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32 pages    |  septembre 2015    |     Volume 32, numéro 1

DOSSIER

AGA 2015 :

postes canada publication 40050795

l’implication bénévole en défense des droits

La mémoire p. 13-17

Éditorialiste invitée : Nicole Poirier Directrice Carpe Diem, Centre de ressources Alzheimer en collaboration avec Martine Lecœur, psychologue Carpe Diem, Centre de ressources Alzheimer

Le gouvernent tiendra-t-il promesse quant à l’accessibilité aux médecins de famille ? p. 9

Une merveille du monde  Le pont de Québec p. 21

DE GAUCHE À DROITE : GEORGE NADEAU, PRÉSIDENT RÉGIONAL DE CHAUDIÈRE-APPALACHES, ME MARC-ANTOINE CLOUTIER, PRÉSIDENT D’HONNEUR, ET DONALD TREMBLAY, PRÉSIDENT DE L’AQRP

Un conférencier qui se démarque à l’assemblée générale annuelle « S’exprimer devant ceux qui ont été et demeurent les bâtisseurs du Québec moderne, les officiers de l’État, s’avère particulièrement intimidant. » Me

Marc-Antoine Cloutier Président et fondateur de la Clinique juridique Juripop

Suite en pages 4 et 5

La poursuite des buts personnels, gage d’une retraite heureuse p. 25


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L’AQRP en bref Par la direction générale « Mon avenir, ma retraite ! » Septembre 2015 I Volume 32, numéro 1

VIE ASSOCIATIVE L’AQRP en bref. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 Mot du président : l’aqrp, c’est aussi du sport ! . . . . . . . . . 3 Assemblée générale annuelle 2015 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4-5 Rapport du trésorier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Le conseil d’administration 2015-2016 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Remerciements de vos administrateurs . . . . . . . . . . . . . . . . 8

Éditorial

Cette toute nouvelle conférence, offerte gratuitement aux membres, est présentée cet automne dans plusieurs régions. Pendant 90 minutes, elle traite des défis de la retraite et de stratégies qui vous aideront à définir et à planifier vos projets en fonction de votre réalité, de vos forces et de vos limites. Dans une formule dynamique et interactive, des cas de retraités sont présentés pour susciter la réflexion entourant les enjeux financiers, juridiques et psychosociaux de la retraite. Entre « tomber à la retraite » et « prendre sa retraite », différentes adaptations permettent de s’assurer de vivre pleinement cette étape de la vie. En participant à la nouvelle conférence offerte par votre association, prenez conscience des passions qui s’éveillent en vous et qui donnent un sens à votre vie, tout en vous aidant à transformer vos aspirations en décisions pour l’avenir. Que vous ayez récemment pris votre retraite ou que ce soit fait depuis plusieurs années, cette conférence est pour vous ! Vivre votre retraite de façon positive et dynamique, c’est ce que nous vous proposons, en partenariat avec le Cégep Marie-Victorin.

Le gouvernement tiendra-t-il promesse quant

Pour connaître le calendrier de l’automne, consultez le site Web de l’Association à www.aqrp.qc.ca/retraite. Pour tout autre renseignement, téléphonez au 1 800 653-2747.

à l’accessibilité aux médecins de famille ? . . . . . . . . . . . . . . 9

Conférences sur le système de la retraite au Québec

VIVRE EN SANTÉ Comment la vérité d’aujourd’hui peut-elle être l’erreur

En partenariat avec l’Observatoire de la retraite, l’AQRP offre deux conférences de 90 minutes visant à accroître nos connaissances des particularités de la retraite au Québec. L’Observatoire de la retraite, qui a commencé ses travaux à l’automne 2014, est une initiative de chercheurs qui désirent contribuer à l’amélioration des connaissances sur les enjeux associés au système de la retraite au Québec.

de la semaine prochaine ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

Les deux conférences aborderont les thèmes suivants :

Doit-on fondre pour le chocolat ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

• la structure du système de retraite au Québec et les divers piliers du modèle québécois de régimes de retraite; • la remise en cause de ce modèle par plusieurs intervenants de la retraite; • le rôle de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) dans le système de retraite québécois; • les stratégies de placement et de gestion du risque de la CDPQ et l’importance stratégique de ce bas de laine collectif pour le développement économique du Québec et pour la pérennité des régimes de retraite. Participez en grand nombre à ce débat collectif !

La lumière au bout de l’hiver…. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

Dossier : La mémoire Mot du rédacteur en chef. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 Mémoire et qualité de vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 La mémoire et ses multiples facettes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 Plasticité cérébrale, entraînement cognitif et mémoire. . . . . . 15 La mémoire spatiale : risques et bienfaits du GPS pour sa santé cognitive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

16

La recherche d’un remède contre la maladie d’Alzheimer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

société et histoire En 2015, Laval fête ses 50 ans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 Le RMS Lusitania : une tragédie méconnue au Québec. . . 20 Une merveille du monde : le pont de Québec. . . . . . . . . . . . 21

Vie économique Retourner travailler après avoir pris sa retraite. . . . . . . . . . . . 22 Lèche-vitrine ou lèche-écran ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 Vos rentes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

éthique et spiritualité La prière, une forme de retrouvailles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24 La poursuite de buts personnels, gage d’une retraite heureuse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

VIE CULTURELLE Marc-Aurèle Fortin, un artiste singulier . . . . . . . . . . . . . . . 26 Préserver et diffuser l’affiche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 Suggestions de lecture. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

SERVICES ET AVANTAGES Services aux membres. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 Avantages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

Pour connaître le calendrier de l’automne, consultez le site Web de l’Association à www.aqrp.qc.ca/services. Pour tout autre renseignement, téléphonez au 1 800 653-2747.

Information éditoriale Point de chute des articles : la permanence de l’AQRP Les auteurs des articles et chroniques publiés dans le journal Reflets conservent l’entière responsabilité de leurs opinions. Le comité se réserve le droit de ne pas publier les articles contenant des allégations dont la vérité est douteuse ou non vérifiée. Comité de rédaction du journal : André Bouchard, France Croteau, Ghislaine Émond, Paul Gagné, Nicole Hébert, Yves Hébert, Marthe Huot, Gérald LeBlanc, Gabriel Pinard. Rédacteur en chef : Yves Hébert Réalisation infographique : Brad Révision linguistique : Annie Talbot Publicité : Marlyne Audet Tirage : 31 000 exemplaires Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec, Bibliothèque nationale du Canada Reflets est publié 4 fois par année : AQRP 5400, boulevard des Galeries, bureau 111 Québec (Québec) G2K 2B4 Téléphone : 418 683-2288 I Sans frais : 1 800 653-2747 I Télécopieur : 418 683-9567 reflets@aqrp.qc.ca I aqrp.qc.ca Impression : 5577, boul. Henri-Bourassa Québec (Québec) Canada G1H 3B1 Téléphone : 418 527-4343 I Télécopieur : 418 527-2446 Courrier électronique : impresse@impresse.ca AU MAÎTRE DE POSTE Postes Canada Publication 40050795 Retour pour mauvaise adresse à : AQRP – 5400, boulevard des Galeries, bureau 111 Québec (Québec) G2K 2B4 secretariat@aqrp.qc.ca


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Mot du président Par Donald Tremblay Président

L’AQRP, C’EST AUSSI DU SPORT ! Je suis assis confortablement dans le salon, plongé dans la lecture d’un thriller enlevant. La détente totale. Tout à coup, la sonnerie de la porte se fait entendre. Comme je n’attends personne, je ne bouge pas, voulant absolument connaître la résolution de l’énigme de mon roman. Sans doute un colporteur, me dis-je, tout de même un peu agacé. Hélas, on insiste à la porte : ding dong à nouveau. Je me résigne à regarder furtivement par la fenêtre pour voir qui va là, sait-on jamais. Ah non ! C’est l’automne qui cogne déjà à la porte ! Pas question de répondre. D’abord, son prédécesseur est encore là et, tout compte fait, l’été aura été un peu frisquet. Alors, pas de presse. Mais ça sonne et ça sonne encore… jusqu’à ce que je me rende compte que c’est l’horloge qui sonne les 12 coups de minuit et qui m’extirpe de mon sommeil ! Quel rêve ! Même si l’automne n’est pas tout à fait encore là, la rentrée 2015, elle, n’est pas un rêve : elle est déjà bien entamée. Nous poursuivons sur l’élan que nous a donné notre assemblée générale de juin dernier. Les deux conférences qui l’ont précédée ont été grandement appréciées des participants et reflétaient bien le thème que nous avions choisi, « L’implication bénévole en défense des droits ». D’ailleurs, cela nous a permis d’établir une collaboration intéressante avec Juripop, un organisme voué à la défense des droits des moins nantis et des aînés. Élan donné aussi par l’arrivée de quelques nouvelles personnes au sein de notre conseil d’administration, qui viendront consolider l’équipe déjà en place afin de poursuivre le travail vers l’atteinte des objectifs de notre plan triennal. Je profite de l’occasion, une fois encore, pour remercier ceux qui nous ont quittés et saluer leur contribution. Je disais donc que la rentrée est déjà bien entamée. Au moment où vous lirez ces lignes, nous aurons présenté en commission parlementaire le 31 août dernier, un mémoire au sujet du projet de loi 58, qui a pour objectif la fusion de deux organismes gouvernementaux avec lesquels nous traitons tous régulièrement, soit la CARRA (Commission administrative des régimes de retraite et d’assurances) et la RRQ (Régie des rentes du Québec). Nous aurons certainement adressé nos questions sur la nécessité de cette fusion et aurons porté à l’attention des parlementaires les risques qu’elle fait courir au service à la clientèle, leur rappelant que toute modification, quelle qu’elle soit, doit d’abord et avant tout viser à mieux servir le client. Le mémoire que nous avons présenté est accessible sur notre site Web. L’automne sera aussi marqué par la mise à jour de certains de nos programmes et par la mise en œuvre de nouvelles ententes de services conclues avec différents organismes, dont notre partenaire majeur, les assurances La Capitale. De plus, un changement est apporté à notre service téléphonique qui nous permettra de mieux répondre à ceux qui nous contactent par ce moyen, mais aussi d’assurer un suivi étroit du type de réponses que nous donnons afin d’être en mesure de l’améliorer de façon constante. Surveillez les nouvelles en provenance de notre permanence qui vous renseignera au fur et à mesure que les changements se feront.

Le bilan que nous avons tracé lors de notre assemblée générale annuelle nous a permis d’apprécier le travail accompli au cours de la dernière année. Plus important encore, il nous a permis d’apprécier, comme je le mentionnais dans le numéro de juin dernier, que nous pouvons compter sur des membres engagés et un personnel dévoué travaillant ensemble à l’atteinte de nos objectifs – bref, de bons outils. Mais je reviens à l’automne – ,une saison également synonyme de football, un sport à première vue complexe et que plusieurs d’entre vous connaissent sûrement. Un sport basé sur une stratégie solide, des jeux préparés méthodiquement, et où chacun des 12 joueurs a un rôle bien précis sur le terrain. C’est peut-être le sport qui demande la meilleure coordination des efforts de chacun, dans le rôle qui lui est assigné, et où il n’y a aucun rôle secondaire. Chaque geste doit être fait par chaque joueur au bon moment, et c’est le résultat de chacun de ces gestes qui, à la fin, permet la réussite du jeu. C’est à mon sens le sport qui définit le mieux le travail d’équipe. Tous les joueurs sont interdépendants. Sans doute me voyez-vous venir avec mes gros sabots... Nous aussi avons des joueurs, une stratégie, des objectifs… C’est donc une invitation lancée à chacun d’assumer son rôle au sein de notre association, afin de contribuer à l’atteinte de nos buts communs. Il n’y a pas de contributions qui soient grandes, moyennes ou petites. Il n’y a que des rôles essentiels – pas de rôles secondaires ni de figurants. Connaissez-vous votre rôle ? Le jouez-vous ? Peut-on vous aider ? Pouvez-vous nous aider ? N’hésitez pas à contacter une personne de la permanence ou un représentant régional pour faire connaître vos champs d’intérêt, vos questions, vos suggestions : ce sera toujours un plaisir d’échanger avec vous. Donc, voilà la rentrée qui se fait. N’oubliez pas que septembre est aussi l’occasion de voir la déclinaison de la programmation de chacune des régions qui, année après année, s’enrichit et se diversifie au profit de tous. Bonne rentrée 2015-2016 !


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Assemblée générale annuelle 2015 Par la direction générale L’assemblée générale annuelle est bien plus qu’un incontournable, c’est le rassemblement de nos membres parmi les plus engagés de nos régions. Les activités qui s’y rattachent offrent de nombreuses opportunités de partage d’idées, d’échanges, de réflexion et de rencontres. Cette année, la région de Chaudière-Appalaches était l’hôte de cet événement et nous recevait au Centre de congrès et d’expositions de Lévis.

Les participants ont également eu le privilège d’entendre le curateur public du Québec, Me Normand Jutras, qui a prononcé une allocution sur le thème «  Les droits des e personnes vulnérables ». La conférence de M Jutras a permis de mettre en lumière plusieurs facettes et ressources souvent méconnues en défense des droits, ce qui en a étonné plusieurs.

Les activités débutaient le mercredi avec la conférence de l’AMF en après-midi, suivie de l’activité culturelle portant sur le pont de Québec en soirée. Pendant que les membres participaient à deux conférences en avant-midi et à l’AGA le jeudi, les conjoints partaient à la découverte de Cap-Saint-Ignace et de Saint-Jean-Port-Joli. En fin d’après-midi, tout le monde se regroupait pour le cocktail et la suite des festivités.

Voici quelques moments de l’AGA : En matinée

Cette conférence mettait fin à un avant-midi bien rempli et des plus intéressants.

L’après-midi était consacré à l’assemblée et à ses membres

Notre président d’honneur, Me Marc-Antoine Cloutier, président et fondateur de la Clinique juridique Juripop, a débuté la journée de jeudi de façon étonnante en tenant l’assemblée en haleine du début à la fin.

Me Cloutier nous a parlé de son engagement dans la défense des droits et de son implication comme président et fondateur de la clinique Juripop qui milite pour l’amélioration de l’accessibilité à la justice pour tous, pour la défense des droits sociaux et économiques et pour les droits de la personne. « L’accès aux services juridiques est un réel défi pour les personnes aînées, en particulier les moins fortunées, car 80 % des personnes âgées de 65 ans et plus ont un revenu annuel de moins de 25 000 $ », a-t-il précisé.

Rapport de la présidente d’élection, Mme Suzanne Carrière

Mot du président Donald Tremblay

Les participants l’ont chaudement applaudi et ils sont venus nombreux pour le saluer. La Clinique juridique Juripop a mis sur pied la « Caravane juridique des aînés ». Vous connaissez ? L’activité se décline en trois sections. Des avocats donnent d’abord un atelier sur les droits et obligations des aînés dans certains domaines clé. Ensuite, une séance de consultations juridiques gratuites est offerte aux participants, et enfin, pour les intéressés, le chanteur André Lejeune les fait danser sur ses plus grands succès. Une belle manière d’allier plaisir et sensibilisation au droit ! Pour plus d’informations : http://juripop.org/ressources/projets/caravanes-des-aines/.

Rapport du trésorier, M. Marcel Ledoux


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Assemblée générale annuelle 2015 (suite) Par la direction générale

L’après-midi… (suite)

Hommage à un membre honoraire, M. Guy Dugal, pour son implication de longue date et sa contribution à l’avancement de l’association

nos Administrateurs sortants qui se sont vu attribuer un cadeau pour leur engagement à l’AQRP : MM. Marcel Ledoux, Gaston Brunelle et André Castonguay

Passation du drapeau par M. George Nadeau, président régional DE L’AQRP de Chaudière-Appalaches, à M. Daniel Lavoie, président régional DE L’AQRP du Centre-du-Québec c’est cette cérémonie qui clôturait le mandat de la région hôte et présentait la région qui nous recevra pour l’aga 2016

Une fois l’AGA terminée et les conjoints revenus de leur excursion, tous les participants sont allés se préparer pour le cocktail, le souper et la soirée.

