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- A!$46!>9!6$6+>)%$:;,%!$B!,%!$ ),#!,6$46+:9C!7$:+%#$-;D9"#+96!$ familiale ne cesse de fasciner. - Un livre qui réussit le tour de force de mêler émotion, suspense et réflexion. - Une chronique familiale poignante : trois frères, trois destins fascinants, unis et séparés par deux femmes *+,-!E!6")%#!"$:;&>+#9+%2 - Un regard saisissant sur la réalité socio-politique pakistanaise, porté par des questions universelles quant aux choix terribles faits en temps de guerre.

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- Un récit sous haute tension, rythmé par le défilement des heures de la matinée.

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Fatima Bhutto !"#$%&!$'$()*+,-$!%$./012$3+%$456!7$89-"$:;,%$)%<9!%$ Relations Presse président du Pakistan, fut tué par la police à Karachi en 1996. Sa tante, Benazir Bhutto, ancienne Premier ministre, fut assassinée O4%*D%!100#$2$1*0-,.$ :)%"$,%$)##!%#)#$465"$:;="-)>)*):$!%$1??@2 ! ! Après de brillantes études à New York et à Londres, elle devient !+*&7%'!"7B3*C! chroniqueuse pour plusieurs journaux américains et anglais. Elle ! publie son premier recueil de poèmes à quinze ans. Il sera suivi #.*#@&P#**%%$#.*#@&JD1'!Q!=RJ<<JS;J=SJTU! ! :;),#6!"$4,*-9<)#9+%"$:+%#$,%$>&>+96!$",6$-)$>+6#$:!$"+%$456!2 +&&#!D7%'3C#*! Elle vit et écrit à Karachi. Les Lunes de Mir Ali est son premier #**%P#**%%$#.*#@&JD1'!Q!=R!R;!=V!==!R<! roman.$$


Fatima Bhutto était l’invitée du Grand Soir 3 le 13 février.


"Les Lunes de Mir Ali", de Fatima Bhutto - France Info

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Le zoom culture

"Les Lunes de Mir Ali", de Fatima Bhutto LE JEUDI 13 FÉVRIER 2014 À 11:25

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Les Lunes de Mir Ali, de Fatima Bhutto est un livre surprenant qui vous montrera que le monde est plus complexe que vous le croyez. L'histoire se passe au Pakistan, ou plus exactement, dans les zones tribales du Pakistan, ce qu'on appelle le Waziristân.

Par

Christophe Onodit-biot

Derniers rendezvous Le 18 Février 2014

House of Cards, Macbeth à la MaisonBlanche © Les escales Le 17 Février 2014

Les lunes de Mir Ali, c'est l'histoire de trois frères, et d'un réflexe qu'on a tous eu quand on pense à la mort. On est la première journée de l'Aïd, la grande fête religieuse musulmane qui marque la fin du ramadan. La ville est en effervescence à cause des préparatifs de la fête. Mais encore plus parce que l'on est dans les zones tribales, et que les militaires sont tendus : il s'agit d'assurer pleinement la sécurité du gouverneur dans une région pleine qui grouille d'indépendantistes depuis presque 50 ans. Indépendantistes, parce qu'ils ne supportent plus d'être traités pire que des citoyens de seconde zone, mais carrément comme des terroristes ou des traitres. Les trois frères doivent tous aller prier et prendre soin de leur mère. Ils vont dans trois mosquées différentes pour ne pas laisser leur mère toute seule au cas où l'une d'elle était attaquée. Trois frères qui ont fait les trois choix possibles dans cette région du Pakistan où il est vraiment très difficile de vivre.

Littérature jeunesse : Martine a 60 ans Le 14 Février 2014

La bande-son des années Françoise Sagan

Sur le même thème Sylvain Tesson: "Quand on est tout seul dans la taïga russe, on

http://www.franceinfo.fr/livre/le-choix-culture/les-lunes-de-mir-ali-de-fatima-bhutto-1316755-2014-02-13

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"Les Lunes de Mir Ali", de Fatima Bhutto - France Info

Fatima Bhutto, est non seulement une jeune femme pleine de vie, de 32 ans, qui a le journalisme et la vérité chevillée au corps, mais aussi, l'héritière de la famille la plus célèbre du Pakistan, les "Kennedy du Pakistan", comme on les surnomme, à savoir la famille Bhutto. Famille puissante, mais marquée par la mort puisque son grand-père, qui fut le président Zulfikar Ali Bhutto, a été exécuté en 1979, trois ans avant que Fatima naisse. Shanawaz, son oncle, a été empoisonné. Son propre père, Murtaza Bhutto, a été tué par balles devant leur maison de Karachi alors que Fatima venait d'avoir 14 ans. Sa tante, Benazir Bhutto, fut tuée dans une explosion en 2007. Fatima Bhutto, c'est quelqu'un de très célèbre dans le sous continent indien, parce qu'elle a déjà fait couler beaucoup d'encre avec un livre précédent, Le chant du sabre et du sang, dans lequel elle avait révélé certains aspects sombres de la tragédie familiale : notamment que c'est sa tante, Bénazir, qui a dû commanditer la mort de Mir et Shanawaz pour avoir les mains libres, et concentrer le pouvoir entre ses mains. Pour autant, Fatima n'est pas quelqu'un qui a soif de revanche politique, qui veut faire couler le sang en retour. Fatima, elle a choisi l'écriture : l'année qui a suivi la mort de son père, elle lui a dédié un recueil de nouvelles, s'est lancée ensuite dans le journalisme où sa plume mordante a plusieurs fois épinglé la façon dont son oncle, le veuf de Benazir, qu'on surnomme "Monsieur 10%", régentait le pays, elle a publié aussi un livre sur le tremblement de terre de 2005 qui a dévasté le nord du pays, et désormais, elle se lance dans la fiction avec ce premier roman, Les lunes de Mir Ali, chez Escales

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essaie d'allumer des présences grace à la Vodka"

20 FÉVRIER 2014

Eric Elmosnino (re)découvre Houellebecq

19 FÉVRIER 2014

"Belle arrière grand-mère", de Janine Boissard

19 FÉVRIER 2014

Noëlle Châtelet : "Et si la littérature nous sauvait de l'oubli ?"

18 FÉVRIER 2014

"Le soldat impossible" de Robert Redeker

18 FÉVRIER 2014

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Fatima Bhutto : "Au Pakistan, les femmes doivent lutter pour survivre"

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Le grand témoin

Fatima Bhutto : "Au Pakistan, les femmes doivent lutter pour survivre" LE JEUDI 13 FÉVRIER 2014 À 08:50

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Fatima Bhutto est la nièce de Benazir Bhutto, ancienne Premier ministre assassinée dans un attentat près d'Islamabad en 2007. Après ses études à New York et à Londres, elle devient chroniqueuse pour plusieurs journaux américains et anglais. Après avoir écrit de nombreux livres, elle publie son premier roman, Les Lunes de Mir Ali.

Sur le même thème Michel Maffesoli : "Il nous faut réinventer de nouvelles valeurs"

vidéos 20 FÉVRIER 2014

Cyril Horiszny, photographe : "L'Ukraine veut une réelle indépendance"

20 FÉVRIER 2014

Fatima Bhutto © Les escales

"J'ai toujours adoré écrire et voulu écrire. Ce premier roman est quelque chose de politique, ce n'est pas une volonté de prendre de la distance. C'est deux voix différentes pour parler de la situation au Pakistan," explique Fatima Bhutto. http://www.franceinfo.fr/print/1316601

La Compagnie Créole ne s'arrête jamais

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Fatima Bhutto : "Au Pakistan, les femmes doivent lutter pour survivre"

"C'est l'histoire d'une survie et d'une trahison. Dans quelle mesure est-on amené à trahir pour pouvoir survivre dans ce genre de circonstance. Au Pakistan, les femmes doivent lutter pour survivre et elles le font avec beaucoup de courage." La province du Waziristân a toujours été en guerre. Fatima Bhutto met en accusation la politique pakistanaise, la guerre contre la terreur, les Américains, l'armée. Tout le monde est dans le même sac. "C'est ce à quoi ressemble la vie actuellement au Pakistan. Il y a de la violence partout, de tous les côtés et ce sont les jeunes qui souffrent le plus de cette violence, en particulier les femmes." Le site de Fatima Bhutto

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20 FÉVRIER 2014

Eric Elmosnino (re)découvre Houellebecq

19 FÉVRIER 2014

Yann Queffélec : "Les bonnets rouges c'est aussi une révolte contre Paris"

vidéos 19 FÉVRIER 2014

Par

© Les escales

Résumé : Mir Ali, petite ville rebelle du Pakistan, à la frontière de l'Afghanistan, premier jour de l'Aïd. Au cours d'une matinée cruciale se joue le destin d'une famille dans un univers de feu et de sang. Trois frères aux trajectoires opposées : l'aîné a rejeté son pays pour le rêve américain, le deuxième a opté pour la neutralité en devenant médecin à Mir Ali, le benjamin poursuit la lutte de son père pour l'indépendance. Au centre de leurs vies, deux femmes. L'une, engagée dans la rébellion, est prête à tout pour défendre son combat. L'autre, épouse du médecin, a sombré après la mort de leur fils tué dans un attentat. Au fil des heures qui s'écoulent, leurs choix, leurs erreurs et leurs sacrifices vont les rapprocher ou les séparer définitivement... Le premier chapitre des Lunes de Mir Ali

Fabienne Sintes

Derniers rendezvous Le 20 Février 2014

Cyril Horiszny, photographe : "L'Ukraine veut une réelle indépendance" Le 19 Février 2014

Cédric http://www.franceinfo.fr/print/1316601

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Fatima Bhutto, Manhattan-Kaboul | NOVAPLANET

20/02/14 15:26

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Bientôt sur Nova Le 12/02/2014 dans la Nouvelle internationale de Nova (/radionova/emission-la-nouvelle-internationale-de-nova)

FATIMA BHUTTO, MANHATTAN-KABOUL La romancière sort son premier roman "Les lunes de Mir Ali".

Après un premier recueil de poèmes publié à l'âge de quinze ans, Fatima Bhutto - née à Kaboul en 1982 et nièce de Benazir Bhutto, ancienne Premier ministre du Pakistan assassinée dans un attentat en 2007 - sort son premier roman "Les lunes de Mir Ali" (Editions Les Escales). Dans ce premier roman passionné, Fatima Bhutto - qui écrit pour plusieurs journaux américains et anglais - évoque le destin d'une famille qui se joue au premier jour de fête de l'Aïd à Mir Ali, petite ville rebelle du Pakistan. À travers les portraits croisés de trois frères, elle dépeint un Pakistan où se mêlent destinées personnelles et enjeux géopolitiques. "Dans une langue limpide où rien n'est superflu, Fatima Bhutto offre un portrait saisissant de la société pakistanaise contemporaine" pour le quotidien britannique The Guardian. Vous devez vous identifier (/user/login?destination=node%2F26872%23comment-form) ou créer un compte (/user/register?destination=node%2F26872%23comment-form) pour écrire des commentaires

Les bientôts de l'émission

Virginie Sassoon dans le Pudding (/radionova/bientot-le-pudding(/radionova/bientot-le-pudding-virginie-sassoon-dans-le-pudding)

virginie-sassoon-dans-le-pudding)

http://www.novaplanet.com/radionova/bientot-la-nouvelle-internationale-de-nova-fatima-bhutto-manhattan-kaboul

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Petite-fille d'Ali Bhutto, nièce dè Bcnazir, Fatima BhuttO appartient à une dynastie politique aussi celèbre que les Kennedy. Ecrivain accomplie, cette nouvelle voix du Pakistan donne corps aux rêves de la jeunesse dans un roman intense, Les Lunes de Mir Ali, qui sort ce mois-ci. Rencontre. PLON2 0706698300506/XVR/OTO/2

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PORTRAIT l'ai \ lultime Binet

GULF I cit im ct ~an\ po\t aiet so/j/jut A / / / W lutetia tthuttoa ï)rtma\ \^aiuh(. (tut so/?/jut cmon hi /filetfi cssfl?t t/c ndtdii son il Climat

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Inn e isn il sangle e (I tns uni veste niitclassit I Ulm i B l i i i t l o c sl belli fournil 11 nuit I ongs c h e v e ux sombres vi u\ pleins il rtoilis \ 11 lihiaiiic Daunt liooks iLiidioiL IIM inm i uni i c n t o n t i t a I ondns on latitude in pi e mn i coup da il pai mi ILS i mmnaçcs cosmopolites / ( s / imc* ck Mn (li son quatrieme titre un roman paiaitiait mois-ci en France II cst ck|a sorti ici setagi in piles a I emplacement cles nouveautes On lui fait bon actutil cest lassui int Cel i ila pas etc le cas akai adn la capitale du Pakistan quand il ute public ctt lutoniiie Installée devant un the vii t, 11 jeune femme 31 ans analyse «I establishment n'aime p is etre tiitiquc I ntoit moins par une inwdci k tompitnds bien sem laisonnemtnt On Mint il une classe t ivoi isee On atout tt qu il faut I n tonstqutntc on div lait gai dti piofil bas Ne p i s n n n t i la donne poui Itsautits \tt stade,je nentcncls qu une simple rumeur forcc'ment ne 0 atne On vtu i » I atima Bhuttotst une hj,uic toiinut cl ias lout k sims continent indien Non seulement pont sa nil ition maîs pour une liberte cle parole c|iiellc n hésite pas a pi e ndl e en tant qu e e ri\ ai n Vii e ours de ses

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ippantions publii|iii s i i st u n i p isnm u 11 clin tient I iiiditoiit en baleine taptnt par son m i l lb},i nu sou issui inn s i s t i a i t s et huinoin moulant Maîs en face a face mi nie s il s.1^,11 el une m t i i \ i i \ \ 11 sl une autre personne I es t motion s affleurent sur tt job visual I a j e u n e femme rit btaueoiip comme d auties se passent la mam dans les tillieux Iimiehti ' Non Plutôt I habitude tic eolmatti la peint O u l i p e u i Hit cohabite axée le s deux cle puis lonu lt mps

CRIMES FRATRICIDES

L ne nuit a Karachi lt 2O stpltmbit I1)1)6 dans la i csidtncc histoi itiuc du clan Bhutto latima iloisagccek 14 ins tnttnd a j ht UK s elu matin une tusill xiii prolongee sous lis tt rn. ti is Cest son peic Mn Murtazi lîhutto qui cst la cible cles tns ck la police, a\tt six aœhtcs di son pai ti II dtttdtia dans les heures cjui suivent faute ile soins appmpi les Come nie nee cette semaine-la I adolescente lui a pi omis d cei ire Ic récit ck sa v ic I Hc noublieia pas ce sci ment Cc sci a / e C haut du <,ahrt it du 'sang un hommage filial ou I fusion e de la naissance du Pakistan senticmclc a\ee h s lg i dc la dv nastit <1 cs Bhutto uiomaunt tns laitmintdt moit naturtllt > v noti-t-tllt avec iiemic Maîs la genci itie)n (|in 11 pi 11 uk i ete di i imce p n les assassinats pendant ciuatic décennies


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4 • J'ai toujours voulu être écrivain. Mon goût pour la lecture, c'est mon père. Le soir, il passait d une pièce à I autre un livre à la main. J J Ah/ulfikai, son grancl-pèie, exécuté par Ie general /ia. 198.5 : Shahnavva/, son oncle, empoisonné à Nice 2007 • Bena/ir, sa taille, \ ic time d'un attentai a Kaiachi I es lechcichcs cle I atima l'ont conduite à déeouv rir une nouvelle facette cle la tragédie Aux meurtres «officiels», si l'on peut dire, s'ajoutent les ci unes f rat i icidcs Bcna/ir elle-même a commandite la moi I dc Mir et Shahnavva/ pouravoii les mains libres, lévèle-t-ellc dans cc livre II cst paru en 2008 -\sifAli7aclaii, le \eul dc Bcna/n, surnommé «monsieur 10%» pour les accusations (lt corruption pesant sul ku, et qualifie «cl oléagineux» sous sa plume, dirigeait le pavs l'atima se félicite à peine dc lavin mis en cause etde quelle facon. «Au Pakistan, la \ lolencc cst toujours la léponsc à tout, dit-elle. Il n'v a ni débat, ni dialogue. Jamais I e pouvoir vous frappe si vous parle/, il vous frappe aussi si vous garde/ le silence Dans ecs conditions, la seule facon dc rcstei sam d'esprit cst dc faire cc que l'on croil juste » Maîs comment v il-elle au quotidien ? «Ln chauffeur accompagne mes déplacements. C cst pesant. Heureusement, mes am is ont la gentillesse cle v enir chez moi partager ma cuisine On m'embête un peu ecs dci mel s temps. Pour résumer la situation, le chef dc la police à kai aehi fait pai tie cles hommes qui tirèrent sur mon pere.» PLON2 0706698300506/XVR/OTO/2

La dissidence coule dans ses veines depuis son prenne! souille. Mil Murta/a Bhutto éteint icf'ugic en Afghanistan api es le icnversemcnl d'Ali Bhullo, I alima naît en 1982 ti Kaboul en plein com ic-fcu I cs moudjahidins pi ciment alois la \ ille en étau P Ile gl and it e n exil, A Damas, sous la pi élection du pi ésident sv i icn I lale/ Al Assad. Dc sa mèl e biologique, afghane ct tres belle, envolee lapidemcnt du fovei conjugal, clic garde un souvenir vague, un pcueffiavant Celle quelle appelle maman

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cst la seconde femme cle son pcie. Ghinvva. libanaise d'origine, dont tous deux sont tombes amouieux au boid d'une piscine à Damas. «Elle a une grande bravome ct c'est une femme sans cold e I Ile m'inspiic. Je me soin lens l'a\ oil hai celée dc mes tom mcnls emane! j'étais plus jeune. "I cs gens qui ont tue papa, ne doivent-ils pas subii la peine dc mort '' Que fais-tu ck ma doulcui ? Dc ma haine?" Maman a loiijouis été lésolue sur ce point : aucune chance que la justice implique dc vel sci Ic sang.»


