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Bulletin de liaison de la Commission Plongée de la Fédération Française de Spéléologie Au sommaire de ce numéro : Page 2 : Editorial, modalités de prêt de l'analyseur Oz de la commission. Page 3 : Réunion C.I.A. du 23/01/2000 Page 4 : Liste des initiateurs agréés Page 5 : Liste des moniteurs agréés Page 7 : Michel Philips, Ultima Patagonia. Page 10 : Plongées Frédo Page 1 1 : Rencontre des CPIR. Chargé de mission Page 12 : Bernard Giai-Checa, plongée à la grotte de Pâques (Saint Cézaire - 06). Page 15 : J.M. Lebel, Beaume de Scey sur Saône. Page 17 : J.M. Lebel, Gouffre du Gros Gadeau

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: Lu pour vous, Philippe Moya : GSA, SDNO, CLPA, Expé Stiffe : CRPS, l'œil de la Doue : CRPS, Fontaine Saint Georges, la grotie

de Pâques (Collias - Gard) Page 32 : Camp National FFESSM : Event de la Goudoulières, Foux de la Vis. Page 35 : Activités du Spéléo Club de Dijon 1999. Page 36 : FFESSM, La Sexagésime 1998. Pages 39 à 43 : Pierre Eric Deseigne, Topos de la Résurgence du Cul Froid

Bienvenue à TOM fils de VINCENT DURAND et

CORINNE

Ci dessous l'heureux papa au cours de I'Expé STIFFE, mais non l'autre ne s'appelle pas Corinne, c'est Bruno.. ..


INFO - PLONGEE No 83

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MODALlTES DE PRET DE L'ANALYSEUR OXlGENE

Avant I'été, nous avons tenu à rattraper le retard sur la parution d'lnfo Plongée, c'est pourquoi nous vous offrons un énorme numéro double - 83 et 84 en une fois.

La commission a acheté un analyseur 02, pour le mettre à la disposition des équipes et des individuels utilisant des mélanges gazeux, et n'ayant pas la possibilité d'un posséder un.

La gestion de notre bulletin de liaison vient de changer : en effet, Christian LOCATELLI souhaitant se désengager encore plus de la commission plongée, Philippe MOYA en est désormais l'unique responsable. Les articles ne doivent plus être adressés à Christian, mais uniquement à Philippe. Je le remercie infiniment d'avoir récupéré au pied levé ce numéro, en attente depuis des semaines, et de l'avoir sorti en un seul jour.

Cet analyseur est géré par :

La gestion au quotidien suit son cours, et le groupe de travail enseignement a mené à bien son projet de sortir le référentiel formation pour les stages initiation et perfectionnement. Il a été remis le 19 avril au Ministère de la Jeunesse et des Sports. Je tiens également à féliciter Nelly BOUCHER, Présidente Adjointe de la commission pour la mise en forme admirable de ce document et aussi pour les nuits passées à mettre chaque virgule à sa place. En effet, le groupe de travail, très actif autour d'une table et dans l'eau ne possédait pas les qualité requises pour un travail d'écriture si minutieux. Je découvre avec plaisir qu'une équipe c'est avant tout un rassemblement de personnes, si différentes que quelquefois les tensions sont extrêmes, mais que tous tendent vers un seul but : la présewation de notre enseignement et de notre activité. Dans les mois qui viennent, nous allons faire un recensement complet des archives de la commission ( "archives " que ce mot est vilain ... cela représente quelque chose de mort, parlons plutôt de bibliothèque, c'est vivant, cela doit devenir un outil de travail accessible facilement. Nous allons plancher sur le sujet et tous les avis et bonnes idées sont les bienvenus. J'espère que pour tous, I'été sera rempli d'explorations et de belles premières.

Laurent MESTRE Chemin du Vieux Pavé - Mas de Chénier 38 121 REVENTIN VAUGUIS Té1 : 06 80 14 47 85 Pour en disposer : Demande à Laurent, accompagné d'un chèque de caution de 4000 FUS (non encaissé bien sûr). En cas de vol, le procès verbal de déclaration à la gendarmerie sera exigé avant restitution de la caution. Les détériorations dues à une utilisation normales ne seront pas sanctionnées L'analyseur sera remis aux emprunteurs en état de fonctionnement, et ne devra en aucun cas être démonté, le changement de piles intervenant régulièrement et étant à la charge de la commission. Les frais d'envoi et de retour sont à la charge du demandeur : chronopost ou colissimo suivant 1' urgence de la demande. Nous avons chois un analyseur de marque OMS, facile d'utilisation. II sera évidemment accompagnée de sa notice. Nous espérons que cela contribuera a rendre vos plongées plus sures.


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M F 0 - PLONGEE n083 d'encadrement reconduit.

en

2000,

l'agrément

sera

Nous sommes sans nouvelles de 2 moniteurs ans : Patrick BERN depuis plus ANI - Ils sont donc r Dominique listes d'encadrement. A eux de refaire une démarche volontaire si ils souhaitent recommencer a encadrer.

REUNION C.I.A. du ~ ~ ~ A N V 2000 IER SIEGE DE LA F.F.E.S.S.M.

- MONTREUIL

Moniteurs présents : Serge CESARANO - Marc STATICELLI Bernard GAUCHE - Patrick MUGNIER - Denis SABLE - JM. HAUTAVOINE - Philippe BUIRE - Claude TOULOUMDJIAN - Marc DOUCHET - Frédéric CAEN - Laurent MESTRE Philippe MOYA - Lucien CIESIELSKI - Marc BELTRAMI - Nelly B O U C E R - Jean - Pierre STEFANATO Christian LOCATELLI - Joëlle LOCATELLI Initiateur : Gilles JOLIT Absent excusé : Laurent CAILLERE 1) Proposition des nouveaux initiateurs : Frank VASSEUR - Alain GE Ludovic GIORDANO - Phi1 Jean - Luc CARRON - Frank I Ils sont acceptés, sous réserve que les dossiers soient complets et qu'ils soient en possession du C.F.P.S. ou brevet de secourisme équivalent. 2) Moniteurs stagiaires : Michel GUIS - Gilles JOLIT - Patrick BOLAGNO - Frédéric SWIERCZYNSKI Ils pourront être nommés moniteurs pour 2001 sous réserve d'avoir encadré dans d'autres régions et avec d'autres moniteurs. Aucune proposition de nouveaux moniteurs pour 2000. 3) Renouvellement des agréments : 3 moniteurs n'ont pas pu encadrer en 1999 - ils sont donc non agréés pour l'année 2000 - Christian LOCATELLI - Jean Marc PONCIN - Christian THOMAS . Sous réserve de journées

Eric IIAGEGE, après des années de service ne souhaite plus encadrer. Il lui sera confirmé par courrier que sa demande est prise en compte. Tous les autres moniteurs sont agréés pour 2000. Pour l'année 2000, il y a donc 29 moniteurs - 26 initiateurs agréés par la C.I.A. 4) Prévision des stages 2000 REGION EST : 13 et 14 mai découverte Chatillon sur seine 14 au 18/07 Perfectionnement Haute saône / doubs NO NDIE : 18 au 2 1 mai Initiation Lot C.1.A.S : 25 et 26 mars Découverte Brive 1 au 4/06 perfectionnement Lot C.D.S.13 : 11112 mars Découverte Bourg Saint Andéol 5 au 8 juin Perfectionnement Lot LREVPIP : 28 au 3 1 octobre Thème 'fil d'ariane' ? IDF : 10111/12 juin Découverte Lot 20121 mai Découverte Douix 14/15 octobre Découverte Douix Début mai Perf nitrox Lot Côte d'azur + CDS 8 3 et 13 415 mars Découverte St Maurice de Navacelles Provence + CDS 13 : 11/12 novembre Initiation + perf Cassis COSIF : 1 au 5 novembre Perfectionnement Vallon Pont d'Arc Juin Lnitiation Douix Octobre Initiation Douix Région Y : Juin Découverte Douix


INFO - PLONGEE n083

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INVENTAIRE DES SIPHONS DES RNiERES SOUTERRAINES DE FRANCE

Après des hauts et des bas (ce qui est le moins que l'on puisse dire à propos des siphons !) J'ai décidé de sortir l'inventaire des siphons des rivières souterraines de France. Je rappelle que cet inventaire est dressé par département. Les siphons sont classés par ordre alphabétique. En tête de chaque liste départementale, je donne un petit aperçu géologique et hydrogéologique de la région naturelle et du massif dans lesquels se trouvent les siphons. La description de chaque siphon est conçue suivant le principe de l'inventaire spéléologique de Louis Balsan a savoir : des rubriques simplifiées donnant le nom, la commune, la description, les auteurs de l'exploration et des références bibliographiques.. . Des coupes et des plans accompagnent l'inventaire. J'ai dressé cet inventaire (1400 références 1 siphons) en analysant le contenu des revues publiées par la F.F.S. (antérieurement S.S.F., C.N,S et C.N.R.S.) ainsi que les bulletins de la Commission Plongée F.F.S. et de la revue Siphon de la Commission Plongée Ile de France depuis leur création. De nombreux collègues m'ont apporté leur aide à assurer la correction et la mise à jour. Je les en remercie ici, encore une fois, îrès vivement. Malheureusement je n'ai trouvé aucune personne moraie ou physique susceptible de s'intéresser à la publication de ce document, mais il est encore temps de se proposer ! Après bien des hésitations, j'ai pris la résolution d'en faire quelques exemplaires pour que ce gros travail ne soit pas perdu. 11 représente une base de données importantes sur les réservoirs d'eau et la connaissance des réseaux hydrogéologiques karstiques de France. Je demande donc aux spéléologues interressés de se manifester pour que je puisse leur faire connaître le prix et bien entendu négocier ce dernier avec l'imprimeur. Ecrire à Henri SALVAYRE, Mas Saragosse, route de Thuir, 66 170 MILLAS 04 68 57 34 92 fax : 04 68 57 37 73, e-mail : salvavrein~aol.coiii, Merci ! H. Salvayre


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Une arrivée d'eau claire et fraîche (53°C) se mélange à I'eau de mer au niveau d'une petite plage, à environ IOOm en rive droite de I'embouchure d'une rivière de surface.

Description : Les sorties d'eau sont multiples, l'essentiel du débit, de l'ordre de 1 m3/s, sort à travers un griffon encombré de gros blocs. Vingt-cinq metres sur la gauche un autre griffon resurge sous le niveau de la mer par un porche immergé de 2m de large pénétrable sur quelques mètres après quoi il se rétrécit et devient impénétrable.

L'association Centre Terre en Présentation A l'issue des trois premières expéditions spéléologiques conduites en Patagonie, il est temps de faire un premier bilan des plongées réalisées dans les sirshons de l'archipel Ultima Esperanza. Ces expéditions, organisées par l'association Centre Terre avec le parrainage de la FFS, poursuivent un objectif d'exploration tous azimuts (géographie, géologie, spéléologie, archéologie et biologie). Elle ont fait, et feront l'objet de communications détaillées dans d'autres publications. Cet article se limite donc à l'aspect plongée souterraine.

L'entrée pénétrable est une faille située entre ces deux sorties pérennes. Un peu en retrait, dans la végétation, un passage bas débouche dans une petite salle d'où I'eau se perd en direction de la sortie principale par un laminoir impénétrable. L'amont est constitué d'une diaclase verticale d'environ 1,5 m de large pour 7 ou 8 m de haut, taillée dans une roche très sombre (grès). L'eau occupe toute la largeur sur une profondeur d'environ l m avec un fort débit ce qui rend la progression pénible. Cette faille se referme au bout de 30 m et un passage bas sur la gauche permet de pénétrer dans le marbre. Cinq mètres plus loin, I'eau sort de la roche blanche en bouillonnant dans un étroit passage. L'entrée dans le siphon se fait en s'agrippant

Situation La zone explorée se situe entre les latitudes 50" et 52" Sud, dans l'archipel Ultima Esperanza, en Patagonie Chilienne (au Nord de I'embouchure du détroit de Manellan côté Pacifique). N O U ~avons en particulier parcouru les îles Diego de Almagro (1995 et 1997) et Madre de Dios (2000).

