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SOMMAIRE

INTRODUCTION.......................................................................................p.7 LE VOYEURISME..................................................................................p.8-9 Diane arBUS......................................................................................p.10-11 nan GolDin.......................................................................................p.12-13 KooS BeUKrel..................................................................................p.14-15 Jan SaUDeK.......................................................................................p.16-17 manUel alVareZ BraVo....................................................................p.18-19 antoine D’aGata................................................................................p.20-21 LA MORT LE TEMPS LE PASSÉ.....................................................p.22-23 frieKe JanSSenS...............................................................................p.24-25 roman opalKa..................................................................................p.26-27 CHriStian BoltanSKi.........................................................................p.28-29

L’IMAGINAIRE...................................................................................p.30-31 SaraH moon.....................................................................................p.32-33 eDVen BaVCar...................................................................................p.34-35 paUl Den HollanDer.......................................................................p.36-37

CONCLUSION...................................................................................p.38-41 BIBLIOGRAPHIE & SITOGRAPHIE.......................................................p.42

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INTRODUCTION

gories seront-elles même sous catégorisés à travers divers artistes, et oeuvres afin de montrer les différentes approches et sens pouvant exister dans chaque catégorie le voyeurisme principe base sur la vision et l’intrusion pouvant montre l’intimité, le sexe, la souffrance, la différence, le hors du commun ayant divers sens et divers buts tels l’appelle a l’humanité de Diane arbus ou à la provocation de Saudek. le passé, la mort, le temps est un sujet et un thème récurant dans l’étrange dans la photographie pouvant être basé sur l’idée du temps qui passe et de sa vision telle l’oeuvre d’opalka ou encore en installant la vanité dans la photographie a la manière de frieke Janssens . la dernière catégorie est l’imaginaire, l’imaginaire est la capacité de pouvoir chez l’humain imager et imaginer à partir de la « réalité  » pouvant être enfantin, collectif ou encore personnelle. nous verrons que l’imaginaire est utilisé lui aussi de différentes manières selon les artistes. la photographie peut être utilisé afin d’en donner son reflet à la manière d’Edven Bavcar photographe aveugle. elle peut aussi de par son surréalisme, sa poésie et la transcendance de la réalité être une invitation au voyage dans les abysses de notre imaginaire telle la photographie de paul Den Hollander.

l’étrange n’a pas de valeur absolue, est inhabituel, hors des codes et n’a pas de frontière ni limite, l’étrange ne représente rien. le sens du mot étrange nous est commun, en revanche sa représentation est une redécouverte permanente selon la sensibilité, l’ouverture de chacun. il faut énormément de temps pour que quelque chose qui nous paraît étrange ne le soit plus et encore plus lorsqu’il s’agit de le banaliser dans l’imagerie collective. la photographie, ce procédé si particulier dû à la réaction entre bromure d’argent et lumière. fige le temps sur papier, rend compte d’un instant qui n’a lieu qu’une seule fois. l’étrange dans la photographie est un sujet ouvert aux multiples facettes, dans cet écrit nous essayerons de catégoriser et d’identifier les différents principes de l’étrange dans la photographie. nous verrons comment celle-ci est créée de manière volontaire ou non à travers l’outil et la technique photographique, le sujet le thème choisis, ainsi que sur les émotions, état d’âme et sentiment qu’il créer tout en se questionnant sur les diverses problématiques et autre questionnement qu’elle peut susciter. nous verrons comment l’étrange s’installe dans la photographie à travers 3 catégories : le voyeurisme ; le passé, la mort, le temps ; ainsi que l’imaginaire. Ces 3 caté-

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LE VOYEURISME

rance et humanité de la par de chacun. À travers l’oeuvre de nan Goldin, le voyeurisme montre à travers le quotidien et l’intensité de la vie, la déchéance des mondes parallèles qui nous entourent. l’étrange dans la photographie utilise le voyeurisme pour susciter et démontrer l’intensité de la vie et des sentiments humains à la manière de l’oeuvre de nan Goldin. le voyeurisme dans la photographie étrange nous montre ce dont on parle, mais ce qu’on ne montre pas comme la réinsertion, les rescapés de Kroos Breukel. l’étrange dans la photographie utilise le voyeurisme pour montrer ce qui ne se montre pas dire ce qui ne se dit pas à la manière des photographies de Jan Saudek. Il utilise le voyeurisme afin de jouer avec notre réalité ou de jouer avec notre imagination à la manière des photographies de manuel alvarez Bravo. De nous mettre devant une réalité que l’on se cache à soi-même, à nous pousser dans nos retranchements, à déclencher des réactions, à nous brusquer dans notre vision formatée, il nous parait étrange, nous perturbe et nous dérange, mais nous offre des visions différentes et personnelles de notre société comme la photographie d’antoine Dagata.

nous allons voir comment l’étrange dans la photographie s’est emparé de cette tendance à travers divers artistes et oeuvres. on remarque que le voyeurisme dans la photographie ne s’arrête pas au simple fait d’observer l’intimité de chacun à travers le sexe, la souffrance, la maladie ou la différence. il est créateur d’émotion saine ou malsaine, d’empathie, de désir enfoui, il réveille des sentiments cachés au fond de nous et peut amener a des questionnements profonds sur l’extérieur et sur soi même tel que l’identité de chacun, notre place dans la société, notre vision de celle-ci, notre capacité d’ouverture à la société et à l’acceptation de l’autre, le reflet de soimême, l’interrogation de son moi intérieur. il joue avec notre perception de la société et parfois offre une nouvelle vision de celle-ci, il permet de mettre à jour ce que nous ne voulons pas voir, ce que nous n’acceptons pas de voir pour diverses raisons, ce que nous nous « refusons » de voir dans la vie de tous les jours, mais dont nous éprouvons des questionnements, des sentiments tels que la fascination secrète des nains qu’avait Diane arbus. Sa photographie et sa volonté de constat des ses icônes hors du commun par le décalage appelle a une plus grande tolé-

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«LA PLUPART DES GENS TRAVERSENT LA VIE EN REDOUTANT LES EXPÉRIENCES TRAUMATISANTES. «MES PERSONNAGES» SONT NÉS AVEC LEUR TRAUMATISME. ILS ONT DÉJÀ RENCONTRÉ L’ÉPREUVE DANS LEUR VIE. CE SONT DES ARISTOCRATES.»

