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FEDERATION FRANCAISE DE SPELEOLOGIE COMMISSION "PLONGEE" J - C . FRACHON 43, rue du Theatre

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N Y Septembre 1975

Chers collégües,

Dans ma p r g c & d e n t e c i r . c u l a i r e , j'àvals lancé sans le prendre trbs au serieux - un "mini sondage" d'opinion sur cette feuille d'information de la Cornmission "Plong6eU F.F.S. A l'encontre de mes pr4visions peu optimistes, vos r é p o n s e s o n t 6t6 nombreuses ( 2 4 , sur 115 destinataires). e t trés e n c o u r a g e a n t e s . Si certains souhaitent une amelioration de l a pr&sentation, tous p e n s e n t qua l'idée de ces circulaires est a poursuivre. Je poursuis donc c e t t e serie dlINFQFIPilATIONS, sans toutefois adopter une présentation plus luxueuse : je ne dispose en effet ni de credits importants (seuls les frais de timbrage s o n t % l a charge de la F.F.S.) ni de secrétaire-dactylo . Je r4alise seul la f r a p p e , le tirage, l a mise sous enveloppe et l'expédition : soyez indulgents ! ! . . . J. C. FRACHON

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GOULE DE TOURNE {Bourg-St-And601, Ardhche) A u debut de l'ét6, un plongeur de Marseille fait visiter ce siphon Idéjh 6quipé en F i l d'Ariane junqu'h -62) h un plongeur de Montpellier. A la suite d'une fausse manoeuvre, ils perdent t o u s deux le

Fil d'Ariane vers -60. Un certain affolement se produit. Le plongeur de Montpellier retrouva par hasard le fil-guide, et ressort en catast r o p h e . N'ayant p a s respecté les paliers de décompression. i l doit etre trait6 en caisson. Son compagnon a moins de chance, et ne peut regagner la surface : son corps sera retrouve -70, masque et détendeur arrachbs. Ses bouteilles contiennent encore de l'air. II est vraisemblable que sa mort soit due à un essouflement,(lié à l'affalement), qu'il n ' a pu enrayer & cette profondeur oh le d6tendeur utilisé ["Spire 8") est trés peu souple.

EVENT DE LA COUDOULLIERE ........................

(PBgairùlles-de-Buèges. Herault)

Diaprés le recit de P.PARROT (C.L.P.A. Montpellier). ".Le dimanche 26 janvier 1 9 7 5 , I . . . 1 J.L.GILLES et moi-m&ma nous nous mettons l'eau vers 14 h, équipe chacun d ' u n bi-mono 3 , S m 3 et d'un touret da 180 m de f i l . Quelques m i n u t e s plus tard, nous arriv o n s au terminus de la precddente plongée, soit a 110 m de l'entrée, et commençons h derouler n o t r e f i l . L'eau est trouble CvisibilitB env.1 m), le siphon e s t Btroit et trés sinueux. Aussi, aprés avoir fait 70 rn de plus, noua decidons de rebrousser chemin [ s o i t 180 m de 11entr8e).Etant en tête. j'attache le f i l tt un becquet. dans une chemin6e apparemment en cul-de-sac. Au moment de remettre l a main dessus, j e m'aperçoîs que le becquet s'est casse n e t : le f i l a d i s -