Accès : Cette résurgence (en fait il sragit d'une émergence) se situe dans l'île Diego de Almagro à l'extrémité Nord Ouest du seno (fjord) Abraham.

contre le courant sur un marbre très lisse et presque totalement blanc. Quelques mètres encore et le courant devient presque imperceptible tandis que I'on débouche dans un large laminoir sombre, de nouveau dans le grès. La hauteur ne dépasse pas 80 cm, mais la largeur est de plusieurs metres. Ce laminoir horizontal arrive sur un ressaut vertical de quelques mètres où I'on retrouve le marbre et son agréable blancheur. Une courte galerie au bas du ressaut mène au point bas du siphon à19 m de profondeur.


INFO - PLONGEE no 83 Une diaclase dans une nouvelle veine de grès permet de remonter sur la droite. Cette faille étroite débouche en surface au niveau d'un éboulis de gros blocs. L'amont de la grotte continue par cette diaclase qui se transforme bientôt en une galerie rectangulaire dans le marbre. Elle monte en pente douce, entrecoupée de quelques grosses marmites taillées dans le marbre blanc. Deux petits ressauts donnent accès à une galerie perpendiculaire où l'on

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Accès : Cette résurgence se situe dans l'île Madre de Dios dans la branche Ouest à l'extrémité Nord du seno Eleuterio. Une grosse rivière se jette dans la petite baie entourée de falaises qui termine le seno. C'est dans le lit de cette rivière, navigable sur une cinquantaine de mètres, que se situent les arrivées d'eau principales. Au dessus, un canyon entaille la falaise et rejoint un grand lac visible sur les photos aériennes. Le siphon correspond à la perte de ce lac et constitue un niveau de conduits inférieurs sous le canyon.

Description :

retrouve la roche sombre. A droite la galerie se termine au bout de quelques mètres sur une trémie de blocs et de terre. A en croire la présence de racines en provenance du plafond, la surface est toute proche. Sur la gauche la galerie continue; son sol est assez chaotique, mais des banquettes permettent de progresser vers l'amont en longeant une petite forêt de fistuleuses. L'exploration est arrêtée sur un ressaut de quelques mètres.

Dimensions : Longueur totale développée estimée : 200 m Longueur immergée : 140 m Profondeur maxi : 19 m

Historiaue : La résurgence a été indiquée par l'équipage chilien du bateau de l'expédition qui connaissait les sorties d'eau douce sans avoir repéré l'existence d'une entrée pénétrable. L'exploration jusqu'au point bas du siphon a été réalisée le 15101197 par Michel PHILIPS, elle a été poursuivie le lendemain jusqu'au terminus actuel.

Le siphon Lobos

Le talweg moussu qui prolonge la rivière mène au bout de quelques dizaines de mètres à une grotte terminée par un siphon et peuplée d'une petite colonie d'otaries (lobos). L'entrée principale, plus accessible et qui nous évite de fréquenter de trop près nos amis mammifères marins est la sortie la plus en amont parmi celles qui s'échelonnent au fond du lit de la rivière. Le départ est une diaclase inclinée de moins d'un mètre de large et encombrée de gros bloc, ça racle et ça coince de partout face à un courant très violent mais ça passe quand même. Au bout d'une vingtaine de mètres, à la profondeur de 6 m, la diaclase s'est un peu élargie et le courant devient maîtrisable. La progression continue en pente douce au dessus du fond de la galerie et des gros blocs qui la jonchent. Au bout de 95 mètres de progression, la profondeur atteint 39 m. La galerie, taillée dans le calcaire clair, mesure 3 m de large pour 6 de haut et continue presque à plat, droit dans la direction 350". A 44 m de profondeur et 145 m de l'entrée, la cialerie channe subitement de section et Dasse sous Üne voûte basse de 1m de haut pour 2 m de large. Derrière, ça continue presque à l'horizontale pour arriver au point bas à -49 m et 160 m de l'entrée. De cet endroit part une galerie inférieure avec un courant qui se dirige vers la sortie. II doit s'agir d'un des boyaux inférieurs visibles dans le lit de la rivière et dans la diaclase d'entrée. La suite est vers le haut, en revenant un peu en arrière. Le passage vertical, entre de gros blocs qui forment un passage étroit, débouche dans une vaste salle à 34 m de profondeur et 200 m de l'entrée. Ce puits remontant

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INFO - PLONGEE no 83 continue vers le haut. Mais, pour le moment, l'exploration s'est arrêtée là.

Dimensions : Longueur immergée : 200 m Profondeur maxi : 49 m

Historique : Découvert le 31/01/2000 par Richard Maire, le siphon a été exploré les 03/02, 05/02 et 19/02/2000 par Michel Philips et Javier Lussareta.

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Dimensions : Longueur immergée : 85 m Profondeur maxi : 13 m

Historique : Découvert le 31/01/2000 par Richard Maire, le siphon a été exploré le 19/02/2000 par Aian Warild.

Les autres siphon du massif Le siphon Eleuterio Accès : Ce siphon se situe également dans l'île Madre de Dios à l'extrémité Nord du seno Eleuterio. Mais il débouche dans la branche Est. L'entrée est une source qui se jette dans le lit élargi et peu profond d'une rivière, juste au bord de la plage. Plusieurs passages immergés et émergés constituent autant de "fenêtres" qui permettent de traverser une paroi de calcaire décollée de la falaise derrière laquelle se cache une petite salle. Un beau siphon aux eaux claires occupe le bas de cette salle.

L'exploration de cavités exondées à l'intérieur du massif de Madre de Dios nous a permis de découvrir plusieurs autres siphons intéressants. Malheureusement aucun n'a pu être plonge faute de temps et en raison de la logistique nécessaire

Description : Plutôt qu'une galerie, il s'agit d'une çuccession de petites salles noyées, De l'entrée, le siphon plonge à -7Om puis continue à l'horizontale au dessus d'un fond de petits galets et de sédiments végétaux. L'halocline entre l'eau douce et l'eau de mer est très visible et se remarque aussi par une grande différence de température entre les deux couches. Le terminus actuel est dans une petite salle de 3m sur 5m.

pour amener le matériel. Le gouffre de la perte NO4 du mont Roberto se termine à -370 sur un siphon qui reste à explorer. La Perte du Temps possède plusieurs siphons : certains ont été shuntés par des galeries fossiles, d'autres sont trop dangereux (pertes vers l'aval avec un courant violent) mais d'autres attendent leur premier plongeur.

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AVEN SAINT-JOSEPH. Saint Vallier de Thiey, Alpes maritimes.

- Suite à l'article dans 1'Info no 80, j'ai prolongé cet été l'amont de cette belle cavité profonde de 145m, dans lequel je m'étais arrêté sur un étroit siphon. Court et peu profond, il débouche dans une salle imposante. Un départ fossile, atteint par escalade, m'a permis d'explorer un petit réseau fossile. L'actif se poursuit en amont au seul d'une belle galerie aux parois claires et érodées ; mais une coulée stalagmitique interrompt la progression. 230 mètres de galeries ont été découverts. - Toujours riches en surprises, les explos tant à l'aval qu'à l'amont de cette cavité se sont révélées chaque fois dignes d'intérêt. En cinq plongées, j'ai découvert plus de 3 kilomètres de galeries dont 190 mètres de siphons, grâce aux portages et à la patience de clubs et individuels ardéchois et provençaux.

PAGE 10 En septembre 95, aidé par 10 vaillants porteurs, j'avais exploré plus d'un kilomètre de galeries spacieuses au delà du siphon terminal amont à la cote 402. L'été dernier, avec Bruno FROMENTO, nous avons repris l'exploration des deux branches principales actives. L'une au débit supérieur se dirigeant vers l'ouest, et dans laquelle je m'étais arrêté sur un petit S3. L'autre au sud où il restait une escalade à entreprendre pour espérer shunter une impressionnante trémie. Malheureusement le siphon exploré en partie par Cyrille ARNAUD aidé de Cédric CLARY, bute au bout d'une soixantaine de mètres dans une salle de 2 m de diamètre, jonchée de petits blocs et d'argile, profondeur -10. L'escalade, haute d'une trentaine de mètres et pratiquée en traversées et vires exposées à cause de blocs et plaques instables, conduit à une galerie remplie d'argile. - Il reste juste à explorer, après le carrefour principal dans la branche sud, un petit affluent de 1 à 2 litres par seconde, qui s'écoule depuis le plafond de la diaclase, à une vingtaine de mètres de haut. - Le bilan de ces deux plongées n'est pas positif pour la jonction avec les Deux Sœurs, mais on est au moins sûrs qu'il existe encore des porteurs motivés qui peuvent attendre de longues heures devant un siphon ...Merci à eux.

GROTTE de SAINT-MARCEL d'ARDECHE. Commune de saint-Marcel. Réseau N 15 BIS.

L'AUTOMNIERE. Drôme.

- Cette cavité située près de Luc en Diois au pied du massif d'AUCELON a été exploré par le Spéléo Club MOTTOIS. La rivière en sous écoulement dans la cavité, résurge à l'extérieur en dessous de l'entrée, et se jette dans la rivière d'AUCELON. 200 mètres environ de petites galeries sympathiques, souvent fossiles, conduisent au siphon terminal à -40. Il a été plongé entre autres par Alain MORENAS sur une vingtaine de mètres. Arrêt sur une étroiture à -9. Je l'ai franchi pour m'arrêter un peu plus loin dans une petite salle prolongée d'une diaclase de plus en plus étroite . Retour en eau trouble délicat. Merci à S. BILLARD, E. CHABAL, R. EDDY, JY. et A. LIOTAUD, R. MAGNAN, A. et C. MORENAS et H. WYNS.

- Il est situé en rive gauche, à 1 km environ en amont après la jonction DESPEYSSE-SAINTMARCEL. 750 m de galeries aquatiques, où il faut progresser souvent à genoux, conduisent au siphon terminal, à la cote -130. Il est beaucoup plus vaste que le reste du réseau. 11 a été plongé par Patrice LAPIERRE sur une centaine de mètres, point bas -3 1. Une branche remontante l'a conduit sur un réseau fossile long de 250m - arrêt sur S2. - Une plongée m'a permis de l'explorer sur 290m -10. Arrêt sur manque d'air. Il présente un profil rectiligne et a des dimensions modestes. - Une autre plongée effectuée dans l'impressionnante branche aval du S1 a échouée à -51 devant un laminoir franchissable seulement à l'anglaise. - Le premier siphon dépasse au total les 250 m. - Merci à Arlette et Alain WADEL ainsi qu'aux spéléos de Grospierres, à mon fils Audric pour sa première grosse sortie, et à tous les autres.. .

AMONT DU BLIZZARD. Massif du Vercors. Situé au-dessus de Villard de Lans, au cœur des lapiaz du vallon du Clot d'Aspres, ce gouffre est encore caractérisé par une succession de puits splendides qui conduisent à -500.

COSA NOSTRA LOCH. Autriche.

- Nouvelle tentative de jonction avec le réseau BERGERHOLE (-1265m) et le maillon inférieur, la grotte de BRUNNECKER. La liaison est défendue par


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une zone noyée profonde. Elle donnerait une dénivellation totale de 1494m. - Une première tentative m'avait pesmis de descendre à -65 (vue à -75), longueur 340m, dans le siphon amont de BRÜNNECKER situé à +- 190. - Ensuite je devais , à cause d'un malheureux givrage, m'arrêter à -26, longueur 95m, dans le siphon aval du BIEmOCH, situé à -320.

- Une nouvelle plongée l'année dernière, dans le , inspecter les vaste siphon de B R ~ E C K E R pour plafonds jusque dans la zone des -55, ne m'a pas pernlis de découvrir de puits remontant. Pourtant il reste moins d'une centaine de mètres en développement pour réaliser la jonction. - Plongées organisées par le Club des Furets Jaunes de Seyssins.

RENCONTRES CPIR

- Les liaisons avec les pouvoirs publics - Les réquisitions - Les rôles opérationnels - Les moyens - Les responsabilités - Etc ...

