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Cabotage en Indonesie - Decembre 2016

selamat siang

Indonesia !

N°3


r

LE

gagnant du

! o t o h p s r u o c con * selfie *

D Vie de merde / vie de rêve

v

ous avez été nombreux à jouer le jeu du concours photo. UN GRAND MERCI à Tous ! C’était toujours un bon moment à bord à chaque nouveau message reçu. Mais forcément quand il a fallut voter, l’affaire s’est corsée. Devant la diffculté de la tâche nous avons opté pour “l’inattendu”. Alors certes, il ne s’agit pas rééllement d’un seflie... mais “l’humour et la créativité” étaient bel et bien là. Depuis, on espère que le colis d’Indonésie a fait son chemin jusqu’au Sappey. Alors, excellente dégustation et attention au “pedas”, ça chauffe !


MERCI Pour tous vos

articles, Vous etes formidables !

a r g a l t r i b u @ g m a i l . c o m Et oui, ce mag se veut collaboratif et il a effectivement atteint son objectif ! Voir le chap.3 “La tribu�


Edito De la 3eME édition

I

l fallait bien que ce jour arrive… Il est donc temps, mesdames, messieurs, de se quitter. Et oui, avec son édition zéro et ses trois numéros, Argal mag aura eu une courte mais intense vie. Et qui sait si le phœnix ne renaîtra pas sous peu ? 6 mois de cela nous quittions Port-Moselle empreints d’espoirs et de doutes pour une aventure incertaine mais pour laquelle nous avons mis toute notre énergie. NouvelleCalédonie, Vanuatu, Papouasie Nouvelle-Guinée et maintenant l’Indonésie… Avant de se quitter il fallait en dresser le bilan. Bilan d’une épopée à la voile, d’une vie de collectivité (puisque nous finissons en beauté avec Rem, Célia puis Marie et Arnaud !) mais aussi d’une expérience éditoriale pour laquelle nous nous sommes passionnés. Et plus que nos propres récits, ce sont les vôtres qui nous ont emporté. Le moment donc de vous en remercier à vous la Tribu, à vous les équipiers, et surtout à vous Carine et Sylvain, qui avez fait du rêve notre réalité. Voilà donc pour la saison I, en attendant qu’Argal reprenne sa route vers La Réunion en juin prochain avec un équipage tout neuf. D’ici là, troquez vos pulls pour un tanga, car nous arrivons en Indo, et il fait CHAUD ! Au programme : quelques mois de cabotage sur une mer d’huile, des découvertes animalières, un parcours administratif à toute épreuve, ... et des aventures d’ampleur en 3e partie avec le reste de la communauté ! Alors, une dernière fois, pour vous, pour nous, pour tout ça, Terima Kasih ! comme on dit ici. / Par la chou

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+ Eau Seau mer _____ Chap 1 - Livre de borD P.6

Le trajet Naviguer en Indonésie Rejoignons-les ! à l’heure du bilan La suite La rubrique guitaronautique d’Arnaud

Chap 2 - En escale P.16 L’Indonésie Déboires administratifs Ojeeek ! Culture clash Le me/assage des bell’s Le Parc National de Komodo Liliade, quelle Odyssée ! Moune-Sitting

Chapitre 3 - La tribu p.30

Au refuge d’Archiane Une centrale hydroéléctrique “maison” Des savons au naturel Petits pots magiques ! Je me libère du stress Traversée des Alpes à la voile “Allured into the Lost” ? Juste avant le 9m aux antilles ! Souquez les artimuses Et les parents ? La page des cm2 Jeux L’horoscope de Benj

rimer et si jamais tu veux t’imp la CB :) un exemplaire, CHAUFFE ça casque sur BLURB ! 5


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Chap 1 - Livre de bord LE TRAJET ................................................................................................. p.7 Naviguer en Indonésie ......................................................................... P.8 REjoignons-les ! ..................................................................................... P.10 à l’heure du bilan ................................................................................... P.12 La suite ................................................................................................... P.14 La rubrique guitaronautique d’arnaud ........................................... P.15

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C C

LE TRAJET > en indonésie

C’est dans le plus grand archipel du monde qu’Argal clôture la dernière étape de la saison 1.

C

Une destination idéale pour caboter parmi les nombreux îlots peu fréquentés de la région (notamment à l’Est), découvrir un parc maritime exceptionnel (Komodo entre autres) et une population très accueillante. Des conditions parfaites pour retrouver la famille : > à Maumere avec Rem et Cécé, > puis à Lombok avec Marie et Arnaud.

C

Alors, qu’est-ce qu’on attend ? En route !

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Naviguer a la voile en Indonesie / Par Tommy

Naviguer en Indo ca ressemble a quoi ?! LE CILMAT

A

Le climat indonésien est divisé en deux saisons, l’une

vant de démarrer le trip, on sèche, dominée par un flux de vent faible établi au s’était pas mal renseigné auprès Sud-Est ; et une saison humide dite “des moussons” où alternent moments de grand calme et grains, parfois de camarades voileux de Calédo violents, venant principalement du Nord-Ouest. Pas de liés aux cyclones, l’archipel étant situé près de revenant de cet archipel, nous dangers l’équateur entre 7 et 8 degrés Sud. Toutefois, de novembre semblant alors si lointain. Les conseils, à mai, la progression d’Est en Ouest peut être délicate pour remarques et observations vont cause de vents et courants contraires… bon train : c’est la pétole, attention à la mousson, les mouillages sont LA NAV' profonds, les orages sont fréquents et En deux mois passés en Indonésie, on a seulement 5 6 journées de voile à notre actif. Et celles-ci sont parfois violents, c’est une putain de ou généralement la conséquence d’orages ou de grains plus ou moins intenses. Et qui dit vent dit maxi pluie, c’est pas galère administrative, etc. le panard ! La pétole dans la zone ce n’est donc Mais qu’en est-il vraiment : peut- franchement pas un mythe. Pas un pet d’air pour rider ces mers plates ou on réellement parler de voile en encore rafraîchir l’équipage qui souffre sous cette chaleur quasi équatoriale. Indonésie ? Au fur et à mesure de nos Alors, on fait pas mal “suer” le petit moteur Yanmar d’Argal navigations, toutes ces remarques ont qui, du haut de ses 40 ans, enchaîne les heures, jusqu’alors sans broncher. Nos calculs sur notre consommation moyenne peu a peu pris sens (… ou pas). s’affinent peu à peu. 1,5 litre / heure à régime moteur moyen. 8


Une faible consommation qui nous permet d’avaler les milles malgré notre capacité limitée de stockage du gasoil. Et du gazoute il en faut vu l’immensité du pays. Franck nous avait pourtant prévenu : “bichonne ton inboard comme si c’était ton bébé, tu en auras besoin”.

LA NAV' DE NUIT

Sachant que nous sommes dans le plus grand archipel du monde… si on veut faire de la distance, il nous faut obligatoirement naviguer de nuit : 24h c’est environ 100 milles nautiques parcourus. Toutefois, en navigation côtière, les difficultés et dangers viennent surtout des pêcheurs et des échanges commerciaux intenses, d’autant plus aux portes de l’Asie ! La nuit, il nous faut d’abord éviter les porte-conteneurs, les thoniers et les ferrys mais pour cela notre détecteur radar est efficace. Grâce à lui et à notre vigilance, nous les repérons de loin et sommes à même de les maintenir à distance respectable. Le danger vient surtout des petites barques de pêcheurs peu ou pas éclairées ainsi que d’innombrables filets de pêche et D.C.P. (Dispositifs de Concentration de Poisson) aucunement signalés ! Et si par malheur on en tape un (ce qui a failli arriver) on mettra le point mort et on avisera au moment venu… c’est la loterie !

LE MOUILLAGE

Quand enfin on arrive au petit matin, on ne peut se fier au GPS dont la cartographie est mauvaise, voire fausse, aux abords des côtes. Heureusement qu’on nous avait prévenu ! Nous disposons à bord d’un bon guide des mouillages décrivant un certain nombre d’infos : profondeur, nature des fonds, accès et principaux dangers à éviter. Au cours de notre trip nous avons presque exclusivement suivi les spots décris. La phase de mouillage n’en reste pas moins galère, car la plupart du temps les fonds remontent d’un coup et sont beaucoup trop profonds, archipel volcanique oblige. Et comme si cela ne suffisait pas, c’est souvent clafi de têtes de corail. Il faut alors s’y prendre à deux ou trois fois pour trouver un patch de sable et user d’ingéniosité pour mouiller convenablement. Chacun sa tâche : un à la barre, un au profondimètre, un à la proue-ancre et généralement moi, qui saute à l’eau avec un masque pour trouver “the place to be”. Entre deux brasses, j’entends Lili qui hurle dans son box… apparemment elle veut être de la partie ! Une fois l’ancre principale jetée, il faut quelques fois mouiller aussi par l’arrière avec notre mouillage léger et s’amarrer à une patate pour limiter l’évitage du bateau et garantir un mouillage sûr.

Une fois tout ceci effectué, ça y est vous pouvez vous poser et récupérer un peu de sommeil perdu pendant vos quarts ! Ah non, j’oubliais. Il faut gonfler l’annexe, sortir le hors-bord, installer le taud, jeter les poubelles, faire le plein d’eau et si t’as pas de chance, aller à l’immigration pour renouveler ton visa. Au fait Laroune, je crois que Lili a la dalle… 9


ézé

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lors voilà, j’écris cet article pour tous ceux qui, comme nous, ont poncé avec envie page facebook et articles du mag sans relâche. Avec l’envie de vivre ça en vrai, en 3D, dans la réalité. À passer de longues heures à attendre la prochaine vidéo, le prochain numéro, à le regarder puis à rêvasser tantôt nostalgiques, tantôt envieux, et toujours admiratifs devant la beauté de l’aventure qui se déroule. Et ce perpétuel “rejoignez-nous !” revient à la fin de chaque vidéo comme un petit appel à vraiment retrouver la tribu pour faire partie du voyage, ou au moins en vivre un chapitre.

C’est donc ce que nous avons fait, au départ de Grenoble city, pour rejoindre la tribu qui naviguait tranquillement à l’Est de l’archipel Indonésien. Un automne qui s’annonçait assez tranquille, un billet d’avion abordable, un peu de place à bord d’Argal, une myriade d’îles à découvrir, un climat chaud, une mer plate, peu de vent, … Tous les ingrédients semblaient réunis pour une session Argal Tribu. Alors le 20 octobre nous prîmes notre envol depuis Lyon pour un interminable trajet comportant deux nuits blanches, de longues escales, quatre avions dont 10


deux blacklistés, et un bon décalage horaire. Ce qui nous fit arriver sur le voilier un peu comme dans un rêve.

À peine arrivé, on ne sait plus quel jour, quelle heure il est, et on s’en fout parce qu’on

est heureux de trouver cinq têtes bronzées, tout sourire, qui nous emmènent directement sur la plage où mouille Argal. Au milieu d’une eau turquoise à 30 degrés, il a fière allure le bateau, comme son équipage. Et alors là, on se dit … yeeeha !!! à nous l’aventure !!! L’île de Florès semble un terrain parfait pour découvrir la vie sur le voilier. Île sauvage, peu touchée par le tourisme, nature vierge, abondante, climat équatorial, … Un potentiel qui se révèle très vite validé au delà des espérances puisqu’au premier mouillage c’est la rencontre avec des thons énormes (jusqu’à 74kg/pièce), des dauphins et même un cachalot.

Argal, mouille de nouveau au milieu d’une eau turquoise, dans une crique parfaite cerclée par

des montagnes raides qui plongent directement dans la mer. En fond de vallée quelques palmiers entourent la cahutte d’une famille autochtone, isolée du monde. Le soir à l’heure de l’apéritif, les pêcheurs locaux, d’un contact simple et agréable, nous offrent une partie de leur prise du jour que l’on cuisine en “darnes” (tranches de poisson frais, à peine poêlées, à se taper le fessier par terre). Bref, le sentiment de vivre dans un rêve continue.

Les jours passent, à vivre simplement, au rythme du soleil et de Lili, la petite mascotte en couche-culotte. Quelle est la prochaine étape à ce rythme-là ? On verra bien, mais à l’heure où j’écris ces lignes, depuis mon hamac suspendu entre deux arbres d’un îlot désert, je contemple l’eau transparente où nous venons de voir un petit requin pointe noire curieux qui s’est approché de nous. Pendant qu’une équipe pêche, nous ramassons le bois pour le feu qui grillera leurs prises, inch’Allah ! J’ai déjà coché de nombreuses cases de mon carnet d’objectifs, comme une tortue, une raie, une baleine, ou encore un poisson au bout de la flèche de mon harpon. Voilà le tableau. Je ne peux terminer cet article sans parler du huis clos que l’aventure représente, puisqu’Argal Tribu c’est en ce moment la vie à sept dans 15m2. Et franchement ? J’adore. C’est une aventure, une vraie. Et c’est avant tout grâce à cet équipage unique que l’on peut vivre ces instants de rêve réalisé. Alors … rejoignons-les ! 11


à l'heure

Du bilan

>

/ Par la Chou

>

Y

’a comme un air des Neg’Marrons quand sonne l’heure du bilan. Ce moment où l’on prend conscience que c’est bientôt la fin, quand on se pose un peu pour faire le point et qu’inévitablement la question se pose : “Alors, 6 mois de vie sur Argal, ça donne quoi ?”. Les réponses sont multiples, individuelles ou collectives, unanimes ou personnelles, mais avec tout de même une certitude. On ne sort pas inchangé d’une pareille aventure. Et s’il est difficile d’être exhaustif sur les répercussions, en voici toutefois les grandes lignes.

1 La voile Avec 180 jours continus de vie sur un voilier, au mouillage ou en navigation, il est clair que notre connaissance de la voile s’est étoffée en rencontrant les vents, courants ou récifs mal cartographiés. Mais l’enseignement va au-delà, pour une prise de conscience plus globale de ce que comprend la voile. Contre toute attente, l’épreuve la plus éprouvante et pourtant la plus importante revient aux travaux. En ne se donnant qu’un mois pour faire d’Argal un voilier sûr et bien équipé, il fallait donc s’entendre sur les priorités, le budget et l’énergie à y consacrer. L’objectif a été rondement mené avec, in fine, peu de dépenses superflues et en nav’, une confiance totale dans l’embarcation. L’opération nous aura toutefois vidé de notre énergie, et c’est épuisés mais sereins, que nous quittions Nouméa en juin dernier.

Quitter Nouméa pour prendre quelle route ? Malgré les rêveries initiales imaginant des traversées vers le Chili sous les 40e ou l’Alaska via Hawaï (… ah la jeunesse !), la raison nous a rapidement guidé vers un programme disons plus “familial” consistant à rester en caleçon, sous les tropiques, dans l’Alizé et au portant ! Et déjà, voguant sur les mers ventées du Vanuatu, nous bénissions cette décision tout à fait adaptée à nos réalités de marins d’eau douce sur un fibre de 10m, avec un bébé à bord. En attendant les bons créneaux et en se préservant, nous atteignions 5 mois plus tard la terre promise sans frayeurs ni complications, bien motivés pour la suite… ce qui n’était – vraiment – pas gagné !

