Les dysfonctionnements récurrents et prolongés peuvent provoquer un climat de tension sur l’aire entre les usagers et le gestionnaire et entraver le bon déroulement de la gestion locative.  Le manque de réactivité pour la maintenance et l’entretien du terrain accélère sa dégradation et ne permet pas d’offrir aux usagers un espace propre et décent qui inciterait les familles à maintenir les lieux en bons états et à payer leur redevance journalière.

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Constats et pistes de travail  Sédentaires  De nombreuses familles lyonnaises « sédentaires » mais sans terrain stable, ont trouvé dans les aires d’accueil une solution provisoire de stationnement. Dans le cadre de notre mission de médiation nous avons repéré différents facteurs qui ont amené ces familles à fréquenter les aires d’accueil destinées originairement à des familles itinérantes : les aires d’accueil suite à la fermeture des terrains sur lesquels elles stationnaient depuis de nombreuses années. En 2006, par exemple, une quarantaine de familles qui séjournaient sur un ancien camping à Feyzin se sont vues dans l’obligation de quitter les lieux. N’ayant pas d’autre solution de stationnement, les familles se sont installées sur les aires d’accueil du Rhône en trois principaux groupes distincts et elles « tournent » sur celles-ci. lyonnaise, sont venues chercher le confort que leurs installations précaires ne pouvaient leur offrir. e voyage, pour diverses raisons (économiques, familiales, sanitaires, scolaires) et de manière ponctuelle ou plus pérenne.  Notre mission de médiation et coordination sociale sur les aires d’accueil nous a permis d’identifier ces familles en recherche de sédentarité. En 2010, nous avons accompagné certaines d’entres elles dans la définition de leur projet et dans les démarches correspondantes si nécessaire. Les demandes et besoins peuvent être de différente nature selon les ménages ou les groupes familiaux. En effet, certaines demandes se traitent collectivement, d’autres plus individuellement. Certaines familles ou groupe familial souhaitent être locataires d’un terrain familial, d’autres accéder à la propriété (terrain ou logement individuel), d’autres faire des demandes de logement individuel (maison ou appartement). Cf. « Chapitre Habitat »  La présence des familles sédentaires sur les aires d’accueil a des répercussions à plusieurs niveaux : : Certaines familles qui recherchent un lieu d’habitat sédentaire sans succès souhaitent rester sur les aires d’accueil faute de mieux. Les dépassements de délais sont fréquents et entrainent parfois des mesures lourdes de conséquences telles que les procédures d’expulsions. Nous pouvons alors intervenir dans le cadre de la médiation pour orienter les familles concernées vers les acteurs compétents pour les défendre. : à certaines périodes de l’année, les séjours prolongés des familles sédentaires sur les aires d’accueil empêchent les ménages de passage de pouvoir stationner dans l’agglomération

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Lyonnaise. En effet, si des fonciers étaient proposés par les communes pour accueillir les familles sédentaires, les aires d’accueil du Rhône seraient désengorgées de manière significative. 

Demande de prolongement pour raisons médicales

 A différentes reprises, des familles ont souhaité faire des demandes pour prolonger leur séjour suite à des problèmes médicaux. Sur l’aire d’accueil de Francheville/Ste-Foy-Lès-Lyon, nous avons été en lien avec les collectivités locales et le Grand Lyon afin de trouver des solutions d’hébergement à proximité des lieux de soin. Les personnes vieillissantes demandent régulièrement à prolonger leur séjour sur les aires en raison de leur état de santé et du besoin d’accès aux équipements sanitaires. D’autres personnes auraient le désir d’avoir un terrain familial où elles pourraient s’installer durablement et accueillir leur famille.

₪ Conclusion Nous intervenons sur la mission de médiation et coordination depuis 2006. A ce jour, nous nous rendons sur 22 aires d’accueil du territoire du Rhône. Notre rôle est maintenant bien identifié autant par les partenaires que par les familles que nous sommes amenés à rencontrer, parfois sur plusieurs aires et cycliquement lorsqu'elles reviennent régulièrement sur un même territoire Aire d’accueil de Chassieu d'une année sur l'autre. Cependant nous constatons que notre mission prend des formes différentes suivant le public présent sur le terrain et la réalité du réseau partenarial. Nous sommes amenés à faire preuve d’une adaptabilité importante afin de pouvoir répondre aux demandes, tant des familles que des partenaires et de remplir notre mission de médiateurs en bonne et du forme. Les aires d’accueil sont prévues et adaptées pour les familles qui souhaitent et peuvent continuer de voyager. Cependant, au fur et à mesure de l’ouverture des aires d’accueil, nous identifions de nombreuses familles qui souhaiteraient pouvoir trouver une solution d’habitat pérenne. Ces familles « tournent » le plus souvent sur les aires d’accueil de la région lyonnaise. Si ces lieux de stationnement leur permettent d’avoir accès à un confort supérieur et leur ont permis de se faire identifier en tant que demandeuses d’habitat sédentaire, leur présence sur les aires d’accueil engorge souvent le peu de places disponibles sur le territoire du Rhône. La révision du schéma départemental permettra de mettre en exergue les besoins recensés, de les articuler avec la politique de l’habitat et les dispositifs des politiques sociales. La spécificité du mode d’habiter des Gens du Voyage est à prendre en compte. Il est vrai que les aires d’accueil sont nécessaires pour les familles de passage, en déplacement, en mouvement mais d’autres qui voyagent peu, souhaitent disposer d’une maison individuelle, tout en conservant une caravane, ou d’un terrain familial avec une construction complémentaire à la caravane. Cette dimension nécessitera une construction adaptée de logements qui sera efficiente si une réelle consultation des usagers concernés est effectuée.

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Les activités de l'Artag

₪ L'habitat et le stationnement Interventions auprès des sédentaires L’intervention de l’ARTAG auprès des familles du Voyage sédentaires peut être mise en évidence selon la nature et le type d’installation des familles. Ainsi, nous intervenons sur des terrains publics, des terrains privés, propriétés des familles et également auprès des ménages résidant en maison ou appartement (logement social ou parc privé).

₪ Appartements/Maisons En 2010, 42 ménages nous ont sollicités pour des demandes de logement allant du terrain familial, en passant par l’habitat adapté ou le logement social classique. Nous les avons aidés à constituer chacun un dossier SIAL, auprès de la préfecture : -

7 ménages pour une demande d’habitat adapté et/ou de terrain familial ; 35 ménages pour du logement social « classique » (ou parc privé). Pour ces derniers, nous les avons également accompagnés dans leurs recherches via le dépôt de dossiers auprès des bailleurs et aussi des réservataires (Grand Lyon, mairies ou autres). -

-

Parmi ces 35 ménages : -

9 ménages ont été accompagnés dans le cadre d’un recours auprès de la commission du Droit Au Logement Opposable. (DALO) : l’ensemble des ménages a reçu un accord positif et a obtenu une proposition de relogement. Parmi ces ménages, 4 ont accepté et ont été relogés.

-

1 ménage a été relogé dans le parc public (circuit classique) 25 ménages sont toujours en attente de relogement

Par ailleurs, 4 ménages accompagnés dès 2009 ont reçu des propositions en 2010 : -

1 dans le cadre du circuit classique et ayant accepté la proposition

-

3 dans le cadre du dispositif DALO et ayant accepté la proposition

40


Ainsi, nous constatons une augmentation des demandes de logement dans le diffus (18 ménages en 2009 contre 35 en 2010) bien que certaines de ces demandes sont effectuées à défaut d’avoir d’autres solutions d’habitat sédentaire sur le court ou moyen terme. Par ailleurs, les demandes d’habitat adapté et/ou de terrain familial ont également augmentées (2 ménages en 2009 contre 7 en 2010).  La grande majorité des familles en demande de logement (parc public ou privé, terrain familial, habitat adapté) vit actuellement sur les aires d’accueil du département (32 ménages sur 42), principalement sur celles situées dans le périmètre du Grand Lyon.

Le DALO, c’est quoi ?

Le protocole

LOI n° 2007-290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur d e la cohésion sociale

Les conditions de recours Cette loi permet aux ménages remplissant les conditions d’accès au logement social de saisir une commission de médiation s’ils ont déposé une demande de logement social et n’ont pas eu de réponse adaptée dans un délai anormalement long et/ou s’ils sont dépourvus de logement, menacés d’expulsion sans relogement, logés dans des locaux impropres à l’habitation insalubres ou dangereux, hébergés ou logés temporairement dans un établissement ou logement de transition, logés dans un logement sur- occupé ou indécent et ayant au moins un enfant mineur ou présentant un handicap ou une personne handicapée à charge.

Il s’agit alors de déposer un dossier faisant état du recours en mentionnant l’ensemble des informations et des documents afférents à même de présenter la situation dans laquelle se trouve le demandeur. Le formulaire est envoyé au secrétariat de la commission de médiation qui renvoie un accusé de réception au demandeur. A compter de celui-ci, la commission de médiation du Rhône a un délai de 6 mois1 pour examiner le recours et rendre son avis sur le caractère prioritaire de la demande.

 Si celui-ci est reconnu, la commission de médiation fixe les caractéristiques du logement et le Préfet a 6 mois pour proposer un logement adapté. Si ce dernier n’a pas formulé de proposition dans les délais impartis, il est possible de déposer un recours contentieux.  Par ailleurs, 9 ménages que nous avions accompagnés au préalable dans leurs recherches de logement ont été suivis par l’ARTAG dans le cadre de l’ASLL « accès/maintien dans les lieux », mesure que nous développerons dans les lignes suivantes.

1

Conformément à l’article R 441-15 du CCH qui prévoit que dans les départements comportant au moins une agglomération de plus de 300 000 habitants, ce délai soit de 6 mois contre 3 dans les autres cas.

41


HABITAT Accompagnement Schéma Départemental

Logement

Secteurs géographiques

Etudes/ Diagnostics

Travail de formalisation des besoins/ émergence de projet adapté

Secteur 1

10

Secteur 2

5

Accompagnement de projet sédentaire

demande logement social classique/DALO

Accès/ maintien dans le logement

Comité restreint/ Commission consultative

Comité de pilotage

Amélioration des conditions d'habitat

Médiation

Aide à Forfait l'achat logemde ent caravane

Soutien juridique propriétaire privé

Allocation logement

Conseil urbanisme

50

6

1

24

42

2

20

70

18

2

37

112

2

24

2

16

58

8

12

33

2

32

50

3

4

4

13

54

6

2

30

16

Secteur 3

12

20

6

5

Secteur 4

24

35

40

15

Secteur 5

15

5

20

40

Secteur 6

18

25

Itinérants Autres départements

5

Médiation

Orientation juridique

4 2

21

6

9 2

2 Total interventions

51

75

86

210

66

2

19

8

164

386

15

10

9

8

Total nb de dossiers traités

14

11

4

42

11

2

15

4

41

193

5

4

3

4

Secteur 1 : Genas, Meyzieu, St-Bonnet-de-Mure, St-Laurent-de-Mure, Décines, Pusignan Secteur 2 : Corbas, Feyzin, Vénissieux, Lyon, Villeurbanne Secteur 3 : Brignais, St-Genis-Laval, Vourles, Taluyers, Mornant, Craponne, Francheville Secteur 4 : Bois d'Oingt, St-Priest (sed.), Tarare, Dardilly, L’Arbresle, Belleville-sur-Saône Secteur 5 : Communay, Givors, St-Pierre-de-Chandieu, Ternay, Toussieu, Rillieux-la-Pape, Vaulx-en-Velin, Vernaison, Grigny Secteur 6 : St-Priest, Chassieu, Mions, Bron


₪ Terrains publics L’habitat des Gens du Voyage sur des terrains publics peut prendre différentes formes : du logement locatif « adapté » à l’ancienne aire de passage communale investie par les sédentaires et insuffisamment équipée en terme de normes sanitaires, en passant par le terrain familial aménagé ou l’installation en caravane et mobil-home tolérée de fait par la commune mais sans contrepartie locative, sont autant de modalités d’installation possible sur des terrains publics. Dans tous les cas, l’action de l’ARTAG a un double objectif : celui de faire reconnaitre les familles sédentarisées comme habitantes à part entière de la commune et sensibiliser celle-ci sur leurs conditions de vie. Notre action sur les terrains publics revêt 2 formes :

 Le conseil et l’accompagnement de projet  L’accompagnement social lié au logement o

L’accès

o

Le maintien

 Le conseil et l’accompagnement de projet Face aux besoins liés à une sédentarisation multiforme et évolutive, l’équipe de l’ARTAG apporte son soutien et son appui, à la fois aux familles bénéficiaires de l’action publique mais également auprès des communes commanditaires des projets. Le contact direct et régulier avec l’ensemble des acteurs concernés par la problématique d’un relogement et/ou d’un projet d’habitat demeure le fondement de nos accompagnements de projet, tant au niveau social que technique. Les délais de mise en œuvre des projets étant parfois particulièrement longs, il est d’autant plus important d’entretenir et de consolider au minima le lien avec les familles voire aller jusqu’à leur implication effective avec l’objectif de co-construire le projet d’habitat. En 2010, nous avons accompagné 2 types de réalisations :

L’habitat adapté

Habitat adapté de Mions - 2009

Nous entendons par « habitat adapté » le processus de réalisation de pavillons sociaux locatifs comprenant au minimum une pièce de vie et auquel est prévu un emplacement pour la caravane, soit en tant qu’annexe d’habitation, soit en tant qu’outil de mobilité. Il convient de souligner que c’est moins l’habitat qui est adapté (logement social de type PLA-I) que l’accompagnement du projet qui nécessite la prise en compte des normes d’habitabilité et des pratiques culturelles des ménages tout en veillant à les rendre coacteurs de leur relogement dans une perspective de trajectoire résidentielle.

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Le terrain familial

 Ainsi, en 2010, l’ARTAG est intervenue dans le Rhône sur 3 sites pour accompagner la réalisation de ce type de projet : St-Priest /Rillieux-la-Pape/Vénissieux L’Artag est également venue en appui à la commune de Saint-Genis-Laval dans le cadre de leur projet d’habitat adapté.

Sur le territoire du Rhône, l’ARTAG est intervenue sur 2 sites pour accompagner la réalisation de ce type de projet : Tarare / St-Priest

Le « terrain familial » est un outil créé par décret en décembre 2003 (Circulaire UHC/IUH1/26 n° 2003-76 du 17 décembre 2003) qui vise à la réalisation d’espaces de vie permettant l’installation des caravanes constituant l’habitat permanent de leurs utilisateurs, qui prennent la forme de parcelles locatives ou de pleine propriété, individuelles, délimitées et aménagées chacune d’un bloc sanitaire comprenant douche et WC auxquelles les familles adjoignent leurs caravanes en guise d’habitation principale.

En 2010, notre travail d’accompagnement de projet a revêtu plusieurs formes selon le stade d’avancement du projet. Ainsi, on peut mettre en évidence 3 niveaux d’intervention :

 

La phase de définition du projet (Vénissieux)

Cette phase est une étape essentielle pour le bon devenir du projet. En associant l’ensemble des acteurs concernés par le projet d’habitat, elle permet de prendre en compte les contraintes et/ou opportunités financières et foncières de la commune mais elle est également le moment privilégié pour entendre les besoins des familles. Ce travail de concertation permet de dessiner le projet et de mette en évidence les modalités de sa mise en œuvre. 

Au niveau de l’ARTAG, notre action consiste ici à élaborer un diagnostic socio-territorial, à participer et/ou co-animer les différents comités de suivi du projet, à proposer une méthodologie de conduite de projet et à travailler à l’association des familles pour que celles-ci soit actrices à part entière de leur relogement. La phase de réalisation des travaux

Le délai de réalisation effective du projet (soit la phase de travaux), qu’il soit de type terrain familial ou habitat adapté, est généralement compris entre 10 et 20 mois. Cette phase, qui met en lien architecte, entreprises, accompagnateur social, bailleur et commune, doit

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être un moment de veille particulière. En effet, cette phase est propice à un aller-retour accru entre les familles, la maîtrise d’ouvrage et le maître d’œuvre. 

Rillieux-la-Pape / Saint-Priest : En 2010, l’ARTAG est intervenue dans ce cadre en participant aux réunions techniques, en recueillant les questions des familles et en cherchant les réponses auprès des acteurs concernés. Nous avons également co-organisé des réunions collectives qui ont permis de formaliser des temps forts d’information et de validation. Nous faisons toujours suivre ces temps d’échanges par des entretiens individuels avec chaque famille afin de s’assurer de la bonne compréhension des informations échangées.

Tarare :

L’ARTAG a suivi l’achèvement des travaux de ce terrain familial en lien avec les différents acteurs impliqués dans ce projet. Le processus d’amélioration des conditions d’habitat des ménages concernés s’est poursuivi en 2010 grâce au lancement d’un partenariat entre le Crédit Coopératif, la Fondation Abbé Pierre, la CAF de Villefranche-surSaône et l’ARTAG dans le but de permettre à la famille de financer l’achat d’un mobil ‘home. Nous espérons renforcer ce partenariat afin de pouvoir élargir ce dispositif de prêt à d’autres familles ayant un projet d’habitat sédentaire.

Terrain familial de Tarare - 2011

La préparation à l’entrée dans les lieux

L’ARTAG veille à être présente à tous les stades du projet. A ce titre, la préparation à l’entrée dans les lieux demeure une étape incontournable puisqu’elle matérialise la fin des travaux et symbolise le changement radical des conditions d’habitat que vont vivre les familles. En effet, les ménages bénéficiaires du projet peuvent avoir des parcours résidentiels relativement différents : certains peuvent avoir une expérience du logement social classique (appartement ou maison), d’autres une expérience basée exclusivement sur l’habitat mobile mais dans tous les cas, la préparation à l’entrée dans les lieux demeure fondamentale si l’on veut s’assurer de la bonne adaptation dans le logement et inscrire cette étape dans la trajectoire de logement des ménages.  En 2010, les projets évoqués précédemment n’étaient pas encore concernés par cette phase.  Parallèlement à ces différentes phases, nous menons un travail de sensibilisation auprès des pouvoirs publics en les alertant sur les conditions de vie très précaires des ménages sédentaires sur l’agglomération et notamment ceux concernés par des projets de relogements. En effet, les ménages installés sur les territoires publics vivent très souvent dans des conditions sanitaires précaires (absence ou insuffisance de sanitaires, présence de rats…) et subissent à ce titre des nuisances auditives et olfactives. Outre ce travail d’alerte des acteurs, nous essayons de proposer, quand cela est possible, des améliorations provisoires des conditions d’habitat en installant notamment des équipements non-pérennes.

