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LA MISE EN PLACE DES ECHANGES INTERCULTURELS

OUTIL PEDAGOGIQUE ET METHODOLOGIQUE

SEPTEMBRE 1998

Du Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne, 53 rue des Renaudes, 75017 PARIS

Tel : 01 42 27 74 18 Fax : 01 47 66 38 67 mrjcn@district-parthenay.fr


SOM MAI RE I n t r o d u c t i o n Pour des échanges de qualité Les échanges : des enjeux

1ère PARTIE : DEFINIR VOTRE PROJET 1 – Echanger 2- Les composantes de l’échange 3- Définir vos objectifs et le contenu de votre échange 3.1- Pourquoi un échange ? 3.2- Définir la forme de l’échange 4- Choisir un pays, chercher des partenaires


2ème PARTIE : PREPARER UN ECHANGE

1- PREPARER EN EQUIPE D’ANIMATION 1.1- Apprendre à se connaître 1.2- Animer ensemble

2- PREPARER AVEC LES JEUNES 2.1Se mettre dans la dynamique de l’échange 2.2- Préparation linguistique 2.3- Prendre contact avec l’autre groupe 2.4 Se préparer à une expérience interculturelle

3- PREPARER AVEC LE MILIEU LOCAL 3.1- Préparer avec le tissus local 3.2- Qu’est-ce qu’on va montrer du coin ?

4- PREPARER LE PROGRAMME 4.1- Alterner et équilibrer les temps 4.2- Au début de l’échange 4.3- Temps d’évaluation et d’organisation 4.4- Rythme de vie

5- AUTRES 5.15.25.35.45.5-

PETITS TRUCS Sortie du territoire Lien avec les parents Finances Valorisation Produits locaux


3ème PARTIE : VIVRE L’ECHANGE

1- L’ACCUEIL 1.1- Le lieu 1.2- A l’arrivée 1.3- Le milieu environnant 2- LA RENCONTRE INTERCULTURELLE 2.1- Echanger ne va pas de soi 2.2- Gérer les surprises 2.3- Temps privilégiés 2.4- Pédagogie interculturelle 3- LA DYNAMIQUE DE GROUPE INTERCULTUREL 3.1- Mélanger les groupes 3.2- Du temps par nationalité 3.3- Du temps libre 4- L’EQUIPE D ‘ANIMATION 4.1- Temps de préparation et d’évaluation 4.2- Coordination 4.3- Evaluation 5- LES INTERPRETES 6- ABORDER L’EUROPE DANS L’ECHANGE 6.1- La découverte des pays 6.2- Sensibiliser à l’Europe 6.3- Rencontrer un député européen 6.4- L’Europe se construit aussi là où l’on vit 7- LA VIE QUOTIDIENNE 7.1- L’intendance 7.2- Le bien manger


4ème PARTIE : APRES L’ECHANGE 1- Quelles 1.1 1.2 1.3 1.4

suites aux échanges ? Qu’est ce qu’on entend par suite ? Quelles suites avec les jeunes ? Quelles suites avec nos partenaires européens ? Quelles suites avec le milieu local ?


INTRODUCTION Nous vivons de plus en plus dans une société européenne et internationale. Nous jeunes ruraux, l’avons compris depuis longtemps et, dès les années 50, nous nous sommes organisés aux niveaux européen et international avec le MIJARC. En Europe, nous sommes 10 mouvements de jeunes ruraux, répartis dans 8 pays… Et bientôt sûrement plus avec l’élargissement à l’est. Nous voulons servir au changement du milieu de la vie rurale et paysanne, promouvoir la formation des jeunes ruraux et représenter leurs intérêts. Aujourd’hui, nous voulons renforcer notre coopération au niveau européen pour faire face aux défis qui nous sont posés. Nous croyons qu’il est important de faire vivre et sentir la dimension européenne et internationale jusqu’à la base de nos mouvements. Nous croyons que nous sommes enrichis par une confrontation avec d’autres cultures, d’autres façons de vivre , d’agir, que ce type de confrontation entre cultures est important pour construire une société tolérante et juste en Europe. Cette rencontre est importante pour nos mouvements, à tous les niveaux. Voir d’autres façons d’être mouvement et d’agir en milieu rural nous pousse à nous poser des questions sur notre fonctionnement et nous aide à l’améliorer. Des décisions sont prises à des échelons lointains. Il est important de faire entendre nos voix de jeunes ruraux au niveau européen. Se rencontrer entre jeunes de différents pays est indispensable pour faire une analyse commune, pour définir un projet commun entre jeunes ruraux d’Europe et pour formuler nos revendications auprès des institutions européennes.