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3 Le collectif

2 Le voyage

Voilà donc en quelques lignes un petit résumé de ces 24 semaines de vie. Et s’il y avait un mot pour conclure, j’insisterais sur le plaisir ; le plaisir de construire ensemble cette aventure. Et d’avoir enfin pu répondre à la question “si je devais mourir demain, est-ce que tu changerais quelque chose de ton quotidien ?” > “rien, nada, pas une virgule”. Alors encore une fois Sylvain et Kak’s, MERCI pour cette saison I, et bonne route pour la suite !

>

À ce parcours s’est peu à peu forgée une philosophie de voyage. Alors qu’à Tanna nous rencontrions Ralphy sous les flots et ce jeune couple charismatique qui s’est donné 2 ans pour faire le tour du monde en course contre la montre, nous options de notre côté pour un rythme plus cool, privilégiant de longues escales. Arriver à la voile dans ces archipels, hors des sentiers battus, est une des façons de voyager les plus privilégiées. Une fois l’ancre jetée, vous êtes immergés de plein fouet dans un univers auquel rien ne vous avait préparé. Et la perspective d’habiter ici quelques temps facilite la rencontre avec le local pour construire avec lui une sympathique relation de voisinage. Mais si nos cœurs étaient aux escales, il fallait tout de même avaler les milles pour mettre Argal à l’abri des terribles cyclones qui sévissent entre décembre et juin. En passant par Port-Moresby, il nous fallait enchaîner 2 fois 15 jours de nav’. Une alternance entre milles et cabotages, qui a agréablement rythmé le voyage. Enfin, l’arrivée en Indo comme étape transitoire entre la saison I et la saison II, s’est révélée une improvisation tactiquement parfaite. Destination économique, à l’abri des dépressions et aux visas facilement renouvelables, l’Indonésie permettra à Argal de “moussonner” tranquillement en attendant son prochain départ pour La Réunion en juin 2017.

Mais le véritable bilan de cette expérience est celui de la vie collective. Ces 6 mois de vie commune dans moins de 15m2 sont devenus un véritable laboratoire social pour apprendre à se connaître soi-même et les autres. Découvrir ses propres besoins en matière d’intimité, de repos, de confort, de rythme, de sommeil, de promiscuité. Gérer sa peur ou ses appréhensions, ses espoirs, ses doutes et une fois qu’on les a identifiés, analysés et maîtrisés, s’atteler à ceux des autres. 6 mois pendant lesquels “le collectif prend le pas sur l’individu” comme dirait Laroune, où l’on est sans cesse en train de penser aux conséquences de nos actes sur le quotidien des autres : “Si je pars en promenade maintenant est-ce qu’ils vont m’attendre, sinon je pars pêcher ah mais ils ont peut-être besoin de l’annexe, mais j’ai l’impression que la dernière fois ils ont pensé que… NON, règle n°1, ne jamais interpréter les réactions !” Lili nous a aussi bien briefé sur les prochaines étapes (que disje épreuves) de la vie. Un pari plutôt risqué mais que le sourire inébranlable de la petite blonde aux yeux bleus, dotée d’un sens de survie aigu, a contre toute attente mis hors de danger. Finalement – et c’est pour moi la grande réussite de tout cela – l’expérience d’Argal s’est partagée avec la tribu. Via le mag et l’actu Fessebook d’une part, mais aussi et surtout par une immersion intensive à bord. Au total, le seau à ciment (poétiquement surnommé le seau à recueillement) a vu tout de même 11 paires de fesses défiler avec Sylvain, Carine, Lili, Tommy, Chou, Cyril, Cha, Rézé, Cécé, Marie et Arnaud… et c’est pas rien pour une vie de seau !

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/ Par Sylvain

2017

la suite

Ça y est, nous y sommes ! Argal

est arrivé à Lombok (à 40 milles de Bali), étape finale de cette première virée de près de 4 000 milles de l’Océanie à l’Asie… à l’heure ou j’écris ces lignes plusieurs émotions m’étreignent, de la fierté pour tout ce que nous avons accompli, du soulagement d’y être arrivé sans encombres, de la reconnaissance pour tous les gens qui nous ont aidés et suivis et, surtout, une profonde fatigue accumulée par ces 6 derniers mois de voyage. L’heure devrait être au bilan mais je ne m’en sens pas le courage, tout du moins pas maintenant, je préfère me tourner vers la suite et il faut encore préparer le bateau en vue de son hibernation. Nous avons ainsi prévu de faire faire une pause bien méritée à notre fidèle destrier, qui va pouvoir attendre patiemment de refendre les flots dans une petite crique abritée où quelques autres voiliers attendent également la fin de la période cyclonique. Mais après alors ? La philosophie de ce trip a toujours été de se construire au jour le jour, c’est ce qui fait l’essence même de ce projet. Néanmoins, le bateau nécessite quand même un minimum d’anticipation, ne serait-ce que pour respecter les contraintes de la météo ! Donc, après avoir bien éprouvé son moteur in-board sous les latitudes équatoriales, nous sentons

bien qu’il souhaite retrouver la douceur du souffle dans ses voiles, et ça tombe bien, nous aussi ! Et là, il n’y a pas mille options : il faut s’éloigner de l’équateur et reprendre le large ! La prochaine saison, s’annonce donc plus…hauturière avec au programme la traversée de l’Océan Indien pour rejoindre l’Afrique, ou tout du moins ses îles orientales les Mascareignes (Rodrigues, Maurice puis La Réunion). Après avoir parcouru près de 4 000 milles depuis la Nouvelle Calédonie, il reste donc environ la même distance pour rejoindre ce coin du globe. Une nouvelle expérience de traversée pour Argal et un nouveau défi qui s’annonce pour son équipage dès juin 2017. Il y aura donc des embruns, du vent et de la bonne houle du large (toutes ces choses dont on a presque oublié l’existence depuis que nous cabotons ici en Indonésie !). Une étape préliminaire par les îles Cocos, situées à une dizaine de jours de navigation permettra de faire un petit break à environ un tiers du trajet. D’ici là ? Des vacances en France (parce que quand même, hein, après toute cette activité, il faut songer à se reposer !) et une préparation de la traversée avec la mise au point d’un équipage prêt à relever ce nouveau défi :

les candidatures sont donc ouvertes !

JUIN 2017

la saison

2

1. Bali - îles Coco 1120 milles, 12 jours 2. Îles Coco - Rodrigues 2000 milles, 21 jours 3. Rodrigues - île Maurice 335 milles, 3,5 jours 4. Île Maurice - La Réunion 125 milles, 1,5 jours

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Aquarelles : Vue de la terrasse - Kuta, Lombok / Par Arnaud

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© Didier

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Chap 2 - en escale L’Indonésie .......................................................................................... P.17 Déboires administratifs .................................................................... P.18 Ojeeeek ! ................................................................................................ P.19 Culture clash ........................................................................................ P.20 Le me/assage des bell’s ....................................................................... P.22 Le Parc National de Komodo ............................................................ P.24 LiLiAde, quelle Odyssée ! ...................................................................... P.27 Moune-Sitting ...................................................................................... P.29

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L'INDO NESIE / Par Sylvain

élaissée par la plupart des voiliers tourdumondiste, qui se contentent en général d’un stop à Bali avant la traversée de l’océan Indien, ou avant de visiter son voisin (la Thaïlande, bien plus courue), l’Indonésie est un territoire dont les possibilités de découverte semblent infinies.

d

les plus peuplées, apprendre les bases du bahasa reste incontournable pour se faire comprendre des locaux en dehors des villes ou tout simplement pour ne pas se faire avoir dans les zones touristiques. Heureusement, baragouiner dans cette langue se fait assez rapidement et permet de découvrir plus en profondeur cette culture asiatique si éloignée de nos standards occidentaux.

Le plus grand archipel du monde est un pays L’Indonésie est le pays qui possède le plus multiculturel fascinant, entre traditions et modernisme, une faune et une flore endémique d’une grande richesse, de fonctionnaires au monde et les démarches aussi bien sur ses terres que sous ses mers (malgré la pêche intensive qui y est aujourd’hui pratiquée). Chaque île possède une âme bien à elle : à chaque nouvelle escale, on a un peu l’impression de changer de pays ! Le point commun des gens qui vivent dans cet immense archipel aux 13 000 îles, aux 800 langues et 6 religions se retrouve dans la simplicité des rapports humains, la place importante qu’occupent les enfants dans la société et l’accueil chaleureux réservé aux étrangers.

La pauvreté est ici omniprésente, et à la différence de son voisin oriental la Papouasie, la densité importante de la population et la mondialisation débridée entraîne une pollution de l’environnement très visible, choquante pour les occidentaux que nous sommes. La majeure partie des indonésiens vit dans l’austérité (50% de la population subsiste avec moins de 2$ par jour) mais est en contact permanent avec ce qui se fait de pire en termes de biens de consommation à bas coût. Le plus grand pays musulman du monde est une république démocratique, avec une histoire riche et contrastée qui a engendrée un sacré mélange de cultures. Les religions cohabitent pacifiquement et les indonésiens de toutes les confessions adorent manger (bien épicé !) et faire la fête au rythme du karaoké, dont les chants plus ou moins justes concurrencent ceux des muezzins jusque tard dans la nuit !

administratives représentent ce qui se fait de pire en paperasserie ! C’est certainement un moyen pour le pouvoir central d’exercer sa souveraineté sur un territoire aussi varié qu’étendu… et puis il faut bien donner du grain à moudre à cette armée de fonctionnaires en uniforme et justifier les dépenses colossales de ces machines à papiers. Tous les moyens sont mis en œuvre pour donner une impression de contrôle par le pouvoir central, comme en témoigne les imposants bâtiments flambants neufs des bureaux d’immigration de chaque ville provinciale. La bureaucratie prend ici tout son sens : faire ses visas, la clearance d’entrée ou la déclaration d’importation temporaire du bateau représentent autant de défis qui nécessitent une bonne dose de patience et de self-control. Heureusement, la gentillesse des indonésiens, leur volonté d’aider, et surtout le fait qu’ils craquent littéralement à la vue des bébés (Lili est une excellente ambassadrice pour les démarches !) permet de prendre tous ces désagréments avec le sourire.

En résumé, l’Indonésie est une source inépuisable d’émerveillement… son unique défaut à nos yeux ? Son manque de vent caractéristique de la zone équatoriale d’Asie du Sud-Est. La seule chose qui nous retient de ne pas faire notre vie ici (outre l’éloignement familial et la volonté de découvrir d’autres contrées !), c’est la peur de finir Dans un but d’unifier le pays, les autorités ont par ressembler aux quelques occidentaux croisés créé une langue officielle, le bahasa. Et bien qu’on trouve de ça de là, ceux qui ont succombé aux charmes toujours des gens qui parlent anglais dans les zones asiatiques et qui se sont littéralement échoués ici. 17


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deboires

administratifs / Par Sylvain

N

ous avions entendu tout et son contraire à propos de ce pays, dont les démarches administratives pour les voiliers requièrent du parcours du combattant, et représentent un bon test sur sa propre motivation. Un couple de voileux de notre connaissance ayant visité l’Indonésie quelques années auparavant a eu une sacrée douche froide au moment de faire son entrée : les autorités leur ont demandé de payer la moitié de la valeur de leur bateau sur le champ en guise de taxe d’importation ! Leur sponsor appelé à la rescousse, basé à Bali, ne pouvait rien faire pour eux ! Ils ont demandé aux douaniers de traiter avec leur responsable, absent ce jour là, pour éviter la pause de scellés sur leur bateau et en ont profité pour prendre la fuite dès la nuit venue ! Ce genre d’histoire sur l’Indonésie abonde et participe clairement à faire flipper le navigateur. Souhaitant à tout prix éviter ce genre de plan foireux, nous voulions nous blinder administrativement parlant. Nous avions ainsi appris auprès du consulat qu’avant de rentrer sur le territoire indonésien, il convenait d’avoir, outre des visas, un permis de navigation pour les eaux indonésiennes, et qu’il fallait passer par un sponsor pour l’obtenir. Après en avoir contacté un et répondu à chaque point de son impressionnante liste des informations exigées, un énième surf sur internet avant de procéder au paiement nous apprend que ledit permis ne serait en réalité plus exigible ! Il suffirait désormais de remplir un nouveau formulaire en ligne, plus simple et surtout gratuit, malgré les dires de notre sponsor et les informations obtenues au consulat ! Nous essayons alors de recouper en urgence cette information avec les rares voiliers rencontrés en route ayant le même projet de navigation : mais il est difficile de se faire une idée. Sur le forum de voile, l’information est accompagnée de ce message, “l’Indonésie est un pays immense et son système centralisé rend son administration difficile. Il se peut que les autorités locales ne soient pas au courant de ce nouveau système ou décident tout simplement de passer outre” : nous voilà avertis ! Le nouveau système de radar AIS serait par contre désormais exigible par les autorités pour naviguer dans les eaux indonésiennes, parfait nous n’en avons pas non plus!

à partir de là, nous comprenons une chose : vouloir être conforme administrativement dans ce pays est une utopie, d’une manière ou d’une autre entrer en Indonésie, c’est accepter une bonne part d’inconnu, une autre forme d’aventure ! Au final, notre choix d’éviter les ports d’entrée principaux et les grandes villes semblent avoir été le bon. Celui d’avoir entrepris nos démarches seuls, sans avoir à payer de sponsor également. Malgré un parcours du combattant entre les différentes administrations et quelques sueurs froides dues à des quiproquos, notre entrée en Indonésie s’est faite finalement sans encombre. Renouveler son visa au bout des deux mois ? Simple, il suffit de se présenter quelques jours avant la date d’expiration dans un des bureaux d’immigration de toute ville qui se respecte. Enfin, presque, dans la réalité mieux vaut s’y prendre bien à l’avance. Bonjour, vous voulez refaire vos visas ? Ok. Avez-vous la lettre de sponsor pour chaque demande en trois fascicules, la copie de sa carte d’identité, les papiers de clearance du bateau, les copies de tous vos passeports ainsi que des visas actuels, la crew-list validée et tamponnée par les autorités portuaires ? Non ? Il faut revenir avec tout ça. Bonjour, ok pour les papiers, avez vous rempli le formulaire de demande recto-verso pour chacun d’entre vous ? Ah, vous l’avez rempli avec un stylo bleu ? Il fallait un stylo noir. Non, nous ne donnons pas d’autre copie. Oui, il faut tout repasser en noir. Nous allons prendre des photos de chacun de vous, il faut que vous soyez en pantalon. Oui le bébé aussi. Et nous allons prendre vos empreintes digitales. Oui, les 10 doigts. Oui le bébé aussi. Euh, non OK pour le bébé les vôtres suffiront ! Nous allons également prendre votre signature électronique. Oui le bébé aussi. Et pendant tout ce temps, une collègue filme l’entretien avec son téléphone, pour rajouter dans le dossier ! Après être passés 3 fois au bureau et 5 jours plus tard, nous récupérions enfin nos passeports tamponnés… on se demande toujours ce qu’ils vont bien pouvoir faire de tous ces dossiers ! Peutêtre les revendre à la CIA, toujours intéressés pour ficher les personnes en transit, qui plus est dans un pays musulman !

