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Portrait : Jean-Bernard Eyquem Les courses à Deauville Une journée de courses à Varsovie Craon et ses courses arabes Espagne : Séville et ses 2 hippodromes

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Page de gauche / left page : Tefkir (Njewman/Djourella) & T. Lukasek Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan - Warsaw © Ewa Imielska-Hebda

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portrait

Jean-Bernard

Eyquem

PHOTOS Claudia Duffé, Scoopdyga

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’il est un jockey que les amateurs de pur sang arabes connaissent bien, c’est Jean-Bernard Eyquem. Les hippodromes du Sud-Ouest se sont fait une spécialité des courses arabes et de Pau à Mont-de-Marsan sans oublier la région Midi Pyrénées, éleveurs et entraîneurs y ont pris leurs quartiers. Jean-Bernard Eyquem vit aujourd’hui près de Pau. Plus de 230 pur sang arabes sont passés entre ses mains et pas des moindres, Dahor de Brugére, Josco du Cayrou, Kiss de Ghazal, Munjiz ou encore Sylvine Al Maury. Avec 67% de réussite dans les cinq premiers, Jean-Bernard Eyquem fait partie de l’élite des jockeys. Il lui manquait un grand titre à son palmarès. Il l’a remporté le 5 juin de cette année en s’adjugeant le prix du Jockey-Club sur Almanzor entraîné par Jean-Claude Rouget. Le mois de juin lui sourit puisque le 17 juin 2014, il avait remporté sa millième victoire en France sur l’hippodrome de Dax, en selle sur Kifaah, entraînée également par Jean-Claude Rouget pour

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Purebred Arabian horse fans know him well, especially those who live in the southwest of France where racecourses have specialized in Arabian racing. From Pau to Mont-de-Marsan and Midi Pyrénées breeders and trainers have settled there and so has Jean-Bernard Eyquem who lives near Pau now. He has ridden more than 230 purebred Arabians and among the best ones like Dahor de Brugère, Josco du Cayrou, Kiss de Ghazal, Munijiz or Sylvine Al Maury. With a success rate of 67% for being in the first five places he belongs to the elite jockeys. All he needed was a major win. This he achieved on June 5th when he won prix du Jockey-Club riding Jean-Claude Rouget’s trainee Almanzor. What a month! On June 17th, 2014 he had celebrated his 1000th victory in France on Dax racecourse astride Kifaah trained by Jean-Claude Rouget for Sheikh Hamdam Al Maktoun. But if we add his victories abroad and his wins in jump races, they reach more than 1500. « Horses are my first love » he confides. « I was an unruly child so my parents sent me to a youth center where I discovered poneys. » He developed a passion which was to rule all his life. His parents bought him an ex-racehorse,


COURSES

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Les

courses

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Deauville


PHOTOS APRH

u mois d’août, une grande partie des galopeurs de toutes origines prend ses quartiers à Deauville. Les courses se succèdent avec leurs lots d’émotions. Les hippodromes se parent de couleurs éclatantes qui fleurent bon l’été. Sur de grands panneaux des photographies de nos jockeys accueillent les spectateurs, les tribunes croulent sous les géraniums. La fête du cheval de course bat son plein. Le pur sang arabe a lui aussi participé aux réjouissances dans les cinquième et septième courses au programme de la journée du 13 août à La Touques : la Al Rayyan Cup-prix Kesberoy et la Doha Cup-prix Manganate. Tout le monde attendait Sylvine Al Maury pour sa rentrée en France. Mais avant de revenir sur elle avec son entraîneur Elisabeth Bernard, arrêtons-nous un moment sur la Al Rayyan Cup-prix Kesberoy. Ce groupe 1 pour poulains et pouliches de trois ans se courait sur 2000 mètres. Ils étaient sept à prendre le départ et c’est le poulain du Cheikh Mansour Bin Zayed Al Nahyan, Dahham (entraînement Didier Guillemin) qui l’a emporté devant Ahzam, Ebraz, Lwsail, Shahib-Alreel, Al Mounteze Monlau et Jamas DA. Le fils de Mahabb et Fanar fête sa troisième victoire après les prix Shadwell-Ourdour et le Qatar coupe de France au mois de juin. Il sera un candidat sérieux pour le Qatar Trophy des poulains à Saint-Cloud. Si l’on s’attarde un moment sur la génétique de ce groupe, on constate que trois partants ont pour ascendant Kesberoy, l’étalon qui a donné son nom à la course et qui se révèle un formidable père de champion - Lwsail par sa mère Kerra, Ahzar par son père Munjiz et Jamas Da par son grand-père Altis del Sol. Si les lignées des poulains qui composent ce groupe se révèlent d’origines variées, on retrouve néanmoins des reproducteurs très présents comme Gosse du Bearn (Dahham, Ebraz, Shahib-Alreel) et Baroud II (Dahham, Ebraz, Ahzar, Shahib-Alreel, Al Mounteze Monlau et Jamas DA), ainsi qu’Amer (Ebraz, Lwsail et Shahib-Alreel par Jaafer). Mais tous sans exception descendent d’un seul et même cheval, l’étalon chef de race Denousté (1921-1948), père de Baroud II le meilleur galopeur de sa génération. Il a marqué l’élevage français et est également présent dans les lignées polonaises et russes. Presqu’un siècle plus tard ses descendants comptent toujours parmi les espoirs de demain.

In August the best race horses go to Deauville for the summer meeting. With almost one hundred and fifty races supporters and professionals share their passion and emotions on a racetrack vibrating with bright colours. On large panels photographies of French jockeys welcome the spectators; white, pink and red geraniums decorate the stands. Race horses are celebrated every day. On August 13th at La Touques racetrack it was Arabian horse day with the fifth and seven races on the card: the Al Rayyan-Prix Kesberoy and the Doha CupPrix Manganate. All the eyes were turned towards Sylvine Al Maury for her first race of the year in France. But before coming back to her with her trainer Elizabeth Bernard, let’s return to the Al Rayyan Cup-Prix Kesberoy. This Group 1 scheduled for three years-old colts and fillies was run on 2000 meters. Seven horses entered the race which was won by Dahham (trained by Didier Guillemin) sporting the silks of HH Sheikh Mansoor Bin zayed Al Nahyan), ahead of Ahzam, Ebraz, Lwsail, Shahib-Alreel, Al Mounteze Monlau and Jamas DA. The colt by Mahabb out of Fanar adds a new victory to his track record after winning the prix Shadwell-Ourdour and the Qatar Coupe de France in June. He will be a hot favourite in the Qatar Trophy des poulains in Saint-Cloud. If we have a look at the pedigrees of these young horses we can’t help but notice that three of them belong to the line of Kesberoy, the stallion who gave his name to the race and proved to be a great sire of champions Lswail’s dam Kerra, Ahzar by Munijiz and Jamas Da by his grand sire Altis del Sol were all sired by the stallion. The seven contenders may show various origins but some sires appear to be dominant like Gosse du Bearn (Dahham, Ebraz, Shahib-Alreel), Baroud II (Dahham, Ebraz, Ahzar, Shahib-Alreel, Al Mounteze Monlau et Jamas DA), and Amer (Ebraz, Lwsail et Shahib-Alreel par Jaafer). And all of them trace to Denousté (1921-1948) who sired Baroud II one of the best race horse of his generation. Denousté was the foundation sire of French breeding but he also influenced Polish and Russian breedings. Almost a century later the champions of tomorrow are still from his strain.

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Doha Cup-Manganate et Al Rayyan Cup-Kesberoy


Journée de courses

à Varsovie

PHOTOS Anette Varjonen Anette Varjonen - Anette FOTOGRAFIK

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ARABIAN RACING DAY IN WARSAW

e Festival européen du cheval arabe, organisé par la branche polonaise du haras Al Khalediah, s’est terminé le 21 août sur l’hippodrome Sluzewiec, à Varsovie, avec une course de pur sang arabes, la Al Khalediah Poland Cup. Sluzewiec est situé en plein cœur de la cité polonaise et s’étend sur 138 hectares. La tradition des courses n’est pas nouvelle à Varsovie puisqu’elles existent dans cette ville depuis 1777. Le site verdoyant et l’attrait des Polonais pour les chevaux font de l’hippodrome un rendez-vous familial, comme nous avons pu le constater en cette journée d’été. Les neuf courses au programme de ce dimanche étaient entièrement consacrées aux pur sang arabes qui semblent avoir les faveurs des Varsoviens. Elles nous ont permis également de découvrir des hommes et des femmes qui se consacrent aux courses dans ce pays. Si le meeting s’est ouvert sous un soleil radieux, il s’est rapidement transformé en cauchemar pour tous ceux et celles qui ont dû courir sous le déluge de pluie qui s’est abattu sur la ville au cœur de l’après-midi. Mais cela n’a pas affecté la bonne humeur des participants et des spectateurs : jockeys détrempés, propriétaires, entraîneurs, lads et officiels ont tous gardé le sourire, n’hésitant pas à braver la pluie pour aller poser avec leurs chevaux. Car les vainqueurs restent présents dans le rond de présentation. Ils ont même droit à leur tour d’honneur sous les applaudissements des spectateurs et attendent sagement les remises de coupes pour poser avec leur entourage. Ce meeting a été l’occasion de découvrir des hommes et des femmes qui œuvrent en Pologne pour le développement des courses. Un propriétaire a été particulièrement à l’honneur, Krzysztof Gozdzialski, dont les chevaux remportèrent les première, troisième et cinquième courses. Propriétaire de chevaux de show en Pologne, il avait acheté aux ventes Arqana en 2014 deux deux-ans, l’Eau du Gange et Cakouet de Bozouls, entraînement