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 L’accompagnement social lié au logement  C’est une mesure financée par le Conseil Général destinée à accompagner individuellement au titre de logement un ménage en contractualisant les objectifs de chacun (prestataire et bénéficiaire). Ces mesures sont validées en ITTL (Instance Technique Territoriale Logement) et sont d’une durée de 6 mois, renouvelables 2 fois au maximum.  A côté de ces mesures individuelles, nous travaillons également sur des actions à connotation plus collective que le Conseil Général nomme depuis 2008 « Actions ASLL ». Nous intervenons sur les 3 volets : la recherche/l’accès/le maintien  La nature de l’accompagnement 

La recherche de logement

Dans l’objectif de traiter la problématique « Habitat » dans sa globalité, nous travaillons avec les ménages la question de la recherche de logement. Cette dernière se fait par le biais de la permanence Habitat qui fait l’objet d’un financement particulier au titre des Actions ASLL. La recherche de logement peut prendre différentes formes en fonction des besoins exprimés des ménages. Ainsi, nous pouvons mettre en avant 2 grands types de projets de relogement :  les projets individuels qui concernent des ménages nucléaires souhaitant être relogés en location dans le parc public ou privé, dans du logement classique (maison ou appartement) ou souhaitant acquérir un terrain.  Les projets collectifs qui visent au relogement d’entités familiales dans le cadre d’un processus d’accession ou de location, de parcelles équipées au minimum de bloc sanitaire individuel jusqu’à l’habitat adapté composé de pièces de vie et/ou de chambres auquel les familles peuvent adjoindre leur habitat mobile. PROJET INDIVIDUEL Logement social classique Terrains privés (location) (accession)

-Information et orientation -Constitution dossiers demandes de logement/

de

-Renouvellement annuel -Instruction de dossiers auprès de la commission du droit au logement opposable -Recherche transitoires

de

solutions

-Information sur règles d’urbanisme

PROJET COLLECTIF

les

-Etude budgétaire pour l’accès à la propriété -Accompagnement auprès des services urbanisme des communes (consultation des règlements et des documents graphiques)

-Suivi des recherches, création d’outils

-Travail autour de l’émergence et la matérialisation du besoin collectif (réunions partenariales, inscription systématique des familles au SIAL…) -Montage de projet d’habitat collectif en lien avec les partenaires (communes, Grand Lyon, CG, Etat, CAF, Habicoop) -Constitution des demandes de logement/ Renouvellement annuel -Aide aux rédactions courriers aux pouvoirs publics (Grand lyon, mairie) et partenaires pour l’émergence du projet.

-Mise en lien avec partenaires locaux

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POUR TOUS

.

Repérage des besoins en habitat sédentaire via inscription systématique au SIAL dans le but d’une reconnaissance officielle des besoins en logement.

Confrontation du budget du ménage avec son souhait en matière d’habitat.

En lien avec l’usager, définition du statut d’occupation privilégié (locataire ou propriétaire) et type d’habitat adéquat (parc social ou privé, appartement ou maison individuelle).

AIDE A LA REALISATION DES

INFORMATION

DEMARCHES

- Information sur les droits et devoirs de locataires

- Appui technique pour l’ouverture des compteurs d’eau, d’électricité et de téléphonie

- Information et conseil sur financement de la caution (ACAL)

- Constitution des dossiers ACAL

le

Information et conseil sur l’ouverture des compteurs d’eau, d’électricité et de téléphonie - Information sur le prêt octroyé par la CAF pour l’achat de caravane.

- Constitution des dossiers APL - Instruction de dossiers auprès de la CAF pour prêt caravane (entretien préalable avec la famille, constitution du dossier, mise en lien avec la CAF et le fournisseur, présence systématique lors de la signature du contrat) - Accompagnement auprès des assureurs pour assurer la caravane au titre de l’habitation principale

ORIENTATION

- Mise en lien avec partenaires pour aides éventuelles à l’entrée dans les lieux (CCAS, MDR, CAF, organisme de secours…) - Orientation des ménages vers partenaires et/ou structures privilégiées selon la nature des demandes - Contact avec le bailleur - Organisation de rencontre en vue de former les interlocuteurs -bailleurs à la diversité de la culture et des modes d’habiter des Gens du Voyage.

- Présence éventuelle lors de la visite du logement, de l’état des lieux et de la signature du bail.

L’accès au logement

Lorsque les ménages issus de la communauté des Gens du Voyage entrent dans un nouveau logement et cela quel qu’il soit, nous travaillons avec eux la préparation à l’entrée dans les lieux et les accompagnons dans leurs démarches d’accès au logement afin de garantir une appropriation optimale de celui, en maîtrisant notamment les nouvelles logiques administratives et budgétaires.

Le maintien dans les lieux

Les ménages, une fois entrés dans leur logement peuvent connaitre des difficultés d’ordre diverses (techniques, financières, d’intégration dans le logement…). Le rôle de l’ARTAG consiste donc ici à accompagner le ménage en difficulté afin de favoriser le maintien dans les lieux et prévenir les expulsions. La nature de l’accompagnement susceptible d’être mené est globalement le même quelque soit le type de logement occupé mais diffère selon les trajectoires sociales des ménages et les difficultés rencontrées.

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Mise en lien avec partenaires locaux, notamment services sociaux

Soutien administratif et budgétaire

Visites à domiciles régulières pour les ménages n’ayant connu que l’habitat mobile et intégrant du logement social classique

Recueil des difficultés vécues et recherche de solutions

Recueil de témoignage sur l’expérience du ménage sur son mode d’habiter et valorisation de son parcours quel qu’il soit (participation au journal de l’ARTAG)

Bilan de l’action en 2010 Pour rappel, nous sommes susceptibles d’intervenir, sur l’ensemble du territoire du Rhône, auprès des ménages :  résidant sur des terrains sédentaires, publics ou privés, soit environ 450 ménages répartis sur 30 terrains ;  stationnant sur les aires d’accueil du département (22 aires en service au 31 décembre 2010)  résidant dans des logements individuels, principalement dans le parc public. En 2010, nous avons accompagné, au titre des mesures ASLL, 11 ménages répartis sur l’ensemble du département.

En parallèle, il est intéressant de mettre en évidence 2 données socio-économiques témoignant de la grande diversité des publics accompagnés : la composition familiale et les ressources.

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Afin de rendre compte de notre action, nous devons ajouter à ces 11 ménages bénéficiaires d’une mesure ASLL, validée en ITTL : -

108 ménages reçus en permanence habitat ;

-

80 ménages accompagnés dans le cadre du travail autour de l’émergence de projet.  Ce qui porte à 199 le nombre de ménages réellement accompagnés soit dans le cadre d’une mesure ASLL, validée en ITTL, soit lors d’actions ASLL, individuelles ou collectives.

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₪ Permanence habitat Accueil, Information, Orientation - Un outil au service de notre action : la permanence habitat hebdomadaire Depuis 2007, l’ARTAG a mis en place une permanence autour de la thématique générale de l’habitat afin d’offrir un lieu d’information, de conseil et d’orientation aux ménages issus de la communauté des Gens du Voyage sur les problèmes relatifs au logement qu’ils rencontrent. Le contact direct et régulier avec les familles demeurant la base de notre travail, la permanence Habitat est un outil intéressant qui nous permet d’être souvent le premier interlocuteur des ménages en ce qui concerne les problématiques liées à l’habitat. Cette permanence sociale est gérée par la chargée de mission Habitat qui reçoit sur rendez-vous de façon hebdomadaire. Selon les besoins, une demi-journée supplémentaire peut être prévue. 

En 2010, nous avons reçu 108 ménages en permanence habitat, ce qui représente 163 rendez-vous.

Parallèlement à cet accueil physique, un travail d’écoute, d’information et de conseil est réalisé par téléphone. Il permet une première identification des demandes exprimées par les familles et une meilleure préparation du futur entretien. Dans certains cas, il constitue un filtre puisqu’il permet de vérifier si les familles souhaitant bénéficier d’un prêt caravane répondent bien aux critères fixés par la CAF de Lyon. 

Les problématiques traitées lors de ces téléphoniques sont multiples et concernent :

rencontres

et/ou

conversations

des questions relatives au prêt caravane de la CAF de Lyon pour lequel nous sommes instructeurs ou aux autres solutions de financement ;

des questions relatives à l’accès aux droits, notamment l’octroi de l’allocation logement et de la non-application du forfait logement dans le cas d’une résidence mobile ;

des questions relatives aux démarches nécessaires pour accéder à un logement dans le parc social (mais aussi pour changer de logement ou déposer un recours auprès de la commission DALO) et privé ;

des questions d’ordre urbanistique pour des ménages propriétaires de leur terrain ou en voie d’accession ;

des questions d’ordre juridique dans le cas de procédure judiciaire. 

Dans tous les cas, notre travail, dans le cadre de cette permanence, est axé autour de 3 niveaux d’interventions :  L’information, le conseil 

L’accompagnement dans les démarches à réaliser

L’orientation vers les partenaires locaux privilégiés

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Ainsi, dans le cadre de cette permanence, l’instruction des demandes de prêt caravane auprès de la CAF de Lyon et le traitement des demandes de logement représentent la part la plus importante de notre action (87%). 

L’ensemble des ménages reçus pour une demande de prêt caravane ont obtenu un accord de prêt et remboursent actuellement cet emprunt (40 ménages).

Sur 54 ménages reçus pour une information et/ou une recherche de logement, 42 sont à ce jour inscrits au SIAL et/ou auprès des bailleurs sociaux.

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₪ Travail d’émergence des besoins – Avant projet Cette année encore, l’ARTAG a effectué un travail en amont des projets d’habitat à destination des Gens du Voyage, notamment les ménages « quasi-sédentaires » de l’agglomération. Ces familles se déplacent dans un périmètre restreint au gré des expulsions.  A l’heure actuelle, nous estimons à 300 le nombre de familles dans cette situation, contraintes à une itinérance forcée. Notre travail consiste donc ici à faciliter et donc à rendre possible l’émergence de projets d’habitat adapté, avant la mise en place d’une MOUS par exemple et comporte, à ce titre, un temps de travail important destiné à l’interpellation des pouvoirs publics vis à vis des situations de mal-logement que peuvent connaitre certains groupes familiaux. Ce travail est matérialisé sur le terrain par nos démarches de contacts auprès des collectivités ad hoc mais aussi par la transmission aux pouvoirs publics de données socioéconomiques et techniques, collectées auprès des populations et sur les sites. Cette action s’inscrit en complète cohérence avec notre démarche professionnelle qui vise à traiter les situations d’habitat expérimentées par les Gens du Voyage dans leur globalité et en partenariat avec l’ensemble des acteurs locaux compétents.

Cette année, nous avons travaillé sur les situations rencontrées par les ménages présents sur les communes de Saint-Laurent-d’Agny, Bois d’Oingt, Belleville-sur-Saône, Sarcey, Villefranche-sur-Saône, Gleizé, Genas, L’Arbresle, Chaponost, Vaulx-en-Velin ainsi qu’avec le groupe familial issu du camping des Vanniers à Feyzin.

₪ Terrains privés Comme tout un chacun, l’accès à la propriété est une ambition que nourrissent un grand nombre de Voyageurs. En outre, cette acquisition symbolise également la possibilité de posséder un lieu d’habitat stable, où on peut avoir l’assurance de revenir… si l’on voyage. A ce niveau, notre action est triple : elle concerne le conseil en urbanisme, la médiation avec les pouvoirs publics ainsi que l’orientation juridique en cas de procédure contentieuse. 

Le conseil en urbanisme

Nous menons un travail d’information et de sensibilisation des Gens du Voyage aux règles d’urbanisme inhérentes à tout (futur) propriétaire. Concrètement, cela se manifeste par :  l’information et l’explication des règles d’urbanisme générales par le biais d’une plaquette réalisée par l’ARTAG 

l’accompagnement à la consultation des règlements d’urbanisme.

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-

En 2010, nous sommes intervenus pour 3 ménages dont 2 situés dans le périmètre du Grand Lyon. Nous avons été sollicités par des ménages qui souhaitait acheter un terrain ou qui, déjà propriétaires, souhaitaient s’y installer ou construire.

Il convient de souligner que face au manque de moyens financiers, les Gens du Voyage achètent souvent des terrains où il leur sera très difficile de s’installer de manière pérenne en raison des règles d’urbanisme locales que l’on peut trouver par exemple dans le Plan Local d’Urbanisme (PLU). En effet, les familles sont amenées à acheter des terrains en zone agricole et/ou inondable ce qui engendre souvent des difficultés de raccordement à l’eau et à l’électricité mais aussi sur le plan de l’installation en elle-même (type d’habitat, durée de stationnement, etc.) 

La médiation

L’accès à l’eau et à l’électricité étant pour l’ARTAG un élément fondamental pour des conditions d’habitat décentes, nous répondons à la demande de médiation des familles quand celles-ci rencontrent des difficultés liées à l’habitat mais aussi à celles des élus locaux pour que des solutions communes puissent être trouvées (maintien dans les lieux, solution de relogement, etc.) Ainsi, l’ARTAG interpelle les acteurs locaux par le biais de courriers mais aussi d’organisations de réunions partenariales. Quand cela est possible et dans le cadre de la médiation initiée, nous rencontrons également le maire et ses services concernés pour tenter de trouver ensemble des solutions. Ce travail de médiation s’effectue sur le long terme puisqu’il nécessite de trouver non seulement un accord politique mais aussi d’apporter une réponse technique. Les situations et les contextes dans lesquels évoluent les familles étant extrêmement différents d’un ménage à l’autre, il convient de porter une attention particulière à chaque cas rencontré afin de le traiter de manière optimale. -

En 2010, nous avons accompagné à ce titre 3 familles (soit 7 ménages au total) résidant sur 2 communes différentes dans le périmètre Grand Lyon. Nous poursuivons ce travail de médiation en 2011.

L’orientation juridique

Par ailleurs, nous accompagnons les ménages assignés en justice pour des questions d’ordre urbanistique et/ou d’occupation sans droit ni titre auprès d’avocats susceptibles d’assurer leur défense. Selon les cas rencontrés, nous regroupons les informations nécessaires à l’avocat, constituons les dossiers d’aide juridictionnelle et le cas échéant, expliquons les jugements rendus par les tribunaux compétents. -

En 2010, cette action a concerné 4 ménages.

L’orientation et l’accompagnement juridique concerne également des ménages qui stationnent sur des terrains publics. En fin d’année 2010, nous sommes intervenus en appui à plusieurs ménages en situation d’expulsion sur une des aires d’accueil du Grand Lyon suite à un dépassement de délai de séjour.

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L’accès au droit commun : un vecteur de l’amélioration ₪ Forfait logement

des conditions d’habitat

₪ Forfait logement Les familles issues de la communauté des Gens du Voyage et allocataires de la CAF de Lyon – si elles n’ont pas signalé leurs charges en matière de logement (crédit caravane, redevance liée au stationnement sur les aires d’accueil) – sont souvent considérées comme « hébergées à titre gratuit ». A ce titre, la CAF applique une retenue sur le RSA correspondant à un « avantage logement ». En 2010, l’ARTAG a accompagné 193 ménages dans cette démarche d’accès au versement à taux plein du RSA ou de l’API, aussi bien les agents de développements intervenant sur les aires d’accueil du département que la chargée de mission Habitat dans le cadre des prêts caravanes. Cela correspond en moyenne à 390 interventions de l’ARTAG puisque chaque demande nécessite une rencontre préalable avec la famille, la vérification auprès de la CAF de l’abattement, l’aide à la rédaction du courrier et le suivi de la demande. Dans la majeure partie du temps, les familles perçoivent un rappel qui peut être plus ou moins important selon les situations. Ainsi, la demande de non-abattement du forfait logement pour les familles ayant des charges de logement se révèle être une démarche essentielle dans l’accès aux droits.

₪ Allocation logement pour habitations mobiles Outre l’allocation logement attribuée aux ménages installés en maison ou appartement, la CAF est susceptible d’octroyer cette prestation pour des habitations mobiles (caravane, mobil’home) à condition de réunir les critères édictés dans le décret n°2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent, c'est-à-dire répondant aux critères de surface (9 m²/personne composant le foyer), d’accès à l’eau potable et au raccordement aux eaux usées, aux WC individuels, disposant d’un moyen de chauffage. Par ailleurs, le logement mobile doit être posé sur soubassement et dépourvu de ses moyens de mobilité. Si ces critères sont réunis et que le ménage a contracté un prêt pour financer l’achat de son habitation, il est alors possible de déposer une demande d’allocation logement au titre de l’accession à la propriété, en veillant à mettre en évidence la spécificité de l’habitat mobile. En 2010, 5 ménages ont été accompagnés dans leur demande et ont reçu un accord favorable.

₪ Prêt d’amélioration de l’habitat Depuis 2008, l’ARTAG assure une veille quant aux besoins d’amélioration de l’habitat des ménages issus de la communauté des Gens du Voyage afin de développer le nombre de prêts à l’amélioration de l’habitat susceptibles d’être déposés à la CAF. Ce dispositif, peu utilisé par les ménages, permet de financer des travaux de réparation, d'assainissement, d'amélioration (chauffage, sanitaire), d'agrandissement ou de division et d'isolation thermique par l’intermédiaire d’un prêt à taux réduit. En 2010, 2 ménages, dont les demandes n’ont pas abouti, nous ont sollicités à ce sujet.

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₪ L’aide à l’achat de caravane 

Le dispositif de prêt de la CAF de Lyon

La caravane, constituant la résidence principale et l’habitat permanent des Gens du Voyage, reste un poste de dépense important pour les ménages aux revenus modestes. Ainsi, le dispositif de prêt à taux zéro, mis en place par la Caf de Lyon depuis 2003, en partenariat avec l’ARTAG reste l’outil financier le plus intéressant pour les ménages souhaitant acquérir une caravane et répondant aux critères établis par la CAF (être allocataire de la CAF de Lyon, avoir au minimum 2 enfants de – de 15 ans, ne pas avoir de créances trop importantes). Les ménages peuvent alors accéder à un prêt maximum de 4.500 €, remboursable sans intérêt sur 60 mois. Ce dispositif contribue directement à l’amélioration des conditions d’habitat des familles du Voyage tout en contribuant à maintenir l’équilibre financier du ménage.

Depuis sa mise en place, on note globalement une hausse constante des demandes si bien qu’aujourd’hui, 207 ménages ont bénéficié de ce prêt d’honneur depuis sa création. -

En 2010, 40 ménages ont pu bénéficier de ce prêt à taux zéro pour financer l’achat d’une caravane à usage d’habitation. La somme empruntée s’élève donc à 180.000 euros (à raison de 4.500 euros par ménage).

-

Ceci correspond approximativement à 140 interventions de l’ARTAG sur cette thématique puisque pour chaque dossier, nous intervenons tout au long du processus de mise en place du prêt : rencontre préalable avec la famille et informations sur le prêt et ses conditions d’attribution, montage du dossier individuel, lien avec la CAF et le fournisseur, présence lors de la signature du contrat, suivi de la livraison, démarches relatives au forfait logement. 

Le microcrédit personnel de la Caisse d’Epargne

Bien que le dispositif de prêt caravane de la CAF de Lyon facilite l’acquisition ou le renouvellement de caravane, il n’est pas ouvert à l’ensemble des familles désireuses d’acheter une nouvelle caravane. En effet, l’ARTAG est sollicité par des familles qui ne répondent pas aux conditions d’obtention de ce prêt d’honneur. C’est pourquoi, depuis la fin de l’année 2010, nous avons commencé à développer un partenariat avec les Restaurants du Cœur et l’association Parcours Confiance – organisme de microcrédit soutenu par la Caisse d’Epargne – afin de permettre à aux familles, exclues du système bancaire, de concrétiser leur projet d’habitat grâce à l’obtention de prêts (de 300 à 3000 euros) à un taux particulièrement attractif (1,75%). Ce prêt représente une réelle alternative pour les familles qui sont souvent contraintes à souscrire des prêts via des organismes de crédit très onéreux 

En 2010, 1 ménage a bénéficié de ce dispositif d’emprunt (3000 euros sur 2 ans).

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Les activités de l'Artag

₪ Le cabinet d’étude CATHS Depuis 2004, l’ARTAG est membre de ce bureau d’étude spécialisé dans les projets d’habitats pour les gens du voyage fondé en 1994 par nos collègues associatifs de Toulouse dont l’activité centrale est l’accompagnement, la conception, la réalisation des projets d’amélioration des conditions d’habitat des Gens du Voyage sous quelques formes que ce soit..