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W Ojeeeek

- Petite ballade en scoote / Par la Chou

Midi. C’est l’heure de se trouver un warung pour s’enfiler un “nasi goreng”, ce fameux riz frit servi avec un œuf au plat dont on ne se lasse pas. Après avoir remonté l’annexe sur la plage, on rejoint la route pour guetter les ojeks. Les scooters font ici office de taxi pour vous emmener où bon vous semble, y’a qu’à lever la main. “Ojeeeeek”. En voilà un justement qui s’arrête ! À peine 17 ans, à vue de nez, mais il en faut encore 5. Tiens, le 2ème fait sens inverse pour nous rejoindre et en quelques minutes nos 6 chauffeurs sont là. Il ne reste plus qu’à choisir sa monture, monter en selle et déjà, le paysage défile.

Sur la droite (car ici on conduit à gauche), on croise toutes sortes de véhicules. Des minibus, des calèches, des voitures aussi, mais l’indétrônable “king du tarmac” est de loin le scooter. À 2, 3, voire 4 ou 5 passagers selon l’âge des enfants et le nombre de poules, c’est pas la place qui manque ; trimballer des bidons, du foin, des manèges on peut même en faire un magasin ambulant façon “Tour de Pise”. Sur la route, aucune règle est de mise, faut juste klaxonner en doublant ou en arrivant aux croisements. Il doit pas être trés compliqué à avoir le code ici. Les femmes en jupe siègent en amazone du côté gauche (à droite, elles se brûleraient avec le pot d’échappement). Certaines portent un pull enfilé par le devant, de sorte à protéger leur peau du soleil, j’en ai même vu avec des gants de ski… Ils sont fous ces asiat’s. À quelques kilomètres de là, le véhicule ralentit, c’est jour de marché aujourd’hui ! Les gros camions déchargent les marchandises que d’autres transportent un peu plus loin sur leurs épaules. Piahh, ça pue le poisson ! Ah oui, sur la droite, y’a des étals avec la prise du jour qui suinte au soleil. Du bout de leurs baguettes, quelques mains lascives chassent les mouches voraces. C’est peu engageant… En tournant la tête j’entends

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!

un “Miiiister !”, ça c’est la phrase locale hurlée par les gosses, généralement accompagnés des saluts amicaux des adultes, contents de rencontrer du “bule” (prononcez boulet…). Mais déjà, la circulation se fluidifie et nous voilà repartis.

Le long de la route, toutes sortes d’échoppes jalonnent le parcours. Les bouteilles d’eau remplies d’un liquide jaune, c’est de l’essence pour les 2 roues, de sorte à ne jamais être en panne. Pratique ! Un peu plus loin on retrouve le coiffeur du coin qui vous fait le mulet pour 1 euro et il est appliqué le garçon. On retient l’adresse pour y retourner avec Tommy un de ces quatre. Peu à peu, les maisons s’espacent et… ah, Cécé nous passe devant. Son conducteur a l’air pressé ! J’espère qu’on la retrouvera au point de rendez-vous. Tiens, ici les gens enterrent leurs proches sous le perron. De belles et grosses tombes en formica-cuisine. Celle-là a l’air bien fraîche, apparemment l’endroit idéal pour faire une sieste, au vue du papi allongé dessus. Mais la ville se rapproche et la circulation se fait plus dense, les magasins plus nombreux. Voilà déjà l’habituelle arche de bienvenue “Selamat datang di Maumere”. La cantine doit plus être très loin. Dans le quartier un vendeur de “soto” ambulant fait couiner son klaxon pour achalander le passant. Il vend de la soupe qu’il transporte dans la petite carriole qu’il pousse, appelé le “lima kika”, littéralement “cinq pieds” en référence aux 2 jambes du vendeur et aux 3 pieds du carosse. Mais je reconnais le coin. Voilà Cécé, Tom et Carine ! Le temps de régler la course et de s’installer à la cantine avec un “es te” (thé glacé) en attendant Laroune et Tommy. Et déjà quelques gouttes qui tombent… vite, c’est la mousson qui arrive !

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Culture

Clashhhh / Par Tommy

!

Rocco n’aurait donc pas des racines asiatiques ?

M

2e leçon d’indonésien, le BABA

R

Sur la terrasse du losmen de Saumlaki on pratique, en buvant une bière, nos quelques mots d’indonésien avec un des employés. À l’heure du repas, nous le saluons en lui indiquant que nous allons manger : “Kita mau makan ! Sampai Besok”. Alors, un peu gêné, il nous demande si nous partons maintenant. “Oui, on va manger. Pourquoi ?” Là il nous explique en baffouillant qu’il n’a pas d’argent... Ouai, d’accord et alors ? Devant cette situation étrange, on quitte l’hôtel pour se trouver une cantine, mais le garçon nous suit. Une rue à gauche, une rue à droite, et il est toujours là… Mais qu’est-ce qu’il fout ? Et c’est là qu’une des leçons de notre guide Bahasa Indonesia, nous revient en mémoire. Attention, ne pas confondre le nous inclusif “kita” qui inclut votre interlocuteur à votre discours, au nous exclusif “kami” qui ne concerne que celui ou ceux qui parlent... Bref, un petit moment de solitude passé tous les 3 devant notre nasi goreng, bien vite expédié.

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Au marché aux légumes de Saumlaki, un scooter s’arrête à ma hauteur et me propose, avec insistance, de me ramener en ville. Quelque peu sur mes gardes, étant donné le côté très efféminé du garçon, je finis par accepter et grimpe à l’arrière du bolide. C’est l’occasion de pratiquer mes rudiments d’indonésien, et lui, son anglais ! Après de brèves présentations, il me demande si les blancs ont effectivement un grand pénis – assumant par làmême que les asiatiques en ont une petite… Euh, ok. Je lui réponds un peu surpris que chez nous ce sont plutôt les noirs qui ont cette réputation. Alors, en mimant par rapport à l’échelle de son avant-bras, il me demande la taille de la mienne. Plutôt comme ça, comme ça ou... ce à quoi je réponds carrément gêné, “d’une taille suffisante je pense”. Après un long blanc – et un léger malaise – la visite de la ville s’est vue écourtée... Soulagé d’être enfin seul, je m’en remets doucement. Mais c’était quoi ce mec ?!

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Tentative de scoot-jacking… ou presque.

Cela fait 4 ou 5 jours que nous sommes à Maumere. Après une rencontre fortuite dans un bouiboui local avec Marno et Inn, un couple de prof – et une intervention auprès de leurs élèves sur le trip d’Argal tribu – ceux-ci nous proposent de les accompagner à un festival de musique. Une super après-midi passée dans la mangrove qu’ils souhaitent clôturer par un repas chez eux. Sur le retour, on s’arrête prendre des bananes frites pour l’apéro. Tout le monde descend pour commander. Et là, un jeune se saisit de mon scoot et le démarre. “Putain l’enfoiré, il se casse frimer avec ses potes. C’est pas le mien, j’vais galérer pour le récupérer !”. Ni une ni deux, je saisis l’arrière du siège et le tire violement vers moi ce qui a l’effet de le stopper net, et prêt à en découdre, je le dégage de là. Assis sur ma monture, en rechute d’adrénaline, je regarde autour de moi et constate le malentendu. Je le vois maintenant sur la moto de Marno qu’il va gentiment garer sur le côté. Ah, merde, il bosse ici en fait… C’est vrai que c’est un petit boulot en Indo de garer les vehicules. Oups... Je lui explique gêné qu’en France, une action comme celle-ci relève souvent du vol. J’essaye de mettre ça sur le compte de la différence culturelle mais, au bout du compte, j’ai quand même l’air d’un con.

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Hold up à l’indonésienne

Missionnés par le reste de l’équipage, nous partons avec Laroune au mouillage récupérer sur le bateau les affaires des uns et des autres. Arrivés à la jetée… pas d’annexe. Merde, elle est où ? Autant le nœud a lâché. Mais Sylvain est sûr de son amarrage, ce n’est donc pas ça. Peu à peu, l’angoisse monte pour affronter finalement cette évidence : on s’est fait chouré l’annexe. Va falloir en racheter une autre ! On se voit déjà négocier l’achat d’une vieille barque en bois à l’indonésienne... La galeRRRRe, comme dirait Jacky. En regardant de partout – Là – on la repère amarrée à l’arrière d’un bateau sur le quai d’en face. Ouf ! On s’empresse d’y aller trop heureux qu’elle soit encore là. Une fois sur place, on comprend que le responsable l’a déplacé car elle se faisait inonder d’abats de poissons et d’eau bouillante des bouisbouis surplombant la jetée. Mais qu’est-ce qu’ils sont gentils les indonésiens ! “Au fait tu veux pas m’acheter du gasoil, c’est 2 fois le prix du commerce ?!” … Pas si désintéressé que ça finalement.

35e leçon d’indonésien… et c’est toujours par ça !

Après 2 mois de pratique de l’indonésien, ça y’est nous voilà bilingue ! Enfin, pas tout à fait. Pourtant, nos phrases on les connaît : “Permisi Bapak, apa kabar ? Saya mau pesan dua kopi kosong dengan satu nasi goreng dan satu ayam bakar tolong”. Super les plats arrivent et tout roule. Sauf qu’en panne de sauce pimentée, j’en redemande : “ada sedikit pedas laggi ?”. Aucun problème, il s’en occupe, et me ramène fièrement... un gobelet d’eau. Genial, il a rien compris. Je recommence, sous les rires de Rem, et lui montre cette fois la sauce rouge dans l’assiette. Pouce levé, c’est bon il a capté ! Il me revient alors avec… une assiette de riz. Bon, apparement mon niveau d’indonésien ne dépasse pas celui d’un enfant de 2 ans. Cette fois je me lève et lui montre penaud la sauce pimentée dans la vitrine. Rémi se fout bien de ma gueule… va falloir progresser !

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Le m ssage des bell’s e_ a

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© D.R

La ligue des Bell’s, le féminin de ce bord, l’interdit du bateau, le porte-malheur du marin. Des revendications ? Nous en avons ! Que nos voix retentissent en écho aux propos fâcheux, douteux, quelque fois même macho des hommes du bord. Nous avons l’audace de nous opposer, dire : “NON, NON, ZUT NON QUOI, LES GARS CA C’EST PAS POSSIBLE !”

on à l’intimidation masculine, non à l’argumentation exigée, non à la citation des sources, non au seau à caca, non au contrôle des achats, non à la demande d’autorisation maritale, non au compte-commun, non à la restriction du savon, non aux leçons de vie, non à la pesée mensuelle, non à la spoliation, non à l’argent de poche, non aux interdits, non aux plaintes des coups de soleil sans crème solaire, non aux remarques désobligeantes, non à l’interdiction de cloper, non à la recherche de leurs effets personnels “tu sais où c’est ?”, non aux listes à cocher, non au patriarcalisme, non aux caleçons puants, non à la soumission, non et mille fois non à toute forme d’oppression. Pour dire NON à la dictature des mâles dominants du bord, élevons nos voix et scandons à l’unisson :

NON NON NON aux Pecout-Perron OUI OUI OUI les Bell’s existent aussi !

– Tu veux te faire masser ? Mais c’est un truc de touriste ! T’es sûre ? Enfin je veux dire, tu fais ce que tu veux… – … Bordel !! Fous moi la paix, je veux de la sérénité, un moment de tranquillité… blablabla.

/ Par Mam’s

Première victoire de la ligue !

> Florès Spa, le temple du massage pour blanc touriste. “A quiet ambiance”, odeur d’encens, douce musique, lumière tamisée, murs colorés, pieds nus, après le tumulte des préparatifs pour le départ vers Komodo, les femmes du bord s’offrent un instant bien-être. “Et les Bell’s vous savez quoi ? Il m’a donné juste de quoi payer l’ojek et le massage, pas un roupie de plus ! J’hallucine !”

relax or traditional ?

Je m’enfonce délicatement dans le fauteuil, je ferme les yeux. Les deux Bell’s ont déjà disparu de l’autre côté de la porte. Leur massage a commencé. Je repose ma tête et attends mon tour patiemment. Une vague de détente déferle sur moi, m’inonde et bientôt ma vigilance diminue. Mon esprit s’évade. Les chuchotements autour de moi s’effacent. Je me sens sombrer. Je ne lutte pas, mes yeux tournent seuls derrière mes globes. Je pars pour un

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court instant la bouche grande ouverte, le filet de salive à la commissure de la lèvre. Le doux “Excuse me Miss” de la masseuse me rappelle juste à temps à ce monde. C’est mon tour. à ses explications, j’opte pour le Relax Massage, n’ayant guère le courage de me faire malmener pendant une heure par la méthode javanaise.

j’enlève tout ou bien ?

La masseuse, petite indonésienne affublée d’une fine poudre blanche sur son visage me tend une serviette et m’indique la cabine de douche. Quel bonheur. à quand date la dernière vraie douche avec une porte qui ferme, une eau douce, un savon qui mousse et une vraie serviette à bouclette qui sent bon le propre ? L’eau chaude coule à flots, c’est le paradis. Cheveux mouillés, serviette enroulée autour de la poitrine je me perds dans mes pensées. Faut-il que je me rhabille, que je reste en serviette, juste en sous-vêtements, vais-je m’endormir pendant le massage ? Rhabillée, je sors de la cabine et tends la serviette humide à la masseuse qui s’enquiert d’un discret regard désapprobateur…. Quelques pas dans l’étroit couloir et elle ouvre un épais rideau noir. Une table de massage drapée d’un batik ocreorange et une petite table basse où deux bougies frémissent timidement. Elle me donne un petit rouleau noir, je sens l’angoisse de la nouveauté monter, puis elle s’efface derrière le rideau pour me laisser me déshabiller. Je déroule l’objet : une culotte parachute, évidemment. Elle réapparait et au “remove the bra” je comprends alors mon deuxième faux pas. Elle s’éclipse une seconde fois, je m’empresse de retirer le haut pour me jeter à plat ventre et sans grâce sur la table de massage. Alors une pensée me vient : “Je suis nue parée d’une culotte parachute dans un spa indonésien”. Je loge ma tête dans le trou de la table et sourit à l’énorme coquillage garni de fleurs posé au sol. Au moins, si je gerbe, j’essaierais de bien viser.

je suis détendue...

