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EDITO

Nous assistons actuellement à un engouement pour la navigation de plaisance : est-ce un effet post COVID ?

Le Grand Pavois qui vient de se terminer, a vu une fréquentation importante et motivée ; les professionnels semblent confirmer cette tendance avec de nombreuses commandes et des délais de livraison de l’ordre de 24 à 30 mois pour des bateaux neufs.

L’industrie nautique est l’un des fleurons de notre production industrielle avec près de 80% d’exportation. L’APLR se porte bien et bénéficie peut-être de ce courant avec une progression régulière de nos effectifs.

La saison estivale a vu se dérouler de nombreuses croisières : Gironde, Bretagne, Morbihan et croisière très suivie à Gijon où nous avons été particulièrement bien reçus.

Plus récemment, vous étiez encore nombreux à la fête du thon à l’île d’Yeu.

La saison automne-hiver va débuter avec nos ateliers, conférences et visites ; vous trouverez le programme sur le site et le secrétariat vous informera dès que les dates seront précisées.

Toutes ces actions sont possibles grâce à votre fidélité et surtout à l’implication de nos bénévoles dont nos administrateurs.

Nous couvrons actuellement toutes les activités de plaisance embarquée : pêche de loisirs, navigation à voile et motonautisme qui se développe.

Notre port des Minimes contribue depuis 50 ans au développement de la plaisance avec le souci d’améliorer en permanence ses services ; de nombreux projets sont prévus pour les années à venir : informatisation, nouveau bureau de la manutention, réfection des sanitaires du Lazaret et de nos locaux, projet à la réflexion duquel nous sommes associés.

La régie du port envisage également d’améliorer les bonus à l’incitation des absences : passeport escales, ristournes.... Un article y est consacré dans ce VdP.

Au plan national, peu de choses : Il est prévu de réactualiser l’outil statistique concernant l’accidentologie (SNOSAN). Nous savons d’ores et déjà que nos activités sont très peu accidentogènes si on exclut les accidents de baignade ou de plongée et la pratique des engins de plage (kite surf, planche à voile etc…).

Aucun argument sérieux, si ce n’est une position rigide et dogmatique de l’administration, ne s’oppose à ce qu’en croisière côtière, nous puissions aller jusqu’à 12 miles d’un abri sans emport de survie ; le temps d’intervention entre 6 et 12 miles est de l’ordre de 15 à 20 min et encore moins en hélicoptère. Cela permettrait d’élargir les possibilités de croisière côtière comme le tour de l’ile de Ré, et l’accès à l’ile d’Yeu par exemple.

La pêche de loisir s’est vue une fois de plus réglementée : pour le maigre, sa maille est portée à 50 cm sans qu’aucune raison scientifique ne soit venue argumenter cette décision.

Enfin nous sommes concernés par le partage de l’espace avec l’extension prévisible des champs d’éoliennes en mer. Nous souhaitons que des couloirs de navigation suffisants soient prévus entre ces champs et la côte, ce qui n’est malheureusement pas le cas en ce qui concerne celui de St Nazaire. Nous souhaitons par ailleurs, ce qui a été toujours affirmé, que nous puissions traverser ces champs d’éoliennes sans obligation d’AIS.

L’extension prévisible des aires marines protégées nous incite à demander dans le même temps la création de mouillages écologiques.

Nous voyons que des chantiers restent en attente et nous sommes toujours mobilisés au service du nautisme et de la plaisance.

Bien cordialement à tous.

VDP N° 166 • ASSOCIATION DES PLAISANCIERS DE LA ROCHELLE 3 www.aplr.fr

LA VIE DE L’ASSOCIATION

La semaine du nautisme 5

Tous à Gijon 2022 5

Croisière Bretagne sud 8 Les rades et baies de la fin des terres bretonnes 8

Les vedettes aussi sont de sortie ! 11 Grand Pavois 2022 12 Des pêcheurs actifs 14

L'ALPR partenaire du Grand Pavois Fishing 14

« Un violon sur le sable » 2022 15

Rallye 2022 à St Denis d’Oléron 15

ECHOS DE LA MER ET DU PORT

Chapeau l’artiste : 17 Bastien Buignet

Eolien en mer

Un nom, un visage, une fonction : 18 Angélique Fontanaud Réunion du CLUPP 20 Bâtiment du Lazaret 21 Parc Naturel Marin

PARTAGE DE SAVOIRS

Cuisine « d’à bord » : 23 Grégory Coutanceau De la technique « protection de feu de pont » 27 Sérieux s’abstenir : 28 les unités pifométriques 4 L’album du capitaine 29

BULLETIN D'ADHÉSION

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PHOTO DE COUVERTURE : « escale dans le golfe du Morbihan » - Patrick GIRÉ IMPORTANT :

ASSOCIATION DES PLAISANCIERS DE LA ROCHELLE (APLR)

Siège Social Quai du Lazaret - 17000 LA ROCHELLE - Tél. 05 46 44 48 61 (rép.) - www.aplr.fr E-mail : aplr17.asso@gmail.com Secrétariat : 10h-16h du Lundi au Vendredi Permanences administrateurs le samedi de 10 heures à midi.

Membres du bureau Président : Alain Garcia • Vice-président : Bruce Jenner Secrétaire Générale : Marie-Claude Poirier • Secrétaire général adjoint : Jean-Jacques Coudray Trésorier : Blake Gould • Trésorier adjoint : Jean-Michel Durce • Conseil Juridique : François Bertout Administrateurs Noëlle Capon • Christian Chazeau • René Le Cavorzin • Patrick Giré Jean-Marie Maisonneuve • Christian Riffaud • Joël Sagot • Johnny Stephant L’A.P.L.R. Créée en janvier 1976 et régie par la loi du 1er juillet 1901, elle regroupe les plaisanciers pour défendre leurs intérêts, les sensibiliser et les former à la sécurité en mer, développer les relations entre eux et contribuer à l’animation du port et de la plaisance.

LE JOURNAL Publication périodique de l’A.P.L.R. • ISSN : 1162 - 1699 dépôt légal : 3e trimestre 1991 N° SIRET : 353 791 601 00027 - NAF 9499Z. Le journal est envoyé aux adhérents de l’A.P.L.R., abonnement compris dans la cotisation annuelle. Les informations contenues dans le bulletin sont libres et engagent les signataires des articles. Elles engagent l’Association sans signature. La publicité engage l’annonceur.

Directeur de la publication Alain GARCIA

Rédacteur en chef Patrick GIRÉ • Comité de rédaction : François BERTOUT et Jean-Jacques COUDRAY

Photos Bastien BUIGNET • Grégory COUTANCEAU • Département de LOIRE ATLANTIQUE • Jean-François DOUGERE • Jean-Michel DURCE • Patrick GIRÉ • Denis LACOUTURE • René LE CAVORZIN • Joël SAGOT • Johnny STEPHANT • Fanou BRENAS GRAFFIN • Bruno BRIGAUDEAU • Port de plaisance de La Rochelle : Raquel CRUZ Rédaction des articles François BERTOUT • Jean-Jacques COUDRAY • Daniel DELIDAIS • Jean-François DOUGERE • Jean-Paul EVRAT • Alain GARCIA • Patrick GIRÉ • Bruce JENNER • Denis LACOUTURE • René LE CAVORZIN • Patricia MONTFAJON • Patrick et Arlette PERRIGAULT • Johnny STEPHANT • Olivier TROUFFIER • Fanou BRENAS GRAFFIN • Joël SAGOT Régie publicitaire La Régie d’IRO - ZI - Rue Pasteur - 17185 Périgny cedex - Tél. : 05 46 30 09 10 - regie@iro-imprimeur.com

Conception et réalisation Agence IROKWA - La Rochelle - agence-irokwa.com Impression IRO - Tél. : 05 46 30 29 29 - contact@iro-imprimeur.com Tirage 2 000 exemplaires (ISSN : 1162 1699)

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EDITO 3
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INFORMATIONS
VOTRE VDP PARAIT 3 FOIS PAR AN, EN CONSÉQUENCE, POUR AVOIR DES
FRAICHES ET FIABLES NOUS AVONS PRIS LE PARTI DE PUBLIER LES DEUX RUBRIQUES « LES PETITES ANNONCES » ET LE « PLANNING DES ATELIERS, MANIFESTATIONS ET SORTIES » MISES À JOUR EN TEMPS RÉEL SUR LE SITE WWW.APLR.FR

La semaine du nautisme est une des principales manifestations nautiques de La Rochelle.

Organisée par l’association La Mer Pour Tous, crée pour cet éventement, elle regroupe près d’une trentaine d’associations dont bien sûr l’APLR qui en est membre du bureau.

d’attentes des visiteurs qui sont près de 100 000 selon les années.

L’APLR s’implique dans les manifestations, et mobilise ses adhérents afin d’embarquer des passagers, de virer le phare du bout du monde, mais également pour animer la matinée sécurité. Avec les équipes de la SNSM, nous percutons un radeau de survie - vous savez cette grosse valise qui pèse un âne mort, qui coûte un bras et recoûte un demi-bras tous les 3 ans pour ne jamais servir… Qui parmi vous a déjà percuté sa survie ? c’est un peu comme un airbag dans la voiture : il est là mais on se garde bien de le tester !

Alors, cette matinée sécurité est là pour que vous sachiez comment ça marche… Au cas où… Même scénario avec les feux à main : les visiteurs, encadrés par les bénévoles de l’APLR découvrent avec beaucoup d’intérêt l’exercice de mise à feu.

L’objectif premier est de permettre à des Rochelais de pouvoir naviguer brièvement sur des voiliers, bateaux à moteur, voile légère etc.

Au fur et à mesure des éditions ont étés créées un village et des zones à thèmes, afin de répondre à un maximum

Note du comité de rédaction : cette croisière a marqué les participants et nombreux sont ceux qui ont témoigné de leur vécu. Nous nous réjouissons d’avoir reçu un grand nombre d’articles et nous vous en remercions. Compte tenu de l’espace disponible dans ce numéro nous avons dû en retenir une partie seulement ; vous retrouverez les autres articles publiés sur notre site www.aplr.fr

UNE CROISIÈRE DE RÊVE ?

27 juin 8h20 appareillons de La Rochelle, un petit vent de nord-ouest nous propulse à la vitesse pharamineuse de.... 3,9 nœuds mais il va s’essouffler traitreusement en milieu de matinée tandis que nous rencontrons la houle du large, mettons le moteur en route et le garderons toute la nuit.

28 juin au petit matin vent toujours nul, un thon nous emmène la ligne de traine qui casse, un deuxième est remonté mais comble trop gros, nous n’avons pas de quoi le conserver !

Nuit du 28 le vent revient faible et… pile dans l’axe.

29 juin 3 heures du matin la jauge carburant nous donne 0 bâbord amure et 1/4 tribord amure, décidons de couper

Encore un grand succès pour cette édition ensoleillée, qui se déroule dans la bonne humeur et la convivialité. Merci à tous les adhérents volontaires pour leur implication et à l’année prochaine.

le moteur sommes encore bien loin du but !

Nous progressons maintenant dans les grains 20-30 nœuds puis calme puis grain, nous n’aurons jamais pris et largué autant de ris à l’heure.

Minuit nous arrivons à Gijon où nous sommes accueillis malgré l’heure tardive par des équipages de l’APLR, belle marque de sympathie, merci à eux.

