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CONTENU Le courage d’oser Avant-propos Les artisans du temps Réinterpréter la tradition Les collections Interview Not my first love affair La manufacture Construction 42 Fabrication 46 Décoration 56 Galvanoplastie 64 Assemblage 66

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Peter W. Frey, journaliste RP exerce son activité professionnelle depuis 40 ans. Ce collectionneur de montres passionné écrit régulièrement sur l’industrie horlogère et ses créations pour des quotidiens et hebdomadaires.

Le courage d’oser Peter W. Frey

Il fallut beaucoup de courage entrepreneurial et de confiance en son propre savoir-faire à Armin Strom AG pour décider, en 2008, qu’à l’avenir la manufacture produirait elle-même ses mouvements. Même si, à première vue, le moment ne semblait pas très bien choisi : la crise financière commençait en effet à secouer l’économie, entraînant également dans son sillage l’industrie horlogère suisse dont les ven­tes se mirent à stagner. Le saut de la fabrication artisanale de pièces squelettées vers une petite manufacture horlogère avait pourtant une logique interne. La tradition de la montre squelette, initiée par ­Armin Strom, représentait une valeur inestimable à même de constituer le fondement d’une fabrication de mouvements aux exigences particulières. Dans l’industrie horlogère suisse, il est beaucoup question d’ADN, du « patrimoine génétique » effectif ou prétendu d’une marque horlogère. Inutile de chercher longtemps la réponse chez Armin Strom ; le premier mouvement de la manufacture, l’ARM09, la livre de toute évidence. Son architecture est certes innovante et réinventée, mais elle se réfère à la tradition du mouvement squelette. 3


Préliminaire Peter W. Frey

Les marques à succès se distinguent par des produits qui, en plus de répondre aux plus hautes exigences horlogères, sont authentiques et savent raconter une histoire. Ce livre prouve que la manufacture Armin Strom n’a nullement besoin d’enjoliver le passé pour conférer de la crédibilité à la marque. L’histoire et la réputation mondiale d’Armin Strom agissent presque d’elles-mêmes. Depuis le début du siècle, la haute horlogère a assisté au lancement à grands frais de quelques marques qui, malgré tout le glamour déployé, furent presque aussitôt chassées du paysage par la crise sans autre forme de procès. Rien de tel avec Armin Strom : discrètement, sans agitation inutile, une jeune équipe enthousiaste a réussi en un temps record à développer et fabriquer son premier mouvement. Désormais, la marque Armin Strom devra encore réussir à s’établir durablement sur le marché. Il ne fait aucun doute que la plus petite manufacture horlogère de Suisse y parviendra et se verra ainsi récompensée d’avoir eu le courage d’oser. Peter W. Frey Journaliste en horlogerie

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A propos de la ­cohésion parfaite et de l’amour du détail. Serge Michel, né en 1978 à Burgdorf, est CEO d’Armin Strom AG et responsable des ventes & du marketing de la manu­facture horlogère.

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Avant-propos de Serge Michel

Avant-propos Serge Michel

Une entreprise qui réussit évoque fortement dans son essence ce qui caractérise la construction d’une montre : au cœur, il y a le mouvement, le noyau, qui fait marcher toute la construction. Il y a ensuite une multitude de pièces, parfois infimes, dont le jeu d’ensemble doit être parfait pour assurer un fonctionnement sans heurts. Finalement, tous ces éléments sont logés dans une boîte qui ne se contente pas de conférer le cadre requis à l’ensemble, mais constitue également le lien tangible face au monde extérieur. En association avec d’autres éléments, c’est elle qui fera office de passerelle vers le propriétaire de la montre ou, comme dans l’économie, vers les clients et partenaires. Dans une bonne montre, comme dans les entreprises performantes, tous ces composants doivent être parfaitement harmonisés les uns aux autres. Chez Armin Strom, une équipe de collaborateurs hautement qualifiés et motivés investit beaucoup d’enthousiasme et de passion pour faire de nos montres une marque unique. Fort de la volonté d’emprunter sans cesse de nouvelles voies non conventionnelles, chacun d’entre eux contribue à rendre possible l’extraordinaire, mais sans jamais oublier l’essentiel : permettre à chaque propriétaire d’une montre Armin Strom de profiter d’un maximum d’authenticité. Ces quatre dernières années, Armin Strom AG a pu multiplier par quatre l’effectif de son personnel. Nos investissements élevés dans les années de crise 2008 / 09 en ont certes étonné plus d’un, mais ils ont permis à l’entreprise Armin Strom de développer une manufacture dotée d’un parc de machines complet pour la fabrication autonome d’un mouvement de montre. La première présentation de son propre calibre put ainsi déjà avoir lieu en novembre 2009. Une grande liberté d’action, associée à des voies décisionnelles courtes, nous a en outre apporté la flexibilité nécessaire et la chance d’agir plus vite sur le marché.

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Au cours de cette période, nous avons également consolidé l’image visuelle et la perception de la marque Armin Strom. Si le mouvement des montres a toujours constitué sa préoccupation première, la grande profondeur de fabrication que nous avons désormais atteinte nous permettra de consolider encore notre position à l’avenir et d’établir une nouvelle fois la preuve de notre compétence dans la fabrication de montres prestigieuses. Sur le chemin vers la distribution mondiale, nous pouvons ainsi continuer d’innover sans perdre pour autant nos racines dans la grande tradition horlogère. Pour en revenir aux similitudes entre une entreprise et une montre, je voudrais encore souligner un autre point commun : au début, il y a toujours l’idée. Ce petit quelque chose qui met tout en branle et constitue l’inéluctable point de départ de l’œuvre aboutie. C’est cette idée que nous souhaitons vous présenter de plus près dans ce livre qui trace un portrait d’Armin Strom AG, avec toutes ses facettes, en révélant notre position actuelle et la manière dont nous avons l’intention d’atteindre nos objectifs. De l’historique de l’entreprise et de sa longue tradition dans l’art horloger en passant par la manufacture, le processus de création de valeur, et jusqu’à nos compétences suprêmes, les montres Armin Strom elles-mêmes. Je vous souhaite une agréable découverte. Cordialement vôtre, Serge Michel CEO d’Armin Strom AG

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L’amour des créations les plus nobles et les plus exclusives s’est très vite exprimé chez Armin Strom : en plus de montresbracelets squelettées à la main, il réalisa en 1981 la première ­montre de poche dotée d’un mouvement gravé à la main. (Photos extraites de : Armin Strom, The grand tradition of skeleton timepieces, paru en 2006)

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L’histoire d’Armin Strom 1950 – 2002