UntitleD 1970

CHilD WitH a toY HanD GrenaDe in Central parK neW YorK 1962 nain meXiCain DanS Sa CHamBre D’Hotel, neW YorK 1970

Self portrait in mirror 1945


DIANE ARBUS

l’on rejette d’instinct pour en appeler à plus d’humanité, elle propose des interrogations profondes et universelles sur l’identité, la normalité et sur tout ce qui nous constitue personnellement et socialement. l’étrange dans la photographie de Diane arbus est dans le fait de nous montrer ses personnes sans jugements ni distances et dans la façon de les magnifier par la photographie, dans la façon dont ses images renvoient l’idée qu’elle s’identifiait à eux et combien elle a du aller loin en elle même. l’étrange provient aussi du questionnement profond en nous que ses photographies suscitent sur notre identité. C’est sans doute à cela qu’on doit ce sentiment et ce côté étrange dans l’oeuvre de Diane arbus, ce sentiment de malaise et de voyeurisme mêlé de fascination, du questionnement qui découle de son oeuvre et de cette surprenante envie d’explication que l’on ressent en parallèle de l’immense gêne de ne pas en avoir.

intéressons-nous maintenant à Diane arbus à l’univers dit bizarre, singulier et troublant. Diane arbus aimait photographier les marginaux, elle était fascinée par les personnages hors normes (travestis, malade mental, monstres de foires, nudistes, jumeaux). Diane arbus tissait des liens intimes avec ses sujets allant jusqu’à coucher avec eux. D’où ses résultats troublants. les images décalées de Diane arbus s’interrogent sur l’identité et la place de ces « icônes » hors du commun. Cet attrait pour l’anormalité crée une certaine solitude, un certain malaise, dans l’oeil de celui qui regarde. plaçant le spectateur en voyeur de l’anormalité, par le fait de voir ces icônes hors du commun, provoquant, une sorte de honte et de terreur, la répulsion en apparence et qui nous pousse à la réflexion et à la quête d’explication. les photographies de Diane arbus appellent à la tolérance et dépassent le reflet de ce qui se présente devant nous et que

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triXie on tHe Cot,neW YorK, 1979

GotSCHo KiSSinG GilleS pariS, 1993

miStY & JoeY at HornStraSSe, «LA PHOTOGRAPHIE EST LE Berlin, 1992 CONTRAIRE DU DÉTACHEMENT, C’EST UNE FAÇON DE TOUCHER L’AUTRE» Self portrait 1 montH after BeinG BattereD, 1984


NAN GOLDIN

nan Goldin est une photographe qui a travaillé sur le portrait écorché sur son entourage direct, elle inclus. Son esthétique s’appuie sur une fusion totale entre l’acte photographique, le désir de voir et le désir tout court pour son sujet : ses amis, amants et proches. le coeur de son oeuvre se base sur la représentation des brutalités amoureuses que s’infligent les humains, la violence des passions, les ruptures, les moments difficiles de la vie et les moments de joie, le sida, la détresse, l’agonie, la mort et le deuil ainsi que la nudité et le sexe sans pudeur. Cette recherche de l’intensité se marque aussi par l’usage de drogues qu’elle montre sans retenue. les photographies de nan Goldin sont étranges par son sujet, par cette recherche et cette retranscription de

l’intensité, le fait de nous montrer ces/ses scènes de vie qui résultent normalement de la vie privée de chacun place le spectateur en voyeur et le trouble. elle nous offre à voir à travers son quotidien la déchéance de sa réalité des choses, son univers et son entourage d’une manière brute, de par le sujet et son intensité, mais aussi par le désintérêt pour la technique, doublé de son approche émotionnelle de l’acte photographique. pour nan Goldin, « la photographie est le contraire du détachement, c’est une façon de toucher l’autre », c’est donc sa façon de nous mettre face à sa réalité, sa vision des choses qui peut nous paraitre étrange, mais qui nous pousse à la réflexion quant aux limites de notre vision sur la société dans laquelle nous vivons et sur l’intensité de la vie.

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MICHAEL MATTHEWS HYDE 1995

Self portrait in mirror 1962 FAIRE FACE

COSMETIC VIEW 4, 2004

COSMETIC VIEW 1, 2004


KOOS BREUKEL

CoSmetiC VieW 3, 2004 Koos Breukel dans son exposition intitulée «faire face» s’est lui consacré aux estropiés de la vie, victimes d’accident, malades, aveugles afin de mettre a jour des vérités qui ne l’ont jamais été, il met a jour les gens qui ont du se battre pour survivre, pour se réinsérer. Créant en nous un questionnement qui essaye de trouver la personne sous le personnage, sur la faille, la blessure de chacun. le voyeurisme est dans la démarche

du photographe, dans le fait de mettre à jour ces gens qui se réinsèrent dans la vie, et de mettre a jour les failles et les blessures de chacun, ainsi que sur le questionnement qu’il crée chez le spectateur en quête de réponse à ces gens et clichés troublants. mais aussi par les sentiments qu’il crée chez le spectateur, la méfiance, l’interrogation, l’appréhension de la différence et la faculté de chacun à l’apprivoiser lorsque l’on se retrouve devant-elle.