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On August 21st, the European Arabian Horse Festival organized by Al Khalediah Stud Poland ended on Sluzewiec racetrack in Warsaw with a race for purebred Arabians, the Al Khalediah Poland Cup. The 138-hectares enclave of green is located in the heart of the Polish capital. Horse races have a long tradition in Warsaw going back to 1777. The greenery around the racetrack and the popularity of horse racing lead the Poles to come with their families to Sluzewiec as we could witness on this hot summer day. On Sunday, the card was all Arabian races which seem to have the favour of Varsovians. They were also the opportunity to meet the men and women behind racing in this country. The sun was shining when the first races were held but the weather became nightmarish for jockeys and horses as a deluge of rain swamped the tracks later in the afternoon. However the good mood of the participants remains unchanged: wet jockeys, owners, trainers, grooms and officials kept smiling, posing for the cameras with their horses under a pouring rain. The winning horse remains in the parade ring while the awards are being given. They even do a lap of honour in front of an applauding crowd and patiently wait for their entourage to come and congratulate them after the trophies are given. Among all the professionals who attended the event an owner was specially happy with the results of the races, Krzysztof Gozdzialski whose runners claimed the first, third and fifth race on the card. He owned show horses in Poland when he bought two juveniles at the Arqana sales in 2014, l’Eau du Gange and Cakouet de Bozouls, in training at JeanFrançois Bernard’s. With Cakouet de Bozouls (Dahess x Ujidor de Bozouls by Dormane) he achieved his first win, Prix Massoud in Bordeaux, France, in 2015. This bay horse bred by Marcel Mézy (see Arabian Horse Spirit n°1) lifted the Al Khalediah Poland Cup on Sunday. An hour ago Hanouh (Munjiz x Hafia de Faust by Tidjani) had imposed upon his opponants to finish easily in the last few meters. Tristail (Marwan I x Tamojna by Madiar) ran second behind


Autre acteur important de la réunion, l’entraîneur Maciej Jodlowski dont sept des pensionnaires se sont alignés dans sept courses sur neuf. Outre les succès remportés par les chevaux de Krzysztof Gozdzialski, il faut ajouter Tristail (Marwan I x Tamojnia par Madiar) qui prend

Poryw (Nougatin x Pasima by Ecaho) in the third race. At last PourVous Kossack (Marwan I x Pengalia Kossack by Bengali d’Albret) got the better of Om Darshaana (Dahess x Om Mantra by William) to win the fifth race. Another important actor of the meeting was trainer Maciej Jodlowski whose seven charges took to the start in seven races out of nine. In addition to the victories of Krzysztof Gozdzialski’s horses, Tristail (Marwan I x Tamojnia par Madiar) ran second for the same owner in the second race and Muhfuza Fata (Chndaka x Minerva by Santhos) settled for fourth place in the fifth race. Former jump jockey he worked several times in Italy becoming assistant of a trainer near Milan. Since 2009 he has been running different stables in Sluzewiec. Two jockeys with a very different profile were particularly noticeable during the event. Szczepan Mazur and Aleksander Reznikov were at the start of seven races, Mazur winning the first, third and fifth while Reznikov piloted Shannon Queen (Ainhoa St Faust x Sasanka Fata par Sam Tiki) to victory after being locked in battle with the younger jockey riding Jaser (Akim de Ducor x Membola par Barkas). Twenty-three year old Szczepan Mazur became number one jockey in 2013 in Poland. Aleksander Reznikov (1982) is from Russia. He arrived in Poland in 2002 after winning four races at Piatigorsk in the south part of Caucasus. In 2008 he won two races in Bratislavia, Slovakia. In 2011 he won one hundred races. In 2012 he worked and rode in the United States where he won thirty-eight races.

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Jean-François Bernard. Avec Cakouet de Bozouls (Dahess x Ujidor de Bozouls par Dormane) il remporte sa première course, le Prix Massoud à Bordeaux en 2015. Ce cheval issu de l’élevage de Bozouls de Marcel Mézy (voir Arabian Horse Spirit n°1) lui a offert une nouvelle victoire dimanche en s’emparant de la Al Khalediah Poland Cup, faisant preuve d’un bel effort final avant de l’emporter facilement devant la concurrence. Une heure plus tôt, Hanouh (Munjiz x Hafia de Faust par Tidjani) lui avait offert une première victoire lors de la course inaugurale du meeting, s’imposant facilement dans les derniers mètres. Tristail (Marwan I x Tamojnia par Madiar) n’a pas démérité, revenant derrière Poryw (Nougatin x Pasima par Ecaho) dans la troisième course mais n’a pu l’emporter au final. Enfin PourVous Kossack (Marwan I x Pengalia Kossack par Bengali d’Albret) l’emporta à la lutte sur Om Darshaana (Dahess x Om Mantra par William) dans la cinquième course.


Séville

et ses 2 hippodromes TEXTE Barbara de Mieulle PHOTOS collection de Mieulle

Dos Hermanas et le Royal Club de Pineda

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l y a douze hippodromes en Espagne dont ceux de Madrid, San Sebastian et cinq hippodromes de trot sur les iles Baléares. Mais avec Sanlucar de Barrameda, célèbre pour ses courses sur le sable au mois d’août, Dos Hermanas, Pineda et Mijas, c’est en Andalousie que l’on en trouve le plus. L’hippodrome Dos Hermanas de Séville, géré aujourd’hui par la société privé « The Jockey », qui détient la licence du jeu hippique pour l’Andalousie, a accueilli pour la première fois dans l’histoire de l’Espagne deux courses internationales réservées aux chevaux Arabes. Un événement qui est déjà inscrit dans celle des courses espagnoles puisque le gagnant du Prix Al Andalus réservé aux pouliches fut Mirna (Mahabb & Gliptika (Parusnik)) appartenant à son altesse Cheik Mansour Zayed Al Nahyan et le vainqueur du Grand Prix Cox Energy, Melbsh (Amer & Nyriad (Dormane)) portait les couleurs de Al Shaqab Racing. Les courses pour chevaux arabes sont une grande nouveauté à Dos Hermanas, mais connaissent désormais une

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SEVILLE AND ITS TWO RACE TRACKS There are twelve racetracks in Spain including those in Madrid and San Sebastian as well as five trotting racetracks in the Balearic Islands. However with Sanlucar de Barremada and its famous races on sand in August, Dos Hermanas, Pineda and Mijas Andalusia counts the most important number of race venues of all the country. Dos Hermanas racetrack in Seville is now managed by a private company ‘The Jockey‘ which owns the betting license in Andalusia. For the first time in history the racetrack hosted two international Arabian races, an event which saw the victory of Mirna (Mahabb x Gliptika by Parusnik) owned by HH Sheikh Mansoor Bin Zayed Al Nayan and Melbsh (Amer x Nyriad by Dormane) sporting the silks of Al Shaqab Racing became the first winner of Gran Premio Cox Energy. Arabian horse racing is something new at Dos Hermanas but not for long as new races for purebred Arabians will be on the calendar in May 2017. The racing season starts in November with five races on the card every Sunday

Spirit Laft Nethar vainqueur de la HH Sheika Fatima Bint Mubarak-Ladies World Champioships


COURSES

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Al Khalediah Stud - Poland. . . . . . . Menton fĂŞte son 25e anniversaire . . Al Khalediah Festival . . . . . . . . . . . Western Classes in the USA . . . . . La France fait ses shows . . . . . . . .

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Page de gauche / left page : AJA ANGELO (WH Justice / Aja Aaisha) Š Anette Varjonen - Anette Fotografik

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Al Khalediah Stud

Poland

PHOTOS Anette Varjonen - Anette Fotografik

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a Mazovie est une région au centre est de la Pologne. Elle s’est révélée au cours des siècles particulièrement bien organisée et riche, comme en témoigne les beaux ensembles et les palais entrepris par les meilleurs artistes étrangers et polonais. Après avoir quitté Varsovie et traversé la Vistule, on roule vers le nord. La route est entourée de cultures et de champs fraîchement fauchés. Au loin on peut apercevoir des zones boisées (20% du territoire de la Mazovie est recouvert de forêts) qui couvrent un relief assez plat. A environ soixante kilomètres de la capitale polonaise, nous arrivons à Nowe Wronska près de Plonk (ancienne capitale historique) et au haras Al Khalediah.

Al Khalediah et la Pologne. Deux noms liés par une même passion, celle de l’élevage du cheval arabe. L’engouement des polonais pour cette race de chevaux venant du désert est ancien, puisque les archives nous apprennent qu’il

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Mazovia is a region located in mid-north-eastern Poland. For centuries it turned to be especially well-organized and wealthy as testified by the historical monuments, palaces and manor-houses made by the best Polish and foreign artists. We crossed the Vistula, leaving Warsaw to drive north. On both sides of the roads, freshly-cut fields and pastures remind us that we are in farming territory although we can see forests in the distance (more than 20% of the area are covered with forests) covering a rather flat land. About sixty kilometers from the Polish capital we arrived at Nowe Wronska near Plonk (former historical capital) and at Al Khalediah Farm Stud. Al Khalediah and Poland. Two names linked by a similar passion, that of the breeding of Arabian horses. The Poles have always loved the breed of desert horses as it is attested by archives dating back to the sixteenth century. Throughout the following centuries the country


Le site qui fut finalement choisi se révéla étrangement bien adapté comme nous l’explique Hubert Kulesza : « On découvrit que les vingt premiers hectares achetés faisaient partie avant-guerre des quatre cents hectares du domaine d’Antoni Jaworowski, le père du directeur émérite du haras de Michalow, Ignacy Jaworowski. C’est ici, à Wronska, qu’Ignacy naquit en 1924 et vécut avec ses parents jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Il arriva à Michalow en 1953 avec un groupe de chevaux arabes et construisit le cheptel du haras pendant quarante-quatre ans, jusqu’en 1997. » Bien des années plus tard, un nouveau groupe de chevaux arabes arrivaient à Nowe Wronska en provenance d’Arabie Saoudite. Ils s’installèrent le 30 janvier 2008 dans le haras de quarante hectares entouré de prairies et de vergers traversés par le Naruszewka. Une écurie élégante, toute neuve comprenant quarante box, les attendait ainsi qu’une carrière couverte. Parmi eux il y avait douze juments - dont

has become an authority in terms of breeding. As Hubert Kulesza, the general manager of the stud, stresses a majority of Saudi Arabians view Poland as the second homeland of their national treasure, the Arabian horse. That’s why the famous stud farm decided to choose this country to found their new branch at the beginning of the 2000s. Hubert Kulesza told us that the final location turned to be peculiarly chosen: « It turned out that the first 20 ha area purchased, was part of an about 400 ha prewar estate of Antoni Jaworowski, the father of the merited director of Michałów State Stud, Ignacy Jaworowski. It was here, in Wrońska, that Ignacy Jaworowski was born in 1924 and lived with his parents until the end of World War II. He came to Michałów in 1953 with a group of Arabian horses and built the stud for 44 years, until 1997. » Many years later, a new group of Arabian horses arrived at Nowe Wronska from Saudi Arabia. On January 30th, 2008 they

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remonte au XVIe siècle. Il a fait de ce pays, au cours des siècles qui suivirent jusqu’à nos jours, une référence en matière d’élevage. Comme le souligne Hubert Kulesza, directeur du haras, une majorité de Saoudiens considèrent la Pologne comme la deuxième patrie de leur trésor national, le cheval arabe. C’est pour cette raison que le célèbre haras saoudien décida de choisir ce pays pour y fonder une nouvelle branche au début des années 2000.


