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Du Pacifique a l'Indien - septembre 2016

ARGAL MAG Spécial voile

N°2

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Parce que Argal mag c’est in, fun, populaire... on vous propose un nouveau concours photo plutôt “jeun’s” basé cette fois sur le thème du :

* selfie *

Vie de merde / vie de rêve

Et oui, on en a marre de parler de nous et cette foisci on a envie de voir vos têtes, alors à vous de jouer. (Et puis, il faut bien s’adapter aux us et coutumes locales puisqu’ici, en Indo, tous les jeunes se baladent avec une perche à selfie...) Alors - en direct de votre quotidien - on attend vos portraits à envoyer sur : argaltribu@gmail.com ou sur facebook. Le lauréat recevra un colis à l’indonésienne et le dernier numéro de Argal Mag !

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I ZU KA zA Ypk ATTENTION : créativité et humour seront bien entendu largement récompensés !

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Et oui, ce mag se veut collaboratif. Une idée, un concept ? T’as carte blanche ! Voir le chap.3 “La tribu”


Edito De la 2eME édition

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n transit… de Santo à Saumlaki, du Vanuatu à l’Indonésie, Argal trace la route.

Avec un peu moins de 3 000 milles au compteur, 23 jours de mer continus, 3 escales, 12 vomis, 143 paquets de nouilles, 11 cargos et 2 talonnages, l’équipage découvre le hauturier et prend peu à peu du galon. Au total, nous aurons mis 1 mois à parcourir ce qu’un avion effectue en 1 jour. Une parenthèse en haute mer qui méritait bien son coup d’éclat. Encore dans l’œuf Argal Mag se paye un hors-série ; une édition spéciale pour une étape pas comme les autres ! Et pour cause. Ces derniers temps tout est sens dessus dessous. L’équipage ne dort plus, les escales se font rares, les repas sont succints, Lili est dans le gaz, et même nos odeurs corporelles ont changé… bref, un nouveau monde, de nouvelles règles ! Ici c’est la loi du Sud-Est et pour elle, nous lui dédions cette ôde à la voile avant de découvrir la grande pétole indonésienne. Mais pas besoin de vous faire un dessin car du côté de la tribu, la voile n’a plus de secrets ! On découvre au fil de vos récits les expériences des uns et des autres : côtier, bateau-stop, plaisance, régate... C’est un véritable comité d’experts que nous avons là. Merci pour ces articles passionants qui nous font voyager encore un peu plus. Le tout servi en poésie par nos apprentis-pirates de CM2. Le pied ! Allez assez bavardé, largons les amarres, hissons les voiles et... en avant ! / Par la chou

Un grand merci à Didier, photographe improvisé et à Utopia (Brian) pour le décor !

© D.R

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+ Eau Seau mer _____ Chap 1 - Livre de borD P.4

Le trajet Prépare-toi pour la Grande Odyssée ! Chimères et cabrioles en haute mer Le mal de mer Vie à bord Guide de survie en navigation hauturière avec un bébé

Chap 2 - En escale P.18

Port Moresby, “la ville la plus dangereuse du monde”

Chapitre 3 - La tribu p.20

La Coloc’ Orange : mode d’emploi Le bateau stop Quand la corde devient bout Un été de Caïpirinha Le point sécu de Joe Le voilier vu par les CM2 La régate (le dossier) Bibliothèque d’escale

rimer et si jamais tu veux t’imp la CB :) un exemplaire, CHAUFFE ça casque sur BLURB ! 5


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Chap 1 - Livre de bord Le Trajet ................................................................................................. p.5 Prépare-toi pour la Grande Odyssée ! ................................................ P.6 Chimères et cabrioles en haute mer .................................................... P.8 Le mal de mer ........................................................................................ P.10 Vie à bord ............................................................................................. P.12 Guide de survie en navigation hauturière avec un bébé ................ P.14

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INDONéSIE

AUSTRALIE

PAPOUASIE NOUVELLE-GUINéE

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NOUVELLE-CALéDONIE

VANUATU

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Prépare-toi

pour la grande odyssée / Par Mam’s

© D.R

A

vant de prendre la mer il y a toujours ce même rituel. La remontée de l’annexe lovée dans sa housse scellée sous la bôme. Le moteur de l’annexe rangé dans le coffre de Marry Poppins parmi un monticule d’items indispensables. Le paddle dégonflé qui lui aussi trouve place dans le coffre magique. La voile hissée sur l’étai largable dont l’essai est concluant. Les cuves d’eau sont remplies, le fuel et le gaz faits. Les vivres rangés dans les équipets et les fruits et légumes frais sont logés dans le filet. Aucun objet ne lévitera ou cliquettera à la gîte. La fenêtre météo est enfin grande ouverte pour le départ. Les batteries sont bien chargées. Le vent souffle léger. Le navire est décrassé, ses équipiers aussi. Le pont est débarrassé des objets à toute fin inutile pendant la navigation. Nous sommes fin prêts pour cette première grande traversée. Nous mettons les voiles.

Pas si vite, pas si vite ! S’y préparer n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Petits curieux, venez voir plutôt par ici ! Du bateau, vous apercevez au loin sur le bord de la plage

trois petites ombres affublées de gros sacs à dos et de cabas agitant leurs bras. Il faut bien prêter l’oreille pour entendre leurs sifflements. “Ah ! Ils reviennent des courses”. Vous voyez alors l’annexe venir à leur rencontre et en trois voyages ramener quantités de vivres au bateau. C’est l’avitaillement et ce n’est pas comme faire ses courses à Carrefour Le Merlan. Regardez donc plutôt par là. Voyez-vous sortir du premier magasin nos comparses déjà bien chargés de victuailles, entrer dans un second magasin puis en ressortir un peu plus chargés et se diriger encore vers un énième ? Lisez-vous la devanture ?

SHONG ZIAN Store, équivaut au chinois du quartier, à l’arabe du coin. Il doit bien y en avoir une trentaine similaire achalandée sans règles précises. Liste en main, nos comparses ont bienheureusement déjà comparé les prix des produits nécessaires dans toutes les échoppes de la grande rue. Un travail de titan. Efficace, ils savent donc quoi acheter et où l’acheter.

Dans le taxi les ramenant, voyez-vous la goutte ruisselante sur leur front ? Ils songent au rangement. L’un d’eux a le sourire aux lèvres, il pense à l’apéro qui s’en suivra. Les équipets dégueulent de compotes, sardines, corned-beef, noodles, riz, gâteaux et autres gourmandises. Percevez-vous

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la bouteille de rhum dans l’équipet bâbord ? “Non pas celle-là Tom, prend plutôt Captain Cook ! La bouteille de Mathilde on se la garde pour Torrès !”.

Regardez de ce côté là du bateau, deux bidons jaunes sont sur la jupe arrière. Tom les met dans l’annexe. “Je vais à la station service avec Jacky faire l’essence”. Ce n’est pas une mince affaire. L’annexe parquée sur le rivage, l’apôtre et son disciple, bidons vides à la main, s’en vont à pied à la station service. “Et dit ! On prendrait bien un Tâxi pour rv’nir, c’est qu-ça sera lourd tout çà ! Oui Jacky. Et dit ! Jt’ai djà parlé des Marquises hein ! C’est qu-c’est beau là-bas ! Oui Jacky tu m’en as déjà parlé, des bergers allemands aussi”. Au bas mot, il aura fallu une matinée puis une deuxième expédition pour aussi remplir la bouteille de gaz. “Refill gaz, please. Yes so heavy !” Tendez un peu l’oreille par là. Entendez-vous le clapotis de

l’eau et les rires de Lili ? Elle barbote dans la piscine de l’hôtel avec sa mère. Si vous regardez au loin, juste en face, vous voyez le bateau qui mouille dans la baie. Sur la droite, c’est le le plus petit de tous. Au second plan, sur l’herbe deux bidons blancs et deux hommes. L’un recourbé sous un robinet tient un bidon et le second se dirige vers la balustrade de la piscine. “Pouup ! On a bientôt fini de remplir l’eau, on fait l’dernier aller-retour au bateau et on décolle pour aller en ville”. Chargés comme des mules, Laroune et Tom ramènent jusqu’à l’annexe les deux bidons de 20 litres chacun. Ils tirent l’annexe du rivage vers l’eau et trajets après trajets, bidons par bidons, remplissent les 170 litres de cuves.

Entrez donc, le Tù, hôtel-restaurant-piscine et son immanquable

burger. Installez-vous sur le transat à l’ombre du parasol près de la piscine. “A fresh lime juice and one Tusker, please. Sorry what is the code for internet ? Tankyu tumas.” Regardez sur votre droite assis sur le canapé, discrètement. C’est Tom et Chou. “Vas-y ça me saoule là Chou de zoner comme ça. Je vais à la poste voir si y’a le colis. C’est bon Tom ! J’ai bientôt fini pour le mag et attend avant de partir, tu voulais pas qu’on regarde la météo.” Admirez votre smartphone et le pictogramme 3G ou WIFI activé. Savez-vous qu’en moins de 2 heures vous pouvez regarder la météo, envoyer les mails à la famille annonçant le départ pour mercredi, charger la zone Ocean Indian and South China Sea sur Inavix et la vue sur Google Earth, programmer les 12 vidéos et actualités sur la page Facebook d’Argal Tribu et publier le mag n°1 sur Issuu. Tout ceci nous a pris 5 jours.

Baladez-vous maintenant un peu plus haut dans la ville.

Ce bâtiment défraîchi, c’est le Bureau des Douanes. Il ne paye pas de mine et la porte d’à côté c’est la Capitainerie du Port. Attendez un peu, dans 5 minutes Laroune et Tom vont y rentrer pour les formalités de sortie du territoire. Vous, si

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vous souhaitez sortir de votre pays, vous prenez l’avion. Et pour formalités à l’aéroport, une enfilade de check point, vos passeports tamponnés, au pire une fouille de vos bagages, et vous embarquez. Cela vous prendra au maximum 1h, temps d’attente compris. Au mieux, vous n’aurez pas de formalités, pas ou peu de contrôle si vous empruntez le réseau routier frontalier.

Pour sortir en bateau du Vanuatu, le passage auprès des douanes, des Services de l’Immigration et à la Capitainerie du port doit se faire dans un ordre non établi, incohérent, inconnu et forcément contradictoire selon l’entité administrative à LAQuelLE on se réfère.

Ballottés de bureau en bureau, la patience usée, nos passeports sont tamponnés et à l’issue, le formulaire de clearance de sortie enfin signé au bout d’une matinée. Nous sommes officiellement sortis du territoire. Alors nous mettons les voiles, et la petite voix d’à côté qui demande : “On arrive dans combien de temps ? Dans 1 mois ! Boudiou ça va être long. Ils nous rejoignent quand déjà ? Fin octobre je crois. J’ai hâte.”

Eloignez-vous un peu et regardez plutôt par ici, cette scène

commune de départ en vacance. La valise est enfin bouclée, la porte de la maison fermée à clé et le demi-tour au bout de la rue pour vérifier que la porte est bien fermée. Les embouteillages sur le trajet jusqu’à l’aéroport et le stress qui monte de louper l’avion, la pensée furtive de l’oubli du passeport et la vérification réconfortante. Le prix exorbitant de la place de parking pour 10 jours de stationnement, le sourire de l’hôtesse au guichet qui annonce les 150 euros de supplément bagage et le café-croissant pour faire oublier le supplément qui troue le porte-monnaie. La porte d’embarquement pour le vol DH 3437 pour Jakarta annoncé au tableau d’affichage et le regard de glace de l’agent de contrôle lorsque sonne le scanner à votre passage. Le douanier scrutant l’usurpation à la vue du passeport et l’attente interminable dans la salle d’embarquement. L’appel au micro pour le vol, le passage express aux toilettes et la longue file qui se forme pour accéder à l’avion. Le geste gracieux de l’hôtesse de l’air qui vous indique votre place, le coussin calé contre votre tête et vos yeux rivés sur le hublot admirant le paysage rétrécir. Avant de sombrer d’un sommeil lourd, la petite voix d’à côté qui demande : “On arrive dans combien de temps ? Dans 15H ! Mais on est pas rendu, il faut encore les rejoindre jusqu’à Florès.”