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life,1966

tHe prinCipal anD SCHoolGirlS, 2001

paraBellUm, 9mm, 1983

«LA DIFFÉRENCE ENTRE LA PORNOGRAPHIE ET L’ART EST SELON MOI TRÈS SIMPLE. VOUS POUVEZ REGARDER L’ART INDÉFINIEMENT ALORS QUE VOUS NE POUVEZ JETER QU’UN COUP D’OEIL À LA PORNOGRAPHIE AVANT DE LA LAISSER.»

KiSS off, 1987


JAN SAUDEK

portrait la photographie de Jan Saudek est pleine d’adolescents couchés par terre dans des poses d’abandon, de jeunes pères tenant leurs bébés sur leur torse. et surtout, de nombreuses femmes opulentes, rondes, charnelles, dont il tire une beauté qui peut choquer. les modèles sont maquillés, costumés, arrangés, et les vêtements sont choisis hors de tout contexte. les personnages sont souvent habillés sur une photo et déshabillés sur une autre, ce qui immanquablement suscite un certain désir. C’est principalement ce thème qui revient dans les photographies de Jan

Saudek le jeu entre habillé et nudité. Jan Saudek crée des mises en scène, du théâtre pour la photographie. il met les corps en scène, conjuguant la misère et la fantaisie, le plaisir et la souffrance, la joie et le désespoir. C’est sa façon de magnifier ce qui en ce bas monde se terre dans l’ombre, ce qui ne se montre pas et se dit encore moins, le désir de voir ce qu’on ne désir pas, le plaisir de voir ce qui d’ordinaire provoque le dégout, la répulsion, la gêne ou l’indifférence. C’est aussi ce qui rend le spectateur voyeur le fait, de retrouver un certain plaisir à voir ce qui d’ordinaire le dérange, le trouble, le gêne.

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manUel alVareZ BraVo, neW YorK, 1987 BY arnolD neWman

temptationS in tHe HoUSe of antonio,1970

loS aGaCHaDoS 1934


MANUEL ALVAREZ BRAVO

oBrero en HUelGa, aSaSinaDo,1934 manuel alvarez Bravo a beaucoup travaillé sur l’idée de vision et sur le regard caché qui amène a l’idée de voyeurisme. Comme cette oeuvre où l’on voit cette femme le visage caché par un drap, mais le sexe offert aux voyeurs en quête d’érotisme, qui pourtant à sa manière se refuse aux regards et au voyeurisme. manuel alvarez Bravo joue sur l’intimité qu’il dévoile tout en laissant une grande part de mystère à ce que l’on ne voit pas, il offre une fenêtre comme le trou dans lequel le voyeur regarde l’intimité d’une femme. offrant le nécessaire pour que l’imagination fasse le reste et que le spectateur y ajoute sa narration. le spectateur est alors voyeur d’une scène dont il imagine ce qu’il ne voit pas, ce qu’il ne sait pas. Donnant donc tout le mystère et

toute l’étrangeté à la photographie. la photographie soulève des questionnements, des réactions, des désirs et place le spectateur dans le voyeurisme par le seul fait de la voir, mais surtout sur le fait de vouloir en savoir toujours plus et de laisser libre court a son imagination. Comme l’exemple de ces hommes attablés dans un quelconque bouiboui, ils sont photographiés de dos, à demi occultés par le rideau de fer, détournés et cachés du regard d’autrui. manuel avarez Bravo crée et est alors le voyeur et nous fait voyeurs de ces hommes qui ont l’air pourtant de se cacher du regard d’autrui, se rajoute le questionnement qui découle de notre esprit et qui nous rend d’autant plus voyeurs par notre avidité à vouloir en savoir toujours plus.

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aUtoportrait BamaKo, 1999 eXtraite DU liVre iCe

eXtraite DU liVre iCe


ANTOINE D’AGATA

eXtraite DU liVre iCe antoine D’agata, montre des exclus de la société. montrer ces gens qui n’ont pas accès à la dignité humaine, comment les gens évoluent dans leurs mondes, dans quel univers ils vivent, et comment ces personnes trouvent leurs échappatoires dans le vice dans son sens le plus global. antoine D’agata prend le partipris d’être partie prenant des situations, il se drogue, couche avec les prostitués dans le but honnête de montrer et témoigner de territoires complètement délaissés, mal compris ou réduits à une dimension totalement caricaturale. Ce qui lui permet d’assumer sa place dans le monde tout en régurgitant une vision de ce qu’il vit, de ce qu’il voit,

c’est sa façon de pousser la photographie à la limite des ses possibilités en étant photographe et photographiés. Ses photographies sont troublantes, perturbantes et étranges de par le rendu photographique qu’il obtient malgré le peu d’intérêt pour la technique, le flou qui crée une perte de repère, par sa conception de la vie et ce qu’il nous en montre à travers ses photos. le spectateur se retrouve alors perturbé, car dans une position de voyeurisme vis-à-vis d’un univers d’un monde qu’il ne connaît pas ou que de manières caricaturales. l’étrangeté provient aussi bien du sujet, du thème, que de sa représentation brute et réelle.

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LA MORT, LE TEMPS, LE PASSÉ

la mort, le temps et le passé (dans l’art) ont toujours été une grande source d’inspiration pour les artistes. nous verrons dans cette seconde partie comment l’étrange dans la photographie s’est il emparé de ce sujet qui concerne chacun d’entre nous. nous verrons à travers des exemples d’oeuvre et d’artiste comment le rapport au passé a la mort, et au temps est il créé, comment il s’exprime et dans quel but. À la manière de frieke Janssens qui introduit l’idée de vanité et de mort à travers l’opposition entre le symbole de la vies l’enfance, et la cigarette et la gestuelle du fumeur averti renforce par le trouble créé par les poses, les costumes et accessoires des enfants les renvoyant a une autre époque. Ce jeu d’opposition entre enfance et vanité renforcé par la perte des repères de temps trouble le spectateur et la série lui apparait alors étrange. ou encore opalka qui a fait de la mort et du temps qui passe son fil rouge

et qui, tout au long de sa vie, de son oeuvre, laisse une trace de son passage et des effets que le temps provoque sur lui avec l’idée que la mort finira bien par le rattraper. Le fait de voir son portrait se modifier, son visage vieillir nous invite à la méditation sur le temps et nous renvois à l’éphémérité de la vie, à notre propre existence et à sa dimension dérisoire. le temps qui passe amenant fatidiquement à la mort est ici montré sans exagération, sans poésie, dans sa manière la plus brut, dans sa manière la plus vraie et nous paraît étrange de par la possibilité de le voir. Et enfin Boltanski qui rend étrange la photographie par son traitement, son approche et son utilisation pour suggérer dans ses installations : la mort, le temps qui passe dans le but de nous renvoyer à notre mémoire collective du passé, et plus précisément à la Shoah. l’étrange provient aussi de de la puissance et de l’efficacité de ses suggestions et de ses métaphores sur notre mémoire.

