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ACTUROUTES - The Review

Editoroute - Le Sommaire

Plaidoyer pour les routes rurales... isolées et oubliées

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L’Editoroute

Par BARTHELEMY KOUAME

3 * Plaidoyer pour les routes rurales... isolées et oubliées * Advocacy for rural roads... isolated and forgotten

La Grande Avenue

4 * Routes et transports pour transformer l’agriculture en Afrique * Sénégal : Le TER et la nouvelle ville 5 * La route en Inde: Réseau XXL… de 4,8 millions km * Les ports en Afrique : Quelle alliance pour l’agriculture ? 6 * Kigali :la route révèle le renouveau de tout un pays

La Station

7 * ARB-Trophée Babacar Ndiaye :Les Présidents Kagame et Sall sur le podium * Petites blagues d’agriculteurs

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Barthelemy KOUAME rencontrant le président de la BAD, M. ADESINA

’Afrique a-t-elle une politique de mobilité en zone rurale ? Les déclarations de bonne intention ne manquent pas. Les faits, eux, évoluent peu. En Afrique, il est de notoriété que la route manque, et que la route rurale manque encore plus. Pas de chiffre actualisé pourtant. Ne serait-ce que pour connaitre avec exactitude l’état de la situation afin d’appliquer les programmes qui conviennent. Volonté de maintenir les zones rurales dans l’isolement longtemps ou simple oubli? On penchera plutôt pour la seconde hypothèse. Parce que nul n’a intérêt à ce que perdure l’enclavement. «Le désenclavement crée une dynamique socio-économique nouvelle… Lorsque les infrastructures requises pour permettre cette mobilité manquent, sont insuffisantes ou sont d'une praticabilité sélective selon les saisons, les produits agricoles ne peu-

vent pas être facilement commercialisés », expliquait dans sa thèse en 2006 un étudiant togolais en année de DEA. Pour le résumer, on ne peut pas «transformer l’agriculture» en Afrique et «créer de la richesse» sur le continent si les produits agricoles ne peuvent pas être vendus. Les Assemblées Annuelles de la BAD, en ce mois de mai 2017, donnent l’occasion de faire un état des lieux sans complaisance. Pour envisager des solutions durables. Les routes, l’Afrique sait les faires. Elle en a les moyens ou sait en trouver. Ce qu’il faut, avant tout, c’est la volonté d’avoir des routes en zone rurale. La volonté d’avoir des routes et des transports qui permettent d’optimiser les prix de vente des produits agricoles.

L’Editorial de Barthélemy KOUAME barthelek@acturoutes.info

Advocacy for rural roads... isolated and forgotten

Does Africa have a mobility policy in rural areas? There is no shortage of good intentions. The facts, however, evolve little. In Africa, it is notorious that the road is missing, and that the rural road still lacks more. No updated figures yet. If only to get an accurate picture of the situation in order to implement the appropriate programs. Willing to keep rural areas long in isolation or simple forget? Rather, the second hypothesis will be considered. Because no one has any interest in the continuation of the enclavement. "The ope-

ning-up of the land creates a new socio-economic dynamic ... When the infrastructures required to allow this mobility are lacking, insufficient or are selectively practicable according to the seasons, agricultural products can not be easily marketed", explained in his thesis in 2006 a Togolese student in Master of Advanced Studies. to summarize, one can not "transform agriculture" in Africa and "create wealth" on the continent if agricultural products can not be sold. The Annual Meetings of the AfDB, in May 2017, gives

the opportunity to make an inventory of the situation without complacency. To envisage sustainable solutions. Africa knows how to build roads. It has the resources or knows how to find them. What is needed first and foremost is the desire to have roads in rural areas. The desire to have roads and transport that make it possible to optimize the already weakened selling prices of agricultural products. The Editorial of Barthélemy KOUAME barthelek@acturoutes.info

LE MAGAZINE AFRICAIN DE LA ROUTE ET DES MOBILITES

La Jonction

8 * Abidjan – Lagos et Kampala – Kigali : Des couloirs vers le développement * Transfert de technologie de transport: Les agences routières d'Afrique australe font le point en Zambie 9 * Réunions de printemps du FMI :Quelles perspectives pour les infrastructures en Afrique ? * Transport urbain :L’ICA commande une étude pour aider les gouvernements à surmonter les défis

Place Entreprises

10 * Aéroport de Marrakech : L’appui de la BAD à un «ouvrage impressionnant» * Rail : Tout pour transformer l’Afrique de l’Est 11 * Systèmes de Transports Intelligents :L’Afrique s’organise * Intelligent Transport System : Africa is organizing

One Way - Tribune & Opinions

12 * Agriculture, routes et transports Des actions combinées pour transformer l’Afrique La Tribune de Babacar Ndiaye * Agriculture, roads and transport : Combined actions to transform Africa The Tribune of Babacar Ndiaye

Déblayage

13 * Inde : Le développement des routes soutient l’agriculture

Les Brèves

14 * Fonds Africa50 : Le Kenya prend la direction des operations * Koweït : un pont de 36 km pour relancer la route de la soie * Pont de Rosso entre la Mauritanie et le Sénégal : Promotion de l'intégration régionale * Kochi : Le métro aérien * Ouganda : Le premier bus solaire d'Afrique bientôt sur les routes

Prochain Arrêt

15 * Le 12e congrès européen des Systèmes de Transports Intelligents * Africa Rail 2017 * 2e Edition des AFRICA ROAD BUILDERS

ACTUROUTES - The Review LE MAGAZINE AFRICAIN DE LA ROUTE ET DES MOBILITES est édité par REELCOM Administration-Rédaction-Service Commercial : Abidjan-Cocody (Côte d’Ivoire) 01 BP 3378 Abidjan 01. Tel : (+225)22502115 / (+225)07982457 Directeur Général Barthélémy KOUAME barthelek@acturoutes.info