Les artisans du temps L’histoire d’Armin Strom AG

Armin Strom AG a ses racines à Berthoud, ou Burgdorf en allemand, une bourgade pittoresque au nordouest de Berne. L’histoire de la manufacture horlogère doit commencer par l’évocation du fondateur auquel elle doit son nom, Armin Strom. Après une formation dans l’horlogerie et des premières expériences commerciales indépendantes à Lotzwil et St.-Moritz, le jeune homme qu’il était alors décida en 1967 d’ouvrir son propre magasin dans la vieille ville de Berthoud. En plus de la vente et de la restauration de montres, il s’attela rapidement à ses propres créations dans l’arrière-boutique. Une montre de poche en or, avec un cadran en lapis-lazuli poli et gravé à la main, constitua son premier chefd’œuvre. Une grande habileté artisanale, ainsi qu’un incroyable amour du détail, eurent tôt fait de révéler son

futur domaine de spécialisation au talentueux horloger : l’art du squelettage. Son idée d’alors – ajourer tous les éléments des pièces d’un mouvement sans rôle actif dans son fonctionnement – caractérise aujourd’hui encore l’aspect des montres Armin Strom. Il se mit alors à graver et décorer minutieusement les éléments restants avant de les loger dans un précieux boîtier. Les créations d’Armin Strom qui, jusque-là, n’étaient exposées que dans son magasin furent présentées pour la première fois en 1984 au prestigieux Salon international de l’horlogerie et de la bijouterie de Bâle. Dès lors, l’essor fut rapide : les médias se sont intéressés à ces gardetemps incomparables et des clients du monde entier commencèrent eux aussi à convoiter les chefs-d’œuvre squelettés à la main de l’horloger de Berthoud. Au milieu des années 1980,

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L’histoire d’Armin Strom 1950 – 2002

la Collection Armin Strom comptait déjà vingt pièces, que le maître adaptait ou agrémentait toujours volontiers des souhaits individuels de ses clients. Encouragé par le succès des modèles pour hommes, Armin Strom décida de franchir un nouveau pas en fabriquant une première montrebracelet pour femme. Son idée de réaliser une montre aussi petite et ajourée que possible lui valut une inscription au Guinness des records comme plus petite montre squelettée à la main du monde. Dans les années 1990, sa solide réputation et une reconnaissance internationale valurent à Armin Strom d’obtenir de grosses commandes de manufactures horlogères renommées, qui furent suivies de plusieurs séries de montres squelettées à la main. Parallèlement, une

demande croissante du monde entier assurait l’essor de sa propre marque. En 2006, l’entreprise fut transformée en société anonyme Armin Strom AG et s’installa, en 2009, dans une grande manufacture entièrement transformée à cet effet à Bienne, la capitale horlogère. Armin Strom AG, qui occupe aujourd’hui 16 personnes, peut se retourner fièrement sur une tradition horlogère qui aura bientôt un demisiècle.

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Si les montres ont toujours occupé une place centrale dans la vie d’Armin Strom, d’autres passions lui tiennent à cœur : sa famille, l’équitation, le dressage et les belles automobiles. (Photos extraites de : Armin Strom, The grand tradition of skeleton timepieces, paru en 2006)

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L’histoire d’Armin Strom 1950 – 2002

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En 1990, ce modèle pour femme entra dans le Guinness des records comme plus petite montre du monde animée par un mouvement squeletté à la main. La prouesse est restée inégalée à ce jour, tant par la manière que par la dimension. (Photo extraite de : Armin Strom, The grand tradition of skeleton timepieces, paru en 2006)

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Montre de poche gravée à la main réf. 002, mouvement cal. Movado

La montre de poche réf. 003 ci-contre, dont il n’existe plus de photo originale, reçut en 1983 le premier mouvement squeletté à la main. Armin Strom a d’abord appliqué cette technique à des mouvements de montre de poche plus grands et se prêtant donc plus aisément au squelettage.

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Les montres d’Armin Strom ont toujours été des pièces uniques. De nombreux collectionneurs ont commandé au maître horloger des montres exclusives fabriquées selon leurs propres idées et désirs. (Photos extraites de : Armin Strom, The grand tradition of skeleton timepieces, paru en 2006)

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Armin Strom Aujourd’hui encore, Armin Strom consacre un engagement indéfectible à Armin Strom AG, à squeletter jour après jour des pièces de montre à la main avec une remarquable dextérité.

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Le présent et l’avenir

Réinterpréter la tradition Le présent et l’avenir d’Armin Strom AG

A première vue, l’actuelle Armin Strom AG et l’ancien magasin du maître de l’art du squelettage n’ont guère de points communs. A l’époque, les pièces produites minutieusement à la main constituaient l’enjeu prioritaire et Armin Strom a travaillé seul pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, l’entreprise est une manu­ facture dotée de machines-outils de pointe, où 16 employés fabriquent en petites séries des montres de très haute qualité dont le mouvement sort de ses propres ateliers.

de précision bien trop précieux pour se cacher derrière un cadran et un fond en acier. Sur la base des montres squelettes, toujours disponibles, Armin Strom AG développe et fabrique aujourd’hui des montres qui s’inspirent d’un design résolument contemporain. Dans cet esprit, le mouvement n’est pas uniquement l’élément central d’un point de vue fonctionnel, mais également optique. L’interaction des poids et des ressorts, des rouages et de l’échappement prend vie en trois dimensions sous les yeux de l’observateur, les fonctions deviennent transparentes. La tradition horlogère du squelettage est ainsi réinterprétée.

Comme souvent pourtant, la première impression est trompeuse : les points ­communs sont en réalité nombreux. D’une part, la marque n’existerait pas sans Armin Strom, qui consacre toujours le même enthousiasme à squeletter des pièces de montre. Mais surtout, ses valeurs carac­ térisent aujourd’hui encore l’entreprise et conditionneront son futur : l’amour du plus infime détail, la volonté d’atteindre la perfection, pas seulement technique, mais aussi esthétique. Et, finalement, la conviction qu’un mouvement valorisé à la main est un objet d’art de la mécanique

Dès 2008, le développement d’une fabrication de pièces a précédé la réalisation de montres animées par des mouvements sortis des ateliers de la manufacture. Il faut en effet être capable de fabriquer des platines, des ponts, des leviers, des ressorts, des roues, des pignons et des vis, de contrôler les processus de fabrication à tous les niveaux, avant de mener à bien 20


la fabrication d’un mouvement dans la qualité requise, de l’idée jusqu’au stade de la production en série. Pour Armin Strom AG, le développement du calibre ASR07 constituait la preuve que les processus étaient maîtrisés : il ne s’agissait pas encore d’un mouvement totalement nouveau, mais de la transformation complexe et de la valorisation d’un mouvement de grande série en une montre avec module régulateur et affichage décentré des heures, des minutes et des secondes. Depuis la présentation de son calibre ARM09 pour les montres de la collection One Week en novembre 2009, Armin Strom AG peut raisonnablement revendiquer le titre de manufacture d’horlogerie. A l’exception de l’échappement, tout le mouvement sort en effet de ses propres ateliers, une grande partie de la valeur ajoutée du produit naît dans l’entreprise elle-même. Sur le plan de la profondeur de fabrication, la petite marque n’a pas à craindre les comparaisons avec des manufactures fortes d’une tradition séculaire.

Tout sous un seul toit Bözingenstrasse 46 à Bienne, c’est ici que sont réunis tous les services d’Armin Strom AG, dans un bâtiment transformé selon les besoins de la manufacture.