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SmoKinG KiD, 2011


FRIEKE JANSSENS

frieke Janssens est une photographe belge qui a réalisé la série smoking kids. Dans cette série à la fois étrange, dérangeante et puissamment esthétique, elle substitue le hochet par la cigarette. Ces enfants aux gestes de fumeur assurés sont saisis dans un cadre qui évoqué la photographie de portrait des premiers daguerréotypes. le tabac est en photographie un élément photogénique indéniable. frieke Janssens semble fascinée par les attitudes et la gestuelle que provoque la consommation de cigarette. la fumée est utilisée en photographie car elle créé des effets intéressants de floutage et/ou de jeux avec la lumière. ici, l’objet tabagique (cigarette, pipe...)semble prolonger la personnalité de ces bambins leur confère un surcroit d’identité. l’accessoire étant en résonnance avec celui qui le porte de plus les enfants sont habillés de costumes mimant des codes élégants et révolus. Ces enfants sont alors des ancêtres qui paraissent rajeunis. en plus de la provocation faite a la santé et aux bonnes moeurs ce qui rend les photographie étranges et troublantes, semble être plus dû au

fait que ces enfants aient des poses, une gestuelle, des habits qui évoquent l’adulte que par le fait qu’ils inhalent la fumée. ils sont alors des monstres sans âge identifiable créé par la rencontre brutale entre l’ancien et le jeune, la pureté et la tache, le symbole de la vie et le symbole d’une mort. la mort semble alors contenue en germe dans ces jeunes vies qui commencent. Cette esthétique du morbide sonne comme un hommage aux poètes modernistes et aux peintures préraphaélites comme aux poèmes d’oscar Wilde ou encore les peintures de ruben Dario. nous sommes devant la beauté de la rose fanée. la mort est envisagée comme un beau vêtement. peut-être est-ce la manière de l’artiste de la tenir à distance. l’étrange dans cette photographie est dû au rapport à la mort créé par la cigarette en opposition au visage jeune angélique et plein de vie de ces derniers. les habits et posture des enfants venant troubler les indications temporelle. Ce qui trouble c’est le fait de les voir fumer, mais surtout la gestuelle adoptée par ces enfants. Ses photographies renvoient à l’éphémérité et à la vanité de la vie.

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ROMAN OPALKA

roman opalka est un artiste qui a travaillé tout au long de sa vie (de 1965 à 2011) sur la problématique du temps, amenant fatidiquement à la mort, il a travaillé sur 3 parties intimement liées les unes aux autres : les tableaux sur lesquels se succèdent les nombres de 1 à l’infini [environ 2000 par toile]. la voix enregistrée lisant les nombres en polonais. les autoportraits en noir et blanc montrant Opalka au fil des années. nous nous intéresserons ici à la partie photographique de son travail. opalka terminait chaque séance de travail [ses tableaux de chiffres] par un autoportrait photographique en noir et blanc, tout au long de la série qu’il réalisa il mit un point d’orgue (à son travail) à utiliser scrupuleusement le même rituel, le même dispositif, la même pose, le même appareil photographique et la même chemise blanche, car pour voir le passage du temps sur un visage il faut beaucoup d’objectivité [la neutralité], la régularité [la même chemise blanche], de la discipline et de la rigueur [une photographie à chaque fin de séance]. Ses autoportraits, s’apparentent aux photos d’identité, le cadrage est fron

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tal, il garde toujours la même neutralité/expression avec une absence de sourire et un certain flottement du regard fixé sur l’objectif, sur le spectateur et semblant défier le temps. mais en réalité, c’est la mort elle-même que opalka semble sonder froidement du regard, dignement et avec la pleine conscience que la mort viendra le rattraper. Son regard qui semble fixer la mort renvoi aux portraits du fayoum, ces portraits funéraires très réalistes réalisés sous l’egypte romaine [entre le I et le IV siècle après J.C). faire peindre son portrait, pour ces Égyptiens n’avait pas pour but de laisser une trace, car il était enterré avec celui-ci. Ces portraits étaient utilisés pour se préparer à la mort, et avaient pour destinataire l’Éternité. De même, roman opalka tisse un dialogue, un lien entre la mort et lui. À l’inverse, chaque nouveau portrait est dans l’oeuvre d’opalka, une trace de sa présence encore vivante à un moment donné. ainsi ce n’est pas seulement avant sa mort que l’artiste décide de se confronter à l’inévitable, mais tout au long de sa vie. Ses photographies matérialisent la durée même de sa propre vie jusqu’au dernier souffle. La mort et le temps rendent ici


l’oeuvre photographique d’opalka étrange par l’implication de sa vie entière à son oeuvre, par le fait qu’il soit l’élément moteur, le fil rouge de son oeuvre. Dans l’idée de voir le passage de sa vie en quelques secondes comparée aux années de travail qui ce sont écoulées. À travers ses photos nous voyons l’effet réel et brut du temps sur sa personne, son physique, qui renvoient inéluctablement à notre personne et au temps qui passe. ainsi il crée un questionnement sur nous-même, sur l’éphémérité de notre passage et sur sa dimension dérisoire comparées au temps qui est passé, qui passe et qui passera malgré nous.