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INFORMATION N' 5

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paru. Je descend alors au p i e d de l a cheminée, pour rejoindre Jeancause de l'exiguité d u c o n d u i t . I l Louis qui a du m ' y attendre, m'attend en e f f e t , mais ne me voyant pas revenir, i l a pompd le mou de la cordelle, la c r o y a n t attach8e. p o u r retrouver l a cheminde. Le bout du f i l lui arrivant entre les doigts, i l comprend inmediatem e n t que quelque chose de grave est arrivé. I l essaie en vain de retrouver l a chemin&, et revient alors vers l'entrée. I l replongera trois f o i s de suite 3 ma recherche, jusqut$ épuisement de sa resemre d'air. "Pendant ce temps, ne voyant pas venir Jean-Louis, j e s u i s remonté dans l a chemin&. Passé le d é l a i de 10 minutes d'attente que j e m'étais f i x é , je reprends le touret, attache le fil dans la cheminée e t essaie de continuer dans le siphon (par l e h a u t de l a cheminée, o ù l'eau e s t encore claire) pour tenter de trouver une sortie. Et en fait de cheminée en cul-de-sac, celle-ci débouche sur une galerie noy& de xx 40 rn, donnant accés une galerie exondée de 70 rn, au bout de laquelle se trouve un 6norrne éboulis de blocs. J'ai donc franchi l e siphon p a r hasard. J'attache mon f i l une concr6tion, e t me remets aussitôt h l'eau. Guid6 p a r mon f i l , j'arrive s u r les lieux de l'incident. Dans l a cheminée, j'attache un nouveau f i l , e t pars en direction (je l'espére) de I'entr6e. Mais j e déroule la totalité de mon f i l sans retrouver la surface. Je reviens alors vers "ma" sortie (galerie exand&), guide par mon f i l . "De l ' a u t r e c 6 t é . l'dquipe de s o u t i e n remonte h la surface xx declencher les secours, persuadée que je suis mort. "C'est alors que le miracle se produit : la galerie qui precbde l e siphon, l e siphon, et la galerie exondée aprhs le siphon (ob j e me trouve) forment un immense "U". Les deux galeries exondées sont peu prés paralï&les, et sbparées par un dboulis. Et j'entends, d'abord faiblement, puis nettement, l'dquipe de soutien qui remonte organiser les secours. J e peux alors conmiuniquer avec eux h travers l'éboulis et les rassurer. 11 e s t 16 h 30. "Aprhs g t r e a l l é chercher du rnat6riel 8 Montpellier, Jean-Louis tente en v a i n de franchir l e siphon vers 22 h , n'ayant p a s r e t r o u v é Ia cheminée. "Les recherches reprennent le 27 h 9 h ( . . . ) . A 12 h 30, Jean-Louis plonge pour l a 5 " fois. et franchit le siphon (L = 220 m - P = 15 ml. Nous equilibrons alors n o s 3,2 m3 h l'aide d'un raccord de transvasement, et replongeons sans encombre. Dehors, c'est le délire . . . 11 est 15 h. "Parallélement aux tentatives de plongée I . . . ) l e s membres du club avaient entrepris ( . . . ) la désobstruction da 1'6boulis ~ B p a r a n t les deux galeries, au cas o ù Jean-Louis n'aurait pu me rejoindre." Note de J.C.FRACHON : Beaucoup de chance, mais aussi beaucoup de sang-froid. Un exemple h mkditer.

GROTTE DE LA DOYE " C " ( L e s Nans , Jura)

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2 0 , 4. lqqs

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Au retour d'une exploration post-siphon, D.PROST, L.ROSSIGNEUX et J.C.FRACRON franchissant le deuxieme siphon de c e t t e cavité (L 30 m. prof.5 ml. Gene par l e plongeur qui le pr8cGde dans l'étroiture verticale de sortie, J.C.F. e s t obligé de repartir quelques mbtres en arrihre. Encombre d'un kit-bag, e t la visibilit4 étant nulle, i l se ligotte alors dans l e f i l d'Ariane. Comble de malchance, son d4tendeur tombe alors en panne et ne lui envoie que de l'eau. Voulant se saisir de s o n detendeur de secours, i l s'aperçoit que celui-ci est f i c e 1 6 dans le f i l d'Ariane, a 20 cm de sa bouche : impossible de l'atteindre. A la limite de l'asphyxie, et n'ayant p l u s le temps


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INFORMATION N u 5 - sept.1975 1

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1 ) INTERTROGLOPHILE ( B u l l du G.I. de Massat) na3-1975

83 p,, nbreuses fig. tG.S.Massat - Propri6t6 du "Pradalou" 09320 MASSAT) Fascicule entièrement consacrd l a plongée souterraine. Au s o m a i r e : "Ob en e s t la plong4e souterraine française" (B. LEGER) - "La Fontaine St-Georges a Montvalent" (B.LEGER) "L'émergence de Bourne Beaufort (Drâma)" (B.LEGER) - "Campagne 1967 l a F o n t a i n e de Vaucluse" IG.PERRIER) - "Physionomie e t problbmea de l a plongée souterraine" (D-MILLON)- "Abaques pour plongée souterraine et en mer" (D-MILLON}.

