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INFORMATIONS SUR LES VOYAGES A Q’ERO Un trek à Q’ero est loin d’être seulement un trek, une rando de quelques jours, c’est une véritable expérience. De nombreuses agences de tourisme mystique proposent des treks sur le territoire Q’eros organisés de manière classique : le campement avec les tentes, pas trop près des hameaux et la logistique organisée depuis l’extérieur. Cette forme de tourisme non seulement n’apporte rien aux habitants de ces communautés sinon qu’elle représente au mieux pour eux une opportunité de vendre un petit objet d’artisanat et surtout de nombreuses nuisances. Transhumancias a fait le pari de monter de véritables voyages culturels à pied en travaillant avec la population de tout le territoire Q’ero. Depuis 10 ans nous parcourons le territoire Q’ero en leur compagnie, vivant avec eux et partageant à chaque expédition tous nos moments avec les amis et compadres avec qui nous avons ainsi développé une relation amicale et presque parfois familiale de longue date. Nous travaillons depuis tout ce temps à l’établissement d’un projet de tourisme communautaire qui bénéficie aux 5 communautés Q’ero en terme d’opportunité de travail (guides, arrieros, …), de vente de services touristiques sur leur territoire de telle manière que les Q’ero puissent imposer leur règlement aux agences cuzquéniennes et ainsi travailler avec les opérateurs touristiques mais dans une relation de travail égalitaire. Nous nous conformons nous même à ce règlement et nous travaillons exclusivement avec les habitants des communautés. Aujourd’hui nous prenons le pari d’emmener de petits groupes de visiteurs en trek sur le territoire Q’ero et en logement exclusif chez l’habitant comme nous le faisons nous-mêmes depuis 10 ans que nous menons nos recherches chez les Q’ero. Cela implique bien sûr des facultés d’adaptation un peu plus développées mais la récompense en est une expérience humaine unique, la rencontre avec un peuple de montagne qui se bat pour préserver son identité.

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Les Q’ero, un peuple indigène des Andes Les Q’ero vivent sur le flanc amazonien des Andes et développent leurs activités agricoles sur trois étages écologiques entre 1800 m et 4800 m d’altitude tout comme au temps de leurs lointains ancêtres. Les 5 communautés Q’ero, Markachea, Totorani, Hatun Q’ero, Quiko et Japu se considèrent comme les derniers incas et se distinguent eux même des habitants de l’étage écologique quechua. Leur mode de vie, leur vision du monde, leurs institutions sociales, leur religion et leurs rituels, leur vêtements même … tout les rattachent aux ayllus, ces communautés claniques paysannes du temps des incas. Majoritairement quechuophones peu d’entre eux parlent l’espagnol. Pour certains le castillan est même considéré « allqosimi », langue de chiens (sic !). On ne connait pas encore l’origine des Q’ero ni la signification exacte de leur nom. Plusieurs théories existent à ce sujet. Pour certains les Q’ero seraient les descendants des rescapés de l’armée de conquête de l’Amazonie de l’Inca Tupac Yupanqui. Les tentatives d’invasion de cet empereur, le plus actif dans l’expansion de l’empire inca, ont avorté et il aurait laissé son arrière-garde surveiller la frontière du Tawantinsuyu. Les restes archéologiques (qui n’ont toujours pas fait l’objet de projet de recherches) attestent que nous sommes bien sur la ligne de forteresses et de postes de surveillance de l’Empire. Une autre théorie ferait des Q’eros des descendants de peuples amazoniens qui auraient émigré vers la puna, l’étage écologique supérieur des Andes. Certains mythes et des chants en une langue inconnue (qui pourraient être de la selva) confirmeraient cette théorie. La dernière théorie donne pour origine de la population Q’ero un des déplacements massifs de population dont était coutumier l’Inca pour mettre au pas les peuples rebelles. Les Q’eros seraient ainsi les descendants de ces « mitimaes ». La conservation de la culture Q’ero viendrait du fait que les conquistadores ne seraient pas arrivé chez eux. La tradition orale raconte qu’une petite expédition d’espagnols aurait été massacrée par la population à leur arrivée. Cependant et dès le XIXº siècle les Q’ero tombent sous le joug d’un hacendado, grand propriétaire terrien et dont les terres tout comme la population qui y vit sont considérées comme propriété. La famille Yabar, qui « possédaient les Q’ero », avaient donc un quasi droit de vie et de mort sur eux et pouvaient les louer à d’autres hacendados pour des travaux agricoles ou de construction. Les Q’ero n’ont été libéré de l’hacienda qu’en 1968. Le premier article que l’on a sur les Q’ero date des années 20 et a été publié dans la revue universitaire de l’Université San Antonio Abad de Cusco. Dans certains chapitres, et malgré l’indigénisme naissant de l’époque, on devine le racisme de l’époque et les Q’ero ne sont pas loin d’être décrits comme des animaux dans certains passages. L’expédition de 1955 vient changer la donne. L’Anthropologue cuzquénien Oscar Nuñez del Prado, accompagné de plusieurs professeurs de l’Université de Cusco et bravant les interdits du gouvernement de l’époque, arrive dans la communauté de Hatun Q’eros et au retour de l’expédition le journal El Comercio titre la découverte du « Dernier Ayllu Inca ». Il n’en fallait pas plus pour faire naître un véritable mythe autour des Q’ero, considérés dès lors comme les derniers incas. Les années 60, 70 et 80 voient http://transhumancias‐voyages.weebly.com  info@transhumancias.com                                                                                                (+51)084 22 43 10 


