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EDUQUER POUR L’ÉGALITÉ FILLES - GARÇONS Parcours d’animation pédagogique 2010-2011 Philippe Clauzard, PEMF


CITATIONS EN OUVERTURE « La femme a toujours été, sinon l'esclave de l'homme, du moins sa vassale; les deux sexes ne se sont jamais partagé le monde à égalité ; et aujourd'hui encore, bien que sa condition soit en train d'évoluer, la femme est lourdement handicapée. » Simone de Beauvoir  « Par leurs offres et leurs sollicitations, les parents encouragent les attitudes et comportements qu’ils jugent appropriés au sexe de leur nourrisson. L’enfant répond dans le sens souhaité. Et il apprend à se positionner de façon interactive en tant que personne qui participe à sa propre élaboration. Comment s’étonner alors de l’intériorisation des conduites sexuées. » Françoise Héritier 


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TOUR DE TABLE  Quelles

raisons ont présidé à votre inscription à ce parcours de formation ?  Avez-vous déjà pris en compte la dimension de l’égalité filles – garçons en classe ? Dans l’école ?  Quelles sont vos attentes ?  Avez-vous des questionnements particuliers à traiter dans les séances suivantes, lesquels?  Auriez-vous des expériences de classe à partager entre collègues, à faire connaître ?


OBJECTIFS DE FORMATION Réflexions sur les représentations la question des relations femmes / hommes,  Sensibilisations, informations, réflexions sur la problématique filles – garçons,  Rappels sur les programmes,  Sensibilisation à des points de vigilance pour la classe,  Présentations d’activités type et constructions d’outils pédagogiques,  Mutualisations de pratiques de collègues,  Interventions d’une spécialiste au conseil général,  Elaboration d’une charte pour le respect et l’égalité filles – garçons en classe, dans l’école.  Présentation d’un projet « Lire égaux » (sensibilisation au sexisme et production d’écrits) 


PARCOURS EN TROIS TEMPS  1/

Conceptions, sensibilisations, réalités et points de réflexion (mercredi 10 novembre 2010)  2/ Exposé sur la construction sexuée des enfants, sur des pratiques pédagogiques à mener en classe, sur le lieu de ressources Observatoire des Violences faites aux femmes avec Mmes Ronai (mercredi 1 décembre)  3/ Mutualisations de pratiques, constructions d’outils pédagogiques, élaboration d’une charte scolaire sur les relations filles – garçons à l’école (mercredi 9 mars)


EDUQUER POUR L’ÉGALITÉ FILLES - GARÇONS Parcours d’animation pédagogique Premier temps


AVANT-PROPOS DE J. LANG, MINISTRE 

« L'extraordinaire, dans le combat pour l'égalité entre les sexes, c'est qu'il est toujours à recommencer et que l'actualité en donne sans cesse un éclairage neuf. Or ce combat a derrière lui l'histoire de l'humanité -ou peu s'en faut. Non que nos sociétés n'aient, depuis quelque cinquante ans, considérablement évolué. Mais tout démontre aujourd'hui encore que, dans les faits, la femme n'est jamais tout à fait l'égale de l'homme. C'est vrai dans le monde du travail, c'est vrai dans la fonction publique, c'est vrai en politique, et c'est malheureusement vrai au sein de l'institution scolaire. Il nous faut donc livrer ce noble et difficile combat : libérer nos sociétés d'un de ses carcans les plus archaïques et parvenir à une parfaite égalité de condition entre les hommes et les femmes. Parce qu'elle a en charge la formation des futurs citoyens, l'école est aux avant-postes. (…) Dans tous les cas, l'attention doit être portée à la vie scolaire : c'est en effet au quotidien, patiemment et sans relâche, que nous donnerons corps à l'égalité. Il s'agira en particulier de prévenir les formes de violence verbale ou physique, sexiste ou sexuelle qui peuvent apparaître dans un établissement et qui représentent autant de menaces pour l'équilibre des élèves. »

Avant-propos de Jack Lang, ministre de l’éducation, Bulletin officiel hors série n°10 du 2 novembre 2000 : « À l'école, au collège et au lycée : de la mixité à l'égalité ».


En France, une femme meurt tous les 2 jours sous les coups de son compagnon ou excompagnon. Parfois, leurs enfants, témoins et victimes, sont aussi tués par le même homme. En 2007, les autorités ont dénombré 166 femmes décédées sous les coups de leur conjoint ou exconjoint.


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AU PROGRAMME DU SOCLE COMMUN DE CONNAISSANCES ET COMPÉTENCES 

ATTITUDES La vie en société se fonde sur : • le respect de soi ; • le respect des autres (civilité, tolérance, refus des préjugés et des stéréotypes) ; • le respect de l'autre sexe ; • le respect de la vie privée ; • la volonté de résoudre pacifiquement les conflits ; • la conscience que nul ne peut exister sans autrui : conscience de la contribution nécessaire de chacun à la collectivité ; sens de la responsabilité par rapport aux autres ; nécessité de la solidarité : prise en compte des besoins des personnes en difficulté (physiquement, économiquement), en France et ailleurs dans le monde. CONNAISSANCES Pour exercer sa liberté, le citoyen doit être éclairé. La maîtrise de la langue française, la culture humaniste et la culture scientifique préparent à une vie civique responsable.