En soirée - Quelques allocutions

Mme Marie-Claude Dulac, vice-présidente des ventes et fidélisation, La Capitale Assurances générales Mme Dulac a confirmé que le partenariat entre l’AQRP et La Capitale se poursuivait pour les 10 prochaines années

M. François Paradis, député de Lévis M. Paradis a souligné l’importance du rôle de l’AQRP dans la défense des droits des personnes aînées

Mot de la fin par M. George Nadeau, président régional DE L’AQRP de Chaudière-Appalaches

Une autre AGA derrière nous… On vous donne rendez-vous dans la région du Centre-du-Québec , à Victoriaville, en juin prochain !

les participants s’en sont donné à coeur joie en dansant sur la musique du groupe BFM Trio


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Rapport du trésorier Par Marcel Ledoux, trésorier

Résultats de l’exercice terminé le 31 mars 2015

Fonds d’exploitation

Fonds d’aide Fonds de Fonds professionnelle développement d’ImmobiIisations

2014

Total Total

PRODUITS Cotisations des membres Parrainage Contribution au fonds de développement Assemblée générale Activités Projets de services Intérêts Divers

1 575 172 $ 389 258 194 034 48 815 148 824 10 370 3 476 13 396

– $ – – – – – 7 500 –

– $ – 204 246 – – – – –

– $ – – – – – – –

1 575 172 $ 389 258 398 280 48 815 148 824 10 370 10 976 13 396

1 508 065 $ 372 577 251 520 50 252 148 077 25 364 9 540 21 181

2 383 345

7 500

204 246

2 595 091

2 386 576

CHARGES Salaires et avantages sociaux 891 437 $ – $ – $ – $ 891 437 622 962 Frais de bureau 201 618 – – – 201 618 196 703 Communications 70 173 – 0 – 70 173 87 612 Loyer 124 334 – – – 124 334 131 874 Journal “Reflets” 218 913 – – – 218 913 212 866 Assurances 8 645 – – – 8 645 8 382 Activités 251 063 – – – 251 063 249 902 Frais de fonctionnement 286 342 – – – 286 342 254 091 Comités et groupes de travail 28 028 – 0 – 28 028 25 856 Assemblée annuelle 173 682 – – – 173 682 150 550 Développement du membership 2 285 – 168 191 – 170 476 152 957 Projets de services 0 – 36 055 Prévisions budgétaires consolidées – 2015-2016 36 055 99 697 Honoraires professionnels 75 246 – – – 75 246 81 722 Divers 367 – – – 367 3 607 Réel 34 691 Réel Prévisions Amortissement des immobilisations – – CATÉGORIES – 34 691 2015-2016 38 726 31 mars 2014 31 SG TOTAL(104 ) Gain sur cession d’immobilisation – – – – mars 2015 – CR PRODUITS

2 332 133 – 204 246 34 691 2 571 070 2 317 403 Cotisations des membres 1 508 065 $ 1 575 172 $ 1 666 000 $ 1 666 000 $ Référencement 372 577 $ 389 258 $ 390 000 $ 390 000 $ EXCÉDENT DES PRODUITS (DES CHARGES) 51 212 $ 7 500 $ – $ (34 691 ) $ 24 021 $ 69 173 $ Contribution au fonds de développement 251 520 $ 398 280 $ 409 039 $ 409 039 $ Assemblée générale Activités Projets de services

budgétaires consolidées 2015-2016 Prévisions budgétairesPrévisions 2015-2016

Intérêts Divers

Réel

Réel

31 mars 2014

31 mars 2015

Prévisions 2015-2016 SG

CR

CATÉGORIES TOTAL DES PRODUITS TOTAL

25 364 $

10 370 $

9 540 $

10 976 $

21 181 $ - $

2 Réel 386 576 $ 31 mars 2014

PRODUITS Cotisations des membres

48 815 $ 148 824 $

50 000 $

50 000 $ 148 910 $

148 910 $

12 000 $

3 950 $

15 950 $

8 000 $

305 $

8 305 $

13 396 $

15 500 $

600 $

16 100 $

- $

20 000 $

Prévisions budgétaires consolidées 2015-2016

Subvention salariale CATÉGORIES

50 252 $ 148 077 $

2 Réel 595 091 $ 31 mars 2015

20 000 $

2015-2016 2 570 539Prévisions $ 153 765 $ 2 724 304 $ SG

CR

TOTAL

PRODUITS CHARGES Cotisations des membres Transfert aux conseils régionaux

1 508 065 $

1 575 172 $

1 666 000 $

1 666 000 $

1 508 065 $

1 575 172 $

1 666 378 000 500 $

(378 500 $)

1 666 000- $

Référencement

372 577 $

389 258 $

390 000 $

390 000 $

Référencement Salaires et avantages sociaux

372 962 577 $ 622

389 437 258 $ 891

390 639 000 $ 862

- $

390 639 000 $ 862

Contribution au fonds de développement

251 520 $

398 280 $

409 039 $

409 039 $

Contribution au fonds de développement Frais de bureau

251 703 520 $ 196

398 618 280 $ 201

409 800 039 $ 153

52 423 $

409 223 039 $ 206

50 252 $

48 815 $

50 000 $

50 000 $

50 612 252 $ 87

48 173 815 $ 70

50 700 000 $ 79

12 240 $

50 91 000 940 $

148 077 $

148 824 $

Activités Loyer

148 131 077 874 $

148 124 824 334 $

113 500 $

148 910 $ 9 826

148 123 910 326 $

Projets services Journal de Reflets

25 364 212 866 $

10 370 218 913 $

12 000 $ 239

3 950- $

15 950 239 000 $

9 8 540 382 $

10 8 976 645 $

8 9 000 $

305 - $$

8 9 305 000 $

Assemblée générale Activités Projets de services

148 910 $

148 910 $

Assemblée générale Communications

25 364 $

10 370 $

12 000 $

3 950 $

15 950 $

Intérêts

9 540 $

10 976 $

8 000 $

305 $

8 305 $

Divers

21 181 $

13 396 $

15 500 $

600 $

16 100 $

Divers Activités

21 181 249 902 $

13 396 251 063 $

15 500 - $$

270 600 228 $

16 100 270 228 $

- $

- $

20 000 $

20 000 $

Subvention salariale Frais de fonctionnement

- $$ 254 091

- $$ 286 342

20 189000 500$$

103 873 $

20 000 293 373 $

25 856 $

28 028 $

46 300 $

- $

46 300 $

2 386 150 576 550 $

2 595 173 091 682 $

2 570 68 539 500 $

153 92 765 440 $

2 724 160 304 940 $ 351 400 $

Subvention salariale

Intérêts Assurances

Comités et groupes de travail TOTAL DES PRODUITS

2 386 576 $

2 595 091 $

2 570 539 $

153 765 $

2 724 304 $

TOTAL DESannuelle PRODUITS Assemblée Développement du membership

CHARGES Transfert aux conseils régionaux

146 198 $

170 476 $

345 750 $

5 650 $

CHARGES Projets de services

99 697 $

36 055 $

- $

- $

- $

Honoraires professionnels

88 481 $

75 246 $

43 000 $

- $

43 000 $

Transfert Divers aux conseils régionaux

378 500 $

(378 500 $)

- $

3 607 $

367 $

378 500 750 $

(3781500 840$) $

2 590- $

Salaires et avantages sociaux

622 962 $

891 437 $

862 639 $

- $

862 639 $

Salaires et avantages sociaux Amortissement des immobilisations

622 38 962 726 $

891 34 437 691 $

862 40 639 600 $

- $

862 40 639 600 $

Frais de bureau

196 703 $

201 618 $

153 800 $

52 423 $

206 223 $

Frais bureau Perte de (gain) sur cession d'immobilisations

196 703$$ (104)

201 618 - $$

153 800 - $$

52 423 - $$

206 223- $

87 612 $

70 173 $

79 700 $

12 240 $

91 940 $

87 612 $

70 173 $

79 700 $

12 240 $

91 940 $

Loyer

131 874 $

124 334 $

113 500 $

9 826 $

123 326 $

2 131 317 874 403 $

2 124 571 334 070 $

113 500 2 570 539 $

9 826 170 020 $

2 123 740 326 559 $

Journal Reflets

212 866 $

218 913 $

239 000 $

- $

239 000 $

239 000 $

8 382 $

8 645 $

9 000 $

- $

9 000 $

Activités

249 902 $

251 063 $

- $

270 228 $

Frais de fonctionnement

254 091 $

286 342 $

189 500 $

25 856 $

28 028 $

46 300 $

Assemblée annuelle

150 550 $

173 682 $

Développement du membership

Communications

Assurances

Comités et groupes de travail

Loyer TOTAL DES CHARGES Journal Reflets

212 866 $

218 913 $

239 000 $

- $

Assurances Excédent (insuffisance) produits sur charges

382$$ 698173

645$$ 248021

9 000 0 $$

- $) $ (16 255

9 000 (16 255) $

270 228 $

Activités

249 902 $

251 063 $

- $

270 228 $

270 228 $

103 873 $

293 373 $

Frais de (insuffisance) fonctionnement Excédent produits sur charges- secrétariat

254 091 $ 90 629

286 342 $ 48 133

189 500 $

103 873 $

293 373- $

- $

46 300 $

25 856 $

28 028 $

46 300 $

- $

46 300 $

68 500 $

92 440 $

160 940 $

Assemblée annuelle produits sur charges- régions Excédent (insuffisance)

150456 550$) $ (21

173112 682$) $ (24

68 500 $

92 440 $

160 940 $ (16 255)

Développement du membership

351 400 $

146 198 $

170 476 $

345 750 $

5 650 $

351 400 $

Projets de services

99 697 $

36 055 $

- $

- $

- $

Honoraires professionnels

88 481 $

75 246 $

43 000 $

- $

43 000 $

3 607 $

367 $

750 $

1 840 $

2 590 $

Divers

Communications

Comités et groupes de travail

146 198 $

170 476 $

345 750 $

5 650 $

Projets de services

99 697 $

36 055 $

- $

- $

- $

Honoraires professionnels

88 481 $

75 246 $

43 000 $

- $

43 000 $

3 607 $

367 $

750 $

1 840 $

2 590 $

Divers


VIE ASSOCIATIVE

REFLETS

septembre 2015

7

Le conseil d’administration 2015-2016 Par la direction générale

Membres du comité exécutif

DONALD TREMBLAY PRÉSIDENT

NORMAND BÉRUBÉ 1ER VICE-PRÉSIDENT

NICOLE HÉBERT

2E VICE-PRÉSIDENTE

CAROL BOULANGER TRÉSORIER

GHYSLAIN BERGERON SECRÉTAIRE

Administrateurs issus des conseils régionaux

RICHARD CHARBONNEAU

MARCEL MICHAUD BAS-SAINT-LAURENT

CENTRE-DU-QUÉBEC

CHAUDIÈRE-APPALACHES

GEORGE NADEAU

Jn-GUY SAINT-GELAIS

GEORGES KAVANAGH

vacant

LIETTE VALOIS

COLETTE LATOUR

LISE GUINDON

JOCELYNE DUHAIME

ROSE-MARY THONNEY

ROLAND LÉGER

PATRICK RIOPEL

ANDRÉ BOURGET

GÉRALD JOHNSON

NICOLE BOLDUC-DUBOIS

ABITIBI-TÉMISCAMINGUE

LAC-SainT-JEAN− CHIBOUGAMAU−CHAPAIS

MONTRÉAL

LANAUDIÈRE

OUTAOUAIS

DANIEL LAVOIE

LAURENTIDES

QUÉBEC-EST

LAVAL

QUÉBEC-OUEST

ESTRIE

MAURICIE

GASPÉSIE–LES ÎLES

MONTÉRÉGIE

SAGUENAY–CÔTE-NORD

Direction générale Le conseil d’administration de l’AQRP

GABRIEL PINARD DIRECTEUR général

Le conseil d’administration de l’AQRP est composé de dix-sept (17) administrateurs issus des conseils régionaux et de cinq (5) autres administrateurs élus par scrutin postal. Le conseil d’administration nomme les dirigeants du comité exécutif, sauf le directeur général qui y siège d’office. Ce dernier dirige un secrétariat général au service de l’Association et de ses membres.


REFLETS

VIE ASSOCIATIVE

septembre 2015

8

Remerciements de vos administrateurs Carol Boulanger

Nicole Hébert

Trésorier

2e vice-présidente

Un gros merci aux membres du collège électoral des 17 régions pour le mandat fort qu’ils m’ont donné lors de la dernière élection. Je l’apprécie beaucoup. Merci aux présidents régionaux et aux membres du conseil d’administration de l’AQRP de me faire confiance au poste de trésorier.

D’abord, je tiens à remercier le collège électoral pour sa confiance à mon égard. Je me ferai un devoir de continuer à jouer mon rôle de 2e vice-présidente le plus professionnellement possible.

Je voudrais par la même occasion souligner le travail de M. Marcel Ledoux, trésorier provincial au cours des six dernières années. Nous sommes tous membres, et plusieurs d’entre vous investissent temps et énergie afin de contribuer à la pérennité de notre association ; je vous en félicite. Dans le cadre du mandat de trésorier, j’aurai à apprivoiser tout ce qui touche le budget – les suivis mensuels, la préparation budgétaire, le bilan financier de l’Association, la bonne tenue des documents comptables –, le tout en conformité avec les règlements généraux et les orientations budgétaires adoptées par le conseil d’administration. Nous entamons la deuxième année de notre plan triennal adopté à Laval. Le conseil d’administration aura à se pencher sur des moyens d’action à privilégier pour atteindre les objectifs fixés. Il va de soi que le recrutement de nouveaux membres est au cœur de nos préoccupations. Encore une fois, merci. Et soyez assuré de ma disponibilité et mon professionnalisme. Au plaisir de vous rencontrer !

En ce moment, ma priorité est la modification des règlements généraux. Depuis quelques années, les membres de notre association se préoccupent du processus d’élection des membres au conseil d’administration. Cette année, nous devons clarifier ce processus. Il y a un sage travail à faire, et nous devrons trouver une solution qui satisfera tout le monde le plus démocratiquement possible. Étant donné mon expérience dans ce domaine, je tiens beaucoup à participer au travail de ce comité en formation. Ensuite, je ne vous cacherai pas mon intérêt à faire partie du comité du journal Reflets. Notre journal est très important pour moi, car il permet le meilleur contact que nous puissions avoir avec l’ensemble de nos membres. Finalement, comme je l’ai déjà mentionné à quelques reprises, ayant la mission de notre association à cœur et connaissant de mieux en mieux ses dossiers importants, je tiens à vous réitérer que je poursuivrai mes efforts afin de contribuer à les faire progresser. Je vous remercie encore une fois de m’offrir ce beau et grand défi !


REFLETS

ÉDITORIAL

septembre 2015

9

Le gouvernement tiendra-t-il promesse quant à l’accessibilité aux médecins de famille ? Par le comité Reflets Depuis un nombre incalculable d’années, on répète le même refrain : quand l’ensemble des Québécois pourront-ils avoir accès à un médecin de famille dans des délais raisonnables et sans y perdre la dimension publique de notre système de santé ? L’engagement électoral du gouvernement Couillard d’augmenter le nombre de groupes de médecine de famille (GMF) à 300 est-il trop audacieux, compte tenu des difficultés actuelles liées au respect du contrat signé entre les médecins omnipraticiens et l’État québécois ? De plus, la création de 50 « super-cliniques » supplémentaires regroupant des médecins omnipraticiens, des médecins spécialistes, des infirmières et d’autres professionnels est-elle réaliste, dans un contexte de compressions budgétaires où tous crient au manque de ressources et d’effectifs ? Depuis quelques mois, on estime à plusieurs milliers le nombre de nouvelles inscriptions. La machine s’est enclenchée. Toutefois, au-delà de cette étape procédurale et intermédiaire, rien ne garantit encore à ce stade-ci que ces inscriptions se transforment en consultations et en suivis médicaux en temps opportun.