Les échanges sont donc un moyen important dans notre démarche de mouvement européen. D’où la décision de nous doter des moyens de les promouvoir et de les améliorer. Nous ne voulons pas promouvoir des échanges pour le plaisir de faire des échanges : ils ne sont pas un objectif en soi. Ils sont un moyen pour réaliser et enrichir notre projet de mouvement. Nous voulons promouvoir des échanges de qualité, qui font partie d’une démarche de groupe et ont des objectifs clairs. Bons échanges ! Texte du MIJARC Europe


POUR DES ECHAN GES DE QUALITE Depuis maintenant près de dix ans, des échanges européens se mettent en place dans le mouvement. Parce que ces expériences sont riches à bien des égards, Parce que ces projets sont exigeants dans leur mise en place, … Nous avons voulu réaliser un outil pour accompagner la mise en place de ces projets, à partir de l’évaluation des expériences d’échanges européens au M.R.J.C. depuis plusieurs années. Il est destiné aux équipes d’animation et à toutes les personnes qui mettent en place un échange européen, une activité internationale, ou encore pour toutes les activités où vont se rencontrer des personnes de cultures différentes (urbains et ruraux, inter générations…). Ce document n’est pas un livre de recettes…Nous n’y trouverez pas de formule magique pour faire un « bon échange ». Cet outil se veut plus être un « pense bête »…A partir des expériences capitalisées dans le mouvement ou ailleurs, on se rend compte qu’il y a des aspects importants dans la mise en place d’un échange, dans la méthodologie, dans la pédagogie ou encore des choses à éviter. Cet outil, reprend la démarche de A à Z pour la mise en place d’un échange. De l’idée de faire un échange à la préparation, de la réalisation à l’évaluation… A vous de feuilleter en groupe, en équipe d’animation, de piocher des idées, selon les différentes étapes de la mise en place de votre échange. Un échange demande du temps à mettre ne place, à la fois pour clarifier les objectifs et le contenu, travailler avec des partenaires étrangers, et se préparer à l’animation et la pédagogie interculturelle. Il convient de penser le projet bien à l’avance. Enfin, au MRJC, nous faisons le choix de promouvoir des échanges de qualité : cet outil veut y contribuer . C’est aussi par des rencontres entre animateurs d’échanges, par des partages de nos expériences, de nos idées, que nous avancerons vers cet objectif.


LES ECHANGES : DES ENJ EUX Pourquoi mettre en place un échange européen ? Les expériences nombreuses menées au MRJC et ailleurs démontrent l’importance de ces projets pour les jeunes, pour le milieu rural ou encore pour le projet du MRJC. Voici quelques idées fortes ressorties de différents échanges .

Les échanges sont l’occasion d’élargir nos horizons … Par la rencontre de personnes, de milieu, de <pays différents … Une façon de se rendre compte que les choses ne se vivent pas partout comme chez moi » …et qu’il n’y a pas qu’une façon de faire, de vivre …Ca fait bouger nos idées préconçues, nos préjugés …et ça donne des idées.

En prenant de la distance avec « son chez soi », ça nous donne un nouveau regard sur ce qui passe « chez nous »…En revenant, on redécouvre des choses auxquelles on avait pas fait attention avant… Lors d’un échange en Espagne par exemple, une équipe de jeunes de France découvre la vie d’un village espagnol, avec son mode de vie, ses richesses et ses difficultés …Par effet miroir, ils comparent ce qui se passe ici et ce qui se passe chez eux…Et finalement, ils se rendent compte que leur coin est « pas si nul » et qu’il y aurait quand même des choses à y faire…

La méconnaissance du « différent » conduit facilement à la peur de « l’autre »…Et de cette peur à l’intolérance ou à la xénophobie, il n’y a parfois qu’un pas… Les échanges sont pour cela des lieux d’éducation ou plus simplement d’apprentissage au respect de l’autre. Ceci vaut aussi bien pour les jeunes qui participent à un échange que pour le milieu dans lequel se déroule l’échange : la présence d’un échange dans un quartier ou un village par exemple, peut être l’occasion de rencontres, de dialogues avec le milieu local…

A l’heure où nos sociétés sont de plus en plus proches, par les moyens de communication, les technologies…A l’heure aussi où l’Europe se construit, les échanges sont des occasions pour élargir nos réseaux, bâtir des projets ensemble, construire de nouvelles propositions…


1 – ECHANGER

Vous allez mettre en place un échange… Il peut être intéressant de commencer par un discussion au sein de votre groupe sur ce que ça signifie pour vous « échanger »… Ces 3 questions peuvent être un point de départ pour réfléchir sur ce que vous attendez d’un échange.