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Chimères et cabrioles en haute mer -

> de santo à saumlaki

/ Par Tommy

NAprès avoir laissé passé un front dépressionnaire

ous levons l’ancre mercredi 17 août à 8h du matin. jours le vent ne retombe plus et se maintient entre 12 et 20 nœuds. Nous arrivons sans problème à faire du vent arrière générant de fortes pluies, des orages ainsi que des vents sous génois seul et à caper notre destination. Quand le vent autour de 30-35 nœuds, nous contournons le nord de Santo faiblit, le génois se met à claquer, et il nous faut alors nous à la voile. Le début d’une looongue traversée jusqu’en Asie. rapprocher du lit du vent pour naviguer plus confortablement. “À 6 heures du départ, nous heurtons un tronc qui explose le ”Loin de la telenovela, l’équipage est concentré, voire quelque peu régulateur d’allure et le rend inutilisable !”

stressé au vue des milles à parcourir. La maxime n’est donc pas “dévergonde-toi” mais plutôt “préserve-toi”... dommage.” Les 3 /8

Le régulateur d’allure étant HS - et souhaitant garder notre petit pilote électrique pour les navigations au moteur - c’est à la barre que s’enchaînent les quarts. Sylvain, Chou et moi barrons 8 heures sur 24h : 4h pendant la journée et 2x2 heures - 1ER ACTE pendant la nuit. Une cadence bien réglée qui permet à Argal Au commencement d’avaler les milles tout en rythmant les journées de l’équipage. S’en suivent alors 2 jours quelque peu pénibles au moteur À chaque fois le même rituel : donner au nouveau barreur le sous la pluie, dans une houle résiduelle liée au coup de vent gilet-harnais, ne pas oublier la montre ni la frontale, et – non passé. Les odeurs de gasoil ont raison de nos estomacs avec mécontent d’aller se piauter – on se souhaite bon courage. Sylvain : 2 ou 3 vomis chacun. Mais on finit par sortir de cette Carine s’occupe quant à elle nuit et jour de Lili : repas, change, zone d’instabilité et la chance nous sourit enfin. Pendant 7 endormissement, jeux, bains… chapeau Carine !

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Une escale hors du temps Notre acharnement informatique au Vanuatu porte ses fruits. Nous recevons une météo précieuse via notre téléphone satellite sur notre ordi troqué à Port Vila, décisive dans notre choix de faire escale 1 jour ½ aux Louisiades (îles Papou situées au Sud-Est de la grande terre). Après un petit talonnage et un nouveau tchek météo on réhisse les voiles et c’est sous trinquette seule qu’Argal parcourt les 450 milles restants.

Fast & furious Avec un vent atteignant un bon 25 nœuds établi, une houle de 2 à 3 mètres et un courant favorable, le voilier surf, atteignant jusqu’à 11 nœuds ! Un record. Une vitesse que nous avions sous-estimée et qui nous oblige à franchir de nuit, à la voile, la passe permettant de rentrer dans le rade de Port Moresby. Et ce, tout en slalomant entre les cargos. Ambiance comme arrivée ! C’est donc sains et saufs que nous faisons escale à la marina de Port Moresby.

Port Moresby

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Le détroit de torres

- 2e ACTE -

Back in the game Après une semaine reposante et un ravitaillement en règle, nous quittons cette marina luxueuse pour de nouveaux horizons. Le 10 septembre, à 15 heures, nous larguons les amarres. C’est sous trinquette et avec 3 ris dans la grand-voile que nous tirons 2 bords pour franchir la passe de Port Moresby aux environs de 17 heures. Non sans appréhension pour le passage du détroit à venir. Malgré un vent soutenu, nos calculs se révèlent juste et c’est au petit matin que nous atteignons par vent arrière, sous trinquette seule, “Bramble Cay” : premier récif distant d’environ 200 milles de Port Moresby. Comme préconisé sur le livre de Cornwell sur les routes maritimes dont nous disposons à bord. En effet, la première partie du “North East Channel” est moins bien balisée que la seconde et il convient de la passer de jour. Dans le vif du sujet Bien conscients que certains passages du chenal seront au près, nous hissons la GV (3 ris). S’en suivent 150 milles de slaloms, au près, entre les récifs en serrant le bord du chenal de sorte à ne pas être surpris par un cargo. Notre détecteur radar se révèle précieu et nous permet de repérer les quelques cargos présents sur notre route (étonnamment peu nombreux). La seule nuit passée dans le chenal est éprouvante. Le joint supérieur de la cuve de gasoil est fatigué. Notre allure de près, couplée à des vagues désagréables générées par le courant, secoue la cuve. Les odeurs de gasoil sont insupportables nous évacuons la cabine arrière...

Au petit matin le vent faiblit et c’est dans une clémente brise de travers que nous atteignons le “Prince Wales Channel”, un chenal étroit d’environ 12 milles où un courant de 5 nœuds nous dégueule littéralement dans la mer d’Arafura. Avec une pointe à 11 nœuds, nous quittons le Pacifique pour rentrer dans l’océan Indien. Le relâchement Les derniers récifs de Torres s’éloignent. La mer est lisse et un vent nous pousse gentiment vers l’Ouest. L’eau est étonnamment turquoise (car peu profonde) et poissonneuse. Les bancs de dauphins ne nous quittent plus et nous pêchons un thon à la traîne. Ces conditions clémentes rendent la vie à bord particulièrement agréable : douche, cuisine, lecture, films, (…).

“En pleine nuit un fracas retentit. Tout le monde est sur le pont pour comprendre ce qui se passe. La bôme s’est affaissée d’un coup. “C’est la balancine ?” “Non c’est l’axe soutenant la bôme au vis de mulet qui a sauté !” Heureusement, nous sommes sous génois seul.“

Un check météo annonce une pétole pendant plusieurs jours. Soit 4 à 5 jours de moteur en perspective ça risque d’être long. Par chance des grains successifs nous poussent, à la voile, plus loin que prévu. Une cinquantaine d’heures de moteur suffit à atteindre notre destination.

“1h30 du matin, luttant contre le sommeil, je maudis cet alternateur défectueux qui nous prive du confort du pilote électrique. Les batteries sont à plat et on ne peut pas les recharger avec le moteur...“.

Enfin, l’île de Tanimbar se dessine. Ca y est nous sommes bien

“C’est à mon tour de cuisiner, la mer est mauvaise et ça pue le gasoil… en Asie. La chaleur est étouffante, l’air saturé d’humidité, la Une casserole de pâtes contre 2 vomis est-ce bien rentable ?” mer huileuse et déjà les premiers déchets apparaissent... SELAMAT SIANG SAUMLAKI ! 11


/ Par Sylvain

© Sylvain

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Le MAl DE MER


Vaste sujet ! Il est clair que sans lui, la mer serait beaucoup plus encombrée qu’elle ne l’est aujourd’hui…

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ette affection sensorielle est liée à une différence de perception entre la vue et la position dans l’espace par l’oreille interne. Lorsque ces deux informations ne concordent plus, cela créé un déséquilibre que le cerveau n’arrive pas à résoudre et entraîne un malaise pouvant aller jusqu’à la nausée. Les bébés ne sont pas affectés car leur oreille interne n’est pas encore complètement formée avant l’âge de deux ans (fort heureusement pour nous, nous n’avons pas besoin de gérer celui de Lili en plus du nôtre !).

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On entend souvent dire, le mal de mer, c’est dans la tête. Ceux qui savent ce que c’est ont juste envie de répondre à ça par une bonne gerbe à la figure. C’est peut-être en partie dans la tête, mais ça n’en est pas moins difficile à supporter. Une chose est certaine, nous ne sommes pas tous égaux face à ce mal ! Certains ont la nausée rien qu’à l’idée de monter sur un bateau, quand d’autres sont capables de lire un manuel technique dans les fonds de cale maculés de gasoil à la gîte ou encore de se lancer dans la confection d’une tarte au citron meringuée par 30 nœuds !

Entre ces deux extrêmes, il y a le commun des mortels dont je fais partie. Même le marin aguerri n’est pas à l’abri de ce mal, qui, s’il n’est pas pris au sérieux peut avoir de lourdes conséquences (un sousmarin Allemand pendant la 2nde guerre mondiale naviguant en surface a fait échouer une mission pour cause de mal de mer aigu de tout l’équipage, se faisant littéralement cueillir par les alliés). Ma propre expérience du mal de mer me permet de dire que ce n’est néanmoins pas une fatalité et que la persévérance finit tout de même par payer. La preuve ? Pour trouver l’inspiration, je me force à taper cet article en navigation calé dans la toile antiroulis et ma foi, pour l’instant ça va !

- La responsabilitE à partir du moment où j’ai commencé à naviguer sur mon propre bateau, je ne l’ai plus ressenti de la même manière. La responsabilité m’accaparait une partie de la tête et prenait le pas sur le mal. Le fait de barrer, d’étudier le parcours, de s’intéresser aux réglages, en bref, d’être acteur de son environnement aide à rester maître de soi. Cela ne donne toutefois pas l’immunité, envoyer la trinquette ou prendre un ris par vent fort représente toujours un combat interne et il n’est pas rare qu’un vomi ne vienne ponctuer la manœuvre.

- L'anticipation La fatigue, la faim, la foif, le froid et la frousse sont les fameux 5F qui provoquent et aggravent le mal de mer. Sur l’eau, il faut être à l’écoute de son corps, veiller à ce que ses besoins primaires soient toujours assouvis, au risque de créer une brèche dans son système de défense. Détecter les premiers signes de faiblesse pour pouvoir y faire face, ne surtout pas céder à la léthargie qui semble nous envahir dans

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ces moments là, car elle nous conduit insidieusement à la fatalité.

- Le curatif Quand rien ne va plus, que malgré tous les efforts fournis les spasmes intestinaux ne renvoient plus rien dans l’œsophage, il est alors curieux de voir à quel point l’esprit peut aller loin… On commence à se dire que les humains que nous sommes ne sont pas dimensionnés pour vivre sur l’eau, en bref qu’on a rien à foutre là. On se dit qu’il n’est pas possible d’être plus mal, et, en général, les minutes qui suivent affirment ces pensées… On aspire alors de toutes nos forces à retrouver le plancher des vaches pour s’y allonger, dormir, mourir même, tout plutôt que continuer à subir cette torture infernale qu’on s’est autoinfligé ! Plus qu’une seule solution avant de se jeter désespérément dans les flots : le sommeil. S’enrouler en boule dans la couchette de quart, sac plastique à portée de main et dormir.

- Repousser ses limites Milles après milles, on se force à descendre dans le carré alors que ça bouge pour accomplir les missions du quotidien, on apprivoise petit à petit cette nouvelle dimension où l’immobilité n’existe pas. Jusqu’à ce qu’un beau jour, sans qu’on y prête attention, on se rend compte qu’on est pas si mal, plutôt bien, et même vraiment bien. On se dit alors que ça y est, on est amariné… Roulis et tangage ne deviennent alors rien de plus que des informations sensorielles gérées et anticipées par notre organisme sans que l’on s’en aperçoive vraiment, au même titre que la température ou la force du vent. Là, ça y est, on fait corps avec le bateau, c’est la symbiose totale, on a plus envie de toucher terre…

… et un arrêt à terre, une escale, aussi brève soit-elle, et tout est à recommencer !


Vie a bord / Par la Chou

2 semaines en mer : soit 14 jours, 336 heures, 20 160 minutes... l'equivalent d'1 an de vie a l’echelle de Lili. Imaginez un peu ! Vous etes la, en plein ocean, a 1 000 kilometres des cotes, dans une centrifugeuse de 15m2. Pas evident dans ces conditions de retrouver ses reperes et d’instaurer un quotidien douillet. Et pourtant ...

usque là, nos expériences de traversées s’étaient limitées à 48h de navigation maximum. Autant dire qu’en 2 jours on peut tout remettre au lendemain : dormir, ranger, faire la vaisselle, se doucher ou caguer... tout ça peut bien attendre l’arrivée ! Mais cette fois, les règles ont changé. Il va falloir affronter la gîte, le mal de mer, la peur et la fatigue parce qu’un équipier qui ne s’est pas brossé les dents depuis 15 jours… fini inéluctablement par dessus bord.