Retour vers le futur Pour mener à terme un projet de réforme axé sur une plus grande efficacité des médecins, des autres professionnels de la santé ainsi que des établissements où ils donnent des soins, l’accès aux dossiers médicaux des patients dans des délais rapides et selon des modalités simples devient logiquement l’un des premiers objectifs à atteindre. Le ministre Barrette a reconnu, lors du passage de l’AQRP à la commission parlementaire portant sur le projet de loi 20, que la résistance au changement chez les médecins concernant la collecte et le traitement des données médicales était probablement l’un des plus grands obstacles à surmonter. À ce propos, dans son rapport de 2014 sur la performance du système de santé et des services sociaux, le Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE) indiquait que pour l’utilisation des technologies informatiques par les médecins, le Québec se situe à 63,8 % d’efficacité – à peine la note de passage. De plus, concernant le déploiement des dossiers médicaux électroniques à l’échelle canadienne, le dernier Sondage national des médecins (2014) portait surtout sur l’utilisation des technologies de l’information par les médecins omnipraticiens et spécialistes canadiens. Pour plusieurs de ces aspects, les médecins québécois, les mêmes qui demandent davantage de souplesse de la part du gouvernement, sont confinés au bas du classement à l’échelle canadienne. Concernant les raisons pour lesquelles les médecins n’utilisent pas les dossiers électroniques, près de trois médecins québécois interrogés sur quatre (72 %) ont répondu qu’ils n’étaient tout simplement « pas disponibles », contre 50 % pour le reste du Canada. Comment améliorer concrètement l’accessibilité si les outils en place ne sont ni accessibles ni appropriés ? Comment augmenter le nombre de patients suivis si plus de la moitié des médecins ne souhaite pas utiliser ces ressources dans un avenir rapproché ?

Un deal, c’est un deal ! En juin dernier, à la suite d’une commission parlementaire mouvementée au cours de laquelle les fédérations et regroupements de médecins ne se sont pas gênés pour vilipender la méthode « de force » du ministre Barrette, qui leur imposait des quotas de patients. Nous avons tous été surpris par l’entente conclue entre la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et le gouvernement.

Cette entente prévoyait notamment un délai maximal de prise en charge de 30 jours pour les patients jugés vulnérables, de même que la mise en place de plans régionaux d’effectifs médicaux et de GMF. Malgré cette entente moins contraignante pour les médecins de famille, on apprenait en juillet que plus d’une cinquantaine de médecins en 2015 avaient choisi de se désaffilier du réseau public afin de poursuivre leur pratique dans le secteur privé. Un record historique, nous dit-on…

Les paroles s’envolent, mais les écrits restent… Les personnes retraitées, comme le reste de la population, s’attendent à ce que promesse soit tenue et que la réforme enclenchée produise un résultat en particulier : une plus grande accessibilité des soins au Québec. Cette accessibilité ne doit pas seulement se calculer en inscriptions dans un répertoire ou sur une liste, mais plutôt prendre la forme d’une plus grande ouverture d’un système offrant aux usagers de nouvelles clés leur donnant accès aux bons soins, donnés par le bon professionnel, au moment et dans le lieu opportuns. Surtout, les médecins doivent s’engager à demeurer dans le réseau public et accepter de moderniser leur pratique par le recours à une technologie moderne et adéquate. Puisque le vieillissement de la population est une réalité à laquelle le Québec devra faire face au cours des prochaines décennies, cet élargissement de certains champs d’action pour les professionnels de la santé est une solution logique, nécessaire et prometteuse pour assurer le dynamisme, l’adaptation et la réussite du système dans son ensemble. Espérons que cette fois-ci, nous ne manquerons pas le bateau.


VIVRE EN SANTÉ

REFLETS

septembre 2015

10

La lumière au bout de l’hiver… Par Marie-Pier Lavoie, M. Ps., Ph. D. Psychologue Spécialiste du trouble affectif saisonnier et de ses traitements Les journées raccourcissent, le temps froid arrive, c’est l’automne. Chaque année, c’est la même chose : vous vous sentez fatigué et avez plus d’appétit, vous êtes plus irritable et vous aimeriez hiberner pour tout l’hiver ... Sachez que vous n’êtes pas seul, puisqu’environ 20 % de la population ressent aussi le « blues de l’hiver », et que 3 % souffrira du trouble affectif saisonnier (TAS), un type de dépression qui survient de façon récurrente à l’automne ou à l’hiver et se résorbe naturellement au printemps.

Une cure lumineuse Connu depuis plusieurs décennies, ce syndrome saisonnier est devenu un champ d’études scientifiques dans les années 1980 grâce au Dr Rosenthal qui, en plus de décrire ce trouble, a démontré l’efficacité de la luminothérapie pour le traiter. Ainsi, depuis plus de 30 ans, la luminothérapie est devenue un traitement scientifiquement reconnu et le premier choix pour traiter le TAS. En inhibant la production de la mélatonine, qui cause l’endormissement, la lumière vive aurait un effet sur certaines substances chimiques du cerveau appelées « neurotransmetteurs » lesquelles influent sur le sommeil, l’humeur et l’appétit. La luminothérapie semble également avoir un effet positif dans le traitement d’autres problèmes, dont la dépression post-partum, le syndrome prémenstruel, les troubles du sommeil, l’adaptation chez les travailleurs de nuit et le décalage horaire.

Mode d’emploi Le traitement est relativement simple. Concrètement, il s’agit de s’exposer le matin à une source contrôlée de lumière artificielle pendant une durée de 20 à 30 minutes. La lampe doit diffuser une intensité lumineuse de 10 000 lux. En comparaison, un bureau bien éclairé peut diffuser 300 lux, une journée nuageuse est d’environ 2 000 lux, alors qu’une magnifique journée ensoleillée l’été est d’environ 100 000 lux. Le standard cliniquement recommandé et reconnu est une exposition lumineuse à 10 000 lux, au niveau des yeux, à une distance d’environ 50 cm, pendant 30 minutes, et ce, avant l’apparition des symptômes, soit vers le mois d’août et jusqu’au printemps. Certaines personnes ressentent également le besoin de faire quelques traitements durant l’été, selon la température saisonnière. En plus de leur forte intensité lumineuse, les lampes de luminothérapie possèdent un spectre lumineux particulier et sont munies d’un filtre ultraviolet (UV), donc pas de danger de bronzer sous la lampe ! Il faut également savoir que l’effet thérapeutique de la lumière passe par les yeux et non la peau : il est donc essentiel de garder les yeux ouverts lors du traitement. Notez toutefois qu’il n’est pas nécessaire de fixer les tubes fluorescents de votre lampe de luminothérapie durant le traitement, et qu’il est plus agréable de faire une activité comme lire, déjeuner ou même se maquiller ! Généralement, c’est après une ou deux semaines d’utilisation régulière que vous pourrez observer une augmentation de l’énergie et du bien-être, comme chez 80 % des utilisateurs.

Les effets secondaires Les résultats ne démontrent pas de changements oculaires à court, moyen ou long terme après un traitement de luminothérapie. Les effets secondaires sont rares et plutôt faibles, comparativement surtout à ceux des antidépresseurs, mais certaines personnes peuvent ressentir des maux de tête, de l’insomnie, de la sécheresse oculaire, de l’agitation et parfois des nausées. Si c’est votre cas, il faut diminuer la durée des séances puis l’augmenter graduellement jusqu’aux 30 minutes recommandées. Au chapitre des contre-indications, les spécialistes s’entendent pour déconseiller la luminothérapie aux personnes souffrant de rétinite pigmentaire, de dégénération maculaire, de glaucome, de cataracte ou d’autres maladies pouvant affecter la rétine. De plus, les gens prenant des médicaments aux effets photosensibles, dont le lithium, ne peuvent avoir recours à ce traitement lumineux.

Bien choisir sa lampe de luminothérapie On peut se procurer une lampe dans la plupart des pharmacies et des grands magasins de luminaires et de matériel orthopédique. Une lampe de luminothérapie devra : - - - -

diffuser 10 000 lux d’intensité lumineuse; posséder un filtre UV (qui est en fait une membrane de plastique rigide); avoir un large champ lumineux afin de continuer à être efficace si on bouge sous la lampe (méfiez-vous des lampes portatives qui tiennent dans la main); diffuser une lumière blanche (attention aux lampes de luminothérapie qui utilisent la technologie des diodes électroluminescentes, car certaines études ont montré qu’elles pourraient être nuisibles à la rétine).

N’oubliez pas que ce traitement peut être optimisé par l’ajout d’activité physique et d’une thérapie cognitivo-comportementale, ce qui augmentera vos chances de diminuer les symptômes et d’éviter les risques de rechute l’année suivante. Pour en savoir plus Du soleil plein la tête. Démystifier le trouble affectif saisonnier et ses traitements. Marie-Pier Lavoie, en collaboration avec Gérard Pons, Éditions Quebecor, 2009. Soif de lumière. La luminothérapie : une solution à la dépression saisonnière. Dr Norman E. Rosenthal & Gérard Pons, Éditions Jouvence, 2006.


VIVRE EN SANTÉ

REFLETS

septembre 2015

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Comment la vérité d’aujourd’hui peut-elle être l’erreur de la semaine prochaine ? Par Fernand Turcotte, M.D., M.P.H., FRCPC Professeur émérite, Faculté de médecine, Université Laval Cela fait un bail qu’il existe dans le domaine des services de santé une crise de confiance à propos de l’honnêteté et de la justesse des publications scientifiques prétendant faire reculer les frontières de la connaissance ou encore établir l’efficacité de nouveaux remèdes, quand ce n’est pas celle de nouvelles indications pour des remèdes bien connus. En 2005, le professeur John Ioannidis, de l’Université Stanford, en Californie, publiait un article visant à démontrer à quel point la recherche médicale était en mauvais état. Il estimait que près de 200 milliards de dollars, soit près de 85 % de toutes les dépenses en recherche, étaient régulièrement gaspillés dans des études mal ficelées, et que près de 30 % des articles les plus influents en recherche médicale finissaient par se révéler erronés, sinon exagérés. Il ajoutait qu’on sait aussi qu’une grande partie de la preuve médicale est contradictoire et n’est pas fiable, comme on peut le déduire de toutes ces études prétendant établir que ce qu’on mange provoque le cancer ou nous en protège. Cet article a provoqué une grande controverse, ce qui a eu l’avantage d’attirer l’attention de toute la société sur ce qui se passait en recherche en santé, domaine pour lequel les sociétés se montrent généreuses en allocation de ressources. Depuis deux décennies, le professeur Ioannidis s’emploie à mettre au point des méthodes de recherche portant sur la recherche pour déterminer comment et pourquoi cette dernière s’éloigne de la vérité, que ce soit à cause de préjugés, d’erreurs ou même de fraude manifeste. Depuis que les protocoles de recherche ne sont plus divulgués, que les données primaires ne sont plus accessibles, que les auteurs ne sont plus nécessairement les vrais auteurs, qu’on ne publie plus tous les résultats obtenus dans toutes les recherches, plus particulièrement ceux qui pourraient nuire aux intérêts des commanditaires, il devient extrêmement difficile de reproduire les résultats publiés, ce qui contraint à l’invention de nouvelles méthodes pour assurer le développement des connaissances. C’est pour soutenir le développement de ce champ de recherche que l’Université Stanford a mis sur pied son Centre d’innovation en métarecherche, dont John Ioannidis assume la codirection. En 1993, Ian Chalmers, Peter C. Gøtzsche et David Sackett entre autres fondaient la Collaboration Cochrane – qui en 2013 regroupait plus de 31 000 collaborateurs bénévoles et indépendants – dans le but de trouver les meilleures preuves en services de santé. Pour atteindre cet objectif, la Collaboration doit avoir accès aux données primaires constituant le fondement des publications de la documentation scientifique. Or ces données sont devenues de plus en plus difficiles à obtenir. Il a fallu plus de sept ans à la Collaboration Cochrane pour avoir accès aux données primaires censées fonder l’efficacité de l’oseltamivir (Tamiflu), et après avoir refait l’analyse des données primaires, elle n’est pas parvenue à vérifier que l’oseltamivir avait un effet significativement plus grand que le placebo. Comme tous les pays du monde ont été persuadés de se doter de stocks de Tamiflu pour pouvoir traiter leur population au cas où une nouvelle pandémie d’influenza progresserait trop rapidement pour qu’on ait le temps de vacciner tout le monde, on estime que des milliards de dollars américains sont immobilisés dans ces inventaires d’un médicament qui ne donne pas de meilleurs résultats que le placebo. La Collaboration Cochrane rend accessibles au public tous les travaux qu’elle réalise, toutes les critiques formulées au sujet de ses rapports et toutes les réponses qu’appellent ces critiques. Toute personne peut donc vérifier ellemême si les études utilisées correspondent bien à la totalité des publications

disponibles et si elles sont conformes aux critères de sélection retenus par la Collaboration. Cette transparence lui permet de se protéger contre les infiltrations et autres manœuvres destinées à faire avorter son travail, particulièrement quand des intérêts privés pourraient être menacés. Quand un chercheur soumet un manuscrit à un périodique scientifique, il garantit l’honnêteté du contenu de son article et s’engage à fournir le protocole de sa recherche à tout chercheur qui en fait la demande, tout comme il s’engage à rendre ses données primaires accessibles. Il s’agit là des engagements obligatoires qui sont liés au fait de publier un article de recherche dans un périodique scientifique. L’avantage de ces engagements est d’assurer à l’auteur qu’advenant qu’il se soit trompé, son erreur sera reconnue, puis signalée et corrigée avant qu’il ait infligé un préjudice à quiconque ou dérouté la recherche des autres. Mais il arrive de plus en plus fréquemment que les auteurs d’un article n’aient ni conçu ni dirigé la recherche dont il traite, ni analysé les données fondant la publication dont ils prétendent être les auteurs, ni écrit l’article dont ils se disent les auteurs. Souvent, le commanditaire d’une recherche revendique le contrôle complet et exclusif des données primaires et le droit d’interdire leur publication et de modifier à sa discrétion le protocole, sinon le plan d’analyse des données. Parfois, des chercheurs qui refusent ces modalités qui les privent de leur maîtrise du déroulement de la recherche et de l’analyse de leurs données se voient contraints de les accepter par la direction de la faculté à laquelle ils appartiennent. Les partenariats public-privé entraînent parfois la conclusion d’ententes contractuelles liant des facultés de médecine à des sociétés commerciales fabriquant des dispositifs ou même des médicaments. Ces ententes transforment les données primaires de recherche en secrets industriels dont la propriété échappe aux chercheurs universitaires, qui se voient dès lors dans l’obligation d’en protéger la confidentialité, en raison des conditions acceptées par leur employeur, ce qui interdit toute vérification indépendante de tout résultat. Ces manœuvres entravent la vérification par reproduction des données publiées et favorisent la manipulation de celles-ci et les déclarations mensongères concernant l’efficacité des médicaments ou l’utilité réelle des dispositifs employés dans les services de santé. Il existe donc des problèmes graves dans la documentation scientifique, et ces problèmes s’étendent aux plus réputés des périodiques. Au cours des 15 dernières années, le New England Journal of Medicine, un périodique où tous les chercheurs rêvent de publier au moins un article pendant leur carrière, a perdu deux rédacteurs en chef. Ces rédacteurs sont devenus incapables de garantir la vérité de ce qu’ils se trouvaient contraints de publier. Il ne faut donc pas trop s’étonner d’assister à autant de contradictions dans le domaine de la santé. Nombreux sont ceux qui tirent profit de la situation, et impuissants sont les mécanismes qu’on croyait capables d’empêcher l’exploitation des gens qui souffrent. La révision par les pairs est facilement corruptible, tout comme le sont les conférences d’experts visant à établir des lignes de conduite ou des consignes de pratique. Les nombreuses contradictions dont nous sommes témoins ne relèvent pas tant de la difficulté à faire reculer les frontières de l’ignorance que de la suprématie temporaire d’un groupe d’intérêts sur un autre. C’est pour ce motif qu’il devient important pour les citoyens d’exiger des comptes des professionnels à qui on a fait confiance pendant si longtemps.


VIVRE EN SANTÉ

REFLETS

septembre 2015

12

Doit-on fondre pour le chocolat ? Par Cécile Daleau Nutritionniste Voici un sujet qui fera saliver quelques lecteurs : le chocolat. Loin de limiter sa présence sur nos tables à l’époque des cocos de Pâques, le chocolat est si prisé qu’il se déguste sous de nombreuses formes. Déjà utilisé comme boisson par les Mayas il y a plus de 2 000 ans, il n’a rien perdu de son goût ni de son attrait depuis. Sur le plan de la santé, il est tantôt accusé de bien des torts, tantôt recherché pour ses vertus… On obtient le chocolat à partir de la graine de cacao, cultivée notamment en Amérique du Sud. À la base, il se compose de cacao et de beurre de cacao. On y ajoute du sucre et parfois du lait ou des aromates. Plus la proportion de cacao est grande, plus le chocolat est « noir » et amer. Le chocolat blanc est d’ailleurs dépourvu de cacao. Le cacao ayant fait l’objet de nombreuses recherches, on sait qu’il contient des composés au puissant pouvoir antioxydant, les flavonoïdes. De nombreux bienfaits lui sont attribués : prévention des maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2, de certains cancers, etc. Le cacao est également une bonne source de phosphore, de magnésium, de fer, de zinc et de fibres, entre autres.