Directeur des Rédactions Célestin KOUADIO c.kouadio@acturoutes.info Rédacteur en chef KONE Soungalo k.soungalo@acturoutes.info

Site web : www.acturoutes.info e-mail : info@acturoutes.info

N° 03 - Mai 2017


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La Grande Avenue

Routes et transports pour Transformer l’agriculture en Afrique

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La transformation de l’agriculture en Afrique viendra, pour beaucoup, de la transformation de la route. omment acheminer les que ceux d'autres régions. Consé- grosses pertes après récolte. Au Cameproduits agricoles vers les quence, l’agriculture africaine ne roun, 40% de la production annuelle de ports ou les marchés sans représente que 5 % du commerce mon- banane plantain est perdue faute de routes praticables en tous temps dial. Alors que l’Afrique dispose routes… En Ethiopie, 70 % de la popu? C’est l’équation que doit résou- d’énormes potentialités pour accroître lation n'a pas accès à des routes pratidre la quasi-totalité des produc- et développer son secteur agricole et en cables par tout temps. teurs africains. faire un moteur de la croissance écono- Confrontée aux mêmes problèmes, la Au cours des rencontres au sommet, officiels, experts et autres partenaires au développement déplorent le mauvais état et le déficit chronique des infrastructures routières en Afrique. Dans une analyse détaillée de la Banque mondiale intitulée «Etude diagnostique des infrastructures nationale en Afrique», on relève notamment : «l’Afrique a moins du quart des kilomètres de routes revêtues des autres régions en développement. En raison de l'insuffisance des infrastructures, le coût des transports de marchandises en Afrique est, il va sans dire, l'un des plus élevés du monde. Les produits africains sont donc moins compétitifs

mique». Il faudra maîtriser ce que Donald Kaberuka, l’ancien président de la BAD, appelle la «distance économique». Supprimer cette distance est «une question vitale », soutient-il.

“40% de la production de banane perdue”

En Afrique aujourd'hui, 85 % des routes secondaires rurales sont en mauvais état et ne peuvent pas être empruntées pendant la saison des pluies, selon les rares estimations. Ce manque de routes praticables ou de réseaux de chemin de fer entrave l’acheminement des produits agricoles des zones de productions vers les marchés et occasionne de

Côte d’Ivoire a entamé en 2015 un projet de réhabilitation de 5.800 km de route dans 8 régions sur 4 ans, pour faciliter l’accès aux principales zones de production de 5 filières notamment le cacao. Ce projet vise aussi à améliorer « l’accès aux marchés des petits producteurs ». Des estimations indiquent qu'il faut entre 18 et 25 milliards de dollars par an pour disposer d'infrastructures dignes de ce nom en Afrique. Le continent n'investit pour l'instant que 5 milliards de dollars chaque année. KONE Soungalo k.soungalo@acturoutes.info

Sénégal : Le TER va changer Dakar

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n nouveau mode de transport se prépare au Sénégal, le Train Express Régional, (TER) mobilise les attentions : gouvernement, entreprises (publiques et privées), institutions internationales et autres bailleurs de fonds. C’est que le projet est

classé de première importance dans la vision des autorités, consignée dans le Plan Sénégal Emergent (PSE). En décembre dernier, le président Macky Sall a donné le coup d’envoi des travaux dont le terminus est attendu pour 2018, avec la livraison d’un premier tronçon de 36 km sur la cinquantaine prévue. Selon la BAD qui a participé à l’étude d’impact environnemental, « l’objectif est de contribuer au réaménagement et au rééquilibrage de l’espace urbain dans la capitale en vue de l’atteinte du niveau de croissance du PIB tel que définie dans le PSE ». La fin justifiant les moyens, ce sont plus de 147

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milliards de francs CFA qui sont engagés. Ainsi, le TER viendra contribuer à la dynamique du nouveau centre urbain qu’entend être Diamniadio, et transformer Dakar en une grande métropole. D’autant plus que le projet TER entend être combiné à terme avec celui de Bus Rapide Transit (BRT). Un réseau de bus à voie dédiée. Sans oublier les correspondances que le TER veut créer avec les autres modes de transport collectifs déjà existants : bus, «cars rapides», taxis et «petit train de Banlieue (PTB)». B. KOUAME barthelek@acturoutes.info

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La Grande Avenue

La route en Inde Un réseau XXL ...de 4,8 millions km

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L’Inde a exécuté un ambitieux plan de modernisation des infrastructures routières.

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constante du réseau. Selon l’Association des gestionnaires et partenaires africains de la route ( AGEPAR ) la densité du réseau routier africain est la plus faible au monde : 7 km pour 100 km2, contre 12 km en Amérique latine et 18 km en Asie. Toutefois ce réseau connait des fortunes diverses en fonction des régions et des pays. Par exemple, cette densité est de 2,2km pour 100 km2 en Afrique centrale. Conscients de ce retard préjudiciable, Chacun des pays africains développe des initiatives. A tire d’exemple, le ministère ivoirien en charge des routes, a annoncé en septembre dernier que d’ici 2020 la Côte d’Ivoire qui dispose de 232 km d’autoroute et environ 6500 km de réseau bitumé, va doubler le volume de son réseau de voies revêtues pour le porter à 13 000 km. Même si la plupart des pays africains ont pris désormais conscience de l’importance de développer un réseau routier moderne et en bon état, la question du financement se pose toujours avec acuité malgré la politique du Partenariat Public Privé (PPP) et l’intervention d’institutions ou de partenaires tels que la BAD ou la Chine qui, depuis 2012, met à disposition 20 milliards de dollars en faveur des infrastructures.