La prochaine rencontre aura lieu à Dijon, lors du Congrès International sur la prévention, Secours Plongée souterraine, organisé par le S.S.F., du 22 au 24 avril 2000. La dernière a eu lieu à Lyon les 16 et 17 janvier 1999 et rassembla 33 participants. Son but principal était une réflexion sur l'organisation des secours spéléoplongée. La redéfinition des C.P.I.R. issue de leur bilan a été davantage affinée sur plusieurs plans, notamment sur : - leur répartition géographique - leur désignation - leurs rôles et missions - leurs relations avec les C.T. - les fichiers plongeurs et siphons - le recensement des matériels - etc ... Les aspects administratifs ont été aussi débattus, en particulier sur :

L'incontournable « relation avec F.F.E.S.S.M. >) a été suivie d'un large débat.

la

Enfin des points techniques particuliers ont été approfondis tels que :

- Gestion des plongées complexes (siphons profonds et mélanges) - Victimes blessées post siphon et décédées en siphons - Analyse des causes d'accidents - Fond de gouffres - Etc ... Le compte-rendu détaillé est à votse disposition, chez Frédo Poggia 12, rue Turgot 38100 GRENOBLE

CHARGE DE MISSION AJin de renforcer la gestion de surface des plongées complexes en secours, le S.S.F. a nommé Philippe BIGEARD en tant que chargé de mission. Connu pour ses compétences en la matière, il a pour tache de rassembler et de formaliser les outils de gestion , tronc comnzun, issues des différentes «écoles >» de plongées souterraines explorant des réseaux noyés complexes ou profonds. Cela conduira à court terme à une réflexion et un travail sur l'aspect expérimental de ce mode de gestion qui doit apporter plus de confort et de sécurité pour les plongeurs réquisitionnés lors d'un secours.


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Les SophiTaupes & CRPS Plongée à la grotte de Pâques St Gézaire, 06 Samedi 22 et dimanche 23 janvier 2000

Participants: Gilbert Fernandes (à qui l'on doit les photos de cet article), François Gaspard «le barbare)), Bernard Giai-Checa, Eric Madelaine et Xavier Pennec Plongeur: Bernard Giai-Checa TPST: 10h c 4h Vendredi soir: je viens de terminer le métrage des 200m de fil d'Ariane que j'enroule consciencieusement sur mon dévidoir. Le conditionnement dans les kits me prend plus d'une heure, j'essaye en effet de réduire au maximum poids et volume ... vous allez comprendre le pourquoi dans la suite du récit. J'ai mes 2 bouteilles de 6L, qui avec 3 kits complets représentent mon matériel de plongée. L'objectif de l'opération est la reconnaissance sur 200/300m du grand siphon de la grotte de Pâques, qui se trouve à plus de 2 kilomètres de l'entrée. Celui-ci, long de 8 10m a été franchi en 1990 par J.C. Tardy. Cette même année F. Poggia et P. Magniez découvrent plus d'un kilomètre de galerie derrière ce siphon. Depuis ces années à ma connaissance personne n'y a replongé. Hors, la topo indique plusieurs galeries à explorer en post siphon, un lac à aller plonger, des escalades à entreprendre (dixit ChéChé). 11 y a du boulot et n'oublions pas que l'eau de ce siphon, de la foux et de la grotte de Pâques en général (que certains apparemment aiment bien boire!) est toujours imprégnée d'un mystère quant à ses origines. Bien entendu le bassin d'alimentation est une zone qui recoupe les communes de St Vallier et de St Cézaire, mais comment cela fonctionne-t-il? Personne n'a de certitudes. L'exploration de cette cavité s'inscrit donc dans le même cheminement que la recherche de la suite de l'Abel, qui nous cause tant de soucis actuellement (ça siphonne

et le terminus de l'année passée aurait été atteint, on pense, grâce à une sécheresse exceptionnelle). Samedi matin: 8h30, nous sommes tous présents au rendez-vous fixé par mes bons soins à une heure décente pour pouvoir compter sur Xavier. Il ne fait pas très chaud. Je fais le bilan des kits. 6 kits pour 5 personnes. C'est raisonnable. L'accès au siphon nécessite le franchissement d'un puits de 15m. nous prenons 2 matos verticaux, une corde en 8mm et 5 plaquettes ... J'enfile ma combinaison qui ressemble à une armure ce matin. Bites à carbure, bouffe, survies, du courage et nous voilà prêts. Nous mettons un peu de temps à nous décider, car malgré nos grands sourires de spéléos endurcis, nous savons tous que ce ne sera pas tout à fait une partie de plaisir ... il est 9h30.

L'équipe

La grotte de Pâques est en effet une cavité complexe, où il est très facile de s'égarer, vu la quantité de réseaux annexes. Le porche de la grotte fianchi nous voilà dans le vif du sujet. Le ramping est quasiment constant, nous franchissons un laminoir boueux, et après de multiples reptations, car c'est le terme, nous débouchons dans la salle du Chaos, puis dans la salle de minuit, sympa et bien concrétionnée. nous soumons et nous nous engageons ensuite dans la galerie de l'oiseau. On commence vraiment à transpirer. Le passage du labyrinthe ne nous pose pas trop de problèmes. Mes rotules sont devenues insensibles de toutes façons. Enfin nous atteignons le terminus de Pâques 1, j'ai nommé les gours de Tony. Brave Tony! il aurait du rester couché ce jour là ... C'est un passage étroit et rempli d'eau où nous prenons chacun à notre tour une douche


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froide. Je signalerai aussi une forte odeur d'acétylène mêlée à une agréable odeur de transpiration! Renseignements pris, Eric a perdu le cul de sa Fisma... enfin ça s'arrange. .. et après un passage étroit boueux nous allons prendre un bain bien mérité cette fois-ci dans 'le lac'! Chacun apprécie comme il peut en serrant les dents... Nous sommes dans Pâques II et encore à plus d'un kilomètre du siphon. Ma motivation pour plonger est décuplée. En effet le passage des gours de Tony noyé écarte toute possibilité d'exploration de la suite du réseau ...maintenant je sais que je peux plonger! La suite est dans la galerie de la diaclase, on dira étroite. La fatigue arrivant lentement, le temps commence à se distendre, mais nous enchaînons mécaniquement toutes les galeries malgré la nature paumatoire du réseau. Eniin on rejoint le boulevard Popov ... ça va mieux, les galeries commencent à prendre du volume, un coup d'œil au compas pour vérifier un azimut (ça rassure!). Je sens mon cœur qui s'accélère, car on est proche du but! C'est la descente aux enfers. Une grande coulée de calcite rougie se présente devant nous. Le spectacle est féerique. Nous la remontons. Je me rends compte que je suis entrain d'exploser mes pataugas. Je vais ressortir pieds nus de ce putain de trou, c'est sur! Des orgues de calcite sur la droite, nous franchissons un petit ressaut équipé avec des broches, pour accéder à un boyau et enfin au Puits Chantal. Xavier me fait remarquer que l'on entend de plus en plus distinctement le bruit sourd de la rivière, ce qui n'est pas sans rappeler le fond du Sans-Pascal (Renaud aurait pu confirmer, s'il était venu). Ce magnifique puits se présente différemment de notre idée initiale. Il faut fractionner ou poser une déviation et on n'a pas prévu le matos nécessaire. De plus il manque au moins un spit pour équiper correctement. Enfin on se débrouille et on dira que notre équipement est en avance d'un point de vue technologique sur ce qui est enseigné à I'EFS. 11 faut dire que dans le groupe il n'y a que des Chefs d'équipe Secours et un fùtur cadre fédéral ... on maîtrise, mais je ne peux pas m'empêcher de me faire Iéger lors du passage du fiactio, vu l'état du rocher. Ayant emprunté le baudrier de François et chacun sachant qu'on a le même tour de cuisse je me cisaille l'entre cuisses. Ouf! Quelques ressauts équipés avec une main

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courante me donnent enfin l'accès au siphon. 11 m'attendait! Grandiose.

En pleine préparation ....

Pendant que je prends contact avec l'animal, les kits sont descendus un a un et acheminés sur une belle plage de boue ... Il est alors 13h30. Le spéléo devient plongeur ... je suis bien, pas fatigué.. .je repense aux comptes-rendus que j'ai lus et relus des quelques plongeurs qui sont passés ici avant moi. Eric sort le kit de poupées gonflables! non, je confonds, c'est ma stab ... Je déballe le reste de mon matériel avec précaution et je fais méthodiquement ma checklist. J'inspecte la totalité du matériel et je vérifie que rien n'a souffert durant le portage. C'est apparemment le cas... je couple mes 2 bouteilles, j'installe mon back pack customisé, la stab et je mets en pression mes 2 possédons. Tout baigne. Je monte mes éclairages sur le casque (2 x 4W -+ une tête de phare 20W + batterie + ma petite Frendo étanche à 650m?). Les dévidoirs sont prêts. J'enfile ma combinaison 2rnm + un shorty. Ca peut aller, l'eau est à environ 12 degrés et je compte rester immergé environ 30 minutes. Xavier et Gilbert font des photos, le flash est réticent ... je me concentre quelques minutes, je bois un coup, et je les quitte. A ce moment là je suis heureux et


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INFO - PLONGEE No 83 je les remercie tous de mon portage ... il est 14h15.

Moment de concentration

.....

Je suis tout d'abord une corde en place en surface et arrive à l'entrée réelle du siphon. Il y a du courant et je suis un peu surpris par son intensité. Plusieurs 51s sont en place (3 exactement). Je décide de ne pas dérouler, car ils ont l'air impeccable, malgré leur âge... cependant je vérifie continuellement leur état. Les marquages sur les fils sont peu nombreux, mais peu importe. Je palme pour avancer à contre courant et j'atteins approximativement les 300m. Les dimensions sont respectables déjà et j'ai à ce moment là plus de 20m de visi autour de moi. Le siphon est fantastique, clair, pas de touille, y a de l'ambiance. Ca doit pulser avec un propulseur... Je décide alors de rentrer en vérifiant mes azimuts. Pas de problèmes particuliers au retour, sinon une dureté excessive du cyclon. Il est 14h40, soit 25 minutes de plongée. On m'atiend avec une impatience que le froid semble activer. Je raconte brièvement ma plongée et surtout je me change, car ça caille grave pour moi. je reenfile ma souscombinaison mouillée, mais ça fait du bien. Et hop, je reconditionne le matos, pendant qu'Eric respire son acéto sous sa survie. J'imagine le lieu en crue et je me sens tout petit. Quel privilège d'être là aujourd'hui! II est alors 15h25. 11 est temps de rentrer. Je me bouffe un petit sandwich au jambon et à la glaise. Et on entame progressivement la remontée. On passe pas mal de temps dans le puits. Ca frotte méchant et Gilbert nous crie 'traction' pour nous motiver à remonter le matériel. Les différents passages au retour s'enchaînent assez vite, mais on sent la

fatigue sur les épaules, les discussions s'espacent, on fait moins attention au matos, les bouteilles cognent. Ca y est, on ressort des gours de Tony et d'un commun accord on décide de laisser ici mes bouteilles à un peu moins de lOOOm de l'entrée. On les récupérera demain ... finalement on sort de nuit vers 20h00 après 4 heures de portage. Il fait très froid, mais on ne peut s'empêcher de boire la bière (les porteurs ont été sages). J'arrive chez moi assez tard. Merde, il y a de la lumière et plein de monde dans la maison. Putain de putain, je l'avais oublié ce repas de famille. Abattu par celte vision, je sors de la voiture, douche, foie gras, vin blanc et après je ne me rappelle plus du menu. Dodo minuit passé. Ca craint.. . Dimanche matin: on est à nouveau sur les lieux vers 10h. Profitant d'une journée d'initiation que notre club organise, nous ressortons mes bouteilles. Je pense au futur. C'était la première étape d'une série de plongées et mon esprit travaille déjà au matériel à emmener et à l'organisation au niveau du département de la prochaine expédition. Je suis vraiment admiratif de mes prédécesseurs dans ce siphon. Bernard Giai-Checa Les SopbiTaupes & CRPS

Heureux ! ! !


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(Haute-Saône) Nouvelle campagne de plongées sur cette résurgence de la rivière du Chaland, liée au trou du Deujeau en particulier (Cf [II) : pas moins de sept plongées de juin à août 99, faisant passer le développement 1 dénivelé de 600 mètres (420 noyés) / -8, à 885 m (685 noyés) / 27. Pour l'historique, se reporter à Info-Plongée n078, pp. 27, 1998.