GARÇONS  

L'égalité des filles et des garçons constitue pour l'Éducation nationale une obligation légale et une mission fondamentale. Réalisée dans les faits depuis que les écoles et les établissements sont devenus mixtes dans les années 70, la mixité scolaire ne recouvre pas pour autant une situation d'égalité entre les filles et les garçons. Trop de disparités subsistent dans les parcours scolaires des filles et des garçons. L'éducation à l'égalité est une condition nécessaire à l'évolution des mentalités. Les écoles, les collèges, les lycées peuvent devenir les lieux d'un vrai apprentissage de l'égalité entre les filles et les garçons. C'est à l'école, et dès le plus jeune âge, que s'apprend l'égalité entre les sexes. L'apprentissage de l'égalité entre les garçons et les filles est une condition nécessaire pour que, progressivement, les stéréotypes s'estompent et d'autres modèles de comportement se construisent. Basée sur le respect de l'autre sexe, cette éducation à l'égalité, partie intégrante de l'éducation civique, implique notamment la prévention des comportements et violences sexistes. Une convention interministérielle pour la promotion de l'égalité des chances entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif est signée pour la période 2006-2011.

Source : http://www.education.gouv.fr/cid4006/egalite-des-filles-et-des-


CONCEPTIONS Tempête de cerveau sur les mots « sexisme », « égalité filles - garçons », « parité », « genre », « stéréotype », « tâches réservées », « éducation différenciée », « virilité », « jouets sexistes », « publicité sexiste », « universalité du masculin », « plafond de verre »… -> Voici un certain nombre de mots inscrit sur une étiquette, à quoi vous font-ils penser ? Vous choisissez une étiquette par groupe de 3 ou 4, vous en discutez puis un rapporteur restituera l’essentiel de votre débat en une ou deux lignes que nous notons sur des affiches…


RESTITUTION 

Sur affiche ou à dactylographier directement


EXTRAITS DU FILM « MA VIE EN ROSE »

- >>> Démarrage film


EXTRAITS DU FILM « BILLY ELLIOT »


- >>> DĂŠmarrage film


RÉACTIONS À DES EXTRAITS

DU FILM « MA VIE EN ROSE » & « BILLY ELLIOT » -> Au regard de cet extrait de film, quelles sont vos réactions ? -> Quelles sont les idées préconçues que l’on observe ? Qu’est-ce que cela peut vous amener à penser ou modifier dans votre représentation du rapport filles – garçons ? -> Quelles autres propositions pourrions-nous formuler, en particulier en direction de nos élèves ?


RESTITUTION À

noter à la main ou dactylographier en direct


« BLAGUES ? ? »  

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« L’ homme : Un chauffage d'appoint qui ronfle. » Rita Rudner « J'ai mis du temps à me rendre compte qu'on nous avait cambriolés. Je croyais que c'était mon mari qui cherchait des chaussettes propres. » P. Carlson « Un homme fort ? Vous parlez musculature ? » Françoise Sagan « Le nouvel homme a résolu à sa façon le nouveau partage des tâches : Occupe-toi de tout et je ferai le reste. » Michèle Fitoussi « Mon mari dit qu'il veut passer ses vacances dans un endroit où il n'est jamais allé. J'ai répondu : Et pourquoi pas la cuisine ? » Nan Tucket « Un mari, c'est le gars qui vous soutient dans tous les problèmes que vous n'auriez pas eus si vous ne l'aviez pas épousé. » Caroline Ammerlaan « La psychanalyse ne peut rien pour les hommes : pour remonter dans leur enfance, encore faudrait-il qu'ils en soient sortis » Barbara « Pour séduire les hommes, je porte un nouveau parfum : Intérieur de voiture neuve. » Rita Rudner « Aujourd'hui, si un homme tient la porte pour une femme, il y a de fortes chances pour que ce soit le portier. » Mae West « Un célibataire est un homme qui a raté l'occasion de rendre une femme malheureuse. »v Jasmine Birtles


« BLAGUE ?? » 

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Pourquoi a-t-on appelé notre planète TERRE DES HOMMES " ? Parce que c'est impossible de faire TAIRE DES FEMMES" ! Comment un homme se débarrasse d'environ 65 kilos de graisse inutile ? en divorçant. Combien d'hommes faut-il pour ouvrir une bière ? Aucun, elle devrait déjà être ouverte quand ELLE l'apporte. Avant tout chef d'oeuvre, il y a un brouillon. C'est pourquoi Dieu créa l'homme avant la femme !!! A quoi servent les femmes??? A donner de l' amour à élever les enfants ...... et à vider le portefeuille de leur mari quand elles estiment qu' il y en a trop!!! Comment appelle-t-on un homme qui se fait entretenir par une femme? Un gigolo Comment appelle-t-on une femme qui se fait entretenir par un homme? Une épouse


NOTION DE STÉRÉOTYPE Comment définir un stéréotype au regard de ces dernières « blagues » ?  Sur quoi repose un stéréotype ? (au regard également des affiches et textes distribués)  Quels sont les stéréotypes les plus forts concernant les relations hommes/femmes; filles/garçons ? 


