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Mai / Juin 2010 / n° 101

Transports publics

LA NOUVELLE ÈRE DU BUS Girouette

DES VESTIAIRES TOUT NEUFS Circulation douce

PRENDRE SON VÉLO EN VILLE Exposition

Photo : photomobile

L’ART ET LA BARBARIE

www.anglet.fr


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Édito

Sommaire 2

60 jours à Anglet

Jean Espilondo

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Dans la ville

Maire d’Anglet Conseiller général Anglet-nord maire@ville-anglet.fr

L’entrepôt deviendra gymnase Des vestiaires tout neufs ! Au service de l’environnement Les contours du Maharin se dessinent Accès au logement : tous concernés Logement des jeunes : combler le manque Prendre son vélo en ville En bref Une seule adresse : face à la mairie Des musiques libres et gratuites

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Dossier La nouvelle ère du bus

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Rrencontre Domajeurs : le plaisir simple de chanter

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Culture L’art et la barbarie L’Agenda Les jeunes Aquitains animent la science

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Portrait Henrie Labena

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Sports et loisirs

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Culture d’ici À petits pas...

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Zoom La Maison d’Anglet à Konna (Mali) Courir pour les autres La Garbure angloye fête son XXXIIIe chapître Partager la beauté du monde Anglet Magazine se met au durable

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Bon à savoir

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Carnet

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La ville vous répond

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Expression de l’opposition

Directeur de la publication : Jean Espilondo. Direction de la communication : L. Béobide. Rédaction : L. Béobide, N. Lamarque, Y. Arriaux. Ont participé à ce numéro : B. Alter, M. Kirolasale, K. Totorika (traduction basque), Aci Gasconha (traduction gascon), J.-P. Aren. Directeur artistique : Ph. Villard / VÉGA. Photos et illustrations : R. Hélin, C. Pasquini, Photomobile, Ph. Brunet, Fotolia, B. Alter, A. Lanta, L. Masurel, Air-Architecte. Publicité : Supports Promotion. Impression : Frontère (64). Imprimé sur papier issu d’une Gestion Durable des Forêts. Dépôt légal : à parution.

“Voter, c’est refuser la fatalité et l’injustice”

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Lors des dernières élections régionales, près d’un Angloy sur deux s’est abstenu de voter. La participation dans notre ville a certes été un peu plus élevée qu’au niveau national, mais demeure extrêmement basse pour un scrutin d’une telle importance. Cette réalité m’interpelle. Chacun peut comprendre cette désaffection comme il l’entend, ou la relativiser au regard des taux de participation remarquables des dernières élections présidentielles et municipales. De mon point de vue, trois enseignements peuvent être tirés : le scrutin de liste régional n’est pas mobilisateur ; les électeurs ont désavoué le Gouvernement et le Président de la République, mais surtout une part importante des inscrits sur les listes électorales n’a pas souhaité prendre position. Cela démontre une incertitude qui, si elle s’installe durablement, peut faire le jeu des extrêmes. Je reconnais que le débat politique, en général, prend souvent des tournures plus assimilables à la polémique qu’au débat d’idées. Ce n’est pas dans la résignation, principale source de l’abstention, que se trouve la solution mais plutôt dans l’engagement et la participation. Voter, c’est refuser la fatalité et l’injustice. Il est temps de proposer une alternative politique, claire et crédible. Mais il appartient aussi à chaque élu de prendre ses responsabilités sur le terrain pour réhabiliter et rendre plus lisible l’action politique, qui a vocation avant tout à se mettre au service de ses concitoyens. À mon niveau, je m’efforce de donner à la politique toute sa dimension humaine et sociale. L’axe majeur de mon action est de répondre aux besoins de mes concitoyens : logement pour tous, amélioration du cadre de vie, des transports, de la culture, pratique de la solidarité intergénérationnelle… Cette action exigeante qui s’inscrit dans la durée me paraît essentielle pour la vie de la cité, et je souhaite qu’elle redonne confiance à ceux et à celles qui doutent aujourd’hui de l’avenir.

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Les plages en manteau blanc

Photo : photomobile

Les 11 février et 10 mars 2010, la neige s’abat sur la France, et aussi sur la Côte Basque et le sud des Landes. Quelques rares promeneurs apprécient le spectacle…

Les motards ont du cœur

Photo : Ph. Brunet / photobrunet.com

Photos : Ph. Brunet / photobrunet.com

C’était la vingtième édition des motards du cœur en vue de collecter des denrées alimentaires pour les Restos du cœur d’Anglet. Plusieurs tonnes ont été ainsi engrangées permettant de couvrir les besoins en repas des Restos du cœur pendant deux mois. Trois clubs, BABSL, Dassault et FFMC64, ont uni leurs efforts.

Les filles dans la course

Photos : photomobile

Le 7 mars, Dimitri Yachvili donne le départ de la Course des Sirènes organisée par l’Ikastola d’Anglet. Des bénéfices destinés à Integrazion Batzordea qui financent la scolarisation des enfants handicapés au sein des Ikastolas.

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Ils l’ont dit en images Dans le cadre de l’Agenda 21 d’Anglet, les Angloys étaient invités à s’exprimer par la photo sur leur ville et le développement durable. On peut visionner la centaine de contributions reçues à la Maison de l’environnement de La Barre. Parmi elles, seize photos choisies par le Comité consultatif de l’Agenda 21 s’offrent au regard critique ou admiratif…

Un printemps de poètes

Photo : photomobile

Photo : R. Hélin

Une pub ? Non, une aventure éditoriale originale : des panneaux livrés aux artistes et poètes contemporains pour les 20 ans de l’Affiche (revue murale de poésie). Sur chacun d’entre eux figuraient un texte littéraire et un geste plastique. De vraies œuvres, qui en raison de leur format abribus, ont investi la rue. On pouvait découvrir l’exposition complète à la bibliothèque.

Omelettes géantes Plusieurs omelettes étaient dégustées dans les quartiers angloys ce lundi de Pâques. Mais le record revient à la traditionnelle omelette confectionnée par les Mailhouns : 3 000 œufs cassés et 20 kg de jambon à touiller. Tout le monde a mis la main à la cuiller ! Les gourmets l’ont apprécié en musique avec la Banda des Genêts.

Des défis éco-sportifs

Photo : M. Kirolasale

Le petit flocon s’est transformé en vague, avec l’Odyssée du même nom. Partie du Pic du Midi, elle a fait halte à Anglet le 11 avril. L’occasion de croiser les sportifs engagés dans cette aventure (dont dix champions du monde et sept médaillés olympiques), et de s’informer aux Villages des initiatives durables basé aux Sables-d’Or.

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Dans la ville

Parole d’élu

Future salle de sport

L’entrepôt deviendra gymnase Photo : R. Hélin

À Blancpignon, la Ville va réhabiliter un bâtiment désaffecté pour aménager une salle dédiée à la gymnastique en salle.

Gérard Cazaux Adjoint, délégué aux Sports

Photo : R. Hélin

Nous allons, en créant une nouvelle salle, loger le club de gymnastique dans de bien meilleures conditions, mais aussi enrichir le patrimoine sportif d’Anglet, et par là même la pratique sportive dans notre ville ; des associations de quartier pourront l’utiliser.

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ientôt résonneront le “Pfuiiiit” des sifflets, les ressorts des barres asymétriques ou les sauts des gymnastes sur le sol. Un ancien entrepôt, allée Mouesca, à Blancpignon, vient d’être acheté par la Ville pour être transformé en gymnase et y développer les pratiques de gymnastique en salle. “Grâce à ce futur gymnase, nous allons loger l’association Hegal Egin dans de bien meilleures conditions” précise Gérard Cazaux, adjoint délégué aux sports. Le club de gymnastique féminine, fondé il y a une dizaine d’années, est hébergé allée Louis-de-Foix dans une salle inadaptée, peu accueillante et mal isolée. Évoluant dans moins 200 m2, les gymnastes y sont à l’étroit. Mais ce nouveau gymnase sera ouvert à d’autres clubs. Les cours de gymnastique pour les jeunes ou les anciens ne manquent pas à Blancpignon, et de nouvelles initiatives seraient même les bienvenues : de la gym handisport par exemple, puisque le bâtiment est conçu pour. Le projet est donc en bonne voie. Il consiste à rénover entièrement cet espace, des façades à la toiture (la Ville fait retirer les plaques de fibrociment du toit) 4

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sans oublier les sols. La salle de plus de 520 m2 sera équipée d’un “praticable” (une aire d’évolution sportive) de près de 200 m2. Il y aura deux fosses de réception et des aires en fonction des pratiques : gymnastique pour tous et compétitions. Une aile neuve de 100 m2 va être construite pour abriter les vestiaires hommes et femmes, les douches et les sanitaires. Les personnes à mobilité réduite y seront aussi les bienvenues. Une infirmerie, un hall d’entrée, un bureau, un local de rangement du matériel ainsi qu’une salle de réunion et d’attente pour les familles avec vue directe sur les aires d’évolution, compléteront ce complexe. Le nouveau gymnase sera livré aux premiers jours de l’automne 2010. Rendez-vous est pris. L.B.

La future façade du gymnase

Le bâtiment sera entièrement rénové, à l’intérieur comme à l’extérieur, et une aile neuve va être construite.

> Repères 573 000 euros : coût estimatif des travaux du bâtiment en phase d’avant-projet. 430 m2 de surface d’évolution pour les pratiquants. Délai prévisionnel du chantier : 5 mois.


Dans la ville

Vestiaires de Girouette

Des vestiaires tout neufs !

Photo : photomobile

Les vestiaires préfabriqués du stade Girouette ne sont plus qu’un vieux souvenir. De nouveaux locaux sont bientôt mis en service pour améliorer l’accueil des clubs sportifs et des scolaires.

Les nouveaux vestiaires Photo : photomobile

Vastes et conçus conformément aux normes d’accessibilité des personnes à mobilité réduite.

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en bref…

eufs (et surtout, fonctionnels !), ils sont installés à l’entrée est du site en remplacement des anciens préfabriqués.“Les anciens bâtiments en piteux état devaient être démolis” confirme Gérard Cazaux, adjoint délégué aux sports. Après quelques mois de travaux et une reconstruction de A à Z, les nouveaux vestiaires sont livrés ce printemps et inaugurés le 22 mai prochain, soit un peu plus d’un an après l’aval du projet par le conseil municipal. Les joueurs de l’AngletOlympique, les jeunes de l’école de rugby ou les scolaires vont pouvoir apprécier leur nouvel espace. Avec ses nombreux terrains voués à la pratique du football ou du rugby, assortis d’un terrain synthétique, d’une piste de

BMX, la plaine de Girouette devient également un bel ensemble dédié aux sports de plein air, au sud d’Anglet. Ce chantier était l’occasion de mettre les locaux aux normes d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite à l’exemple de la salle du Pignada, à Montbrun. Et quels locaux ! Les services techniques municipaux ont conçu un bâtiment fonctionnel d’une surface de 300 m2 comprenant quatre vestiaires avec douches, des sanitaires, deux bureaux, des locaux de rangement pour les clubs, ainsi qu’un garage pour le tracteur du service des sports. On y trouvera également une salle de réunion avec office, pour les écoles ou les associations, et un préau couvert en façade nord

pour accueillir les parents. “L’environnement boisé ne permettait pas d’envisager une production d’eau chaude solaire, mais on a recherché une bonne performance énergétique, par une isolation thermique par l’extérieur, avec des clins, une ventilation mécanique double flux et un chauffage alimenté par une pompe à chaleur” confirment les techniciens des services techniques de la Ville. Un chantier mené en grande partie par les services municipaux (excepté pour l’énergie, les plafonds et les menuiseries). “La création de ces vestiaires marque la volonté municipale de poursuivre l’amélioration des équipements sportifs, afin d’offrir au sport et aux loisirs des conditions de pratique de qualité” rappelle en conclusion Gérard Cazaux. L.B.

Challenge intercommunal de prévention routière

L’apprentissage de la sécurité à vélo Photo : R. Hélin

Apprendre aux enfants à circuler à vélo en société et en toute sécurité, tel est l’objectif des cycles de prévention routière organisés toute l’année dans les écoles du BAB. Il s’agit de leur ouvrir les connaissances, les compétences et les attitudes sociales nécessaires pour se déplacer en sécurité dans l’espace public. Et pour ce faire, la police municipale mobilise deux agents, qui, sous la houlette de la Prévention routière interviennent dans les écoles primaires. La prévention s’effectue en trois temps : une présentation théorique, un test de connaissances et une mise en pratique sur des pistes destinées à apprendre aux enfants à maîtriser leur vélo. Les meilleurs d’entre eux participeront au Challenge intercommunal de prévention routière qui se tiendra le 23 juin 2010 à la Halle Iraty de Biarritz. Ils seront donc quarante-cinq (sur 2 600 élèves des écoles du BAB) à concourir. Au programme : un test de connaissances et deux tests sur pistes (maniabilité et mise en situation). À l’issue de la journée, un classement sera établi et les élèves seront récompensés. Y.A. Anglet magazine N° 101

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Dans la ville

Son parcours

Action municipale

Au service de l’environnement U

n nouveau venu dans l’organigramme des services municipaux : celui de l’environnement et du développement durable. “Cette création traduit une volonté politique forte, celle d’avoir une gestion écologique de notre patrimoine et de labelliser les projets “développement durable”. Bien entendu, ce service s’articule autour des compétences de la Communauté d’agglomération Bayonne, Anglet, Biarritz, notamment le plan climat et la qualité des eaux de baignade, explique Georges Daubagna, adjoint délégué à l’environnement. Si l’Agenda 21 ne peut pas être réduit à son volet environnemental, il intègre aussi ce service afin de profiter de la dynamique d’une équipe plus large.” Ainsi, elle s’organise autour d’une chef de service et de trois chargées de mission : Agenda 21, suivi scientifique et des espaces naturels et, enfin, éducation et sensibilisation à l’environnement. De plus, un écogarde veille à l’entretien écologique du parc et à sa sécurité.

Photo : photomobile

Trois missions essentielles leur ont été confiées : suivre les grands dossiers liés à l’actualité (par exemple la qualité des eaux de baignade) et mettre en place des partenariats avec des organismes extérieurs, conduire l’Agenda 21 et, enfin, gérer et promouvoir le parc écologique Izadia et sa Maison de l’environnement. “C’est à un travail partenarial que nous sommes appelés, constate Corinne Courrèges, responsable du service. Il s’agit d’un travail pédagogique de fond pour faire évoluer les pratiques. Les habitants comme les services de la Ville doivent pouvoir s’approprier les questions environnementales et de développement durable au fil du temps.” Qualité de l’eau et de l’air, protection des nappes phréatiques, préservation de la biodiversité et des espaces naturels, élaboration de trames vertes et bleues pour assurer la continuité entre les différents sites, le service environnement et développement durable a plus d’un terrain d’action. S’y ajoute la volonté de s’ouvrir à des partenaires comme le conservatoire botanique aquitaine, Natura 2000 et l’Université de Pau et des Pays de l’Adour dont l’un des départements travaille sur les écosystèmes aquatiques et marins. Sans oublier la participation au schéma d’aménagement de la gestion de l’eau, puisque Anglet est commune riveraine.

L’équipe au complet

Autour de Corinne Courrèges (à gauche sur la photo), les agents municipaux qui travaillent sur les questions d’environnement, la mise en place de l’Agenda 21, l’animation, le suivi et l’entretien du Parc écologique Izadia. 6

Anglet magazine N° 101

Autre mission du service : la gestion du parc écologique Izadia. Fort de ces 14 ha et situé dans un espace très fréquenté à La Barre, il devrait davantage s’ouvrir à l’éducation à l’environnement et au développement durable. Les animations vont s’y multiplier. Il s’agit aussi de repenser son ouverture tout en préservant son équilibre écologique. Enfin, les habitants devraient davantage être associés à son fonctionnement et, pourquoi pas, devenir des sentinelles du parc. N.L.

Photo : DR

Le service environnement et développement durable vient d’être créé au sein des services de la Ville. Un signal fort de la prise en compte de cette thématique par la municipalité.

Corinne Courrèges Chef du service environnement et développement durable

S’engager ensemble vers de nouvelles pratiques De son parcours, Corinne Courrèges dit volontiers qu’il est éclectique : de l’élevage agricole au commercial dans l’agroalimentaire, à la négociation dans l’immobilier. À 32 ans, elle décide de donner une nouvelle impulsion à sa vie professionnelle en suivant la formation d’éco-conseiller généraliste de l’environnement à Éco-conseil, l’Institut européen de l’environnement à Strasbourg. “Là, j’ai découvert le concept de développement durable qui venait d’émerger au sommet de Rio (1992). Ma vocation pour le métier que j’exerce aujourd’hui y est née aussi”. Après la création du Centre permanent d’initiatives pour l’environnement Pays basque (CPIE) elle rejoint le district BAB en 1996 pour mettre en place la collecte sélective et le service redevance spéciale des déchets commerciaux en tant qu’adjointe du directeur de l’environnement. Par la suite, elle prend en charge la charte pour l’environnement et le développement durable et, depuis 2007, le plan climat devenu un dossier prioritaire. Et si elle avait un credo, ce serait sans doute de progresser ensemble vers de nouvelles pratiques ayant du sens, intégrant les enjeux environnementaux et le développement durable.

> Contact Service environnement et développement durable. Parc écologique Izadia et Maison de l’environnement. Informations au 05 59 57 17 48.


Dans la ville

Projet d’écoquartier

Les contours du Maharin se dessinent

Parole d’élu

Éclairés sur les attentes des Angloys grâce à la concertation, les élus ont arrêté les grandes lignes de l’aménagement de l’écoquartier du Maharin. Ce programme présenté publiquement le 29 mars, clôt la première étape de la concertation et servira de feuille de route aux trois équipes d’urbanistes.

