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0)(.%1)($2(3$4()*"3 « L’humilité est le pilier central du christianisme. Comme on demandait à un saint quelles étaient les trois principales vertus à acquérir, il répondit : “La première, c’est l’humilité ; la seconde, l’humilité, et la troisième, l’humilité.” Le mot humilité vient du latin humus qui signifie la “terre”, le “sol”. Il nous renvoie directement à notre condition de créature. L’humilité est la vertu qui nous donne le sentiment de notre faiblesse et de notre insuffisance. Elle nous met en dépendance totale envers le Seigneur et s’oppose à l’orgueil. Quand l’homme se sent mendiant de Dieu, c’est qu’il a atteint l’humilité. » Première des vertus donc, selon Guy Gilbert, l’humilité les conditionne toutes, et c’est ce que montre cet ouvrage vif et complet. Car dans chaque compartiment de la vie quotidienne – travail, famille, couple, amitié, communauté…–, à chaque âge, de l’enfance à la vieillesse, il faut savoir être le serviteur des autres, les écouter, apprendre la discrétion, la pauvreté, la bonté, le pardon, toutes ces valeurs que ne met pas en avant notre société de compétition et de performance. Guy Gilbert montre ici la voie d’un véritable humanisme, et nous incite tous, grands comme petits, à avoir la capacité de nous émerveiller des autres, à nous mettre sur le chemin de la fraternité. À condition de nous accepter tels que nous sommes : humbles et fragiles.

Prêtre-éducateur depuis 45 ans, celui qui proclame que « la rue est son église  » aide quotidiennement des dizaines de jeunes en perdition. La Bergerie de Faucon, qu’il a restaurée en Provence, les accueille et leur offre la chance d’une nouvelle vie grâce à un encadrement compétent. Guy Gilbert est l’auteur d’une quarantaine de livres.

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+,$-"%*$./,00)123(4 &/,"'($5,$,))%5() 678%*,*%1-$.")$&,$91)* « Dans ce livre je vais tenter de disserter joyeusement de la mort, tout en sachant que nous y sommes tous condamnés. Autant en être conscient tout de suite plutôt que d’avaler un jour son bulletin de naissance en s’apercevant trop tard que la vie est brève : “Merde, il fallait mourir, je ne m’en étais pas rendu compte !” Jésus est vainqueur de la mort. C’est la puissance du chrétien. Quand la mort frappe, il est beau de savoir que nous allons vers quelqu’un qui s’appelle Dieu. Alors elle n’est plus à craindre car elle sera une merveilleuse rencontre avec celui que nous avons tant prié sur terre, et qui nous aime. À ceux qui contestent la mort, je dis simplement que la plus grande aventure de la vie, c’est l’amour. Un magicien prodigieux que nous, chrétiens, appelons Dieu-Amour, nous a créés, nous a faits pour aimer. Dites donc, ce serait un sacré pourri s’il nous mettait sur terre et qu’ensuite, à notre mort, tout soit terminé… Certains disent que ce sera le plus beau jour de notre vie. Personnellement je le pense. Anticiper ce grand jour, c’est refuser de vivre une vie close sur elle-même, c’est s’ouvrir, pendant notre séjour sur terre, au mystère de l’au-delà. Croyants, nous sommes des vivants appelés à une autre vie. Préparons-nous dès à présent à ce passage vers l’Amour. » Guy Gilbert

Prêtre-éducateur depuis 45 ans, celui qui proclame que « la rue est son église  » aide quotidiennement des dizaines de jeunes en perdition. La Bergerie de Faucon, qu’il a restaurée en Provence, les accueille et leur offre la chance d’une nouvelle vie grâce à un encadrement compétent. Guy Gilbert est l’auteur d’une quarantaine de livres.

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La Grande interview: Guy Gilbert

«Mon amour va aux gens qui souffrent» Faut-il avoir peur de la mort? Dans son dernier livre, Guy Gilbert, le prêtre des loubards et ami de Jamel Debbouze, nous livre le fruit de ses méditations et répond à la question. Est-ce normal d'avoir peur de la mort?

Comme épitaphe, Guy Gilbert voudrait: «J'ai donné ma vie à l'amour. Et cela a été une grande joie.»Photo Isabelle LEVY-LEHMANNOui, je le comprends. Mais, quand on sait qu'il y a une vie après la mort, c'est moins compliqué. En plaisantant, je dis souvent que Dieu serait un sacré pourri s'il nous mettait sur Terre et, qu'ensuite, à notre mort, tout soit terminé. Mais c'est impossible. Car Dieu est amour. Il nous aime, nous attend. Je ne peux pas concevoir que plus rien n'existe après la mort. Les jeunes délinquants que vous accompagnez comme éducateur comprennent-ils ce message? Parler de résurrection à des jeunes qui n'ont pas une foi très grande, voire pas de foi du tout, c'est difficile. J'essaye de leur dire qu'ils vont retrouver des êtres aimés dans cette deuxième vie. J'ai tenu ce discours à l'un d'entre eux atteint d'un cancer du poumon. Il était en soins palliatifs. Dix jours avant sa