NOTION DE STÉRÉOTYPE, DE STÉRÉOTYPES LIÉS À UNE DÉVALORISATION DU FÉMININ,  

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C'est quoi un stéréotype ? C’est une manière de voir les choses sans nuances, sans singularités. C’est attribuer des caractéristiques aux gens, une image générale à toutes les personnes d’un même groupe. C’est souvent très réducteur. Ce n’est pas réfléchi. Le stéréotype prend la forme d'une opinion généralisée. Il concerne, le plus souvent, un type d'individus, un groupe ou une classe sociale. Le stéréotype relève souvent d’une prise de position réductrice et très conventionnelle, Et c'est ainsi que chaque fille, chaque garçon fait exactement ce qu'on attend de lui. Chacun se conforme aux règles de stéréotypes de genre masculin et féminin. Et si une fille joue au foot, on la vexera en la traitant de « garçon manqué ». Et un garçon qui n'a que des copines, qui joue à l'élastique : c'est la honte dira-t-on et on le traitera de pédé.


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HYPOTHÈSES SUR LA DÉVALORISATION DU FÉMININ… 

Pourquoi ce primat du masculin ? Pourquoi observe-t-on cette domination conceptuelle du masculin ? Des ethnologues, des sociologues, des théologiens, des historiens apportent des éléments de réponse sur les origines de la dévalorisation des femmes..

Ils s’entendent sur une idée de dévalorisation constante du féminin.

Lorsque les femmes ont leurs règles, elles sont le siège du « mystère du sang ». Elles sont considérées comme impures au sens traditionnel. Elles sont l’objet d’interdits qui visent à restreindre leur rôle social.

Autre hypothèse, autre élément de réponse au regard de cette faculté, incompréhensible pour les hommes, que les femmes possèdent la capacité de reproduire non seulement leur mêmeté (des filles) mais aussi des corps différents (des garçons).

Une réaction masculine s’imposait ! Il fallait laisser une empreinte sur le monde… Une démonstration de suprématie…


L’EXEMPLARITÉ DE L’INVERSION DES STÉRÉOTYPES SEXUÉS CHEZ LES CHAMBULIS Les stéréotypes sont –ils variables ?  Les lieux communs peuvent changer. Cela souligne qu’ils ne sont pas inscrits dans l’ordre des choses. Comme les normes ne sont pas inscrites dans le marbre. Elles sont aussi évolutives.  Des anthropologues ont révélé une peuplade aux attitudes, aux comportements radicalement opposés aux nôtres : il s’agit des Chambulis… avec des hommes aux comportements que l’on dit féminins.  Du coup; on observe bien qu’il s’agit d’une construction sociale/culturelle, que le stéréotype, les normes sont des constructions sociales  Donc une entreprise de déconstruction pédagogique des stéréotypes est possible. Un pari d’éducabilité peut être fait pour reprendre les termes de Philippe Meirieu. 


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QUESTION FLASH Quels sont les lieux communs concernant les femmes les plus souvent entendus ?  Quels sont les mots blessants à l’égard des femmes ?  Quelles sont les inégalités (flagrantes) subies par les femmes ? 


RESTITUTION À

noter à la main ou dactylographier en direct


RÉACTIONS - DÉBATS À PARTIR DE DOCUMENTS  Réactions

à des affiches et des textes : observer les affiches distribuées, lire les textes, puis noter quelques idées clefs afin de débattre entre vous de vos réaction par petit groupe.  Noter par petits groupes sur des post-it les mots clefs pouvant définir vos réactions devant ces documents.  On aura ainsi une cartographie des conceptions de tous au tableau (récupéré et présenté la prochaine fois). Une discussion peut ainsi s’engager ensuite et se poursuivre pendant nos deux autres rendez-vous.


RESTITUTION À

noter à la main ou dactylographier en direct


RÉALITÉS SOCIALES  Espaces

réservés, ségrégation des

sexes  Englobement du féminin par le masculin  Controverses scientifiques  Publicités sexistes  Littérature sexiste  Plafond de verre


IMBRICATION ENTRE ESPACES RÉSERVÉS, TÂCHES RÉSERVÉES, RÔLES RÉSERVÉS… LA PLUPART DU TEMPS EN DÉFAVEUR DES FEMMES 

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Cela a-t-il toujours été ? L'espace de vie a toujours été sexué, avec une distinction historique entre lieu public féminin et lieu public masculin. Chaque sexe possédait un lieu propre pour se livrer à ses activités personnelles ou s'évader en toute solitude. Cette distinction renvoie effectivement à des activités sexuées qui correspondent encore à une répartition inégalitaire des tâches domestiques : aux hommes, des tâches techniques, aux femmes, des tâches ménagères. Il existe encore une forme d'imbrication entre espaces réservés, tâches réservées, rôles réservés... la plupart du temps en défaveur des femmes. Tout cela renvoie à la distinction « intérieur/extérieur » et au schéma classique de la distribution sexuelle du travail (tâches nobles au uns, moins aux autres). On trouve encore des hommes qui répugnent à accomplir certaines tâches dites féminines, même s'ils n'osent plus le dire haut et fort. Il est long et difficile de faire évoluer les mentalités...