Photo : A. Lanta

Une ambiance constructive. Avec une soixantaine de personnes assidues, cette phase de concertation a porté ses fruits. Une liste de propositions, de points d’accord et de débats, a été soumise à la discussion et à l’approbation des participants pour chacune des grandes thématiques abordées. On retiendra de ces séances la qualité d’écoute réciproque. Quelle que soit leur opinion initiale sur le projet ou sur la méthode de débat public proposée, tous les participants ont eu à cœur de contribuer aux débats pour émettre des propositions et expliciter leurs préférences. Cela a permis de déboucher sur une vision précise de ce que souhaitent et ne souhaitent pas les Angloys qui ont participé. La concertation a aussi permis de progresser et de mieux comprendre quelles sont les décisions qui devront être prises en matière de protection contre les inondations ou d’aménagement des espaces publics, notamment ceux dédiés aux circulations douces (1). Forts de ces enseignements, les élus ont pu élaborer le

Photo : A. Lanta

Photo : A. Lanta

L

a page de diagnostic et d’études préalables sur l’aménagement de la plaine du Maharin est maintenant tournée. Les urbanistes ont désormais en main une “feuille de route”, et les trois équipes disposent maintenant de trois mois pour proposer les futurs principes tant attendus d’organisation et de représentation spatiale de l’écoquartier.

programme du futur écoquartier avec la Société d’équipement des Pays de l’Adour (SEPA) qui en a la maîtrise d’ouvrage déléguée, et l’ont présenté aux Angloys le 29 mars dernier. Sensibles à la demande des administrés qui souhaitaient savoir rapidement combien de logements seraient construits, les élus ont tranché sur le nombre, après en avoir débattu avec les professionnels. Autre arbitrage : aucune voie ne traversera l’écoquartier afin d’éviter un trafic de transit qui s’ajouterait à la circulation induite par les nouveaux résidents. Pour les équipements publics et associatifs, il est prévu d’implanter un bâtiment de 400 m2. Les espaces paysagers – prairie, bois et bosquets – aménagés pour la promenade, les loisirs et la vie sociale, au milieu desquels serpentera le ruisseau du Maharin, constitueront l’essentiel de ces équipements publics. Les équipes d’architectes urbanistes proposeront leur interprétation de ce programme pour l’été 2010. Une seconde phase de concertation pourra alors s’ouvrir à l’automne cette même année. L.B. (1) Les concertations ont permis de mettre en exergue les points suivants de préoccupation : la gestion des inondations, le respect du caractère naturel du site, l’augmentation de la circulation automobile, l’architecture et la forme bâtie, et la crainte d’immeubles trop hauts.

> En savoir plus Téléchargez les comptes-rendus des réunions de concertation et la Lettre d’information du Maharin : www.concertations.anglet.fr/maharin/

Jean-Pierre Voisin Adjoint, délégué à l’urbanisme Le préprogramme que nous remettons aux urbanistes est une feuille de route qui ne fige pas les choses, mais balise leur réflexion. Il faut que nos propositions leur permettent de répondre à une commande claire sans brider leur créativité. Ces propositions résultent des débats entre urbanistes et ceux issus de la concertation. Les convergences entre les intuitions et les analyses des hommes de l’art et les attentes du public se recoupent assez largement. Le consensus qui s’est dégagé nous a facilité la tâche. Nous avons tranché sur les points comme le nombre de logements, sur d’autres, nous laissons la question ouverte. Il appartiendra aux urbanistes de nous faire des propositions qui seront présentées aux Angloys sous forme d’une exposition. Sur pièce, ceux-ci jugeront.

> Repères 280 à 350, c’est la fourchette de logements retenue par respect du site. L’application du plan local d’urbanisme (PLU) aurait permis d’y construire jusqu’à 550 logements. R + 3 est la hauteur maximale fixée pour les bâtiments. Le projet doit traduire la perception partagée d’Anglet comme “cité-jardin” en privilégiant la mixité résidentielle, de la maison individuelle groupée jusqu’au petit collectif. 4 ha est la surface réservée aux espaces naturels et publics. Anglet magazine N° 101

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Dans la ville

Accès au logement

Avis

d’expert

Tous concernés Les personnes éligibles au logement social sont comme vous et moi, pointe d’emblée Claudine Getten-Porché, adjointe au maire déléguée à l’habitat social et à la petite enfance. Ce sont des infirmières, des enseignants, des salariés de tous les secteurs qui ne peuvent plus se loger dans le parc privé… De même les couples, en travaillant à deux, ne s’en sortent pas”. Les chiffres confortent cette réalité : 80 % des Angloys entrent désormais dans les critères d’attribution d’un logement social, qu’il convient de qualifier de logement pour tous. Positionnés en première ligne, les acteurs du logement voient affluer les dossiers : sept mille demandes sont actuellement en attente sur l’agglomération, dont deux mille à Anglet.

Le diagnostic pointe également le fait que la part de logements sociaux n’a que très peu progressé, restant sous la barre des 10 %.

Photo : DR

Objectif : 2 100 logements supplémentaires à Anglet en 2015. Face à cette situation critique, les acteurs publics sont passés à l’offensive. Depuis 2008, la municipalité angloye a multiplié les initiatives : mesures fiscales incitatives, création d’une agence immobilière à vocation sociale avec le PACT (“Louons solidaires”) et modification du PLU afin d’imposer la règle de 30 % de logements sociaux pour toute opération immobilière de plus de 2 000 m2. La révision du PLU, dont les études sont en cours, dotera également la ville d’un outil adapté à la construction de logements pour toutes les catégories sociales.

Les plus modestes sont exclus du marché. Comment expliquer un tel afflux ? Le diagnostic réalisé dans le cadre du programme local de l’habitat (PLH) 2010-2015 est explicite. Depuis 2005, Anglet est la commune où a été construit le plus grand nombre de logements sur l’agglomération. La population augmente mais dans le même temps, les prix de vente sont toujours plus élevés, jusqu’à 4 200 euros par m2. Ils excluent, de fait, une part importante des ménages aux revenus modestes et intermédiaires du marché locatif et de l’accession. Ainsi, 94 % des logements construits ces dernières années ne sont accessibles qu’à 20 % de la population. Résultat : quel que soit l’âge ou la situation, la recherche d’un logement constitue un parcours semé d’embûches. 8

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Le programme d’action du PLH est au diapason : continuer à produire des logements (2 100 d’ici 2015 dont 876 logements sociaux) ; permettre l’accès à un logement décent pour les plus défavorisés ; donner accès à un logement, en particulier par une accession à la propriété pour des jeunes ménages et des familles (550 logements en accession sociale et abordable) ; consolider l’accompagnement des propriétaires occupants ; tendre vers un habitat durable et de qualité. “Une multitude de petites réalisations sont réparties harmonieusement sur le territoire angloy” explique Jean-Pierre Voisin, adjoint à l’urbanisme. À l’image des petites unités du programme de La Bécasse (quatorze lots en deux bâtiments), ou près de l’église Sainte-Marie (dix lots). Au cœur des enjeux figure la question de la mobilité. À l’heure où 87 % des déplacements urbains sur Anglet s’effectuent en voiture, les futurs logements seront situés à proximité des réseaux de transports en commun. Un point clé pour limiter l’afflux de voitures et ralentir l’étalement urbain…Y.A.

Photo : photomobile

80 % des habitants d’Anglet entrent dans les critères du logement social. Ce seul chiffre bat en brèche nombre d’idées reçues. Pour répondre à cette situation critique, la Ville et l’agglomération engagent un plan d’action ambitieux : à Anglet, trois cent cinquante nouveaux logements seront construits chaque année d’ici 2015 dont cent cinquante logements sociaux.

Colette Schnurrenberger Présidente de l’Association pour la valorisation du logement social (AVLS), à l’initiative des premières Assises du logement social d’Anglet (7 avril dernier). L’ambition de notre association, créée il y a deux ans, est de promouvoir et de valoriser le logement social, de favoriser l’émergence d’habitations convention - nées dans le parc privé, et d’être un lieu d'échange et de réflexion entre tous les acteurs du secteur. Nous voulons tenter de gommer l’idée selon laquelle les logements sociaux sont synonymes de cas sociaux et de ZUP.

Josiane 46 ans, en couple avec deux enfants Il y a quinze ans, un couple avec deux salaires au SMIC pouvait prétendre acheter à Anglet. Aujourd’hui, c’est impossible. Quand nous sommes revenus en 2003, nous avons vite déchanté : sur des programmes neufs, il fallait compter au minimum 280 000 euros pour un T4. En location, dès lors que vous êtes en CDD, en temps partiel, en recherche d’emploi, toutes les portes se ferment.

> Le chiffre

350 nouveaux logements seront construits à Anglet chaque année d’ici 2015 dont 150 logements sociaux.


Dans la ville

Logement des jeunes

D

Photo : R. Hélin

éterminé à s’installer durablement sur Anglet, sa ville de cœur, David se heurte à un mur d’incompréhension : “Saisonnier dans le domaine sportif, je travaille dix mois sur douze. Je suis pourtant considéré comme précaire dans mes recherches dans le parc privé. J’ai 25 ans, je gagne ma vie, mais je ne peux pas me loger. C’est un cercle vicieux car, si j’avais un appartement, je chercherais un travail fixe”. David s’est donc tourné vers le logement social. Après quatre ans d’attente, son dossier a essuyé un refus en commission en janvier dernier. “C’est déjà un premier pas”, considère-t-il. En attendant, il loge chez ses parents… Son témoignage illustre l’inadéquation de l’offre avec les besoins des jeunes. Le programme local de l’habitat (PLH) 20102015 pose fort justement le diagnostic : “les jeunes en formation ou en première expérience professionnelle rencontrent des difficultés d’accès au logement en raison de la cherté de l’offre et de la disparition progressive de structures d’hébergement spécifiques”.

Des logements petits, pas chers. Gérard Julien, directeur du foyer des jeunes travailleurs de la Côte basque, confirme le diagnostic du PLH. “Notre territoire est en voie de vieillissement accéléré. Les 18-29 ans quittent l’agglomération. Aussi est-il indispensable de mettre en œuvre

une politique active d’accueil des jeunes pour répondre à deux besoins fondamentaux : des logements permanents et temporaires”, observe-t-il. Si les étudiants disposent d’une offre adaptée (grâce au développement important des programmes dédiés depuis quatre ans), les réponses apportées aux jeunes en insertion sociale restent insuffisantes. Les besoins en logements de ce type de public sont pourtant bien identifiés et ciblés : “petits, peu chers, selon des implantations permettant une bonne mobilité”, note le PLH. La situation est encore plus critique pour les jeunes en difficulté sociale. Les foyers des jeunes travailleurs (FJT) de Tarnos et de Bayonne jouent là un rôle clé. “À Bayonne, nous hébergeons deux cent cinquante à trois cents jeunes par an pour cent vingt places. Ils restent six mois en moyenne. Toute la difficulté est ensuite de les accompagner dans leur parcours de logement car l’offre manque”, souligne Gérard Julien. Reste les saisonniers. Chaque année, le bureau d’information jeunesse (BIJ) d’Anglet voit affluer les jeunes. “Nous recevons une cinquantaine de demandes pour une dizaine de propositions”, constate Armelle Bidart, animatrice au BIJ. Pour y répondre, un foyer leur est dédié, au Lazaret. “Nous avons fait le plein en 2008, un peu moins en 2009 sans doute par méconnaissance. Aussi démarchons-nous les employeurs d’Anglet car il s’agit d’une solution peu coûteuse et flexible qui s’adapte aux aléas des saisons”, précise Gérard Julien. Par la diversité de ses publics, le logement des jeunes nécessite donc des réponses adaptées. Le PLH 2010-2015 prévoit des moyens et actions spécifiques. Un seul exemple : dans les programmes de construction, 45 % de T1 et T2 seront prévus pour augmenter l’offre actuelle. Y.A.

Photo : R. Hélin

Seul ou en couple, avec ou sans enfants, précaires, en formation ou insérés dans un parcours professionnel, les 18-29 ans se heurtent tous aux mêmes difficultés d’accès au logement, liées à leurs revenus peu élevés et souvent irréguliers. Pour y répondre, un impératif : étoffer l’offre de logement pour les jeunes en insertion sociale et professionnelle.

Ils en disent…

Christophe 23 ans, en recherche d’emploi (maintenance et aéronautique) Aujourd’hui, pour un T2 sur Bayonne, il faut compter au minimum 500 euros. Sur Anglet, c’est encore plus cher. La colocation reste la seule solution. Ce que j’ai fait pendant un an mais, faute de missions d’intérim régulières, je repars chez mes parents car je ne suis plus en mesure de régler la moitié des 730 euros mensuels du loyer. Or, sans salaire régulier, point de salut. Sans compter que la majeure partie des appartements sont disponibles de septembre à juin…

Photo : R. Hélin

Combler le manque

Yohan 23 ans, technicien en bâtiment Le changement est radical quand on passe du statut d’étudiant à celui de salarié. Sans aides, avec un salaire peu élevé, se loger est difficile. Par chance, j’ai trouvé un studio de 19 m2 à Anglet pour tout de même 400 euros mensuels. Je rêve maintenant d’un T2 avec une véritable chambre. Après trois ans d’attente, j’espère une réponse positive pour un logement HLM.

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Dans la ville

Ils en disent…

Circulations douces

Prendre son vélo en ville Je n’y crois pas, tu prends la voiture pour aller à La Poste, mais celle-ci est à deux pas !” s’entend dire Alain, résident des Jardins de l’Amitié, rue des Quatre-Cantons. Alain a une excuse, il fait comme la plupart d’entre nous et utilise sa voiture pour parcourir quelques kilomètres (en ville, plus d’un trajet sur deux effectué en voiture est inférieur à trois kilomètres). Au vu de la vitesse à laquelle circulent la plupart des automobilistes, Alain n’est pas non plus prêt de prendre son guidon par les cornes ! Mais dans quelques mois, il n’aura plus d’excuses, une partie des rues des Cinq-Cantons et des Quatre-Cantons s’ouvriront aux modes de déplacements doux, constituant ainsi un axe sécurisé pour aller à vélo.

Photo : R. Hélin

ture passerelle à l’étude au-dessus du boulevard du BAB (2) (cf. Anglet Magazine no 99) et rejoindra le centre administratif d’Anglet (La Poste et la mairie). Tranquillisant pour les riverains, même si certains s’interrogent sur le nombre de cyclistes qui pédaleront dans le secteur. C’est en tout cas une absolue nécessité pour les élus présents, qui ont insisté sur la sécurité et la qualité des aménagements prévus.

Les tracés de la future piste

Les choix possibles du projet d’itinéraire cyclable ont été présentés aux riverains.

Le projet d’adaptation cyclable et ses différentes hypothèses ont été présentés aux riverains par le bureau d’études CREHAM (1), et par Jean-Pierre Voisin, adjoint délégué à l’urbanisme, et Joseph Célan délégué aux travaux, représentants de la municipalité. Comment faciliter les déplacements au cœur de la ville, et comment rendre les rues de Cinq-Cantons et Quatre-Cantons éligibles aux déplacements doux ? Telle était la question, sachant que le nouvel itinéraire cyclable partira de la fu10

Anglet magazine N° 101

L’itinéraire cyclable emprunte plusieurs voies. La rue des Cinq-Cantons constitue un tiers de l’itinéraire, côté ouest, au départ du rond-point Picard. La piste longe ensuite la rue de Hirigogne, se poursuit rue des Quatre-Cantons et débouche rue du 8Mai-1945, aux abords de La Poste. Suivant les tronçons, le cycliste pourra rouler sur une piste cyclable en site propre (8-Mai1945), une voie verte ouverte à tous rues des Cinq-Cantons et des Quatre-Cantons (piétons, trottinettes, rollers ou fauteuils roulants). À Louillot et devant Baroja, l’itinéraire croisera une zone de rencontre (voir encadré). Tout un panel de dispositifs et d’aménagements particuliers s’offrira aux usagers : plantations à chicanes, plateaux surélevés pour faciliter les traversées, zone 20 ou 30, mise à sens unique (une partie de la rue des Quatre-Cantons), réduction de la chaussée (avenue du 8mai-1945…) et enfin inversion du sens de circulation des automobilistes devant l’entrée de la propriété Baroja (rue des QuatreCantons). L’ensemble des scénarios a ainsi été balayé. Le début des travaux n’est pas encore fixé, mais les riverains seront avertis par une invitation dans les boîtes aux lettres (en noir et blanc, à leur demande). Développement durable quand tu nous tiens… L.B. (1) Cabinet régional pluridisciplinaire d’urbanisme, d’aménagement paysager et de développement. (2) Le cabinet Séquences, associé aux architectes Defol et Mousseigne, au paysagiste Andueza et au bureau d’études Egis, a été désigné comme maître d’œuvre pour la mission d’étude. (3) Après la rue de Lacoste et le rond-point d’Ardenague.

Photo : R. Hélin

Les scénarios du futur itinéraire cyclable entre les Cinq-Cantons et la mairie ont été présentés aux riverains. Un projet qui s’inscrit dans une perspective du développement durable et améliore la sécurité pour les vélos.

Cathy Constant-Elissagaray Présidente de l’association Amis-chemins, pour la promotion des déplacements doux Si l’on veut développer une pratique de masse du vélo, il faut rendre possibles les trajets habituels et quotidiens à l’échelle de la ville. Permettre aux enfants de se rendre à vélo en toute sécurité du domicile au collège, au lycée, ainsi qu’aux établissements sportifs et culturels, libérera les parents de l’obligation de les accompagner en voiture. Ceux-ci auront alors la possibilité de choisir aussi le vélo pour se rendre à leur travail. Plutôt que de réaliser des tronçons magnifiquement aménagés et isolés, mieux vaut privilégier un réseau simple et dense, continu, réalisable très rapidement à partir de la voirie existante, sans autres aménagements que ceux de la sécurisation des croisements et traversées de voies passantes. Les solutions existent déjà ailleurs en France, au nord de l’Europe et à Ansbach, notre ville jumelle, il suffit de s’en inspirer. À cet égard, je soutiens l’initiative de Bizi qui a lancé un “diagnostic citoyen vélo” pour identifier les difficultés rencontrées par les cyclistes de l’agglomération Bayonne, Anglet, Biarritz et de ses environs.

> Comprendre Qu’est ce qu’une zone de rencontre ? Une voie où les aménagements participent à la modération de la vitesse afin de favoriser la cohabitation entre les usagers : piétons, cyclistes, automobilistes. Piéton prioritaire, chaussée à double sens pour les cyclistes, circulation libre, signalisation aux entrées et sorties de la zone, vitesse maximale 20 km/h.


Dans la ville

En bref

Un Sémaphore et des logements

Illustrations : Air-Architecte

La place de La Bécasse fait l’objet de trois opérations simultanées, concertées avec les riverains : l’aménagement des espaces publics (1), la réalisation d’un bâtiment d’animation (“le Sémaphore”) et de deux bâtiments d’habitat social (2). La construction de ces deux derniers a été confiée à la société Habitat Sud Atlantic. Après concertation avec les riverains, le projet et la position du bâti ont évolué. Il sera constitué de deux bâtiments composés d’un rez-de-chaussée plus un étage de quatorze logements (T1 à T4), pour une surface totale de 845 m2. Une réunion publique prévue le 11 mai, doublée d’une exposition itinérante dans le “Bus de l’information” de la Ville, présenteront l’ensemble des avancées du projet aux riverains.

