Page 1

solidarité • eau • environnement

s n o i t ac aquassistance

automne 2012

2 3

ÉDITO MADAGASCAR Ambalanirana : le respect de l’eau

4

PAROLES DE PARTENAIRES Ville de Chamonix-Mont Blanc

5

CAMBODGE MADEAU

6

SÉNÉGAL Un village traditionnel qui se prend en charge

7

MADAGASCAR La gestion des déchets au service du développement touristique

8

SÉNÉGAL Le projet eau potable des ressortissants en passe de devenir réalité

9

PORTRAIT DE BENEVOLE Gaétan Massoubeyre

10 LES TECHNOLOGIES WEB au service de notre association

11

ACTU • Des Assises Yvelinoises • Aquassistance se présente au CIRSEE • Rencontres Régionales des Métiers de GDF SUEZ • Fête de la Science à Cholet • Un cadeau à commander...

12 AQUASSISTANCE REMERCIE…

www.aquassistance.org


édito Par Jean-François Bost

Notre association se doit d’informer ses adhérents et ses partenaires de son action. Elle a mis en place pour cela ce bulletin « Actions Aquassistance » qui paraît au moins trois fois par an, une lettre d’information « Actions Aquassistance Actualités » et un site internet www.aquassistance.org , dont il existe maintenant des versions en anglais et en espagnol *. Nous avions aussi organisé certaines années depuis 2007 des journées Aquassistance décentralisées et prises en charge par les sections locales de l’association. Il s’agissait en mobilisant les adhérents des sections locales de mieux faire connaître Aquassistance à leurs collègues de travail. Nous innovons cette année en organisant le 6 décembre de 12h30 à 14h une rencontre web réunissant les adhérents et leurs collègues sur leur lieu de travail**. Il y aura une présentation de l'équipe permanente et des témoignages de bénévoles et de partenaires. Vous aurez la possibilité de communiquer avec l'équipe permanente et les bénévoles, via le “chat“ et un mini-sondage sera réalisé en direct. Je voudrais pour conclure remercier au nom de tous l’équipe centrale d’animation qui a fait un énorme travail ces derniers mois pour améliorer nos outils de communication tant sur le contenu que sur la forme et la convivialité.

actions aquassistance

automne 2012 Bulletin trimestriel de l’association Aquassistance ISSN 2100-0557 Directeur de publication : Jean-François Bost Coordination : Délia Moulin Maquette : Maïka Créations Aquassistance Association (loi 1901) des personnels du Groupe GDF SUEZ volontaires pour une aide dans les domaines de l’eau, de l’environnement et des déchets 59, avenue Emile Thiébaut - 78110 Le Vésinet Tél. 01 30 09 27 27 / Fax 01 30 09 27 24 * Voir l’article de Luis Peinado « Les Technologies Web au service de notre association ». ** Chaque adhérent pourra aussi participer de son bureau ou de chez lui en s’inscrivant.

2I

actions aquassistance I automne 2012

http://www.aquassistance.org contact@aquassistance.org


Madagascar Ambalanirana

LE RESPECT DE L’EAU Avec la mission de septembre 2012 s’achève le projet d’alimentation en eau de la commune d’Ambalanirana (6.000 habitants), située dans les Hautes Terres à Madagascar. Ce projet, commencé en 2007, a été réalisé grâce au concours financier du Syndicat Mixte de Production et de Transport de l’Horn (Finistère) et de l’Agence de l’Eau Loire Bretagne. Claude Renault et Patrice Crohin ont été deux fois sur site cette année : en avril et en septembre.

A

kiosques à eau.

“ 3I

Dans le cadre des missions annuelles de suivi des projets aidés par l’agence de l’eau Loire Bretagne, Michel Stein, Directeur de l’International à l’Agence, s’est rendu à Madagascar en août dernier pour évaluer le projet d’accès à l’eau potable.

Ambalanirana s’avère un excellent projet ; il permet d’alimenter 7 000 habitants des Hautes Terres avec une qualité de l’eau distribuée qui, malgré certaines craintes de la direction régionale de l’eau, s’avère irréprochable. Si ce n’est l’uniformisation du prix du « service » de l’eau au niveau de la commune, de nombreux indices prouvent que la pérennisation de ce projet devrait être assurée. Ainsi pour chaque point d’eau existe un comité de point d’eau réuni au sein de l’association des usagers de l’eau. Un local technique jouxtant le château d’eau renferme de nombreuses pièces de rechange. La mairie organise régulièrement des réunions d’information et d’échanges avec l’association et les fontainières. Enfin le fleurissement et les plantations autour des kiosques montrent la motivation et le respect pour l’eau des habitants d’Ambalanirana.“

actions aquassistance I automne 2012

Des tranchées avaient été creusées par les villageois et nous leur avons montré comment dérouler les tuyaux de polyéthylène et poser les premières canalisations. Nous avons aussi assuré la formation des fontainier(ère)s : onze femmes et un homme. En septembre c’était la saison sèche, le sol était poussiéreux et les pistes difficiles. Le hasard a fait que la cérémonie de déterrement des morts battait son plein et on nous a permis d’y participer. Nous avons félicité la veuve, comme le veut la tradition.