PHÉNOMÈNES SÉGRÉGATIFS EN LIEN AVEC UNE HIÉRARCHISATION ENTRE LES SEXES… 

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Il existe un phénomène ségrégatif que parfois les parents (voire les éducateurs en général) renforcent en différenciant abondamment les garçons et les filles selon les environnements qu’ils bâtissent à leur intention. À chacun des sexes, un genre d’habillement, de décoration de chambre, de couleurs attribuées, de jouets… Les familles encouragent des usages, des conduites traditionnellement regardées comme adaptées au sexe de leur enfant. Plus les enfants sont regroupés entre enfants du même sexe, plus leurs comportements sont différenciés, plus sont engagées les perspectives de dérives sexistes. Force est cependant de reconnaître que les parents sont très sensibles aux stéréotypes de genre, à ces ensembles d’attributs du masculin et du féminin dont il convient de peu s’écarter. A l’école, on observe des espaces scolaires différenciés et des regroupements unisexués…


ENGLOBEMENT DU FÉMININ PAR LE MASCULIN (EN DROIT, EN GRAMMAIRE), UNIVERSALITÉ DU MASCULIN Dans la Constitution, il est écrit « les hommes naissent libres et égaux en droit ». Cela fait de la femme un « homme juridique ». La femme n’accède au droit que par la porte du masculin.  La femme demeure un être sexué, de fait infériorisée devant un universel masculin.  Le masculin englobe le féminin. La masculin fait contenir dans son « tout » le féminin. Il l’inclut et le rend invisible.  La domination en matière juridique remonte à la différenciation imposée depuis les Grecs entre la sphère publique et la sphère privée, entre droit privé (le droit commun) et droit public (le droit administratif).  Cette distinction remonte à l’Antiquité. C’est la distinction entre le « nomos » et l’ « oikos » grecs, le monde privé et le monde public. 


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La femme est traditionnellement gouvernante du monde privé, sous le joug d’un homme assurant la destinée publique et les lois. Cette catégorisation « public/privé » s’inscrit dans la catégorisation des sexes. C’est l’expression même d’une société patriarcale entièrement contrôlée par les hommes qui ne laissent aux femmes que des tâches subalternes. C’est bien le sexisme qui fonde la répartition inégalitaire des tâches, des rôles, des responsabilités, comme la division sexuée des savoirs et des carrières (scientifiques et techniques pour les hommes, littéraires ou sociales pour les femmes) Une vison sexiste du monde donne des avantages indus à un sexe au détriment de l’autre; il peut exister un sexisme à l’encontre des hommes, mais en l’état de notre société, il s’exprime à l’encontre des femmes… Par exemple, dans les sociétés patriarcales et matriarcales, on a tendance à éduquer les enfants des deux sexes selon une vision éminemment genrée et hiérarchisée du monde. Théoriquement, on peut parler de sexisme subi par les hommes comme par les femmes. Mais généralement, il est perçu essentiellement comme une inégalité au détriment des femmes, il désigne couramment les différences et inégalités subies par les


L’ABSENCE LINGUISTIQUE DU FÉMININ, L’IMPLICITE LANGAGIER SEXISTE 

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Selon Luce Irigaray, linguiste et psychanalyste, le sexe féminin est un « point d’absence linguistique ». C’est une impossibilité grammaticale. Elle va jusqu’à évoquer une abdication devant le primat linguistique du masculin en langue française. Le sexe féminin est à la fois le seul genre marqué par une lettre supplémentaire et désigné comme tel, mais aussi absent dans le discours masculin phallocentré, où le masculin constitue l’essentiel de toutes représentations humaines. Cela rejoint la théorie de l’androcentrisme qui désigne l’attitude qui privilégie plus ou moins exclusivement le point de vue ou la pensée de l’homme. La hiérarchisation des genres est avant tout transmise par le langage. Le langage est somme toute une fabrique de soi. C’est un instrument agissant de manière implicite si l’on interroge des allants de soi comme l’englobement du féminin par le masculin qui caractérise bel et bien les structures langagières du français. Le primat du masculin est systématiquement porté sur le féminin. Grammaticalement, le masculin englobe le féminin.


CERVEAU, SEXE, NEUROLOGIE 

L’idéologie brouille la plupart du temps la réalité des choses. C’est ainsi qu’au XIXe siècle, les neurologues étaient convaincus du rapport entre l’intelligence et le volume du cerveau. Sachant cependant que le poids du cerveau variait selon la taille du corps, et bien que la femme fut réputée plus mince que les hommes, la thèse fut soutenue que la petitesse du cerveau de la femme était révélatrice d’une intelligence inférieure, d’une infériorité intellectuelle. Aujourd’hui, nous savons que cette thèse repose sur un postulat inexact… Avec la théorie des deux hémisphères dans le cerveau… On attribua dès lors les différences psychologiques entre hommes et femmes à ces dissimilitudes entre hémisphères cérébraux. De nos jours, cette thèse est démentie… La recherche actuelle tend à démontrer qu’à performances cognitives qui sont égales, chaque individu développe sa propre façon d’activer les circuits de ses neurones. Une conclusion s’impose : la variabilité entre les individus d’un même sexe est telle qu’elle l’emporte généralement sur la variation entre les sexes. C’est donc avant tout une affaire d’individus, non de sexe.


La publicité sexiste 

Les stéréotypes sont véhiculés de nos jours par la publicité sexiste. Les clichés sexistes permettent aux industriels de vendre des produits. Le corps de la femme est utilisé pour vanter le dernier modèle d'automobile. La femme est alors un objet sexuel, un objet de désir pour faire vendre.

La pub pousse au sexisme. Elle renforce les clichés sexistes. À tel point que des groupes féministes les dénoncent et tentent de faire interdire certaines publicités. Des groupes combattent une forme de publisexisme.