’Inde et ses partenaires etaient réunis du 03 au 05 mai dans le cadre du “India Integrated Transport & Logistics Summit 2017”. Un sommet qui fait office de bilan et perspectives pour le 2e plus grand réseau routier du monde. Plus de 4,8 millions de kilomètres (les USA en ont plus de 6,5 millions). L’Inde qui vise toujours haut, essaie constamment de corriger ses limites. La densité du réseau routier goudronné indien est moyen (54%). 40% des 750 000 villages ne sont pas desservis par des routes ouvertes toute l’année. Les «autoroutes» nationales concentrent 40% du

trafic alors qu’elles ne couvrent que 2% du réseau. Pour densifier le réseau autoroutier, l'Inde a lancé un grand projet autoroutier baptisé National Highway Development Project (NHDP). Ce projet devrait coûter plus de 19,5 milliards d'euros. Dans la même veine, de nombreuses villes vont bénéficier du programme ambitieux du gouvernement visant à moderniser les infrastructures.

e Douala (Cameroun) à Dakar (Sénégal) en passant par Abidjan (Côte d’Ivoire), les ports africains sont engagés dans de vastes programmes d’aménagements et d’extension visant une amélioration des performances et un accroissement de leur part dans l’économie nationale. Entre 2007 et 2017, pas moins de 50 milliards de dollars ont été investis dans le secteur portuaire africain, selon une étude de l’Agence Française de Développement (AFD). Façades maritimes, les ports sont un atout pour l’exportation des matières premières notamment agricoles, principale source d’entrée de devises pour de nombreux pays africains. Cet atout a ainsi encouragé des politiques d’expansion de cultures agricoles. En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, le port de San Pedro est classé numéro 1 mondial d’exportation de ce produit et joue un rôle moteur dans la dynamique de la production en jouant sur la proximité avec la zone de culture. Les ports performants profitent également aux pays enclavés

comme le Burkina Faso qui fait transiter son de 1 million de tonnes de riz d’Asie, alors que exportation de coton à destination de pays le territoire dispose de conditions favorables d’Europe et d’Asie par le port d’Abidjan (Côte d’Ivoire). Mais l’extension des ports n’est pas sans inconvénients. Les projets expansionnistes au profit du transport maritime s’accompagnent d‘occupation de l’espace notamment pour la réalisation d’infrastructures connexes, routes, chemin de fer… faisant disparaitre des emprises initialement réservées aux cultures agricoles parfois sur le littoral. Au Kenya, le projet d’un nouveau port à Lamu, qui relierait par voie ferrée l’océan Indien au Golfe de Guinée suscite la polémique avec Les ports en Afrique doivent soutenir le les risques de pollution et de spéculation développement de l’agriculture locale. foncière. pour couvrir ses besoins de consommation. Dans le même temps, les facilités d’importa- L’intensité des échanges commerciaux favotion de denrées alimentaires à partir d’autres risée par le port d’Abidjan n’est pas étrangère continents offertes par les ports présentent à ce paradoxe. des risques de retarder les efforts dans le développement de certaines cultures agricoles. Célestin KOUADIO C’est le cas du riz en Côte d’Ivoire. Le pays est c.kouadio@acturoutes.info envahi par une importation annuelle de près

La situation en Afrique

Seulement 2 millions de kilomètres de routes. 28% de ce reseau est bitumé. En Afrique, on assiste à une dégradation

Les ports en Afrique: Quelle alliance pour l’agriculture ?

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KONE Soungalo k.soungalo@acturoutes.info

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La Grande Avenue

Kigali, capitale du Rwanda la route révèle le renouveau de tout un pays

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Kigali, une ville propre qui entend le demeurer. igali. Capitale du Rwanda. Un française venue faire un tournage en pays dont l’évocation du nom ne 2014. Les reporters ont loué abondamlaisse personne insensible. Mais ment les routes, en bon états, propres et aujourd’hui, il s’agit moins ou presque réglementées. «Ici, les piétons traverpas des événements malheureux d’il y a sent sur les passages cloutés. Le casque plus de 20 ans. Le pays a profondément de moto et la ceinture de sécurité en changé, la ville avec. C’est un change- voiture sont obligatoires. Les cyclistes ment positif qui captive désormais l’at- doivent porter des vestes réfléchistention des observateurs. santes… », a-t-elle également écrit. La capitale rwandaise se fait remarquer Les déchets plastiques, communs aux par sa propreté, devenue légendaire. routes africaines, sont inexistants à KiTous ceux qui passent se disent frappés gali comme dans les autres villes du par un constat : la ville est propre et or- pays. Depuis 2006, une loi interdit les donnée. C’est le cas d’une équipe de télé sachets plastiques non bio-dégradables.

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Et cela est suivi, voire encouragé par les populations. Les autorités ont leur voie toute tracée. Devenir « la Singapour d’Afrique » d’ici à 2040. La maquette ne manque pas d’ambition. Une vidéo en 3D situe le niveau de l’engagement des dirigeants. Et pour joindre l’acte…au discours, il a été annoncé fin 2016 l’agrandissement et la modernisation de plusieurs tronçons de routes. Les travaux qui devraient avoir commencé dès le début de cette année portent sur 76 millions de dollar américain. Ces travaux s’accompagnent d’un renouveau presque total du paysage. Avec notamment le déguerpissement de quartiers précaires pour une relocalisation épousant le schéma directeur de la ville. En 2008, déjà, ONU-Habitat avait remis son «Prix d’Honneur à Kigali pour ses efforts d’élimination des taudis et d’amélioration des aménagements urbains». Barthélemy KOUAME barthelek@acturoutes.info