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quelques rares chercheurs en anthropologie arriver pour de courts séjours sur le territoire des Q’ero, les 90 voient le début du tourisme mystique avec l’arrivée de quelques rares groupes « new age » emmenés par des gourous locaux dont le propre fils du « Doctor Oscar », Juan Nuñez del Prado. On demande alors aux prêtres de religion andine Q’ero de performer des rituels de purification pour ces nouveaux visiteurs. Le tourisme reste cependant un épiphénomène sur le territoire des Q’ero.

Le territoire Q’ero. Situé dans la province de Paucartambo, entre les deux routes qui descendent à la selva, celle du Parc Manu et la nouvelle interocéanique, le territoire Q’ero est un des plus enclavé et isolé des Andes de la région de Cusco. Coupé du reste des hautes terres par la barrière que conforment les sommets glaciaires de la cordillère de Sinakara et de l’Amazonie en bas par la forêt d’altitude dense qui remonte le long du flanc des Andes orientales, doté de seulement trois accès par de hauts cols qui demandent plusieurs heures de pistes en véhicule et plusieurs heures de marche pour les franchir, le territoire Q’ero se mérite. Qui plus est et même si les Q’ero tolèrent difficilement les expéditions de trek en campement sur leur territoire il faut en général être introduit chez eux par un amis des communautés ou un compadre (compère : parrain d’un enfant). C’est un territoire montagneux qui conforme une unité géographique particulière dans la région, entrecoupé de profondes vallées et de hautes crêtes qui sont autant de frontières entre les différentes communautés. C’est le règne des pumas, des condors, des vigognes et des vizcaches autant que celui des serpents amazoniens, des ours à lunettes ou des huallatas. Il y fait froid et lorsque le soleil apparait il brûle autant qu’il réchauffe. L’humidité qui remonte sous forme de brumes depuis l’Amazonie envahit souvent les fonds de vallées donnant une apparence parfois magique au paysage, et à la saison des pluies les précipitations (pluie, neige, bruine, …) se font quotidiennes.

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Le mode de vie Les Q’ero vivent en communauté. Chaque communauté est séparée en « anexos » d’altitude qui sont autant de hameaux installés dans la partie puna de chaque « quebrada » du territoire de la communauté, en général à une altitude supérieure à 4000m. Le village principal, situé généralement à l’étage quechua vers les 3500 m, ne sert que pour les fêtes du calendrier Q’ero. La puna est traditionnellement utilisée pour l’élevage des alpacas et llamas et certains champs (« chacras ») de pommes de terre. L’étage inférieur, la quechua compte beaucoup plus de champs de pommes de terres et la yunga, dans la forêt tropicale d’altitude abrite les champs de maïs, plante que les Q’ero considèrent toujours comme sacrée et dont la production sert surtout à l’élaboration de la chicha de jora, la boisson fermentée à base de maïs qui était déjà la boisson des fêtes et libations rituelles du temps des incas. La vie des Q’ero est un perpétuelle mouvement pendulaire annuel entre les trois étages ce qui a fait dire à certains que leur mode de vie était « semi-nomade ». Les Q’ero sont des marcheurs, « puriq » et sont fiers de leur rapidité à passer d’une vallée à l’autre par les hauts cols de leur territoire. Ils ont une gentille condescendance envers les gringos qui ne marchent que très lentement ou pire, qui viennent à cheval. Un véritable Homme est pour eux un marcheur.

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La maison Les maisons Q’ero dans les hameaux d’altitude sont des pièces uniques aux murs de terre et de pierre, au toit à la charpente en branchage couverte de paille, au sol en terre battue couvert de paille et de peaux d’alpacas et de moutons. C’est un espace multifonctionnel où l’on travaille, prépare la cuisine, partage les repas et où l’on dort. Le fond de la maison est occupé par une « cconcha », sorte de cuisinière traditionnelle en terre et par les ustensiles de cuisine. A l’autre extrémité sont accueillis les visiteurs, sur des peaux de bêtes. La maison est parfois accompagnée de plus petites constructions du même style qui servent à ranger les outils ou remiser les récoltes et les bouses séchées qui permettent de faire le feu pendant la saison des pluies. Nous dormons soit dans la maison principale soit dans une des petites maisons attenantes. Nos hôtes nous installent souvent sur des peaux de bêtes et des couvertures ou sur une bâche en plastique où nous installerons nos matelas mousse et nos sacs de couchage.