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Le présent et l’avenir

La manufacture Armin Strom n’en­ tend pas se positionner par le biais d’un design extravagant, mais grâce à des montres qu’une maîtrise artisanale rare a valo­ risées, notamment par des pièces squelettées, des ponts gravés, des leviers polis ou ciselés. Quoi qu’il en soit, chacune de ces montres possède toujours une valeur ajoutée artisanale et esthétique bien visible pour le client.

Même si la marque est en pleine croissance, ces montres ne seront sans doute toujours pas produites en très grandes séries dans dix ans. Les modèles de la collection actuelle One Week sont limités à quatre fois huit cents exemplaires et les modèles des prochaines séries devraient également se compter en centaines plutôt qu’en milliers. Armin Strom AG est quoi qu’il en soit fermement décidée à remplacer progressivement par des mouvements de la manufacture les mouvements de tiers que l’on trouve encore dans quelques ­montres de la collection.

Armin Strom produit des montres destinées à des connaisseurs, des collectionneurs, qui s’intéressent à la technique, ont un sens du design, savent apprécier la meilleure qualité de fabrication et recherchent ce que la haute horlogerie a de plus exclusif à offrir. Des personnes pour lesquelles une Armin Strom n’est certainement pas la première montre précieuse qu’ils possèdent.

L’évolution de la manufacture Armin Strom est portée par un investisseur motivé, une jeune équipe enthousiaste de spécialistes hautement qualifiés et le maître du squelettage lui-même, qui a donné son nom à la société. Un intense travail, une grande force d’innovation et le respect de l’héritage de la marque sauront perpétuer à l’avenir ce qu’Armin Strom a accompli en près de cinquante ans.

Serge Michel, né en 1978 à Burgdorf, est CEO d’Armin Strom AG et responsable des ventes & du marketing de la manu­facture horlogère.

Claude Greisler, né en 1978 à Burgdorf, est responsable de la construction et du design des montres Armin Strom en qualité de Head of Product Development.

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Serge Michel CEO

Claude Greisler Head of Product Development

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Les collections Les montres Armin Strom d’un seul coup d’œil

Calibre ARM09, face avant 16 ½ ‘‘‘ Fonctions Heure, minute, petite seconde, affichage de la réserve de marche Remontoir Remontage manuel à couronne avec denture de chant tournant côté cadran Impulsion Double barillet en alliage de laiton spécial, développé spécialement pour la prise laiton-laiton, ressorts moteur d’une longueur totale de 1800 mm avec une épaisseur de lame de 0,088 mm Rouages Pignons trempés, ailettes de pignons polies, roues tournées en ménageant le matériau et profil de denture fraisé par taillage par génération. Platines et ponts Fabriqués en laiton de montre détendu thermiquement Rubis Rubis fabriqués spécifiquement pour Armin Strom

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ARM09 Le premier calibre de la maison Armin Strom séduit par sa précision et une fonctionnalité absolue. Les détails fins et précieux de l’exécution sont la marque de fabrique caractéristique d’Armin Strom.

Calibre ARM09, face arrière 16 ½ ‘‘‘ Echappement Roue d’ancre et ancre en or massif à surfaces de fonction au trempage Système de réglage Véritable balancier à vis avec vis en or, Réglage du couple d’inertie de masse par quatre vis en acier bloquées, courbure de spiral Breguet Fréquence 18 000 Ah Nombre de rubis 34 rubis Nombre de pièces 146 Diamètre 36.60mm Hauteur 6.20mm Réserve de marche 8 jours

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ARMIN La gamme ARMIN associe au dynamisme une identité incomparable. Les modèles des séries One Week et Regulator reflètent les quatre éléments de la nature.

Les collections

ST10-WW.05 ONE WEEK WATER Mouvement manufacture ARMIN STROM calibre ARM09 Mouvement mécanique à remontage manuel avec réserve de marche de 7 jours, heures et minutes décentrées Fréquence : 18 000 A / h Rubis : 34 Nombre de pièces : 146 Boîtier Acier inox Glace et fond en verre saphir traité antireflets Diamètre : 43,40 mm Hauteur totale : 13,00 mm Etanchéité : 50 m Cadran Blanc / bleu foncé Aiguilles Acier inox Bracelet Véritable cuir d’alligator « horn back » bleu foncé avec boucle à ardillon en acier inox

TI09-RA.11 REGULATOR AIR Mouvement ARMIN STROM calibre ASR07 Mouvement mécanique à remontage manuel avec affichage de l’heure décentré et date rétrograde Rubis : 24 Réserve de marche : 46 heures Boîtier Titane poli Glace et fond en verre saphir traité antireflets Diamètre : 43,60 mm Hauteur totale : 14,70 mm Etanchéité : 50 m Cadran Blanc / bleu clair (nacre) Aiguilles Acier inox Bracelet Véritable cuir d’alligator blanc avec un fermoir en titane

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TI09-RE.40 REGULATOR EARTH Mouvement ARMIN STROM calibre ASR07 Mouvement mécanique à remontage manuel, affichage de l’heure décentré et date rétrograde Rubis : 24 Réserve de marche : 46 heures Boîtier Titane PVD noir satiné Glace et fond en verre saphir traité antireflets Diamètre : 43,60 mm Hauteur totale : 14,70 mm Etanchéité : 50 m Cadran Noir / orange Aiguilles Acier inox Bracelet Caoutchouc noir avec fermoir en titane PVD noir

RG10-WF.5N ONE WEEK FIRE Mouvement manufacture ARMIN STROM calibre ARM09 Mouvement mécanique à remontage manuel avec réserve de marche de 7 jours, heures et minutes décentrées Fréquence : 18 000 A / h Rubis : 34 Nombre de pièces : 146 Boîtier Or rose 18 ct Glace et fond en verre saphir traité antireflets Diamètre : 43,40 mm Hauteur totale : 13,00 mm Etanchéité : 50 m Cadran Noir / or rose Aiguilles Or rose Bracelet Véritable cuir d’alligator « horn back », en noir ou brun avec boucle à ardillon en or rose 18 ct

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Blue Chip Des ponts d’un extrême raffinement, proposés en plusieurs variantes d’exécution, distinguent la collection Blue Chip. Les matières les plus précieuses et une maîtrise absolue de l’art horloger caractérisent ces merveilles.