«JE VOULAIS MANIFESTER LE TEMPS, SON CHANGEMENT DANS LA DURÉE, CELUI QUE MONTRE LA NATURE, MAIS D’UNE MANIÈRE PROPORE À L’HOMME, SUJET CONSCIENT DE SA PRÉSENCE DÉFINIE PAR LA MORT : ÉMOTION DE LA VIE DANS LA DURÉE IRRÉVERSIBLE.»

aUtoportrait,1965-2001

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CHRISTIAN BOLTANSKI

Chrisitian Boltanski est un artiste plasticien, travaillant sur 4 thèmes essentiels et récurrents : la mort, l’enfance, l’oublie, la mémoire. l’artiste utilise la photographie dans ses installations, car la photographie est pour lui le moyen le plus efficace de rendre tangible le caractère éphémère de la vie. la photographie pour Boltanski comporte la mort, ce qui n’existe plus ce qui a disparu, tel un caractère transitoire de la vie. la photographie dans le travail de Boltanski fait aussi référence au temps qui passe. Prenons l’exemple de « La réserve  ». Boltanski présente huit photographies noir et blanc représentant des visages d’enfants anonymes, ces huit photographies proviennent de photos de groupes découpées puis agrandies. les enfants ont un aspect fantomatique dû à l’agrandissement qui floute quelque peu les portraits et aussi aux forts contrastes qui creuse nt les yeux et les sourires des enfants. Ces photographies sont surplombées d’un faible éclairage produit par des lampes centrées au dessus de

chaque portrait. les photographies sont adossées et posées sur le mur crée par des boites de biscuits métalliques entassées. Son œuvre à un côté très minimal. il utilise une organisation simple avec peu de matériaux, il évoque la Shoah avec beaucoup de retenue. il ne montre pas directement les enfants de la Shoah, la mort ou la souffrance. il ne montre pas les camps de concentration. il suggère et c’est là toute la force de son travail. il procède par métaphores, comparaisons. ici, les boîtes forment un mur et évoquent l’idée d’enfermement dans les camps de concentration. ici, les huit photographies floues, photographiées, rephotographiées et agrandies représentent, par l’anonymat et la non-possibilité d’identification tous les enfants décédés de la Shoah et donc la mort et le rapport au temps. l’usage de la photographie est pour Boltanski une puissante métaphore de l’absence, un substitut de la personne photographiée et affirme qu’elle n’est pas/plus là. Dans le même temps, une photo rend présent l’absent. elle le rappelle à

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notre mémoire. Boltanski souhaite que nous nous rappelions de ces enfants. Ce qui est étrange dans l’oeuvre de Boltanski est son approche, son utilisation et son traitement de la photographie. le fait de traiter les photographies afin que les portraits ne soient plus reconnaissables et deviennent fantomatiques représentant ainsi l’ensemble des enfants victime de la Shoa et non des individualités, le fait qu’il nous renvoie à notre mémoire collective face à un sujet difficile de notre passé commun : « la Shoah ». L’étrangeté est alors créee par la puissance et l’efficacité des suggestions et métaphores que créent les photographies dans l’installation et dans notre mémoire. Ce rapport au temps, au passé et la retranscription de la mort ayant pout but de ne pas oublier et de garder dans la mémoire collective ces enfants disparus pendant l’Holocauste.

«LES ENFANTS SUR LA PHOTO, JE NE LES CONNAIS PAS, ILS NE SONT PLUS LÀ, CAR MORTS, DISPARUS , GRANDIS, CHANGÉS»

CHriStian BoltanSKi

la reSerVe,1991

la reSerVe of DeaD SWiSS 1990


L’IMAGINAIRE

nous verrons dans cette troisième et dernière partie comment l’étrange dans la photographie s’est emparé de l’imaginaire à travers divers principes, artistes et oeuvres. nous nous questionnerons sur les diverses sensations, émotions et états d’âme que l’imaginaire peut déclencher ainsi que sur les diverses réflexions et questionnement qu’il suscite. on remarque que le rêve et l’imaginaire font partie intégrante de chacun de nous.plus ou moins développé l’imaginaire nous permet de produire des images ou des représentations plus ou moins détachées de ce qui est défini comme la réalité. nous verrons comment ce principe existe dans la photographie. la photographie, outil permettant de retranscrire la réalité est aussi capable de l’utiliser, de la transcender, de la magnifier, de créer des univers inquiétants, poétiques et oniriques dans le but de réveiller nos émotions, nos états d’âme et de renvoyer à notre imaginaire. paul Den Hollander utilise le réel et le transcende, dépassent ainsi la réalité

dans ses photographies aux allures surréalistes. il photographie des paysages de bords de mer et grâce à son cadrage, ses lignes harmonieuses et ses humains aux allures fantomatiques, créer un univers mystérieux dans le but de faire plonger le spectateur dans son imaginaire personnel. À l’inverse, evgen Bavcar photographe aveugle utilise l’outil photographique afin de créer un reflet visible de son miroir intérieur, la représentation de son imaginaire. À travers ses photographies il crée une démarche philosophique et conceptuelle autour de la vision et du principe de réel que la photographie est censée montrer, mais qui s’avère en réalité de multiples formes. edven Bavcar à pour but de déclencher chez le spectateur une réflexion sur le sens réel de voir, percevoir et montrer. Ce qui met le spectateur dans une position et une réflexion singulière personnelle et étrange. De plus la photographie de edven Bavcar est très onirique et fait des références au surréalisme et est aussi propice à laisser parler son imaginaire.