C’est donc utiliser à des fins commerciales des représentations pas très honorables. La publicité exploite cet inconscient collectif pour mieux vendre les produits. En associant au sexe masculin : force, courage, esprit de décision, sens des responsabilités ; et associer au sexe féminin : charme, douceur, séduction.


LITTÉRATURE SEXISTE La collection Harlequin décrit, en effet, les aventures amoureuses des femmes.  Ces histoires sentimentales sont riches en caricatures et clichés malheureusement croustillants.  Cette littérature véhicule nombre de clichés sexistes. Elle manipule très habilement le lecteur ou la lectrice.  On observe que cette forme de littérature véhicule des stéréotypes enfermant les personnages dans des rôles pré-établis qui sont complètement décalés de la réalité de ce que sont les hommes et les femmes, de ce que sont leurs relations.  Une vigilance critique est appelée à la lecture de ce style d’ouvrage distrayant : facile de lecture et caricatural des relations humaines. 


PLAFOND DE VERRE, INÉGALITÉS DE CARRIÈRES ET SALAIRES H/F Au bas de l’échelle, les femmes cumulent des inégalités de traitement flagrantes. On remarque plus de travail partiel non choisi, plus de chômage et de travail précaire dans leurs rangs.  En haut de l’échelle, nous observons moins de femmes politiques ou chefs d’entreprise. Les chercheurs expliquent qu’il y a un « plafond de verre » qui entrave leur carrière.  On voit que les femmes s’engagent moins dans des carrières scientifiques. Enfin, nous savons que le salaire des femmes est généralement toujours inférieur à celui des hommes, à poste ou responsabilité égale.  Inégalité dans la répartition des tâches domestiques H/F: 6mn d’investissement des hommes gagnées en 15 ans pour les femmes, 80% des tâches ménagères 


D’INTELLECTUELS SUR LA PROBLÉMATIQUE DES RELATIONS FEMMES/HOMMES  Bourdieu

(La domination masculine)  Goffman (Arrangements sociaux entre les sexes)  Foucault (Normes et catégorisations)  Oakley/Buler (La question du genre)  Beauvoir (Femmes en creux)  Badinter (Femmes et hommes battus)  Welzer-Lang (Question de l’injonction à la virilité)  Tremblay/Dorais (L’efféminophobie)


LA DOMINATION MASCULINE (BOURDIEU), 

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Le sociologue Bourdieu souligne que l’ordre social est une « machine symbolique », qui approuve la domination masculine, sur laquelle il est clairement fondé. On pense à la division sexuelle du travail, des tâches domestiques, des responsabilités privées et publiques, des espaces et du temps. Les femmes subissent des assignations sociales. Il existait jadis un code de bonne conduite pour les filles, une manière d’apprendre à se tenir selon les sexes. Des vestiges sexistes demeurent dans les attributions de jouets selon les sexes, les cursus scolaires et les carrières différenciées.


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ARRANGEMENTS SOCIAUX ENTRE LES SEXES (GOFFMAN) 

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C’est un terme sociologique qui provient d’un observateur de la vie sociale qui se demande comment font-ils, hommes et femmes, pour que leurs comportements différents s’ajustent, comment la société permet-elle d’organiser un ajustement qui forme une espèce d’équilibre dans les couples mixtes malgré l’inégal ou le conflictuel de leur état ? Goffman s’interroge sur les agencements mis en œuvre, l’arrangement qui sert de cadre aux interactions entre les sexes. Le sociologue analyse les interactions sociales où les hommes et les femmes sont « ensembles et séparées ». Il remarque qu’il existe un contrat social entre les deux sexes qui les font vivre ensemble dans une séparation affirmée. Il explicite qu’il semble exister un peu partout un « arrangement » des sexes même avec des attributions peu favorables aux femmes…


NORMES ET CATÉGORISATIONS (FOUCAULT) 

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Le philosophe Michel Foucault s’interroge si la catégorisation n’est pas signe d’entreprise régulatrice et carcérale des individus. Les catégories imposent un rapport binaire et arbitraire entre les sexes ainsi qu’une cohérence interne tout aussi arbitraire. La catégorisation réduit et régule le monde dans un sens qui peut être oppressant. Mais catégoriser est aussi indispensable pour pouvoir penser le monde. Et penser les individus. Ainsi, on est son genre tant qu’on n’est pas son genre opposé. Le genre se réduit à une modalité binaire et oppositionnelle qui tend à convoquer une hétérosexualité tout aussi oppositionnelle. On peut penser que cette définition du genre appelle la régulation hétérosexuelle et implicitement le rejet de toutes autres sexualités. Selon Foucault, on peut se demander s’il n’existe qu’une seule manière d’être masculin et féminin ? Ne peut-on se sentir masculin et autre chose, féminin et autre chose, traversé de masculin et féminin ? Quelles sont les réelles influences entre sexe, genre, désirs et pratiques sexuelles ?