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La Station

Africa Road Builders-Trophée Babacar Ndiaye

Les Présidents Kagame et Sall sur le podium

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SEM. Macky SALL a été choisi notamment pour des projets d'envergure comme le TER (Train Express Régional) et pour le projet du nouveau pôle urbain de Diamniadio, avec une autoroute dont la forme et le mode de gestion sont déjà cités en exemple. Avec le nouveau pôle urbain, le TER qui doit circuler entre le centre-ville de Dakar et Diamniadio a tout son sens. Le Comité de sélection salue pour chaque nominé des projets ambitieux et concrets, qui ont un réel impact sur la mobilité des populations. Le Comité de sélection apprécie le Les deux chefs d’Etats ont été invités à recevoir leurs trophées le 24 mai à Ahmedabad. leadership personnel de ces Casablanca (Maroc), le 20 avril 2017. rapports de médias et d’experts des quesdeux Chefs d’Etat et tient à les féliciter très Après plusieurs mois de travaux, le tions liées aux routes, aux transports et au chaleureusement pour leur vision et leur Comité de sélection de The Africa développement durable. Les rapports utiengagement en faveur des populations. Road Builders a décidé le 18 avril 2017 de lisés, auxquels s’ajoute un sondage auprès Par cette distinction, le Comité de sélecdésigner les Présidents Paul KAGAME et de journalistes spécialistes des questions tion encourage les Présidents Paul Macky SALL, respectivement Président de de développement, portent sur les cinq KAGAME et Macky SALL à faire davanla République du Rwanda et Président de dernières années. tage pour leurs pays respectifs et pour le la République du Sénégal, pour recevoir le SEM. Paul KAGAME a été choisi notamdéveloppement de l’Afrique. ” Super Prix Grand Bâtisseur – Trophée Ba- ment pour l'ordre et la propreté qui caracbacar NDIAYE lors de la prestigieuse cé- térisent les routes de la capitale Kigali. Le Président du Comité de sélection rémonie qui aura lieu à Ahmedabad Dans cette ville, les routes ne sont pas seuAdama WADE (Inde), en marge des 52es Assemblées lement en bon état, elles sont d’une proDirecteur de Publication du Magazine Annuelles de la Banque Africaine de Dé- preté qui ne laisse personne indifférent. Le Financial Afrik Comité voudrait rappeler que la capitale veloppement (BAD). adama.wade@financialafrik.com Le Comité de sélection, mis en mission par Rwandaise a été à juste titre reconnue par le Commissariat Général de The Africa les Nations Unies comme « la ville la plus Road Builders, a travaillé sur la base des propre d'Afrique ».

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Petites blagues d’agriculteurs

es braves paysans ne manquent pas d’humour pour égayer leur vie. Ci-dessous, quelques histoires drôles qu’on a déjà entendues en milieu rural.

* Belle récolte Après une belle récolte, un paysan revient de la ville avec une mobylette transportée par un camion. Pour son 1er tour, il parle ainsi à la moto : « Je vais au prochain village. Tu t’arrêtes dès qu’on y arrive ». Il monte et commence à ronfler, la moto démarre et il ronfle, ronfle et ronfle. Arrivé au prochain village, il continue de ronfler, et il dépasse son lieu d’arrivée. Ne sachant quoi faire, il saute de l’engin en criant : « je t’avais dit que je m’arrêtais au prochain village ».

* Mandat Un paysan a entendu dire qu’un mandat n’est rien d’autre qu’un transfert d’argent

via le fil de téléphone. Alors, voulant expédier de l’argent à son fils en ville, il se met au bord de la route ou passe le câble de téléphone. Il dépose l’enveloppe au pied d’un poteau téléphonique et dit : « fil de téléphone, c’est pour mon fils qui est en ville. Dis-lui que papa l’aime ».

* Levier de vitesse Un jeune cadre décide de faire venir son père chez lui en ville, après la période des travaux champêtres. Sur la route qui sépare la gare de la maison, il marque un arrêt et part acheter des limonades. De retour de la boutique, le vieux lui présente le levier de vitesse en ces termes: «Tiens mon fils. Vous les enfants de maintenant, vous n’avez même pas de force. J’ai enlevé ce qui te fatiguait depuis là ».

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* Paysan baoulé Après un contrôle routier, le policier dit à un paysan baoulé : « vieux, c’est fi-ni ». Le paysan répond : « c’est fi Diabo », en montrant du doigt la direction de son village. En baoulé, « fi-ni » veut dire « tu viens d’où » ?

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Abidjan – Lagos et Kampala – Kigali Des couloirs vers le développement

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La Jonction

Une vue des tracés des deux corridors routiers qui devraient favoriser l’intégration des sous-régions respectives.

es corridors routiers apparaissent de plus en plus comme des outils privilégiés de renforcement de l’intégration sous régionale et de lutte contre la pauvreté.

L’Est et l’Ouest de l’Afrique s’activent en ce moment même avec l’aide de la Banque Africaine de Développement pour mener à son terme les corridors routiers Abidjan-Lagos et KampalaKigali. Objectif, renforcer l’intégration de ces sous-régions et favoriser leur développement. 245 millions de dollars, c’est notamment le prêt accordé par la BAD au Rwanda et à l’Ouganda dans la cadre des corridors routiers reliant ces deux pays enclavés aux ports de Mombasa (Kenya) et Dar es Salam (Tanzanie). Ce prêt va financer la construction d'une autoroute de 24 kilomètres en Ouganda et la réhabilitation de 208

kilomètres de voies routières au Rwanda. D’un coût total de 376,5 millions de dollars, ces infrastructures dont la fin des travaux est prévue pour 20182020, devraient ramener le temps de transit de Kampala à Mpigi ville de transit située près de la capitale ougandaise, d’une heure à 20 minutes. Ce projet devrait permettre par ailleurs d’accroître significativement les flux commerciaux entre le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda, attendus à 2,8 millions de tonnes en 2020 contre 0,8 million en 2014-2015. Quant au projet de corridor AbidjanLagos, vieux d’une vingtaine d’années et dont le traité a été signé depuis mars 2014 entre le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Togo, il vient de connaitre un léger coup d’accélérateur avec la signature du décret portant ratification dudit traité. Long de 1028 km, le corridor Abidjan-

Lagos est un projet phare du Programme d'infrastructures pour le développement de l'Afrique (Pida), adopté par l'Union africaine (UA) en 2012. Il coûtera à terme, la bagatelle somme de 68 milliards de dollars. Dans l’ensemble, ses objectifs ne sont guère différents de ceux du corridor KampalaKigali : promouvoir l'intégration régionale, accroître les échanges économiques et faciliter la mobilité des populations. En 2014, le Nigeria avait déposé 50 millions de dollars pour le démarrage des travaux. Une manière de faire pression sur les autres pays qui traînent le pas. L'ensemble du projet est prévu pour s'achever en 2040.