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Bruce JENNER Photo Patrick GIRE
SEMAINE DU NAUTISME
TOUS À GIJON 2022

Plein de carburant le lendemain : il ne restait que 11 litres ! 30 juin et 1er juillet visite de Gijon où le cidre est partout, en témoigne sur le quai cet « arbre à cidre » composé de 3200 bouteilles de cidre recyclées.

Et attention pour boire le cidre : étions attablés à une terrasse quand un espagnol est venu nous dire gentiment : mais non mais non regardez, il faut lever haut la bouteille au-dessus du verre, verser seulement un doigt dans le verre et boire de suite cul-sec, c’est comme cela que le cidre est aéré et plein d’arômes.

Visitons le musée des Peuples des Asturies où l’on trouve une curieuse collection de cornemuses du monde entier dont certaines ont un soufflet fait de la peau entière de l’animal y compris sa tête.

Ensuite cocktail de bienvenue et repas au Real Club Astur de Regatas, le Yacht Club de Gijon avec vue imprenable sur la baie et tenue correcte exigée, pas de short quoique certains mollets étaient cachés par un blouson négligemment posé sur les genoux.

Le lendemain visite de l’impressionnante Universdad Laboral (Université du Travail) un des plus grands bâtiments d’Espagne ; pensionnat construit sous le régime franquiste pour donner une formation professionnelle aux jeunes ne poursuivant pas leurs études. Ce bâtiment possédant son église et son théâtre est devenu Cité de la Culture abritant notamment écoles, centres de formation et centres d’art. Après ce moment culturel direction le jardin botanique tout proche qui sur ses 15 hectares expose la végétation des territoires atlantiques.

Cette balade mettant en appétit, direction la cidrerie Llagar Castiello ou plutôt un restaurant où l’on mange en dégustant des cidres tirés directement des tonneaux en versant haut bien sûr.

Ce fut une bonne découverte de Gijon sous un superbe temps.

2 juillet c’est le retour, ravitaillement matinal, pleins faits

nous quittons Gijon à 15 heures.

Le temps se couvre et le vent a tourné N-NE nous l’avons à nouveau de face le moteur va être mis à contribution.

3 juillet toujours mêmes conditions : voile avec moteur en appui si nécessaire.

11 heures la ligne de traine vit, le moulinet se déroule, un thon vient de mordre.

On le ramène jusqu’au bateau, hop dans l’épuisette… Qui casse et le thon en profite pour s’échapper !

Nous croisons le Juan de la Cosa un navire hôpital affrété par l’Espagne et qui croise dans le golfe de Gascogne pour prêter secours ou assistance aux pêcheurs et autres navigateurs.

4 juillet après avoir croisé de nombreux pécheurs continuons au même rythme quand un thon se manifeste, cette fois-ci on le ramène à bord et on va le garder. Après une mémorable séance de nettoyage et découpe du thon qui a repeint le cockpit en rouge sang nous reprenons notre route.

Nous arriverons à La Rochelle le 5 juillet vers 22 heures 30 après que le vent ait eu la bonne idée de tourner au nord-ouest.

NAVIGATION 2.0, BIEN LOIN DE LA CHANSON DE JEFF D’ARGY : « AU BON

VIEUX TEMPS DE LA MARINE À VOILE »

A la fin de la première journée de navigation, je demande à Thierry, mon Capitaine, comment il organise les quarts de nuit. Il me répond : la nuit c’est fait pour dormir ! - ?? certes, certes sauf que... ?

J’avance prudemment qu’on est entourés de bateaux de pêche et que je veux bien veiller la nuit : petite équipière consciencieuse, mais totalement ignare du vrai hauturier. Il me répète que la nuit c’est fait pour dormir, et me demande pourquoi à mon avis, il a emporté deux ordinateurs ? - ???

Grande explication du Cap’tain : l’AIS

Le système automatique d'identification (AIS) des navires est un outil destiné à accroitre la sécurité de la navigation et l'efficacité de la gestion du trafic maritime. Son utilisation renforce à la fois la sécurité et la sûreté maritime. Ses apports sont indéniables malgré quelques carences et limites techniques.

En pratique, les « gros » : cargos, gros bâtiments de pêche, pétroliers, paquebots ont obligatoirement l’AIS, en réception-émission ; ils doivent également servir de relais entre un petit bateau qui émettrait un message de détresse et les secours (fonction ASN).

Tout fier, Thierry me montre son ordi : sur l’écran,

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s’affichent des petits logos, positionnant tous les navires autour de nous ; en cliquant sur le logo, on saura quel type de navire : pêcheur, nationalité, le vecteur de sa route, s’il est au mouillage, quelle est sa vitesse, son immatriculation, son nom… Tout !

Et ensuite, on travaille sur l’application AIS de l’ordi : bien installés au sec, on « paramètre » à quelle distance du risque de collision on veut être alerté, ou juste à quelle distance du croisement d’un navire. Je débarque sur la planète « navigation 2.0 »

- Évidemment, je retarde avec mes quarts de nuit, mes petits feux de navigation vert rouge blanc à ras la coque dans une mer où la houle est à 2 mètres, où les pécheurs travaillent à remonter leurs lignes ou leurs filets, à surveiller la zone sur leurs écrans.

- Tout le monde est « en bas » devant son écran

- Sauf que certains

« petits » pêcheurs n’ont pas l’AIS ou ne le branchent pas pour ne pas signaler la zone où ils pêchent ; eh oui, rien n’est parfait.

Heureusement, parfois, le régulateur d’allure nous a joué des tours, les vents de face ont forci, l’alarme AIS a sonné et on s’est retrouvés comme « au bon vieux temps de la marine à voile » sur le pont, sous les étoiles, avec cette musique magique de l’étrave coupant les vagues.

Merci Thierry, merci l’APLR pour cette belle navigation.

ARRIVÉE À SANTANDER

Belle et longue navigation d’une journée tout entière de Gijón à Santander. Nous rencontrons des dauphins par centaines, croisons quelques voiliers et profitons du superbe spectacle de la côte Cantabrique, tantôt lumineuse et verte sous une rare percée de soleil, tantôt emmaillotée dans une brume grise qui donne aux petits villages accrochés aux falaises de fantomatiques contours. Lorsque nous arrivons devant l’entrée de Santander il est 22h et assistons au coucher du soleil derrière le phare du Cabo Mayor après l’avoir laissé derrière nous. Petit à petit la lumière s’atténue et le ciel vire au violet puis au mauve tandis que la baie intérieure où se love la ville, dévoile ses

merveilles au fur et à mesure de notre avancée au cœur de l’estuaire : le palais royal de la Magdelena entouré de villas aussi imposantes que cossues, le centre d’art Botin, la cathédrale et sa coupole octogonale. Mais le temps de détacher difficilement le regard du centre-ville tellement le spectacle est grandiose, nous prenons conscience que nous nous enfonçons dans un énorme port commercial et industriel. Nous y croisons un impressionnant cargo transportant des voitures, un autre plus léger immatriculé à Chypre et un méthanier rouge impressionnant, le tout baignant dans la lumière noire violacée que transperce les milliers de feux et phares éclairant les navires. A notre arrivée, la marina est dans la nuit. Nous y accostons au hasard et après une bière salvatrice, allons nous coucher, les yeux encore emplis de la beauté d’un soir d’été.

et photo Denis

CONCOURS

GIJON 2022

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Texte PHOTOS Une copie d’écran qu’on pourrait intituler « navigation en solitaire
» !
Et le 1er prix « Cantabrique » est attribué à Bruno Brigaudeau. Pendant le Grand Pavois, le 1er prix « Gijon » est attribué à Denis Lacouture J-Marie MAISONNEUVE remet aux 2 lauréats 1 magnum de Château Thieuley rouge 2015

CROISIÈRE BRETAGNE SUD

Savez-vous ce qu’on appelle le bonheur ? C’est tellement simple, voici la recette : 5 bateaux, à voiles et à moteurs, avec des équipages amarinés et moins amarinés, tous prêts à découvrir l’inconnu pour certains et à partager leur expérience pour les autres. C’est dans cet état d’esprit qu’ils prennent la mer - ils la rendront après - vers le nord de nos îles pour en côtoyer d’autres. Trop heureux de partager, la navigation se déroule en flottille, ainsi les plus expérimentés montrent le chemin.

Au fond des golfes clairs…

C’est l’esprit compagnonnage de l’APLR qui prend le quart ! Ci-dessous le témoignage de Patrick et Arlette PERRIGAULT en est une belle illustration.

Texte et photo Patrick GIRÉ

But atteint, le Golfe du Morbihan s’offre à nous. Après les remous de la jument, l’île longue et devant les copains : nous sommes 5 bateaux !

C’est bizarre le moteur force mais ne passe pas la barre des 3 nœuds.

Beaucoup d’algues… On prévient « Feeling Free » car nous prenons du retard : sans doute des algues dans l’hélice ?

« Feeling Free » propose une manœuvre, marche avant, marche arrière, moteur débrayé.

Une astuce très efficace car un paquet d’algues se détache… Ouf… Notre moteur commençait à chauffer.

Le bain sera obligatoire au port de Vanne pour finir de dégager l’hélice et le safran… Heureusement il fait très chaud.

Eh oui ! encore la Bretagne mais elle est tellement belle. Et encore Jean-Michel : il a une organisation parfaite pour nos 8 bateaux et nous a concocté un parcours toujours plus sympathique, qui plus est, culturel cette année.

Eole avait été prévenu, la pluie est parfaite, venue rincer voire laver nos bateaux par ces temps de restriction. Nous allons décliner cette croisière en différentes séquences :

SÉQUENCES ÉMOTIONS

- A Port Louis, petite exposition dans la Chapelle Saint Pierre sur les noces bretonnes traditionnelles et oups !!! Christine retrouve la photo du mariage de ses parents (1936). Elle est tout émue et nous fait découvrir sa trouvaille.

- Les dauphins c’est toujours un grand moment de spectacle. Au large des Glénan et ailleurs, ils sautent, suivent les bateaux, passent dessous, jouent à cachecache et puis s’en vont.

- Dans le port de Tréboul, un dauphin surnommé « Grwoudy » ou “Randy” (on n’a pas trop compris son nom !) a pris pension. Il est très grassouillet. Il se balade entre Tréboul, Douarnenez et Brest, accompagne les bateaux qui rentrent au port. Pas farouche, il se laisse caresser. C’est la vedette du port.

SÉQUENCES FRISSONS

- Toujours un peu de tension par temps de brouillard ! Cette année c’était entre Lesconil et Douarnenez. Vous

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Patrick et Arlette PERRIGAULT Photo Patrick GIRÉ « les sauveteurs à terre » en plein exercice à La Turballe © Patrick Giré LES RADES ET BAIES DE LA FIN DES TERRES BRETONNES

savez ce brouillard bien épais qui colle aux lunettes. Une fenêtre juste pour voir le Phare de la Vieille, et puis rebrouillard jusqu’à l’approche de Tréboul. Il faut sans cesse surveiller car il y a encore des bateaux sans AIS et ce sont de véritables dangers lorsque la visibilité ne dépasse pas 10 mètres.

- Passage de 3 Imoca : soixante pieds du Vendée Globe de chaque côté du bateau. On ne les voit pas arriver mais le bruit est impressionnant.