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UN PERE MODELE

Tatima a étudié les sciences politiques à Colombid, aux Etats-Unis, et àl'univcisité dc Londri s. Maîs clic a toujours voulu être écrivain. Le goût de la lecture, cest son père. «Le soir, il passait d'une pièce à I autre un liv rc à la main.» Mir l'encourageait dans ses tentatives. Concrètement. «Je lui montiais mes petites histoires ct il médisait : "Extraordinaire! Comment as-tu eu ces idees? lu dois les pub! loi. Allons, env ov on s une lettre a un éditeur Commence ainsi : mon nom cst Fatima Bhutto, j'ai ll ans..."» Entre 2000 ot 2OO8, Tatima Bhutto tenait une colonne pour Ic \eieSfateman. Ce sont ses investigations journalistiques qui ont fourni l'inspiration cle son ionian «Je vojageais beaucoup. Vu Baloutchistan. Dans les zones tribales montagneuses du Nord. J'ai réalisé combien jc ti imbalais dc stéréotv jx's. J'avais tout faux, \otamment au sujet dcs femmes. Jc les cio\ais soumises, effacées, dociles. \ui une dc celk s que/ai rencontrées dans les v i liages les plus reculés n'était dc ce type. Ce sont des héroïnes. Il le faut poui surviv rc à l'heure dcs crimes d'honneur et sous l'ordonnance Hudud ^préconisant l'emprisonnement ou la lapidation en cas d'adultère, la notion s'étendant aux v ictimes d'un v iol^, toujours en v igucur.» À exalter ainsi la force morale cles petites gens tout en aiguisant ses sarcasmes à l'enconti e du gouv ci iicment, la censure a fini par tomber sur sa plume. Vu passage, on ne résiste pas à la citer. «Le Pakistan n'est pas un f1 tat en faillite Cc sont ses du igeants qui sont dcs échecs... Cc pavs riche ct div oi s est pris cri otage [>ar un gouvei nemenl plein à ( raquer d'opportunistes mal équipes ct incompétents.»

LE PRIX DE LA LIBERTE 4 4 Nous avons une

Pris par I action, la densité dcs situations et dcs personnages, on dévore ce roman, Ic premier à éx oquer la jeunesse pakistanaise, insurgée ou résignée. A\ec ec ln ie, I at ima Ulm Ho pose une question caidinalc Comment règle-t-on la facture dc ses choix - ct \ répond : «I e Pakistan cst devenu un pa\s qui réclame un sacrifice. Soit on se préoccupe dc justice ct alors on craint pour sa séeui ite. Soit on v cul une \ ic ti anquillc, ct on brade un idéal fondé sur la compassion ou la lovante II nv a plus d'intcrmédiaiie. I e pouvoir en place a terni toute v alenr. Pour une certaine classe, la liberté ne signifie pas avoir une parole, ou la capacité d'expi imci dcs com lotions, maîs déambuler dans un mail, aller au Starbucks, s'offrir une v o i l u io importée ou des t)\ D de films étiangers.» Inutile de lui demander quel camp est Ic sien 9 I cs I unes de Mir Ali, I ct, I <it(ilc\,tiaduit(le I(iiiglai\ (I\iteif,lan) pai Sophie liculide-l oil-*. I e Chant du salue el du sang, li mlle IChastel, traduit par Sophie

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ommentaire dc I intéressée f «J'étais bien trop gentille Parler dc faillite pour un Etat cst très injuste quand cc sont les mêmes v ingt personnes qui lui font metli e gillon a Lei rc depuis ti ente ans». lÂ^Lunc.^dc Mir lll oni pour cadre un v illagc imaginaire du VVa/iristan, centre dos tm bulonces qui affectent le Pakistan contemporain : tirs dcs drones américains, rébellion sépaiatiste, guci rc cutie les chiites ot les sunnites, montée des talibans. Lhistoire se déroule pendant la fête religieuse cle l'Vi'd ci laconte une journee particulière dans la v ic dc trois frères, lesquels ont pris des chemins opposés dc façon radicale, Aman Lrum, l'aîné, rcv lent d'Amérique av ant pave du prix de la trahison un v isa pour la tibet tc Havat, le cadet, s'enfei tc clans la lutte siél ile pour l'indépendance. Sikandcr, médecin, survit, occupé au désespoir d'avoir perdu son fils dans un attentat terroriste. A la surprise cle l'autcui, cc sont lcui s compagnes, Samarra et Mma, qu'elle a campées en héroïnes. Sans même v prend i o garde

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image dcs femmes pakistanaises effacées, soumises. Même dans les villages les plus reculés, elles sont tout le contraire. Ce sont des héroïnes.


09/15 JAN 14 Hebdomadaire OJD : 182237 Surface approx. (cm!) : 361 N° de page : 8

Fatima Bhutto L'écriture oui, la politique Jamais ! LACTUALITE —The Telegraph Calcutta

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atima Bhutto adore sejour ner en Inde, car c'est le pays ou elle se sent le mieux "Delhi ressemble beaucoup a Lahore et Bombay me fait penser a Karachi J'ai l'impression d'être chez mm", explique t elle Fatiraa fait ses pre miers pas de romancière avec la sortie chez Pengum de son roman The Shadow of the Crescent Moon [Les Lunes dè Mir Ali a paraitre en fevrier aux editions Les Escales] Apres le Festival des auteurs de Singapour, elle devrait repartir sur les routes en Angleterre Et, entre la traduction de son livre en français et en italien, l'année 2014 s'annonce bien chargée "Aprescela,j'esperepouvoir arrete de parlerpourme ; émettre a écrire", plaisante la jeune femme, qui est aussi la nièce de l'ancienne Premiere ministre pakistanaise Benazir Bhutto Auteur et journaliste a plein temps poui la presse internationale depuis 2005, Fatima Bhutto tra vaillait a la redaction d un ouvrage de commande sur Karachi quand elle s'est mise a l'écriture de ce roman "Je ne pouvais plus rn arrê ter Alors j'ai laisse tombe? le bon qum sur Karachi pour me consacrer entierement a l'écriture " Ce roman est son quatrieme ouvrage Elle a déjà écrit un recueil de poèmes Whispers of the Desert [Les chuchotements du desert], publie quand elle avait 15 ans, et son deuxieme ouvrage raconte le trem blement de terre qui a secoue le nord du Pakistan en octobre 2005 Et puis Le Chant du sabre et du sang (publie chez Huchet Chastel en aon), qui revient sur l'assassinat de son pere, Mir Murtaza Bhutto, a fait couler beaucoup d'encre Les Lunes de Mir fdi retrace l'histoire de trois freres, Aman Erum, Sikandar et Ha) at, et surtout de deux femmes, Samarra et Mma Le roman se déroule dans la petite ville de Mir Ali, au sem de la zone tribale agitée du Wazinstan, pres de la frontière afghane, dans le nord du Pakistan 'Au depart j'ai voulu

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Son pere, son grand-père, sa tante - Benazir Bhutto, Première ministre du Pakistan - ont tous peri de mort violente Elle a choisi la voie de la litterature écrire l'histoire de trois freres, maîs les deurfemmts ont fini par prendre le dessus", raconte Fatima Bhutto. La violence a toujours fait partie de sa v ie Sa famille n'a pas ete épargnée par les morts vio lentes son grand pere, Zulfikar Ali Bhutto, ancien Premier ministre du Pakistan, a ete exécute en 1979, son oncle, Shahnawaz Bhutto, a ete empoisonne en 1985, son pere, Murtaza Bhutto qui s'opposait publiquement au gouvernement de sa soeur Benazir a ete tue par balle devant leur maison de Karachi alors que Fatima venait d'avoir 14 ans Et sa tante, Benazir Bhutto, a ete assassinée en 2007 Entierement accaparée par la lit terature, Fatima a peu de temps a consacrer a sa carriere de journa liste "Devoir ecnre Sao mots en trois pws était tres stressant " Quant a son nom, il n'est pour elle rn une croix ni une bénédiction "Je ne vois pas en quoi mon nompourra.it exer cer une influence sur moi et encore moins sur mon écriture " La politique ne fait pas partie de ses projets "Jamais je ne fêtai de politique", lance t elle avec gran diloquence, tout en reconnaissant avec amertume que personne ne veut la prendre au sérieux "J'ai toujours voulu devenir écrivain et pour moi c'est un rêve devenu réalité Alors pourquoi voudrais je changer de voie ?" Fatima vit aujourd'hui a Karachi, une ville qu'elle n'a jamais songe a quitter pour se mettre a l'abri, même si elle est souvent en proie a de terribles acces de violence "Je ne veux pas que la violence me dicte mes choiK de vie, ce serait lui accor der trop de pouvoir" Elle a tou jours voulu revenir vivre au Pakistan, même quand elle fai sait ses etudes a l'université Columbia, aux Etats Unis, ou a Londres, a Tins titut dcs etudes orientales et africaines

± Dessin de Bertrams, Pays Bas, pour Courrier international

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Elle est nee a Kaboul en 1982 lorsque son pere était en exil puisa vécu a Damas jusqu'à l'âge de ii ans, av ant de rentrer au Pakistan C'est sans doute ce qui lui confère cette faculté unique de se sentir partout che? elle Au prix parfois d'un cer tam déracinement concède t elle Fatima doit beaucoup a son pere C'est lui qui lui a inocule le virus de la litterature et de l'écriture Elle a commence a écrire dcs poèmes a l'âge dc 12 ans et Murtaza fut l'un des premiers a l'encourager pour qu'elle les fasse publier Faut il la définir comme une mili tante des droits de l'homme une chroniqueuse politique ou une eon vaine? "Jeprefêre me définir comme ecrivaine Romancière n'est pas mal non plus, maîs je dois encore faire mes preuves " C'est bien ce qu'elle a l'intention de faire au cours des prochaines annees —Samita Bahatia Publie k 17 novembre 2013

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VAKITY PAIR REPORTAGE I

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LE POUVOIR EN FAMILLE Asif Ali Zardari,président du Pakistan (2008-2013), et son épouse, Beiiazir Bhutto, premier ministre (19881990 et 1993-1996) avec leurs filles (Bakhtawar ct Asifa) et leur fils (Bilawal) au milieu dcs annees 1990.

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Ue rn accueille sur Ic pciron en plaisantant «Entrez, e cst un peu plus sûr dcdans que dehors » Plus frais aussi, par les 38 ambiants Dans la grande demeure familiale des Bhutto, Fatimapeaufine sa strategie pour la publication de son prochain livre, un roman, Les Lunes de Mir Ali (ed Les Escales, sortie le 20 fevnei) Rendez-vous pris depuis longtemps, échanges sans mention du nom de famille voituie aux vitres tcmtccs envoyée a mon hôtel, deux accompagnateurs, certes prévenants maîs sur le qui-vive d'emblée, on se croirait plonge dans un roman d'espionnage La villa, située au 70 Clifton, une adresse que connaissent tous les habitants de Karachi, est coincée entre le consulat d'Iran et la residence du consul de Russie On aurait pu imagmei que les aboids de ce petit palais aux remparts jaunes seraient protèges comme une place lortc Erreur aucun policier en vue La maison n'est gardée que par des miliciens prives qui vérifient toute identité Les armes, elles, sont bien cachées Comme tout Karachite dans une ville qui compte 3000 meurtres chaque annee, Fatima- jeune femme gracile et cehbataiie de sm ci oit - vit aux aguets Dehors, la mégalopole de 21 millions d'habitants est a feu et a sang A l'intérieur de ce petit palais comme dans son jardin ombrage, règne une ceitame seiemte «La solitude ct la vie en ermite, ça aide pour écrire», sourit Fatima en sirotant un the vert Deux heures plus tard, elle reçoit des amis puis s'isole pour écrire quèlques feuillets La biblioFaf ima theque ou elle s'installe est un lieu historique c'était autrefois le bureau du grand-père adule Zulfikar Ali Bhutto Descendant de guerriers du Rajasthan, cet avocat forme a Londres, fut president dc 1971 a 1973 puis premier ministre de 1973 a 1977 avant d'être dépose par l'obscur general Zia-ul Haq puis juge a la hâte et envoyé au gibet en 1979, malgre les protestations du monde entier Avant de mourir les le\ res enflées par les coups, il avait glisse a sa fille Benazir «Tu es de la même trempe que moi » Fm du premier acte de la tragédie des Bhutto

Les fais du patriarche, Murtaza et Shahnawaz, ont jure de le venger Ils s'exilent a Kaboul puis a Damas poui fonder un mouvement d opposition accuse plus tard d'abriter une organisation terroriste Benazir parvient a quitter le pays elle aussi, grâce a l'intervention de Ted Kennedy et de Robert Badmter « La pendaison de mon giand-peie est l'une des glandes tiagedies de l'histoire de ce pays, qui a ete gouverne plus de la moitié de son existence par les militaires », raconte Fatima Son visage s'anime soudainement les traits parcourus d'émotion «Zulfikar se recueillait derrière ce bureau pour concevoir les grandes reformes dupaysetpeaufinei sesdiscouisaupeuple» pouisuit-elle Dans le salon orne de sabres et de tapis persans la petite-fille de l'ancien premier ministre décrit le martyre de cet homme qui voulait être artiste maîs se jeta a corps perdu dans la politique elle montre ses lunettes cerclées, sa correspondance, des livres en anglais, en oui dou, la langue locale, d'autres en français, dont les oeuvres de Victor Hugo et de Chateaubriand ainsi que des ouviages sur Napoleon, l'une de ses idoles Fatima prefere V S Naipaul, le prix Nobel de litterature d'origine indienne, les poètes soufis, dont Hafez et Omar Khayyam (qui chantait l'ivresse du vin) I Américaine Joan Didion ou encore James Baldwin Longtemps sans adresse fixe elle savoure sa sedentarite pour ne pas due sa réclusion, tant se promener dans la vieille \ ille revient a se livrer a une partie de roulette russe LE CORPS EN 77 MORCEAUX atmia est intarissable dans la vie comme dans ses livres - qui lui procurent l'essentiel de ses ressources, surtout les editions étrangères, en plus des chi oniques qu'elle publie régulièrement dans la presse Ce qu elle raconte de sa voix douce, c'est une saga de sang et de fui em, de gloues et de chagrins Porter le nom de Bhutto alongtemps ete synonyme de baraka dans le sous continent indien Une grande famille de proprietaires fonciers dont les enfants étaient eduques a Londres, Cambridge ou Oxford avant de re\ emr au Pakistan goûter aux charmes du pouvoir et de la fortune L'une des dynasties les plus célèbres du XXe siecle, souvent comparée a celle des Nehru-Gandhi, maîs dont la destinée tiagique \v évoque au moins autant celle des Kennedy Désormais le patronyme glorieux est une malediction Revendiquer la lignée, c'est risquer un destin de shahid, de maityi C est pourtant Bhutto cc qu assume Fatima, la mccc de Benazir Bhutto par deux fois premier ministre avant de p enr assassinée lors d'un attentat a la bombe et au lusil-mitrailleur, en decembre 2007, le corps disperse en 77 morceaux Son combat, Fatima a choisi de le menei avec sa plume Le choix n'est guère aise Comment écrire dans un pays en proie a tant de troubles ? Comment décrire, par le roman ou l'essai, les tourbillons qui agitent la sixième nation la plus peuplée du monde avec pres de 20 O millions d'habitants, musulmans a plus de 95 % que l'hebdomadaire britannique The Economm a qualifie de

«LE POL VOIR EST UJNE

MACHINE DANGEREUSE.

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Page 4/14 L'HERITIERE Fatima Rhutto pose pour VanityFaie,f'm 2013 à Karachi. Petitefille de Zullikar Ali Bhutto, ancien président «lu Pakistan, et nièce de Benazir, elle reçoit dans la maison familiale, où son grand-père « concevait les grandes réformes du pays et

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« pays le plus dangereux de la planete » ' Et comment poursun re une \ocation litteraiie lorsque les menaces s'accumulent et que toute sa famille n est traversee que de courants de haine ?

LE FILS DE BENAZIR

PRÉFERE LES SOIR FES MONDAINES À LA POLITIQUE.