mort, je lui ai promis qu'il allait revoir son frère jumeau décédé avant lui. Cela l'a aidé à tenir, à garder espoir. Un espoir auquel je crois. Mais ce message d'amour est très difficile devant ces jeunes. Ils ont été très souvent privés d'amour. Pour la plupart, l'amour n'existe pas. Pourquoi voulez-vous voir la mort en face? Je veux avoir le temps de dire au Seigneur que j'ai pu faillir quelque foisJe lui dirais aussi mon bonheur de le rencontrer moi qui le cherche depuis tellement d'années et qu'il m'a donné trop d'amour pour un cour si petit. Durant votre vie de prêtre, vous avez côtoyé la mort au quotidienAccompagné la souffrance des familles. Comment avez-vous réussi à ne pas craquer? J'aurais pu craquer. J'ai enterré 42 de mes jeunes, souvent après des morts violentes. J'ai porté l'angoisse de nombreuses personnes en train de mourir. La foi t'aide immensément pour te libérer de cette angoisse qui t'étreint. Il n'y a pas de technique. Cette force est impossible à traduire. Quelle est votre position sur l'euthanasie? Je suis absolument contre. On ne provoque pas la mort. Il existe les soins palliatifs. Maintenant, il y a des situations, face à une souffrance épouvantable qui ne peut pas être

calmée, je dis que l'église doit se taire. Quelle épitaphe voudriez-vous sur votre tombe? «J'ai donné ma vie à l'amour. Et cela a été une grande joie.» Mon amour a toujours été vers les gens qui souffrent, c'est un don de Dieu. Très jeune ma mère a remarqué ce magnétisme qui m'attirait vers la souffrance. Et je suis heureux que le pape François suive cette ligne fondamentale et principale de l'église. Quels seront vos premiers mots devant Dieu? Pourquoi le mal? Il me répondra certainement que quand il est venu sur terre, il a vu le mal lui-même. Avec votre sacré caractère, vous n'allez pas l'engueuler? Peut-être. Il y a des situations qui me révoltent comme un enfant de trois ans qui meurt, un adolescent perdu à cause d'une leucémieL'engueulade ne durera pas longtemps, car il me donnera des solutions. Je ne l'accuserai pas. Dieu ne peut pas être coupable. Jean XXIII et Jean-Paul II viennent d'être canonisés. S'il fallait choisir entre l'un des deux? Je choisirai Jean XXIII. Beaucoup l'ont considéré comme un vieux clou, un homme de passage. Et c'est lui qui, avec Vatican II, est à l'origine de l'église moderne. François sera-t-il un pape

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Date : 04/05/2014 Pays : FRANCE Page(s) : 3 Rubrique : 00-IG - Fait du jour Diffusion : 137617 Périodicité : Quotidien Surface : 55 %

réformateur? Il a déjà enlevé les falbalas, fait le ménage à la cour du Vatican! Il vit dans un appartement tout simple et a refusé sa cage dorée. Il ne porte pas des mules rouges à 10000 . Ce sont des gestes importants. Son premier voyage officiel à Lampedusa parmi des pauvres et des étrangers à notre religion était symbolique. Réussira-t-il à faire revenir les fidèles dans les églises? Si les séminaires sont pleins en Afrique, dans les AmériquesIl existe un désert spirituel très fort en Europe. Nous sommes trop riches. Il n'y pas d'élan spirituel. Notre seul désir est de nous enrichir et de garder cet argent pour nous. Que peut-on faire face à ces inégalités qui se creusent? La théorie du Christ repose sur le partage. Les biens sont communs. C'est un schéma politique révolutionnaire total, même si le Christ n'est pas communiste. Dans notre société, je vois tout de même des lueurs d'espoir. Des équipes de volontaires catholiques attentives aux pauvres fleurissent. Ce sont des gens avec de bonnes situations professionnelles qui vivent et partagent leurs vies avec des clochards. Ce phénomène grandit. Ces catholiques profonds veulent aller jusqu'au bout de ce que le Christ a demandé. Verra-t-on des prêtres se marier grâce au pape François? Je pense que le pape amènera des hommes mariés à devenir prêtre. Mais le célibat peut avoir une valeur extraordinaire. C'est un don total que j'ai essayé moi-même de vivre. C'est une grâce donnée à certains. Il faudra également que notre pape aborde le rituel. Les jeunes s'emmerdent à la messe. Il faut donner plus de clarté au rituel. Les symboles de la messe doivent être