1- Qu’est ce que « échanger » ?…

ça

veut

dire

2- Echanger : entre qui et qui ? …

3- Echanger quoi ?

pour

nous


2- LES COMPOSAN TES DE L’ECHANGE

Un projet et des objectifs communs

Une durée minimum de 5 ou 6 jours Une équipe d’animation

Réaliser quelque chose

internationale

ensemble

Une préparation commune au sein de l’équipe

Une connaissance des autres pays

Parité du nombre (garçons et filles), (par nationalité) Réaliser quelque chose ensemble

Au moins 2 nationalités …. 3 nationalités peut être une bonne formule

Parité du public Les personnes ont des réalités communes ? (âge, scolaires, étudiants…)

Une préparation avec les participants

Un nombre de participants - Plus de 15 personnes (pour une dynamique de groupe) - 25 semble être le nombre idéal de participants… - A plus de 25, un trop grand groupe peut gêner la qualité de l’échange…


3 – DE FINIR VO S O BJECTIFS ET LE C ONTENU DE V OTRE EC HA NGE Sur la page précédente, le schéma présente toutes les composantes d’un échange ; un projet mis en place de façon concerté avec des objectifs, un public, un contenu, sur une durée… Voici maintenant quelques points de repères pour définir votre projet…

Un échange ne tombe pas du ciel… Il s’intègre dans la démarche de votre groupe…Par rapport aux réalités vécues en équipe, par rapport à la dynamique sur votre département, votre région, il peut être intéressant dans votre démarche : -

d’avoir une confrontation de vos actions, de votre fonctionnement avec d’autres façons de faire… de connaître la réalité dans d’autres pays à propos d’un thème sur lequel vous travaillez. D’avoir une analyse à partir de différentes réalités pour chercher de nouveaux possibles et agir. etc.…

En fonction de la démarche de votre groupe, vous pouvez essayez de préciser vos objectifs. On peut les systématiser de la façon suivante :

-

-

-

Echange-Découverte sur les différentes réalités vécues par les partenaires (pays, mouvement, vie de jeunes, systèmes de formation…). Echange-Débat, confrontations sur l’un des thèmes communs aux partenaires (environnement, école, développement local, agriculture…) Echange-élaboration de propositions communes, de projets communs à moyen ou long terme. Echange-formation Echange en lien avec une dynamique locale (un projet…)

Est-ce que l’on veut : - accueillir - se déplacer à l’étranger …Veut-on faire un échange bi, tri ou multilatéral (deux, trois, quatre pays ou plus ?) …Le bilatéral peut être une formule plus facile quand il s’agit d’une première expérience. …Choisir la durée : une durée minimum de 5 ou 6 jours est nécessaire pour vraiment pouvoir avoir un échange.


4 – CHO ISIR U N PAYS, C HE RCHER DES PARTE NA IRES -

A partir du public, des objectifs et de la forme choisie, formuler un projet d’échange cohérent et le présenter à votre partenaire en sachant qu’il faudra le retravailler avec lui.

-

Le choix du pays peut se faire en fonction :  Du contenu  Des désirs des participants  Des langues parlées par les jeunes  Des personnes ou pays que l’on connaît  Des gens qui sont déjà allés dans le pays  De financements possibles

-

pour la recherche du partenaire :     

Voir au niveau du réseau du MIJARC Voir par le MRJC d’autres régions qui ont des contacts Par les comités de jumelage Par le MRJC au niveau national etc.…

Attention : il convient de s’y prendre à l’avance pour trouver un partenaire …Ca demande du temps…

Pour un projet qui se déroule en été… OCTOBRE : définir le public, les objectifs et la forme NOVEMBRE : chercher un partenaire DECEMBRE : faire un dossier pour le financement Dépôt du dossier par un échange Jeunesse pour l’Europe : er - Soit le 1 février er - Soit le 1 mai Pour un échange qui se déroule l’été, ont peut déposer la demande de subvention à l’une de ces deux dates.

Voir les indications sur le programme Jeunesse Pour l’Europe en annexe.


1 - PREPARER EN EQUIPE D’ANIMATION

Il est important de se rencontrer pour : -

clarifier les objectifs clarifier le public qui va participer clarifier les méthodes de travail, d’animation préparer le contenu et le programme ensemble

… Le mieux est de se retrouver sur le lieu où va se dérouler l’échange…Pour que chacun puisse se rendre compte… Prendre du temps pour apprendre à se connaître, …on est plus détendu après pour animer ensemble… …Il est important de prendre du temps pour expliquer ce que l’on fait dans nos associations respectives : pour voir les points communs, des différences. …Prévoir un temps d’échange pour connaître un peu nos pays, nos modes de vie, cultures… …Prendre du temps pour échanger sur la situation de nos différents territoires, pour discuter sur ce que font les participants (école, vie sociale, etc.…).