Genèse du GIE (groupement d’intérêt économique) En 1993, des architectes/urbanistes toulousains2 et une association médico-sociale locale se sont regroupés au sein d'un GIE pour optimiser, sous la forme d’un bureau d’études, des collaborations déjà existantes en ce qui concerne les études de conceptions et réalisations d'habitats pour des Gens du Voyage. La pertinence dans la forme et la qualité foncière des études réalisées a conduit le GIE dans de nombreux départements mais aussi, et désormais, dans d’autres pays européens. Dès son démarrage, plusieurs autres associations ont établi des collaborations régulières avec lui, lesquelles se sont concrétisées en l’an 2000 par l’élargissement du GIE à l’ADEPT en Seine Saint Denis (93) et à l’ARTAG en 2005. Cette extension a permis d’améliorer le maillage territorial de sa présence en augmentant le nombre des intervenants qualifiés et en installant deux sièges secondaires en région parisienne et en Rhône Alpes.

Ce bureau d’étude a développé une ingénierie et un savoir-faire axé sur la conception la réalisation et l’aménagement des habitats pour les Gens du Voyage qu’ils soient itinérants ou bien sédentaires. La partie technique et urbanistique est assurée par le cabinet d’architectes Studio K membre du groupement et de l’équipe d’architectes de l’ADEPT à Paris. L’ARTAG avec ses collègues du CCPS à Toulouse assurant les fonctions de MOUS et d’accompagnement social. Au fil du temps ce bureau d’étude a été reconnu sur le plan national pour son savoir-faire son expérience auprès de et sa proximité des Gens du Voyage.

2

ATS, Association Tsiganes Solidarités présidée par le docteur Jean-Claude Guiraud et Studio K architecture dirigée par Luc Monnin

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Ainsi le cabinet Caths œuvre sur dans plusieurs domaines concernant les gens du voyage La conception réalisation des aires d’accueil La conception réalisation et MOUS des projets d’habitats sédentaires  La formation et la mise en place de la gestion des habitats sous toutes leurs formes  L’évaluation des politiques publiques et notamment l’évaluation des schémas départementaux.  

Ce travail partenarial présente plusieurs intérêts  Tout d’abord le partage de compétences enrichi l’équipe de l’Artag , ce qui apporte sur le territoire rhodanien l’expérience et le savoir-faire des autres.  La découverte d’autres pratiques auprès des gens du voyage dans tous les domaines et notamment tout ce qui concerne l’accompagnement social.  L’expérimentation de nouveaux projets qui peuvent être modélisés sur notre territoire.

En 2010 le cabinet CATHS a accompagné plus de trente projets sur le territoire national comme par exemple près d’ici l’aire d’accueil d’Ecully, le projet d’habitat sédentaire de Rillieux avec la société Batigère ou bien le diagnostic habitat de Sury le Comtal dans la Loire. Le choix de cette structure juridique a permis à ses membres d’obtenir un statut conforme aux lois du marché et ainsi pouvoir prétendre répondre aux appels d’offres. L’Artag peut ainsi faire face à l’évolution des pratiques du travail social sans perdre ses valeurs. Cela est d’autant plus important que la question des Gens du Voyage semble intéresser « commercialement » de plus en plus de monde…

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Les activités de l'Artag

₪ L’Accompagnement Economique Création de micro-entreprises et suivi de gestion post création d’activité Dans

leur grande majorité, les personnes issues de la communauté des Gens du

Voyage préfèrent travailler à leur compte en créant leur micro-entreprise plutôt que d’être salariés. Sur les 310 personnes actuellement suivies par l’ARTAG dans le cadre de la convention « référent de parcours » signée avec le Conseil Général, 129 ont opté pour la création d’entreprise. 

En effet, dans la communauté, on préfère rester maître de son temps et de sa force de travail. Pour les Gens du Voyage, le temps n’a pas la même signification que chez les Gadjé. Ils vivent au jour le jour et se projettent difficilement dans l’avenir. L’année ne se décompose pas en semaines de travail, ponctuée de week-ends, de jours de RTT ou fériés, de congés. Qu’ils soient grands Voyageurs ou sédentaires, ce sont les opportunités à réaliser des affaires qui se présentent au cours de leurs déplacements ou à proximité de leur lieu de vie qui rythment le quotidien des Gitans, Manouches, Yenishes ou Roms.

Ce qui importe le plus, c’est de pouvoir travailler à son compte, pouvoir exercer l’activité choisie en famille, que l’activité soit compatible avec les déplacements et les voyages et qu’elle procure des revenus immédiats.

Les savoir-faire acquis par le biais de l’apprentissage familial leurs permettent d’exercer plusieurs activités selon les opportunités à saisir, les saisons etc… Mais il se détache toujours une activité principale. Parmi les activités économiques traditionnelles, la récupération de métaux et l’enlèvement d’épaves d’une part, la vente de lots de marchandises sur foires et marchés d’autre part restent les plus prisées. Viennent ensuite l’entretien d’espaces verts, le nettoyage haute pression, la brocante, la petite restauration, le débarras d’encombrants, l’affutage d’outils divers, les jeux et amusements publics, la tenue de stand sur les fêtes foraines, la vente à domicile, la restauration de fauteuils et chaises, la vannerie… Les difficultés à déballer sur les marchés pours les commerçants non sédentaires, le renforcement des règlementations environnementales pour les ferrailleurs, les particuliers méfiants qui ouvrent difficilement leurs portes aux Voyageurs proposant leurs services dans l’entretien d’espaces verts… font qu’ils restent souvent dans une économie familiale de subsistance et continuent à percevoir un RSA d’activité.

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₪ Le pôle économique, en chiffres 42 porteurs de projets sont venus à la réunion d’information collective sur la création de micro-entreprises animée par l’Artag et adaptée au public (417 personnes y ont participé depuis sa mise en place en janvier 2002) Au cours de cette réunion qui a lieu, une fois par mois à la Maison des Sociétés de Décines, sont abordés les thèmes suivants : statut, droits et obligations de l’entrepreneur individuel auprès des organismes dont il sera affilié, l’autoentrepreneur, les aides à la création d’entreprise, les régimes fiscaux, les charges sociales etc…) 

La simplification des démarches (grâce notamment au statut d’auto-entrepreneur) pour la création d’entreprises d’une part et le renforcement des règlementations commerciales d’autre part, poussent les individus à légaliser leur activité. Information collective du jeudi matin

Il y a 8 ans, les personnes qui étaient venues à la réunion d’information sur la création d’entreprise se donnaient un temps de réflexion de 9 à 12 mois avant de s’immatriculer en Chambres Consulaires. Aujourd’hui, on constate que ce temps de réflexion avant de franchir le pas de la création d’entreprise est de l’ordre de 3 à 6 mois.

Nombre de personnes présentes à la réunion d'information sur la création d'entreprise 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0

85

année 2003

65

62 49

46

43

41

année 2004

année 2005

année 2006

année 2007

année 2008

48

année 2009

année 2010

En 8 ans, 385 micro entreprises ont été crées (soit en moyenne 48 par an). 37 personnes se sont immatriculées au Registre du Commerce et des Sociétés (R.C.S) , au Répertoire des Métiers (RM) ou en tant qu’auto entrepreneur en 2010 dont 10% de femmes.

Parmi ces 37 créateurs d’entreprises individuelles, 20 porteurs de projet (soit 54 %) ont bénéficié du soutien de l’ARTAG dans l’accompagnement à la création d’entreprise alors que

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l’ARTAG n’était pas référent de parcours RMI/RSA pour ces personnes. Ces Voyageurs sont suivis par les services sociaux du Rhône ou opérateurs d’insertion professionnelle. Sur les 310 bénéficiaires du RSA suivies en 2010 par l’ARTAG (dans le cadre de la référence de parcours) 145 sont immatriculées au R.C.S. ou au Répertoire des Métiers (pour l’essentiel en tant qu’auto entrepreneur) soit près de 47% de l’effectif.

Nombre d'immatriculations effectuées auprès des Chambres Consulaires 75

80 70

59

60 50

63

44 37

40

35

37

33

nombre d'immatriculations

30 20 10 0 année année année année année année année année 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010

Le nombre de personnes reçues par l’ARTAG afin d’être accompagnées en vue de la création de leur entreprise et dans le suivi de la gestion administrative de l’activité ne cesse d’augmenter depuis 8 ans. Une augmentation de 64% depuis 2002. 

Parmi les 317 personnes reçues en entretien en 2010, 146 (soit 46 %) étaient non suivies par l’ARTAG dans le cadre du RMI.

Nombre de personnes reçues dans le cadre de la création et du suivi de l'activité

350

293

300

251

250 200

156

150

100

171

193

204

120

nombre de personnes reçues

89

50 0 année année année année année année année année 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009

60


673 entretiens effectués dans le cadre de la création et du suivi d’activité en 2010. Une fréquentation de la permanence économique de plus de 70% par rapport à 2002.

Il y a 8 ans, la permanence économique hebdomadaire accueillait 7 à 8 personnes ; aujourd’hui, le chargé de mission économique reçoit sur rendez vous, en moyenne 20 à 25 personnes, sur 4 à 5 demi journées par semaine.

Nombre d'e ntretiens assurés dans le cadre de la création et du suivi post création d'entreprises 800

720

700

590

600

472

500

200

673

610

519

356

400 300

702

entretiens assurés

197

100 0 année année anné e année année année année année année 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010

Les Gens du Voyage ont très difficilement accès au crédit bancaire. L’ADIE (Association pour le Développement et l’Initiative Economique), partenaire de l’ARTAG depuis 2002, permet aux créateurs d’entreprises d’accéder aux microcrédits afin de lancer et développer leurs activités.

Ce sont principalement les marchands forains qui contractent des prêts auprès de l’ADIE pour l’achat de stocks de marchandises ou de matériel pour déballer.

L’ADIE reçoit une fois par semaine au siège de l’ARTAG les entrepreneurs souhaitant contracter un microcrédit. Depuis 5 ans, le nombre moyen de microcrédits demandés se stabilisent à 24.

Accompagnement vers l’emploi salarié Depuis

toujours, la culture et le mode de vie des Voyageurs font qu'ils exercent, le plus

souvent, une activité professionnelle indépendante (création d'activité telle que la récupération de métaux, le rempaillage de chaises, la vente sur les marchés, ...) qui se transmet de père en fils. L'indépendance dans le travail leur permet de rester maîtres de leur temps et de leur force de travail. L'activité est alors compatible avec les déplacements familiaux, peut s'exercer en famille et génère des revenus le plus souvent en espèces et immédiats. Cependant, chez les familles sédentarisées sur un territoire depuis de nombreuses années, on observe aujourd'hui un attrait pour l'emploi salarié. Pour ces familles, le voyage fait moins obstacle à l'exercice d'une telle activité et permet de générer des revenus plus importants (déclin des activités traditionnelles), voire, à terme, de sortir du dispositif RSA.

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₪ Les freins Malgré cette volonté, il existe des freins pour les personnes à l'exercice d'une activité salariée. En effet, se tourner vers l'emploi salarié pose des problèmes divers que les Voyageurs doivent affronter pour espérer « se tailler » une place sur le marché de l'emploi. Cela interroge leur rapport à la famille, au voyage mais aussi à l'apprentissage professionnelle donc à l'école. De plus, le respect des horaires et des consignes, le lien de subordination à l'employeur, l'engagement personnel par le biais d'un contrat de travail, la rémunération en fin de mois, ... sont autant de normes de travail étrangères aux familles, même sédentarisées, qui restent toujours très attachées à leur liberté et à leur culture. Un autre frein à l'insertion professionnelle est lié à la complexité des démarches administratives, particulièrement l'inscription à Pôle Emploi. En effet, cette inscription est nécessaire pour accéder à un emploi dans l'insertion. Or, du fait de l'illettrisme, beaucoup n'arrivent pas à accomplir les démarches. Le service téléphonique est guidé par une voix enregistrée et nécessite des manipulations complexes du téléphone. De plus, le jour du RDV, des dossiers sont à remplir. Nous devons également être présents pour servir de médiateur avec les interlocuteurs de l'emploi et s'assurer que l'inscription sera validée. Nous passons donc beaucoup de temps dans l'accompagnement physique pour éviter les découragements, la dévalorisation de soi et pour leur expliquer l'intérêt de ces démarches.

₪ Un accompagnement personnalisé En dépit de ces obstacles, certains osent franchir le pas. Mais, en amont, il a fallu mobiliser, faire tomber les préjugés tenaces autour de l'emploi, rassurer, valoriser et accompagner dans les démarches. Dans le cadre de cet accompagnement, nous utilisons souvent les dispositifs d'insertion dans le cadre du RSA : missions d'intérim d'insertion, mises à disposition proposées par les associations intermédiaires, emplois saisonniers, contrats aidés dans des secteurs tels que les espaces verts, le maraîchage, le nettoyage, le second œuvre du bâtiment, le transport, la collecte et le recyclage des déchets, l'aide à la personne, les contrats aidés dans les collèges,.. 

Ces entreprises/associations d'insertion peuvent être une bonne passerelle lorsque le relais se fait et que l'accompagnement est soutenu et basé sur le partenariat. Il permet ainsi aux personnes de valoriser leurs compétences.

S'agissant du public féminin, nous avons accompagné plusieurs personnes vers le salariat dans le cadre de l'ADPA (aide départementale auprès des personnes âgées) pour des emplois d'aide à domicile dans le cadre familial. En effet, ce dispositif permet l'embauche d'aidants familiaux. Il permet de valoriser un travail déjà exercée, en réalité, depuis longtemps dans le cadre de la famille. Pour certaines, cette première expérience professionnelle (contrat de travail, fiches de paie…) les a fait rebondir vers un emploi/projet d'emploi en dehors du cercle familial. En conclusion, nous pouvons affirmer que, lorsqu'un accompagnement au plus près de la personne est mis en place, cette insertion est possible.

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Les activités de l'Artag

₪ L’Accès aux savoirs & L’accompagnement à la scolarisation

La scolarisation en 2010 Les

difficultés de stationnement ont souvent été un argument de poids pour justifier une

scolarisation en pointillé ou même une absence totale de scolarisation. Aujourd’hui alors que ce problème est de plus en plus solutionné, il s’agit de travailler en proximité avec les Gens du Voyage pour permettre celle-ci. Depuis 2008, de nombreux projets sédentaires ainsi que de nombreuses ouvertures d’aires d’accueil ont vu le jour. A ce jour, 22 aires d’accueil sont ouvertes sur le Rhône.

₪ Les Acteurs : Dans le département du Rhône, les différents acteurs agissant sur la thématique «scolarité des enfants du voyage» sont les suivants : 

L’INSPECTION ACADEMIQUE et ses représentants institutionnels. Ils sont les maîtres d’ouvrages et les pilotes de la scolarisation.

L’association ASET, connu des Voyageurs comme le «camion école». Elle rassemble 2 professeurs détachés de l’enseignement privé, sous convention avec l’Inspection Académique. Leur mission est d’aider à la scolarisation des enfants du voyage situés sur des terrains vagues et menacés par les expulsions. Toutefois, cette aide ne peut remplacer une scolarisation pleine et entière dans une école de secteur. En ce sens, aucun certificat de scolarité n’est délivré à l’issu d’une intervention. Dans ces camions, les enseignants proposent notamment une solution d’appui à la scolarisation au CNED qui est préconisé pour les voyageurs « grands itinérants ».

L’association ARTAG qui a toujours eu une mission d’accompagnement des Gens du Voyage pour faciliter leur scolarisation et l’accès aux savoirs. Cet accompagnement s’adresse à toutes les familles quelque soit leur mode d’habitat ou de résidence. En ce qui concerne les aires d’accueil, l’Artag a signé des conventions avec toutes les communes ou collectivité sur lesquelles ont été réalisées ces aires. Ces conventions

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définissent la mission de coordination-médiation de l’Artag, au sein de laquelle, outre la médiation sociale, l’une de ses attributions est de favoriser la scolarisation.

₪ Le législation : Textes de référence : (BO Spécial n°10 du 25 avril 2002) - Loi n° 2010-1127 du 28 septembre 2010 visant à lutter contre l'absentéisme scolaire. - Circulaire n°2002.101 du 25 avril 2002, Scolarisation des enfants du voyage et de familles non sédentaires. - Circulaire n° 2002.102 du 25 avril 2002, Missions et organisation des centres académiques pour la scolarisation des nouveaux arrivants et des gens du voyage (CASNAV). - Loi n°2000.614 du 5 juillet 2000 relative à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage. Conformément à l’article L 111-1 du code de l’éducation, « le droit à l’éducation est garanti à chacun afin de lui permettre de développer sa personnalité, d’élever son niveau de formation initiale et continue, de s’inscrire dans la vie sociale et professionnelle, d’exercer sa citoyenneté». Les enfants de famille non sédentaires sont comme tous les autres enfants soumis à l’obligation scolaire de 6 à 16 ans. L’article L131-1-1 du Code dispose que « l’instruction obligatoire est assurée prioritairement dans les établissements d’enseignement » La loi du 5 juillet 2000 relative à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage, prévoit qu’une scolarisation plus suivie et régulière pour beaucoup d’enfants de familles non sédentaires doit pouvoir être assurée. Les voyageurs ont droit à la scolarisation dans les mêmes conditions que les autres enfants, quelles que soient la durée et les modalités du stationnement, et dans le respect des mêmes règles, d'assiduité notamment. Le fait que la famille soit hébergée de manière provisoire sur le territoire d'une commune est sans incidence sur le droit à scolarisation. La loi du 28 septembre 2010 visant à lutter contre l'absentéisme scolaire donne la possibilité de suspendre, et dans certains cas supprimer les allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire d'un enfant mineur. Possibilité de rétablissement des allocations: Le directeur de la CAF ne rétablit les allocations qu'à partir du moment où l'inspecteur d'académie lui signale qu'aucun défaut d'assiduité sans motif légitime ni excuses valables n'a été constaté pour l'enfant en cause pendant une période d'un mois de scolarisation, éventuellement interrompu par des vacances scolaires, depuis le mois au titre duquel le versement des allocations familiales a été suspendu. Le versement est rétroactif. La suppression des allocations familiales: si, depuis la suspension des allocations, une ou plusieurs nouvelles absences de quatre demi-journées par mois sans motif légitime ni excuses valables ont été constatées, l'inspecteur d'académie saisi le directeur de la CAF après avoir invité les personnes responsables de l'enfant mineur pour qu'ils présentent leurs observations pour que ces allocations soient supprimé pendant la période au cours desquelles de nouvelles absences sans motifs légitime ni excuses valables ont été constatées.

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₪ La Procédure : La scolarisation s’effectue dans les écoles ou établissements du secteur de recrutement du lieu de stationnement de la famille. Même si la famille ne peut pas présenter un ou plusieurs des documents nécessaires, l’enfant doit pouvoir bénéficier d’un accueil provisoire dans l’attente des pièces qui permettront son admission définitive.  Pour une inscription en école primaire, les familles doivent se rendre dans un premier temps à la Mairie de la commune où elles résident. La Mairie affecte l’élève dans l’une des écoles de secteurs en délivrant un certificat d’inscription à partir duquel le directeur d’école procède à l’admission définitive du jeune.  Dans les Etablissements publics locaux d’enseignements, le Chef d’établissement du secteur procède à l’inscription des élèves relevant de l’obligation scolaire.

