Page 1


éditions Philippe Rey

littérature étrangère

EN LIBRAIRIE LE 3 JANVIER 2013

Enrico REMMERT PETIT ART DE LA FUITE

ISBN : 978-2-84876-240-1 14,5 × 22 cm | 240 pages | 18 €

également disponible en version numérique eISBN : 978-2-84876-241-8 12,99 €

Roman Traduit de l’italien par Nathalie Bauer

« Laissez votre surf dehors, ici il n’y a pas de place pour des réalités aussi subjectives. » Trois trentenaires turinois se retrouvent embarqués dans un voyage improbable du nord au sud de l’Italie : Vittorio, violoncelliste torturé et hypocondriaque ; Francesca, sa fiancée de toujours au bord de la rupture ; Manuela, leur amie loufoque, gogo-danseuse et monitrice d’auto-école à ses heures perdues (ou l’inverse)... Rapidement, avec l’ex de cette dernière aux trousses, le voyage dans la poussive Baronne à doubles commandes devient une course-poursuite, une épopée déjantée et douce-amère où chacun se révèle. Au fil des kilomètres et des rencontres, les liens se nouent et se dénouent, les événements prennent une dimension initiatique, les choix s’expliquent et les masques tombent. Dans ce récit à trois voix, servi par une écriture inventive, Enrico Remmert brosse avec justesse le tableau d’une jeunesse déboussolée mais avide de rêves. Entre humour et gravité, ironie mordante et poésie, il signe un roman réjouissant.

Enrico Remmert, né en 1966, vit et travaille à Turin. Écrivain, scénariste, traducteur, il collabore par ailleurs à de nombreuses revues et réalise des courts métrages et des documentaires. Ses deux premiers romans, Rossenotti et La ballade des canailles, ont été salués par une presse enthousiaste.

Librairie Benoit Arnould | 01.40.20.03.19 benoit@philippe-rey.fr

contactS

Presse : Anne & Arnaud Anne Vaudoyer | 06.63.04.00.62 Arnaud Labory | 06.22.53.05.98 arnaud@anneetarnaud.com anne@anneetarnaud.com www.philippe-rey.fr


Un auteur suivi par une presse enthousiaste Sur Petit art de la fuite (Strade bianche) paru en 2010 en Italie « Remmert revient superbement, avec un véritable road-trip des envies, des désirs, servi par une écriture chorale et harmonieuse comme une mélodie. » La Repubblica

Sur La Ballade des canailles (Plon, 2004) Sélectionné pour l’Impac Dublin Award, le Foreign Fiction Prize et The Independent Literary Award. « Avec ce deuxième roman, Enrico Remmert poursuit son étude ironique d’une certaine jeunesse italienne d’aujourd’hui […] Une lecture réjouissante. » Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo

« La délicate intimité des situations privées et l’instinct déjanté des trois compagnons de cette aventure rendent le roman beau et intense, parfumé de sincérité. » Tuttolibri

« Des morceaux de bravoure à la pelle […] Avec ce livre, Enrico Remmert prend place parmi les auteurs les plus doués de sa génération. » Stéphane Hoffmann, Madame Figaro

« Un livre qu’on ne peut pas ne pas aimer. » Nazione Indiana

« Un roman déjanté mené à cent à l’heure dans une Italie rayonnante. Drôle et cruel. Réussi. » Ouest France

« Remmert réussit parfaitement à calibrer les tons, les styles, les perspectives. » Il Riformista

« Comme si des personnages attachants, fous et décalés, des intrigues comiques ne suffisaient pas, il lui faut éclater son récit en innovations littéraires. […] Une multitude de détails font de ce livre une grande vadrouille. » Coup de cœur de David Foenkinos dans Transfuge

« Un roman frais et mélancolique. » Il Giornale

« Jubilatoire ! »

Télérama

« Lucide sur son époque, cruel quand il le faut, jamais pris en fragrant délit de banalité, Enrico Remmert vient de signer le livre le plus saignant sur la génération No logo. » Sébastien Le Fol, Le Figaro magazine

Sur Rossenotti, 10/18, 1999

Salué par la presse lors de sa parution en Italie en 1997 et couronné par le prix Chianciano du premier roman et le prix Tuscania. « Ce récit d’un permanent échec est une jolie « Une écriture maîtrisée. » réussite ! Du rythme, du panache, de l’humour, Laurent Goumarre, Numéro quelques notes graves, un jeu savant de distance et de proximité, une manière séduisante d’em- « Des débuts fracassants. » Le Progrès barquer le lecteur. » Pierre Lepape, Le Monde des livres « Un régal. Un style vif et bourré d’humour, des dialogues qui sonnent vrai : sans jamais tomber dans la carica« Questionnant sans cesse ses personnages, En- ture, Enrico Remmert brosse avec un talent prometteur rico Remmert signe un livre libre. » le tableau d’une jeunesse à la dérive. » Isabelle Lortholary, Elle L’Yonne républicaine « Enrico Remmert enchante avec les désenchantements « Rossenotti séduit par son insolente facilité. » Le Matricule des anges d’une génération perplexe […] Il use de l’auto dérision comme d’une dernière défense, avec une insolence sub« Un premier roman absorbant sur le sens de la tile et un léger désespoir. » vie. » Cécile Lecoultre, 24 Heures Francine Collet, Le Courrier


Extraction : 09/01/2013 00:00:00 Catégorie : Actualités Régionales Fichier : piwi-6-3-1232-20130109-621895515.pdf Audience : 40000

L'année commence bien

Elegant Du trio si banal, la femme, le mari, l'amant, Philippe Besson redessine ici les contours. Les charmes toscans d'une Italie automnale tranquille forment un refuge idéal pour Louise qui largue les amarres et écrit loin de Paris. Célèbre, sûre d'elle, elle aime se retirer du monde pour exercer son art. Jusqu'à en exclure son mari qui fait contre mauvaise fortune bon cour. Et puis Luca apparaît. Le jeune officier italien surgit dans le calme quotidien de cette paisible retraite. Construit en trois actes, le roman de Besson scrute minutieusement les affres de la création et de la passion, parvient à dire crûment et cruellement ce que l'amour fou engendre. A la fois élégant et profond, son récit tient en haleine tout autant qu'il séduit. « De là on voit la mer » de Philippe Besson (Ed Julliard) 19 ?Suite italienne L'Italie prête également son cadre à un auteur du cru, Enrico Remmert, quadra turinois dont les deux premiers livres ont été remarqués par la critique. Le récit choral « Petit art de la fuite » est un texte à trois voix qui emmène le lecteur dans un road movie à la fois cocasse et émouvant. Dans cette histoire partagée par trois trentenaires, chacun a des raisons plus ou moins avouables de prendre le large vers le sud de la Botte. La fluidité de l'écriture parfois libérée de sa ponctuation séduit. L'intrigue tout autant que les ressorts psychologiques sont servis par la succession très harmonieuse des différents points de vue. Des scènes truculentes succèdent aux révélations, quand planent sur le voyage des trois amis de lourds secrets. « Petit art de la fuite » d'Enrico Remmert (Ed Philippe Rey) 18 ?Glaçant Les scènes sont courtes, sans sentiment, et le vocabulaire parfois cru. Portrait impitoyable d'une génération dans l'errance, capable de séparer les décisions qu'elle prend du sens de l'acte qu'elle accomplit. Tennesse, 19 ans, est