De nouveaux Rendez-vous citoyens L’Agenda 21 entre dans la définition de son programme d’actions. Plusieurs Rendez-vous citoyens sont programmés : le 5 mai, “Anglet, ville dynamique ?” sera axé sur le tourisme, l’économie, l’emploi, les pôles de compétitivité, les formations supérieures… Le 19 mai, “Anglet, ville sobre ? ” portera sur les énergies, les ressources et les déplacements… Le 2 juin, “Anglet, ville nature ?” s’orientera sur la biodiversité, la qualité de l’environnement (eau, air, déchets, bruit…), les risques naturels et technologiques, les espaces naturels et paysagers… Le 16 juin, “Anglet, ville pour tous ? ” déplacera le regard sur le patrimoine, la culture, le sport, les loisirs, la solidarité, l’éducation, l’intégration et les relations internationales.

(1) L’avant-projet est conçu par le cabinet Garcia Diaz. (2) L’architecture a été confiée à Air Architecte.

Parc de Baroja Photo : DR

Un chapiteau en attendant la salle… Le projet artistique et culturel de la future salle de spectacle de Quintaou vise à promouvoir l’offre de spectacles vivants dès 2010. Un lieu va désormais accueillir une pré-programmation, préfigurant la salle qui verra le jour d’ici trois ans. Dès le mois de juin, un chapiteau de cirque de 720 m2 pouvant accueillir deux cent vingt spectateurs assis, ou six cents debout, sera installé dans le parc de Baroja (côté avenue de Biarritz). Ce nouvel équipement fonctionnera dès la rentrée prochaine pour de petits spectacles grand public et jeune public, en lien avec les outils existants à proximité (Écuries de Baroja ou Accueil de loisirs). Un espace scénique permanent équipera l’intérieur. Le chapiteau aura son espace de convivialité, et il est prévu une mise en ambiance visuelle du lieu (habillage par des plasticiens et des décorateurs…). À suivre.

Le projet prend forme

Rue de Chassin

Jusqu’au giratoire des Cinq-Cantons

Photo : R. Hélin

Une vigie aux Sables-d’Or

Les travaux d’aménagement de la rue de Chassin vont se poursuivre pour améliorer la sécurité et le cadre de vie sur l’ensemble la voie. Les services techniques ont étudié sa nouvelle configuration entre le carrefour des Cinq-Cantons et le no 86, ainsi que le carrefour aux abords de la rue de Pontrits. Le reprofilage de la voie et l’amélioration des trottoirs sont au programme. Pour se réaliser, le projet prévoit également l’alignement de certaines propriétés.

Pour mieux surveiller le bain à la plage des Sables-d’Or, la Ville prévoit la construction d’une vigie sur le poste MNS actuel pour la prochaine saison. Située à l’ouest du bâtiment, à 3 m au-dessus du bureau des MNS, on y accédera par un escalier intérieur. Ses 6 m2 pourront accueillir deux surveillants, offrant ainsi une vision panoramique sur la plage, à l’abri des intempéries. L’architecture et les matériaux choisis permettront une complète intégration au paysage et à l’édifice existant.

Après concertation avec les acteurs concernés, l’avant-projet (1) de cette opération a été approuvé par le conseil municipal en mars dernier. Le périmètre a évolué suite à cette concertation, et inclut désormais l’aménagement de la rue Kraemer et une partie de la rue Eugène-Labaste. Le programme prévoit les terrassements et les travaux de voirie (dont la démolition du kiosque existant), les aménagements de sol, les réseaux, les aspects paysagers, l’éclairage public, le mobilier urbain, ainsi que la future halle photovoltaïque et la fontaine en forme de “table d’eau”. Pour les copropriétés riveraines (l’Ormerie, le parc des Cinq-Cantons), des travaux doivent être réalisés sur ces domaines privés pour conférer une unité esthétique et fonctionnelle à la place.

Photo : DR

Photo : Ph. Brunet / photobrunet.com

Salle des fêtes. 19 h. Informations au 05 59 57 17 47.

(1) Conçu par le cabinet Dessein de ville. Anglet magazine N° 101

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Dans la ville

Services à la personne

Une seule adresse : en face de la mairie De l’aide aux personnes âgées en perte d’autonomie jusqu’au ménage des familles débordées, la palette des interventions du service soutien à domicile du Centre communal d’action sociale est large. Pour mieux assurer ses missions et répondre au besoin des habitants, il vient d’emménager dans de nouveaux locaux. Il a désormais pignon sur rue, en face de la mairie. Plus d’une raison d’y recourir.

Photo : R. Hélin

L

Un vaste espace ouvert sur la ville

Photo : R. Hélin

L’ancienne agence du Crédit Agricole accueille désormais les services d’aides à domicile du CCAS.

Un accueil amélioré

170 m2 bien agencés pour loger les personnels et répondre à une demande grandissante du public.

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’enseigne du Crédit Agricole a disparu. Reste, en façade, le distributeur de billets, souvenir de l’ancienne affectation de ces locaux. Le service soutien à domicile du Centre communal d’action sociale (CCAS) vient d’y emménager : 170 m2, en face de la mairie, de l’église Saint-Léon, et à deux pas de la poste. Le service a désormais pignon sur rue. Les treize membres du service respirent et semblent encore tout étonnés de travailler dans un espace vaste et lumineux. “Au fil des années et de la demande grandissante, le service s’est étoffé mais les locaux n’ont pas suivi. La situation devenait difficile, même si l’équipe s’y était habituée et prenait sur elle pour que tout se passe pour le mieux, constate Isabelle Fauthoux, responsable du service soutien à domicile. Nous sommes passés de 80 à 170 m2 et ces nouvelles conditions de travail ont des répercussions très positives sur la vie du service et sur l’accueil du public. Par ailleurs, les habitants se sont très vite approprié ce nouvel espace de plain-pied parfaitement accessible.” Et qu’y trouvent-ils ? Trois bureaux, un pour chacun des trois secteurs géographiques d’Anglet pour lesquels assistante sociale et conseillère en économie sociale et familiale font équipe, deux autres bureaux pour la facturation et le planning, et encore un espace confidentiel pour les entretiens individuels. Sans oublier un accueil digne de ce nom. Là, avec Cristel Martin ou Gaïdig Berassen, il est possible de venir sans rendez-vous et de mettre en place immédiatement un service de portage de repas à domicile, de télé-assistance, de petit bricolage, ou la venue d’une aide à domicile (service mandataire).

L’aide à domicile organisée à travers les services mandataire et prestataire, c’est justement le cœur de l’activité de cette équipe. Faire le ménage, laver le linge, mais aussi être un soutien psychologique et participer aux démarches administratives : les aides à domicile ont plus d’une corde à leur arc. Au quotidien, elles accompagnent les personnes âgées ou handicapées et soulagent les autres de tâches ménagères. Le vieillissement de la population, le travail des femmes ou l’éclatement de la cellule familiale sont autant de transformations, en profondeur, des modes de vie qui nourrissent un besoin grandissant pour ces services. Avec près de 188 700 heures chez plus de 1 200 particuliers, le service soutien à domicile s’attache à y répondre. Aussi pour coller au plus près des besoins des habitants, l’ensemble des services sociaux de la Ville (soutien à domicile, précarité et insertion et administration générale) va s’installer, d’ici 2011, dans l’ancien site de France Telecom sur le boulevard du BAB. Objectif : créer un guichet social unique avec les services sociaux du Conseil général, maison de la solidarité départementale et celle du handicap, le pôle gérontologique et une antenne du pôle emploi. Le déménagement du service soutien à domicile n’était donc pas définitif. N.L.

> Contact CCAS - Service soutien à domicile. Rue du 8-Mai. Tél. 05 59 58 35 23, et accueil. soutienadomicile@ville-anglet.fr

> Repères Le CCAS en chiffres 163 personnes travaillent au CCAS et notamment 8 au service action sociale, précarité, insertion, 29 dans les crèches et 115 au service de soutien à domicile. Le service de soutien à domicile comprend : le service prestataire (102 aides à domicile salariées du CCAS), le service mandataire (139 assistantes de vie employées par des particuliers), le service social pour les retraités angloys (3 assistantes sociales) ainsi que le portage des repas, la télé-assistance, le bénévolat et le petit bricolage.


Dans la ville

Borne Automazic

d’agent

Des musiques libres et gratuites Installée au cœur de la médiathèque, la borne interactive Automazic propose à tous les usagers de choisir, d’écouter et de télécharger gratuitement des musiques libres de droit. Les artistes en herbe ou confirmés peuvent même proposer leurs productions. Cet outil innovant vise à faire découvrir et rendre plus accessibles toutes les musiques, en particulier les productions locales. Découverte.

D

epuis son inauguration le 10 avril, la borne interactive Automazic intrigue et attire les regards. L’objet brille, il est vrai, par son esthétique soignée. Installée dans l’espace central de la médiathèque, Automazic 130 est déjà familière des usagers. Et pour cause : elle offre un accès simplifié à un catalogue de plusieurs milliers de titres musicaux libres et gratuits. Elle permet d’écouter, de télécharger et de déposer des œuvres sous licence ouverte. En clair, vous venez, vous écoutez et vous repartez avec les titres de votre choix ! Nul besoin pour cela d’être un expert. L’interface de navigation a été pensée pour être appréhendée par tous. Les menus sont simples, les zones cliquables larges et clairement définies, et l’écran est à la fois lumineux, résistant et réactif. En termes de fonctionnalité, Automazic permet de rechercher par groupes, labels (par pays, par région, par ordre alphabétique) et styles. Pour ce faire, elle est dotée d’un écran tactile, de deux casques d’écoute et d’un port USB permettant de copier les titres musicaux

sélectionnés sur des baladeurs MP3 ou des clefs USB. Partage et diversité. La borne offre l’accès au catalogue du site Dogmazic.net composé exclusivement d’œuvres sous licences ouvertes. Issus de milliers de groupes et d’artistes, d’une quarantaine de pays différents, les morceaux couvrent tous les styles de musique, des plus classiques aux plus pointus, tels que le jazz, le rock industriel ou la musique concrète. La médiathèque y ajoute sa sélection de groupes et de labels locaux. “Grâce à Automazic, nous souhaitons donner un coup de pouce à la création musicale locale”, précise Marie-Hélène Saphore, responsable de l’espace “Image et sons” de la médiathèque d’Anglet. Pour cela, la médiathèque a engagé un partenariat étroit avec l’Institut culturel basque, l’Institut occitan et le conservatoire régional de musique Maurice-Ravel. Cerise sur le gâteau, Automazic offre un agenda des rendez-vous musicaux des artistes locaux proposés. Avis à tous les artistes, Automazic attend vos productions… Y.A.

Photo : photomobile

Photo : photomobile

Témoignage

Marie-Hélène Saphore Responsable de l’espace “Image et sons” de la médiathèque d’Anglet Automazic s’inscrit pleinement dans notre mission de service public qui consiste à rendre la culture accessible à tous. À travers cet outil innovant, nous souhaitons faire découvrir d’autres musiques, favoriser la diversité musicale et encourager les productions locales, qu’il s’agisse des musiques basques et occitanes, d’artistes amateurs confirmés ou professionnels.

> Comprendre La musique sous licence ouverte La borne Automazic est développée par l’association Musique libre éditrice du site Dogmazic dont une partie du catalogue fournit la borne. Ses créateurs expliquent le principe de la licence ouverte : “Par ce biais, les auteurs autorisent systématiquement la copie des œuvres dans un cadre non commercial et accordent d’autres droits variables selon les licences. Il s’agit donc d’une incitation au partage et d’une volonté de l’auteur de voir ses œuvres circuler. Cependant, la musique n’est pas libre de droit car les auteurs restent propriétaires de leurs œuvres et choisissent au cas par cas comment ils souhaitent les partager”.

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De nouveaux tarifs et un réseau repensé : le Syndicat mixte des transports en commun mise sur une refonte en profondeur des transports collectifs sur l’agglomération, à l’occasion du renouvellement de la délégation de service public. Il vient de choisir Veolia, remplaçant ainsi la Stab (Transdev). Objectif : dix millions de voyageurs d’ici 2015 (6,1 millions aujourd’hui).

Photo : R. Hélin

Dossier Transports en commun

LA NOUVELLE ÈRE DU BUS Anglet magazine N° 101

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Dossier

Parole d’élu

Photo : R. Hélin

Transports en commun

Jean-Pierre VOISIN

Photo : R. Hélin

Adjoint au maire, en charge de l’urbanisme, et du logement, membre du Syndicat mixte des transports urbains, président de l’Agence l’Agence d’Urbanisme Atlantique et Pyrénées.

I

Les raisons d’agir contre l’omniprésence de la voiture ne manquent pas. Tout d’abord, le réseau routier est saturé : cinquante mille voitures passent chaque jour par Maignon/Sutar, cinquante mille transitent aussi par le carrefour Saint-Léon. Calibré pour absorber les pointes de fréquentation estivales, le réseau routier offrait jusqu’au début des années 2000, dix mois sur douze, des aménagements de voirie confortables et suffisants pour absorber les cent trente-quatre mille véhicules de l’agglomération. Sans oublier que le nombre de places de stationnement – trois fois plus que dans une agglomération de taille équivalente – jouait indéniablement un appel d’air. “Je prends ma voiture puisque que je peux me garer”. Cet engorgement s’explique aussi par l’étalement urbain. De nombreux ménages, face à la pression immobilière, se sont installés en périphérie des villes

Photo : R. Hélin

nverser la logique du “tout voiture” en misant sur la diversité des modes de déplacement, c’est à cette révolution douce qu’appelle le Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération de Bayonne (SMTC). Responsable du réseau de transport urbain se composant de treize lignes desservant Anglet, Bayonne, Biarritz, Tarnos, Boucau et Saint-Pierred’Irube, il vient de choisir Veolia comme délégataire, à l’occasion du renouvellement de la délégation de service public, mettant fin ainsi à la longue présence de la Stab. L’occasion de repenser une offre de transport plus performante et mieux adaptée aux besoins de la population, alors que seuls 4 % des déplacements se font aujourd’hui en bus contre 80 % en voiture. “L’urgence d’agir n’est plus à démontrer”, constate Daniel Chéné, directeur du Syndicat mixte des transports en commun.

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Nous voulons pour l’agglomération une mobilité nouvelle. Il y aura à court terme trois lignes de bus en site propre, dont deux qui traverseront Anglet par l’avenue de Bayonne. Pour cette mutation d’importance, nous nous appuyons sur le plan des déplacements urbains de 2004 et sur les études conduites depuis plusieurs années, en particulier par l’Agence d’urbanisme. Le SMTC et la Communauté d’agglomération ont recruté depuis mars 2008, des personnels compétents pour mettre en œuvre ce projet ambitieux. Nous engageons par ailleurs une réflexion sur les circulations “douces” dans le centre d’Anglet. Pour que ce centre, aujourd’hui dédié à la voiture, devienne un lieu agréable à vivre pour les piétons et cyclistes. Ces études seront couplées avec le projet urbain confié à un urbaniste sur l’aménagement de l’avenue de Bayonne et des abords, du Busquet à Anglet SaintJean.

n’ayant d’autre solution que la voiture pour se déplacer. Avec une hausse de 3,5 % du trafic par an depuis 2000 et vingt mille nouveaux habitants attendus d’ici 2020 sur les trente et une communes du SCOT (1), l’asphyxie est assurée. Or, en termes de coût et d’espace, la limite à de nouvelles infrastructures est atteinte, les nouveaux aménagements routiers ne faisant que déplacer le problème.


d’agent

Photo : DR

Témoignage

Photo : R. Hélin

Laurence Dartiguelongue mise en place en juillet dernier d’un tronçon en site propre sur la ligne 1, entre la gare de Bayonne et Anglet Saint-Jean. Moins d’un an après son lancement, cette dernière expérience est concluante : la fréquentation a augmenté entre 17 et 20 %, soit 240 000 passagers supplémentaires par an.

Il s’agit de s’atteler à un travail pédagogique : un bus peut rendre des services. Le prendre, de temps en temps, c’est déjà un premier pas, le début de la fidélisation”. Les quatre lignes structurantes vont jouer un rôle essentiel dans la hiérarchisation de l’agglomération qui manque singulièrement de colonne vertébrale.

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> Repères L’agglomération Bayonne, Anglet, Biarritz : l’une des moins éco-mobiles de France

Photo : R. Hélin

• Depuis 2000, le trafic augmente de 3,5 % par an. • Près de 80 % des déplacements se font en voiture, seulement 4 % par les transport en commun et 12 % à pied. • Le taux de motorisation y est élevé : 1,34 voiture par ménage. • Le transport des personnes est responsable de 60 % des émissions de gaz à effet de serre avec 650 000 tonnes équivalent de CO2 par an.

Photo : R. Hélin

Ensuite, l’enjeu écologique est de taille. Comme le bilan carbone de l’agglomération le souligne, la circulation est responsable de 650 000 tonnes équivalent de CO2 par an, soit 60 % des émissions de gaz à effet de serre. Difficile dans ces conditions de répondre aux objectifs du plan climat territorial qui vise à les réduire de 20 % d’ici 2020. Enfin, le coût économique du “tout voiture”. Achat d’un véhicule, carburant, assurance, stationnement : le poste déplacement dans le budget des ménages, souvent obligés d’avoir deux voitures, est élevé. Le taux de motorisation est de 1,34 véhicule par ménage, soit l’un des plus élevés de France (Enquête Déplacements de 2000). Or, le réseau de transports en commun actuel, peu attractif et s’adressant à une population captive, n’est pas une solution alternative crédible. Fréquences hétérogènes et faibles – hormis la ligne 1 depuis juillet 2009 – amplitude horaire faible, quasi-absence de dispositif permettant une meilleure circulation des bus (site propre, priorité aux feux…), manque de lisibilité du réseau, lignes ne permettant pas de relier les centres depuis la périphérie des villes à partir de parkings-relais, arrêts peu confortables : autant de raisons qui rendent les transports en commun actuels incapables de rivaliser avec la voiture. Pour autant, le réseau a connu des innovations comme les navettes à Bayonne, à Biarritz et cet été à Anglet, ainsi que la

chef du projet Transports en commun en site propre à la Communauté d’agglomération.