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LA QUESTION DU GENRE (OAKLEY/BUTLER)   

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Le genre est une construction culturelle, une fabrication Le genre est, pour dire les choses simplement, le sexe social. Par opposition au sexe biologique, C’est l’américaine Ann Oakley qui théorise en 1972 le concept de « gender ». Cela ouvre la voie aux études sur le « genre »… Le psychologue américain John Money utilisa le premier le terme de « genre » pour désigner le « fait psychologique par lequel un sujet se sent femme ou homme, et se comporte comme tel ». C’est le sentiment d’être un garçon ou une fille. La théorie du genre est intéressante, car la notion de « genre » déborde de la notion de « sexe ». Et le « genre » est quelque chose de plastique, il n’est pas figé, uniforme, « standardisable ». Le « genre » nous permet de dépasser la catégorisation binaire des sexes et de mieux comprendre la palette des sentiments, des émotions, des caractéristiques de chaque personne quel que soit son sexe. Ce concept interroge l’identité en termes de stabilité et fluctuation de


FEMMES EN CREUX (BEAUVOIR) 

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Pour Beauvoir, les femmes forment le « manque », le « creux » contre lequel lutte le masculin, l’identité masculine afin de ne pas lui ressembler. Les hommes s’en différencient en essayant de former le « plein », c’est-à-dire la force, la vigueur. En d’autres termes le phallus. Elle a voulu démontrer que la féminité est le résultat d’une éducation, d'une tradition. Devenir femme, c’est le résultat d'un conditionnement culturel, social et politique. Beauvoir réfute toute idée d'un « éternel féminin » et d’une « nature féminine »… Donc « on ne naît pas femme, on le devient ! » Simone de Beauvoir définissait le genre comme un acquis. Il est toujours un acquis, un accomplissement culturel susceptible de quelques variations.


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FEMMES / HOMMES BATTUS (BADINTER)  

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Concernant la thématique des violences conjugales, cela fait débat et controverses. Disons qu’il existe des hommes battus, dont la philosophe Badinter dénonce l’omerta. On ne parle pas des hommes battus par leur femme. Ce qui veut dire qu'une femme meurt tous les 2,5 jours sous les coups de son conjoint, et qu'un homme meurt tous les 11,5 jours sous les coups de sa conjointe. Incontestablement, les femmes sont majoritairement victimes de la violence des hommes. Toutefois, il ne faut pas nier la violence des femmes sur les hommes, plus indicible car contraire à l'image de la virilité. Badinter évoque de rares études sur les violences au Québec : la violence psychologique serait plus le fait des femmes, et la violence physique plus le fait des hommes. On pense par exemple aux fausses accusations de pédophilie pour obtenir la garde des enfants dans des cas de divorce. Cela étant dit, il y a plus de violences conjugales subies par les femmes.


QUESTION DE L’INJONCTION À LA VIRILITÉ (WELZER-LANG) 

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Concernant l’éducation, Welzer-Lang (chercheur) développe une théorie intéressante sur la manière de conditionner les sexes dans des rôles stéréotypés. Il parle de la « maison des hommes ». L’injonction à la virilité est un code de conduite très puissant dans notre société. C’est une forme d’ordre formel que reçoivent les garçons. Ils doivent correspondre aux caractères moraux traditionnellement pensés comme spécifiquement masculins. La socialisation des hommes s’effectue dans de nombreux lieux de regroupement masculin : des cours d’école aux clubs de sports. Ils y apprennent qu’ils ne doivent absolument pas se plaindre, en revanche apprendre à se battre, apprendre aussi à être les meilleurs. Ils y découvrent que tout ce qui n’est pas conforme à la conduite virile va être classé comme féminin. Il y a une forme de standardisation, de moulage des garçons dans des rôles masculins traditionnellement définis. Le garçon qui n’y adhère pas sera la risée des autres camarades. Il finira par être exclu du groupe des hommes, il sera souvent violenté. C’est l’école de la domination masculine.


L’EFFEMINOPHOBIE (TREMBLAY/DORAIS) Pierre Tremblay, montre, en 2000, à quel point il est difficile de vivre face à l’homophobie, au sexisme, mais aussi à l’effeminophobie.  En effet, des garçons qui montrent très tôt des caractéristiques féminines sont, déjà très jeune, confrontés à l’ostracisme…  Dès l’école primaire, ils ont l’air féminin, et sont donc très vite victime de l’effeminophobie. Leur rôle de bouc émissaire est d’autant plus lourd à supporter que, souvent, personne ne prend leur défense…  Michel Dorais définit le concept d’EFFEMINOPHOBIE comme la peur du féminin et par extension crainte de paraître 


RÉPERCUTIONS SUR LES ÉLÈVES

(À TESTER EN CLASSE) : QUE VOIENT LES ENFANTS DANS LES LIVRES D'IMAGES ?

 Qui

est la maman ? Qui est le papa ?  Que répondent les enfants à votre avis ?


POINTS DE RÉFLEXION, POINTS DE VIGILANCE POUR LES ENSEIGNANTS  Question

des comportements et attendus différents des enseignants selon les sexes  Question d’un langage marqué  Question de l’effeminophobie  Observation

d’interactions d’élèves de Cours préparatoire


QUESTION DES COMPORTEMENTS ET ATTENDUS DIFFÉRENTS DES ENSEIGNANTS SELON LES SEXES 

Des études soulignent que les enseignants ne développent pas les mêmes attitudes devant leurs élèves qu'ils soient filles ou garçons, les professeurs ont inconsciemment une idée préconçue de la manière dont doivent se conduire les élèves filles et garçons. Comme les garçons se manifestent le plus souvent, ou envahissent très rapidement l’espace sonore, les enseignants les interrogent plus, des chercheurs avancent l'hypothèse qu'il s'agit pour les enseignants d'un moyen de canaliser l’énergie des garçons, d'assurer calme et discipline en classe. Au détriment des filles, cela dit, qui respectent les codes de communication… Du coup, les enseignants n'ont pas besoin de s'intéresser à elles en priorité pour maintenir la discipline et les échanges maître - garçons sont plus nombreux. Toutefois, les filles réussissent mieux que les garçons ; toutes les statistiques le prouvent. Cela étant les garçons sont mieux notés par les enseignants du collège, particulièrement en sciences. Pour conclure, on peut penser à une « division sexuée des savoirs » qui précède une « division sexuée des métiers ». Un néfaste prélude pour une orientation scolaire discriminante dictée par des rôles sociaux encore tenaces : moins de carrières scientifiques pour les filles !