Les habitants en train de creuser les tranchées.

J Un des douze

Michel Stein

En avril on sortait de la saison des pluies, la terre était arrosée.

Patrice Crohin Nous avons dû résoudre quelques problèmes liés à des fuites d’eau sur le réseau, survenues au niveau des raccords. Nous avons installé un doseur proportionnel de chlore et formé l’employé chargé de la désinfection de l’eau. Apparemment une telle installation, avec réservoir et surtout désinfection de l’eau est encore rare à Madagascar. Les kiosques à eau jouent pleinement leur rôle. Un tiers d’entre eux vendent, en plus de l’eau potable, des produits d’épicerie.“

LES INSTALLATIONS EN SERVICE à Ambalanirana : • 1 Poste de désinfection • Réservoir surélevé de 50 m3 • 8 500 mètres linéaires de canalisations • 12 kiosques à eau


s e l o r a p

de partenaires Ville de Chamonix-Mont Blanc Sylviane Chalot-Charlet est chargée du projet de coopération décentralisée entre Chamonix-Mont Blanc et la commune camerounaise de Demdeng. Elle nous explique en quoi consiste le partenariat entre ces deux villes, dans lequel Aquassistance intervient en matière d’eau potable.

AA : Quand et comment a commencé la coopération avec Demdeng ? SCC : Elle a commencé en 2003 sur sollicitation du Maire de Demdeng, Lazare Kaptué, éminent professeur de médecine spécialisé en hématologie, lors de la préparation du Sommet de la Francophonie à Yaoundé. Les maires français cherchaient de leur côté à activer les réseaux de la coopération décentralisée au Cameroun, qui en était encore à ses débuts. Une charte de coopération a été signée lors du Sommet. AA : En quoi consiste cette coopération ? SCC : Comme Chamonix, Demdeng est une commune de montagne, située sur des hauts plateaux à 1200 m d’altitude et créée par les lois de décentralisation de 1993. Les préoccupations liées au territoire sont analogues aux nôtres. Les domaines de coopération sont infinis, mais cela a débuté par un appui institutionnel à la gouvernance car le Cameroun venait d’adopter un découpage territorial proche de Les habitants attendent celui qui existe en France en juxtaposition des sysbeaucoup de nous.“ tèmes traditionnels. Aussi, nous avons accueilli trois Camerounais en formation à l’administration des collectivités territoriales, dont Louise Ngamngne et Christian Tagne, dans le but, atteint, qu’ils deviennent nos personnes de référence dans la réflexion sur les projets futurs à Demdeng. Très vite un autre domaine s’est détaché comme étant prioritaire, l’accès à l’eau.

AA : Justement, comment vous y êtesvous pris ? SCC : Notre objectif est d’aider la commune de Demdeng à améliorer l’accès à l’eau potable de six quartiers prioritaires par la création de deux mini-réseaux collectifs publics, de l’accompagner dans le financement du projet et la mise en

4I

actions aquassistance I automne 2012

J Réunion à Demdeng. De g. à dr. C. Tagne, M. Rabbiosi, J. M. Battarel, A. Giroud, M. Chamel (Maire adjoint honoraire), S. Chalot-Charlet, L. Ngamngne.

place de son système de gouvernance communale de l’eau. Chamonix se présente comme le pilote du projet auprès des bailleurs de fonds et permet à Demdeng l’accès à des financements qu’elle ne peut pas obtenir au niveau local et national. Nous avons monté un dossier et avons pris contact avec Aquassistance pour mettre en œuvre le projet. AA : Vous êtes allée vous-même à Demdeng. Quelles ont été vos impressions ? SCC : C’est une commune rurale de 30.000 habitants répartis sur 17 quartiers. Nous y avons été accueillis chaleureusement. Les conditions de vie ne sont pas misérables car il existe une vraie solidarité entre les gens, mais elles sont extrêmement précaires car ils n’ont pas accès à certains biens et services de base. Ainsi, bien que Demdeng ait un potentiel touristique, il est impossible de développer le tourisme sans eau potable. Les habitants attendent beaucoup de nous. AA : Quelle sont vos propres attentes vis-à-vis d’Aquassistance ? SCC : Un soutien technique, déjà en cours, dans le projet hydraulique. Depuis que les travaux ont commencé, suite aux expertises effectuées par Jean-Marie Battarel et Jeanne-Astrid Fouégué, nous avons instauré un mode de fonctionnement basé sur des réunions téléphoniques hebdoma-

