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LÉGENDE

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LE MANS 78

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Didier Pironi et Jean-Pierre Jaussaud refont la course

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Dans la légende d’Alpine, la dernière grande victoire internationale eut lieu sur la plus prestigieuse épreuve au monde : les 24 Heures du Mans. Ce 11 juin 1978, Jean-Pierre Jaussaud et Didier Pironi sont entrés dans la légende. Et depuis ce jour, ils ne s’étaient plus parlé. Grand Prix a organisé les retrouvailles.

À LIRE EN ÉCOUTANT...

Dire Straits – Sultans of Swing

D.R.

pascal dro – dppi – patrice moinet

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Ce qu’ont réalisé Jaussaud et Pironi cette année-là, en 1978, c’est inoubliable. 1978 est aussi l’année du premier album (éponyme) de Dire Straits. Et « Sultans of Swing » à fond la caisse au volant d’une Alpine, sur une petite route de montagne, ça ne doit pas être loin du bonheur absolu ! df https://www.youtube.com/ watch?v=ZDCs7ijNUVM


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En 1978, Jean-Pierre Jaussaud est un homme heureux. Renault l’appelle pour les essais de sa Formule 1 laboratoire et pour ses tests d’endurance sur ses protos du Mans. Le Normand n’est pas rémunéré pour cela : on lui paie ses frais de route. Et il est heureux. Il pilote les plus intéressantes voitures de course au monde. Et son bonheur est total. Pour Le Mans 1978, il signe toutefois un contrat pour une seule course : Le Mans. Qu’on lui paie 40 000 francs. Pour Didier Pironi, les choses sont bien différentes. Il flirte avec Renault depuis la Formule Renault et vient d’accéder, avec le support d’Elf en F1. Il est sur orbite et ne doute pas une seule seconde de sa destinée de champion du monde. L’endurance ? Il ne veut surtout pas que l’on se méprenne sur sa vocation : il est un sprinter, un pilote de Grand Prix et pas un homme du Mans. Même si une victoire au Mans sera plus éclatante sur son CV que son exploit à Monaco avec la Martini F3, en 197 ?? Ce que l’on sait moins, c’est qu’une fois la victoire en poche et les célébrations officielles achevées, les deux pilotes, si différents, vivant dans des mondes étrangers, ne s’étaient jamais revus. C’est la raison pour laquelle nous avons organisé cette rencontre. Parce que Didier Pironi souhaitait découvrir qui avait partagé le baquet de cette Renault-Alpine avec son père, vingt-quatre heures durant, jusqu’à la victoire de 1978. Didier Pironi : C’est une bonne idée et, effectivement, mon frère et moi ne savons pas grand-chose de votre victoire au Mans à tous les deux. Et j’ai beaucoup de questions qui me viennent à l’esprit. La première concerne les circonstances de votre rencontre. Jean-Pierre Jaussaud : C’était à Nogaro, quelques années plus tôt. J’étais en F3 et je regardais ton père tourner en Formule Renault. À chaque tour, je voyais sa Martini lever une ou deux roues. Ensuite, je suis allé le voir, timidement, pour lui demander s’il était au courant ; je lui ai gentiment dit que s’il parvenait à garder les quatre roues par terre, il pourrait aller plus vite. Et il m’a répondu sèchement : « Oui, mais c’est ainsi qu’elle me convient. » Je suis reparti, en me disant que j’avais raté une occasion de me taire. DP : Tiens, tiens… Et avant Le Mans, comment eurent lieu les retrouvailles ? J-PJ : Je crois que c’est moi qui avais couvert le plus de kilomètres au volant de ce proto, tu sais. Cela se passait essentiellement au Paul-

Ricard. Je me sentais chez moi à son bord, comme si elle avait été faite pour moi. La première fois que j’ai retrouvé Didier, c’était là, un jour de pluie et je tournais dans les mêmes temps que Didier, avec un peu moins de pression de turbo. Cela me rassurait et je savais que mon pilotage s’accommodait mieux d’une pression réduite. J’avais une trouille bleue : je n’étais pas titulaire et je craignais de commettre une erreur et d’être viré. DP : Et comment les équipages ont-ils été constitués pour Le Mans ? J-PJ : De mémoire, c’est parce que Patrick Tambay a eu un problème de dernière minute qu’ils ont été modifiés juste avant la course. Didier et moi n’avions réalisé aucune simulation ensemble. J’ai failli tomber sur une voiture à trois pilotes, ce que je ne voulais pas. DP : Vous avez fait connaissance avant la course ? pendant ? J-PJ : Pas du tout. On s’était peu vus avant. Et pendant, c’est impossible. Quand l’un quitte la voiture, l’autre y entre. On ne se voit pas au Mans, entre pilotes. DP : Vous n’aviez même pas mis de stratégie au point ? J-PJ : C’était difficile. Il n’allait pas m’écouter. Ce n’était pas le genre à demander des conseils… On a tout de même convenu qu’il prendrait le départ. C’est important, le départ, dans une grosse équipe… DP : … Car on risque à tout moment de figer les positions ? J-PJ : Oui et parce qu’il faut éviter les embrouilles. Didier était plus fort dans la bagarre et, de mon côté, chaque fois que j’avais pris le départ au Mans, nous avions abandonné. Même s’il n’avait aucune intention de m’écouter, il avait tout de même accepté l’idée d’un tableau de marche et d’une fourchette de chronos à respecter. De mémoire, c’était entre 3’40” et 3’45” au tour, sans les chicanes. DP : Et il l’a respecté ? J-PJ : Oui. Enfin… je savais que si je restais dans les moins bons chronos et qu’il gardait le haut de la feuille, tout se passerait bien. C’était un gars qui n’avait peur de rien, sans limite. Il fallait qu’il reste raisonnable en piste. Je m’étonne encore qu’il ait accepté ce deal. DP : Il est donc resté très sage… J-PJ : Oui, oui. Ensuite, quand nous avons eu des soucis avec l’étrier de frein avant, nous avons déplacé la fenêtre cible vers 3’35” – 3’40” et commencé, avec l’accord de Gérard Larrousse, à accélérer. Là aussi, il fallait qu’il soit et reste le plus rapide. Ce qui ne me dérangeait en rien : je voulais simplement gagner. Le reste ne m’intéressait pas. Nous n’en étions pas au même stade de nos carrières. >