Les collections

Blue Chip Black Chronograph ST10-CR.90 Mouvement Mécanique à remontage automatique Fonction de chronographe et guichet de date Rubis : 25 Réserve de marche : 46 heures Boîtier Acier et PVD noir, côtés guillochés Glace et fond en verre saphir traité antireflets Diamètre : 46,50 mm Hauteur totale : 15,90 mm Etanchéité : 50 m Cadran Noir Aiguilles Acier inox Bracelet Véritable cuir d’alligator avec fermoir de sécurité, barrettes vissées

Blue Chip Skeleton Automatic ST09-SA.76 Mouvement Automatique, entièrement squeletté à la main et gravé Rubis : 24 Réserve de marche : 46 heures Boîtier Acier inox, côtés guillochés Glace et fond en verre saphir traité antireflets Diamètre : 46,50 mm Hauteur totale : 15,90 mm Etanchéité : 50 m Cadran Anthracite Aiguilles Acier inox, bleuies Bracelet Véritable cuir d’alligator avec fermoir de sécurité en acier inox

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Manufacture d’Horlogerie

Blue Chip Manual Winding ST08-OM.95

Manufacture d’Horlogerie

Mouvement Remontage manuel Rubis : 17 Réserve de marche : 46 heures Boîtier Acier inox poli, côtés guillochés Glace et fond en verre saphir traité antireflets Diamètre : 46,50 mm Hauteur totale : 12,90 mm Etanchéité : 50 m Cadran Noir / a rgent Aiguilles Acier inox Bracelet Véritable cuir d’alligator ou acier avec fermoir de sécurité, barrettes vissées

Blue Chip Skeleton Power Reserve RG09-SP.70 Mouvement Automatique avec affichage de la réserve de marche, entièrement squeletté et gravé à la main Rubis : 24 Réserve de marche : 46 heures Boîtier Or rose 18 ct, côtés guillochés Glace et fond en verre saphir traité antireflets Diamètre : 46,50 mm Hauteur totale : 15,90 mm Etanchéité : 50 m Cadran Anthracite Aiguilles Or rose Bracelet Véritable cuir d’alligator avec fermoir en or rose 18 ct

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Une question de caractère Un entretien avec Armin Strom et Serge Michel

AS : Armin Strom, SM : Serge Michel

Serge Michel, qu’est-ce qui rend les montres Armin Strom si uniques à votre avis ? SM : Armin Strom n’a qu’une seule préoccupation centrale : la perfection. Un niveau de finition exceptionnel, un mouve­ment à forte valeur ajoutée, ainsi que le fait qu’une grande partie des montres Armin Strom sont limitées ou au moins numérotées, telles sont nos marques distinctives.

Parmi combien de montres pouvez-vous choisir l’élue du jour ? AS : Parmi un certain nombre. Mais en ce moment, je porte presque uniquement ce modèle. SM : Il va de soi qu’aujourd’hui je ne porte plus que des Armin Strom ; je choisis toujours la montre du jour en fonction de l’occasion.

De votre point de vue personnel, qu’est-ce qui distingue une montre Armin Strom d’autres montres du segment haut de gamme ? SM : L’exclusivité - ce doit être un privilège de posséder une Armin Strom.

Comment choisissez-vous une montre ? SM : L’inconscient joue sûrement un grand rôle. Pour moi, une montre ne doit pas forcément «  aller » avec la tenue, bien au contraire ; elle peut parfaitement frapper, se démarquer. La manière de se présenter en dit souvent beaucoup sur une personne. Est-ce la même chose pour une montre ? SM : Une montre exprime clairement un trait de caractère. La marque que l’on porte au poignet est très révélatrice d’une personne - et ne pas en porter est tout aussi révélateur.

Armin Strom, quelle montre portez-vous aujourd’hui ? AS : La Blue Chip Skeleton que j’ai moi-même squelettée. Et vous, Serge Michel ? SM : Une ARMIN One Week Earth, celle animée par notre premier calibre maison.

Que représente une montre à vos yeux ? AS : Lorsqu’on consacre autant de temps à l’achèvement d’un mouvement de montre, l’objet vous tient forcément à cœur.

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Comment une journée type se présente-t-elle dans l’entreprise ? SM : Je suis très heureux qu’il n’en existe pas pour moi. AS : La plupart du temps, on me trouve dans mon atelier, très concentré à squeletter un mouvement.

Quelle étape fut la plus marquante pour l’entreprise ces dernières années selon vous ? SM : Notamment notre premier calibre maison. Grâce au dynamisme de toute l’équipe et à un intense engagement, nous avons réussi à construire et produire en 2009 un calibre remarquable, l’ARM09, qui a enrichi notre collection de nouveaux modèles.

Vous réinventez sans cesse les montres Armin Strom, avec différents modèles, mouvements et designs. Comment trouvez-vous de nouvelles idées, pouvez-vous nous donner un exemple ? SM : Dans le cas de la collection ARMIN, notre intention était par exemple de concrétiser notre philosophie dans une orientation plus moderne. Nous avons développé un concept à cet effet qui s’inspire des quatre éléments eau, air, terre et feu. Nos séries Regulator et One Week en sont issues.

Qu’aimez-vous faire lorsque vous ne vous occupez pas de montres ? AS : Je joue au golf pour décompresser. SM : La Formule 1 est l’une de mes grandes passions. La technique et la perfection des automobiles me fascinent.

Vos activités chez Armin Strom sont clairement ­ istinctes. Néanmoins, Serge Michel, quelle influence d ­exercez-vous sur le design des montres ? SM : Claude Greisler, notre constructeur et designer, fait toujours des premières esquisses basées sur une idée stratégique clairement définie. Ensuite, nous discutons les propositions et procédons à des adaptations. Chacun a le droit d’exprimer ses idées chez nous !

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La passion

Not my first love affair.


Les passions peuvent faire vibrer, rendre des gens heureux, les unir. Elles peuvent ­s’exprimer dans des activités, des sujets, face à des personnes ou des choses. Vivre une passion veut dire consacrer, de toute son âme, un intérêt et un engagement extraordinaires à l’objet de son élection, que ce soit comme amateur de montres, collectionneur d’art ou comme sportif. La passion s’accompagne en tous les cas toujours d’une émotion particulière. Peut-être nous souvenons-nous de la première passion, du premier amour. De l’enfant fasciné par la nouveauté que nous fûmes. Parfois, la passion reste, prend de plus en plus de place, se développe avec le temps, voire nous accompagne tout au long de la vie. Certaines passions sont même si prenantes qu’elles appellent des perfectionnements constants, grandissent en nous, éveillent le besoin de les préciser jusqu’à la perfection. De tels intérêts, si intenses, si marqués, deviennent fi ­ nalement si importants pour certains qu’ils se transforment en une part centrale de leur vie, voire en la part majeure. Armin Strom consacre, par exemple, aujourd’hui encore une grande partie de son temps aux montres. Sur les pages qui suivent, nous vous présentons les portraits de personnalités qui sont allées à tel point au bout de leur passion que celle-ci est dé­sormais étroitement associée à leur nom. Mais bien des passions sont également éphémères, cèdent parfois la place à d’autres. L’intérêt retombe après la première grande fascination. Le temps a fait son office. De nouveaux intérêts s’éveillent au cours de la vie, des expériences précieuses s’ajoutent. Parallèlement, le sens de l’essentiel s’affine. On fait un tri, éliminant ce qui n’a ni réelle persistance ni profondeur. Tôt ou tard, on reconnaît les priorités, on n’a plus rien à prouver à personne. Il en va ainsi de l’enthousiasme face à une Armin Strom : une telle montre n’est probablement pas la première concrétisation d’une passion de la belle horlogerie. L’apprécier à sa juste valeur implique en effet une certaine expérience, des connaissances. Lorsque l’on sait ce qui compte vraiment dans la vie, le moment est venu de s’offrir une Armin Strom.

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Lâcher la bride La passion des bateaux est bien souvent étroitement associée à une idée de liberté, d’aventure, de vaste monde. Quand l’amour de la navigation est entré dans la vie de quelqu’un, il est bien rare qu’il y renonce si facilement.