Elle la belle Fatima aux gestes amples c'est la scribe cosmopolite de la tragédie familiale a défaut de vouloir entrer en politique, malgre les appels pressants « Le pouvoir est une machine dangereuse», lâche-t-elle devant ses amis Son pere, Murtaza« un papa merveilleux», dit-elle est I un de ses supplicies accuse d'avoir participe a des attentats il est lui-même tombe sous les balles de\ant la demeuie des Bhutto Sa tante, Benazn, est une autre victime du sort jeté sul le clan surnommée « BB » ou « Pinky » poui le icse de ses vetements, elle lut la pieiniere femme a diriger un pays musulman a 3^ ans Son epoux, Asif AliZardan incarne aujourd'hui la ligure du corrompu LesPakistanaisl appellent «Mister 10/-e» pour sa propension notone a prelever une dîme sur les grands contrats d'Etat Le fils d'Asif Ali Zardan et de Bcnazir Bhutto, Bilawal a 25 ans et une gueule d'acteui de Bolrywood, en 2007, il a pus la présidence du Parti du peuple pakistanais (PPP), fonde par le PLON2 6074698300524/GMA/OTO/2

grand-père Dans ses dernieres volontés, Benazir l'avait voulu ainsi Ilacependantlaieputation d'un «fais de» sans chaiisme, d un Rastignac aux ambitions fragiles sans doute a cause des périls Diplôme d'histoire a Oxford el ceinture noire de laekwondo Bilawal prefèie les soiiees mondâmes londoniennes auxjoutes oratoires dans sonpays L'équivalent pakistanais des Guignols de I info le compare a Jackie Chan Ses fans préféreraient le voir sur un stade de cricket, sport le plus populaire du pays, plutôt que sm un tatami ou dans les manèges d equitation Dans la bataille pour la succession, il ne marque aucun point Tl a beau clamer « Ma meie atoujouis dit que la demociatie e^t la meilleur des revanches », sa pratique hésitante de I ourdou le contraint a apprendre ses rares discours par coeur II ne manque toutefois pas de repondant A qui lui promet, surTwitter, un destin de shahid il repond du tac au tac «Si Dieu le veut » Le parti, lui, ne l'entend pas ainsi et piefèie le gaidei enieserve LePPPn aplusde populaire que le nom il est aux mains des vardati ces grands piopuetaiies lonciei s qui asservissent les paysans assujettis a des dettes héritées de leurs parents Pour cela aussi l'héritage cst difficile a assumer Pour l'heure Bilavval veut lancer une fondation Benazir en memoire de sa mere LES DICTATEURS ET L'AS DU SQUASH • ^ atima a choisi elle denonceiapar I ecutuie les H * travers de cette nation ingerablc, nee en 1947 dc la B_^J partition du Raj l'empire des Indes britanniques H ^ A IS ans et des poussières elle composait déjà H un recueil de poèmes \ irulents, Whispers of the __M__ Desert (Piesses univeisitaiies d Oxfoid, 1998) Elle a ensuite publie un récit de la tragédie familiale Beaucoup en pi ciment poui leui giade, a commencei pai Benazn qu'elle détestait de son vivant parce qu elle lajugeait responsable de la moit de son pei e, Murtaza

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Jusqu a une date lecente la vie de J-atima Bliutto n a ete qu'une longue eliance poui echappei au pire Nee a Kaboul en 1982 d une mere afghane alois que son peie était en exil elle a rejoinl Damas pour un appartement sans charme du vieux quartier dc Mazzch Le pere et I enfant voguaient d escale en escale au gré des humeurs de dignitaires ou de dictateurs Murtaza a lui les sicaires lances a ses tiousses par les services secrets du Pakistan C est a l'ombie de ces complots et de ces p eni s que Fatimaagiandi En 1985 agee de tiois ans elle a appris la mort de son oncle Shahnawaz ami de l'avocat fi^uiçiis Jacques Vel ges et habitue des casinos de la Cote d Azur mvsteiieusement empoisonne a Cannes Sans, avon eubesoin de lire Shakespeare elle s est nourrie de debats endiablés av ec des exiles aux mines de conspirateurs des inconnus qui s invitaient auprès dc son pere sut ement des agents a la solde de tel rais ou dictateur, du Svnen Hâtez el Assad pere de Bâchai au Lib> en Mouammar Kadhafi Pour oublier elle regardait des films sur la maha Pendant ce temps Murtaza devenu un as du squash -\ tente de lui enseigne! I insouciance ADamas iljouait a\ecelleauboidde la piscine I avait insuite dans une ecole ameiiuune la Commumtj School et la foi call a suivie des coms dans une petite academie de bal lerines ou il rencontra sa fulure femme la belle danseuse libanaise Ghinwa AI adolescence Fatima axait k, blues au corps la nostalgie d un pa} s d origine qui n existait pas et I env ie d en découdre avec le monde

beau lieie Asit Ali Zardan uni a Benazu Bhutto pai un ina nage ai i ange et le disait tout haut On lepiochait a Murtaza d avoir croc un paru révolutionnaire Al-Zulfikar du nom de sonpcrc avec I aide dcs Soviétiques ct des Indiens Le 20 septembre 1996 au retour d un meeting a Surjani Tovvn a I ouest de Karachi il est abattu dans la rue par la police a deux pas du 70 Chfton Piotegeepai sameieadoptne lapetiteFatima Mans n'osait pas soi tir Deuxjouis plus tôt son peie lui avait muimuie «Un jour tu ecinas ina vie » Ln sumvant de la tuene avoueia avon entendu un agent de la secunte publique lancer « Achev e-le ' » La jeune fille a entendu les hurlements, les coups dc feu puis Ic claquement d une derniere balle tirée dans la mâchoire Le quartier fut plonge dans le noir comme si le complot avait ete dûment prépare «Lespohcieisvoulaients assuiei que cette demieieballeseiait la bonne » racontc-t-cllc a present a deux pas du lieu du crime Un quart d heuieplustard la rue était netto} ec et les preuves efla cees par la police Une equipe de Scotland Yard tut dépêchée sur les lieux Elle estuna que les faits nppeliient étrangement I assas suiat de Tohn F Kennedj Rapidement elle fut invitée a quittei le Pakistan « Même les témoins ont ete tues» pieuse AghaFeiooz 56 ans le photographe altitre de la tanville depuis quarante ans, qui connaît presque tous ses seciets - il lui est même arrive de se déguiser en mendiant pour continuer apiendre des photos de la dj nastie un appaieil cache dans un etui a «galettes Poui Fatima cela ne fait aucun doute sa tante et surtout son oncle étaient dans le coup «Un scandale s insuige-t-elle dans son salon Tous les flics impliques dans I assassinat dc mon pere et de ses amis ont ete piomus Et Zardan a ete acquitte avant même de devenir president Quels que soient les partis ce sont bien souvent des criminels qui dinaent ce pa} s » AI en croire son pei e gênait I ni esistible ascension deBenazn Bhutto et l'avi dite de Zaï dan plus encore

« DES CRIMINELS DIRIGENT CE PAYS »

• ^^ olvglotte diapee dans une longue lobe bleue H • portant d épaisses lunettes Ghinw a Bhutto v it I W aujourd hui avec sa fille adoptive FatimaconsiB dete I ex-danseuse férue dc litterature française H comme sa vraie meie - clio a reluso de revoir B celle qui lui a donne Ic jour Fauzia désormais installée aux Etats-Unis dhmwa e est I ame sœur I amie sur laquelle Fatima peut comptei les jours de solitude derrière les hauts mui s de Chfton « Enti e Fatima et moi dit elle dans son fiançais ensoleille c'est une histoire de passion Onestpaitois liop pioches Alois elle s éloigne poui un temps Moi j ai de cidedeiestei dans ma nouvelle pâti ie Les femmes doivent lut ter resistei ' C est un \ rai combat » Lorsque Ghinwa est allee voter en mai 2013 dans Ic fief dcs Bhutto aLarkana au nord de Kaiachi des militaires I ont empêchée de glisser son bulletin dans I urne puis ont tire au dessus des tetes des militants du PPP Maîs comme Fatima elle ne baisse jamais les bras Quand Murtaza Bhutto est ientieaupa>s en 1991 sa sœui Benazir était dejapiemiei ministie Ils étaient de gauche tous les deux maîs il lui faisait de I ombie Surtout il détestait son

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Dans son deuil, lajeune Fatima qui est partie pour Londres et ^ew York afin dc terminer de brillantes etudes, a accuse sa tante de tous les maux Qu elle lui ressemble pourtant'La même grace le port de tête, le nez long le \ isage fin l'accent d'Oxloid le ton pose de la voix, laiageaucœui et désormais la volonté de venger un pere, elle aussi «Avec papa je n aijamais cesse de lepousser les adieux, avoue-t-elle C'est pour cek que j'écris » Elle signe aussi des articles dans les journaux pakistanais devient même un temps conespondante de guene au Liban Comme a sa tante jadis, on lui aprêle quèlques relations tres p copie dont une liaison supposée avec George Cloonej qu elles est empressée de demen tir-luinon Ellcpourraitposcrpourlcsmagazmcsdémode elle prefère ecnre des conte» et re\ er a un monde meilleur A Londres elle a eonsaue son memoii e de sciences politiques a I enquête sur lamort de son pere-classée sans suite par lajustice pakistanaise D E « M I S T E R 1 0 % » A « MISTER50%»

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uèlques mois apies I assassinat de Murtaza en 1996 Bcnazir Bhutto est contrainte a la demission A 43 ans elle repart en exil dore cette lois avec son man conompu qui a séjourne quèlques annees en prison sans pour autant interrompre ses affaires «II passait commande depuis sa geôle en rémunérant tout le monde e'est tres facile a Karachi» assure un membre du clan Rienn'arlete Zardan, epaule pai un associe base en Glande-Bretagne Grâce a un intermédiaire de l'île de Man et une societe offshore Romena Properties, il acquieit pres de Londres un parc de 135 hectares et un manoir de 20 chambres, Rockwood House, estime a fO millions d'euros décore a I orientale et revendu depuis Zaïdan aune le krisch et le luxe La table de mai ble destinée aux im nes est importée d'Italie au pnx de 105 000 euios Les\eriesen cristal Lalique arm eni de France pour une \ aleur

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LE SHOW ET L'EFFROI de 90 000 euros Visiblement (I) Bilawal Bhutto Zardari à Benazir n était pas fâchée de Oxford dont il est diplômé en son maiiage a\ec un tel peihistoire. (2) Benazir Bhutto en sonnage «Malgre ses imcampagne quelque s heures avant son assassinat, le 27 décembre pairs aurait-elle dit, Asif est 2007, près d'Islamabad. toujours reste tres famille » (3) A Karachi, les carcasses Aussi a l'aise dans l'immodes voitures détruites par les bihei que jadis dans les aipartisans de Benazir en réaction à l'attentat qui lui a coûté la vie. nere-salles de tripots, Zar (4) Un hélicoptère emporte le dan acheté encore rubis sur corps de Murta/a Blmtto, le jour l'ongle un petit chateau pres de son assassinat en 1996. de Cannes des appartements en Espagne et en Floride, et ouvre des comptes en Suisse Au total, sa fortune s eleveiait a plusieurs centaines dc millions dc dollars On I accuse même d a\oir menace un homme d'affaires pakistanais en envoyant un sbne lui attachei un explosil a la jambe avec oïdie de letuei del aigent liquide a sa ban que Peu gentleman, il avait oublie de pajei un entiepreneui bntannique, Paul Keating, poui de menus travaux effectues dans son manoir L'homme l'a poursuivi en justice «Pour lui, ce n est rien juste de l'argent en poche», se gausse un membre du clan Bhutto II est vrai que « Mister f O % » (rebaptise ces dernieres annees « Mister 50 % ») est parti de rien simple om reur dans le cinema de son peie un chef de tnbu leconveiti dans la piojection de films de gangsters et de westerns a deux roupies II est vrai aussi que Zardan est originaire de Larkana, le fief des Bhutto sis en amont de findus et bastion du PPP Voila toute sa chance Les familles Bhutto et Zardan se sont rapprochées par ce mariage aiiange C'est la meie de Benazn, Nusiat, d oiigine naiiienne el que tout le monde appelle « la begum », qui choisit le futur marie histoire d'asseon un peu mieux le poux oir des féodaux du cru « Zardari n avait même pas une voiture quand il a rencontre Benazir», se souvient un membre dc sa famille Le 18 decembre

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1987 la noce est célébrée en grande pompe a Karachi Sur un trône dore entouie d un imposant service d ordre le fiance qui a du emprunterpoui acheter sapropre alliance contemple son succes lui le vendeur de tickets de cinema devenu play bô) et amateur de polo Benazir elle entend laire de ce mariage un tiemplm politique Elle veut montrer un jour ses enfants au peuple perpétuer la dynastie Tant pis si les militants du parti n aiment guère cet arriviste de Zardan UNE VERSION MUSULMANE DES SOCIAUX DEMOCRATES

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ans la foule un journaliste français. Gilles Bertin en poste au Pakistan et auteur du beau roman Afghanistan les enfants d une guerre sans fin (ed Kailash 2012) a relevé ce stratagème «Elle savait que dans ce pays une femme célibataire ne bénéficie pas de la même ciedibihtequ une mere de famille Dont acte » Lors des festivités les inconditionnels des Bhutto tirent des centaines de coups de leu en I air Plusieurs badauds sont tues par des balles perdues Puis une musique retentit la ceremonie commence selon le rite chute des deux lamilles maîs Benazir reste de marbre A 34 ans elle scelle son destin et redonne du lustre a ses ambitions politiques Pasunsounre constate Gilles Bertin lois de cette ceiemonie nes fi olde qui se veut dépouillée poui le

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peuple invite avant la reception mondaine dans la demeure de Clifton Venger le pere atout prix Fille de I Orient et d Oxford Benazir devient I Antigone du sous-continent indien Son règne sera chaotique Elue deux lois elle démissionne deux fois Et se réfugie al etranger Londres et Dubai villes jugées plus sûres que Karachi ou les allées compliquées du palais de marbre d Islamabad Le 18 octobre 2007 Benazir rent!e de son exil aux Emirats le Coran sous le bras Elle veut incarner « la version musulmane des sociaux-démocrates » Le jour même un attentat a lieu sur le trajet de son cortege pourtant protege par un caïd du milieu Bilan 139 morts Elle en réchappe de peu «C était la au bout de cette avenue montre la jeune depu tee du PPP SharmilaFarooqi dans un quartiei nord de Karachi BB rn avait confie qu elle serait un jour ou I autre shahid Maîs rien ne pouvait I empêcher de rentrer au pays » Elégante lormce aux Etats-L nis la j cuno députée a le panache dcs Bhutto Sa maison est constamment protégée par dcs gardes du corps et des policiers sait-onjamais Le destin d une Pakistanaise en politique est souvent entache de sang Deux mois apres son letour au MERE DE SUBSTITUTION bercail Benazir est assassinée a Ghinwa, deuxième femme de Murtaza Bhutto Rawalpmdi (pres d Islamadab) lors et belle-mère de Fatima d un grand meeting Ladv Macbeth Bhuttu, à Karachi fin en lei i e d islam «Nous avions de2013,photographiée pour mande aux forces de securite des Vanity Pair France,

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gardes, se souvient la députée, maîs personne n'est venu On ne saura jamais qui a place la bombe les services secrets ou les fondamentalistes » Benazir avait de nombreux partisans maîs aussi bien des ennemis A commencer par les radicaux et les talibans, ceux-là même qu'elle a contribue a installer avec son âme damnée, le general Nasrullah Babar, alors ministre de l'intérieur C'est ce dernier qui a aide les talibans a arriver au pouvoir, epaule par le tout-puissant Inter-Services Intelligence (ISI), les services secrets pakistanais «Nous avions besoin d'allies dans ce grand pays voisin qu'est l'Afghanistan, m'explique sans détour le general Javid Husam, ancien des commandos et pioche de Pex-piesident Pervez Mushaiiaf, avec qui il joue régulièrement au bridge Le problème du Pakistan, c'est qu'il manque de profondeur strategique par rapport a son frere ennemi, l'Inde Alors on a tout fait pour cherchei de l'autre côte Seulement voila, on n'avait pas prévu l'alliance des talibans avec Al-Qaida » Protèges par Benazir Bhutto, les talibans ont tisse leur toile des deux côtes de la frontière Et. a Karachi, se sont implantées des centaines de nouvelles madrasas, des ecoles coraniques, nourries par des reseaux commerciaux sophistiques Nombre d'entre elles s'affichent ouvertement fondamentalistes

lait d'être associe alajet-sct dc Karachi, bien qu'il n'y séjourne jamais tres longtemps II juge Londres plus agréable, en dépit de ces agents du MIS qui le talonnent pour le proteger « Ce n'est pas un Bhutto, c'est un Zardan1 » s'offusque un vieux militant du PPP Fatima, elle, compte bien un fan-club sur "ibuTube maîs le reseau est interdit au Pakistan par un regime qui craint la contagion des femmes dévêtues Elle porte le flambeau du grand-père et dénonce les errements du Pakistan « On ne naît

« QUIA PLACE LA BOMBE?

LES SERVICES SECRETS OULES FONDAMENTALISTES.»