étudiante en psycho. Officiellement, elle paie ses études en travaillant comme vendeuse. La réalité est toute autre. Elle fait partie de ces 40 000 étudiants qui, chaque année, se prostituent pour subvenir à leurs besoins. Elle ne croit ni en l'amour ni aux sentiments, sait que tout s'achète et remplit donc sans état d'âme le questionnaire d'une agence d'escort girls. Commence pour elle une double vie dont elle ne peut parler à personne, marquée par des opérations chargées de lui reconstruire une virginité afin de gagner davantage d'argent. Glaçant. « L'échelle des sens » de Franck Ruzé (Ed Albin Michel) 15 ?Inquietant Ce premier roman est une réussite. Rythmée, l'histoire oscille entre cauchemars et

Copyright Le Havre Presse - Reproduction interdite sans autorisation ED9932B552D0EC01C0D24A082908F5C80070399C018E36EBF64B23B

1/2 EDITIONS PHILIPPE REY


Extraction : 09/01/2013 00:00:00 Catégorie : Actualités Régionales Fichier : piwi-6-3-1232-20130109-621895515.pdf Audience : 40000

réalité. La rentrée des classes vient de sonner. Rebecca, 16 ans, retrouve avec joie sa vie de pensionnaire et sa meilleure amie, Lucy, avec qui elle partage sa chambre. Elle espère pouvoir y oublier le drame qui la hante : le suicide de son père. Cette rentrée est marquée par l'arrivée d'une nouvelle élève : Ernessa. Son regard féroce, ses yeux pâles, son corps parfait la différencient des autres pensionnaires. Cette apparition bouleverse la relation entre Rebecca et Lucy. Des événements étranges surviennent, que seule Rebecca remarque. Les autres sont trop occupées par leur quête de sensations nouvelles, pour s'en rendre compte. Jusqu'à ce qu'un drame survienne. « Le journal des papillons », de Rachel Klein (Ed Anne Carrière) 21 ?

Copyright Le Havre Presse - Reproduction interdite sans autorisation ED9932B552D0EC01C0D24A082908F5C80070399C018E36EBF64B23B

2/2 EDITIONS PHILIPPE REY


N° et date de parution : 21293 - 18/01/2013 Diffusion : 321101 Page : 95 Périodicité : Hebdomadaire Taille : 24.96 % LEFIGAROMAGAZ_21293_95_19.pdf 147 cm2 Site Web : http://www.lefigaro.fr

ROMAN ETRANGER

Un voyage en * * * '

d

Italie

PETIT ART DE I FUITE Enrico Rem inch.

Ils sont

,

trois 30 ans et des ,

poussières incapables de faire ,

deuil de quoi que ce soit ni amour ni de leur jeunesse. Du nord au sud ils traversent Italie ( les apparences aussi juste histoire d aller voir ailleurs s' ils y sont et sinon de s' y attendre Il y a Vittorio violoncelliste qui ne sait ni vivre ni aimer mais ne parvient pas tout à fait à y renoncer Sa fiancée de toujours Francesca qui ne consent à le suivre que pour mieux le quitter enfin. Leur amie Manuela monitrice d auto-école le jour gogo danseuse la nuit borderline vingt-quatre heures sur vingt-quatre.. Il y aurait aussi une Fiat Punto exténuée un DJ psychopathe une toile le

,

'

d un

s

,

'

l

,

)

,

'

,

,

.

,

,

.

,

,

,

'

,

,

volée de Keith Haring la tristesse laide et grandiose ,

'

d un

pays et de coeurs

en hiver Pour son troisième .

roman

,

le Turinois Enrico

Remmert n'

a

pas fait les

choses à moitié en matière de courts-circuits et de

dérèglement des sens. Ce voyage en Italie pour la génération des enfants du berlusconisme est un précis du désenchantement aussi drôle que mélancolique. OLIVIER

.

,

,

MONY

236 p. 18 C. de l italien par Nathalie Bauer.

Editions Philippe Rey

,

,

'

Traduit

1/1 Copyright (Le Figaro Magazine) Reproduction interdite sans autorisation

EDITIONS PHILIPPE REY


Extraction : 09/01/2013 00:00:00 Catégorie : Actualités Régionales Fichier : piwi-6-3-43813-20130109-621894679.pdf Audience : 365000

L'année commence bien

Elegant Du trio si banal, la femme, le mari, l'amant, Philippe Besson redessine ici les contours. Les charmes toscans d'une Italie automnale tranquille forment un refuge idéal pour Louise qui largue les amarres et écrit loin de Paris. Célèbre, sûre d'elle, elle aime se retirer du monde pour exercer son art. Jusqu'à en exclure son mari qui fait contre mauvaise fortune bon cour. Et puis Luca apparaît. Le jeune officier italien surgit dans le calme quotidien de cette paisible retraite. Construit en trois actes, le roman de Besson scrute minutieusement les affres de la création et de la passion, parvient à dire crûment et cruellement ce que l'amour fou engendre. A la fois élégant et profond, son récit tient en haleine tout autant qu'il séduit. « De là on voit la mer » de Philippe Besson (Ed Julliard) 19 ?Suite italienne L'Italie prête également son cadre à un auteur du cru, Enrico Remmert, quadra turinois dont les deux premiers livres ont été remarqués par la critique. Le récit choral « Petit art de la fuite » est un texte à trois voix qui emmène le lecteur dans un road movie à la fois cocasse et émouvant. Dans cette histoire partagée par trois trentenaires, chacun a des raisons plus ou moins avouables de prendre le large vers le sud de la Botte. La fluidité de l'écriture parfois libérée de sa ponctuation séduit. L'intrigue tout autant que les ressorts psychologiques sont servis par la succession très harmonieuse des différents points de vue. Des scènes truculentes succèdent aux révélations, quand planent sur le voyage des trois amis de lourds secrets. « Petit art de la fuite » d'Enrico Remmert (Ed Philippe Rey) 18 ?Glaçant Les scènes sont courtes, sans sentiment, et le vocabulaire parfois cru. Portrait impitoyable d'une génération dans l'errance, capable de séparer les décisions qu'elle prend du sens de l'acte qu'elle accomplit. Tennesse, 19 ans, est

