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© Amedeo Novelli

le théâtre de daria deflorian et antonio tagliarini


REWIND – hommage à Café Müller de Pina Bausch de et avec Daria Deflorian et Antonio Tagliarini

1978. Café Müller de Pina Bausch. Un infarctus théâtral dans le monde de la danse. Un événement artistique, un moment historique de l’art du XXème siècle. Pour nous tous – alors trop jeunes - Café Müller a été un point d’ancre et de confrontation, un mythe, une phrase tout faite. Trente ans après, nous avons pris Café Müller comme point de départ. Cet objet aujourd’hui est inévitablement autre chose : le temps transforme, efface, confond et l’idole, intouchable e mythifié se brise ; restent les ruines sacrées. Finalement les ruines. Et il est alors possible de marcher au milieu de ces ruines, en prendre une dans la main, la regarder de près et puis la briser. Et il est enfin possible de rire. Avec celle qui reste, il est possible de tout faire. « Chaque homme assassine ce qu’il aime » chantait Jeanne Moreau dans un film de Fassbinder. Un travail sur les trahisons de la mémoire, une tentative de ré-invention faite de continuelles interruptions, d’une myriade de petits récits collatéraux entre autobiographie et fantaisie totale. Un improbable rembobinage du temps, rewind justement. Les chaises, l’espace, les corps, la danse, et nous aujourd’hui. Loin du dramatique rédempteur de l’époque. Loin de nous, épuisés d’avoir trop vu, nouvelle forme de cécité.


Dédier un travail théâtrale à un spectacle jamais vu n’a pas été une provocation, mais une réflexion passionnée. Nous nous sommes efforcés de raconter ce miracle artistique sans jamais le montrer au public ; et racontant son indicible magie, nous nous sommes retrouvés à parler de nous, de nos familles, de nos amours, des débuts et des fins, de l’Odyssée de Kubrick et de Mastroianni, de Madonna, du 11 septembre et de Kennedy. Non pas pour divaguer, mais pour mettre en parole notre expérience de spectateur par rapport à ses travaux et notre nostalgie pour quelque chose d’irréversible. Maintenant que Pina Bausch est partie, il est resté sa leçon : ses spectacles ont toujours été des preuves irréfutables de l’existence , des spectacles faits pour qui les regardait, spectacles non de divertissement mais dont le temps volait et dont on aurait voulu qu’ils durent des jours entiers et non pas quelques heures, des spectacles non instructifs, critiques, politiques ou sociaux, des spectacles d’un anti-naturalisme sans pitié duquel on sortait avec un sens de la réalité renouvelé, des spectacles où le fragmentaire n’enlevait rien à la forte autorité de l’ensemble, des spectacles amusants et émouvants, des spectacles qui unissaient de manière indissoluble l’humanité et la forme. Comment ne pas vouloir faire du théâtre après les avoir vu ? Comment ne pas vouloir danser après les avoir vu ? Le pire a été fait, le pire s’est vu, dans les tentatives de créer des spectacles « à la manière de » Pina Bausch ; des années de chaises et de sous-vêtements, des années de micromouvements et de de microphones pendus à des fils, pour finalement tout oublier et absorber la leçon la plus simple et la plus profonde, la vieille et constante leçon de tous les maîtres : ne pas me suivre, te chercher. Daria Deflorian et Antonio Tagliarini


REWIND – hommage à Café Müller de Pina Bausch de et avec Daria Deflorian et Antonio Tagliarini une co-production Planet 3 e Dreamachine avec la contribution de Imaie et la collaboration de la Area 06-Roma, Rialto Santambrogio Roma, Florian TSI Pescara, Centro Artistico Grattacielo Livorno, Armunia-Catiglioncello preview Rialto Santambrogio, Roma 2008 debut Teatro India, Roma 2008 présenté a Festival Vie di Modena 2008, Italie Berlino- TanzFabrik 2008, Alemagne Festival Prospettiva’09 Torino 2009, Italie B.A.D. Festival – La Fundicion, Bilbao, Espagne 2009 Festival DANAE , Milano 2010, Italie Festival Escrita na Paisagem, Évora, Portogal, 2010 Uomini e Danza, Circuito Campano della Danza e Nuovo Teatro Nuovo, Napoli, Italie