Chaque plongée a nécessité, à chaque _fois,la redésobstruction de l'entrée : environ '/z heure à ôter les pierres en apnée, jetées là pour « s'amuser » sans doute ... froide envie de découpage au LASER païfois, avec finition à 1 'acide ! Lors d'une première plongée d'amélioration de l'équipement sur les 200 premiers mètres, je vais revoir le terminus branche Ouest à 250 m. La visibilité étant meilleure (deux mètres, au lieu des cinquante centimètres de l'explo précédente), plutôt que de m'enfiler dans une queue de diaclase sans suite, je raboute mon dévidoir. En 2x7 litres, je suis à cours d'autonomie. Le lendemain,je trouve la suite à la verticale, à -8, on atteint rapidement -16. Après 125 mètres de fi1 déroulés, je bute dans une nouvelle diaclase : en haut, en bas, pas de suite. La visibilité tombe vite. Retour en topographiant. Lors d'une visée à 250 mètres, j'obsewe une grenouille en décomposition. Tout contre, un macabre ballet de têtards aflolés, sinistre départ dans la vie ! Une nouvelle plongée permet de poursuivre l'explo sur 40 mètres. Et là, dans mon phare, unfil ddriane apparait :je suis retombé sur la galerie connue du SI, a 290 m de l'entrée par l'ancien trajet. La branche Ouest mesure 210 mètres, le parcours depuis l'entrée est donc de 410 mètres :pas vraiment intéressant ! D'après les dimensions, comparativement au (( shunl J), el le courant fort sensible, il

semblerait que cette branche Ouest soit en fait le conduit principal. Le shunt ne constituerait qu 'un passage creusé plus récemment servant d'exutoire supplémentaire. La faible profondeur de celui-ci, comparée au point bas de -16 mètres de la branche Ouest, va dans ce sens. EnJin, 1 'argile de décantation est présent de façon beaucoup plus importante h n s le shunt. Il n 'y a plus qu 'à essayer de trouver le départ dans la vasque du 52... En Juillet, en une plongée de 3 heures en 2x12 1 et relais 7 1, l'amélioration de l'équipement dans la fin du Slest réalisé, ainsi que trois essais infructueux depuis la vasque du 3.2. Nouvelle tentative le 25 Juillet : au deuxième essai, au fond de la vasque, je déniche enfin un laminoir qui (( sent )) la suite : le sol est un talus pentu d'argile, sur lequel des traînées de gravier sont visibles. Lapente estforte, j'atteirrt rapidement la profondeur de -2 7. Je déroule sans problème, en essayant de garder un bon cap Nord-Ouest, car la visibilité est « courte ». Hélas à 75 mètres,je bute lamentablement. J'ai beau rayonner un peu à droite, à gauche, en haut, en bas, la visibilité s'annule bientôt. Plongée de 2h 1Omn. Je remet çà fin août, gonflé à bloc de 2x12 litres et relais 12 1 de surox 31% ! Bien que je prenne soin de scruter les parages avant d'arriver au terminus, je rn 'y plante de nouveau. J'insiste cette fois vers le haut, parviens même à -16 par rapport au fond à 24, mais pas de suite. J'amarre mon fil sur une lame d'érosion que je juge fugitivement «pas terrible H. Et e#ectivement, j'ai à peine le dos tourné de quelques mètres vers le retour, qu'elle lâche sans doute car le fil devient complètement détendu. Comme je surveillais le fil par la sensation du défilement dans la main et que, bien entendu, un nuage de touille infernale m 'arrive dessus à ce moment précis (lors du stationnement à l'amarrage du fil audessus, les bulles ont du décrocher un beau nuage d'argile qui arrive avec juste le bon retard pour ne plus se méfier...), la loi bien connue de (( l'emmerdement maximum )) (*) joua à plein :je perd le fil.. . Et là sans bouger d'un pouce, je me suis pensé :« Lebel ! une chance sur deux ». Parce que, vu la pente, le fil pouvait bien continuer à descendre tout seul


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INFO- PLONGEE NO83 vers le bas. Parce que je suis aveugle dans une « galerie » dont je n'ai pas idée de la morphologie, parce que je suis ... dans la merde quoi. Et qu'on ne vienne pas me parler de technique de recherche de fil dans ces conditions de siphon ! Je n 'aipas bougé d'un millimètre, sans cesser de garder le regard tourné vers où devrait être le fil, sans savoir quoifaire. C'est drôle comme les secondes prennent alors un certain poids. Et puis les drôles là-haut me font une fleur : une lame d'eau moins turbide me laisse juste le temps d'apercevoir un mince trait blanc. Ma main s'abat sur le fil, ouf! Redescendre jusqu 'auJizzctionnement en enroulant le fil en vrac autour du poignet reste un peu délicat, mais je sens que le fléau est tombé du bon côté ... Je refais une tentative au dévidoir dix mètres avant le terminus, conviction un peu émoussée, pour buter de nouveau. Cettefois j 'en ai marre, retour au soleil. La mauvaise visibilité chronique, alliée aux dimensions vraisemblablement importantes reste le handicap nzajeur pour la poursuite de 1 'exploration. L 'argile omniprésent annule rapidement toute visibilité, ne laissant au plongeur que quelques secondes pour scruter. Chaque tentative nécessite le franchissement du Siphon i de 400 m. Ensuite vient l'abominable galerie exondée de 200 m, dont le sol est constitué d'argile où l'on s'enfonce jusqu 'aux mollets si on a la malencontreuse idée de vouloir se mettre debout. Imaginez la suite lorsqu 'on est chargé d'un bon bi-bouteille. J'ai pour ma part opté pour le palmage sur le dos, faisable si le niveau est assez haut (50cm). Mais s'il est plus bas, on se retrouve comme une tortue sur le dos, les bouteilles collées dans l'argile, à battre des pieds et des mains ... Pourtant, c 'est dans ces conditions extrêmes d'étiage, qu'on aurait sans doute la plus grande chance de trouver la suite du S2 : équation insoluble ! En tout cas, les plongées à la Baume USENT ! (*) Formalisation du concept universellement observé en plongée-spéléo et AILLEURS: quand un ennui arrive, les autres se précipitent...

[lJInfo-Plongée no 82 « Deujeau :découverte

de la rivière souterraine du Chaland ))

Gouffre-perte archi-classique du Doubs, il a vu passer E. Fournier en 1901 jusqu'à -50, puis le Groupe Spéléo du Doubs en 1958 jusqu'au siphon ex-terminal à -1 12. En 1974, le plongeur belge Y. Brams parcourt 30 m dans ce siphon étroit et encombré de branchage (Cf. [l]). En 1986, D. Jacquemin (Cercle Lorrain de Recherches Souterraines), équipe le gouffre seul et entame une désobstruction de branchages en mono-bouteille. Le C.L.R.S. est de retour en juillet 99, Dom. équipe le gouffre la veille de la plongée. On descend le matériel le samedi et immersion dans la bauge : une couche de mousse flotte en surface.. . le conduit est exigu, la visibilité d'une trentaine de centimètres. J'ai à peine le temps de me mettre « dans le bain » que j'émerge ! siphon franchi : T-R-O-1-S mètres. Le conduit se poursuit encore exigu, laissant les pieds (et les genoux, à quatre pattes) dans l'eau. Une voûte mouillante de deux mètres, puis je peux me mettre debout. J'y « crois » et dépose donc mes bouteilles. De là, je parcours une cinquantaine de mètres dans une galerie qui reprend de l'ampleur. Un ressaut de trois mètres à désescalader, quelques cascatelles et . . . siphon. Je retourne chercher mes bouteilles et m'immerge dans la vasque. Après une étroiture au départ, le siphon « sort » au bout de dix mètres. Une vingtaine de mètres et deux cascatelles plus loin se présente un nouveau siphon. La galerie, au départ assez étoite, prend du volume à quelques mètres. Je ne distingue plus qu'une paroi et la profondeur atteint -5 m à 15 m de l'entrée. Le conduit remonte ensuite, et à 20 m je rencontre un talus de gravier qui « sent » la sortie de siphon. Hélas à -2,50 m le passage devient impénétrable : je coince sérieusement. Demi-tour en réenroulant mon fil jusqu'à l'amarrage au point bas. Le patron en a profité pour éteindre, obscurité totale ! ON FE ...


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PACE 20

Je retrouve les amis qui entamaient juste les frissonnements. On ressort en déséquipant. Temps passé sous terre : 5 heures (plongée : lh45). Au total, on a avancé modestement de 150 mètres pour au moins 12 mètres de dénivelé, ce qui porte le développement du Gros Gadeau à 510 m pour une dénivellation d'au moins -124 m. De façon générale, le tronçon découvert conserve la même morphologie que celle qui va de la base des puits au siphon ex-terminal. La résurgence est la source de Gouaille à Salins-les-Bains, qui vient de livrer quelques secrets au Groupe Spéléo du Doubs.. .. Le

goufire du Crâne Percé, très proche du Gros Gadeau, a également livré au même groupe pas moins de 23 squelettes humains (de la période celte au néolithique, pas d'un club concurrent.. .) et les recherches s'y poursuivent (Cf 121).

D. Bastien, V. Hugel, D. Jacquemin, J.M. Lebel, D. Yung. [l] Spéléologie en Franche-Comté. Editions SHAC-SCJ, pp.70-72 1990, Y. Aucant, J.C. Frachon, C. Scmidt. /2] Nos Cavernes n019, 1949-1999, pp94-102, G. Chorvot, P. Bourgoin (topographie de G. Hez). [3] Spéléologie dans le Jura, Tome 1, 1999, pp 6-7 (topographie G.R.S.B.).

Lu pour Vous Sur les Palmes d'Henri Lombard tome 2 de Frank Vasseur

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Nous connaissions tous Frank pour sa mégalomanie et son égocentrisme mais là il dépasse les {{ bornes.. .

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Voilà qu'il vient nous faire subir le tome 2 de son inventaire des siphons Héraultais. Cet ouvrage n'est qu'un ramassis d'informations de première main sur tout ce qui se plonge dans l'Hérault, non content de reprendre de manière exhaustive tous les trous même les plus petits en allant vérifier Iuimême souvent les informations qu'il publie, en topographiant lorsque cela n'est pas fait. Voilà qu'en plus il illustre son travail de très nombreux dessins dont l'humour doit le faire rire ...et de photographies dont certaines sont de véritables témoignages de ce qui s'est fait il y a déjà de nombreuses années. De plus il ose même nous imposer les faciès de ses nombreux complices. Pour avoir l'air cultivé, il émaille son récit de nombreuses citations de spéléos, alpinistes, himalayistes, marins, philosophes.. . ..Frank çà suffit maintenant rends moi mon dictionnaire de citations. ose même complèter le tome 1, des explos faites entre temps, pour vous inciter lâchement à l'acheter également si ce n'était pas encore fait. Quand je vous aurais dit qu'il ose vendre ce bouquin 100 frs + 25 de fi-ais de port, un bouquin de plus de 261 pages écrites petit en plus ! que pour I'acheter il vous suffit d'écrire à :

Association CELADON

2, rue des Bourbuissons 34740 VENDARGUES

vous aurez compris toute la bassesse de ce personnage. ,#

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Mais pour finir quand Frank ose écrire que j9appartiens a la SDN0 au lieu du SCV07, et qu'il ne précise pas que le shunt derrière le S3 des Fontanilles c'est moi qui l'ai découvert alors que j'étais venu l'aider avec Jérôme Martin et Richard Huttler.. .je ne rigole plus.. . .

Frank, il y a des limites quand même ! ! ! ;-))) Philippe Moya

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Immédiatement en amont de la cascade, la galerie est entièrement occupée par une rivière profonde, large d'environ 3 mètres et siphonnant au bout d'une quaranbine de mètres.

SITUATION Située dans le parc des monts Velino-Sirente (Abruzze-Italie), la grotte de Stiffe se trouve à 21 km de la ville de 19Aquila,à proximité de la route qui relie San Demetrio ne' Vestini à Molina Aterno. Route SS26 1, dénommée : Subequana. Le village situé au pied de la grotte lui a donné son nom : Stiffe.