QUESTION D’UN LANGAGE « MARQUÉ »  

Les genres grammaticaux sont hiérarchisés à l’instar des genres sexués, dans un vrai parallèle discriminant. C’est une convention, c’est un code mis au point par des grammairiens très conservateurs et sexistes, centrant les règles grammaticales françaises sur le masculin. Notamment le grammairien Vaugelas qui publia en 1647 ses « Remarques sur la langue française, utiles à ceux qui veulent bien parler et bien écrire », La grammairienne canadienne contemporaine, Céline Labrosse a tenté de réinventer une langue dénuée de marques linguistiques discriminantes pour les femmes, d’infériorisations du féminin par la langue qui porte une vision du monde et une construction de la pensée. Pour l’auteure Judith Butler, le langage est un outil de sexuation des individus. Il y a une façon particulière, de présenter ou de parler des garçons ou des filles, qui influe sur les représentations d’un monde que l’on sépare en deux genres distincts et inégaux.


UN GENRE MARQUÉ : LE GENRE FÉMININ 

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Certaines théories soutiennent que le seul genre à être marqué est le genre féminin parce que le masculin est la personne universelle. Le « je » au masculin est universel. Au féminin, la première personne du singulier sera « marquée » avec un « e ». Monique Wittig écrit que le « genre » est un indice linguistique de l’opposition « politique » entre les sexes. Elle affirme aussi le féminin comme le seul sexe puisque le masculin confisque l’universalité, puisque les hommes constituent la personne universelle. Être sexué « femme » revient à être particularisée et dépendante d’une relation à l’homme alors qu’être homme relève du général et de l’universel et revient à ne pas être sexué dans une relation de dépendance. C’est être le genre humain. Cela enracine la division sexiste. Et dans nos classes, la première chose que nous manipulons, c’est le langage…


F=H?


QUESTION DE L’EFFEMINOPHOBIE  

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E6 : Dites-moi, il existe donc plusieurs sortes d'identités, si je comprends bien... E. : Effectivement. Nous avons l'identité de genre qui est le sentiment d'être un homme ou une femme, on dit aussi le sexe psychologique (la féminité et la masculinité, présentes de façon plus ou moins variable chez une personne), l'identité de sexe (ou sexuelle), c'est-à-dire la prise de conscience de son sexe anatomique (le sexe biologique), et l'identité de sexualité qui est une attirance affective et sexuelle hétéro, homo ou bi – sexuelle. Ces identités (hormis l'identité de sexe anatomique) sont plus ou moins fluctuantes dans la vie d'un individu. E6 : Ça explique donc cette question de féminité chez les mecs ou de masculinité chez les nanas. E. : Oui et du coup, la problématique de l'efféminophobie, un rejet du féminin chez un garçon aux manières trop féminines par exemple. On parle rarement d'un rejet de manières excessivement masculines.


ILLUSTRATION POUR PRÉSENTER UNE PETITE ÉTUDE ET SOULIGNER QU’UNE ACTION ÉDUCATIVE EST POSSIBLE


OBSERVATIONS D’INTERACTIONS D’ÉLÈVES DE COURS PRÉPARATOIRE         

É. : Là, il y a une petite-fille avec des cheveux courts et là, il y a, oui plusieurs filles et dans le... Un garçon. M. : C’est cette affiche qui vous pose problème ? (…) Bon, l'image qui pose problème, c'est celle-ci. Pourquoi elle pose problème ? É. : Oui, il y a « ils ». M. : Il y a un garçon, il y a une fille. Pourquoi je ne mettrai pas « elle » avait un « s » ? Amélie. É. : Parce que, c'est pas deux filles. É. : Mais ça veut rien dire. M. : Ce n'est pas deux filles oui. Alors ? É. : Ils parce qu’ils sont deux. M. : Ils, parce que, ils sont deux. Donc, ils sont plus de un. Ils sont, « pluriel ». Pourquoi je ne peux pas mettre « elle » ? Parce qu’il y a aussi une fille. Pourquoi je ne peux pas mettre « il » et « elle » ? Pourquoi je ne peux pas mettre « il » au singulier plus « elle » au singulier ? É. : Parce que ...


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M. : Anselme ? É. : C’est mieux la moitié d’elle, collée avec la moitié d'il. M. : On peut trouver oui. Effectivement. Il y a toutes les solutions possibles. Pourquoi est-ce que moi j’écris il avec un « s » ? Il, qui est réservé normalement à qui ? É. : Aux garçons. M. : Aux garçons. Bon, le « s », on est d'accord sur le « s » puisqu'ils sont plus de un, donc c’est pluriel. Pourquoi avoir choisi « il » et pas « elle » et pas « il, elle » et pas, euh, et pas autre chose ? É. : Parce que ! M. : Parce que Dan... É. : Euh, parce que, parce que quand on met « elle », et ben, euh, euh, on fait pas, parce que ça se dit pas, et euh, avec une fille et un garçon, le « ils », ça se dit parce que, euh, ça veut dire qu'ils sont, qu’ils sont deux. M. : Ça veut dire qu'ils sont deux. C'est difficile. Amélie, toi tu m'as dit : moi ça me dérange pas maîtresse. Pourquoi ça ne te dérange pas ?