La masseuse me recouvre entièrement du drap batik, je me sens moins à nu. Puis elle relève d’un geste technique le drap sur mon dos et c’est parti pour 60 minutes de massage relax. Ses deux mains

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imbibées d’huile essentielle de citron s’attaquent en premier à ma colonne vertébrale. Aux pressions de ses points dessinés en frise de huit, je sens une première onde de bien-être s’emparer de moi. N’émettant pas d’objection à son pétrissage tonique, elle continue de masser de plus en plus profond. Elle accède à des muscles cachés : l’ilio-costal, l’épineux du thorax, le multifidus, et des terres inconnues : érecteurs du rachis, transversaires épineux. Sa technique a raison de moi et me voici perdue, laissée-allée, quasi endormie. Qu’il est agréable ce voyage. Et ce sentiment de plénitude qui perdure…. jusqu’au point de pression trop fort, ce aïe intérieur à la limite de la douleur et du bonheur. “Are you OK ?” – Mais non qu’ça va pas ! Tu m’as enfoncée la vertèbre dans la rate ! – Mais si courtoisement et dans un meuglement contrôlé je lui réponds : “Yes this is so nice”. Je prends alors goût à résider à la frontière de l’acceptable mais je doute de la véracité du Relax Massage. Après le dos, les bras et les jambes, elle m’annonce sans une once de gêne qu’elle va masser le côté face de ma personne. Pour la jeune occidentale pudique que je suis, cette nouvelle m’incommode. Mais rapidement j’en oublie ma gêne et lorsqu’elle se démène sur ma nuque, une intense vague de relaxation m’emporte. Les jambes me picotent, je pars. à la fin du massage, je me sens quelque peu désorientée mais profondément détendue. Il était temps !

envolés les papillons

Conscientes de notre état temporaire de relaxation, verre de thé à la main, dans le petit vestibule du salon nous attendons on ne sait quoi et nous nous regardons souriantes, un peu hébétées. Nous savons toutes trois que les bienfaits de cette heure de malaxation pourraient rapidement s’évanouir. Il est notre devoir de prolonger ses effets. La ligue s’efforce donc de préserver cet état, veiller au précieux, reste vigilante pour que ce charme ne s’envole pas comme poussière à la première contrariété, restriction, objection ou interdiction. Pas même une violente mousson ne pourrait faire s’envoler les petits papillons qui s’accrochent à nos têtes.


6 de Komodo Le parc national

Après une semaine écoulée surArgal, nous approchons l’un des moment clef du trip indonésien, le “ponçage” du parc de Komodo ! Et oui, nous ne perdrons aucune occasion dans cet immense parc de spots ! / Par Cécé

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Nous arrivons donc à Labuan Bajo, ville de l’Ouest de Florès, porte d’entrée du parc. On passe quelques jours dans cette ville touristique et animée ; les uns ayant un billet de retour à prendre, les autres une prolongation de visa à gérer. Malgré son statut de parc national et le flux de touristes présents, même en basse saison, nous mettons quelques jours à rassembler les informations nécessaires à notre entrée dans le parc.

– Il y a une taxe de 5 000 Rp pour voir l’île et 10 000 Rp pour la visiter. – Ah… (c’est un concept). – Et 80 000 Rp pour un guide pour 5 personnes. – Mais est-il possible de visiter sans guide ? – Non. – … (chacun est, à ce moment là de la discussion, traversé par la perplexité/ l’agacement/une pointe de cynisme bien français).

– Pouvons-nous pêcher ? – Y a-t-il une taxe à payer pour le bateau ?

Le Parc National de Komodo

– Quelles sont les limites du parc ?

Autant de questions pour lesquelles les réponses ont été variables : oui/non/ tête de “je n’ai pas compris mais je dis quelque chose au hasard”. Attention, personne n’avouera ne pas avoir l’information, ne pas avoir compris la question… ouh c’est agaçant ! Bref, nous nous retrouvons dans le bureau officiel du parc, uniforme de rigueur mais pièce vide. – Avez-vous une carte des limites du parc ? – Euh… oui derrière vous (nous montrant une photo satellite grossière) mais aucune à vous fournir. – D’accord, et quelles sont les limites exactes ? – Le parc c’est tout ça (nous montrant vaguement la carte). – … (Notre carte GPS délimite une zone qui ne correspond pas… c’est vraiment des branques !)… Bon et en ce qui concerne les tarifs ? – 150 000 Rupiahs par jour par personne pour entrer dans le parc, et 15 000 Rp de plus pour faire du snorkeling. – Ah oui, quand même… et pour voir les dragons de Komodo ?

Finalement, nous avons payé pour 3 jours de parc + snorkeling. Et ce fut BON BON BON !

Le Parc est une étendue d’eau comprenant une centaine d’îlots disséminés entre les deux grosses îles de Komodo et Rinca ou résident les fameux varans. Ces îlots, de forme coniques, sont tous d’origine volcanique, et à l’heure où nous parlons, leur savane est encore jaune, brulée par le soleil. Peut-être qu’après la mousson elle sera verdoyante, qui sait ?! Dans cette zone n’espérez pas sortir votre voile, la pétole est de mise ! La mer ressemble le plus souvent à un grand lac tant elle est plate. Le soleil tape et seule la baignade pourra vous rafraîchir un temps. Ça tombe bien c’est l’activité réjouissante qui vous attend. La seule difficulté que nous rencontrons une fois lancés à l’assaut du parc est le mouillage. Après avoir jeté les ancres deux fois puis les avoir remonté sur le champ suite aux “remontrances” de bateaux de plongée, nous comprenons qu’il existe des corps morts dans chaque mouillage et que pour protéger le corail, il est interdit de mouiller

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dans le parc. Le “It’s a national parc ! You can not be here !” d’une touriste en colère deviendra un slogan régulièrement singé par l’équipage. Nous nous lançons donc à l’assaut des îlots Sebayar Kecil, Sebayar Besar, Tatawa, Siaba Kecil, Gili Lawa Darat, Gili Lawa Laut. Nous renonçons à débarquer sur Komodo qui nous paraît trop touristique. On découvre dès notre entrée dans le parc qu’il existe un danger, une spécificité propre à ce lieu, découlant notamment de sa géographie insulaire : les courants. Visibles à la surface de l’eau, ils forment quelques tourbillons et vaguelettes, pouvant atteindre 3 nœuds.

P.M.T

Ces courants nous ont permis de développer de nouvelles façons de pratiquer notre activité préférée, le PMT (palme/masque/tuba). Nous avons nommé “la grande dérivante”. Le principe est simple : muni d’une annexe avec un moteur, des PMT, voir des combis pour les plus frileuses, il suffit de se diriger vers un beau récif ou encore mieux vers une passe, de sauter à l’eau et surtout de ne PAS lâcher l’annexe. Cette annexe vous emmènera sans le moindre effort, à la seule poussée du courant, avec la sensation de voler au dessus de fonds toujours plus bleus et plus poissonneux ! Au vu des tarifs élevés pour plonger dans ce spot mondialement connu, nous nous sommes contentés du PMT, sans regrets. N’étant pas “accoutumée” à la vie de Némo, la découverte de ce monde marin fascinant de diversité sera pour moi le clou du voyage.

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> Ce que nous avons D + danser avec les raies manta vu ou extrait de la liste cochée par rémi :

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Nager avec des raies manta à Manta Point, oui peutêtre, enfin ne nous enflammons pas ! Manta Point n’est rien qu’un point GPS. Nous nous sommes donc dirigés vers ce point en pensant : “comment est-il possible qu’il existe un point précis dans la mer de Florès où nous serions sûrs d’observer des raies ? … peu probable”. Approchant du spot où déjà plusieurs bateaux étaient posés, nous faisons deux équipes, une responsable d’Argal restant à la dérive et l’autre chevauchant l’annexe à la recherche de signe de vie. L’eau est presque bouillonnante, c’est à peine exagéré, à l’endroit des Manta. Elles nagent à la surface et leurs ailerons ressemblent à ceux des requins. Nous suivons ces géantes d’environ 3m d’envergure en PMT sans appréhension mais quelques questions me traversent l’esprit : leur dard là, il pique ? Et qu’est-ce qu’elles mangent en fait ? Un petit check internet m’apprendra qu’elles sont totalement inoffensives pour l’homme. Elles sont qualifiées de poissons cartilagineux, et sont des cousines éloignées des requins. Elles mangent du plancton et des animaux microscopiques et utilisent leurs cornes céphaliques pour diriger la nourriture vers leur énorme bouche. Kak’s peut le confirmer, une raie a voulu lui montrer sa glotte…impressionnant ! Il semble que nous les avons rencontrées dans une station de nettoyage, pendant la saison de l’accouplement. Dans ces stations, une multitude de poissons nettoyeurs s’agglutinent pour leur enlever les parasites accumulés dans la bouche et pendant la mousson la raie est coquette. Leur grâce est magique, elles dansent, elles flottent. Elles sont au moins une dizaine. J’en suis une à la trace, je m’arrête. Il y en a une autre qui nage au fond, près du sable. Elle passe sous moi puis s’en va. Ambiance… Waouhhhh ! Laroune en a vu une sauter !

D + requins de récif

(pointe noire & blanche)

Ça y est nous aussi on a nagé avec des requins (depuis le temps qu’on écoutait leurs histoires de calédo !).

D + poissons et bizarreries microscopiques

L et baleine

Des p’tits, des gros, des très gros et des minuscules.

D + lumba-lumba

(dauphin)

(paus)

Sans pouvoir les approcher d’aussi près que les autres, les dauphins sont très présents dans le parc et nous avons observé plusieurs baleines en nous dirigeant vers Sumbawa à la sortie du parc. Rézé a pris son pied !

+ le fantôme du voyage : le dragon de komodo

:

Et non, nous n’avons pas vu de nos yeux LA bête emblème du parc mais avons vu beaucoup de tee-shirts et sculptures à son effigie.

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/ Par Mam’s

M

oi c’est Lili, j’ai maintenant toutes mes dents et 15375 sourires. à l’Aventure, ça fait un moment que j’y suis. La vie sur le bateau, les escales, j’aime toujours autant ça. J’ai vécu à l’Aventure 40% de ma vie. Ça représente 12 ans à l’échelle de Paps et Mams. C’est Paps qui a fait le calcul, il aime bien calculer. L’Aventure je ne connais que ça, je ne me souviens plus ce qu’il y avait avant. Ça vous étonne ! J’ai 15 mois, ma mémoire ne va pas au delà de 2 mois. C’est certain, je ne me souviendrai plus de l’Aventure lorsque je serai plus grande. C’est une bonne chose que j’écrive aujourd’hui. La longue traversée, je ne m’en rappelle déjà plus. Paps et Mams disent que c’était bien trop long et éprouvant. Je veux bien les croire. D’ailleurs je ne peux que les croire. Par contre notre grande escale indonésienne, oh ! que je m’en souviens bien. Du moins jusqu’à maintenant.

Passer inaperçue

De mon statut de jeune bébé occidental, ici, je ne peux être que remarquée. Les indonésiens semblent interloqués de me voir. Bien souvent un petit groupe se forme autour de moi. Intrigués, ils me dévisagent, me parlent dans leur langue. Je les comprends très bien. Comme ils sont sympathiques et bienveillants, je leur offre alors mes plus beaux sourires

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en penchant légèrement la tête en arrière. Mais je refuse toujours de prime abord d’aller dans leur bras, nous ne nous connaissons pas assez. J’émets cependant une exception lorsque l’on m’offre gracieusement des biscuits, boissons ou autres friandises que j’apprécie particulièrement. Je ne peux résister. Ils sont rusés, ils savent m’amadouer. Par ce savant tour de passe-passe, je me retrouve alors dans leurs bras. Et puis je ne peux contester, je suis très gourmande. Mais parfois ces interpellations peuvent être importunes. Dans la rue, alors que Paps et Mams me transportent tranquillement dans le porte-bébé, des inconnus me touchent les bras ou les jambes à la va-vite. Il n’y a là rien de malveillant mais ces intrusions m’incommodent quelque peu. Mais Paps et Mams veillent sur moi, alors je me sens en sécurité. Tout ceci se vérifie dans les magasins. à chaque course j’y ai droit. Un, deux, puis trois et cinq vendeurs surgissent de tous les rayons et deux minutes plus tard je suis dans leurs bras, un jouet ou une grosse peluche dans mes mains. Je suis


heureuse en cet instant, Paps et Mams aussi. Ils s’éclipsent, jettent un coup d’œil sur moi de temps en temps et finissent tranquillement leurs emplettes. Lorsqu’ils viennent me chercher, des “Selfie, Selfie, Selfie” fusent de la bouche des vendeurs. “Je ne m’appelle pas Selfie, moi c’est Lili”. Les téléphones pointent vers moi. Ah ! Photos ! Je leur présente mes plus belles pauses.

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Pas à pas

Je suis un bébé qui sait prendre son temps. Comme je me débrouille plus que bien à quatre pattes, je me suis seulement décidée à faire mes premiers pas le 23 octobre 2016. En ce glorieux jour, d’un coup je me suis levée et mes jambes ont à peu près fait ce que je leur demandais. Je ne sais ce qui m’animait. Un, deux et trois immenses pas, stupéfaite, je n’en revenais pas. Sous le regard médusé de mon entourage, je me suis applaudie. Ils ont alors fait de même, fiers de mon action. Enfin il me faut encore beaucoup m’entraîner pour ne pas tomber et adopter une démarche digne d’une demoiselle. Mais la terre ferme ne m’est accessible que rarement, je ne sais combien de temps cela prendra. J’aime beaucoup être debout, l’horizon face à moi et cette liberté d’explorer enfin seule ce monde. Seule, je ne le suis pas tout à fait car je suis toujours accompagnée par mes adultes. Où que j’aille, ils sont là et il m’est pour le moment impossible de les semer, je n’ai pas encore appris à courir. Au final, c’est appréciable lorsque fatiguée par ces dizaines de pas je peux me reposer dans leur bras.

en verre glissante. Ils ont tous sauté de joie et se sont pris dans les bras. Je ne comprenais pas tout et je ne savais pas alors que leur venue allait changer ma vie. Sur le bateau, nous sommes maintenant 7, ce qui est beaucoup. L’effervescence de mes adultes, ça me fait monter dans les tours, ça m’excite. On rit tout le temps, on chante, ils me secouent dans tous les sens, me font plein de chatouilles et de papouilles. Mais lorsque Mams dit – c’est le temps calme, doucement ! – ils se ressaisissent, chuchotent et me disent bonne nuit tout en douceur. Avec eux je ne m’ennuie jamais, on fait mille et une choses. On se promène en scooter, moi accrochée à Mams dans le porte-bébé derrière Paps qui conduit. Ne froncez pas les sourcils ! Mon papa conduit très bien, il est très prudent et ici tout le monde fait ça. J’aime tellement voir le paysage défiler et saluer le monde et puis je finis toujours par m’endormir. Comme il fait de plus en plus chaud, mes adultes passent beaucoup de temps dans l’eau pour se rafraîchir. On se baigne dans des rivières, sous des cascades et le plus souvent dans l’océan. Alors ils m’embarquent dans ma bouée. J’aime me laisser flotter, me sentir légère et regarder ce qui se passe autour de moi. Je vois les tontons et tatas accoutrés bizarrement, munis de grandes lunettes et de pieds immenses en plastique. Ils disparaissent sous l’eau, je ne sais où ils vont. Puis ils resurgissent toujours en haletant. Je ne sais pas ce qu’ils fabriquent là dessous, cela a l’air passionnant à leurs sourires et à ce qu’ils me racontent dans leurs tubes en plastique.