mieux expliqués. Regrettez-vous de ne pas vous être marié? De ne pas avoir eu des enfants? Non, non, nonJ'ai tellement eu d'enfants avec mes jeunes. J'étais fait pour un don total. Il y a eu des moments difficiles. Des tentationsC'est impossible de ne pas en avoir. C'est aussi pour cela que je pars deux jours en retraite tous les dix jours dans un chalet au milieu de la forêt, dans un endroit tenu secret. Cela me fait quarante jours de prières par an pour essayer d'analyser mon comportement et retrouver dieu. Vous avez béni le mariage de Jamel Debbouze avec Mélissa Theuriau. Folklorique ou symbolique? C'est un souvenir extraordinaire. Il y avait 330 personnes dont 300 musulmans dans une ancienne abbaye. J'ai commencé la cérémonie avec un «Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, as-salâm aleïkoum!» la fin du mariage, un musulman m'a dit qu'il avait compris que le fossé entre nos deux religions n'était pas si grand. Je répète toujours que «l'autre a toujours une vérité qui nous manque»! Quand tu as cette idée dans le cour, c'est fantastique, tu sais écouter, partager LireLa nuit s'approche, l'aube va arriver, Philippe Rey,96 pages, 8 , en librairie le 9 mai. Propos recueillispar Patrice

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Date : 04/05/2014 Pays : FRANCE Page(s) : 48 Rubrique : IG - Der Diffusion : 184750 Périodicité : Quotidien Surface : 52 %

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L'entretien du dimancheFaut-il avoir peur de la mort? Dans son dernier livre, Guy Gilbert, le prêtre des loubards et ami de Jamel Debbouze,livre le fruit de ses méditations

«Mon amour a été vers les gens qui souffrent» Interview

Guy Gilbert répète toujours que «l'autre a toujours une vérité qui nous manque!».Photo Isabelle l'appelle le curé des loubards. Guy Gilbert, prêtre et éducateur spécialisé, publie «La nuit s'approche, l'aube va arriver». Une méditation sur la mort. Est-ce normal d'avoir peur de la mort? Oui, je le comprends. Mais, quand on sait qu'il y a une vie après la mort, c'est moins compliqué. En plaisantant, je dis souvent que Dieu serait un sacré pourri s'il nous mettait sur Terre et, qu'ensuite, à notre mort, tout soit terminé. Mais c'est impossible. Car Dieu est amour. Il nous aime, nous attend. Je ne peux pas concevoir que plus rien n'existe après la mort. Les jeunes délinquants que vous accompagnez comme éducateur comprennent-ils ce message? Parler de résurrection à des jeunes qui n'ont pas une foi très grande, voire pas de foi du tout, c'est difficile. J'essaye de leur dire qu'ils vont retrouver des êtres aimés dans

cette deuxième vie. J'ai tenu ce discours à l'un d'entre eux atteint d'un cancer du poumon. Il était en soins palliatifs. Dix jours avant sa mort, je lui ai promis qu'il allait revoir son frère jumeau décédé avant lui. Cela l'a aidé à tenir, à garder espoir. Un espoir auquel je crois. Mais ce message d'amour est très difficile devant ces jeunes. Ils ont été très souvent privés d'amour. Pourquoi voulez-vous voir la mort en face? Je veux avoir le temps de dire au Seigneur que j'ai pu faillir quelques fois Je lui dirai aussi mon bonheur de le rencontrer, moi qui le cherche depuis tellement d'années et qu'il m'a donné trop d'amour pour un cour si petit. Vous avez côtoyé la mort au quotidienAccompagné la souffrance des familles. Comment avez-vous réussi à ne pas craquer? J'aurais pu craquer. J'ai enterré 42 de mes jeunes, souvent après des morts violentes. J'ai porté l'angoisse de nombreuses personnes en train de mourir. La foi t'aide immensément pour te libérer de cette angoisse qui t'étreint. Cette force est impossible à traduire. Quelle est votre position sur l'euthanasie? Je suis absolument contre. Il existe les soins palliatifs. Maintenant, il y a

des situations, face à une souffrance épouvantable qui ne peut pas être calmée, je dis que l'église doit se taire. Quelle épitaphe voudriez-vous sur votre tombe? «J'ai donné ma vie à l'amour. Et cela a été une grande joie». Mon amour a toujours été vers les gens qui souffrent, c'est un don de Dieu. Très jeune, ma mère a remarqué ce magnétisme qui m'attirait vers la souffrance. Et je suis heureux que le pape François suive cette ligne fondamentale de l'église. Quels seront vos premiers mots devant Dieu? Pourquoi le mal? Il me répondra certainement que quand il est venu sur terre, il a vu le mal lui-même. Avec votre sacré caractère, vous n'allez pas l'engueuler? Peut-être. Il y a des situations qui me révoltent comme un enfant de trois ans qui meurt, un adolescent perdu à cause d'une leucémieL'engueulade ne durera pas longtemps, car il me donnera des solutions. Je ne l'accuserai pas. Dieu ne peut pas être coupable. Jean XXIII et Jean Paul II viennent d'être canonisés. S'il fallait choisir? Je choisirai Jean XXIII. Beaucoup l'ont considéré comme un vieux clou, un homme de passage. Et c'est lui qui, avec Vatican II, est à l'origine de l'église moderne. François sera-t-il un pape