Le porche de la grotte s'ouvre au fond d'une belle reculée surplombant le village de Stiffe. Une rivière en sort et rejoint le village par un canyon comportant plusieurs belles cascades. Des vestiges de la canalisation, mise en place au début du siècle pour alimenter une centrale hydroélectrique dans le village de Stiffe, subsistent encore en rive droite du canyon. La grotte étant aménagée à des fins touristiques, les 500 premiers mètres sont équipés de passerelles, chemins bétonnés et escaliers surplombant la rivière. Quelques passages bas, cascades et salles ont été shuntés par trois galeries artificielles, intelligemment modelées pour ne pas dépareiller le décor. Il est de même pour l'éclairage artificiel, conqu par un professionnel du cinéma. Dans cette partie, à 330m de l'entrée, la rivière souterraine recoupe une faille importante et donne naissance à la première grande cascade du réseau. Haute d'une quinzaine de mètres, cette chute spectaculaire aboutit dans une très belle vasque de plusieurs dizaines de mètres de diamètre. Les galeries de la partie aménagée sont en général assez vastes et richement concrétionnées, la rivière y coule souvent en surcreusement. Au terminus de la partie touristique, la galerie devient haute et large, et bute sur un lac profond au pied d'une deuxième cascade haute d'une vingtaine de mètres (540m de l'entrée). Une cheminée latérale, suivie d'une vire, puis d'un passage en surplomb audessus du lac permet de fianchir cet obstacle.

Ce petit siphon (580m de l'entrée, +65m), long de 15 mètres et profond de 7, ne présente qu'un passage pénétrable au milieu d'un encombrement de blocs. Après ce premier siphon, un parcours dans une rivière profonde donne accès à une vaste salle occupée par un lac, dans laquelle se jette la troisième cascade du réseau, haute de 10 mètres (675 m de l'entrée). La galerie se poursuit au-delà de la cascade, tantôt avec des formes elliptiques larges et basses, presque totalement occupées par une eau calme, tantôt avec des formes carrées de bonnes dimensions. Par endroits, la rivière a taillé de belles marmites de géants qu'elle emprunte en cascades bruyantes. A un détour de la galerie, le concrétionnement se manifeste sous la forme d'une très belle codée stalagmitique, d'un blanc pur (1000 m de l'entrée) baptisée des prénoms des deux égéries locales. A 1450 mètres de l'entrée, La galerie se poursuit sous cette forme jusqu'à une vaste salle ébouleuse avec à son extrémité une vasque profonde dans laquelle se jette la quatriéme cascade, haute de 10 mètres (1500 m de l'entrée, +117m). La galerie entre alors dans une phase d'ascension en une succession de quatre cascades entrecoupées de lacs profonds. La cinquième cascade haute de 13 mètres, donne accès à un magnifique lac d'une trentaine de mètres de long, puis deux autres cascades, de 5 et 10 m de haut (1650 m de l'entrée, + 159m) permettent l'accès à un couloir de forme rectangulaire très fichement concrétionné. A 1810 m de l'entrée, une grande salle (100m de long, 15m de large et autant de haut), encombrée d'énormes blocs, crée à elle seule un obstacle. Par la suite la galerie, toujours de fortes dimensions progresse sans difficulté particulière en une succession de biefs jusqu'à une ultime salle ornée d'une superbe dune de sable (2286 m de l'entrée, +186m). Au fond de cette salle et en contrebas de la dune de sable, une vasque aux couleurs sombres donne accès à un petit siphon de 30 m, -Tm, de parcours simple mais aux parois très chargées en dépôts argileux. Après le francbissement de ce deuxième siphon, un lac d'une vingtaine de mètres de long bute sur un troisième siphon (25m, -6m) de section plus réduite. Au-delà de la vasque amont de ce siphon, la galerie au sol sableux, reprend des


Omffe cle STIFFE

Sen Demetrlo ne' Vestlnl (ABRUnD) ITALIA

Echelle 1 :1O00

sdle des blocs

galerie des m茅dures

Exploratbrm et Topopraphie 1894/1995/1987: CLPA (MontpUier France) Qruppo Spekokgiw AquHano (L'Aquila italia) SDN0 (Oyonnax France)

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LevB : entr6e tenntnw des v没Res : th6odolile termnus dm v没ites d茅but du siphon 2 : d6cam&treicompas siphon 2 -siphon 3 : croquis d'expioratton Report sur Macinlosh : V. DURAND (Toporobot + Adobe Illustralor)

--Y , -.

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cauade (2

5 éma cauads (13 ro) "cascade S e r w

18I O m cistance depris l'entrée

+ 20 m dér4vellée depuis t ' d i e s y c h e m n b é i o d avec escaliers

GrOlt8 dl STIFFE

ITALlA Eclielle 1 :20 OM)


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dimensions honorables (2380 m de I'entrée), arret actuel des explorations. II faut noter qu'une des phcipâles difficultés de ce réseau au-delà du premier siphon, provient de la composition de l'air qui se charge en CO;! et s'appauvri en oxygène, rendant toute progression dificile, et rendant absolument impossible l'utilisation de l'acétylène. *Lagrotte de Stiffe sert depuis plusieurs années de site d'étude sur les variations de composition chimique de I'eau et de l'air du réseau en fonction des saisons et est équipée de toute une batterie de capteurs transmettant ces mesures à un poste central à l'extérieur de la grotte.

Trois années plus tard, le cercle spéléologique Mmhigiano effectua une exploration plus poussée, escaladant la paroi avec des techniques alpines, entrant ainsi dans les galeries supérieures. Ils explorèrent la grotte jusqu'à la seconde cascade (540m de l'entrée) puis réussirent à franchir cet obstacle quelques jours plus tard et s'arrêtèrent en haut de la cascade devant une rivière.

Le groupe spéléologique URRI de Rome, explore à nouveau la grotte, et dépasse le point limite des Marchigiani, pour s'arrêter 50 mètres plus loin, en un point ou la voûte de la galerie s'immerge dans l'eau. Ils avaient atteint le premier siphon.

HISTORIQUE DES EXPLORATIONS

Fin du 18""" :

II n'est pas exclu, que vers Ia fin du 1 ~ "siècle, ~ l'ingénieur Eugenio PERRONE ait effectué quelques visites à l'intérieur de la grotte, au vu de ses écrits sur les phénomènes karstiques des hauts plateaux des " rocche". Il y affirme notamment avec certitude, que la grotte de Stiffe correspond à la résurgence des eaux qui se perdent dans les goufies de Terranera.

Les premiers écrits relatant les explorations de la grotte de Stiffe, remontent au début du 20""" siècle, quand les administrations locales eurent l'idée d'utiliser l'eau des cascades externes pour produire de l'énergie électrique. Pour réaliser le projet, il fut nécessaire d'explorer l'intérieur de la cavité. C'est ainsi qu'en cette année 1903, les techniciens et ingénieurs de la future centrale réussirent à atteindre la grande salle de la cascade à 330 mètres de l'entrée croyant à la fin de la grotte, puisque I'eau semblait sortir d'une étroite fissure, à 15 mètres de hauteur dans la paroi.

A cette époque, le siphon ne fut par reconnu immédiatement comme tel. En effet, à cause de l'absence totale de courant, ils crurent que I'eau arrivait de petites fissures sur les parois et le fond de la galerie. Une tentative de plongée pour confirmer cette hypothèse ou découvrir le passage avorta à la suite d'un incident lors du portage, rendant les bouteilles de plongées inutilisables.

Durant l'été 1991, une nouvelle escalade de la deuxième cascade fut réalisée avec des techniques plus modernes, afin d'équiper les passages en cordes fixes.

Un membre du groupe spéléologique de lYAquila, Sergio GILIOLI, fit la première véritable tentative de plongée, et trouva un passage bas encombré de blocs par - 7 m. Après une quinzaine de mètres il émergea dans une salle partiellement noyée, aux eaux particulièrement calmes. Plusieurs tentatives pour trouver la suite furent vaines. Août 1994 :

En 1956, le cercle spéléologique de Rome effectue une reconnaissance dans les Abruzzes, et en particulier à la grotte de StifEe, l'explorant jusqu'à la base de la paroi dans la grande salle et entrevoyant le passage aux galeries supérieures au sommet de la cascade, 20 mètres plus haut.

A la demande de Bruno Chiarelli, président du Gruppo Speleologico Aquilano, une expédition française, regroupant des spéléos de la SDN0 d'Oyonnax et du CLPA de Montpellier, inscrit la grotte de Stiffe dans ses objectifs. Une première reconnaissance du siphon (B. MAURICE et V. D D) fut tentée dès le deuxième jour et permit de trouver le passage qui


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avait arrêté les Italiens après le siphon. Passage de 4m par 4m, suffisamment mal placé pour que seul l'œil expert du géologue puisse le trouver. La première s'arrêta devant la troisième cascade du réseau, située à une centaine de mètres en amont du siphon. La plongée suivante permit une escalade en libre assez osée de B. MAURICE, en rive droite de la cascade malgré la fragilité des prises. Une fois cet obstacle équipé en fixe, la reconnaissance d'une partie de la rivière nous amena à 1100 m de I'entrée de la grotte. Un taux très élevé de CO2 et un appauvrissement en oxygène imposèrent l'arrêt de cette reconnaissance. L'arrivée du reste de l'équipe fut marquée d'une grosse frayeur dans le siphon, due à un très mauvais équipement, mais facilita la topographie d'environ 500 mètres de réseau. Une dernière pointe permit d'atteindre la base d'une quatrième cascade, à 1500 mètres de I'entrée et à +117m. La fin de ce camp fut mise à profit pour topographier la zone noyée et raccorder l'ensemble avec la topographie de la partie touristique réalisée par les Italiens. Octobre 1994 :

Le but de cette escapade éclair était de pouvoir profiter d'une période de très basses eaux pour franchir la quatrième cascade qui nous avait arrêtée l'été précédent. Un mat d'escalade fut ainsi fabriqué spécifiquement a cet effet. La pointe fut réalisée en seule plongée (S. GILIOLI, B. MAURICE et V. DURAND). Le mât remplit pleinement sa fonction ; l'équipe put franchir la cascade et s'arrêta lOOm plus loin devant une cinquième cascade haute de 13m. Là, de violents maux de tête, dus à un taux de CO2 encore plus élevé en cette période d'étiage, eurent raison de notre enthousiasme et nous incitèrent à faire demitour.

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Août 1995 :

Cette expédition GSA, SDNO, CLPA fut mise à profit pour réaliser trois pointes permettant l'escalade et l'équipement en fixe de trois nouvelles cascades et la découverte de 600 mètres de réseau avec notamment une grande salle ébouleuse d'environ 100 m de long et un couloir fortement concrétionné. L'exploration s'arrêta devant le deuxième siphon à 2286 mètres de l'entrée pour une dénivelée de +186 mètres. La topographie fut entièrement réalisée durant cette période, en parallèle avec la première. Août 1996 :

Expédition avortée sur place à cause d'un très fort taux de COz. Août 1997 :

Le but de l'expédition GSA, SDNO, CLPA de 1997 était de franchir le deuxième siphon. Etant donnés le faible nombre de participants (3) et le temps imparti, il fut décidé de ne faire qu'une seule tentative. Trois incursions d'une douzaine d'heures furent nécessaires pour réaliser le portage de deux équipements de plongée devant le S2. Malgré la disparité du matériel, ainsi que son état après 2200m de portage souvent dans des conditions difficiles, la plongée fut sans difficulté (V. DURAND, B. MAURICE). Un premier passage noyé de 30m par -7m donna accès a un petit lac sombre puis à un autre siphon plus modeste de 25m par -6m. L'exploration s'est arrêtée dans la vasque amont du troisième siphon, à 2380 mètres de l'entrée, la crainte d'un air totalement irrespirable (bulles au ras de l'eau) ne permettant pas de lâcher le détendeur. Le prélèvement d'un échantillon d'air indiquera, quelques jours plus tard, que cet air n'était ni plus ni moins pollué que celui de l'ensemble du réseau


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Dès que nous sortons, nous investissons le camp laissé en l'état un an plutôt. Nous déplions nos couvertures de survie, vérifions les hamacs, déballons nos petites affaires et enfin, dressons la table. Il est un peu plus de 13 h, c'est l'heure du déjeuner. Avec beaucoup d'ingéniosité et de patience, nous avons tué 8 heures pleines, avant de nous réimmerger et d'attaquer l'exploration du S4.