GORDION

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ZT MAGHOSSNY (AB Magnum / ZT Horubi by Hossny)


enton Mfête ses

25 ans

PHOTOS Anette Varjonen - Anette Fotografik

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’est sous le signe du petit cheval des mers, l’hippocampe, que s’est ouvert le concours de Menton début juin. Quel plus beau choix que celui-ci car il symbolise parfaitement l’événement, les chevaux arabes évoluant au bord de la mer Méditerranée. Les invités et les participants étaient heureux de se retrouver au bord de la carrière tant les incertitudes liées à une situation de crise en France avaient rendu incertaine la tenue du concours. On pouvait donc célébrer dans la joie ce championnat malgré les caprices du temps. Mais peu importe, d’autant plus que Christiane Chazel nous avait réservé une surprise de choix pour célébrer le 25e anniversaire du concours : Gazal Al Shaqab, venu fouler le sable de Menton. On put lire alors beaucoup d’émotions sur les visages, même des larmes furtivement essuyées, alors que téléphones portables et appareils photos immortalisaient ce moment unique. Mais Menton ne s’est pas créé en un jour. Voilà pourquoi nous avons tourné les pages du grand livre de son histoire avec Christianne Chazel.

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Menton 25th anniversary Early June Menton horse show opened on the theme of the Hippocampus, the sea horse. What could be better that this choice as it perfectly symbolizes the event: Arabian horses on parade by the Mediterranean sea. Guests and participants were happy to meet by the arena: the crisis situation in France was such that everyone wondered whether the event could be held. So it was a joyful time of celebration despite a volatile weather. No matter what, Christianne Chazel created a sensation to celebrate Menton’s 25th anniversary when Gazal Al Shaqab walked in the arena. Emotion was visible on the faces, tears wiped away, as mobile phones and cameras captured this unique moment. But Menton wasn’t built in a day. That’s why we turned the pages of the book which tells its story with Christianne Chazel. Everything began with a small show she attended in Cannes and impressed her. So she decided to start a rather similar one by the Mediterranean Sea. Thanks to


GAZAL AL SHAQAB (Anaza El Farid / Kajora)

En 2000 la municipalité de Menton suspend ses subventions au concours. Celui-ci s’interrompt alors pendant trois ans mais reprend en 2004 grâce au sponsoring de Madame Hayek ; elle cherchait un événement à associer à la marque

her friend José Marty, Menton city council opened the gates of Rondelli stadium for her. From 1991 to 1992 the largest groups of horses were French and Italian. Then everything changed on August 28 and 29, 1993 when Christianne Chazel and her team organized the European championship in Menton: « It was a huge success. So in 1994 I had the idea of starting the Mediterranean and Arab Countries Championship because I felt that a lot was happening in those countries. We still had many European participants but every year we had a guest country which also gave us the theme of the show. First it was Tunisia then Jordan, Qatar, Morocco and the other Arabian countries followed. » In 2000 Menton city council decided to suspend the funding of the show which stopped for three years. In 2004 thanks to the sponsoring of Mrs. Hayek it could be held again - she was looking for an event she could tie up with Blancpain the watchmaking manufacture she had acquired. Christianne Chazel went back to the city council to negotiate with them. From then on they

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Tout commence par un petit concours auquel celle-ci assiste à Cannes. Conquise elle envisage d’en créer un autre, un peu similaire, au bord de la Méditerranée. Grâce à son ami José Marty, la municipalité de Menton lui ouvre les portes du stade Rondelli. De 1991 à 1992 les chevaux français et italiens forment le gros des participants. Puis, tout bascule les 28 et 29 août 1993 lorsque Christiane Chazel et son équipe y organisent les championnats d’Europe : « Ce fut un énorme succès. Aussi en 1994 j’ai eu l’idée de lancer le Championnat de la Méditerranée et des Pays Arabes car j’avais senti que beaucoup de choses bougeaient dans ces pays là. Nous avons continué à avoir une grosse participation européenne mais chaque année nous invitions un pays qui était aussi le thème du concours. Cela a été d’abord la Tunisie, la Jordanie, le Qatar, le Maroc, puis il y a eu de plus en plus de pays et c’est parti petit à petit. »


Dressant leur haute taille au centre de la carrière, les grands hippocampes faits de citrons ont peut-être été autant photographiés que les chevaux et l’édition 2016 s’est bien passée. Pourtant Christiane Chazel a dû faire face à un contexte économique tendu qui a vu se succéder des grèves affectant le transport du matériel et menaçant le transport des hommes et celui des chevaux. Une accumulation de problèmes, de catastrophes petites et grandes, qui pourtant se sont réglés à quelques jours de la tenue du concours. Spectateurs et compétiteurs ne se sont aperçus de rien, c’est déjà en soi une grande réussite. Menton s’est imposé comme un rendez-vous incontournable dans le calendrier des concours internationaux et avec une telle équipe on attend déjà avec impatience la tenue de l’édition 2017.

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success. But what a trial for Christianne Chazel who had to deal with a tensed economical context with multiple strikes affecting the transport of equipment, men and horses. Accumulated problems, small and big catastrophes which, however, resolved a few days before the show began. Spectators and participants didn’t notice anything which, in itself, is a major success. Menton now prevails in the world calendar of international show competitions and with such a team we already looking forward to the 2017 edition impatiently.


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ADAYA (Klintz Just A Dream / Alexandrie Passion)


Al K halediah

European Arabian horse Festival

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a troisième édition du show du Festival Al Khalediah European Arabian Horse s’est tenue les 19 et 20 août à Nowe Wronska à proximité du haras polonais d’Al Khalediah. Promu show B international l’année dernière, l’équipe organisatrice, autour du directeur Hubert Kulesza, ne cesse de vouloir hisser au plus haut un show dont la qualité est déjà absolument remarquable. Le soin apporté à chaque détail, une pelouse à la décoration sobre mettant en valeur les chevaux présentés, un espace VIP magnifique avec sa tente blanche, une allée de stands bien installée, un magnifique buffet halal abondant et délicieux, un public bien accueilli par le personnel, tout a contribué à créer une ambiance sereine pour le plus grand bonheur de ceux qui ont assisté au show. Afin de mieux apprécier la beauté et la qualité des chevaux, de grands écrans ont retransmis les images en extérieur, les spectateurs de la tente VIP bénéficiant également de petits écrans télé.

L’entrée était également ouverte au public qui, pour cinquante zlotys par personne (environ dix euros), pouvait assister aux deux jours de show, repas compris. Lorsque l’on connaît l’amour du peuple polonais pour le cheval arabe, nul doute que le festival va devenir un rendez-vous incontournable. Par ailleurs, pour la deuxième fois, une vente aux enchères a été organisée au profit du Centre d’éducation spécialisée de Torun : en achetant les dessins des enfants du centre, les donateurs ont contribué l’année dernière au financement d’un voyage au bord de la mer et d’activités diverses dont ont bénéficié les enfants. Hubert Kulesza, le directeur du haras et organisateur du festival tire un premier bilan de la manifestation : « Le nombre de chevaux participant au show ne cesse d’augmenter depuis deux ans. Comme au cours des deux éditions précédentes, nous avons accueilli des stars dont les noms sont bien connus des supporters de la race arabe, ainsi que de jeunes chevaux qui feront bientôt parler d’eux au sein

The third edition of the show of the Al Khalediah European Arabian Festival was held at Nowe Wronska near the stud of Al Khalediah Poland on August 19th and 20th. The organizing team around Hubert Kulesza has been working to make an event which quality has kept improving and which became a B international show last year. Every detail has been thoroughly thought: the horses highlighted on the lawn with its simple decoration of gladiolas, the elegant VIP tent, an alley with stalls of the exhibitors, a beautiful halal buffet with copious and delicious food, spectators warmly welcomed by the staff… everything contributed to create a serene atmosphere enjoyed by all the people who attended the show. Huge screens by the ring and smaller ones inside the VIP tent enabled the spectators to assess the horses as well as possible. Tickets were also available for the public who could attend the two days of the show (with food included) for fifty zloty each, that’s to say about ten Euros. When you know how deeply Arabian horses are embedded in Polish heart and culture, no doubt that the festival is going to be a major rendez-vous. Moreover, a charity auction was organized for the second time to the benefit of the Special Educational Centre in Torun: last year the givers who bought the drawings made by the children contributed to the financing of a trip at the seaside and other activities for the children. Hubert Kulesza, the manager of the stud, who organizes the festival, comes back on the event: « This year more horses were entered than last year and two years ago. Similarly to the previous editions, on the show ring we saw stars, whose names are familiar to the enthusiasts of the Arabian breed, as well as youngsters that soon will very well known in the Arabian horse community. As the show’s organizers we are honored that we were able to attract such wonderful competitors from all over the world. Our goal is to make our guests feel as comfortable as possible. As far as I know,

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PHOTOS Anette Varjonen - Anette Fotografik


FELICIA RLC (Shael Dream of Desert / Camelia K) Breeder : Rodingo Lotuzi de Casho Owner : Ajman Stud Senior female Gold

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INSPIRED NAJLA (Ajman Moniscione / Natalia) Breeder : Gerhard & Andrea Schick, Inspired Stud Owner : Ajman Stud Senior female Silver