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réformateur? Il a déjà enlevé les falbalas, fait le ménage au Vatican! Il vit dans un appartement tout simple et a refusé sa cage dorée. Il ne porte pas des mules rouges à 10.000. Ce sont des gestes importants. Son premier voyage officiel à Lampedusa parmi des pauvres et des étrangers à notre religion était symbolique. Réussira-t-il à faire revenir les fidèles dans les églises? Si les séminaires sont pleins en Afrique, dans les Amériquesil existe un désert spirituel très fort en Europe. Nous sommes trop riches. Il n'y pas d'élan spirituel. Q ue peut-on faire face à ces inégalités qui se creusent? La théorie du Christ repose sur le partage. Les biens sont communs. C'est un schéma politique révolutionnaire total, même si le Christ n'est pas communiste. Dans notre société, je vois tout de même des lueurs d'espoir. Des équipes de volontaires catholiques attentives aux pauvres fleurissent. V erra-t-on des prêtres se marier ? Je pense que le pape amènera des hommes mariés à devenir prêtre. Mais le célibat peut avoir une valeur extraordinaire. C'est un don total que j'ai essayé moi-même de vivre. C'est une grâce donnée à certains. Il faudra également que notre pape aborde le rituel. Les jeunes s'emmerdent à la messe. Il faut donner plus de clarté au rituel. Regrettez-vous de ne pas vous être marié? De ne pas avoir eu des enfants? Non, non, nonJ'ai tellement eu d'enfants avec mes jeunes. J'étais fait pour un don total. Il y a eu des moments difficiles. Des tentationsC'est impossible de ne pas

en avoir. C'est aussi pour cela que je pars deux jours en retraite tous les dix jours dans un chalet au milieu de la forêt, dans un endroit tenu secret. Cela me fait quarante jours de prières par an pour essayer d'analyser mon comportement et retrouver Dieu. Vous avez béni le mariage de Jamel Debbouze avec Mélissa Theuriau. Folklorique ou symbolique? C'est un souvenir extraordinaire. Il y avait 330 personnes dont 300 musulmans dans une ancienne abbaye. J'ai commencé la cérémonie avec un «Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, as-salâm aleïkoum!» A la fin du mariage, un musulman m'a dit qu'il avait compris que le fossé entre nos deux religions n'était pas si grand. Je répète toujours que «l'autre a toujours une vérité qui nous manque»! Quand tu as cette idée dans le cour, c'est fantastique, tu sais écouter, partager Propos recueillis par Patrice

«La nuit s'approche, l'aube va arriver», Editions Philippe Rey, 96 pages, 8, en librairie le 9 mai. Propos recueillis par Patrice

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Guy Gilbert.Le prêtre des loubards donne sa vision de la religion à l'occasion de la sortie de son livre.

« Mon amour a toujours été vers les gens qui souffrent » Faut-il avoir peur de la mort? Dans son dernier livre, Guy Gilbert, le prêtre des loubards et ami de Jamel Debbouze, nous livre le fruit de ses méditations et répond à la question. Est-ce normal d'avoir peur de la mort?

Guy Gilbert, le prêtre des loubards sort un livre.Photo Isabelle Lévy-Lehmann«Oui, je le comprends. Mais, quand on sait qu'il y a une vie après la mort, c'est moins compliqué. En plaisantant, je dis souvent que Dieu serait un sacré pourri s'il nous mettait sur Terre et, qu'ensuite, à notre mort, tout soit terminé. Mais c'est impossible. Car Dieu est amour. Il nous aime, nous attend. Je ne peux pas concevoir que plus rien n'existe après la mort.» Les jeunes délinquants que vous accompagnez comme éducateur comprennent-ils ce message? «Parler de résurrection à des jeunes qui n'ont pas une foi très grande, voire pas de foi du tout, c'est difficile. J'essaye de leur dire qu'ils vont retrouver des êtres aimés dans cette deuxième vie. J'ai tenu ce discours à l'un d'entre eux atteint d'un cancer du poumon. Il était en soins palliatifs. Dix jours avant sa mort, je lui ai promis qu'il allait

revoir son frère jumeau décédé avant lui. Cela l'a aidé à tenir, à garder espoir. Un espoir auquel je crois. Mais ce message d'amour est très difficile devant ces jeunes. Ils ont été très souvent privés d'amour. Pour la plupart, l'amour n'existe pas.» Pourquoi voulez-vous voir la mort en face? «Je veux avoir le temps de dire au Seigneur que j'ai pu faillir quelque foisJe lui dirais aussi mon bonheur de le rencontrer moi qui le cherche depuis tellement d'années et qu'il m'a donné trop d'amour pour un cour si petit.» Durant votre vie de prêtre, vous avez côtoyé la mort au quotidienAccompagné la souffrance des familles. Comment avez-vous réussi à ne pas craquer? «J'aurais pu craquer. J'ai enterré 42 de mes jeunes, souvent après des morts violentes. J'ai porté l'angoisse de nombreuses personnes en train de mourir. La foi t'aide immensément pour te libérer de cette angoisse qui t'étreint. Il n'y a pas de technique. Cette force est impossible à traduire.» Quelle est votre position sur l'euthanasie? «Je suis absolument contre. On ne provoque pas la mort. Il existe les soins palliatifs. Maintenant, il y a des situations, face à une souffrance épouvantable qui ne peut pas être

