Page 57

voyage maroc

cliché avec un porteur d'eau au costume coloré – les porteurs d'eau n'existent plus que pour le folklore et le touriste, les bouteilles en plastique les ayant remplacés depuis longtemps – contempler des acteurs mâles déguisés en femmes, qui, en remuant des hanches, suggèrent une pseudo-danse du ventre, s'étonner d'une pyramide humaine, s'offrir un dentier (si si !), s'acheter un mélange de poudres aux vertus aphrodisiaques…

Murs ocre rouge de Medina Et tout ça au sein de cette médina à la terre et aux murs ocre rouge si typiques. Cette foule bigarrée, qui, pour une Occidentale fraîchement descendue de son avion, fascine et impressionne avant que l'on ne s'y accoutume, appartient au quotidien de cette place, déclarée en 2001 par l'Unesco « chef-d'œuvre du patrimoine oral de l'humanité ». Cette sensation de densité humaine n'est pas une simple vue de l'esprit : près de la moitié de la population de la cité vit dans les murs de la médina, ce qui fait tout de même 400 000 habitants cohabitant sur 600 hectares, soit 60 000 Marrakchis au km2 ! Ajoutez à cela les touristes venus comme moi découvrir cette place mondialement connue et les souks qui la bordent sur son côté nord et vous aurez une idée de ce qu'on peut ressentir. Ma pensée vagabonde à la vue de cette trépidation, de ce monde qui y travaille et y vit, car non seulement on commerce place Jemaa-el-Fna, mais on y mange aussi. Deux fois par jour, tables et bancs cernent une cuisine installée en deux temps trois mouvements autour d'un brasero. L'ami marocain qui nous accompagne nous

Marrakech, c’est aussi un ensemble architectural fascinant avec sa medina, ses superbes mosquées, ses anciens caravansérails et ses palais remarquables explique le sérieux de ces échoppes ; la mairie leur attribue un numéro pour éviter toute arnaque et les mets présentés ici sont préparés à l'avance, sauf, bien sûr, ce qui sera cuit sur place sous l'œil du client. Une telle organisation au milieu de cette multitude me laisse baba. En fait, malgré ses airs de désordre et de chaos, sa chaleur et son soleil, ses charrettes tirées par des ânes ou des hommes, ses voitures et ses taxis aux Klaxons promptement enfoncés, ses calèches et ses touristes

Les arches de couleurs ocre répondant au sable du désert. Sur la page de gauche : Le plus ancien riad de Marrakech. Robe Jemaa, collection Jasmina.

57

Antoine & Lili  

Magazine pour la marque de vetements Antoine&Lili.

Advertisement