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Jürg Kaufmann

Flavio Marazzi, né en 1978, Berne / CH Il n’avait que six ans lorsqu’il s’est découvert une passion pour la voile. Après des victoires olympiques et cinq titres de champion du monde, Flavio Marazzi et son équipage naviguent dans la classe d’élite, sponsorisés par Armin Strom.

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Emotions en branle Autrefois comme aujourd’hui, devenir coureur automobile a toujours été le rêve de beaucoup de petits garçons. Le sport motorisé est une synthèse de passion de la technique et de fascination des voitures, de la vitesse et du danger.

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Mayk Azzato

Timo Glock, né en 1982, Lindenfels / DE Sa carrière de pilote de course a débuté par le kart. Des succès en formule 3 l’ont ensuite hissé dans la catégorie royale de la Formule 1. Timo Glock court pour Marussia Virgin Racing, avec le soutien d’Armin Strom comme partenaire. 37


Il n’est jamais trop tôt pour bien faire. L’amour du style est une passion particulière; y trouver sa propre voie et vivre sans compromis. Telles sont les petites choses qui font la différence et permettront un jour l’extraordinaire.

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Michael P. Sarp, né en 1948, Oldenburg/Allemagne

En tant que CEO, Michael P. Sarp a contribué à poser des pierres du succès de la marque IWC. Ce dirigeant talentueux a été à la tête de nombreuses sociétés réputées de la branche du luxe. L’art horloger raffiné et exclusif d’Armin Strom a su le convaincre de rejoindre la petite manufacture en tant que président du conseil d’administration.

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Manufacture L’art subtil du renoncement

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Construction De l’idée au projet

L’œuvre qui vibre dans la tête Créer son propre mouvement. Une idée téméraire peut-être. Du moins au début. Peu après pourtant, l’idée s’est transformée en projet concret chez Armin Strom. En plus de l’indication des heures, minutes et secondes, quelles fonctions supplémentaires un tel mouvement devrait-il remplir ? Comment la montre appelée à accueillir un jour un tel développement se présenterait-elle ? De quelle dimension, quelle hauteur ? Chez Armin Strom, le mouvement est visible, il fait partie intégrante de l’image générale de la montre. Il constitue ainsi son centre absolu, exerçant une influence décisive sur l’aspect de la montre. Pour tout constructeur horloger, c’est la figure libre par excellence, un rêve peut-être : fabriquer soi-même, de bout en bout, un nouveau mouvement, réaliser ses propres idées, vouer toutes ses connaissances, son savoir-faire à la création d’un produit totalement nouveau. Lorsque la manufacture Armin Strom décida de développer son propre mouvement, Claude Greisler, constructeur et membre de la direction, se souvient que ce fut « comme Noël, plus que Noël ».

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Lorsque fut décidée la construction du premier mouvement manufacture (ARM09), il était clair d’emblée que ces montres devraient prolonger la tradition des montres squelettes d’Armin Strom en les réinterprétant dans l’esprit de notre époque. L’architecture du mouvement s’en trouva forcément influencée : celui-ci ne devait certes pas être totalement transparent, mais permettre de plonger le regard dans les profondeurs de la montre, d’expérimenter la beauté de la technique en consultant l’heure. Un remontage manuel, une réserve de marche d’une semaine, la disposition excentrée des aiguilles, tels furent d’autres impératifs du cahier des charges de l’ARM09. Avant de construire, il faut calculer ; Claude Greisler déposa tout un dossier plein de calculs sur la table, qui devaient dire si, et à quelles conditions, l’idée était techniquement réalisable. Quelle force l’élément central, le barillet, source d’énergie de la montre en quelque sorte, devait-il libérer pour répondre aux exigences du cahier des charges ? On comprit vite que seul un double barillet permettrait d’obtenir la grande réserve de marche visée. Quel diamètre, et combien de dentures, les roues et pignons du mécanisme de transmission présenteraientils ? Quelle force devrait s’exercer sur la roue d’échappement pour que le spiral du balancier oscille dans l’amplitude voulue ?

Une idée devient concrète La disposition des deux barillets apparaît clairement sur le dessin généré par ordinateur du mouvement manufacture ARM09.


Le mouvement sur le papier

Tout commence par un travail manuel La construction d’un mouvement à l’écran est précédée de calculs complexes et d’une multitude de croquis manuels.

La construction d’un mouvement est un processus de longue haleine avant d’approcher l’objectif défini. « L’œuvre qui vit dans la tête est en réalité déjà achevée », déclare le constructeur Claude Greisler. Mais il faut tout de même d’abord construire les pièces. A quelques rares exceptions près, comme l’échappement ou les ressorts de barillet, toutes les pièces d’un mouvement Armin Strom sortent de ses propres ateliers – vis, roues, pignons, leviers, ressorts, platines. Greisler réalise d’abord sur papier de

premières esquisses de ses idées à la main, avant d’introduire les données dans l’ordinateur. Les éléments du mouvement prennent ainsi pour la première fois une forme tridimensionnelle à l’écran. L’interaction des différentes pièces, le jeu d’ensemble deviennent apparents et d’éventuels problèmes sont mis en évidence. Les premiers tirages de dessins générés par ordinateur sont corrigés à la main avant que les modifications à l’écran ne soient visualisées à nouveau – un processus à répéter plusieurs fois. 43


La production débute

Les départements de construction et de fabrication collaborent déjà étroitement à un stade précoce du développement – un avantage de taille de la petite manufacture. Dès que le constructeur a défini une pièce du mouvement et réalisé les dessins détaillés, il envoie les données à la production où le chef d’atelier, Michael Dünner, comprend vite, grâce à une simulation informatique de la machine-outil, comment une platine ou un pont devra être fraisé ou percé dans la pièce de laiton et comment le processus de fabrication pourrait éventuellement être optimisé. Si le constructeur indique par exemple un rayon de 0,30 pour la courbure d’un pont, cela pourrait impliquer une étape de travail supplémentaire sur la machine-outil, évitable avec un rayon de 0,40.

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Pendant que le constructeur travaille encore sur le mouvement, l’atelier mécanique produit déjà les premières pièces du prototype. L’échappement, les ponts de barillet et les ponts de rouage sont déterminés définitivement, même si la construction des autres pièces n’est pas achevée.

Une naissance en travail d’équipe Le développement d’un mouvement requiert une étroite collaboration entre la construction et la fabrication.


Tol. gén ±10 N6

A-A ( 10 : 1 ) 9,60

Détail B

2,39° 0,05x45°

0,18

0,35

-6

5

B ( 20 : 1 )

A

Z m da d df

0,25

1,50 +0

A

NIHS 20-02 75 0.1350 10.4895 10.1250 9.7875

Calibre

Modification Remarque

Matière Laiton Dimension en mm Tolérances en µm

Roue de grande moyenne ARMIN STROM AG Rue J. Stämpfli 10 CH - 2502 Biel/Bienne

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Echelle

10:1

Format

A4 Dessiné

Spécification

17.03.2009

C. Greisler

Contrôle

ARM09-2000-02.ipt

ARM09-2000-02 01


FABRICATION Tourner, fraiser, mais pas découper

Petites pièces en laiton brut A quelques rares exceptions près, toutes les pièces d’un mouvement Armin Strom sortent de ses propres ateliers – platines, ponts, roues, leviers, ressorts, vis. Il s’agit là d’un choix qualitatif : celui qui contrôle tout le processus de fabrication, de la matière brute jusqu’au produit fini, peut véritablement défendre sa montre. Ce sont également des critères qualitatifs qui ont présidé à la décision de renoncer à tout découpage de pièces : chez Armin Strom, on pratique le perçage, le fraisage, le tournage et l’étincelage par fil, mais on ne découpe jamais. C’est peut-être plus complexe, mais les pièces sont plus belles. Tout découpage modifie en effet la structure du métal travaillé, ce qui peut être à l’origine d’écarts minimes peut-être, mais indésirables, par rapport aux tolérances dimensionnelles.