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Sarah Moon est une photographe travaillant principalement sur l’enfant et l’imaginaire. Nous verrons à travers l’exemple des illustrations du conte de Perrault «le petit chaperon rouge» la relation qu’elle créée à l’imaginaire. Sarah Moon revisite un conte de l’enfance et appelle ainsi notre imaginaire enfantin. Elle modernise le conte pour le lier aux problèmes modernes et donc nous renvoyer à l’imagerie collective moderne. Elle n’hésite pas à placer le spectateur dans une certaine dureté, une ambiance inquiétante par le contraste de ses photos et à suggérer les connotations sexuelles du conte afin de réveiller l’imaginaire personnel du spectateur.


SARAH MOON

À travers l’exemple de Sarah moon et de ses illustrations photographique, nous verrons comment l’étrange est introduit par le biais du conte basé sur notre imaginaire collectif. Dans un premier temps on remarque que les photographies sont en noir et blanc avec un contraste fort, et très peu de nuances de gris. Ce contraste donne aux photographies une certaine dureté qui plonge le spectateur dans une ambiance étrange, loin du monde enfantin. la petite fille n’a pas l’air sereine, la luminosité amène la couleur blanche sur la petite fille et la met en valeur. La couleur rouge n’apparaissant pas dans le livre, permet aux jeunes filles une identification plus facile au personnage principal.. on constate aussi une certaine modernisation du conte de perrault par Sarah moon. par exemple, le loup ne traque pas la petite fille dans la foret, mais au volant d’une voiture dans la ville. À travers ce cliche on peut imagine que Sarah moon met en garde les petites filles suivies par les voitures. la photographie de Sarah moon

apporte un réalisme troublant, mais aussi plein de connotation comme sur la dernière photographie ou l’on peut voir un lit encore chaud avec des draps froissés. on peut donc supposer que l’album s’appuie sur l’aspect sexuel du conte. l’étrangeté dans cette série de photographie est introduite par plusieurs points. le premier point est la façon dont Sarah moon construit une relation entre le sujet le photographe et le spectateur s’apparentant à la relation spectateur conte et conteur. Dans un second temps la réinterprétation que fait Sarah moon du conte en le modernisant et en le liant à nos problèmes modernes (les gens qui suive les filles en voiture) et au fait que Sarah moon base l’album sur l’aspect sexuel du conte à travers des connotations. À travers sa technique (contraste fort, peu de niveaux de gris) elle place le spectateur dans une certaine dureté, une ambiance inquiétante, elle joue avec l’imaginaire collectif et l’imaginaire de chacun allant jusqu’à mettre le spectateur dans un milieu hostile pouvant même, selon la prise de vue,

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donner au spectateur l’impression d’être le loup qui espionne la fille. C’est l’ensemble de ces points qui rend la série de photographie étrange et trouble le spectateur. Sarah moon modernise le conte, le base sur son aspect sexuel créé une ambiance étrange par le point de vue et la technique de réalisation. elle joue sur l’imaginaire et l’enfance (ses thèmes de prédilection). À travers ses photographies elle offre une nouvelle vison de ce conte tout en jouant sur l’imaginaire collectif du conte et des problèmes moderne actuel tout en laissant par la poésie des ses clichés une grande et libre place a l’imaginaire enfantin du spectateur.

aUtoportrait

«JE NE RECONNAIS PAS MES PHOTOGRAPHIES COMME DES ENFANTS, PLUTÔT COMME DES MOMENTS QUI NE REVIENDRONT PAS MAIS QUI NE S’EFFACERONT PLUS.»

illUStration DU Conte


EDVEN BAVCAR

Voyons ici comment evgen Bavcar utilise l’imaginaire dans sa photographie et ce qui la rend étrange. evgen Bavcar est devenu aveugle vers 12 ans, il commença la photographie d’art 4 ans plus tard. evgen Bavcar dépend des autres, les médiateurs qui lui décrivent ce qui se trouve devant lui. la photographie numérique est pour lui un allié pratique par l’autofocus, mais aussi un allié théorique, car il enregistre une image immatérielle a l’inverse de la photographie à pellicule qui fixe l’image par la matière sensible de la pellicule, à la manière de la rétine. la démarche artistique d’edvgen Bavcar est avant tout philosophique et conceptuelle. les portraits et le nu sont chez edvgen Bavcar des fondamentaux, car ils correspondent à des situations philosophiques et psychanalytiques fortes : comme le regard, qui ici est à sens unique (du modèle vers un oeil photographique sans vision). Ses photographies sont souvent des images nocturnes ou la lumière et l’ombre, (les données fondamentales de l’image)

sont mises en valeur par l’usage du noir et blanc. edven Bavcar conçoit la photographie comme le reflet visible de son miroir intérieur et de son l’imaginaire qui renvoient à notre miroir intérieur et à notre imaginaire. les thèmes intemporels et oniriques empruntent leurs références au surréalisme (les hirondelles de magritte, la surimpression comme les cadavres exquis). C’est ce qu’il appelle le troisième oeil, un regard qui désire l’image au point de vouloir la posséder sans pour autant avoir le besoin de la voir physiquement. Ce qui rend la photographie étrange et surprenante chez edven Bavcar est déjà la notion de photographe aveugle, mais surtout sa problématique artistique qui s’inscrit dans une démarche philosophique et conceptuelle sur notre vision entre ce que nous voyons et ce que les autres perçoivent ainsi que sur l’imaginaire du photographe qui nous renvoie à un miroir intérieur de lui même à travers le reflet visible de la photographie. Ce même reflet visible nous renvoie à notre imaginaire par son rendu intemporel et onirique et

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par la problématique qu’il crée sur le réel que la photographie est censée montrer, mais qui s’avère en réalité de multiples formes, car chacun de nous a une hiérarchisation et une perception qui nous est propre. la beauté de l’image n’est pas la priorité ici, même si elle est une composante indéniable de ses oeuvres. l’objectif premier d’edven Bavcar est de déclencher une réflexion sur le sens réel de voir percevoir et montrer. Ce qui met le spectateur dans une position et une réflexion singulière personnelle et étrange.

aUtoportrait «JE PHOTOGRAPHIE CE QUE J’IMAGINE, JE SUIS UN PEU COMME DON QUICHOTTE. LES ORIGINAUX SONT DANS MA TÊTE. IL S’AGIT POUR MOI DE FRABRIQUER UNE IMAGE MENTALE, L’ENREGISTREMENT PHYSIQUE QUI REPRÉSENTE LE MIEUX CE QUE J’IMAGINE.»