daires de suivi avec Luis Peinado et la Mairie de Demdeng. Pour moi, c’est l’occasion de créer une synergie d’expériences d’appui à la gouvernance locale/expertise technique entre opérateurs de cultures différentes (ONG/collectivités territoriales) mais complémentaires avec un engagement commun dans le développement. AA : Quels sont les mécanismes financiers de la coopération décentralisée ? SCC : Il s’agit des mécanismes financiers classiques des communes, qu’il s’agisse de coopération décentralisée ou de tout autre domaine de leur compétence, dans la mesure où toute dépense doit faire l’objet d’une délibération du Conseil Municipal. Dans le cas du projet eau à Demdeng, c’est notre bailleur de fonds, l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, qui fait jouer le mécanisme particulier de la Loi Oudin-Santini. AA : Que vous apportent ces partenariats ? SCC : Beaucoup de travail… Plus sérieusement, les échanges sont très enrichissants. Cela permet de développer la connaissance d’autres systèmes et cultures, y compris la culture d’Aquassistance. De concert, nous travaillons pour mettre en place un accès et une gouvernance de l’eau durable à Demdeng. L’apport premier et ultime de ces partenariats ne serait-il pas la satisfaction de réussir ? ■


Cambodge Kampot...

A

MADEAU Le programme MADEAU mis en œuvre par le GRET au Cambodge et au Laos a pour ambition d’améliorer durablement l’accès et la qualité des services de l’eau et de l’assainissement des populations des zones semi et périurbaines.

eux équipes d’Aquassistance ont accompagné le GRET sur le terrain en septembre 2012 dans la ville cambodgienne de Kampot (40.000 habitants). Pierre Thibaudat et Pascal Forget ont audité deux stations de traitement d’eau potable et répertorié les fournisseurs de matériel électrique, en vue de la réalisation de coffrets électriques de commande des pompes. En parallèle, Saskia de Longvilliers et Manuel Ferreira

D

5I

actions aquassistance I automne 2012

A g.: Nettoyage de filtre à Angk Tasom. A dr.: Prise d'eau brute à Kampot.

ont posé un diagnostic sur l’évacuation et le traitement des boues de vidange de la filière assainissement domestique, dans le but de proposer un système adapté au contexte cambodgien, économique et respectueux de l’environnement. Le partenariat entre le GRET et Aquassistance s’inscrit dans une volonté de mutualiser des réflexions et des compétences. Du fait de sa présence au Cambodge depuis quelques années, le GRET a acquis une bonne connaissance de l’eau et de l’assainissement. De son côté, Aquassistance dispose de l’expertise technique nécessaire pour apporter des réponses aux problèmes qui se posent. Les partenaires locaux auxquels le GRET fournit une assistance technique sont l’Administration Provinciale et la Régie des Eaux de Kampot. La station de traitement de Kampot, d’une capacité de 250 m3/heure, est exploitée par un opérateur public, le Kampot Water Supply (KWS). La

deuxième station auditée, Angk Tasom (60 m3/heure), est exploitée par un opérateur privé. En matière d’eau potable, la mission fait ressortir qu’il existe des marges importantes d’amélioration du fonctionnement de la station, en optimisant son opération et le programme de maintenance préventive. Il apparait également que les personnels d’exploitation des stations ont besoin de formation. Les auditeurs ont proposé des optimisations simples, permettant, sans déséquilibrer le fonctionnement général, d’améliorer l’efficacité du pompage. Ils ont profité de leur passage pour faire une formation sur la conception et la réalisation des coffrets de commande. Suivant les souhaits exprimés par le KWS et le GRET, l’étape suivante pour Aquassistance, en 2013, serait d’aider l’opérateur à rédiger un manuel d’exploitation de la station et de former le personnel sur le terrain aux bonnes pratiques. ■

Les intervenants de g. à dr., de h. en b. : Saskia de Longvilliers, Pierre Thibaudat, Manuel Ferreira, Pascal Forget.


Sénégal Bembou

UN VILLAGE SÉNÉGALAIS TRADITIONNEL QUI SE PREND EN CHARGE

Par Jean-Marie Battarel

Bembou, chef lieu de la communauté rurale éponyme, est un charmant village traditionnel sénégalais très proche de la frontière du Mali et de la Guinée, dans la région de Kédougou. Ses habitants prennent actuellement leur destin en main, avec l’aide d’Aquassistance, pour améliorer leur accès à l’eau potable. A Bembou. Couchage. J A g.: Ecole de Bembou - le bureau du Directeur. A dr.: Distribution de bouillie vitaminée à l’école.

