Page 1

ANNE AURE REFLEXIONS

L1 MALAQUAIS 2018

E SP A CE


INTRODUCTION

L’architecture est l’art de concevoir des espaces. Comment peut-on concevoir des espaces ? Et comment définir un espace ? Ce sont les thèmes qui seront abordés dans ce livre, fait à partir de mes réflexions et hypothèses du deuxième semestre à Paris-Malaquais dans le studio de Steven Melemis. La conception classique de l’architecture est formulée par Vitruve (1e siècle avant JC). L’architecture est une imitation de la nature, et sa conception est basée sur les 3 ordres classiques : une architecture forte, utile et belle. Au fil du temps, ces ordres ont été déformés et réinterprétés par de nombreux architectes. Avec la Révolution Industrielle, le monde a connu une forte accélération dans tous les domaines et a été confronté à des problématiques auxquelles les architectes devaient chercher des solutions. Aujourd’hui, un travail conceptuel est souvent défini par une manière de gérer la complexité qui nous entoure.

Il est certain qu’il n’y pas une seule manière de concevoir. Par exemple, les Beaux-Arts avaient une manière classique de concevoir qui a été fortement critiquée dans les années 60 et 70. Le monde avance, la technologie aussi. Peutêtre même plus vite que ce à quoi nous pouvons faire face. L’ordinateur a jusqu’aujourd’hui été un outil de conception très utile et complétant le travail manuel. Mais que va-t-il arriver quand le cerveau humain se fera dépasser par une intelligence artificielle ? Que reste-t-il en nous pour résister à la concurrence d’un ordinateur ?


CATALOGUE

6 L-CABANA 7 LA PEAU

8 TROIS POESIES 10 ALULA 11 SCENOGRAPHIE

LIMITES INTRODUCTION 14 INTERIEUR/EXTERIEUR 16 SANS ENVELOPPE

le corps et la lumiere

la peau qui protège

18 LE PLEIN ET LE VIDE

les limites de l’oeil

MATÉRIALITÉ INTRODUCTION 22 ISOLATION ET IMPERFECTION 26 DÉCOMPOSITION

matériaux recyclées

28 IMMATERIALITÉ

PROGRAMME INTRODUCTION 30 “L’IDEALITÉ FORMELLE” 34 TRADUCTION

SÉQUENCE INTRODUCTION 40 SANS/ AVEC PROTOCOLE 44 DIVISIONS 46 MOMENTS

flexibles

enregistrés

intentions ratées


maquette de la cabane

1. Nom : L-Cabana Projet : Projeter Date : 19/02-12/03 Carton 5mm L3.0/l2.0h2.0 (m) 6


2. Nom: La Peau Projet:Expérimenter Date: 19/03 Structure métallique, toile en polyester, fil à coudre, papier.

Ø0.9/0.5 (m) 7


3. Nom: Trois poĂŠsies 2D Projet: Traduire Date: 24/03-09/04 Encre et aquarelle sur papier Format A3 8


3. Nom: Trois poĂŠsies 3D Projet: Traduire Date:24/03-09/04 Bloc de mousse, plexiglass L0.32/l0.2/h0.2 (m) 9


4. Nom: ALULA Projet: Régler Date:30/4-7/5 Carton, peinture acrylique, encre L0.06/l0.011/h0.06 (m) 10


5. Nom: Scenographie Modules Maquette 1/50 Projet: Exposer Date: 14/5-11/6 Carton 2mm L0.3/l0.12/0.04h (m) 11


12


L I M I T E S Le corps, point de départ de la conception architecturale. Pour créer des espaces, il est important de comprendre la place et le rôle du corps dans l’espace. Les limites du corps se traduisent dans l’architecture avec des dispositifs variés qui sont indispensables pour définir l’espace. Dans ce chapitre, je vais approfondir l’importance de la maîtrise des limites et explorer la puissance des limites réfléchies, en accentuant sur quelques problématiques rencontrées au sein de ce semestre.

13


INTÉRIEUR/ EXTÉRIEUR le corps et la lumière

Trois “L” organisés dans la forme d’une spirale. La disposition des murs guide le visiteur dans sa déambulation. Les ouvertures deviennent de plus en plus petites, jusqu’au cœur de l’habitacle, la révélation : le corps devient luimême une contrainte. Cette relation entre corps et espace a été au cœur de notre projet.

14


Entre chaque “L”, se trouvent les limites des murs en carton, des fentes laissant pénétrer la lumière. Ces articulations, appelées “indices” nous racontent l’histoire de l’intérieur ou de l’extérieur. La luminosité de la cabane est marquée par la fluidité permise par sa composition. Seule la lumière qui s’estompe témoigne de la transition entre intérieur et extérieur.