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Dossier

Transports en commun

mente Daniel Chéné. Tout d’abord, la grille tarifaire est revue afin de gagner en clarté, lisibilité et attractivité. À titre indicatif, les deux produits phares sont le ticket unitaire à 1 euro et l’abonnement mensuel ou annuel (avec prélèvement mensuel) à 30 ou 300 euros. Si l’on prend en compte la participation des entreprises au transport des salariés, cela ramène les déplacements à 40 centimes d’euro par jour. Ce sera l’un des réseaux les moins chers de France.

Daniel Chéné Directeur du Syndicat mixte des transports en commun (SMTC). Le SMTC se donne les moyens de relever le défi de la mobilité durable. Il s’agit notamment de restructurer le réseau, de renforcer les connexions entre les différents modes de déplacement (l’intermodalité), d’assurer un cadencement et une vitesse commerciale, de poursuivre l’aménagement de sites propres, et de renouveler le parc par des bus à haut niveau de service.

Photo : DR

Ensuite, la refonte du réseau. En 2011 le réseau devrait, à grands traits, s’articuler autour de lignes structurantes, circulaires ou interquartiers et diamétrales. Sans oublier le transport à la demande. Quatre lignes créent l’armature du réseau. Deux lignes (1a et 1b) partent des Hauts de Bayonne jusqu’au centre de Biarritz en passant par la RD 810, l’avenue de

d’expert

Photo : DR

SUITE ▼

Le Syndicat mixte des transports en commun entend donc relever le défi majeur des déplacements et de la mobilité durable. Son objectif est ambitieux : passer, d’ici 2015, de 6,1 millions de voyageurs à 10 millions. Le SMTC mise sur la refonte en profondeur de l’offre des transports en commun. Aussi, à l’occasion du renouvellement de la délégation de service public, le SMTC a imposé aux concurrents un réseau restructuré et une nouvelle grille tarifaire. “L’objectif essentiel est, non seulement, de prendre en compte tous les habitants vivant aux portes de l’agglomération grâce à des liaisons rapides et peu chères afin d’accéder au centre-ville et à des plates-formes intermodales (parc-relais aux entrées de ville, ou gares connectées à une offre de bus ou de vélos) mais aussi de leur proposer une offre de transport, qu’ils aient ou non une voiture”, com-

Avis

Damien Duhamel directeur des projets de déplacements et de la mobilité à la Communauté d’agglomération Bayonne, Anglet, Biarritz.

Jouer sur tous les leviers

Le projet du futur réseau de bus

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La voiture occupe 90 % de l’espace public. Il ne s’agit pas de l’en chasser mais de rééquilibrer une situation devenue déraisonnable”. Si, indéniablement, une offre de transport en commun performante va jouer un rôle moteur dans la redistribution des modes de déplacement, il faudra vraisemblablement agir sur d’autres leviers comme les plans locaux d’urbanisme, le nombre de places de stationnement et la circulation. Le centre d’Anglet va connaître la plus forte densité de lignes en site propre, c’est une véritable opportunité pour la ville car le transport peut être un producteur de ville et d’aménagement de qualité.


Entretien

Trois questions à

Enfin, tout une palette de services vient parfaire cette offre de transport. Le parc sera renouvelé dès l’année prochaine avec des bus à haut niveau de service. Il s’agit de donner une image valorisante du transport public. Par ailleurs, les arrêts seront équipés de panneaux électroniques indiquant l’heure d’arrivée du prochain bus. L’aménagement des arrêts est également au programme afin de réduire la hauteur de marche et les rendre accessibles aux personnes à mobilité réduite. Enfin, les nouvelles technologies sont mises à contribution. À la possibilité du téléchargement du réseau sur son portable s’ajoutera celle de connaître le délai d’arrivée du bus. Plus d’une raison donc de laisser sa voiture au garage et de choisir le bus. N.L. (1) Schéma de cohérence territorial de l’agglomération de Bayonne et sud Landes, c’est un projet de territoire, de planification urbaine conçu par des élus.

> Comprendre Qu’est ce que le SMTC ? Le Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération de Bayonne (SMTC), composé de quinze élus, fixe les objectifs et organise le transport sur le territoire des six communes qui y adhèrent : Bayonne, Anglet, Biarritz, Boucau, Tarnos et Saint-Pierred’Irube. Un périmètre qui devrait prochainement être élargi à d’autres communes. Le SMTC confie l’exploitation du service à un délégataire. Depuis le 1er avril, il s’agit de Veolia pour une durée de sept ans.

Photo : Studio Deepix

Bayonne, au Busquet. Une troisième relie Tarnos à Anglet Sutar via la gare de Bayonne, le centre hospitalier, les établissements scolaires du quartier Marracq. Une quatrième, Mouguerre/Saint-Pierred’Irube à Bidart en desservant le futur pôle clinique, le centre de Bayonne, le Busquet, l’aéroport, la Halle Iraty, la gare de Biarritz. Sur ces lignes, le bus passe toutes les dix minutes en heure de pointe. Ces quatre lignes devraient, d’ici 2017, être aménagées en site propre. Bien entendu, cette restructuration s’accompagne d’un cadencement et d’une vitesse commerciale régulière. Au Busquet, desservi par trois lignes, un bus passera toutes les trois minutes.

Michel Veunac Vice-président de la Communauté d’agglomération Bayonne, Anglet, Biarritz, et président du Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération de Bayonne (SMTC)

“Partager l’espace public” Anglet Magazine : La question des transports en commun, des déplacements, de la mobilité durable est un défi majeur, elle semble pourtant récente dans le débat public… Michel Veunac : Il est vrai que la prise de conscience de mettre fin “au tout voiture” a été tardive sur le BAB. Même si certaines innovations comme les navettes sont apparues au cours des dernières années, nous avons pris du retard dans nos politiques de transports publics. La responsabilité en est à la fois politique et collective. En effet, nous ne sommes pas véritablement imprégnés de culture urbaine dans notre agglomération. Pendant longtemps, nous n’avons pas eu le sentiment de vivre en ville mais plutôt dans une ville-jardin, une ville-paysage où la question de l’espace ne se posait pas, où l’on n’imaginait pas ne pas pouvoir se rendre partout en voiture. Aujourd’hui, préside encore souvent la conception suivante : la voiture est un instrument de liberté, les transports en commun n’étant faits que pour ceux qui n’ont pas de véhicule. Il faut dire que certaines infrastructures routières, surdimensionnées pour accueillir les touristes deux mois par an, pouvaient renforcer cette idée. Tout l’enjeu est aujourd’hui de bousculer les mentalités : ce sont les transports en commun qui deviennent un instrument de mobilité et de liberté dans des villes menacées d’asphyxie automobile. Et les transports publics s’adressent maintenant d’abord à ceux qui ont des voitures. A.M. : Comment le SMTC va-t-il relever ce défi ? M.V. : Que les choses soient claires, si rien ne bouge, nous allons droit dans le mur. Un seul chiffre : le nombre de voitures augmente, depuis 2000, de 3,5 % par an. Les conséquences spatiales écologiques et économiques d’un trafic automobile trop important sont connues de tous. Mais, encore faut-il une offre de

transport en commun séduisante et performante pour inverser la tendance. Cela n’était pas le cas. Aussi, le renouvellement de la délégation de service public a été l’occasion de repenser le réseau. Avec un credo : l’offre de transport public par ses qualités et ses performances doit être une alternative crédible à la voiture. Elle doit dissuader d’emprunter son véhicule. Trois axes ont été définis. Tout d’abord, le réseau va être redessiné autour de quatre lignes structurantes qui, d’ici 2017, seront en sites propres. Ces lignes seront couplées à des parkings de dissuasion aux abords de l’agglomération. Ensuite, les passages des bus seront fortement cadencés et la vitesse commerciale assurée. Par ailleurs, les bus proposeront un très haut niveau de service. Enfin, la tarification sera clarifiée avec une baisse des tarifs. Ce réseau sera l’un des moins chers de France. A.M. : C’est à une révolution des mentalités que vous appelez… M.V. : Oui, il faut non seulement changer l’image du transport en commun – prendre le bus sans avoir le sentiment d’être déclassé – mais aussi faire tomber la voiture de son piédestal. Notre objectif est de passer de six millions de passagers à dix millions d’ici cinq ans. Nous l’atteindrons si nous savons mettre en place une offre performante de transport collectif, associée à d’autres modes de déplacements : la marche, le vélo, l’auto-partage ou encore les navettes fluviales. En un mot, il s’agit de partager intelligemment l’espace public entre différents modes de déplacement pour mettre fin à la toutepuissance de la voiture. La question n’est pas de déclarer la guerre à la voiture, qui demeurera à l’avenir dans les villes sous d’autres formes, comme les petites voitures urbaines électriques qui s’annoncent. La question est de trouver de nouveaux équilibres entre des façons différentes et plus écologiquement responsables de se déplacer en ville. N.L. Anglet magazine N° 101

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Rencontre

Chœur Domajeurs

avec assurance et professionnalisme. À quelques jours d’un concert en l’église Saint-Léon d’Anglet, elle met au point les derniers détails, encourage, fait reprendre un passage ou une prononciation. Tous sont à l’écoute. “Mon travail vise à permettre à chacun de se faire plaisir, d’évoluer à son rythme avec l’idée d’aller vers le haut”, souligne Agnès Denneulin.

Le plaisir simple

DE CHANTER

Le répertoire est varié : des chants orthodoxes russes aux chants de la Renaissance française et italienne, en passant par des pièces de Bruckner ou une chanson de Jacques Prévert. Le résultat est à la hauteur des efforts réalisés par tous. Les voix s’élèvent, belles, harmonieuses mêlant sopranos, altos, ténors, basses. En associant ainsi convivialité et exigence, Domajeurs s’inscrit pleinement dans le mouvement “À Cœur Joie” auquel l’association est rattachée. Apolitique et non confessionnel, “À Cœur Joie” rassemble dans toute la France pas moins de cinq cents chorales représentant plus de quinze mille choristes (enfants, jeunes, adultes).

Photo : DR

Depuis quelques mois, les voix harmonieuses de Domajeurs s’élèvent chaque semaine aux Écuries de Baroja. Le chœur mixte angloy rassemble près de soixante personnes, passionnées de chant choral et animées d’un même esprit de convivialité.

J

eannette ne manquerait le rendezvous pour rien au monde. “Venir ici est mon rayon de soleil de la semaine”, confie cette dynamique retraitée angloye. Comme elle, ils sont près de soixante à se réunir tous les mardis à 17 h sous la direction d’Agnès Denneulin, chef de chœur, au sein de l’ensemble vocal Domajeurs, au centre de création des Écuries de Baroja. Ce chœur mixte angloy est né en novembre 2009 à l’initiative de retraités actifs désireux de retrouver le plaisir de chanter ensemble. “Beaucoup d’entre nous ont chanté pendant de nombreuses années au sein du groupe “À Cœur Joie” avant de “laisser la place aux jeunes”. Pour autant, l’envie de chanter est restée, explique André Pommiers, président de l’association Domajeurs. Nous souhaitions simple20

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ment apporter une animation culturelle aux personnes libres de leur temps et favoriser, par l’exigence et la qualité du chant choral, une meilleure intégration sociale de ses membres”. Si le chant constitue le lien privilégié des membres de Domajeurs, le plaisir et la convivialité prévalent. “Nous veillons à créer et maintenir un climat d’amitié et de convivialité entre tous”, précise André Pommiers. Le plaisir de se retrouver est d’ailleurs bien visible. Aucun faux-semblant à l’heure de la répétition, les sourires sont bien là. L’ambiance est bon enfant. Après quelques exercices vocaux destinés à chauffer la voix, Agnès Denneulin lance la répétition. Du haut de ses 22 ans, cette jeune chef de chœur en formation au conservatoire de Bayonne anime le groupe

Son fondateur César Geoffray, humaniste et musicien, fut un pionnier du chant choral en France. Dès 1940, il voulut en donner l’accès à tous, quel que soit son niveau de départ. Seul l’effort partagé ouvrait pour lui les portes de l’art, de tous les arts. Pédagogue, il mit au point de nombreux stages de formation, pour choristes et chefs de chœur, qui ont conduit “À Cœur Joie” à être reconnu d’utilité publique et agréé par le ministère de la Culture et de la Communication et par le ministère de la Jeunesse et des Sports. Ce faisant, chaque semaine, les membres de Domajeurs illustrent parfaitement la pensée de César Geoffray : “Lorsque les voix s’unissent, les cœurs sont prêts de se comprendre”.Y.A.

> Contact Chorale Domajeurs - Maison pour tous 6, rue Albert-le-Barillier. Tél. 05 59 03 82 44.


Culture

Les œuvres de Zoran Music, Serge Smulevic et Jean-Louis Pucheu, peintures et dessins liés à leur déportation et à leur captivité en Allemagne durant la seconde guerre mondiale, sont exposées à la villa Beatrix Enea. Si l’un est un artiste important, Zoran Music, quand les deux autres, Serge Smulevic et Jean-Louis Pucheu, sont des artistes amateurs, tous trois ont recouru à l’art pour “traverser” cette épreuve qui, bien entendu, a revêtu une gravité et une violence différentes pour Z. Music et S. Smulevic, déportés respectivement à Dachau et à Auschwitz, et pour J.-L. Pucheu détenu dans un camp de prisonniers.

Exposition

L’ART ET LA BARBARIE

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Arts plastiques

Exposition

tier de son humanité, il dit le refus de céder et de se rendre. Quand les maîtres du jour s’acharnent à la tâche de faire disparaître, quand ils prétendent défigurer le réel pour l’ajuster à leurs obsessions, quand ils prennent soin d’effacer tout vestige de l’ancien monde et de leur travail de destruction, disposer quelques traits qui fassent trace de ce qui s’est passé. Porter témoignage de l’incroyable, de l’inconcevable, de l’inimaginable. Mettre à l’abri de l’oubli ce qui y est prédestiné, recomposer un espace où tenir

[

…] Peindre, écrire, dessiner sont des gestes élémentaires, le contraire même de l’artifice et de la sophistication. Voir et faire voir, montrer et donner à penser, ce qui sinon ne serait jamais vu, jamais pensé, jamais imaginé. Ces gestes disent le réel et réussissent le prodige de faire apparaître ce qui est. La servitude, l’horreur, la violence, la haine et le massacre des innocents, voilà ce qui se donnait libre cours sous les yeux des trois hommes, ici exposés. Ils savent peindre, ils savent dessiner mais estce le lieu, est-ce le moment, est-ce seulement possible ? Et pour qui le faire, en vue de quoi ? Peut-être d’abord, ces dessins étaient-ils un moyen de prendre conscience de ce qui arrivait et qui, aux yeux mêmes de ceux qui le vivaient, devait sembler impossible, impensable, un étrange et tragique cauchemar. Peut-être ces dessins s’adressaient-ils d’abord à ceux qui les réalisaient : le réel, incroyable, devenait, dessiné, visible et croyable. Mais ensuite, que ces œuvres aient été exécutées au moment des événements ou bien après (comme c’est le cas de la série “Nous ne sommes pas les derniers” réalisée par Zoran Music à partir de 1970), elles recouvrent un autre sens et nous sollicitent directement, nous “spectateurs”.

L’ART ET LA BARBARIE

Quand les maîtres du jour veulent enfermer le monde dans le cadre étroit d’une idéologie, quand ils veulent conditionner la pensée et la vie de tous selon des règles infâmes, pointer par le jeu simple de quelques lignes et de quelques couleurs qu’il existe un en dehors de la servitude et de l’horreur. Le monde n’est pas ce que vous dîtes. Le fait même de peindre ou de dessiner soustrait à l’anéantissement en22

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les souffrances qui sont et seront niées, prendre place dans le combat pour la vérité. Plusieurs rescapés des camps nazis ont raconté et la difficulté de révéler ce qu’ils avaient vécu, et la surdité de ceux qui les écoutaient sans pouvoir ou vouloir les entendre. Ils portaient un message terrible à destination de ceux qui étaient restés étrangers à cette histoire ou de ceux qui sont venus après. Peu à peu, au prix d’une abnégation et d’un courage remarquables, ils


Agenda

EXPOSITION

Rencontres photographiques

sont parvenus à surmonter le scepticisme et l’indifférence. Cependant, on ne peut manquer de s’interroger : comment ne pas oublier, comment conserver à leurs témoignages force et valeur quand ils ne seront plus présents pour les délivrer ? L’art est un anti-destin, écrivait Malraux.

EXPOSITION

Tout est promis à la mort, à l’oubli, à la disparition, mais l’art dément cette triste promesse et maintient vivant et vibrant ce à quoi il donne forme et présence. Précisément, ces œuvres se dressent comme des prières à nous adressées, et elles portent témoignage de ce qui a pu avoir lieu, de ce qui peut avoir lieu et de ce qu’est l’art, puissance inestimable de vérité. Il nous reste à ouvrir les yeux, et à penser… ces trois hommes ont montré, ils nous attendent. Christophe Lamoure.

> Repères Texte écrit à propos de l’exposition organisée à la villa Beatrix Enea d’Anglet et intitulée “L’art dans le silence de l’abîme”.

Nicole Avezard

Artiste-peintre, mais aussi comédienne plus connue sous le nom de Lucienne dans le duo Les Vamps, Nicole Avezard mêle humour, couleur, lumière et fantaisie dans ses tableaux. On découvre dans son surréalisme toute la fraîcheur de nos rêves d’enfant. Les personnages que l’artiste met en scène dans ses peintures sont des femmes bien en chair et dynamiques qu’elle surnomme “Les Josianes”. Elles respirent le bonheur et la malice, et, même si elles semblent un peu naïves, elles vont jusqu’au bout de leurs rêves de petites filles. Jusqu’au 30 mai. Villa Bellartea. 13, allée des Cygnes. Du mardi au dimanche, de 15 h à 19 h. Direction du château de Brindos. Entrée libre. Informations au 05 59 24 75 36 et www.villabellartea.com

Trois photographes, trois rencontres avec le domaine d’Abbadia où ils ont séjourné, en résidence d’artistes, pendant trois mois. Pour Sabine Delcour (Paysage du possible) cette rencontre avec le visible et l’invisible est un en lien avec des éléments forts que sont la mer et la terre. Pour autant, ses huit grands formats en couleur ne sont pas un manifeste en faveur de l’environnement. S’ils s’ancrent dans le réel – le trait le trait de côte, l’estran – ils laissent entrevoir un paysage intérieur. Saisi par la beauté des paysages entre mer et montagne, les étonnantes humeurs du temps, Philippe Herbet (Toujours plus loin dans la rencontre) a privilégié les rencontres avec des hommes et des femmes partageant avec lui leur amour du Pays basque. Marie Maurel de Maillé (Entre réel et histoire) part de faits réels, en l’occurrence le personnage de Virginie d’Abbadie, et croise avec le récit de ses propres questionnements. Elle présente une dizaine de tirages (60 x 90) contrecollés sur du papier Fine Art qui, avec la mise en scène des photos, renforce l’impression d’être devant un tableau. Du 30 avril au 29 mai, à la Villa Beatrix Enea en partenariat avec le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement du littoral basque.