calmée, je dis que l'Eglise doit se taire.» Quelle épitaphe voudriez-vous sur votre tombe? «"J'ai donné ma vie à l'amour. Et cela a été une grande joie." Mon amour a toujours été vers les gens qui souffrent, c'est un don de Dieu. Très jeune ma mère a remarqué ce magnétisme qui m'attirait vers la souffrance. Et je suis heureux que le pape François suive cette ligne fondamentale et principale de l'église.» Quels seront vos premiers mots devant Dieu? «Pourquoi le mal? Il me répondra certainement que quand il est venu sur terre, il a vu le mal lui-même.» Avec votre sacré caractère, vous n'allez pas l'engueuler? «Peut-être. Il y a des situations qui me révoltent comme un enfant de trois ans qui meurt, un adolescent perdu à cause d'une leucémieL'engueulade ne durera pas longtemps, car il me donnera des solutions. Je ne l'accuserai pas. Dieu ne peut pas être coupable.» Jean XXIII et Jean-Paul II viennent d'être canonisés. S'il fallait choisir entre l'un des deux? «Je choisirai Jean XXIII. Beaucoup l'ont considéré comme un vieux clou, un homme de passage. Et c'est lui qui, avec Vatican II, est à l'origine de l'église moderne.»

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François sera-t-il un pape réformateur? «Il a déjà enlevé les falbalas, fait le ménage à la cour du Vatican! Il vit dans un appartement tout simple et a refusé sa cage dorée. Il ne porte pas des mules rouges à 10000 . Ce sont des gestes importants. Son premier voyage officiel à Lampedusa parmi des pauvres et des étrangers à notre religion était symbolique.» Réussira-t-il à faire revenir les fidèles dans les églises? «Si les séminaires sont pleins en Afrique, dans les Amériquesil existe un désert spirituel très fort en Europe. Nous sommes trop riches. Il n'y pas d'élan spirituel. Notre seul désir est de nous enrichir et de garder cet argent pour nous.» Que peut-on faire face à ces inégalités qui se creusent? «La théorie du Christ repose sur le partage. Les biens sont communs. C'est un schéma politique révolutionnaire total, même si le Christ n'est pas communiste. Dans notre société, je vois tout de même des lueurs d'espoir. Des équipes de volontaires catholiques attentives aux pauvres fleurissent. Ce sont des gens avec de bonnes situations professionnelles qui vivent et partagent leurs vies avec des clochards. Ce phénomène grandit. Ces catholiques profonds veulent aller jusqu'au bout de ce que le Christ a demandé.» Verra-t-on des prêtres se marier grâce au pape François? «Je pense que le pape amènera des hommes mariés à devenir prêtre. Mais le célibat peut avoir une valeur extraordinaire. C'est un don total que j'ai essayé moi-même de vivre. C'est une grâce donnée à certains. Il faudra également que notre pape aborde le rituel. Les jeunes s'emmerdent à la messe. Il faut donner plus de clarté au rituel. Les

symboles de la messe doivent être mieux expliqués.» Regrettez-vous de ne pas vous être marié? De ne pas avoir eu des enfants? «Non, non, nonJ'ai tellement eu d'enfants avec mes jeunes. J'étais fait pour un don total. Il y a eu des moments difficiles. Des tentationsC'est impossible de ne pas en avoir. C'est aussi pour cela que je pars deux jours en retraite tous les dix jours dans un chalet au milieu de la forêt, dans un endroit tenu secret. Cela me fait quarante jours de prières par an pour essayer d'analyser mon comportement et retrouver dieu.» Vous avez béni le mariage de Jamel Debbouze avec Mélissa Theuriau. Folklorique ou symbolique? «C'est un souvenir extraordinaire. Il y avait 330 personnes dont 300 musulmans dans une ancienne abbaye. J'ai commencé la cérémonie avec un "Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, as-salâm aleïkoum!" A la fin du mariage, un musulman m'a dit qu'il avait compris que le fossé entre nos deux religions n'était pas si grand. Je répète toujours que "l'autre a toujours une vérité qui nous manque"! Quand tu as cette idée dans le cour, c'est fantastique, tu sais écouter, partager » LIRELa nuit s'approche, l'aube va arriver, Editions Philippe Rey, 96 pages, 8, en librairie le 9 mai.

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Guy Gilbert.Le prêtre des loubards donne sa vision de la religion à l'occasion de la sortie de son livre.

« Mon amour a toujours été vers les gens qui souffrent » Faut-il avoir peur de la mort? Dans son dernier livre, Guy Gilbert, le prêtre des loubards et ami de Jamel Debbouze, nous livre le fruit de ses méditations et répond à la question. Est-ce normal d'avoir peur de la mort?