étudiante en psycho. Officiellement, elle paie ses études en travaillant comme vendeuse. La réalité est toute autre. Elle fait partie de ces 40 000 étudiants qui, chaque année, se prostituent pour subvenir à leurs besoins. Elle ne croit ni en l'amour ni aux sentiments, sait que tout s'achète et remplit donc sans état d'âme le questionnaire d'une agence d'escort girls. Commence pour elle une double vie dont elle ne peut parler à personne, marquée par des opérations chargées de lui reconstruire une virginité afin de gagner davantage d'argent. Glaçant. « L'échelle des sens » de Franck Ruzé (Ed Albin Michel) 15 ?Inquietant Ce premier roman est une réussite. Rythmée, l'histoire oscille entre cauchemars et

Copyright Le Progrès de Fécamp - Reproduction interdite sans autorisation 2F9F129250C0080A808A45F83401D50805B08A9871A8350B9D027D0

1/2 EDITIONS PHILIPPE REY


Extraction : 09/01/2013 00:00:00 Catégorie : Actualités Régionales Fichier : piwi-6-3-43813-20130109-621894679.pdf Audience : 365000

réalité. La rentrée des classes vient de sonner. Rebecca, 16 ans, retrouve avec joie sa vie de pensionnaire et sa meilleure amie, Lucy, avec qui elle partage sa chambre. Elle espère pouvoir y oublier le drame qui la hante : le suicide de son père. Cette rentrée est marquée par l'arrivée d'une nouvelle élève : Ernessa. Son regard féroce, ses yeux pâles, son corps parfait la différencient des autres pensionnaires. Cette apparition bouleverse la relation entre Rebecca et Lucy. Des événements étranges surviennent, que seule Rebecca remarque. Les autres sont trop occupées par leur quête de sensations nouvelles, pour s'en rendre compte. Jusqu'à ce qu'un drame survienne. « Le journal des papillons », de Rachel Klein (Ed Anne Carrière) 21 ?

Copyright Le Progrès de Fécamp - Reproduction interdite sans autorisation 2F9F129250C0080A808A45F83401D50805B08A9871A8350B9D027D0

2/2 EDITIONS PHILIPPE REY


Le grand livre des désamours

Julian Barne est l'auteur de Une fille, qui danse, un roman dans lequel le narrateur se souvient de son adolescence dans les années 60. Un livre couronné en 2011 par le Man Booker Prize, la plus haute distinction britannique de la chose écrite. Lire en page 30

Une orthodoxe chez les cathos

Photo : ©fabrizio maltese

AMOUR IMPASSIBLE Coproduit par Samsa et tourné en majeure partie au Luxembourg, Une histoire d'amour, où un couple adultère s'adonne au sadomasochiste, revient sur l'affaire Édouard Stern. Lire en page 31

Lincoln, sans surprise CINÉMA Avec douze nominations, le film de Steven Spielberg domine les Oscars.

L

incoln part grand favori des Oscars 2013 avec 12 nominations, mais Amour de Michael Haneke crée la surprise en concourant dans 5 catégories et en offrant à Emmanuelle Riva la première nomination de sa carrière... à 85 ans. Lincoln, retraçant le combat pour l'abolition de l'esclavage du président le plus vénéré de l'histoire américaine, pourrait offrir à Steven Spielberg une nouvelle consécration, 20 ans après son doublé meilleur film/meilleur réalisateur pour La Liste de Schindler. Le film concourt dans les catégories les plus prestigieuses et pourrait en outre offrir au Britannique Daniel Day-Lewis, qui incarne un Lincoln plus vrai que nature, le troisième Oscar de meil-

leur acteur de sa carrière après My Left Foot (1989) et There Will Be Blood (2008) – un record inédit. Huit autres films se disputeront la statuette du meilleur film : L'Odyssée de Pi d'Ang Lee (11 nominations), Les Misérables de Tom Hooper (8), Happiness Therapy de David O. Russell (8), Argo de Ben Affleck (7), Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow (5), Django Unchained de Quentin Tarantino (5), Amour de Michael Haneke (5) et Les Bêtes du Sud sauvage de Benh Zeitlin (4).

>

Une comédienne de 9 ans en lice

La présence d'Amour dans cinq catégories est sans conteste la grande surprise. Outre sa nomination, pour l'Autriche, à l'Oscar du meilleur film étranger, la dernière Palme d'or concourt pour le meilleur film, la réalisation, le scénario original et l'actrice principale, avec Emmanuelle Riva. L'actrice, dont c'est la première nomination aux Oscars, sera face à Jessica Chastain

(Zero Dark Thirty), Jennifer Lawrence (Happiness Therapy), Naomi Watts (The Impossible) et Quvenzhané Wallis (Les Bêtes du Sud sauvage), qui est, à 9 ans, la plus jeune comédienne de l'histoire en lice pour l'Oscar de la meilleure actrice. Si Daniel Day-Lewis fait figure d'archifavori pour la statuette de meilleur acteur, il devra néanmoins se mesurer à Bradley Cooper (Happiness Therapy) et Hugh Jackman (Les Misérables) – tous deux nommés pour la première fois – ainsi qu'à Joaquin Phoenix (The Master), nommé pour la troisième fois, et Denzel Washington (Flight), lauréat de deux Oscars. Dans les seconds rôles, on relève notamment Robert De Niro (Happiness Therapy), qui n'a plus remporté d'Oscar depuis Raging Bull en 1981, Christoph Waltz (Django Unchained), à qui Quentin Tarantino avait déjà offert un Oscar en 2010 pour Inglourious Basterds, Anne Hathaway (Les Misérables) et Sally Field (Lincoln), qui concourt pour le 3e Oscar de sa carrière.

Pour l'Oscar de la meilleure réalisation, Steven Spielberg (Lincoln) sera aux prises avec Benh Zeitlin (Les Bêtes du Sud sauvage), Ang Lee (L'Odyssée de Pi), Michael Haneke (Amour) et David O. Russell (Happiness Therapy). On notera que Kathryn Bigelow, première réalisatrice de l'histoire couronnée par l'Oscar en 2010, n'a pas été retenue cette année dans cette catégorie. Après un cru 2012 historique qui avait vu The Artist remporter cinq Oscars, la France sera moins représentée cette année. Outre Emmanuelle Riva, seul Alexandre Desplat défendra les couleurs françaises pour la musique d'Argo. Intouchables, phénomène du box-office français en 2011, n'a pas passé l'épreuve des nominations et l'Oscar du meilleur film étranger sera disputé entre Amour (Autriche), Kon-Tiki (Norvège), No (Chili), Royal Affair (Danemark) et Rebelle (Canada). La cérémonie des Oscars se tiendra le 24 février au Dolby Theater, à Hollywood.