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Agenda

EXPOSITION Le 26 mai. 15 h et 17 h. Écuries de Baroja. 19, rue des Quatre-Cantons. Tarifs : 8 euros, 10 euros, 15 euros. Informations au 05 59 58 35 60.

Le chant des esprits sur les eaux

Faim de travaux

JAZZ

Patrick Bacqueville et Jean-Marc Montaut Tous deux membres de Pink Turtle, “créateurs des plus grands succès de la pop music”, Patrick Bacqueville et Jean-Marc Montaut sont surtout deux formidables musiciens de jazz. Ils font partie du gratin des meilleurs jazzmen européens. Le succès de leurs participations aux groupes des Gigolos et de Pink Turtle, aux frontières du jazz, de la variété et de l’humour, masque trop souvent leurs grandes qualités de jazzmen. Pris par d’incessantes tournées, les réunir l’espace de deux soirées afin de leur permettre de célébrer en public leur passion indéfectible pour le jazz, relève du tour de force. Assurément, le dialogue ne manquera pas de saveur. Un spectacle de la Scène nationale. Les 28 et 29 avril. 20 h. Écuries de Baroja. 19, rue des Quatre-Cantons. Plein tarif : 15 euros. Carte saison jeune et enfant : 8 euros. Placement libre. Informations au 05 59 59 07 27 et www.snsba.fr

Depuis le début de la saison, le Théâtre des Chimères anime trois ateliers de formation théâtrale à Anglet : deux pour les adultes et un pour les enfants. Ils présenteront au public leurs travaux de fin de saison. Le groupe adulte du week-end à la salle des fêtes de la mairie, le groupe enfant aux Écuries de Baroja et les adultes qui répètent à Haitz Pean présenteront quelques scènes dans le cadre du festival amateur “Baroja Off”. Les 6 juin, à 17 h, salle des fêtes de la mairie, le 10 juin, à 20 h et du 4 au 12 juin, aux Écuries de Baroja. MUSIQUE

Découvrir le blues

Le 2 juin en journée, sur le parvis et dans le hall de la bibliothèque, Sébastopol fait l’homme-orchestre pour tous. Le 3 juin, à 20 h 30, Julien Brunetaud, pianiste virtuose, improvise blues et jazz au piano. Le 5 juin à 19 h, découverte du slide : son origine, son histoire d’hier à aujourd’hui avec Guillaume Leriche (au Dobro), Paolo Conti (à la tricone) et Vincent le Bourdellès (guitare slide). Laissez-vous surprendre. Bibliothèque. 12, rue Albert-leBarillier. Informations au 05 59 52 17 55. CONFÉRENCES

À l’université du Temps libre

THÉÂTRE

Les Deux Rois

Cette pièce de Nathalie Roques vous emporte dans un univers de créativité, de poésie et de beauté. Décors, voix, bruitages et musique entraînent petits et grands dans la belle histoire des deux rois : un grand roi, puissant et solitaire, et un petit roi, jeune et ignorant, prêt à surmonter toutes les épreuves pour gagner l’estime du grand roi. Spectacles du Jabron Rouge de Nathalie Roques, accueillis par la Scène nationale. Dès 3 ans. 24

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Au programme : La main et l’art, par Chantal Caillard Pech de Laclauze, conférencière diplômée de l’École du Louvre, le 4 mai à 14 h ; Le canal du Midi, par Jacques Zacharie, historien d’art, le 11 mai à 17 h 30 ; Pierre et marbre sculptés, par Geneviève Sanchez, historienne d’art et conférencière, le 18 mai à 17 h 30 ; La peinture basque : l’école de Bilbao, par Marie-Hélène Cazaux, expert en tableaux anciens, le 25 mai à 17 h 30 ; Les traits permanents de la Russie du XIXe à aujourd’hui, par Dominique Bromberger, journaliste, le 1er juin à 17 h 30.

Inge Kresser peint l’eau : Cascades en soie ondulant sur de vertigineuses hauteurs et des aquarelles aux formats généreux ou discrets laissant deviner le souffle d’un fleuve ou le murmure de la mer. Des textes poétiques de Michel Butor et d’elle-même s’y glissent. Elle crée aussi des livres d’artistes où mots et peinture dialoguent amoureusement pour mieux réinventer le monde. Inge Kresser est née en 1950 à Vienne, en Autriche. Depuis longtemps familiarisée avec la soie comme support de peinture, elle crée des bandes de soie teintes et peintes en rythmes, entrelacées. Parallèlement, elle écrit des poèmes, réalise petits et grands formats avec des aquarelles et des collages, des livres d’artistes, calendriers et illustrations de textes. Une exposition qui s’inscrit dans la thématique déclinée par la bibliothèque tout au long de cette année : Visages inconnus du livre. Du 17 avril au 17 juin. Galerie Georges-Pompidou. 12, rue Albert-le-Barillier. Informations au 05 59 52 17 55.

Autour de l’exposition “Rencontre avec Michel Butor”, regards croisés entre Michel Butor et Inge Kresser autour de livres d’artistes, le 17 juin à la bibliothèque. Un dialogue exceptionnel entre l’écrivain et l’artiste sur le thème du livre d’arMICHEL BUTOR Ecrivain tiste. Le vendredi 28 mai, visite de avec qui Inge Kresser collabore pour les Livres l’exposition avec lecture de d’artistes et ses Cascades. quelques textes. Le samedi 29 mai, Inge Kresser anime une initiation à la fabrication d’un livre d’artiste dans le cadre de l’atelier Livres singuliers proposé chaque mois par la bibliothèque. Club Belambra, Chambre d’Amour. Informations au 05 59 57 00 37 et www.utlanglet.fr

À l’espace gascon

Superstitions, magies et remèdes d’antan en Gascogne par Amédée Baris de l’académie gasconne de Bayonne : les croyances au merveilleux et à l’étrange cohab-

itent dans l’âme populaire. Une conférence en langue gasconne dans son exposé. Le 12 mai. 18 h 30. Espace Gascon. 19, rue des Quatre-Cantons.

Culture et philosophie

Dans le cadre du cycle de réflexion sur le lien entre la culture et la philosophie, Christophe Lamoure


propose de s’interroger : “À quoi sert la culture ? ” (le 18 mai). Quant à Ollivier Pourriol, le 1er juin, il propose de s’interroger sur “Cinéphilo, les plus belles questions de la philosophie sur grand écran”. Le 22 juin, Charles Juliet propose d’évoquer ses trois derniers ouvrages. Dans le cadre des Mardis de Baroja. Écuries de Baroja. 19, rue des Quatre-Cantons. 20 h. Entrée libre. Informations au 05 59 58 35 60. RENCONTRES

Comprendre le commerce équitable

Une soirée avec Malongo et Artisans du monde avec au programme une introduction sur les différentes étapes de production du café et un partage d’expérience avec les producteurs de café du Laos, suivi d’un débat avec Artisans du Monde sur : “Les perspectives d’évolution du Commerce équitable : modèle économique alternatif ou niche de consommation ?” Le 4 mai, de 19 h à 21 h, à la salle des fêtes de la mairie.

Peinture, musique, Espagne : la passion du film

Un cycle de rencontres animé par Michel Dieuzaide. Photographe et réalisateur, il nous donne à voir des univers passionnants, aux sensibilités et aux imaginaires d’une grande diversité, s’en tenant toujours à une neutralité nécessaire sans se départir d’une émotion sincère. Aujourd’hui : Madeleine, épouse Milhaud (52 mn), et Vlado Perlemuter, portrait d’un pianiste (25 mn). Dans le cadre des Mardis de Baroja. Le 11 mai. 20 h. Écuries de Baroja. 19, rue des Quatre-Cantons. Entrée libre. Informations au 05 59 58 35 60.

L’art en questions

le 25 mai, le cycle de rencontres d’Inge Kresser et Christiane Giraud, sur le thème de “Image et texte”, se poursuit avec : peinture - poésie avec le peintre Pierre Dubrunquez, responsable des expositions à la Maison de la poésie à Paris. Le 15 juin, photographies et textes des voyages de Marie-Jo et Michel Butor. Dans le cadre des Mardis de Baroja.

Écuries de Baroja. 19, rue des Quatre-Cantons. 18 h 30. Entrée libre. Informations au 05 59 58 35 60.

Conte au soleil couchant : “Fées volages”

Conteuse formée auprès d’Henri Gougaud, Patricia Gaillard vit dans le Jura et fréquente fées et licornes. “Fées volages” évoque ces dames avec leurs robes de feuilles, de terre, de neige, de vent ; les coquines, les anciennes, celles accusées d’enlever les enfants. Et encore les belles, très belles, très fées, capables d’offrir un torrent de boue croupie ou une rivière d’or. Nous ne savons plus les voir, Patricia Gaillard nous donnera quelques indications pour les retrouver. À partir de 13 ans. Le 11 juin. 20 h 30. Bibliothèque municipale. 12, rue Albert-leBarillier. Informations au 05 59 52 17 55.

Casse-croûte littéraire

Rendez-vous littéraire à la pauserepas : amenez votre casse-croûte, le Théâtre des Chimères l’agrémente de lectures et la bibliothèque vous offre un verre. Laissez-nous vos coups de cœur. Avec le Théâtre des Chimères Le 15 juin. 12 h 30. Bibliothèque municipale, 12, rue Albert-leBarillier. Informations au 05 59 52 17 55. EXPOSITIONS

BD Blues

Exposition des dessins originaux de la bande dessinée Bluesman, de Pablo Callejo et Rob Vollmar. Les bluesmen Lem Taylor et “Ironwood” Malcott débarquent dans une ville du nom de Hope et tombent sur ce qui ressemble à la chance de leur vie… à condition de rester en vie assez longtemps pour en profiter. Du 2 au 26 juin. Bibliothèque. 12, rue Albert-le-Barillier. Informations au 05 59 52 17 55.

des. La Maiada marque aussi le renouveau de la nature, à travers l’arbre symbole de vie. À Anglet, il est dressé devant la mairie en l’honneur de la municipalité. L’occasion d’animer le parvis de l’hôtel de ville. Le 2 mai. Sur le parvis de la mairie, à partir de 10 h. Informations auprès d’Aci Gasconha au 05 59 03 34 78.

Promenade de printemps des retraités angloys

La Promenade de printemps, organisée par le Centre communal d’action sociale pour les retraités angloys, a lieu le lundi 3 mai, à Oloron : visites guidées, matin et après-midi, de la cathédrale SainteMarie, de l’église romane de SainteCroix, de la crypte et de la salle du trésor de l’église Notre-Dame, de la chocolaterie Lindt, suivies d’une dégustation. Déjeuner près d’Oloron. Départ à 8 h 30, retour vers 18 h 30. Informations au 05 59 58 35 50. FÊTE DE LA MUSIQUE

À la bibliothèque Sieste musicale

Un surprenant voyage musical sur les cinq continents, confortablement installés dans des transats, autour du label de musique “Winter & Winter”. La Havane, Hawaï, Shanghai, Venise, Bueno Aires, le carnaval de Trinidad, Mexico, Rio, le Paris des années trente, les saloons de western, le trajet de l’Orient-Express… fermez les yeux, c’est parti… Une sieste animée par Patrick Duval.

Concert de slam

Avec le collectif bordelais Les Lyricalistes. Art collectif, tribune de libre expression et de revendication sociale, le slam prend racine dans une culture empruntant à la tradition poétique, à la culture afro-américaine et au mouvement punk. Le 19 juin. À partir de 15 h. Bibliothèque. 12, rue Albert-le-Barillier. Informations au 05 59 52 17 55.

ANIMATIONS

Maiada

Voilà plus de dix ans que les Gascons d’Anglet perpétuent la Maiada, cette tradition qui honore des personnalités en érigeant, devant leur maison, un mai, jeune pin, aussi grand que droit, décoré de guirlan-

sud des Landes. Le quatrième samedi de chaque mois, les visiteurs (près de cinquante mille par an) déambulent le long des allées de la place Quintaou. Sous la halle, un espace buvette et restauration accueille les chineurs dans une ambiance chaleureuse. La qualité des Puces de Quintaou doit une grande part de son succès à la fidélité des brocanteurs professionnels. Le 22 mai, esplanade de Quintaou.

MARCHÉ

Puces de Quintaou La centième !

Depuis 2001, les Puces de Quintaou se sont imposées comme le rendezvous mensuel incontournable des chineurs de la Côte basque et du

THÉÂTRE

Anglet en scène Usine à gaz, Histoire de la mouette et du chat, Opéra des arbres, Promenonsnous dans les bois, les enfants des écoles publiques d’Anglet, auxquels se joignent ceux des établissements privés, montent sur les planches sur le thème Où va le monde ?. Une grande fête du théâtre qui s’inscrit dans le cadre des ateliers gratuits animés par le Théâtre du Versant et financés par la Ville depuis déjà plus de dix ans. L’engouement des élèves va crescendo puisque des ateliers supplémentaires ont été ouverts cette année, et que la création d’une classe “chant choral et théâtre” aux horaires aménagés est en cours de réflexion au collège Endarra. Cette grande fête du théâtre est donc l’occasion de découvrir le travail de plus de cent enfants qui, au fil des ans, s’imprègnent de culture théâtrale. Elle se traduit plus tard par une ouverture et un goût ancré pour le spectacle vivant. Pas étonnant que de nombreux élèves d’Anglet intègrent par la suite les classes du département théâtre du conservatoire Maurice-Ravel. Le 25 mai. À partir de 18 h. Espace de l’Océan, Chambre d’Amour. Entrée libre. Anglet magazine N° 101

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Agenda

Culture

Exposciences 2010

Les jeunes Aquitains

ANIMENT LA SCIENCE ! C

omment intéresser les jeunes aux sciences ? La question est d’importance tant les sciences et techniques sont omniprésentes dans notre quotidien. L’élévation du niveau de la culture scientifique et technique des citoyens constitue une nécessité absolue pour l’avenir de tous. Les jeunes Aquitains l’ont bien compris. Tous les deux ans, dans le cadre du Printemps des Exposciences, ils sont des dizaines à imaginer, tester, mettre en œuvre puis partager leurs idées avec le public, des plus simples aux plus créatives ou loufoques… Un exemple parmi tant d’autres déniché dans une précédente édition : le Melodic Crank ou comment, à partir de matériaux récupérés, créer une mélodie grâce à une manivelle… Explication : les objets qui nous entourent sont tous plus ou moins sonores. En les détournant de leur utilisation habituelle, en sélectionnant ceux qui produisent des sons harmonieux, en apprenant à les “accorder”, chacun construit un automate actionné par une simple manivelle. Production, régulation, amplification peuvent permettre de tromper l’écoute de l’auditeur. À chacun de reconnaître les matériaux en présence. Le cru 2010 s’annonce prometteur avec des projets aussi différents que “Les volcans vus de l’espace”, “La maison passive”, ”L’improbable jardin”, “La voiture solaire”, “Une soucoupe volante dans la strato26

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sphère”, “Par vents et marées : des énergies au secours de la planète” ou encore une enquête sur… la naissance et la vie du poulet. Au total, après plusieurs mois de gestation, vingt-quatre projets seront présentés les 7 et 8 mai prochains à l’Espace de l’Océan.Plus que le résultat, la démarche est ici déterminante : se poser des questions, obtenir des réponses, vérifier par l’expérience, mettre en œuvre concrètement une idée, être capable de l’expliquer aux autres. Depuis plusieurs années, l’initiative Exposciences vise en effet à développer chez les jeunes le goût pour les pratiques de loisirs scientifiques, à valoriser leurs travaux et à favoriser les échanges avec le public, les chercheurs. Proposée par le Cirasti Collectif interassociatif pour la réalisation d’activités scientifiques techniques internationales), elle invite, dans toutes les régions, les jeunes de 5 à 25 ans à faire partager leurs découvertes et leurs expériences autour d’un projet scientifique et technique réalisé dans leur établissement scolaire ou leur structure de loisirs. Rendez-vous donc les 7 et 8 mai prochains. Petits et grands devraient y trouver leur compte entre ateliers scientifiques et techniques, spectacles, activités sportives, expositions, conférences, visite du parc Izadia… L’entrée est libre et gratuite pendant toute la durée de la manifestation. Y.A.

Photo : photomobile

Inventions, manipulations, démonstrations, expériences, défis scientifiques… à tous ceux qui souhaitent éveiller un peu plus leur curiosité scientifique, rendez-vous est donné les 7 et 8 mai prochains à l’Espace Océan pour le Printemps des Exposciences, le seul événement français portant sur les pratiques de découverte scientifique et technique. Des dizaines de jeunes de 5 à 25 ans, venus de toute l’Aquitaine, présenteront leurs projets originaux de vulgarisation scientifique. Un rendez-vous unique.

MARCHÉ

Le marché bio arrive L’esplanade de La Barre (au nord de la patinoire) devrait accueillir le nouveau “marché bio”d’Anglet. Plus d’un Français sur quatre consomme régulièrement des produits issus de l’agriculture biologique, et la Ville veut désormais soutenir de telles initiatives dans le cadre de son action en faveur du développement durable. Il y avait déjà des stands de produits bio au marché de Quintaou, mais il manquait un marché spécifique qui sera a fortiori le premier dans le département. L’initiative se déroule en bord de mer pour la saison touristique, mais le marché pourrait se replier vers Blancpignon en basse saison. Organisé sous la houlette de l’association Ble Berri, (elle rassemble des producteurs du Pays basque qui souhaitent promouvoir une agriculture biologique autonome et économe) ce “marché bio des plages” accueillera une cinquantaine d’exposants : produits d’élevage, fruits, légumes et aromates, AOC, fromages, vins Irouléguy … et quelques produits non alimentaires. Du 19 juin au 18 septembre 2010, le samedi matin, esplanade de La Barre.