- Coup de torchon annoncé dans le port de Tréboul par radio ponton : tout le monde à la manœuvre pour mettre les bateaux face au vent. C’est que nos équipages veulent dormir !

SÉQUENCES CULTURELLES

Lorient : la Citadelle de Port Louis se trouve à l’entrée de la rade. Autrefois elle servait à défendre l’arsenal de Lorient.

Sous un beau soleil une grande balade le long des remparts nous permet d’avoir une vue panoramique de la rade. La Citadelle abrite le Musée de la Compagnie des Indes et le Musée National de la Marine. Nous découvrons une collection impressionnante de maquettes de vaisseaux et des porcelaines exceptionnelles.

Changement de registre à la Cité de la Voile Éric Tabarly, lieu consacré à la découverte de la course au large. C’est un espace ludique, on peut manipuler les simulateurs de navigation et être concurrent du Vendée Globe pendant quelques minutes avec jets d’eau dans la figure et coups dans les mollets… On s’y croirait…

La base des sous-marins construite durant l’occupation et reconvertie à la fin des années 90 ; les bunkers K1, K2 et K3 deviendront des hangars à bateaux et le Pôle course au Large s’y installera.

Lorient est le port d’attache des « Pen Duick » et de quelques grands trimarans de course célèbres.

- Douarnenez. Une belle découverte, le port-musée de Douarnenez, une collection de bateaux de toutes origines, toutes tailles ainsi qu’une foule d’objets liés au monde maritime et à l’histoire de la conserverie. Un patrimoine impressionnant.

Cette année une exposition temporaire sur les balises en

art contemporain où une cinquantaine d’artistes ont laissé place à leur imagination, leur sensibilité. Magnifique !!!

- Océanopolis à Brest. L’aquarium de La Rochelle est magnifique, mais la visite d’un aquarium a toujours quelque chose de magique et nous avons exploré celui de Brest avec bonheur. C’est un des plus grands aquariums de Bretagne. Le monde aquatique y est divisé en 3 zones :

• le pavillon polaire et ses différentes espèces de phoques, manchots,

• le pavillon tropical et ses poissons multicolores au milieu de récifs coralliens et des requins,

• le pavillon de la Bretagne et toute la biodiversité des côtes bretonnes ainsi que la plage extérieure des phoques, et le sentier des loutres qui font le spectacle ou bien se prélassent dans leur énorme bassin.

- Sémaphore d’Etel.

Lieu mythique dû à sa célèbre barre et aux accidents qu’elle a provoqués, le sémaphore d’Etel est le dernier sémaphore civil des côtes françaises. Nous avons été reçus par le sémaphoriste qui nous a expliqué comment se passait le guidage des bateaux pour franchir la passe avec ce banc de sable qui se déplace régulièrement au gré des courants et des marées.

LES RENCONTRES

- A l’entrée de Port Louis (Lorient), il y a des bateaux militaires de différentes tailles de tous les côtés. Ils doivent nous prendre pour « Greenpeace » car nous arrivons vraiment groupés mais inoffensifs.

- Sur le retour, après avoir quitté la Trinité aux aurores, nous longeons, guidés par un bateau de surveillance, une zone de tir. Pas de problèmes, pas de bobos. On n'a même rien vu, juste entendu les avions. Puis, après Belle Ile, la zone des éoliennes : Thierry n’a même pas été rappelé à l’ordre, il l’a bien contournée.

- Plusieurs fois nous avons croisé de près, même de très près les Imoca du Vendée Globe qui se préparaient pour la route du Rhum. Ils faisaient des “run” entre 2 bouées et faisaient décoller les coques sur un foil ! Vraiment délicat de passer au milieu sans se faire couper en deux !

- La pêche : bon début, une belle quantité de maquereaux nous a permis de faire plancha et un gros saladier de rillettes mais cela n’a pas duré malgré les conseils de

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Pascal : 2 bars, une douzaine de Thazards, mais tout cela au prix de combien des rapalas !!! Mais c’était tellement bon.

LES INCONTOURNABLES DE LA CROISIÈRE

- Le Cap de la Chèvre et ses impressionnantes falaises, les fameux Tas de Pois à la pointe et les îlots rocheux de Pen Hir. On en redemande chaque année mais cette fois pas question de faire du rase-cailloux vu la météo.

- Camaret pour la Tour Vauban et le cimetière de bateaux.

- L’anniversaire de Claudine. Elle aimerait bien qu’on l’oublie, mais on ne déroge pas à la tradition. Petite chanson sur l’air de « La ballade des gens heureux ».

- Landié à Morgat : l’incontournable confiseur où JeanMichel peut déguster les croustillons, pendant que la lessive tourne à côté.

- Groix. 2 jours de repos bien mérités. Chacun en profite, vélo, scooter, voiture électrique pour faire le tour des plages et petits ports.

- Yeu, comme d’habitude des bateaux partout, à couple, à triple ! Bref c’est Port Joinville.

- L’ambiance et la bonne humeur malgré quelques péripéties… Et voilà ces 4 semaines bien remplies se sont achevées juste avant l’arrivée du mauvais temps.

Merci Jean-Michel pour ce périple et que vas-tu nous trouver pour la 6e édition ?

Depuis plusieurs lunes, à travers les sondages avant Assemblées Générales, les adhérents navigateurs en bateaux moteur et vedettes de croisière demandaient une attention particulière : sorties en flottilles, ateliers spécifiques…etc.

Le 1er juillet à 16h30, 6 vedettes (à moteur) se retrouvent à la cardinale « ouest Minimes » et sur le canal 8 pour garder le contact radio. « Seablue » en panne de VHF gardera le contact par téléphone avec « Tibrem’ » Départ groupé vers le port de St Denis d’Oléron à 8 nds, pour arriver vers 18h, retrouver les fidèles amis de l’Association des Plaisanciers de St Denis et partager un moment convivial, derrière la Capitainerie.

Le port de St Denis saturé par les escales arrive à nous loger individuellement, sachant que 2 bateaux repartiront vers La Rochelle avec la marée. Pour cette première, nous avons trouvé le créneau de marée permettant à ceux qui ne peuvent loger sur leur bateau de repartir vers les Minimes avant la nuit.

Nos hôtes, sous la houlette du Président Bernard Barbier et de son bureau au complet, ont tout préparé, les tables, les bancs, le barbeuk et même le charbon de bois, des bouteilles et des amuse-gueules : nous apportons aussi bouteilles et grigris pour un grand apéro tapas partagé.

Daniel Dhellemme nous gratifie de sa dernière pêche en carpaccio fumé particulièrement réussi. Comme tout le monde est heureux de ces retrouvailles,

que l’apéro est abondant, nous tardons un peu avant d’allumer le barbeuk, avec le swing de l’orchestre installé sur 1 bateau amarré sous nos yeux ; ceux qui doivent reprendre la marée ont à peine le temps de cruncher une saucisse grillée avant de rallier Les Minimes.

Ceux qui restent poursuivent avec entrain le partage des grillades et des bouteilles qui pètent allègrement dans le soir déclinant de Saint Denis… Ah ! quelle belle soirée !

La nuit tombe, les marins et marinettes aussi dans leurs bateaux pour rêver de la prochaine navigation. « le lendemain, elle était souriante... » dit la chanson ; nous aussi.

Pour une première du genre, c’est plutôt réussi et nous tiendrons compte de cette expérience pour faire encore mieux la prochaine fois.

Merci à Marine, Philippe Oswald et Christian Voisine pour leur appui à l’organisation, à toute l’équipe de l’Association des Plaisanciers de Saint Denis et aux participants pour leur bonne humeur partagée.

Texte et image Patrick GIRÉ - Tibrem’

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Texte Patricia MONFAJON Photos Jean-Michel DURCE LES VEDETTES AUSSI SONT DE SORTIE !

Mission accom plie pour cette 50e édition du Grand Pavois : si la météo s'est montrée incer taine, 73 000 vi siteurs (10% de moins que l'an passé) se sont montrés intéressés par les quelques 800 marques inter nationales de 750 bateaux exposés à flot et à terre dont 70 nouveautés qui ont surtout attiré les primo-accédants. Moins de visiteurs effectivement mais une fréquentation qualitative concrétisées sur les carnets de commandes gonflés et deux à trois ans d'attente avant d'être livré. Si flâner sur les pontons entre les grands monocoques et les luxueux catamarans est toujours un plaisir, le fait de devoir montrer « patte blanche » pour visiter un bateau devient désagréable : reviendrait-on à l’époque de la fable de la Fontaine ? Cette année 2022 a été marquée par plusieurs évènements particuliers :

1- LA PRÉSENCE DE QUATRE BATEAUX REMARQUABLES, EMBLÉMATIQUES DE LA PLAISANCE ET CRÉÉS PAR LES FONDATEURS DU SALON

- le Kirk du chantier Amel : Henri Amel a commencé à construire des bateaux dans son atelier de carrosserie à Paris,

- l'Arpège du chantier Dufour ; Michel Dufour dessine les plans de l'arpège en 1966, - l'Ecume de mer de Roger Mallard, dessiné par JM Finot, l'écume de mer va d'abord naitre en Hollande, s'expatrier en Australie avant que le Rochelais Roger Mallard s'y intéresse,

- Eloïse II du chantier Fernand Hervé : une grande figure de la construction navale et de la plaisance Rochelaise.

2-

DES IDÉES NOVATRICES DANS CE GRAND PAVOIS DE LÉGENDE, D'HISTOIRE ET D'INNOVATIONS

L'entreprise rochelaise d'informatique spécialisée dans les voiliers de courses : Madintec, envisage de faire décoller les bateaux moteurs équipés de foils afin de réduire les émissions de carbone et d'économiser le carburant, Les voiles gonflables : le groupe Michelin, la start-up Wisamo et Michel Desjoyeaux trois acteurs d'une voile gonflable dont le but est d'économiser le carburant des cargos et décarboner le transport maritime. Mais « le Professeur » prospecte le marché de la plaisance et teste ce matériel sur son propre bateau, un monocoque habitable de 13 m.

Un hauban en fibre de polyéthylène présenté par le Rochelais Benoit Parnaudeau et son équipe. Après sa 10e place dans le Vendée-Globe 2004/2005, il part avec sa famille autour du monde et s'arrête en Polynésie. Il y travaille et met au point ce hauban capable d'encaisser aussi bien les mises en tension que le vieillissement au soleil : une alternative aux classiques armatures en inox, Un trophée innovation nautisme présidé par le skipper

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GRAND PAVOIS 2022

Arnaud Boissière qui décerne un coup de cœur au pôle emploi de Villeneuve les Salines de la Rochelle pour son agence mobile. L'éloignement des énergies fossiles va laisser progressivement la place aux moteurs à propulsion électrique sur lesquels travaillent des gros acteurs comme Mercury et Fountaine-Pajot mais aussi de plus petites sociétés comme les établissement Vebrat.

Cette 50e édition devait se terminer par le grandiose spectacle pyrotechnique des « voiles de nuit » mais la météo en a décidé autrement. Fort heureusement, l'avenir nous laisse déjà entrevoir le prochain Grand Pavois qui se déroulera du mercredi 20 au lundi 25 septembre prochain avec un spectacle « voile de nuit » qui célèbrera les 50 ans de l'association Grand Pavois Organisation et accueillera l'Afrique de Sud en invitée d'honneur.