Extraits de revue de presse Rewind du Postmoderne Pina Bausch vu de dos quarante cinq ans après la mort de Kennedy De Attilio Scarpenelli www.differenza.org / hebdomadaire de culture en ligne, mars 2008

Peut-être aucun autre spectacle récent exprime le mieux la totale désintégration du concept d’opéra que Rewind de Daria Deflorian et Antonio Tagliarini. : le fait même de s’adresser à Café Müller de Pina Bausch, un monument de l’art du XXème siècle, génère un effet de distraction, auquel on ne trouve aucun remède, même pas la légèreté calderienne des sculptures précaires des chaises qui sur scène prennent la place des corps et du drame (…) Et le peu qui se voit, au travers du tant qui parle, est l’épave fané, solitaire, méconnaissable d’un enregistrement très précis, exception faite pour la vie. L’étude pour Rewind est la dérive d’un spectacle qui pourrait, ou non, se faire ; un film parlé dans l’ère de l’inconsistance des discours, ou si vous préférez, une frustrante chronique télévisée sans écran.

Il Manisfesto, 21 septembre 2008 REWIND – Souvenirs privés et collectifs au nom de Bausch. Un récit-spectacle, regardant « Café Müller » sur l’ordinateur. De Gianfranco Capitta Les chaises et les présences qui dansaient dans le Café Müller, artistes historiques de Bausch, les lampes improvisées et les oublis de mémoires (« mais peut-être que moi sur scène je ne l’ai jamais vu »), les musiques historiques du spectacle qui marquent maintenant les souvenirs personnels et privés des deux acteurs sur la scène, la présence d’une danseuse/totem en tutu, au milieu de tant d’autres moments, dessinent une autobiographie collective sincère et passionnée, ambiguë et inquiétante. Comme souvent se révèle le théâtre, en particulier celui de la grande maestra, Sainte Pina de Wuppertal.


L’espresso, 2 octobre 2008 Aux confins du court De Rita Cirio (…) Tagliarini entre en scène, avec un air à la Woody Allen, exhibant une chaise en skai noir avec pieds en fer achetée sur ebay à un prix exorbitant parce que dealée comme protagoniste du mythique « Café Müller » de Pina Bausch. A côté de Tagliarini-Allen prend place Deflorian avec un vague air de professeur, et ensemble, ils commencent à lire à table, à l’aide d’un dvd que eux seuls voient, ce spectacle mythique qu’ils n’ont jamais vu en vrai (…) Mignon, sympathique, faussement irrévérencieux. Daemon, revue culturelle en ligne, octobre 2008 Rewind de Daria Deflorian et Antonio Tagliarini De Azzura D’Agostino (…) Le spectacle n’est pas seulement une commémoration vide, un hommage, mais une occasion pour raconter des récits, des souvenirs, des expériences personnelles, le retour en vie d’une découverte et d’une poétique, des moments aussi touchants (la poésie de la chaise, la disparition de l’amour, la danse) au-delà de certaines trouvailles hilarantes auxquelles le duo Tagliarini-Deflorian se donne avec légèreté. L’idée qui reste, dans cet espace où le par-delà et l’au-delà est établi par un écran qui sépare, est que, qui se meut dans ces deux mondes – très proches, adjacents, sur le point de se confondre - a en commun une étrange fragilité, un dépaysement. Un témoignage actuel, en somme. Qui laisse une certaine mélancolie, une nostalgie, à ceux qui n’ont jamais pu voir Café Müller : comme avoir perdu une petite révolution.


L’Unità, 24 octobre 2008 Off romain en scène à Berlin De Attilio Scarpellini C’était un spectacle fragile, précaire même, on avait l’impression de rester sur pied par miracle, comme les chaises que Daria Deflorian mettait en équilibre instable sur la scène inconsolablement vide. Précaire et autoproduit par ses propres créateurs avec l’aide du Rialto Santambrogio. Un spectacle anti-spectaculaire dédié à un mythe de la danse contemporaine, Pina Bausch, où en revanche on parlait beaucoup et on bougeait peu, et où les uniques corps en jeu étaient les vrais, non symboliques, des deux protagonistes. Mais aujourd’hui, grâce ou à cause de son caractère précaire, Rewind, objet d’art au confins du contemporain a débarqué au Tanzfabrik de Berlin. La Repubblica, 17 novembre 2008 Une autobiographie dans le signe de Bausch De Nico Garrone (…) Ils ont influencé leurs choix, non seulement artistiques, et ils nous les racontent avec l’aide d’une chaise « originale » achetée en ligne, comme si ils parlaient entre eux pendant une répétition qui ne commence jamais (…) Trente ans se sont envolés, l’autobiographie d’une génération recueillie dans l’instant d’une heure avec autoironie et une touchante légèreté poétique, « à la manière de» Pina Bausch, et de son mode de travailler.