C’

6I

est à la demande de l’Association Initiatives Citoyennes et Solidaires des Mureaux (Yvelines), dont Papa Waly Danfakha est le Président (et conseiller municipal des Mureaux), que nous nous sommes rendus à Bembou après 14 heures de taxi brousse, accueillis par le chant des griottes (femmes dépositaires de la tradition orale qui louent les qualités et l’importance des hôtes). Riche de seulement 1200 âmes, ce village possède néanmoins depuis peu un centre de santé, ainsi qu’une école primaire et un collège. Mais quel collège ! Cinq classes constituées de paillottes qui ne filtrent que le soleil et certainement pas la pluie. Quant au bureau du directeur, très aéré, il est nécessaire d’y amener chaque jour table et chaise. Ce village nous a surpris, Alexia Giroud et moi-même, par son dynamisme et sa

actions aquassistance I automne 2012

volonté de bousculer l’immobilisme que nous rencontrons malheureusement souvent au Sénégal, les villageois se reposant trop sur la diaspora. Ainsi nous avons pu recenser sept associations dont un GIE (Groupement d’Intérêt Economique), organisées autour du développement des activités villageoises : riziculture, maraîchage, microcrédit, entraide, sport et loisirs, etc. Cette mission nous a fait supporter plus de 45°C (40° à l’ombre, mais malheureusement il n’y en avait pas). Inutile de dire que dans ces conditions tout le village dort en plein air. Il n’était donc pas nécessaire de disposer d’un réveil au petit matin ; les coqs, ânes et autres bovins se chargeaient de nous signaler le lever du jour. Actuellement alimenté en eau par trois forages équipés de pompes à mo-

tricité humaine, dont deux seulement fonctionnelles, et par des puits traditionnels tarissant à la saison sèche car pas assez profonds, le village, dont les besoins en eau sont estimés entre 40 et 45 mètres cubes par jour, souhaite en priorité une eau de qualité pour réduire les nombreuses maladies hydriques observées et un accès plus aisé (bornes fontaines). Nous avons trouvé une entreprise qui a pu intervenir durant notre mission. Elle a réalisé un pompage d’essai sur le forage qui, de l’avis de la population, ne tarissait pas. Cet essai a permis effectivement de confirmer les bonnes caractéristiques hydrodynamiques de cet ouvrage, qui serait susceptible d’être exploité à plus de 60 mètres cubes par jour et de fournir une eau de qualité conforme aux normes. Le projet technique qui a pu ainsi être bâti va permettre de mettre en place six bornes fontaines, d’alimenter le centre de santé, l’école primaire et, nous l’espérons, le futur collège en dur. Il ne reste plus qu’à trouver le financement ! ■


Madagascar Morondava

LA GESTION DES DÉCHETS AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT TOURISTIQUE

Par Claire Gayraud et Eric Chapal

Morondava est la deuxième ville malgache pour le nombre de nuitées après Antananarivo, mais malheureusement ses habitants ne profitent que faiblement des ressources touristiques, notamment à cause des déchets qui s’amoncellent. Il y a urgence à agir.

M

A En haut : Décharge communale au soleil couchant. En bas à g. : Bac à ordures dans le quartier Nahora Nord A dr. : Ce garçon récupère la balle de riz sur la décharge.

7I

orondava est une halte obligée pour les touristes qui se rendent à l’Allée des Baobabs et aux Tsingy de Bemahara, parc national de Madagascar. Suite à un appel à projet, l’ONG PlaNet Finance a été retenue pour le «Développement de l’Ecotourisme et la restructuration de la filière assainissement de la ville». Ce projet a débuté fin 2009 pour se terminer mi 2011. Il a été construit sur deux volets complémentaires : un volet touristique bénéficiant de l’expérience acquise par PlaNet Finance à Antanarivo et un volet Propreté. En effet, le manque de moyens matériels de la ville fait que ses prestations dans la filière de collecte et de traitement des déchets solides sont symboliques. Il était cohérent de vouloir améliorer l’image de marque de Morondava, en mettant en place un service de gestion globale des déchets solides. En assurant la Propreté d’une ville, elle de-

actions aquassistance I automne 2012

vient plus séduisante et plus saine pour la population et les touristes. La composante Propreté du projet avait permis de mettre en œuvre une campagne de sensibilisation et d’adhésion au projet, un comité de pilotage, des systèmes de pré-collectes avec mise à disposition de petit matériel et une amélioration du cadre juridique.

morque) est loin de pouvoir enlever cette production, dont une bonne partie est soit brûlée, soit enterrée par les particuliers, voire jetée dans des décharges sauvages. Les décharges actuellement utilisées par la ville sont situées dans des zones inondables et ne respectent pas les règles de protection de l’environnement.