₪ La Problématique : En 2010, fort de ces 22 aires d’accueils, le schéma départemental du Rhône tend à solutionner le problème de l’habitat des voyageurs présents sur le département. Ces difficultés de stationnement étaient souvent mises en avant par les familles pour expliquer leur rapport difficile avec la scolarisation. Aujourd’hui, malgré la réalisation des aires d’accueil, nous continuons d’observer des difficultés importantes quant à la scolarisation des enfants du voyage. Pour beaucoup de Voyageurs, l’objectif de la scolarisation reste la maîtrise des savoirs de base : Lire, écrire et compter. En ce sens, nous constatons une scolarisation toujours plus importante pour le primaire et une désaffection pour le secondaire. Le Collège fait peur, il est toujours considéré par les parents comme un lieu de déperdition, de délinquance, de drogue... (cf. tableau). D’autre part, l’âge d’entrée au collège correspond chez les Voyageurs à l’âge d’entrée dans le monde du travail. Pour les grands itinérants, les difficultés émises ci-dessus peuvent être accentuées par le fait que la scolarité n’est pas adaptée aux personnes qui changent fréquemment de lieu d’habitation. C’est pourquoi de nombreux itinérants séjournant sur les aires, ont choisi une scolarisation avec des cours par correspondance : le CNED. (cf. infra)

₪ Notre Mission :  L’ARTAG joue le rôle de passerelle entre les Gens du Voyage et les Institutions.  L’objectif de l’ARTAG est d’accompagner les enfants du voyage et leurs parents à

construire des liens avec l’école et le savoir scolaire, liens que beaucoup ne peuvent établir seuls. Le support de la médiation, nous permet alors de créer des espaces d’échanges sur la question de la scolarité, d’écouter les familles, de les aider à expliciter leurs propos et de les aider à la prise de décision tout en respectant leur liberté de choix.

 L’efficacité de son travail s’appuie sur sa proximité avec le monde Voyageur et sur une relation étroite avec l’Institution Académique. En ce sens, elle œuvre pour que les éléments d’incompréhension des uns et des autres s’effacent pour laisser place à une scolarisation acceptée et efficace.

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 Notre méthodologie sur les aires d’accueil :  Dans le cadre de notre mission de médiation sur les aires d’accueil un Agent de développement de l’Artag se rend au minimum chaque semaine sur l’aire d’accueil. Il interpelle le Chargé de mission scolarisation chaque fois que nécessaire pour rencontrer les familles, faire le diagnostic de leurs besoins, les accompagner dans leurs démarches d’inscription et faciliter la présence à l’école en lien avec les services de l’éducation nationale et des collectivités concernées.  Constat général sur les aires d’accueil 

L’orientation politique de l’Inspection Académique en termes de scolarité sur les aires d’accueil est de privilégier une scolarisation des enfants au sein des écoles et des collèges de secteurs.

Scolarisation sur les Aires d’Accueil pour l’année 2010, qui englobe une partie de l’année scolaire 2009-2010, et une partie de l’année scolaire 2010-21011. Aires D’Accueil

Taux Occup ation

Enfants en Obligation Scolaire.

SCOLARISATION Dans les Ecoles du Secteur CNED Mat. Prim. Col. C.A.P. CNED P. CNED Col.

Rillieux Caluire Dardilly Francheville Brindas Craponne Chaponost/Bri gnais St Priest Lyon Feyzin Vénissieux Vaulx en Velin Genas Belleville Meyzieu Neuville Tarare Lyon 9 Chassieu Grigny St Genis Laval Bron St Bonet Mûre

*** **** **** **** **** *** ****

[2] [3] [3] [3] [2] [1] [4]

B B B B P P 0/P

B TB TB TB B P 0/M

U B 0 0 0 0 0/0

U U 0 0 0 0 0

0 0 R 0 0 0 B/R

R 0 B R R 0 TB/P

*** *** *** **** *** ** **** ** ** *** **** **** **** **** ****

[2] [4] [2] [5] [3] [2] [2] [1] [1] [2] [3] [1] [2] [2] [3]

B R P R B B R 0 B 0 M TB B B P

TB F M P TB B R P TB R B TB B TB B

P U R R 0 0 U 0 B 0 0 0 P 0 0

0 0 0

0 F P R 0 0 R U 0 R P 0 0 P P

P M M M M M P P P R B 0 B B P

LEGENDE Tableau Scolarisation Aires D’Accueil 2010 Taux d’occupation de l’Aire d’Accueil sur l’Année 2010 * Occupation faible ** Occupation irrégulière *** Occupation moyenne régulière **** Occupation forte régulière

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0 0 0 0 0 P 0 0 0 0


*****

Occupation pleine régulière

Nombre moyen d’enfants en âge d’être scolarisé sur une aire sur l’Année 2010. [1] : entre 0 et 5 [2] : entre 5 et 10 [3] : entre 1 0 et 15 [4 : entre 15 et 20 [5] : > à 20 Taux des inscriptions scolaire par rapport aux enfants en âge d’être scolarisés. 0 : Nul P : Passable (< 50 %) U : Cas Unique M : Moyen (50%<M<70%) R : Rare (quelque uns) B : Bon (> 70 %) F : Faible (<30%) TB : Très Bon (> 80%)  Analyse de l’Etat de la Scolarisation sur les Aires d’accueil

La scolarisation est plus importante et régulière sur les territoires Nord et Ouest de Lyon (AA. Rillieux, Caluire, Dardilly…) que sur les territoires situés au Sud et à l’Est de Lyon ( AA. de Lyon Feyzin, Vénissieux, Vaulx en Velin…). Ainsi, au regard de ce tableau, nous pouvons constater que la pratique de la scolarisation n’est toujours pas homogène sur le territoire, mais qu’elle se répartie sensiblement de la même manière que les années précédentes. Ceci s’explique toujours par l’ancrage territorial des familles, qui les poussent à occuper régulièrement les mêmes aires ou les mêmes secteurs d’une année sur l’autre. Sur la base de cette photographie, nous observons que malgré une progression de la scolarisation au niveau du primaire et de la maternelle, il y a toujours des groupes qui sont réfractaires à toutes scolarisations et que le collège est toujours déserté par les voyageurs. Cette diversité de réponse en matière de scolarisation montre que les gens du voyage ont un rapport avec l’école qui peut être très différent d’un groupe à un autre. Certains restent totalement opposé à l’idée de scolariser leurs enfants alors que d’autres ont adopté totalement l’idée que l’école peut être un moyen de réussite pour leurs enfants. Entre ces deux extrêmes, il ya beaucoup de groupes qui se placent dans des positions intermédiaires où la présence de l’enfant à l’école est uniquement dû à la pression sociale. Dans ce cas, le moindre incident en milieu scolaire peut provoquer le retrait immédiat de l’enfant et engager des inscriptions au CNED et/ou la fréquentation des « camions école ». Toutefois, quel que soit le positionnement du groupe par rapport à la scolarisation, il est fort de constater que le niveau scolaire des enfants est très faible dans la majorité des cas et que les enseignants peuvent être vite démobilisés par le manque de moyen mis en place pour accueillir des élèves de faible ou très faible niveau. Dans ce contexte, afin de favoriser une intégration des voyageurs dans le monde scolaire, l’ARTAG avec ses agents de développement et son chargé de mission scolarité, a mis en places différentes actions. Actions mises en place en 2010 : En 2010, nous avons dirigé plus particulièrement notre attention vers les aires d’accueil où la scolarisation était très faible. Sur les aires d’accueil, en matière de scolarisation, notre travail s’est décliné comme suit : -

Une présence plus intensive du Chargé de Mission Scolarisation sur les aires de Lyon Feyzin, Vaulx-en-Velin, Craponne et Meyzieu.

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-

Une participation régulière à un groupe de travail sur la scolarisation des enfants du voyage, piloté par l’Inspection Académique.

-

Une participation à différents groupes de travail locaux sur la scolarisation des enfants du voyage, piloté par les villes ou les communautés de commune: Ville de Feyzin, Communauté de commune de la vallée du Garon, Ville de Brindas…

-

Un accompagnement physique et un suivi des familles auprès des services d’inscription scolaire des communes et auprès des institutions scolaires, concernées.

-

Un accompagnement vers des dispositifs « passerelle » tels que : les ateliers relais, les classes relais, les classes « découvertes professionnelles », pour raccrocher les élèves.

-

Un travail de collaboration étroit avec les acteurs locaux de la scolarisation : enseignants, directeurs et principaux des institutions scolaires.

-

Une mise en place d’actions éducatives et socioculturelles pour sensibiliser les enfants et les parents à l’accès aux savoirs. Pour ce faire, en collaboration avec des acteurs locaux (médiathèques, ludothèques, centre sociaux..), différentes actions ont été réalisées :  « Accompagnement à la scolarité », afin de favoriser la « réussite scolaire » et de garantir les principes d’équité sociale et territoriale.  Animation « autour du livre », pour sensibiliser les enfants à la lecture.  Animation « autour du Conte », pour favoriser un apprentissage linguistique et culturel.  Animation « autour du jeu », pour favoriser la compréhension du monde et donc l’accès à la culture.  Animation « petite enfance », pour sensibiliser les parents à une scolarisation précoce.  Animation « culturelle », pour favoriser l’expression culturelle des gens du voyage.  Animation « loisirs-Créatifs», pour créer un épanouissement de l’enfant et de l’adultes, les sortir de leur quotidien.

Résultats de ces actions, pour la rentrée scolaire 2010-2011 : 

L’intensification des visites sur les aires d’accueil, où résident les familles réticentes à la scolarité, a permis au chargé de mission de scolarisation de développer une relation de confiance avec les familles. Il est maintenant identifier auprès des enfants non scolarisés comme le « Monsieur école ». Sur cette base, nous avons engagé des discussions de fond avec les parents. Celles-ci, à force de médiation, ont permis l’orientation de plusieurs familles auprès des services de scolarité.

Le groupe de travail auprès de l’inspection académique a permis de réunir tous les acteurs de la scolarisation afin d’élaborer :  une enquête qualitative et quantitative sur la scolarisation des enfants du voyage. Cette enquête sera proposée aux institutions scolaires et aux services scolarité des communes, situés à proximité des aires d’accueil. Elle prendra en compte les trois dernières années scolaires sur un échantillon de cinq aires d’accueil.

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 Un observatoire annuel sur ces mêmes aires sera mis en place pour suivre l’évolution en temps réelle de la scolarisation des enfants du voyage.  La mise en place d’un outil pédagogique : la « mallette des parents ». La Mallette des parents s'adresse aux parents d'élèves de sixième et leur propose de participer aux débats au collège. L'objectif est de développer le dialogue entre l'École et les familles. 

Les groupes de travail auprès des communes ou communauté de commune a permis d’une part de créer une collaboration étroite entre le chargé de mission ARTAG et les représentants de l’Inspection Académique et d’autre part d’informer régulièrement la commune sur les points de blocage en matière de scolarisation.

L’accompagnement physique des familles vers les services d’inscriptions permet la prise en compte de la problématique de l’illettrisme des parents qui peuvent facilement « se noyer » dans les démarches administratives, le suivi, l’accompagnement de leurs enfants Ensuite, l’accompagnement des familles auprès des enseignants rassure les parents et permet une reformulation pour que les deux acteurs se comprennent.

Les dispositifs « passerelle » ont l’avantage de donner un peu plus de sens à la scolarisation grâce aux approches manuelles et professionnelles de ceux-ci. Trois enfants ont bénéficié de ces dispositifs et raccrocher à la scolarisation du second degré.

 Le travail de collaboration avec les enseignants présente l’intérêt de préparer en amont l’accueil des enfants et d’être informé en temps réel des réussites ou des difficultés scolaires de l’enfant. Cela nous permet par la suite d’améliorer l’accompagnement à la scolarité, de prévenir les problèmes d’absentéisme et d’impliquer plus efficacement les parents dans leur rôle éducatif, au niveau de la scolarité de leurs enfants.  La mise en place des multiples actions éducatives et socioculturelles définies ci-dessus a l’avantage de sortir les familles de leurs quotidiens et de créer un espace de convivialité. Dans ce cadre d’intervention les familles, les enfants se sentent en confiance et nous font part plus facilement de la réalité de leur rapport avec la scolarisation. Ces actions nous permettent de repérer les enfants non scolarisé ou en difficultés et d’orienter plus efficacement notre médiation. Tous ces résultats d’action ont eu pour effet à la rentrée scolaire de 2010-2011, une légère amélioration de la scolarisation sur les aires où les plus en difficultés repérées. Nous avons observé l’arrivée de plusieurs enfants aux services de scolarité, là où l’année dernière (année scolaire 2009-2010) ils étaient absents.

Scolarisation CNED sur l’Aire d’accueil Toujours dans l’idée de scolariser leurs enfants dans un milieu sécurisé et adapté à l’itinérance, les Voyageurs s’orientent facilement vers une scolarisation au CNED à partir du secondaire. Cependant sur l’aire de Brignais, nous avions mentionné l’année dernière une scolarisation massive au CNED, à partir du CP sur la rentrée scolaire 2009/2010. Cette scolarisation était non seulement liée au groupe mais également à l’éloignement du lieu de scolarisation proposé (Chaponost). Ces familles avaient quitté l’utilisation du camion école depuis des années, pour aller notamment vers une scolarisation régulière de leurs enfants en primaire depuis plus de trois ans sur le territoire de Vénissieux. Sur le dernier trimestre de l’année 2009/2010, les enfants se sont retrouvés dans les camions écoles, pour rattrapper le retard considérable qu’ils avaient dans le rendu de leurs devoirs CNED. Avant l’arrivée des

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camions école, au cours des accompagnements CNED mis en place au siège de l’ARTAG, nous avons constaté avec plusieurs familles l’inadéquation du support CNED en ce qui concerne notamment les cours préparatoires. L’objectif de cet atelier expérimental « d’accompagnement au CNED » était de faire un bilan avec les familles pour constater que ce type de scolarisation n’était pas souhaitable, surtout au primaire. Sur cette base et après médiation auprès des familles, deux d’entres elles étaient intéressées pour scolariser leurs enfants à l’école, moyennant quelques aménagements pour l’une des familles. Par contre toutes les deux ne souhaitaient pas aller à l’école «référente» située à Chaponost, elles voulaient aller à l’école de Brignais, la plus proche de leur lieu de vie. Cette expérimentation, a permis également de recentrer l’action de l’ARTAG vers une aide aux devoirs des enfants scolarisés en école ordinaire. L’accompagnement au CNED demandé par les familles est bien plus proche d’une scolarisation déguisée plus que d’une aide aux devoirs. C’est pourquoi, comme cela se fait dans d’autres départements, il serait intéressant que les enfants du voyage « grands itinérants » scolarisés au CNED puissent être accueillis au sein des établissements scolaires, pour bénéficier d’une continuité pédagogique avec le même support. Depuis la rentrée 2010/2011, c’est l’école de Brignais qui accueille les enfants de l’Aire et l’Inspection Académique du Rhône a refusée les inscriptions au CNED des enfants au CP. La scolarisation a été ainsi favorisée, même si l’éloignement de l’aire d’accueil continue de créer des blocages pour certaines familles. Dans ce nouveau contexte, avec le support de la médiation, nous avons ainsi accompagné des familles pour des inscriptions dans les écoles de secteur, alors que leurs premières intentions étaient de les inscrire au CNED. Cependant, il importe de noter que toutes les familles ne font pas leur demande à l’I.A. du Rhône et que certaines familles ayant reçu un avis négatif de la part de l’I.A. se tourne vers l’instruction à domicile, avec un coût avoisinant les 700 Euros.  Ces difficultés rencontrées montrent bien que la possibilité de stationnement pérenne n’est pas le seul critère qui permettra de résoudre tous les problèmes liés à la scolarisation. En effet, certaines familles restent nostalgiques et accrochées à des dispositifs spécifiques tel que le CNED, le Camion école ou encore les classes communautaires. Ces différentes formes de scolarisation ont toujours été très sécurisantes pour les familles de par leur côté peu intrusif. Ce qui permet dans l’absolu de mieux préserver certaines particularités culturelles comme celle de l’entrée précoce dans le monde du travail. Pour certains Voyageurs quitter ce mode de scolarisation pour aller au collège entraînerait donc un renoncement à leur mode d’apprentissage pour aller vers l’inconnu qu’ils considèrent violent et sans intérêt du point de vue professionnel. Par contre et paradoxalement, nous pouvons voir aussi d’autres Voyageurs, itinérants autour du Grand Lyon, qui changent régulièrement d’aires d’Accueil et qui scolarisent systématiquement leurs jeunes au collège et repoussent les dispositifs spécifiques qu’ils jugent sévèrement. Ils sont peu parmi les usagers des aires, mais ils sont bien présents. Il importe également de noter le premier accompagnement scolaire d’un usager des aires d’accueil, au-delà de l’âge obligatoire en contrat d’apprentissage. Ainsi, nous pouvons dire que la réglementation du stationnement favorise clairement la scolarisation, mais que celui-ci n’est pas le seul critère à prendre en compte. Certains groupes ont plus de difficultés que d’autres à intégrer l’école.

La difficulté de la médiation autour de la scolarisation réside dans l’hétérogénéité du positionnement des voyageurs qui se nourrit par la diversité des réponses existantes sur un même territoire : Scolarisation au CNED, Camion école, école ordinaire, dispositifs spécifiques en école publique, dispositifs spécifiques en école privé…Une cohérence d’action au niveau du territoire est plus que souhaitable si nous désirons œuvrer ensemble pour une amélioration réelle de l’instruction des voyageurs.

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Certains sont dans la demande d’une scolarisation plus riche : « Je les (enfants) ai retiré de cette école car ils ne travaillent pas, ils avaient déjà tout vu dans les autres classes d’avant, c’est un niveau plus faible que dans les autres écoles… ». Propos recueillis sur l’Aire de Vaulx-en-Velin par rapport à une classe spécifique « enfants du voyage ». « Moi je veux que mes enfants aillent à l’école, ils y vont tous les jours. Je préfère les laisser dans la même école, la maîtresse elle est bien ». Propos recueillis sur l’aire d’accueil de Rillieux-la Pape. D’autres sont dans la demande d’une adaptation : « J’ai sorti ma fille du collège public « … » car nous, tu sais, dans quelques temps on ne sait pas où on sera, on ne pourra plus être sur la place, on va nous expulser. Ce sera plus simple de les mettre là-bas (dispositif spécifique mis en place dans un autre collège public), c’est qu’une journée par semaine! » Propos recueillis auprès d’une voyageuse, en demande de sédentarisation et résidente de l’Aire d’accueil de Vaulx-en-Velin en Septembre 2010, ayant deux enfants en âge collège. Et les voisins d’en face qui ont des enfants scolarisés à temps plein dans le public : « Je voudrais mettre ma fille dans le même collège que les voisines, 1 ou 2 journées par semaine c’est plus simple pour elle, comment je peux faire pour la scolariser là bas ? ». Propos recueillis en Novembre 2010, par une mère qui scolarise sa fille depuis trois ans en collège public. « Tu sais nous on préfère le camion école, tu sais moi j’ai appris à lire et écrire dans le camion école, ils venaient tous les jours sur la place, c’est mieux pour nous ». Paroles d’un voyageur de 25 ans, sur l’Aire de Caponne en Décembre 2010. D’autres sont dans l’analyse : «Le problème c’est que nos enfants ont du retard, ils ne savent pas bien lire et écrire, et on les met dans une classe avec d’autres enfants qui sont bien meilleurs, et ça ne va pas ! Ils sont découragés». Propos d’un Voyageur sur l’aire de Vaulx-en-Velin. D’autres sont dans la crainte d’une scolarisation au collège : Plusieurs jeunes, sédentaires sur la région lyonnaise, qui ont toujours été scolarisés depuis la maternelle jusqu’au CM2, se retrouvent déscolarisée à 12 ans : « Ma maman ne veut pas que j’aille au collège avec toutes les histoires de viols qu’il y a… » « je vais de temps en temps dans le camion école (d’un autre département), il y a toutes mes cousines et l’année prochaine il y aura ma copine qui est en ce moment en CM2 ». Propos recueillis sur un terrain sédentaire du sud lyonnais. Pour certains d’entre eux, leur seul rapport à la scolarisation est une présence irrégulière dans un camion école situé dans un autre département. Pour d’autres la scolarisation c’est le camion école : «Pour l’école on les emmène au camion, ils sont par là-bas ». Propos recueillis auprès des voyageurs de Lyon-Feyzin en Décembre 2010. Certains sont dans l’évitement et se jouent des failles du système : «Pour l’école c’est pas la peine, on va bientôt partir ! Et de toute façon les enfants sont inscrits à Lille, ils n’ont pas été radiés !». Parole d’un Voyageur sur l’aire de Vaulx-en-Velin.