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ASSUMER POUR COMMENCER SES BESOINS PRIMAIRES

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En dehors des 8 heures passées chaque jour à la barre, chacun doit veiller à assouvir ses besoins primaires. Manger d’abord. 3 repas par jour dont 1 de noodles parce que c’est bon et que ça limite le temps passé aux fourneaux. Car ce n’est pas tout d’ingurgiter, il faut ensuite digérer en veillant à ce que le repas ne fasse pas machine arrière. N’est-ce pas Tommy ? Dormir ensuite… ou du moins essayer. Parvenir à fermer l’œil avant de prendre son quart. Généralement c’est au petit matin que le sommeil arrive, accumulant ainsi 2 voire 3 heures de coma par nuit. Un déficit nocturne qu’on essaye de combler le jour par de longues somnolences et qui m’a valu au bout du 2e jour des aphtes monstrueux. Se délester enfin pour aboutir à la phase terminale du transit. Assis sur le seau à ciment, il s’agit de relâcher ses sphincters, ne pas avoir peur des bruits ou des odeurs qui surprendraient le barreur, et surtout bien négocier l’effet de la gîte dans le réceptacle : tout renverser dans le cockpit serait une catastrophe ! Une étape plutôt bien réussie par l’ensemble de l’équipage même si pour ma part je n’ai pu procéder à l’ouverture des vannes qu’une fois en 8 jours. L’escale aux Louisiades était, vous l’imaginez, alors bienvenue.

PRENDRE DU BON TEMPS ?

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Mais quand on ne barre pas, qu’on a ni faim, ni froid, ni la nausée on peut enfin songer à se détendre et profiter un peu de notre temps libre. La lecture est réservée aux plus amarinés. Carine – qui passe sa vie dans la cabine avant à changer des couches – bouquinait tranquillement dès ler jour. Tom et Sylvain n’ont quant à eux pas touché un bouquin du trajet. Non, les hommes sont plutôt tournés vers la pêche. Une activité très productive avec au compteur 3 leurres à l’eau… et une prise (in extremis). Mais de toutes façons, aurions-nous était capables de cuisiner le(s) malheureu(x) ? …Euh, tu veux un mer calme Tommy ? Se cultiver aussi. C’est important. Pensez-vous que nous soyons coupés du monde, là, au beau milieu de l’océan ? Pas du tout. L’équipage passe l’ensemble de ses quarts à écouter les podcasts de France Inter et on en apprend des choses. La sexualité des canards, l’expansion des méduses, la vie de Louise Michel, la découverte des ciseaux moléculaires, la fugue du petit Hanz... près d’une 100n d’heures d’écoute au total, tout de même ! Enfin, et c’est l’activité principale à bord, chacun s’adonne à la contemplation. Les yeux perdus dans le bleu, une méchante tête dans l’Q, l’esprit vagabonde, les souvenirs ressurgissent et on se laisse gentiment errer au fil de nos pensées. Sans le vouloir, on doit pas être loin de la méditation !

PASSER ENSUITE AUX BESOINS SECONDAIRES Une fois les premiers jours passés, l’équipier peut s’atteler à la suite du programme. L’hygiène. Se brosser les chicots, prendre une douche et laver ses slips devient rapidement une activité quotidienne… et pourtant, il restera toujours comme une odeur d’urine qui vous colle à la peau. Y’a rien à faire, c’est comme ça et chacun essaye alors d’apprivoiser son odeur et celle des autres en rêvant secrétement à la douche bien chaude de l’arrivée. Ranger, laver, faire la vaisselle pour que nos quelques mètres carrés ne se transforment pas en une chambre d’étudiant ou en magasin King Jouet. C’est devenu une règle à bord, “on ne laisse rien traîner, et on se motive à faire la vaisselle sur le coup les gars”. Et – même s’il faut bien s’accrocher pour remplir la bassine sur la jupe arrière – c’est finalement plus simple qu’à la maison… allez savoir ! Tous les 2-3 jours il faut aussi checker la météo et avoir ainsi une idée de la tendance à venir. Une activité qui demande une forte mobilisation et qui peut rapidement devenir vomitive. Entre deux requêtes on s’allonge, histoire de reprendre un peu de vert dans les compteurs, on respire un bon coup, et on y retourne. Mais les fichiers Gribs sont précieux et nous ont permis de bien gérer notre parcours, alors on prend son courage à deux mains et on y va. Enfin, les jours de grande plénitude, les plus valeureux sortent les bidons d’eau et d’essence pour rempliR les cuves. Ça nous vaudra quelques effluves de gasoil dans la cabine arrière et des nouveaux vomis de biles pour Tommy... Décidément !

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Alors c’est vrai qu’il n’y a là rien de bien compliqué, ni de bien prestigieux. Et c’est finalement ça la morale de l’histoire. En nav’, y’a pas vraiment besoin de s’occuper. La vie reprend son rythme en allant droit à l’essentiel. Et comme aime à le dire Sylvain : “certains appellent ça le voyage, d’autres des vacances, nous on appelle ça la vie”. Enfin, quand Tommy n’est pas encore penché par dessus bord... 15


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Guide de survie

en navigation hauturiere

avec un bebe / Par Mam’s

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VOUS ETES PREVENUS, Ce manuel comporte des propos à caractère enfantin.

onnête lecteur, sans doute vous interrogez-vous quant à l’accomplissement d’une telle traversée en présence d’un enfant en bas âge. Nous aussi, nous nous sommes longuement interrogés… cap ou pas cap ? Finalement nous avons osé. L’enfant tout juste sa première bougie soufflée embarque pour cette grande première. Qu’avons-nous fait là ? Un mois c’est long tout de même. Nous vous dévoilons ici les secrets de cette traversée ou comment bien vivre cette odyssée avec un petit être humain. Nous nous sommes tous préparés autant que faire se peut à cette longue traversée. Tous ? Non ! Il y en a bien une qui en embarquant ne se doutait pas qu’elle vivrait de longs jours de captivité avant de toucher terre. Ce n’est pas faute de le lui avoir expliqué, de l’avoir préparée. Que comprend un enfant de cet âge ? Pas tout, c’est certain mais bien plus que l’on croit. Il faut bien un équipier à temps plein pour veiller sur l’enfant. JOUR et NUIT ! Et tout naturellement, c’est la mère qui se trouve être la plus disposée. La mère aimante et patiente, est entièrement dévouée à son enfant en toute situation. Des gestes pourtant si simples prennent en navigation hauturière une autre dimension. Préparer un biberon, changer l’enfant, le laver, l’endormir requiert beaucoup d’énergie, une bonne aptitude physique, de l’habileté et une haute résistance au mal de mer. En longue traversée, nos besoins, notre rythme, tout change. Toutes ces bonnes habitudes si durement ancrées sont balayées au premier coup de gîte. Les repères de l’enfant se trouvent ébranlés et à cet âge, le changement, on n’aime vraiment pas ça.

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Les

3 premiers jours sont difficiles. Très difficiles. Ne baissez pas les bras !

,

L’enfant pleure très fort, très souvent.

L’adulte a sa patience mise à rude épreuve.

Besoins : demande beaucoup d’attention et d’être rassuré, construire de nouveaux repères.

Besoins : se reposer, récupérer le manque de sommeil.

Mange moins facilement, rechigne à chaque cuillère. A beaucoup de mal à s’endormir même si la mer l’épuise. Est difficilement consolable et occupable. Ne veut pas être seul ou quitter les bras.

è

n

Au

Lutte contre le mal de mer, l’état de fatigue et le manque de sommeil. Donne beaucoup d’énergie et d’attention à l’enfant. Peut même s’interroger sur le bien fondé de cette aventure. “Mais merde qu’est-ce que je fous là ! Pourquoi ?” Ne pas s’oublier, écouter ses propres besoins et demander de l’aide lorsqu’il en est trop. “STP. Tu peux garder Lili une

heure, faut que je dorme là. Faut que je mange aussi, fasse caca, me brosse les dents et me coupe les ongles des doigts de pieds. C’est vital !”

4ème jour, tout s’arrange. Enfin presque, courage !

L’enfant s’amarine, accepte sa situation. S’adapte à ses nouvelles conditions, ses contraintes. Retrouve l’appétit, rechigne et pleure moins voire peu. Est plus conciliant, écoute plus l’adulte. Est plus autonome, demande (un peu) moins d’attention. Adopte un nouveau rythme et de nouvelles habitudes. L’équilibre est retrouvé.

L’adulte s’amarine et se détend. Est plus reposé, a plus d’énergie. Adopte un nouveau rythme. S’offre plus de temps pour lui. Commence à savourer la navigation comptant tout de même le nombre de jours avant l’arrivée. “Combien de milles encore ? Quoi 350 ! Oh non je

pensais qu’on arriverait le lendemain de demain…”

Les jours suivants, le temps s’effiloche. On finit par aimer ça, la nav’ avec l’enfant. L’enfant rentre dans une certaine routine, et ça le rassure. Un semblant de quotidien s’installe, hors du temps. L’adulte semble même triste que le voyage touche à sa fin, à en oublier même qu’au 2ème jour il désirait rebrousser chemin. La nouveauté des activités de l’enfant se raréfie, il montre les premiers signes d’ennui. Petits cubes, pièces à emboîter, pots à remplir, livres et bulles de savon, plus rien ne semble le satisfaire. L’adulte doit redoubler d’ingéniosité pour éviter chouinements et pleurs lancinants. De plus l’enfant semble avoir emmagasiné un trop plein d’énergie depuis le départ et le déverse à l’approche de l’arrivée. Gardez en tête qu’un jour vous arriverez demain !

“Oh j’en peux plus là ! Faudrait pas non plus que ça dure 10 jours encore ! Combien de milles ?”

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REgles de base

pour bien vivre une traversEe hauturiEre

avec bEbE

mer 1 - Ne pas avoir le mal tde difficile voire le déclencher. Si le mal arrive, il vous sera très

Certaines situations peuvent facilemen ipage équipier pourra toujours être mobilisé affectant l’équ impossible de vous occuper de l’enfant. Un autre alors réduit. Et vous, inutile, malade.

er l’ennui occuper l’enfant afin d’és. vit 2 - Rythmer la journée,uvan en tête que vous Ayez ts pour l’équipage et entraver leur repo

Les pleurs de l’enfant peuvent être épro la bonne voiture pour calmer l’enfant. à vous de trouver ne pouvez pas faire les cents pas ou un tour de méthode, n’ayez crainte l’enfant s’adapte.

pour bébé tée de main le nécessairt ealors 3 - Avoir facilement à por que ça tabasse couches sous la couchette de la cabine avan

Aller chercher un nouveau paquet de forces ! gne avant le départ. Economisez-vous, gardez vos n’est pas tâche aisée – anticipez toute basse beso

ant que possible 4 - Dormir, se reposer aut e le sommeil ue de sommeil n’est pas à notre avantage. Lutter contr

La fatigue s’installe facilement et le manq lorsque une abominable torture. Ménagez-vous, dormez alors que l’enfant demande votre attention s’avère vée. ferez vos mots croisés ou lirez votre livre à l’arri l’enfant dort et autant que vous le pouvez. Vous

sible à bébé autant que posne 5 - Faire prendre l’air bien heure à barboter dans sa qu’u x mieu de à l’enfant et rien

Ah l’air du grand large ! Ça fait du compris ! dans les bras de Morphée en 5 minutes, bib’ bassine pour au moment du coucher sombrer les rait présager d’un gros grain sans de sortie possible Ne remettez pas au lendemain, qui sait le ciel pour 3 prochains jours.

t

6 - A l’arrivée, permettez-vous une pause Enfan Une vraie pause pendant 8/10 jours.

ET LA REGLE D’OR :

7 - Eviter d’embarquers. un enfant de moins de pour une traversée de plus de 5 jour

3 ans

ne m’occupe pas de Lili pendant toute “Si tu veux qu’on reparte d’ici, soyons clair. Je On est d’accord ? Bon ok. Le coucher je l’escale ! Pas une couche, pas un repas, nada. veux bien mais c’est tout !”

3

Adapter son bateau a l’enfant

1. Installer des filets de sEcuritE sur les filières 2. Organiser le bateau afin d’éviter la chute d’objet à la gîte et l’accès à des objets dangereux 3. Aménager un espace sEcurisE où l’enfant peut rester seul : couchettes équipées de toiles antiroulis, murs molletonnés, etc.