Portrait

C’est votre histoire

Henri

LABENA La plaisanterie m’a aidé à sortir de la mort car je rigolais avec mes amis là-bas. Ils s’étonnaient : “comment tu peux faire ?”. Et pourtant je crevais de faim comme les autres, mais je disais toujours : vous verrez, on s’en sortira ! Dans le fond je me disais : c’est pas sûr…” Là-bas c’était Buchenwald, l’innommable. Mais là-bas, avant, ce fut aussi : le fort du Hâ de Bordeaux, la centrale de Clairvaux, le camp d’Oranienburg près de Berlin. Les doigts gelés, le dos cassé, les coups reçus, la peur au ventre mais aussi la solidarité “à la vie, à la mort”. Marcellin et Carmen Labena, les parents, sont issus de la même province navarraise, près de Pampelune. Ils se sont rencontrés à un bal à Biarritz. En 1914, ils manquent de tout. Le petit enfant est envoyé dans la famille en Espagne, à Monteagudo, jusqu’à l’âge de 7 ans. Henri avoue, malicieux : “je n’allais pas à l’école car je trouvais que les fruits étaient trop bons, je me promenais…”. Marcellin fait revenir son fils pour l’inscrire à l’école des Thermes à Biarritz, mais l’artisan plombier-zingueur a besoin d’un apprenti et c’est Henri qu’il choisit. “La crise économique de 1929 a tout foutu par terre, il a fallu que j’aille travailler comme manœuvre, terrassier, pour manger…” Il fera de la maintenance sur la voie du BAB. “Je piochais dans les cailloux, j’arrachais des vieux rails et des traverses pourries, j’étais cantonnier de la voirie.” Il ne le sait pas, mais cela le sauvera peut-être. Son corps s’endurcit. À 17 ans, Henri Labena entre aux Jeunesses communistes. “Et je suis plus militant que jamais !” lance-t-il. Il est abonné à “L’Huma” depuis toujours et il en a vendu quatre-vingts exemplaires chaque dimanche, à vélo, pendant plus d’un demi-

Photo : B. Alter

L’optimisme existe. Il a un sourire, un regard et une voix. Henri Labena, 96 ans, décoré de la médaille militaire et de la Légion d’honneur, est un homme optimiste.

siècle. En 1940, avec des amis, il forme un groupe de résistants, colle des tracts. Ils sont dénoncés auprès de la brigade de Bordeaux en 1941 “pour atteinte à la politique de l’État”, et conduits à la prison du Château Neuf au Grand Bayonne. Mais le 21 octobre 1941 un conseiller de l’administration militaire allemande est abattu à Bordeaux par un militant communiste. Les mesures de représailles ne se font pas attendre. Le groupe est envoyé au fort du Hâ “c’était une pourriture ! s’exclame Henri, il y avait là toute la racaille…”, puis expédié à la centrale de Clairvaux. Quand leur temps est terminé, la centrale demande à la sous-préfecture des Basses-Pyrénées s’ils sont “désirables ou indésirables” Bayonne répond “indésirables”. Ils sont donnés aux Allemands qui les envoient au fort de Romainville : “c’était un fort où l’on fusillait…

Nous étions deux : Lajournade de Biarritz et moi. Comme les Allemands venaient de se prendre une dérouillée à Stalingrad, ils avaient besoin d’ouvriers dans les usines d’armement ; mon copain a atterri à Mauthausen, et moi près de Berlin au camp d’Oranienburg”. Henri n’en a pas fini avec l’enfermement, il arrive à Buchenwald en mai 1943. Il prend contact avec des Français de différents partis politiques de gauche, et même un curé. “Un de mes copains lui pose une question : Toi qui es près du Bon Dieu, aurons-nous droit au Paradis quand nous sortirons d’ici ?” Le curé lui répond en souriant : “Écoutez bien, mes camarades, si vous revenez, tant que vous pourrez, faites-vous le Paradis sur Terre, parce que après vous ne savez pas…”. Dans l’enfer de Buchenwald, ils montent un petit orchestre musette. “Il y avait un moral affreux, beaucoup se suicidaient en se jetant sur les barbelés électrifiés ou dans les dépôts d’ordures”. Ils s’organisent et forment “la Brigade française de libération de Buchenwald”. Marcel Paul vient les trouver et les met en garde : “Quand les SS vont s’en aller ils vont nous liquider, tous !”. Le 11 avril 1945 (1), les responsables de la Brigade sont venus les chercher dans les baraquements : “allez les gars, c’est pour vous !”. “Nous avons coupé avec nos outils les barbelés électrifiés à 10 000 volts et, avec des planches, nous sommes passés de l’autre côté. Le soir je prenais la garde dans un mirador avec un fusil-mitrailleur ! Nous étions libres !” Revenu à Bayonne le 1er mai 1945, Henri a mis six mois à s’en remettre, puis s’est marié le 29 septembre 1945 avec Denise Leganes qui l’avait attendu cinq ans. Ils ont eu deux enfants et trois petits-enfants. Il lui avait dit lors de sa mobilisation en 1939 : “Ne m’attends pas ! Si je ne reviens pas, tu te cherches un gars honnête et tu te maries, t’inquiète pas pour le reste. Si je ne reviens pas, c’est que j’aurais rendu l’âme”. Henri ne s’est jamais rendu. Il a gardé l’âme et tout le reste qui va autour. Avec l’humanité et la gaieté en plus. B.A. (2) Lorsqu’il était en activité, Henri Labena fêtait chaque année cette date et ne travaillait pas.

> Contact www.buchenwalddora.fr Anglet magazine N° 101

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Sports et loisirs

Photo : R. Hélin

À voir, à faire

Footing gastronomique

Photo : R. Hélin

La course des gourmets VIIIe Challenge International de paracyclisme

Changer le regard sur le handicap Le 9 mai, Anglet accueillera la quatrième et dernière étape du Challenge international de paracyclisme. D’une manifestation de loisir, le challenge est devenu l’une des neuf plus importantes courses internationales paracyclistes. Près de cent vingt athlètes sont attendus, dont cinq à six champions du monde et autant de champions paralympiques. Une quinzaine de nations étrangères seront engagées sur cette épreuve qui, en trois jours, empruntera les routes du Pays basque entre Urt, Hasparren, La Bastide-Clairence, Cambo et Anglet. L’épreuve est organisée par l’association Vélo Urt 64 créée en 2002 en faveur des personnes handicapées, par et pour la pratique du cyclisme. Le 9 mai. Site de La Barre. Deux départs : 9 h pour les handicapés physiques (amputations) et les tandems (nonvoyants) et 10 h 30 pour les handbike (paraplégiques) et les tricycles (hémiplégiques). Parcours par la promenade de La Barre, puis promenade des plages. Fin des courses vers 12 h.

Le rendez-vous est toujours aussi attendu. Coureur émérite ou coureur du dimanche, marcheur ou promeneur, solitaire, en famille ou entre amis, le footing gastronomique est ouvert à tous ceux qui veulent allier sport et plaisirs gourmands. Cette année, quatre haltes gastronomiques – avec dégustation de produits locaux – rythmeront les neuf kilomètres du parcours pédestre. Avis aux amateurs, l’esprit reste festif : ni classement, ni chrono, mais salaisons, vins d’Irouléguy, fromages, gâteaux basques et garbure sont au programme ! Le 30 mai. Départ de la Chambre d’Amour à 10 h 30. Inscription : 2 euros. Informations au 05 59 03 77 01.

Stand Up paddle Tournoi Élite Pro main nue

Pilotarienak Fort de son succès sportif et populaire, le tournoi Pilotarienak revient au trinquet de verre d’Haitz Pean, les 7 et 12 mai. Réservé aux meilleurs manistes de la catégorie Élite Pro du circuit EPB (Élite pelote basque), ce tournoi, organisé par l’Office de tourisme et la Ville d’Anglet, est une compétition majeure de la saison. L’élite mondiale promet des parties palpitantes de haut niveau sur la cancha d’Haitz Pean, un trinquet aux deux parois de verre, propice à l’offensive. Trinquet de verre Haitz Pean. Promenade du Parc-Belay. Demi-finales : le 7 mai, à 19 h. Finale : le 12 mai à 20 h. Billetterie en vente à l’Office de tourisme. Information et réservation au 05 59 03 77 01. 28

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Étape européenne L’étape européenne du Stand Up World Tour prend ses quartiers à Anglet. Un événement inédit, avec les stars de la discipline venues d’Hawaï, des USA, d’Australie, et les représentants locaux les plus emblématiques. En marge de l’étape, un village ouvert au public présentera les dernières nouveautés : planches, pagaies, accessoires, dérives, ainsi qu’une exposition consacrée aux arts de la glisse. Du 8 au 16 mai, à la Chambre d’Amour. En savoir plus : www.enbata.com


Photo : R. Hélin

Championnat de France

Fête du vélo

Le rugby féminin en fête

Tous à vélo ! Balade sur les pistes cyclables et les voies pédestres d’Anglet, “Tous à vélo” est une invitation 100 % nature. Sur treize kilomètres, cette boucle cycliste (doublée d’une boucle pédestre) emprunte les pistes cyclables et voies vertes d’Anglet. Pas besoin d’être accro aux baskets ou au vélo, l’envie de partager le plaisir de la petite reine et de la marche suffit. Plus qu’une simple promenade “Tous à vélo” veut encourager une autre façon de se déplacer. Cette initiative du comité de promotion du vélo relayée par la Ville, s’inscrit dans le cadre de la Fête du vélo. Le 6 juin. Gratuit. Départ de l’Espace glisse de La Barre, à 10 h. Informations au 05 59 03 06 45

Ride’n Rose

Surf et skate au féminin

Photo : Ph. Brunet / photobrunet.com

Ride’n Rose est parti d’un constat : les filles sont peu nombreuses à pratiquer les sports de glisse. Le 12 juin, l’événement fait son retour. Le principe est simple : toute la journée, elles bénéficient d’initiations gratuites au surf et au skate, avec matériel fourni et sous l’encadrement de moniteurs diplômés d’État. Au programme également : yoga, massages, danses africaines, décoration, tatoos, sensibilisation à l’environnement. Ou comment passer une journée zen entre filles…

Le 12 juin. Skatepark de La Barre et plage des Cavaliers. Entrée libre et gratuite. Inscriptions sur place. Informations : 06 32 38 59 02 et ridenrose64@gmail.com

: DR Photo

Voile

SPI Anglet : régates au large des plages Destinée à promouvoir la voile auprès du grand public et des organismes départementaux et régionaux, la régate SPI Anglet a pour ambition d’être LA vitrine de la voile en Euskadi et Aquitaine sud. L’édition 2010 se déroulera du 13 au 16 mai au large des plages d’Anglet et de Biarritz. Elle regroupera une centaine de participants, soit vingt à vingt-cinq voiliers. Tous vont s’affronter au cours de régates officielles homologuées par la Fédération Française de Voile. Le Spi Anglet se veut spectaculaire avec des parcours délimités par des bouées, au plus près de la côte, du Rocher de la Vierge à La Barre. Organisée par le Yacht-Club AdourAtlantique, SPI Anglet est avant tout une fête sportive et conviviale, réunissant tous les amoureux de la voile, les régatiers comme les plaisanciers. Du 13 au 16 mai 2010, entre le Rocher de la Vierge et La Barre. À 10 h, accueil des concurrents pour les inscriptions et les briefings. En fin de matinée, départ de la flotte du port, avec passage et salut au public le long de l’esplanade de l’Adour. Fin de matinée, mise à disposition de la flotte devant les plages. Départ, déroulement de la régate. Passage de la ligne d’arrivée face aux plages en fin d’après-midi. Informations sur www.ycaa.fr et au 06 88 25 89 62.

Le championnat de France scolaire de rugby féminin, pour la catégorie “cadettes”, est attendu sur les terrains de Girouette et Saint-Jean. Avec plus de deux cent soixante participantes, cette compétition organisée par l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) par l’intermédiaire de sa Direction départementale, réunit près de seize établissements venant de toute la France. Au total, ce sont donc seize équipes de treize joueuses qui se rencontrent, pour le titre national cadettes de rugby à 7. La manifestation est associée à la découverte de la ville : parcours verts angloys à vélo et activités estivales comme le surf ou le beach volley. L’inspecteur d’académie, la Ville d’Anglet, et les représentants de la Fédération française de rugby sont attendus pour honorer les jeunes demoiselles de l’Ovalie. Une cinquantaine d’enseignants participent à l’organisation de cet événement sur la commune angloye. Une vraie fête du rugby féminin.

Mercredi 19 mai de 9 h à 13 h, et jeudi 20 de 9 h à 11 h, au stade Girouette. Jeudi 20, de 14 h à 16 h, au stade Saint-Jean. Anglet magazine N° 101

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Culture d’ici

Danses traditionnelles

À PETITS PAS… Danser dans une ronde est magique ; la ronde nous parle depuis les profondeurs millénaires de la mémoire.” (1). La plus ancienne, dont l’origine remonte aux rondes du Moyen Âge, est le branle. Elle se danse en chaîne (ouverte ou fermée) et en couple. En Gascogne, on danse le branle du haut Agenais, le branle d’Ossau. On utilise principalement deux “pas de base” : le double et le simple. Le rondeau le suit de près : il était déjà dansé au XVIe siècle. Elle reste la danse la plus traditionnelle de Gascogne. Rondeau en chaîne (5 ou 6), rondeau en couple, les pas diffèrent parfois suivant les villages. Idem pour le congo. Dans l’atelier de Maïté Maisonnave l’on apprend le congo de Captieux, celui de Luxey, du Passage d’Agen ou bien de Samathan

(et aussi la scottish, la polka, la mazurka). Conservant le pas du rondeau, le congo se danse en quadrette. “Cette danse est très ludique, explique-t-elle. Dans le congo de Captieux, par exemple, on danse souvent face au contre-partenaire, on attire celuici, il y a des croisements, des poursuites…”. Pas de danse sans musique, et dans les bals gascons, sur l’estrade, s’harmonisent cornemuse landaise ou boha (en gascon bohar signifie souffler), vielle, cabrette, accordéon diatonique et violon… Enfin, entrent sur la piste les sauts béarnais : en ronde, pas par couples, bras le long du corps, déplacement sur le cercle, corps tourné dans le sens où l’on se déplace ; sauts face au centre du cercle. Les pas sont précis : simples, copar, tres, abans, dus… et les correspondances certaines avec les deux plus célèbres danses en cercle fermé du Pays basque : mutxikoak (ceux des hommes) et zazpi jauziak (les sept sauts).

Photo : Ph. Brunet / photobrunet.com

Photo : L. Masurel

Rondeaux, congos ou mutxikos, ces danses traditionnelles gasconnes et basques possèdent une forme de simplicité et de longévité créant du lien sur “place”. Vecteurs d’une histoire locale et régionale elles démontrent aussi, par l’universalité du langage de la danse, que les passerelles existent d’une culture à l’autre. Et ils sont nombreux, adultes comme enfants, au cours des fêtes ou pour un rendez-vous associatif, à s’élancer sur les places des villages. Ils se retrouvent ensemble pour partager avec la danse et la musique un moment de convivialité.

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Les sauts basques constituent l’un des fonds principaux de la chorégraphie euskarienne. Certains d’entre eux portent le nom d’un village : ainhoarrak (ceux d’Ainhoa) ; orzaiztarrak (ceux d’Osses). Autre-


Photo : R. Hélin

Ma récompense est de voir chaque année de nouveaux danseurs participer aux différents bals traditionnels ou rassemblements lors de fêtes dans notre région…” B.A.

Photo : photomobile

Extrait de Le Livre du rire et de l’oubli - Milan Kundera Éd. Gallimard, 1979. Dictionnaire thématique de culture et de civilisation basque - Éd. Pimientos, 2004. Les Basques - Philippe Veyrin - Éd Arthaud.

fois, danser ces sauts était pour les jeunes plus qu’un simple amusement, une manière de soutenir le renom de leur commune. (3) “Depuis une quinzaine d’années les mutxikos sont revenus sur les places publiques, constate Fabrice Berassen, président d’Angeluarrak. Dans notre atelier, nous travaillons les danses des sept provinces.” Le groupe musical se prépare : accordéon diatonique, txistu, violon et parfois tuntun souletin. On voit la ronde se former, les danseurs se déployer les uns derrière les autres – on ne se “touche” pas entre danseurs –, le torse est droit et les pieds multiplient de menus pas qui s’enchaînent, portant chacun un nom spécifique : erdizka, pika, ebats, dobla... Le danseur connaît la suite par cœur ou exécute les pas sous la dictée du maître de danse qui les appelle. Les sauts sont un exercice de mémoire, et leur pratique la preuve d’un exercice autant mental que physique. Certaines différences existent entre les airs béarnais et basques, ainsi que dans la façon de réaliser certains pas ou de se positionner par rapport au centre du cercle de la danse. “Il est intéressant de conserver et d’entretenir ces danses, à la fois différentes et semblables, souligne Maïté Maisonnave,

Euskal koreografia jauzietan gehienbat oinarritua da. Horietarik batzuek herri baten izena daramate, hala nola ainhoarrak eta orzaiztarrak. Lehengo gazteentzat, jauzi horien dantzatzea ez zen bakarrik dibertigarria, baina haien herriaren ospea sustatzeko parada ere bazen. (3) “ Hamabost bat urtez geroztik, mutxikoak berriz jalgi dira plazara, ohartaratzen du Fabrice Berassen-ek, Angeluarrak elkarteko lehendakariak (4) Gure tailerrean, zazpi probinzietako dantzak lantzen ditugu.” Musika taldea prestatzen ari da : trikitixa, txistua, arrabita eta batzuetan ttun-ttun zuberotarra. Ikus daiteke erronda osatzen, dantzariak hedatzen, bata bestearen ondotik – dantzariek ez baitute elkar hunkitzen -, soina tente, oinek urrats ttipiak segidan egiten dituzten bitartean. Urrats bakoitzak izen berezi bat dauka : erdizka, pika, ebats, dobla… (5). Dantzariak segida gogoz ezagutzen du edo urratsak egiten ditu dantza maisuak deitu ahala. Jauziak oroimen ariketa bat dira eta haien praktikak frogatzen du ariketa hori buruzkoa bezain fisikoa dela. Desberdintasun batzuk badira Biarnoko eta Euskal Herriko doinuen artean, urrats batzuk dantzatzeko moduan, edo dantza zirkuluaren erdiarekiko kokaeran. “ Aldi berean desberdin eta antzekoak diren dantza horiek atxiki eta mantentzea interesgarri da, azpimarratzen du Maite Maisonnave. Urtero dantzari berriak ohiko dantzaldietan edo gure eskualdeko bestetan parte hartzen ikustea da nire saria »…

“Dançar dens ua ronda qu’ei magic ; la ronda que’ns parla despuish las pregondors milenàrias de la memòria”. La soca de la mei anciana vienuda de l’edat mejana qu’ei lo branlo. Que’s dança en cadena (ubèrta o barrada) e tanben en coble. En Gasconha que s’i dança lo branlo deu haut d’Agen, lo branlo d ‘Aussau. Qu’utilizan màgerment dus “pas de basa” : lo doble e lo simple. Lo rondèu que’u segueish de près : dejà dançat au sègle setzau. Qu’ei, de tot temps, la dança tradicionau de Gasconha. Rondèu en cadena (5 o 6) rondèu en coble, los pas son desparièrs a còps segon los vilatges. Idem tau congò. Dens lo talhèr de Maité Maisonnave que s’i dança lo congo de Capsius, de Lucsèi, deu passatge d’Agen, o lavetz de Samanthan ( e tanben l’escottish, la pòlca, la mazurca). Sauvant lo pas deu rondèu, lo congò que’s dança en quadreta. “Aquera dança qu’ei hòrt ludica, ce ditz. Dens lo congò de Capsius, per exemple, que dançan sovent de cara au contrealiat, que l’atiran, que i a crotzaments, perseguidas… ” Non i a pas dança shens musica e dens los bals gascons, sus l’empont, que s’armonizan boha landesa o boha ( en gascon bohar= souffler ), sonsaina, cabreta, acordeon diatonic e vriolon... Lavetz entran sus la pista los sauts biarnés : en ronda, pas per cobles, bras au long deu còs, desplaçament sus l’aròu, còs virat de cap on se mudan ; sauts de cara au miei de l’aròu. Los pas son precís : simples, copats, tres, abans, dus … e las correspondéncias seguras dab las duas mei famosas danças en aròu barrat deu País basco : mutxikoak (los deus òmis) e zazpi jauziak) los sèt sauts).