Guy Gilbert, le prêtre des loubards sort un livre.Photo Isabelle Lévy-Lehmann«Oui, je le comprends. Mais, quand on sait qu'il y a une vie après la mort, c'est moins compliqué. En plaisantant, je dis souvent que Dieu serait un sacré pourri s'il nous mettait sur Terre et, qu'ensuite, à notre mort, tout soit terminé. Mais c'est impossible. Car Dieu est amour. Il nous aime, nous attend. Je ne peux pas concevoir que plus rien n'existe après la mort.» Les jeunes délinquants que vous accompagnez comme éducateur comprennent-ils ce message? «Parler de résurrection à des jeunes qui n'ont pas une foi très grande, voire pas de foi du tout, c'est difficile. J'essaye de leur dire qu'ils vont retrouver des êtres aimés dans cette deuxième vie. J'ai tenu ce discours à l'un d'entre eux atteint d'un cancer du poumon. Il était en soins palliatifs. Dix jours avant sa mort, je lui ai promis qu'il allait

revoir son frère jumeau décédé avant lui. Cela l'a aidé à tenir, à garder espoir. Un espoir auquel je crois. Mais ce message d'amour est très difficile devant ces jeunes. Ils ont été très souvent privés d'amour. Pour la plupart, l'amour n'existe pas.» Pourquoi voulez-vous voir la mort en face? «Je veux avoir le temps de dire au Seigneur que j'ai pu faillir quelque foisJe lui dirais aussi mon bonheur de le rencontrer moi qui le cherche depuis tellement d'années et qu'il m'a donné trop d'amour pour un cour si petit.» Durant votre vie de prêtre, vous avez côtoyé la mort au quotidienAccompagné la souffrance des familles. Comment avez-vous réussi à ne pas craquer? «J'aurais pu craquer. J'ai enterré 42 de mes jeunes, souvent après des morts violentes. J'ai porté l'angoisse de nombreuses personnes en train de mourir. La foi t'aide immensément pour te libérer de cette angoisse qui t'étreint. Il n'y a pas de technique. Cette force est impossible à traduire.» Quelle est votre position sur l'euthanasie? «Je suis absolument contre. On ne provoque pas la mort. Il existe les soins palliatifs. Maintenant, il y a des situations, face à une souffrance épouvantable qui ne peut pas être

calmée, je dis que l'Eglise doit se taire.» Quelle épitaphe voudriez-vous sur votre tombe? «"J'ai donné ma vie à l'amour. Et cela a été une grande joie." Mon amour a toujours été vers les gens qui souffrent, c'est un don de Dieu. Très jeune ma mère a remarqué ce magnétisme qui m'attirait vers la souffrance. Et je suis heureux que le pape François suive cette ligne fondamentale et principale de l'église.» Quels seront vos premiers mots devant Dieu? «Pourquoi le mal? Il me répondra certainement que quand il est venu sur terre, il a vu le mal lui-même.» Avec votre sacré caractère, vous n'allez pas l'engueuler? «Peut-être. Il y a des situations qui me révoltent comme un enfant de trois ans qui meurt, un adolescent perdu à cause d'une leucémieL'engueulade ne durera pas longtemps, car il me donnera des solutions. Je ne l'accuserai pas. Dieu ne peut pas être coupable.» Jean XXIII et Jean-Paul II viennent d'être canonisés. S'il fallait choisir entre l'un des deux? «Je choisirai Jean XXIII. Beaucoup l'ont considéré comme un vieux clou, un homme de passage. Et c'est lui qui, avec Vatican II, est à l'origine de l'église moderne.»

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Date : 04/05/2014 Pays : FRANCE Page(s) : 17 Rubrique : FRANCE ET MONDE Diffusion : (60724) Périodicité : Quotidien Surface : 56 %

François sera-t-il un pape réformateur? «Il a déjà enlevé les falbalas, fait le ménage à la cour du Vatican! Il vit dans un appartement tout simple et a refusé sa cage dorée. Il ne porte pas des mules rouges à 10000 . Ce sont des gestes importants. Son premier voyage officiel à Lampedusa parmi des pauvres et des étrangers à notre religion était symbolique.» Réussira-t-il à faire revenir les fidèles dans les églises? «Si les séminaires sont pleins en Afrique, dans les Amériquesil existe un désert spirituel très fort en Europe. Nous sommes trop riches. Il n'y pas d'élan spirituel. Notre seul désir est de nous enrichir et de garder cet argent pour nous.» Que peut-on faire face à ces inégalités qui se creusent? «La théorie du Christ repose sur le partage. Les biens sont communs. C'est un schéma politique révolutionnaire total, même si le Christ n'est pas communiste. Dans notre société, je vois tout de même des lueurs d'espoir. Des équipes de volontaires catholiques attentives aux pauvres fleurissent. Ce sont des gens avec de bonnes situations professionnelles qui vivent et partagent leurs vies avec des clochards. Ce phénomène grandit. Ces catholiques profonds veulent aller jusqu'au bout de ce que le Christ a demandé.» Verra-t-on des prêtres se marier grâce au pape François? «Je pense que le pape amènera des hommes mariés à devenir prêtre. Mais le célibat peut avoir une valeur extraordinaire. C'est un don total que j'ai essayé moi-même de vivre. C'est une grâce donnée à certains. Il faudra également que notre pape aborde le rituel. Les jeunes s'emmerdent à la messe. Il faut donner plus de clarté au rituel. Les