Marco Palladini www.retdidedalus.it Janvier 2009 (…) Le jeu est clairement celui, un peu voyeuriste pour nous spectateurs à qui la vision est exclue, de nous faire voir ou imaginer ou rêver ou délirer Café Müller grâce à l’écoute des sons originaux, des pas, des chaises jetées du spectacle, et surtout, au travers des paroles de dessous de table et « amoureuses » des deux protagonistes, qui bavardent, et beaucoup, « en roue libre » d’eux-mêmes et de leurs histoires, comme des divagations parasites sur leurs propres souvenirs de familles, leurs premières expériences érotiques, et leurs débuts artistiques respectifs. De l’enfance au milieux des neiges du Trentino de Deflorian au désir de Tagliarini de devenir danseur, sans avoir aucune connaissance et référence dans son milieu personnel et parental. Daria se sentait tellement étrangère dans sa vraie famille de montagnard, qu’elle s’était inventée une famille idéale « all stars » composée de Pina Bausch comme mère, Pasolini comme père, Marilyn Monroe comme sœur et Johnny Depp comme frère. Daria, du reste, visage osseux et allongé, cheveux blonds en queue de cheval, corps maigre et nerveux, les mains toujours en mouvement, présente une similitude un peu fétichiste avec Bausch.(…)


from a to d and back again librement adapté de From a to b and back again - la philosophie de Andy Warhol

“ I don’t know where the artificial stops and the real starts” Andy Warhol

Une amère stupidité traverse la philosophie de Warhol et dialogue avec la nôtre. A et D parlent, devant un interviewer invisible ou au téléphone, de toute façon avec quelqu’un d’autre ; ils parlent de rien en particulier, ils parlent de tout au travers du rien, seuls et toujours en scène, toujours publics. Solitude ordinaire, exposée, qui ne cherche pas sa solution, celle de qui veut rester au milieu de la foule mais ne veut pas être touchée. Le spectacle est amusant, tout est clair, évident. Mais peu à peu une légère suspicion grandit : qu’est-ce que nous sommes en train de regarder ? Où sommes-nous ? Où est le spectacle ? Est-il à l’intérieur, sur cette scène, ou dehors dans le monde ? La réalité n’est plus qu’un bavardage, n’est plus que l’image du dernier film que nous avons vu à la télévision. Daria Deflorian e Antonio Tagliarini


Une sensibilité ostentatoire de superficie, l’opacité d’une pensée minimale et répétée, la banalité d’une vie sentimentalement vidée, le paradoxe d’une société basée sur le détachement, sont quelquesuns des objets de réflexions à partir desquels s’enchaîne un minutieux processus de désintégration et recomposition de détails acoustiques, sonores et musicaux. Aucun instrument traditionnel, aucune mémoire tactile, visuelle, acoustique, seulement un mécanisme au travers duquel élaborer et manipuler des musiques préexistantes. Une quantité de matériel sonore sélectionné dans l’extrême hétérogénéité des genres contemporains : haut et bas, cultivé et populaire, Brigitte Bardot, John Cage, Burt Bacharach, Morton Feldman. Fabrizio Spera


from a to d and back again librement adapté de From a to b and back again - la philosophie de Andy Warhol musique transformés, mélangés et remonté en direct de Fabrizio Spera lumière deGianni Staropoli collaboration artistique de Fabrizio Bianchi organisation Filipe Viegas une co-production Planet 3, Dreamachine e ZTL-pro en collaboration con Rialto Santambrogio, Teatro Furio Camillo, Casale de Merode, Associazione Demetra–Centro La Palmetta Debut Teatro Palladium, Roma, 2009 Presenté a Festival Teatro Civile, Puglia, 2009 || Angelo Mai, Roma, 2009