AJA ANGELO (WH Justice / Aja Aaisha) - Senior Stallion Gold Breeder : Malcolm & jane Hickford, Aja Arabians - Owner : Al Baydaa Stud

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S H O W

MURANAS JASSEHR (Major / Jana El Bris) Breeder & owner : Gestüt Murana - Michaela Weidner Senior Stallion Silver


lasses Western C

in the USA

PHOTOS Osteen Schatzberg & Ferrara

A

près avoir découvert les classes Western Pleasure dans notre numéro précédent, nous vous proposons d’aller à la rencontre du cheval arabe dans les Working Classes avec l’aide de l’Arabian Horse Association of North America. Extrêmement populaires sur le continent américain elles démontrent à nouveau la polyvalence du cheval arabe qui égale ou surpasse le Quarter Horse en s’illustrant dans les catégories « reining », « trail », « ranch pleasure » et « working cows ». La discipline du reining est apparue en démonstration lors des derniers Mondiaux d’équitation en Normandie. Comme l’explique la National Reining Horse Association, cette compétition est destinée à démontrer les qualités athlétiques d’un cheval de ranch dans les contraintes d’une carrière de show. Les cavaliers doivent effectuer un des douze parcours imposés (patterns) qui comportent chacun un enchaînement de manœuvres : walk-in (le cheval, détendu et confiant, pénètre au centre la carrière où il commencera son parcours), jog-in (le cheval doit trotter régulièrement jusqu’au centre de la carrière), stops, spins (pirouettes sur les hanches à 360° autour du postérieur intérieur), rollbacks (demi-tour au galop, effectué à la suite d’un stop, en pivotant à 180° sur les postérieurs, toujours en mouvement), circles (les manœuvres sur des cercles de tailles différentes à différentes vitesses sont des exercices de contrôle et de bonne volonté), backups (reculer, en ligne droite, sur au moins 3 mètres), hesitate (l’immobilisation du cheval qui se pose et se relaxe, est demandée à chaque fin de parcours pour signifier aux juges que l’exécution de celui-ci est terminée), lead changes (changements de pieds effectués à un endroit précis en conservant la même vitesse), run downs and run arounds (effectués au centre de la piste ou sur le côté et au bout, ces exercices démontrent le contrôle du cavalier sur la vitesse jusqu’à l’arrêt). Le reining est une épreuve effectuée individuellement qui

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In our previous issue we discovered the Western Pleasure classes. Now we are going to present the working horse classes thanks to the help of the Arabian Horse Association of North America. Extremely popular in the American continent the Working Horse Classes express the versatility of the Arabian horse, who equals or surpasses the Quarter horse in distinguishing himself in « reining », « trail », « ranch pleasure » and « working cows » categories. The reining discipline was demonstrated at the previous World Championships in Normandy in 2014. According to the National Reining Horse Association, « Reining is a judged event designed to show the athletic ability of a ranch type horse within the confines of a show arena. » The competitors are required to perform one of twelve approved patterns which include maneuvers : walk-in (a relaxed and confident horse enters from the gate to the center of the arena to begin its pattern), jog-in (the horse must jog to the center of the arena), stops, spins (spins are a series of 360-degree turns, executed over a stationary hind leg), rollbacks (the 180 degree reversal of forward motion completed by running to a stop, rolling (turning) the shoulders back to the opposite direction), circles (maneuvers demonstrating control, willingness to guide, on circles of different sizes with speed changes), backups (the horse backs up in a straight line over at least a 10 feet distance), hesitate (the horse’s ability to stand in a relaxed manner, at the end of the final maneuver to indicate the completion of the pattern), lead changes (the act of changing the leading legs of the front and rear pairs of legs, at a lope, when changing the direction traveled), run downs and run arounds (runs through the middle of the arena and along the side and ends to demonstrate control and gradual increase in speed to the stop).


S H O W

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V

ichy

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TEXTE StĂŠphanie Touzet PHOTO Laetitia Laurent

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B


The show in Vichy reflects the soul of a city which sparkles and rejoices. The spirit of the twenties with cabarets and big cars contributed to the feast. The organisation was irreproachable and the horses of the highest quality. Mr and Mrs Soupat organised the competition with the elegance they show entertaining friends.

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S H O W

L

e concours de Vichy est comme un miroir de la ville, pétillant et festif. L’esprit des années folles avec ses cabarets et ses belles voitures a participé à son charme. L’organisation est sans faille et les chevaux présentés d’une qualité haut de gamme. M. et Mme Soupat ont l’élégance d’organiser un concours comme celle de recevoir des amis.


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Endurance Portrait de Jenni Smith P68 Championnats de France Master d’endurance P74 Benedicte Emond-Bon, Selectionneuse P80 Histoire d’un mondial d’endurance P82 Milora Park Blue Fire P96

Page de gauche / left page : CG ALLASKI & Nathalie WEEMAELS WM Arabians

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Portrait

Jenni Smith TEXTE Luisina Dessagne PHOTOS Lynne Glazer Imagery

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Courir la Tevis Cup et tenir la distance

our prolonger notre voyage sur la piste de la célèbre Tevis Cup, nous avons posé quelques questions à Jenni Smith. En 2015, elle a remporté la fameuse Haggin Cup qui récompense le cheval présentant “la meilleure condition” parmi les 10 premiers arrivés. Si la coupe est principalement attribuée en fonction de critères vétérinaires, la Haggin Cup est une reconnaissance des qualités du cavalier et de sa façon de gérer la course. Cavalière amateur, Jenni a pris le départ de la Tevis à 13 reprises et l’a bouclée 10 fois, ce qui lui a donné droit à la fameuse “thousand mile buckle” (boucle des dix mille miles) accordée à ceux qui ont fini la course dans les temps au moins 10 fois. A vos yeux, qu’est-ce qui fait de la Tevis Cup une course aussi spéciale ? Pourquoi tant de cavaliers rêvent de la faire un jour ? C’est la seule course de 100 miles que je n’ai jamais faite ! Je suis tombée dans l’endurance par amour du pur-sang arabe et aussi parce que dans l’écurie où j’ai appris à monter à cheval on ne pensait qu’à la Tevis ! C’est comme ça que je me suis retrouvée un jour sur la ligne de départ, me demandant bien où j’avais la tête d’essayer de parcourir 100 miles en 24 heures. Après toutes ces années à parcourir cette piste, j’ai du mal à trouver une raison en particulier qui la rendrait si spéciale. Elle est tellement dangereuse qu’on en oublie souvent de respirer. Et d’une beauté à couper le souffle. Je connais la piste par cœur, chaque tronçon est un vieil ami – il y a ceux que j’aime de tout cœur et ceux que j’aimerais ne pas revoir de sitôt.

Parlez-nous d’Auli Farwa (Aul Fancy Free x Winchester Silkie par Farlanes Pride), ce hongre pur-sang arabe de 15 ans avec lequel vous êtes arrivée 5e sur la ligne d’arrivée et avec qui vous avez remporté la Haggin Cup en 2015.

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ENDURANCE

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Master d’endurance

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PHOTOS C. Bauny, Pierre Jambou & Collection Bégaud

ne seconde, c’est à peine une respiration mais c’est le temps qui sépare deux champions, Achille Donnais et Cécile Demierre après une course de 130 km. Une seconde qui permet au premier de devenir champion de France devant la seconde ce samedi 16 juillet à Argentan, dans l’Orne, où se sont tenus pour la troisième fois les championnats de France. Les départs furent donnés de l’hippodrome d’Argentan où les concurrents terminèrent également leur parcours après être passés sur les terres du haras du Pin. Ce championnat de France est aussi une CEI** sur 130 km, une CEI*** sur 160 km et également la dernière épreuve qualificative pour les cavaliers en vue des championnats du monde en Slovaquie au mois de septembre. Nous avons demandé à Cécile Demierre et Jack Bégaud de nous parler de leurs chevaux et des courses. Soixante-quinze cavaliers étaient au départ d’un tracé relativement plat sur la CEI** 130 km. Le cheval le plus jeune

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France

Championnats de

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French Championships Endurance Master One second that’s the time between two champions, Achille Donnais and Cécile Demierre after a 130 km race. One second and Achille became French champion preceding Cecile on Saturday July 16th in Argentan, Orne, where the French championships were held for the third time. The competitors started at Argentan racetrack where they also finished after crossing the Haras du Pin estate. This French championships are also a CEI**130 km, a CEI*** 160 km and the last qualifying ride for the World championships in Slovakia in September. We talked to Cécile Demierre and Jack Bégaud about their horses and the two races. Seventy-five riders were at the start of a rather flat course to compete in the CEI**130 km. The youngest horse was seven years old, the oldest fifteen. Thirtyeight combinations classified at the end of the race won by Rashid Khalid Al Rowaie for Bahrein on Samira de


ENDURANCE

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B énédicte Emond-Bon sélectionneuse de l’équipe de France PHOTO Gilles Flottes

Au lendemain du stage à Lamotte-Beuvron réunissant les cavaliers et chevaux présélectionnés pour les championnats du monde à Samorin, en Slovaquie, nous nous sommes entretenues avec Bénédicte Emond-Bon, la sélectionneuse de l’équipe de France. Elle nous explique ses choix, son parcours et la manière dont elle relève les défis qui lui sont proposés.

In the days following the clinic at Lamotte-Beuvron where preselected riders and horses met for the last time before the world championship, we talked with Bénédicte Emond-Bon, the manager of the French national team. She explains her choices and comes back on her background and how she meets the challenges she has to face.

