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Je renouais alors les liens d'un amour blessé que j'avais cru inaltérable. J'encaissais avec peine de trop précoces disparus et m'effrayais des menaces de mort qui plânaient sur des proches. Je mesurais enfin, hélas !, l'immense précarité que j'avais revêtue le jour de ma naissance. Sans doute était-ce à cause de cette angoisse et de ce goût de vivre que je tenais serré contre mon âme, comme un talisman. Mes yeux avaient faim de ce spectacle-là, de cette renaissance centrifuge qui allait me contaminer. La vie - voyez-vous, gagne toujours et l'Homme lui-même est pétri de la terre où ses cendres s'effacent.

Book Aql  

Travaux d'Anne Queyras-Louail. Mise à jour mai 2011

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