Pour donner une suite au projet, une équipe d’experts d’Aquassistance s’est rendue à la demande de PlaNet Finance à Morondava pour étudier les possibilités d’amélioration de la Propreté et la gestion des déchets solides. Après avoir rencontré divers représentants des autorités, nous avons suivi la collecte des ordures ménagères dans plusieurs quartiers et dans les deux marchés principaux. La production de déchets solides est estimée à 30 tonnes par jour pour Morondava. Mais la ville avec les moyens dont elle dispose (un seul tracteur et une re-

Cependant, le projet d’une gestion durable et fiable de la Propreté à Morondava bénéficie d’atouts qu’il convient de souligner. Le taux de recouvrement des taxes et impôts est en grand progrès. La Propreté est la deuxième priorité des autorités municipales. Ceci s’explique par le rôle que Morondava peut et doit jouer dans le tourisme malgache. De grands progrès ont été accomplis : la rénovation de la rue principale réalisée en 2011, la propreté de la plage assurée par la mise en place de latrines et un nettoyage hebdomadaire de ce secteur sensible. Une ap-

proche globale est nécessaire, en partant du balayage, de la pré-collecte, en passant par l’enlèvement et le transport, pour s’achever après recyclage des déchets valorisables par une élimination favorable à l’environnement des déchets ultimes. Des propositions concrètes ont été faites concernant l’organisation logistique de l’enlèvement et du transport, pour rendre ce maillon essentiel plus efficace et moins pénible. D’autres propositions concernent l’élimination finale des déchets qui doivent être regroupés en un seul lieu et préserver l’environnement, notamment la ressource en eaux. Ces propositions doivent être complétées par un important volet de formation des personnels de la commune et de sensibilisation des usagers, car ce sont eux qui doivent porter le projet pour l’inscrire dans la durée. La création de micro-entreprises et de nouveaux emplois seront des sujets de réflexion pour PlaNet Finance.■


Sénégal Mbaniou

LE PROJET EAU POTABLE DES RESSORTISSANTS EN PASSE DE DEVENIR RÉALITÉ

Mission de

Aquassistance a été sollicitée par l’association de ressortissants du village de Mbaniou en France pour alimenter en eau potable le centre de santé et son village d’implantation. A Puisage de l'eau à plus de 40 m. J Finitions des enduits à une des bornes fontaines. appel à deux entreprises sénégalaises, l’une pour le génie civil, l’autre pour la mise en place d’un pompage solaire. La ressource en eau est fournie par un forage réalisé par la Direction de l’Hydraulique Rurale.

U

ne pancarte rouillée indique que l’on est sur le point d’atteindre le poste de santé de Mbaniou (région de Tambacounda). L’intérieur du petit hôpital de cinq lits se révèle aussi délabré que le panneau et faiblement doté en matériel médical. Pour ce qui est de l’eau, ce sont les accompagnants des malades qui doivent aller la chercher au puits. Une équipe formée de JeanMarie Battarel et Alexia Giroud a effectué une expertise qui a tout d’abord mis en évidence la pénibilité du puisage à plus de 40 mètres de

8I

actions aquassistance I automne 2012

profondeur. La population utilise deux puits traditionnels, l’un pourvu d’une pompe manuelle, l’autre d’un seau. Vu la profondeur de la nappe, les habitants utilisent souvent la force des ânes pour le puisage. Puis l’équipe a monté un projet technique et financier. Le financement des travaux est assuré à hauteur de 50% par le Conseil Général des Yvelines dans le cadre du dispositif « Solidarité Migrants 2011 », ainsi que par l’association de ressortissants et par Aquassistance. Nous avons fait

Fin juillet, Christian Rodier et Patrice Loas sont allés à Mbaniou pour suivre les travaux. Côté génie civil, la construction du réservoir de dix mètres cubes était en bonne voie, ainsi que celle des bornes-fontaines. Les habitants avaient creusé les tranchées pour les canalisations d’eau et les câbles électriques. Côté pompage, les piliers destinés à supporter les panneaux solaires avaient été construits, mais pas au bon endroit. Il a fallu les abandonner et choisir comme emplacement le toit du centre de santé, hors d’atteinte des enfants, des animaux ou de personnes malveillantes. Le sous-traitant a dû aller à Dakar pour chercher du matériel adapté. Deux jours plus tard, les panneaux arrivaient et

étaient fixés en hauteur. Ce petit incident prouve, une fois de plus, l’importance d’un suivi des travaux sur place aux étapes clés. Dans une deuxième étape, le projet s’étendra à l’assainissement, avec la construction de latrines et fosses septiques pilotes. Aquassistance veillera aussi à la formation de l’ASUFOR (Association des Usagers de Forage) qu’elle accompagnera à ses débuts, tant au niveau technique qu’administratif. L’ASUFOR sera chargée, par délégation de la Communauté rurale, de la gestion et de l’exploitation du service à partir des recettes de la vente d’eau aux bornes fontaines. Enfin, les bénévoles qui sont allés à Mbaniou se sont inquiétés du dénuement et des conditions d’hygiène du petit poste de santé. Ils tenteront de trouver les contacts nécessaires en France pour que cela s’améliore. ■


e l o v é n é b portrait GAÉTAN MASSOUBEYRE J Les travaux de Mokamo ont été épuisants. Jérôme Bréfort, Jean-François Ossola, Jérôme Bouzonnet et Gaétan Massoubeyre.