…Prendre du temps pour se mettre d’accord sur le mot « ANIMER », cette notion n’existe pas forcément dans tous les pays, ou bien ne veut pas dire forcément la même chose. …Se mettre d’accord sur le fonctionnement de l’équipe d’animation…Selon les us et les coutumes de chacun… …Se mettre d’accord sur qui va coordonner l’équipe d’animation…Il est plus pertinent que ce soit une personne du pays accueillant, qui connaît le milieu local et qui prépare sur place…


2- PREPA RER AVEC LES JEUNES Pour que l’échange soit un temps où les jeunes s’investissent et prennent en main la vie de l’échange, il est important de se préparer avec le groupe ; …Préparer avec eux le contenu et les objectifs de l’échange (selon le projet et le public…). …Chercher des infos sur le (ou les) pays partenaires : - Contexte socioculturel - Histoire - Contexte politique et économique - Géographie - Niveau de vie - Vie quotidienne - Coutumes du pays… - Actualités - Rencontrer des gens qui connaissent le ou les pays partenaires. Préparer une présentation de notre pays (idem points du dessus) que l’on pourra montrer lors d’une veillée par exemple…

La barrière de la langue peut être un véritable obstacle dans l’échange…C’est vrai qu’on arrive toujours à se débrouiller, avec des gestes, par l’écrit, ou avec quelqu’un qui parle la langue pour communiquer. Mais dès qu’on veut aller plus loin dans l’échange, dans une discussion, un débat, et qu’on ne maîtrise pas la langue, on est « très » limité… Une préparation linguistique peut se faire avec les participants, pour connaître les mots essentiels, d’usage courant. Ce sera aussi un moyen de « se remettre dans le bain » des langues étrangères. « On peut inviter une personne qui a vécu dans le pays où on va et qui parle cette Quelques idées langue : une occasion de parler du pays et d’avoir quelques rudiments de vocabulaire. » S’organiser un petit cours de langue…


Se mettre dans la dynamique de l’échange, c’est aussi commencer à se connaître avec l’échange…Pour cela on peut : -

Echanger des courriers avec les jeunes des autres pays, fax, Internet… S’échanger des photos pour présenter notre coin… Partager ce que l’on fait dans nos mouvements, nos associations…

Il faudrait, selon des évaluations européennes, trois semaines pour bien vivre l’échange : -

Une semaine pour se mettre dans le bain Une semaine pour être dans l’échange Une semaine où on se prépare au retour

… Il n’est pas forcément facile de mettre en place un échange sur trois semaines. Mais, les temps de préparation avec le groupe avant l’échange, peuvent correspondre à cette première semaine.

Pour se préparer à une expérience interculturelle avec le groupe, on peut faire des jeux : - faire sentir les différences entre nos cultures, nos différents pays… - Evoquer nos stéréotypes, nos préjugés sur le pays qui échange avec nous…

Exemple : le français, la bouteille rouge, la baguette de pain, le camembert et le béret…

Créer un climat d’ouverture, de découverte, donner envie au groupe « d’aller voir ailleurs ».


3- PREPARER AVEC LE MILIEU LOCAL La mise en place d’un échange dans un village peut être le levier d’une dynamique si on met dans le coup les acteurs de la vie locale. Travailler cet aspect, c’est aussi permettre aux jeunes de découvrir le pays avec les gens qui y vivent, les activités qui s’y déroulent…

Pour mettre dans le coup les gens du coin dans l’accueil de l’échange, on peut travailler avec les structures qui existent : avec une association, la municipalité, le centre social, etc.… La population locale comprendra et acceptera d’autant plus la venue de l’échange si il a été préparé avec les structures reconnues localement (le club du 3ème âge, la municipalité, etc.…). Ainsi, il sera facile de faire participer la population locale lors de l’échange. Quels temps vont se vivre en commun entre l’échange et la population locale…Pour faciliter l’intégration, les relations, l’échange avec le tissus local ?… …Une soirée débat …Une journée en famille …Une rencontre avec une association …Une visite de la commune …Une fête …Un match de foot …Une restitution conviviale de l’échange…

Il peut être intéressant lors de la préparation de réfléchir à ce que l’on veut montrer de notre région à des personnes venues d’ailleurs… …Entre le patrimoine, des initiatives pour le développement, des personnes à rencontrer… Ne pas oublier non plus de saisir les opportunités locales lors de l’échange : le concours de boule en bois, la fête du village d’à côté, etc.… Ce sont autant d’occasions qui permettront de faire découvrir le coin, mais aussi de créer des liens entre les jeunes de l’échange et la population locale…