Ils ont tous plongé

7 à la maison

Mes adultes, j’en ai toujours 4 auprès de moi. Paps et Mams bien sûr et aussi Tonton Toc et Tata Chou. Mais maintenant je suis encore plus chanceuse, j’en ai 6 ! Je sais, c’est une aubaine mais je vous assure que ce n’est pas de tout repos. Tonton Rézé et tata Cécé sont apparus un jour derrière la porte

ï

Et puis un jour, sans prévenir on s’est retrouvé juste à 5, tonton Rézé et tata Cécé sont partis. Ils sont rentrés en Métropole. Un autre jour ça a été le tour de tonton Toc et tata Chou de quitter le bateau. On s’est retrouvé juste tous les trois avec Paps et Mams, ça faisait un grand vide. Heureusement, Papou et Moune sont vite arrivés puis eux aussi sont rentrés en Métropole. Paps et Mams m’ont ensuite expliqué que Argal tribu c’était fini pour cette année et que l’on allait rejoindre en Métropole toute ma grande famille. J’espère que ça va me plaire la Métropole, je ne sais plus comment c’est.

Et vous, vous savez où c’est ? Je pense que c’est sous l’eau, là où mes adultes plongent ! 28


Moune

Sitting

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/ Par Marie

P

apou et moune sont arrivés il y a deux semaines. Ils étaient tout blancs et bien qu’ils ne comprennent pas un mot d’Indonésien, je leur ai fait mon super sourire et hop dans la poche. Le hic c’est que moune se réveille tôt et que maman m’a demandé de la garder. Et ce n’est pas de tout repos, je dois dire. C’est une sacrée caboche ma grand-mère. Le premier matin, j’avais réussi à la garder sur la petite terrasse de l’hôtel mais elle a vite repéré le truc et dès le lendemain, il n’y a pas eu moyen de récidiver et il a fallu que je l’amène à la piscine. J’ai bien essayé de faire diversion à plusieurs reprises et de la ramener discrètement vers la chambre mais rien n’y a fait. Moune voulait se baigner et pas toute seule. J’avais plein d’autres projets pour ce début de matinée : explorer la salle de bain où on ne me laisse pas entrer dans la journée, profiter que personne n’utilisait le smartphone pour me former à quelques applications – faut quand même que je me tienne au courant –, feuilleter les bouquins de moune… Bref, du sérieux et j’étais consignée à faire du mamy-sitting… La loose ! Heureusement qu’elle est facile à amuser et plutôt bon public : une grimace, un sourire et la voilà ravie. Le personnel des hôtels ici est très agréable. Un peu trop prévenant même parfois. Ils veulent tous me prendre dans leurs bras alors que je marche très bien toute seule maintenant. Bref, lorsqu’ils nous ont vu débarquer à la piscine à 6h30 ce matin-là, ils se sont précipités sur moi comme d’habitude mais j’ai préféré rester avec moune, c’était plus sûr. Comme en plus elle ne parle pas le dialecte local, je ne me sentais pas de la laisser toute seule. J’en ai profité pour lui donner une petite leçon mais je ne suis pas sûre qu’elle ait bien compris. Elle a répété docilement tous les sons après moi mais pour ce qui est de la signification des mots, c’est pas gagné. On a pataugé bien pendant deux heures dans l’eau avant qu’elle n’accepte de rentrer. J’avais une faim

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de loup et heureusement qu’on avait emmené mon biberon. Je le lui avais confié pour la distraire. C’est bien de lui donner des responsabilités, elle se sent importante et ça la met de bonne humeur. Une autre compétence que j’ai développée dans cette affaire, c’est l’art de la diversion. Quand moune a une idée un peu trop fixe et que ça tourne au vinaigre, je lui change les idées. Par exemple, il y a des endroits où elle refuse catégoriquement d’aller. Si je veux l’emmener promener sur la route, il n’y a rien à faire. Une vraie mule. Pas moyen de la faire avancer. Alors je cueille une feuille, je la lui colle dans les mains, on herborise un peu et c’est reparti. Sans parler de la patience : elle me suit partout. Pas moyen de la semer. Alors je fais avec… Je compose… Il en faut de l’imagination pour la distraire. Dans le dernier hôtel, j’ai trouvé une petite pelle mécanique, je suis montée dessus et je lui ai demandé de me pousser. Le problème c’est qu’elle se lasse vite : au bout de vingt aller-retours sur la terrasse, elle a arrêté, prétextant qu’elle avait besoin de se déplier. Au passage, faut pas exagérer : marcher plié en deux c’est rien comparé aux efforts d’étirement que je fais en permanence pour monter sur les chaises, les escaliers, les canapés… Pareil pour les ronds dans l’eau sur la plage. Je crois surtout qu’elle manque de persévérance. Sans parler des fois où elle fait semblant de ne pas comprendre ce que je lui demande. Mais je soupçonne que des fois elle ne comprend pas vraiment. Difficile de faire la part des choses entre mauvaise volonté et manque de malice… Malgré tout ça, je l’aime bien. Ca crée des liens tous ces petits moments. Et puis je vois bien qu’elle fait des efforts. Bon je vous laisse car je profite que les parents s’en occupent pour aller vaquer à mes affaires : j’ai un paquet de couches à transporter.


3

Chap 3 - La tribu Au refuge d’Archiane ....................................................................... P.31 Une centrale hydroéléctrique “maison” ........................................... P.32 Des savons au naturel ! ....................................................................... P.34 Petits pots magiques ! ....................................................................... P.36 Je me libère du stress ............................................................................. P.37 Traversée des Alpes à la voile .............................................................. P.38 “Allured into the Lost” ? .................................................................... P.39 Juste avant le 9m aux antilles ! ........................................................... P.40 Souquez les artimuses ....................................................................... P.42 Et les parents ? La page des cm2 ........................................................... P.46 jeux ...................................................................................................... P.47 L’horoscope de Benj ........................................................................... P.49 30


Au refuge

}

d’Archiane

En proie à la chaleur, nous aurions donné cher pour venir prendre l’air frais au petit refuge douillet du bon vieux Brum ! Et oui, après avoir fait 5 ans de droit, suivi une formation d’élagueur, le voilà dans la peau d’un gardien de refuge (!) de quoi faire rêver Tommy pour les 10 années à venir. Alors, pour nous inspirer un peu plus Brum, il en dit quoi ce projet ? / Par Théo

Ces 3 dernières années, nous étions dans le Sud-Ouest avec Emeline, à triper en Ariège, se former à l'élagage au Pays Basque, bosser à Toulouse… C'est là que nous avons rencontré Jean-Luc, tenancier d’un gîte en Ariège dans lequel a été embauché Emeline pendant 3 saisons d'été. Jean-Luc vit le reste du temps dans le Diois, on se rapproche de notre sujet ! Sachant que le refuge d'Archiane était à vendre, JL – de son doux nom – a réussi à obtenir l’appui d’un financeur pour acheter le bien tout en récupérant la gestion de l’établissement. C’est là qu’il eut une petite pensée pour nous puisqu’il nous proposa une gestion à 3 du refuge ! De quoi nous émoustiller suffisamment pour venir s'installer à Archiane tout début juillet. Concrètement, le gîte est situé au cœur de ce petit hameau à 784m d´altitude, au pied des falaises du jardin du Roy. C’est donc un bon point de départ pour les randonneurs/ grimpeurs qui s’aventureraient du côté des Hauts-Plateaux du Vercors. Ouvert toute l’année, le refuge propose un hébergement en 1/2 pension ou pension complète dans des petites chambres allant de 2 à 5 places et dans un dortoir de 6 places. Il existe aussi une formule type refuge classique, en gestion libre avec un dortoir de 12 lits et une cuisine/douche/salle à manger à disposition. Le week-end nous ouvrons aussi le restaurant sur la base d’une cuisine simple, aux produits du terroir. Voilà donc nos activités actuelles, mais il reste encore des choses à éclaircir

quant au projet ! En voici un petit résumé : •

Pour l'instant la structure juridique portant la gestion du refuge est aux mains de Jean-Luc, mais l'idée est d'en créer une autre à trois – du genre SCOP – permettant de partager les responsabilités, et d'officialiser notre travail ; En plus des dortoirs et de la cuisine en gestion libre, il y a une grande salle que l'on est en train d'isoler et qui permettra d'accueillir des concerts (Rézé et autres), stages, jeux, etc. ; Aujourd’hui on est plutôt tourné vers une clientèle “classique” mais on souhaiterait élargir notre public, avec la perspective de : > demander l'agrément jeunesse et sport pour avoir des gnômes en classe verte ; > mettre en place des stages : stages rando de découverte et de transformation des plantes sauvages avec Julia Grange, une amie accompagnatrice en moyenne montagne qui a suivi l'école des plantes, stage de vannerie, stage sur les fleurs de Bach… ; > et puis on aimerait beaucoup

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accueillir des personnes un peu plus à la marge : que ce soit les fameux “toons” du Pit, des personnes en situation de handicap physique, en séjour de rupture, ... Pour le moment, on ne peut pas vivre à trois sur le refuge à l'année, même avec un super investisseur derrière nous qui nous permet d’être logé gratuitement pendant 1 an ! L’idée c’est donc de trouver un complément d’activité. Pour ma part, je fais un peu d'élagage à mon compte, avec l’idée de monter peut-être une société pluri-active (élagage, travaux sur corde) avec des potes ; Emeline quant à elle prépare le concours d'attaché territorial et cherchera aussi un emploi complémentaire. Voilà pour le petit topo. Ce sera grand plaisir de vous accueillir cet été ! D'ici là profitez bien de votre périple qui fait rêver et une bise à tous !

site web : www.archiane.fr = Le Le mail : refuge-archiane@orange.fr

| )

Le tel : 04 75 21 24 47


Une centrale hydroelectrique "maison”... Entre le parapente... le parapente et ... ses cours (quand même), Gas donne parfois un coup de main à son copain Franck. Mais oui Franck, le prof d’IUT qui construit sa propre... centrale hydroélectrique biensûr ! Un projet complétement improbable, à la limite du réalisable, mais il l’a fait et il fallait évidement en parler ! Merci Gas pour le reportage. / Par Gasp

A

ujourd'hui est un jour de fête. Pas pour moi non, mais pour mon ami Franck Gire. Aujourd'hui de l'eau va couler… sous les ponts sûrement mais surtout dans une turbine !

L'histoire commence avec un mec hors normes, un peu fou, un grand malade comme il en faudrait beaucoup plus dans notre monde... Franck est un prof de mécanique (passionné depuis tout petit) qui est devenu avec les années un grand spécialiste des questions énergétiques. Comme beaucoup, il prêche la bonne parole devant les étudiants. Energies vertes, éoliennes, hydroélectricité, changement climatique et tout le tintouin bien à la mode en ce moment. Sauf que Franck ce n'est pas un gars comme tout le monde et son discours a fini par germer dans sa propre tête... Cela fait plusieurs années, en fait, qu'il cherche à construire sa propre centrale hydroélectrique peut être pour montrer que changer le monde est bien possible. Pas une centrale de pacotille mais une grosse centrale capable d'alimenter une ville de 10 000 habitants ! Il faut dire que ce type est capable à lui seul de concevoir des machines, les calculer, les fabriquer, les tester. Il peut couler du béton, construire des maisons, des ponts, des voitures et des camions. Ce type

sait souder, usiner, tabler, coder, décoder, conduire un bull ou une pelleteuse, réparer ce genre d'engins, travailler avec des charges de plusieurs tonnes comme vous avec des legos, etc... Mais, il sait surtout apprendre et écouter les autres ! Bref, en 2011 il trouve le site qui n'est autre qu'une gorge sur le Lignon en Haute-Loire. Ici, il n'y a que ravins et forets. Malin, il se débrouille pour racheter tous les terrains du coin y compris ceux d'EDF qui avaient évalué le site sans envie de se lancer dans ce trou. Il s’attaque, seul, à construire une route de 3km qui plonge à pic vers la rivière dans une forêt bien dense. Il déboise – 1 an de boulot – et attaque une étude de faisabilité à la française avec étude d'impacts et tout ce qui va avec. Encore 1 an d’efforts acharnés et 30 000 euros dépensés pour cette étude en compagnie des pêcheurs, kayakistes, écolos, chasseurs et tous les casses-couilles en tous genres... Pour lui c'est la même quantité de travail qu'une thèse de recherche sauf que tout est à ses frais ! Il fait tout lui même et obtient enfin l'autorisation début janvier 2016 où il monte une entreprise pour lever 1M600 euros. 3 membres : les deux frères et la maman ! Les plans sont faits (il les a fait), les calculs aussi (il les a fait aussi), tout est paré. Franck décide de réaliser la centrale en moins d'un an pour un lancement en novembre 2016, car les tarifs de rachats d’électricité par EDF changent en janvier 2017. EDF éclate de rire et le traite d'inconscient. C'est impossible ! Le pari est tenu. EDF devra brancher la centrale (200 000 euros tout de même pout tirer une ligne !) à l'automne. Il prépare alors un planning

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comme il sait le faire : un tableau Excel de plusieurs dizaines de pages. Il fait appel à tous ses amis, et ils sont nombreux ! Tout le monde est convié à participer. Sa maman s'occupe du ravitaillement. Pour des raisons financières, il ne soustraite que la maçonnerie (1000m3 de béton), un peu de terrassement, la turbine Caplan et l'automatisme. Le reste il s’en charge avec les copains.

Les journées commencent toutes à 6h et se terminent à 1h du matin. Quand il fait jour, ça creuse, ça soude, ça découpe, ça usine et ça terrasse. Le soir, il fait les calculs, les dimensionnements et les commandes pour le lendemain.