GenÈVe aVeC l’aiGle

nU À la lanterne

portail aVeC HironDelleS


momentS in time 1972 – 1979

«J’ÉVOLUE DANS LE MONDE PHYSIQUE, QUOTIDIEN ET J’ATTENDS QU’IL SE PASSE QUELQUE CHOSE QUI ME PARLE,QUI ME TOUCHE.J’OBSERVE ET, DANS CES LIEUX TOURISTIQUES DE BORD DE MER, JE PURIFIE LE CADRE, J’ARRIVE À L’ESSENCE DE CE QUI EST VRAIMENT IMPORTANT POUR MOI»


PAUL DEN HOLLANDER

momentS in time 1972 – 1979 paul den Hollander est connu pour ses paysages touristiques en bord de mer, son univers composé de son cadrage pointu, ses lignes harmonieuses et ses humains fantomatiques ou l’on retrouve des inspirations de magritte, Delvaux et Chirico. le travail de paul Den Hollander est étroitement lié à l’abstraction, au surréalisme et au réalisme sans être rattaché à aucun de ces mouvements. Ses photographies jouant avec l’ombre et la lumière rendent ces photos mystérieuses et énigmatiques et se rapprocheraient donc plus du surréalisme. elles transcendent la simple transcrip-

tion du réel, dépassent la réalité. les oeuvres de paul den Hollander réveillent nos émotions, nos états d’âme et nous laissent à travers la magnification du réel plonger dans les abysses de notre imaginaire. le fait que paul Den Hollander arrive à dépassé la réalité et à transcender le réel, crée chez le spectateur un questionnement sur la réalité de la photographie. la photographie peut alors paraitre étrange tout comme le fait qu’elle nous renvoie directement à notre imaginaire et permet une très libre interprétation selon les sentiments et les états d’âme que les photographies créent chez le spectateur.

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CONCLUSION

nous avons constaté à travers les oeuvres et artistes présentés que chacune des catégories a différentes façons, volontaires ou non, d’exprimer l’étrange. le voyeurisme s’exprime par la démonstration de personnes hors du commun à la maniere de Diane arbus et suscite des questionnements sur l’identité de chacun tout en étant un appele à la différence. il peut aussi à travers l’oeuvre de nan Goldin nous montrer l’intensité de la vie et la déchéance des mondes parallèles qui nous entourent à travers la vie de nan Goldin qui nous offre cette ouverture voyeuriste sur sa vie et qui suscite une réflexion sur les limites de notre vision de la société. où, comme Koos Beukrel qui à travers sa série «faire face» est voyeuriste par sa démarche et met, de fait, le spectateur en voyeuriste de personnes rescapées, et/ou en réinsertion, tout en nous montrant leurs failles, leurs blessures, dans l’idée de créer une réflexion sur l’apprehension de la différence. Saudek lui crée le voyeurisme en

montrant l’immontrable et en basant sont travail sur l’idée d’habillé/nudité qu’il travail sans pudeur ni retenue. il nous propose, à travers le voyeurisme, de jouer avec nos désirs en prenant plaisir à voir ce qui d’habitude nous dérange. manuel alvarez Bravo, pour sa part, réalise des clichés jouant sur notre imaginaire. À travers ses photographies voyeuristes il réveille et appelle notre imaginaire à créer la narration, nous rendant d’autant plus voyeuristes par l’envie d’en savoir plus et de créer la suite. antoine D’agata lui photographie des personnes n’ayant pas ou plus accès a la dignité humaine tels que les toxicomanes ou encore les prostitués. le voyeurisme est crée par le fait qu’il est lui même acteur dans ses photos, qu’il soit parti pris de son oeuvre. il place alors le spectateur en voyeur de sa vie et d’un monde qu’il connaît et qui peut le troubler, le choquer. Dans le but honnête de montrer et témoigner de territoires complètement délaissés, mal compris ou réduits à une dimension totalement caricaturale. le voyeurisme qui peut rendre étrange

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la photographie ne s’arrête donc pas à la simple vision de l’intimité à travers le sexe, la souffrance, et le hors du commun. Il montre, dénonce, crée des émotions et des désirs et offre de nouvelles visions de notre société tout en nous proposant une réflexion sur notre identité, notre moi intérieur, notre place, vision et ouverture sur la société. Le temps, la mort et le passé ont eux aussi diverses formes, sens et but dans l’étrange dans la photographie. Frieke Janssens introduit l’idée de vanité et de mort à travers l’opposition entre symbole de la vie et symbole de la mort renvoyant à l’éphémérité de chacun. Opalka lui travaille directement avec le temps et l’attente de la mort. À travers son oeuvre il propose de nous montrer, de façon neutre, les effets du temps sur lui et de créer une réflexion en nous sur le temps qui passe et l’éphémérité de notre passage comparé au temps passé. Boltanski lui, utilise la mort et le passé à travers ses métaphores et suggestions photographiques dans le but de réveiller la mémoire collective de chacun sur un

événement passé, difficile : la Shoah. On constate donc que le temps ,la mort et le passé s’expriment à travers l’étrange dansl la phototographie de diverses manières; la vanité, la vision du temps qui passe, les métaphores et la suggestion, dans différents buts comme réveiller la mémoire collective et crée diverses réflexions sur l’éphémérité de la vie, notre passage et sur sa dimension dérisoire comparer au temps qui est passé, qui passe et qui passera malgré nous. L’étrange dans la photographie peut aussi s’exprimer à travers diverses formes dans l’imaginaire. Il peut, comme les oeuvres d’Edven Bavcar, être un reflet de son imaginaire (à lui) et créer de ce fait une réflexion étrange, conceptuelle et philosophique sur l’idée du sens réel de voir percevoir et montrer. Il peut aussi à l’image du travail de Sarah Moon sur le conte de Perrault utilisé l’imaginaire collectif, personnel et enfantin de chacun afin d’illustrer, moderniser, un conte connu de tous.