En effet, le thème de la conférence est: «Lier l'Afrique à travers un développement durable de l'infrastructure de transport». L’un des panels porte d’ailleurs sur «l’adaptation au climat du réseau routier rural», selon le programme indicatif du rendez-vous. A terme, des spécialistes proposeront des solutions pour l’émergence de systèmes intégrés en Afrique, dans un contexte marqué par l’offensive des systèmes de transports intelligents. Initiée par l'Association des agences routières nationales de l'Afrique australe (ASANRA) à travers son Comité permanent du Centre régional de transfert de technologie, la première conférence Africa T2 s’est

tenue en mai (Tanzanie).

KONE Soungalo k.soungalo@acturoutes.info

Transfert de technologie de transport Les agences routières d'Afrique australe font le point en Zambie

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es spécialistes des technologies applicables aux transports se donnent rendez-vous en ce mois de mai 2017 à Livingstone (Zambie) à l’occasion de la 8e conférence africaine sur le transfert de technologie des transports (Africa T2).

L’objectif de ces assises est d’échanger les approches et les expériences sur le transfert de technologie pour une gestion efficace des infrastructures de transport. Les participants vont particulièrement inspecter les combinaisons viables entre transports et développement durable.

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2001

à

Arusha

Célestin KOUADIO c.kouadio@acturoutes.info

Participez aux

Africa Road Builders 2017 Trophée Babacar NDIAYE Le 24 mai à SilverCloud Hotel &

Banquets d’Ahmedabad à 18h45 Confirmez votre présence par email

barthelek@acturoutes.info www.theARBawards.com N° 03 - Mai 2017


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La Jonction

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Réunions de printemps du FMI Quelles perspectives pour les infrastructures en Afrique ?

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A l’issue de ce forum, le secteur privé devrait investir davantage dans les infrastructures routières. n marge des réunions du loppement (BMD) collaborent au mieux tiels, des représentants des Nations printemps du Fonds Moné- avec les États et le secteur privé afin de unies et du G20, ainsi que les dirigeants taire International et du créer des marchés propices aux projets de différentes BMD dont la Banque africaine de développement, Banque Groupe de la Banque Mondiale, d’infrastructures. du 21 au 23 avril, s’est tenu la Les dirigeants des plus grandes BMD asiatique de développement, Banque deuxième édition du forum mon- ont en effet convenu d’intensifier leur européenne pour la reconstruction et le coopération et d’encourager les inves- développement, Banque mondiale. dial sur les infrastructures. tissements du secteur privé dans les inConsacré au thème des infrastructures frastructures vitales pour soutenir une KONE Soungalo durables et inclusives, le Forum mon- croissance économique durable et in- k.soungalo@acturoutes.info dial sur les infrastructures 2017 a per- clusive partout dans le monde. mis d’explorer les voies à suivre pour Organisé sur une journée, le 22 avril, le que les banques multilatérales de déve- Forum a réuni des investisseurs poten-

Transport urbain L’ICA commande une étude pour aider les gouvernements à surmonter les défis planification, de la préparation, de l'or-

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Le projet devrait s’étendre à d’autres villes africaines qui rencontrent le même problème, comme en témoigne cette image de Lagos au Nigéria. u terme de deux ateliers à Addis- villes africains à surmonter leurs défis Abeba (Ethiopie) et à Accra en matière de mobilité urbaine». (Ghana), respectivement les 14 et Cette recommandation est motivée par 22 mars 2017, le Consortium d'infra- les conclusions d’une première étude de structure pour l'Afrique (ICA) a com- diagnostic de projets d'investissement mandé «une étude de grande envergure pour les transports urbains en Afrique afin d'évaluer les possibilités de soute- subsaharienne lancée par l’ICA. Les renir et d'aider les gouvernements et les cherches ont révélé l'importance de la LE MAGAZINE AFRICAIN DE LA ROUTE ET DES MOBILITES

ganisation et du renforcement des capacités pour garantir la pérennité des projets visant à améliorer le transport urbain. Mohamed Hassan, coordinateur du Secrétariat de l'ICA, a déclaré que «l'amélioration de la mobilité urbaine et de l'accessibilité peut apporter d'importants avantages économiques, sociaux et environnementaux. Cependant, la plupart des villes africaines sont mal équipées pour fournir des installations de transport et des possibilités adéquates à leurs résidents actuels ». Les participants aux assises d’AddisAbeba et d’Accra ont pour leur part souligné la nécessité d'améliorer les capacités et les compétences, tout en insistant sur des mesures en vue de réduire les accidents de la circulation impliquant des piétons.