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énédicte Emond-Bon est une sélectionneuse atypique si l’on en juge par son parcours. Professeur d’équitation, elle a monté une école en 1978 et a formé plusieurs cavaliers de haut niveau. Son parcours est plutôt classique : elle a monté en concours complet, en dressage, mais avec une prédilection pour le cross car il se déroule en extérieur. Sa découverte de l’endurance a été tardive : « J’ai toujours aimé les sports de nature, notamment le ski. Un jour, j’ai vu en couverture de L’éperon une photo avec un cavalier courant près de son cheval alors que le soleil se couchait sur le Mont Aigoual. Je me suis demandée : « Mais qu’est-ce que c’est que cette discipline ? » J’ai pris alors ma jument la moins douée pour les disciplines classiques, une Anglo, et je me suis accrochée. Puis l’élevage de mon ex-mari à Greoux-les-Bains s’est spécialisé en endurance : il les faisait naître au domaine d’Aurabelle, et moi je les montais. » Bénédicte Emond-Bon a intégré l’équipe de France d’endurance de 1992 à 1998 et s’est imposée au plus au niveau : elle a été, entre autres, vice-championne du Monde, championne d’Europe, remportant sept médailles internationales dont quatre en or. Aujourd’hui elle est installée à une vingtaine de kilomètres d’Aix-en-Provence et s’occupe d’une écurie de propriétaires. En 2011, on lui propose le poste de sélectionneur de l’équipe de France. Contrairement à ses prédécesseurs, elle n’est pas

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Spirit

Bénédicte Emond-Bon is not a typical coach as her career path proves it. As riding instructor she created a school in 1978 and trained several high level riders. Her path is rather classical: she was an eventing rider with a preference for cross-country - an outdoor activity - although she liked dressage. She discovered endurance riding late in her career: « I’ve always loved outdoor sports, skiing especially. One day I saw a photo on the cover of L’éperon where a rider was running by his horse with the sun setting down on Mount Aigoual. I wondered: « What is this discipline? » So of all my horses, I chose an Anglo-Arabian mare with the least disposition for classical disciplines and I worked hard. Then my ex-husband’s breeding operation at Greouxles-Bains specialized in endurance horses: he bred them at d’Aurabelle estate and I rode them. » From 1992 to 1998 Bénédicte Emond-Bon rode on the French endurance team and came to the top: she was vice-world champion, European Champion, winning seven international medals including four gold ones. Now she is living twenty kilometers from Aix-en-Provence and supervises a private stable. In 2011 she was offered the position of coach of the French national team. Unlike her predecessors she is no veterinarian but an instructor so she works in collaboration with two veterinarians who deal with the physiological approach of the job within the junior and


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Histoire d’un Mondial d’Endurance TEXTE Nathalie Weemaels - WM Arabians PHOTO WM Arabians collection

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remière partie : 6 ans de préparation

The Tale of an endurance world championship Part one: six years of preparation

Février 2010 Haras Los Estribos, Argentine : c’est là que tout a commencé. Je la cherchais depuis deux semaines, je savais qu’elle était grande, alezane et possédait une crinière bien fournie. Mais je commençais à désespérer de ne pas la trouver. Puis elle est passée à mes côtés et j’ai su que c’était elle. Alors, un grand sourire a éclairé mon visage et j’ai fait signe à Federico, l’ami vétérinaire qui m’accompagnait : OK, je l’ai enfin trouvée, c’est elle la jument que je cherchais! Ce jour-là, je n’ai pas pu la toucher. Du haut de ses 7 ans, elle n’avait que de la pampa argentine dans les jambes, mais quelles jambes ! Pas débourrée, à peine manipulée.

February 2010 Los Estribos farm stud: everything started there. I had been looking for her for two weeks, I knew she was tall, a chestnut horse with a thick mane. I couldn’t find her and I was about to abandon all hope when she went by me and I knew it was she. I smiled widely and motioned Federico, the veterinary friend who was with me: Ok I found her, she was the mare I was looking for! That day I couldn’t touch her. The legs of the seven year-old had only roamed the Argentinian pampa, but what incredible legs! She was unbroken, barely manipulated.

Septembre 2010 CG Allaski arrive en Equateur. Paraissant toute petite entre ses deux compagnons de voyage, la jument qui m’avait été décrite comme indomptable par le dresseur qui s’en était occupé pendant 2 mois avant le transport en avion semblait me reconnaître et poser en moi toute sa confiance.

September 2010 CG Allaski arrived in Ecuador. She seemed so tiny next to her two travelling companions. The mare, described as unbreakable by the trainer who had taken care of her for two months before the flight, seemed to recognise and trust me.

Février 2011 Première course de 20 km. Nous arrivons deuxièmes, tout simplement parce que je n’avais encore aucune idée du potentiel de ma jument. 20 km, la seule distance qu’elle n’a pas gagnée !

February 2011 First 20 km race. We finished second, just because I had no idea of the potential of my mare. 20 km the only distance she has never won!

Puis s’enchaînent les courses, les victoires, aucune élimination. Mais lorsqu’arrive le moment de participer à notre première CEI1*, le Comité Olympique International décide de suspendre l’Equateur pour raisons politiques, ce qui oblige la FEI à interdire l’organisation de courses CEI dans notre pays. Dès lors, il fallut attendre novembre 2013 pour que CG Allaski puisse participer à sa première CEI1* et reprendre sa progression. Au vu de nos bons résultats, l’idée de participer à un Mondial avec CG Allaski commença à germer en moi. Cepen-

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Then one race led to another, to victories, no pulling out. But as we were about to participate to our first CEI1* the International Olympic Committee decided to suspend Ecuador for political reason thus leading the FEI to forbid the organization of CEI rides in our country. We would have to wait until November 2013 before Allaski could enter her first CEI1* and keep improving. Looking at our good results, the germ of an idea entered my mind: why not participate to a world championship with CG Allaski. However I realized that I would never be selected in Belgium, my home country,


Aujourd’hui, j’ai enfin le sentiment de me trouver dans les mêmes conditions que les autres concurrents qui ne quittent leur pays que ces jours-ci, mais je sais que chaque histoire d’un Mondial est différente et comporte ses joies, ses obstacles, ses déceptions parfois. L’important, c’est tout le chemin que nous avons fait, ma jument et moi, depuis que nous nous sommes rencontrées. C’est cela l’équitation, c’est apprendre à connaître son cheval, lui faire confiance, évoluer et découvrir avec lui, échouer parfois mais toujours persévérer. On ne connaît jamais à l’avance le résultat de ce pourquoi on s’efforce. Néanmoins, l’important est d’avancer pas à pas en donnant toujours le meilleur de soi.

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ENDURANCE

Today, at last, I really feel like I’m like the other competitors who are going to leave their countries in the days to come but I know that the story of a World Championship is different with its joys, obstacles and disappointments too. What really matters to me is what we have achieved Allaski and I since we first met. That’s what horse riding really is, learning to know your horse, trust her, evolve and make discoveries with her, sometimes fail but always persevere. We will never know in advance what will come out of what we try to do. However what is important is to go forward one step at a time always giving the best in you.


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M Park B Fire ilora

PHOTOS Claudia Duffé, Katelyn Walker & Collection Bégaud

C’était le plus beau cheval bai cerise que je n’ai jamais vu », se souvient Jack Bégaud en évoquant sa première rencontre avec Milora Park Blue Fire en Australie. Seize ans plus tard, l’étalon est toujours aussi beau malgré les marques de l’âge. Les reflets roux de sa robe brillent sous le soleil de Normandie où il vit désormais. Son port de tête impérial, ses yeux intelligents, ses déplacements et son calme impressionnent. On retrouve chez lui une noblesse qui était l’apanage d’un autre grand étalon, Dormane.

“He was the most beautiful ruby bay horse I had ever seen”, recalls Jack Bégaud, when evoking his first encounter with Milora Park Blue Fire in Australia. Sixteen years on, the stallion is still as handsome, despite the signs of time. The reddish reflections of his coat shimmer in the Normandy sunshine where he is now based. His imperial head carriage, his intelligent eyes, his movement and his overall tranquillity is somewhat awesome. A certain nobility oozes from him, just like another grand Sire, Dormane.

Entre 1996 et 2000, Milora Park Blue Fire, surnommé « Blue » en Australie, a participé à vingt courses d’endurance dans son pays natal et n’a été éliminé qu’une fois… pour avoir déferré ! Il a couru sur 160, 120 et 100 km se plaçant cinq fois sur dix dans les cinq premiers. Au total il a engrangé 2030 km en compétitions d’endurance. Parmi ses performances notables : en 1997 une seconde place sur la CEI*** 160 km à Yarralumla (Canberra) et la 26e place à la Tom Quilty Gold Cup, la Tevis Cup australienne, où il termine également premier étalon ; en 1998 il est second sur la Canberra Challenge sur 120 km ; en 1999 il remporte le Snowy Zone Championship sur 120 km, se place troisième de la Capital Territory CEI*** 160km et de la Central West Zone Championship 160 km ; en 2000 il remporte la Hay Moonlight 100 km.

From 1996 to 2000, Milora Park Blue Fire, nicknamed “Blue” in Australia, competed in twenty endurance rides in his home country and was eliminated only once... for having lost a shoe! He raced over 100, 120 and 160 km, being placed in the top five out of ten starts. In total, he covered of 2,030 km in endurance competitions alone. Among his most noteworthy results: in 1997, he came second at the CEI*** 160 km in Yarralumla (ACT) and 26th in the 100-mile Tom Quilty Gold Cup (Australian equivalent of the Tevis Cup in the US), where he was also first stallion; in 1998, he came second in the 120-km Canberra Challenge; in 1999, he won the Snowy Zone Championship over 120 km and came third at both the CEI*** 160-km Capital Territory and 160km Central West Zone Championship; in 2000, he won the 100-km Hay Moonlight ride.