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« Tant que je n’ai pas de courrier de l’Inspection académique mon fils reste ici ! ». Propos recueillis auprès d’un père voyageur sédentaire du sud lyonnais par rapport à son fils qui était scolarisé régulièrement en primaire et qui devrait être au collège - Novembre 2010. Propos du fils « Si ! Je m’ennuie ! Si ma cousine y va, j’veux bien y aller ! » - Février 2010. « Ma fille ne veut pas y aller, on va faire la demande de CNED à domicile » Propos recueillis auprès d’un père voyageur sédentaire du sud Lyonnais, à la sortie d’un accompagnement de la famille par l’ARTAG auprès de la principale du collège du village – Décembre 2010.  Parmi les groupes familiaux qui scolarisent systématiquement leurs enfants au primaire, il y a de nombreuses familles que l’on pourrait qualifier de «sédentaires». En effet, celles-ci se retrouvent sur les aires d’accueil par défaut de solution de sédentarisation sur le secteur. C’est l’ancrage territorial de la famille qui déterminera l’aire ou les aires à occuper. Celui-ci, peut déjà remonter à plusieurs générations. La connaissance du territoire leur permet de créer des liens réels avec l’environnement local, les différents acteurs locaux et les établissements scolaires.  D’autres familles plus proches de l’itinérance et disposant d’un passif de scolarisation traditionnelle moins prononcé que les autres, vont quant à elles mettre en avant les carences institutionnelles et leur « peurs » pour justifier leurs difficultés à mettre les enfants à l’école.

₪ La scolarisation au CNED : Cette forme de scolarisation, est très répandue chez les Gens du Voyage. Elle peut être considérée comme une forme massive de la scolarisation des itinérants, mais également chez les sédentaires. Dans le Rhône, l’Inspection Académique refuse systématiquement ce type de scolarisation pour les Voyageurs sédentaires et plus récemment pour ceux qui résident à longueur d’année sur différentes aires d’accueil Lyonnaises. Ces derniers sont le plus souvent des Voyageurs sédentaires qui se retrouvent sur les aires d’accueil, à défaut de solution de sédentarisation. Ce type de scolarisation est très ambigu car, s’il correspond bien aux besoins des personnes itinérantes, encore faut-il qu’elles soient bien accompagnées durant leur stationnement pour permettre de vraies acquisitions.  Lorsque les Voyageurs stationnaient en grande majorité sur des aires sauvages, c’est le personnel enseignant de l’ASET qui prenait en charge ce type d’accompagnement. Celui-ci était limité par les moyens et les possibilités qui leur étaient données pour couvrir tout le Département du Rhône.  Depuis l’émergence des aires d’accueil, la question de cet accompagnement reste entièrement posée. Pourtant, lorsque l’élève ne dispose pas d’accompagnement suffisant dans son entourage familial, il est indispensable pour lui de bénéficier d’un solide accompagnement extérieur. Sans quoi, l’inscription au CNED serait juste une logique d’évitement de la scolarité classique.  Jusqu’à maintenant la double scolarisation CNED/Collège n’est pas possible. C’est pourquoi, jusqu’à aujourd’hui, en dehors de dispositif spécifique, un élève inscrit au CNED peut difficilement intégrer un collège de secteur pour une aide ou un suivi ponctuel. Pour solutionner ce problème, une réflexion est en gestation pour mettre en place un dispositif d’accueil pour les enfants inscrits au CNED, dans les collèges de secteur. En attendant que celui-ci se réalise, l’ARTAG oriente vers les structures locales d’aide aux devoirs ou d’accompagnement à la scolarité.

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Durant l’année civile 2010, la permanence CNED de l’ARTAG a réalisé le suivi des 52 dossiers de l’année scolaire 2009-2010 et a accompagné la constitution de 66 dossiers d’inscription pour l’année 2010-2011. Méthodologiquement parlant, cet accompagnement connaît trois temps forts dans l’année civile : - en début d’année scolaire pour remplir les dossiers d’inscription (septembre à Décembre) - à la réception des cours pour les formalités administratives et pour définir l’organisation et la méthode de travail (Décembre à janvier) - pendant l’année scolaire pour un accompagnement pédagogique. (Décembre à Juin) Tableaux Synthétiques sur l’Accompagnement à la Scolarisation CNED pour l’année 2010 Graphique 1. Répartition des demandes inscriptions CNED par académie A travers les données du graphique 1, nous pouvons constater que par rapport à l’année dernière les inscriptions hors Académie sont plus importantes. Ceci s’explique par une volonté de l’Inspection Académique du Rhône d’attribuer le CNED seulement pour les grands itinérants et non plus aux Voyageurs dans leur grand ensemble. Les autres Inspections Académiques, jugées moins exigeantes par les Voyageurs, ont eu leur préférence. Ceci souligne bien que la problématique de la scolarisation chez les Gens du Voyage doit se traiter au niveau national. Graphique 2. Répartition des demandes inscriptions CNED par niveau scolaire. A travers le graphique 2, nous constatons que la majorité des inscriptions au CNED concerne la scolarisation au second degré. Celle-ci représente plus de 85% des demandes sur l’année. Ceci met en relief la stratégie des voyageurs pour éviter une scolarisation au Collège.

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 Les enfants inscrits au CNED Collège à partir de 12 ans sont majoritairement dans des cycles de remise à niveau. Ceux-ci reprennent les bases des cours préparatoires (niveau 1), des cours élémentaires (niveau 2) et des cours moyens (niveau 3).

Graphique 3- Nature de la scolarisation antérieure à la demande CNED, pour les enfants agés de plus de 12 ans.

La majorité des demandes de scolarisation au CNED se réalise après une scolarisation plus ou moins régulière en école ordinaire. Ce graphique lié au précédent tend ainsi à montrer le faible niveau d’acquisition des élèves en école primaire.

 Ainsi, la scolarisation au CNED Collège, dans des cycles de remise à niveau, n’est autre qu’une deuxième scolarisation au primaire.  Ceci ne présente donc aucunes garanties d’insertion professionnelle pour la majorité des jeunes de 16 ans qui sortiront de leur scolarité avec un niveau primaire.

₪ La scolarisation chez les Voyageurs sédentaires Contrairement aux idées largement répandues, la vie sédentaire n’est pas forcément synonyme de scolarisation pérenne. Si nous constatons une scolarisation plus importante en primaire celle-ci ne va pas de soi ; notamment, lorsque l’on évoque les problèmes d’assiduité ou bien d’orientation spécialisée.  La majorité des interventions de l’ARTAG se repartissent sur trois domaines : l’accompagnement à la scolarité (type aide aux devoirs), la médiation autour de la déscolarisation et l’accompagnement des familles dans la mise en place d’une scolarisation adaptée.

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« Types d’Interventions auprès des Gens du Voyages Sédentaires en 2010»

COMMUNES

Nbre. De Dossiers

TYPE D'ACCOMPAGNEMENT Suivi Scolarisation, recherche d’adaptation, Orientation…

Primaire CALUIRE FEYZIN

Collège

Accompagnement à la scolarité (CLAS)

Primaire

Collège

Absentéisme, Exclusion, Déscolarisation

Primaire

Collège 1

11

4

1 13

GIVORS

2

2

IRIGNY

1

1

MEYZIEU

1

1

MIONS St PIERRE DE CHANDIEU St LAURENT D'AGNY St LAURENT de MURE St PRIEST

2

2

2

2

1

3

2

1

16

1

2

11

3

1

1

TERNAY TOTAUX 2010

48

5

3

11

3

1

1

12

14

 Les Ruptures Scolaires (26) : Cette année l’ARTAG a été encore plus fortement sollicitée pour résoudre des problèmes d’absentéisme ou de déscolarisation. Ces interventions ont été demandées en premier lieu par les familles confrontées à une exigence plus importante de la part de l’Inspection académique en matière d’obligation scolaire. En second lieu, nous avons été contactés directement par l’intermédiaire des institutions scolaires pour un accompagnement des familles dans un objectif de favoriser la scolarisation en école ordinaire. Les interventions de l’ARTAG se sont réalisées sous deux angles : un accompagnement individuel des familles vers les institutions scolaires et un accompagnement collectif en partenariat avec les collectivités locales et l’Inspection Académique. Le premier type d’intervention consiste a amené les deux parties : familles et institutions, à échanger et trouver un accord sur la mise en place d’une scolarisation la plus adaptée possible au niveau de l’élève. Lorsque les deux parties sont bien identifiées et sont elles mêmes en lien, la médiation par la mise en place d’une écoute partagée prend toute son ampleur et sa pertinence dans l’acceptation de cette scolarisation. Par contre lorsque l’une des parties vient elle-même à faire preuve d’absentéisme, la médiation ne peut être là pour marquer à elle seule le cadre de l’obligation scolaire. C’est pourquoi nombre d’enfant en âge d’être scolarisé au collège continue de rester « aux abonnés absents », même après avoir été scolarisés régulièrement au primaire ! Le deuxième type d’intervention a consisté à élaborer une réponse collective face à un absentéisme scolaire (primaire) prononcé uniformément au sein d’un même

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groupe familial, situé sur le territoire de Feyzin. La convocation des familles auprès de l’Inspection Académique, la prise en compte de la parole des voyageurs en ce qui concerne leurs difficultés, la mise en place de moyens par la Ville pour répondre à celles-ci et la médiation de l’ARTAG a permis la réalisation d’un projet spécifique dès la rentrée scolaire 2010-2011. Celui-ci s’est concrétisé par la mise en place d’une navette qui emmène les enfants à l’école 4 matinées par semaine. Les autres trajets sont assurés par les familles. Le projet est en cours d’évaluation mais nous pouvons d'ores et déjà noter une nette amélioration de la fréquentation. Cependant, l’Inspection Académique note que l’objectif d’une présence régulière à l’école n’est toujours pas atteint. D’autres groupes de réflexion sont actuellement en cours sur d’autres territoires.

 L’accompagnement à la scolarité (14). L’ARTAG, dans le cadre d’un projet CLAS : Contrat Local d’Accompagnement à la Scolarité, intervient auprès des familles des gens du voyage sur le territoire de St Laurent de Mûre et de St Jean d’Ardières. Ce type d’intervention est mis en place pour les enfants scolarisés en école ordinaire. Il se déroule en deux temps : la première partie est consacrée à l’aide aux devoirs et la deuxième partie aux activités manuelles (ouvert à tous). L’objectif est de travailler sur la scolarisation précoce et sur l’accompagnement des parents pour qu’ils puissent être en mesure d’accompagner la scolarité de leur propre enfant. Ces objectifs étant pratiquement atteint sur le premier terrain cité nous intervenons depuis la rentrée scolaire 2010-2011 sur un deuxième terrain : St Jean d’Ardières. Ce travail se fait en partenariat avec les écoles et les structures locales. (cf. infra partie accompagnement à la scolarité).  Le suivi de la scolarisation (8) :

La majorité des demandes issues des familles sédentarisées, lorsqu’elles ne sont pas dues aux ruptures scolaires sont liées à des accompagnements pour une scolarisation spécialisée ou une scolarisation au CNED. Pour cette dernière, sur le territoire du Rhône, la scolarisation au CNED pour les sédentaires est refusée systématiquement, mais cela n’empêche pas certaines familles de faire la demande, d’obtenir un avis négatif de l’Inspection Académique du Rhône ou un avis positif d’une autre académie.

La scolarisation spécialisée est souvent une douloureuse décision à prendre pour la famille. Les familles ont besoin d’être accompagnées autant dans leur choix que dans les nombreuses démarches administratives que cela engendre.

₪ Conclusion : L’émergence des aires d’accueil et la réalisation des projets d’habitats sédentaires ont permis une stabilité du stationnement qui a généré une amélioration de la scolarisation en maternelle et au primaire. Cependant, certains groupes plus éloignés de l’école traditionnelle ont toujours du mal à fréquenter les l’Ecole. Ils restent attachés aux différents dispositifs spécifiques qui peuvent être mis en place et ne ressentent l’obligation scolaire parfois qu’à travers le prisme de la CAF. En ce sens, parmi les voyageurs, certains ont pris peur à l’évocation de la nouvelle loi concernant l’absentéisme scolaire. Pour le secondaire, des difficultés subsistent, il y a toujours une forte démobilisation dès l’entrée au collège. Que ce soit sur les aires d’accueil ou sur les terrains sédentaires, la

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déscolarisation et la rupture scolaire sont toujours d’actualité. Il s’agit donc de lutter autant pour le maintien dans l’école, que pour l’accès à cette même scolarité. Pour ce faire, la scolarité nécessite l’existence d’un cadre et surtout de son animation. De plus, les Voyageurs comme tous les acteurs autour de la scolarité des Gens du Voyage, doivent s’interroger sur leur méthode d’apprentissage pour les générations à venir. Pour bien matérialiser l’évolution qui est en cours, il importe de souligner que quelques jeunes se projettent vers l’obtention d’un diplôme. En effet, certains désirent affiner et valider les compétences professionnelles déjà acquises dans le cadre du cercle familial. Cette validation est recherchée le plus souvent dans le cadre d’une formation professionnelle de type Mission Locale, et non dans le système scolaire classique dans lequel ils ont du mal à se reconnaître.  Cette mutation marque une prise de conscience des Voyageurs de la nécessité de faire face aux nombreuses évolutions de la société, avec laquelle ils ont toujours été dépendants. C’est grâce à cette capacité d’adaptation que les Gens du Voyage ont su traverser l’histoire sans perdre leur culture. C’est donc sur cette base que nous pourrons construire une scolarisation respectueuse de la culture de chacun : Voyageurs et non Voyageurs.

L’insertion des jeunes L’insertion des jeunes Voyageurs ne s’exprime pas de la même manière que pour les jeunes Gadjé. Tout d’abord, la plupart des jeunes de cette communauté aspirent à reprendre les activités de leur père quelle que soit la rentabilité économique de celles-ci. Ce désir se matérialise par la sortie du système scolaire pour apprendre avec le père. Aujourd’hui cette pratique est remise en cause par l’obsolescence, de plus en plus prononcée, de certaines pratiques professionnelles ou bien par une profonde modification de celles-ci. Ainsi, le niveau scolaire de ces jeunes est consulté car, pour beaucoup d’entre eux, et notamment les sédentaires, il s’agit de préparer un accès au travail salarié, ce qui n’est pas dans leurs traditions. L’accompagnement vise, entres autres, à faire connaître aux jeunes Gens du Voyage les circuits de l’insertion pour mieux leur faire comprendre l’intérêt et la nécessité de la formation scolaire de base. Il s’agit bien sûr par ricochet de mettre en exergue l’intérêt de la scolarité pour les plus jeunes, notamment au niveau des parents. Ce type de travail au sein de l’association concerne bien tous les jeunes qu’ils soient itinérants ou sédentaires.

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L’accompagnement à la scolarité sur deux territoires : Saint-Laurent-de-Mûre et Saint Jean d’Ardières :

St Laurent de Mûre : 2008-2009 : 30 séance/an 2009-2010 : 20 séances/an : 15 séances/an 2010 : CLAS = accompagnement scolaire + animation. + Une sortie « Parc des Oiseaux » en Juin 2010 St Jean d’Ardières à partir de novembre 2010 : 3 séances CLAS = accompagnement scolaire + animation Les échanges avec les enseignants et les Directeurs de l’école primaire se sont intensifiés. Cela a permis de travailler dans la continuité des dispositifs d’aide personnalisé mis en place pour certains enfants du voyage, comme le PPRE : Programme Personnalisé de Réussite Educative. En ce qui nous concerne, ces rencontres avaient deux principaux objectifs :  affiner notre connaissance des besoins de l’élève et transmettre à l’équipe accompagnatrice les objectifs et les plans d’actions qui ont été prévu pour que l’enfant progresse.  faire part aux enseignants les réussites des enfants dans l’activité périscolaire. Ensuite sur cette base, nous pouvions accompagner l’enfant dans ces difficultés de manière plus efficace. Si l’enseignant sait ce qui a été fait lors de l’accompagnement scolaire, il peut s’appuyer dessus, y faire référence. « Il y a une complémentarité entre ce que l’enfant vit à l’école et ce que l’enfant vit en dehors de l’école. »  D’un point de vu organisationnel, 2 animateurs vacataires et le chargé de mission scolarisation animation étaient présents, pour accompagner les enfants. L’accompagnement à la scolarité a été proposé aux enfants 2h par semaine le mercredi après-midi, sur le terrain dans un camion aménagé en salles d’activités. Une première partie était consacrée au travail scolaire (1 h), ensuite nous avons proposé aux enfants des activités diverses (1 h). Deux séances ont été consacrées à des sorties de découverte.  Notre objectif est toujours de travailler avec les enfants la méthodologie pour acquérir « le métier d’élève », mettre en avant (expliciter) les compétences importantes pour l’école.

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Pour cela nous avons :    

travaillé avec les enfants par groupes de niveaux. Chaque intervenant suivait un petit groupe d’enfants. travaillé principalement sur la méthodologie : écriture de la date, lecture de la consigne, faire raconter à l’enfant ce qu’il a appris, lui faire dire comment il va s’y prendre pour faire son exercice … cherché avec certains enfants des méthodes pour la gestion de leur matériel scolaire proposé systématiquement aux enfants qui n’avaient pas de travail soit :  de revenir sur un exercice ou une leçon qu'ils n'avaient pas bien compris  de faire des fiches de mathématique, de français ou d'histoire pour compléter leur classeur personnel  de choisir des livres qu’ils pouvaient lire seuls où que nous leur racontions, d’écrire une lettre…

 

choisi de consacrer certaines séances - avec quelques enfants – à des discussions informelles afin d’aborder leurs difficultés avec l’institution scolaire (ou leurs satisfactions) pour certains enfants très en difficulté, délaissé les devoirs (trop en décalage avec leur niveau scolaire réel) au profit d’autres activités leur permettant de se retrouver dans des situations de réussite et mobilisant leur capacité de concentration (petits jeux mobilisant du vocabulaire, jeux sur les sons, les rimes, jeux de construction nécessitant de respecter les consignes d’une notice, jeux de Société exigeant le respect de règles simples…) valorisé les enfants dans ce qu’ils sont (leur culture, leurs points forts …) et mettre en avant leur réussite.

Cet accompagnement d’une heure, qui représente le premier temps de l’activité est en étroit lien avec la partie « Animation, Découverte et Expérimentation scientifique » qui se déroule en deuxième heure.