LE GRAND PAVOIS ET L’APLR

Le Grand Pavois c’est pour l’APLR l’occasion de se montrer, de rencontrer ses adhérents dans un cadre festif et de faire connaissance avec nombre de visiteurs qui deviendront de nouveaux adhérents. Tout comme les autres exposants, le millésime 2022 est un cru de choix, avec plus de 50 nouveaux adhérents

qui nous rejoignent et qui confortent ainsi notre position d’interlocuteur incontournable auprès des autorités, notamment portuaires, et de 1ère association de plaisanciers de l’atlantique.

Pour l’occasion nos bénévoles, cornaqués par Jean-Marie MAISONNEUVE ont servi à nos adhérents un planteur bien planté, accompagné d’amusegueules très inspirés.

… Et dans son traditionnel discours, le Président GARCIA, a repris les grandes lignes de conduite de l’APLR et ses préoccupations en rappelant la vigilance nécessaire qui conduit nos actions pour défendre nos positions et plus globalement les intérêts de tous les plaisanciers.

… Et toujours à l’écoute des échos de la mer !

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Photos : René Texte et photos Patrick GIRÉ

DES PÊCHEURS ACTIFS

Notre section pêche voit cette année une augmentation significative du nombre d’adhérents intéressés par l’activité pêche, nous leurs proposons une bonne diversité d’ateliers concernant les différentes techniques, ces dernières correspondant à leurs attentes.

Nous disposons d’une flottille qui nous permet une large capacité d’embarquement, ceci nous offre la possibilité d’inviter amis et famille, tous les éléments étant réunis pour profiter pleinement de nos sorties.

Notre permanence du samedi matin a pour objectif de faire connaissance avec les nouveaux inscrits, de faire une synthèse de la semaine écoulée puis de proposer des

embarquements afin de mettre en pratique les acquis des différentes formations. Les participants bénéficiant des conseils des skippers expérimentés. Nous vous invitons donc à nous rejoindre pour partager et échanger sur notre activité de loisir agrémentée d’une ambiance très sympathique.

Comme vous pouvez le constater nos sorties ne sont pas exclusivement réservées aux hommes.

Pour faire suite à nos sorties, un débriefing de fin de journée est toujours prévu devant notre local ou chacun évoque ses exploits de la journée, avec modération bien entendu.

Le GP fishing est une compétition de pêche aux bars réservée aux pécheurs semi-professionnels : guides de pêche, professionnels du nautisme, etc… Elle est organisée à chaque édition du Grand Pavois, lorsque la météo le permet.

L’épreuve consiste pour chaque équipage, à pêcher le plus grand nombre de bars maillés qui sont ensuite additionnés pour obtenir la longueur totale de leurs prises et ainsi être classé à l’issue de l’épreuve. C’est une compétition en no kill. Les poissons sont mesurés sur les zones de pêche puis aussitôt remis à l’eau.

Les équipages concurrents sont généralement composés de 3 pêcheurs et sponsorisés par des fabricants de bateau, d’équipement nautique ou de pêche.

Les épreuves se déroulent généralement sur deux journées dans les pertuis d’Antioche et Breton, selon la météo. La zone principale est le pertuis d’Antioche, mais lorsque les vents et/ ou la mer sont trop forts, le pertuis Breton est utilisé en zone de replis. Ce fut le cas cette année. Avec une météo peu clémente, les 2 manches du GP fishing ont donc eu lieu le long de la côte nord de l’ile de Ré entre le pont de Ré et le fiers d’Ars.

Pour permettre de mesurer rapidement les prises de bars, la zone a été divisée en 4 secteurs, sur lesquelles un bateau-commissaire assure cette fonction.

Cette année, 30 bateaux, principalement des semi-rigides, étaient en compétition dans les zones de leur choix.

L’APLR a été sollicitée pour encadrer cette épreuve. Quatre commissaires choisis parmi les membres de l’association ont embarqué pendant ces deux jours sur des semirigides. Leur rôle a été de veiller à ce que les concurrents respectent les zones de pêche et de mesurer précisément les poissons… Pas toujours aisé quand la mer est houleuse. Beaucoup de poissons capturés mais seulement une cinquantaine de poissons maillés et comptabilisés.

Au final, les trois premières équipes du classement général se sont départagées à un centimètre près (236 cm de bars pour le premier).

L’APLR a été vivement remerciée pour sa prestation par les organisateurs de GP fishing.

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Johnny STEPHANT Photos Joël SAGOT 1ère inscription pour cet adhérent avec un bar de 5kg L’APLR PARTENAIRE DU GRAND PAVOIS FISHING 2022

La Royale et la Marine marchande sont réputées pour le respect des traditions maritimes. Il en est de même pour les marins de l’APLR : le calendrier des sorties et leur organisation se déroulent suivant un rituel bien établi comportant quelques incontournables comme le Tour de l’Ile d’Aix, les M’Yeu en mai et la fête du thon, les croisières Bretagne Sud et le Rallye. « Un violon sur le sable » fait partie depuis 17 ans de ces Incontournables.

Le festival est créé il y a 35 ans par Philippe Tranchet et aujourd’hui, ce sont 50 000 personnes qui assistent sur la plage de Royan à chacun des 3 concerts interprétés par un orchestre symphonique composé de près de 100 musiciens venant pour la plupart de l’Opéra de Paris, dirigé par Philippe Pillement.

Tous ces interprètes reviennent fidèlement chaque année pour un concert de musique classique et musique moderne en invitant des solistes de renommée internationale. En résumé, c’est grandiose.

Il y a 17 ans, Alain Weinachter administrateur APLR a eu l’excellente idée de dire « allons aux concerts avec nos bateaux » et organisa pendant des années une flottille pour la semaine de concerts à Royan.

L’équipage de Feeling Free a pris le relais de l’organisation et pérennise cette sortie.

Marie-Françoise Gould est la cheffe d’orchestre et Blake le premier violon de cette sortie musicale. Ils nous invitent au respect des traditions de cet incontournable.

Tradition n°1 : respecter la bouée 2A pour entrer dans le chenal de la Gironde.

Tradition n°2 : s’amarrer au ponton 12Bis ; il fallait bien cela pour recevoir nos 14 bateaux. La capitainerie de Royan considère la venue de l’APLR comme une tradition.

Tradition n°3 : ne pas oublier les chaises pliantes pour s’installer sur la plage. Les plus courageux prennent position dès 17h pour le concert de 22h en se relayant pour garder le territoire et en prévoyant boissons et nourriture pour occuper le temps. Les autres temporisent leur prise de position.

Tradition n°4 : la sortie à Mortagne-sur-Gironde. Chaque année le chef de port manque s’évanouir quand MarieFrançoise lui annonce la venue d’une flottille de plus de 10 bateaux, chose tout à fait inusitée pour le port de Mortagne. Finalement, à chaque fois il réussit à nous caser.

Tradition n°5 : le picnic des équipages en mode auberge espagnole à l’ombre des arbres du port de Mortagne. En raison de la sécheresse et malgré la présence d’un pompier de Paris dans notre groupe, nous avons cette année évité la sortie Barbecue. L’assurance de l’APLR ne prévoit pas de clause incendie de Barbecue déclenché par ses adhérents.

Tradition n°6 : le retour à La Rochelle est libre, mais il paraît évident qu’il se fait par le même chemin que l’aller. Si ce n’est que cette année, cette tradition est rompue par 2 bateaux. Le Fisher ChrisFan et le bien connu Feeling Free qui décidèrent d’affronter le passage du Pertuis de Maumusson. Malgré une cartographie peu à jour et une arrivée à l’heure de la marée basse le Pertuis stupéfié par autant d’audace et de compétence, leur ouvre le passage dans l’étroit chenal entre déferlantes et la plage de la pointe espagnole avant de retrouver le calme des coureaux d’Oléron.

Les 2 valeureux équipages méritent notre profonde admiration, et comme le veut la tradition : bienvenue à l’édition 2023.

Les 24 et 25 septembre 2022 Visite de nos amis plaisanciers du port de LA ROCHELLE, APLR.

32 bateaux, 77 personnes. Record battu, deux journées bien sympathiques.

Apéro, barbecue, repas sous le barnum,  gym tonique pour les dames, pétanque pour les autres.

Merci aux bénévoles de L'APLR et de l'APPSD qui ont fait que ces deux jours soient réussis.

Nos deux associations sont affiliées à l'UNAP-CM UNion des Associations de Plaisanciers de Charente-Maritime et à la FNPAM Fédération Nationale des Plaisanciers de

l'Atlantique et de la Méditerranée.

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Daniel Delidais APPSD Photo Patrick GIRÉ Olivier TROUFFIER bateau « LE SUD » Photo Patrick GIRÉ « UN VIOLON SUR LE SABLE »
2022
RALLYE 2022 À SAINT DENIS D’OLÉRON

CHAPEAU L’ARTISTE : BASTIEN BUIGNET

Bonjour, vous êtes le créateur de l’affiche des 50 ans du port qui a recueilli un succès unanime et qui nous a été de nombreuses fois réclamée lors du Grand Pavois.

De plus vous nous avez autorisés à en faire la couverture de notre numéro 165 allant même jusqu’à la modifier gracieusement pour l’adapter à notre parution. Soyez-en remercié.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis designer de formation et qui dit designer dit graphisme puisque c’est un outil de l’activité. Je me suis également spécialisé dans l’architecture d’intérieur, la scénographie commerciale et l’illustration.

Au stade de l’appel d’offre, je suis là pour poser une esquisse attrayante (synthèse créative) sur un projet architectural afin de rendre le projet alléchant aux décisionnaires.

Dans une vie antérieure j’ai œuvré pour L’Oréal et dirigeais le pôle évènementiel de Lancôme.

Je travaille actuellement avec Francis Gengembre sur le projet d’écovillage, les Tisserands à Sainte Soulle dont vous avez entendu parler sur France bleu ce matin (le 17 octobre, ndlr) mais aussi sur de nombreux autres projets. Le dernier en date se situe à l’Encan à l’emplacement des « puces de mer ». Le futur « Concept store » créé avec et pour l’Atelier Despierres (Menuisier Marine sur le plateau nautique) sera spécialisé dans la création de skates et de surfs, fabriqués à partir du réemploi des chutes de bois générées par le chantier. On pourra notamment y observer les artisans travailler dans des ateliers « vitrines ». Pouvez-vous nous résumer l’histoire de la création de l’affiche ?

J’ai été contacté par la chargée de communication du

port, Raquel Cruz. Au départ il s’agissait d’un logo dont les éléments pouvaient être repris par la suite au sein d’une affiche. Je leur ai proposé de procéder dans l’autre sens : créer une affiche dont les codes pouvaient être prélevés afin de réaliser le logo dans différents formats, ce qui assure une cohérence graphique à l’ensemble. Le projet a avancé très rapidement et a été validé par le directeur Bertrand Moquay...

C’est une autre facette de mes activités, j’avais déjà beaucoup travaillé sur des logos mais c’est la première fois que l’on me propose de réaliser une affiche.

Dans la pratique j’avais dessiné indépendamment tous les éléments de l’affiche et nous avons décidé ensemble de ce que l’on conservait. Il y avait des bateaux bien sûr et les éléments architecturaux les phares et la tour Richelieu, sans mettre trop l’accent sur les tours de La Rochelle. Les premières propositions étaient assez chargées mais nous sommes rapidement arrivés à une version plus épurée que nous voulions dans le style des affiches de l’entre-deux guerres - style aéropostal ou autres - d’où les couleurs chaudes retenues.