Extraits de revue de presse Chaque émotion semble perdue dans ce petit théâtre du monde que Deflorian et Tagliarini construise avec une radicalité debordienne, lucide et corroborant ces thèses. La parole rebondit de l’un à l’autre, tout en exécutant une partition de gestes incessants. Deflorian se révèle un habillage et Tagliarini un déshabillage, tous deux pris dans un cercle qui les rends toujours plus le reflet l’un de l’autre, tirant continuellement d’un sac en plastique (et quel autre matériau synthétique représente mieux les années 70 ?) t-shirts, perruques et chapeaux.. Un reflet cependant que seul le public peut voir, les deux personnages étant toujours tournés vers la salle, assis dans la même position et séparés du musicien. Et c’est justement le public, plus qu’un simple interlocuteur, qui assume le rôle du quatrième protagoniste du spectacle, illuminé des lumières glaciales de Gianni Staropoli, qui depuis la console, orchestre sa participation. Il apparaît clairement que le miroir recherché par Deflorian et Tagliarini est le spectateur, obligé à regarder sa propre indifférence (…) A la fin le jeu est clair, répétable et consumable à l’infini, et pourrait recommencer depuis le début. Mais un doute s’insinue dans le spectateur à l’énoncé de la dernière phrase de Daria Deflorian qui est maintenant réduite comme Antonio Tagliarini au début du spectacle. Un doute introduit par le regret d’un rendezvous manqué. Au-delà des images de l’indifférence, au-delà de la fiction, quelque chose pourra peut-être s’entrevoir. Et comme ça, les deux acteurs restent, immobiles. Maria Teresa Surianello – www.differenza.org


Lentement, l’attention portée au livre de Warhol passe à une forme d’intériorité propre, suit un parcours qui mène à la description de soi-même. Mais dans leur énonciation, les paroles, reproduites comme des sons, toujours superficielles, ironiques, stupidement amères, portent à la dépersonnalisation, à l’effacement des visages couverts d’écharpes colorées des acteurs. Le changement continuel de vêtements entraîne A à ressembler toujours plus à D, et viceversa. Les identités se confondent, les deux personnages deviennent l’un l’autre, tout en étant toujours identiques à euxmêmes, comme des hommes enfermés dans leur ordinaire solitude, dans leur embarrassante légèreté et vide. Parce que, être un homme ou une femme, n’est pas rien. L’identité n’est pas rien. Ou alors c’est l’explosion d’un vide Pop dans lequel ce même théâtre arrête d’exister et où le spectacle pourrait être plus réel que la réalité même, parce qu’il se réduit à un simple bavardage, au dernier téléfilm que nous avons vu à la télévision. Antonio et Daria parlent de la vie et de la mort, comme du sexe et de la nourriture, entre godemichets et perruques, marchandises et supermarchés, et deviennent eux aussi un produit industriel à l’évocation des horloges, du temps qui passe et de la mort qui arrive comme le plastique d’un grill-pain qui fond sur une nappe acrylique de couleur orange. Matteo Antonaci – www.teatroteatro.it


A l’ironie corrosive du texte, fait de contrepartie le tapis musical continue créé et exécuté par Fabrizio Spera qui, dès le début, opère un travail d’éloignement et d’étrangeté, imprimant des gouttes de suspicion et de tragique sur la superficie plastique de ce qui semble être en apparence une vie tranquille. Les deux acteurs racontent des moments de leur propre vie et de leur quotidien, en s’alternant, sans presque jamais se répondre ; leur solitude, le sentiment de vide, est surexposé, narré ; les préférences sexuelles sont racontées comme celles esthétiques, ou comme les plus inutiles habitudes : se mettre la main dans les cheveux ou utiliser un certain type de godemichet sont mis sur le même plan. Les changements sont imperceptibles, Tagliarini et Deflorian, entre pauses glaciales et rythmes plus soutenus, portent lentement le spectateur en-dehors du cadre narratif. Il tombe sur les acteurs et sur leur récitation un voile de tristesse toujours plus grand ; ils commencent à s’échanger des petites histoires, on retourne à certains détails du début pour ensuite basculer complètement en-dehors du récit et du médium qui l’héberge, le théâtre. Avec les seules propres pensées traduites en paroles, Tagliarini extirpe l’acte théâtrale du théâtre même et imagine un monde qui se glace lentement, et, partant de l’espace scénique de la Garbetella, la terre qui se transforme en une énorme boule de glace. Comme tous les spectacles produits par Ztl, c’est un spectacle à risque ; et la fascination est celle-là même de prendre le risque de ne pas tout comprendre tout de suite, de ne pas cueillir le bon moment, pendant que la performance a lieu, et puis ensuite éprouver le sentiment d’avoir assisté à un concept artistique qui continue son propre travail dans l’esprit du spectateur, bien après la fin du spectacle. Andrea Pocosgnich – www.guida.supereva.it