Avec les potes, nous passons quelques journées à ce rythme là. Au bout de 3 jours nous sommes cuits ! Comment fait-il ? Le barrage de 2m sur 80m de long, les multiples vannes (home made), le dégrilleur (sorte de pelleteuse qui nettoie les grilles), la passe à poisson, le canal d'amené de 100m, la centrale de 6 étages avec sa charpente et son toit en tuiles, les escaliers, l'assemblage de la turbine de 7 tonnes... Il a tout réalisé et tient les délais les uns après les autres. Le 1er novembre quand je lui passe un coup de fil, il y a du retard… C'est EDF qui n'a pas encore tiré les câbles ! Il ne lui reste que ces foutus câbles à poser. Aujourd'hui c'est le grand jour, on ouvre les vannes ! C'est un truc de fou ! Si vous voyiez l'ouvrage, la quantité, la technicité du travail, vous vous diriez que vous êtes vraiment un petit joueur ! Et pourtant Franck est d'une humilité extrême, quand vous l'écoutez, tout est simple... Chapeau l'artiste ! Ça serait cool maintenant de prendre des vacances même si je sais que tu es sûrement déjà sur un autre projet.

Ah j'oubliais. Franck est aussi papa de deux enfants de 1 et 2 ans et Vice Maire dans la mairie de son village ! Il est aussi pompier volontaire (non actif cette année) et à la tête d'une méga association qui vient en aide à un village au Mali… On ne doit pas être tous égaux. Il y en a qui sont vraiment très à droite de la courbe de Gausse ! 33


des savons au

naturel !

La cousine “du Sud” comme on dit, s’est lancée depuis maintenant quelques années dans la confection de savons “au naturel” ! Une activité de chimiste qu’elle a rapproché au plus près de son environement. Dans son laboratoire, elle créée des formes, des couleurs et des odeurs qui nous rappelle une ballade en sous-bois ou une cueillette au jardin. Pas besoin d’aller bien loin pour prendre un bol d’air frais. / Par Fanny

C

’est dans les Cévennes que la savonnerie La Sittelle a vu le jour… Le petit laboratoire, est planqué dans les chênes verts, permettant une connexion maximale avec la nature ! Passionnée par les plantes et leurs utilisations médicinales, c’est en voulant faire ma part pour la planète que j’ai pensé à fabriquer des cosmétiques qui impacteraient le moins possible notre environnement. Huiles végétales, huiles essentielles, argiles, ma volonté est de travailler avec un maximum de matières premières brutes et naturelles. Et bien sûr, labellisées bio, car pas question d’absorber des pesticides par notre peau, ni d’entretenir une agriculture

polluante. C’est pour ça que j’ai choisi le label Nature & Progrès, qui est une association qui œuvre pour l’agriculture biologique, et dont les cahiers des charges sont des plus stricts.

L’élaboration des recettes

Pour créer un savon, les combinaisons sont infinies. Il m’a fallu trouver des recettes qui respectent mes convictions, et qui donnent un savon qui plaise à un plus grand nombre d’utilisateurs. Par exemple, je voulais limiter l’utilisation des huiles végétales qui viennent de loin. Mais après plusieurs tests, l’huile de coco s’est révélée indispensable : dureté et tenue du savon dans le temps, mousse

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onctueuse, qualités que je ne retrouve pas avec d’autres huiles ! Pareil pour l’inégalable beurre de karité, qui provient du commerce équitable. Une fois ma recette de base trouvée, j’ai choisi une huile “précieuse” pour chaque savon, l’associant à un parfum composé d’huiles essentielles. Là aussi, pas évident de se projeter dans la tête des utilisateurs… La preuve ? Le savon que j’apprécie le moins est celui qui fonctionne le mieux, et inversement !

La gamme

à ce jour, 8 savons sont disponibles : 5 savons aux huiles essentielles, 2 savons neutres pour les enfants et les peaux atopiques et un savon pour le


linge. Ils contiennent de la glycérine naturellement formée et sont surgras. La peau est donc naturellement protégée de l'agression du nettoyage. J’ai aussi élaboré deux baumes : un baume à lèvre enrichit aux huiles d’amande douce et de calendula et un baume déodorant, qui fait son job grâce à l’action du bicarbonate de soude combiné à des huiles essentielles. J’ai pour volonté d’agrandir ma gamme en proposant des huiles et baumes

corporels, en y intégrant des plantes cultivées dans mon jardin (calendula, roses, achillée, consoude), mais aussi les fleurs sauvage des Cévennes (thym, millepertuis…). Le rêve ultime ? Avoir mon champ d’oliviers, pour presser mon huile, utiliser les cendres de mon poêle, distiller les fleurs sauvages disponibles, et faire un savon 100 % local !

: Pour me retrouver • La page facebook

www.facebook.com/savonnerielasittelle

• Le site internet

www.lasittellecosmetiques.com

• Le mail

contact@lasittellecosmetiques.com

• La savonnerie

Hameau de La Gardette 30460 Colognac

J’accueille volontiers tous les curieux qui veulent venir voir de plus prêt… il suffit de me prévenir par mail !

C’est de la chimie !

/ L’explication de Jenny Un certain Lavoisier prétend que "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme !". Ah cette phrase, elle te dit quelque chose à toi aussi ? Et ce monsieur, son principe, tu l’as sur le bout de la langue… Quand même c’est la base, fallait un peu mieux suivre le cours de Mme Blanc et pas papoter avec sa voisine. En même temps, comme tu ne passes pas ton bac cette année hein ? Tu t’en fous ! Mais tu pourras briller en société, car Jenny, elle, elle l’a écouté le cours et elle t’explique même la réaction de la saponification. T’as vraiment rien écouté en cours toi ! La réaction chimique de la saponification : c’est le savon.

Le savon est le produit d’une réaction chimique entre une matière grasse (huile végétale, beurre végétal, matière grasse animale…) et une base forte (soude ou potasse). Pour la fabrication de savon solide, c’est la soude (hydroxyde de sodium) qui est utilisée. La potasse (hydroxyde de potassium) sert à la production de savons pâteux ou liquides (savon noir, savon de Marseille liquide).

La saponification à froid. quézaco ?

Soude

.

La saponification est une réaction totale : elle continue jusqu'à épuisement de l'un des réactifs (huiles ou soude). Pour garantir qu'il n'y a plus de soude dans le savon fini, il faut qu'il y ait un excès d'huile, c'est-à-dire qu'il n'y ait pas tout à fait assez de soude pour transformer toute l'huile en savon. La saponification s'arrêtera alors quand toute la soude sera consommée et il restera de l’huile non saponifiée dans le savon final.

Le savon sera dit “surgras”. Ce “surgraissage” va apporter une plus grande douceur et des propriétés nourrissantes et adoucissantes au savon. La saponification est une réaction assez lente à température ambiante. En saponification à froid, le savon doit donc subir une “cure” (temps de séchage) d’au moins 4 semaines après fabrication, pour laisser à la saponification le temps de bien se terminer. La cure permet aussi de sécher le savon. En théorie, il est possible de saponifier tous types de corps gras (huiles végétales, beurres végétaux, graisses animales), cependant le choix des huiles va beaucoup influencer l’aspect et les propriétés du savon : dureté, pouvoir lavant, pouvoir moussant, onctuosité de la mousse, douceur sur la peau...

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L

; Agitation

M =

Cure de 4 semaines

Savon surgras


Petits pots

magiques

Elle c’est MH, elle était assise juste devant moi le jour de la rentrée à Pétrarque. On pouvait pas la louper, blonde, une vraie, elle parlait super fort et n’était vraiment pas discrète. Ça, ça n’a pas changé ! La Mh du lycée, elle a fait un sacré bout de chemin pour devenir la Wonder Working Girl d’aujourd’hui. Comme c’est ma super copine, j’ai envie (comme dans un concert de Giedre) de lever les bras au ciel et de lui... Congratz ma blonde ! / Par MH

Elle l’a déjà dit donc moi c’est MH (ou Marie-Hélène, mais faisons simple). Chimiste et spécialisée en formulation cosmétique. La photo là, c’est mon dos. Plus d’un an de travaux, 50 heures sous l'aiguille. Pour un chantier pareil, j’ai eu envie de trouver le meilleur soin possible. Et pour mes premières séances, je n’ai pas été super convaincue par ce que j’ai trouvé en pharmacie ou ailleurs. Au choix : ça pue, ça colle ou ça hydrate qu’a moitié. Bref, j’étais déçue. Et j’en avais pour un moment, ça ne pouvait pas durer. Alors comme c'est mon métier, j'ai fabriqué un soin sur mesure. Juste pour moi au départ – très égoïstement. Et complètement naturel : du beurre de karité, des huiles végétales des huiles essentielles, de la cire d’abeilles... Exit les ingrédients synthétiques, conservateurs, additifs chimiques, paraffine et autres cochonneries. Après plusieurs essais, j’ai obtenu la texture et les propriétés apaisantes et cicatrisantes voulues. J'ai fait essayer ce super baume à mon tatoueur et aux copains. Ils ont tellement aimé qu’on s’est dit que ce serait dommage de garder ça pour nous tout seuls, et paf ! Ça fait des chocap... j’ai créé la marque : Essential Tattoo Care. MH écume les bars salons et conventions pour présenter son produit. Elle s’adonne corps et âme au point de se faire tatouer pour prouver l’efficacité de son baume. ça c’est de l’argument de vente béton ! Elle la joue aussi très collectif puisqu’elle ne manque pas de réquisitionner les potes pour étiqueter ses centaines de petits pots magiques. Tu peux la suivre sur facebook :

www.facebook.com/essential.tattoo.care/

et aussi sur son site :

http://www.essential-tattoo-care.fr/

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b

Stressé-e ? Fatigué-e ? Surmené-e ? Vous rejoindriez bien l'équipage d'Argal pour décompresser ? Voici une autre solution pour vous détendre sans jetlag !

Pour un changement de vie, c’en est un ! Anciennement RH dans une grosse boîte, Sarah a décidé de changer radicalement son contexte de travail tout en continuant de manager cette fois… des internautes ! Avec sa mère pour conseillère, elle met à profit son réseau et ses compétences et propose gratuitement plusieurs outils pour se libérer du stress au travail, elle nous en parle ! / Par Sarah

Je suis très contente de vous présenter mon nouveau “bébé” grâce à Argal Mag ! Je suis Sarah, la cousine de Thomas et Cyril (et donc par extension de toute la Tribu !) et je me suis lancée cet été dans l'aventure de la création d'un blog professionnel qui s'appelle : Je me libère du stress.com

Il a pour vocation d'aider les personnes stressées, fatiguées ou surmenées à être plus détendues et mieux dans leurs baskets grâce à des outils simples, efficaces et concrets. Une quinzaine de professionnels issus de spécialités variées (psychothérapie, coaching, kinésithérapie, méditation, art-thérapie, sophrologie, éducation, ...) travaillent avec moi à la réalisation de ce projet ambitieux. Ma mère Eve, médecin psychiatre et psychothérapeute, est également impliquée depuis le début en qualité d'experte et co-animatrice du site. Ces pros partenaires ont accepté de transmettre gratuitement de nombreux outils et exercices acquis au fil des ans et qu'ils pratiquent régulièrement pour aider leurs clients ou patients à gérer leur stress.

Grâce à la richesse du contenu, chacun pourra trouver des exercices à son goût et adaptés à sa problématique du moment ! Pour vous mettre l'eau à la bouche, voici quelques exemples d'exercices proposés sur le site :

• Comment calmer son mental grâce à la respiration du triangle par

Sylvie Espellet, Sophrologue ;

• Je reviens “ici et maintenant” grâce à mes 5 sens, par Eve Thiébaut,

psychiatre psychothérapeute ;

• Compter et nommer ses

respirations avec la méditation pleine conscience par Yves Brest,

enseignant en méditation Pleine Conscience ;

• 5 qualités pour booster ma

confiance en moi par moi-même !

Ces formidables outils sont accessibles librement (une première sur le web francophone !). N'hésitez pas à venir y jeter un œil et à vous inscrire à la newsletter afin de recevoir les derniers articles et exercices directement dans votre boîte mail (pas de spam : environ 1 mail

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toutes les 2-3 semaines). Les articles sont également relayés sur notre page Facebook Jemeliberedustress Notre projet fonctionne à 100% grâce au bouche à oreille. Si le blog vous plaît, vous m'aideriez beaucoup en le faisant connaître à votre entourage :-) à bientôt... et que le zen soit avec vous ! Sarah Mère et fille en pleine séance de brainstorming au bord du lac d'Annecy... ou comment allier l'utile à l'agréable :-)


Traversée des

Alpes à la voile ça y est, c’est officiel, Gas s’engage une 2e fois dans l’incroyable aventure de la X-Alps 2017. Traverser les Alpes à pied et en parapente au coeur des plus beaux sommets de la région, c’est une Aventure, une vraie, dans laquelle il s’est donné à fond en 2015 en décrochant la 5e place ! Une course complétement folle que l’on peut suivre en ligne dès le 2 juillet. Attention au décollage ça va envoyer ! / Par Gasp

E

n ce moment vous êtes peut-être rivés sur l'écran de votre PC, en train de suivre le Vendée Globe. Cette fabuleuse course à voile – que l'on peut suivre en live tracking sur internet – est un tour du monde ou participent des marins du monde entier. ça déboîte ! Je suis à fond derrière eux, d'ailleurs Armel Le Cléac’h est en tête à l'heure où je vous parle. Si ce genre de course vous inspire je vous conseille une autre course du même style et tout aussi prenante : la traversée des Alpes à la voile ! Si si à la voile ! Je vous le promets ! Il s'agit de relier Salzbourg à Monaco en traversant tout l'arc Alpin à l'aide

d'une voile de parapente et/ou grâce à la force de ses mollets. 32 concurrents du monde entier sont lâchés le 2 juillet pour une course folle au milieu des Alpes et plus de 1 000 km de massif à traverser. Comme pour le Vendée Globe, vous pouvez suivre les pilotes en ligne et comparer les trajectoires, les vitesses (en km/h ici par contre) et les tactiques. Comme pour le Vendée Globe les coureurs dorment debout et évoluent dans des conditions dantesques à des vitesses folles (ou pas... ). C'est une course contre les éléments, mi-ultratrail, mi-régate, une course contre le vent et avec le soleil. Les

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pilotes évoluent non-stop de 5h du matin à 22h30 à pied et en vol. Ils sont assistés par un "supporter" qui les suit dans petit Van et qui assure le ravito et la logistique au sol. Comptez 9 jours pour les plus rapides. Certains courent plus de 100 km/jour, d'autres peuvent voler 200 km/jour. Certains sont capables de faire les deux pendant 10 jours ! Une course est addictive que vous soyez parapentiste ou non... s Départ le 2 juillet. Pour plus d’infos, rdv sur www.redbullxalps.com Notre équipe (Team FRANCE 2) à suivre sur facebook : lesfrerespetiot ou sur lesfrerespetiot.fr


Laura Kelly Beaufils "Allured into the Lost" ?