Une suite à cette affiche ?

Peut-être une animation sur la base des éléments de l’affiche mais il est trop tôt pour en parler.

En ce moment je me consacre notamment à l’aménagement de l’espace de coworking des Tisserands ainsi qu’à l’une des treize maisons du projet, pour laquelle j’ai conçu une grande partie du mobilier. J’ai pour cela travaillé en collaboration étroite avec Nathalie Henriot (Atelier Cannelle), ébéniste locale émérite qui vient par ailleurs de recevoir le trophée de l’artisanat au féminin (CMA17).

EOLIEN EN MER EN MANCHE ET ATLANTIQUE

Sur le site officiel de RTE (https://www.rte-france.com/ eco2mix) nous relevons le 2 octobre à 19 heures : Puissance consommée en France : 41 470 MW

Part éolien : 2 621 MW (6 %) pour une puissance installée de 19 000 MW

Part Gaz : 4 645 MW (11 %)

Part Nucléaire 24 956 MW (61 %)

Le prix de revient du MWh éolien en mer se situe aux environs de 200 € pour 42 € pour le nucléaire. Chacun est libre de penser ce qui lui plait de l’opportunité de poursuivre la construction de telles sites de production, mais de notre point de vue de navigateur, ou de pêcheur, nous réclamons la libre circulation ainsi que la liberté de pêcher avec des lignes à main dans les champs éoliens.

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Nous sommes ravis de vous savoir plein de nouveaux projets encore bravo pour cette réalisation et de votre sympathique accueil.
Jean-Jacques COUDRAY Photo Bastien BUIGNET

Nous priver de cette liberté serait incompréhensible, en effet les éoliennes sont espacées d’au moins 800 m ce qui est 10 fois l’espacement des piles du pont de l’ile de Ré par exemple. La décision est du ressort du Préfet Maritime. Comme les travaux du champ de Guérande (Saint Nazaire) se terminent, nous devrions avoir prochainement la réponse à cette question primordiale.

Bonjour Angélique, dites-nous d’abord ce qui vous a amenée à cette fonction ?

J’ai fait mes études à La Rochelle : DEUG biologie marine puis qualité agroalimentaire. J’ai brassé les premières bières de l’université, puis effectué un stage à la coopérative apicole de Surgères, pour travailler sur la qualité de la mise en pots. J’ai ensuite fait un break "maternité" et, en 2005, j’ai traversé la rue et trouvé ce poste au port de plaisance, qui cherchait quelqu’un pour prendre en charge son management environnemental. Il s’agissait de mettre en place la norme ISO 14001. De mon côté j’avais étudié la norme 9001, j’ai donc pensé pouvoir faire le job et j’ai été recrutée pour manager la mise en place et le suivi de la norme. Au port à l’époque, il y avait peu de procédures, peu d’écrits et cette mise en place a été un gros travail. J’avais dans mes missions une partie "terrain", avec la brigade bleue. Dans le même temps je mettais en place les procédures écrites, d’amélioration continue et de gestion des pollutions.

Parlez-nous des brigades bleues, comment interviennent-t-elles, notamment en cas de pollution sur un ponton.

Il faut savoir que les brigades bleues, c’est une personne ! (Pierre Rideau aujourd’hui)

Pendant 7 ans, j’étais la brigade bleue, et gérais le nettoyage du port, les différentes pollutions ; ensuite, en 2012 j’ai eu en charge la sécurité des agents et, depuis 5 ou 6 ans la qualité clients. Nous sommes certifiés ISO 9001 depuis 2019.

Pour revenir à la pollution, en cas de signalement, il y a au moins un marin qui va sur place et estime la gravité de l’incident. Si c’est une irisation fine, il recherche la source, sinon on a du matériel - barrages, feuilles absorbantes...utilisés en fonction de la gravité de la situation.

Donc en résumé, je suis un peu Madame Normes, Madame Indicateurs, j’embête un peu tous mes collègues en mettant en place des contraintes nécessaires à la qualité clients.

A propos de qualité clients, la coupure d’eau sur le port a fait beaucoup de mal, nos adhérents nous ont interpelés, pas toujours gentiment !

Concernant la coupure d’eau sur les pontons, le problème vient de certains plaisanciers qui continuaient de nettoyer leurs bateaux à l’eau douce, malgré les restrictions. Pour faire appliquer l’arrêté préfectoral, nous ne pouvons pas laisser les vannes ouvertes et surveiller tous les bateaux, et sommes ainsi obligés de pénaliser l’ensemble des plaisanciers. Pour l’accès à l’eau potable, des points d’eau permettait tout de même la distribution et nous avons ouvert l’eau par bassin sur des créneaux horaires 2 fois par semaine.

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ET DE LA MER
UN NOM, UN VISAGE, UNE FONCTION : ANGÉLIQUE FONTANAUD, RESPONSABLE DU SERVICE ENVIRONNEMENT. Dénomination Puissance installée MW Mise en service Type Avancement Dunkerque 600 2027 Posé Projet Dieppe 500 2025 Posé Projet Fécamp 500 2025 Posé Travaux Courseulles 450 2025 Posé Travaux Centre Manche 1 1000 2030 Posé Mis en concurrence Centre Manche 2 1500 2027 Posé Mis en concurrence Saint Brieuc 500 2025 Posé Travaux Groix Belle Ile 28 Flottant Projet pilote Sud Bretagne 250 2050 Flottant Mis en concurrence Saint Nazaire 480 2024 Posé Travaux Yeu Noirmoutier 500 2025 Posé En développement Sud Atlantique 1000 2030 Posé Mis en concurrence Source Ministère (https://www.eoliennesenmer.fr/)

Avez-vous un rôle dans l’élaboration du règlement de police du port ?

Nous avons travaillé sur quelques articles concernant les dépôts sauvages, les déchets, les carénages. Etes-vous impliquée sur les pollutions sonores ?

C’est déjà dans le règlement du port. En cas de problème, les gardiens de nuit interviennent, ça arrive assez souvent. En cas de trouble, il faut faire un signalement à la capitainerie. Qu’avez-vous comme grands projets actuellement ?

On a plein d’idées, notamment sur la biodiversité. J’y travaille avec Pierre, des brigades bleues, qui a un master en environnement, biologie marine. Nous essayons d’exploiter ce volet, d’où les expériences sur les pondoirs à seiches, les récifs artificiels, l’observation des hippocampes dans les bassins. Nous avançons au gré des idées, des opportunités, des propositions de l’université. Nous sommes un labo à ciel ouvert, qui accueille des stagiaires, des thésards. Nous étudions entre-autre la santé des bivalves. Depuis 2021, nous ne sommes plus ISO 14001 mais Ports Propres, et en outre "actifs en biodiversité". Nous faisons des études, mais l’AFNOR va un jour ou l’autre nous demander ce que nous mesurons. Nous devons donc travailler sur des indicateurs qui combinent des curseurs tels que qualité de l’eau, des sédiments, l’état des bivalves etc… Et établir un constat de l’état du port. Constat établi par bassin, où les conditions de courants, sédiments et environnement sont différentes. Nous aurons ainsi des indicateurs par zones. Cet état des lieux sera effectué en 2023 et débouchera sur des plans d’actions, l’objectif étant de favoriser la biodiversité dans le port.

Est-ce vraiment nécessaire dans un port, s’agit-il de faire de l’esthétisme ?

Ce n’est pas du tout pour l’esthétique. L’impact de 5000 bateaux sur un espace naturel est énorme, et il s’agit de faire cesser les dégradations dues à cette concentration, voire d’aller au-delà et améliorer l’habitat des poissons, bivalves et autres.

Que donnent ces analyses dans le bassin des chalutiers ?

Elles sont paradoxalement très bonnes. C’est là qu’on a observé des hippocampes. C’est fou !

Depuis Xynthia, des aménagements ont été apportés notamment pour traiter les eaux pluviales et séparer les hydrocarbures. La qualité de l’eau est aussi bonne que sur la plage de Chef de baie.

D’autres ports font-ils les mêmes observations, y-at’il une coordination entre les ports ?

On essaie de partager nos observations avec d’autres

ports. Nous échangeons particulièrement avec le port de Lorient qui mène des actions intéressantes avec l’université de Brest. Nous nous comparons aussi avec des ports corses. Ce n’est pas le même milieu, mais c’est intéressant d’échanger et de constater l’étendue de la biodiversité. Nous avons notamment un projet de comparaison de l’ADN des bivalves afin de rechercher les différences entre Atlantique et Méditerranée.

Nous essayons également d’organiser des rencontres avec des chercheurs qui expliquent leurs travaux et les problématiques rencontrées. Nous travaillons également avec le Parc Naturel Marin sur ce qui touche à la sensibilisation des plaisanciers. L’idée est de coordonner les usages de la mer et non d’interdire.

Qu’en est-il des tests de robots "ramasseurs de déchets" dans le port ?

Des tests ont lieu, mais les inventeurs ont du mal à le mettre au point et sont freinés par la difficulté à se procurer des composants ; 3 fois par semaine les bénévoles de l’association Echo-Mer, participent au nettoyage du port.

J’en profite pour parler d’Echo-Mer, que je préside à titre bénévole. Elle réunit environ 120 adhérents, dont 30 à 40 sont des bénévoles actifs. Outre les actions de nettoyage, elle organise des opérations de sensibilisation sur les pontons, donne des conseils pour le nettoyage des bateaux, notamment à l’eau de mer.

Les plaisanciers sont sensibles au développement des algues sur les coques

Les antifoulings seront notre cheval de bataille des années futures, avec la présence de métaux lourds. La question n’est pas d’empêcher le développement de la biodiversité, mais de réfléchir aux moyens de nettoyer les coques sans répandre des polluants. Les Sables d’Olonne ont actuellement en test une station de nettoyage des coques à flot et nous suivons cet essai de près. Je crois beaucoup au nettoyage mécanique. J’ai fait beaucoup d’essais avec des antifoulings moins impactants, mais ça ne marche pas. L’antifouling est notre grand défi de demain. On ne peut pas laisser 5000 bateaux polluer nos vases avec des produits toxiques, au risque de ne plus pouvoir draguer. Il faut impérativement éviter les mélanges de produits toxiques avec les antifoulings, comme le font certains. Que pensez-vous du comportement des plaisanciers ?

Depuis 17 ans que je suis là, j’ai vu une vraie évolution. Il y a une conscience très forte, contrairement à ce que je constate en discutant avec mes homologues d’autres ports. Il est vrai que la Rochelle est un port de proximité, une majorité de plaisanciers n’habite pas loin ; on a des gens qui naviguent, en majorité des voileux.

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DE LA MER 19
ET

Le tri des déchets se développe. Depuis 6 ans, le port paie une collecte de bacs jaunes supplémentaire pendant l’été. L’analyse de l’eau s’améliore, les plaisanciers utilisent de plus en plus les systèmes de pompes à eaux noires du port, de même pour les fonds de cale.

Le port n’a pas d’espaces verts, c’est un peu désolant du point de vue environnemental

C’est vrai, le port est très minéral, la végétation manque énormément. La digue du bout-blanc devait être un peu arborée, mais c’est incompatible avec les places de stationnement. Nous travaillons sur des espaces de jardins partagés et des composteurs.