CORRUPTION AU «PAYS DES PURS»

O

uand Benazir Bhutto meurt, le sous-contment entier pleure l'icône du peuple, celle qui voulait sauver le pays du chaos Pas Fatima Et par un incroyable tour de passe-passe, apres avoir pactise avec l'armée (autant dire avec le diable pour les Bhutto), Asif, le veuf corrompu, se retrouve president du Pakistan, neuf mois apres l'assassinat de sa femme Le «pays des purs» s'enfonce alors davantage dans la corruption, grâce aux subtils montages de Zardan Un sondage de la BBC classe le Pakistan paimi les pays a l'image la plus négative, avec la Coree du Nord et l'Iran Le chef de l'armée britannique, Sir Graham Eric Stirrup, dit même en prive que « Zardan est un vrai imbécile qui ne sait vraiment pas gouverner un pays » Nombre de Pakistanais sont furieux d'un tel sort Fatima Bhutto n'en démord pas De passage a Paris en 2010, clic mc confiait dans l'appartement dc son amie, Pcditncc Vera Michalski, sur l'île de la Cite, sa certitude que l'auteur de toute cette conspiration contre son pere n'était autre que Zardan Quatre accusations pour meurtre pèsent alors sur le veuf, maîs elles sont annulées du lait de sa fonction Idem des enquêtes internationales sul le blanchiment Zaïdan a abandonne son trône de president en septembre 2013 Depuis, il vit retire dans un petit palais a Dubai «II a intérêt a ne pas séjourner trop longtemps au Pakistan, sinon il risque d'être assassine», m'a confie un officier superieur pakistanais « En fait, Zardan, qui a \ole des sommes considérables, a passe un accord avec le nouveau premier ministre Nawaz Shanf pour ne plus être poursuivi », croit savoir Nafees Siddiqui. avocat a la Cour suprême du Pakistan et figure historique du PPP, le pam des Bhutto En 2010, Zardan s'est remarie a Dubai avec une medecin de New York d'origine pakistanaise, Tanveer Zamani On a sacrifie neuf chevres noires, six vaches, un chameau el le souvenir de Benazir, la madone assassinée Qui reprendra le flambeau ? La partie se déroule entre Fatima, pressée par les sympathisants de re\êtir le manteau dynastique, et Bilawal, son cousin de 25 ans Bilawal a contre lui le

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SfiarmUa Farooqi (députée du PPP)

pas intégriste, on le devient, cent-elle dans une chronique Parlements fantoches, dictatures militaires et dirigeants malléables ont contribue a gaspiller les richesses de notre jeune nation » Elle n'est pas dupe pour autant des clivages qui secouent son clan, « une famille qui a souffert de la violence et l'a creee en même temps » Elle a longtemps eu peur du crepuscule, lorsque sortent de leurs caches tueurs et comploteurs Non lom de sa demeure commence le port Une terrible bataille s'y livre pour le contrôle des axes de sortie, afin que les partis politiques se servent sur labête et prélèvent leur tribut « Karachi est fragile, et même le Pakistan entier car il suffit de tirer au bazooka sur quèlques reservoirs de petrole du port pour bloquer l'économie du pays », commente le sociologue du CNRS Laurent Gayer, fin connaisseur de lamegapole pakistanaise ARMES À LOUER Karachi, tous les gangsters sont gris Certains portent képi « Nous sommes dans un pays qui excelle par la corruption », s'indigne Fatima Un jour, en 2008, l'un des parrains de lapegre, Rehman, qui était proche de Benazir, interdit le vol de portables et la vente de drogue dans son quartier de Lyari Les chefs de la police le menacent ils craignent de perdre leurs benefices Le message est clair «Tu as intérêt acontinuei de dealei, sinon tu letoumes en pnson » Depuis lois, le tiafic de drogue s'est amplifie Et Rehman a ete tue au coin d'une rue Pour que les gangs les laissent tranquilles, la majorité des commeiçants et des entiepieneuis de laville paient le bhatta, un « impôt de tranquillité » « Avant, c'était de la vraie protection, poursuit Laurent Gayer Désormais, c'est de l'extorsion pure et simple, et les sommes sont colossales » Celui qui ne paie pas son ecot finit dans un sac sur le bas-côte En conséquence, les gros

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LESATRIDES DU PAKISTAN

LÀDYNASTIEBHUTTO

W/*,, ' Shahnaivaz BHUTTO

Zuljikar All BHUTTO

Nusrat ISPAHANI BHUTTO

[1928 1979]

[19292011

Sernam BHUTTO

Paulin FASIHUDIN BHLTTO

Murtaza BHT TTO

Ghinwa ITAOUI BHUTTO

AsifAh 7ABDABT

Benazir BHUTTO

[ 1 9 5 8 1985]

Zulfikar 4h BHUTTO Jr [1990 ]

industiiels, dont ceux du textile, ont mis» en place dei plans de securite et des reseaux prives de renseignement Quitte a inviter les chefs mafieux a des soirees pour les amadouer Un entrepreneur a ainsi envoyé une enveloppe de 20 000 roupies ( 135 euros) pour la naissance du fais du baba le caïd du quartier Dans les bas-fonds de Karachi, Lvan constitue un enj eu de pou\ oir et d'argent qui controle ce quartier s'approprie les cles de la caisse 70 % de la richesse du Pakistan provient en effet de la mégapôle, laquelle vit de son port Les rues voisines sentent le poisson grille, l'huile de \ idange et surtout la poudre C'est Chicago au boid de la mel d'Aiabie D'un côte, le clan d'Uzan Baloch un caïd enturbanne de blanc et au veibe rapide, surnomme le Robin des bois de Karachi car il est cense redistnbuer une partie de son butin aux pauvres De l'autre, les miliciens de son rival, Baba Ladla, le grand truand Les deux gangs s'arrosent mutuellement au lance-roquettes RPG-7 (2 DOO euros l'engin) Pendant l'une de mes conversations avec Falima a Behar Colony, cinq hommes sont tombes dans une fusillade Les policiers s'aventurent dans le quartier maîs prêtèrent que les gangs nettoient la place, même si leur tête est mise a prix 500000 roupies (3400 euros), une fortune - cette prime est assortie de la promesse de garder secrete l'identité des mfoimateuis « Aujouid'hui, on est oblige d'inten emr, reconnaît le chef de la police de la \ ille, Shahid Hayat Maîs on aurait prefere agir le plus tard possible » PLON2 6074698300524/GMA/OTO/2

Bilawal ZABDABI [1988

Bahhtawar ZABDABI [1990 ]

Asifa ZARDARI [1993

Détail significatif les deuxpaiiams de lapegie appartiennent au même comite, le Aman Committee, proche du parti des Bhutto En fait chaque formation politique a ses racketteurs histoire de gonfler les caisses et de laire vivre les roitelets locaux Toute laville lessent cette forme de guérilla urbaine A deux pas dc la maison dcs Bhutto, Ic lieutenant-colonel Akbar-Shai ocf, reconverti dans le business indique que le tenain d'à côte a pei du k moitié de sa valeur en quèlques mois en raison de l'insécurité « Ici, on vous tue pour un telephone portable a 20 euros » A Kaiachi quelque 3 millions d armes seraient en circulation Une Kalachnikov > Comptez 1000 dollars, 600 pour une imitation, maîs avec le nsque que cela vous saute a la figure Un pistolet Glock? 700 a 900 dollars « Si on n a pas assez d'argent on peut les louei a 30 dollais de Thème ' » s'amuse le mmistie de l'educalion du Smdh, Nisar Khoro II ne précise pas que ses collègues députes se sont autodelivres des ports d'armes 69 473 exactement, re\ele Naeem Sadiq, expert indépendant, soit 300 en moyenne par elu Beaucoup d'armes proviennent d'Afghanistan D'autres ont ete volées aux troupes américaines a leur armee au port de Karachi par un tour de magie impliquant douaniers, fonctionnan es et intel median es 19 O O O containers ont dispai u Falima Bhulto s'offusque de la descente aux enfers de Karachi Ses amis aussi, que je revois lors d'un dejeuner chez elle II y a la un journaliste de television, Mohsm une jeune femme

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d'affaires qui travaille dans Ic petrole, Sabecn, ainsi qu'une adepte du yoga, Aïcha, décoratrice d'intérieur. « Cette ville, on ne la comprend pas », dit Fatima, tandis qu'un serviteur dépose dans son assiette des boulettes de viande aux herbes, soigneusement préparées par un cuisinier arabo-israélien, le dernier chic ici. Un éditeur français voulait qu'elle écrive la saga romanesque de Karachi, à l'instar du magnifique Bombay, Maximum City (éd.Buchet Chastel, 2006) de Suketu Mehta. « J'ai commencé avec joie, confie-t-elle. J'ai passé six mois à rencontrer jour et nuit des Karachites, j'ai même écrit 150 pages. Peine perdue. Cette ville est insaisissable ! » Ses voisins acquiescent. Mohsin raconte qu'il ne sort plus qu'accompagné, tout en reconnaissant que ses soirées durent jusqu'à 5 heures du matin. Aïcha persiste à croire que Karachi est une cité incroyable, fut-elle dangereuse, et s'évertue à conduire elle-même sa voiture. Sabeen finit par avouer qu'elle perçoit toujours son salaire d'institutrice: elle a été affectée à l'une des écoles fantômes qui n'existent que sur le papier en raison d'un manque de moyens pour les bâtir. Comme elle, des milliers d'enseignants sont payés âne rien laire et se reconvertissent. Beaucoup ont intérêt à ce que le système perdure. Dans les statistiques, l'État s'en tire bien. Dans les faits, nombre d'élèves restent chez eux. Et c'est pourquoi, même à l'horizon de la maison des Bhutto, les écoles coraniques fleurissent. Plus de 20 DOO dans le pays, dont 8 DOO au moins à Karachi, selon l'aveu du ministre de l'Éducation du Sindh, Nisar Khoro, soit un doublement en moins dc dix ans. LA PEUR D'ÊTRE ENLEVE

ombre d'entre elles sont radicales, refusant d'enseigner les matières non-religieuses comme les maths, l'histoire, la géographie, et encore moins les sciences naturelles, qui osent représenter le corps humain. Pour le général de brigade Javid Husain, « ces écoles sont des fabriques à terroristes ! Elles pratiquent un véritable lavage de cerveau ». Avec un réseau de financement complexe La madrasaBinoria, 5000 étudiants, dispose ainsi d'un cercle d'ateliers automobiles, de magasins de portables, d'un restaurant pour mariage et de divers fast-food pour financer ses chères ouailles, dont certaines viennent de pays occidentaux. « C'est notre manière de vivre, dit le responsable de Binoria. Car l'État n'assure plus rien du tout, alors nous, on le remplace. » Pendant ce temps, les groupes radicaux fleurissent et recrutent en masse à la sortie dcs madrasas. « Le fondamentalisme monte car l'État est absent », déplore Fatima Bhutto. Mohsin, son ami journaliste, révèle que l'Arabie saoudite a profité des graves inondations de 2010 pour imposer ses écoles coraniques. « Elles ont poussé comme des champignons ! » maugrée-t-il en buvant son thé. « Notre problème maintenant, c'est que l'intolérance surgit de l'éducation. Le ver est dans le fruit. » L'une des industries florissantes est celle du kidnapping. « Le moyen le plus facile de gagner de l'argent en ville », a titré le quotidien local 'Iiie Daily Times. Dans les quartiers oùje me rends, même non loin du centre, les gangs pratiquent désormais \eflash kidnapping, l'enlèvement pour quèlques heures. On négocie la rançon et l'otage, commerçant, médecin ou homme d'affaires, est libéré dans la journée. Pour les autres, la négociation peut durer des mois, avec une rançon qui varie entre deux mille et un million de dollars. « En principe, dit le général PLON2 6074698300524/GMA/OTO/2

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BHUTTO

(Suite de la page 127-»)Rashid Malik reconverti dans la sécurité privée, les ravisseurs savent tout du kidnappé : le cash qu'il a en banque, le nombre de ses voitures, etc. » Le général, qui fut ami de Benazir Bhutto et a dirigé la sécurité de l'aéroport de Karachi, assure laprotection des banques étrangères de laville.

D

ans le même temps, Shahid Kayat, le tout-puissant chef de la police, a relevé de leurs fonctions HO fonctionnaires impliqués dans des prises d'otages. Lorsque les Karachites apprennent que l'un des leurs est enlevé, le premier réflexe n'est pas d'appeler la police, jugée inefficace et surtout trop corrompue, mais une ONG : le CPLC, le Comité de Liaison Citoyens-Police. Cette organisation recueille la déposition et lance ses fins limiers, une centaine de volontaires et 150 employés au total. Ensemble, ils résolvent 95 % des cas,

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soit I 152 kidnappings durant les neul la criminalité de Karachi. Aujourd'hui, premiers mois de l'année 2013. À la il s'agit d'éviter Super Highway, Gutête de cette association, Ahmed Chi- Ishan-e-Iqbal, Defence, Shah Latif noy, un homme d'affaires du textile aux Town. Pour demain, on verra. grosses lunettes et à moitié chauve qui Autre commerce florissant, qui se a confié les clés de l'usine à ses associés déroule jusqu'aux abords de la maison pour se consacrer bénévolement à cette de Fatima Bhutto : la revente de l'eau. activité. Dans son bureau, cet homme Chaque jour, la mafia, avec l'appui de survolté s'exprimant dans un anglais la KWC, la compagnie des eaux de la impeccable n'arrête pas de répondre ville, et des 15000 paramilitaires moà trois téléphones. « Bon, ce soir, je ne bilisés par le gouvernement, coupe les rentre pas chez moi avant minuit. On a vannes à des quartiers entiers. C'est trois gangs à tracer ! » alors que surgissent des camions-ciVoilà ce que craignent par-dessus tout les amis de Fatima Bhutto, l'enlèvement ou la séquestration. «Avant de partir à une soirée, disent-ils, on s'informe chaque jour des échaufNafees Siddiqui fourées et des meurtres de la veille, on reporte tout cela sur un plan et on évite ternes qui vous promettent de ravitailles quartiers en question le lendemain. » ler l'immeuble pour plusieurs dizaines Méthode approximative, mais qui perde dollars. Avocat à la Cour suprême met de limiter les risques. L'un des quoet ami des Bhutto, Nafees Siddiqui aftidiens de la ville, The Express Tribune, firme que « la mafia de l'eau gagne au publie la radiographie au jour le jour de bas mot 100 millions de dollars par an

«Leproblème de Karachi, e est que

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Page 14/14 Fa ma Bhu to 7 ans en 1989 en re sa grand mere Nusra e Murtaza A gauche ire Ch nwa

mutait cst accompli ct ils ont disparu dans la circulation » Dans son bureau protege par les sacs de sable detecteuis d aimes gaides a la mmc patibulaire Ic rédacteur en chef du quotidien The Nent, Ahmed Zia veille tard II continue d enquetei dans les bas quartiers et alentour « La vente e est que plus personne n est en securite dans cette ville Et les fondamentalistes sont de plus en plus populaues parmi les classes moyennes Vous savez pouiquoi la polio s étend ici ' Paice que les mollahs s opposent a la \accination soupçonnant I Occident de vouloir nous empoisonnei On croit revel ' Le pays entier attend un nouveau heros unsauveui >>

Le fondamentalisme monte

CAR L'ÉTAT ESTABSEAT.» Faf ima Bhutto sur Ie dos des citoyens » Lui-même est oblige depuis ti eize ans, d acheter I eau aux 5 000 a 6 0 0 0 camions de 200 0 litres qui sillonnent Karachi pour alimenter sa belle \illa de Chtton Et de piodune sa piopre electncite via un générâteui aloi s qu il paie toujours les idclures d la compagnie « Le problème de cette ville e est que le sommet est corrompu Tout se délite Avant de lan cei une opeiation de nettoyage la police I annonce ct les chefs des gangsters oni le temps de s éclipser » UN TUEUR POUR 30 EUROS

I

'V eur I heure il s agit de se rendre 'a une soiree musicale sur le toit de la villa d Aicha dans le quartier chic ou réside Fatima Bhutto apies un dechet pai lavilla design de Satdar celebre photographe démode Une maison ultia-piotegee comme toutes celles du quartier Une dizaine de miliciens patrouillent dans la rue

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kalachnikov en mam Un avocat de 32 ans tonne aLondies se joint alapar tie II est un peu ivre apres dcuxvcrres de whisky et il vient ecouter la musique qawwah sur le toit de la villa voisine au milieu déjeunes femmes dignes de païadei dans un défile de mode la tete sous les etoiles au dessus des néons de la ville tandis que résonnent au lom ks coups dc tusil «La vie n cst \raimenlpas chere aKarachi dit lejourna liste Ashraf Khan grand connaisseur de I histoire du pa>s et de la saga des Bhutto Et la ville est dev cnue un giand champ de bataille pour les gangs qui iivalisent en matieie de lacket » Un tueur s embauche a 30 euros la tete selon un ancien des services secrets avec une i émis e en cas de meuities en serie «Un jeu d enfants » ajoute Ashiat dans le ti es bi rush club de la presse du centre-ville « Les tueurs déboulent en deux loues soitent un levolver acheté 50 euros et flmguent h victime En moins d une minute leur

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D

ans sa maison aux icmparts jaunes Fatima Bhullo se prépare a partir pour I Inde afin de promouvoir son roman L histoire de trois freres dans les tumultueuses zones tribales de la frontière afghane dans une cite ima ginane qui confine au delue et aux pues exces tant la guerre omniprésente déforme les mentalités un conte aux accents universels de ledemption et de déchéance L un est medecin le second homme d affanes de letoui des Etats-Unis le troisieme a rejoint I insurrection fondamentaliste Une hattie déclinée dont les cpouscs sont dcs maîtresses femmes aux choix radicaux pour le meilleur et pour le pire Une famille a I image des Bhutto traversee par la jalousie et les trahisons « II laut une foice extraoïdmaiie en tant que femme pour suivivre dans ce pays ditFatima C estpoui cela aussi que j ai voulu faire CL livre même si on y verra forcement un acte politique en raison de I histoire de la famille »

L

e soir tombe sur la megapole de 20 millions dames piefiguiation de ce que pourraient ds\ enii maintes cites du sous-continent indien avec dcs pouvoirs publics absents et la violence érigée en loi Lajel-set n a pas fini de faire la tete Fatima Bhutto n a pas range ses st) los et les gangsters fourbissent leurs armes La musique des poètes soufis ne suffit pas a atténuer le vacaime de laville La nuit même dans les quartiers chic tous les coups sont pei mis Kaiachimeiitesonsuinom depuis Kipling la cite de I épouvantable nuit « C estpoui cela aussi quej eu is souffle Fatima Bhutto a la fois pour faire re\ ivre Karachi et pour I oubliei »n


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SPÉCIAL MODE Les tendances de Tété ii Rencontre avec p le couturier M des gentlemen p

E VU INTERVIEW i* at lina Blmtto La saga d'une famille maudite

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SHIREEÏ TEMPLE * Hommage à la petite fiancée d'Hollywood, *

JB! '

00 jours après son mariagfj

FACE AUX EXIûàlCE, v DE LA REINE

(IP!