Après Michel-Ange et Raphaël, le dernier peintre officiel du Vatican a un profil pour le moins inattendu : une excentrique artiste russe, du nom de Natalia Tsarkova, qui, de surcroît, est de religion orthodoxe. Petit tour au sein de son atelier. Lire en page 36

Beyoncé chante pour Obama La star américaine du R&B et amie du couple Obama Beyoncé chantera l'hymne américain face à plusieurs centaines de milliers de personnes avant la prestation de serment de Barack Obama le 21 janvier. Sur une scène fabuleuse – une plateforme spécialement construite au pied du Capitole américain, devant l'immense parc du National Mall – Beyoncé participera ainsi à l'une des plus vieilles traditions américaines entourée de tous les élus de la nation. Kelly Clarkson et James Taylor, 64 ans, chanteront aussi pendant la cérémonie, succédant notamment à Aretha Franklin, présente en 2009. En février, Beyoncé assurera aussi le spectacle à la mi-temps du Superbowl, la finale du championnat de football américain.

Persönlich erstellt für: serge bressan correspondant à paris

VENDREDI 11 JANVIER 2013 I www.lequotidien.lu


vendredi 11 janvier 2013

La valse des souvenirs Avec Une fille, qui danse, l'écrivain britannique Julian Barnes propose un jeu de pistes follement émouvant. La grande partition d'un virtuose de la chose écrite. Couronné par le Man Booker Prize, la plus haute distinction littéraire britannique, Une fille, qui danse est un roman tout en finesse, où se bousculent les souvenirs d'un homme rappelé aux troubles de sa jeunesse.

De notre correspondant à Paris Serge Bressan

Ç

a commence simplement. Quelques mots qui défilent : «Je me souviens, sans ordre d'importance : d'une face interne de poignet luisante; d'un nuage de vapeur montant d'un évier humide où l'on a jeté en riant une poêle brûlante; (…) d'une eau depuis longtemps refroidie dans une baignoire derrière une porte verrouillée.» Et dans la foulée, une précision : «Ce dernier souvenir n'est pas quelque chose que j'ai réellement vu, mais ce qui reste finalement en mémoire n'est pas toujours ce dont on a été témoin...» Et le lecteur d'entrer dans la valse des souvenirs proposée par le Britannique Julian Barnes qui signe Une fille, qui danse – un des chocs de cette rentrée littéraire. À 66 ans, on en convient, Barnes n'est pas un inconnu dans le monde des lettres. Il nous a offert, ces dernières années, de beaux livres (parmi lesquels Le Perroquet de Flaubert, England, England ou encore Une histoire du monde en 10 chapitres) qui forment déjà une belle œuvre. Et en 2011, lors de la sortie de The Sense of an Ending (la VO d'Une fille, qui danse), il a d'ailleurs reçu le très prestigieux Man Booker Prize. Donc, Une fille, qui danse. La valse des souvenirs commence à Londres, dans les années 1960. «Le lycée se trouvait dans le centre de Londres, et chaque jour nous y venions de nos différents quartiers, passant d'un système de contrôle à un autre. À l'époque, les choses étaient plus simples : moins d'argent, pas de gadgets électroniques, peu de tyrannie de la mode, pas de petites amies. Il n'y avait rien pour nous distraire de notre devoir humain et filial», se souvient le narrateur, Tony (diminutif d'Anthony) Webster. Il fait partie d'une bande de qua-

Julian Barnes publie Une fille, qui danse, un roman dans lequel Tony, le narrateur, se souvient de son adolescence dans les années 60. tre. Quatre garçons : Tony et aussi Alex, Colin et surtout Adrian, nouveau venu au lycée et très vite esprit fort du groupe avec une fulgurante intelligence. Évidemment, comme dans toute bonne histoire, il y a dans le livre de Julian Barnes une fille. La belle, secrète et énigmatique Veronica. Elle commence dans les bras de Tony, elle arrive dans ceux d'Adrian qui va se suicider – il a tout juste 22 ans. Dans une ambiance quasi provinciale, durant leurs années lycée, les quatre garçons ont joué de l'insolence, de l'insouciance, de l'ambition. De l'arrogance, aussi… Ils se la jouent comme on dit, et se vantent d'en connaître tant et tant sur la philosophie et aussi l'existence. Devant leurs parents, ils n'hé-

sitent pas à sortir des mots comme «Weltanschauung» ou encore «Sturm und Drang» – ça pose une personnalité, pensent-ils. Et dans leur groupe, chacun a son rôle bien défini parce que «si Alex avait lu Russell et Wittgenstein, Adrian avait lu Camus et Nietzsche. J'avais lu George Orwell et Aldous Huxley; Colin avait lu Baudelaire et Dostoïevski», et Tony, de préciser : «Ce n'est là qu'une légère caricature...»

>

Le grand livre des désamours

Deuxième partie d'Une fille, qui danse : Tony Webster a maintenant plus de 60 ans, il est à la retraite et divorcé. Ça se passe pas trop mal avec son ex-femme et leur fille.

Aveu : «Je suis parvenu à la relative sérénité d'un homme pacifique, et même paisible. Parce que je fais le nécessaire. Je n'aime pas le désordre, et je n'aime pas en laisser non plus. J'ai opté pour l'incinération, si vous voulez savoir...» Mais un jour, il reçoit un courrier d'un notaire. Sara, la mère de Veronica, est morte et lui lègue, par testament, le journal intime d'Adrian – on se demande pourquoi Sara possédait ce journal. Qu'importe! Voilà Tony, quarante ans plus tard, à nouveau en présence de Veronica – cette fille de sa jeunesse qu'il avait tenté de faire disparaître de ses souvenirs… Et aussi en présence d'Adrian, du moins des seules quelques pages du journal qu'on lui a données à lire. Tony s'était accroché, pendant tou-

tes ces années, à un récit de sa jeunesse fait de souvenirs qu'il pensait vrais. Cette lecture de quelques pages d'un journal intime, celui d'Adrian, va tout fissurer. Pis : il va même en concevoir une terrible et violente culpabilité… Virtuose de la chose écrite, en un émouvant jeu de pistes, Julian Barnes a écrit, avec Une fille, qui danse, le grand livre des désamours. Et résonnent encore et encore les mots de Tony Webster : «L'Histoire, ce ne sont pas les mensonges des vainqueurs. (…) Ce sont plutôt les souvenirs des survivants, dont la plupart ne sont ni victorieux ni vaincus.» Une fille, qui danse, de Julian Barnes. Mercure de France.