É. : Parce que, parce que, ça me dérange pas parce qu’ils sont une fille un garçon et ça me dérange pas qu'ils sont une fille un garçon.

É. : Ils peuvent être amoureux.

M. : Bon ce n’est pas ça le problème. Alors, je vais vous l’expliquer. C'est que c'est comme ça. Il va falloir que vous l’admettiez. (….) Euh, c'est une règle. Alors, c'est une règle en grammaire qui veut que dans une même pièce il y ait des filles et des garçons, on choisit de privilégier, on a choisi de prendre plutôt masculin et « il » avec un « s », et alors ça même s’il y a cinq filles et un seul garçon. Ça fait six personnes, ça fait beaucoup, passer plusieurs, plusieurs, ça fait pluriel et le fait qu'il y ait un garçon et un seul on va pas dire elles sont en train de discuter. On va dire ils sont en train de discuter. C'est une règle en grammaire qui veut que quand il y a un mélange féminin -masculin, ça soit dans le groupe « plusieurs » le masculin qui l’emporte même s’il y a un seul élément masculin. Tess ?

É. : Moi ça ne me dérange pas parce qu'on peut bien tomber amoureux, hein...

M. : Ah oui, alors là on parle d'autres choses. On parle plus de grammaire.


Cet épisode est significatif de ce qui s’engage dans la construction de connaissances grammaticales chez les élèves ainsi que du rapport spontané des élèves à la langue , Il souligne l’inventivité du petit Anselme qui remarque au CP la règle du primat du masculin sur le féminin face à un regroupement des personnes des deux sexes L’élève propose alors une fusion, une contraction des pronoms personnels : avec la moitié d’elle, collée avec la moitié d'il, c’est-à-dire « eli(s) » ou bien « lel(s) » (car il ne précise pas de quelle moitié il s’agit). Sa proposition est voisine de celle d’une linguiste qui suggérait un renouvellement d’une grammaire de type non sexiste. De manière à combler l’absence d’un pronom pluriel commun aux deux genres, Françoise Marois propose donc en 1987 la création d’un « collectif mixte » avec « illes». Cette contraction, de « ils » et « elles », présente l’avantage de mieux savoir de qui on parle, de lever les ambiguïtés. Une proposition proche de celle d’Anselme.


QUESTION FLASH Quelle attitude peut prendre l’enseignant ?  Quelle explication formuler ?  Faut-il être ou non modélisant ?  Peut-on laisser aux élèves le soin d’inventer de nouvelles procédures antisexistes ?  Quelles perspectives éducatives envisageriez-vous ? o Compareriez-vous le genre dans les différentes langues ? o Feriez-vous appel à l’histoire et à l’histoire de la grammaire ? 


EN CONCLUSION  Comment

définir le sexisme ?  Quelles sont les discriminations sexistes ?  Quels projets éducatifs pourrions-nous envisager ? Quelles pistes pédagogiques ?


CONCOURS « LIRE ÉGAUX » 

Ce concours s’adresse à toutes les classes de CP et de CE1 du département. Son objectif est de sensibiliser les garçons et les filles, dès leur plus jeune âge, à l’égalité entre les femmes et les hommes. Les classes sont appelées à rédiger le texte d’un album dont le message est la lutte contre le sexisme. Le manuscrit lauréat sera édité par Talents Hauts sous la forme d’un album après un travail avec une illustrateur-trice. Il est ouvert à toutes les classes de CP et CE1 du département. Pour accompagner le projet, les classes candidates recevront à leur inscription la collection complète d’albums de la collection « pour les filles ET pour les garçons » ainsi qu’une notice méthodologique détaillée, une fiche bibliographique et quelques brochures. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 12 novembre 2010. Elles seront effectuées dans l’ordre d’arrivée, à concurrence de 100 classes pour l’ensemble de l’académie.


EDUQUER POUR L’ÉGALITÉ FILLES - GARÇONS Parcours d’animation pédagogique Second temps


PROGRAMME Intervention de Mme RONAI, observatoire de la violence conjugale, sur la construction sexuée, les violences à l’encontre des femmes,  Présentation de l’outil pédagogique : « Les petits égaux »  Présentation des ressources du Scéren  Suggestion d’activités: atelier de langage en maternelle, débat philo en élémentaire, saynètes théâtrales, charte pour le respect et l’égalité filles – garçon à l’école (des idées à mettre en œuvre rapidement)  Concours « Lire égaux » (Editions Talents hauts)  Mutualisation de pratiques déjà vécues ou engagées 


F=H?


TEST :

QUE VOIENT LES ENFANTS DANS LES LIVRES D'IMAGES ?

 Qui

est la maman ? Qui est le papa ?  Que répondent les enfants à votre avis ?


F=H?


RESSOURCES PÉDAGOGIQUES ISSUS DE CET OUVRAGE

Eduquer pour Egalite Filles Garcons A  

Parcours de formation sur l'egalite filles garcons en 2010

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