Né le 14 janvier 1988 chez Janice et Fay Hughes au sudest du Queensland, Milora Park Blue Fire a fait ses débuts en dressage, ce qui lui a été bénéfique lors des trottings pour la Meilleure Condition à la fin des courses d’endurance. Toisant à 1m55 il a toujours été d’une beauté éblouissante. Ses origines Crabbet remontent à Naseem (par Skowronek) et à Rissla, une mère remarquable. Ses deux grand-père, Royal Domino et Sirocco, ont produit de très nombreux performers en endurance dont Aloha Messiah, petit-fils de

Bred by Janice and Fay Hughes, he foaled on 14th January 1988 in south-east Queensland and started his sporting career in the discipline of dressage, which proved beneficial when showing the horse for the Best Condition award, judged at the end of endurance rides. Standing at 15.2hh, he has always been stunningly beautiful. His Crabbet origins trace back to Naseem (by Skowronek) and to the remarkable dam, Rissla. His two grandsires, Royal Domino and Sirocco, produced many

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ENDURANCE

«

lue


et la

Le Dr. Gilles Baratoux Clinique équine de Meslay PHOTOS Vince Art Project, Studio Delaroque & Collection Clinique Equine de Meslay

« Être impliqué est la seule façon de savoir de quoi on parle. » « Being involved is the only way to know what we are talking about. »

A

lors que les ventes de jeunes chevaux entrent dans leur troisième journée d’enchères, nous avons retrouvé à l’ombre d’un grand arbre à l’entrée de l’établissement Arqana Gilles Baratoux, le manager de la clinique équine de Meslay. Ce n’est pas en qualité de vétérinaire qu’il est venu à Deauville mais parce que ce soir, sur l’hippodrome de Clairefontaine, un de ses chevaux défendra ses couleurs. En effet, comme les six autres associés de la clinique, il est propriétaire de chevaux de courses, un statut qu’il estime indispensable pour être au plus près de ceux et celles à qui il dispense ses services. Qui mieux qu’un propriétaire pour comprendre une facture, le lien affectif qui unit l’homme au cheval et qui permet alors au vétérinaire d’estimer grâce aux soins justes et appropriés, sans sentimentalisme, la valeur du cheval. Gilles Baratoux était prédestiné à une vie auprès des chevaux. Son père était officier des Haras, Inspecteur Général à Pompadour, possédait un permis d’entraîner galop et était gentleman rider. Le haras de Pompadour a été l’un des derniers haras de pur sang arabes et sa jumenterie, l’une des plus célèbres qui soit. Il s’est donc retrouvé très vite en selle Gilles Baratoux en 1975 au Haras d’Aurillac

While the yearlings were being auctioned at Arqana, we met Gille Baratoux, manager of the Equine Clinic de Meslay in the shade of a tree at the entrance of the stud. In the evening one of his race horses would compete on Clairefontaine racetrack, sporting his colours. Like the six other partners at the clinic he owns race horses. Being an owner is a absolutely necessary for him as he is as close as possible to those he provides services. Who better than an owner can understand a bill, the bond between men and horses and thus enables the veterinarian to estimate the value of the horses and provide the appropriate medical cares, without being sentimental. Gilles was meant to live and work with horses. His father was an officer of the French national studs and Inspecteur Général at Pompadour national stud. He had also a training licence and was a gentleman rider. Pompadour was one of the last national stud with Arabian horses and its broodmare band was one of the most famous in France. So Gilles started riding exceptional horses. Later he studied at the National veterinary school at Alfort where he specialized in ophtalomology. It was then a new speciality that he wished to explore under the guidance of Professor Anne-Marie Desbrosse, his mentor. In 1993-1994 he did his national service at the Republican Guard cavalry regiment as veterinary officer cadet in charge of the horses of the 2nd et 3rd squadrons. Thanks to Jacques Détré who owned Group winners like Vision d’État victorious in Prix du Jockey Club and the Hong Kong Cup he met another vet, Dr Benoît Gabeur. He was established at the

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Par l’intermédiaire de Jacques Détré, propriétaire de gagnants de groupe dont le champion Vision d’État, vainqueur du prix du Jockey Club et de la Hong Kong Cup, il rencontre un autre vétérinaire, le docteur Benoît Gabeur. Celui-ci est installé à la Clinique équine de Meslay, en Mayenne. Gilles Baratoux ne quittera plus le département : « C’est dans les Pays de Loire et en Mayenne que l’on trouve la plus grosse concentration de chevaux de course, galopeurs, trotteurs et pur sang arabes », constate-t-il. La clinique équine de Meslay a été créée par le Dr Dutertre et le Dr Geslin dans les années quatre-vingts, tous issus du milieu équin. Ils ont alors été parmi les premiers vétérinaires à avoir une activité exclusivement équine. Le Dr Baratoux intègre l’équipe en 1994 et s’associe en 1996. Il fait les saisons de monte au printemps et l’hiver il va se former à l’étranger : « Je suis parti me former quatre hivers en Suède à la clinique équine d’Helsingborg dirigée par le professeur Harry Petterson, titulaire émérite de la chaire de chirurgie équine de l’université vétérinaire de Uppsala. Durant huit mois, je suis parti également, en 1995, me perfectionner à Sheparton, en Australie, avec le professeur Angus McKinnon professeur émérite en reproduction équine à la Colorado State University aux États Unis et en charge de la gestion de la reproduction des chameaux du Cheikh Maktoum Al Maktoum, souverain de Dubaï. » Aujourd’hui, la clinique compte douze vétérinaires dont sept associés : le Dr Gabeur, le Dr Stéphane Cuiller, le Dr Richard Corveller, le Dr Tamara de Beauregard, le Dr Marc de Beaudrap, le Dr Jean-Christophe Bayle et lui-même. « Nous sommes tous propriétaires ». Quatre aides-soignantes

Equine Clinic of Meslay in Mayenne (northwest France). Gilles Baratoux would never leave the area: « The majority of race horses whether runners or trotters is concentrated in Pays de la Loire and Mayenne. » he said. The Equine Clinic de Meslay was established by Dr Dutertre and Dr Geslin in the eighties. Both men had an interest in horses. They were among the first veterinarians to have an activity exclusively dedicated to horses. Dr Baratoux joined the team in 1994 and went into partnership in 1996. He used to work in France during the covering season in spring, in winter he went abroad to develop his education and training: « I spent four winters in Sweden at the Animal Hospital of Helsingborg directed by Harry Petterson, Professor Titular Emeritus Chair of equine surgery at Uppsala Faculty of Veterinary Medecine and Animal Science. In 1995 I went to Sheperton, in Australia, for eight months to improve my education with Professor Angus McKinnon Assistant Professor in Equine Reproduction at the Colorado State University in the USA who was also in charge of managing the reproduction of the camels belonging to HH Sheikh Maktoum Al Maktoum ruler of Dubai. » explains Dr Baratoux. Today there are twelve equine veterinarians at the clinic, seven being partners : Dr Benoit Gabeur, Dr Stéphane Cuiller, Dr Richard Corveller, Dr Tamara de Beauregard, Dr Marc de Beaudrap, Dr Jean-Christophe Bayle and he. Four veterinary help givers and five secretaries complete the team to which must be added many interns and private veterinarians from home and abroad, South Africa, Japan, Belgium, Sweden, Italy… exchange agreements with the Faculty of Veterinary Science have been arranged thanks to Professor Gabor Bodo from Szent Istvan Faculty « When a student arrive at the clinic he has to become better than his elders. We aim at excellence » Dr Baratoux stresses. At first the clinic was specialised in gynaecology and ultrasound. When Dr Corveller arrived surgery reach its

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VETERINAIRE

à monter des chevaux d’exception. Gilles Baratoux décide alors d’entreprendre des études vétérinaires à Maison-Alfort. Il s’y spécialise en ophtalmologie équine, une discipline nouvelle qui ne demandait qu’à être explorée. Son mentor sera le professeur Anne-Marie Desbrosse. Il est ensuite vétérinaire-aspirant responsable vétérinaire du 2e et 3e escadron du régiment de cavalerie de la Garde Républicaine durant son service militaire de 1993 à 1994.


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STYLE & CULTURE Nos coups de coeur Vienne : Valses équestres La Nuit des Amazones Portrait de Susan Leyland

P114 P120 P126 P130

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BEAUTÉ ÉQUESTRE, étude sur les chevaux de Raphael Macek, éditions Te Neues, relié, textes en anglais, allemand, français, espagnol et portugais

EQUINE BEAUTY a study of horses

by Raphael Macek Hardcover texts in English, German, French, Spanish and Portuguese 208 pages - 35 €

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Since the beginning of times horses have always inspired men: they were celebrated by poets, immortalized by painters, sculptors and photographers. With Equine Beauty, Brazilian photographer Raphael Macek studies anew those who are said to be «the noblest conquest of man». Whether in movement or still, harnessed or free, in a herd or alone, Raphael Macek’s models are all unique. Color and duotone photographies enable us to discover horses from hooves to ears or to linger on details such as an eye or a mane, a hoof... Beauty has various faces: the quiet strength of Clydesdales and Friesans, the athletic qualities of sport horses, the nobility of Lusitanians. And what to say of Arabian horses? Photographed in Ajman (UAE) and Scottsdale (USA) they are the epitome of elegance, the essence of a spirited horse. The photographer captures exquisite foals and statuesque stallions in the desert or at stud. Once more Te Neues publishing takes us within the universe of the horse where, thanks to this small format version of the book, we marvel at such beauty. A pleasure for the eyes to open again and again.

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C U LT U R E

De tout temps le cheval a inspiré les hommes : les poètes l’ont célébré, les peintres, les sculpteurs et les photographes l’ont immortalisé. Dans ce livre, le photographe brésilien Raphael Macek se livre à une nouvelle étude de celui que l’on a qualifié de «plus belle conquête de l’homme». Qu’ils se déplacent ou soient immobiles, harnachés ou en liberté, en groupe ou seuls, les modèles de Raphael Macek sont tous uniques. Les photos en couleurs et en noir et blanc nous permettent de découvrir le cheval en pied ou s’attachent à un détail, ici un œil, là une crinière, un sabot... La beauté est multiple : les Clydesdales et les Frisons imposent leur force tranquille, les chevaux de sport leurs qualités athlétiques, les Lusitaniens leur noblesse. Les chevaux arabes ne sont pas en reste. Photographiés à Ajman (EAU) ou à Scottsdale (USA), ils sont l’essence même de la grâce et de la légèreté. Le photographe capture les poulains aux formes gracieuses, les étalons, dans le désert ou au cœur des haras. Te Neues nous permet de continuer à explorer le monde du cheval pour notre plus grand plaisir, en nous proposant la version petit format de ce livre que l’on ne cesse d’ouvrir, émerveillés par tant de beauté.