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Programme de renforcement musculaire 3ème jour de nav’ - 17h30 - l’enfant pleure, il a faim et doit ensuite aller dormir. L’adulte responsable doit transporter l’enfant dans ses bras du point A le cockpit au point B la cabine avant.

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5 6

Assis en haut de la descente, veiller à ne pas glisser dans les escaliers tout en contrecarrant l’effet de la gîte (sollicitation quadriceps, gainage abdos, pectoraux). Se tenir d’une main à la rampe du plafond pour ne pas perdre l’équilibre (biceps, gainage abdos) et avancer ainsi à tâtons dans le carré. Eviter sur tribord l’angle saillant de la table du carré et emprunter l’étroit couloir qui mène à la cabine avant (gainage abdos) sans cogner l’enfant ou s’écraser malencontreusement sur lui.

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Installer l’enfant dans la cabine avant et verrouiller la sortie pour ne pas que l’enfant s’en échappe. Supporter les pleurs de l’enfant mécontent de sa nouvelle situation le temps de la préparation de son biberon. Faire le chemin inverse jusqu’au frigo pour empoigner le biberon rempli d’eau. Dans un ultime effort prendre la boîte de lait en poudre et emporté par la gîte, tomber en arrière sur la banquette tribord. Dégainer le couvercle en plastique de la boîte et se battre pour desceller l’opercule. Vaincu, se propulser vers la cuisine (quadriceps et gainage abdos), se cogner contre l’escalier puis attraper un quelconque ustensile qui fera sauter l’opercule. Verser méticuleusement 6 cuillères de lait en poudre dans le biberon en contrecarrant l’effet de la gîte. Ranger la boîte de lait et tout en agitant d’une main le biberon (biceps) se diriger vers la cabine de l’enfant. éviter l’angle saillant de la table du carré. S’y cogner. Hurler intérieurement puis entendre les pleurs de l’enfant se faire plus puissants. Eloigner l’enfant implorant le biberon pour s’asseoir à ses côtés. Disposer l’enfant sur ses genoux (biceps, gainage abdos), apporter le biberon à sa bouche. Savourer l’instant de silence, tout en contrecarrant l’effet de la gîte (quadriceps, gainage abdos, biceps). Sentir l’enfant contre soi s’apaiser et l’accompagner dans son sommeil. Retenir sa respiration et déposer délicatement l’enfant sur le matelas (quadriceps, gainage abdos, biceps). Prêter l’oreille et n’entendre aucun pleur. Verrouiller méticuleusement et silencieusement la sortie de la cabine avant et tirer le rideau.

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Se diriger vers la cuisine, voir les trainées de poudre de lait répandues au sol. Souffler intérieurement, saisir l’éponge pour nettoyer (quadriceps). Ouvrir le placard de dessous l’évier, ouvrir la vanne d’évacuation d’eau de l’évier. Se redresser péniblement en contrecarrant l’effet de la gîte (quadriceps, gainage abdos). Sentir une douleur dans le bas des reins. Nettoyer le biberon à l’eau de mer, le rincer, le remplir d’eau douce et le placer au frigo. Vérifier l’état de fonctionnement du frigo. Regarder l’heure. 18h47. Fermer les yeux. Souffler.

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2 du monde !” Chap 2 - En escale

PORT MORESBY / “La ville

la plus dangereuse / Par Sylvain

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© Sylvain


L

a tentation était grande d’écrire un petit article sur cette capitale papou, qui n’est en général qu’une étape technique pour les voiliers avant le passage dans l’océan indien via le détroit de Torres. Port Moresby suscite de la méfiance et alimente bon nombre de fantasmes dans l’imaginaire collectif, si bien que bon nombre de bateaux préfèrent s’arrêter sur les îles australiennes voisines malgré le coût élevé de la clearance et la lourdeur des contrôles sanitaires. Et puis bon, faut pas déconner non plus, ce n’est tout de même pas Mogadiscio, Sanaa ou encore Alep (la liste des villes pouvant se disputer ce titre est tristement bien longue) !

qui, au temps du cannibalisme, a certainement contribué au folklore, encore aujourd’hui les sourires prennent des allures inquiétantes !

Une fois cette impression dépassée, on comprend que le regard des gens à notre encontre est simplement de la curiosité. Tous les vigiles (certainement la profession la plus répandue dans cette ville devant chauffeur de taxi !) ont un comportement bienveillant à notre égard et se proposent de nous orienter. De nombreux passants dans la rue nous saluent et nous adressent des sourires amusés (souvent édentés), on comprend que les blancs n’ont pas pour habitude de se promener à pied. Au fur et à mesure des rencontres, nous nous sentons un peu plus à l’aise et commençons à détecter les codes de cette ville. Ici, comme ailleurs, il y a des endroits où il ne faut pas mettre les pieds à moins d’être accompagnés, mais, une fois informés, on peut tout à fait se balader. Nous sommes contents de sortir du yacht club, c’est pour nous en quelque sorte un moyen de ne pas trop nous sentir assimilés à ce monde de privilégiés (même si nous en faisons partie malgré nous) et ce qu’il représente à l’extérieur, au sein d’une toute autre réalité.

© D.R

Port Moresby est une capitale multiculturelle au

Notre première impression en sortant de la marina hyper sécurisée où nous avons laissé notre voilier (pas un seul voilier au mouillage forain dans la baie de Port Moresby malgré qu’elle soit super abritée) est pour le moins déconcertante, il faut dire qu’après le Vanuatu, pays safe par excellence, cela fait un sacré choc ! Avec tout ce que l’on nous a raconté et malgré notre volonté de ne pas être influencé dans notre jugement, nous ne pouvons nous empêcher de confirmer, dans l’analyse de l’environnement et jusque dans le moindre comportement observé, les rumeurs entendues. Le quartier résidentiel qui surplombe la baie a clairement des allures de prison de haute sécurité. Des murs d’enceinte coiffés de barbelés et bornés par de véritables miradors ceinturent les villas. Les immeubles périphériques, bien moins clinquants, ont tous les fenêtres grillagées, et ce jusqu’aux derniers étages. Même dans la cantine asiatique où nous prenons le déjeuner, dévisagés par les quelques clients aux mines patibulaires, le service se fait au travers d’épais barreaux. Le centre d’affaires est dans la même veine, les tours des multinationales sont gardées par une armée de vigiles, à leurs pieds, de larges rues quasi-désertes ne sont parcourues que par de rares 4x4 aux vitres teintées et quelques zonards assis de ça de là, vendant des cigarettes et des graines à la sauvette, complètent le tableau.

carrefour du Pacifique et de l’Indien, à cheval entre l’Asie et l’Océanie. Cette ville a subi une croissance exponentielle en triplant son nombre d’habitants depuis les années 2000 suite à un exode rural massif (la ville compte aujourd’hui 1,2 million d’habs) et est en pleine mutation. Comme souvent dans ces caslà, la ville n’a pas été pensée comme telle, d’anciens villages sont devenus des squats, le manque d’unité des nouveaux quartiers et leur étendue rendent leur administration forcément difficile. La culture ancestrale papou a été confrontée d’un seul coup à la mondialisation entraînant un changement de vie brutal pour beaucoup de gens avec son lot de laissés pour compte.

Cette mauvaise réputation associée à ce délire sécuritaire

sont forcément basés sur des faits, on parle tout de même de 150 assassinats par an, et pour une ville de cette taille, c’est clairement beaucoup… Les différences sociales abyssales y sont forcément pour quelque chose. De notre point de vue, le fait que les blancs forment une communauté qui ne se mélange que très peu avec le reste de la population contribue également au sentiment d’apartheid ressenti dans la ville.

Par ailleurs, la sécurité est clairement un business

lucratif, les entreprises internationales y passent une bonne partie de leur budget et les sociétés de milices privées ont toutes le vent en poupe (au vu des panneaux et encarts publicitaires visibles de partout). De plus, on peut penser que ces rumeurs ne sont pas démenties par les expatriés occidentaux qui touchent des primes de risques rondelettes pour leur courage…

En conclusion, nous regrettons de ne rester plus longtemps Les papous mâchent à longueur de journée un mélange ici, de ne pas pouvoir prendre plus le temps pour découvrir les

de graines rouges avec du corail pilé, une sorte de drogue douce locale qui sert également de monnaie coutumière. à force, les dents se gâtent et prennent une couleur rouge sang

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Papous et plus largement la Papouasie, dont nous avons eu un autre petit aperçu dans l’archipel des Louisiades, qui représente un des derniers pays encore réellement préservé sur la planète.


© Didier

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Chap 3 - La tribu La Coloc’ Orange : mode d’emploi ................................................. P.21 Le bateau stop ...................................................................................... P.22 Quand la corde devient bout ............................................................ P.24 Un été de Caïpirinha ............................................................................. P.26 Le point sécu de Joe ............................................................................. P.27 Le voilier vu par les cm2 .............................................................. P.30 La régate - (le dossier) ........................................................................ P.32 Bibliothèque d’escale ........................................................................ P.35

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La Coloc’ Orange : mode d’emploi On y est tous plus ou moins passés : colocataire d’une des chambres en carton, invité du salon ou oublié de soirée en train de cuver dans le patio... Pour beaucoup, c’est là qu’a commencé la découverte de la voile, avec le kite pour certains et les premiers bateaux pour d’autres. Argal, Galopin, Aldebaran, Talocan... Toute une génération ! Merci Arthur et Ju pour ces beaux souvenirs. / Texte d’inspiration inconnue écrit, l’alcool aidant, lors d’une longe nuit de quart entre Nouméa et Brisbane en hiver 2014, toute ressemblance avec la réalité ne pouvant être que pur hasard…

P

our vous remettre dans le contexte nous sommes à Nouméa la “Capitale” de la Nouvelle-Caledonie… pour ceux qui ne voient toujours pas c’est une petite île de 500km de long perdu dans l’Ocean Pacifique au Nord-Est de l’Australie. La maison Orange ou coloc’ Orange, c’est mon pied à terre depuis près d’un an, date à laquelle j’ai quitté Nantes, mes amis et ma famille pour aller chercher du ciel bien bleu, du lagon bien turquoise, des températures supérieures à 22° toute l’année et surtout…. du vent presque tous les jours pour le kite, bateau, windsurf et j’en passe !

Dans cette grande maison coloniale une vie en communauté s’est installée depuis plus de 5 ans avec entre 8 et 12 colocataires fixes (selon les couples, les vacances, etc.) plus assez régulièrement quelques invités de passage sur le canap’ ou sous la moustiquaire installée dans un coin du salon. On a donc une dizaine de personnes de 23 à 34 ans qui occupe les lieux à la roots, chacun a un boulot bien différent mais des centres d’intérêt qui se recoupent comme la musique et la voile et avant tout une bonne addiction pour le voyage sous toute ses formes. Coté Muzicos… Sur les canap’ du

salon il n’est pas rare de trouver 2 ou 3 Argal qu’on est parti à l’île des pins pour guitares sèches que se font tourner Seb, le Nouvel An 2014 pour une semaine de Guigui, Chafouin, Cha, Gaetan ou Alex, rêve à 12 amigos sur deux voiliers (dont tous anciens ou actuels colocs. Pour celui de Scott). compléter la troupe de saltimbanques Il y a aussi Mathilde qui a fait on a Jeannette au Yukulele, Hugues alias l’acquisition d’un superbe RM 900 il y Luc au didgeridoo et JennyBeGood aux a quelque mois et qui se régale dans le lagon à doubler tous les potos au portant percus sur ses djembés. Coté voileux il y a de quoi faire aussi ! en retour de week-end !

3 kiteurs, 2 surfeurs, 5 windsurfeurs, un bodyboarder et un kayakiste (si on dit comme ça ?...). Pour ne citer qu’elle, il y a Maureen qui a récemment gagné le championnat calédonien de kite freestyle et par la même occasion son billet pour les championnats de France à Leucate cet été.

