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Association de défense professionnelle, l’APPPsy ne se refuse pas moins à tout corporatisme. S’il s’agit de promouvoir, parmi nos collègues psychologues, un exercice responsable de la psychanalyse – et de veiller à ce que l’espace public n’entrave pas ses conditions de possibilité - il n’existe pour autant aucune raison d'interdire cet exercice à celles et ceux, venus d'ailleurs, qui peuvent témoigner d’un cursus intellectuel et clinique rigoureux — à commencer par une expérience personnelle véritable en tant qu’analysant(e). La tendance actuelle à légiférer à tout bout de champ – en réponse démagogique aux émotions réelles ou supposées de la rue – fait largement usage, s’agissant de psychothérapie, du repoussoir des «charlatans». Ceux-ci, certes, ne manquent point. Mais les charlatans diplômés ne sont pas les moindres. En la matière qui nous concerne, des études universitaires (ou équivalentes) ne sont qu’un préliminaire au cheminement personnel qui s’impose. Faire éclore la vérité blottie au creux d’une souffrance ne relève d’aucune technique. La psychanalyse, enfin, serait naïve de prétendre à l’exclusivité de l’excellence. Elle n’a l’apanage ni de la rigueur conceptuelle, ni de la pertinence clinique. Ses propres dérives n’ont rien à envier à celles des autres. La spécificité de la théorie freudienne lui donne néanmoins une identité solide. La scientificité du modèle, la conception anthropologique qui s’y rattache, ont redessiné les contours de la «nature humaine». Le regard du psychanalyste porte dès lors plus loin que son divan. Il est forcément politique. À une époque où la grégarisation, la manipulation, la diabolisation de l’autre ne cessent de croître, l’outil intellectuel et clinique de la psychanalyse reste d’actualité.

Introduction - Enjeux  

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