Le gras du chocolat provient du beurre de cacao. Il ne semble pas avoir d’effet négatif sur la santé, mis à part sa valeur calorique. Le chocolat contient environ 30 % de gras, et ce, peu importe sa proportion de cacao. Plus son contenu en sucre et en lait est élevé, moins ses propriétés sont intéressantes du point de vue de la santé. Déguster deux ou trois carrés (environ 30 g) de chocolat noir composé à 70 % ou plus de cacao quotidiennement peut donc faire partie d’une saine alimentation. Le chocolat devrait être consommé pour le plaisir, avec modération. Étant donné son contenu calorique, un excès peut entraîner un surpoids. En effet, 30 g de chocolat représentent de 160 à 180 calories, soit l’équivalent d’une collation composée d’un yogourt et d’un fruit. Il ne faut pas oublier non plus son rôle potentiel au chapitre de la carie dentaire ni son contenu en caféine. Contrairement à la croyance populaire, les aliments à base de caroube ne semblent pas meilleurs pour la santé que ceux à base de cacao. La caroube ne contenant pas de matières grasses, on ajoute souvent des gras néfastes dans les produits à base de caroube… Malgré ses vertus, le chocolat ne doit pas être considéré comme un aliment miracle, mais il ajoute certainement valeur et plaisir à de saines habitudes de vie !


DOSSIER : La mémoire

REFLETS

septembre 2015

13

Mot du rédacteur en chef Par Yves Hébert Rédacteur en chef Ce dossier porte sur la mémoire, cette faculté de retenir de l’information qui nous permet de fonctionner au quotidien. Pour les acteurs et les historiens, la mémoire est un outil de travail. Pour les étudiants, une nécessité pour réussir. Sans la mémoire, nous ne pouvons ni fonctionner ni nous rappeler les événements heureux ou malheureux qui ponctuent nos vies. Sujet d’étude depuis de nombreuses années, la mémoire ne cesse de nous révéler ses secrets grâce aux avancées de la recherche. Madame Nicole Poirier, de Carpe Diem, Centre de ressources Alzheimer, a accepté le rôle d’éditorialiste invitée pour ce dossier. Elle s’est entourée d’une équipe de chercheurs chevronnés qui se sont intéressés à la mémoire et sous différents angles.

Mémoire et qualité de vie Par Nicole Poirier, directrice Carpe Diem, Centre de ressources Alzheimer En collaboration avec Martine Lecœur, psychologue Carpe Diem, Centres de ressources Alzheimer La mémoire est une fonction essentielle dans la vie de tous les jours. Pour accomplir les gestes et les actions qu’on croit spontanés, comme se lever le matin, se laver, se vêtir, préparer un repas, prévoir les activités de la journée, la mémoire est nécessaire et joue un rôle prépondérant.

La mémoire est précieuse et fragile. Elle participe de la culture générale, de la connaissance que chacun acquiert personnellement, et elle nous inscrit dans le monde et dans l’humanité. La retraite, à ce titre, est un moment précieux pour continuer à en prendre soin et à la cultiver.

La mémoire est aussi le lieu où se construit notre identité, où s’enracine notre histoire. Elle maintient vivants et actifs le sentiment d’appartenance et les liens d’amour et d’affection.

La stimulation des autres fonctions cognitives qui sollicite la réflexion, la concentration, l’attention, les habiletés manuelles, la capacité d’orientation dans l’espace et dans le temps est reconnue pour maintenir, voire améliorer les capacités mnésiques.

Elle permet également de retenir les informations nécessaires pour vivre en société – s’adapter aux contraintes d’un groupe, profiter de ses avantages et avoir le sentiment d’appartenir à une communauté. Grâce à la mémoire, il est possible de s’appuyer sur les expériences vécues et les connaissances acquises dans le passé pour orienter le présent et enrichir l’avenir. La mémoire est constituée d’un ensemble de fonctions qui permettent de dire qu’elle est multiple. Ces différentes fonctions servent à engranger l’immensité et l’infinité des informations reçues et des connaissances acquises au cours de l’existence. Une de ses fonctions est d’une grande utilité, bien qu’elle soit souvent jugée négativement et provoque la plupart du temps l’inquiétude : l’oubli. L’oubli permet de supprimer les éléments inutiles afin de faire place à la nouveauté, d’accueillir l’inconnu. Il peut donc contribuer à l’enrichissement et à l’évolution. Il est pourtant de plus en plus courant d’associer l’oubli au spectre du vieillissement pathologique, en particulier à la maladie d’Alzheimer et à des maladies apparentées. À ce propos, il faut bien sûr rester prudent et vigilant. Il y a une différence entre d’une part l’oubli d’un événement dont le souvenir ressurgit lorsque quelques indices sont donnés, et d’autre part la disparition complète de la mémoire du dit événement et la conviction qu’il n’a jamais existé. L’un est un oubli bénin normal et adapté au passage du temps, l’autre est le signe d’une atteinte cognitive qui, sans être forcément irréversible, mérite d’être prise au sérieux et nécessite une investigation.

Elles n’auront cependant pas l’efficacité souhaitée si elles s’exercent dans la solitude et l’isolement. Ce sont avant tout les échanges, le partage, la relation qui vont maintenir l’esprit alerte et en alerte. C’est avec et par les autres que l’identité continue à se renforcer et que l’histoire de chacun se perpétue et s’enrichit. C’est d’ailleurs dans cet esprit que l’« approche Carpe Diem » a été conçue. C’est dans la maison Carpe Diem à Trois-Rivières, qui accueille des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de maladies apparentées, que cette approche se vit au quotidien. La meilleure façon de vivre le vieillissement et de combattre les maladies qui lui sont associées pourrait bien être la capacité d’entretenir des liens sociaux, de maintenir des activités significatives et de cultiver ce qui fait de nous des êtres humains : le lien à l’autre, aux autres. Lorsque le rédacteur en chef du journal Reflets m’a demandé d’être éditorialiste invitée pour ce dossier, j’ai effectivement utilisé ma mémoire pour lui suggérer des collaborateurs. Il est entendu que dans ce court dossier, ces collaborateurs ne pouvaient tout dire sur la mémoire et sa complexité. Mais leurs textes démontrent bien les dimensions de cette fonction importante du cerveau. Je remercie les personnes suivantes d’avoir accepté de rédiger de courts textes sur le sujet : Sylvie de Belleville, de l’Institut de gériatrie de Montréal, Véronique Bohbot et Judes Poirier, tous deux de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, rattaché à l’Université McGill, et Roger Gil, professeur de neurologie au Centre hospitalier universitaire de Poitiers.


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La mémoire et ses multiples facettes Par Roger Gil Professeur émérite de neurologie, Centre hospitalier universitaire de Poitiers On se plaint souvent de sa mémoire. On se plaint par exemple de ne plus trouver le nom d’un vieil ami rencontré par hasard dans la rue… puis son nom nous revient plus tard, alors qu’on n’en a plus besoin ! On parle ainsi de sa mémoire comme s’il n’en existait qu’une. Or la mémoire est multiple, et ses diverses facettes évoluent différemment tout au long de la vie.

Une autre mémoire est la mémoire sémantique. C’est la mémoire de nos connaissances : elle nous permet de « savoir » des choses, sans qu’il nous soit nécessaire de nous rappeler où et quand nous les avons apprises. C’est la mémoire qui permet d’avoir une culture générale et des connaissances particulières à un métier.

On peut distinguer d’abord une mémoire consciente ou explicite, à l’œuvre quand on dit « je sais que… », « je me souviens que… ». Il existe aussi une mémoire inconsciente, par exemple la mémoire procédurale. Quand on apprend la conduite automobile, on met d’abord en œuvre une mémoire consciente pour apprendre des gestes, puis, peu à peu, ces gestes deviennent automatiques. Cette mémoire procédurale est aussi la mémoire du pianiste quand il joue des airs maintes fois répétés. Elle est la condition de la virtuosité, et elle laisse l’attention disponible pour d’autres choses : les événements imprévus sur la route, les nuances de l’expression musicale au piano. Cette mémoire résiste au vieillissement et à la maladie d’Alzheimer.

Notre mémoire autobiographique est faite de mémoire épisodique mais aussi de mémoire sémantique : énoncer par exemple notre état civil relève de la mémoire sémantique. Dire « je vais à Venise tous les ans » relève de la mémoire sémantique, mais dire « je suis allé au carnaval de Venise en 2014 » concerne la mémoire épisodique.

La mémoire explicite nécessite d’abord un encodage des informations reçues par le canal des sens. Quand on écoute une suite de chiffres et qu’on les répète à l’endroit ou à l’envers, on fait travailler la mémoire immédiate ou mémoire de travail. On peut la comparer à la mémoire vive de l’ordinateur. Elle a une capacité limitée, qu’on appelle l’empan : on peut ainsi répéter après les avoir entendus de cinq à neuf chiffres, lettres ou mots, et moins en ordre inverse. Mais l’acte de mémoire proprement dit n’est pas que répétition : il nécessite qu’on « encode » (enregistre) les informations et qu’ensuite on soit capable de les rappeler.

On comprend alors que, plus on vieillit, plus on risque de privilégier la mémoire sémantique au détriment de la mémoire épisodique, riche en émotions. Voilà pourquoi il est utile de veiller à faire vivre cette mémoire épisodique par les rencontres, les photographies et les vidéos. La mémoire permet de bâtir son identité. Elle permet à chacun de se raconter dans une histoire, et c’est cette histoire qui fait de chaque être humain une personne unique dans l’histoire du monde. Car évoquer des souvenirs et les partager, c’est bien d’abord se souvenir de soi – et les émotions exaltent la mémoire. Cultiver ses émotions, c’est aussi cultiver sa mémoire.

Ainsi, tout au long de la vie, nous apprenons grâce à notre mémoire, mais cette mémoire est composite. La mémoire épisodique est la mémoire des événements de la vie : ces derniers refont surface par les souvenirs, qui permettent un « voyage dans le temps ». Nous pouvons ainsi « revivre » des événements passés en sachant où et quand ils sont survenus ainsi que les émotions qui les accompagnaient. On se souvient grâce à la mémoire épisodique, électivement atteinte dans la maladie d’Alzheimer.

illustration : josé morin

Si, par exemple, sur une série de 10 mots appris par répétitions successives (qui font passer les mots de la mémoire immédiate à la mémoire « à long terme ») on en oublie quelques-uns, il faut alors vérifier si les mots ont été appris mais que le sujet ne peut pas les retrouver (les repêcher), ou s’ils n’existent pas parce qu’ils ont été rapidement effacés. Il suffit alors de présenter au sujet une liste de mots où les mots « oubliés » sont mélangés à d’autres : si le sujet reconnaît les mots qu’il pensait avoir oubliés, c’est simplement que les mots étaient présents mais indisponibles. C’est ce que l’on appelle une amnésie d’évocation, qu’on peut observer lors du vieillissement normal. C’est aussi ce qui arrive quand on ne retrouve plus le nom d’une personne connue. Par contre, si le sujet ne reconnaît pas les mots appris parmi les autres, ou s’il se trompe en désignant des mots qu’il n’a pas entendus, il s’agit alors d’une amnésie dite par déficit du stockage : c’est ce type d’amnésie qu’on rencontre dans la maladie d’Alzheimer.


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Plasticité cérébrale, entraînement cognitif et mémoire

Par Gabriel Ducharme-Laliberté, Émilie Ouellet et Sylvie Belleville, Ph. D. Département de psychologie de l’Université de Montréal et Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal

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par la mémoire. Dans ce cas, il s’agirait d’un impact compensatoire, l’intervention palliant les fonctions atteintes en sollicitant les régions intactes. Il est également possible que la plasticité cérébrale bénéficie de l’adoption d’un style de vie favorable au cerveau. La pratique régulière d’une activité physique de type aérobique (p. ex. course, natation), l’adoption d’une diète faible en gras saturés et la pratique de loisirs stimulants (p. ex. jouer d’un instrument de musique, apprendre une langue étrangère) stimuleraient les mécanismes de la plasticité cérébrale et favoriseraient le maintien de l’intégrité du cerveau et du fonctionnement cognitif. En conclusion, la plasticité est une propriété fondamentale du cerveau, et ce, même à un âge avancé. Elle lui permet de se remodeler en fonction des expériences vécues et joue un rôle de première importance au chapitre de la mémoire. La pratique régulière d’activités stimulantes sur le plan cognitif, que ce soit dans le cadre de programmes structurés ou d’activités de loisirs, et certains facteurs liés au style de vie permettent de stimuler ces mécanismes de plasticité cérébrale. La porte s’ouvre donc à la mise en place d’interventions variées afin de favoriser le maintien, voire l’amélioration du fonctionnement cognitif à tout âge. Référence : Belleville, S. (2008). « Cognitive training for persons with mild cognitive impairment », International Psychogeriatrics, 20, 57-66.

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Jusqu’à tout récemment, on croyait que seul le cerveau en développement des jeunes enfants avait la capacité de se remodeler en fonction des expériences vécues. Or il est aujourd’hui admis que ce phénomène de « plasticité cérébrale » demeure présent tout au long de la vie. La plasticité est une propriété essentielle du cerveau qui lui permet d’organiser ou de réorganiser sa structure et son fonctionnement au gré des expositions environnementales et des stimulations. Elle agit sur les plans moléculaire et cellulaire, notamment par l’établissement ou la suppression de connexions entre les neurones. Elle peut également avoir un impact sur de grands ensembles de neurones en favorisant l’activation des régions cérébrales liées à la cognition ainsi qu’au fonctionnement coordonné et à la communication au sein des réseaux neuronaux. La plasticité cérébrale est généralement bénéfique et adaptative, et joue notamment un rôle central au chapitre de la mémoire et des apprentissages. En outre, la plasticité permet de favoriser la récupération à la suite d’atteintes au cerveau, par exemple après un accident vasculaire cérébral ou un traumatisme craniocérébral. Elle permet également la mise en place de mécanismes compensatoires lors de changements graduels de la structure et du fonctionnement, tels ceux liés au vieillissement ou à certaines maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. Puisque nous savons maintenant que le cerveau demeure plastique tout au long de la vie, diverses interventions cognitives ont été élaborées en vue d’atténuer le vieillissement cognitif. Ces interventions ont le plus souvent porté sur la mémoire, une composante cognitive essentielle au bon fonctionnement des individus et à leur intégration sociale, et qui est souvent mise à mal par les maladies du cerveau. Certaines interventions visent la pratique répétée d’une activité de mémorisation dont on augmente graduellement la difficulté, comme apprendre des listes de mots de longueur croissante. Les interventions de type stratégique, quant à elles, misent sur l’enseignement de procédés mnémotechniques permettant la création d’une trace mnésique riche et distinctive. Par exemple, ces stratégies font appel à l’imagerie mentale pour l’apprentissage des noms de personne, à la méthode des lieux pour mémoriser des suites de rendez-vous ou d’événements ou aux stratégies de regroupement sémantique pour mémoriser des éléments en fonction de leur catégorie d’appartenance. De grandes études cliniques ont montré des améliorations de la mémoire à la suite d’entraînements stratégiques, et ce, tant chez les personnes âgées en bonne santé que chez celles ayant un trouble cognitif léger, un stade prodromique de la maladie d’Alzheimer. Il reste toutefois à déterminer si ces bénéfices se transposent concrètement et durablement dans la vie quotidienne. De plus, les diverses interventions portant sur la mémoire ne sont pas toutes équivalentes. Leur degré de nouveauté, leur niveau de difficulté et leur régularité semblent être d’importants vecteurs d’efficacité. Des études ayant fait appel à l’imagerie cérébrale ont démontré que, au-delà d’une amélioration aux tests de mémoire, ces entraînements tendaient à stimuler directement la plasticité cérébrale. Ces interventions favorisaient l’épaississement du cortex, l’augmentation du volume cérébral, les connexions entre les neurones et la modification de l’activité cérébrale dans certaines régions du cerveau, notamment au sein de structures cérébrales associées à la mémoire, dont les hippocampes. Les effets sur le cerveau paraissent déterminés par le type d’intervention. L’exécution répétée d’une tâche de mémoire de travail mènerait à une diminution de l’activité cérébrale dans certaines régions associées à ce type de mémoire, ces régions devenant plus efficaces pour réaliser la tâche. En revanche, l’entraînement stratégique mènerait plutôt à une augmentation des activations dans des régions cérébrales qui n’étaient auparavant pas utilisées