L’animation, la découverte et l’expérience scientifique L’accès aux services socioculturels de proximité est toujours difficile pour les Gens du Voyage qui sont situés sur des zones éloignées du centre. Les familles résidant sur un terrain sédentaire ou sur une aire de séjour ne fréquentent pas, pour diverses raisons, les structures de loisirs de la commune. Par ailleurs, ces structures connaissent mal les Gens du Voyage.  Pour faire face à cette réalité, l’Artag a continué de mettre en place des animations sur les terrains en essayant de faire intervenir les acteurs locaux, ainsi que différents partenaires. L’objectif visé est :  Créer des activités sur les aires des Gens du Voyage et dans les structures locales.  Impliquer les parents dans la conception ou l’encadrement de certaines animations  Permettre aux structures locales d’approcher la culture des Voyageurs. A terme, l’objectif est toujours de donner du sens aux activités intellectuelles, afin de faciliter l’accès aux savoirs et donc à la scolarité des Gens du Voyage.

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₪ En 2010, 75 interventions d’animation

Nombres d’interventions 75

Nombres de Terrains 14

Personnes présentes pendant l’animation Enfants Adolescents Jeunes Adultes adultes

Personnes touchées

527

868

36

23

193

Sur les 75 animations :  21 (17 de janv. à juin 2010 et 4 de octobre à décembre2010) ont été réalisées sur la commune de St-Laurent-de-Mûre, dans la continuité de l’accompagnement à la scolarité inscrit dans le CLAS;  4 (de Octobre à décembre 2010) étaient réalisées sur la commune de St-Jean d’Ardières dans la continuité de l’accompagnement inscrit dans le CLAS;  44 ont été réalisées dans le cadre d’un projet CUCS : sur 8 terrains situés sur les communes de : Brignais, St Priest et StGenis-Laval, Rillieux-la-Pape et Meyzieu. (3 sédentaires + 5 aires d’accueil).  1 séance d’animation pour les enfants de moins de 4 ans et leurs parents en partenariat avec l’ACCEP Rhône a eu lieu sur l’Aire d’accueil de Chassieu et celle de St Priest. 

2 animations sur Vaulx-en-Velin avec des acteurs locaux.

 1 animation sur l’Aire Accueil de Craponne, cette animation a été mise en place afin d’aborder la scolarisation avec les parents

Les Animations sur Saint-Laurent-de-Mûre et St Jean d’Ardières

Par le biais d’activités diversifiées, notre objectif est de permettre de susciter des questionnements, des intérêts qui puissent être réinvestis par l’école. Cette année nous avons plus particulièrement mis l’accent sur des Animations Scientifiques et sur l’apprentissage de Tours de magie avec une représentation auprès des parents. Les enfants ont tout particulièrement appréciés les animations scientifiques comme la fabrication du beurre, la réalisation d’un arc en Ciel…. Le spectacle été joué devant les parents le dernier Mercredi de la période scolaire et un montage vidéo a été réalisé. En dehors de ce projet qui a fait appel au sens créatif des enfants, de nombreuses activités ont eu lieu autour de différents thèmes : la cuisine, le vent, les «Bonjours» du Monde, Internet et diverses activités manuelles… Et pour relier les notions abordées pendant ces temps d’animation nous avons organisé une sortie culturelle :

 Une sortie « Parc des Oiseaux » en Juin 2010 80


Les Animations sur les aires d’accueil et les terrains sédentaires des Gens du Voyage du Rhône»(CUCS)

L’implantation des terrains d’accueil sédentaire ou de passage des Gens du Voyage se situe dans des zones éloignées géographiquement des services socio culturels de proximité Les familles ne fréquentent pas, pour des raisons socio-économiques et culturelles, les structures de loisirs de la commune. Par ailleurs, ces structures connaissent mal cette population et ses problématiques. Nous souhaitons alors proposer des séances ponctuelles d’activités destinées aux enfants ou aux adultes, vivant sur les terrains d’accueil des Gens du voyage.

Animation aire d’accueil de Rillieux-la-Pape

Notre projet nécessite la présence de personnels de structures de loisirs des différentes communes. Ceci dans le but de créer un premier lien entre les structures et les familles et de leur faire découvrir les activités proposées sur les communes citées. Le partenariat avec ces structures est une partie importante de l’action. Le contenu des activités proposées est dans la mesure du possible préparé conjointement avec les intervenants des structures locales, en tenant compte de la demande et des besoins repérés des familles. Nous poursuivons les objectifs suivants : 

Créer avec les partenaires locaux (Service Petite enfance, Service jeunesse, Centres Sociaux, bibliothèques), un espace collectif d’activités pour les enfants sur le territoire des communes. A court terme, il s’agit de les intégrer dans des activités de loisirs proposées sur la commune. A moyen terme, il s’agit de permettre à ces structures de les accueillir.

Créer conjointement avec les partenaires locaux « Centre Sociaux, Médiathèque…» un espace collectif d’activités autour de l’écrit pour les adultes et les jeunes adultes. Cet espace sera mis en place sur le terrain et au Centre Social. A court terme, il s’agit de permettre à cette structure de les accueillir. Celuici permettra de développer une autonomisation des adultes et jeunes adultes sur l’utilisation de l’outil informatique.

Globalement, les animations se sont bien déroulées, la majorité des enfants participent aux animations. Les parents ont été également présents et leur implication va d’un simple passage à une participation plus active. Leur présence a aussi contribué à la réussite de l’animation.  L’expérimentation d’animations autour de l’outil informatique est un support qui a beaucoup plu, il permet d’appréhender l’écrit et la lecture de manière plus ludique. Cela dit le partenariat reste insuffisamment développé dans certaines communes même si un travail a été enclenché.

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Il est à souligner que quel que soit le lieu, les parents sont présents au moment des animations et suivant les territoires, ils sont parfois force de proposition quant au contenu ou à la thématique de l’animation. L’animation avec l’outil informatique est une demande des adultes ; la réponse qui a été proposée demande à être développée. Les familles montrent un intérêt aux animations et pour celles qui s’investissent, elles en retirent une grande satisfaction. En effet, cette implication leur permet d’être valoriser dans leur savoir faire. Avant chaque animation, le chargé de mission de l’ARTAG et, ou un partenaire passent sur le terrain pour informer les familles. La communication est plutôt orale, elle s’accompagne parfois d’un support écrit.

Pour l'année 2011, il s'agit de poursuivre le travail qui a pris place depuis plusieurs années en mettant l’accent sur le partenariat. Finalité : - Favoriser l’ouverture sur l’extérieur et lutter contre l’isolement de cette communauté Objectif général : - Ajuster l'intervention de l'ARTAG auprès des familles résidant sur les Aires d’Accueil et les terrains sédentaires en fonction de la demande sociale et des besoins repérés. L'idée est de proposer aux familles des temps collectifs d'animation sur et en dehors des terrains où ils vivent. Les différentes activités développées permettent ainsi de créer et de renforcer les liens entre les familles vivant sur et en dehors des ces espaces, entre les familles et l’ARTAG, entre les familles et les acteurs locaux. La connaissance de ces derniers leur permettra d’utiliser les services de la commune comme tout habitant et à terme d’être acteurs de la vie sociale locale. Les objectifs pour 2011 s'articulent autour de trois axes : 1. Prendre en compte la dimension famille en développant la présence des parents dans les animations, notamment en favorisant leur implication 2. Construire le partenariat avec les acteurs locaux en mettant en place des actions communes sur et en dehors des terrains des gens du voyage. 3. Accompagner l'inscription des familles voyageuses dans des structures des communes concernées

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Les activités de l'Artag

₪ L’action Culturelle La

médiation culturelle a toujours été considérée comme un axe de travail essentiel pour

l’ARTAG. Elle vient en appui de façon complémentaire et transversale dans la politique globale de lutte contre les discriminations des Gens du Voyage, lutte que mène l’ARTAG depuis de nombreuses années. Dans le contexte politique et économique actuel, si difficile pour les associations, notamment pour les associations d’accompagnement et de défense des Gens du Voyage, le maintien d’une action culturelle organisée peut être perçu comme un « luxe ». Pourtant le constat est là : les demandes d’actions et de médiations culturelles ne cessent d’augmenter.  La création des aires d’accueil, la réalisation de projets d’habitat pour les familles sédentaires, l’arrivée dans les écoles de petits Voyageurs… ont redonné une certaine visibilité aux familles du Voyage, et ainsi, ont fait émerger des questionnements de la part des habitants et des institutions. Les sollicitations sont nombreuses et proviennent de tous les départements de la région, d’autant que les associations partenaires régionales ne semblent plus pouvoir répondre aux besoins en termes d’actions culturelles.

 Enfin, c’est aussi par la culture que le lien se crée avec les Voyageurs. La participation des Voyageurs est la condition première à l’organisation d’évènements culturels, et cela aussi bien au stade de l’écriture du projet, de sa conception, qu’à celui de l’animation le jour de l’évènement. Préparation de la soirée de restitution suite au Voyage de la mémoire à Auschwitz-Birkenau

 La dimension culturelle est indissociable de l’identité des Voyageurs et doit être prise en compte. La méconnaissance ou la non prise en compte des traditions, codes culturels ou encore de l’histoire de la communauté, entretient la ségrégation et le rejet. Ainsi, de nombreuses actions d’information et de sensibilisation sont menées par l’ARTAG auprès du grand public ; tout en privilégiant la rencontre et l’échange.  L’action culturelle c’est enfin et surtout celle qui s’adresse aux Voyageurs ; car appréhender sa culture, son histoire, permet de s’identifier en tant qu’individu appartenant à un groupe (famille, communauté…). Cela permet dans un second temps de se resituer dans la société dite majoritaire.

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L’action culturelle à l’ARTAG : Festival Itinérances Tsiganes Journal Monde Tsigane Centre de documentation spécialisé Manifestations culturelles ponctuelles Actions d’information et de sensibilisation

Nos objectifs :  Développer auprès du grand public la connaissance de la culture, des spécificités, conditions et mode de vie des Gens du Voyage.  Favoriser et développer l'accès à la culture pour les familles du Voyage.  Promouvoir le travail de proximité et de défense réalisé par l'association, avec la participation active des Gens du Voyage.  Favoriser les échanges entre les Gens du Voyage et les Gadjé.  Encourager les Gens du Voyage à se saisir des moyens d’expression divers.

₪ Année 2010 :: année de la mémoire :  L’année 2010 a été marquée par l’aboutissement d’un important travail autour de la mémoire, avec un groupe de Voyageurs engagés au sein de l’association. Différents projets ont vu le jour ces dernières années, notamment autour de la reconnaissance du sort de toutes les communautés « tsiganes » pendant la seconde Guerre Mondiale, en France avec l’Internement (cf. Projet Une Mémoire Française et le Festival Itinérances Tsiganes), en Europe autour du génocide. Puis c’est un travail sur la transmission de cette mémoire qui a été amorcé. (cf.partie Voyage à Auschwitz)

Les actions culturelles ponctuelles : Information & sensibilisation Les actions mises en œuvre prennent des formes diverses, selon les demandes, les partenariats et les besoins, mais elles se déclinent toujours autour de ces objectifs : Sensibilisation, Information, Enrichissement par la rencontre et la diversité culturelle. La loi Besson a permis ces quatre dernières années le développement d’aires d’accueil sur différentes communes du département, plus exactement 22 aires d’accueil pouvant accueillir les gens du voyage itinérants. L’accueil fait à ces nouvelles formes d’habitat n’a pas toujours été positif ; avant tout par méconnaissance ce qui génère fantasmes et phénomènes de rejet.

Au-delà de l’imagerie traditionnelle de la gitane et du panier d’osier, il s’agit de faire valoir l’inscription territoriale d’une culture, d’une communauté.

Aider les Gens du Voyage à s’organiser pour qu’ils témoignent eux-mêmes des richesses de leur culture, mais aussi de leurs conditions de vie et de leurs attentes.

Il s’avère que dans les communes où une information et une sensibilisation ont été organisées, ces peurs ont diminué rapidement et l’installation ou le projet de création a pu prospérer sans trop de difficultés.

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₪ Méthodologie :  Beaucoup d’actions sont menées suite à une sollicitation externe (structures locales culturelles, sociales, collectivités…)  La demande est ensuite évaluée par le chargé de mission pour apporter une réponse adaptée  Les Gens du Voyage sont mobilisés pour leur participation.  Mise en place de l’évènement et/ ou création d'outils pour répondre aux besoins  Interventions en binôme : Voyageurs- Administrateurs ou salariés Gadjé

₪ La Médiation culturelle : L'Artag est régulièrement sollicitée par des structures locales (sociales ou culturelles), pour participer à des manifestations sur le thème de la défense des droits de l'Homme et de la lutte contre les discriminations. D’autres rencontres sont également mises en place à la demande, sur des aspects plus culturels. Le mode rencontre-conférence autour de l’histoire, la culture et le mode de vie des Gens du Voyage est souvent adopté. Ces invitations plus personnalisées sont Médiathèque de Bron, mai 2010. généralement émises par certaines communes ou Animation d’un débat par le Président et le communautés de communes, lorsque ces dernières directeur de l’Artag souhaitent organiser des moments forts autour de la question des Gens du Voyage de manière générale, ou pour accompagner ou anticiper l’ouverture d’un terrain à destination des Gens du Voyage (aire d’accueil, habitat adapté, terrain familial..) L’ARTAG est en effet fréquemment sollicitée pour intervenir lors de réunions d'information sur l'implantation d’aires d’accueil ou de terrains sédentaires locatifs: expliquer la loi, les conditions d'accueil et sensibiliser sur le mode de vie des Gens du Voyage, permet d’anticiper et de neutraliser nombre de conflits. Dans le cadre de la médiation culturelle, différentes manifestations culturelles peuvent alors proposées par l’ARTAG ; du stand d’information à la conférence, en passant par l’organisation de venue d’expositions thématiques, ou la venue d’artistes autour de la musique ou du conte.

2010 Partenariat Ville et Bibliothèques de Vaulx-en-Velin : C’est ainsi que la ville et les bibliothèques de Vaulx-en-Velin ont sollicité l’Artag afin de les accompagner dans la mise en place de différentes actions autour des Gens du Voyage.

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Ce partenariat était fondé autour de trois axes: - un temps de formation-sensibilisation des acteurs de la ville, sur l’histoire, la culture et les politiques publiques qui concernent les Gens du Voyage : soit 12 agents de la ville formés. - un accompagnement du Bibliobus de la ville sur l’aire d’accueil de Vaulx-en-Velin : présentation du Bibliobus aux familles de l’aire, rencontres en amont avec l’équipe, développement du fond documentaire… - un accompagnement dans la programmation d’un mois d’évènements culturels autour de la culture Tsigane. La manifestation « Carnet de voyage en pays Tsigane » conduite par les Bibliothèques de Vaulx-en-Velin, a été en effet ponctuée de rencontres-débat avec le public vaudais, avec notamment la venue d’Alain Reyniers (Ethnologue et directeur des Etudes Tsiganes), la présence de l’Artag afin d’apporter des compléments sur les réalités de vie locales des Voyageurs, et sur les attentes et le combats que mènent les Voyageurs en général, exprimés par la voix de Franck Sicler. Enfin, c’est l’exposition extraite de la BandeDessinée de Kkrist Mirror « Tsiganes, 1940-1946, Le camp de concentration de Montreuil Bellay » qui a été mise à disposition de la ville par l’Artag et la Maison des Passages. Soit 24 planches extraites de la BD, traitant de l’Internement de milliers de Tsiganes et du sort qui leur a été fait jusqu’à leur libération en 1946, cette partie de notre histoire a été présentée aux lecteurs de la bibliothèque Paul Eluard.

Les soirées et partenariats ponctuels : Le partenariat avec le cinéma Amphi à Vienne (38)

Dans le cadre du festival Jazz à Vienne c’est une soirée CINE/CONCERT qui a été organisée en partenariat avec l’ARTAG, avec la projection du film SWING puis de le venue d’un groupe local de Jazz manouche, les Frères Railleurs. Une présentation de l’association et une table de presse ont permis de toucher les 60 personnes qui étaient dans la salle.

Les évènements « coups de gueule » et militants : …la Caravane passe. Quel droit à l’errance aujourd’hui ?

Cette soirée, organisée par la Maison des Passages et le CIRDEL et accueilli par le TNP (Théâtre National Populaire) de Villeurbanne, fut organisée suite aux déclarations du gouvernement en juillet dernier à l’égard des Roms et des Gens du voyage, dans la continuité des mouvements de manifestations de septembre contre la politique de la haine. (cf. Actions associatives). Une soirée pour réaffirmer le droit à la circulation, le droit de jouir pleinement de ses droits en tant que citoyens français, européen, le droit au respect de sa dignité, quand les pouvoirs publics vous contraignent à une vie d’expulsions. La politique à l’égard des Roms et de biens d’autres populations migrantes, mais aussi le rejet et les discriminations subis par les Gens du Voyage, conséquences notamment de la loi de 69, étaient bien entendu au cœur du débat. La soirée fut rythmée par de nombreuses interventions organisées sous forme de plateaux : associatifs, artistiques et intellectuels, ce qui rendit la soirée dense, riche et marquante. En effet, pour les associations de défenses des droits on comptait La Cimade, le collectif CLASSES, mais également les Etudes Tsiganes et l’ARTAG.

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Pour les artistes, Anna Kupfer et les Sinti Swing nous ont une nouvelle fois rejoins, ainsi que Natacha Bezriche et des comédiens du TNP. Enfin, on a pu découvrir le très beau texte « pour un droit à l’errance » écrit spécialement par Patrick Chamoiseau, et lu par Albert Lévy président du CIRDEL. L’intervention d’Albert Lévy sur la loi de 69 et les Gens du Voyage fut une nouvelle fois très remarquée, comme celle de l’anthropologue Emmanuel Terray spécialiste des migrations. Le public était également venu en nombre, plus de 400 personnes ont assisté et beaucoup d’autres ont dû être refusées à l’entrée. La tenue de stand : lors de Festivals, Forum d’associations, Marchés solidaires… La table de presse est le meilleur moyen d’échanger de manière informelle avec le public lors des soirées et évènements autour de la culture, de la législation et du quotidien des Gens du Voyage. C’est souvent l’occasion d’un premier contact et d’une simple prise d’information du public, néanmoins, il arrive que les personnes (enseignants, étudiants, travailleurs sociaux…) fassent l’objet d’une orientation plus spécifique vers des partenaires ou des membres de l’ARTAG.    

Trimestriel Monde Tsigane, édité par l'association. Livre « Gitans, Manouches et Voyageurs des Marais » crée par les enfants de l'école des Marais de Décines. Présentation du fonds documentaire du centre de documentation de l'ARTAG et mise à disposition de bibliographies spécialisées. Vente de livres, de CD d'artistes du voyage locaux…

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Le Festival « Itinérances Tsiganes » : Et le Projet « Une mémoire française » Le Festival né en 2006 tient à une programmation qui se veut variée et pluridisciplinaire afin de montrer la diversité que peut prendre l’art et l’expression de la culture tsigane. Cet art tsigane est représenté non seulement par la musique, dans toute sa diversité (gitane, manouche, des Balkans…), mais avant tout, au travers de diverses manifestations artistiques telles que la peinture, la sculpture, le conte…  Itinérances Tsiganes est avant tout un moment où l’on privilégie la rencontre et la connaissance de l’Autre. La rencontre entre cultures, avec de forts moments d’échanges lors de conférences, de soirées-conte, de projections de film-documentaires … mais aussi la rencontre avec le monde artistique. Itinérances Tsiganes est un festival qui se veut pluridisciplinaire, où chaque expression artistique trouve sa place. A travers le cinéma, le conte, les arts plastiques... des « artistes du Voyage » se donnent à voir et révèlent ainsi leur parcours et leur sensibilité, et par là même leurs combats pour la reconnaissance et l’égalité. C’est aussi, bien sûr, une manifestation ouverte à tous les personnes « gadjé » (non Voyageurs) emprunts de cette culture et qui, par leur art ou par leur compétences, souhaitent partager cette connaissance et cette passion avec le public.