Jean-Christophe prince Napoléon, Don Luis de Médina y Abascal marquis " t David Mayer de Rothschild

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Succombez à nos 40 princes charmants

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rencontre

FATIMA BHUTTO

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oute vêtue de noir dans un appartement parisien au I decor clair elle semble i presque une ombre La I silhouette gracile, les gestes legers, Fatima Bhutto révèle d'un timbre doux ce qui I a amenée a I écriture de son premier roman, Les Lunes de Mn Ali Mon pere, Murtaza Bhutto, rn a toujours encouragée a écrire A\anr qu ll ne meure, je lui ai promis de raconter son histoire » Fn 2010, Prom a tient paiole avec Le Chant du sabre 11 du Mng Le récit retrace la saga des Bhutto, un nom qui s'est écrit en lettres ecarlate < Mon pere a tout fait pour que j aie une \ ie normale A la maison, travailler dur nous permettait d'être reconnus, maîs notre patronyme, certainement pas > Pourtant, Murtaza Bhutto, ne sept ans apres la creation du Pakistan, était le fils de Zulfikar All Bhutto president de 11 Republique de 1971 a 1973, et Premier mimstiejusqu en 1977 Quand Zulfikar Ali est rem erse par le coup d'Etat du gêner il Zia puis pendu deux ans plus tard Murtaza quitte le pays <Je suis \enue au monde a Kaboul, au cours de cet exil en 1982, confie Fauma Maîs j ai vite compris que mon pere portait le Pakistan en lui Cela transpirait a travers ses lectures ou les musiques qu il écoutait Murtaza et son jeune frere Shahnawaz vont faire le choix de la lutte aunee Pt commanditent des attentats contre Zia, depuis Damas ou Beyrouth Leur sœur Benazir entreprend, au milieu des annees SO d af fronter le regime dictatorial sur place Devenue I icône de I opposition, elle a repris le flambeau de son défunt pere a la tete du Parti du peuple pakistanais En 1988, apres une premiere victoire aux dec lions législatives, elle dissuade Murtaza de rentrer au pays Leur frere Shahnawaz a ete retrouve empoisonne trois THS plus tôt a Nice Toutefois, quind Benazir se trouve conforme au poste de Premier ministie, Murtaza n'y tient plus et décide, en 1993, de mettre fin à son exil A sa descente d wion il est accueilli par la police et passe huit mois en prison Le Pakistan était devenu un lieu de souffiances, maîs mon pere n a jamais cesse d espcrcr changer les choses > Murtaza Buttho comprend qu'il a de nouveaux ennemis, même au sein de sa propre famille II décide a son tour de diiiger le pam ronde par son peie Un sou de 1996, en pleine campagne electoiale, alois qu il rentre cians sa deineiue de Karachi, des tireurs d elite sont position nes sur les toits La police encercle les lieux Un feu roulant se déclenche aussitôt que Murtaza descend dc voiture L horreur dure dix minutes Fatima vient de perdre son pere Elle a 14 ans Les Bhutto ont cause du tort au Pakistan


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Les pimupes d'une dynastie sont aux antipodes du concept de démociatie. » Pour Fatima, sa tante Benazir était la quintessence d'un système biaisé. Elle est allée à contrecourant de la politique menée par son père Zulfikai Ali Bhuuo ; elle a porte le voile quand rien ne l'y obligeait. « Les membres de ma famille sont morts de façon atroce. Ils ont payé pour leurs fautes, pour les erreurs qu'ils ont commises les uns enveis les autres. Après l'assassinat de Benazir, en 2007, ('ai souffert parce que je l'aimais Maîs j'ai également compris combien ses propres peurs avaient

sévissent les trafics de drogue, les kickers de k police, le flash kidnapping, l'enlèvement de quèlques heures, une façon rapide pour les gangsters de toucher de l'argent. « Petit à petit, les journaux qui me sollicitaient m'ont suggéré de prendre des vacances. Et quand la presse internationale me demande d'écrire sur l'explosion d'une bombe au Pakistan, j'ignore s'il y a une réelle volonté de comprendre ce qui se passe dans mon pays Le roman permet d'exprimer davantage de choses. » Personne ne croît Fatima quand elle dit qu'elle n'entrera jamais en politique « Bien sûr, j'ai des opinions

«J'Ai DES OPINIONS. Je considère même que tout est politique. » dicté ses pires actes. » Fatima vit à Karachi. Avec sa mère et son frère. Elle s'y est réinstallée après des études de civilisation orientale aux Etats-Unis et a Londres Diplômes en poche, elle a choisi de devenir journaliste. «Ma maison est également la mémoire de mon père maîs j'y suis heureuse. J'aimerais juste qu'elle soit plus petite, plus cosy » Dans cette demeure d'Old Clifton, un quartier qui plaît à Fatima pour sa mixité, la jeune femme partage ses journées entre l'écriture et la lecture Quand les temps sont plus sûrs, elle s'autorise a voir davantage ses amis. La ville cst gangrenée par la corruption. Y PLON2 7222529300505/XCB/ACR/2

er je considère même que tout est politique. Les coups de pinceau de mon frère, qui est artiste, sont pour moi de véritables prises de position. Quant à moi, je n'echangeiais poui rien au monde cette liberté de dire ce que je pense à travers mes livres. » Dans Les Lunes de Mir Ali, la romancière ne se retient pas de décrire les manipulations, la violence et le danger permanent dont souffre une population muselée. Elle dénonce un système corrompu, une jeunesse consumériste, gavée de divertissements et se donnant l'illusion d'être libre. Elle fait tenir son récit en trois heures. Les trois heures qui précèdent la

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priere du vendredi. « En Asie, le temps s'égrène autrement qu'en Occident. Nous n'avons pas de prise sur les heures, qui peuvent s'étirer et représenter un temps infini. C'est l'un des aspects poétiques de la vie orientale. » Fatima donne aussi la part belle aux femmes, à leur combat sourd contre les avanies qu'elles subissent de toutes parts. Mais son roman se présente avant tout comme une histoire de famille, celle de tiois fièies D'une plume habile, elle les éloigne les uns des autres, les enferre dans l'idéologie, la trahison, ou la conscience du devoir. «J'éprouve de l'empathie envers chacun d'eux. Ne pas les juger représente une libération pour moi Plus tard, j'aimerais pouvoir transmettre la notion de compassion à mes enfants. » Encore habitée par ce premier roman, Fatima Bhutto avoue vouloir se remettre très vite à l'écriture Pour l'heure elle ne parvient pas à se faire publier en ourdou. « Maîs les deux tiers de la population pakistanaise ont moins de 30 ans. Ces jeunes-là peuvent me lue en anglais » La fiction, pour ses espaces autorisés, pour les ventes quelle laisse transparaîrre, pour faire resplendir ce qu'il reste de beauté dans un pays saccagé Fatima Bhutto semble avoir choisi sa voie, à 32 ans., et des poussières.» LIKI «Les Lunes de Mir Ali» de Fatima Bhutto editions Les Escales, 320 pages, 21,90 euros


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Le mausolée des Bhutto, à Lakarna, est un lieu de pelerinage pour les Pakistanais (2) Y reposent Nusrat et Ali Bhutto, ainsi que leurs enfants Benazir Murtaza et Shahnawaz Sanam est la seule survivante (5) En 1976, Zulfikar, alors Premier ministre, rassemble les foules (3) En 1993, Benazir est réélue Premier ministre (4) Fatima Bhutto, a Damas, avec sa grand-mère, sa mere Ghmwa et son pere, pose sous le portrait de Zulfikar Ali (6) Elle vit aujourd hui a Karachi avec sa mere (1)

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19 FEV 14 Quotidien OJD : 94122 Surface approx. (cm!) : 265 N° de page : 28

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AUTREMENT DIT PORTRAIT FATIMA BHUTTO La jeune femme, héritière d'une dynastie pakistanaise, signe son premier roman, avec pour théâtre les zones tribales entre le Pakistan et l'Afghanistan

Un nom, fort et fragile Cinq annees séparent les deux rencontres avec Fatima Bhuîto, héritière d'un nom de poids au Pakistan La premiere eu( lieu en 2D08, a Larkana (province du Smd, sud est du Pakistan), le village d'on gmc de sa famille Quèlques jours seulement apres I assassinat de Benazir Bhutto, sa tante, la sœur de son pere La seconde s'est déroulée cet hiver a Paru, par une fm de journee pluvieuse Et c'est en écrivain à part entière qu'apparaît la jeune trentenaire, auteur d'un roman, Les lunes de Mir Ali ( I ) une fiction imprégnée toutefois du climat d'm surrection dans son pays Mir Ali est une petite ville des zones tribales a Id frontière du Pakistan et de l'Afghanistan Trois freres, aux antipodes les uns des autres, sont pris dans les rouages de la lutte pour l'indépendance Maîs l'essentiel du roman n'est pas la II est dans le rôle de deux femmes deux personnages clés qui, petit a petit dominent l'intri gué « On a toujours la vision des Pakistanaises soumises Ce n'est qu'en partie vrai Beaucoup sont victimes d injustices, maîs elles sa- J vent aussi résister, se battre, se ré volter Le Pakistan est un pays dur, ~ violent maîs il produit aussi des *l femmes d'une personnalité in- 3. Avec Les Lunes de Mir Ali, Fatima Bhutto signe son premier roman. croyable » Petite et menue le visage encadre Sa «façon de s'engager», tout en se tenant à l'écart de la scène politique, dont elle se méfie. d'une lourde chevelure noire, le regard approfondi par de grands nom toujours respecte au Pakistan csr l'incurie des dirigeants qui ont Fatima n'avait que 14 ans Un an yeux sombres, Fatima Bhutto se « J'en suisfiere, maîs ce n est pas ce plongé le pays dans une situation plus tard, elle public un recueil de définit comme une féministe «Mon qui me définit » Elle en assume catastrophique et n'offrent aucun poèmes, Whispers of the Desert (« Les chuchotements du desert »), l'héritage « Ie suis une femme po avenir aux jeunes pereletait Enfant, il me disait tau une ode a ce pere adore En 2007, jours que je pouvais faire ce que je htique qu'on le veuille ou non » c'est Benazir Bhutto qui, a son tour, voulais, qu une femme navaitpas Maîs elle veut exister pour et par sa « Le Pakistan de limite Jai toujours aime écrire plume, « ma façon a moi de m'en tombe sous les balles d'un assassin est un pays dur, a Rawalpindi, a son retour d exil C'était un rêve je le réalise et jamais gager» violent, alors qu'elle entame sa campagne La politique, elle s'en méfie et se je ne l'abandonnerai » électorale II serait tellement plus simple, tient prudemment a l'écart, maîs mais il produit Comme son grand-père, comme pourtant de se laisser porter par ce elle ne peut s'empêcher de denon aussi des femmes sa tante, Falima a fait de brillantes d'une personnalité etudes, dans les ecoles américaines au Pakistan, puis a I université incroyable. » SON INSPIRATION Columbia de New York et, enfin, a la A l'image des Kennedy sa famille prestigieuse School of Qriental and traîne derrière elle son lot de trage Afncan Studies {Soas} a Londres dies Son grand pere, Zulnkar Ali Elle parle, écrit et pubbe ses romans Bhutto, president puis premier rm en anglais Elle voyage aussi, se sent rustre, fondateur du Parti du peuple tout aussi a l'aise a Bombay en Inde, pakistanais (PPP), fut exécute par qu'a Lahore ou a Karachi, ou elle le general ZiaUlHaq en 1979 Son réside le plus, souvent «J'y suis chez « Mon intérêt s est toujours porte vers les hommes et les femmes pere, Murtaza, tente par les mou qut sont laissés sur le bord du chemin, ceux qui restent en arrière moi, rien ne me distingue d une vements radicaux, dut s'exiler en Indienne Nous avons tant en com parce qu ils n'ont pas la connaissance, l'éducation ou le pouvoir Afghanistan, ou il épousa une jeune mun, nous connaissons tout, de leur Tous ces sans-voix qui, dans des pays comme le Pakistan, nant Afghane, la mère de Fauma - nee a culture, grâce au cinema de pas droit a la parole, parce que la démocratie n'existe pas » Kaboul -, qui disparut dans des Bollywwod a leurs musiques qui Fatima Bhutto a ete tentée, un temps, par le journalisme Elle a conditions étranges quand leur fille sont diffusées partout au Pakistan écrit dans quèlques grands quotidiens pakistanais, ainsi que était encore toute petite Maîs I inverse n est pas vrai, tis des chroniques dans des journaux anglo-saxons Elle en a vu les limites « C est dans la fiction que je peux, mieux qu'ailleurs, En 1996, Murtaza, de retour au connaissent peu de chose de nous » donner une voue à ceux qui ne peuvent librement s'exprimer, sans Pakistan apres un exil au Liban, AGNÈS ROTIVEL par ailleurs avoir a les juger » meurt sous les balles de la police, à quèlques mètres de chez lui G) Editions Les Escales, 32O p 21 90 !

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« Donner laparole aux sans-voix»

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01/03/2014 Mensuel OJD : 59582 Surface approx. (cm!) : 277 N° de page : 14

29 RUE DE CHATEAUDUN 75308 PARIS CEDEX 9 - 01 75 55 10 00

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MAGAZINE LE TÉMOIN DU MOIS

Fatima Bhutto el la situation des femmes aa Pakistan Chaque mois, Lire donne la parole à un écrivain pour qu'il nous ouvre les portes de sa réalité. Ce mois-ci : Fatima Bhutto, nièce de l'ancienne Première ministre Benazir Bhutto et auteure des Lunes cfe Mir Ali (Les Escales), un premier roman

saisissant sur les impasses du Pakistan contemporain. « "TT"^^ arce qu''1 existe peu de femmes sur I I la scene publique pakistanaise qui m^^ savent se montrer directes et reso• lues, on pense souvent a l'étranger

La condition des femmes est un problème partout dans le monde Maîs au Pakistan, cette question a Line implication politique plus forte encore, car la violence est exercée par l'Etat lui-

JL. qu'elles sont rares dans le pays Maîs c'est faux i C'est simplement difficile d'aller a rencontre des cliches et de rappeler que les femmes au Pakistan ne sont pas aussi faibles, aussi fragiles qu'on veut bien les présenter Ce

tent encore aujourd'hui i Elles cnminalisent toute femme victime de viol si vous êtes mariée, vous avez alors commis l'adultère , si vous ne l'êtes pas, vous avez connu une relation sexuelle hors mariage ' Et la plupart des femmes emprisonnées aujourd'hui au

qui est vrai, en revanche, c'est que le Pakistan est un pays extrême-

même Songez aux lois du Hudood, édictées en 1979 et qui exis-

Pakistan le sont a cause de cette loi Autre chose depuis 1994, seules les femmes peuvent être fouettées publiquement Les hommes

ment difficile pour elles ll leur faut lutter pour survivre, comme dans l'ensemble du sous continent indien Leur lutte est discrète car elle n'est pas violente, elle ne se manifeste pas sous la forme d'émeutes ou d'attentats a la bombe Maîs elle existe, au jour le jour, et les femmes qui s'y prêtent sont de vraies guerrières L Occident a notamment pu decouvrir l'exemple, il y a quèlques mois, de la jeune Malala

en sont maintenant epargnes Alors je veux bien que l'on dénonce les talibans, maîs il existe des lois talibanes au Pakistan depuis plus de trente ans Malheureusement, ma tante Benazir Bhutto, même si elle a ete la premiere femme elue démocratiquement dans un pays musulman, n'a

Yousafzai, qu'on a voulu assassiner car elle défendait, a 14 ans, le droit

n'a modifie les conditions d'accès au droit de vote, qui imposent d'avoir

a l'éducation des adolescentes

une carte d'identité qu'il faut payer tres cher Trop en tout cas pour la femme du peuple L'écriture me permet d'aborder ces sujets librement, sans avoir a descendre directement sur le

les femmes pakistanaises luttent, maîs dans un pays difficile pour elles.

jamais rien fait pour annuler ces lois, bien au contraire Pas plus qu'elle

terrain politique Car, c'est dans le champ artistique que les changements se font aujourd'hui, que les femmes prennent une place plus décisive Quand j'ai entame Les Lunes de Mir Ali, j'avais conçu ce premier roman comme l'histoire de trois freres Maîs les voix de Mina, de Samarra se sont imposées plus vivaces que jamais Elles sont le reflet de ces femmes fortes que je connais et rencontre tous les jours » Propos recueillis par Julien Bisson Les Lunes de Mir Ali par Fatima Bhutto, traduit de I anglais (Pakistan) par Sophie Bastide Foltz, 322 p Les Escales, 21 90 !

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12 JAN 14 Quotidien OJD : 53825 Surface approx. (cm!) : 549 RUE THEOPHRASTE-RENAUDOT NANCY-HOUDEMONT 54185 HEILLECOURT CEDEX - 03 83 59 80 54

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e ne vos pas en quo mon nom pourrait exercer une influence sur moi et encore moins sur mon écriture. " Fatima Bhutto

2011), qui revient sur l'assassinat de son pere, Mir Murtaza Bhutto, afaitcoulerbeaucoup dencre

Ne pas laisser la violence guider ses choix Les Lunes de Mir Ali retrace l'histoire de trois freres, Aman Erum,SikdnddretHdydt et surtout de deux temmes, Sa marra et Mina Le roman se déroule dans la petite ville de Mir Ali, au sein de la zone tribale agitée du Wazmstan, pres de la frontière afghane, dans le nord du Pakistan

Au cours d'une même matinée, la vie despersonnages va se retiouverbouleversee ajamais « Audepartj aivoulu écrire l'histoire de trois frères maîs les deuxfemmes ont fini par prendre Ic dessus ^raconte-t-elle La violence a toujours tait partiedesavie Safarmllen'a pas ete epai gnee par les morts violentes songrand pere Zultikar Al i Bhutto, ancien Prcmicrrmnistrc du Pakistan, a été exécuté en 1979 son onde, Shahnawaz Bhutto, a éte empoissonne en 1985 ,son

pere, Murtaza Bhutto, qui s'opposait publiquement au gouvernementdesdsreur Benazir a été tué parballes devant leur maison de Karachi alorsqueFatimavenait d'avoir 14ans Etsatante, Benazir Bhutto, a été assassi néeen2007 Entierement accaparée par la littérature, Fatima apeude tempsàLonsdcrerdSdLdrnère dejournaliste « Devoirécrire 800 mots en trois jours était tres stressant » La politique ne fait pas partie de ses projets « J'aitoujoursvouludevemr ecnvdinetpourmoic'estunrê ve devenu réalité Alors pour quoi voudrais-je changer de voie ° » Fatima vit aujourd'hui a Kardthi, une ville qu'elle n'djd maîs songé à quitter pour se

mettre a l'abri même si elle est souvent en pi oie a de terribles deces de violence «Je ne veux pas que la violence me dicte mes choix dc vie, cc serait lui accordertrop de pouvoir » Elle a toujours voulu revenir vivre au Pakistan, même quand elle faisait ses etudes a l'umversrte Columbia, aux États Unis ou à Londres, à l'Institut des etudes oncntalcs ct africaines ElleestneeaKaboulen 1982 lorsque son pere était en exil, puis a vécu à Damas jusqu'à l'âge dc 11 ans avant dc rentrer au Pakistan C'est sans doute ce qui lui confère cette faculté unique de se sentir partout Lhezelle Au prix parfois d'un certain déracinement, conccde-t-elle Fatima doit beaucoup a son pere C'est lui qui lui a inocule le virus de la littérature et de l'écriture Elle a commencé a écrire des poèmes a l'âge de 12dnsetMurtdZdfutPun des premiers à l'encourager pour qu'elle les fasse publier Faut-il la définir comme une militante des droits de l'homme, une chroniqueuse poli ti queouuneécrivame ?« Je prefère me définir comme une écrivame Romancieien'est pas mal non plus maîs je dois encorefaiiemespreuves » C'estbien cequ'elledl'mten tion de faire au cours des prochaines années SAMrTABAHATIA Extrait du journal The Telegraph, Calcutta, publié le 17 novembre

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12 JAN 14 Quotidien OJD : 53825 Surface approx. (cm!) : 549 RUE THEOPHRASTE-RENAUDOT NANCY-HOUDEMONT 54185 HEILLECOURT CEDEX - 03 83 59 80 54

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LITTERATURE. Fatima Bhutto, ou l'histoire d'une écrivaineau cœur de la tourmente.