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La mémoire spatiale : risques et bienfaits du GPS pour sa santé cognitive Par Véronique D. Bohbot, Ph. D. Faculté de médecine de l’Université McGill Institut universitaire en santé mentale Douglas Les technologies sont bien pratiques. Elles nous facilitent la vie et nous permettent de multiplier les actions que nous pouvons accomplir. Par exemple, je ne pourrais me passer de mes courriels pour communiquer avec des gens partout dans le monde. Je me souviens du temps où, dans le milieu universitaire, on nous demandait d’évaluer des articles et des demandes de subventions par correspondance postale. S’ensuivaient alors des semaines et parfois même des mois de va-et-vient pour s’entendre sur le travail et recevoir les documents à évaluer. Aujourd’hui, ce processus se résume à quelques secondes d’échanges électroniques. D’autre part, je ne pourrais surtout pas me passer de mon agenda électronique pour gérer mon horaire quotidien, ni de mon GPS qui vient à mon secours lorsque je circule en territoire inconnu. Ce qui m’amène à la question dont je traiterai ici : l’utilisation du GPS a-t-elle un coût pour la mémoire ? La réponse dépend du type d’utilisation que nous en faisons. De nombreuses recherches démontrent qu’une partie du cerveau, qui se nomme l’hippocampe, est cruciale pour une cognition saine. Cette région cérébrale est importante pour la mémoire épisodique, c’est-à-dire la mémoire des événements de notre vie. Par exemple, comment avons-nous fêté le Nouvel An en décembre dernier ? Où étions-nous ? Avec qui ? Quels étaient les sujets de discussion ? Qu’avons-nous mangé ? Est-ce que la nourriture avait une odeur plaisante ? Est-ce que nous nous sommes déplacés à plusieurs endroits durant la soirée ? Une composante importante de la mémoire épisodique est la mémoire spatiale, c’est-à-dire la mémoire concernant l’endroit où a eu lieu l’événement dont nous nous souvenons. La mémoire spatiale suppose un apprentissage des relations entre les points de repère, ou points d’intérêt, de notre environnement de façon à créer une carte cognitive. Une carte cognitive est une représentation mentale de notre environnement, un peu comme une carte routière. Grâce à cette carte mentale, il nous est possible de nous déplacer directement vers un but précis (rentrer à la maison) à partir de nouveaux points de départ (un nouveau restaurant). Plus nous utilisons notre hippocampe en portant attention aux points de repère de notre environnement, plus il tend à grossir et à développer de la matière grise. Au contraire, plusieurs de nos études démontrent que lorsque nous arrêtons de stimuler notre mémoire spatiale en ne portant plus attention aux points de repère de notre environnement, l’hippocampe s’atrophie, ce qui constitue un facteur de risque pour des troubles cognitifs liés au vieillissement, tels que le trouble cognitif léger ou la maladie d’Alzheimer. Plusieurs études ont démontré que des personnes chez qui on a noté une atrophie de l’hippocampe ou du cortex entorhinal (une région cérébrale connexe à l’hippocampe) sont, cinq ans plus tard, plus à risques de souffrir de la maladie d’Alzheimer. Ces études suggèrent que de stimuler son hippocampe par l’entremise de la mémoire spatiale pourrait réduire les risques de démence. Nos études démontrent que, lorsque les gens arrêtent d’utiliser leur hippocampe pour fabriquer des cartes cognitives, d’autres structures du cerveau, nommées « noyaux caudés », en bénéficient. Les noyaux caudés sont responsables d’une stratégie de navigation que l’on nomme « stimulus-réponse ». La stratégie stimulus-réponse provoque une action en réaction à un stimulus dans l’environnement. Par exemple, tourner à droite, au coin, après le parc. On peut donc se déplacer avec une série de réponses à des stimuli, sans avoir recours à notre hippocampe. À force de répétitions, ce processus s’automatise, comme un mode autopilote.

Un bon exemple serait celui d’une personne qui emprunte le même chemin pour aller au travail tous les jours de façon tellement automatique qu’elle se retrouve parfois sur le chemin du travail les fins de semaine, même si ce n’était pas son intention. Nous sommes aussi en mode autopilote lorsque nous nous déplaçons pour aller chercher quelque chose dans une autre pièce de la maison, mais que nous ne nous souvenons plus de la raison du déplacement à l’arrivée. Cela peut être inquiétant, car nos études ont démontré que plus les gens ont de matière grise aux noyaux caudés, moins ils ont de matière grise à l’hippocampe, ce qui signifierait qu’utiliser la stratégie stimulus-réponse (mode autopilote) pourrait être néfaste pour l’hippocampe. Et là se pose la grande question : lorsque nous utilisons un GPS, à quelle stratégie avons-nous recours ? Est-ce que nous utilisons le GPS de façon sécuritaire pour notre santé cognitive en stimulant notre mémoire spatiale et en accroissant nos connaissances de l’environnement ? Si oui, cela stimulerait notre hippocampe, qui resterait en bonne santé, tout en diminuant les risques de troubles cognitifs. Par contre, si nous utilisons le GPS en suivant ses directives en mode autopilote avec la stratégie stimulus-réponse, nous diminuons le recours à notre mémoire spatiale, et cela pourrait devenir problématique. Consultez notre site Web sur la santé cognitive à www.vebosolutions.com pour en savoir plus sur les quatre piliers d’une cognition saine associée à un hippocampe en santé.


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La recherche d’un remède contre la maladie d’Alzheimer Par Dr Judes Poirier Professeur titulaire de médecine et de psychiatrie, Université McGill Directeur, Programme de recherche sur le vieillissement, la cognition et la maladie d’Alzheimer Institut universitaire en santé mentale Douglas La recherche d’un remède contre la maladie d’Alzheimer, qui touche environ 750 000 Canadiens, est un long parcours encore aujourd’hui parsemé d’embûches. La plupart des travaux de recherche ont visé à déterminer la nature des facteurs de risques génétiques et environnementaux susceptibles de causer cette terrible maladie ou d’en accélérer considérablement la progression. Au cours des dernières 15 années, plus de 14O nouveaux médicaments expérimentaux ont été testés chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer et, malheureusement, tous ont lamentablement échoué. L’équipe de recherche que je dirige à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, affilié à l’Université McGill, a récemment étudié le phénomène sous un angle nouveau, tentant de déterminer pourquoi la maladie d’Alzheimer se développe chez certaines personnes à un âge beaucoup plus avancé, et pourquoi chez un sous-groupe non négligeable elle ne se développe pas du tout, malgré la présence détectable de facteurs de risques génétiques bien connus. Serait-il possible qu’il existe dans la population des facteurs de protection, tout comme il en existe qui accroissent le risque avec l’âge ? L’examen sur une période de huit ans de plus de 800 cerveaux humains, provenant de la banque de cerveaux Douglas-Bell Canada, a permis à l’équipe de chercheurs de découvrir une variante génétique de protection qui retarde de presque quatre ans l’apparition de la forme commune de la maladie d’Alzheimer. Le gène en question, appelé HMGCR, permet normalement la production du cholestérol, autant dans les organes périphériques que dans le cerveau humain. Or, un Canadien sur quatre est porteur de cette variante génétique aux propriétés protectrices. Le chercheur a démontré que cette variante protège également les personnes atteintes d’un déficit cognitif léger (DCL) en ralentissant le processus dégénératif menant normalement vers un début de maladie d’Alzheimer.

menées à grande échelle ont démontré que certaines statines plus anciennes (la génération précédente), ayant une capacité accrue à traverser la barrière hématœncéphalique, pourraient réduire grandement le risque d’apparition de la maladie d’Alzheimer chez les gens qui l’utilisent au cours des décennies qui précèdent l’apparition habituelle de la maladie chez la personne âgée. En conclusion, le Dr Poirier et son équipe ont découvert une nouvelle avenue de recherche prometteuse qui devrait permettre de mieux comprendre comment le transport et la synthèse du cholestérol dans le cerveau vieillissant peuvent atténuer ou accroître le risque de souffrir de la maladie d’Alzheimer. Cette découverte pourrait mener à la mise au point de nouvelles statines ou agents régulateurs du cholestérol spécifiques au cerveau. Des projets de recherche visant l’essai de médicaments déjà connus et possédant les propriétés souhaitables pour prévenir ou retarder l’apparition de la maladie sont déjà en cours à l’Institut Douglas. Étrangement, le simple fait de retarder la survenue de l’Alzheimer de quatre ou cinq ans aurait une incidence importante sur l’émergence de nouveaux cas. Si nous pouvions utiliser un médicament permettant de retarder de 10 ans l’apparition de la maladie, nous pourrions éviter plus de 90 % des cas d’Alzheimer en l’espace d’une seule génération. Cette approche, qui se veut moins ambitieuse que la mise au point d’un traitement curatif, a toutefois le mérite d’être réalisable assez rapidement et sera facile à reproduire tout aussi facilement pour respecter les impératifs réglementaires de Santé Canada.

Fait intriguant, les patients atteints de déficit cognitif léger qui sont porteurs d’un gène à haut risque d’Alzheimer appelé communément l’apolipoprotéine E4 (apoE4) verront le risque de souffrir de cette maladie réduit presque à néant s’ils sont aussi porteurs du gène protecteur HMGCR. Le gène apoE4 est un gène nuisible qui affecte la capacité du cerveau de se prémunir contre le vieillissement anormal des cellules cérébrales. Cette molécule module la capacité régénératrice du cerveau en interférant avec la livraison du cholestérol requis pour la réparation des cellules du cerveau. La découverte de l’apoE4 et de son rôle dans la maladie d’Alzheimer ont aussi été une découverte conjointe du Dr Poirier à Montréal en 1993 et d’un chercheur travaillant en Caroline du Nord, aux États-Unis. La découverte de la variante de protection de l’HMGCR nous fournit pour la première fois en plus de 15 ans une nouvelle cible moléculaire thérapeutique qui sera utilisée pour la mise au point de médicaments expérimentaux conçus pour reproduire les effets protecteurs de la variante bénéfique de l’HMGCR chez les personnes qui n’ont pas eu la chance de naître avec la variante de protection. Heureuse coïncidence, des médicaments bien connus utilisés couramment dans le traitement des maladies cardiaques, les statines, semblent exercer leurs effets bénéfiques en inhibant l’activité biologique de l’HMGCR. Par contre, les statines les plus récentes, mais aussi les plus prescrites, comme le Lipitor et le Crestor, n’ont pas été conçues pour pénétrer dans le cerveau ni prévenir les maladies cérébrales. De fait, les études épidémiologiques démontrent que ces agents pharmacologiques n’ont pas d’effets protecteurs contre la maladie d’Alzheimer. Toutefois, à l’opposé, un certain nombre d’études épidémiologiques

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En 2015, Laval fête ses 50 ans Par Sophie Ouimet Agente des communications et historienne Société d’histoire et de généalogie de l’île Jésus Le 6 août 1965, à 17 h 15, le gouvernement du Québec adopte le projet de loi 63, créant ainsi la Ville de Laval. Les 14 municipalités de l’île Jésus fusionnent pour n’en devenir qu’une, et « une île, une ville » devient la devise des Lavallois. Cela dit, l’histoire lavalloise ne débute pas en 1965, et le prétendre constituerait un raccourci simpliste. Ce serait reléguer aux oubliettes tout le passé qui a donné naissance à cette ville, un passé qui comprend non seulement celui des municipalités l’ayant constituée, mais également celui d’un territoire façonné par le régime seigneurial et par une diversité d’activités économiques au XIX e siècle.

Une île, une seigneurie Les études archéologiques indiquent que l’île Jésus est peuplée depuis au moins quatre millénaires. Quant à son histoire européenne, elle débute au XVII e siècle. C’est en 1636 que les jésuites en deviennent les premiers seigneurs. Toutefois, le développement de la seigneurie ne commence véritablement qu’en 1680, au moment où le Séminaire de Québec en prend possession, pour la conserver jusqu’à la fin du régime seigneurial, en 1854. Après la Grande Paix (1701), qui éloigne la menace que représentaient jusqu’alors les attaques iroquoises, le peuplement de l’île Jésus commence à s’étendre. En 1702, la paroisse Saint-François-de-Sales ouvre ses premiers registres de baptêmes, de mariages et de sépultures. On fonde ensuite les paroisses de Saint-Vincent-de-Paul et de Sainte-Rose (1740), puis de Saint-Martin (1774). Lors de l’établissement du régime municipal, en 1855, les quatre premières paroisses de l’île donneront naissance à ses quatre premières municipalités.

Une île, des municipalités Les municipalités se multiplient et, à l’aube des années 1960, 16 d’entre elles cohabitent sur l’île Jésus. L’augmentation de la population est un facteur de changement déterminant sur le territoire. L’essor démographique majeur survient après la Seconde Guerre mondiale : le Canada vit son baby-boom, et on assiste à une migration des grandes villes vers les banlieues. En 15 ans, la population de l’île Jésus quintuple. Un développement aussi intense n’est pas sans conséquence. Les municipalités doivent s’ajuster à cette urbanisation rapide tout en respectant les frontières de leurs voisines, et des situations inusitées en résultent. Par exemple, alors qu’un incendie se déclare à Pont-Viau, les pompiers de Laval-des-Rapides arrivent les premiers sur les lieux. Comme une municipalité ne peut intervenir chez une voisine sans l’autorisation de cette dernière, l’équipe de Laval-des-Rapides attend la permission de Pont-Viau en regardant brûler un bâtiment… D’autres types de problèmes se manifestent également au quotidien. Par exemple, à Fabreville, les résidants espèrent l’annexion de leur aqueduc à celui d’une municipalité voisine à cause de problèmes d’eau potable, comme en témoigne cet extrait du Petit Journal de 1964 : « Chaque semaine, Mme X… doit s’armer de patience et de courage pour frotter à la laine d’acier les dépôts de rouille accumulés dans […] tout ce que l’eau a touché ! » Des conflits émergent inévitablement de ces situations. Ainsi, le 7 février 1964, la commission Sylvestre est formée pour étudier les problèmes intermunicipaux de l’île Jésus. Deux principaux camps s’affrontent : celui d’Olier Payette, maire de Sainte-Rose, prônant la formation d’un gouvernement supramunicipal, et celui de Jean-Noël Lavoie, maire de Chomedey, prônant la fusion des municipalités. Lavoie possède une carte importante dans son jeu. En 1961, alors qu’il était maire de L’Abord-à-Plouffe, il avait été l’artisan d’une fusion entre sa ville, Saint-Martin, et Renaud pour former Chomedey. Le succès de cette fusion illustre les bienfaits du regroupement. Après un an, la commission Sylvestre recommande la création d’une ville unique sur l’île Jésus. Sa conclusion s’appuie notamment sur les avantages d’une uniformisation des services : mêmes conditions pour tous les citoyens, économies appréciables (une seule structure plutôt que 14) et environnement plus attirant pour les industries (meilleures perspectives d’expansion, plus grand marché, etc.). La fusion vise de plus à mettre un terme aux rivalités intermunicipales qui nuisent au développement de l’île.

Le dépôt du rapport Sylvestre ne freine pas les débats, et les anti-fusionnistes s’organisent. Jean-Noël Lavoie devient la cible de plusieurs attaques, mais ne se laisse pas ébranler. Le 6 août 1965, Laval est officiellement créée, et Lavoie en devient le maire. À l’époque comme aujourd’hui, on considère cet homme comme le fondateur de la ville.

Une île, une ville Le 50e anniversaire de la Ville, célébré en grand cette année, ne doit pas donner l’illusion que les dernières décennies représentent à elles seules l’histoire du territoire lavallois. Le régime seigneurial a laissé son empreinte sur le paysage, de même que l’agriculture au XIXe siècle. Mais avec la croissance démographique, l’industrialisation et l’amélioration des voies de communication terrestres, une trame urbaine s’est dessinée, qui présente aujourd’hui aux élus municipaux de nouveaux défis à relever.