symboles de la messe doivent être mieux expliqués.» Regrettez-vous de ne pas vous être marié? De ne pas avoir eu des enfants? «Non, non, nonJ'ai tellement eu d'enfants avec mes jeunes. J'étais fait pour un don total. Il y a eu des moments difficiles. Des tentationsC'est impossible de ne pas en avoir. C'est aussi pour cela que je pars deux jours en retraite tous les dix jours dans un chalet au milieu de la forêt, dans un endroit tenu secret. Cela me fait quarante jours de prières par an pour essayer d'analyser mon comportement et retrouver dieu.» Vous avez béni le mariage de Jamel Debbouze avec Mélissa Theuriau. Folklorique ou symbolique? «C'est un souvenir extraordinaire. Il y avait 330 personnes dont 300 musulmans dans une ancienne abbaye. J'ai commencé la cérémonie avec un "Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, as-salâm aleïkoum!" A la fin du mariage, un musulman m'a dit qu'il avait compris que le fossé entre nos deux religions n'était pas si grand. Je répète toujours que "l'autre a toujours une vérité qui nous manque"! Quand tu as cette idée dans le cour, c'est fantastique, tu sais écouter, partager » LIRELa nuit s'approche, l'aube va arriver, Editions Philippe Rey, 96 pages, 8, en librairie le 9 mai.

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Date : 04/05/2014 Pays : FRANCE Page(s) : 9 Rubrique : IG - Opinions Diffusion : 176701 Périodicité : Quotidien Surface : 8 %

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En quelques dates 12 septembre 1935: naît à Rochefort-sur-Mer dans une famille ouvrière de quinze enfants 1948 : entre au petit séminaire à l'âge de 13 ans De 1965 à 1970: prêtre du diocèse d'Alger partir de 1970: exerce son activité de prêtre dans la rue et devient éducateur spécialisé pour les jeunes délinquants dans le XIXearrondissement de Paris 1974 : achète grâce à un legs une ferme à La Palud-sur-Verdon et y installe un lieu d'accueil, la «Bergerie de Faucon» avec une équipe d'éducateurs, il tente de réinsérer des jeunes en difficulté

12 avril 2003: concélèbre le mariage de son ami le prince Laurent de Belgique 7 mai 2008: célèbre le mariage de Jamel Debbouze et Mélissa Theuriau 20 décembre 2007: accompagne le président Sarkozy au Vatican 2008 : entre dans la 40eédition du Who's Who in France 9 mai 2014: sortie de son livreLa nuit s'approche, l'aube va Philippe Rey, 96 pages, 8 .

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Date : 04/05/2014 Pays : FRANCE Edition : Saint-Dié - Remiremont Page(s) : 40 Rubrique : France Monde - Magazine Der Périodicité : Quotidien Surface : 52 %

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L'entretien du dimancheFaut-il avoir peur de la mort? Dans son dernier livre, Guy Gilbert, le prêtre des loubards et ami de Jamel Debbouze,livre le fruit de ses méditations

«Mon amour a été vers les gens qui souffrent» Interview Guy Gilbert répète toujours que «l'autre a toujours une vérité qui nous manque!».Photo Isabelle l'appelle le curé des loubards. Guy Gilbert, prêtre et éducateur spécialisé, publie «La nuit s'approche, l'aube va arriver». Une méditation sur la mort. Est-ce normal d'avoir peur de la mort? Oui, je le comprends. Mais, quand on sait qu'il y a une vie après la mort, c'est moins compliqué. En plaisantant, je dis souvent que Dieu serait un sacré pourri s'il nous mettait sur Terre et, qu'ensuite, à notre mort, tout soit terminé. Mais c'est impossible. Car Dieu est amour. Il nous aime, nous attend. Je ne peux pas concevoir que plus rien n'existe après la mort. Les jeunes délinquants que vous accompagnez comme éducateur comprennent-ils ce message? Parler de résurrection à des jeunes qui n'ont pas une foi très grande, voire pas de foi du tout, c'est difficile. J'essaye de leur dire qu'ils vont retrouver des êtres aimés dans cette deuxième vie. J'ai tenu ce discours à l'un d'entre eux atteint d'un cancer du poumon. Il était en soins palliatifs. Dix jours avant sa mort, je lui ai promis qu'il allait revoir son frère jumeau décédé avant lui. Cela l'a aidé à tenir, à garder espoir. Un espoir auquel je crois. Mais ce