…chaque expérience – qu’elle traite d’amour, d’art ou de mort – est déclinée sur un unique mode, celui de la résonance, de la banalité et de la réification, en une parole de sa propre anesthésie. Ne pas se laisser toucher – éteindre chaque hâlement d’altérité naissante en le tenant à distance de sécurité d’un corps cristallisé sur la superficie de son image sociale – c’est la grande, obsessive, préoccupation qui joint les deux protagonistes (qui finiront par s’habiller l’un avec les vêtements de l’autre à la fin du spectacle) en une seule identité idiosyncratique. Et de fait, les uniques ruptures de la tension statique qui entretient le spectacle – les points critiques dans lesquels la paroi de verre de la machinerie de l’acteur devient friable au point de laisser penser à une possible crise tragique – sont inexorablement provoqués par l’excessive proximité de l’autre. « Je ne suis pas le genre hurle Tagliarini avant d’être couvert par la musique et de se protéger à son tour avec un bonnet en laine - ne me touche pas, ne t’approche pas, je ne veux pas. Si tu t’approches, j’appelle la police.. » Et c’est, presque à la lettre, le comportement libéral par rapport à l’autre, décrit par Slavoj Zizek, comme symptôme d’une intolérance non plus intellectuelle, mais viscérale, qui afflige les sociétés capitalistes : l’autre est bienvenu tant que sa présence n’est pas envahissante, tant qu’il n'est pas vraiment autre (…) Attilio Scarpanelli « Zone Teatrali Libere » édition Editoria&Spettacolo, 2009

(…) Un spectacle lucide et raffiné dans sa mesure, où tout est confié à la richesse d’une interprétation maîtrisée et versatile (…) Délimitant graduellement de manière amusante et sans pitié le portrait d’une stupidité humaine, qui dans le vide de ses paroles, met à nu les traits pathétiques et grotesques d’une inconsistance rêveuse. Pendant que, sur le fil d’une dramaturgie subtilement tendue, événements, visions et pensées s’entrelacent dans des contrepoints de références et d’associations qui, aussi rendu sur le plan visuel par les échanges de vêtements et perruques entre les deux acteurs, annulent la moindre distance entre les deux personnages jusqu’à confondre leurs identités. Mais qui, en toile de fond, introduisent au temps lui-même, des lueurs de désespoir irrésolu et de solitude infinie. Antonella Melilli – Hystrio – octobre décembre 4/2009


A et D se ressemblent, se courent l’un après l’autre, se regardent, les mêmes et un peu différents. Ils sont seuls. Ils parlent à quelqu’un qui est en dehors d’eux. Sans toucher le monde de l’intérieur, mais seulement en l’effleurant. Ils disent des choses d’un écran à l’autre. Ils parlent de douleur sans douleur. Avec un ton de mondanité funèbre. Dédié à Andy Warhol, à sa philosophie, From A to D and back again est la dernière création de Daria Deflorian et Antonio Tagliarini, couple théâtral singulier, à l’intelligence désenchantée. Parmi eux, Fabrizio Spera, qui sur scène stimule leurs corps maigres avec des éclats de John Cage, Burt Bacharach, Morton Feldman. Acoustique est le territoire sur lequel ils lancent des phrases mutilées, comme sur une superficie de plastique qui rappelle l’eau mais qui est en fait boue colorée. A et D sont suspendus entre des gestes rituels – mettre ou retirer une perruque ou des lunettes de soleil – sans catharsis. C’est la pensée qui s’arrête à moitié chemin, comme la vue. Horizontale. Translucide. Evanescente. On rit beaucoup, mais avec une légère terreur, aux déclamations de Deflorian et Tagliarini. Hypnotisés par Andy Warhol, à son tour hypnotisé par Marilyn Monroe, icône d’une sensualité vouée à la mort. Pendant ce temps, le corps s’en est allé pour toujours. Les années soixante sont maintenant pure archéologie du sentiment. Reste seulement une voie chantante qui fait la liste de tout ce qui chaque jour se consume et se perd. Etourdis, euphoriques, terrorisés par le contact, A et D ont seulement l’impression d’être présents et se demandent, au téléphone, devant la télévision : « Y-a-t-il quelque chose qui ressemble à la vie ? ». Les idées sont perdues, perdus sont les sentiments, les sens aussi émergent comme les débris d’un monde implosé. Doucement, presque avec indifférence, ils se laissent disparaître : dans un désert rouge de matériaux synthétiques avec lesquels se couvrir pour leurs funérailles. Après avoir passé le dernier coup de fil, un ultime mouvement d’humanité et une réponse qui glace les os : « As-tu vu quelle belle journée ? Tu aurais envie de faire une promenade ? ..No ?? D’accord ». A, D, WARHOL de Katia Ippaso From A to D and back again a été repris à Rome, Angelo Mai. Gli Altri – 13 janvier 2010