Un bulletin que t o u t plongeur sp4leologue doit possedar. 21 JESSAUME Y. et PROTTO N.-1975- "Le r6seau noy6 de l a Grotte de Thais (26 - St-Nazaire en Royans}". A c t e s du 13' Congrés RhGne-Alpes de Sp4léologie, fasc.hors-&rie de "Sp4léologie Dossiers" (CDS du Rhgne), 2 p . 3 ) REY B.- 1975 - "L'expédition Fontaine de vaucluse". Etudes et S p o r t s Sous-Marins (bull. FFESSM) 11'26, p . 1 1 15 16 phot.).

C.R. emphatique des plongées effectuées du 3 au 21 aoat 1974. 4) VIGNY C . et J.- 1975 - "Premiéres plongées en eau trouble resurgence du Perthuis (Suisse)". Hypogées (bull.sect.Genéve Soc.Suisse de S p é l . ) , nV35, px 5 p . , 1 p l a n .

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5 ) WALTHAN T.- 1975 - Spelunca bull., n e z , p.41 Note sur les activites des plongeurs spbl&ologues en GrandeBretagne.

6 ) X...-1975- "Commission Plongee sous-terre". Etudes e t s p o r t s Sous-marins (bull.FFESSPI) n n 2 3 , p.27. Note sur les réalisations ou les projets des Cornites rdgionaux "Atlantique Sud", "Languedoc Roussillon" et "Provence".

7 ) X...-1975- "Karst Bs barlang". fasc.11-1974 (Budapest, Hongrie); Fascicule entiérement consacr6 h la plongde spéléalogique en Hongrie xxxxxx (66 p . , nbreuses illustr.) . 8 ) FRACHON 3.C.-1975"Commission PlongBe". Spelunca mémoires n e 8 . A c t e s du XI0Congr&s National de Spél., p.35-36.

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L e s Commissions "Publications" et "Plongée" de l a FFS p r é p a r e n t en commun un f a s c i c u l e sp4cial de F I S p é l u n c a " , bull.F.F.S., q u i sera entièrement consacre h la plongée spéléologique, plus particulibrement en France.

* J.P.COMBRERET p r é p a r e u n e publication s u r les plus longs e t plus profonds siphons plongés dans le monde. Signalons que pour l a f r a n c e , 3.LEGER tient jour une liste des p l u s longs siphons connus : actuellement p l u s d'une trent a i n e depassent 300 m de longueur !


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QUELQUES NOTIONS SUR LE MATERIEL UTILISABLE

POUR LA PLQNGEE EN SIPHON (suite) b

p a r J . C . FRACHON

Suite du texte p a r u dans "INFORMATION" n 0 3 et n04-1975

Nous Bcrivions dans "information" n 0 4 (juin 1975) page 3 qu'il "serait souhaitable de modifier ces robinetteries . . . mais les fabricants c o n t a c t é s rBclament tous des tarifs trhs élevés pour cette modification". Or, R-LAVOIGNAT (S.S.Bourgogne) nous signale que depuis 1962 les plongeurs de son club utilisent des blocs dont ils ont changés eux-memes les ressort pour obtenir une reserve tarée h 9 0 kg/cm2. Ces ressorts proviennent de chez BROUSSARD. à Cannes. Mais on doit pouvoir se les procurer en quincaillerie, et faire les essais pour trouver l a force désirCe.

Le plongeur-spéléologue devra disposer de deux datendeurs dist i n c t s . m u r m i l l i e r toute avarie. Qn trouqe sur* le marché un nombre impressionnant de madéles diff 8 r e n t s . présentent tous des qualités et d e s défauts. Aussi nous contenterons nous de g&néralités, sans pouvoir citer tout l e rnatdriel existant,

On choisira de préférence des détendeurs "a deux étages" (ou "d8tandeurs de bouche") type "Aquilon", moins encombrants et moins fragiles que ceux h un etage (type "Mistral"). L e s modeles les plus simples sont également les plus robustent . . . et les moins chers. A c e t égard, les "Spira 8" et "Aquilon" de la Spirotechnique" peuvent donner satisfaction ( p r i x approx.: 300 ai 400 FI. Toutefois, un é16ment de s6curité fondamental nous paraTt Btre l'emploi de manométres de contrdla de pression pendant la plong8e : i l vaut donc mieux choisir des d6tendeurs possédant une sortie haute-pression supplémentaire s u r le premier Btage, par exemple : gamme "Mark" {Scubapro" - "Suba Star" (Star France) "Spirolung" ( L a Spirotechnique) - etc ... (prix approx.: 600 h