C'est (toujours) la rentrée! Parmi plus de 500 romans à paraître ce mois-ci, en voici cinq déjà indispensables. Shalom Auslander : L'Espoir, cette tragédie Après deux textes très remarqués et à caractère autobiographique (La Lamentation du prépuce et Attention Dieu méchant), l'Américain Shalom Auslander se lance, à 42 ans, dans la fiction pure. C'est L'Espoir, cette tragédie. On y retrouve la famille Kugel qui, autour de Solomon, vient de s'installer dans une petite ville, Stockton (État de New York). Solomon pensait s'être éloigné du bruit et de la fureur de New York mais, peu après leur installation, il doit avouer que la vie à la campagne n'est pas le rêve espéré. Il y a la mère qui parle sans cesse de «devoir de mémoire» mais ne dit jamais qu'elle n'a pas vécu l'Holocauste. Il y a aussi des bruits étranges dans le grenier – c'est une femme que tout le monde tenait pour morte. Ce pourrait être Anne Frank, survivante… C'est furieusement drôle et irrévérencieux. Éditeur : Belfond.

Emmanuèle Bernheim : Tout s'est bien passé Sûrement le texte le plus bouleversant de cette rentrée de janvier 2013. Il est signé Emmanuèle Bernheim, auteur aussi rare (son précédent roman, Stallone, est paru en 2002) qu'important. Elle revient avec Tout s'est bien passé. Un texte magnifique, étincelant. Cinglant d'émotion et de vérité. Tout est résumé en une phrase : «Papa m'a demandé de l'aider à en finir.» Et de se répéter cette phrase qui sonne bizarrement, précise la narratrice : «Qu'est-ce qui ne colle pas? "Papa" et "en finir"?» En des phrases écrites tout en urgence et nécessité, Emmanuèle Bernheim rapporte son impensable aventure. Il y aura ce voyage en Suisse avec un aller simple pour accompagner vers l'issue irrémédiable son père qui, à 88 ans, a été victime d'un accident vasculaire. Et cette phrase ultime : «Tout s'est bien passé...» Éditeur : Gallimard.

Alice Zeniter : Sombre dimanche

Joan Didion : Le Bleu de la nuit

Après le très remarqué Jusque dans nos bras (2010), la jeune et douée Alice Zeniter revient avec Sombre dimanche. D'emblée, on est transporté en Hongrie avec les Mandy – une famille qui, de génération en génération, habite la même maison près de la gare Nyugati à Budapest. C'est là que grandit Imre, dans un monde où le non-dit et le secret demeurent la règle, où Staline est toujours considéré comme le responsable des malheurs de la famille… Quand l'URSS tombe, la vie d'Imre est chamboulée, avec l'apparition des sex-shops, d'une idée de l'Ouest et aussi avec la venue d'une jeune Allemande. Là Alice Zeniter jongle délicieusement avec le mobile et l'immobile.

Une des grandes dames de la littérature américaine contemporaine en état de grâce. Et, une fois encore, elle offre un de ces textes déjà indispensables. Après L'Année de la pensée magique dans lequel elle rendait hommage à l'homme de sa vie, Joan Didion signe, à 78 ans, Le Bleu de la nuit – un livre en forme d'éloge funèbre à sa fille morte quelques semaines avant la parution en 2005 de L'Année… Au fil des pages, jamais elle ne se lance dans une suite du livre consacré à l'homme de sa vie. Non, elle déroule plutôt un récit en miroir. Et les thèmes qui lui sont chers sont à nouveau explorés. La mort, le mystère de la maternité, l'enfance, la maladie, la vieillesse… Là encore, Joan Didion trimballe magnifiquement les fantômes. Tout en nostalgie, en mélancolie.

Éditeur : Albin Michel.

Éditeur : Grasset.

Enrico Remmert : Petit art de la fuite Après Rossenotti et La Ballade des canailles, l'Italien Enrico Remmert est de retour. Et de façon éblouissante avec un livre aussi beau que sincère, Petit art de la fuite. Écrivain, scénariste, traducteur et aussi documentariste, Remmert signe un roman à trois voix. Un texte placé sous une condition : «Laissez votre surf dehors, ici il n'y a pas de place pour des réalités aussi subjectives...» Donc, on file en voyage avec trois trentenaires – Vittorio le violoncelliste torturé et hypocondriaque, Francesca sa fiancée au bord de la crise de nerfs et de la rupture et Manuela loufoque et gogo-danseuse qui veut échapper à son petit ami Ivan. C'est parti pour un voyage aussi déjanté qu'initiatique. Éditeur : Philippe Rey.

Persönlich erstellt für: serge bressan correspondant à paris

30 LIRE


12

MARDI 8 JANVIER 2013 L’EXPRESS - L’IMPARTIAL

LES MEILLEURES VENTES

Un succès tout en nuances

LE MAG LECTURE

1. Cinquante nuances plus sombres (Fifty shades, Tome 2) E. L. James

5. Le sermon sur la chute de Rome Jérôme Ferrari

2. La vérité sur l’affaire Harry Quebert Joël Dicker

6. Lou!, Vol. 6. L’âge de cristal Julien Neel 3. Cinquante nuances de Grey (Fifty shades, Tome 1) E. L. James 7. Petit traité de l’abandon: pensées pour accueillir la vie telle 4. Blake et Mortimer: qu’elle se propose Le serment des cinq lords Yves Sente, André Juillard Alexandre Jollien

8. Le nouveau guide des guérisseurs en Suisse romande. Tome 2 Magali Jenny 9. Le Chat, Vol. 17. Le Chat erectus Philippe Geluck 10. Petit traité de vie intérieure Frédéric Lenoir

ITALIE Dans une fugue romanesque à trois voix, Enrico Remmert s’attache au spleen des trentenaires. Un livre drôle et réussi.

Un trio de Vitelloni en mouvement PHILIPPE VILLARD

L’ITALIE, FIAT ET L’ÉCRITURE...

Comme tout bon voyageur, Enrico Remmert ne s’intéresse ni au point de départ, ni au point d’arrivée, mais aux détours et aux péripéties que la route réserve. Avec son «Petit Art de la fuite», ce jeune écrivain italien, déjà auteur de «La Ballade des canailles», a donc repris sa plume comme on prend la route. En haïssant la ligne droite, la trace directe, avec un goût prononcé pour l’itinéraire bis, le méandre et l’imprévu. Son récit se laisse bercer un peu par les circonstances et pas mal par les illusions, ou plutôt les désillusions, de ses personnages. Ici, ils sont trois, sans compter le violoncelle. Ils sont pris dans une forme de trio amoureux, mais pas du tout comme on l’entend habituellement. Ils sont aussi coincés dans une antique Fiat Punto d’auto-école, à double conduite, surnommée «la baronne». Un véhicule qui leur sert de cocon et qui, à l’image de leurs vies, cahote et brinquebale au cœur de l’hiver, entre Turin et Bari, pour convoyer tant bien que mal leurs cœurs en hiver.