G.R.P.S. L'CEil de la Doue - Lot Le 9 mai 98, Patrick Bolagno et moi-même, nous nous étions arrêtés, faute d'autonomie en gaz, dans le siphon 4 de l'Oeil de la Doue. Pendant les vacances de Pâques1999, lors d'un camp de la Commission Nationale de Plongée Souterraine de la FFESSM, une équipe de 14 plongeurs, a poursuivi l'étude de ce fabuleux réseau. Comme de coutume dans le Lot, cette année encore, c'était Pâques au tison et même à certaines heures Pâques sous les flocons. Mais, si ce n'est les désagréments des séances-vestiaires en plein air sous une pluie fine et glaciale, les conditions générales d'explorations étaient idéales : la rivière coulait claire et son niveau était haut. Lorsque c'est le cas, l'eau qui emplit les siphons aplanit les reliefs et nous aide à porter nos trop lourds équipements. Fidèles à nos habitudes, le camp était installé dans la ferme des « Lasvaux », à quelques kilomètres de Rocamadour. Le 14 avril, dès 8 h du matin, et sous la pluie, nous prenons la route de l'Oeil que nous commençons à bien connaître mais ceci n'a qu'une incidence mineure sur l'anxiété qui nous ronge lors de tous nos grands rendez-vous. Pendant 15 km, en silence Bobo et moi anticipons le déroulement de la pointe en vérifiant mentalement toutes les phases de plongées. Tout le matos était sur place à l'exeption des vivres de courses Vers 10 h 30, nous sommes sous les statters devant le S2. Dans ce siphon, nous avons pris nos marques pour trouver les points d'équilibre en Zeep. Dix minutes plus tard, nous sortons la tête de l'eau pour faire le point avant la grande traversée du siphon3. Elle se fait sans encombre. La mésaventure de l'année dernière ne se reproduit pas, nous évitons le piège du « Tourne en rond )) dans la zone profonde. Pourtant nous totalisons 60 minutes de plongée avant d'entamer les procédures de décompression : nous sommes pénalisés par les multiples changements de relais. Bref, le tarif d'aujourd'hui sera de 50 minutes de palier entre -9 et -3 m.

Les premières dizaines de mètres sont épiques : un sévère laminoir descend à 45Ojusqu'à 15 mètres de profondeur. Au terminus de l'an dernier, nous nous organisons comme à l'accoutumé : Bobo déroule et je peaufine l'installation du fil à coup d'élastique. Déjà nous remontons, la surface n'est pas loin : 130 m -15, le S4 est franchi. Patrick mise sur une continuité en plongée et garde son harnachement, moi, je préfère aller en reconnaissance dans cette nouvelle galerie sans le handicap du bi-20 litres. Cent mètres à courir dans une large rivière bruyante, dans un virage la voûte descend violemment : je suis devant le S5. Je hurle la nouvelle à Patrick qui poursuit son chemin de croix écrasé par les 65 kg de son équipement. Il est à rnichemin lorsque nous nous croisons. Un quart d'heure plus tard nous avons tous les deux retrouvé notre aisance et notre souffle dans l'eau salvatrice du siphon 5. Nous l'attaquons plein d'espoir. Il a un profil très vertical. Nous descendons par une belle et large galerie noyée. Jusqu'où, allons nous descendre ? Le profondimètre indique déjà 22 m. puis 30. Il ne faudrait pas que ça continue sur ce rythme : nous n'avons ni les gaz ni la procédure de décompression pour descendre profond. Maintenant, nous sommes à -35, et ça file toujours. A -38, sur un super CEil creusé dans la roche, il stoppe le fil. Nous avons déroulé 110 m de fil dans le S5. La pente semble se poursuivre bien au-delà de la portée de nos éclairages et en tout cas bien au-delà des quarante mètres. Le retour est un long échafaudage de la lourde logistique qu'il faudra mettre en place pour dépasser le terminus de ce jour avec un maximum de sécurité. Participants à ce camp national de la Commission Plongée Souterraine de la FFESSM : Jean Christophe AGNES, Rémy BARON, Patrick BOLAGNO, Joseph CAMPANELLA, Serge CARRAZ, Hervé CHAUVEZ, Marc DOUCHET, Olivier GASPE, Bernard GAUCKE, Bernard GIAICHECA, Michel GUIS, Nadir LASSON, Christian MORE, Marc RENAUD Marc Douchet


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FONTAINE DE ST GEORGES Monvalent - Lot Il est des mots magiques qui font rêver les spéléonautes. St Georges, une des résurgences de Padirac, à n'en point douter fait partie de ceux-là. Phénomène accentué encore par les propos de Bertrand Léger, qui, en avril 1976, annonce après une pointe où il atteint le point 1045 m à 4 1 mètres de profondeur : (( Nous abandonnons l'exploration qui nécessitera une nouvelle génération d'explorateurs )t. Mais bien avant cela, la possibilité d'une jonction humaine entre St Georges et la fabuleuse rivière de Padirac a attisé les espoirs et les déboires. En 1948, Guy de Lavaur tente une première incursion. De 1973 à 1975, St Georges devient le fief de B.Léger et de son équipe qui remonte la rivière en plusieurs tentatives jusqu7à 1045 m. Le 16 juillet 93, P. Bolagno, Bernard Gauche et Marc Douchet franchissent le S6 et s'arrêtent dans le S7 à 75m de l'entrée -6 sur une trémie noyée. SPELEOMETRIE DE ST GEORGES SI : 380m -29 ; Possibilité d'enchaîner S1 et S2 sans sortir de l'eau. SI1 : 1025 M -78 ; Etroiture au départ du siphon, départ zone profonde vers 1000 m depuis l'entrée. Galerie : 205 M ; Galerie du Camp (topographiée). Camp dans un shunt de la rivière 4 ou 5 m audessus de la sortie du siphon. SI11 : 30m -5 ; Dune avec surface à environ 150 m de l'entrée du SIII. Galerie : 200m ; Départ en siphon (rive droite) à environ 80 m après la sortie du S3 SIV: 60m-5 ; Lac : 80m ; SV : 120m -5 ; Lac : 50m. SV1 : 45m -4 ; Galerie : 230m; Galerie des DECOUVERTES (topographiée) départ d'un semi-fossile en rive droite, but des explorations 1999. SVII : 75m -5 ;Arrêt sur trémie noyée. SVIIX : 40m -10 ; SIX : 10m -2 ; Juillet 99 Lors d'une plongée en double (P. Bolagno et M. Douchet) nous avons essayé de dépasser l'obstacle du S7 pour retrouver l'actif de la rivière en

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direction de Padirac. En 93 nous avions découvert un semi-fossile parallèle entre le S6 et le S7. Plusieurs monts ont été explorés en vain. Nous avons découvert environ 150m de galerie nouvelle sans grand intérêt terminée par des étroitures infranchissables. Seule restait la voie du siphon le S8 plongé pour la première fois par Bernard Gauche en 1993. Derrière ce siphon (probablement sommes-nous en amont du S7) nous récupérons l'actif de la rivière qui coule au fond d'une grande salle partiellement comblée par un énorme éboulis. Nous avons fouillé tant et plus tous les cotés de cette salle mais à chaque fois, nous étions bloqués. Nous avons essayé de progresser dans cette salle par un pseudo siphon(S9) qui nous à amenés quelques mètres en amont. Là Nous débouchons sur une grande salle d'effondrement où coule la rivière entre les blocs. Mais rien à faire, nous ne sommes pas arrivés à dépasser cet obstacle. St Georges, c'est comme Capri. Participants à ce camp national de la Commission Plongée Souterraine de la FFESSM : Jean Christophe AGNES, Rémy BARON, Patrick BOLAGNO, Marc DOUCHET, Bernard GL41CHECA, Michel GUIS, Nadir LASSON, Christian MORE, Marc RENAUD, Jean-Pierre STEFANATO. Marc Douchet LA GROTTE DE PAQUES COLLIAS-GARD Camp National de la FFESSM. Située en rive gauche du Gardon, la grotte de Pâques est la plus importante résurgence du Gardon. Elle se situe sur la commune de Colias dans le Gard qui capte son eau à sa sortie. Cette cavité majeure du système karstique du Gardon est un paléo-karst qui constitue un drainage Nord du Gardon souterrain. D'après les conditions géologiques et hydrogéologiques, il est fort probable que d'importants prolongements soient découverts. En 1970 les plongeurs de I'ASN (Nîmes) franchissent le S1 (30 m -4) puis le S2 (230 m -25) et s'arrêtent devant le S3. En 1974 G. Francziakis et C. Touloumdjian franchisse le S3 (50 m -9) et stoppent leur exploration devant le S4. En 1978 puis 1979 C. Touloumdjian porte le développement du S4 à 380 m puis à 635 m. En 1980 B. Léger et F. Poggia progresse jusqu'au point 935.


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Le 25 mai 1980 B. Léger franchit enfin le S4 (1260 m -30) lors d'une pointe de plus de 9 heures. En 1981 0. Isler franchit lui aussi le S4 et s'arrête dans les rapides, quelques temps après, B. Léger stoppe sa progression devant le S5 à 350 m de la sortie du S4. La même année F. Poggia franchit le S5 (15 m) puis le S6 (100 m) et enfin le S7 (10 m), il arrête I'exploration à 2500 m de l'entrée devant le S8. La Grotte de Pâques étant captée, toutes les plong6es y sont interdites, pour obtenir une autorisation exceptionnelle, il a fallu que la FFESSM signe une convention avec la municipalité de Collias. Pendant les trois premiers week-ends de juin, nous avons pris contact avec le réseau, visité le S4 sur environ 1000 m, relevé environ 700 m de topographie et tenté une pointe. Samedi 12 juin : Pour des raisons professionnelles et familiales, la pointe prévue le lendemain a du être avancé de 24 h, ce qui a eu pour désagrément de nous obliger à porter jusqu'au S4, nos bouteilles relais et les deux scooters le jour de la pointe. Contrairement à nos habitudes de partir aux aurores, il était déjà 12 h 30 quand Bobo et moi sommes rentrés sous terre, deux heures plus tard, nous nous immergeons dans le S4. L'entrée de la grotte ressemble à un immense poulailler troglodyte fermé par du grillage. A l'intérieur nous sommes isolés des promeneurs qui longent le Gardon à la recherche d'une falaise, d'un coin de pique-nique ou de bronzette, et qui ne manquent pas de s'arrêter quelques instants pour s'enquérir de nos intentions ou pour nous donner des cacahuètes. Cette protection, quoique peu esthétique, est une obligation pour assurer un périmètre de protection de la source captée pour l'alimentation en eau potable de la commune. Sans être longue, la séance de portage jusqu'au premier plan d'eau est fastidieuse pour peu qu'il y ait de nombreuses et lourdes charges à transporter. Quelques rétrécissements de galerie nous obligent à progresser a 4 pattes dans la boue (c'est dur pour des plongeurs de résurgence). Le siphon 1 s'assèche régulièrement, pour l'heure, c'est une voûte siphonnante. Dès sa sortie, une galerie particulièrement lisse taillée dans la roche franche prend le relais. Histoire de corser le portage, c'est une pente raide suivie d'une descente douce vers le S2. A sa sortie, quelques pas d'escalade rendent le portage pénible. Dans le plan d'eau juste avant le S3, en rive droite, se cache un

PAGE 30 méchant Renard avaleur de spéléonautes. Attention danger ! Après le siphon 3 nous avons droit à un gros pas d'escalade, et un autre de désescalade avant d'arriver au S4. Ce siphon est un ((rude combat », le courant est très violent, bien supérieur à celui du Bestouan. A ce titre le scooter est indispensable pour réduire la consommation à un simple bi-20 et pour éviter les paliers. La sortie du grand siphon est titanesque. Un fracas extraordinaire nous abasourdi. Un toboggan canonne un mètre plus bas toute l'énergie de la rivière dans une marmite d'écume. Rive gauche, la roche vomit son surplus par un joint de strate de dix mètres de long. Nos yeux, nos oreilles, notre esprit, stoppés par l'ambiance quasi mystique des lieux, flirtent avec des peurs aussi stupides qu'irrationnelles, pendant que nos automatismes prennent les commandes et s'occupent en nos lieux et places de déposer nos bi-20, de nous équiper en bi-7 et de nous faire escalader la chute d'eau. Là, le tumulte des eaux s'estompe, nous reprenons les rennes et notre souffle en réalisant que nous étions l'un et l'autre oppressés et haletants. Etait-ce l'effort, le stress ou un taux élevé de CO2 ? La question reste sans réponse. La beauté du site, l'allègement de notre harnachement et le plaisir d'être ici nous font oublier ces incertitudes. Pendant deux heures, nous allons difficilement remonter le courant d'un canyon qui enchaîne sans interruption cascatelle, rapides et siphons dans un décor féerique où les concrétions règnent en maître en déployant tout leur collection : draperies, méduses difformes, stalagtites, colonnes macaronis, excentriques, etc. Les siphons 5, 6 et 7sont déséquipés, le fil d'Ariane de nos prédécesseurs a été sectionné, seuls des fragments attestent de leurs passages. Pour progresser contre la fougue du courant nous marchons au fond des siphons en tirant fortement sur de bonnes prises de mains. Nous plongeons en double le S8, le terminus mythique de F. Poggia, sur 100 mètres et nous nous arrêtons à 40 mètres de profondeur. Là, le siphon semble reprendre une progression horizontale. Pour une plongée de reconnaissance, nous sommes comblés. Le retour est digne d'un parcours dans un parc aquatique. Nous nous laissons rouler avec les galets par la force du torrent. Retour dans la civilisation vers 19h. Temps passé sous terre : 6h 30. Participants : Olivier ANDRE, Jean Christophe AGNES, Patrick BOLACNO, Serge CARRAZ, Hervé CHAUVEZ, Marc D O U C E T , Bernard