Une romancière au pays de la violence Son père, son grand-père, sa tante - Benazir Bhutto, Première ministre du Pakistan ont tous péri de mort violente. Héritière d'une dynastie aux accents shakespeariens, elle a choisi la littérature.

R

tima Bhutto adore sé)urneren Inde car c'est ; pays oùellesesentle mieux.» Delhi ressemble beaucoup à Lahore et Bombay me fait penser à Karachi. J'ai l'impression d'être chez moi », explique-t-elle. Fatima fait ses premiers pas de romancière avec la sortie chez Penguin de son roman The Shadow of the Crescent Moon (Les Lunes de Mir Ali,à paraître en février aux éditions Les Escales). Après le Festival des auteurs de Singapour, elle devrait repartir sur les routes en Angleterre. Et, entre la traduction de son livre en français et en italien, l'année 2014 s'annoncebienchargée.

« Après cela, j'espère pouvoir arrêter de parler pour me remettre à écrire », plaisante la jeune femme, qui est aussi la nièce de l'ancienne Première ministre pakistanaise Benazir Bhutto. Auteur et journaliste à pleintemps pour la presse internationale depuis 2005, Fatima Bhutto travaillait à la rédaction d'un ouvrage de commande sur Karachi quand elle s'est mise à l'écriture de ce roman. « Je ne pouvais plus m'arrêter. Alors j'ai annulé le contrat, laissé tomber le bouquin sur Karachi pour me consacrer entièrement à l'écriture. » Ce roman est son quatrième ouvrage. Elleadéjàécritun recueil de poèmes, Whispers of the Desert (Les chuchotements du désert), publié quand elle avait 15 ans, et son deuxième ouvrage raconte le tremblement de terre qui a secoué le nord du Pakistan en octobre 2 005. Et puis Le Chant du sabre et du sang (publié chez Buchet Chastel en

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PORTRAIT

Fatima Bhutto, un nom fort et fragile La jeune femme, héritière d’une dynastie pakistanaise, signe son premier roman, Les Lunes de Mir Ali, avec pour théâtre les zones tribales entre le Pakistan et l’Afghanistan

PAUL WETHERELL Avec Les Lunes de Mir Ali , Fatima Bhutto signe son premier roman. Sa « façon de s’engager », tout en se tenant à l’écart de la scène politique, dont elle se méfie.

Cinq années séparent les deux rencontres avec Fatima Bhutto, héritière d’un nom de poids au Pakistan. La première eut lieu en 2008, à Larkana (province du Sind, sud-est du Pakistan), le village d’origine de sa famille. Quelques jours seulement après l’assassinat de Benazir Bhutto, sa tante, la sœur de son père. La seconde s’est déroulée cet hiver à Paris, par une fin de journée pluvieuse. Et c’est en écrivain à part entière qu’apparaît la jeune trentenaire, auteur d’un roman, Les Lunes de Mir Ali (1), une fiction imprégnée toutefois du climat d’insurrection dans son pays.

Mir Ali est une petite ville des zones tribales, à la frontière du Pakistan et de l’Afghanistan. Trois frères, aux antipodes les uns des autres, sont pris dans les rouages de la lutte pour l’indépendance. Mais l’essentiel du roman n’est pas là. Il est dans le rôle de deux femmes, deux personnages clés qui, petit à petit, dominent l’intrigue.

« On a toujours la vision des Pakistanaises soumises. Ce n’est qu’en partie vrai. Beaucoup sont victimes d’injustices, mais elles savent aussi résister, se battre, se révolter. Le Pakistan est un pays dur, violent, mais il produit aussi des femmes d’une personnalité incroyable. »

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Exister pour et par sa plume Petite et menue, le visage encadré d’une lourde chevelure noire, le regard approfondi par de grands yeux sombres, Fatima Bhutto se définit comme une féministe. « Mon père l’était. Enfant, il me disait toujours que je pouvais faire ce que

je voulais, qu’une femme n’avait pas de limite. J’ai toujours aimé écrire. C’était un rêve, je le réalise et jamais je ne l’abandonnerai. »

Il serait tellement plus simple, pourtant, de se laisser porter par ce nom toujours respecté au Pakistan. « J’en suis fière,

mais ce n’est pas ce qui me définit. » Elle en assume l’héritage: « Je suis une femme politique, qu’on le veuille ou non. » Mais elle veut exister pour et par sa plume, « ma façon à moi de m’engager ».

La politique, elle s’en méfie et se tient prudemment à l’écart, mais elle ne peut s’empêcher de dénoncer l’incurie des dirigeants qui ont plongé le pays dans une situation catastrophique et n’offrent aucun avenir aux jeunes.

La famille Bhutto traîne derrière elle son lot de tragédies À l’image des Kennedy, sa famille traîne derrière elle son lot de tragédies. Son grand-père, Zulfikar Ali Bhutto, président, puis premier ministre, fondateur du Parti du peuple pakistanais (PPP), fut exécuté par le général Zia Ul Haq en 1979. Son père, Murtaza, tenté par les mouvements radicaux, dut s’exiler en Afghanistan, où il épousa une jeune Afghane, la mère de Fatima – née à Kaboul –, qui disparut dans des conditions étranges quand leur fille était encore toute petite.

En 1996, Murtaza, de retour au Pakistan après un exil au Liban, meurt sous les balles de la police, à quelques mètres de chez lui. Fatima n’avait que 14 ans. Un an plus tard, elle publie un recueil de poèmes, Whispers of the Desert (« Les chuchotements du désert »), une ode à ce père adoré. En 2007, c’est Benazir Bhutto qui, à son tour, tombe sous les balles d’un assassin à Rawalpindi, à son retour d’exil, alors qu’elle entame sa campagne électorale.

Comme son grand-père, comme sa tante, Fatima a fait de brillantes études, dans les écoles américaines au Pakistan, puis à l’université Columbia de New York et, enfin, à la prestigieuse School of Qriental and African Studies (Soas), à Londres. Elle parle, écrit et publie ses romans en anglais.

Elle voyage aussi, se sent tout aussi à l’aise à Bombay en Inde, qu’à Lahore ou à Karachi, où elle réside le plus souvent.

« J’y suis chez moi, rien ne me distingue d’une Indienne. Nous avons tant en commun, nous connaissons tout, de leur culture, grâce au cinéma de Bollywwod, à leurs musiques qui sont diffusées partout au Pakistan. Mais l’inverse n’est pas vrai, ils connaissent peu de chose de nous. »

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Son inspiration

« Mon intérêt s’est toujours porté vers les hommes et les femmes qui sont laissés sur le bord du chemin, ceux qui restent en arrière parce qu’ils n’ont pas la connaissance, l’éducation ou le pouvoir. Tous ces sans-voix qui, dans des pays comme le Pakistan, n’ont pas droit à la parole, parce que la démocratie n’existe pas. » Fatima Bhutto a été tentée, un temps, par le journalisme. Elle a écrit dans quelques grands quotidiens pakistanais, ainsi que des chroniques dans des journaux anglo-saxons. Elle en a vu les limites. « C’est dans la fiction que je peux, mieux qu’ailleurs, donner une voix à ceux qui ne

peuvent librement s’exprimer, sans par ailleurs avoir à les juger. »

Agnès Rotivel

(1) Éditions Les Escales, 320 p., 21,90 !.

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Fatima Bhutto: «Nous n'avons pas la liberté de ne pas être politiques» - Gala

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Fatima Bhutto: «Nous n'avons pas la liberté de ne pas être politiques» Elle publie un premier roman choc sur le Pakistan d’aujourd’hui Publié le 20 février 2014 à 11h30 par Juliette Serfati

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Dans la famille Bhutto, on se souvient de Benazir, tuée dans un attentat en 2007. Fatima est issue de cette dynastie politique, surnommée les “Kennedy du Pakistan” et souvent endeuillée, mais elle a choisi l’écriture. Son premier roman, Les lunes de Mir Ali (Les Escales), livre un témoignage précieux sur un pays souvent cantonné à des stéréotypes. Au-delà des destins parallèles de trois frères, elle brosse le portrait poignant de deux femmes qui luttent. Poète depuis l’âge de 15 ans, elle n’en avait que 14 lorsque son père, Murtaza Bhutto, opposé au parti au pouvoir -le PPP, présidé par Benazir, sa soeur- fut assassiné par la police de Karachi. La famille Bhutto a déjà vu mourir le grand-père de Fatima, Zulfikar Ali Bhutto, exécuté par le Général Zia-ul-Haq en 1979, et son oncle Shahnawaz, empoisonné dans le sud de la France en 1985. Benazir sera tuée dans un attentat en 2007, ultime tragédie d’une famille parfois surnommée “les Kennedy du Pakistan”. Dans Le chant du sabre et du sang (Buchet-Chastel), paru en France en 2011, Fatima racontait

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Arnaud Montebourg et Elsa Zylberstein, nouvelle romance au sommet de l'Etat? Elodie Gossuin: le tatouage intime qu'elle a caché à Geneviève de Fontenay Première apparition officielle de Kate Middleton en 2014

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Fatima Bhutto: «Nous n'avons pas la liberté de ne pas être politiques» - Gala

20/02/14 15:04

l’histoire de cette dynastie politique souvent endeuillée et revenait sur l’assassinat de son père, dans lequel la responsabilité de sa tante Benazir était engagée. La semaine dernière, elle est venue présenter à Paris son premier roman, Les lunes de Mir Ali. L’intrigue se concentre sur une seule journée, dans une petite ville rebelle du nord du Pakistan, à la frontière avec l’Afghanistan, le premier jour de l’Aïd. La romancière met en scène trois frères qui incarnent, explique-t-elle, trois façons d’essayer de vivre, ou de survivre, dans ce pays à feu et à sang: "voici les options : partir, à n'importe quelle condition comme Aman Erum, rester et lutter, comme Hayat, le plus jeune de la fratrie, enfin rester et se mettre en retrait des problèmes du pays, comme Sikandar, le cadet, qui est devenu médecin." Au centre de cette saga familiale, résume-t-elle: “le sentiment d'appartenance à un pays, la liberté et surtout: la trahison”. "La fiction ne ment pas" "Comment peut-on être obligé de trahir pour survivre dans le monde moderne? reprend Fatima, Que sacrifie-t-on par confort, par ambition?" Aman Erum, l’amour de Samarra et Sikandar, les idéaux de son père, Inayat. Mais pour l’auteure, également chroniqueuse à ses heures, il n’est pas question un instant de les juger: «Il y a quelque chose de magique dans l'écriture de fiction car il faut lâcher prise, on ne donne pas son point de vue». Une liberté nouvelle pour une mission qui ne l’a jamais quittée: "montrer un autre Pakistan que celui que l'on voit aux infos en cinq mots, montrer les gens tel qu'ils vivent". Mais, reprend Fatima: "la fiction ne ment pas, elle ne se sert pas ses propres intérêts". Journaliste, elle a longtemps cru pouvoir "montrer ce que l’on voulait nous cacher, mais c’était faux": "la presse disait des mensonges, elle allait au plus facile et je me suis sentie profondément trahie." "Allons-nous devenir un pays de talibans?", voilà la seule chose qui semble intéresser les médias étrangers, regrette l’écrivaine. Pourtant il y a au Pakistan des gens qui se battent, et les héroïnes féminines des Lunes de Mir Ali sont de ceux-là: "je ne voulais pas de femmes stéréotypées ou personnages secondaires : en réalité dans le roman, elles prennent le dessus". Elles, ce sont Mina, l’épouse de Sikandar, qui a perdu son unique fils, et Samarra, qui devient la compagne de lutte de Hayat. Des femmes qui ressemblent à ce que Fatima sait des Pakistanaises, loin des clichés des femmes voilées et soumises: “Les femmes sont fortes, car elles se battent contre la famille, contre la société ; elles ont aussi des racines plus fortes, un sentiment d'appartenance plus ancré que les hommes et voient à plus long terme”. Fatima a trouvé dans la littérature un moyen de faire connaître ce pays dans lequel elle vit toujours la majeure partie de l’année. Avec Les lunes de Mir Ali, elle rend hommage, notamment, aux femmes qui s’y battent au quotidien. Bien qu’issue d’une classe très favorisée -”celle qui est née en dehors du pays, qui a tout, le luxe, le confort, la paix, une classe déconnectée du pays du fait que la majorité n'a pas tout cela”- Fatima ne s’identifie en rien à cette caste dont elle ne partage pas les idées. Elle a toujours voulu être du côté des sans-voix, des moins puissants, comme, ditelle, son père et sa belle-mère Ghinwa, qui l’ont emmenée partout à travers le Pakistan lorsqu’elle était petite fille. "L'armée doit quitter le pouvoir" "La politique n'est pas une option chez nous, tout ce que vous faites est politique: manger, sortir ; c'est la vie, comment on vit ensemble et comment on traite l'autre. Alors mon écriture est politique même si je ne ferai jamais de politique." "Si nous sommes à ce point hantés par le passé, reprend-elle, c’est parce que le présent est tellement désespérant que vous vous en remettez aux fantômes; c’est une façon de se rassurer sur le fait qu'une période meilleure a pu exister." Et lorsqu’on lui demande si elle est optimiste quant à l’avenir de son pays: "Au Pakistan, l'armée doit laisser le pouvoir, ce n'est pas sa place, elle est responsable de la situation et il faut le dire." Puis elle cite ce passage précis de son texte, qui lui donne toujours les larmes aux yeux : «Viens sur ma tombe pour me dire que Mir Ali est libéré. Je veux te l'entendre murmurer, même quand je ne serai plus là» dit Inayat à Hayat, son fils cadet, alors qu’il est sur le point de mourir. "Car un jour, reprend Fatima dans un souffle, même si nous ne sommes pas là pour le voir, cela changera. Et il faut avoir en tête ce ‘un jour’ pour garder l'espoir."

A lire aussi : + Catherine Breillat: "L’infirmité vous... + Breat Easton Ellis et Kanye West: un... + Hollande cébèbre la Résistance + Heidi Klum et Seal rabibochés?

Mots clés : roman

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Fatima Bhutto, l'écriture comme rôle politique - leJDD.fr

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Fatima Bhutto, l'écriture comme rôle politique FEMMES DU MONDE - Chaque semaine, Karen Lajon, grand reporter au JDD, raconte le combat de femmes exceptionnelles. Cette semaine, elle s'intéresse à Fatima Bhutto, nièce de l’ancien Premier ministre pakistanais assassinée en 2007, Benazir Bhutto. "Vous parlez arabe?" "Oui, répond-elle, avec modestie, mais seulement avec ma mère. Elle est libanaise". Le ton est d’une douceur infinie mais la portée symbolique de la phrase d’une violence inouïe. Fatima Bhutto, nièce de l’ancien Premier ministre pakistanais assassinée Benazir Bhutto, est née de mère afghane. Ses parents divorcent très vite et son père emmène Fatima sans aucune autre forme de procès. La petite fille a tourné la page, l’adulte vient d’une lignée où le sang n’a cessé de couler, d’une lignée où les hommes et les femmes avancent, ne regardent jamais en arrière et ne reculent pas davantage. Fatima Bhutto se tient là debout derrière la vitre d’un boutique hôtel, au cœur de Paris. Elle pose pour le photographe qui se tient à l’extérieur. Il y a comme une fulgurance, une poésie qui entoure cette photographie à venir. On a envie de dire qu’elle est très très jolie, forcément. Comme sa défunte tante qui, il fut un temps, faisait tourner les têtes des politiques à Washington, lorsqu’elle courtisait certains membres du Congrès américain pour obtenir de l’argent. En réalité la beauté de Fatima est plus naturelle (pas de maquillage, hormis, une touche de eye-liner), plus légère. Elle ne porte pas de voile et est aussi fine que sa tante était ronde. Vêtue de noir, lors de son passage dans la capitale, pour la promotion de son livre Les Lunes de Mir Ali, elle est typique de l’élite pakistanaise qui a été élevée dans les meilleurs écoles et universités, à l’étranger. Elle en est consciente et s’applique à donner une image d’elle-même, n’étant rien d’autre que celle d’une nantie, certes, mais d’une nantie éclairée et très au fait des problèmes politiques de son pays.