message d'amour est très difficile devant ces jeunes. Ils ont été très souvent privés d'amour. Pourquoi voulez-vous voir la mort en face? Je veux avoir le temps de dire au Seigneur que j'ai pu faillir quelques fois Je lui dirai aussi mon bonheur de le rencontrer, moi qui le cherche depuis tellement d'années et qu'il m'a donné trop d'amour pour un cour si petit. Vous avez côtoyé la mort au quotidienAccompagné la souffrance des familles. Comment avez-vous réussi à ne pas craquer? J'aurais pu craquer. J'ai enterré 42 de mes jeunes, souvent après des morts violentes. J'ai porté l'angoisse de nombreuses personnes en train de mourir. La foi t'aide immensément pour te libérer de cette angoisse qui t'étreint. Cette force est impossible à traduire. Quelle est votre position sur l'euthanasie? Je suis absolument contre. Il existe les soins palliatifs. Maintenant, il y a des situations, face à une souffrance épouvantable qui ne peut pas être calmée, je dis que l'église doit se taire. Quelle épitaphe voudriez-vous sur votre tombe? «J'ai donné ma vie à l'amour. Et cela a été une grande joie». Mon amour a toujours été vers les gens qui

souffrent, c'est un don de Dieu. Très jeune, ma mère a remarqué ce magnétisme qui m'attirait vers la souffrance. Et je suis heureux que le pape François suive cette ligne fondamentale de l'église. Quels seront vos premiers mots devant Dieu? Pourquoi le mal? Il me répondra certainement que quand il est venu sur terre, il a vu le mal lui-même. Avec votre sacré caractère, vous n'allez pas l'engueuler? Peut-être. Il y a des situations qui me révoltent comme un enfant de trois ans qui meurt, un adolescent perdu à cause d'une leucémieL'engueulade ne durera pas longtemps, car il me donnera des solutions. Je ne l'accuserai pas. Dieu ne peut pas être coupable. Jean XXIII et Jean Paul II viennent d'être canonisés. S'il fallait choisir? Je choisirai Jean XXIII. Beaucoup l'ont considéré comme un vieux clou, un homme de passage. Et c'est lui qui, avec Vatican II, est à l'origine de l'église moderne. François sera-t-il un pape réformateur? Il a déjà enlevé les falbalas, fait le ménage au Vatican! Il vit dans un appartement tout simple et a refusé sa cage dorée. Il ne porte pas des mules rouges à 10.000. Ce sont des gestes importants. Son premier voyage officiel à Lampedusa parmi des pauvres et des

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étrangers à notre religion était symbolique. Réussira-t-il à faire revenir les fidèles dans les églises? Si les séminaires sont pleins en Afrique, dans les Amériquesil existe un désert spirituel très fort en Europe. Nous sommes trop riches. Il n'y pas d'élan spirituel. Q ue peut-on faire face à ces inégalités qui se creusent? La théorie du Christ repose sur le partage. Les biens sont communs. C'est un schéma politique révolutionnaire total, même si le Christ n'est pas communiste. Dans notre société, je vois tout de même des lueurs d'espoir. Des équipes de volontaires catholiques attentives aux pauvres fleurissent. V erra-t-on des prêtres se marier ? Je pense que le pape amènera des hommes mariés à devenir prêtre. Mais le célibat peut avoir une valeur extraordinaire. C'est un don total que j'ai essayé moi-même de vivre. C'est une grâce donnée à certains. Il faudra également que notre pape aborde le rituel. Les jeunes s'emmerdent à la messe. Il faut donner plus de clarté au rituel. Regrettez-vous de ne pas vous être marié? De ne pas avoir eu des enfants? Non, non, nonJ'ai tellement eu d'enfants avec mes jeunes. J'étais fait pour un don total. Il y a eu des moments difficiles. Des tentationsC'est impossible de ne pas en avoir. C'est aussi pour cela que je pars deux jours en retraite tous les dix jours dans un chalet au milieu de la forêt, dans un endroit tenu secret.

Cela me fait quarante jours de prières par an pour essayer d'analyser mon comportement et retrouver Dieu. Vous avez béni le mariage de Jamel Debbouze avec Mélissa Theuriau. Folklorique ou symbolique? C'est un souvenir extraordinaire. Il y avait 330 personnes dont 300 musulmans dans une ancienne abbaye. J'ai commencé la cérémonie avec un «Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, as-salâm aleïkoum!» A la fin du mariage, un musulman m'a dit qu'il avait compris que le fossé entre nos deux religions n'était pas si grand. Je répète toujours que «l'autre a toujours une vérité qui nous manque»! Quand tu as cette idée dans le cour, c'est fantastique, tu sais écouter, partager Propos recueillis par Patrice

«La nuit s'approche, l'aube va arriver», Editions Philippe Rey, 96 pages, 8, en librairie le 9 mai. Propos recueillis par Patrice

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Revue de presse Guy Gilbert, Éditions Philippe Rey.