S

i vous êtes en panne d’inspiration, venez donc à la colloc’ Vallée du Tir en Calédo, on y trouve pas mal de talents entre la musique, la couture, la mécanique ou la photo ! Une fois làbas, cherchez un léger accent irlandais, des yeux bleus et un sourire éclatant et vous la trouverez. Mais si, juste-là, derrière son objectif ! Diplômée des Beaux-Arts, Laura aime se ballader et dénicher les détails empreints d’harmonie dans la nature qui l’entoure. Elle nous propose ici quelques clichés que les Calédoniens reconnaîtront peut-être. Mais rassurez-vous, pour en voir un peu plus, pas besoin de prendre un billet ! Checkez plutôt : • son site (http://lbeaufils06.wixsite.com/lkb-photography)

• ou son Facebook Laura Beaufils Photography

Encore une fois, merci pour tous ces souvenirs qui ressurgissent ! / Par Laura

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Pour une surprise c’en est une ! Un beau matin je reçois dans ma boîte mail un article déjà monté intitulé "surprise"... on l’ouvre avec Tom puisque c’était la consigne, et là.... biiiiiim ! Il est là ! Notre Aldé ! Magnifique. La découverte de l’article qui a suivi nous a fait palpiter. MERCI ! MERCI ! MERCI ! / Par Claire

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Le dossier

Souquez les

artimuses Heureusement que Mathilde est là pour assurer la partie scientifique du magazine (MERCI MAT’ !). Avec des dossiers toujours trés bien documentés (le dernier portant sur la régate) elle nous propose cette fois un article sur une problématique bien présente aujourd’hui en navigation : la piraterie ! Car même ici en Indonésie, on se fait rapidement des films en voyant arriver – “pleine barre”– une barque remplie d’hommes cagoulés... qui ne sont finalement que des pêcheurs qui se protègent du soleil. Mais au fait, les pirates, qu’en est-il exactement ? / Par Mat

Q

ui n’a pas un jour rêvé d’aventures après avoir lu des histoires de pirates ? Ces forbans qui tentaient leur chance sur les flots, qui pillaient sans vergogne des navires sur toutes les mers du monde, alimentent encore notre imagination et nos envies d’exotisme et de découvertes. Qui sont donc ces hommes et ces femmes nous fascinant autant ? La Malouine que je suis s’est replongée avec plaisir dans le monde de la piraterie…

Tout d’abord un peu d’histoire !

Le mot “pirate”vient du grec πειρατης (peiratès) de la racine πειραω (peiran) que l’on peut traduire par “celui qui tente fortune” ou “tenter sa chance à l’aventure”. Cette définition peut sembler bien romantique lorsque l’on sait que le but premier du pirate est de s’enrichir en volant, pillant les navires qu’il

rencontre sur son passage, parfois sans laisser de survivant.

Lorsqu’il est question de piraterie, tout le monde a en tête les récits datant du XVIIe et XVIIIe siècles, l’âge d’or, mais les débuts de cette peu scrupuleuse activité remonte à des temps bien plus reculés. En effet, s’il est difficile de dater exactement ces premières exactions maritimes, elles remonteraient, selon les historiens, à 5 000 ans avant notre ère. D’ailleurs plusieurs poèmes anciens relatent ce type de faits. à l’époque, ces actes de piraterie se concentraient essentiellement autour de la Méditerranée, là où le commerce maritime était le plus florissant. Plusieurs peuples méditerranéens sont d’ailleurs considérés par les Grecs comme des pirates, parmi ceux-là les Chalcédoniens, Darmates, Lacriniens, Cyzique… Pour la petite histoire, un des hommes les plus puissants de tous les temps, a été lui-même victime de la piraterie : Jules César ! En effet, lors d’un voyage vers l’Orient en l’an 78 avant JC, il a été capturé par des pirates, il fut ensuite libéré après rançon. Mal en a pris à ces ravisseurs, car une fois libre, César les a fait poursuivre et massacrer.

Ainsi la piraterie a su profiter du commerce maritime méditerranéen

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et cela jusqu’à la chute de l’Empire de Rome, les échanges ayant ensuite périclité et ont été mis à mal pendant quasiment un millénaire. Le trafic maritime a par la suite connu un regain d’activité avec les croisades, puis les échanges entre les villes italiennes et celles de l’Orient et un peu plus tard avec le commerce triangulaire et celui de la Compagnie des Indes. C’est lors de ces deux derniers que la piraterie connaîtra son apogée.

Pirates, flibustiers, b o u c a n i e r s , corsaires, qui sontils ?

Les pirates, nous l’avons vu, sont donc des hommes, des marins attaquant des navires, de toutes les nationalités sans distinction, pour leur voler leur cargaison et cela pour leur propre compte. Ils sont donc, aux yeux de toutes les nations, des hors-la-lois, des


criminels. S’ils sont pris, leur sort est le plus souvent inéluctable : pendu haut et court ! Haut pour que tout le monde voit le sort qui est réservé aux pirates, et court pour économiser de la corde, mais également que leur mort soit plus longue et douloureuse ! Avis à ceux qui étaient tentés de se lancer dans l’aventure… Mais les pirates ne sont pas les seuls à arpenter les mers à la conquête de butins, parmi eux on retrouve les flibustiers.

Le mot flibustier vient du néerlandais vrijbuiters, qui signifie “libre faiseur de butin”. Ces hommes sévissaient principalement aux Caraïbes à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle. Contrairement aux pirates, les flibustiers ne s’attaquaient pas aux autres navires mais plutôt aux possessions espagnoles sur les côtes américaines. Car l’ennemi traqué numéro un, que ce soit par les Anglais, les Français ou les Hollandais était les Espagnols, qui grâce à leur colonies en Amérique possédaient de véritables richesses jalousées par ses voisins européens. Parfois ces flibustiers se mettaient au service d’un Etat. Les flibustiers, les freebooters, sont d’avantage des terriens que des marins, le bateau est plus utilisé comme un moyen de transport. Certains illustres d’entre eux ont d’ailleurs – après avoir pris des villes aux Espagnols – été nommés Gouverneurs, à l’instar du Gallois Henry Morgan qui fut nommé Gouverneur de la Jamaïque après sa prise de possession de Panama en 1670. Les flibustiers forment avec les boucaniers les Frères de la Côte. Les boucaniers exercent leurs activités uniquement sur terre, également aux Antilles. Ils étaient avant tout des évadés des colonies qui chassaient le cochon sauvage qu’ils

traitaient ensuite par un procédé, emprunté aux Indiens Arawak, de fumage : le boucanage. Ce système offrait une conservation remarquable de la viande et donna son nom à ces hommes qui en firent un commerce sur l’île d’Hispagniola (Haïti et République Dominicaine). Cette activité était plus ou moins légale, mais les Espagnols, encore eux, ne désiraient pas leur présence, et par l’abattage massive du gibier de l’île, ils freinèrent grandement l’activité des Boucaniers qui se réfugièrent sur l’île de la Tortuga ou allèrent grossir les rangs de la flibuste. à cette époque, les hommes pouvaient avoir été tout au long de leur courte vie, flibustier, boucanier, pirate ou encore corsaire.

D’ailleurs qu’en est-il de ces valeureux corsaires ? Comme je l’ai dit, je suis Malouine, pour ceux qui ne savent ce que cela signifie, je viens de SaintMalo, une ville chargée d’Histoire et de charme (je fais un peu de promotion au passage…), d’où sont originaires quelques-uns des plus renommés corsaires de sa Majesté (et sûrement de pas mal de pirates, mais ça chuttt). En effet, Robert Sur-Couf, René DuguainTrouin (et pour la petite anecdote, un aïeul de Jim Carey) sont des Malouins partis sur les mers combattre l’ennemi en étant porteur d’une lettre de Marque, une lettre de Course. Ces lettres de Course étaient attribuées à des particuliers, des armateurs, par le Roi. Celles-ci leur conféraient le droit de s’attaquer à des navires ennemis (des pêcheurs, des bateaux marchands ou de l’armée). Une partie du butin était alors attribuée à l’Etat, une autre à l’armateur et la dernière à l’équipage. Les navires corsaires étaient alors une aide complémentaire à la flotte Royale et permettait d’affaiblir l’ennemi à moindres coûts. Les navires étaient souvent des côtres (28 mètres de long, 8m de large), soit des bateaux rapides et très maniables. Robert Surcouf a

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d’ailleurs été la bête noire des Anglais en Indes, il a ainsi réussi sur son navire La confiance à prendre le navire Anglais Le Kent d’un bien plus gros tonnage. En se rendant, le capitaine Anglais aurait dit à Surcouf : “vous les Français, vous vous battez pour l’argent, alors que nous les Anglais, nous nous battons pour l’honneur !”, ce à quoi Surcouf aurait répondu “Chacun se bat pour ce qu’il a le moins”. Les informations sur l’évolution de la géopolitique et

les traités de paix en Europe n’arrivant pas toujours à temps aux corsaires, ces derniers pouvaient alors être considérés comme des pirates s’ils s’attaquaient à une nation autrefois ennemie devenue depuis peu alliée.

Mais quelles étaient les conditions de vie de tous ces forbans?

Il est difficile de savoir combien d’hommes se sont retrouvés un jour pirate, flibustier, boucanier ou corsaire, mais il est fort possible, d’après les historiens, qu’entre 1716 et 1726, 5 000 pirates écumaient les mers des Caraïbes. Ce qui a dû donner du fil à retordre aux nations et à leurs commerces. Mais comment ces hommes sont-ils devenus ces forbans qui nous intriguent tant ? Avant tout, à part les corsaires qui sont souvent d e s riches hommes, les pirates sont des gens sans argent, souvent marginaux, ayant comme éternel et insatiable espoir


de trouver fortune sur les mers. La plupart n’ont rien à perdre : ils se font enrôler parfois de force mais souvent à grands renforts de litres de rhum dans les tavernes des quartiers mal famés. Ces malheureux n’ont parfois jamais mis le pied sur un bateau, ni ne savent nager. Les équipages grandissaient à mesure que des bateaux étaient pris, les prisonniers pouvaient alors rejoindre les pirates, sinon… Quand un navire négrier avait été piraté, les futurs esclaves pouvaient ainsi intégrer la communauté et devenir “libres”.

Si l’appel de l’aventure et des prises généreuses motivent plus d’un homme, beaucoup ignorent ce qui les attend à bord des navires. En effet, au XVIIe siècle, les conditions hygiéniques laissent déjà à désirer à terre. Mais le pire est encore sur l’eau. La nourriture vient très rapidement à manquer (même si l’on emmène sur les navires des animaux vivants). Le stock s’affaiblit et se dégrade très rapidement. Les fruits et les légumes sont rarement au menu, ce qui laisse le champ libre au scorbut, dû au manque de vitamine C. Cette maladie mortelle provoque le déchaussement des dents, des hémorragies. À cela, d’autres maux se mêlent, les maladies vénériennes que les marins ramènent des bordels qu’ils fréquentent lors de leurs escales, mais également la dysenterie. Mais tout cela est sans compter les combats que les pirates mènent sur les mers. Lorsqu’ils ne sont pas tués, les marins s o n t gravement blessés. Même si un chirurgien est souvent présent sur le navire, beaucoup n’en réchappent pas. L’espérance de vie des marins embarqués était de deux à trois ans en moyenne.

Il est tout de même important de noter que l’organisation des pirates avait des airs de démocratie… Eh oui, le plus souvent le capitaine du navire était élu par l’équipage et il pouvait tout à fait être destitué de son poste, si la majorité de l’équipage le souhaitait. Mais tout cela par le vote, car gare à ceux qui se lançaient dans une mutinerie. Contrairement à beaucoup de chefs d’Etat qui se tiennent à l’écart des guerres qu’ils engagent, le capitaine se bat aux côtés de ses hommes ! Le butin gagné lors de leurs expéditions était équitablement réparti entre l’équipage. Bien entendu le capitaine en retirait une part plus importante ainsi que les marins possédant une compétence particulière ou un poste tel que le quartier-maître (chef de l’équipage). Mais cette répartition était tout de même égalitaire et proportionnelle au poste de chacun sur le navire. De plus, les pirates avaient instauré un système de sécurité sociale avant l’heure ! En effet, si l’un d’entre eux était blessé lors d’une bataille, une compensation financière lui était accordée, la valeur de celle-ci dépendait de la gravité de la blessure. Sur chaque butin était prélevée une somme visant à alimenter cette assurance maladie. Chaque navire avait son code d’honneur, que chacun se devait de respecter s’il ne voulait pas se voir infliger des punitions physiques, voire la mort. On reste chez les pirates tout de même !

Les pirates célèbres

Parmi les pirates ayant écumé les mers, on retiendra le célèbre Edward Teach dit “Barbe Noire”, qui allumait des mèches à canon dans sa barbe et dans ses cheveux pour effrayer ses adversaires. En 1718, l’année de sa mort, à 38 ans, il est à la tête de 4 navires et de 300 hommes.

On peut aussi difficilement ne pas parler du fameux pirate Olivier Levasseur dit “La Buse”, né à Calais. Il écuma les mers de l’océan Indien. Après avoir pris un vaisseau portugais où était embarqué

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le vice-roi des Indes (ainsi qu’une cargaison de mille et une richesses !), la légende dit qu’il aurait caché son trésor à La Réunion ou dans les îles alentours. Ce butin est estimé à près de 4 millions d’euros. Des recherches sont encore en cours pour retrouver ce trésor enfoui ! Olivier Levasseur étant poursuivi de près par le Malouin Duguain-Trouin, prit sa retraite et devint pilote dans un port de Madagascar. Malheureusement pour lui, un capitaine d’une compagnie qu’il avait souvent attaqué le reconnut, il fut donc pendu haut et court en 1730, emportant avec lui le secret de sa cachette. Une destinée digne des fantasmes les plus f o u s sur les pirates! Rackam le Rouge ou Calico Jack, un surnom qu’il doit aux vêtements très colorés qu’ils portaient, eu lui aussi à son actif quelques belles prises aux CaraÏbes. Alors “Quartier Maître” sur le navire du Capitaine Charles Vane, il devint à son tour Capitaine suite à la destitution (démocratique !) de ce dernier. Il tomba amoureux d’Anne Bonny, une femme mariée qui s’enfuit avec lui et intégra l’équipage de Rackam en se faisant passer pour un homme. Une autre femme rejoindra un peu plus tard leur équipage, la célèbre Mary Read, qui après une vie pleine de péripéties, embarqua sous les traits, elle aussi, d’un homme sur un navire marchand hollandais qui fut victime d’une attaque de pirates. Il faut savoir que la présence d’une femme sur un navire était considérée de mauvaise augure, les marins étant superstitieux mais surtout avides de chairs fraîches féminines après quelques temps en mer. Une femme sur un bateau pouvait donc créer quelques convoitises et jalousies!

Mais Anne Bonny et Mary Read étaient loin d’être les seules femmes pirates ! Ces dernières se faisant souvent


passer pour des hommes, il est difficile d’en connaître le nombre exact, mais certaines d’entre elles n’avaient rien à envier à leurs homologues masculins, que ce soit en commandement, en ardeur au combat ou en résistance à la vie de forban ! Parmi les plus célèbres, voici quelques noms gravés dans l’histoire : Marie-Anne Dieu-le-veut, Madame Tsching ou Ching Shih, Grace O’Malley, Rose Bregeon…

La fin de la piraterie ?