4- PREPARER LE PROGRAMME …Temps de découverte du coin, initiatives et acteurs, tourisme… …Temps de débat et de formation : (thématique selon public : formation, environnement, agriculture, développement local) …Temps sur l’Europe… etc.… …Temps de découverte sur nos réalités : vie de jeunes, école et système de formation, milieu rural, pays… …Temps interculturels : pour partager nos cultures, coutumes, gastronomie, Histoire… …Temps de loisirs… …Temps libre… Il en faut tous les jours ! ! !

« Ne pas submerger le planning un échange demande du temps »

Dans la mise en place de votre programme, n’oubliez pas qu’au début de l’échange, il faut du temps… …Pour mettre les participants à l’aise, apprendre à se connaître …Pour que le groupe se mélange …Pour s’accoutumer à échanger avec des gens qui parlent une autre langue …Pour créer un climat de confiance et de convivialité


Tenez aussi compte du temps qu’il faut dans le programme pour les temps d’organisation et d’évaluation : …Au début pour s’organiser dans la vie quotidienne …Pour une évaluation de mi parcours …Du temps nécessaire dans les déplacements …Pour préparer les visites et les différents temps… Et les reprendre. Pour l’évaluation à la fin de l’échange.

…et ne pas oublier le temps nécessaire pour la traduction… (on a besoin du double de temps en traduction consécutive).

Il est important de se mettre d’accord sur le rythme de vie de l’échange en équipe d’animation. Ceci peut éviter des problèmes pendant l’échange. Prendre le rythme de vie locale Par exemple, pour un échange en Espagne, …Si on veut découvrir le mode de vie des gens …Si on veut rencontrer la population locale …Si on veut réussir l’intégration localement pendant l’échange Il faut s’adapter au rythme des gens : - Le repas du midi en Espagne se fait plutôt dans l’après midi - Le dîner est assez tard le soir - On a l’habitude de se coucher tard…

De la même façon, pour l’accueil d’un échange en France, il est important de parler avant en équipe d’animation du mode de vie à la française, du rythme de vie, et de se mettre d’accord ensemble…


5- AUTRES PETITS TRUCS Penser aux papiers nécessaires : -

Autorisation de sortie de territoire pour les mineurs Carte d’identité Autorisation parentale Formulaire E111 pour les problèmes de santé (voir auprès de la CPAM)

Attention au statut des objecteurs pour la sortie de territoire… Faire la demande à l’avance auprès des autorités.

Pour sécuriser les parents : -

un courrier qui décrit le projet de l’échange, où ca va se passer… donner un numéro de téléphone où on pourra vous joindre en cas d’urgence donner l’adresse du lieu d’accueil

-

Il est préférable de partir avec un budget clair… Ne pas oublier de garder les factures, justificatifs pour les financeurs. Ne pas oublier de faire remplir les feuillets d’émargements par les participants. Si il y a des aspects financiers à régler entre partenaires, mieux vaut se mettre d’accord avant l’échange : ça évite de pourrir les relations pendant l’activité…


-

Ne pas oublier de valoriser l’échange auprès des médias… Citer les partenaires financiers auprès des médias (obligatoire).

Quand vous partez pour votre échange, n’oubliez pas d’apporter quelques produits locaux non périssables…

De la même façon, il peut être bien d’apporter des éléments qui présentent votre région ou votre pays :

-

une carte géographique un drapeau des dépliants sur le pays des photos un montage diapos etc.…


1- L’ACCUEIL

… Les participants qui arrivent se retrouvent dans un lieu, un pays et avec des gens qu’ils ne connaissent pas…

Arriver dans un lieu accueillant… CA RASSURE !

Idées :  Un panneau « BIENVENUE » dans la langue des arrivants  Des indications dans les différentes langues sur les lieux exemple : cuisine, kitchen, cocina…  Des drapeaux  Des cartes géographiques des pays  Posters des pays

-

Selon le projet de l’échange, un lieu stable est intéressant, il permet aux participants d’avoir des repères rapidement.

-

Au début du séjour, on peut passer un temps en petits groupes à aménager le lieu avec des éléments des différents pays (posters, objets, photos, livres…)…


Si on va chercher les gens à la gare, ne pas oublier d’emporter quelque chose à boire… Les gens viennent de voyager (fatigue, chaleur…) et on se sent accueilli…

Faire en sorte que les groupes se retrouvent au même moment…Pour éviter de déséquilibrer les relations du groupe dès le début.