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GfiI-CKECA, Michel GUIS, Michel PI-I[ILIPS, Marc RENAUD, Claude TOULOUMDJIAN. Marc Douchet CAMP M T I O N A L DE L ' m R A U L T FFESSM

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E W N T DE GOUDOULIEmS L E m J A N E L I PEGAIROLLE DE BUEGE (34) Situé à quelques centaines de mètres en amont de la Source de la Buèges, L9Event de la Coudouliére exceptionnellement émissif est un regard sur le réseau noyé du système, il s'ouvre dans un talweg située sur une faille. Après une descente entre les blocs instables de l'éboulis, deux galeries se dirigent vers le sud et s'arrêtent sur deux plans d'eau qui jonctionnent par siphon. Les crues dévastatrices de l'hiver 97/98 Depuis l'été 1997, quant j'avais porté le développement de la galerie principale à 610 m, la Coudoulière a connu de très fortes crues qui ont brimbalé l'équilibre précaire de l'éboulis d'entrée. Des tonnes de rochers et des mètres cube de sable ou de galets ont roulé et dévalé dans le talweg chaotique. Une fois calmé, le ruisseau s'est à nouveau tari, mais avant, sa force dévastatrice a fermé tout accès à l'évent. Comme en 1973 (année de la première désobstmction de I'ébouIis), au printemps 99, il nous a fallu déblayer des tonnes de rocher avec des leviers, des tire-fort, des vérins et de l'explosif pour nous frayer à nouveau un passage jusqu'au siphon. La pression du temps Le 5 septembre, vers 10 h, Bobo se met à l'eau pour vérifier ma ligne de décompression et m'amener les batteries de chauffage au premier palier. Une demiheure plus tard je m'immerge, rapidement je passe en revue les bouteilles que je vais utiliser au retour. Tout est O.K. Dans le puits (vers 80 mètres de l'entrée) j'abandonne le Nitrox et récupère un premier relais de mélange fond. Je me hisse sur le scooter et file rapidement dans la Galerie Touloum. Arrivé à mon premier relais (350 m -65), je perds beaucoup trop de temps à mon goût. A cette profondeur, le temps est compté, il se décline en consommation de gaz et en durée de palier. Je me jure qu'à la prochaine tentative je partirai avec 2 relais sur moi, dès le départ, pour ne pas perdre ces précieuses minutes.

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Arrivé au terminus de 1997 (610 m -75) je ne

dispose que d'une autonomie relative. Même si mon bi-20 est encore à 200 bars, la pression du temps est tel que je me dois de faire diligence et de profiter pleinement de « ma première D. Quelque 10 mètres plus loin, je suis au confluent de deux galeries de tailles similaires. Profitant d'un croisement de faille qui encombre partiellement le siphon de grosses dalles d'effondrement, une galerie d'importance et prometteuse semble partir sous le Massif de la Seranne. Tout droit, l'autre galerie garde la direction générale est reste probablement sous la vallée. Je suis devant un important dilemme et je me dois de faire le bon choix quasiment instantanément, j'opte pour la branche droit devant. Presque aussitôt j'ai peur de le regretter, je suis devant un énorme éboulis. Estce la fin de la pénétration humaine dans cet axe ? Non ! Le passage est préservé par le haut. Derrière, c'est le noir, le neuf, l'inconnu qui me tendent les bras. L'aventure m'appelle, mais la raison m'ordonne le demi-tour. J'arnarre mon fil sur un becquet rocheux dans la trémie terminale en vérifiant mes consommations et mes instruments. La pression de mes blocs dépasse les 160 bars, mon bottom-time indique 20 minutes, le fil marque 690 m et le profondimètre 80 m. Participants : Jean-Christophe AGNES, Olivier ANDRE, Patrick BOLAGNO, Philippe BERTOCIiEIO, Hubert CAMUS, Serge CARRAZ, Hervé CHAUVEZ, Marc DOUCI-IET, Bernard GUI-CHFiCA, Richard JAMIN, Michel GUIS, Christian MORE, Marc RENAUD, Laurent T ONA. Marc Douchet BAUME DE NEOULES (VAR) Une galerie de 130 mètres de galeries bute sur un siphon. En juin 1969 19A.C.T.,franchit un passage noyé et découvre 1500 mètres de galerie entrecoupée par 2 siphons. La grotte s'arrête sur un troisième siphon, que les plongeurs toulonnais explorent sur une cinquantaine de mètres. Le GEPS plonge ce S3 sur 300 mètres en 1971. En décembre 1979, Fred Vergier l'explore sur 675 mètres. En 1982 il reprend l'exploration du siphon et parcourt 1170 mètres et s'arrête sur un rétrécissement. En 1994 aidé par les copains marseillais, je fais un galop dans le siphon et force 19étroiture du terminus. Un problème de santé m'oblige à interrompre les plongées. C'est seulement en 1999 que je suis au rendez-vous dans le S3 et que je patauge dans la vasque du siphon, au pied de l'échelle que nous


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avons installée pour rendre la mise à l'eau plus pratique. Je pars en respirant sur le premier relais de 201, la visibilité dans les 80 premiers mètres est quasiment nulle, mais heureusement, plus loin je dispose d'une visibilité de 5 à 6 mètres et c'est inespéré après les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le plateau. J'échange mon relais 201 avec celui posé par Michel GUIS à 300m et je l'utilise jusqu'à 900m environ à partir de là, je poursuis sur mon bi-201 dorsal. A 1170m, j'ai du mal à franchir l'étroiture et j'imagine que c'est le reste de l'équipe qui a organisé des week-ends obstruction afin d'y aller à ma place « ils sont fort les bougres D. Cette éventualité démultiplie ma motivation ; ça racle, ça couine ; ça cogne . . ., mais ça passe. 30m plus loin je dépasse mon précédent terminus, je pars alors sur la gauche, chercher une paroi afin de sortir de la zone éboulée, effectivement je trouve le passage et remonte jusqu'à -7m. Il semble que je sois sorti de la partie « trémie )) car devant moi la galerie continue, j'amarre mon fi1 à -8m, prends la direction, 50°, et je rentre. La longueur totale du siphon est portée à 1270m 29. AGNES JeanChristophe, Participants : CHAW E Z Hervé, BOLAGNO Patrick, DOUCHET Marc, GAI-CHEICA Bernard, GüIS Michel, MOREL Christian, PHILIPS Michel et RENAUD Marc. Marc Renaud

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de la plongée souterraine Claude TOULOUMJIAN qui s'était arrêté à 360 mètres de l'entrée à 78 mètres de profondeur. C'est Richard et Olivier qui vont me préparer toute ma décompression jusqu'à -40 mètres. A -7, j'installe notre cloche souple. Le jour de la pointe quelques préparatifs sont effectués avant ma mise à l'eau, je m'immerge dans le début de la matinée l'esprit tranquille car je suis confiant ( j e crois que je prend de la bouteille). Voilà mon terminus de l'année dernière 1200 mètres -38, je me déleste de tout mon matériel, pose mon scooter et me voilà parti vers l'inconnu . De -38 je plonge à -48 après quelques mètres de développement, c'est toujours aussi grand mais l'argile au sol est remplacé par de grosses dalles ; le top pour l'amarrage. Au bout de 100 mètres je bute sur une énorme paroi aucun passage sur le coté ne me permet de continuer, c'est en regardant vers le haut que je découvre la continuité du réseau. Mon dévidoir a diminué de diamètre il va falloir que j'arrime, mais comme d'habitude il n'y a plus que de l'argile au sol et le temps qui m'est accordé est pratiquement écoulé je dois faire demi tour. J'attache mon fil sur un petit bécquet et je distingue l'étiquette 1400 mètres. Le retour jusqu'à mon premier palier se déroule sans encombre, et pendant toute ma décompression je regarde dans le froid le passage de mes collègues qui viennent prendre de mes nouvelles et sortir le matériel. Je sort 7 heures 42 minutes plus tard fatigué mais déjà dans ma tête l'envie de recommencer. Le développement de la cavité est de 1400 mètres 80 m.

FOUX DE LA VIS CAMP NATIONAL DE LA VIS - F.F.E.S.S.M 1999

Depuis maintenant six ans je barbote dans cette résurgence, le relais m'a été donné par un vétéran

Participants :Olivier ANDRE, Andy et Patrick BOLAGNO, Serge CARRAZ, Max et Marc DOUCHET, Bernard GIAI-CHECA, Richard JAMIN, Christian MORE, Jean Paul PALOC, Marc RENAULT,, Richart VILLEMEJEANNE , Patrick Bolagno


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da Pierre Laureau Dijon)

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d@B[j@[iil

- 3 nie Vercingétorix - 21000

Grotte de L'Enragé (Ladoix sur Seiiie-39)

Emergence temporaire au débit de crue spectaculaire, qualifiée par certains de « clé de l'un des grands réseaux souterrains de la Seille nord ». A 500 m de l'entrée, après un parcours dans des méandres et boyaux pénibles, B.Théry avait h c h i un siphon très court dans les années 80. Au-delà, il avait sans doute progressé d'une cinquantaine de mètres : arrêt sur rien.. . Le 14.08.1999, nous avons topographié 130m de conduits étroits et argileux demère le siphon avant de nous arrêter devant un S2 pas bien large. Développement : 860 m dont 130 post siphon. Plongeur : P. Laureau. Assisté de : P.Brenu, D.Bruchon, F.Dieudonné, L.Guillot.

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C'en donc par cette nouvelle entrée qu'une plongée a été tentée le 5.09.1999. 11 s'agit d'un boyau boueux semi siphonnant (en très basses eaux) devenant quasi impénétrable, après une quinzaine de mètres rectilignes (scaphandre décapelé bien sûr). Développement : 86 15m Plongeur : P.Laureau. Porteurs : D.Bruchon, F.Dieudonné et les fois précédentes : F.Brenu, G.Dubiard, L.Guillot, S.Marte1, C.Nykie1, N.Pouillot, G.Moreau, E.Chaux, B.Gervais. Grotte de Neuvon Plombières les Diion-21)

Réseau souterrain très vaste, accessible par un siphon de 185m, franchi pour la première fois il y a maintenant 24 ans. Au cours de deux nouvelles plongées (18.09 et 15.10.1999) nous avons découvert quelques petits prolongements dans des conduits de dédoublement, soit lOOm supplémentaires. Développement : 19350m. On se rapproche à petits pas des 20 kms denière siphon. Ce sera peut-étre pour l'an 2000 ! Plongeurs : F.Dieudonné, P.Laureau.

Grotte de Mazenay (Saint Sernin du Plain-71j

Grotte étonnante dont l'accès se situe au cœur d'une ancienne mine de fer, a près de deux kilomètres de l'entrée. En 1994, le S.C.Dijon atteignait le siphon terminal aval à 6410m de l'entrée (1800m de mine, plus 4610m de grotte). Le transport d'un équipement de plongée au point extrême s'étala dans le temps. Il faut dire que l'entreprise n'est pas de tout repos. Le matériel se trouvait à près de 6 kms de I'entrée en 1998. A la même époque nous découvrions un accès beaucoup plus aisé au siphon, en passant par une autre mine connectée elle aussi à la grotte : trajet de 1610m (1020m de mine, plus 590m de grotte).