Les 14 municipalités formant la Ville de Laval Chomedey Laval-des-Rapides Pont-Viau Auteuil Laval-sur-le-Lac Sainte-Dorothée Saint-Vincent-de-Paul

Duvernay Laval-Ouest Sainte-Rose Fabreville Îles-Laval Saint-François-de-Sales Vimont


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Le RMS Lusitania : une tragédie méconnue au Québec Par Yves Hébert Rédacteur en chef Le 7 mai 1915, le paquebot RMS Lusitania est torpillé par un sous-marin allemand. Le lendemain et au cours des jours suivants, les quotidiens propagent la nouvelle en Amérique du Nord et en Europe. La tragédie a entraîné dans la mort 1 198 personnes, dont 203 Canadiens et 128 Américains. Sur les 29 passagers du Québec, provenant surtout de Montréal, on comptait 17 victimes. À l’époque, c’est la consternation en Grande-Bretagne, en Amérique et même en Allemagne – mais, on l’imagine, pour des raisons différentes. Parmi les victimes montréalaises, on compte les deux filles de Sir Hugh Montagu Allan, président de la compagnie de navigation Allan, et David-Louis Chabot, un commerçant de tissus et d’étoffes. Étonnamment, aucun quotidien ni média électronique québécois ne semble avoir souligné le centenaire de cette tragédie, pas même à Montréal. Et pourtant, on la commémore cette année de diverses manières en Angleterre, aux États-Unis et surtout en Irlande. Propriété de la compagnie Cunard, le RMS Lusitania était un somptueux paquebot à quatre cheminées rivalisant après son lancement en 1906 avec les plus luxueux transatlantiques de l’époque. Plusieurs se sont interrogés sur la légitimité du torpillage de ce navire étant donné qu’il transportait des civils et un nombre important d’enfants. Dans les journaux québécois, la réaction est cinglante à l’époque. Dans Le Soleil du 8 mai 1915, on considère cet « acte de démence furieuse et cruelle » comme une « violation de toutes les conventions internationales ». Dans La Presse, on parle d’hécatombe, d’un « geste programmé de haute piraterie ». Dans Le Devoir, Henri Bourassa attribue cette tragédie au non-investissement de l’Angleterre dans une flotte de destroyers et d’un escadron d’anti-sous-marins, sachant que la zone maritime de l’Irlande était sujette aux torpillages allemands. La tragédie du RMS Lusitania a marqué l’imaginaire. Quelques longs-métrages et au moins une dizaine de romans racontent le destin de passagers à la personnalité complexe, riches commerçants et hommes de lettres, qui y ont péri ou ont survécu à la tragédie. Parmi les

Récompense de recrutement

crédit : carte postale, vers 1910, collection privée

nombreuses études sur le sujet, mentionnons le livre de Diana Preston, Lusitania: An Epic Tragedy, qui n’a pas encore fait l’objet d’une traduction française. Certaines études ont permis de démontrer que le RMS Lusitania transportait 1 250 boîtes de shrapnels et 4 200 boîtes de 1 000 balles de fusil. Étonnamment, ce bâtiment était inscrit dans la Janes Fighting List de 1914, un répertoire des navires armés à l’époque. Les deux explosions survenues à la suite du torpillage du paquebot donnent lieu encore aujourd’hui à des explications particulières tournant autour du complot et du secret. Est-ce que le torpillage de ce navire était légitime ? La question demeure entière, et les réponses demandent à être fortement nuancées.

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Une merveille du monde : le pont de Québec Par Michel L’Hébreux Auteur et conférencier La construction du pont de Québec a marqué l’histoire des transports et du génie canadien. Ce pont est considéré comme le plus grand pont cantilever au monde grâce aux 549 mètres (1 800 pieds) de portée libre entre ses piliers principaux. Le pont de Québec dépasse de plus de 30 mètres son plus proche rival, le fameux pont Firth of Forth, situé en Écosse et achevé en 1890. Or, ce n’est pas sans de nombreuses difficultés d’exécution que ce pont attendu depuis plus de 50 ans fut enfin terminé le 20 septembre 1917, après quelques tentatives infructueuses. Le 2 octobre 1900, Wilfrid Laurier et Simon-Napoléon Parent donnent le coup d’envoi à la construction du pont de Québec, qui doit être érigé par la Phœnix Bridge Co. de Phœnixville, en Pennsylvanie. Au cours de son érection, des problèmes se multiplient dans la structure. Les ouvriers éprouvent des difficultés d’alignement des pièces et constatent même que plusieurs se courbent, ce qui aurait dû susciter des inquiétudes. Le 29 août 1907, alors qu’une centaine d’ouvriers sont affairés sur la structure et qu’il ne leur reste qu’une vingtaine de minutes de travail avant de terminer leur journée, toute la partie sud du pont, d’une longueur de 1 284 pieds, s’écroule comme un château de cartes. Cette première catastrophe sème la consternation dans le pays tout entier et cause la mort de 76 personnes, dont 33 Amérindiens de Kahnawake. Des erreurs fondamentales dans la conception des plans, ajoutées à un manque de jugement de la part de Theodore Cooper, l’ingénieur responsable de la construction, expliquent la cause de cette tragédie, sur laquelle s’est penchée une commission royale d’enquête. L’année suivante, le gouvernement fédéral décide de prendre le projet en main. Il confie la construction du deuxième pont à la St. Lawrence Bridge Co., une compagnie canadienne créée spécialement pour la construction du pont de Québec. Quant à la sous-structure, elle est confiée à la Compagnie Davis de Québec, qui avait également réalisé les piliers du premier pont. Le 11 septembre 1916 s’annonce un jour de fête, car on prévoit terminer la construction du pont dans la journée. Il ne reste plus qu’à procéder à l’installation de la travée centrale, qui a été construite dans l’anse de Sillery et qui viendra réunir les deux bras cantilever. Pendant l’ascension de la travée, qui pèse 5 200 tonnes, on entend un craquement épouvantable et on voit cette dernière se tordre, ployer, puis s’engouffrer dans les profondeurs du fleuve. Cette deuxième tragédie, qui cause la mort de 13 personnes et en blesse 14 autres, sera attribuée cette fois à un défaut dans le moulage d’un support cruciforme de la travée. Le 20 septembre 1917, devant une foule de 125 000 personnes, on installe avec succès une autre travée centrale, identique à la première. Plusieurs manifestations de joie, dans une ville de Québec toute pavoisée, viennent alors souligner l’heureux achèvement de cette grande merveille du génie civil mondial. À partir de 1917, le pont de Québec met la ville et la région de Québec en communication directe avec la rive sud du Saint-Laurent et les États-Unis, et rend possible l’entrée dans la ville de Québec de nombreuses compagnies de chemin de fer dont les trains sillonnaient jusqu’alors la rive sud. En 1929, une voie carrossable de 4,57 m de largeur s’ajoute aux deux voies ferrées et permet aux automobiles de l’emprunter. Un kiosque de perception recueille l’argent des automobilistes, et un réseau de signaleurs dirige la circulation lorsqu’un camion ou un autobus tente de passer. Cette voie carrossable sera élargie de 1949 à 1951, lorsqu’on enlèvera une des deux voies ferrées.

Le pont de Québec a été classé parmi les chefs-d’œuvre du génie civil à l’époque, et son histoire récente nous démontre qu’il a continué d’accumuler des lettres de noblesse au fil des ans. En 1987, il est désigné Monument historique international du génie civil par l’American Society of Civil Engineers et la Société canadienne de génie civil. À l’échelle mondiale, pareil honneur n’avait été décerné qu’à quatre œuvres de génie civil, ce qui vient confirmer toute la considération que les ingénieurs du monde entier ont toujours manifestée à l’endroit du pont de Québec. En 1996, le gouvernement canadien déclarait le pont de Québec « lieu historique national », reconnaissant ainsi cet ouvrage comme étant le plus important de l’histoire du génie civil canadien. Depuis plusieurs années, le pont de Québec connaît de sérieux problèmes d’entretien, et on assiste à un envahissement accéléré de la rouille, de plus en plus visible sur la structure. Heureusement, en 2015, une volonté politique s’ajoute à la mobilisation de la population, qui souhaite que ce pont exceptionnel retrouve sa splendeur d’antan. Des pressions s’exercent sur son propriétaire actuel, le Canadien National, afin qu’il fasse le nécessaire pour préserver ce joyau patrimonial. Espérons que le message sera entendu et que nous pourrons de nouveau être fiers de ce monument exceptionnel, longtemps considéré comme une merveille du monde.


VIE ÉCONOMIQUE ASSOCIATIVE

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Retourner travailler après avoir pris sa retraite Par Rose-Line Brasset Journaliste Selon Statistique Canada, un bon nombre des travailleurs qui quittent leur emploi de longue durée pour prendre leur retraite ne la prennent finalement pas tout à fait. Plus de la moitié des personnes âgées de 55 à 64 ans ayant quitté un emploi durable entre 1994 et 2000 seraient en effet retournées travailler au cours des 10 années suivantes. Alors que beaucoup comptent les jours qui les séparent de la retraite, d’autres refont le saut vers le marché du travail. Quelles sont les motivations de ces personnes ? La nécessité financière ? Le désir de rester actif socialement ? Le besoin de briser un certain isolement ? Il semble que toutes ces raisons soient bonnes…

Nécessité financière Hubert É.*, autrefois technicien chez Bell Canada, a pris sa retraite à 57 ans, à la fin des années 1990. Aujourd’hui âgé de plus de 70 ans, il est chauffeur à temps partiel dans une entreprise de camionnage depuis six ans. « Mes revenus de retraite ne nous permettaient pas beaucoup de loisirs, à ma femme et à moi, témoigne-t-il. J’étais encore très en forme et je souhaitais aussi pouvoir aider financièrement nos enfants. Notre fille aînée, qui est chef de famille monoparentale, peine à joindre les deux bouts avec son salaire d’infirmière auxiliaire, et notre fille cadette s’est retrouvée avec une dette d’études si monstrueuse que son salaire de suppléante dans une école secondaire ne lui permet pas de vivre aisément. »

Lucie Dubé est coordonnatrice du service d’aide à l’emploi de Midi-Quarante†, un organisme de Laval qui s’adresse aux 40 ans et plus. « Beaucoup de retraités viennent nous voir parce qu’ils s’ennuient et souhaitent continuer à contribuer à la société, explique-t-elle. Jouer au golf tout l’été et passer ses hivers en Floride, ça ne convient pas à tout le monde. Dans le cas de certains retraités aux revenus modestes, la question ne se pose même pas. Et puis, pour peu que leur santé le leur permette, les aspirants travailleurs âgés ont souvent encore beaucoup à offrir. Quand on aime ce qu’on fait, il n’y a aucune obligation à se retirer du marché du travail. »

La première cause de retour au travail des retraités serait le besoin d’argent. C’est ce que révèle un sondage mené en ligne pour la banque ING Direct (aujourd’hui Tangerine) et publié l’an dernier par La Presse canadienne.

Qui ne se souvient pas de la campagne publicitaire Liberté 55 ? Or, en 2015, il semble que la réalité soit tout autre. La première cause de retour au travail des retraités serait le besoin d’argent. C’est ce que révèle un sondage mené en ligne pour la banque ING Direct (aujourd’hui Tangerine) et publié l’an dernier par La Presse canadienne. La majorité des répondants auraient avoué avoir sous-estimé le coût de la vie, ne pas avoir épargné suffisamment ou devoir faire face à des dépenses imprévues…

Aimer son travail : le mot est lâché. Ils sont nombreux à souhaiter prendre leur retraite surtout parce qu’ils ont un emploi ou des conditions de travail qui leur déplaisent et parce qu’ils rêvent d’un horaire moins contraignant. Si de nombreux retraités qui retournent travailler le font à temps plein, la plupart le font à temps partiel et beaucoup rejettent le « 9 à 5 ». « Les secteurs où les retraités demeurent les plus recherchés sont ceux du commerce de détail, de l’horticulture, du tourisme et des transports », précise Lucie Dubé.

D’autres données recueillies par Statistique Canada indiquent que les couples canadiens de personnes âgées auraient dépensé en moyenne 54 100 $ en 2009. On se dit que les dépenses devraient diminuer lorsque le revenu baisse, mais il faut parfois un certain temps avant que les ménages rajustent leurs dépenses après la retraite. Le taux d’endettement des personnes âgées serait donc lui aussi à la hausse. Une personne retraitée sur trois aurait des dettes de plusieurs milliers de dollars, la valeur médiane s’établissant à 19 000 $. Chez les 65 ans et plus, l’endettement par tranche de 100 $ d’actif (en dollars constants) serait passé de 1,99 $ en 1999 à 3,50 $ en 2012. Un constat inquiétant.

Voilà qui est bon à savoir !

Le désir de rester actif socialement Mais l’argent n’est pas la seule raison qui incite les boomers à se remettre au travail. Selon un sondage réalisé cette fois par la Banque CIBC, 67 % des personnes interrogées considèrent le travail comme « un moyen de demeurer socialement actif ». Bernard N. , 69 ans, en est un bon exemple. À l’âge de 60 ans, après 35 ans de service en tant que policier municipal, il a pris une retraite bien méritée. Un an plus tard, il retournait cependant travailler à temps partiel pour un concessionnaire automobile pour qui il effectue des transports. De temps à autre, il signe d’autres menus contrats de travail à court terme. « Je m’ennuyais à la maison, et le besoin d’être actif et de me sentir utile a finalement pris le dessus », témoigne-t-il.

* À la demande de ces personnes, nous avons modifié leur nom. † www.assmq.com


VIE ÉCONOMIQUE

REFLETS

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Lèche-vitrine ou lèche-écran ? Par André Magny Journaliste La fermeture annoncée en mai dernier du magasin Sillon, véritable institution dans le monde de la vente de disques à Québec, en a surpris plus d’un, surtout que la raison invoquée a été que le consommateur télécharge dorénavant sa musique plus qu’il ne fait d’achats en personne. Avons-nous à ce point changé nos habitudes de magasinage ? Saviez-vous qu’en 2013, 70 % des internautes québécois, soit plus des deux tiers, ont fait au moins un achat en ligne ? Cela représente près de 60 % des internautes adultes ! Ces chiffres proviennent d’une enquête du Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO). Ramenées sur une base mensuelle, les données indiquent cependant qu’un peu moins de 30 % des Québécois magasinent en ligne. L’organisme spécialisé dans les technologies de l’information et de la communication estime que « le montant total dépensé en ligne au Québec au cours de l’année 2013 » a été de « 7,3 milliards de dollars, soit une augmentation de 7,4 % par rapport à 2012 ». Les achats par téléphone mobile comptent même pour 20 % des ventes réalisées par Internet. Un dernier chiffre : « 85 % des internautes consultent au moins une source en ligne avant d’effectuer un achat », que celui-ci se fasse en ligne ou en magasin. Les billets de spectacle, de cinéma et de divertissement en général arrivent en tête des produits achetés sur la Toile, que ce soit de façon individuelle ou sur des sites collectifs comme Groupon. Cette catégorie est suivie de près par les réservations de transport, les forfaits vacances et les achats d’articles de mode et d’accessoires comme ceux vendus par Simons, qui a toutefois refusé de nous dévoiler ses chiffres. On peut même aussi suivre des cours en ligne. L’alimentation n’est pas en reste. Bien que cela reste marginal, IGA s’est mise depuis un certain temps à la vente en ligne. Les Thés David également. Et après avoir fait une commande en ligne chez AmazonFresh, créé en 2008, on se questionne sur la livraison à domicile par… drone ! Y a-t-il place pour un accroissement des ventes en ligne ? Marc Paquette, directeur général chez ÉlectroMike, un magasin de Québec spécialisé dans le commerce électronique, en est convaincu. Selon lui, il faut toutefois y mettre des efforts. « Le Québécois moyen n’achète pas en ligne. Seulement 28 % des achats en ligne sont faits sur des sites québécois. Chez ÉlectroMike, nous avons deux personnes qui s’occupent du commerce en ligne. »

Selon M. Paquette, les Québécois ont encore trop souvent le réflexe de penser que les sites étrangers comme Amazon ou eBay sont plus sécuritaires que les sites québécois. « Il y a beaucoup d’éducation à faire. » À tel point que le magasin de la rue Frank-Carrel a décidé d’investir dans serviceKeskia.com, une entreprise qui offre des services informatiques à distance, mais aussi une formation – en ligne ou en personne – destinée particulièrement aux 45 ans et plus qui veulent en savoir plus sur les achats en ligne. « Comment sécuriser une transaction ? » et « Comment développer des habitudes d’achat ? » sont deux des thèmes abordés au cours de cette formation, offerte depuis août 2015. L’achat à distance ne date pas d’hier. Qui ne se souvient pas des catalogues de chez Dupuis Frères ou de la maison Eaton ? De l’avis de l’Union des consommateurs, « les achats par Internet présentent des avantages indéniables pour les consommateurs, notamment celui de pouvoir magasiner dans le confort de son foyer », ainsi qu’une « incomparable facilité de vérification et de comparaison des offres, des prix et de la disponibilité des produits et services à partir d’une vaste gamme de sources ». Cela dit, dans une vaste étude rendue publique en juin 2014 et intitulée La réglementation des contrats à distance : le temps d’un bilan, l’organisme à but non lucratif s’interroge notamment sur certaines pratiques en ligne des commerçants ainsi que sur les droits des consommateurs dans le domaine des achats à distance. Ainsi, des commerçants américains infiltreraient des forums de discussion pour diffuser des commentaires de consommateurs évidemment satisfaits de tel ou tel produit. Selon certains rapports américains, environ 30 % des avis de consommateurs sur différents biens ou services, des hôtels aux jeux en passant par les livres, seraient des faux… Toujours d’après cette étude, les délais de livraison, les problèmes de conformité, les renseignements manquants de même que des prix ou des frais non conformes à ce qui avait été annoncé sont les principales récriminations des consommateurs. Et les coordonnées où joindre le marchand ne sont pas toujours faciles d’accès. À noter qu’un contrat écrit doit être transmis par la poste dans les 15 jours suivant l’achat et doit être conforme aux représentations qui ont été faites au moment de l’achat. À défaut pour le commerçant de se conformer à ces exigences, le consommateur peut, dans les délais fixés par la loi, annuler la transaction et, au besoin, demander la rétrofacturation par sa compagnie de crédit.