Autant vous dire que la terrasse est bien chargée en matos en tout genre. Si maintenant on s’intéresse aux voileux habitables il y a Sylvain et Carine qui ont quitté la coloc à mon arrivée pour s’installer sur un très beau Melody 34 pieds au liseré rouge dénommé ARGAL ! C’est bien souvent sur ce bateau que l’on part en week-end îlot pour 2 ou 3 jours à la recherche de la tranquillité des superbes mouillages du lagon pour faire la fête entre amis au bord d’un BBQ avec du poisson fraîchement piqué au harpon ou à la traîne sur la route. C’est aussi avec

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Pour finir le tableau on a Seb et Jeanne qui sont depuis 4 ans en road trip à l’étranger et qui ont traversé l’atlantique en bateau stop sur un cata de 60 pieds. Ils ont pour projet de trouver un bateau pour repartir à la voile vers l’Indonésie. Il y a aussi Tom alias tonton qui est skipper et moniteur de plongée.

Voilà pour une description rapide de ce qu’a été la fameuse coloc’ Orange dont on dit tant de bien au quatre coins du (bout) du monde. Pour toute visite festive de ce monument historique classé au patrimoine de l’UNESCO (oui oui je vous jure) qui a accueilli tant de grands hommes (et femmes), la coloc orange ouvre ses portes tous les soirs de 17h à 4h au XXX rue OlrX dans XalXe Xu GEXXE… pour ceux qui arriveront à résoudre ce rebuX très très compliqué :)

Bonne nav’ à la tribu d’Argal, Vous vous gavez ça fait plaisir. Tata bizou ! / Par Arthuro y Julietta en direct de Talocan


Le bateau

stop

K

X +

Une expérience hors du commun et accessible à tous !

/ Par Jeanne

Vadrouilleuse dans l’âme, Jeanne parcourt depuis plusieurs années les continents avec son sac à dos. De pays en pays, elle avance ainsi le pouce en l’air jusqu’à ce que la route s’arrête ; et là, elle troque son k-way contre une veste de quart. Avec plusieurs embarcations à son actif, différents capitaines et autant d’océans, elle nous livre ici son expérience du bateau stop. Et quelle expérience ! Merci Jeanne pour ce superbe article, en espérant qu’Argal te trouvera lui aussi sur sa route !

L’idée en fait rêver plus d’un, et à juste titre ! Pour réaliser ce rêve un peu fou il faut s’armer d’une bonne dose de motivation et de volonté. Car si cette expérience est accessible à tous, elle nécessite néanmoins un attrait certain pour le voyage, le déracinement, la volonté de perdre ses repères et de se confronter à une expérience humaine particulière, disons... cloisonnée.

L

’amour du voyage ne se limite pas à une destination. Qu’elle surprenante évolution qui nous amène de nos jours à monter dans un avion, fermer les yeux et se retrouver 10h plus tard à l’autre bout du monde, à s’introduire sans transition dans un monde si différent du notre.

Lorsque tu voyages sur un bateau, tu jouis de la sensation merveilleuse de te sentir partir, glisser doucement au fil de l’eau, quitter les tiens, quitter tes repères pour te tourner le cœur gonflé vers un avenir incertain, inconnu. L’aventure est là, tu la sens en toi comme ce vent qui s’engouffre dans tes cheveux et qui fait claquer les voiles, juste là au dessus de ta tête.

Humainement ça remue des choses.

D’abord on apprend beaucoup sur soi, on se découvre des ressentis

inhabituels. J’ai vécu la peur du vide et de l’infini lorsqu’une nuit je me suis retrouvée seule à la barre dans une obscurité complète, le bateau voguant aveuglement dans l’immensité de l’océan, comparable à une coquille de noix soumis aux caprices du temps. J’ai vécu l’émerveillement de me retrouver sous une voûte céleste m’offrant le spectacle de ces milliards d’étincelles. J’ai vécu la peur du temps, ce temps qui s’étire, longuement et qui peut parfois paraître infini lorsqu’on vit cette sensation particulière d’être prisonnier des affres de l’océan. Par ailleurs, cette expérience cloisonnée nous permet de vivre des moments privilégiés avec nos compagnons de bord. On apprend à vivre ensemble dans son sens le plus strict, on apprend à adapter nos comportements pour ménager les uns et les autres, faire que cette traversée que l’on partage avec de parfaits inconnus se déroule au mieux pour chacun. Impossible de dire “vous m’avez saoulé, j’me casse!”.

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Sur toutes les personnes à qui j’ai raconté mes aventures de bateau stop à travers le globe et qui m’ont écouté avec des étoiles plein les yeux, je serai curieuse de savoir combien ont franchit le pas, combien ont laissé une annonce sur un des sites de convoyage pour tenter l’aventure.

Bref, les expériences peuvent être multiples et

pour trouver votre bonheur il existe plusieurs sites de bateau stop : labourseauxéquipiers, équipiers.fr, vogueavecmoi, findacrew, Argaltribu.nc ;) Récemment j’ai entendu parlé du site de blablaboat, à l’image de blablacar je suppose mais je n’ai jamais expérimenté à la façon de ShareMySea.

Pas tellement besoin d’expérience, votre capitaine

aura surtout besoin de vous pour assurer les quarts. Pendant un laps de temps prédéfini (par tranche de 2 ou 3h) il aura besoin d’une personne de confiance pour rester à la barre de jour comme de nuit, surveiller l’apparition d’éventuels navires sur la ligne d’horizon, les changements météorologiques (vent, grains), le bon positionnement des voiles etc. Au moindre doute, on réveille le captaine ! Ca s’apprend au fur et à mesure. L’idée principale est d’avoir parfaitement confiance en son capitaine. Après la vie à bord s’organise comme dans une coloc’ mais… en plus mouvementée!

C o t é f i n a n c i e r,

Une autre belle manière de trouver des embarquements, celle que

j’ai le plus souvent pratiqué, est de se déplacer directement dans les ports et taper aux portes des bateaux pour rencontrer les capitaines. Il y règne généralement une bonne ambiance, le monde de la voile est un petit monde et il sera plus facile de faire parler de vous et de votre projet. Si ça fonctionne pas tout de suite, ca sera au moins l’occasion d’aller boire une bière sur la terrasse du port et écouter les histoires de voyages des vieux loups de mer. ça c’est carrément international !

faire du bateau stop est rarement gratuit. Néanmoins il existe plusieurs “formules“. La plupart du temps votre capitaine vous demandera une participation financière pour la nourriture, pour le Vous pouvez aussi laisser gasoil, les frais de ports lorsqu’il y une annonce à la capitainerie en a des étapes. Il peut aussi bien mettre expliquant votre projet. Notez que je en place une caisse de bord avec un prix n‘ai jamais essuyé d’échec en cherchant un fixé par jour qui comprend l’entretien du bateau. embarquement directement au port. Il faut avoir du temps Généralement la caisse de bord s’élève autour de 15 euros/j. et garder à l’esprit que le voyage en bateau est grandement Vous pouvez aussi trouver un embarquement type convoyage tributaire des conditions climatiques (gare aux saisons où le propriétaire du bateau engage un skipper pour emmener cycloniques !). le bateau d’un point A à un point B. Dans ce cas là en règle générale tous les frais sont à la charge du propriétaire. C’est Je conclurai ces lignes par une phrase mythique de Seb, devise l’expérience que j’ai vécue pour traverser l’Atlantique sur un qui nous à accompagné tout au long de notre aventure autour catamaran alors que je n’avais absolument aucune expérience du monde : “En voyage, soit tu as du temps, soit de voile, puis 3 mois plus tard entre le Panama et le Chili où à la fin de la traversée, le propriétaire nous a carrément proposé tu as de l’argent”. Moi j’ai pris mon temps... un billet d’avion pour rejoindre la destination de notre choix, A bientôt la tribu, Vivement ma prochaine expérience de bateau stop sur Argal ! pour nous remercier de notre investissement à bord.

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Quand la corde devient bout

D’ailleurs, ca s’écrit bout ou boute, car amis voileux, le “t” de bout est muet depuis la grande reforme orthographique de 1762. Alors, hein… ? / Par Pascal et Claire from Jam Session, NC ! / Par Claire et Pascal Un premier bateau ce n’est pas rien... c’est avec lui que s’effectue toutes ces premières fois : première rencontre, première sortie, première nuit, premières ruptures. C’est une époque charnière de votre vie qui bouscule tous vos acquis pour rentrer progressivement dans le monde obscur des ‘‘voileux’’. Vous qui croyiez savoir marcher, savoir cuisiner, savoir ranger... détrompez-vous, il faut désormais tout ré-apprendre. Claire et Pascal en ont fait l’expérience sur Jam Session et partagent avec nous une de ces difficultés que tous les néophytes ont traversé un jour ou l’autre : le jargon du marin. Un grand merci pour ces confidences !

Apprendre à naviguer, pour les humbles débutants que nous sommes, fut déjà un vaste programme. Mais ce que nous n’avions pas anticipé en nous lançant dans la grande aventure de l’océan,

c’est l’univers encore plus immense du vocabulaire marin. Quand la corde devient bout et que border n’est plus qu’une affaire de draps, tout s’affole dans nos têtes ! 26


Q

uand Pascal et moi, grands voileux débutants devant l’Eternel avons pris possession de Jam Session, notre fidèle 7 mètres 90, les conseils avisés de ce qui savent ont plu sur nos têtes et sur le pont de notre nouveau voilier. Le soir venu, nous faisions le tri parmi les morceaux de phrases sibyllines entremêlés dans nos cerveaux trop plein d’iode. Un adage revenait comme une rengaine : “sur un bateau, il faut communiquer”. Nous, on veut bien communiquer mais seul hic dans le foc, c’est qu’on ne connait pas les mots !

Le taquet à Pascal

Petit bac de la voile

Gueuler le jargon du parfait marin sur le pont de son drakkar est déjà preuve d’une technicité avancée. Mais savoir l’écrire correctement est un talent dont peu de navigateurs peuvent se vanter. Qui, en tête à tête avec son carnet de bord, assis dans sa cabine, démuni de Wikipedia, n’a pas mâchouillé son stylo au moment d’écrire : 15h72, le vent se lève, nous prenons un riz,... ri ?...un rit/riiie... dans la grand voile, puis enroulons un peu de phoque, heuuu... foc... fôque ? Avec ”ck”, ca fait plus british : fock ? On vous passe le problème récurent au moment d’envoyer un mail pour donner rdv à notre place de port, (porc ?!!!) : “on est au ponton F40, petit bateau avec un teau.. taud ? tôt ??? jaune…”.

Pascal est 100% motivé pour sortir en bateau, toujours… au taquet ! D’ailleurs, taquet est l’un des seuls mots qu’il connaissait sur l’boat. Sûrement parce qu’il reflète bien son irrépressible envie de naviguer nuit et jour. Il n’empêche que le sur-emploi de cet unique mot a pu mener à bien des incompréhensions. Le seul moment où le taquet est à chaque fois vraiment un taquet, c’est dans cette phrase que chaque marin éructe en revenant glaudiquant dans le cockpit : “put%&§, je me suis niq*&%é un orteil sur ce put%&§ de taquet”. Malgré ma plus grande compassion face à cette douleur sournoise, qui monte au cerveau bien après l’impact, il m’était difficile de ne pas le féliciter pour l’emploi correct du juste mot !

Tire sur la corde !!

Du bon usage du mot envoyer

Depuis ces incidents plus drôles qu’impactant (surtout quand on les commet devant d’autres marins – les noninitiés n’entendront eux qu’un gloubi-boulga de mots qui les amènera à débrancher leur cerveau pendant les traversées), nous maîtrisons un peu mieux les termes, bien qu’on en apprenne encore tous les jours. Mais au final, c’est peut-être un peu ça, l’esprit de Jam Session, cette fameuse “séance d’improvisation” musicale, où on lance un peu tout ce qu’on a à l’esprit, et on voit ce qui reste à la fin : le grand plaisir de naviguer, sans se prendre la tête !