L’intérieur est-t-il défini par la lumière naturelle qui s’estompe ? Si c’est le cas : une maîtrise de la lumière est nécessaire pour accentuer les limites. La lumière naturelle n’est jamais constante. Les ouvertures doivent être calculées et maîtrisées et les surfaces opaques doivent être parfaitement alignées et assemblées pour créer cet effet de lumière.

15


SANS ENVELOPPE la peau qui protège

Comment l’enveloppe influence-t-elle un espace intérieur ? Un objet avec une fonction définie transformé en un objet conceptuel met la lumière sur l’importance de l’enveloppe ; les limites extérieures, protectrices et limitatrices. Quand la limite est l’enveloppe qui protège et qu’elle disparaît, alors l’objet pert toute sa fonction. La conception de cet objet résulte d’une volonté d’expérimenter l’importance d’une enveloppe autour d’une structure et engendre un grand nombre de questionnements sur ce thème.

16


L’enveloppe est-elle nécessaire pour protéger l’intérieur de l’extérieur ou pour protéger l’extérieur de l’intérieur ? Une enveloppe peut cacher, et abriter le programme de l’intérieur en fonction de l’opacité de ce dernier.

Dans l’absence de l’élément principal. Le sens de l’object est inversé. 17


LE PLEIN ET LE VIDE les limites de l’œil

Toute l’importance de l’objet prend son sens grâce aux relations et espaces entre les blocs et les limites entre plein et vide.

18


Quels espaces crée la limite de l’œil ? Et comment réagit le corps à ce dispositif ? Les formes pleines obligent l’œil à regarder l’espace qui les entoure. Le plein organise l’espace et crée des limites entre plein et vide. La maquette conceptuelle est aussi une maquette manipulable, qui doit être continuellement transformée. Les limites de l’œil peuvent encourager d’autres sens : le toucher, l’ouïe, l’odorat.. Le plexiglas n’est pas indispensable, mais il permet des configurations autrement impossibles. La transparence des plexiglas souligne aussi le vide. La notion d’espace véhiculée a été légèrement compromise par la non-transparence causée par la superglue.

19


20


M A T É R I A L I T É L’architecture, c’est penser l’espace et le matérialiser. Donc les études d’architecture devraient, avant tout, nous mettre au contact de la matière. Passer trop de temps devant un dessin n’aide pas à construire des espaces agréables. J’ai également compris l’importance d’avoir une bonne connaissance des matériaux. Dans ce chapitre, je vais montrer quelques expériences que j’ai réalisées avec des matériaux. J’essaie de comprendre comment les matériaux nous connectent avec l’espace.

21


ISOLATION ET IMPERFECTION

L’opacité est au centre du questionnement sur la matérialité de l’habitacle. La transparence crée l’effet opposé.

22


23


ISOLATION ET IMPERFECTION

Comment les matériaux et leurs usages façonnent-ils les sens, et le mode de construction ? Deux problèmes liés à la matérialité ont été vecu dans la réalisation de l’habitacle. 1) Un module basique comme celui-ci demande en fait un perfectionnisme exceptionnel, que nous n’avons pas réussi à executer. L’intention était bonne mais le résultat, pas à la hauteur de nos espérances ; les détails d’assemblage n’étant pas au point. 2) La légèreté recherchée a été confrontée à la contrainte du matériau ; le carton trop épais et difficile à manipuler. Un bon prototype à l’échelle est nécessaire dans un cas pareil.

24


25


DECOMPOSITION

Comment detourner la contrainte d’un materiau non-adapté ? Un parapluie à la fin de sa vie. Il est réutilisé comme la base d’une sculpture conceptuelle. Sa forme reste identique, mais sa fonction change. Une stratégie constructive qui vise à utiliser les déchets comme ressource matérielle, valorisant un travail manuel plutôt que la production industrielle. Pour avoir accès à la matière, il faut réinventer des moyens d’accès. Un mélange entre les ressources matérielles et humaines devient ainsi constitutif du processus de projet.

26


Le plus grand défi d’aujourd’hui est de trouver une solution viable sans gaspillage.

27


IMMATERIALITÉ

Un espace est mieux défini lorsqu'il abrite des événements, des actions ou des activités.

28


Les cartes indiquent avec du texte et des signes les mouvements à faire dans l’espace.

29


30


P R O G R A M M E Un espace abrite toujours un programme : spécifique ou non. Le fait de penser “programme” dans un espace n’est pas mesurable. Le projet c’est le “comment ?”. Dans ce chapitre je vais explorer les réussites et les échecs dans ma maniere d’intégrer les programmes dans les projets de ce semestre.