«Mes romans parlent toujours de la perte», estime Enirco Remmert. En ce qui concerne son troisième, ce «Petit art de la fugue», il confesse encore avoir été «dans tous les endroits où passe le trio, dont les salines de Margharita di Savoia. J’avais une vingtaine d’années et je les ai connues sous les flocons et c’était fantastique. Il était impossible de distinguer le ciel du sel et de la neige. Et je me suis toujours dit que je ferais figurer une telle scène dans un roman. Tout comme Rimini en hiver, ça ressemble à l’Arizona!», confie-t-il. C’est qu’avant de revenir au pays, il a suivi ses parents aux quatre coins du monde car son père travaillait pour ce symbole industriel du pays qu’est Fiat. «J’ai vécu au Chili, au Kenya, en Irlande. Je suis revenu à Turin à l’âge de 10 ans, quand mon père travaillait à Genève.» Après avoir ainsi «vécu sur trois continents en dix ans», il confesse amusé ne plus trop avoir «le goût du voyage».

Un petit Giro entre amis Bientôt trentenaires, Francesca, Vittorio et Manuella demeurent, à des degrés divers, plus ou moins coincés chez leurs parents. Ils ne sont pas pour autant des «Tanguy» assumant sans honte un statut de parasite. Italie oblige, ils seraient plutôt des Vitelloni en mouvement. Là où les héros de Fellini rêvaient de grand départ pour assumer leurs petites espérances, eux assument plutôt leur petite fugue pour tenter de mettre fin à leur grande désespérance. S’il prend parfois des aspects palpitants et s’infiltre de tension, ce petit Giro entre amis, émaillé de rencontres et semé d’embûches, n’est pas pour autant un road-trip ou le récit d’une dérive. Enrico Remmert dispose d’assez de subtilité

Avec une once d’humour et beaucoup de créativité, Enrico Remmert nourrit un récit à trois voix qui parle de cette jeunesse tardive qui se cherche encore. SP

« Les vieux radotent. ●

Les jeunes n’ont rien à dire. L’ennui est réciproque.»

ENRICO REMMERT DANS «PETIT ART DE LA FUGUE», P. 65

pour, à petites touches, en faire une histoire générationnelle. Celle de jeunes adultes ou de vieux ados victimes de ces crises qui, en Italie, conduisent «à ce que les enfants restent au foyer jusqu’à 28 ans, la moyenne la plus élevée d’Europe». Une situation

qui contribue à la relative immaturité de ce trio qui voudrait «ne pas avoir à payer la sécurité au prix de la liberté, ou le contraire». Une équipe qui chipote ses euros, mais qui dans l’heure suivante se fait embobiner par un vieux roublard au prix de

quelques bières… Mais pour une œuvre de Keith Haring barbotée à un ex, pour une orange volée dans une supérette ou pour un plan galère de réparation automobile, les amitiés se consolident, les cœurs se soudent, les solidarités indicibles se nouent en des liens étranges que l’éloignement ne parvient à distendre.

Routes blanches Pour pénétrer le spleen de ces jeunes gens qui voudraient tout savoir et ne rien payer, Enrico Remmert donne à son récit une construction très séquencée et assez cinématographique, fon-

dée sur la variation des points de vue. Chaque scène est tour à tour perçue, vécue, ressentie par chacun des personnages sans que le récit ne s’en trouve ralenti. Que l’on se situe dans l’action ou dans la pensée. Et il sait l’ornementer de moments magnifiques à la fois visuels et surréalistes. Tel ce passage où, entre le sel et la neige, sous le ciel bas et dans le silence du Gargano, Vittorio passe son smoking pour jouer du violoncelle en solitaire sous le regard ébahi de ses compagnes de route. «Foncièrement, j’aime les récits de voyages et les road-movies. Depuis Ulysse, le voyage c’est

l’archétype de l’histoire», plaide Enrico Remmert pour expliquer son goût du mouvement. Et sur la route on peut parfois rencontrer sa vérité. Comme eux au bout de ces routes blanches («Strade bianche» est le titre italien de l’ouvrage), qui font allusion aussi bien à l’hiver qu’au trait qui matérialise les voies secondaires sur les cartes de la péninsule. Ainsi Vittorio prend conscience de sa force intérieure. Francesca, en apparence forte, doit apprendre à gérer la fêlure qu’elle sent se creuser au fond d’elle et Manuella, si soucieuse de ne pas prendre de responsabilités, se trouve confrontée à un choix de vie… Au bout du chemin, ils sont mûrs pour se séparer, mais aussi prêts à se retrouver des années après, pour reprendre leurs échanges là où ils les ont laissés. Comme des amis en phase et non comme des amis en ligne. Comme de vrais amis quoi.

LES COUPS DE CŒUR PAYOT BD JEUNESSE

SCIENCE-FICTION

ROMAN

Le grand voyage

L’ingratitude des robots

Auteur suisse à (re) découvrir

Kalimbo tome 1: Mata-Mata, Crisse /Besson, Edition Soleil, 2012, 56 pages, 23 fr. 90

Robopocalypse, Daniel Wilson, Fleuve noir, 2012, 438 pages, 33 fr.

L’Affaire Henri Froment, Charles-François Landry, Bernard Campiche, 2012, 220 pages, 16 fr.

Kalimbo est un vénérable éléphant, si fatigué qu’il n’attend plus rien de la vie. Il décide donc de partir vers le mythique cimetière des éléphants… Son vieil ami Makoussa, lion plein de sagesse et d’ironie, se joint à lui pour égailler ce dernier périple. Partis pour un voyage placé sous le signe de la nostalgie, les deux compères vont cependant vite changer d’humeur quand un jeune zèbre, nommé Mata-Mata, leur tombe entre les pattes. Se sentant moralement obligés de lui porter secours, nos deux bougons amis vont partici-

per sans le vouloir à forger une légende de la savane. Cette nouvelle série de Crisse oscille entre fable philosophique et aventures burlesques sur fond de safari. Un lecteur de 8 ans ou plus aura plaisir à découvrir cette bande dessinée, d’abord grâce aux dessins ronds et stylisés de Besson, puis il sera pris par le texte incisif qui l’accompagne. Un lecteur adulte sera lui séduit par les doubles sens des dialogues, et la réflexion des auteurs sur la vie et la vieillesse. On attend de voir si la suite sera de la même nature! SILVANA COTELLI BOILLAT