Un peu comme les scientifiques, qui n’ont pas eu le courage d’inventer les mots propres à leur disciplines et se sont vaguement contentés de reprendre la langue de Molière pour donner un sens qui n’a rien à voir à une foule mots, créant au passage une masse insupportable de faux amis, le voileux aussi n’est pas très inventif vocabulairement parlant. Quand à la question, “Parés ?”, les équipiers répondent “Parééés”, le barreur gueule ensuite “Envooooyer”, il y a toujours un moment où le novice, se demande ce qu’il faut envoyer et à qui ? Sachant qu’à la base de la base, il est fortement déconseillé d’envoyer quoique ce soit à quiconque sur un bateau, au risque de se voir cruellement rappeler que Newton a toujours raison, avec une fâcheuse tendance à faire retomber les pommes en DEHORS du bateau. Adieu frontale, adieu masque de plongé, adieu (coûteuse) manivelle de winch. Adieu !

Le piano : mon p’tit délire perso

Quel équipier debout, face au piano, les jambes écartées tel Freddy Mercury devant son clavier, n’a jamais eu comme un petit air de France Gall dans la tête : “Il jouait du piano debout, c’est peut être un détail pour vous“ ? Nan, c’est que moi ?* *(Argal : Oui Claire, c’est que toi...)

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Celle-là me vaudra surement d’errer quelques années dans l’enfer des marins. Pas celui qui est pavé de bonnes intentions. Celui bien plus mesquin où la pétole est reine et où l’incessant roulis fait dégueuler les plus avertis. Lors de nos premières sorties, la communication était plus qu’aléatoire. Moi, voulant faire celle qui sait, employais des mots abscons, à 99% hors sujet, qui tombaient dans l’oreille de Pascal, qui ne voyait que des taquets partout : “Choque la GV, heu, non borde.... Pas celle-là, l’autre, celle à tribord… NAAAAAAN Pas celle-là, l’ot’ côté, à droite quoi.... Mais put#####, mais tiiiiiiiire sur la corde bleue !!!”.


Un été de Caïpirinha / Par Arnaud

à la façon d’Argal Tribu, voilà un projet qui porte dans son coeur le voyage et le partage en commuanuté. Un concept inédit auquel participent depuis quelques temps Marie et Arnaud. Celui-ci nous en parle et vous verrez, ça donne envie de rejoindre l’aventure ! Merci pour l’info, ça donnerait sûrement quelques idées à certains ?!

Non, il ne s’agit pas d’une grande débauche alcoolique au Brésil. • C’est une autre façon intéressante de faire fonctionner un bateau.

entre la Sicile et l’Italie. En trois semaines, le quatrième équipage parcourt pointe et talon de la botte italienne, traverse jusqu’à l’île grecque de Corfou, et atteint Patras. Le cinquième équipage prend le bateau à Patras et le conduit en Crête, récupère une poignée de gamins arrivés par avion, navigue un peu sur la côte crétoise et pose le bateau au sec près de Chania, prêt pour la saison 2017 qui se déroulera sans doute dans les îles grecques.

Caïpirinha est un First 32 du début des années 80, ce qui en fait un petit frère d’Argal. S’il • était anglais ce serait une petite soeur, car les bateaux anglais sont féminins, mais nous nous égarons et celui-là est basé habituellement à Port Camargue. Benoit, son propriétaire, s’est dit qu’il se lasserait rapidement de naviguer dans le golfe du Lion et il a lancé une opération qui se répète tous les étés depuis plusieurs années : “Il faut faire tourner En arrière-plan il y a aussi une le voilier Caïpirinha”. On aimerait dire logistique amusante à terre : “j’ai qu’aucun citron vert n’a été blessé au cours garé ta bagnole place B612 à l’aéroport de de ce tournage, mais ce serait mentir. Génève, voilà les clés et le ticket de parking, n’oublie pas de me filer les clés du bateau”. L’idée c’est de faire un relais ça a toujours bien marché et personne ne d’équipages en Méditerranée. s’est encore retrouvé avec un paquet de Cet été 2016 par exemple : bagages sur un parking d’aéroport à essayer • Début juin, le bateau est mis à l’eau à d’ouvrir sa voiture avec les clés du bateau. •

Frontignan avec un premier équipage qui le conduit à Marseille. Au final ça fait un “équipage d’équipages”, Premier relais, et le bateau file à qui naviguent sur Caïpirinha mais rarement St Tropez, où un deuxième équipage ensemble, et se retrouvent pour caréner le apporte une voiture et repart avec le bateau au printemps, débriefer et se montrer voilier, contourne la Corse par l’Ouest et les photos à l’automne, et se passer quelques la Sardaigne par l’Est, et trois semaines conseils utiles comme “ah tu prendras le plus tard amarre le bateau à Cagliari. bateau après Jacques, fais de la muscu si Arrivé par avion, le troisième équipage tu veux pouvoir desserrer tout ce qu’il aura décide assez vite de ne plus attendre serré”. C’est vraiment très sympa. Ceci dit leurs bagages égarés à Barcelone, et file je vais peut-être m’inscrire à un cours de sur la Sicile. Deux semaines plus tard, gym au cas où je passerais après Jacques l’an ils laissent le bateau à Messine au détroit prochain...

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Le point secu de Joe - pour des ROOTS sûres -

Bien plus porté à une époque sur le pont d’un voilier plutôt que sur une Gibson – ce qui n’est pas peu dire - le Joe et la Fouine en ont passé du temps en mer avant de se tourner vers les refuges de montagne. Un apprentissage qui a commencé en famille sous le commandement de Bernard et d’Eliane avec lesquels ils accumulent les milles. Puis, c’est en tribu - eux aussi ! - qu’ils embarquent sur le Kalisté et sillonnent la méditerranée pendant près de 6 mois avec Basile et Gaspard. Des souvenirs marqués par un démâtage dévastateur au lendemain d’une tempête d’enfer. Alors, en ce bon souvenir, Joe a accepté à notre demande de prendre en charge le point sécu, et on l’en remercie.

ANTICIPER, c’est la seule vraie règle d’or en bateau, pour prévenir les dangers et les risques / Par Joe

Inventaire du bateau

Tout a commencé avant le départ par un inventaire détaillé et précis. Pour sûr, tout est à bord, en bon état, repéré et de fonctionnement connu. Eh bien, c’est rien de le dire, en navigation, instaurer une routine quotidienne d’inventaire et d’entretien, en pensant joyeusement “mais qu’est-ce qui va bien pouvoir casser aujourd’hui” ? 29

Coque

> Vérifier l’eau dans les fonds de cale pour détecter une fuite d’un réservoir, une voie d’eau, un raccord de pompe défectueux… • Vérifier le bon fonctionnement et l’étanchéité de toutes les vannes. > Installer une pompe de cale principale et de secours. > Checker le gouvernail, faire l’examen des drosses pour une barres à roue. > Vérifier la fixation des balcons et chandeliers.


Gréément

> Haubanage et fixations sur le mât, équilibre latéral et longitudinal. > Ridoirs assurés, barres de flèches bien placées, état de l’épontille (c’est pas juste pour faire joli dans le carré), réflecteur radar bien à poste. > Drisses non usées et claires, bosses de ris, écoutes. > Voiles.

Spécifique sécurité

> Bib : état, amarrage. > Coffret de fusées (vérifier régulièrement l’état). > VHF : tester en émission et réception. > Bouée fer à cheval, feux à retournement. > Extincteurs. > Lampes.

En escale prolongée avant d’appareiller (les réflexes ça s’acquiert pas au bistrot), s’entraîner et entraîner l’équipage régulièrement au départ sur les process “Survie” : Homme à la mer, installation voiles tempêtes, mise à la cape, procédure évacuation. Matériel de sécurité non-obligatoire mais bien utile

> Palan opérationnel et dimensionné pour récupération d’un homme à la mer. > Bouée en U avec système antidérive et feu à retournement avec une longe de 50 m en 5 mm, dans un fourreau par exemple en PVC. > Une troisième ancre, pour les nav’ au long cours, avec un bout de chaîne de 3 m pour empenneler le mouillage principal, le bout de chaîne peut servir aussi de parafoudre (Darwin Australie, record du monde d’éclairs violents à l’année ahah !) > Annexe avec rames, gonfleurs et grappin.

Matériel à emporter en cas d’évacuation

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Divers

> Eau - niveau. > Électricité - état des batteries. > Moteur- niveaux.

Points d’attention en navigation

> La bôme, installer un frein de bôme au largue. Eric Tabarly, qui ne portait jamais de harnais, balayé comme un débutant, assommé par sa bôme et jeté à l’eau. Si cela lui arrive à lui…. > Tomber à la mer, même de jour par temps calme est létal. Toujours s’amarrer, surtout pour aller pisser ! Surtout tout seul ! Surtout la nuit ! > Manipulation de l’ancre (cf. Alain Colas) mutile les meilleurs. Des chaussures et des gants pour manipuler l’ancre, jamais de précipitation (vitesse pas pareil, c’est comme en musique, c’est maitrisé ! le truc c’est de répéter la bonne cadence de geste très lentement avant d’accélérer), gaffe aux mains et ne jamais forcer. > Pieds nus sur un bateau en navigation ça fait cool mais si ça cogne, passeport pour glisser au mauvais moment. > Éloigner les doigts des poupées de winch ou les poser “scientifiquement” pour contrôler le déroulé. > Ne jamais forcer comme 2e règle d’or, anticiper, démultiplier et finir totalement toute manœuvre que l’on a commencée quoiquigueulequoiquissepasseoupresque (par essence tous les nœuds actifs). > Bien s’(auto ou se faire) assurer quand on grimpe au mât, c’est de l’escalade engagée, la chute ne pardonne pas du tout.

> Une liste/process affichée à la table à carte (connaissance d’icelle et entraînement) permet d’assurer l’essentiel/survie et de garder la tête froide dans la panique probable. > Passer combinaison plongée gilets, (couteau qui coupe). > Assurer le radeau (couteau qui coupe pour pouvoir couper l’amarre quand le bateau coule…) > Sac de survie étanches : balise de détresse, GPS, désalinisateur manuel, pyrotechnie, fruits secs, lait concentré, citrons, jumelles, autres lampes VHF, ... > Bidons d’eau potable remplis au maximum de flottabilité. > K-Way, polaires, bonnets, chaussettes, couettes, vestes de quart. > Masque de plongée, tuba, kit de réparation de l’annexe, fil et aiguilles à voile, miroir de signalisation. > Pharmacie 1er secours, écran total. > Ecope, corne de brume, matériel de pêche, fusées non périmées. > Annexe. > Papier toilette, tampons, savon, serviettes, lunettes de soleil. > Bouts, aussières, fil de fer, colliers, pinces, tournevis. > élastiques, sacs poubelles, allumettes, livres, seaux, tupperwares. > Un cerf-volant sans armature pour se donner une motricité.

© D.R © D.R

Et... ne jamais abandonner le navire avant d’avoir la certitude absolue qu’il coule (pas qu’il va couler).

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SECURITe en mer

Récapitulatif des navigateurs et de la grappe joyeuse Source = Consignes de Sécurité des associations de navigateurs (et ”la grappe joyeuse” association de divers vins de la C.E.E).

Obs.

Avant d’appareiller Prendre la météo

Vérifier que bateau et équipements sont en ordre de marche

Matériel de sécu à poste en état et connu de l’équipage (lieu et fonctionnement) Bateau pas en surcharge Niveau de carburant adéquat

Un signal lumineux étanche opérationnel

Ben voyons ! Ah ben ça ! Bien sûr !

Conseil ROOTS SÛRES de Joe Vacances choubidou, rien à faire du tout

Prendre… une cuite, tu ne sais pas où est le prochain troquet Et le tirebouche il est où ?

Regle n°1 : toujours savoir où est la bouteille de rhum

J’l’attendais celle- 1. Suis pas si gros hein ! et 2. la tonne de boîte de maquereaux à la là… moutarde j’la mets ou hein gros malin ? Trééés important Pratique

Du Rhum et du rouge

La nuit tu le mets au fond du seau pas de risque de poser à côté

Pendant la navigation Portez toujours gilets ou harnais y compris sur les trajets en annexe pour les enfants Surveillez l’évolution du temps… tout le temps : anticiper Pannes mineures 50% des situations de détresse ! Inventaire et entretien préventif permanent

On rigole pas làdessus Mouais

En plus c’est très chouette le rouge du gilet, on voit pas les tâches et on peut dormir partout à bord c’est coussin intégré

Ca m’rappelle sur Kalliste quand on bouffait des oursins à Angistri et qu’on s’est retrouvé à étaler toute la nuit, la tempête de l’année 4h plus tard, et les signes avant-coureurs nib !