CRIN BLANC OU L’INVENTION DE LA CAMARGUE

L’œuvre de Denys Colomb de Daunant de Sylvie Brunel et Florian Colomb de Daunant, éditions Actes Sud, illustrations en bichromie, broché 144 pages, 32 €, text in French Située dans le delta du Rhône, la Camargue est un lieu magique où chevaux, taureaux et flamants roses vivent en harmonie. Cet endroit unique, haut lieu du tourisme en France, doit cependant tout aux hommes. C’est ce que l’on apprend, entre autres choses, grâce à ce magnifique livre écrit par Sylvie Brunel et Florian Colomb de Daunant, Crin Blanc ou l’invention de la Camargue ; une invention née du rêve d’un homme amoureux d’un lieu, d’une femme, de chevaux et de taureaux, un rêve de liberté que Denys Colomb de Daunant, poète, manadier, cinéaste, photographe et écrivain façonnera avec Albert Lamorisse pour nous donner un des plus beaux films qui soient sur l’amitié entre un enfant et un cheval. Palme d’or du court métrage au festival de Cannes en 1953, le film Crin Blanc va susciter chez des générations d’enfants l’envie de monter et de posséder un cheval. Mais il ouvre également la voie à une nouvelle approche de l’équitation. Comme le souligne Sylvie Brunel, le cheval sort alors de sa sphère traditionnelle pour devenir un ami. Voilà dix ans que Denys Colomb de Daunant nous a quitté. Il était temps de lui rendre hommage au-delà des frontières de sa terre de Camargue. Ce livre le fait avec délicatesse et pudeur grâce aux textes et aux nombreuses photographies prises par Denys Colomb de Daunant lui-même sur le tournage de ses films. On y découvre également les pages du manuscrit autographe de Crin Blanc et autant de photos célébrant la Camargue, sa famille, ses amis et ses chevaux : chevaux camarguais qu’il avait croisés avec des arabes et des barbes pour affiner leur rusticité. Espérons que grâce à ce livre, l’œuvre entreprise par cet homme au grand cœur continuera à faire des émules et que la Camargue demeurera cet endroit où la riche biodiversité, pour une fois, doit beaucoup à l’homme.

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It was high time to pay homage to Denys Colomb de Daunant who passed away ten years ago. This book does it with sensitivity and modesty. We discover the pages of the manuscript of Crin Blanc (White Mane) written by Denys and a lot of photographs he took, or which were taken of him, his family, his friends and his horses: the Camargue horses he bred with Arabians and Barbs to give the rustic breed some new blood. Let’s hope that thanks to this book the work started by this generous man will inspire many others, and that the biodiversity of the Camargue will remain protected thanks to the men who have helped it flourish.

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Located in the Rhône river delta, the Camargue is a magical place where horses, cattle and flamingos live side by side in perfect harmony. This unique place, which attracts tourists from all over the world, was shaped by men who have populated it for millennia. That’s what we discover, among many other things, in this marvelous book written by Sylvie Brunel and Florian Colomb de Daunant. The Camargue and Crin Blanc (White Mane), the wild stallion who defies the gardians (local cowboys), were born from the dream of Denys Colomb de Daunant, a man in love with a place, a woman, horses and fighting bulls. This dream of liberty led to the writing and making of one of the most beautiful films to ever celebrate the friendship between a child and a horse - Crin Blanc won the Palme d’or for short films at the 1953 Cannes film festival. Thanks to Denys Colomb de Daunant, poet, photographer, filmmaker, horse breeder, and his friend film director Albert Lamorisse, generations of children have discovered a new way to communicate with horses based on friendship and respect.


COURSE EPIQUE de Marie Dorléans, édition Sarbacane, 16,50 €, 26 pages text in French

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From the title on, Marie Dorléans plays with words and stereotypes. This comic book is a humoristic homage to the world of horse racing and its landscape format suits perfectly this discipline in which horses stretch more than in any others. What a treat than reading this book with its very elegant drawings and keen sense of humour. Readers of all ages will savour all the details, some a surreal mix of facts and fantasy. The oldest ones will find references to the world of racing as depicted by painters up to the XIXth century: their concept of the suspension phase when a horse is galloping being very different from reality; the spectators with their binoculars remind us of the elegant ladies and gentlemen at Ascot in My Fair Lady; at last the aesthetic of the sixties participates to the charm of this book and you fall in love with it right from the start.

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Course épique, course hippique, le ton est donné. Cet album est un clin d’oeil au monde des courses et son format à l’italienne convient parfaitement à l’illustration de cette discipline où les chevaux « s’allongent » plus que nulle part ailleurs. Un dessin très élégant, un humour pétillant, cet album est un régal pour les lecteurs de tout âge qui savoureront tous les détails, parfois surréalistes, où la fantaisie l’emporte sur la réalité. Les plus âgés y retrouverons des références à l’univers des hippodromes tel qu’il était représenté par les peintres jusqu’au XIXe siècle : leur idée de la phase de suspension du cheval au galop n’ayant pas grand chose à voir avec la réalité ; les spectateurs et spectatrices munis de jumelles nous rappellent les élégantes et les dandys assistant aux courses d’Ascot dans My Fair Lady ; enfin une esthétique très années soixante contribue au charme de cette œuvre dont la qualité et l’humour emportent l’adhésion dès le premier coup d’œil.


V

ienne :

Equestres

PHOTOS Peignoir Prod

L’hippodrome de La Touques, à Deauville, a accueilli pour la cinquième fois La Nuit des Amazones. Environ deux cent cinquante personnes s’étaient réunies pour l’occasion, mobilisées par Anne-Sophie Yoh Benet et Delphine GarciaDubois entourées de Carole Desmetz, Laurence Di Palma et Hortense Ozmu. Le soleil a baigné de teintes dorées la manifestation qui a pour objectif de mettre en contact des femmes travaillant dans le monde du cheval. Elles sont venues des courses, du sport équestre, du monde du dressage, journalistes, modistes ou artistes comme Claudia Duffé, Laurence Saunois ou Corinne Dupeyrat…. Pour les fondatrices, la manifestation doit être également l’occasion de défendre une cause. Cette année, une tombola et une vente aux enchères furent organisées afin de lever des fonds pour l’association des jockeys de galop. Créée en 1929 par une poignée de jockeys d’obstacles, sous l’impulsion de Lucien Loiseau, elle vient en aide et soutient les membres de cette profession. Aujourd’hui plus de 556 jockeys sont réunis sous sa bannière. Sollicitée chaque

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LA NUIT DES AMAZONES Tuesday, August 16th, 2016

La Touques racetrack in Deauville welcomed the fifth edition of La Nuit des Amazones. About two hundred and fifty persons gathered for the event organised by Anne-Sophie Yoh Benet, Delphine Garcia-Dubois and their team : Carole Desmetz, Laurence Di Palma and Hortense Ozmu. A golden light bathed the racetrack as the guests arrived to attend the event where women working with horses could meet and establish contacts. They came from various universe, racing, equestrian sports, dressage, media ; some were milliners others artists like Claudia Duffé, Laurence Saunois or Corinne Dupeyrat… For the founders, the event must also be the opportunity to defend a cause. This year a raffle and an auction sale were organised to raise money for the French jockey association. Created in 1929 by a few jump race jockeys led by Lucien Loiseau, it helps and supports these sportsmen. Today over 556 jockeys in activity are members of the Association des Jockeys. Every week it gives support with any problems which may arise whether to give medical advice, organising repatriation, helping jockeys and their families. It is also affiliated with a law office specialised in sports which offers counselling. When a jockey asks for a licence he becomes a member of the association which is also the jockeys’ union. Its chairman, Jacques Ricou, like all the jockeys who help within the association, is a volunteer. Three secretaries are employed full time. The Asso


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avez-vous que les magnifiques Lipizzans de l’École Espagnole de Vienne ont du sang arabe ? Grâce à la réalisatrice Marie-Christine Carfantan plongeons dans l’univers de l’École qui a fêté en 2015 ses 450 ans. Partie à Vienne en février 2016 pour un tournage de treize minutes, elle nous livre aujourd’hui un film de cinquante deux minutes après deux autres voyages en avril et juillet qui l’ont amenée au cœur de la campagne autrichienne. L’école Espagnole de Vienne a ouvert ses portes en 1565. C’est la plus ancienne école d’équitation encore en activité du monde. Au départ, seuls des chevaux d’origine espagnole y furent acceptés. C’est de ces montures, puissantes et altières, qu’elle tire son nom. Et sa renommée ! Si l’objectif à sa création était d’apprendre aux jeunes aristocrates à monter à cheval et à se distinguer sur les champs de bataille, l’institution forme désormais ses écuyers au dressage classique et à la haute école.

Nous avons suivi l’entraînement matinal dans le célèbre manège d’hiver inauguré en 1735. Ils ne sont que 16 écuyers sur les bancs de l’école Espagnole de Vienne. La hiérarchie et le protocole y sont strictement établis. Après l’acceptation d’un nouvel élève, sélectionné sur dossier et tests d’aptitudes chaque année en mars, la formation peut durer entre 8 et 12 ans. D’abord apprenti, l’étudiant deviendra par la suite assistant cavalier, prétendant, et enfin écuyer, voire, écuyer en chef pour les plus méritants et les plus expérimentés. Depuis 2008, les femmes peuvent aussi tenter d’intégrer la prestigieuse institution. Pour l’heure, seule l’une d’entre elle a atteint le stade d’écuyère... L’équipe s’est attachée à un jeune écuyer, Florian Zimmerman, arrivé ici à l’âge de 16 ans. A force de patience et de travail il a été promu écuyer en 2009, 13 ans après le début de sa formation.