Attention, en prenant ce livre dans les mains vous ne pourrez plus le lâcher, ni surtout utiliser votre téléphone ou votre voiture comme auparavant! Construit comme un journal à plusieurs mains humaines, l’ouvrage est un manifeste de résistance et de libre arbitre. Une AI (intelligence artificielle) créée par l’homme a décidé en effet de détruire une race humaine devenue un poids pour la Terre. Cela commence par des robots ménagers et des distributeurs fous tuant tous leurs utilisateurs: bienvenue dans un monde

où n’importe quelle machine intégrant de l’électronique devient une arme mortelle… Vous êtes surveillés, guidés et détruits avec froideur et calcul. Vos voitures deviennent vos adversaires, les jouets de vos enfants deviennent leur pire cauchemar. Mais de partout une résistance va émerger – même chez les machines. En refermant ce roman, votre regard sur notre confort, qu’il soit domotique, multimédia ou autre, va radicalement changer! Demain, je n’utiliserai pas mon portable, peut-être. DIANE GLANZMANN

C.-F. Landry (1909-1973) n’est pas exactement un jeune auteur, et son texte, publié en 1963, n’est pas non plus une nouveauté. Pourtant, il est très actuel. Décrire ainsi le parcours d’un faux délinquant, accusé à tort durant son enfance d’avoir mis le feu à une ferme du village, pourrait être le fait d’un auteur de tous les temps, car Landry y met beaucoup de finesse, de sensibilité, et une très grande compréhension de l’âme humaine. On comprendra à travers ce récit ce qui conduit Henri Froment au crime: juger fausse-

ment un enfant peut avoir de graves conséquences, pour lui comme pour son entourage… Occulté par le succès de Ramuz, Landry mérite pourtant d’être lu. Cette édition est l’occasion de découvrir ou redécouvrir un auteur subtil et surprenant; il réussit ce tour de force de raconter une histoire très locale qui a valeur universelle. Il parlait de son texte comme d’un roman qui touche à d’immenses choses, l’Injustice, la Fatalité, le Bonheur: c’est bien ce qu’on peut ressentir en le lisant. JEAN-MARC BOERLIN


N° et date de parution : 158 - 01/02/2013 Diffusion : 130000 Page : 101 Périodicité : Bimestriel Taille : 100 % PagedesL_158_101_4.pdf 1730 cm2 Site Web : http://www.pagedeslibraires.fr/

Entretien

2013

.

mars

ENRICO REMMERT L

'

I

libraires

des

Page

I

INSOLITE

étrangère

VOYAGE

Littérature

I

EN ITALIE Pour Petit Art de la Philippe Rey

Entretien

fuite

Propos recueillis et traduits par FLORENCE RAUT Librairie La Libreria (

Paris ge

Dans uneItalie déroutante hivernale celledes ,

,

plages désertes et desvillages endormis sous la neige ENRICO REMMERT promène trois personnages en quête d eux-mêmes Et nousderrière eux. Entre drôlerie mélancolie et poésie ce roman intimiste se permet quelques incursions du côté du noir et révèle un auteurrésolument moderne. ,

'

.

,

,

1/3 Copyright (Page des Libraires) Reproduction interdite sans autorisation

EDITIONS PHILIPPE REY


N° et date de parution : 158 - 01/02/2013 Diffusion : 130000 Page : 102 Périodicité : Bimestriel Taille : 100 % PagedesL_158_101_4.pdf 1730 cm2 Site Web : http://www.pagedeslibraires.fr/

ON DEMANDE À L ESPACE CE QUE LE TEMPS NE SAURAIT RÉSOUDRE. ON EMPORTE AVEC SOI CE À QUOI '

«

ON TENTE D ÉCHAPPER '

»

ENRICO REMMERT

-

L ACTION DE VOTREROMAN

déroule en grande

se

'

partie surles routes , le long des chemins de traverse - les strade bianche du titre original - dans

sillage de trois jeunes gens un garçon et deux plus tout à fait des adolescents mais pas encore des adultes en tous cas tourmentés vulnérables et hésitants Est-ce un choix délibéré de nous les présenter à ce moment précis de leur existence pratiquement en cavale »? ENRICO REMMERT - Je n' ai pas prémédité d écrire le

,

filles

.

,

,

,

.

existence ne va pas radicalement changer :celui qui était fragile va trouver une certaine assise celle qui est a priori la plus rationnelle va entrevoir la fissure qui est en elle ( et pour le dire comme Leonard Cohen c' est à travers les fissures que passe la lumière et la ,

plus fantasque des trois celle qui refuse les responsabilités sera contrainte à faire unepause afin prendre en compte la vie qui pousse en elle... ,

'

Le périple

roman sur le thème duvoyage mais j' avais envie de me frotter à cet archétype de la littérature Le

limité , d

road novel est finalement beaucoup moins que par le passé Ce qui m' intéressait surtout dansPetit Art de la fuite c' était de prendre la question du voyage à l envers à rebrousse-poil Tous les

aussi

un

,

.

fréquenté

.

,

'

.

,

gensde ma génération proclament haut et fort les voyages J' ai eu une enfance vagabonde faite de déménagements répétés :mon père travaillait à adorer

.

,

étranger et en dix ans j' ai changé trois fois de continents Je n' aime tout simplement plus cela L un de mes personnages Vittorio s' interroge sur cette manie de la bougeotte qui touche nombre de mes contemporains et qui semble correspondre surtout à un besoin de déplacer son malaise d un endroit à un autre On demande à l espace ce que le temps ne saurait résoudre On emporte avec soi ce à quoi on tente '

l

'

.

.

,

,

.

.

échapper J' aimais l idée de soumettre mes à une émigration à l envers du sens habituel sud-nord puisqu' ils partent de Turin pour rejoindre Bari dans les Pouilles Il ne s' agit pas d un voyage '

'

.

'

personnages

,

'

,

.

la recherche d un hypothétique mieux-vivre ou mieux-être.. non les trois protagonistes sont chacun à leur manière desjeunes plutôt prometteurs , talentueux et cependant ils sont tous trois '

à

.

,

,

,

,

perdus Cette absence de repères d objectifs a détruit leurs ambitions Ils savent plus ou moins ce àquoi ils veulent échapper tout en ne sachantpas véritablement ce qu' ils cherchent ou désirent Leurs doutes et leurs incertitudes sont au centre du roman. Ils vont évoluer au cours de ce périple même si leur '

,

.

,

.

,

.