31


“L’IDEALITÉ FORMELLE”*

* expression traduit de Louis Kahn, “Silence and Light”

32


Comment concevoir un espace à partir d’un sentiment ? La cabane, bien qu’elle soit notre projet le moins abouti, est le projet qui a appris le plus sur l’espace. La matière (l’habitacle) et le programme (se reposer) étaient dans l’imaginaire fortement liés. L’effet “coquillage” / endroit pour s’abriter / lieu de repos, était remplacé par une sensation de huis clos une fois dedans. Impossibilité de s’alonger au coeur et crainte de ne pouvoir sortir. Le programme initial a changé puisque l’intention première de la cabane n’est pas respectée. Avec la bonne maîtrise des limites et matériaux, on peut maximiser le sens du programme. La cabane a aussi appris l’importance de la construction de maquettes à l’échelle pour étudier l’adaptation et l’interaction du corps dans l’espace.

33


Diagrammes de nos pensés de la cabane avant la realisation

Très lumineux

Peu lumineux Zones de lumière

Très curieux

Peu curieux Zones de curiosité

34


Conception: Anne Aure/ Lauren Marchand RĂŠalisation: Lauren Marchand

35


TRADUCTION

Comment traduire matériellement un sentiment ? Il est important de connaître ses limites. L’interprétation d’un texte est inépuisable. Quand on traduit un texte en représentation 2D/3D on matérialise un programme. Quelque chose qui n’existe que dans nos têtes qui change de forme dynamiquement dans nos esprits.

36


L’interprétation est individuelle mais les espaces peuvent potentiellement influencer l’esprit. 37


38


S E Q U E N C E Les séquences dans l’architecture sont liées au processus de conception : elles changent en fonction de la manière travailler et concevoir. Elles peuvent être aussi une suite ou enchainement d’espaces et évènements. Dans ce dernier chapitre, j’explore l’espace temps en m’appuyant sur des méthodes de conception et sur des séquences qui ont contribué à créer des espaces uniques.

39


SANS PROTOCOLE

40


Le projet commence le jour où l’idée nait. La période d’incubation* s’exécute inconsciemment après que l’idée a germé dans l’esprit.

* expression traduit de Graham Wallas, “The Art of Thought”

41


AVEC PROTOCOLE

TROIS POÉSIES I Pour la ruée écrasante De mille bêtes hagardes le soleil n'éclaire plus Qu'un monument de raisons. Porront-ils, mal venus De leur sale quartier, La mère, le soldat, Et la petite en rose, Pourront-ils, pourront-ils Passer? Ivre, bondis, Et tire, tire, true, Tire sur les autos!

42

II Quel artificier Tu meurs! Fauve César! Bigarre le parterre Aux jeux avariés! Brandis ta rage courte En torche! Rugis rouge! Et roule mort, gorgé D'empire et de nuées!

III Ces vieux toits quatre fois résignés Ce hameau sans fenêtre sous les feuilles C’est ton coeur quatre fois racorni ta sagesse hermétique ô tortue !


Phase 1 - comprendre 1. Traduire les mots compliqués 2. Annotter et formuler l’interprétation personnelle 3. Enlever les lignes du poème

Je ne peux pas te voir

Phase 2 - traduire en représentation 2D/3D 4. Trouver une forme concrète 5. Trouver une texture / matière / couleur concrète 6. Trouver des activités concrètes à partir des annotations 7. Trouver des espacements entre les points 4. et 5. qui permettent ces activités (.6).

L’espace entre toi et moi

Phase 3 - revenir au poème 8. Prendre les mots coupés du poème 9. Mélanger ces mots avec ses propres mots

Je perce

43


DIVISIONS

44

flexibles


Les modules flexibles dans cette scénographie permettent des séquences différents et variées. En bleu : parcours possible.

45


MOMENTS

46

enregistrés


47


48


B I B L I O G R A P H I E Vers une architecture / Le Corbusier. - France: Champs arts, 2008 (1923), 256 p Delirious New York: A Retroactive Manifesto for Manhattan/ Rem Koolhaas. - USA : The Monacelli Press 1994 (1978). - 320 p Junkspace with Running Room / Rem Koolhaas / Hal Foster. - UK : Notting Hill Editions, 2016 (2006). 96 p Architecture and Disjunction / Bernard Tschumi. - London, England: The MIT Press, 1999 (1977-1981). 278 p The Eyes of the Skin: Architecture and the Senses/ Juhani Pallasmaa - USA : John Wiley and Sons, 2005 - 80 p

M E R C I Je remercie Louis et Marine pour leur aide de relecture. et Steven pour son enseignement et bons avis ce semestre

49


Réflexions sur l'espace  

Réflexions et hypothèses sur la notion d'espace après une année en école d'architecture.

Réflexions sur l'espace  

Réflexions et hypothèses sur la notion d'espace après une année en école d'architecture.

Advertisement