Quel message souhaitez-vous faire passer aux plaisanciers :

On a déjà parlé de pas mal de choses. Les plaisanciers ont

pris conscience des enjeux environnementaux. Ils font des efforts sur le tri des déchets, pour utiliser les moyens mis à disposition par le port, tri sélectif, pompes à eaux noires ou de fond de cale, amélioration des eaux de carénage, station de lavage. Il faut être attentif au port et sur le bateau également à des petites choses, telles que ne pas laisser tomber d’objets dans le port lorsqu’on bricole ou s’amuse sur son bateau.

Le port va plutôt bien, il faut que ça se poursuive et que l’on puisse dire que les plaisanciers de la Rochelle sont exemplaires.

Merci Angélique, nous sommes sûrs que nos adhérents seront sensibles à vos messages.

RÉUNION DES REPRÉSENTANTS DU COMITÉ LOCAL DES USAGERS PERMANENTS DU PORT (CLUPP)

Le 10 octobre les représentants du CLUPP sont réunis en présence de Messieurs Moquay (directeur) et Bernier (Maître de port Principal en charge des associations et de la sécurité) Examen de la version 37 du « Règlement particulier de police portuaire ». Il y a peu d’évolutions par rapport aux versions précédemment examinées. Deux de nos propositions ont été définitivement écartées :

- La possibilité de laisser le bateau branché électriquement en l’absence d’une personne à bord.

- La possibilité de plonger librement pour une petite intervention sous-marine (hélice ou safran engagé, par exemple)

Ce règlement doit faire l’objet d’un arrêté municipal. Examen de la version 37 du « Règlement d’exploitation du port de plaisance de La Rochelle » Nous y trouvons deux importantes modifications concernant les ruptures de contrat :

- Des frais de résiliation remplacent le mois de préavis (1/12 du montant annuel de la location)

- Il est désormais possible aux héritiers de conserver le bénéfice du contrat sans limitation de duré.

Remises sur absence : le port propose de modifier la règle comme suit : Durant la période du 1° juin au 30 septembre les absences de plus de 2 semaines consécutives donneront lieux à des compensations :

1° bloc de 2 semaines 6,5% du tarif, 3 semaines 8 %, 4 semaines 9 %

Les absences durant le Grand Pavois seront compensées comme précédemment.

Le but de la modification étant de rendre plus attractif les 2 premières semaines par rapport au Passeport Escale dont l’efficacité commerciale reste à démontrer.

Passeport Escales  : 500 cartes seront vendues au prix de 50 €, donnant droit à 8 nuits dans les ports participants.

Trans Europe Marina : Sachant que les conditions ne sont pas aussi draconiennes que prévu, le port participera de nouveau à ces échanges.

Ces modifications qui ont reçu l’accord des élus du CLUPP, devraient entrer en vigueur le 1° janvier 2023.

Questions diverses : Nous faisons état de nombreuses plaintes d'occupants des pontons 57, 58, 59, relatives aux excès sonores du bar restaurant Octopus.

Les agents du port, la police municipale, la police nationale sont intervenus avec peu de résultats. L'établissement a donc fait l'objet d'une menace de fermeture administrative temporaire. Cette mesure s'est révélée efficace et des solutions techniques vont compléter le dispositif.

M.Moquay confirme que le passage sous la passerelle n'est pas réservé aux jet skis contrairement à ce qu'affirmait l'un des responsables des sociétés de location. Il semble que cette société ait dû quitter le port.

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Photo Patrick GIRÉ Propos recueillis par Jean-Jacques COUDRAY et Patrick GIRÉ rédigés par François BERTOUT Photo : Raquel DA CRUZ - Port de Plaisance de La Rochelle

PROJET DE RÉHABILITATION DU BÂTIMENT LAZARET

Point au 7 octobre

Les cabinets d’architecture : 20 candidats, 4 retenus.

Les premières esquisses du projet doivent arriver pour le 19 octobre, la sélection devant intervenir au cours de la deuxième quinzaine de novembre.

Notre zone de relogement provisoire devrait se situer au niveau des sanitaires du Forum des Pertuis.

La prochaine réunion devant préciser les modalités de notre relogement provisoire est prévue en janvier 2023.

Jean-Jacques COUDRAY

PARC NATUREL MARIN DE L’ESTUAIRE DE LA GIRONDE ET DE LA MER DES PERTUIS (PNM)

Le conseil de gestion (CG) du PNM s’est réuni le 19 septembre à La Rochelle avec au menu :

1 L’émission d’un avis conforme relatif à la saisine du parc par la Direction Départementale des Territoires et de la Mer Service eau et nature de la Gironde relatif au Programme de rechargement de sable sur la période 2023-2032 dans le cadre de la lutte douce contre l’érosion marine du littoral sud de SOULAC sur MER.

2 L’élection d’un membre de la catégorie des professionnels au bureau.

3 Une information sur les « Zones de protection forte » (ZPF).

4 Un tour de table sur le ressenti des participants par rapport à la canicule exceptionnellement longue et la sécheresse dont souffre notre région.

Point 1 : Le dossier de près de 1000 pages est tenu à la disposition des personnes intéressées. Ce projet s’inscrit dans la continuité des opérations menées précédemment et qui ont montré leur efficacité. En même temps sont menées sur le long terme des opérations de recul et relocalisation d’activités et d’habitation. (Immeuble « Signal »).

Le Gravelot à collier interrompu (GCI) s’est encore invité lors de la discussion ; on le rencontre dans tous les projets. Le projet a été approuvé avec zéro voix contre et 3 abstentions.

Point 2 : M Julien Lamothe a été élu par ses pairs au bureau du PNM.

Point 3 : La directrice du PNM nous apporte quelques précisions relatives aux Zones de Protections Fortes (ZPF). Elles ont un cadre juridique stricte précisé par le décret du 12 avril 2022, les démarches se font au cas par cas, elles peuvent être existantes ou à créer (une réserve est déjà une ZPF).

Au sein du PNM la démarche sera la suivante : Examen par le bureau, décision par le CG, transmission du dossier au Conseil Maritime de Façade, transmission à la

Préfecture Maritime qui approuve et transmet au ministère. Le sujet sera développé au cours de l’année 2023.

Point 4 : Pour les écologistes, l’été est marqué par une forte mortalité d’oiseaux, en particulier des fous de bassan qui est due principalement à la grippe aviaire. (NDR : de nombreux fous de bassan ont été observés en bretagne sud en fin d’été).

Les pêcheurs ont noté une bonne production d’anchois et de sprats

Les plongeurs ont trouvé l’eau froide même à 30 mètres et ont observé encore beaucoup de poulpes mais aussi l’apparition de petites cigales de mer.

Les conchyliculteurs et l’IFREMER observent une forte mortalité des moules de bouchots en tête de pieux, les moules ont cuit à marée basse, mais une très bonne production en filières. En fait le phénomène d’asphyxie redouté a été contrecarré par les vents d’est soutenus qui ont refoulé l’eau de surface chaude qui a été replacée par des eaux de fond plus froides lesquelles ont relancées la production de phytoplancton. (Phénomène d’upwelling) (NDR : avant pour faire savant il fallait parler latin, aujourd’hui le Globish suffit).

L’impact sur les huitres n’a pas été mesuré mais semble faible.

La race de moules cultivées dans le PNM ( Mytilus edulis ) est une espèce d’eau froide et les mytiliculteurs demandent plus de filières

Jean-Jacques COUDRAY Image parc-marin-epmo

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BatO bilan: Vendre son bateau en confiance

Le protocole de diagnostic avant la vente.

www.bateau-bilan.com

CUISINE D’A BORD

Grégory Coutanceau nous reçoit au restaurant

« Les Flots » place de la chaîne.

Bonjour Chef, le nom Coutanceau est une référence à La Rochelle avec votre papa d’abord. On imagine que c’était écrit d’avance pour vous ?

Passionné par la cuisine depuis tout petit, vers 5/6ans sans doute influencé par papa, ma première recette a été la pâte à crêpes, et comme je ne savais pas écrire, je l’ai dessinée en y intégrant les ingrédients. Un jour, je voulais faire un gâteau, j’ai appelé papa, j’ai posé le téléphone sur le magnétophone et il m’a raconté la recette. J’ai pu ainsi la réécouter pour la faire ensuite. Comme on ne voyait pas beaucoup nos parents avec les contraintes horaires du restaurant, on rentrait déjeuner dans le bureau du restaurant pour partager un moment avec eux, j’en profitais pour faire du pain ou des gâteaux qu’on rapportait à l’école. Papa voyant ça, vers l’âge de 10 ans m’a dit : « il y a d’autres métiers dans la vie ». Donc pour lui faire plaisir j’ai passé un bac scientifique. Après 2 années en faculté de médecine, je suis revenu et j’ai dit à maman que je voulais revenir à la cuisine. Elle l’a bien entendu dit à papa : il a répondu « je le savais ! ».

Je ne regrette pas ces deux années d’études supérieures car elles m’ont ouvert l’esprit. Ensuite j’ai passé un Bac pro en accéléré au Lycée hôtelier de La Rochelle – je suis d’ailleurs sorti major de la promo en Poitou-Charentes. En parallèle je faisais ma formation en pâtisserie à l’école « Lenôtre » à Paris. Par la suite, j’ai travaillé dans quelques « belles maisons » en France avec Frédéric Anton au Pré Catelan à Paris, Christian Parra à Urt dans le pays basque, et surtout avec Alain Ducasse à Paris et à Monaco, au Louis XV. Ensuite l’aventure a commencé ici avec « les Flots » que j’ai racheté et que j’ai ouvert le 17 décembre 1997.

Ensuite, il y a eu l’ouverture du « comptoir des voyages » et du « comptoir du sud » que je n’ai plus aujourd’hui, puis « le food and bar » qui est devenu « l’Entracte » puis « Bon temps ». En 2004, est venue l’activité traiteur, et en 2012, la création de « l’école de cuisine et sommellerie ». Avez-vous des enfants pour continuer l’histoire « Coutanceau » ?

Je vous avouerais que je suis totalement investi dans une activité professionnelle qui déséquilibre un peu ma vie privée. D’un autre côté, ma sœur à deux enfants encore très jeunes, qui s’intéressent à la cuisine, alors pourquoi pas ? Mais il faut laisser les générations qui arrivent, faire

ce qu’elles ont envie de faire. Il n’y a aucune obligation et le métier est difficile : vous savez, comme dit Alain Ducasse, « le métier c’est 10% de talent et 90% de sueur », et puis il faut la sensibilité, l’appétence pour la cuisine ; même la « créativité » c’est d’abord beaucoup de travail. Ceci étant, si un jour il faut vendre les établissements et bien les choses se feront.

Y a-t-il encore des choses à inventer en cuisine ?

Oui et non, c’est un peu comme la mode ; toutes les bases sont là, il faut savoir les réinventer, mais véritablement on ne crée rien ou rarement : on adapte, on modifie on fait évoluer… Certains ont essayé comme la cuisine « moléculaire », mais c’est expérimental et on n’en parle plus trop aujourd’hui. Ce qui évolue beaucoup c’est la présentation, la recherche esthétique et harmonieuse. On se sert de ce que nos prédécesseurs nous ont légué.

Pourquoi une école de cuisine alors qu’il existe le Lycée hôtelier ?