Gaétan Massoubeyre adhère à Aquassistance depuis une dizaine d’années et il a souvent répondu présent aux appels à bénévoles. Nous le remercions d’avoir accepté cette interview, alors qu’il préfère travailler sur le terrain plutôt qu’être sur le devant de la scène.

A combien de projets d’Aquassistance avezvous participé et combien de fois êtes-vous parti en mission ? J’ai été trois fois en République Démocratique du Congo (deux fois à l’hôpital de Kabinda et une fois à celui de Mokamo), ainsi qu’en mission au Burkina Faso (Legmoin) et au Mali (Gualala).

Avez-vous d’autres engagements associatifs ? J’ai repris contact avec mon ancien professeur d’histoire/géographie, que j’estime beaucoup et qui a créé une association en faveur d’une école de Madagascar. Je participe modestement au salaire de l’institutrice et aux repas des enfants (qui sont souvent leurs seuls repas de la journée).

Qu’est-ce qui vous motive pour travailler bénévolement pour Aquassistance ? C’est le fait de donner de l’eau à un maximum de personnes. Quand on voit ces mamans et ces enfants qui triment pour aller chercher de l’eau, on se dit que ce n’est pas possible de les abandonner à leur sort. C’est dur de voir aussi des enfants souffrir de maladies d’origine hydrique pour avoir consommé une eau de mauvaise qualité. Rencontrer des gens est une autre source de motivation.

Quelles compétences mettez-vous en œuvre sur les sites d’intervention ? Les mêmes que j’applique tous les jours dans mon travail, le savoir-faire qui m’a été transmis par les anciens de la SDEI, ainsi qu’un peu de débrouille. J’essaie d’avoir la même rigueur en France et en Afrique. Et puis, j’applique aussi l’esprit d’Aquassistance.

Comment arrivez-vous à libérer du temps pour faire du bénévolat ? Je pars pendant mes jours de congé et j’essaie de me libérer par rapport à mes gardes et astreintes. Mes collègues me comprennent et il arrive qu’on s’échange les jours de garde. C’est bien de passer ses vacances à faire ce qu’on aime et à rendre service en même temps.

9I

actions aquassistance I automne 2012

Pouvez-vous nous faire part d’un souvenir marquant ? Je me souviendrai toujours de ma première mission. Alors que j’étais adhérent depuis peu, Jean-Pierre Maugendre, que je ne connaissais pas à l’époque, m’a appelé pour me proposer d’aller au fin fond de l’Afrique. J’étais partagé entre l’envie de prendre mes jambes à mon cou et l’excitation d’un départ. La seconde a été plus forte. Quand j’ai raccroché, je me suis demandé dans quoi je m’embarquais. Passer un mois dans

le Kassaï Oriental (RDC) a été désorientant pour le petit-fils d’agriculteurs de l’Aveyron que je suis et en même temps une formidable occasion de rencontrer cette Afrique qui me faisait et qui me fait toujours tant rêver. Sur place nous avons fait du bon boulot et rencontré des gens extraordinaires. Avez-vous vécu des moments difficiles ? Dans le cadre du projet d’alimentation en eau de l’hôpital de Mokamo (RDC), la dernière mission a été dure physiquement pour nous quatre (JeanFrançois Ossola, Jérôme Bréfort, Jérôme

C’est bien de passer ses vacances à faire ce qu’on aime et à rendre service en même temps."

Bouzonnet et moi). Au départ, le thermomètre de la station où je travaille indiquait -19° et à Kinshasa il faisait 35° avec un taux d’humidité élevé. Le choc thermique a été rude. Mais l’équipe a été formidable et nous avons fait un travail « aux petits oignons » : 800 m de réseau à poser et autant de câbles électriques, deux réservoirs et la réhabilitation d’une source. Au retour nous étions vidés et j’ai mis un certain temps à me remettre. Vous avez suivi aussi la formation aux interventions d’urgence. Prêt pour le départ ? Demain s’il le faut. Je ne souhaite pas qu’il y ait de catastrophe, mais mon sac est prêt. Au stage de formation, Aquassistance avait choisi des gens de terrain, Pierre Noguera, Christian Rodier et Claude Boucher, les meilleurs formateurs qui soient.