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XNAM RES SIMPORESSIT, OFFICIIS A AD MOS SUM QUASSIM ILLUPTA TECTURI DI BLA CUM DOLOREIUM, NONSEQUI DENIMI, QUAEPELIQUO ISIMI, CONSED EX ERIS AD UT QUATUR? UTEMPOR REHENIAE

> DP : En course, tout s’est donc déroulé à merveille ? J-PJ : Oui, je me souviens de deux choses qui m’ont étonné. La première, c’est la quantité d’eau qu’il transpirait dans ses relais. C’était inimaginable. La première fois que je suis descendu dans son baquet, pour mon premier relais, j’étais dans une baignoire. Tu sais qu’il avait perdu 7 kilos au cours de la course ? Il n’était pas vaillant, ensuite, pendant quelques jours… DP : On nous avait déjà raconté cette caractéristique… J-PJ : L’autre souvenir de ce premier relais, c’était d’avoir découvert que le volant avait été totalement déformé. Tu sais, les jantes de volants de course sont molles. Lui, il appliquait tellement de force avec ses mains et doigts que ceux-ci avaient creusé la jante du volant. Je pensais que c’était irréversible, mais cela reprenait la forme originelle. Mais je n’avais jamais vu un pilote appliquer autant de force sur son volant. Un titan ! DP : Tu en parles comme d’un personnage presque effrayant, non ? J-PJ : Il relevait tous les défis, rien ne lui faisait peur. Il était véritablement capable de tout. Et d’embarquer tout le monde dans ses défis de dingues. Les courses avec Villeneuve de la Côte d’Azur à Maranello, les trucs en course de la suite de sa carrière… Il était vraiment sans limite. J’avais vu Guénard et Giroux peu avant l’accident du bateau et ils me disaient : « On a peur, tu sais. » Didier était véritablement une personne à la détermination d’acier. Il aurait remporté le titre mondial en F1, c’est certain. Il s’était conditionné pour y parvenir à tout prix. DP : Partager une auto au Mans et la mener à la victoire, cela crée des liens, non ? Étiez-vous devenus amis ensuite ? J-PJ : Non. Après les célébrations, nous ne nous sommes jamais revus. Et puis, Didier avait été tellement épuisé par ce double dernier relais qu’il ne pouvait même plus atteindre le podium. Nous avions dû l’attendre. Le pauvre, il était décomposé. 48

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DP : Tu savais qu’il finissait la course dans cet état d’épuisement ? J-PJ : Non, bien évidemment. Si je l’avais su, jamais je ne l’aurais laissé terminer la course. Cela me semblait trop risqué. DP : Mais pourquoi est-il resté au volant ? J-PJ : Nous avions pris la tête à quatre ou cinq heures de l’arrivée. Immédiatement, je me suis dit qu’il fallait que l’on gagne, que l’on évite les erreurs, etc. Je me suis sans doute mis à gamberger, à écouter tous les bruits… DP : Et… J-PJ : En rentrant au stand, pour l’avant-dernier relais, j’ai dit que la boîte craquait. Gérard a demandé par radio à Didier s’il ressentait cela. Didier a répondu « non ». Gérard lui a alors demandé de doubler son relais jusqu’à l’arrivée. Je me suis dit qu’étant un peu plus grand que moi, il débrayait sans doute mieux… Mais jamais je n’aurais imaginé qu’il achèverait la course dans un tel état de déshydratation et de fatigue. DP : Crois-tu qu’il ait « baratiné » Gérard à la radio, pour rester au volant ? J-PJ : Je ne sais pas. En tout cas, j’ai réessayé l’Alpine A442b de notre victoire plus tard, sans qu’elle ne fut restaurée et… la boîte craquait toujours, quelle que fût la qualité du débrayage appliqué. DP : Tu étais aussi fatigué ? Moins que lui ? Il avait fait deux relais (départ et arrivée de plus, non ?) J-PJ : J’avais fait douze repas et perdu seulement 3 kilos. J’étais en pleine forme. J’étais bien dans cette équipe et dans cette voiture, comme dans la F1 pour les essais privés. Malheureusement, je ne faisais pas partie des plans de la maison. Mais nous avons gagné, Didier et moi. Didier serait devenu champion du monde en F1, pour moi, cela ne fait aucun doute. DP : Sais-tu que mon frère Gilles est ingénieur en Formule 1 chez Mercedes, en Angleterre ? J-PJ : Quoi ? C’est vrai ? (Long silence, Jean-Pierre Jaussaud semble ému, il n’en revient pas.) Ça, c’est extraordinaire. Je ne le savais pas. C’est vraiment fantastique. Il y a donc un Pironi champion du monde de Formule 1. Tu l’embrasseras de ma part ? J’aimerais bien vous voir tous les deux, une fois… u

Didier Pironi et Jean-Pierre Jaussaud refont la course  

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