« La classe des gourmets » c’est complètement différent : c’est un loisir ouvert au grand public et ce n’est pas diplômant. C’est une autre facette du métier, celle de la transmission de notre passion, de notre savoir-faire, de nos astuces… C’est très important et c’est un moment d’échange génial que j’aime beaucoup. Je considère que la transmission de notre savoir est fondamentale et pour cela nous avons des apprentis dans tous nos établissements.

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Aujourd’hui avec « Les Flots », la brasserie « bon temps », l’activité traiteur, « la classe des gourmets » à La Rochelle, le complexe « Vivre(s) » à Rochefort, le restaurant du Château Marquis de Terme à Margaux… Qu’est-ce qui vous fait courir : la cuisine ou le management ?

Je suis d’abord un cuisinier, mais tout me passionne dans mon activité : la cuisine d’abord, et puis je me suis toujours intéressé aux vins ; la cave est un complément très important de la table, et puis le service et la qualité tiennent une grande place. Il y a la dimension gestion de l’entreprise, avec 120 salariés et une équipe de direction : en fait c’est un tout. Ce qui me motive dans ce que je fais, c’est le travail « collectif » ; j’ai la chance d’avoir des collaborateurs exceptionnels et le fait de développer des activités permet à chacun d’évoluer, de grandir, et de faire coïncider sa trajectoire personnelle avec celle des établissements : c’est ma grande fierté.

Concernant le développement, je n’ai pas de plan de route fixé ; je marche beaucoup « à la rencontre », aux échanges. Par exemple Vivre(s) à Rochefort, est né de la rencontre avec Nicolas Waleski qui a réhabilité l’ensemble de la résidence de la corderie royale : j’ai trouvé le projet génial. Et ma collaboration avec Jessica Lauthier qui dirige cet établissement se passe parfaitement sur la base de valeurs partagées.

De la même façon le restaurant du Château Marquis de Terme ouvert en 2021 est né de la rencontre avec Monsieur David, DG du Château qui avait en tête un projet oenotouristique.

D’autres rencontres n’ont pas donné de suite car ouvrir un établissement pour ouvrir un établissement ne m’intéresse pas s’il n’y a pas dans le projet des choses à construire, une histoire à raconter. C’est une rencontre avec de belles personnes avec lesquelles je partage des valeurs et des ambitions.

Comment s’est passée la période « covid » ?

Elle a été marquée par 9 mois ½ de fermeture ; la période la plus violente a été la première fermeture : samedi soir 20h allocution du Président de la République, il fallait que dimanche l’établissement soit fermé : ranger, vider les frigos et tout arrêter. Et là, grosse période de stress : il n'y plus d’argent qui rentre ; pas de visibilité pour payer les salariés ; tout le monde est inquiet et on ne sait pas comment ça va se passer. L’état a été exemplaire en mettant en place tout ce qui a été fait pour sauver l’économie et l’emploi.

En fait je crois que je n’ai jamais autant travaillé ; après 2 jours je ne pouvais pas rester chez moi à ne rien faire ;

j’ai gardé mon rythme de travail - surtout à gérer toute sortes de dossiers - et puis dès que l’Etat s’est engagé, j’ai essayé de mettre à profit cette période pour réfléchir sur l’organisation, l’amélioration de l’entreprise : par exemple nous avons accéléré la digitalisation des établissements pour mettre à disposition de nos collaborateurs des outils pour travailler plus efficacement et passer moins de temps sur des parties administratives. Nous avons beaucoup œuvré sur les changements à mettre en place, améliorer différentes facettes de notre activité. On a rouvert en juin 2020 avec une saison exceptionnelle. L’activité « traiteur » n’a repris qu’en septembre, avec la reprise de l’évènementiel.

Au 2e confinement le 29 octobre, nous étions le traiteur officiel du Vendée Globe, il a fallu tout ranger en 2 jours, remettre tout à l’arrêt, et ça a duré très longtemps : de novembre à fin mai ! Puis, nous avons rouvert avec la même inertie sur l’activité traiteur. Et enfin, la 5e vague en décembre 2021 a été encore plus dure, parce que rien n’était interdit, mais fortement déconseillé, donc… Les évènements ont été annulés sans aucune aide cette fois ci ; pas de chiffre d’affaires et des charges à assurer. Pendant ces périodes nous avons cherché à nous renouveler ; avec le recul, on s’aperçoit que ces périodes ont quand même été destructrices de liens entre les gens. Avez-vous réussi à garder vos équipes ?

Oui, j’ai refusé de licencier, grâce notamment au chômage partiel mis en place par le Gouvernement. Je suis très content d’avoir gardé tout le monde, d’abord vis-à-vis d’eux, et pour faire face aux reprises fortes.

Vous avez combien de salariés ?

Aujourd’hui, nous avons 120 salariés répartis dans les différents établissements : Les Flots et Bon temps à La Rochelle, Vivre(s) à Rochefort, Marquis de Terme à Margaux, l’activité traiteur, La Classe des Gourmets, et l’administratif : 120 personnes auxquelles s’ajoutent 18 équivalents temps plein en extra pour les évènements traiteur.

Quel est le degré de liberté de vos chefs de cuisine et de vos sommeliers?

Le degré de liberté est important : sur chaque établissement je trace la ligne directrice, je leur dis ce que je veux. Par exemple à Vivre(s), je voulais une cuisson ancestrale, au feu de bois. Les chefs, avec les producteurs qui nous sont chers aussi, créent une carte et après échanges, amendements, tests, dégustations, corrections, nous arrivons à la carte proposée à nos clients. Je tiens à leur laisser la liberté de création qui est le fondement du métier, comme la possibilité de proposer des fournisseurs locaux :

VDP N° 166 • ASSOCIATION DES PLAISANCIERS DE LA ROCHELLE PARTAGE DE SAVOIRS 24

nous sommes vraiment dans l’échange, sans tabou ni chasse gardée. Idem avec Julien le chef sommelier exécutif, nous réalisons ensemble les dégustationstous les mois avec les sommeliers nous testons 50 vins avant de choisir d’intégrer un vin à la carte - mais c’est lui qui propose et pilote les achats. Le vin est pour nous un élément essentiel dans nos restaurants ; nous avons créé le Cellier de Grégory qui achète le vin et le fait vieillir ; nous avons 33 000 bouteilles dans cette cave. Les Flots ont reçu le trophée « Terre de vins » de la plus belle cave de vins de France en 2019. Chaque sommelier de chaque établissement constitue sa cave librement à partir de cette cave, avec une ligne directrice définie ensemble, comme avec les chefs pour la cuisine. Par exemple au bar à vins de Vivre(s) nous proposons plutôt des vins bio ou en agriculture raisonnée.

Bien sûr vous ne pouvez pas être partout, alors comment êtes-vous organisé pour gérer toutes ces équipes ?

Nous avons une double organisation ; je donne ma confiance et je responsabilise mes chefs de cuisine et les responsables de salle - il y en 1 par établissement - par ailleurs nous sommes en équipe pour les accompagner et contrôler les activités : nous avons 1 chef de cuisine exécutif, Christophe Courtois, qui accompagne l’ensemble des chefs, un chef sommelier exécutif, Julien Chiron, qui chapeaute la partie sommellerie et la partie « salle » des établissements ; il y a aussi un responsable communication qui accompagne les équipes dans leurs besoins, une DAF et une DRH. Ma sœur travaille avec moi et est responsable commerciale et clientèle pour le groupe.

Nous sommes impressionnés par l’outil que vous avez créé à Rochefort …Vivre(s)

C’est un établissement extraordinaire : il y a une histoire, nous sommes dans le cadre du Commissariat de la Marine, dans le bâtiment où était stockés les vivres des navires qui venaient d’être armés ; il y avait le vin, la nourriture. Les voûtes du rdc accueillent le bar à vin, le 1er étage est dédié aux séminaires et salles de réunions, ensuite il y a le restaurant avec le jardin d’hiver qui donne sur la Charente et au-dessus le roof top. Chaque activité propose une offre qui ne cannibalise pas l’autre et constitue un outil cohérent.

On aurait imaginé un tel outil à La Rochelle, mais à Rochefort vous arrivez à capter une clientèle suffisante ?

Oui bien sûr. Nous avons ouvert en 2019, et quand j’ai commencé à travailler sur le projet, 5/ 6 ans auparavant tout le monde me disait « qu’est-ce que tu vas faire à

Rochefort ? ». Si vous regardez La Rochelle et la CDA avec ses 140 000 habitants plus les touristes, vous avez environ 500 restaurants. A Rochefort il y a, avec la communauté d’agglomération près de 60 000 personnes plus les curistes et les touristes, et il y a environ 40 restaurants. Le midi on travaille beaucoup mieux à Rochefort qu’ici avec notre clientèle d’affaires, qui est à 5 mn du quai aux Vivres alors qu’ici il faut à minima 35 mn pour arriver de Périgny, puis il faut repartir ; donc ces clients hésitent à venir au centre de La Rochelle. Par ailleurs nous avons tout un étage réservé aux séminaires et réunions qui fonctionne bien, car nous sommes bien placés par rapport à Oléron, Saintes, La Rochelle et même Niort.

Rochefort est la 6e ville thermale de France, et les samedis soir et dimanches midi nous avons une forte activité avec une clientèle qui vient de l’ile d’Oléron car la Rochelle est trop loin. Nous proposons un produit de qualité et attractif et les gens sont intéressés.

Vous avez un bâtiment qui donne sur le bassin La Pérouse et de l’autre côté sur une cour intérieure qui met bien en valeur les bâtiments XVIIème. C’est magnifique et la restauration des bâtiments, avec près de 300 appartements, donne un ensemble très réussi. C’est aussi ce qui donne envie à nos clients, de venir.

Pour terminer, quelle recette nous proposez-vous de réaliser « à bord » de nos bateaux, c’est-à-dire sans place et avec très peu de matériel ?

J’avoue que c’est un défi car nous avons généralement besoin de matériel, de produits et de place ! Comme nous arrivons à la saison des coquilles Saint Jacques, je vous proposerais de réaliser un carpaccio de noix de de Saint Jacques.

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Il faut 12 noix de St Jacques, 1 pamplemousse, 1 pomme, de la coriandre et de la menthe fraiches, 1 oignon rouge, 1 citron vert, 10 cl d’huile d’olive, de la fleur de sel et un moulin à poivre.

- Préparation du tartare : lever à cru la pomme et le pamplemousse, puis couper en brunoise - Ciseler l’oignon rouge en rouelle - Ciseler les feuilles de coriandre et menthe. Mélanger l’ensemble délicatement et assaisonner avec de l’huile d’olive et le jus d’1/2 citron vert, fleur de sel et 2 tours de moulin à poivre, puis réserver.

- Préparation des coquilles St Jacques : Prendre uniquement les noix bien fermes et fraîches. Trancher en 3 à l’horizontale suivant la grosseur puis réserver.

- Dressage : déposer au centre d’une assiette ronde le tartare de fruits à l’aide d’un petit cercle inox (si vous

en avez sur votre bateau-ndlr) Dresser les tranches de coquilles St Jacques en rosace. Déposer un trait d’huile d’olive et le jus d’1/2 citron vert sur les tranches de coquille, fleur de sel et quelques tours de moulin à poivre. Laisser reposer au frais 10/15mn. Râper un peu de zeste de citron vert au moment de servir. Agrémenter enfin avec le tartare de pomme et pamplemousse.