Célestin KOUADIO c.kouadio@acturoutes.info

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Place Entreprises

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Aéroport de Marrakech L’appui de la BAD à un «ouvrage impressionnant»

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Le hall du nouvel aéroport visité en avril dernier par le président de la BAD. 40 millions d’euros, c’est taires pour atteindre 9 millions. L’appui l’aide apporté au Maroc par de la BAD s’inscrit dans le cadre de la la BAD pour le financement priorité stratégique « Intégrer l’Afrique du nouveau et impressionnant » faisant du Maroc un hub aérien de niveau continental, desservant aéroport de Marrakech Le président de la Banque africaine de plusieurs sous-régions du continent. Le développement (BAD), Akinwumi A. nouvel édifice construit dans le respect Adesina a visité en avril dernier cet des normes environnementales s’étend ouvrage qui a su allier modernité et sur une superficie de 57 000m2 pour tradition. Les nouvelles installations une superficie globale de 97 000 m2. A devraient permettre d’augmenter la l’extérieur, une esplanade piétonne avec capacité d’accueil de l’aéroport de 6 mil- des espaces verts et des palmiers, une lions de passagers par an supplémen- allée composée de trois fontaines, un

parking de 1 550 places et une aire de dépose minute ont été aménagés. L’Office national des aéroports (ONDA) qui a cofinancé le projet avec la BAD ambitionne de faire de l’aéroport Marrakech Ménara un véritable atout pour l’attractivité de la ville. KONE Soungalo k.soungalo@acturoutes.info

L’Info continue sur

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Rail Tout pour transformer l’Afrique de l’Est

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Le projet de chemin de fer est-africain a été mis sur les rails fin 2013.

n grand chemin de fer estafricain qui reliera Mombasa (Kenya) à Kigali (Rwanda) en passant par Nairobi (Kenya) et Kampala (Ouganda) est en chantier depuis quelques années. Tronçon par tronçon, les travaux avancent.

14 milliards de dollars c’est le coût de ce vaste projet d’intégration portant sur la construction de 2000 kilomètres de voies ferrées. Sommets après sommets, les chefs d’Etat de l’Afrique de l’Est construisent cet outil dans le cadre du projet d’intégration du corridor nord qui devrait transformer résolument le

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paysage et les échanges commerciaux en Afrique de l’Est. Ce projet de chemin de fer est-africain a été définitivement mis sur les rails fin 2013 avec le lancement officiel de la construction de la ligne de chemin de fer Mombassa (Kenya)-Malaba (frontière entre le Kenya et l’Ouganda). Quant à la construction de la ligne de chemin de fer Mombasa – Kigali, elle avance. Ce chantier a démarré après la signature d’un accord de financement entre le Kenya, le Rwanda, le gouvernement ougandais et la banque chinoise Exim Bank. La China Road and Bridge Corporation, en charge des travaux s’est engagée à achever la construction de cette imposante ligne est-africaine en 2017. KONE Soungalo k.soungalo@acturoutes.info

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Systèmes de Transports Intelligents L’Afrique s’organise

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faire pression, et promouvoir le déploiement d'un programme efficace de systèmes de transports intelligents sur le continent », d’un système de gestion des autoroutes et des incidents sur les principaux itinéraires autour des régions métropolitaines. Développement d’une vision de transport multimodal intelligent ou développement d'une application de gestion du trafic en temps réel pour Lagos constituent autant d’exemple de l’utilisation des ITS. Même s’ils prennent le train en marche, les autres pays africains s’activent. A titre d’exemple, le 24 février dernier s’est tenue à l’hôtel Palm Club d’Abidjan la cérémonie de lancement officiel de l’AssociaEn Côte d’Ivoire, Ibrahima Koné (président, à gauche) et Romain Kouakou (au centre) tion ivoirienne pour le développesensibilisent les acteurs aux côtés des autorités publiques pour développer les ITS. ment des Systèmes de transports ’Afrique ne veut pas être en au domaine des transports. Depuis au intelligents. Dans la foulée, les 11 et 12 marge de la numérisation moins 23 ans, les acteurs mondiaux des avril 2017 se sont tenues les premières du transport ou de la ITS s’organisent « pour mieux maîtri- « Rencontres de la mobilité intelligentes création de systèmes de ser ce secteur et le développer au profit » en Côte d’Ivoire. Ces rencontres ont transports intelligents (ITS). Elle de leurs business et de la société en gé- eu lieu autour de la visite d’un groupe s’organise pour jouer sa néral ». C’est tout dire. Le retard de d’entreprises françaises des ITS en terre partition. Même si le retard en la l’Afrique est donc manifeste. L’Ethiopie, ivoirienne. ITS Côte d’Ivoire est dirigé matière est criant. l’Afrique du sud et le Nigeria regroupés par Ibrahima Koné, DG de Quipux Intelligent Transport Systems ou Sys- au sein de ITS Africa font tout de même Afrique. tèmes des Transports Intelligents sont office de pionniers en Afrique et ont une les nouvelles technologies de l’informa- longueur d’avance sur les autres pays. KONE Soungalo tion et de la communication, appliquées La mission de ITS Africa « consiste à k.soungalo@acturoutes.info

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Intelligent Transport System Africa is organizing

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African actors are beginning to familiarize themselves with these logos.

frica does not want to be outside of digitalization of transport or creation of intelligent transport systems. She gets organized to play her role. Even if the delay on the subject is striking.