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Créant une ambiance étrange par le point de vue et la technique et laissant libre court a notre imaginaire à travers la poésie de sa photographie. Paul Den Hollander est un photographe qui transcende la réalité, la magnifie et créer chez le spectateur un questionnement sur la réalité de la photographie. La photographie peut alors paraitre étrange tout comme le fait qu’elle nous renvoie directement à notre imaginaire et permet une très libre interprétation selon les sentiments et les états d’âme que les photographies créent chez le spectateur. On s’aperçoit à travers les oeuvres et artistes présentés que ces catégories sont intimement liées. En effet, dans le voyeurisme, on retrouve des appeles à l’imaginaire comme la quête de réponse que l’on peut avoir face aux photographies de Diane Arbus ou encore de Manuel Alvarez Bravo. Le voyeurisme peut aussi travailler avec la mort comme dans la photographie de Jan Saudek ou de Nan Goldin. Dans le temps, la mort et le passé on retrouve l’imaginaire comme dans

la photographie de Frieke Janssens à travers la métaphore et la symbolisation de la mort ou encore dans l’oeuvre de Boltanski, qui à travers l’imaginaire réussi a réveiller la mémoire collective. On retrouve aussi l’idée de voyeurisme à travers l’oeuvre d’Opalka qui nous permet de voir les effets du temps sur lui. Enfin, dans l’imaginaire on retrouve aussi un aspect voyeuriste comme dans la connotation sexuelle du conte qu’évoque Sarah Moon. On peut aussi retrouver l’idée de mort et de temps à travers les personnages fantomatiques des photos de Paul Den Hollander. Les photographes peuvent être parfois acteurs de ce sujet ou de cette photographie étrange comme Antoine D’Agata, Roman Opalka ou encore Nan Goldin. Acteur ou capteur d’étrangeté ils ont tous réussi à donner au spectateur une représentation personnelle au mot étrange sans que ce ne le soit forcement pour eux. Certains, travaillant sur le côté surprenant, d’autre sur le côte poétique, dérangeant, mais encore le choquant ou le marquant. Leur réalisation « bizarre  » témoigne

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d’une volonté de partager leurs univers, leurs songes, leurs vies, mais surtout leur questionnement, afin de nous faire part de leur réalité, de leur vision du monde, de leur vision des choses, parfois même dans le but de réveiller les consciences, dénoncer une cause, mettre a jour et franchir les sujets tabous, car étrange ou non, la photographie reste une capture d’une certaine réalité, d’une certaine vision de notre société ou de notre condition humaine. L’étrangeté est relative. Ce n’est pas une valeur absolue et surement pas close et définitive, l’étrange est en perpétuel mouvement et varie selon les uns et les autres. Il est fort probable que pour la majorité des photographes et artistes évoqués, leurs photographies leur paraissent ou leurs ont paru, certes, différentes de ce qui se faisait, en décalage de la société formatée par la photographie banale, mais ne devait pas leur paraitre étrange, car l’étrange ne reste qu’un sentiment, une impression, une peur et un désir caché de voir l’inhabituelle et le différent, ceci variant selon chaque

personne. Mais l’étrange n’est que différent, rien de plus. L’étrange ne serait-il donc qu’un terme pour illustrer la différence ? Pour mettre un nom sur ce que nous ne sommes pas habitués et prêts à voir ? Quoi qu’il en soit la photographie a la capacité de fixer les instants, de rendre compte d’une réalité de manière plus ou moins fidèle, mais la photographie est intemporelle, ce qui nous laisse le temps de nous habituer à leur vison du monde et a notre appréhension de le voir d’un autre oeil.

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BIBLIOGRAPHIE & SITOGRAPHIE

la subversion des images // Centre pompidou manuel alvarez Bravo // photopoetry // Schirmer./mosel la chambre clair // roland Barthe // edition du Seuil Une histoire de l’art du XXe siècle // Bernard Blistène // Beaux arts éditions psychopathologie de la vie quotidienne // Sigmund freud // Bibliothèque payot ice // antoine D’agata // images en manoeuvre le petit Chaperon rouge // perault // Grasset Jeunesse

http://www.galerie-photo.com/joel-peter-witkin.html http://diane-arbus-photography.com/ http://parfumdelivres.niceboard.com/t6421-diane-arbus-photographe http://www.saudek.com/en/jan/fotografie.html?r=1976-1980&typ=f&l=0 http://noirbazar.forum-actif.info/t1036-jan-saudek http://photonumerique.codedrops.net/spip.php?article35 http://www.ac-grenoble.fr/college/rdesnos/IMG/pdf_HIDA_3oRoman_Opalka.pdf http://www.manuelalvarezbravo.org/ http://fr.wikipedia.org/wiki/Sarah_Moon http://www.photographie.com/event/subtiles-trangets http://www.boumbang.com http://www.pauldenhollander.nl/index.html http://artistiquementvotre.blog.lemonde.fr/2012/11/14/subtiles-etrangetees/ http://artspla-site-austral.ac-reunion.fr/IMG/pdf/diaporama-CHRISTIAN-BOLtanSKi-2.pdf http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2010/09/09/lempathie-du-portrait-koos-breukel/

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Letrange dans la photographie  

Mémoire Afin de valider ma matière histoire de l’art pour le BTS j’ai du réaliser un mémoire sur un thème libre. J’ai choisi : l’étrange d...

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