Nous pensons réaliser notre rallye annuel à Rochefort en juin 2023, êtes-vous partant pour présider le jury du concours « cuisine d’à bord » que nous organiserons?

Oui bien sûr, avec grand plaisir !

Merci Grégory et à bientôt !

Propos

DE LA TECHNIQUE « PROTECTION POUR COMBINÉ FEU DE HUNE/PONT »

Préambule : Les drisses extérieures longeant le mât ont une fâcheuse tendance à détériorer cet élément fixé à mi-hauteur en avant du mât. Chez les accastilleurs je n’ai pas trouvé autre chose qu’une marche de mat en inox à 3 points de fixation avec platines soudées, qu’il fallait retravailler mécaniquement pour pouvoir s’adapter aux dimensions et profil du mât. J’en ai tiré la conclusion qu’il fallait se replier sur une solution maison que je détaille dans ces quelques lignes.

Solution :

- Matériel tige ronde d’aluminium ø 6mm du commerce à cintrer + platines PVC percées au ø 6mm, le tout fixé latéralement au mat par 4 vis ø m3

- Le profil à réaliser peut se faire par découpe d’un carton rigide relevé à la base du mât

- Cintrage tige : aisé à la main après réalisation d’un « outillage maison ». 3 cintrages à réaliser dont 2

symétriques côté flans du mât. Il suffit de copier le profil sur la plaque de base de l’outillage, et de positionner les gabarits ronds (un couvercle de bocal au bon diamètre suffit) au niveau des cintrages à réaliser. Le cintrage se réalise aisément à la main

- Liaison platine /profil alu: trou lisse ø 6mm dans platine + taraudage ø m3 dans chaque branche du profil alu + vis ø m3 montées au gel anticorrosion

- Dernière étape monter dans le mat avec perceuse, foret, tarauds et réaliser le montage par contre-perçage des 4 avant-trous à tarauder

- La position de travail dans le mât pas très confortable m’a fait préférer des taraudages de 3mm faciles à réaliser avec un petit porte taraud cylindrique. De plus ne connaissant pas l’épaisseur de peau du mat j’ai préféré avoir le maximum de filets en prise.

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recueillis par Jean-Jacques COUDRAY et Patrick GIRÉ Images : Grégory COUTANCEAU Outillage de cintrage Détail platine PVC Protection assemblée Protection installée

SÉRIEUX S’ABSTENIR

LE SYSTÈME PIFOMÉTRIQUE 4e PARTIE

Après avoir vu les principes et les règles de la pifométrie (cf VdP n°163) et parcouru les unités de quantité, de longueur, de distance (cf VdP n° 164) les unités de temps, de vitesse, unités monétaires (cf VdP n°165), nous terminerons par les unités de température, de valeurs diverses, les unités maritimes, aéronautiques dont l’incontournable unité pifométrique universelle.

UNITÉS DE TEMPÉRATURE

Dans le système pifométrique, toutes les unités de température sont historiquement exprimées en termes zoologiques. Homme de bon sens, le pifométricien se garde bien, en effet, d’exposer inconsidérément son propre pifomètre. Ces unités somme toute naturelles ne présentant pas de problème majeur d’utilisation, quelques exemples suffiront au propos :

Exemple : Un froid de loup ou de canard ; une fièvre de cheval ; une chaleur de lapin, employé surtout dans sa forme adjective : chaud comme un lapin.

UNITÉS DE VALEURS DIVERSES

- perpette : unité de temps ou d’espace.

Exemple : Je ne resterai pas dans cette boîte jusqu’à perpette. A chaque mission, ils m’envoient à perpette.

- la giclée : unité de volume. Ses multiples sont la bonne giclée et la vieille giclée, qui fait sans doute référence au bon vieux temps où l’on ne lésinait pas sur la marchandise.

Exemple : Je lui ai mis une bonne giclée dans la mécanique.

- la noix : unité de volume culinaire. Son sous-multiple est la noisette.

Exemple : Ce serait plus agréable avec une noix de beurre.

- le coup : unité de force. Son sous-multiple est le petit coup, ses multiples le bon coup (n’y voir aucune allusion flatteuse) et le grand coup.

Exemple : L’armoire n’a pas bougé d’un centimètre. Pousse un grand coup !

- le peu, quoi ou le peu, mince : unité de travail.

Exemple : Ton rapport n’avance pas. Travaille un peu, mince !

NOTE : le terme "mince" est parfois remplacé par un autre substantif de même initiale datant du cambronnien.

- la raclée : unité d’énergie cinétique. Ses multiples sont la bonne raclée et la sacrée raclée. Au pluriel, l’unité s’exprime en de ces raclées.

Exemple : On a pris une de ces raclées au rugby.

- la châtaigne : unité de quantité d'électricité. Ses multiples son la bonne châtaigne et la sacrée châtaigne.

Exemple: J'ai pris une bonne châtaigne en essayant ce p… de câble.

NOTE : synonyme éventuel : la bourre. A utiliser avec circonspection, l’expression bonne bourre se référant à une activité totalement étrangère au propos de ce document.

- la chandelle : unité d'intensité lumineuse. Cette unité, sans doute mal adaptée aux mesures courantes, s’emploie systématiquement avec un facteur 36 (cas unique d’inadaptation pifométrique).

Exemple : J'ai pris une bonne châtaigne en essayant ce p.... de câble. J’en ai vu 36 chandelles !

UNITÉS MARITIMES

Ces quelques pittoresques unités sont exclusivement en usage dans le milieu maritime et n’évoquent probablement rien pour le terrien moyen. Mais ce document ne pouvait s’achever sans un hommage au pionnier de la pifométrie, Jean Blanchard, Capitaine de Vaisseau Honoraire dans la Royale.

- la trouée : unité de longueur

- la moque : unité de volume

- le corne-cul : unité de vent

- le foutro : unité de mauvais temps

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UNITÉS AÉRONAUTIQUES

(collationnées par Michel Troalen de l'ACOP http://www.acop.net/)

- La broquille : sous division du Viron

Exemple: « On passe la Loire dans combien de temps ? » Réponse : « dans 5 minutes et des broquilles en Viron » Le Viron est bien en l’occurence l’unité de base, et la broquille apporte une précision non négligeable à la mesure de temps ramenée en Viron.

- Le corne Cul : unité de vent violent (idem Marine). Plus de 20 noeuds et des broquilles en Viron,... minimum.

- Pomper des briques : unité de base en Vol à Voile : indique la valeur de l’ascendance, éventuellement couplée à « Putaing, voire Putaing Cong dans le sud Ouest… »

Exemple pour un vol en Montagne: « avec ce vent de Corne Cul, ça va pomper des briques…. Putaing Cong… » Ce qui finalement, n’est pas si Pifométrique que ça, puisque, sachant que le vent fait au moins 20 noeuds et des broquilles en Viron et connaissant le poids minimum d’une brique, vu qu’il y en a plusieurs, on peut facilement en déduire la valeur de l’ascendance… en Viron…faut voir…

- La table de bistrot : unité de taux de virage, toujours en Viron. Soit un virage à faible inclinaison, en dérapage, avec la bille dans le coin.

Exemple : « avec ce vent de Corne Cul de travers, tu m’as fais un Virage en Table de Bistrot pour récupérer l’axe… »

Précisions de Yves-Alain Betton, pilote émérite : en virage à faible inclinaison, la bille peut se retrouver dans deux coins opposés: l’un indique un dérapage (donc « une table de bistrot »), l’autre indique une glissade, mais on ne dispose pas d’une terminologie adéquate. Je propose « la table de billard »

- Le temps de Curé : unité météo de beau temps (idem Marine)

- L’atterrissage de Colonel : unité de rebond à l’atterrissage

- A chier partout : unité de chargement excessif : Exemple : vous m’avez encore mis de l’essence dans cette machine, « à chier partout »

- Le badin furieux : unité de vitesse excessive Exemple: « Avec ce temps de Curé, si tu me prends ce Badin Furieux, vu l’essence à chier partout que vous m’avez collé là dedans, tu vas encore me faire un atterrissage de Colonel », ce qui est quand même d'une "pifométrie" redoutable…!!!

…et enfin :

- Le Viron : l’unité de base universelle, de distance, de temps, d’angle, de température, de quantité, bref, l’unité pifométrique de tout…y compris des unités maritimes puisque nous nous adressons ici à des marins.

Exemple : « On est encore loin de port Joinville ? » Réponse : « non, à 5 milles en Viron »

Le Viron vient donc apporter une précision importante à l’information de distance de Port Joinville.

Bien sûr, chacun pourra tester à loisir l’universalité du Viron, en prenant autant d’exemple qu’il voudra avec les différentes unités citées dans ce document, y compris dans les précédents n° du VdP.

Rappelons nos sources : Système d'unités pifométriques. Edité mais non diffusé par l'Union de Normalisation de la Mécanique (UNM),cedex 72, 92049 Paris La Défense, Tél. : 01 47 91 35 55

Ce document est libre de tout droit. Sa diffusion par quelque moyen que ce soit, y compris la menace, est vivement encouragée.

L’ALBUM DU CAPITAINE

Le

Merci à Jean-Pierre Laffaye, adhérent, pour sa contribution.

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Texte et photo Patrick GIR
capitaine a nourri la puce de l’équipière qui ne peut plus savoir où est la serge,
courageusement cette piste de petite bête qui s’est enfui dans son cou.
Origines
cependant elle poursuit
(4 pièces, Cap, Adc )
de citations dans le N° 161
Jean-Jacques COUDRAY
Le boutre du sultan coule au confluent de la Garonne, cassez les donc ces antiques péniches ! (2 pièces dont une circulaire, Mdc ) Origines de citations dans le N° 161

ASSOCIATION DES PLAISANCIERS DE LA ROCHELLE

Digue du Lazaret 17000 La Rochelle- Tél.: 05 46 44 48 61 Site Web: www.aplr.fr -E-mail: aplr17.asso@gmail.com

NOM: Prénom :................................... Annéede naissance: .......... Propriétaire Equipier

PROPRIETAIRE:

Nom du bateau: …………………………………………. Voilier Moteur Constructeur:......... ............. Modèle:........... Longueur : Largeur : …………………… Tirant d’eau: ………. Assurance: ………………………Ponton N°:……………. PlaceN° :…………… Propriétaire accueillant des équipiers: Oui Non Intéressé par sortie pêche: Oui Non Adhérent 58€ Donateur 150 € Bienfaiteur 500 € Cotisation annuelle 2023 : Payée par : Espèces Chèque N°: …………………… Virement IBAN: FR76 1170 6440 2642 1428 7300 054

Date et signature: Si vous rejoignez notre Association sur les recommandations d’un adhérent, merci de préciser ses nom et prénom : …………………………………………………………………….

Le montant de la cotisation annuelle « adhérent 2023 » est de 58 . Elle permet de bénéficier de :

• Deux invitations au Grand Pavois.

• Participation aux activités, sorties groupées et conférences.

• Perfectionnement : préparation de croisières voile et moteur, manœuvres de port et réglages de voiles.

• L’abonnement gratuit au Vent des Pertuis.

• Une assurance groupe tous risques pour vos bateaux à tarif préférentiel auprès de A.M.T.M. (Assurances MADER et Transports Maritimes, spécialisée dans le nautisme).

• Des réductions sur vos achats auprès de certains de nos partenaires et annonceurs.

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BULLETIN D’ADHÉSION
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