Données pour les machines Les données informatiques du constructeur constituent la base de programmation des machines-outils.

Etroite collaboration Des voies courtes entre la construction et la fabrication sont des indices de performance d’une petite manufacture et favorisent la qualité.

Machines-outils à l’œuvre Un parc de machines moderne La manufacture possède un parc de machines spécialement adapté à ses besoins (à droite). Celui-ci comprend un centre d’usinage composé de 64 fraises et perceuses différentes pour la fabrication de platines, ponts et leviers (à gauche).

« Manu factum », entièrement fabriquées à la main, les pièces du mouvement manufacture d’Armin Strom ne le sont pas, même si, par la suite, elles sont minutieusement polies et décorées à la main. Ce sont des machines-outils commandées par ordinateur qui fabriquent les pièces en laiton et en acier. Réduit, mais d’autant plus flexible, le parc de machines est axé sur la production de petites séries : un tour automatique, des machines pour l’étincelage par fil ou pour la taille les dentures ou encore le façonnage, d’un usage polyvalent et rapidement adaptables. C’est ainsi que, le matin, une machine peut fraiser et percer de grosses platines avant de produire de petits leviers dans l’après-midi. 46


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La naissance d’une vis

Longues tiges de laiton Des tiges de laiton de différents diamètres, dont certaines mesurent jusqu’à deux mètres de long, constituent la matière première pour la production de pièces.

Alimentation de la machine-outil Un employé de la production charge une tige de laiton dans le tour automatique qui en fera des vis.

Contrôles permanents Toutes les pièces passent sous la loupe, le microscope et au micromètre avant de quitter la fabrication.

Les données deviennent des pièces

ZÉRO-ZÉROUN-ZÉRO-UNUN-ZÉRO-UN

Le monde de l’infime L’échelle révèle les dimensions : dans l’industrie horlogère, l’ordre de grandeur est du centième ou du millième de millimètre.

Les pièces d’une montre sont tout d’abord des données binaires, des bits et des bytes sur le disque dur d’un serveur. Elles définissent la pièce dessinée par le constructeur dans les trois dimensions et constituent, avec le dessin détaillé, la base du pilotage des machinesoutils. Sans mention spéciale sur le croquis, la précision des dimensions est toujours au centième de millimètre, mais elle peut atteindre le millième de millimètre avec une tolérance de zéro à moins six millièmes. C’est le chef d’atelier Michael Dünner qui programme et simule les déroulements à l’écran ; c’est ainsi qu’il commande par exemple au centre d’usinage des étapes telles que le fraisage des logements des barillets dans la platine, le filetage des vis, le perçage des orifices pour l’empierrage, ainsi que le remplacement intermédiaire des outils, lesquels doivent auparavant être nettoyés à l’air comprimé. Quelle fraise doit travailler horizontalement et verticalement de quelle manière, et à quelle profondeur la perceuse devra-t-elle faire un trou, tout cela est généré à partir des données de base fournies par le constructeur pour commander les machines.

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Au millième de millimètre

La hauteur est-elle bien juste ? Après sa fabrication, la platine est mesurée au centième de millimètre à l’aide d’un micromètre.

Perforations minuscules La machine peut percer les pièces du mouvement jusqu’à un diamètre de seulement 0,18 millimètre.

Station intermédiaire Après le fraisage et le perçage, la platine est prête pour les quatre prochaines étapes de travail.

Vitesse et refroidissement

Rien n’irait sans huile Les fraises et perceuses du centre d’usinage atteignent de plus en plus des vitesses de 600 tours par seconde – sans refroidissement permanent au moyen d’huile, les machines-outils chaufferaient immédiatement. 49


Un pignon naît

Serré La pièce à travailler est serrée entre deux arbres qui tournent à vitesse constante.

Refroidi L’huile sert de liquide de refroidissement alors que la fraise profilée taille les dentures de la pièce.

Dentelé Le doigt permet de se rendre compte des dimensions réelles du pignon.

600 fois à la seconde Constamment refroidie à l’huile, la machine multifonctionnelle taille à une vitesse pouvant atteindre 600 tours/seconde une pièce de laiton tendue sur le bloc de travail. Peu après, la fraise sera automatiquement rangée dans le carrousel à outils et remplacée par une perceuse. Mais auparavant, un rayon laser indique la hauteur requise à une précision de deux millièmes de millimètre. Si le laser ne peut rien mesurer, le mécanicien sait que l’outil est défectueux ou que l’arbre a glissé. A l’autre bout de l’atelier, le silence règne. Ici, les contrôles ne s’effectuent pas au laser, mais au microscope : chaque pièce subit un contrôle optique final après la production, appelé mesurage. Pour ce faire, la pièce est disposée sous un microscope muni d’une caméra. On distingue alors les moindres détails à l’écran, afin de vérifier si tous les éléments de la pièce correspondent bien au modèle mémorisé dans l’ordinateur.

Fin comme un cheveu Les pignons ne peuvent être contrôlés qu’à la loupe. Chez Armin Strom, le plus petit pignon possède un diamètre d’axe de 0,09 millimètre. A titre de comparaison : le diamètre d’un cheveu est de 0,05 à 0,07 millimètre. Prêt Une série de pignons dentés est prête pour la prochaine étape de travail.

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Grande machine, petites dents Où est la pièce ? La machine à tailler les dentures découpe les dents des minuscules pignons d’échappement. La pièce a totalement disparu dans le jet de l’huile de refroidissement.

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Entre machines

De nombreuses pièces d’un mouvement de montre requièrent plusieurs étapes d’usinage sur différentes machines-outils. C’est ainsi que les ponts ou leviers sont d’abord préfraisés sur le centre d’usinage avant d’être façonnés en étincelage par fil : un fil de 0,07 ou 0,1 millimètre d’épaisseur, à polarité électrique positive, traverse la pièce à polarité électrique négative sous un jet d’eau déionisée. La polarité inverse génère une minuscule étincelle entre le fil et la pièce qui fait fondre et s’évaporer le matériau. Les roues dentées passent elles aussi par plusieurs étapes. La pièce est d’abord tournée sur le tour automatique avant le fraisage des branches. Les ateliers d’Armin Strom ne produisent pas de roues pleines, les roues dentées doivent plutôt évoquer des jantes de voiture et leur face supérieure est même bombée. La tradition des montres transparentes se prolonge également dans les détails. Finalement, la machine à denter taille une couronne dans la roue pouvant comporter jusqu’à 96 dents.