VIENNA: EQUESTRIAN WALTZ Do you know that the beautiful Lipizzaners at the Spanish Riding School in Vienna have Arabian bloodlines? Thanks to director Marie-Christine Carfantan let’s discover the universe of the school which celebrated its 450 anniversary in 2015. She went to Vienna in February 2016 to shoot a thirteen minutes film. After two other trips in April and July it is now fifty two minutes long and takes us from Vienna into the heart of the Austrian countryside. The Spanish Riding School was founded in 1565. It is the oldest riding school in the world which has practiced for such a long time and continues to do so. The first horses to be accepted were only Iberians. They are powerful and proud mounts which gave their name to the school. And its fame! If the aim was to teach the young aristocrats horsemanship so that they can surpass themselves on the battlefields today the institution teaches its riders how to perform in classical horsemanship and haute école. We followed the morning training in the famous Winter Riding School inaugurated in 1735. There are only sixteen riders at the school. Hierarchy and protocol have to be strictly respected. Once the new student has passed the entrance exam after a selection based on a file and tests every year in March, training can start. It can last from eight to twelve years. The student is first Eleve then Assistant Rider, Rider and for the best deserving and more experimented ones Chief Rider. Since 2008 women have been admitted to the school. Until now only one of them has become a Rider… Our team followed a young Rider, Florian Zimmerman, who entered the school when he was sixteen years old. Thirteen years later his patience and hard work led to his promotion as Rider in 2009. After the morning exercises the horses are led back to

Cette race a vu le jour à la fin du 16e siècle, à Lipica, petit village Slovène, appartenant autrefois à l’empire austrohongrois. Dès 1580, l’Autriche importe des étalons et des juments espagnols qu’elle croise avec des chevaux de la région montagneuse du Kras, puis avec des spécimens Napolitains et enfin arabes. Au fil des ans et de ces diffé-

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Une fois l’entraînement terminé et les chevaux rentrés au box, on découvre la vie de l’écurie. Les chevaux y sont comme dans un hôtel cinq étoiles et bénéficient des meilleurs soins possibles ; ils ont à leur service des kinésithérapeutes, ostéopathes, nutritionnistes ou encore aromathérapeute. L’école Espagnole de Vienne accueille 72 chevaux. Tous des étalons. Tous des Lipizzans.


La Nuit des Amazones Mardi 16 août 2016

PHOTOS Studio Delaroque

L’hippodrome de La Touques, à Deauville, a accueilli pour la cinquième fois La Nuit des Amazones. Environ deux cent cinquante personnes s’étaient réunies pour l’occasion, mobilisées par Anne-Sophie Yoh Benet et Delphine GarciaDubois entourées de Carole Desmetz, Laurence Di Palma et Hortense Ozmu. Le soleil a baigné de teintes dorées la manifestation qui a pour objectif de mettre en contact des femmes travaillant dans le monde du cheval. Elles sont venues des courses, du sport équestre, du monde du dressage, journalistes, modistes ou artistes comme Claudia Duffé, Laurence Saunois ou Corinne Dupeyrat…. Pour les fondatrices, la manifestation doit être également l’occasion de défendre une cause. Cette année, une tombola et une vente aux enchères furent organisées afin de lever des fonds pour l’association des jockeys de galop. Créée en 1929 par une poignée de jockeys d’obstacles, sous l’impulsion de Lucien Loiseau, elle vient en aide et soutient les membres de cette profession. Aujourd’hui plus de 556 jockeys sont réunis sous sa bannière. Sollicitée chaque Anne Sophie Yoh Benet, Jacques Ricou, Carole Desmetz, Thomas Huet

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LA NUIT DES AMAZONES Tuesday, August 16th, 2016 La Touques racetrack in Deauville welcomed the fifth edition of La Nuit des Amazones. About two hundred and fifty persons gathered for the event organised by Anne-Sophie Yoh Benet, Delphine Garcia-Dubois and their team : Carole Desmetz, Laurence Di Palma and Hortense Ozmu. A golden light bathed the racetrack as the guests arrived to attend the event where women working with horses could meet and establish contacts. They came from various universe: racing, equestrian sports, dressage, media; some were milliners others artists like Claudia Duffé, Laurence Saunois or Corinne Dupeyrat… For the founders, the event must also be the opportunity to defend a cause. This year a raffle and an auction sale were organised to raise money for the French jockey association. Created in 1929 by a few jump race jockeys led by Lucien Loiseau, it helps and supports these sportsmen. Today over 556 jockeys in activity are members of the Association des Jockeys. Every week it gives support with any problems which may arise whether to give medical advice, organising repatriation, helping jockeys and their families. It is also affiliated with a law office specialized in sports which offers counselling. When a jockey asks for a licence, he becomes a member of the association which is also the jockeys’ union. Its chairman, Jacques Ricou, like all the jockeys who help within the association, is a volunteer. Three secretaries are employed full time. The AssoClemence Lesconnec et Liska Llorca


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Susan eyland

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n les devine en approchant de la vitrine de la galerie donnant sur une rue tranquille de Toulouse. Ils sont là, ces chevaux toujours vus en photo, encore plus beaux que dans notre imagination. Un vrai choc. Et les surprises ne sont pas terminées alors que nous pénétrons dans la galerie Sakah. Ils sont emprunts d’une incroyable douceur et sérénité. Leur texture est surprenante, la marque des outils leur donne une grande force, de petits éclats brillent sur le bloc de terre grise. White Horse Passion m’évoque la pureté des magnifiques sculptures de la Rome antique, la jument et son poulain sur une sphère (L’Avenir) et le cheval Tang, qui fait la couverture du catalogue (Emperor Block Tang), me touchent profondément. Susan Leyland a su capturer ce lien invisible qui relie la mère et le poulain, cet espace qui n’appartient qu’à eux ; l’étalon est à l’image de la force de la nature et de l’élégance née de l’assurance de son rang.

Ces relations entre chevaux sont merveilleusement interprétées par la sculptrice qui les transcende par son art pour les rendre universelles. Qu’ils soient de terre, de bronze ou de cristal, ils n’en sont pas moins l’essence de tous les chevaux du monde. Reliés à la terre par des blocs ou des sphères, une technique proprement unique, qui est la signature même de Susan Leyland, ils ont des noms évocateurs, « Solidarité », « L’avenir », « Paramour », « Hopeful & Ready », « United Family », « Black Knight »…

Leur calme et leur beauté, je les imagine à l’image de la terre de Toscane où l’artiste anglaise s’est installée en 1973, à Impruneta, à sept kilomètres de Florence. Cette région est le berceau du peuple étrusque dont la riche civilisation s’est exprimée dans l’art, notamment dans celui des poteries en terre cuite qui n’ont dès lors cessé d’y être fabriquées. Il n’est donc pas étonnant que Susan Leyland ait été attirée par cette technique. Ses premières sculptures furent exposées pour la première fois en 1998. Un an plus tard, la cité florentine accueillait une nouvelle exposition, à la Galerie Tornabuoni, spécialisée dans l’art moderne du XXe siècle. Puis en 2000, Susan Leyland a décidé de consacrer tout son temps à la sculpture, unissant ainsi son amour pour l’art à celui qu’elle porte au cheval. Depuis, presque tous les ans, ses chevaux parcourent le monde de New York, Londres, Paris, Genève, Stockholm en passant par Istanbul, Santa Monica ou encore Stuttgart et Toulouse. Pour les jeux olympiques de Londres en 2012, elle a créé des pièces uniques représentant les 3 disciplines équestres olympiques. Elle a également réalisé un mémorial en bronze en l’honneur des chevaux ayant servi pendant la Première Guerre mondiale, qui sera installé à Ascot en Angleterre. Quel parcours étonnant que celui de cette artiste, mariée et mère de deux enfants, qui fut secrétaire à l’Institut de Criminologie de Cambridge, mannequin pour des maisons de haute couture en Italie, professeur d’anglais et monitrice d’équitation. Touria Sakha, dont la galerie expose les œuvres de Susan Leyland à Toulouse, évoque avec justesse les raisons qui l’ont poussée vers l’artiste : « Je voulais mettre en avant un travail unique entre modernité et

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in itself, they have evocative names, « Solidarité », « L’avenir », « Paramour », « Hopeful & Ready », « United Family », « Black Knight »…

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hey are here, behind the reflection of the glass window of the gallery in a quiet street in Toulouse, those horses seen many times on photos but much more beautiful that I could have ever imagined. And surprises are not over as we push the door of Galerie Sakah. We are struck by the gentleness and tranquility that comes from them. Their texture is surprising, the marks left by the tools, little glitters on a grey block… « White Horse Passion » has the purity of the magnificent sculptures of Ancient Rome, the mare and her foal on a sphere (L’Avenir) and the Tang horse on the cover of the brochure (Emperor Block Tang) touch me deeply: Susan Leyland manages to capture this invisible link between a mother and her child, that space which only belongs to them; the stallion embodies the powers of nature and the elegance born from the self confidence of his rank. Those relationships between horses are marvelously interpreted by the sculptor who transcends them through her art to make them universal. Whether in terracotta, bronze or crystal, they are the essence of all the horses in the world. Bound to earth through blocks or spheres, a unique technique which is Susan Leyland’s signature

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I imagine that their serenity and beauty may also reflect this Toscan land where the English artist settled in 1973, in Impruneta, seven kilometers from Florence. In this region the Etruscans developed a vibrant civilisation which art included terracotta potteries. They have never stopped being made there since. No wonder that Susan Leyland was attracted by this technique. Her first sculptures were exhibited in 1998. A year later the Florentine city welcomed a new exhibition at Gallery Tornabuoni which specialises in XXth century modern art. And in 2000, Susan Leyland decided to become a full time sculptor uniting her love for horses and art. Since then, almost every year, her horses have travelled all around the world to New York, London, Paris, Geneva, Stockholm, Istanbul, Santa Monica or Stuttgart and Toulouse. For the 2012 Olympic Games in London she created unique pieces representing the three equestrian Olympic disciplines. She has also made a bronze memorial to honour the War Horses in WWI which will be installed at Ascot in England. What an extraordinary story that of an artist, married with two sons, who was secretary at Cambridge Institute of Criminology, a model for fashion houses in Italy, an English language teacher and a horse instructor. Touria Sakah whose gallery exhibits Susan Leyland’s works in Toulouse mentions the reasons which led her to the artist: « I wanted to put forward a unique work between modernity and classicism. The line is beautiful and the light hues are very pure. There is a synergy between the block and the horse. » Such as there is a synergy between Susan Leyland and horses. Her grandfather, a veterinarian and horse breeder, gave her her first pony at the age of four, beginning her life long bond with horses, she recalls. During her school years she kept on riding and still is. When


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Profile for Arabian Horse Spirit

Arabian Horse Spirit N°2  

Magazine haut de gamme pour tous les passionnés du pur sang arabe. High end magazine on the arabian horses

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