> Où pratiquer ? Danses gasconnes : le jeudi, de 18 h à 19 h 30 - 19, rue des Quatre-Cantons 64600 Anglet - Tél. 05 59 03 34 78 aci.gasconha.en-action.org

Atelier mutxiko : le mardi, de 19 h 30 à 20 h 30 - Association Angeluarrak Villa Choisy - 64600-Anglet - Tél. 05 59 63 54 03.

Rendez-vous mutxiko : Et le 3e dimanche de chaque mois, l’association Mutxiko Taldea organise un mutxiko - Esplanade des Cinq-Cantons. Anglet magazine N° 101

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Zoom

Ils le font

Marathon des Sables

Photo : DR

Courir pour les autres

Civil pour la Marine nationale à la base navale de l’Adour, Cyril Prenez, 39 ans, se lançait pour la première fois dans le XXVe Marathon des Sables, du 2 au 12 avril dans le désert marocain. Il ne court pas pour lui, il court pour la Fondation Thierry-Latran, créée en 2008, qui œuvre pour la recherche sur la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Cette maladie se manifeste par une dégénérescence de l’ensemble des muscles responsables du mouvement, de l’élocution et de la respiration. Touché au plus près dans son entourage, Cyril Prenez s’engage aujourd’hui pour la recherche sur la SLA. “Mon père est décédé de cette maladie incurable en 1996. L’évolution de la maladie, qui emporte les personnes malades en trois à cinq ans, voire dix ans (parfois plus), est très difficile à vivre pour le malade, qui se voit perdre ses facultés motrices tout en ayant toute sa tête, mais aussi pour l’entourage, démuni. En 2007, j’ai décidé de courir pour faire parler de cette pathologie, et de faire cette année le XXVe Marathon des Sables.” Dans cette course hors norme, sa victoire sera de franchir la ligne d’arrivée pour mettre en avant cette pathologie. 250 km dans le Sahara du sud marocain, en six étapes de 30 à 80 km, avec un sac de 10 kg sur le dos, la semaine africaine sera longue mais utile. “Après plusieurs marathons, dont Paris et La Rochelle, je voulais courir ce marathon. C’est une épreuve hors norme, avec des amplitudes de températures de 45 °C le jour à 5 °C la nuit, et en autonomie alimentaire complète. Mon but, c’est que l’on parle de cette maladie.” Le 32

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Pari tenu ! Regroupés au sein de l’association Human’Isa, les trente-six élèves ingénieurs de la cinquième promotion 2010 l’Institut Supérieur Aquitain du Bâtiment et des Travaux Publics (ISA BTP) ont achevé la construction du “Centre d’accueil, culturel et de formation destiné à dynamiser durablement l’économie locale de Konna (Mali). Ils en ont assuré la conception, et durant le mois de mars dernier, l’exécution des travaux avec le soutien de leurs partenaires, dont la Ville. Depuis 2006, Anglet soutient un programme de rencontres et d’animations culturelles à Konna, coordonnées par le Théâtre du Versant. Objectif : lancer les bases d’une politique culturelle dans le cadre d’une coopération décentralisée, solidaire et durable. Dans la continuité de cette initiative, est née l’idée d’un partenariat entre les deux communes du Nord et du Sud, en collaboration avec les élèves ingénieurs. À ce projet, a également été associée la ville jumelle d’Ansbach, par l’implication de son école technique supérieure. Du 15 mars au 31 mars, trois étudiants de la Hochschule d’Ansbach ont installé les panneaux photovoltaïques pour assurer l’autonomie énergétique du bâtiment. La coordination technique et logistique du projet a été rendue possible grâce la collaboration entre les équipes du Nord et du

poids du sac est calculé au milligramme, pour une sécurité alimentaire, mais aussi pour une surcharge à la fois maximale et minimale de 10 kg au départ. En vendant ses kilomètres parcourus lors de cette épreuve, il espère reverser 2 500 euros à la Fondation Thierry-Latran, au travers de son association “Courir pour les

Baptisée “Maison d’Anglet”, le bâtiment a été inauguré le 1er avril à Konna, sous la présidence du préfet de Région de Mopti en présence du souspréfet de Konna, des directeurs régionaux de la Culture et de l’Éducation, de la Jeunesse et Sports, du maire de Mopti et des autorités locales de Konna, le maire Sory Diakité et le chef du Village Ibrahima Kampo. Une délégation d’Anglet était conduite par Guy Mondorge, 1er adjoint, délégué aux Relations Internationales, Bernard Marti, adjoint à l’Agenda 21 et Gaël Rabas, directeur du Théâtre du Versant. L.B. En savoir plus : www.human-isa.org ou sur le blog http://human-isa.blogspot.com/ (1) Le coût de la réalisation, d’un montant de 109 000 euros, a été financé par des subventions de collectivités territoriales, dont une subvention de 20 000 euros de la Ville, par des dons d’entreprises et de particuliers, et autofinancée à hauteur de 35 % par les étudiants.

Photo : DR

Photo : M. Kirolasale

La Maison d’Anglet à Konna (Mali)

Sud, par le biais de la municipalité de Konna et de son chef du village et ancien maire, Ibrahima Kampo qui a mobilisé les équipes locales sur le projet.

autres 64”. Avec ses trois compères de l’équipe “Team Papillons de Charcot”, dossard 367, Cyril Prenez veut rallier l’arrivée, avec la fierté d’avoir couru pour la maladie. M.K. http://cpla64.free.fr


Information municipale

Anglet Magazine, se met au durable Ainsi, le “casàou” n’est pas demeuré éteint le mercredi soir, et les affaires courantes, engagées avec l’assentiment de ceux qui ne défilent plus en raison des raideurs dues à l’âge, ont été conduites sans trop de mal. En attendant que quelques jeunes se sentent inspirés par le souci de voir se poursuivre une œuvre engagée, en 1977, par quelques maraîchers et hôteliers angloys autour d’Henri Lasséougue, aujourd’hui disparu, et rejoignent le comité restreint de la Garbure angloye pour que demeure le “toupin” sur le feu. J.-P.A

Confrérie

La Garbure angloye fête son XXXIIIe Chapitre

Photo : R. Hélin

La garbure aide les enfants obéissants à grandir, les adultes à bien vivre et les plus anciens à battre des records de longévité. La confrérie de la Garbure angloye en est l’illustration parfaite. Las, quand la musique s’arrête, on danse avec moins d’entrain, ou on ne danse plus. Ainsi, faute de “combattants”, la confrérie a manqué rater son XXXIIIe Chapitre. Ne demeuraient plus en effet que trois confrères portant cape verte et béret à pompon jaune et vert, ayant atteint, et pour certains dépassé, les 80 ans. Préparer la soupe ne posait pas problème, mais organiser le chapitre et accueillir une bonne centaine de confrères de la région n’allait pas de soi, comme on sale ou pimente le plat. Heureusement l’esprit confrérique n’est pas éteint et ce sont deux Angloys, portant d’autres vêtures que celles des garburiers, qui sont venus apporter le coup de main qui rassure, évitant la mise en berne des couleurs de la confrérie locale.

Photos : DR

XXXIIIe Chapitre de la confrérie de la Garbure angloye, le dimanche 9 mai, casse-croûte (8 h 30), intronisations à la salle des fêtes de la mairie (10 h), messe chantée par le chœur d’hommes Argileak, en l’église Saint-Léon (11 h).

Pascal Bourricaud

Partager la beauté du monde Au-delà du défi sportif, gravir le mont Blanc avec des skis de randonnée et quarante-huit heures plus tard surfer en Indonésie, pour Pascal Bourricaud, 40 ans, c’est sans doute le défi pédagogique qui lui tient le plus à cœur.“Cette aventure sportive va être l’occasion de rapporter des té-

moignages, photos, films, enregistrements audio, sur la beauté de ces sites et sur leur lente dégradation due à la pollution. Or, je sais que pour sensibiliser les enfants à la protection de l’environnement, des images fortes, des images liées à des sports qu’ils aiment sont autant de portes d’entrée.” Tout va donc commencer à son retour. “Je vais aussi prévenir sur les dangers de l’Océan. Car, j’ai une autre casquette, celle de responsable des plages de la Ville d’Anglet. Et, à ce titre, je suis chargé de tout mettre en

Anglet Magazine édite son cent unième numéro. Le bimestriel municipal a aujourd’hui 21 ans, et, à cette occasion, change de format et d’habillage. Il adopte une nouvelle maquette, plus dynamique et facile à lire pour mieux correspondre aux attentes de ses lecteurs, et aussi répondre aux exigences du développement durable. Le nouvel Anglet Magazine adopte une méthode d’éco-conception définie par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) pour améliorer son empreinte écologique, c’est-à-dire réduire son impact sur l’environnement tout au long de son cycle de vie tout en conservant sa qualité d’usage. Il est imprimé sur un papier issu des forêts gérées durablement. Son nouveau format (plus court sur la hauteur et la largeur) permet d’économiser 300 kg de déchets de papier pour l’ensemble des numéros de l’année. Chaque étape de la fabrication est conforme aux critères du développement durable : il est fabriqué dans le département pour éviter les kilomètres de transport, par un imprimeur labellisé “Imprim’ vert” qui utilise des encres végétales et recycle ses déchets. Alors, après lecture, si vous devez le jetez, n’oubliez pas la filière tri du papier ! L.B.

œuvre pour la sécurité des baigneurs.” Une volonté et un goût de transmettre qu’il doit à un proche. “J’ai tant appris auprès de Jean Mary, mon cousin, un alpiniste amateur de haut niveau, décédé en 2008 au Népal sur le sommet Ama Dablam, que j’ai voulu à mon tour m’engager. Son décès a été un déclic. Je suis si imprégné par son enseignement qui m’a construit au fil des années qu’aujourd’hui je me lance ce défi. Pourquoi ne pourrais-je pas, à mon tour partager cette flamme ?” Cette flamme, elle gravira le mont Blanc fin avril, avant de gagner Bali et d’être portée auprès des enfants. N.L. Le contacter : p.bourricaud@yahoo.fr Le suivre : ecolorama.fr/defi2010

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Pratique

Bon à savoir

Logements pour étudiants Les propriétaires de meublés désirant louer à des étudiants (septembre à juin) peuvent inscrire gratuitement leurs offres dans le fichier de logements étudiants du Bureau information jeunesse. Une fiche d’inscription est à compléter. BIJ. 6, rue Albert-le-Barillier. Informations au 05 59 58 26 50 et bij@ville-anglet.fr

Consommons équitable L’association de solidarité avec les peuples d’Amérique latine (ASPAL) soutient l’achat et la diffusion de l’artisanat selon la Charte du commerce équitable. Elle a créé en 1997 Artisal, centrale d’artisanat en relation avec des groupements d’artisans du Mexique, Pérou et Équateur. L’ASPAL promeut ainsi “l’achat responsable en exigeant des fournisseurs la qualité et la traçabilité des produits ainsi qu’une éthique respectée, du lieu de production au lieu d’achat”. Le siège de l’association est à la Maison pour tous. Informations au 06 32 69 67 55 et aspalpbsl@hotmail.com

Séjours d’été Des catalogues de séjours pour les enfants sont à la disposition des parents au Bureau information jeunesse. À emporter ou à consulter sur place. BIJ. 6, rue Albert-leBarillier. Informations au 05 59 58 26 50 et bij@ville-anglet.fr

Inscriptiopns scolaires Rentrée 2010-2011 : les nouvelles inscriptions scolaires en maternelle et les passages en C.P. se feront sur rendezvous au 05 59 58 35 63, les 4, 6, 11 et 18 mai, de 13 h à 17 h, au centre de loisirs Baroja, 19, rue des Quatre-Cantons. Pièces à fournir : livret de famille, carnet de santé de l’enfant, justificatif de domicile récent (moins de 3 mois), numéro CAF et numéro de contrat assurance scolaire ou responsabilité civile, certificat de radiation (dans le cas d’un enfant scolarisé dans une autre école), dérogation pour les enfants domiciliés hors de la commune d’Anglet. L’enregistrement du dossier ne sera validé que sur présentation complète des pièces à fournir. Informations au 05 59 58 35 63.

Monter sur scène Pour sa deuxième année “Star d’un soir” (fête de la musique 2009) devient “Star d’un jour”. Le dimanche 3 octobre 2010 se déroulera le concert “Star d’un Jour”. Du courage… Ne plus chanter que sous la douche… Oser monter sur une scène… Vivre une aventure d’artiste et connaître des émotions intenses… Vous aimez chanter alors inscrivez-vous à “Star d’un jour”. Après avoir passé les auditions, vous chanterez en public sous le regard bienveillant de musiciens professionnels… Ainsi vous deviendrez peut-être le vainqueur 2010 de Star d’un jour. Un présentateur et un orchestre de quatre musiciens (bassiste, guitariste, batteur, pianiste) vous accompagneront en direct. Choisissez juste votre style et venez chanter ! Deux auditions auront lieu en juin, et les répétitions sont programmées en septembre. Inscriptions au 06 28 61 37 27.

Tout le bus dans votre poche Téléchargez les lignes de bus sur votre téléphone portable, ainsi que les tarifs, les horaires de passage à tous les arrêts. Toutes les informations et mode d’emploi sur www.bus-stab.com.

Ateliers de la bibliothèque À libre ouvert : une initiation en deux ateliers au montage audio-vidéo avec l’association LProd, logiciel libre, le 22 mai et le 5 juin à 14 h 30. Cinéziq : Naxos, Artevod, Dogmazic, Extranet Cité de la musique, découvrez l’offre de films et de musiques à écouter ou à télécharger chez vous gratuitement. Le 4 mai à 18 h, le 29 mai à 16 h, le 1er juin à 18 h, et le 26 juin à 16 h. Langues : découvrez les outils disponibles sur Internet pour apprendre l’anglais, le 15 mai à 10 h. Apprendre en ligne : venez découvrir, apprendre, préparer vos exposés grâce aux abonnements en ligne de la bibliothèque : Louvre.edu, Toutapprendre.com, Edumedia-sciences et Balingua.com. Le 21 mai à 17 h, et le 18 juin à 17 h. Emploi-formation : Sélection de sites Internet utiles pour connaître les filières et choisir sa formation, le 29 mai à 10 h. Bibliothèque. 12, rue Albert-le-Barillier. Réservation au 05 59 52 17 55.

Covoiturage Bibliothèque sonore L’association des donneurs de voix propose aux aveugles et aux déficients visuels le prêt gratuit d’ouvrages enregistrés sur cassette, CD et MP3. Informations au 05 59 43 76 84. Permanence les lundis et jeudis, de 14 h à 16 h : Villa Sion - 79 bis, rue d’Espagne - 64200 Biarritz.

HiStory : concours sur Internet dédié aux seniors La mémoire de chacun d’entre nous est riche d’expériences. C’est pourquoi L’Agence départementale du numérique, une agence financée par le Conseil général, avec le concours de la Commission européenne, propose aux seniors de partager leurs souvenirs sur le site Internet www.numerique64.fr/history. Pour participer, il suffit d’aller sur ce site et d’y déposer son récit : fichier texte, sonore voire vidéo. Vous avez jusqu’au 15 juin pour participer. Les meilleurs récits seront primés avec de nombreux lots à la clé. Informations sur www.numerique64.fr/history.