"Au Pakistan, on n’a plus le luxe de ne pas être politique" La politique, justement. Lorsque Benazir Bhutto est assassinée en 2007 la presse anglaise se déchaîne et prédit déjà que la fameuse nièce Fatima va prendre la relève. La jeune femme balaie ces élucubrations de journalistes, avec un sourire. "Je n’ai jamais dit que je n’étais pas intéressée par la politique, j’ai juste dit et redit que jamais je n’irai en politique, et cela me semble parfaitement raisonnable. Mais en même temps, au Pakistan, on n’a plus le luxe de ne pas être politique, parce que tout là-bas est devenu politique. Ce que vous dîtes, la façon dont vous le dîtes, ce que vous mangez, lisez, là où vous voyagez, tout, absolument tout, est politique. Ma contribution, mon rôle politique, se retrouvent dans l’écriture, dans ce choix que j’ai fait de devenir romancière". Fatima a écrit des poèmes, des articles pour la presse pakistanaise et aujourd’hui, elle sort son premier roman. La bourgade de Mir Ali existe bel et bien. La jeune romancière n’y est jamais allée mais en connait tant d’autres du même genre, dans cette province du Nord du pays, qui a et fascine encore tant de gens, écrivains, politiques ou aventuriers. "Je voulais écrire sur cette région du Nord où j’ai beaucoup voyagé avant que l’on ne puisse plus y aller parce que trop dangereux. Personne ne pense jamais à tous ces gens qui vivent dans cette province du Waziristan". Mir Ali, donc, une histoire de trahison dans un univers minéral où l’armée règne d’une main quasi divine. Là encore, la jeune femme omet un détail signifiant. Mir Ali est le prénom de son frère adopté, dont elle disait dans les colonnes d’un journal anglais en 2010, qu’elle l’adorait. Mémoire sélective, coquetterie d’écrivain qui se joue de la réalité comme et quand il le veut…

Au cœur de cette dynastie pakistanaise, la trahison Mir Ali n’est donc pas seulement un lieu et un prénom, c’est aussi en filigrane l’histoire familiale (ou en partie) de la jeune femme. Un père adoré, une fratrie compliquée où tout le monde finit par trahir. Un grand-père, un père, un oncle et une tante sont morts assassinés. La trahison est au cœur de cette dynastie pakistanaise. Fatima Bhutto se garde bien de se lasser entraîner sur ce terrain là, lorsqu’elle explique les ressorts de ce livre, évidemment, éminemment politique. La relation privilégiée qu’entretient le personnage de Samarra avec son père reflète celle que Fatima avait avec son propre géniteur, Mir Murtaza. Les deux étaient inséparables. Le père emmenait sa fille à ses leçons de danse ou de natations, ou encore à ses rendez-vous. Complicité totale et absolue, comme le personnage de Samarra dans le livre. Mais là, s’arrête la comparaison. Parce que Samarra n’est qu’une créature de littérature qui sert un objectif. Il sera tout aussi littéraire que politique. La petite fille "qui porte des jeans, joue au cricket, monte à cheval, tire au pistolet à plomb et fait absolument tout ce qu’elle voit son père faire", devient jeune fille. http://www.lejdd.fr/International/Fatima-Bhutto-l-ecriture-comme-role-politique-653001

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Le voile de l’interdit se met en place. Samarra ne peut plus accompagner son père, se livrer à des jeux ou des comportements de garçons. Son corps l’en empêche, il devient sa prison, l’objet de son enfermement. "Je sais que les trois frères sont importants dans le livre mais au fil de l’écriture, je me suis rendue compte que les femmes prenaient le dessus. L’hystérie de Mina n’est rien d’autre qu’un moyen de communier avec son entourage après la mort de son fils. La colère de Samarra est juste le résultat d’années à passer à espérer. Toutes les deux possèdent la pureté de la rigueur". Aman Erum, qui se fait faire "un costume trois-pièces en polyester sur mesure, d’un noir presque brillant" n’a qu’une obsession : aller en Amérique et y vivre le rêve américain. "Les personnages représentent pour moi toutes les façons que l’on peut trouver de s’engager, que ce soit pour une cause, une idéologie ou plus simplement pour un projet. Partir, c’est l’option que la plupart des jeunes prennent aujourd’hui dans le pays. Ou bien vous restez et vous vous battez. Ou bien encore vous restez et vous vous lavez les mains de ce qui se passe autour de vous. C’est un pays de jeunes. 2/3 de la population a moins de 30 ans. Les trois frères ont peur. Je ne partage pas forcément la façon dont ils bravent leur peur mais je la comprends, je vis au Pakistan. Il existe un sentiment de suffocation". Le deuxième frère Hayat est un idéaliste, il est le plus réceptif aux histoires de son père sur la résistance. Et enfin, Sikandar qui travaille à l’hôpital et qui est marié à Mina. Trois personnages shakespeariens face à leur destin, face à leur trahison. A l’image de la vie de cette jeune romancière.

Choisir son camp, le fil conducteur de l’ouvrage Zulfikar Ali Bhutto, ancien Premier ministre du Pakistan et grand-père de Fatima, fut exécuté par le Général Zia-ul-Haq en 1979, son oncle Shahnawaz Bhutto, quant à lui, fut empoisonné dans le sud de la France, en 1985. Onze ans plus tard, c’est donc le père de Fatima qui meurt sous les balles. Il était un opposant du parti au pouvoir le PPP, présidé par sa sœur, la redoutable Benazir Bhutto. De là, à se livrer à quelques conjectures, il n’y a qu’un pas très facile à franchir. D’ailleurs, Fatima n’entretenait plus de relations avec sa tante, au moment de la mort de cette dernière. Aujourd’hui, elle ne cache pas son aversion pour le mari de sa tante, Ali Zardari dont elle souligne le manque total d’éducation. La trahison, la suspicion sont des éléments de premier ordre chez les Bhutto. Qui a fait quoi et contre qui. Puissance, argent et pouvoir dans un sillage de sang et de meurtres récurrents. A Mir Ali, où "la religion progresse sur un sol de rocailles, comme ces fleurs sauvages qui poussent aux endroits les plus improbables", il faut désormais choisir soigneusement sa mosquée. Choisir son camp, le fil conducteur de l’ouvrage. Choisir et trahir. "J’ai voulu montrer que les gens trahissent les autres mais aussi leurs idées". Les personnages de Fatima Bhutto sont piégés. Le contexte géostratégique pousse les hommes à prendre des décisions sur lesquelles on ne peut plus revenir. Prenez Hayat, dont "l’enfance s’est déroulée sur les genoux d’un père qui lui parlait des torts du passé", il n’y a pas de futur pour le jeune homme et "la seule façon de réparer était de sacrifier tout ce qui était à venir". "On dit que la Révolution mange ses enfants. Hayat et Samarra sont en miroir. Ils sont tous les deux animés d’un sentiment total et absolu, l’un est idéaliste t l’autre en colère. On peut dire que oui, la Révolution emporte Hayat". Aman Erum, l’autre frère, va payer très cher sa volonté de s’échapper. Sa trahison va prendre la forme d’une ambassade américaine et d’un redoutable colonel pakistanais. Les Américains, Fatima Bhutto, comme la population dans sa grande majorité, ne les porte pas dans son cœur. "Oui bien sûr que je ne les aime pas, même si je suis un pur produit du système scolaire américain. Je suis allée dans des écoles américaines pendant toute ma scolarité. Mais je m’oppose à cette façon dont l’Amérique traite le monde, comment elle perturbe bon nombres de pays afin de préserver ses intérêts. La manière dont l’Amérique se comporte envers le Pakistan est juste criminel. Ces attaques de drones sont pour moi le summum de l’acte criminel. Jamais ils ne lanceraient des drones au milieu de l’Europe, Washington ou en Arizona. Quand vous entendez John Kerry parler de la légalité des drones… Alors, oui dans ce sens, je suis, comme beaucoup de Pakistanais, très en colère parce que nous attendons autre chose du reste du monde. Quelque chose de mieux. Mais l’Amérique fait ce qu’elle veut chez nous parce que notre gouvernement lui donne le feu vert. Je ne suis pas non plus entrain de vous dire que tout est de la faute des Américains".

Un cri d’amour pour son pays le Pakistan Personnages piégés, famille Bhutto piégée. Fatima Bhutto piégée. Elle est née à Kaboul, en 1982 lorsque son père est en exil, puis grandit à Damas jusqu’à l’âge de 11 ans avant de revenir vivre, au Pakistan. Trois pays, trois guerres, un destin horsnorme qui lui donne l’impression "d’être comme tous les réfugiés ou émigrés, de se sentir bien à la fois partout et nulle part". "Je me dis, oui pourquoi pas, j’aime cette ville et puis au bout de dix jours je ne me sens plus à ma place, j’éprouve un sentiment d’exil intérieur". Mais lorsqu’elle parle de Kaboul, Damas ou encore Karachi, elle pense aussitôt à résilience et survie. "Ce ne sont pas de vains mots, dans ces pays, c’est une réalité pour beaucoup de gens". Il ne se passe pas une semaine sans que la presse locale ou internationale n’annonce la venue en politique du fils de Benazir, Bilawal Bhutto. Une partie du peuple pakistanais attend un nouveau leader qui les conduira vers un futur meilleur. Il faut pourtant aller à Larkana pour se rendre compte de la signification du clan Bhutto. Larkana, ville de la province du Sind, ville d’origine de la famille. Benazir Bhutto y est enterrée. La féodalité dans toute son horreur. Il est de notoriété publique que les Bhutto sont riches, très riches, mais si la jeune nièce de Benazir vit à l’une des plus prestigieuses adresse de Karachi, la maison de Larkana est un peu à l’image de la bourgade. Délabrée, délaissée. Peu d’électricité, peu de route praticable, on est dans un autre monde. Celui de la préparation du thé "infusé dans une casserole noircie avec du lait de chèvre frais, celui des oignons blancs qui grésillent dans une poêle à frire ou encore celui de la dupatta", dont les femmes se recouvrent en Asie du Sud-est. http://www.lejdd.fr/International/Fatima-Bhutto-l-ecriture-comme-role-politique-653001

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SOCIÉTÉ

INTERVIEW “POLITIQUE” / FATIMA BHUTTO

“ON IMAGINE LES FEMMES PAKISTANAISES FAIBLES ET SOUMISES, MAIS C’EST TOUT LE CONTRAIRE”

Publié le 17 février 2014 à 7:00

À 31 ans, la journaliste pakistanaise Fatima Bhutto publie son premier roman, Les lunes de Mir Ali. Elle entend incarner une voix de la jeunesse, même si cette dernière est à l’image de son pays: hétéroclite et pleine de contradictions. Si la nièce de l’ancienne première ministre Benazir Bhutto n’a pas choisi la voie du pouvoir politique, elle reconnaît volontiers être engagée autrement, à travers l’écriture. Rencontre.

http://cheekmagazine.fr/societe/fatima-bhutto-femmes-pakistanaises-faibles-soumises-le-contraire/

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© Capucine Bailly / Cheek Magazine

La journaliste pakistanaise Fatima Bhutto était à Paris la semaine dernière pour faire la promo de son premier roman Les Lunes de Mir Ali, dans lequel elle décrit une journée au cours de laquelle bascule le destin de trois frères symbolisant chacun à leur manière les interrogations contemporaines du pays. Si elle a choisi de situer l’action à la frontière de l’Afghanistan, et plus particulièrement dans le Waziristan -la région où on a longtemps pensé que se cachait Oussama Ben Laden- c’est pour aborder, à travers son récit, les enjeux politiques et géopolitiques auxquels fait face le pays, pris entreune alliance avec les États-Unis dans la guerre contre le terrorisme et des relations diplomatiques compliquées avec l’Inde et l’Afghanistan, ses frères ennemis depuis toujours. Membre de la dynastie Bhutto, les Kennedy du Pakistan, (elle est la nièce de l’ancienne première ministre Benazir Bhutto, assassinée en 2007) la jeune femme de 31 ans se défend de vouloir faire de la politique, tout en reconnaissant qu’elle est “profondément politique”. On l’a donc soumise à une interview… politique. La ville de Mir Ali existe-t-elle vraiment? Oui, c’est une ville du nord du Pakistan. Mais la façon dont je la décris est de la pure fiction. J’ai choisi cette ville pour ne pas situer l’intrigue dans des endroits comme http://cheekmagazine.fr/societe/fatima-bhutto-femmes-pakistanaises-faibles-soumises-le-contraire/

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Islamabad, Karachi ou Peshawar que les gens connaissent mieux. Je voulais que le lecteur n’ait aucune image préconçue du lieu de l’action. Est-ce difficile de décrire le Pakistan d’aujourd’hui de façon simple? Oui, car ce pays est à la fois très connu et très méconnu dans le monde. Quant à nous, les Pakistanais, la seule chose que nous savons, c’est que nous ne pouvons pas savoir! On y parle plus de 300 langues, on y compte des dizaines de religions et d’ethnies. Il y a un Pakistan moderne, un Pakistan fondamentaliste, un Pakistan paysan… La réalité est tellement complexe qu’il faut longuement l’observer pour comprendre. C’est ce que j’essaye de faire dans mon livre: montrer comment la jeunesse se bat pour survivre, et montrer qu’elle lutte entre l’appartenance et la trahison.

“Certaines femmes portent le voile, d’autres non, rien n’est obligatoire: le Pakistan n’est pas l’Arabie Saoudite.” C’est comment d’avoir 30 ans au Pakistan? Ça dépend vraiment de l’endroit où l’on vit. Dans certaines villes, c’est comme avoir 30 ans à Paris, même quand on est une femme. De plus en plus de femmes ne sont ! pas d’enfants et se concentrent sur leur carrière, même si, comme pas mariées, n’ont partout, elles doivent imposer leur mode de vie. Certaines portent le voile, d’autres " non, rien n’est obligatoire: le Pakistan n’est pas l’Arabie Saoudite. # $

Tu décris très précisément les vêtements des personnages dans ton roman. Que symbolisent-ils? Ils sont le signe d’une certaine résistance à l’Occident et àla politique étrangère du Pakistan. C’est un fait, de plus en plus de jeunes reviennent aux tenues traditionnelles pour affirmer leur identité. C’est vrai que le salwar kameez est un vêtement joli et confortable, de même que le sari. J’en porte moi-même très régulièrement. C’est important que les jeunes continuent de les mettre, cela fait partie de notre histoire et de notre culture. La nourriture tient aussi une place importante dans les descriptions. Manger, c’est politique? Ma mère a écrit un mémoire d’anthropologie sur la nourriture donc je ne vais pas dire http://cheekmagazine.fr/societe/fatima-bhutto-femmes-pakistanaises-faibles-soumises-le-contraire/

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le contraire (rires). Évoquer la nourriture d’un pays, cela peut être éminemment politique, c’est tellement lié à la mémoire, la culture, la tradition. Un repas est aussi l’une des façons les plus simples de rassembler les gens.

“Seul un pays aussi dur peut produire une fille aussi courageuse que Malala Yousafzai.” Les véritables héroïnes du roman ne sont-elles pas les femmes? Si, complètement. Contrairement à la caricature occidentale qui est faite d’elles, les femmes pakistanaises sont très fortes, et pas du tout amères. On les imagine faibles et soumises, mais c’est tout le contraire. Oui, leur environnement est dur, mais ça les renforce. Cette année, on a beaucoup parlé de Malala Yousafzai. Est-elle un exemple pour les femmes? Je ne l’ai jamais rencontrée mais je suis très impressionnée par son courage. Je me dis que seul un pays aussi dur peut produire une fille aussi courageuse. Peut-on être pakistanais et indifférent à la politique? Non, nous sommes arrivés à un point où plus personne ne peut être indifférent à ce qui se passe. La politique concerne tous les aspects de notre vie, je pense que c’est impossible de dire qu’on ne s’y intéresse pas. Une partie de l’élite s’est longtemps désintéressée de la politique, et elle est responsable de l’état du pays.

“Écrire est pour moi une façon de témoigner de ce que je vois. Et j’assume que ce soit politique.” Peut-on être issue de la famille Bhutto et être indifférente à la politique? C’est sûr que la politique fait partie de mon héritage, et qu’avec les années, je me sens de plus en plus concernée par certains sujets, comme la violence envers les femmes par exemple. Mon frère et moi avons toujours été traités comme des adultes dans la famille, on nous a toujours expliqué ce qui se passait, tout en nous laissant le choix de nos vies. Moi j’ai choisi d’écrire, et je ne compte pas m’engager au sein d’un gouvernement ou d’un parlement, même si mes liens familiaux m’y donneraient accès. Pour s’engager dans un parti, il faut croire en l’action gouvernementale et http://cheekmagazine.fr/societe/fatima-bhutto-femmes-pakistanaises-faibles-soumises-le-contraire/

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avoir une marge de manœuvre pour agir, ce qui n’est malheureusement pas le cas au Pakistan. Écrire est pour moi une façon de témoigner de ce que je vois. Et j’assume que ce soit politique. Je dis ce que je veux et je tiens à cette liberté. Es-tu optimiste pour ton pays? Je n’ai jamais cru et ne croirai jamais au pouvoir politique. Mais je suis optimiste quand je vois les gens autour de moi. Ils s’en sortent et adoptent des nouveaux modes de vie. La société s’adapte constamment.

Propos recueillis par Myriam Levain Les Lunes de Mir Ali (Les Escales, 2014). En librairies le 20 février 2014.