,

'

buissonnier dans l habitacle forcément italienne de surcroît! ) crée '

,

une voiture (

une véritable

intimitéentre les personnages

avec le lecteur d

,

mais

que vous avez de donner à tour de rôlela parole à vos trois protagonistes Il faut parvenir à tenir la note à ne pas provoquer un sentiment de confusion La construction du roman fut-elle délicate? E R " Je me suis beaucoup amusé à écrire le livre à trouver les voix propres de chacun des personnages ,

'

autant

choisi

.

,

.

.

.

,

pourVittorio et Francesca l écriture est assez organisée policée ce qui correspond à leur caractère. Manu quant à elle est bien plus grossière et sauvage mais elle reste très littéraire utilise mille

:

'

,

,

,

,

,

subordonnées

'

'

désorientés

de

,

«

,

d

,

)

dans sesmonologues intérieurs tous à la personne du singulier Cette utilisation du ,

deuxième

.

tu » a été très complexe à mettre en place pourtant lancée cette structure a fonctionné pour moi comme un véritable moteur Néanmoins il y a des passages que j' ai repris vingt fois et j' aurais «

,

une fois

,

,

.

,

fait encore quelques minuscules retouches :s' il n' y avait pas les échéances de mon éditeur pour la livraison des textes je n' arrêterais jamais! Il était très important pour moi que ces trois voix qui éclairent de leur point de vue successif les événements ponctuant le voyage soient distinctes et naturelles Et je suis assez fier que peu de lecteurs m' aient sur la méthode ou les subterfuges utilisés pour rendre avec un certain réalisme les deux voix féminines Si personne ne s' interroge c' est que cela fonctionne non? Ensuite l espace restreint de la voiture et le défilement du paysage à l extérieur étaient tout à volontiers

,

,

,

.

interrogé

,

,

.

,

'

,

2/3 Copyright (Page des Libraires) Reproduction interdite sans autorisation

,

'

EDITIONS PHILIPPE REY


N° et date de parution : 158 - 01/02/2013 Diffusion : 130000 Page : 103 Périodicité : Bimestriel Taille : 100 % PagedesL_158_101_4.pdf 1730 cm2 Site Web : http://www.pagedeslibraires.fr/

,

La.

aJ

L co

2013

-a

per

de

débri

de

.

mars

7

unissent copains

Les

.

qui

plein

buissonnières

âme

I

o

équipée

bons

'

C C

l forts

roman règlements

"

,

routes

entre

cette

à

libraires

CO

Q )

Un. des

les

rendre

de

par

Page

I sentiments cruelles

sensible

bord

rôle Les

inquiétantes

Q )

.

au

et

résisteront

leur

et

o

ou

étrangère

N révélations

grave,

apaisée

jouer

et

à

Manuela

CD

et

C

plus

loufoques

Littérature

I

C. commande

prêts -C sera

doux-amer

C sont

Entretien douloureux Francesca

double

à

,

voyage

"-?

rencontres

faitpropices à l apparition de cette succession de monologues intérieurs :des champs à perte de vue ou des alignements de peupliers et on laisse les pensées courir. '

o du

alternée

Punto

sonnages

itinéraire

.a

fin

comptes

entre

Un

Vittorio

,

Italie qui sert de toile de fond à votre roman est peu fréquentée et assez mystérieuse... E R " Oui leslieux que parcourent les personnages dansleur Fiat Punto sont marqués par l absurde. Pendant l été la côte romagnole ( Rimini Riccione Milano Marittima... vit un embouteillage permanent et des millions de personnes s' étalent sur les plages. L hiver c' est un véritable désert Sans rire ce serait un décor parfait pour tourner sans besoin d effets spéciaux une nuit des morts vivants à l italienne

a le

le

'

.

.

valeur

homme

pour

elle

accom

l

Turin

'

d

pendant

quitter

à

douceur

avec décidé

a

en

,

violente

monitrice

apprête

,

Il

nuit

vétérinaire

La.

dernière

la

la rétorsion

lui

de

de

intégrer

après

Paris

dancer

(

molosse

DJ doit

il

Francesca

provoquant

gogo

,

,

RAUT

,

mesure

intention

'

VIOLONCELLISTE

l

par

amant

,

Libreria

EST

La

charmant

Bari

dans

Sa

et

son

fiancée

.

Manuela

.

son

fuit,

.

,

FLORENCE

appartenant

'

,

) ,

)

bien

,

ge

,

.

cavale

un

)

.

le

orchestre

. annoncer

'

,

sûr

s'

'

,

part

et

'

.

commence

courroux

,

Enrico vous avez écrit trois romans en quinze ans. Ne seriez-vous_pas un peu paresseux?! E R " Je ne suis pas un fonctionnaire de l écriture. J' ai peu de discipline et il m' est impossible de m' asseoir à mon bureau à des horaires fixes pour écrire. Et puis j' aime vivre et expérimenter le monde qui m' entoure J' ai faitvingt métiers différents J' ai été informaticien vendeur de produits cosmétiques pour les cheveux j' ai ouvert une brasserie ( et je l ai refermée j' ai été producteur télé publicitaire.. J' écris des scénarios des chansons ( pour lesSubsonica , groupe rock italien j' ai fait quelques ateliers d écriture à la Scuola Holden à Turin ( école d écriture créée par Alessandro Baricco en 1994 ).. Je n' écris que quand surgit l idée à laquelle je ne peux pas résister. Et comme je suis plutôt un slow writer le prochain roman sera peut-être pour 2015.. La route estlongue et pleine de surprises

du

dispute une

'

.

dans

toile

auto-école

de ,

)

,

une

jeune

'

,

de

»

'

'

qui

qu'

quelques

,

,

Fiat

les

L

Par

rejoindre

quitte

pagner

mois

Librairie

jour

opposés

lui

de (

et

.

,

,

'

) ,

'

.

.RICO

5111

REMME1

17

art de la rude

'

,

Enrico Remmert Petit Artde la fuite Traduit de l italien par Nathalie Bauer '

Philippe Rey 240 p.08

.

Euro

,

.

i>

Lu & conseillé

E

.

par

Bonnet

1-1

Lib La Maison du livre ( Rodez ) M Le .

,

.

Loupp Lib Lettre et .

merveilles ( Pontoise M

.

)

Hirigoyen

Lib Le Jardindes .

lettres A

.

(

Craponne

)

Romaniw '

Lib L Atelier ( Paris .

6

pourquoi il aime pourquoijaimemonlibraire.fr

Enrico Remmert dit son

libraire sur

3/3 Copyright (Page des Libraires) Reproduction interdite sans autorisation

EDITIONS PHILIPPE REY


Revue de presse "Petit art de la fuite"  

Revue de presse "Petit art de la fuite" d'Enrico Remmert aux Editions Philippe Rey. Relations presse: Anne Vaudoyer et Arnaud Labory

Advertisement
Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you