Vos rentes

L’AQRP publie pour vous les prochaines dates d’émission des principaux paiements et avis liés à vos rentes de retraite : Pension de la Sécurité de la vieillesse et Supplément de revenu garanti (SRG) :

28 septembre, 28 octobre et 26 novembre 2015

Le dépôt direct est fait à la date indiquée et les chèques sont envoyés le même jour. Il faut donc prévoir un délai de quelques jours avant de recevoir le chèque par la poste.

Régie des rentes du Québec (RRQ) :

Prochain avis d’indexation de la CARRA :

30 septembre, 30 octobre et 30 novembre 2015

en même temps que le 1er versement de l’année

Paiements de la CARRA (dates de dépôt direct) :

Avis d’indexation de la cotisation à l’AQRP :

15 septembre, 15 octobre et 13 novembre 2015

Reflets de décembre 2015

Vous avez des questions ? Nous avons les réponses : 1 866 497-1548


éthique et spiritualité

REFLETS

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La prière, une forme de retrouvailles Par Élaine Champagne Professeure agrégée Faculté de théologie et de sciences religieuses, Université Laval Dans le contexte sécularisé dans lequel nous vivons, prier ne va pas de soi et demande un investissement personnel réfléchi. Par ailleurs, dans ce même contexte, très pluraliste, les occasions d’explorer les « pratiques spirituelles » les plus diverses foisonnent. Qu’est-ce que prier ? Et, enfin, pourquoi prier ? La prière est une «  pratique spirituelle  ». L’expression peut sembler contradictoire, mais la prière joue justement un rôle intégrateur en liant corps et esprit. Les pratiques sont des actions ou des gestes que nous faisons, fondés sur un savoir ou une expérience. Comme un art, la pratique de la prière se développe. La vie spirituelle concerne toutes les dimensions relationnelles de notre être : relation avec soi, avec les autres, avec notre milieu ou notre environnement et relation avec l’Absolu. Pour certains, l’Absolu sera ce qui transcende l’humain, cet infini qui l’attire toujours plus loin. Pour d’autres, ce sera cette source immanente et insaisissable de vie, plus profonde que les tréfonds de l’âme. Il en est qui appellent cet Absolu du nom de Dieu. Mais la prière concerne beaucoup plus que notre vie intérieure. Elle colore tout notre « être-au-monde ». Les pratiques spirituelles, et la prière parmi elles, ne constituent pas des fins en soi. La personne qui les exerce vise le plus souvent son mieux-être, son plein accomplissement humain. Les pratiques de méditation (transcendantale, pleine conscience, bouddhique, chrétienne ou autre) peuvent être considérées comme des formes de prière. Elles aiguisent nos sens; elles nous aident à retrouver « l’essentiel » au cœur du tumulte quotidien; elles nous syntonisent avec la vie. Une marche en forêt, un moment de silence dans un lieu paisible comme une chapelle ou un jardin, l’écoute d’une musique inspirante peuvent favoriser un climat de prière. La prière approfondit notre relation à nous-mêmes. Mais la prière est aussi plus que cela. Bien qu’elle nous aide à nous centrer, la prière ne nous referme pas sur nous-même. Elle nous ouvre au monde, à la nature, aux autres et elle nous aide à nous libérer de notre ego. Nous sommes liés les uns aux autres, responsables les uns des autres. Nous hésitons parfois à dire que nous prierons pour un ami qui souffre ou qui est dans le besoin. « Je penserai à toi. » Du fond de nousmême, nous souhaitons demeurer solidaire de notre ami, et confier à plus grand que nous le profond désir qui nous habite d’une vie heureuse, d’une vie meilleure. Notre pudeur à parler de Dieu va de pair avec le refus justifié d’un « dieu magicien » ou d’un « dieu marionnettiste » qui jouerait avec nos existences. Mais nous reconnaissons que quelque chose nous lie les uns aux autres, quelque chose qui nous dépasse. La prière de compassion nous ouvre à l’autre. Le geste de compassion peut devenir prière. Mais la prière est aussi plus que cela. Nous ouvrir à l’autre, c’est aussi nous ouvrir à la multitude des personnes qui dans l’espace et dans le temps se sont adonnées ou s’adonnent à la prière. Elles forment une « communauté de prière ». Les traditions religieuses ont permis de transmettre et de soutenir ces communautés qui partagent l’expérience d’une Présence, qui articulent une vision du monde et qui s’expriment par des pratiques et des rituels. Les mots de la prière s’inscrivent dans ces visions du monde et ces témoignages remplis de symboles et d’allégories. La lecture de textes sacrés, les chants sacrés, la liturgie des Heures ou la prière monastique et la célébration des sacrements entrent dans ce type de prière, mais aussi l’écriture d’icônes, de même que la création et la méditation d’œuvres d’art qui racontent ce qui est cru et qui fait vivre. Mais la prière est aussi plus que cela.

La prière est aussi relation à l’Absolu. Pour les croyants, la prière est présence à Dieu. Elle est aussi présence de Dieu. Elle est attente et désir de Dieu. Elle nous révèle aussi le désir de Dieu pour nous. La prière peut-être comme une conversation avec un grand ami, c’est l’oraison. Elle peut être un cœur à cœur avec Dieu, expérience de communion intime, mais aussi parfois de doutes et d’incertitudes. Non, Dieu n’est pas l’instrument qui réaliserait tous nos rêves ni le magicien qui résoudrait tous nos problèmes. Dieu est tout Autre. La prière, au fond, est inutile, mais elle nous est vitale. Dieu est inutile, en même temps que Dieu est Tout. Le Dieu chrétien est un Dieu de don, de gratuité, d’amour. Dans la prière, nous nous découvrons aimés tels que nous sommes, gratuitement. Humbles et aimés, avec tous nos frères et sœurs humains. Et cela est profondément bouleversant. La tradition chrétienne aime cette belle formule pour parler de la prière : « Se mettre en présence… ». Présence de soi, présence des autres, présence du monde, présence de Dieu. Pourquoi prier ? Pour tout cela. Et pour plus encore. Pour rien. Pour Dieu. Gratuitement.


éthique et spiritualité

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La poursuite de buts personnels, gage d’une retraite heureuse Par Sylvie Lapierre, Ph. D, Université du Québec à Trois-Rivières et Léandre Bouffard, Ph. D., Université de Sherbrooke

Si nous donnons vie à nos buts, nous donnons du sens à notre vie1. La retraite entraîne de nombreux changements qui nécessitent une importante adaptation. Le travail, pôle organisateur des activités quotidiennes, doit être remplacé par de nouveaux projets que la personne retraitée élabore de manière autonome. Et la poursuite active de ces projets est le gage d’une retraite heureuse. En effet, les bienfaits sont nombreux lorsque nous poursuivons des buts valorisants et réalisons des projets personnels qui nous tiennent à cœur. D’ailleurs, la recherche scientifique démontre que la poursuite de nos buts : – donne une direction à notre vie (nous savons où nous allons) et focalise nos énergies, qui ne sont pas gaspillées; – structure notre vie et organise notre temps; – augmente l’estime de soi, le sentiment d’efficacité personnelle et le sentiment d’avoir une certaine maîtrise de notre vie; – donne du sens à notre vie, améliore notre bien-être et nous fait vivre le flow, cette expérience intense de bonheur vécue lorsque nous sommes concentrés sur une activité qui nous passionne; – aide à surmonter les difficultés lorsque nous persévérons vers l’objectif; – prévient la dépression. Ces bienfaits n’apparaîtront qu’à certaines conditions, car « les buts ne sont pas créés égaux », comme le précisent les chercheurs. Il faut donc que les buts soient : – importants et assez exigeants pour susciter notre engagement profond et intense; – authentiques, c’est-à-dire qu’ils émanent de nos choix, soient conformes à nos valeurs et s’intègrent à notre vie; – intrinsèques, c’est-à-dire poursuivis pour l’intérêt ou le plaisir accordé à l’activité elle-même (comme le développement personnel, l’aide à autrui) et non extrinsèques, c’est-à-dire poursuivis pour obtenir des avantages externes (p. ex. argent ou popularité); – harmonieux et non en conflit les uns avec les autres (il est difficile, par exemple, de manger n’importe quoi et de rester mince); – adaptés aux situations ou aux restrictions découlant de la maladie.

L’élaboration ou le choix du but permet de déterminer ce qui donne du sens à notre vie et de concrétiser nos aspirations. Le simple fait d’avoir un but nous « allume » et nous donne des ailes ! La planification de l’atteinte du but nécessite de sélectionner les moyens à employer et les actions à entreprendre pour atteindre l’objectif, tout en prenant soin d’anticiper les obstacles et de prévoir les stratégies pour les surmonter, autant de tâches qui diminuent l’anxiété et font progresser vers le but. La poursuite du but exige de la flexibilité face aux imprévus ainsi qu’une gestion efficace de nos capacités et des ressources à notre disposition. Dans ces conditions, les progrès vers le but produisent une grande satisfaction et l’occasion de vivre une « expérience optimale ». Que l’atteinte du but provoque des émotions positives est un fait reconnu. Le sentiment d’efficacité et l’estime de soi sont renforcés par la réussite d’un projet personnel. Il apparaît donc que chacune des étapes de la démarche vers le but contribue au bien-être subjectif et à la qualité de vie à la retraite. Une équipe de chercheurs québécois2 a offert à de nombreux retraités le programme de réalisation des buts personnels intitulé En route vers une vie plus heureuse. Cette expérience consiste à suivre les étapes que nous venons de décrire (élaboration, planification, poursuite et atteinte d’un but) au cours d’une démarche qui s’étale sur 12 semaines (à raison de deux heures par semaine) et se réalise en petit groupe de six à huit personnes. Les centaines de retraités qui se sont engagés pleinement dans cette démarche ont vécu une expérience positive. Les résultats ont montré une augmentation significative de leur satisfaction à l’égard de la retraite, une plus grande sérénité, de l’espoir et du bonheur. L’anxiété, la dépression et même les idéations suicidaires ont diminué de façon notable, mais la démarche a surtout mieux équipé les participants pour la réalisation de leurs objectifs futurs. Lectures suggérées Bouffard, L. & Aguerre, C. (2009). Le vieillissement réussi. Dans J. Lecomte (éd.). Introduction à la psychologie positive (p. 77-92). Paris : Dunod. Csikzentmihalyi, M. (2004). Vivre. Psychologie du bonheur. Paris : Robert Laffont. Lapierre, S., Dubé, M., Bouffard, L., Alain, M. (2007). Retraite précoce et réalisation des buts personnels : une approche novatrice pour contrer les idéations suicidaires. Vie et Vieillissement, 5(4), 29-37. Lapierre, S., Miquelon, P., Desjardins, S., Marcoux, L., Dubé, M., Bouffard, L., Alain, M. (2013). L’importance des projets personnels pour la santé mentale et le bien-être des aînés: un programme d’intervention. Le Partenaire, 21(2), 8-11.

Pour réaliser nos projets et profiter des bienfaits que nous apporte la poursuite de nos buts, il y a des étapes à franchir, chacune étant distincte mais essentielle.

1. D  éclaration d’un participant à la démarche En route vers une vie plus heureuse, dont il sera question ici.

2. Léandre Bouffard, de l’Université de Sherbrooke; Sylvie Lapierre, Micheline Dubé et Lyson Marcoux de l’Université du Québec à Trois-Rivières.


VIE CULTURELLE

REFLETS

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Marc-Aurèle Fortin, un artiste singulier Par Esther Trépanier Professeure au département d’histoire de l’art, Université du Québec à Montréal

Page couverture du livre de esther trépanier

Si je tente, d’un point de vue qui m’est plus personnel, de répondre à la question de la singularité de Fortin, je dirais que son œuvre, mais aussi sa réception critique incarnent en quelque sorte les paradoxes de la société canadienne-française de son époque, en particulier cette tension entre le passé et le présent qui marque cette période de transition où le Québec devient véritablement une société urbaine.

Traiter, en peu de mots, des particularitésde l’œuvre de Marc-Aurèle Fortin et de la manière dont il se distingue de ses contemporains (ce qu’on me demande de faire pour le présent article) est un bien grand défi. La plupart des gens à qui on poserait la question répondraient que Fortin a su illustrer la beautédes paysages québécois et de ses villages pittoresques. Cependant, cela ne le distinguepas a priori d’artistes comme Maurice Cullen, Suzor-Coté ou Clarence Gagnon, qui ont également adopté la campagne du Québec comme sujetde prédilection pour expérimenter ces nouvelles approches impres­ sionnistes avec lesquellesils avaient été en contact lors de séjours européens. Fortin, toutefois, qui n’ira pas en Europe avant 1933, ne saurait être qualifié d’impressionniste. Certes, sa palette est vive et ses touches sont bien apparentes. Mais il n’adopte pas cette fragmentation qui permet de rendre les perceptions optiques de la couleur et ne travaillepas à partir d’une réflexion analytique sur la complémentarité de la lumière et des ombres colorées. Son approche moderne du paysage n’appartient qu’à lui et varie selon la nature des médiums utilisés : huile, pastel, aquarelle, gravure. Parfois ses larges plages de couleurs sont arbitraires : jaunes, roses, bleues, mauves pour certains champs traités au pastel ou certaines maisons d’Hochelaga. Son utilisation, sur une même surface, de plusieurs médiums, par exemple le crayon ou le fusain qui soulignent le mouvement, les masses, ou encerclent les formes colorées à l’aquarelle ou au pastel, ses fonds de teintes sombres, parfois à l’émail noir, sur lesquels il appose des couleurs vives, sont tout à fait contradictoires avec la démarche impressionniste.