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Parce que le livre de Fatima Bhutto c’est aussi un cri d’amour pour son pays le Pakistan. Colère, amour, demande de grâce et de liberté. "Dans mon pays, on ne peut pas marcher dans les rues, on passe de voiture en voiture pour aller à tel ou tel endroit. Ici, j’éprouve un sentiment de liberté vertigineux rien qu’à l’idée de prendre le métro. La liberté de choisir, la liberté de prendre en charge ses déplacements, tout ce qu’il y a de plus normal pour vous mais pas pour nous". Les Lunes de Mir Ali, de Fatima Bhutto, Traduction de Sophie Bastide-Foltz, 306 pages. 21,90 Euros A paraître le 20 février. Karen Lajon - Le Journal du Dimanche vendredi 14 février 2014 J’aime Tweeter

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Livres à découvrir - "Les Lunes de Mir Ali" | Le Journal des Deux Rives

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"Les Lunes de Mir Ali" Par : Manel Adjaoui le : 30/01/2014 - 16:34

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e prodigieux premier roman de la nièce de Benazir Bhutto. Jusqu'où peut-on aller dans l'espoir d'un avenir meilleur?

http://www.journal-deux-rives.com/node/3896

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Livres à découvrir - "Les Lunes de Mir Ali" | Le Journal des Deux Rives

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– Le livre : L’histoire se déroule à Mir Ali, petite ville du Pakistan, le premier jour de l’aïd (fête musulmane). Elle raconte l’histoire de trois frères, trois frères aux trajectoires différentes : un, l’aîné, a rejeté son pays pour le rêve américain, un autre, le deuxième, est devenu médecin, et le troisième, le benjamin, qui reprend le travail de son père, en se battant pour l’indépendance, vivant tous sous le même toit, un toit partagé avec leur mère et sa servante. Après discussion, ils ne prieront pas dans la même mosquée ce jour, au fil du temps, des heures qui s’écoulent, leurs choix vont soit séparer ces trois frères définitivement, soit les rapprocher..

– L’auteur : Fatima Bhutto, née à Kaboul en 1982, est la fille d’un ancien président du Pakistan, tué par la police à Karachi en 1996 et la nièce de Benazir Bhutto, ancienne Premier ministre, également tuée dans un attentat (2007). Elle devient chroniqueuse pour des journaux américains et anglais après ses études à New York et à Londres. Elle vit maintenant à Karachi, Les Lunes de Mir Ali est son premier roman.

– Autres informations : Prix du livre : 21.90 ! Pagination : 320. Date de mise en vente : 20/02/2014. Livre traduit de l’anglais (pakistan) par Sophie BastideFoltz.

– Avis de la presse : « Un premier roman passionné et passionnant. » The Bookseller. « Dans une langue limpide où rien n’est superflu, Fatima Bhutto offre un portrait satisfaisant de la société pakistanaise contemporaine. » The Guardian.

Villes concernées: Autres Rubrique:

CULTURE http://www.journal-deux-rives.com/node/3896

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" Une heure assis à côté d'une jolie femme semble durer une minute. Une minute assis sur four brûlant semble durer une heure. C'est ça la relativité, Albert Einstein" Jeudi 20 Février 2014 15:18:00 Accueil Les vidéos Boutique Archives S'inscrire à notre newsletter Contact

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Le prodigieux premier roman de la nièce de Benazir Bhutto. Jusqu’où peut-on aller dans l’espoir d’un avenir meilleur ? 16 janvier 2014 News, Version Française Aucun Commentaire par Catherine Malpas

Le livre : « Les lunes de Mir Ali » Mir Ali, petite ville rebelle du Pakistan, à la frontière de l’Afghanistan, premier jour de l’Aïd. Au cours d’une matinée cruciale se joue le destin d’une famille dans un univers de feu et de sang. Trois frères aux trajectoires opposées : l’aîné a rejeté son pays pour le rêve américain, le deuxième a opté pour http://www.je-magazine.com/le-prodigieux-premier-roman-de-la-niece…-bhutto-jusqu’ou-peut-on-aller-dans-l’espoir-d’un-avenir-meilleur

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Le prodigieux premier roman de la nièce de Benazir Bhutto. Jusqu’où peut-on aller dans l’espoir d’un avenir meilleur ? | Je-Magazine.com™

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la neutralité en devenant médecin à Mir Ali, le benjamin poursuit la lutte de son père pour l’indépendance. Au centre de leurs vies, deux femmes. L’une, engagée dans la rébellion, est prête à tout pour défendre son combat. L’autre, épouse du médecin, a sombré après la mort de leur fils tué dans un attentat. Au fil des heures qui s’écoulent, leurs choix, leurs erreurs et leurs sacrifices vont les rapprocher ou les séparer définitivement… La presse : « Un premier roman passionné et passionnant. », The Bookseller « Dans une langue limpide où rien n’est superflu, Fatima Bhutto offre un portrait saisissant de la société pakistanaise contemporaine. », The Guardian L’auteur : Fatima Bhutto est née à Kaboul en 1982. Son père, fils d’un ancien président du Pakistan, fut tué par la police à Karachi en 1996. Sa tante, Benazir Bhutto, ancienne Premier ministre, fut assassinée dans un attentat près d’Islamabad en 2007. Après de brillantes études à New York et à Londres, elle devient chroniqueuse pour plusieurs journaux américains et anglais. Elle publie son premier recueil de poèmes à quinze ans. Il sera suivi d’autres publications dont un mémoire sur la mort de son père. Elle vit et écrit à Karachi. Les Lunes de Mir Ali est son premier roman.

Tags: Fatima Bhutto, Les lunes de Mir Ali, Mir Ali

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Une romancière au pays de la violence

Inde - Littérature Une romancière au pays de la violence le 12/01/2014 à 05:00 | Samita Bahatia Extrait du journal The Telegraph , Calcutta, publié le 17 novembre 2013 Vu 97 fois

Son père, son grand-père, sa tante – Benazir Bhutto, Première ministre du Pakistan – ont tous péri de mort violente. Héritière d’une dynastie aux accents shakespeariens, elle a choisi la littérature. Fatima Bhutto adore séjourner en Inde car c’est le pays où elle se sent le mieux. « Delhi ressemble beaucoup à Lahore et Bombay me fait penser à Karachi. J’ai l’impression d’être chez moi », explique-t-elle. Fatima fait ses premiers pas de romancière avec la sortie chez Penguin de son roman The Shadow of the Crescent Moon ( Les Lunes de Mir Ali , à paraître en février aux éditions Les Escales). Après le Festival des auteurs de Singapour, elle devrait repartir sur les routes en Angleterre. Et, entre la traduction de son livre en français et en italien, l’année 2014 s’annonce bien chargée. « Après cela, j’espère pouvoir arrêter de parler pour me remettre à écrire », plaisante la jeune femme, qui est aussi la nièce de l’ancienne Première ministre pakistanaise Benazir Bhutto. Auteur et journaliste à plein-temps pour la presse internationale depuis 2005, Fatima Bhutto travaillait à la rédaction d’un ouvrage de commande sur Karachi quand elle s’est mise à l’écriture de ce roman. « Je ne pouvais plus m’arrêter. Alors j’ai annulé le contrat, laissé tomber le bouquin sur Karachi pour me consacrer entièrement à l’écriture. » Ce roman est son quatrième ouvrage. Elle a déjà écrit un recueil de poèmes, Whispers of the Desert ( Les chuchotements du désert ), publié quand elle avait 15 ans, et son deuxième ouvrage raconte le tremblement de terre qui a secoué le nord du Pakistan en octobre 2005. Et puis Le Chant du sabre et du sang (publié chez Buchet Chastel en 2011), qui revient sur l’assassinat de son père, Mir Murtaza Bhutto, a fait couler beaucoup d’encre. Ne pas laisser la violence guider ses choix Les Lunes de Mir Ali retrace l’histoire de trois frères, Aman Erum, Sikandar et Hayat, et surtout de deux femmes, Samarra et Mina. Le roman se déroule dans la petite ville de Mir Ali, au sein de la zone tribale agitée du Waziristan, près de la frontière afghane, dans le nord du Pakistan. Au cours d’une même matinée, la vie des personnages va se retrouver bouleversée à jamais. « Au départ j’ai voulu écrire l’histoire de trois frères, mais les deux femmes ont fini par prendre le dessus », raconte-t-elle. La violence a toujours fait partie de sa vie. Sa famille n’a pas été épargnée par les morts violentes : son grand-père, Zulfikar Ali Bhutto, ancien Premier ministre du Pakistan, a été exécuté en 1979 ; son oncle, Shahnawaz Bhutto, a été empoissonné en 1985 ; son père, Murtaza Bhutto, qui s’opposait publiquement au gouvernement de sa sœur Benazir, a été tué par balles devant leur maison de Karachi alors que Fatima venait d’avoir 14 ans. Et sa tante, Benazir Bhutto, a été assassinée en 2007. Entièrement accaparée par la littérature, Fatima a peu de temps à consacrer à sa carrière de journaliste. « Devoir écrire 800 mots en trois jours était très stressant. » La politique ne fait pas partie de ses projets. « J’ai toujours voulu devenir écrivain et pour moi c’est un rêve devenu réalité. Alors pourquoi voudrais-je changer de voie ? » Fatima vit aujourd’hui à Karachi, une ville qu’elle n’a jamais songé à quitter pour se mettre à l’abri même si elle est souvent en proie à de terribles accès de violence. « Je ne veux pas que la violence me dicte mes choix de vie, ce serait lui accorder trop de pouvoir. » Elle a toujours voulu revenir vivre au Pakistan, même quand elle faisait ses études à l’université Columbia, aux États-Unis, ou à Londres, à l’Institut des études orientales et africaines. Elle est née à Kaboul en 1982 lorsque son père était en exil, puis a vécu à Damas jusqu’à l’âge de 11 ans avant de rentrer au Pakistan. C’est sans doute ce qui lui confère cette faculté unique de se sentir partout chez elle. Au prix parfois d’un certain déracinement, concède-t-elle. Fatima doit beaucoup à son père. C’est lui qui lui a inoculé le virus de la littérature et de l’écriture. Elle a commencé à écrire des poèmes à l’âge de 12 ans et Murtaza fut l’un des premiers à l’encourager pour qu’elle les fasse publier. Faut-il la définir comme une militante des droits de l’homme, une chroniqueuse politique ou une écrivaine ? « Je préfère me définir comme une écrivaine. Romancière n’est pas mal non plus mais je dois encore faire mes preuves. » C’est bien ce qu’elle a l’intention de faire au cours des prochaines années.

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Les Lunes de Mir Ali, Fatima Bhutto - PAGE

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30/01/2014

Les Lunes de Mir Ali Trois frères, deux femmes, autant de parcours pour ces personnages issus de la petite ville rebelle de Mir Ali située dans le nord-ouest du Pakistan, à la frontière afghane. En une matinée, le premier jour de la fête de l’Aïd, leurs choix vont tout faire basculer et leurs chemins… se rejoindre ou se séparer. Par COLINE MEUROT, Librairie Majuscule, Armentières

Fatima Bhutto Les Lunes de Mir Ali Traduit de l’anglais (Pakistan) par Sophie Bastide-Foltz Les Escales 320 p., 21,90 !

Mir Ali est une bourgade du nord du Pakistan nichée au centre de la région des zones tribales. Trois frères y vivent sous le toit familial. Nous les suivrons chacun leur tour, heure par heure, en cette première journée de l’Aïd. La ville est en effervescence. Tout le monde est sur le qui-vive pour les préparatifs des cérémonies de la fin du Ramadan. Les festivités s’organisent et l’armée se déploie afin de garantir la sécurité du gouverneur. En effet, la région est toujours sous tension. Des indépendantistes s’y opposent au gouvernement central depuis des décennies – en fait, depuis la création de l’État pakistanais en 1947. Aux yeux du reste de la nation, les habitants de ces zones sont considérés comme des traîtres et des terroristes. Ce matin-là, les risques d’attaque sont grands. Les frères décident donc d’aller prier dans des mosquées différentes afin de ne pas laisser leur mère seule s’il leur arrivait quelque chose. L’aîné des frères, Aman Erum, se rend en taxi vers la mosquée et se remémore son départ pour les ÉtatsUnis quelques années plus tôt. Il a toujours voulu fuir Mir Ali. La liberté passe par l’exil, se dit-il, et il veut pouvoir se déplacer, apprendre, se lancer dans les affaires, mais ne surtout pas reprendre la tradition familiale et le commerce de tapis paternel. Pour s’émanciper de sa famille qui n’a cessé de combattre afin de se libérer de la tutelle d’Islamabad, pour être du côté des vainqueurs et des plus forts, c’est-à-dire de l’État, il a voulu s’engager dans l’armée mais a été refusé. Il décide donc de faire une demande de visa d’études pour les États-Unis. Il quitte Samarra, la jeune femme qu’il connaît depuis l’enfance et dont il est amoureux, tout en lui promettant qu’il reviendra et qu’il lui offrira une autre vie que celle qui l’attend à Mir Ali. Mais a-t-elle les mêmes rêves que lui ? Le cadet, Sikandar, a choisi la neutralité. Il est devenu médecin. Mina, son épouse, sombre peu à peu dans la dépression après la perte de leur fils. Elle chante sans cesse les prières du défunt et Sikandar doit accourir pour la récupérer lorsqu’elle bascule dans l’hystérie au milieu d’inconnus. Hayat, le benjamin, s’engage lui dans la rébellion. Il veut poursuivre le combat mené par leur père. On découvre avec lui la clandestinité des réunions, la violence de l’armée envers les étudiants, l’organisation des actions de résistance. Pour lui, la liberté c’est l’indépendance. Mais jusqu’où faut-il aller pour y parvenir ? Fatima Bhutto est une jeune journaliste pakistanaise de 32 ans. Elle est la nièce de Benazir Bhutto, Premier ministre du Pakistan tuée dans un attentat en 2007. Avec Les Lunes de Mir Ali, elle passe avec brio du journalisme au roman. Elle y traite à la fois de la difficulté de vivre avec l’héritage familial, la fidélité ou la trahison de ses idéaux de jeunesse et la douleur de la perte. Elle nous donne l’occasion de découvrir les revendications des régions tribales, pour nous qui ne connaissons souvent du Pakistan que les conflits avec l’Inde.

QUI SOMMES-NOUS ? Dossier Chevillard : écrivain paradoxal « Nous attendons d’un livre qu’il nous parle de neige, de marquise, d’île, de zoo, de style, de photographie, de Beckett, d’humour, de Dieu, de virgule, de littérature et évidemment de kangourou. » Attentif aux attentes de ses lecteurs, Éric Chevillard nous offre donc ce livre : tout y est… et même plus. Lire la suite

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PAKISTAN

Benazir et Fatima Bhutto en librairie Fatima Bhutto, nièce de l'ancienne Première ministre du Pakistan assassinée dans un attentat en 2007, publie son premier roman, Les lunes de Mir Ali (Les Escales), le 20 février Cette femme de presse, qui écrit pour plusieurs journaux américains et anglais, évoque le destin d'une famille qui se joue au premier jour de fête de l'Aid à Mir Ali, petite ville rebelle du Pakistan On suit la vie de trois frères et des femmes qui comptent pour eux, l'une engagée dans la rébellion, une autre qui a sombré après la mort de son fils tué dans un attentat L'auteure sera en France du ll au 13 février, alors qu'on célèbre le sixième anniversaire de la mort de Benazir Bhutto. A cette occasion, son livre-testament Pour une réconciliation l'Islam, la démocratie et l'Occident (Héloise d'Ormesson) paraîtra le 16 janvier Cette femme de combat y prône une derniere fois une coopération étroite entre le Pakistan, les Etats-Unis et les pays occidentaux.

PLON2 1883588300507/GDF/ACR/3

Eléments de recherche : EDITIONS LES ESCALES : toutes citations


Programmes « Club RFI Berlin

20/02/14 15:29

Au Bénin et au Togo, Esso Téna Isaka, un producteur de semence, et Ehovi Kébi, un producteur de maïs témoignent des avantages multiples de la culture de cette céréale, qui apporte des solutions pour nourrir les populations, mais aussi les troupeaux, plus efficacement que le blé ou le sorgho.

Des paroles rares qui expriment une tradition, un savoir-faire, mais qui interpellent aussi les ONG et les Etats pour un nouveau contrat de développement, où les agriculteurs africains auraient enfin leur place ! La géographe Sylvie Brunel réagit aux reportages de Sayouba Traoré, spécialiste de l’Afrique rurale.

Invités : - Sylvie Brunel, géographe et auteur de «Géographie amoureuse du maïs» aux éditions JeanClaude Lattès. - Sayouba Traoré, présentateur du magazine «Le coq chante» sur RFI, spécialiste de l’Afrique rurale.

Littératures sans frontières

Catherine Fruchon-Toussaint Dimanche 13h40 (et 19h40)

Dimanche 2 mars :

Idées

Pierre-Edouard Deldique Le dimanche à 17h10

Dimanche 2 mars : « Pacifier » Avec Samia el Mechat, professeur des Universités à l’Université de Nice, historienne, co-auteur de « Colonier, pacifier, administrer », étude sur la pacification des territoires, des colonies à l’Afghanistan aujourd’hui, au CNRS Editions.

7 milliards de voisins

Emmanuelle Bastide Du lundi au vendredi à 11h10 Lundi 3 mars 2014 : « Confidences d’un magistrat qui voulait être juge De la fiabilité relative des témoignages aux curieuses raisons qui font parfois récuser un juré en passant par la folle course à l’acquittement de certains avocats : entretien avec Luc Frémiot, avocat général qui a fait acquitter Alexandra Lange, accusée du meurtre de son mari qui la battait.. Avec : Luc Frémiot, auteur de « Je vous laisse juges » (Ed Michel Lafon). Et un reportage de Charlie Dupiot : « Portrait de Fatima Bhutto » Mardi 4 mars : « Journée mondiale contre l’exploitation sexuelle des enfants » Selon certaines estimations (sources OIT et ECPAT), ce seraient 1,8 millions d’enfants qui seraient victimes de l’un des plus grands commerces illégaux dans le monde. Comment lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants dans le monde ? Mercredi 5 mars : « Dio mio ! Sacrés Italiens ! » Coincée entre une image de digne héritière de la Renaissance, frasques berlusconiennes et http://www.clubrfiberlin.net/nos-programmes/

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Revue de presse : Fatima Bhutto, Les lunes de Mir Ali, édtions Les Escales.  

Revue de presse : Fatima Bhutto, Les lunes de Mir Ali, édtions Les Escales. Contacts presse : Agence Anne & Arnaud.

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