Coup d’œil critique La machine à étincelage par fil a-t-elle correctement découpé la pièce ? 52


Modèle et pièce Etapes intermédiaires Les pièces telles que les ponts (page de gauche) ou les roues dentées (ci-dessous) sont usinées en plusieurs étapes. Les branches des roues sont d’abord découpées avant d’être denturées.

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Réserve Des tiges de laiton brutes attendent à la fabrication d’être transformées en pièces (ci-dessus). Des fraises et perceuses de rechange pour le centre d’usinage sont conservées dans de grands tiroirs (à droite).

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Décoration Squeletter Loupe, scie et lime Armin Strom débute le squelettage en ciselant la pièce à l’aide d’une fine lame (photo de gauche). Il travaille et affine ensuite la pièce à la lime (ci-dessous).

Le poste de travail d’un maître Armin Strom se concentre sur le squelettage d’un mouvement. Bien visible sur son établi, les innombrables limes dont Armin Strom se sert pour son art.

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Le squelettage est l’une des spécialités horlogères les plus complexes et délicates. Grâce à plus de quarante ans d’expérience, Armin Strom est un maître de cette belle tradition. Il élimine d’abord, à l’aide de scies et de limes, toutes les parties métalliques qui ne sont pas absolument indispensables à la stabilité mécanique des ponts et platines. L’architecture du mouvement, l’enchevêtrement des rouages deviennent visibles et la montre se transforme en une œuvre d’art tridimensionnelle. Chaque montre représente environ une semaine de travail. Les instruments de travail du squeletteur sont des scies à chantourner et une multitude de limes qu’Armin Strom affûte lui-même. Comme le squelettage est toujours un travail manuel, de nombreux détails distinguent les montres les unes des autres.


Gravure

Cire et burin Des burins en acier de différentes largeurs et des supports enduits de cire sont les outils des graveurs.

Travail au microscope La graveuse travaille environ une heure et demie au microscope pour décorer un seul pont de rouage.

Chaque pièce est unique Sous les mains de la graveuse, la pièce d’un mouvement se transforme en une création unique. Julia Seume dessine d’abord le motif qu’elle a imaginé elle-même sur la pièce à l’aide d’une pointe à tracer. Sa main ne dirige toutefois pas toujours le burin exactement de la même manière, au millimètre près, sous le microscope ; seules des machines peuvent reproduire des gravures totalement identiques. Le modèle One Week n’est pas orné de motifs floraux traditionnels, ses ponts sont gravés de motifs représentant les quatre éléments eau, air, feu et terre. L’Eiger, le Mönch et la Jungfrau Pour décorer les ponts de la One Week Earth, la graveuse Julia Seume a créé un motif inspiré du panorama mondialement célèbre de l’Eiger, du Mönch et de la Jungfrau.

Aucune pièce n’est totalement identique Six ponts de rouage, six pièces uniques décorées à la main. Seuls d’infimes détails distinguent les gravures des différentes pièces. 57


Ciseler la perfection

Fin Un pont de couronne est d’abord ouvragé à l’aide de limes fines en acier.

Plus fin Un tige tournante trace les petits cercles caractéristiques du perlage sur la platine.

Ultrafin Chez Armin Strom, la surface de toutes les pièces rotatives est arrondie à l’aide d’un disque abrasif électrique.

Patience et longueur de temps

Jamais d’arêtes vives Un horloger polit à la lime les arêtes d’un pont de rouage du calibre ARM09. Dans la haute horlogerie, les platines, ponts et leviers aux arêtes biseautées et polies, dites égalisées, constituent une importante caractéristique de qualité.

La finition de toutes les pièces du mouvement fait de chaque montre Armin Strom un bijou artisanal. Travailler à la main l’acier ou le laiton à nu prend énormément de temps : les arêtes des platines, ponts et leviers sont biseautées à la perfection et chaque pièce est polie, même celles qui resteront pourtant invisibles dans la montre. Cette étape de la finition, appelée anglage, exige un œil bien exercé, une grande sensibilité ainsi que beaucoup de patience et de persévérance. Il n’est pas rare qu’un horloger consacre une demi-heure, voire même davantage, à la finition minutieuse d’un unique pont d’ancre, une pièce relativement petite.

Travail de patience Pour polir des pièces, mais aussi des boîtiers, l’horloger se sert successivement de toute une série d’instruments abrasifs de plus en plus fins. Un travail qui exige beaucoup de patience et suffisamment de sensibilité. 58


Polir des angles et arêtes Polissage invisible La section longitudinale d’un pont de couronne est polie au moyen d’un polissoir feutre en cône. Même les pièces du mouvement qui resteront invisibles reçoivent une finition.

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Finition à la meule

Outillage Armin Strom recourt à des machines traditionnelles pour garnir ses mouvements de décorations.

Nuages sur le mouvement Une meule sur tige, la perleuse, sert à réaliser le traditionnel perlage sur la platine.

Le cerclage des roues Chez Armin Strom, la surface de toutes les pièces rotatives est adoucie à l’aide d’un disque abrasif.

Côtes de Genève et perlage Les ateliers d’Armin Strom utilisent également des machines pour la finition de certaines pièces. C’est ainsi que les côtes de Genève parallèles, aussi appelées côtes droites ou vagues de Genève, s’effectuent sur un plateau à avance automatique au moyen d’un abrasif guidé à la main pour obtenir des lignes parfaitement droites. Le perlage, un décor nuagé qui orne par exemple des platines, est réalisé au moyen d’une tige tournante abaissée très rapidement pour marquer la surface de la pièce, à intervalles réguliers, de petits cercles formant ainsi le dessin caractéristique. Finalement, toutes les pièces rotatives du mouvement reçoivent encore un polissage arrondi.

Travail manuel assisté La main de l’horloger dirige la tige abrasive motorisée pour réaliser un perlage. 60


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Finition jusqu’au moindre détail L’éclat du travail manuel Chez Armin Strom, la décoration des mouvements, par le polissage des pièces, des gravures et ciselages, se réfère aux valeurs artisanales ancestrales de l’art horloger. Seule une loupe permet de distinguer certains détails de la finition.

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1 2 3 4 5 6 7 8

Chaque tête de vis est polie. Les grandes surfaces sont décorées de côtes de Genève. Un soleillage orne le couvercle de barillet. La surface des pièces rotatives est arrondie. La platine est perlée. Des gravures à la main ornent différentes pièces. Toutes les arêtes vives sont polies à la main. Une ciselure rehausse le côté étroit du mouvement.

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Galvanoplastie Or, rhodium et ruthénium

Le prestige au saut du bain Une fois polis et ornés de gravures et décorations, les ponts, platines, roues et leviers sont prêts pour la finition électrochimique. Les pièces en acier et en laiton sont plongées dans un bain où elles reçoivent d’abord une dorure galvanique avant la couche de nickel qui, en plus de les protéger de la corrosion, en durcit les surfaces. L’épaisseur de la couche varie en fonction de la durée d’immersion et de l’intensité du courant entre les deux pôles électriques dans la solution. Selon la version de la montre, les pièces sont plongées dans un autre bain après le nickelage et un bain de nettoyage. Il s’agit maintenant d’esthétique : les roues d’une One Week Water reçoivent par exemple une couche d’or jaune, alors que les ponts sont plaqués au rhodium, un métal noble à l’éclat blanc. Les roues de la One Week Earth sont traitées au rhodium et ses ponts au ruthénium, qui leur confère une coloration gris foncé. Toutes les pièces du modèle Air sont rhodiées, alors que la One Week Fire combine l’or rouge et le ruthénium.