La Baume (Lods-25) Succession de siphons déjà explorés par le G.S.Magma en 1975. Malgré les encouragements des plongeurs de l'époque, nous n'avons pas trouvé de passage pénétrable derrière le S3 amont, au milieu d'un amas de dalles effondrées. Développement : 460 m. Plongeur : P.Laureau (13 et 25.08.1999). Assisté d e : S.MarteI, D.Bruchon, P.Dulet, L.Thery (Abîmes 92)' J.B.Lalanne, P.Kerneis.

A VENDRE : Volume sec « Poséïdon » année 1984 - Taille : lm70 - Bon entretien - 3500 F F Bruno LEGROLLES - 04 92 12 01 46

Vous allez trouver dans les pages suivantes un rapport d'expé à la Sexagésime (26) et les topos de la fontaine du Cul Froid plongée par Pierre Eric Deseigne. Ces documents m'ont été envoyé il y a déjà quelque temps et je les avais enfoui sous d'autres, je viens de les remettre à jour.. . . Je m'excuse auprès de leurs auteurs.. .aie ! non ! pas sur la tête ! ! toinates et fniits blets acceptés.. .

Philippe Moya


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Expédition Nationale de la FFESSM Chef d'expédition : Bernard GLON Rédacteur : Philippe WOHRER 1O) Situation : X= 834,70 Y=241,17 Z=375m (Carte IGN 1125.000 : 3139 OT) Située sur la commune de Villeperdrix, près de Nyons, la grotte de la Sexagésime est la plus importante des cavités des gorges de I'Aygues. Dominée par la montagne d'Angèle, vaste étendue de calcaire tithonique culminant à 1600m, cette résurgence pérenne est l'une des seules pénétrables du karst Mottois. Elle s'ouvre dans le canyon creusé par I'Aygues, en bord de route, au contact de couches marneuses qui ne favorisent pas la clarté de ses siphons ni le portage en costume-cravate !

Le concrétionnement abondant et varié en faisait la plus belle grotte connue du secteur. Au bout de 270 m, un plan d'eau de 10 m rejoint la voûte ; au- delà de cette zone siphonnante un bruit de cascatelle est souvent perçu. D'après la topographie, ce plan d'eau est à quelques mètres en dessous du microcanyon d'un ruisseau, le Pibou. Cette partie de la grotte depuis la Baignoire, est temporairement active (sable et graviers au sol ; parois lavées et polies ), l'eau s'échappant par le siphon qui continue la Grande Galerie vers le nord-ouest. La sortie d'eau s'effectue presque au niveau de I'Aygues par 2 exsurgences situées à 20 m et 60 m en aval, ou par l'une d'entre elles seulement. Le début est rarement actif ; habituellement l'eau ne fait que baigner le bas du puits de 8 m, d'où la masse d'argile en décantation à cet endroit "

- S1 et post-siphon : 2") Description :

- Partie sèche (extrait du no hors série des Cahiers de I'Oule de 1988 du Spéléo Club Montois, reproduit avec l'aimable autorisation d'Alain MORENAS, secrétaire du SCM) : "L'entrée se fait au bas d'un mur épais, maçonné au siècle dernier à la suite d'un crue qui avait emporté la route, située à 7 m en contrebas et tout juste achevée à l'époque ! On rampe pendant 40 m dans une galerie surbaissée avant de descendre un puits de 8 m continué par une galerie en pente douce, 2x lm de section, type conduite forcée sur joint de strate. Le sol est argileux et se termine par un gour, "la Baignoire", point le plus bas du réseau. Au-delà, tout change. Les dimensions deviennent imposantes : 3 x4 m dans la Grande Galerie, 2x2 m dans le long et rectiligne tunnel du Métro.

Le S1 fait suite au tunnel du Métro. II mesure 80 m, pour quelques mètres de profondeur, et débouche dans une petite salle, au pied d'une coulée stalagmitique d'une dizaine de mètres nécessitant une escalade ( échelle souple de 10 m, sur spits, à demeure ). On arrive alors à "la salle de Bains" et on progresse au milieu de concrétions jusqu'à la cheminée de 17 m. Le départ du siphon Morel, ou siphon du Cantonnier, se trouve un peu plus loin, à main gauche. Il mesure 550 ml-25m et décrit une grande boucle pour aboutir en bord de route, non loin de l'entrée de la grotte sèche ( il s'agit d'une des exsurgences citées plus haut). Le siphon Flahaut démarre environ 50 m plus loin que le siphon Morel et a été exploré sur 500 m, arrêt sur rien. Un départ d'actif a été repéré à 150 m, à poursuivre. La galerie sèche continue grossièrement vers le nord et on arrive au siphon Goyet, qui peut être shunté par une galerie fossile. Un petit puits de 7 m donne


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sur le S2, court et peu profond, et on émerge dans la salle Rouillon, où un mat d'escalade a été transporté pour explorer la voûte, sans résultat probant. Au delà, c'est le départ du S3, connu sur 550 m, point bas à - 27 m, but de notre quête . . . 3") Historique des explorations :

La découverte de la cavité revient au Spéléo Club Mottois, en 1968, soixante jours avant Pâques, d'où ce nom de "Sexagésime". Un groupe de 5 spéléos, G. Joubert, P. Rasclard, R. Laudet, J.C. Daumas et R. Mouton découvrent le petit porche muré en 1847, et se frayent un passage à coup de burin . Le dimanche suivant, le puits de 8 m est descendu, à l'aide d'une échelle de 13 kgs bricolée avec de la corde de charrette et des barreaux de ferraille de 1 cm de diamètre ! Après bris de quelques stalactites mal placés, la mare de boue est franchie et la cavité est reconnue et topographiée jusqu'au S 1. ( cf topo S.C.M., juin 1969). La suite de l'histoire appartient au club des Plongeurs Spéléos de Paris (PSP) et à son fondateur, Joël ENNDEWELL, qui, le premier, va fi-anchir en 1976 ce SI peu engageant. Le SCM reste bien entendu impliqué, notamment son secrétaire, Alain MORENAS, toujours présent pour aider aux portages. Pierre MOREL et Michel RAYMOND, du CS. ORTF, font également partie des plongeurs pionniers. En 1977, une tyrolienne est installée en post-siphon, permettant le franchissement du puits remontant de 10 m. Xavier GOYER aide au transport de mats d'escalade dans la petite salle après le S2 (décédé depuis, lors d'une plongée à St Sauveur). En 1980, les portages devenant de plus en plus problématiques, c'est sur la demande de Bernard GLON que du ciment est coulé au fond de la « baignoire », infâme vasque de 10 m de long remplie de plus d'un mètre de boue particulièrement mouvante et collante ! Un grillage à poule vient armer le tout, c'est presque le confort !

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En 1981, le siphon du Cantonnier, jusque là négligé, est plongé par Bernard et Joël, qui tirent du fil sur 300 m. En 1982, jonction est faite avec le dévidoir de Pierre MOREL, parti de l'amont. A noter que ce siphon, long de 550 m, n'a pas encore été franchi d'une traite et reste à explorer (actif ?). Michel RAYMOND fera, lui, une tentative de plongée dans le petit siphon qui porte maintenant son nom ( cf schéma), mais fera bien vite demi-tour, vue l'exiguïté des lieux ! Le siphon Flahaut ( baptisé en l'honneur de J.C. FLAHAUT, décédé d'un cancer en 1990, et de son fils Christophe) est le terrain de chasse de Bernard, qui tire 500 m de fil, arrêt sur autonomie, en 1982. Patrick MUGNIER (aidé de P. BOLAGNO) fera 150 m de première, beaucoup plus tard, dans ce même siphon, en repérant un départ d'actif passé inaperçu. Le S3, lui, est plutôt le domaine de Joël, qui, en plusieurs plongées, déroulera un total de 550 m de fil, avec arrêt à - 9 m, après passage bas à- 27m. M n de tenter de n'oublier personne, citons encore quelques participants à cette épopée : Pierre ASTRED (PSP), Patrick SAUTEREAU (PSP), Pascal et Christiane GUIREAUTON (PSP), Vincent DOUCHET, Daniel FERRANT, Frédéric BERNARD . ..

Après quelques années d'interruption, et grâce au soutien de la FFESSM, le PSP repart donc en campagne. Les objectifs 98 étaient d'établir un schéma complet de la cavité (la topographie étant prévue pour 99), de ré-équiper le siphon du Cantonnier, et de vérifier les spits permettant l'accrochage de l'échelle, derrière le S1. Bernard GLON, en 2 W.E. solitaire, (dur, dur, de vanter aux Parisiens les charmes des bains de boue !) reprendra les azimuts des galeries sèches et ne pourra que constater le mauvais état des fils et des spits.


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C'est donc conscient du travail à effectuer que le noyau dur du PSP s'installe pour un camp de fin d'année dans le gîte de Bellecombe-Tarendol. Les plongées dans le siphon du Cantonnier sont rendus plus difficiles par les récents travaux de voirie, destinés à favoriser l'écoulement de l'eau sous la route en cas de crue. L'accès au siphon nécessite une désescalade de blocs, suivie d'un ramping de 5 m. Qu'à cela ne tienne, voilà un bon échauffement pour les portages des prochains jours ! Un bi-12 litres est rapidement équipé, et Bernard s'immerge en vêtement sec, avec 300 m de fil neuf. D'emblée, il est gêné par la présence de 2 fils qui se croisent, non amarrés et non fléchés. L'un est manifestement l'ancien fil PSP, rompu en plusieurs endroits, l'autre, plus fin, est probablement celui de Frédéric Bernard, dernier plongeur connu à avoir plongé ce siphon. La visibilité est moyenne, immédiatement dégradée à chaque arrêt pour amarrer. Une arrivée d'eau chaude, ainsi que la présence d'un poisson, confirment les communications avec I'Aygues et un probable actif, non vues. Après avoir atteint le point bas à 22m, Bernard remonte de quelques mètres et bute, après 120 m de progression, sur I'étroiture connue. Celle-ci est la conséquence d' un effondrement de grosses dalles du plafond et, sur 2 m, le passage d'un plongeur équipé d'un bi-20 1 serait impossible sans décapelage. Bon à savoir pour l'avenir ! De toute façon, Bernard est en limite d'autonomie, et fait demi-tour en rembobinant quelques kilomètres de vieux fil ! Sortie après 82 minutes de plongée, un peu transi . . . Le lendemain, la petite équipe, emmenée par Solène GLON, s'attaque au portage du matériel de plongée dans la partie dite "sèche" (!) de la Sexa. Solène, 15 ans, se révélera excellent sherpa et les kits se succèdent sans encombre jusqu'au bas du puits de 8 m, aidés en cela par les spits

judicieusement placés par Yann CrnVOLOT. Le niveau d'eau dans la classique mare de boue est assez bas et , ô miracle, les épaules restent sèches ! C'est quand même déguisés en tas de glaise que notre petit monde s'active pour équiper les blocs. Pour planter les spits derrière le SI, Bernard a sorti sa botte secrète : la perforatrice électrique dans une chambre à air de tracteur. L'étanchéité de la "bite à perfo" est source d'inquiétude . . . Mais, de toute façon, pas le temps d'épiloguer, car, dans un beau bruit d'explosion, un joint HP du détendeur de Bernard vient de rendre l'âme ! Les détendeurs de secours se trouvent au gîte, distant de 20 kms, et il est 21 h.. .Bernard a des velléités de plonger en mono, mais finit par admettre que le jeu n'en vaut peut-être pas la chandelle ! C'est donc sur cet échec relatif que nous entamons la remontée, en trainant des blocs bien peu utilisés ! La mare de boue permettra de tester t'étanchéité de l'emballage de la perforatrice, puisque Solène, après un beau vol plané, décide de se baigner jusqu'au cou avec le kit la contenant ! Quel professionnalisme ! Sortie à 22h 30, les muscles un peu endoloris. La demi-journée du lendemain sera mise à profit pour démarrer une topo précise du siphon du Cantonnier et pour "déglaiser" ce qui peut l'être ! Les objectifs 98 ne seront donc pas tous tenus, mais une bonne partie de la topographie, prévue pour 99, a été avancée. 5") Remerciements : - à la F.F.E.S.S.M., pour son soutien

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matériel. A Monsieur et Madame PEROTTI, pour leur chaleureux accueil, leur feu de bois, et leurs talents de conteurs ! Au CCDF, pour le prêt de leur compresseur.


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Ci dessous l'heureux papa au cours de I'Expé STIFFE, mais non l'autre ne s'appelle pas Corinne, Page 32 : Camp National FFESSM : Event de la...

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