Les repas La nourriture des Q’ero est essentiellement composée de pommes de terre andine (« papas nativas ») cultivée selon des techniques agraires héritées de leur lointain ancêtres des communautés paysannes claniques qui vivaient au temps des incas. La pomme de terre est donc l’aliment principal des Q’ero, qu’ils consomment sous plusieurs formes. Matin, midi et soir l’entrée est composée de petites pommes de terre bouillis de plusieurs et nombreuses variétés andines, et que l’on épluche avec les ongles pour les déguster. Le plat principal est en majorité une soupe de pommes de terres parfois agrémentée de ch’uño ou de moraya, pommes de terre déshydratées selon des méthodes ancestrales, d’oignons et d’herbes aromatiques locales. Dans certains annexes les Q’ero ont bénéficié de l’introduction de la serre et ils cultivent maintenant des légumes et des herbes aromatiques. Parfois un morceau de viande séché ou d’un animal fraichement tué (alpaca ou mouton) vient apporter un peu de protéines. A chacune de nos expéditions nous apportons un http://transhumancias‐voyages.weebly.com  info@transhumancias.com                                                                                                (+51)084 22 43 10 


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complément de nourriture (riz, sucre, sel, fruits, barres de céréales, fromage, charcuterie, café, huile, …) que nous partageons avec nos hôtes. Tout repas se termine par la séance traditionnelle de chique de coca, le partage des cigarettes, parfois de l’alcool (cañazo ou alcool pur à 96º).

La coca Sans coca il serait tout simplement impossible de vivre chez les Q’eros. Le froid, l’altitude, l’humidité, les longues heures de marche, les carences dues à la nourriture peu variée seraient fatals à l’organisme humain. Avec ses 14 alcaloïdes, ses vitamines et autres oligo-éléments la coca permet de supporter les contraintes de la vie à Q’ero. Elle permet de marcher, de supporter le froid, de travailler de longues heures dans les champs d’altitude et de courir après les bêtes pour les réunir le soir pour la descente aux enclos de pierre qui jouxtent les maisons. Mais au delà de son aspect pratique et de sa valeur alimentaire la coca est aussi et surtout une plante sacrée utilisée pendant les rituels, une plante que l’on s’échange, que l’on partage et qui lie les Hommes aux esprits de la terre, des montagnes et des cols.

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Un voyage à pied chez les Q’eros, avec eux et leurs chevaux pour le portage, accueillis dans leurs maisons est donc une expérience hors du commun et en dehors de tout ce qui peut se vivre dans les Andes sur le plan touristique. Nous sommes fiers de travailler en collaboration avec les communautés Q’eros depuis plus de 10 ans à l’établissement d’un tourisme différent, plus responsable, qui permette à la population Q’ero et à ses autorités de s’acheminer vers une gestion autonome du tourisme, d’un tourisme qui leur permettent un meilleur niveau de vie dans le respect de leur culture. Pour l’instant les deux seuls guides qui encadrent et organisent les voyages à Q’ero sontplus des médiateurs interculturels, des hommes-ponts « chakaruna », capable de faire le lien entre visiteurs et Q’ero. Nous formons d’autres guides spécialisés sur Q’ero mais qui ne seront opérationnels qu’en 2010/2011. Yann le Borgne est anthropologue et il totalise 4 ans de vie avec les Q’ero de Totorani. Il travaille sur la culture Q’ero pour sa thèse de doctorat depuis près de 15 ans. Antoine George explore le territoire Q’ero dans toutes ses dimensions depuis plus de 10 ans et a développé un réseau de compadres et d’amis dans toutes les communautés de la « Nación Q’ero ». Chercheur / consultant en tourisme durable il est l’initiateur de la première étude de faisabilité participative du projet de tourisme communautaire Q’ero qui doit permettre aux Q’ero de gérer eux-mêmes le tourisme sur leur territoire et selon leur règles. Ils sont tous les deux parfaitement hispanophones et se font comprendre en quechua. Ce sont eux qui organisent et encadrent les voyages à Q’ero. Un voyage à Q’ero est une aventure engagée et le visiteur doit nécessairement se conformer aux règles du savoir-vivre Q’ero avec respect et humilité. L’aventure demande nécessairement une ouverture à d’autres cultures, le sacrifice d’un peu de confort pour rencontrer d’autres hommes et d’autres femmes, qui pensent et vivent différemment, en montagne, et méritent le respect de leurs hôtes étrangers, mais le peu de personnes que nous avons emmené sont revenu transformés, et parlent de leur expérience avec les yeux brillants. Si vous vous sentez prêts à affronter les contraintes d’un voyage à Q’ero nous serons heureux de vous emmener à la rencontre de ce peuple avec qui nous fraternisons depuis si longtemps. Nous vous attendons et sommes à votre disposition pour tout complément d’informations dont vous auriez besoin pour évaluer les conditions de votre projet de voyage à Q’ero.

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Informations sur les voyages chez les Q'ero  

Tout ce que vous avez besoin de savoir si vous faites une visite en trek du territoire Q'ero avec Transhumancias.

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