Dores Un pont de rouage de la One Week contrôlé après l’application du revêtement.

Finition par immersion Les pièces sont suspendues à des paniers avant d’être plongées dans le bain de galvanoplastie. 64


La machine à éclat Indépendance et flexibilité Grâce à sa propre installation dotée de plusieurs cuves, la manufacture ne dépend pas de tiers pour la galvanoplastie de ses pièces.

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Assemblage

La multitude devient unicité

Une montre s’éveille à la vie Jusqu’à présent, ce n’étaient que des pièces – tournées, fraisées, polies, décorées, dorées. Le mouvement prend désormais forme, en plusieurs étapes. L’horloger enchâsse d’abord les pierres pour les arbres des roues dentées dans les ponts et platines à l’aide de la potence. Une étape décisive : la manière d’enchâsser les pierres déterminera l’espacement correct du rouage. Les dents mordentelles correctement dans les pignons ? Faut-il peutêtre ajuster la hauteur de quelques centièmes de millimètre ? Lorsque le rouage est assemblé et que les ponts et platines sont vissés, il faut monter le barillet et tendre les ressorts de barillet avec un outil spécial. Le montage de l’échappement, composé de la roue d’ancre, de l’ancre et du balancier, insuffle sa vie au mouvement.

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Ce n’est pas pour autant que la montre peut être assemblée : il faut d’abord redémonter tout le mouvement. Les pièces sont plongées dans des bains de nettoyage et séchées avant d’être réassemblées et huilées. Après le réglage du mouvement, l’horloger met les aiguilles en place et loge le mouvement dans un boîtier dont il visse le fond. Finalement, la montre assemblée est soumise à un contrôle de marche de plusieurs jours sur un simulateur de porter. Son étanchéité fait elle aussi l’objet de tests. La montre ne sera prête à séduire les clients qu’à partir du moment où elle aura réussi tous les contrôles de qualité.

Presque au but La mise en place des aiguilles constitue la dernière étape de travail avant l’emboîtage.


Au bout était la montre

Les quatre éléments de toute montre Mouvement, boîtier, cadran et bracelet avec fermoir.

Méticuleusement rangés, les instruments de travail Un établi d’horloger avec la coupe pour les pièces, un mouvement et les pique-huile.

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La montre en pièces La moindre vis compte Dessin éclaté du mouvement à régulateur ASR07.

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Les pièces et la montre

Du plus petit au plus grand Les multiples pièces du calibre ASR07 et la montre une fois montÊe (page suivante).

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Regulator Fire

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Les outils

Tendre et monter Cet outil sert à tendre les ressorts et à les monter dans le barillet.

Monter des paliers à billes Cet outil sert à mettre en place les minuscules paliers à billes d’un rotor.

Affûter des limes Les limes pour squeletter des pièces du mouvement sont affûtées sur une pierre à aiguiser.

Nettoyer le mouvement Le module de chargement fait partie d’une machine de nettoyage pour les mouvements.

Pas de soins dentaires Le miroir permet de contrôler un outil sous toutes ses faces dans la machine d’usinage.

Poser des pierres L’horloger enchâsse les pierres dans les platines et ponts à l’aide de ces outils.

Une précision au millième de millimètre Le micromètre numérique est un instrument indispensable à la fabrication.

Rouler des pivots Le tour à pivoter permet de polir les pivots des axes du rouage.

Fermer une boîte Lorsque la montre est entièrement montée, le fond est solidement vissé grâce à cet étau.

River des pignons Les pignons sont rivés dans les roues à l’aide d’un outil de cet ensemble.

Placer des aiguilles Cet appareil permet la mise en place précise des aiguilles sur le mouvement après l’assemblage. 72


Les outils

Contrôler les outils Le bon fonctionnement des outils est vérifié sur une montre de contrôle.

Boulet de graveur Le graveur pose la pièce à travailler sur un boulet de graveur rotatif et inclinable.

Serrer la vis N’importe quel établi d’horloger comporte des tournevis avec des largeurs de tête de 0,6 à 3 mm.

Bien voir Une loupe d’horloger permet un grossissement jusqu’à 15 fois.

Monter un pare-chocs Comme les pierres, l’amortisseur est lui aussi mis en place à l’aide d’un outil spécial.

Préparer le tournage Ce tour de décolletage sert à préparer le réglage du tour automatique.

Eloigner la poussière La poussière est le pire ennemi de l’horloger, qui range les pièces en travail sous une cloche.

Contrôler la précision Pour vérifier la précision de marche d’une montre, on l’emboîte sur un simulateur de porter pour le contrôle final.

Analogique au lieu de numérique Un micromètre à affichage analogique permet aussi de mesurer jusqu’à une précision du millième de millimètre.

Pièces dans le bain Les pièces sont suspendues à ces paniers avant d’être plongées dans le bain de galvanoplastie.

Mesurer des hauteurs La platine a-t-elle bien la hauteur requise ? Un instrument de mesure spécial répond à cette question.

Assembler des boîtiers La fonction de cet outil consiste à ajuster la lunette de boîtiers en plusieurs parties.

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Remerciements

Je remercie du fond du cœur toutes les collaboratrices et tous les collaborateurs qui, ces dernières années, ont contribué à la croissance et au succès d’Armin Strom AG avec une grande motivation et un inépuisable dynamisme. Sans leur engagement quotidien, nous ne serions pas là où nous sommes aujourd’hui. Cela me rend en même temps très fier de toute l’équipe et de notre entreprise, et confirme la justesse de notre voie commune. Je remercie Armin Strom et tout le conseil d’administration de la confiance qu’ils me témoignent depuis deux ans comme CEO. Je considère ce défi comme une chance unique qui se transforme de plus en plus en une véritable passion. Merci à tous ceux qui y contribuent ! Serge Michel CEO, Armin Strom AG

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Contact ARMIN STROM AG Bözingenstrasse 46 CH-2502 Biel/Bienne Tél. +41 (0) 32 343 33 44 Fax +41 (0) 32 343 33 40 info@arminstrom.com www.arminstrom.com Idée/concept cosmic Werbeagentur Bern AG BSW www.cosmic.ch Conception graphique Thom Pfister, Creative Director Roland Zenger, Art Director Tamara Janes, Graphic design Rahel Alder, Desktop Publishing Stefanie Broccard, Desktop Publishing Photos Simon Opladen Textes Antonia Bekiaris Isabella Jungo Peter W. Frey Lithographie Denz digital AG, Bern Impression Werbedruck Petzold GmbH, Gernsheim


Profile for Armin Strom AG

Manufacture d’Horlogerie ARMIN STROM  

Le livre de la manufacture Suisse ARMIN STROM

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