Eviter les grands discours de bienvenue … Aller à l’essentiel… Les choses plus précises pourront se faire un peu plus tard…/ Prévoir un temps « téléphone » : des jeunes peuvent vouloir prévenir leur famille… « Prendre toutes les questions ou demandes au sérieux »…Les jeunes débarquent, savent pas forcément où ils sont : il faut leur permettre de se retrouver en confiance pour vivre l’échange.


Pour permettre aux participants de se repérer dans le village, ou le lieu du camp, on peut organiser un temps de découverte du milieu environnant…

Ca peut être une occasion d’investir les gens du coin pour qu’ils fassent découvrir le lieu aux participants…

On peut avoir le « petit mot de bienvenue » du maire…


2- LA RENCON TRE IN TERCULTURELLE La rencontre interculturelle ne se fait pas d’elle même, il faut la provoquer, la préparer… Trois conditions peuvent être proposées au groupe et affichées dans le lieu :

1- Apprendre à se connaître

… Dans le respect de nos histoires, nos valeurs, nos mentalités, nos modes de vies, nos cultures

2- Etre curieux … « nous sommes ici pour goûter »

3- Accepter la complexité des choses

…Il se peut qu’il y ait des moments où on ne va pas se comprendre par nos cultures différentes, ou bien ce sera compliqué pour se mettre d’accord… Il faut le savoir.


Il y a des choses que les personnes d’un autre pays ne comprennent pas, parce que nous n’avons pas le même mode de vie et habitudes ; cultures, etc.…

Il est important de « gérer ces surprises », bonnes comme moins agréables… Il faut savoir expliquer les choses, anticiper…

Les temps de fête, repas, danses, chansons de chacun des pays sont des moments privilégiés de rencontre interculturelle…Ils sont à prendre en compte dans le programme.

2.4 PEDAGOGIE INTERCULTURELLE La rencontre interculturelle demande de se donner des moyens variés pour communiquer et vivre l’échange : -

prévoir des temps en petits groupes mîmes, chants, jeux, théâtre, « dessinez c’est gagné », panneaux en 2 langues

bref, des moyens visuels et dynamiques.


3 - L A DYNAMIQUE DE GROUPE IN TERCULTURELLE

Pour que la dynamique d’échange « prenne », il faut se mélanger dès le début entre nationalités, et ce, dans les différentes activités : -

Tâches quotidiennes Veillées Repas Logement Temps en petits groupes etc.…

Au début, l’équipe d’animation a parfois à le rappeler plusieurs fois pour que ça se fasse, mais c’est important pour toute la dynamique de l’échange… Il ne faut peut-être pas prévoir un programme chargé de sorties au début de l’échange mais peut-être privilégier du temps en groupes ou petits groupes où les gens vont apprendre à se connaître.

Il est important de prévoir du temps où les jeunes vont pouvoir se retrouver par nationalité : on ne peut pas toujours être à 100 % dans l’échange, on a parfois le besoin de se retrouver avec les gens de son pays. Il peut être intéressant que l’animateur se retrouve de temps en temps avec les jeunes de son pays… Il va pouvoir se rendre compte de ce qui va ou ce qui ca moins bien… Ce qui permettra à l’équipe d’animation de tenir compte de chacun des groupes pendant l’échange…

Le temps libre est important dans l’échange… L’échange est un lieu où l’on vit plein de choses nouvelles, à un certain rythme… Il faut aussi du temps plus « cool »…

Le temps libre permet aux participants de souffler, de se « retrouver » pour écrire, aller au téléphone, ou se divertir en groupe …


4- L’EQUIPE D’ANIMATION Elle est au service des jeunes et non le contraire… Elle doit favoriser la responsabilisation, l’autonomie des jeunes dans le déroulement de l’échange…

Le temps pour anticiper sur le programme et pour évaluer les journées est très important… Il faut se donner du temps pour cela…

En effet, il faut du temps : -

Pour se comprendre (et être sûr que l’on s’est bien compris) Pour prendre en compte la façon d’animer et les idées de chacun… Pour se mettre d’accord

LE TEMPS DE TRADUCTION Il faut aussi prendre en compte le temps de traduction dans les réunions…qui prend du temps dans la réunion. Il vaut mieux se donner plusieurs temps de travail plutôt qu’un très long…Parce qu’on est pas forcément habitué à travailler (sur plusieurs heures) dans une langue étrangère…

Le rôle d’une personne de l’équipe d’animation dans la coordination (la personne du pays d’accueil, normalement) est important pour : -

organiser le travail de l’équipe d’animation proposer des moyens distribuer la parole prendre la décision quand l’équipe d’animation n’arrive pas à se mettre d’accord…


Faire le lien avec le milieu local …Il est important que quelqu’un de l’équipe d’animation fasse le lien avec les gens localement. -

-

Pour accueillir les gens qui passent voir le camp, Pour expliquer ce que vous faîtes, Cette personne peut être le référent pour tout ce qui concerne les liens avec le milieu local. (De préférence, e sera un animateur du coin, ou du pays…) Cette personne pourra se charger par exemple du lien avec les journalistes et les médias.