Rappelons que dès 1915, 50 % de la population de la province vit dans des villes,un pourcentage qui atteindra les 60 % au début des années 1930. Or, Fortin, on l’oublie trop souvent, peint parallèlement à ses paysages ruraux de très nombreuses vues d’Hochelaga ou de Montréal qui témoignent de l’inexorable envahissement de la campagne par la ville. L’artiste compose ses tableaux d’un point de vue particulier, à distance, en retrait de l’espace urbain. Il est en cela très différent de son collègue Adrien Hébert qui, lui, se positionne au cœur de la ville moderne. Fortin semble pour sa part vouloir afficher une certaine ambivalence devant le développement urbain. En cela, il serait représentatif de beaucoup de ses contemporains, notamment au sein de l’élite et du clergé qui, bien que vivant en ville, oppose à la modernisation sociale une vision nostalgique et passéiste de la vie rurale qui trouve écho dans la littérature et la peinture régionalistes. Si, dans le contexte québécois d’alors, son approche formelle est moderne, Fortin va récuser fermement ce qualificatif, déclarant vouloir plutôt contribuer à une école nationale de peinture. Par tous ces aspects, Fortin me semble incarner la difficile posture de bien des Canadiens français pris entre tradition et modernité. Cependant, cela lui vaut de bénéficier, durant l’entre-deux-guerres, d’une réception critique abondante et favorable, tant de la part des critiques ouverts à l’art moderne, qui étaient séduits par son audace, que par les critiques traditionnels qui, eux, l’étaient par ses sujets, en particulier ses scènes de campagnes,de villages et de maisons traditionnelles (même si à l’occasion, certains déplorent les incorrections de son dessin !). Dans les années 1940, Fortin, qui ne se renouvelle guère, sera relégué dans l’ombrepar une critique plus attentive aux développements des tendances avant-gardistes, celles des Borduas et Pellan, notamment. Toutefois, après cette éclipse relative, l’artiste seraen quelque sorte « redécouvert », alors même que le Québec entre dans la Révolution tranquille. C’est sous la plume de Pierre Bourgault que s’amorce ce processus. Ce leader du mouvement indépendantiste signe dans La Presse du 25 novembre 1961 un article intitulé «  Marc-Aurèle Fortin  : le

peintre de son pays », dans lequel il va littéralement construire la figure d’un artiste comme emblème de la nation québécoise, un « géant » longtemps ignoré, mais que personne « n’a pu abattre ». Certes, Bourgault exagérait largement puisque le travail de Fortin, loin d’avoir été ignoré, avait été très reconnu durant les décennies déterminantes de sa carrière. Mais ce texte de Bourgault nous fait nous rendre compte que Fortin aura pu jusqu’à la fin incarner quelques-uns des paradoxes de ces Canadiens français qui, devenus des Québécois, aspiraient à une reconnaissance qui leur permettrait d’entrer « dans l’histoire ». Pour en savoir plus : Marc-Aurèle Fortin. L’expérience de la couleur. Sous la directionde Michèle Grandbois, Montréal, Musée national des beaux-arts du Québec, Les Éditions de l’Homme, 2011.


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Préserver et diffuser l’affiche Par Yves Hébert Rédacteur en chef Depuis plus de 100 ans, les affiches jouent un grand rôle dans la publicité et dans la transmission de messages culturels, idéo­ logiques, voire religieux. Certaines frappent l’imaginaire en raison de leur qualité visuelle, d’autres, par leur puissance d’évocation symbolique. Au Québec, Bibliothèque et Archives nationales du Québec a réalisé d’importants travaux de numérisation de documents iconogra­phiques1. Au Canada, des travaux semblables ont été menés par Bibliothèque et Archives Canada2. À l’heure de la numérisation des œuvres d’art dans presque tous les pays du monde, l’affiche demande à être conservée pour ses valeurs visuelles et culturelles, – mais les ressources financières et humaines parfois ne sont pas au rendez-vous. Constatant l’importance de créer un concours international d’affiches, connu aujourd’hui sous le nom de Biennale internationale de l’affiche du Mexique (BICM), les Québécois Mineko Suzuki et Raymond Vézina, conjoints tous deux retraités, ont contribué à soutenir les efforts de Xavier Bermúdez pour la concrétisation de ce projet ambitieux. Voyant l’importance des collections internationales présentes au Mexique, Mineko Suzuki et Raymond Vézina ont consacré durant plusieurs années un temps précieux et bénévole à la réalisation d’outils pour inventorier et analyser les thèmes des œuvres

iconographiques. Ils ont publié une Méthode pour inventaire digital de documents iconographiques – Método para inventario digital de documentos et conçu un programme universitaire de quatre ans menant à l’obtention d’un baccalauréat dans ce domaine. Spécialiste de l’étude des langues étrangères et organisatrice du Forum Montréal-Japon, Mineko Suzuki a organisé plusieurs expositions internationales pour la BICM. Elle a bâti plusieurs banques de données d’œuvres iconographiques. Professeur, cofondateur de la Revue d’art canadienne en 1974, Raymond Vézina a notamment œuvré au sein de la Division d’iconographie des Archives nationales du Canada. Il a contribué à l’élaboration de méthodes pour l’inventaire de documents iconographiques. En 2014, lors d’une cérémonie officielle à la bibliothèque de Mexico, ces deux Québécois ont reçu la Médaille d’excellence José Guadalupe Posada pour leur contribution à la BICM et à la promotion du design au Mexique. Aujourd’hui la Biennale internationale de l’affiche du Mexique permet aux graphistes de tous les pays de faire connaître leur art. En octobre 2014, lors de la 13e biennale, près de 3 600 affiches étaient présentées. Parmi les 350 sélectionnées, on comptait 27 affiches canadiennes. Pour en savoir plus : bienalcartel.org/13bicm. 1. Voir www.banq.qc.ca/collections/collection_numerique. 2. Voir www.bac-lac.gc.ca/fra/Pages/accueil.aspx.


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Suggestions de lecture Aline Dumoulin, Alexandra Ardisson, Jérôme Maingard, Murielle Antonello et Saydou-Bernard Tall Églises de Paris Paris, Editions Massin, 2010, 191 pages

Sous la direction de Serge Toubiana François Truffaut Paris, Flammarion et La Cinémathèque française, 2014, 239 pages

Ce magnifique livre abondamment illustré présente l’extérieur et l’intérieur d’une cinquantaine d’églises parisiennes. Ces édifices religieux, d’une valeur patrimoniale incomparable, sont ici répertoriés par arrondissements, ce qui facilitera un éventuel circuit de visites. Tous les sites célèbres sont décrits dans un langage clair et étudiés du point de vue architectural  : la Sainte-Chapelle et Notre-Dame de Paris sur l’île de la Cité, mais aussi l’église Sainte-MarieMadeleine (« la Madeleine », près de la place de l’Opéra), la grandiose basilique du SacréCœur de Montmartre, qui surplombe Paris, et bien d’autres sites moins connus. Plusieurs de ces édifices datent du Moyen Âge. Ainsi, l’église Saint-Julien-le-Pauvre (dans le Quartier latin) accueillait autrefois le poète Dante et saint Thomas d’Aquin (p. 94). Autre exemple : le clocher-porche de l’église Saint-Germain-des-Prés date de plus de 1 000 ans (p. 114). Pour un Nord-Américain, de tels vestiges d’un si grand âge dépassent l’entendement. Ailleurs, l’église Saint-Sulpice contient des fresques de Delacroix, dont les toiles font l’orgueil du Musée du Louvre (p. 125). Ce livre soigné pourra servir à la préparation de visites ou de pèlerinages lors d’un séjour à Paris. (Y. L.)

La simple énumération de tous les chefs-d’œuvre de François Truffaut (1932-1984) serait trop longue : retenons seulement Les 400 coups, Jules et Jim et L’Enfant sauvage. Ce magnifique catalogue de La Cinémathèque française, richement illustré, retrace la carrière écourtée de ce cinéaste innovateur et humaniste, sans doute le plus grand de l’histoire du cinéma français. Des témoignages de ses collaborateurs révèlent sa méthode de travail et ses secrets de tournage. Truffaut voulait tourner des films sans temps morts, sans longueurs; il exigeait de son équipe qu’elle aille toujours plus vite sur le plateau, voulant condenser les répliques. Manuscrits, extraits de scénarios, lettres personnelles, objets d’enfance lui ayant appartenu : on apprend beaucoup sur ce créateur sensible et sur le cinéma en général, sans avoir besoin d’être un initié ou un cinéphile. En lisant ce beau livre, on comprend comment François Truffaut a été inspiré pour réaliser ses meilleurs films. (Y. L.)

José Rodrigues dos Santos La Formule de Dieu Paris, Éditions Hervé Chopin, 2012, 650 pages José Rodrigues dos Santos, écrivain portugais, aborde des thèmes semblables à ceux de Dan Brown, mais de façon plus scientifique. Dans ce roman, l’intrigue d’espionnage est un prétexte pour traiter de théories physiques, de la relativité d’Einstein à la physique quantique, le tout dans la quête d’une grande théorie unifiée. Le personnage principal est Tomas Noronha, un historien cryptologue de la « Nouvelle université de Lisbonne  ». Le livre s’ouvre sur une discussion, qui a vraiment eu lieu entre Ben Gourion et Einstein sur la possibilité de fabriquer rapidement pour Israël une bombe atomique qui soit facile à faire à un coût raisonnable. Ensuite, leur conversation dévie sur le problème de Dieu – mais dans le texte, il y a un message crypté. Les Iraniens, qui sont en possession du texte et qui veulent la bombe atomique, pensent qu’il s’agit là de la formule de fabrication de la bombe. C’est pourquoi ils s’organisent pour enlever Noronha, qui réussira à déchiffrer le message et à s’enfuir. Mais tout cela n’est qu’un prétexte pour parler des derniers développements de la physique. (P. G.)

Louise-Andrée Laliberté et Daniel Tremblay Le Parlement du Québec. Parcours photographique Montréal, Les Éditions Québec Amérique, 2014, 174 pages N’importe qui peut visiter – gratuitement – le parlement de Québec pendant les heures d’ouverture. Mais les photographes Daniel Tremblay et Louise-Andrée Laliberté ont eu le privilège de voir et de photographier des sections habituellement fermées aux visiteurs. Ce beau livre nous présente l’Assemblée nationale et ses lieux les plus inaccessibles. On peut admirer la décoration intérieure, de style classique, et l’architecture de style beaux-arts. En outre, les commentaires fournissent les noms de nos héros nationaux dont les statues ornent la façade : Pierre Le Moyne d’Iberville, La Vérendrye, Louis Jolliet et Jacques Marquette. Mais les images les plus rares sont celles prises du haut de la tour Jacques-Cartier, au sommet du campanile, qui offrent une vue incomparable sur les plaines d’Abraham et sur le Vieux-Québec (p. 48). Vraiment, l’hôtel du Parlement du Québec est notre trésor le mieux gardé. Existe-t-il un plus bel endroit au Canada ? Je ne le crois pas. Daniel Tremblay et Louise-Andrée Laliberté nous offrent ici le plus beau livre paru au pays en 2014. (Y. L.)

AVIS AUX LECTEURS Nous vous invitons à nous adresser la recension d’un livre que vous avez apprécié. Le comité d’édition se réserve le droit de publier ou non les recensions reçues.


services ET AVANTAGES

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Services aux membres SERVICE À LA CLIENTÈLE En juillet dernier, le secrétariat général de l’AQRP a procédé à la restructuration de son service à la clientèle en créant un groupe d’agents dédiés et formés sur les différents services et avantages offerts à ses membres. La nouvelle structure permettra désormais de répondre simultanément à plusieurs appels et d’ainsi diminuer considérablement le temps d’attente. Afin d’appuyer cette initiative, le secrétariat général a également procédé à l’implantation d’un nouveau système téléphonique comprenant un système de réponse vocale interactive. Cette nouvelle plateforme, qui offre une multitude de fonctions de communication unifiées et l’acheminement plus efficace des appels, permettra au personnel de l’AQRP de participer à l’amélioration de la qualité du service à la clientèle. Grâce à ce nouveau système, les membres de l’AQRP peuvent choisir parmi les différentes options du menu d’accueil et ainsi être dirigés vers le bon service : – information générale sur l’Association, demande d’adhésion, renouvellement ou annulation; – information générale sur les assurances; – service d’aide en défense des droits; – programmes et conférences. Si tous les agents sont occupés lors d’un appel entrant, la diffusion de messages sur les activités de l’Association, ses programmes de formation et autres, permettra aux membres de s’informer en attendant qu’on leur réponde. Cette initiative fait partie d’une série d’actions visant à améliorer la qualité du service à la clientèle ainsi que l’expérience client des membres de l’AQRP. Si vous avez des commentaires ou des suggestions à formuler, n’hésitez pas à nous les communiquer à secretariat@aqrp.qc.ca.

L’AQRP SIGNE UN NOUVEAU PARTENARIAT AVEC SÉCURIGLOBE En juillet dernier, l’AQRP a signé une nouvelle entente de partenariat avec SécuriGlobe. SécuriGlobe est l’un des plus importants courtiers en assurance voyage et maladie au Canada. Il possède un réseau de plus de 2 000 partenaires actifs dans tout le Canada et aux États-Unis et représente quelque 14 assureurs différents. Grâce aux 250 000 polices émises chaque année, SécuriGlobe représente la norme d’excellence en matière de service à la clientèle et de choix de produits. En vertu de cette entente, les membres de l’AQRP pourront bénéficier d’une offre avantageuse d’assurance voyage à un prix concurrentiel

Voici quelques-uns des services offerts par SécuriGlobe : – service unique adapté aux différentes situations des voyageurs; – interprétation des clauses de chacune des polices en fonction de l’état de santé particulier d’un voyageur; – service d’évaluation médicale personnalisé; – intervention et aide à la clientèle en cas de réclamation. Pour en savoir plus : www.securiglobe.com.

Grâce à un site transactionnel mis à leur disposition, les membres de l’AQRP pourront comparer les offres et les taux parmi plusieurs assureurs et choisir ce qui leur convient le mieux, en fonction de leur âge et de leur état de santé.

Vous avez des commentaires à formuler sur le contenu du journal Reflets ? Écrivez-nous à reflets@aqrp.qc.ca. Le comité d’édition se réserve le droit de ne pas publier les textes reçus.


SERVICES ET AVANTAGES

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Avantages ASSURANCES

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Assurance vie

Possibilité d’adhérer à un régime collectif d’assurance vie (série 5844) avec transfert sans preuve d’assurabilité* 1 800 653-2747 / aqrp.qc.ca

1 855 743-9872 / www.physioextra.ca Profitez de tarifs avantageux readaptationquebec.ca • 5 $ de rabais sur chaque évaluation ou traitement en physiothérapie, en ergothérapie, en psychologie ou en ostéopathie • 20 $ de rabais sur chaque évaluation requise pour l’évaluation des capacités de conduite automobile

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*Certaines conditions s’appliquent

CULTURE ET LOISIRS

SécuriGlobe

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CENTRES ÉNERGIE CARDIO 1 800 653-2747 80 $ de rabais sur le prix régulier de l’abonnement annuel Optimum

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418 643-8131 / osq.org 10  % de rabais sur le tarif régulier à l’achat de billets pour les concerts de la programmation au Grand Théâtre de Québec et au Palais Montcalm

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE SHERBROOKE

819 820-1000 / css-oss.com 10  % de rabais sur le prix des billets Grands Concerts de la saison

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AUBERGE L’AUTRE JARDIN 1 877 747-0447 / autrejardin.com Jusqu’à 15  % de rabais

AUBERGE LE JARDIN D’ANTOINE 1 800 361-4506 / aubergejardindantoine.com Jusqu’à 10  % de rabais

Les Stations de la Vallée Saint-Sauveur

1 800 653-2747 / aqrp.qc.ca/tourisme Rabais de 25 % sur le prix des billets de journée ou de soirée lors d’un achat en ligne

AUBERGE LE POMEROL

1 800 361-6896 / aubergepomerol.com Jusqu’à 15  % de rabais

1 888 910-1111 / gouverneur.com 15  % de rabais sur le meilleur tarif du jour

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MATELAS SÉLECTION

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Jouez toujours à 50 % du coût régulier. Abonnez-vous, rabais de 15 $ pour les membres www.passeportgolf.com code de rabais : AQRP

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AUTRES

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418 869-2177 / chaletmouchette.com Jusqu’à 15 % de rabais sur la location du chalet

TELUS

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[En rouge = Nouveautés]

Pour obtenir plus d’information afin de bénéficier de ces nombreux avantages, consultez le Guide des services et des avantages ou communiquez avec nous au 1 800 653-2747, poste 10 Des modifications peuvent être apportées sans préavis


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