BIO

Daria Deflorian and Antonio Tagliarini in 2008 start to make some co-creations Rewind – homage to Café Müller by Pina Bausch (Festival Short Theatre di Roma, Festival Vie di Modena, Festival Autunno Italiano in Berlin), Blackbird, public reading of the text by David Harrower (Festival Trend, Roma) and now from a to d and back again inspired on the book “From a to b” by Andy Warhol. Daria Deflorian. Actrice, author and theatre director. Her last productions were: Manovre di volo (2001) by Daniele Del Giudice in collaboration with Leonardo Filastò, Torpignattara (2004) by P.P.Pasolini, Corpo a Corpo (2007) by Dorothy Porter in collaboration with Alessandra Cristiani, Bianco (2008), text by Azzurra D'Agostino in collaboration with ArgheTeatro. Has worked has an actress with Marcello Sambati, Fabrizio Crisafulli, Remondi and Caporossi, Mario Martone, Martha Clarke (New York), Accademia degli Artefatti, among others. Did the direction assistance to Mario Martone, Pippo Delbono and for Anna Karenina by Eimuntas Nekrosius Antonio Tagliarini (1965), performer, director and choreographer. Artistical school and training: Emilia Romagna Theatre School 1996/97; teachers:M.Baliani,M.Martinelli, C.Lievi, G.B.Corsetti,R.Molinari. TEE (Teatro Stabile delle Marche)Polverigi Theatre and Dance School 1997 Teachers: Francois Pesenti, Francesca Latuada among others Studied drama and dance with: D.Manfredini,T.Salmon,R.Giordano,G.Rossi, D.Damiani. Last creations presented in Italy and Europe: Freezy (2003 / premiere Rialto sant’Ambrogio), Temporary title: Untitled (2005 / premiere Enzimi Festival) Show (2007 / premiere Teatro India of Roma). Rewind- homage to Caffe Muller by Pina Bausch (2008/ premiere Teatro India di Roma) created with Daria Deflorian L’ottavo giorno (2008 / premiere Festival Esterni), created with A.Senatore. From a to d and back again (2009 / premiere Teatro Palladium di Roma) created with D.Deflorian. Royal Dance (2009 / premierre La Fundicion, Bilbao) created with Idoia Zabaleta Antonio e Miguel (2010 / premierre Culturgest, Lisbon) created with Miguel Pereira. International projects: “A viagem” 2005, APAP 2007 , “ Sites of Immagination” 2008 , Pointe to Point 2009. He worked as dancer and actor with many director and choreographer: Miguel Pereira, Raffaella Giordano, Giorgio Rossi, Alessandro Certini, Marco Baliani, Massimiliano Civica, Thierry Salmon, Bill T. Jones, Fabrizio Arcuri.


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REWIND – hommage à Café Müller de Pina Bausch in english http://vimeo.com/11575473 password: rewind interview in english http://vimeo.com/14640373 in italian subtitles in spanish http://vimeo.com/11321611 password: rewind

from a to d and back again in italian with english subtitles http://vimeo.com/22160963 password: warhol

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LE THÉÂTRE DE DARIA DEFLORIAN ET ANTONIO TAGLIARINI