LES TECHNOLOGIES WEB AU SERVICE DE NOTRE ASSOCIATION

Par Luis Peinado

E

n nous inspirant du concept du WBCE (Web Based Collaborative Engineering), nous avons refondé notre outil de travail en ligne, migrant d’un blog à un site internet. Aujourd’hui www.aquassistance.org reçoit plus de 12000 visites par an (pour plus de 7500 visiteurs distincts de plus de 100 pays, d’origine francophone, anglo-saxonne et hispanophone principalement). Néanmoins, le site internet n’informe pas uniquement, il est notre principal outil de travail dans le premier stade de nos projets, suivant le cycle ci-après :

D’abord il met à la disposition du public notre formulaire d’intervention. En moyenne, une douzaine de demandes par trimestre nous sont envoyées. Ensuite le Conseil d’Administration dispose d’un module « C.A. » dédié à la préparation de ses séances. Dans ce module les membres du CA retrouvent les nouveaux projets et la poursuite d’autres projets instruits par l’équipe permanente de l’association. Une fois que le CA a pris ses engagements, l’équipe permanente définit les compétences nécessaires par projet et engage l’appel à bénévoles. Cet appel est adressé à tous les adhérents, qui disposent du module « Bénévolat ». Cet espace contient la description des projets nécessitant un déplacement à l’étranger et d’activités à réaliser sans se déplacer. Pour ce faire nous avons établi depuis

10 I

actions aquassistance I automne 2012

Comment les communautés peuvent-elles rentrer en contact avec nous sans contraintes majeures ? Comment souder les motivations de plus de 700 adhérents, année après année ? Comment collaborer dans les problématiques de nos partenaires sans avoir un lieu de rencontre ? Comment capitaliser nos actions de façon pérenne ? Comment informer effectivement sans surcharger notre budget de fonctionnement ?… Autant de questions et de défis que nous traitons depuis 2010 pour améliorer notre capacité de travail en répondant aux exigences que le monde de l’aide au développement et de l’urgence impose dans son évolution. début 2011 une procédure en ligne qui accueille plus de 2500 visiteurs distincts par an et où plus de 360 postulants ont manifesté leur souhait de s’engager dans les projets. Une fois les équipes bénévoles constituées nous mettons à leur disposition deux modules d’échange, Infopartage (avec la collaboration d’Irina Jaubert) et les feuilles de suivi des projets. Pour communiquer avec les équipes nous privilégions les télé& web- conférences (Webex) afin de coordonner et faire avancer les projets. Mais dans un projet, il n’y a pas que de la technique, les bénévoles reviennent avec plein de photos, de vidéos et de bons souvenirs ! Nous capitalisons leurs expériences à travers des diaporamas sur nos actualités et des vidéos sur notre chaîne YouTube. Ouverte au public, cette chaîne présente nos actions sur support vidéo ou audio depuis le début des années 2000. Actuellement 15 vidéos y sont hébergées et ont été visualisées plus de 3600 fois. Les résultats obtenus jusqu’à présent nous ont motivés pour avancer. Depuis le début du mois de septembre notre site est disponible en anglais et en espagnol (avec la collaboration de David Morgan Smith et Patricia Bo) où en plus de présenter nos actualités nous mettons à disposition le formulaire de de-

mande d’intervention dans ces deux langues. Enfin, pour dépasser les barrières que la distance nous impose, nous avons commencé cet été à préparer et à tenir des rencontres web (avec la collaboration de Pierre Brenas). Sur le principe d’une visioconférence mais avec la puissance de la technologie Webex nous avons testé notre première rencontre avec 6 points géographiques. Les retours étant positifs, nous avançons vers la deuxième qui aura lieu le 6 décembre avec la participation de tous les adhérents et de leurs collègues. Cet espace d’échange permet de mettre un visage sur un nom, de rencontrer virtuellement d’autres bénévoles et d’ouvrir l’espace à des échanges qui seraient autrement très difficiles. Avec une capacité de 3000 ordinateurs connectés à la séance, nous vous attendons nombreux à la rencontre web d’Aquassistance le 6 décembre ■

b wenechiffres > 12 000 visites par an du site Aquassistance

> 7 500 visiteurs distincts, dans 100 pays > 360 personnes ayant répondu aux appels à bénévolat