Intelligent Transport Systems are the new information and communication technologies, applied to the field of transport. For at least 23 years, global

players in ITS have organized themselves "to better control this sector and develop it for the benefit of their business and of society in general". The delay of Africa is therefore obvious. Ethiopia, South Africa and Nigeria grouped within ITS Africa are still pioneers in Africa and have a head start on other countries. ITS Africa's mission is "to lobby and promote the deployment of an effective Intelligent Transport System program on the

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continent". Highway management system and incidents on major roads around metropolitan areas, development of an intelligent multimodal transport vision or development of a real-time traffic management application for Lagos, are examples of the use of ITS. Even if they take the train running, the other African countries are busy. For example, on 24 February, the official launching ceremony of the Ivorian Association for the Development of Intelligent Transport Systems was held at the Hotel Palm Club in Abidjan. At the same time, on 11 and 12 April 2017, the first "Intelligent Mobility Meetings" were held in Côte d'Ivoire. These meetings took place around the visit of ITS French companies group in Côte d’Ivoire. KONE Soungalo k.soungalo@acturoutes.info

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One Way - Tribune & Opinions

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Agriculture, routes et transports Des actions combinées pour transformer l’Afrique

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roire en l’Afrique. Transformer l’Afrique… J’y crois. Nous avons fait des progrès importants depuis de nombreuses années mais j’ai toujours cru que l’Afrique va réussir davantage parce que ceux qui nous suivent, ceux qui ont pris la relève, n’ont plus de complexe. Transformer l’Afrique, c’est surtout faire des transformations concrètes comme celle de l’agriculture. Mais,

peut-on transformer vraiment l’agriculture africaine quand on sait que le continent a un déficit en routes et en transports ? Comment transformer la distribution des produits agricoles si près de la moitié des Africains vit à plus de 2km d’une route en bon état ? Entre la fin de l’année 2016 et le premier trimestre 2017, voire au-delà, l’actualité africaine a été abondamment nourrie par…la famine, alors que « l'Afrique compte 65 % des terres arables en jachère dans le monde, qui pourraient

elieve in Africa. Transforming Africa ... I believe in it. We have made significant progress since many years but I have always believed that Africa will succeed more because those who follow us, those who took over, no longer have a complex. Transform Africa is above all to make concrete transformations like that of agriculture. But can we truly transform african agriculture when we know that the continent has a deficit in roads and transport? How to transform the distribution of agricultural products if almost half of africans live more than 2km of a road in good condition? Between the end of 2016 and the first quarter of 2017, or even beyond, african news has been abundantly nourished by ... famine, while "Africa has 65% of the fallow land in the world, which could meet the food needs of 9 billion people

around the world by 2050", as President of AfDB, Mr Adesina reminds us. Africa can feed Africa. Resources exist. We need programs now. But these are not isolated programs. A combination of actions at several levels, including roads and transport, is needed. The African Development Bank, by launching the idea of "integrated projects" for many years wanted to show the way. Even today, with the "five priorities" or "high-5", the AfDB shows that "feeding Africa and integrating Africa" are the chapters of a same project. Africa needs agricultural policies to be sustainable in policies that make roads

répondre aux besoins alimentaires de 9 milliards de personnes sur la planète d'ici à 2050 », comme le rappelle souvent le Président de la BAD, M. Adesina. L’Afrique peut nourrir l’Afrique. Les ressources existent. Il faut maintenant des programmes. Mais il ne s’agit pas de programmes isolés. Il faut une combinaison d’actions à plusieurs niveaux, impliquant notamment les routes et les transports. La Banque Africaine de Développement, en lançant l’idée de «projets intégrés» depuis de très nombreuses années a voulu montré la voie. Aujourd’hui encore avec les « cinq priorités» ou «High-5», la BAD montre que «nourrir l'Afrique et intégrer l'Afrique » sont les chapitres d’un même projet. L’Afrique a besoin que les politiques agricoles s’inscrivent durablement dans des politiques qui rendent les routes et les transports adaptés aux besoins agricoles et au besoin de nourrir, de façon durable. La Tribune de Babacar NDIAYE Président honoraire de la BAD, Ancien Président de la BAD

Agriculture, roads and transport Combined actions to transform Africa

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and transport adapted to agricultural needs and the need to feed, in a sustainable way. The Tribune of Babacar NDIAYE, Honorary President of the AfDB, Former President of the AfDB

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Déblayage

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Inde Commentledéveloppementdesroutessoutientl’agriculture

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troduit le coton amée gouvernement indien s’est ricain sur les terres donné des programmes indiennes. Cette vaambitieux, dont la National riété a l’inconvénient Highways Development Project d’exiger beaucoup visant la construction de 50 000 plus d’eau et d’inkm d’autoroutes sur la période trants que le coton 1999-2015. Le plan quinquennal indien. Pire, elle 2012-2017 prévoit d'investir 241 épuise plus vite les milliards de dollars dans le sols. Désormais, le réseau routier. coton Bt (un produit Ce, parce que le pays a longtemps OGM mis au point souffert des insuffisances de son réseau par la firme amériroutier. La densité des routes goudroncaine Monsanto) est nées indiennes est très faible. Les le spécimen majori«autoroutes» nationales concentrent taire avec 11,6 mil40% du trafic alors qu’elles ne couvrent que 2% du réseau. Difficile donc pour les Le gouvernement Indien a engagé un vaste programme pour lions d'hectares en 2014. routes, principal moyen de transport, de augmenter la densité des routes bitumées. Ahmedabad sur près de 500 km par un L'Inde est depuis l'Antiquité une terre de jouer un rôle de premier plan. «Le programme indien de Partenariats Train à grande vitesse (TGV) d'ici à riz. Le pays est aujourd’hui le deuxième Public-Privé (PPP) pour les autoroutes 2023. Car le chemin de fer a fortement producteur mondial de cette denrée avec est le plus gros du monde», estime propulsé le développement du pays, plus de 155 millions de tonnes en 2016. Rajesh Samson, expert au cabinet Ernst notamment en soutenant la production L’agriculture contribue à hauteur de 15 du coton. % au PIB indien et fait vivre 60 % de la & Young. Pour autant, les autorités n’ont pas Premier producteur mondial, l’Inde a population dans les années 2010. abandonné le chemin de fer, héritage connu dans la filière coton un véritable britannique. Un projet faisant appel à la bouleversement. Dans la deuxième Célestin KOUADIO technologie japonaise prévoit de moitié du 19e siècle, l’Angleterre aug- c.kouadio@acturoutes.info remplacer le train reliant Mumbai à mentant son importation de coton, in-

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FONDS AFRICA50 : LE KENYA PREND LA DIRECTION DES OPERATIONS

Les Brèves

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et le Sénégal. Le bac de Rosso ne sera bientôt plus qu'un vieux souvenir. Après des années d'études de faisabilité, les financements du pont sont enfin bouclés. Et la construction dudit pont peut démarrer. Enfin. Le projet est cofinancé par la Banque africaine de développement (BAD), la Banque européenne d'investissement (BEI), l'Union européenne (UE), ainsi que les gouvernements de la Mauritanie et du Sénégal pour un coût total estimatif de 87,62 millions d'euros. L'ouvrage permettra de relier les 1461 m qui séparent la rive mauritanienne de la rive sénégalaise du fleuve Sénégal.