Un grand coup d’arrêt a été donné à la piraterie et cela en partie grâce au Gouverneur Woodes Roger qui utilisa les pardons royaux et les forces militaires pour éradiquer la piraterie. De plus, les armées nationales ont été agrandies et les marines étendues avec comme mission de lutter contre les derniers pirates. Vers les années 1720-1730 les eaux européennes, des caraïbes, africaines et des Indes sont devenues inhospitalières aux pirates.

Si la piraterie du XVIIIe siècle est source de récits d’aventures romanesques et revêtait une organisation proche de la démocratie, il émerge depuis plusieurs dizaines d’années une piraterie “moderne” qui se répand sur plusieurs régions du monde. Les principales zones touchées sont notamment le golfe de Guinée, les côtes nigériennes, la mer Rouge, le golfe d'Aden et les côtes somaliennes. Le Bureau Maritime International a recensé entre 1980 et 2010 environ 4 000 cas de piraterie. Mais le plus inquiétant est que ces attaques ont été multipliées par 11 en l’espace de 10 ans. Les pirates attaquent tous types de navires, les voiliers comme les cargos. Les hommes agissent seuls ou pour une organisation qui les munissent

d’armes de combat face auxquels les marins ne peuvent rien. Ces pirates “modernes” n’hésitent pas à prendre des otages pour obtenir une rançon. Voire même à tuer leurs victimes. Un remarquable marin Néo-Zélandais, Peter Blake, a été tué sur son voilier au Brésil en 2001. Le Ponant, un voilier de croisière de luxe a été piraté au large de la Somalie en 2008, seul l’équipage était à bord, la prise d’otage a pris fin au bout d’une semaine de craintes et de tensions suite au versement d’une rançon par l’Etat Français. Les femmes de l’équipage avaient été cachées dans le navire afin d’empêcher les viols, une des craintes des marins étant que ces criminels se rendent compte de la feinte. Dernièrement, le film Captain Phillips relatait l’histoire vraie d’un acte de piraterie sur un porte-conteneurs en 2009.

Suite à cette augmentation d’attaques, l’Europe a lancé l’opération Atalante afin de lutter activement contre la piraterie au large de la corne de l’Afrique. De plus, certaines compagnies privées proposent des services de protection anti-pirates. Mais il est surtout recommandé aux navigateurs d’éviter les zones dangereuses.

Malheureusement, il est amer de constater que la piraterie est un corollaire du commerce maritime. La solution ne réside qu’en l’association des forces des différents états et de la prise de conscience et de responsabilité des pays concernés par la piraterie sur leurs côtes. Comme l’avait fait ce gouverneur Anglais au XVIIIe siècle, il serait alors possible de réduire à néant ce fléau maritime et de permettre à tous navigateurs de voyager sereinement sur toutes les mers du monde. La piraterie doit appartenir au passé et aux récits d’aventures romanesques qu’elle a nourri, car la piraterie moderne ne prend plus du tout des airs de démocratie, bien au contraire… 45

POUR ALLER PLUS LOIN

Pour les plus passionnés, quelques livres, bds, films sur la piraterie, plus ou moins fidèles à la réalité : • • • • •

L’île au trésor, Robert Louis Stevenson (livre) Long John Silver, Xavier Dorison et Matthieu Lauffray (BD) Black Sails et Crossbones (séries télévisées) Pirates des Caraïbes, Pirates … Musiques de pirates – à écouter en lisant l’article avec un petit verre de rhum – : Drunken Sailor (Irish Rover), The Drunk Scotsman, Quinze marins (Michel Tonnerre) et bien d’autres encore, etc.

Bibliographie (... enfin sites) : • pirates-corsaires.com • histoireparlesfemmes.com • ulyces.co • owni.fr • ocean-securite.com • ifmer.org • histoiredumonde.net

Vous vous êtes sûrement demandé d’où proviennent ces magnifiques illustrations qui ont une certaine ressemblance avec l’équipage d’Argal Tribu ? Réponse, page suivante !

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La page des cm2

Et les parents ?

Notre correspondant du Sappey – l’intrépide classe de CM2 –­ est partie enquêter du côté des géniteurs. Armés de courage, ils ont cherché à comprendre d’où leur est venue cet entrain pour la voile. élevés pourtant dans une station de ski de moyenne montagne, leur bac à sable était à 300 km de la mer... Une enquête trés trés spéciale ! / Par les CM2

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os envoyés spéciaux du Sappey sont allés interroger Véronique et Jean, deux parents de nos intrépides navigateurs. Voici le résultat de leur interview.

Ils aimeraient quelquefois être avec eux sur le bateau pour voir comment ça se passe, mais Véronique n’aimerait pas du tout faire les longues traversées.

Jean et Véronique ont été très surpris quand leurs enfants leur ont appris qu’ils partaient en bateau. Véronique était un peu inquiète. Quand ils sont partis, elle était assez stressée mais elle leur a fait confiance. Jean quant à lui, était très content pour eux. Ils ne les ont pas aidés dans leur préparatifs car les futurs marins étaient très loin et se sont débrouillés tout seuls. Ils suivent leur périple depuis longtemps, même avant leur départ en bateau. Ils n’ont pas de nouvelles régulières, surtout pendant les longues traversées mais pourraient les joindre par téléphone satellite en cas d’urgence. Ils vont certainement aller les voir quand leurs enfants seront à La Réunion.

Ils sont déjà allés les voir en Nouvelle-Calédonie. Ils n’ont pas beaucoup voyagé à l’étranger avec eux quand ils étaient petits. Véronique se souvient d’une navigation avec eux, dans deux bateaux dont l’un avait démâté… Ils ne sont pas eux même des grands navigateurs, Jean n’est pas marin pour deux sous et Véronique a fait très peu de bateau. Ils sont très fiers de leurs enfants qui ont préparé seuls leur grand voyage. Ils trouvent qu’ils sont courageux, inventifs et qu’ils n’ont pas froid aux yeux. Ils n’ont aucune crainte pour Lili car ils font une confiance absolue à ses parents.

20 ans en arrière – sur les mêmes bancs ! – reconnaîtrez-vous Sylvain Seurat, Thomas, Simon, Boris, Sylvain Wagner, Sylvain Berger, ...

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La bande des

joyeux pirates!

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On s’en doutait, mais quand même... l’imagination de nos CM2 est débordante ! Voilà qu’ils nous ont pris pour une bande de pirates ?! C’est vrai que ces couvre-chefs nous vont plutôt bien. Alors on en profite. Après toute cette culture, c’est l’heure de se détendre et de trouver ce fichu trésor ! Il n’était ni en Calédonie, ni au Vanuatu, ni en Papouasie. Au bout de notre route, on espère bien le trouver en Indonésie, mais tout dépendra de ton sens de l’orientation, j’en ai bien peur. Un indice ? Direction Nord-Nord Ouest... Courage ! / Par les CM2

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LE REBUS

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Le rebus

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A___

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Indice : Réponse page 24

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M_____

HI/__

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HI-__

Allez, on sort une feuille... interrogation surprise ! Ahah, on ne s’y attendait pas hein ? Fini de rigoler, on va bien voir maintenant si tu as lu attentivement les 40 et quelques pages ci-dessus. Et pas la peine de copier sur ton voisin, il a l’air complétement dans les choux...

Mots e roises

c

Mots

croises HORIZONTAL

2. On a dansé avec elles en Indonésie 3. Lieu où se situe le refuge de Brum 4. Il signifie palmes, masque, tuba 9. Bonjour en Indonésien (à midi) ou titre du mag n°3 11. Lieu où le bateau “moussonne” jusqu’en juin 2017 14. Ce sont les méchants des mers 15. Gas devra les traverser soit à pied soit en parapente

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VERTICAL

1. En utilisant l’énergie de l’eau, Franck en produit ! 5. Indispensable pour avancer en bateau en Indonésie 6. Parc National Indonésien 7. Il crache du feu... ou habite à Komodo 8. Voudrait dire vaillant en breton, il est notre destrier 10. C’est sur la route d’Argal en 2017 12. Transport local à 2 roues 13. La réaction chimique de la saponification, tu la connais maintenant ?

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L'horoscope Un horoscope, mais oui évidemment ! C’est exactement ce qu’il nous manquait dans Argal Mag. Et celui-ci est collector, unique, insolite... c’est le moins qu’on puisse dire. Merci Benj pour toutes ces belles prévisions. Enfin un horoscope qui dit pas du chiqué ! On a trouvé notre Madame Irma à nous – un peu barrée certes – mais visionnaire ! Sisi ! / Par Benj

BelIer du 20 mars au 20 avril

Amour : Votre manque de finesse habituel ne vous empêche pas de remporter un certain succès auprès de vos prétendants. Dans votre empressement, prenez le temps toutefois de vérifier que le genre de votre partenaire correspond à vos affinités, Vénus aime bien vous jouer des tours sur ce coup-là. Santé : Solide comme un roc ! Au grand dam de votre entourage, qui regrette les temps bénis de votre aphonie chronique. Travail : Si vous avez un emploi, restez humble avant tout, vous n'êtes pas le seul à passer la matinée sur le journal de Mickey aux toilettes. Sans emploi, vous vous passionnez pour le puzzle-kamasutra.

TAUREAU du 21 avril au 21 mai

Amour : En plein dans le mille! C’est ce qu’on pourrait dire si vous n’aviez pas vomi sur votre partenaire hier soir lors de la parade nuptiale. Cependant l’alignement de Jupiter et Saturne devrait faciliter l’action de l’eau sur la saleté et vous manierez la serpillière comme personne le lendemain, profitez en pour passer un coup sur la voiture. Santé : RAS. Travail : De façon inespérée, vous obtenez le job de vos rêves après cette période d’attente qui vous a semblé interminable. Non je déconne, LOL.

Gemeaux du 22 mai au 21 juin

Amour : C’est joliiiiii ! Santé : Des nuages passent. On joue au ballon ? Travail : Oh, un papillon !

cancer du 22 juin au 22 juillet

LIon

Amour : > Femme : impecc, le pti keum du quartier qui a le 50cc le plus kité t’as fait un clin d’oeil. En plus il ressemble à Samy Naceri (celui qui joue dans Taxi xD). > Homme : désolé, mais Fiona a déjà 3 amants, c’est compliqué. Il faudra repasser chez elle entre 10h30 et 11h45 pour maximiser tes chances. Santé : Tout va bien bro, no soucy. Pluton veille au grain ouaich. Travail : Le cours du shit est au plus bas, autrement dit il va falloir chercher les promos à Lidl pour manger.

du 23 juillet au 22 août

Amour : Je suis amour. Tu es amour. Nous sommes amour. Santé : Boycottage du tofu, vous apprenez que les maraîchers Syriens torturent les chenilles qui se nourrissent du feuillage du soja. Pauvres bêbêtes ! Travail : Votre conférence “manifeste pour le revenu inconditionnel de base” est un succès : les deux personnes qui sont venues y assister se sont peut être trompées de salle mais elles sont quand même presque restées jusqu’au bout. Persévérez !

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C

VIERGE

du 23 août au 22 septembre

Amour : Franchement c’est pas de la m**** cette rubrique ? Ah pardon on disait oui donc beaucoup d’enfants, une petite maison ombragée par des conifères méditerranéens. Votre conjoint vous offrira une troisième ferrari, mais c’est sans espoir : la rayure sur la porte arrière droite de la deuxième voiture risque fortement de remettre en question votre couple. Santé : Evitez de mêler acides, alcool et prostitution sur mineur au volant. Travail : Les allocations tombent régulièrement, l’assistante sociale n’a toujours pas compris que vous n’êtes ni roumaine, ni handicapée, ni mère (père) de 8 enfants. All good.

scorpion du 23 octobre au 22 novembre

Amour : Il est contenu tout entier dans un long rot langoureux aux accents de bière bon marché. Santé : On s’en tire bien ce moisci ! Pas de sang dans les urines. Travail : La nouvelle caisse automatique arrive, ce qui vous permet de licencier 5 caissières et d’augmenter votre salaire de 60%. Bien joué !

Balance du 23 septembre au 22 octobre

Amour : En couple > vous devenez célibataire. Célibataire > vous restez célibataire. Santé : Vous devenez transparent petit à petit. Certains y voient un signe, comme la renaissance du Christ, l’avènement d’une ère nouvelle. Pour vos amis plus terre-à-terre, vous êtes tout simplement anorexique. Travail : Vous êtes de loin le meilleur assembleur de big tasty de la région ! Votre assiduité au travail vous donnera le droit de ramener 2 nuggets en plus chez vous le soir, petit veinard !

sagittaire du 23 novembre au 21 décembre

capricorne du 22 décembre au 20 janvier

Amour : Un amour de tous les jours commence par une hygiène quotidienne. Merci maman pour le coup de main. Santé : Ce petit bouton vraiment mal situé vous gênera pour vous asseoir, mais rassurez-vous. Ce n’est qu’une gêne passagère ! Travail : Vos collègues vous crachent au visage lorsque vous rentrez dans la pièce. ça tombe bien, vous adorez ça !

Amour : Vos organes génitaux sont admirables, et bien que vous les montriez en soirée régulièrement, vous ne trouvez pas l’amour. Continuez, Saturne trouve cela fort intéressant. Santé : Depuis que vous avez appris à retirer l’emballage des bonbons votre estomac vous remercie. Travail : Vous vous offrirez la réflexion que le métier de goûteur de Pastis a tout de même ses limites dans le temps.

verseau du 21 janvier au 18 février

poisson du 19 février au 20 mars

Amour : Votre ordinateur, principal partenaire sexuel depuis plus de 5 ans, vient de lâcher. Une petite minute de silence vous aidera à surmonter le drame. Santé : Avec la rotation de Neptune, quelques symptômes bénins pourraient faire leur apparition au cours de la journée : vomissements, sang dans les selles, pertes de connaissance, coma. Travail : Vous êtes fasciné par tous ces gens qui travaillent autour de vous. Tout cela a t-il un sens ? D’ou vient la conscience? Le menu de ce mardi midi vous ramènera aux choses importantes : pizza 3 fromages.

Amour : Votre chat vous aime, vous commencez à en être persuadé. Cependant vous ne souhaitez pas précipiter les choses, et plein de sagesse, vous laissez le temps à votre relation d’évoluer afin de faire progresser votre complicité avec l’animal avant de tenter quoi que ce soit. Santé : Vous perdez 2 kg, ce qui vous permet de passer à un IMC de 40. Votre coeur vous dit merci ! Travail : Panne de la machine à café, donc journée de merde. Vous en profiterez pour réfléchir sur l’amour que vous vouez à votre profession.

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U

a l e d n Fi

I . . . n o s i sa 17 0 2 n i - Ju ur de o Le ret n II ! so la sai


C’Êtait la fin de la saison 1 ...


Argal mag selamat siang indonesia ! Ed3