> 15 vidéos sur la chaîne YouTube d'Aquassistance, visionnées 3 600 fois


Des Assises Yvelinoises riches en échanges Cette année encore Aquassistance a été conviée aux Assises Yvelinoises de la Coopération décentralisée et de la Solidarité Internationale, organisées par le Conseil Général au Collège Catherine de Vivonne de Rambouillet. L’invité d’honneur était le Liban et les participants pour l’essentiel des élus du département et des pays avec lesquels celui-ci a tissé des liens de coopération décentralisée, représentants d’associations de migrants et d’ONG et le grand public. Frédérik Landrieu et Luis Peinado ont parlé de l’implication des populations bénéficiaires dans les projets menés par l’Association dans le cadre d’un atelier animé par le pS-Eau. Vincent Antigny a accueilli les visiteurs sur le stand de l’Association. Le Conseil Général des Yvelines finance le projet d’alimentation en eau de Mbaniou (Sénégal) et celui de gestion des déchets liquides d’Aného (Togo). Le projet eau potable de Suelle (Sénégal) sera mené à bon terme grâce aux financements de la Communauté de Communes du Pays Houdanais, du Conseil Général et de l’Agence de l’Eau Seine Normandie.

brèves • brèves

A Sophie Besnault sur le stand de Croissy.

Aquassistance se présente au CIRSEE Le 11 octobre des bénévoles et des collaborateurs d’Aquassistance sont venus à la rencontre des salariés de Suez Environnement dans les halls du Pecq et de Croissy pour les renseigner sur les projets menés par l’Association, les modalités d’adhésion et de bénévolat. Merci à Christine Grenet, Carolina Furlan, Sophie Besnault, Arnaud Dokossi, Audrey Magné ainsi qu’au Service Communication pour leur participation.

brèves tu • brèves • brèves a•c Un cadeau à commander avant les Fêtes – la clé USB Aquassistance

Rencontres Régionales des Métiers de GDF SUEZ Jean-Luc Emery a représenté Aquassistance les 27 et 28 septembre aux Rencontres Régionales GDF SUEZ à Blois. Les visiteurs se sont arrêtés sur le stand dans le cadre d’un « Quizz-rallye » préparé par les organisateurs.

11 I

actions aquassistance I automne 2012

G Carolina Furlan sur le stand du Pecq.

Nous sommes les heureux possesseurs d’un stock de clés USB, que nous mettons en vente en faveur de l’Association. Ornées du logo Aquassistance, elles ont une capacité de 4 GO, font office aussi de (petite) lampe de poche et coûtent 10 € l’unité. Pour en commander, indiqueznous sur papier libre le nombre voulu et l’adresse d’expédition et joignez un chèque à l’ordre d’Aquassistance.

Fête de la Science à Cholet

A Cholet, c’est Bérangère Boucher qui s’est adressée aux lycéens dans le cadre de la Fête de la Science, rendez-vous national animé par le CNAM. Elle leur a présenté les activités

Aquassistance 59 avenue Emile Thiébaut 78110 Le Vésinet

d’Aquassistance pour les sensibiliser aux inégalités en matière d’eau potable dans le monde.


… e i c r e m re

Aquassistance

vivement

> Laurence Mathevet, Abdelkader Eutamene et Etienne Damerose (SAFEGE) pour le prêt d’un appareil de perméabilité pour le projet d’assainissement pluvial de Nouna au Burkina Faso > Hans Schenck et la DSI de Lyonnaise des Eaux pour leur décision de verser 1 € par questionnaire reçu dans le cadre d’une enquête de satisfaction > Anne Kyriacos, Irina Jaubert et Pierre Brenas pour la création d’une simulation pour les comptes d’exploitation prévisionnels d’un service des eaux > Patricia Bo (SEVESC) et Robert David Morgan Smith pour la traduction du site d’Aquassistance en espagnol et anglais. Merci aussi aux autres membres de l’association qui se sont proposés pour traduire > Michel Dumont pour le câblage d’une armoire électrique pour l’orphelinat de Grasi en Lettonie > Frédérik Landrieu et Jean-François Robin pour les plans, la recherche technologique et la conception de la filière de traitement en vue du même projet > Denis Leroy (SEVESC)

pour son aide en archivage

> Vincent Antigny (SEVESC) pour son aide en communication et au colisage de matériel pour la Lettonie > Le Syndicat des eaux Durance Ventoux pour le don suite à la vente de ferraille lors du renouvellement d’une station de pompage et pour son engagement dans le projet de Marianina à Madagascar > Les salariés de Lyonnaise des Eaux ou de ses filiales pour avoir collecté des équipements et matériels réformés et avoir permis le reversement du produit de la vente à Aquassistance : - Fabien Merlet, Chef de l’Usine de Morsang sur Seine et son équipe - Franck Watteau de Lyonnaise des Eaux à Semur en Auxois - Lyonnaise des Eaux Châteauroux - Eau et Force Nanterre - Les équipes travaux de Lyonnaise des Eaux Mougins - Le Service Contrats de Lyonnaise des Eaux au Siège

12 I

actions aquassistance I automne 2012

Actions_Aquassistance_Automne_2012  

Revue de l'association Aquassistance Automne 2012