Se donner du temps pour évaluer à mi-parcours avec le groupe, et réajuster le programme si nécessaire. Se donner du temps pour évaluer à la fin de l’échange avec le groupe : trouver un moyen d’animation dynamique. Quel détour dans le bilan final sur : « Avec quoi on revient chez nous, vers quoi ça nous lance ? ? »

 Se garder du temps en équipe d’animation à la fin de l’échange pour évaluer.  On peut refaire un temps d’évaluation un mois et demi après l’échange pour reprendre les choses à froid en équipe d’animation … Et voir d’autres suites à envisager…  Il peut être intéressant de faire un temps de bilan avec le milieu local (la municipalité, une association,…) pour voir ce que ça a permis dans la vie de la commune, voir quels nouveaux projets seraient envisageables…


5- LES IN TERPRETES -

Il en faut un par langue. Les interprètes ne sont in participants, ni de l’équipe d’animation : la traduction est travail exigeant et assez fatiguant.

…Il est important que l’interprète connaisse le projet et le contenu de l’échange… … Il est important que l’interprète connaisse son planning à l’avance pour qu’il s’organise dans son travail …S’il soit préparer du vocabulaire pour une visite, s’il veut se prévoir du temps pour se reposer… Il -

y a des moments où on a besoin de l’interprète : temps formels temps de débat visites réunions avec l’équipe d’animation

et les moments où il n’est pas nécessaire : - temps de veillées - temps informels

… Le groupe doit apprendre à se débrouiller pour communiquer, sans avoir recours à l’interprète…

Quand l’interprète traduit, par exemple pour une réunion de l’équipe d’animation, il ne fait que ça… Il évite de participer au débat, sinon, ça devient vite la pagaille. … Ca peut paraître frustrant pour les interprètes… A ce moment là, on peut se prévoir du temps avec eux pur qu’ils disent ce qu’ils pensent, qu’ils expriment leurs remarques… On demande à l’interprète de traduite tout ce qu’il peut…Si le traducteur synthétise trop ce qui vient d’être dit, la personne à qui il traduit va perdre 50 % du message.


6 - ABORDER L’EUROPE DAN S L’ECHANGE La sensibilisation à l’Europe auprès des jeunes peut se faire de plusieurs façons, il convient de l’adapter selon d’âge des participants.

La présentation de chacun des groupes et de son pays est une première étape dans la découverte de l’Europe. Selon l’âge des participants, on va pouvoir aller plus loin dans l’échange pour aborder les coutumes, la géographie, l’histoire, l’économie, la vie sociale, la vie politique… de chacun des pays.

Pour sensibiliser à l’Europe, on peut organiser un jeu, par exemple un jeu de piste, un jeu de l’oie, où les participants devront trouver des éléments de connaissances de l’Europe… …Le nombre de pays dans l’Union européenne, les hymnes nationaux, les institutions européennes… …On peut mettre à disposition des participants par une table de presse, des documents de la commission européenne, du Conseil de l’Europe où ils pourront trouver des explications sur l’Europe, son fonctionnement.

On peut inviter un député européen pour un débat… Un temps qui sera l’occasion pour les participants de poser des questions sur l’Europe, d’exprimer leurs attentes sur l’Europe, ou encore de découvrir le rôle d’un député européen.

C’est important de voir « des choses concrètes » pour comprendre l’Europe. Pour faire découvrir que l’Europe se construit aussi sur nos territoires, par des projets multiples : - On peut aller visiter des initiatives de développement local qui ont une dimension européenne (un partenariat avec d’autres pays, etc.…). - On peut rencontrer un comité de jumelage qui développe des projets de coopération. - On peut aller voir des projets soutenus par la commission européenne, par des subventions.