Sans dec !

Remarque c’est vraiment pas con là ! C’est chiant mais ç’est pas con !

N’abandonnez JAMAIS votre bateau avant d’être certain qu’il coule

Sauf si plus de Rhum

Si pas de Rhum, RELAX vous n’êtes pas sur un bateau, gagnez le bistrot le plus proche

Mais préparez, anticipez une évacuation

Gaffe, gaffe !

Gestes d’urgence

Message de détresse précis (position) MAY DAY, MAY DAY, MAY DAY nom du bateau + position

Pas “MAYDAY” “Mets des”

Enfilez les combinaisons de plongée/gilets Sacs de survie réserves d’eau étanches etc.. préparés à l’avance Homme à la mer Crier “homme à la mer” + activer bouton MOB (man overboard) du GPS

Oh P… mais oui Sexiste mais... Attention

Ne pas abandonner le bateau trop vite, le troquet est peut-être plus loin que vos capacités à flotter Mets des palmes …et nage

La combi (+ harnais et bottes) dans la grosse à la barre bon plan j’m bien ! Thermique on sent ni vent ni embruns & dans l’eau ça flotte + te rend “non comestible” au toucher ah ah ! … ça mr’viens, le tirbouche il est d’dans, fait péter l’jaja !

C’est bien connu, un homme à la mer n’a pas sa place à bord !

Ne pas crier “un autre patron”…les réflexes! Et la MOB c pas ta “bleue”, q’t’as limé le piston et qui marche à l’éther !

Lancer la bouée couronne et ne (essayer de) pas la / les perdre de vue

Ne pas sauter à l’eau…

Manœuvrer intelligemment avec le vent pour revenir à son vent (et mise à la cape juste au vent de l’homme aide bien à la récup) Attention aux cordages dans la phase finale (dans l’hélice)

Pas que ! à jeun, si c’est lui qu’a l’tirbouche

S’entrainer souvent, très souvent, et pas que les bons barreurs/ skipper, tout l’équipage, par temps calme (jamais avec un vrai cobaye à l’eau cqfd ! ; le cubi de rouge à moitié vide f’ra l’affaire il flotte juste assez et yaura la motiv à l’récuperer !)

Et c’est que…

... ça consomme un bateau à voile !

Panne de moteur Ne demander de l’aide, très éventuellement, que près des côtes, si risque courant

J’t’ avais dit “Pas d’éther dans le D.O. !”

Voie d’eau Pompes, pinoches, et kit de réparation ou… voir chapitre évacuation

Echouement Agir vite et intelligemment avec et face à la marée et au vent pour minimiser et (essayer de) se dégager

Car personne n’a crié, “le dernier au troquet paye la tournée”

Maintenant qu’il existe des panneaux solaires et des éoliennes c’est moins le bazar pour avoir des feux et une radio qui fonctionne L’urgence absolue cf geste n°1 rejoignez le bistrot le plus proche

No brain

Rajouter un volume de Ricard dans les fonds, distribuer des pailles, vous êtes prêts pour l’apéro. Note de Joe : les plus roots peuvent écoper avec des boîtes de maquereaux vides.

Là c’est bénin ou définitif gaffe aux cartes electro et aux zooming trompeurs cf le Danois Vestas en 2014 lors de la “Volvo” dans l’Indien ! Fonction du fond, corail ou sable, de la vitesse de la marée, c’est gérable ou le radeau de la méduse qui s’profile…

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Avoir pensé aux options possibles avant. cf le guide de la manœuvre d’Eric Tabarly grand spécialiste en la matière


Sur la mer toute calme Je regarde le soleil Qui va se coucher

Sur mon grand voilier La mer reflete ses fortunes J’admire sa beauté

Ulysse

Clément

Depuis notre départ de Nouméa, Argal est en ligne directe avec la petite école de l’autre bout du monde, au Sappey-en-Chartreuse. Un lieu où vingt ans en arrière, Sylvain et Thomas étaient eux-aussi assis sur les bancs de l’école avec comme professeur, l’intemporel Mr Seurat. à leur époque déjà, des aventuriers traversaient la banquise et confiaient aux élèves leur parcours par téléphone. Un souvenir impérissable que nous avons voulu à notre tour perpétuer. Suite à nos échanges skype et à nos courriers, les élèves de CM2 nous font l’honneur aujourd’hui de leurs créations poétiques selon la règle du 5/7/5. Chapeau les artistes !

d

Sur cet océan Qui reflète le soleil Je vois des merveilles / Angèle

L’eau de mer est claire Je vois les poissons danser Depuis mon bateau / Marion

p Dans mon île sur l’eau Je voulais jouer dans l’eau Sans faire de radeau ! / Milla

w

Sur ma belle mer Avec les oiseaux c’est bien Moi-même et mon frére

b

;

e

Près de cette grande île il y a de belles tortues elle font beaucoup d’oeufs / Aubin

Le catamaran C’est vraiment pas rigolo Et en plus ça coule / Sacha

r

/ Maelys

Nous sommes arrivés En Nouvelle Calédonie Et nous sommes repartis

Le sable est très doux Ça fait des guilis aux pieds J’adore le sable

m

/ Zoé

/ Marie

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La mère est douce Mon bateau avance très bien Moi je trouve ça cool

La mer est très belle Le beau reflet du soleil Grille les poissons / Maxime

s

jkl Je regarde les côtes Sur mon beau catamaran En m’aidant du vent / Romain

l

/ Colombe

A

Sur le grand voilier Je me suis jeté à l’eau Je suis remonté

z

/ Liv

La mer est jolie Le voilier s’est envolé Car il a des ailes / Léane

c

La mer est très chaude Je vais bientôt me brûler Je dois vite sortir / Bastien

Le bateau sur l’eau il y a des grosses vagues mais ça s’est calmé / Lisa

/ Rémi

< Ho mais quel bateau / May Line

Sur mon beau voilier Il y a beaucoup de vagues Je ne vomis pas / Nel

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je marche sur le sable j’ai trouvé un coquillage il était joli

Qui va sur les eaux Au revoir belle île

r

e

Oh moi j’ai trouvé Un gros gros bateau très beau Je l’ai acheté

/ Lilian

s

Soudain dans la mer Un grand tsunami arrive Et ravage tout n 33

/ Zachary


© D.R

- La régate / Par Mathilde Après le bateau stop et la plaisance il manquait un peu de sueur au tableau. Malouine dans les veines, capitaine de son premier bateau Galopin, Mathilde nous fait l’honneur de nous en dire un peu plus sur le côté sportif de la voile, une discipline qu’elle pratique par ailleurs avec férocité. Merci Mat’ pour ce dossier très conplet ! ça donne envie de relever les manches et de se jeter dans la mélée. Alors 1,2,3 ... ‘‘envoyez’’ comme dirait l’autre !

Lde départager les marins entre eux. Mais avant tout un a régate est le côté compétitif de la voile, celle qui tentera

peu d’histoire : le terme de “régate” (regatta) aurait pour origine les courses de gondoles à Venise qui avaient déjà lieu au XIIIe siècle ! En effet, les marchands devaient être les plus rapides sur le lagon vénitien pour obtenir la meilleure place sur le marché... Mais ces courses ne concernent encore que des embarcations propulsées par la force des bras des participants. L’utilisation d’une voile est tout de même fréquente pour faire avancer les bateaux marchands, de pêche ou pour la découverte de nouveaux territoires. Cependant il faut attendre le XVIIe siècle pour assister aux premières régates à la voile et cela chez nos rivaux de longue date sur les mers, les Anglais. La première régate en voilier aurait eu lieu en 1662 en Angleterre. Mais alors, en quoi consiste exactement une régate ? Dès son origine, c’est avant tout une course entre plusieurs embarcations, à rames, à voile… voire même à moteur ! N’étant pas une spécialiste des moteurs, concentrons-nous ici plutôt sur ce qui avance à la voile. Il existe différents types de compétitions : la régate autour de bouées dites régate avec un parcours “banane” ou “triangle olympique”, le parcours côtier, le match racing et la course au large. Il y a bien aussi la régate saucisson, mais ça c’est une autre histoire…

La régate la plus courante : en flotte sur un parcours banane

Eflotte de plusieurs bateaux dont on parle… La flotte peut n général, en voile, de la flotte il en faut, mais là c’est de la

être constituée de voiliers identiques (monotypie) ou alors de bateaux différents. On retrouve ce type de parcours lors du Spi Ouest France à la Trinité, du Tour de France à la voile ou toute autre compétition de l’optimiste aux voiliers les plus majestueux. Le principe est tout simple : un parcours constitué de bouées est installé, un nombre de tours est déterminé, les bateaux partent tous ensemble une fois le départ lancé et le plus rapide est le vainqueur de la manche. Pour que tous les participants partent en même temps, on installe une ligne de départ entre une bouée et un bateau comité, le départ se déroule en 5 minutes. Lors de la dernière minute, plus aucun bateau ne doit franchir la ligne. Si l’un d’entre eux coupait la ligne trop tôt il doit refranchir cette même ligne par les extérieurs pour réparer. Sinon il sera disqualifié pour cette manche. Lorsqu’on fait une banane lors d’une régate, on doit en fait tourner autour des bouées. Le parcours est composé d’une ligne de départ qui est “mouillée” de sorte qu’elle soit perpendiculaire au vent. Cette ligne de départ sera également celle de l’arrivée. La première bouée à contourner et à laisser à bâbord est dite la bouée au vent (comme son nom l’indique

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pas respecté les règles de priorité et qu’il n’a pas réparé sa faute, il sera alors disqualifié et récoltera le nombre de points du dernier. Lors des Jeux Olympiques, les règles et le parcours sont un peu particuliers, mais Chou m’a demandé un article et non pas un bouquin alors j’en reste là pour la banane! Le parcours côtier

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ans une même compétition peut être organisé un parcours banane R © D. et un parcours côtier. Le parcours côtier comporte une ligne de départ (qui est en général aussi la ligne d’arrivée) ensuite les régatiers devront laisser à bâbord ou à tribord des marques existantes, telles que des cardinales, des récifs coralliens ou rocheux, que l’on navigue dans le lagon calédonien ou les mers déchaînées bretonnes, ou bien des bouées mouillées par l’organisation. Lors de ce parcours, les bateaux seront sous différentes allures, portantes, au près, au travers. Le parcours a été transmis aux équipiers lors des briefings. Une bonne connaissance des cartes marines, des vents et des courants est un sacré avantage pour déjouer les pièges de la nature. Le match racing