800 F I . L e s manométres peuvent gtre achetes séparément (prix approx.: 250 F ) . Ces détendeurs posshdent géneralement deux autres sorties moyennepression, permattant l e branchement d'accessoires (gonflage de la bouée ou du volume C o n s t a n t , p a r exemple). Un autre facteur a considérer est l e confort de l a respiration, notamment grande profondeur. I l e s t é v i d e n t qua les modgles bon marche sont souvent de médiocre qualit4 h cet 4gard. L e s amateurs de plong6e profonde choisirons donc un modéle Blaboré xxxx, h debit d'inspiration rdglable si possible, t y p e "Mark V, VI, ou VII" de Scubapro, ou mieux encore le ddtendeur "Cycklon Super 300", importe de Suède : ce détendeur nous paraft e t r e le meilleur actuellement sur le march4 mondial.


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MATERIEL ( s u i t e ) Lors de l a plongée, l'agencement des differentes tubulures (détendeurs, manomktres, bouée, e t c . . . ) est une question d'astuce et de convenances personnelles : a chacun de trouver "sa" solution. Toutefois i l est impératif de veiller h l a clarté de leur diaposition, a f i n : . d'6viter las risques d'accrochage. . de pouvoir decapeler en cas de besion, sans avoir taillader des sangles a coups rageurs de poignard t c e l h c'est vu ! . . . I V . d'éviter les confusions d'utilisation : i l f a u t n o t a m e n t toujours savoir quelle est la bouteille en service, et quels sont les detendeurs et manométres correspondants. Un rep4rage des détendeurs par des scotchs de couleur peut suffir. nous p r 4 f é r o n s un repérage "au toucher" (collier, au cordelette repérable au toucher) utilisable meme en l'absence totale de visibilit6.

La protection des détendeurs contre les e n t r é e s Bventuelles d'inpuretes (graviers, e t c . . . ) peut B t r e partiellement réalisée par l'adjonction, sur l'embout buccal, d ' u n grillage ou d'une p i e c e d 1 B t o f f e mailles trés fines (bas de soie par exemple).

La Commission Plongee souhaite recevoir un maximun d'information s u r les incidents de d6tendeurs survenus aux collégues plongeurs : durcissement, debit continu, givrage, panne totale, entrée d'eau, etc . . . Ces renseignements pourraient faire l'objet d'une note dans une prochaine circulaire.

I l s'agit de brassiéres souples gonflables, permettant : un équilibrage parfait (indispensable en cas de transport de

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materiel lourd) . une remontée facile en cas de.plong4e profonde. Leurs inconvénients : enconbrement, risques d'accrochage, difficultés d6capeler, fragilitd, prix elevé, manoeuvre d8licate.

Les modéles les plus simples existant sur le marchd s o n t des gilet gonflables uniquement B la bouche : ils sont éventuellement utilisables en siphon, mais d'un maniement peu aise. Certains sont dotés d'une petlte cartouche de CO2 liquéfié, qui ne sert qu'une fois (un seul gonflage) : leur emploi e s t l a plupart du temps 8 proscrire en siphon. Les modéles las plus perfectionnds peuvent $tre gonfl6s l a bouche. et p a r de l'air cornprim6 pr6lev4 soit s u r le scaphandre ( " d i r e c t system") soit sur une petite bouteille independante rechargeable ( ~ 0 1 ~ 0 , 3 91 5 ) . le gonflage et l e dégonflage peuvent Gtre "modul6s" et se r é p b t e r xxx plusieurs fois. On peut meme respirer l'air du gilet en cas de panne de d8tendeur. C'est le modèle qu'il faut adopter ( e x . : "Fenzy M 3" {vo1.15,3 1 - prix 550 F) - bouée "Spiro" (va1.17,4 1 - prix 648 FI - bouee "Scuba" (vo1.17,2 1 - prix 666 F) "Ludion Beuchat Sub" tvol.9 1 - p r i x 280 F e n v . ) .

n o t e r que l'on peut parfois se tirer d'affaire grâce % un simple s a c h e t en polyvinyl (enconbrement. poids e t p r i x de revient presque nuls . . . ) que l'on gonfle h la bouche, ouverture tourn6e vers le bas.. ( h suivre) A

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