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21 novembre 2002 aux Secrétaires Fédéraux d’Écolo, à Jacques Bauduin, Jean-Philippe Hauzeur, Michèle Gilkinet, Olivier Mariage, et à quelques autres Chers amis, je désire attirer votre attention sur le discrédit bien inutile que s’attire Écolo suite à sa position concernant les quatre projets de loi élaborés par le cabinet de la Santé Publique (Psychologie clinique, Psychothérapie, Orthopédagogie, Sexologie). Pour l’écrasante majorité des psychologues cliniciens et des praticiens francophones de la santé mentale (et pour de plus en plus de praticiens néérlandophones) ces projets sont inadéquats, non améliorables sur le fond (car mal pensés à la base) et carrément toxiques. Or une loi, même mauvaise, est faite pour durer. Ces textes ont été critiqués par le détail au cours de multiples réunions. Le débat de fond a déjà eu lieu. À chaque fois, nous avons été confrontés à l’obstination aveugle du cabinet de la Santé Publique et au malaise diffus d’Écolo – incapable de se faire respecter et de se respecter – agitant, faute d’une position cohérente et ferme, le spectre de la «crise gouvernementale». Comme vous le savez, le monde de la santé mentale a voté massivement pour Écolo lors des dernières élections. L’énergie que moi-même et quelques autres ont déployée dans ce sens n’y est pas pour rien. Je crains, si vous continuez dans votre surdité, que cela ne se reproduise plus. En effet, pour l’heure, la plupart se sentent trahis. Je voudrais resouligner ici quelques points qui peut-être vous ont échappé : -

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les projets Agalev que vous continuez à défendre ne font pas partie de votre programme : en matière de santé mentale, ils en gauchissent et l’esprit et la lettre ces projets ne font pas partie non plus de l’accord de gouvernement ces projets se sont tramés, non seulement sans concertation, mais à votre insu, le cabinet de la Santé Publique escomptant manifestement profiter d’un «fait accompli» (je suis bien placé pour le savoir, ayant pris moi-même l’initiative d’informer la Commission Santé qui tombait des nues) ces projets n’ont cessé d’être menés, par ce même cabinet de la Santé Publique, dans un climat de manipulation et de mensonge (veuillez noter que je pèse mes mots et qu’il faut donc les prendre à la lettre) ces projets ne protègent ni les patients, ni les praticiens concernés. Au contraire, ils permettent à tout médecin non formé en la matière de pratiquer tous les actes de la psychothérapie et de la psychologie clinique. Ils en restreignent, par contre, l’accès à tout praticien bien formé issu d’une autre filière que la psychologie ou la médecine (ignorant manifestement la complexité, la richesse et la nécessaire diversité du champ de la santé mentale) d’un strict point de vue légistique, en multipliant des textes de loi mal pensés et mal articulés (4 à ce jour), ils sèment la confusion last but not least, alors qu’Écolo se fait ordinairement un devoir de promouvoir la diversification et l’autonomisation, ces projets appauvrissent le champ de la psychologie clinique et de la psychothérapie - et plus largement de la santé mentale - en le rabattant sur un modèle technomédical qui lui est hétérogène et dont il incarne le nécessaire complément.

L’explication de ces erreurs d’appréciation réside probablement dans l’espoir de bénéficier d’un canevas, administrativement simple, qui puisse permettre un jour le remboursement d’actes posés par de non-médecins. L’intention est louable, mais pas au prix de perdre son âme et ses amis. Bien à vous, Francis Martens président de l’APPPsy * * Association des Psychologues Praticiens d’Orientation Psychanalytique : numériquement, et de loin, le plus important groupe organisé de psychologues cliniciens francophone, membre de la Fédération Belge des Psychologues (FBP-BFP)


Projets_de_loi_regrettables