Nos objectifs

₪ Promouvoir la culture Tsigane en tous lieux Notre but est bien de toucher le maximum de personnes, de tous âges et toutes catégories socioprofessionnelles et pas seulement les avertis. Et cela en essayant de multiplier les lieux et les partenariats. L’important est de nouer des partenariats avec d’autres acteurs travaillant contre les exclusions et sur la diversité culturelle : MJC, Centres Sociaux, Ecoles… en centre ville et en périphérie où les Gens du Voyage sont le plus souvent relégués.

La Cie Audigane à la MJC de St-Just, Itinérances Tsiganes 2008

₪ Soutenir et promouvoir des artistes du Voyage Chaque programmation se veut aussi variée que pluridisciplinaire. A chaque nouvelle édition, Itinérances Tsiganes réunit des artistes engagés et fiers de porter la mémoire et les traditions de leur peuple, mais aussi des artistes Gadjé amoureux de cette culture. Cela incite des rencontres riches, et parfois inattendues, entre le public, les Voyageurs et des passionnés voir des ‘experts’ de la question.

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₪ Bilan 2010 1940 - 2010 : 70 ans de silence autour de l'Internement des Tsiganes Après une année de préparation et de recherches, une édition spéciale du festival Itinérances Tsiganes a vu le jour sur 2010, en cette année de commémoration pour tous les Voyageurs de France : Gitans, Manouches, Sinté, Roms, Yéniches… victimes d’une politique raciale menée par la France entre 1940 et 1946. En effet, en France, de nombreuses familles tsiganes (plus de 6000 personnes), considérées comme « Nomades », ont subi l’assignation à résidence, puis l’Internement dans des camps mis en place, régis et cautionnés par trois gouvernements français, entre 1940 et 1946. Pendant plus d’un an, à l’occasion des 70 ans de ces premières mesures d’Internement, de nombreuses associations de Gens du Voyage, des associations de défense des droits, se sont unis à des artistes « du Voyage » pour faire reconnaître cette histoire occultée, autour du programme national « Une Mémoire Française. Les Tsiganes pendant Seconde guerre mondiale : 1939-1946 ». Ainsi, des actions d’information, de sensibilisation et des temps de commémoration ont été programmés sur l’ensemble du territoire français durant toute l’année 2010.  L'objectif du projet était de faire connaître la spécificité du traitement des Tsiganes en France pendant la Seconde Guerre mondiale, ses origines ainsi que le contexte plus général du génocide tsigane en Europe ; de porter à la connaissance du plus grand nombre ces faits trop souvent occultés et de rendre hommage aux victimes.  A termes, les attentes des associations sont évidemment très concrètes :  une reconnaissance officielle de la responsabilité de la France ;  une réhabilitation de cette histoire dans les manuels scolaires,  une mention spéciale lors des cérémonies commémoratives,  une valorisation des lieux de mémoire…

Tableau de Gabi Jiménez, artiste engagé dans le projet « Une Mémoire française »

Au niveau national un comité d'organisation et un comité scientifique en ont établi le cadre et l'esprit : - la connaissance/reconnaissance de cette période est nécessaire pour tous les citoyens français, dont une composante définie sous la catégorie "nomade" par la loi de 1912 fut victime d'un déni de justice - appréhender les conséquences de ces évènements, comprendre comment est pensée la catégorie "Gens du voyage" de nos jours et quels risques en découlent. L'objectif de cette année mémorielle est également de susciter et d'encourager des travaux de recueil de témoignages, de mémoire familiale et la production d'un livre du souvenir ainsi que des travaux de recherches sur les lieux d'internement et à partir des archives.  Dès 2009, un important travail de recherches sur cette période de l’histoire a été entamé localement avec un groupe de Voyageurs de l’ARTAG et par la Maison des Passages. Ce travail s’est poursuivi en 2010, quelques éléments ont été retrouvés dans les archives, mais il y a là un véritable travail d’historien et de documentaliste à poursuivre que l’ARTAG ne peut assumer.

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C’est donc naturellement que pour la quatrième édition du festival Itinérances Tsiganes, La Maison des Passages et l’ARTAG, ont souhaité travailler autour de ce projet « Une mémoire française, les Tsiganes pendant la Seconde Guerre Mondiale, 19391946 » Ce projet a été mené avec de nombreux partenaires sur le département du Rhône et sur la région, toujours dans cette perspective de régionaliser ce festival afin de lui donner une autre ampleur et une véritable cohérence sur l’ensemble du territoire.

₪ Partenaires 2010 Nous recensons 18 partenaires régionaux dont 4 Bibliothèques (Bibliothèque du 5ème / Point du Jour, Bibliothèques de Vaulx-en-Velin, Médiathèque Jean Prévost (Bron), Médiathèque du Bachut (Lyon 8ème), 2 lieux institutionnels de la mémoire (Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, Musée Départemental d'Histoire de la Résistance et de la Déportation de l'Ain et du Haut-Jura), 10 cinémas sur 4 départements (Cinéma Amphi (Vienne – 38), Ciné Duchère (Lyon 9ème), Cin’Etoile (St Bonnet le Château – 42), Cinéma Le Club (Nantua - 01), Cinéma Jeanne Mourguet (Sainte-Foy-lès-Lyon), Ciné-Rencontre / Aqueduc (Dardilly), Comoedia (Lyon 7ème), Le Zola (Villeurbanne), Le Méliès (Saint-Etienne – 42), Cinéma Gérard Philippe (Vénissieux)), et 2 établissements scolaires (Collège Jules Michelet (Vénissieux), Ecole élémentaire de St Jean d'Ardières (Rhône)).

Nos partenaires nationaux dans le cadre du projet national « Une mémoire française. Les Tsiganes pendant la Seconde Guerre Mondiale, 1939-1946 » Etudes Tsiganes et le Collectif « Une mémoire française. Les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale, 1939-1946 » : ANGVC (Association Nationale des Gens du Voyage Catholique) / FNASAT-Gens du Voyage (Fédération Nationale des Associations Solidaires d’Action avec les Tsiganes et Gens du Voyage) / LDH (Ligue des Droits de l’Homme) / MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples)/ Romani Art / UFAT (Union Française des Associations Tsiganes).

₪ Manifestations 2010              

3 expositions, 7 projections de film, 7 projections d'un documentaire, 1 soirée contes tous publics, 1 conférence-débat, 1 commémoration, 1 vernissage concert, 1 animation contes auprès de familles de Gens du Voyage, 1 atelier artistique auprès des enfants du Voyage, 4 interventions artistiques en collège, 2 interventions contes en écoles, 3 visites guidées d'exposition de tableaux à destination des Gens du Voyage, 1 sortie familiale cinéma à destination des Gens du Voyage, Des stands d'information et de sensibilisation…

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₪ Public 2010 Plus de 20 133 personnes ont été touché pour cette édition 2010 : enfants, adolescents, adultes, tous publics dont Gens du Voyage... Lors des diverses animations on a pu compter 177 personnes.

₪ ACTIONS ET PROGRAMMATION

2010

 EN AMONT DU FESTIVAL Comité de pilotage du projet national // « Une Mémoire Française Les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale, 1939-1946. »

Année 2009 : Participation de l’ARTAG au Comité d'organisation du projet national « Une Mémoire Française. Les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale, 1939-1946. » Visite du Mémorial de la Shoah (Paris) le 20 janvier et mise en place du partenariat national autour du projet Une Mémoire Française. Participation à la Conférence de presse nationale Une Mémoire Française. Le 6 avril 2010 à l’Hôtel de Ville de Paris PARIS LE 6 AVRIL 2010 : Conférence de presse Une Mémoire française Franck Sicler (ARTAG) Gabi Jimenez (Romani Art), Samir Mile (La Voix des Rroms), Martine Duculty (ARTAG) et le réalisateur Tony Gatlif.

 Avant-première du film LIBERTE de Tony Gatlif L’ARTAG et la Maison des Passages furent partenaires de la soirée d’avant-première qui a eu lieu sur Lyon au Comoedia en février 2010. Deux séances simultanées ont dû être programmées au vue de l’affluence. Ainsi plus de 440 personnes furent présentes. Les projections furent ouvertes par un discours du vice-président de l’ARTAG et suivies d’un échange avec Tony Gatlif et l'acteur Marc Lavoine. De très nombreux Voyageurs étaient au rendez-vous.

Franck Sicler avec le cinéaste, Tony Gatlif, parrain du Programme Une Mémoire Française

Marc Lavoine avec le Vice-Président de l'Artag, Noël Fabulet et son épouse

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 Accompagnement du film LIBERTE de Tony Gatlif Le film Liberté du réalisateur Tony Gatlif a été accompagné par l’ARTAG à de nombreuses reprises dans des cinémas de Lyon et de la Région Rhône- Alpes  5 projections, suivies d’un échange avec l’ARTAG et les associations locales, dont 2 dans la Loire, 1 en Isère et 1 dans le département l’Ain.  On compte sur ces 5 projections Rhône-Alpes un peu plus de 400 personnes.  Une Sortie familiale (9 personnes) avec des Voyageurs de la commune de Mions au cinéma de Bron Les Alizés a été organisée dans ce cadre-là.  SOIREE D’INAUGURATION :

Conférence Les Tsiganes en France : un sort à part (1939-1946) C’est une conférence - débat qui introduit le festival, Les Tsiganes en France : un sort à part (1939-1946). Cette conférence fut animée par l’historienne Marie-Christine Hubert. Il faut également noter la présence de Gabi Jiménez, artiste-plasticien engagé dans le projet « Une mémoire française ». Environ 180 personnes (enfants, adolescents, adultes, tous publics dont Gens du Voyage...) ont assisté à la conférence. Il faut également noter la présence de l'Association APMV (Association Promotion en Milieu Voyageur) de Bourgoin (Isère) venu avec des familles du Voyage de l'Isère.

Extrait de l’article écrit en retour par des Voyageurs de l’Isère et l’équipe de l’APMV venue accompagner les familles lors du festival : …« Il faut dire que ce groupe est particulièrement touché dans sa propre histoire par l'internement familial de ces français de 1940 à 1946. La grand-mère du groupe familial, Odile Ritter, baptisée affectueusement "vieille" par ses enfants et petits enfants (elle a élevé dix sept enfants), est née dans le camp de concentration de Montreuil Bellay le 11 décembre 1941. Elle a réussi à s'en échapper avec sa famille à l'âge de trois ans. C'est ainsi, qu'accompagnée par les travailleurs sociaux et l'infirmière de l'APMV, une dizaine de voyageurs a visité l'exposition du peintre Gabi Jimenez, "Mémoire de gitan" le 29 avril à la médiathèque du Bachut à Lyon. En soirée, tous ont participé à la conférence débat "Les Tsiganes en France : Un sort à part" à la Maison des Passages. Après la conférence animée par Marie-Christine Hubert, historienne, Gabi Jimenez a initié le débat sur la discrimination et en particulier la discrimination institutionnelle. Il a mis l'accent sur des problèmes de société toujours d’actualité et loin d'être résolus selon lui, comme la scolarité des enfants au-delà de primaire et en dehors de classes "spécialisées". Puis, le président Franck Sicler a orienté le débat sur la citoyenneté des français du voyage. Une discussion s'est alors engagée entre gadgé et voyageurs sur la "non utilisation" du droit de vote des gens du voyage. La réaction de Liliane, une voyageuse du groupe de Bourgoin, ne s'est pas fait attendre. Avec son langage à elle, d'une voix forte et déterminée, elle expliquera que les gens du voyage ne refusent pas de voter, mais qu'ils ne savent pas pour qui voter. "Quel candidat a-t-il jamais représenté la communauté des gens du voyage ?" Ce à quoi Franck Sicler ajoutera que, pour pouvoir exercer son droit de vote, un voyageur doit séjourner trois ans sur la même commune, contrairement aux autres citoyens pour lesquels six mois suffisent. »…

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 EXPOSITION :

Mémoire de Gitan par Gabi Jiménez Présentation de 36 œuvres, peintures, toiles et installations dans la Médiathèque du Bachut. Cette exposition a contribué à montrer la réalité des Gens du Voyage à travers le regard d’un artiste-plasticien, luimême appartenant à la communauté gitane. Le travail présenté a permis une réflexion sur les représentations d’un monde fantasmé et la réalité historique et quotidienne des Voyageurs et des Roms. Les camps pendant la Seconde Guerre mondiale, la vie quotidienne dans les aires d’accueil, les discriminations aujourd'hui, mais également sur les expulsions des Roms en

Italie et en France. Une soirée vernissage a été organisée en présence de l’artiste qui a assuré une visite guidée dans la Médiathèque «à la Gabi Jiménez ». Un moment fort du festival avec en clôture de soirée le récital Babel {Chansons à langues} de Anna Kupfer qui fut accompagné par Martine Duculty sur une chanson écrite par un Voyageur (Retcha) et consacrée au Samudaripen. 

Plus de 80 personnes étaient présentes.

Médiation culturelle : 3 visites guidées à destination des Gens du Voyage ont été assurées soit par l’artiste, soit par l’ARTAG, pour des familles de l'Isère et du Rhône. Médiathèque du Bachut – 29 Avril 2010 Gabi Jimenez et des Voyageurs venus de Bourgoin-Jallieu (38) en famille

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 EXPOSITION : TSIGANES. 1940-1945 : Le camp de concentration de Montreuil-Bellay par Kkrist Mirror Bande-dessinée & Histoire Pour réaliser cette BD-document sur les «Tsiganes oubliés», le dessinateur Kkrist Mirror a rencontré de nombreux témoins encore vivants ainsi que des Gens du Voyage et s'est appuyé sur les travaux de l’historien de référence Jacques Sigot. L'exposition composée de 24 planches a été présentée sur deux sites, à la Médiathèque du Bachut et à l’Espace Pandora (Vénissieux)  COMMEMORATION

« La France, l’Internement et la Déportation des Tsiganes » Elle a été organisée sur l’appel de l’ARTAG et de la Maison des Passages et co-organisée avec la Ligue des Droits de l’Homme, la Cimade, le Collectif Reconnaissance, le MRAP, le CIRDEL et le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation. Cette cérémonie fut à la fois simple et très forte en émotion. Elle donna l’occasion au Président de l’ARTAG, Franck SICLER, de rappeler la nécessité du souvenir et de la parole sur ces évènements, dont les séquelles sont encore fort présentes dans les relations qu’entretiennent les Voyageurs avec la société. Comment imaginez et entretenir une relation de confiance, lorsque la société ne reconnait pas sa part de responsabilité dans le sort qui a été fait à une partie de sa population ?  Plus de 180 personnes ont répondu présentes (enfants, adolescents, adultes, Gens du Voyage, associations de défense des Droits de l'Homme, élus...).  Lors de cette cérémonie intervenues, ainsi :

de

nombreuses

personnalités

sont

Nadine Chopin, présidente de la Maison des Passages Franck Sicler, président de l'ARTAG Déclaration de Robert Badinter lue par Albert Levy, magistrat (texte ci-dessous) Jean-Louis Touraine, député du Rhône Sarah Peillon, conseillère régionale, présidente de la commission "vie associative, éducation populaire, démocratie participative, lutte contre les discriminations et égalité hommes/femmes" représentant Jean-Jack Queyranne, président du Conseil régional Rhône-Alpes, député du Rhône, ancien Ministre Sylvie Pierron, conseillère municipale déléguée, représentant Gérard Collomb Maire de Lyon. Pierre-Alain Muet, député du Rhône Pour clore la soirée des chants sur l’enfermement et la déportation furent interprétés par la chanteuse Anna Kupfer.

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Déclaration de Robert BADINTER écrite pour la cérémonie du 6 mai 2010 à Lyon

Monsieur le Président, Chers amis, Mesdames, Messieurs, J’aurais souhaité me trouver parmi vous pour rappeler de vive voix comme il convient les humiliations et les souffrances que le gouvernement de Vichy et aussi hélas ceux de la 3è et 4è République ont infligées aux tsiganes vivant en France de 1940 à 1946. Parce qu’ils aimaient la liberté et les horizons toujours renouvelés qui jalonnent leur parcours, on assigna les tsiganes à résidence, puis on les parqua dans des camps de concentration dans des conditions de vie indignes et parfois inhumaines. Parce qu’ils voulaient conserver vivante leur culture et vivre selon leurs traditions, on les réduisit à l’état d’êtres emprisonnés derrière des barbelés que l’on venait contempler comme des animaux encagés. Parce qu’ils étaient musiciens, danseurs, artistes, on les jugea indésirables et dangereux et on les traita en suspects sinon en coupables. Et si les autorités françaises leur épargnaient la déportation, c’est-à-dire la mort, nombreux furent les tsiganes qui en Allemagne et dans des Etats de l’Europe centrale et orientale, ont été voués à la solution finale. Ces persécutions et ces souffrances subies par un peuple dont le seul crime aux yeux de ses bourreaux étaient de vouloir demeurer lui-même, c’est-à-dire libre et fier, pèsent sur la conscience européenne. Il est bien, il est juste que le martyre des tsiganes pendant la période tragique de la seconde guerre soit rappelé et que le souvenir en perdure. Ce serait manquer au devoir de mémoire que de le rendre sélectif. Tous ceux qui luttent pour le respect universel des Droits de l’homme ne sauraient s’accommoder du silence sur les persécutions et les souffrances infligées aux tsiganes pendant les années noires. Robert BADINTER 6 mai 2010

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 Accompagnement du film documentaire Des Français sans Histoire - Documentaire de Raphaël Pillosio Ce film qui part à la recherche des dernières traces de l'internement des Nomades, reconstitue l’Histoire méconnue d’une population qui est marginalisée, stigmatisée depuis plus d’un siècle par l’Etat français. Au langage technique et froid de l’Administration, répondent des femmes et des hommes qui ont été internés et qui incarnent cette parole ignorée...  Un cycle de projections/débats s’est organisé durant un mois, soit 7 projections suivies d’un débat, soit avec le réalisateur, soit un historien ou une personne de l’ARTAG.  350 personnes ont assisté aux représentations C’est au Ciné-Rencontre de Dardilly, que la présence de Jacques Sigot, historien, fut remarquée et particulièrement par la Voyageuse Odette Ritter, spécialement venue pour le voir. Voyageuse, née en 1941 dans le camp de Montreuil-Bellay (Maine et Loire), elle fut accompagnée de sa famille ce soir-là, de l'APMV-ADSEA Isère et de Voyageurs de l'ARTAG.