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e match racing est réalisé sur un parcours banane, mais cette fois ci, seuls deux voiliers se confrontent. Le match racing est connu du grand public par la célèbre Coupe de l’America, qui fut le tout premier trophée sportif et a été remporté la première fois en 1851 en Angleterre par le bateaupilote New-Yorkais l’America. C’est aussi une épreuve Olympique. Une fois le départ lancé, les deux voiliers ont toujours comme objectif d’arriver premier, mais chacun d’entre eux, après avoir choisi le côté du plan d’eau qui leur semble favorable, va devoir contrôler son adversaire en évitant de faire des fautes, qui lui apporteront des pénalités, à réparer par un tour sur lui-même (un 360°, c’està-dire un empannage et un virement de bord), qui lui feront perdre forcément du temps. En général, le match racing se fait sur 2 tours de banane. Le gagnant se verra attribuer un point. © D.R

elle est placée au vent de la ligne de départ et est dans l’axe du vent) : il faudra donc aller contre le vent pour l’atteindre. Comme la voile ne nous permet pas d’avancer face au vent (ça c’est une histoire de vecteurs, de propulsion, de dérives, tout ça tout ça…) les régatiers devront donc louvoyer, tirer des bords. C’est pour cette raison que sur les voiliers un des équipiers, le tacticien, se chargera, après analyse du plan d’eau (du vent, du courant, des vagues..), de choisir quel est le côté du plan d’eau qui semble le plus intéressant. Car même si ceux qui mouillent le parcours (si si ça se dit) tentent de mettre la bouée au vent dans l’axe exact du vent, la nature est capricieuse et il y a toujours un côté où le vent est plus favorable et rapproche davantage les bateaux qui l’ont choisi. Ensuite, une fois cette première bouée atteinte, on redescend au vent arrière. Parfois, une seconde bouée est mouillée juste après la première, avec cette dernière elle forme le “dog leg”, ce bord qui est souvent orienté par vent de travers, permet aux équipages de préparer le spi, la grande voile uniquement utilisée aux allures portantes. Une fois au vent arrière, même combat pour le tacticien qui décidera avec le barreur à quel © D.R moment empanner, le but étant toujours d’arriver le premier. Une fois arrivée à la bouée “sous le vent”, c’est reparti pour un ou deux tours de cette fameuse banane ! Ensuite, les régatiers se battront jusqu’aux derniers mètres pour franchir la ligne d’arrivée sous spi et en tête ! Ce qui vaut souvent des moments de suspens. Il suffit d’une risée, d’un empannage réalisé au moment adéquat et la victoire se joue à quelques secondes. Et dans plus de 20 noeuds de vent, le spectacle est assuré ! En général, dans une journée, plusieurs manches sont courues, cela dépend toujours de Dame Nature, s’il y a “pétole” les régatiers ne feront pas beaucoup de manches et si Éole a trop pris ses quartiers, on n’envoie pas toujours les participants au casse-pipe… Si, à la fin de la compétition, un nombre assez grand de manches a été réalisé, 2 ou 3 mauvais résultats de chaque bateau pourront être annulés. Comment départager les voiliers ? Lors de chaque manche on marque le nombre de points qui correspond à notre place, le premier gagne 1 point, le deuxième 2 points et ainsi de suite. Le grand gagnant sera donc celui qui aura… le moins de points. Si un bateau a coupé la ligne trop tôt ou n’a


Chaque équipage se confrontera aux autres équipages engagés lors de poules et cette fois-ci le vainqueur est celui qui aura le plus grand nombre de points. L’équipage devra est réactif et connaître les règles de navigation parfaitement, car son adversaire essaiera de le pousser à la faute.

lequel il va tenter d’être plus rapide que son prédécesseur. Le choix s’arrête le plus souvent sur un trimaran de plus de 60 pieds, un géant des mers ! Le record est actuellement de 45 jours 13 heures 42 minutes et 53 secondes détenu par Loïck Peyron et son équipage avec une moyenne de 19,75 noeuds (36,58km/h, ça ne paraît pas… mais c’est drôlement rapide). Pour les Calédoniens, le 24 septembre une vingtaine de voiliers s’élanceront pour un tour de la Calédonie sans escale lors de la Groupama Race, parrainée par Michel Desjoyaux himself !

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La course au large

Et les filles dans tout ça ?

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a voile, reste encore, il ne faut pas se leurrer, un sport (pour les mauvaises langues, si c’est un sport !) à grande majorité masculine. Mais les femmes se font petit à petit une place parmi tous ces machos (euh ces hommes)… La voile reste un des rares sports où la femme peut se confronter directement aux hommes. Quelques unes d’entre elles ont d’ailleurs marqué l’histoire de la voile comme Florence Arthaud, Ellen Mac Arthur et, récemment sur la Volvo Race, l’équipage féminin a remporté une très belle étape lors de ce tour du monde avec escale. On voit de plus en plus de filles sur les régates. Et sur tous les postes ! Aux derniers JO, où les meilleures voileuses sont réunies, les Françaises ont a course au large n’est pas à proprement parlé une “régate” d’ailleurs brillé : Charline Picon est médaillée d’or en planche comme on l’utilise dans le jargon des voileux, mais ça n’en à voile et l’équipage de Camille Lecointre et Hélène de France reste pas moins la course de voiliers la plus connue du grand sont arrivées sur la troisième marche du po-dium. à noter qu’en public ! Qui n’a jamais entendu parler du Vendée Globe, de la Calédonie, chaque année est organisée la “No Woman No Sail”, Route du Rhum, de la Sydney-Hobart… Et des grands marins une régate où seules les femmes sont acceptées et ça se bataille qui ont arpenté les mers du monde lors de ces courses Tabarly, sévère sur le plan d’eau. Moitessier, Ker-sauson… A leur seul évocation, de fantastiques aventures et contrées lointaines nous viennent à l’esprit. La course au large est donc une compétition entre différents voiliers qui partent d’un port pour en rejoindre un autre, telle que les transats ou alors, plus cocasse, pour revenir au même port lors des tours du monde et cela en équipage ou en solitaire. Il existe aussi, parmi d’autres, le Trophée Jules Verne, l’objectif pour les bateaux qui s’élancent dans ce tour du monde est de battre le record ultérieurement établi, dans ce cas l’équipage part seul, il peut alors choisir le meilleur moment pour partir avec la meilleure fenêtre météo, il choisit également le bateau avec

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La voile qui a été longtemps un sport élitiste, se popularise et se rend accessible peu à peu au plus grand nombre depuis 30 ans ou 40 ans. À chacun de la pratiquer comme bon lui semble : lors d’un week end entre copains, en “vaillants” compétiteurs ou bien en famille sur un tour de monde avec la melody du bonheur en tête… 36


Bibliothèque d’escale Si tu n’aimes pas lire, que tu finis jamais tes bouquins ou que la vue du nombre de pages te décourage d’emblée... cette chronique est faite pour toi ! à bord on est pas vraiment des grands lecteurs, et puis avec la houle faut avoir une motivation béton ! Mais là y’a rien à faire, on était complétement accros. Tous ces bouquins sont une aventure de l’homme en mer hors du commun, de celle qui vous donne des étoiles dans les yeux et la motivation pour aller plus loin. Alors un grand merci à eux.

Naufragé volontaire de Alain Bombard

Tara tari de Corentin de Chatelperron

Alors que le marché du jute est aujourd’hui en désuétude, Corentin - jeune ingénieur de 26 ans travaillant au Bangladesh – est persuadé qu’il s’agit là d’un matériau aux propriétés financièrement et écologiquement intéressantes, capable de remplacer la fibre de verre pour la construction d’embarcations traditionnelles massivement utilisées là-bas pour la pêche. Progressivement, une idée germe… et très vite, Corentin se met à l’ouvrage. En 6 mois il fabrique Tara Tari, un petit voilier à la locale construit à 40% en fibre de jute et en matériaux de récupération. Et pour prouver que c’est du sérieux il met son embarcation à l’épreuve en parcourant les 14 000 kilomètres qui le sépare de la France en traversant l’océan Indien, la mer Rouge, le canal de Suez, et la Méditerranée ! Un petit livre bourré d’humour et de simplicité où Corentin nous confie ses espoirs, ses galères – nombreuses – et ses peurs lors de longues traversées en solitaire. Une pépite qui finit de vous convaincre - si vous en doutiez que oui, tout est vraiment possible. Alors au boulot !

Si loin du monde de Raioaoa Tavae et Lionel Duroy

Quand certains se mettent dans la galère en cherchant à tout prix à l’éviter, d’autres s’y jettent allégrement… Alain Bombard est un fou. De ceux qui révolutionnent une époque. Ce jeune médecin a fait de ses recherches scientifiques une quête personnelle. à la question : comment maximiser les chances de survie des naufragés en mer ? Il répond : par un canot pneumatique équipé. Et pour vérifier son hypothèse, il en fait lui-même l’expérience ! Après quelques essais en méditerranée, c’est tout seul qu’il part en octobre 1951 pour une transatlantique à bord de ”L’hérétique”. Son embarcation comporte une voile, deux avirons, divers instruments de navigation, un couteau, et quelques livres mais aucune provision d’eau et de nourriture qu’il puisera en mer à la façon des naufragés. 3 mois et 3 jours plus tard il atteint effectivement la Barbade sain et sauf. C’est un véritable exploit et une avancée majeure dans le milieu de la navigation. Alors, merci Bombard !

choisi once foireux”, en voici un justement qui ne l’a pas Dans la catégorie “je suis à la dérive et ça s’ann er pêch de un tahitien de 56 ans, est tranquillement en train mais qui restera dans les annales. Raioaoa Tavae, Pourtant, mars 2002. Jusque-là c’est une journée parfaite ! le maï-maï sur son bateau à moteur ce jour de 15 ence comm il r, uiéte s’inq moteur tombe en panne. Sans trop après avoir dépassé d’île de Maiao et de Moorea, le t C’es vue. en vent monte et rapidement il n’y a plus de terre gentiment à dériver… Mais les heures passent, le de t, 118 jours exactement de solitude, de questionnemen le début d’une longue errance à travers le Pacifique. tout là-haut dans le ciel… la civilisation ! détresse et d’espoir jusqu’à ce qu’un avion passe , au poil. Une histoire incroyable dans un tout petit livre

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Robinson des mers du sud de Tom Neale

L’Odyssée de l’endurance de Ernest Shackleton

Qui n’a pas rêvé d’être seul sur une île paumée en plein milieu du Pacifique avec des poules et un potager ? Tom Neale en rêve depuis des années ! S’isoler du monde sur Souvarof, cet atoll aux milles promesses dont il a tant entendu parler par les voyageurs. Mais cette fois c’est décidé, il part ! Après avoir soigneusement empaqueté tout son matériel qu’il pense nécessaire à sa survie (énormément de riz, du corned beef pour les grands jours, des bocaux hermétiques pour conserver la farine ou le sucre à l’abri des mites, des graines pour le potager, des plaques de tôles, plusieurs paires de chaussures, des outils, du tabac, des sachets de thé, etc.) il quitte définitivement la civilisation. Ses premiers pas sur l’ilot signent sa renaissance. Le temps de se vêtir d’un pagne et un long et fastidieux travail de défrichage commence. Pendant la fin de sa vie ce solitaire fait de Souvarof un havre de paix - en travaillant sans relâche - avec toutes les difficultés que cela comporte. Un récit passionnant qui nous a donné des étoiles plein les yeux ! Il n’y a plus qu’une chose à faire les amis, atteindre Souvarof avant de mourir.

Damien autour du monde de Gérard Janichon Pas besoin de les présenter. C’est des furieux. Des fous. Des malades. Et c’est aussi le cadeau de Maf à Laroune lors de son arrivée en Calédonie. Pour ceux qui n’ont pas lu la Bible (car c’est un sacré pavé), c’est l’histoire d’un voilier mythique – Damien – mais aussi d’une amitié tenace entre Jérôme Poncez et Gérard Janichon ; deux étudiants qui travaillent d’arrache-pied pour construire leur sloop de 10m avec le projet de faire un tour du monde. Dans l’histoire y’en a un qu’est skipper, l’autre n’est jamais monté sur un voilier (le 3e équipier s’arrêtera en route) ; mais peu importe puisque Damien commence sa route en direction du Groenland en plein hiver… Une bonne mise en jambe n’est-ce pas ? Leur voyage durera 5 ans, de 1969 à 1973, avec 55 000 au compteur sans GPS

Pour un r o m a n d’aventure en voilà un ! Au détail près que tout s’est réellement passé, et en 1914 qui plus est ! Alors que la Première G u e r r e Mondiale vient de se déclarer, l’Endurance est déjà en route pour le grand Sud, avec pour objectif de traverser l’Antarctique en bateau et en traîneaux. Mais en route, le navire se fait prisonnier d’un pack de glaces avec lequel il dérive pendant 9 mois et qui finira par briser l’Endurance au milieu de nulle part. Commence alors un long périple dans des conditions extrêmes pour rejoindre la terre ferme en traîneaux, en barques, et même en alpinisme tout en essayant de survivre aux orques, au froid, à la faim et aux tempêtes dans cette partie du monde où la mer est impitoyable. Un récit qui fascine, tant par les aventures qui se succèdent que par le tempérament exemplaire du capitaine de l’expédition : Sir Ernest Shackleton. Un classique !

et de nombreuses premières dans le milieu de la voile : 1er voilier à avoir mouillé au Spitzberg, mouillé sous le cercle polaire antarctique, passé le Cap Horn dans les deux sens, remonté les 2 000 km du fleuve Amazone… De belles rencontres, de beaux paysages et des cascades spectaculaires avec démâtages et chavirages au programme. Y’en a qui font pas les choses à moitié...


You call it holidays, We call it life. - Argal tribu -


Il était temps qu’on arrive... 40


Argal mag - En transit. Ed2