Comment réduire ses dépenses de carburant et les émissions de CO2 et de gaz à effet de serre ? Rien de plus simple, il suffit de se rendre sur www.covoiturage64.fr, un site conçu par le conseil général des Pyrénées-Atlantiques, petite pierre à l’édifice planétaire dans la lutte contre le réchauffement climatique. Informations sur www.cg64.fr

Prochain (T)chat du maire Le maire répondra à nouveau en direct au questions des internautes, lors d’un nouveau (t)chat vidéo sur le site de la ville. Rendez-vous le 10 juin 2010, à 18 h 30, en se connectant sur www.anglet.fr

Fête d’anniversaire Pour offrir à votre enfant une fête d’anniversaire, faites appel à un animateur diplômé de l’animation, inscrit dans le fichier du Bureau information jeunesse. Il se déplace à domicile pour animer la fête, et peut aussi vous donner des idées et des conseils dans la préparation. BIJ. 6, rue Albert-le-Barillier. Informations au 05 59 58 26 50 et bij@ville-anglet.fr Anglet magazine N° 101

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Carnet

Hommage

Naissances

Photo : DR

Janvier

Serge Smulevic Ancien résistant, dernier survivant aquitain du camp d’extermination d’Auschwitz, Serge Smulevic est décédé à Anglet le mardi 16 février, à l’âge de 88 ans. Il était citoyen d’honneur de la ville depuis le 27 avril 2008. Lui qui s’était tu pendant des années – “on ne nous croyait pas, alors nous nous sommes tus” – il n’avait de cesse de témoigner de la barbarie, constatant que les témoins devenaient de plus en plus rares : “L’histoire de la Déportation va se rétrécir au fil des années, il n’y aura plus de cérémonies aux monuments aux morts pour honorer la mémoire des déportés ou tous ces enfants qui sont morts innocemment”. Né en 1921 à Varsovie, Serge Smulevic vit dès 1923 dans l’est de la France où sa famille s’est installée. Il fait l’École des beaux-arts à Strasbourg. Engagé dans la Résistance à Grenoble en 1942, il est arrêté sur dénonciation à Nice en 1943, transféré à Drancy, puis déporté le 16 décembre 1943 à Auschwitz. Début 1945, il survit à deux “marches de la mort” avant d’être transféré à Dachau qui sera libéré par les troupes américaines le 29 avril 1945. Après un long séjour à l’hôpital, Serge Smulevic s’installe à Bruxelles, en 1947, où il devient chef de publicité à l’agence Havas puis directeur des services de publicité de la société Philips. Il travaille aussi comme caricaturiste pour plusieurs quotidiens et illustrés belges et fait du dessin publicitaire ainsi que des pochettes de disques pour “Pathé-Marconi”.

Eliott LABÉ-LOREAU • Aaron MORENO-HOUSSIN • Julie DEMEYRE • Romane LANGE • Paloma DA FONSECA • Julen SALLABERRY.

Février

Maxime BLEUZE • Thomas BLEUZE • Candice MOURA • Mattéo CORTÈS Clément LESBORDES • Hugo GAILLARDON • Elouan NURY • Rachel LABENNE • Liza NARBAITZ--PENOT • Théo MAILLARD • Gabriel MINVIELLE • Maximilien SOYEUR • Eneko OROZCO.

Mars

Baptiste GARCIA • Mila VIGNEAU • Martin LAFFONT de COLONGES • Gabriel DESJARDINS LAFAYE.

Mariages Mars

Stéphane LAGUETTE et Carole PICOU • Eric CARON et Claire THOMAS.

Décès Février

Pierre ARIBIT, 22 ans • Marthe SAN JUAN ep GALLET, 68 ans • Marthe DASSANCE, 92 ans • Guy CABANTOUS, 81 ans • Pierre BIALA, 68 ans.

Mars

Fernand CAVALIER, 90 ans • Jeannine DARRIEUSEC Vve BELTRAN, 84 ans • André FLOCH, 75 ans • Etienne PONS, 75 ans • Geneviève MORESMAU ep GUILLAUME, 82 ans.

(Voir l’exposition qui lui est consacrée en pages Culture).

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Pourquoi une réhabilitation de la place des Cinq-Cantons ?

Comprendre

Pourquoi ?

La Ville vous répond

Photos : R. Hélin

A quoi servent ces nouveaux panneaux dans la forêt ?

Le Pignada accueille désormais ses promeneurs. Aux cinq entrées principales, ont été dressés des panneaux en bois pour tout savoir sur la forêt : vue aérienne indiquant voies vertes et

équestres, circuit du parcours santé, pistes forestières, points d’eau et aires de pique-nique. Sans oublier un bref rappel historique et son appartenance à l’habitat naturel “pineraie de pins maritimes à chênes-lièges”. Il y a même un panneau d’affichage pour les informations ponctuelles. Les entrées secondaires n’ont pas été oubliées avec l’installation de totems reprenant la vue aérienne de la forêt. Par ailleurs, des panneaux de direction ont été posés afin que les promeneurs s’orientent plus facilement. Cette nouvelle signalétique participe de la volonté de donner une identité visuelle au massif. Que les trois cent dix mille personnes qui s’y promènent chaque année comprennent qu’ils ne sont ni dans un parc ni dans un bois, mais dans une forêt à part entière.

Après dix-neuf ans de service, la place des Cinq-Cantons présente des dysfonctionnements importants. Ses dallages déchaussés et ses multiples marches isolées sont autant d’embûches de nature à entraver les passants (plusieurs dizaines de chutes par an, dont une dizaine a généré récemment des contentieux). La fontaine est critiquée pour sa dangerosité et son entretien difficile. La place nécessite également un réaménagement pour retrouver un prestige digne de son statut de lieu le plus fréquenté d’Anglet. Reprendre seulement le dallage aurait coûté environ 1,6 million d’euros, sans régler le problème des marches ni apporter de réelle plus-value à l’ensemble. Le choix a donc été fait de redessiner entièrement l’espace. Le coût des travaux, (2,5 millions d’euros), inclut également la reprise des rues Eugène-Labaste et Kraemer, pour pacifier la circulation automobile autour de la place. Sont également prévus un certain nombre d’aménagements, comme la rénovation de l’éclairage, qui contribueront eux aussi à la sécurité et au confort des usagers. L’architecte-urbaniste procède aux derniers aménagements mineurs que la municipalité a demandés suite à la concertation. Le projet sera présenté au public dans sa version définitive avant l’été.

Photo : R. Hélin

À l’entrée d’Anglet un panneau indique quatre fleurs, comment sont-elles attribuées ? C’est le Conseil national des villes et villages fleuris, une association loi 1901, qui les attribue pour trois ans – pour peu que la commune y concoure – au regard de trois critères essentiels. Tout d’abord, le patrimoine paysager et végétal de la commune (arbres, arbustes, fleurs, couvres sols…), il représente 50 % de la note. Ensuite, les efforts réalisés pour améliorer le cadre de vie et s’engager dans des actions de développement durable (respect de l’environnement, propreté, valorisation du bâti…) comptent pour 30 %. Enfin, l’animation et la valorisation touristique (actions pédagogiques, sensibilisation et participation des habitants, promotion…) 20 %. Aujourd’hui, près de 12 000 communes se présentent au concours Villes et Villages Fleuris. Le label a été attribué à 3 657 communes, 205 ont obtenu quatre fleurs offrant selon les termes mêmes du Conseil national “un fleurissement exceptionnel et constituant un véritable réseau touristique de jardins”.

Comment les effectifs municipaux ont-ils évolué en 2009 ? Les effectifs municipaux ont connu en 2009 une augmentation de 2,6 %, passant de 487 emplois permanents à 500. Cela correspond à une volonté de moderniser, d’améliorer et diversifier le service à la population. Soit par le renforcement de certains secteurs comme la culture qui verra sa programmation enrichie (notamment à destination des jeunes publics dès cette année),

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soit par la création de nouveaux services, avec, par exemple, la création d’une nouvelle direction de l’Environnement et du Développement durable ou l’ouverture de la nouvelle crèche Maylis de Menditte qui a permis d’augmenter de 10 % le nombre de places sur Anglet. Mais au-delà de ces orientations stratégiques, l’augmentation continue du nombre d’agents municipaux depuis plusieurs années est surtout la conséquence de la forte augmentation de population (+ 10 000 habitants lors des

vingt-cinq dernières années) qui développe ainsi de nouveaux besoins et mobilise une force de travail plus importante : pour l’aide à domicile des personnes âgées ou encore l’accueil d’enfants en centre de loisirs. À titre de comparaison, on compte à Bayonne 1 agent pour 53 habitants, à Biarritz 1 agent pour 52 habitants, et à Anglet 1 agent pour 79 habitants. On est donc loin d’une situation de sureffectifs.


Intervention de Claude Olive, porte-parole de l’opposition, sur les taux d’imposition 2010. (Conseil municipal du 25 mars 2010)

Des impôts qui montent… qui montent…

Expression de l’opposition Le groupe “Vivons Anglet naturellement” est composé de neuf conseillers municipaux. (UMP, UDF-Modem, ass. Angeluzain)

Michel Ithurbide Jacques Veunac Nicole Darrasse Patrick Chasseriaud Claude Olive Marie-Hélène Cazaux Muriel Lecouturier Florence Lasserre-David Anthony Bleuze

Contact : opposition-anglet@live.fr Bureau de l’opposition Hôtel de ville Rue Amédée Dufourg 64600 Anglet Tél. : 05 59 58 35 35

Monsieur le Maire, Cette année encore vous nous proposez une augmentation des taux très supérieure à l’inflation. Alors que nous connaissons une progression sensible de nos bases fiscales, alors que l’augmentation de la dotation globale de fonctionnement et la dotation de péréquation donnent des moyens financiers supplémentaires à notre ville, alors que notre excédent de fonctionnement n’a jamais été aussi important grâce à l’engagement de l’État et à la croissance de la population, vous décidez d’alourdir les impôts locaux qui pèsent sur les Angloys. En ce début de 3e année de mandat, alors que l’ensemble de vos projets sont encore au stade des études et qu’aucun grand chantier n’est lancé malgré toutes les annonces faites dans la presse, l’opposition municipale s’interroge sur l’opportunité de cette augmentation. Aujourd’hui donc, alors que rien ne vous oblige à augmenter les taux, vous faites le choix de taxer plus. La baisse des droits de mutations est largement compensée par les nouvelles recettes fiscales, les inquiétudes sur la suppression de la taxe professionnelle sont dissipées, alors pourquoi une telle hausse de nos impôts ? Est-ce de la rigueur de gestion, des provisions en vue de nouvelles dépenses de fonctionnement et notamment de personnels ? Nous l’avons vu lors de la présentation du budget, ces postes ont explosé cette année à Anglet et leur part dépasse déjà la strate nationale (moyenne des villes de même grandeur). Monsieur le Maire, comment vos conseillers municipaux qui manifestaient mardi à Bayonne pour le pouvoir d’achat peuvent admettre ce jeudi que l’on taxe davantage toutes les couches de la population – et donc les classes moyennes, mais aussi les moins favorisées ? Pour notre part, nous vous proposons cette année une progression de 1 % de l’ensemble des taux ce qui vous permettra en plus de l’augmentation forfaitaire annuelle prévue par l’État et de l’augmentation des bases, des recettes supplémentaires conséquentes sans modifier le pouvoir d’achat des Angloys.

Place des Cinq-Cantons : un projet inutile et démesuré !

Après la “très grande enquête” qui a permis d’arrêter l’avant-projet de la place du Général-Leclerc, le Maire nous a proposé, à l’occasion du dernier Conseil municipal, de voter un marché d’étude complémentaire. Quelques remarques sur la fameuse enquête et sa participation “importante” : 62 réponses au total dont 38 par Internet, 20 dans l’urne de l’Office de tourisme et 4 courriers ! Parmi ces réponses : 10 personnes étaient totalement opposées à un réaménagement, 11 voulaient plus de végétalisation, 11 demandaient la suppression des niveaux, 8 la suppression du bassin, et 5 souhaitaient maintenir un kiosque. La Ville a donc décidé d’engager des travaux de 2 millions et demi d’euros sur la base d’une enquête effectuée sur près de 50 personnes et a arrêté ses premières décisions sur des avis exprimés par une dizaine ! Les premiers choix du projet municipal ne pouvaient aller que dans le mur et malgré l’organisation d’une nouvelle concertation, très ciblée et très dirigée, pilotée par un cabinet spécialisé, la plupart des mesures souhaitées ont été repoussées par les participants. Nous avons ainsi pu éviter le pire puisque la mairie avait initialement prévu de couper la place en deux, créant une nouvelle voie dédiée à la circulation automobile qui l’aurait traversée. Les riverains fédérés en association afin de défendre les intérêts de la place et de leurs utilisateurs, ont, à cette occasion, posé la même question que nous posions il y déjà un an : n’y avait-il pas d’autres priorités que de refaire cette place ? Si le pavement méritait une réfection du fait de son usure et de prolifération des racines des arbres, un remplacement par des grandes dalles était suffisante, elle avait d’ailleurs commencé sous l’ancienne municipalité. Une solution moins coûteuse et moins contraignante pour les usagers et les commerçants qui auront à subir durant des mois des travaux très importants. Anglet magazine N° 101

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Alors, une place nouvelle, mais pour quoi faire ? Améliorer le stationnement ? Accroître son attractivité ? Changer l’esthétique ? Rien ne nous l’indique dans sa présentation. De la suppression de la fontaine à celle du kiosque pour le remplacer par une halle de 6 mètres de haut, ce projet architectural nous inquiète… Autant de doutes qui en cette période de crise, font de cet investissement de 2 millions et demi d’euros, un investissement que nous jugeons inutile et démesuré.

Programme local de l’habitat : une affaire à suivre…

À l’occasion du denier conseil municipal, les élus étaient appelés à donner leur avis sur le Programme local de l’habitat (PLH) qui détermine au niveau de l’agglomération les objectifs de construction de logements, dont les logements sociaux, sur les communes d’Anglet, de Bayonne et de Biarritz. Alors que le dossier devait être présenté le soir même, l’opposition a pu lire le matin dans la presse le contenu du projet et le réquisitoire sans concession, établi par le Maire et son adjoint à l’urbanisme, contre la politique de logements sociaux réalisée par l’ancienne municipalité. Une méthode bien éloignée des discours de M. Espilondo qui se voulait en début de mandat chantre des droits de l’opposition et rappelait récemment encore que le conseil municipal était l’espace du débat public. C’est dans ce cadre que nous sommes intervenus au moment de la délibération pour rappeler que ce projet de Programme local de l’habitat était un sujet majeur qui n’était pas l’apanage de la gauche. Le Président de la Communauté d’agglomération, Député-Maire UMP de Bayonne n’en est-il pas l’initiateur ? Par ailleurs, par la voix de Claude Olive, nous avons rappelé à M. ESPILONDO que sous la précédente mandature, 334 logements sociaux étaient sortis de terre, mais que près de 300 autres avaient été programmés. (Tableau ci-dessous). Année progr. 2001 2002 2002 2003 2003 2003 2005 2006 2006 2006 2006 2006 2006 2006 2006 2006 2007 2007 2007 2007 2007

Opérateur

Lieu

TOTAL

COL OPDHLM COL HLM Sud Atlantic COL Coligny OPDHLM Office 64 habitat Office 64 habitat Office 64 habitat SAGEC SA HLM Bouygues SPCFI Valeur+ Nexity Coligny La foncière La foncière Icade Kaufman

Rue Cybèle Les jardins de Nerval Rue de Numa Rue Sainte Marguerite Rue Lamouly Balcon de Mendi Rue de Salis Rue du Bois-Belin Zac Hausquette Rue de Hausquette Le Busquet Les cèdres Vergers d’El Hogar Route de la Tour de Lannes Avenue de Biarritz Rue Ste Marguerite Site ex Baby Relax Site ex .Baby Relax Site ex Baby Relax Avenue de Biarritz Avenue de Cambo

29 29 9 12 46 40 18 81 56 11 12 76 44 24 4 6 35 40 54 8 8 642 logements sociaux

Ceci porte à plus de 600 le nombre de logements sociaux engagés par l’ancienne équipe UMP-MODEM-ANGELUZAIN. Un chiffre à mettre en comparaison avec les 800 annoncés dans

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le Programme local de l’habitat de M. ESPILONDO, lequel inclut (bien sûr) les projets programmés par nous. Alors que M. ESPILONDO inaugure aujourd’hui, et inaugurera encore demain des programmes qu’il n’a pas conçus, quel sera son réel bilan à la fin de son mandat ? Combien de logements sociaux décidés sous sa responsabilité seront réalisés ? Les Angloys chez qui ces effets d’annonces ont suscité de l’espoir risquent d’être déçus car la complexité et la lenteur des procédures transforment les grandes envolées politiques en résultats bien plus modestes. Enfin, l’opposition s’interroge sur la stratégie développée pour construire de nouveaux logements sociaux : s’agit-il de densifier fortement comme nous avons pu le lire dans une interview parue au journal Sud-Ouest du mois de février ou de réaliser de petits ensembles clairsemés sur l’ensemble du territoire comme nous les avons toujours réalisés à Anglet ? Une stratégie qui ne semble pas encore arrêtée, mais qui aura un fort impact sur le cadre de vie des Angloys.

Le Maharin : les pieds dans l’eau ?

Malgré notre opposition à la construction de logements dans une zone sensible qui sert de bassin naturel de rétention, le projet d’éco-quartier du Maharin avance dans une pseudo concertation dénoncée par les associations de riverains. Ainsi nous avons pu apprendre que l’actuelle municipalité prévoyait la construction de 280 à 350 logements sur ce site, ce qui, pour information, imposera la réalisation d’environ 500 places de parking. Dans un quartier déjà fortement pourvu en logement sociaux, le projet en prévoit 40 % plus 20 % d’accession sociale à la propriété ce qui pose un véritable problème de mixité. Alors que, malgré les promesses de Jean-Pierre VOISIN, nous n’avons toujours pas reçu l’étude des sols qui nous permettrait d’évaluer le surcoût engendré par la nature marécageuse du Maharin, le projet présenté ne prévoit pas de bassin de rétention mais une plaine inondable. À la question légitime des dangers éventuels d’une montée des eaux, l’adjoint à l’urbanisme s’est contenté de répondre en réunion publique que le phénomène n’arrivait qu’une fois tous les deux ans ! Futurs habitants du Maharin soyez donc rassurés, si l’actuelle municipalité ne veut pas de voitures à l’intérieur du quartier, elle y acceptera des barques…! L’opposition rappelle son attachement à la construction d’un éco-quartier, mais d’autres lieux existent dans notre ville. À Sutar par exemple, comme nous le proposions dans notre programme 2008-2014 pour Anglet, cet éco-quartier aurait pu s’intégrer dans un projet plus global de réaménagement de ce quartier qui souffre du manque d’un cœur de vie mêlant commerces et services, et d’un enclavement qui ne semble pas émouvoir l’actuelle majorité de gauche. Enfin, pour mémoire et pour les élus de gauche qui l’auraient oublié nous rappelons ce paragraphe de la contribution du groupe PS/Verts/PC/MRC écrit à l’occasion de l’élaboration du PLU en 2004 : “Le bassin du Maharin au sud du massif du Pignada, est repéré en espace naturel qu’il convient de préserver… La lutte contre les inondations et la préservation de ce ruisseau qui a un intérêt écologique mais aussi patrimonial (cf. Histoire d’Anglet par Manex Goyhenetche, édition Elkar, 2003) exigent que le Maharin et ses abords soient classés en zone naturelle (NCU) tout au long de son parcours actuellement non urbanisé. ”


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ANGLET magazine n°101 - Mai 10 - Juin 10  

La magazine municipal de la ville d'Anglet

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