Extrait de l’article écrit en retour par des Voyageurs de l’Isère et l’équipe de l’APMV venue accompagner les familles lors du festival : « Quelques semaines plus tard, le 19 mai, le groupe, rejoint par Odile Ritter assistait à la projection du beau film de Raphaël Pillosio dénommé avec beaucoup de justesse "Des Français sans histoire" au centre culturel Ciné-Rencontre de Dardilly. Ce film est bâti autour de témoignages de nomades anciens internés, et de longues et douloureuses prises de vue des anciens camps d'internement. Les témoignages de ces gens, parfois très âgés, sont bouleversants, dans leurs mots comme dans leurs silences. Les images des anciens lieux, quant à elles, sont significatives du peu d'intérêt porté à ce patrimoine historique là. Ils sont noyés dans l'urbanisme ou sont devenus tout simplement des champs. Rien n'a été fait pour les conserver. Cette soirée, très émouvante, fut aussi le rendez-vous tant attendu entre Madame Ritter et l'écrivain Jacques Sigot. Retrouvailles entre amis de longue date ; puisque c'est en 1985 que Jacques Sigot rencontrait Odile Ritter à Bourgoin Jallieu. Une photo réunissant l'auteur, Odile Ritter et Catherine Scheid, sa mère, illustre notamment le livre de Jacques Sigot : "Ces barbelés oublié de l'histoire" "Je suis venu pour elle et elle est venue pour moi !", a dit Jacques Sigot après la projection. Un hommage respectueux à la vieille dame, ressenti avec fierté par les deux générations qui entouraient celle-ci, sa fille Henriette et sa petite fille Charlène. Un évènement particulier ajoutait une note encore plus importante à ces retrouvailles. Madame Ritter venait d'obtenir sa carte d'internée politique, quelques jours avant, comme l'avait autrefois obtenue sa mère, en février 1986. Une occasion supplémentaire pour échanger avec Jacques Sigot et le groupe tout entier. Sur le terrain, un mois après, l'émotion se faisait encore sentir. "De voir Jacques Sigot, ça m'a rappelé ma mère disait Odile Ritter. " Moi, quand j'étais petite, j'voulais pas en parler ou en entendre parler. Jusqu'à mes soixante ans, je n'ai jamais parlé de cette période de ma vie. C'est le maire de Nivolas qui m'a envoyé une journaliste. A partir de là, j'ai commencé à parler à mes enfants et petitsenfants. J'ai prêté le livre de Jacques Sigot à ma petite-fille, Cécilia". Odile se rappelle les années dures, celles du froid et de la faim."J'veux pas qu'on jette le manger" dit-elle. Et Charlène de protester: "Elle nous fait manger des trucs périmés ».

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 SOIREE CONTES Les histoires épouvantables des Roms Contes par Nouka Maximoff

Chez nous, les Roms… c'est ainsi que commencent les histoires racontées par Nouka Maximoff tirées de ses propres souvenirs, de ses lectures – notamment des livres écrits par son père Matéo Maximoff – et de son propre imaginaire nourri par son vécu chez les Tsiganes de son enfance. 

₪ Auprès du

Environ 40 personnes étaient présentes lors de cette soirée contes.

jeune public :

Chaque année nous intervenons à la demande au sein de classes primaires et/ou en collèges. Les interventions se font souvent à deux voix un administrateur-Voyageur et un salarié afin d’échanger avec les jeunes autour de l’histoire des Voyageurs, des différentes communautés qui les composent, ou encore sur le mode de vie et réalités d’accueil que les Gens du Voyage connaissent. Un jeu de questions-réponses clôture l’intervention.  Nos objectifs : permettre la rencontre des cultures et prévenir les potentiels préjugés qui peuvent se forger avec l’âge et la méconnaissance de l’Autre.

Intervention artistique et pédagogique par Gabi Jimenez, peintre-plasticien

Gabi Jiménez est intervenu sur un atelier de 10 heures auprès d’une classe de 5 ème au collège Jules Michelet (Vénissieux). Cette classe de 5ème a été volontairement sélectionnée par l’équipe pédagogique : en effet, quelques mois auparavant des enfants du voyage étaient scolarisés dans cette même classe, et quelques incidents s’étaient produits entre des élèves issus de différentes communautés.

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L’intervention s’est organisée autour de trois temps forts : - Une présentation par Gabi Jiménez de l’histoire, de la culture et du quotidien des Gens du Voyage. Ce travail a abouti sur une réflexion plus large autour des connaissances et des représentations de chacun, de l’image fantasmée ou encore des préjugés qu’une communauté, parmi d’autres, peut subir. - L’atelier artistique : accompagné puis mené par le professeur d’Arts Plastiques, cet atelier est parti des échanges que l’artiste a eus avec les élèves autour de l’habitat caravane. Ainsi, chacun a pu s’emparer de cet habitat mobile en imaginant et réalisant sa caravane idéale ; des intérieurs pratiques mais également équipés d’objets « essentiels » à une vie d’adolescent, des caravanes aux couleurs de son équipe de foot, ou encore de son pays d’origine... Des textes écrits par les collégiens ont accompagné leurs travaux. - Exposition : Les 25 caravanes, regroupées en un mobil géant, ont été exposées dans les locaux du collège Jules Michelet. Ce travail a pu être ainsi présenté aux familles lors de la journée portes ouvertes du 26 mai.  Représentations contes

Par Nouka Maximoff Ecole élémentaire de St Jean d’Ardières (69) Les élèves, répartis en deux groupes de niveau, ont assisté avec beaucoup d’intention aux Histoires épouvantables des Roms et autres légendes contés par Nouka Maximoff. Après le spectacle, de longs échanges ont eu lieu entre la conteuse rom et les élèves autour des coutumes et du quotidien des Gens du Voyage. 

Total élèves et enseignants : 100 enseignants

+ 4

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₪ Animation auprès des Gens du Voyage :  Aire d’Accueil de Bron, Contes roms par Nouka Maximoff, Cette animation était initialement prévue à destination des enfants de l’aire d’accueil, finalement, trois générations se sont retrouvées dans une caravane. 12 personnes étaient présentes, issues de familles et de groupes différents. Ainsi, 3 communautés tsiganes étaient représentées : Roms, Manouches et Yéniches. L'animation s'est peu à peu transformée en échanges d'histoires « épouvantables » et de légendes véhiculées dans ces différents groupes. Après l’animation, ont suivies des discussions sur les coutumes et pratiques culturelles de chacun quant aux mariages, décès, langues et traditions...  Terrain familial de Saint Laurent de Mûre,

Atelier artistique par Gabi Jimenez, peintre-plasticien Un atelier artistique, animé par Gabi Jimenez et accompagné par les animateurs de l’ARTAG, a eu lieu sur une demi-journée à destination des enfants du voyage du terrain de Saint Laurent de Mûre. L’artiste a travaillé avec une douzaine d’enfants autour de l’identité de « Voyageurs » et plus particulièrement autour de la culture Manouche. Comment les enfants percevaient [ou non] leur identité de Voyageurs - Ce qu’il reste de leur culture dans leur quotidien - Comment les cultures peuvent se rencontrer et se mêler, sans perte d’identité…

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Voyage de la mémoire : Des Gens du Voyage au camp d’Auschwitz- Birkenau

Le 17 novembre 2010, six Voyageurs et la chargée de mission culture sont partis sur l’invitation de Monsieur Alain Partouche aux camps d’AuschwitzBirkenau pour un voyage de la mémoire. Voici l’article qui a été écrit en retour et publié dans la revue de l’amicale des déportés d’Auschwitz.

Voyage de la mémoire pour les Gens du Voyage du Rhône Visite du camp d’Auschwitz -Birkenau le 17 novembre 2010 Nous sommes partis six Voyageurs de l’Association Régionale des Tsiganes et de leurs Amis Gadjé (Rhône), le 17 novembre dernier pour une journée de visite au camp d’AuschwitzBirkenau, avec un groupe de 30 personnes, issues de toutes cultures. Cette journée, ou Voyage de la Mémoire, a été organisée par l’Amicale des anciens déportés d’Auschwitz. Le fait de participer à cette journée avec des personnes juives et surtout un rescapé : Monsieur Benjamin Orenstein, a rendu ce voyage encore plus lourd d’émotion. La présence et les témoignages de Benjamin Orenstein nous ont permis de concevoir, si cela est possible, les horreurs, les cruautés, et au final la déshumanisation opérée par les nazis à l’encontre de tous ces hommes, femmes, enfants, vieillards, malades, handicapés... Il est primordial de saluer le courage de Benjamin Orenstein dans son combat ; afin que le sort de son peuple et des autres victimes des camps de la mort ne soit jamais oublié, et, espérons-le, que l’histoire ne se répète jamais. Pour nous, Voyageurs ou Tsiganes (comme nous étions nommés), ce voyage n’aurait pu se faire sans l’aide de Monsieur Alain Partouche. En effet, Monsieur Partouche est venu ‘frapper à notre porte’ afin de nous proposer de partager ce voyage entre nos deux communautés, et ainsi, d’honorer ensemble la mémoire de nos ancêtres. En nous invitant, nous les Voyageurs, vous avez témoigné d’un intérêt et d’un respect pour notre histoire et notre communauté, histoire que nous avons encore bien du mal à nous approprier. Nous vous en sommes très reconnaissants. Sachez que cette journée à Auschwitz nous a fait d’avantage prendre conscience de la nécessité de dépasser le « malaise » que nous avons avec notre passé, la nécessité de parler et de se battre afin de faire connaître et reconnaître le génocide tsigane. Comme l’a dit Winston Churchill : « un peuple qui oublie son passé, se condamne à le revivre ». N’oublions pas ! Stéfanie Kebir, Vanessa Baugé, Noël Fabulet, Champion Meinhard, Madeleine Meinhard, Louis Meinhard, Aurélie Amirouche et l’ARTAG.

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Un important travail a ensuite été entamé par ce groupe de Voyageurs afin de témoigner en retour auprès de Gadjé et de Voyageurs. L’objectif était d’organiser une soirée de restitution début 2011, pour cela ont été conçus par les Voyageurs et avec l’aide de la chargée de mission : - un film, monté à partir d’images ramenées de cette journée - une exposition photographique et pédagogique - un important travail de recherche de données historiques, afin de monter les interventions orales de chacun.  Ce projet a abouti à une belle soirée début 2011, environ 80 personnes étaient présentes au Centre social de Bron qui noua accueillis pour la soirée. Il faut noter également la venue de l’historienne Claire Auzias, invitée par les Voyageurs.  Au vue de l’enthousiasme que cette soirée a suscité auprès de tous, Gadjé et Voyageurs, nous espérons que cette initiative est le commencement d’autres actions dans ce sens pour 2011.

Le Centre de documentation spécialisé : En 2004, l’Artag a mis en place un centre de documentation spécialisé autour de la thématique des Gens du Voyage au sein même de ses locaux. Constitution, gestion et développement d’un fond documentaire accessible aux étudiants et toutes autres personnes désireuses de connaître la culture Tsigane. Les demandes concernent dans un premier temps une recherche d'informations générales sur les Gens du Voyage et les structures associatives qui les accompagnent, puis se resserrent autour d'un thème plus précis.  Il est important de souligner que le centre de documentation de l’Artag est l’unique fonds spécialisé culture Tsigane sur la région Rhône-Alpes. Paradoxalement, malgré la demande, le centre de documentation n’a pu suffisamment se développer au vue de l'étroitesse et de la configuration des locaux de l'association jusqu’au déménagement.

₪ Enrichissement du fonds documentaire : Les parutions sur les Gens du Voyage; articles, ouvrages et documents vidéo sont de plus en plus nombreux. Les tâches de recensement des parutions, ce que l'on nomme veille documentaire ; d’acquisition quand le budget le permet ; de classement, puis de diffusion de l'information auprès de l'équipe et des Voyageurs peuvent rapidement être fastidieuses. Ce travail de veille documentaire permet, outre de constituer le fonds documentaire, de se tenir informé des récentes publications dans tous domaines concernant les Gens du Voyage.

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La veille documentaire est fortement enrichie par la médiathèque Etudes Tsiganes, laquelle diffuse une lettre mensuelle, mais aussi par les échanges qui peuvent se faire entre les associations du réseau documentaire national.  Cette année nous comptons 22 acquisitions (dons, achats, service presse): romans, revues spécialisées, ouvrages thématiques, DVD, CD...  Les acquisitions qui viennent enrichir le centre de documentation se font au gré des demandes et parfois sur recommandations de la part des Voyageurs et associations spécialisées.  Les acquisitions de 2009 et 2010 sont étroitement liées à nos recherches historiques quant à l’Internement et au sort des Voyageurs pendant la Seconde Guerre mondiale.

₪ Ouverture au public : L’accueil se fait toujours sur rendez-vous. En 2010, 38 personnes ont été reçues, il est important de noter que la baisse de fréquentation du centre de documentation (-10%) n’est pas due à une baisse de la demande, mais à l’impossibilité de recevoir les personnes pendant plusieurs mois, dû à la configuration des anciens locaux, puis à l’emménagement sur Villeurbanne. Le public qui fréquente le centre de documentation est réparti de la façon suivante :   

75% d'étudiants 10% de partenaires (secteurs de l'enseignement et du culturel), 15% de Voyageurs.

Les personnes viennent à 70% de la région lyonnaise, le reste étant de la région Rhône-Alpes.

Entretiens & (In)formations :

 Lorsque l’on reçoit des personnes, au-delà du conseil et de l’orientation, il n’est pas rare d’accorder des entretiens individuels ou collectifs aux étudiants et partenaires.  Ces entretiens portent non seulement sur des demandes d’informations sur l’histoire, la culture, la scolarisation, la législation… mais également sur nos méthodes de travail et d’organisation interne.

Le centre de documentation et les Gens du Voyage :

Le projet mis en place par l’ARTAG autour de la mise en circulation d’une unité mobile type Bibliobus a pu se déplacer en 2009 sur différents terrains dans le cadre des animations adultes et du bus multimédia. Sur 2010, l’action propre à l’Artag n’a pu se poursuivre, et ce par manque de personnel, seul un accompagnement ponctuel du Bibliobus de la ville de Vaulxen-Velin a été assuré.

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 

Nous avons tout de même pu garantir sur 2010 quelques actions « prêts et découvertes » (11 prêts) autour de la culture tsigane auprès des jeunes et des adultes, à travers le prêt de livres et d’autres supports (journaux, vidéo, musique...). Les personnes ont emprunté soit via leur visite à l’ARTAG (venue liée à leur domiciliation, rendez-vous avec leur référent, ou chargés de mission…), soit par le biais des agents de développement qui sur demande apportaient des documents sur le terrain.

Constats : Le centre n’est pas encore assez fréquenté par les familles du Voyage et cela pour trois raisons :  éloignement du centre de documentation par rapport aux lieux de vie,  méconnaissance de ce service de la part de la majorité des familles,  fonds documentaire pas toujours adapté compte tenu de la maîtrise de l’écrit…

Bilan de l’action culturelle La culture a toujours été importante pour «les Voyageurs» car elle fait partie intégrante de leur identité. Ces événements culturels sont autant d’occasions pour s’exprimer sur cette culture, tout en accédant à d’autres lieux qui ne font pas ou peu partie de leur quotidien. C’est aussi par cette porte que l’Artag continue a créé du lien avec de nombreux Voyageurs. L’accès à la culture, la diffusion et la reconnaissance de sa propre culture sont des vecteurs importants de la reconnaissance de la communauté des Gens du Voyage.  De nombreuses actions ont été mises en place ces dernières années par l’ARTAG. Malgré leur pertinence mesurée par leur impact, par la demande et la fréquentation du public, ces actions sont aujourd’hui en danger de disparition. En termes d’action culturelle les financements baissent d’année en année et sont parfois même inexistants pour certaines actions (autofinancement du journal Monde Tsigane), pourtant coûteuses en terme de mobilisation de personnels et de moyens. Paradoxalement, ces actions prennent de plus en plus d’ampleur, et pour assurer leur pérennité, elles demanderaient à se développer sur le plan régional voir national.

L’avenir du journal Monde Tsigane Ce journal trimestriel créé en 2001 est arrivé à son 30ème numéro. En 2010, le journal comme son comité de rédaction s’est essoufflé, seul un double numéro est paru en mai 2010 (numéro qui correspondait aux derniers trimestres de 2009). Revue déficitaire depuis sa création, elle connait également depuis 2008 un déficit sur le plan humain. Pourtant de l’avis de tous (Voyageurs, comme partenaires), cet outil est nécessaire, et sans doute sur le plan national. En effet, cet outil, écrit en collaboration avec des Voyageurs, tend à promouvoir la culture des Gens du Voyage ; faciliter la connaissance de leur quotidien et de leurs réalités de vie ; et diffuser cette information sur le territoire.

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Cet outil sert tant de recueil de parole des Voyageurs, que d’expression des partenaires institutionnels, de techniciens ou d’experts sur la question. Pour devenir un véritable outil d’information et de référence, cet outil n’a aujourd’hui de sens qu’en devenant un journal d’information national. L’idée pour l’ARTAG est bien de conserver la coordination (et l’âme) du journal mais de le « nationaliser » en divisant le travail d’écriture, de recueil de témoignages des partenaires et Voyageurs en quatre pôles régionaux qui couvriraient ainsi l’ensemble de l’actualité de la vie des Gens du Voyage sur la France.  Cette réorganisation permettrait aussi une meilleure diffusion de l’information et par là de la connaissance des problématiques sur l’ensemble du territoire. Avec cette assise nationale, ce journal deviendrait un véritable outil de sensibilisation pour le grand public et un important support d’information et d’expression pour nos partenaires nationaux et européens.

En 2011, un comité au niveau de la fédération nationale devrait se réunir pour parler de l’avenir du Monde Tsigane et dégager des pistes de travail. En espérant que de nombreuses associations de Voyageurs et de défense des droits se saisiront de cette opportunité et pourquoi pas, participent à la « salvatrice » réorganisation de ce journal.

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Les activités de l'Artag

₪ La Formation : Le centre de formation de l’ARTAG poursuit ses activités. Nous privilégions : -

Une méthodologie qui est autant que possible, la participation des gens du voyage dans les actions de formation, soit dans la préparation, soit dans l’animation. Trois axes de travail :  la formation pour la gestion des aires d’accueil  la formation à destination des partenaires  la formation à destination des Gens du Voyage

₪ La formation pour la gestion des aires d’accueil Ce type de formation est dispensé dans le cadre des activités du bureau d’étude CATHS. Il consiste à accompagner la collectivité créatrice de l’aire à mettre en place un mode de gestion. Ces formations peuvent aller jusqu’à l’aide de l’écriture du cahier des charges lorsque la gestion est déléguée, principalement elles visent quatre objectifs :  Définition d’un mode de gestion  Définition des fiches de postes pour une gestion interne  Définition d’un règlement intérieur  Définition des conditions intercommunale.

de

fonctionnements

dans

le

cadre

d’une

gestion

₪ La formation en direction des partenaires Dans ce domaine l’ARTAG a tissé des liens et monté des interventions avec l’association Migrations-Santé pour une formation auprès des personnels hospitaliers des HCL. Ces interventions permettent d’aborder la question du mode de vie et des représentations de la santé. Nous développons aussi une pratique de formation pour les écoles de travailleurs sociaux afin que les futurs professionnels aient une connaissance de la culture lorsqu’ils rentreront dans la pratique.

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Dans ce domaine le centre de formation de l’ARTAG peut aussi s’associer avec le centre de formation de notre fédération la FNASAT pour une mutualisation des compétences et des méthodes.

₪ La formation en direction des Gens du voyage C’est le parent pauvre de notre action. Il est certain que la formation est un enjeu très important pour les Gens du Voyage dans les années proches. Toutefois celles-ci ne se feront pas sans une adaptation des méthodes afin d’une part de donner un sens a ces formations notamment dans le domaine professionnel, d’autre part, construire des contenus pédagogiques qui intègrent les absences de formations de base. Le constat de la difficulté extrême que connaissent les Gens du Voyage à s’intégrer dans le cursus classique de la formation professionnelle, nous amène à faire le constat de la nécessité de construire des parcours de formations adaptés. Il nous reste aujourd’hui dans un premier temps à convaincre nos pouvoirs publics de cette nécessité et dans un deuxième temps de développer une ingénierie de formation.

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Rapport d'Activité 2011  

Rapport d'activité de l'association pour l'année 2010

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