7- LA VIE QUOTIDIENNE Il peut être intéressant d’avoir quelqu’un à l’intendance dans un échange… En effet, on a besoin de plus de temps dans un échange interculturel que dans un camp avec une seule nationalité… D’autant plus si on a des activités prenantes (chantiers)…

Ce qui n’empêche pas que le groupe prenne en main des repas pour préparer des spécialités des différents pays… En tout cas, dans l’équipe d’animation, si on veut avoir le temps nécessaire pour se coordonner, d’anticiper sur le programme, si on a pas à se charger de l’intendance, c’est un poids en moins…

Le bien manger dans un échange, c’est quelque chose qui compte… Une bonne nourriture et une bonne présentation sont autant de petites choses qui favorisent la vie de l’échange…

Se retrouver dans un pays où on n’est pas habitué à la nourriture locale, c’est pas forcément facile, d’autant plus si c’est mal préparé… C’est un petit plus qui joue sur l’ambiance de l’échange…

On va peut être passer plus de temps à table, mais les repas sont des temps importants où il se passe des choses au niveau de l’échange…


1 - QUELLES SUITES AUX ECHAN GES ? ? ? Quand on se pose la question « des suites que l’on peut donne aux échanges européens » que l’on met en place , on peut entendre plusieurs choses : -

Quelles suites avec les jeunes qui ont participé à l’échange Quelles suites avec nos partenaires européens ? Quelles suites avec le milieu local, sur le lieu où on a accueilli l’échange

«Lors d’un échange où on est allé » A la suite d’un échange où on est parti voir ailleurs , c’es l’occasion de reprendre des choses, en équipe ou lors d’un temps avec le groupe -

Qu’est-ce qui nous a frappé ? Qu’est-ce qu’on a vu de différent ? de pareil

Allez découvrir un autre territoire, découvrir ses habitants et ses acteurs, ses activités, ses richesses et ses difficultés, etc.. nous renvoie à nous poser des questions sur le territoire, le coin dont on vient, par « l’effet miroir »… Porter un nouveau regard sur notre coin, par l’effet distanciation, peut être une opportunité pour l’échanger : - autour de ce qui se passe chez nous - sur les richesses du coin, ses difficultés - sur l’avenir du territoire En bref, tout un échange qui peut nous donner des idées pour agir localement, créer une dynamique, penser à un projet…

Sur cette thématique, de l’effet « d’aller voir ailleurs », on peut lire le chapitre « culture identité » du LIVRE BLANC du MRJC (1996).


« Lors d’un échange qu’on a accueilli » Lorsqu’on accueille un échange , dans la phase de préparation, nous avons à nous poser la question : «Qu’est ce que nous voulons présenter de notre coin, notre territoire ? »

Il est important de réaliser cette phase avec les jeunes de l’échange qui vivent sur ce territoire… Les jeunes ont parfois une vision « restreinte » de la vie de leur milieu de vie, ou une image « pessimiste »voire négative… « Le rural ringard » « y a rien à faire »

Avoir à faire découvrir son coin à des gens venus d’ailleurs peut être une étape pour « redécouvrir » son milieu de vie , et se poser quelques questions : - « qu’est-ce que je connais de mon coin ? - « Qu’est ce qu’on voudrait faire découvrir ? « - « Quels lieux, sites, fêtes, manifestations, projets, initiatives, personnes, etc. … on voudrait faire découvrir ? - « Pourquoi on voudrait faire découvrir ceci plutôt que cela ?

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Accueillir un échange peut ainsi être une étape pour faire découvrir aux jeunes, aux habitants du territoire qu’il y a des richesses autour de nous Les personnes venues d’ailleurs, par leur regard « neuf », nous renvoient des choses de ce qu’ils perçoivent de notre territoire, que nous ne percevons peut-être plus parce qu’on le voit tous les jours Autant d’éléments dans l’accueil d’un échange qui contribuent à la mise en place d’une dynamique, d’un projet.


La mise en place d’un échange avec des partenaires européens peut aussi être le début d’une aventure pour d’autres projets dans l’avenir A partir de l’échange, on peut prendre le temps de mieux se connaître, de savoir ce que l’on fait dans nos associations, de partager nos projets … De là, on peut voir quels sont nos points communs, et envisager des perspectives.

Mais il est clair que la suite d’un échange ne vient pas comme ça… Si l’on ouvre pas de perspectives, si on ne se donne pas des idées pour la suite, le travail de réseau ne peut guère durer.

L’accueil d’un échange sur un village peut être un outil dans une dynamique locale. Un travail en partenaires avec le milieu local peut favoriser de nouveaux projets à la suite d’un échange. Il est important de passe du temps avec les acteurs locaux pour évaluer ce qui s’est fait sur la commune pendant l’échange, comment se sont passées les relations entre les jeunes et la population locale, quelles sont les retombées ? C’est aussi lors de ces temps où l’on partage ce qui s’est vécu, que surgissent de nouvelles idées…


echanges interculturels