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KOCHI : LE METRO AERIEN

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a Kenyane Carole Wamuyu Wainaina vient d’être nommée Directrice des opérations de Africa50, la plateforme panafricaine d'investissement en infrastructure. Elle dirigera une équipe multidisciplinaire chargée notamment de l'investissement et de la gouvernance environnementale et sociale. "Je suis ravi d'accueillir Mme Wainaina à Africa50. Elle a une expérience substantielle du secteur privé et des compétences reconnues en matière de leadership organisationnel et de renforcement de l'équipe ", a déclaré Akinwumi Adesina, président de la BAD. Pour sa part, Carole Wamuyu Wainaina a confié : «Je suis ravie de l'opportunité de rejoindre Africa50 et de contribuer au développement économique et social durable de l'Afrique des investisseurs ".

ochi est l’une des plus petites villes de l’Inde à se doter d’une ligne de métro. Sur une longueur de 25 km, l’infrastructure aérienne parcours le principal corridor de développement vers le nord-est de la ville et dessert le centre de l’agglomération en 22 stations. Cette ligne aérienne relie la Municipalité de Kochi aux municipalités voisines de Aluva, Kalamasserry et Tripunithura, et dessert les deux gares ferroviaires de la ville, deux embarcadères et un pole d’échange multimodale. Coût du projet : 800 millions d’euros.

OUGANDA : LE PREMIER BUS SOLAIRE D'AFRIQUE BIENTOT SUR LES ROUTES

KOWEÏT : UN PONT DE 36 KM POUR RELANCER LA ROUTE DE LA SOIE

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e Koweït construit un immense pont de 36 km au-dessus des eaux du Golfe Persique afin de lancer un ambitieux projet censé redonner vie à la route de la soie entre l'Asie et l'Europe. Cet ouvrage monumental va relier la capitale Koweït City à Subbiya, une région du nord du pays, proche des frontières terrestre et maritime avec l'Irak et l'Iran. Coût : 2,8 milliards d'euros.

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uelques mois après avoir présenté son deuxième concept de véhicule propre (une berline hybride, la Kiira EV Smack), l’entreprise publique Kiira Motors Corporation, en association avec l’Université de Makerere a dévoilé son prototype de bus solaire. « Le bus Kayoola est le premier bus électrique et aussi le premier bus solaire à être fabriqué en Afrique. Ce qui le rend assez différent des bus ordinaires que nous avons sur les routes aujourd’hui », indique Paul Isaac Musasizi, le patron de Kiira Motors Corporation. Les responsables de Kiira Motors annoncent le début d’une production massive à partir de 2018.

PONT DE ROSSO ENTRE LA MAURITANIE ET LE SENEGAL : OUVRAGE DE PROMOTION DE L'INTEGRATION REGIONALE ’intégration régionale continue résolument sa marche avec la signature à Nouakchott (Mauritanie), en mars dernier de l'accord de prêt relatif au financement du Projet de construction du pont de Rosso entre la Mauritanie LE MAGAZINE AFRICAIN DE LA ROUTE ET DES MOBILITES

Toute l’information économique et financière de l’Afrique, c’est avec Financial Afrik. www.financialafrik.com N° 03 - Mai 2017


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Prochain Arrêt

12e congrès européen des Systèmes de Transports Intelligents

Africa Rail 2017

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Du 19 au 22 juin 2017, se tiendra à Strasbourg au sein de son palais des congrès et de la musique nouvellement rénové, le 12ème congrès européen des Systèmes de Transports Intelligents (ITS), organisé par ERTICO. «ITS Beyond borders» ou encore «Les ITS au-delà des frontières», c’est le thème de ce 12e congrès au cours duquel de nombreuses innovations seront présentées aux professionnels et au grand public.

L’Afrique du Sud organise la 20e édition de AFRICA RAIL, le plus grand salon d’Afrique dédié au ferroviaire. Du 13 au 14 juin 2017. Cet évènement a réuni en 2016, 135 exposants et 5730 visiteurs, en provenance de 58 pays. C’est l’occasion de rencontrer les acteurs clés du secteur ferroviaire sud-africain comme PRASA (l’agence du transport passagers) ou Transnet (l’agence en charge du fret), mais aussi les décideurs des entreprises ferroviaires africaines et internationales.

2e Edition des AFRICA ROAD BUILDERS

ACTUROUTES et ses partenaires organisent The Africa Road Builders - Trophée Babacar NDIAYE - 2e édition, le mercredi 24 mai 2017 à 18h45 à SilverCloud Hotel & Banquets - Ahmedabad (Inde). Les ARB, c’est le rendez-vous annuel des acteurs de la route et des transports mais également du tourisme en Afrique. Une table-ronde et la remise de recompenses avec le Trophée Babacar NDIAYE sont les temps forts de l’évènement. Cette année, les Présidents Paul KAGAME et Macky SALL sont nominés pour recevoir le Super Prix - Grand Batîsseur/Trophée Babacar NDIAYE.

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