Issuu on Google+

La vérité si je ne sais pas!  La parole de l'homme politique devrait exprimer la vérité même lorsque celle‐ci n'est pas agréable à entendre. C'est  ainsi que Vincent Delahaye, lors de ses vœux aux Massicois, a prévenu des difficultés à venir. La réaction des socialistes  massicois a été d'en faire un acte de politique nationale. Ainsi, dire une vérité "Massy n'est pas un îlot préservé" serait  un signe d'opposition au gouvernement actuel? Ainsi la parole politique devrait être édulcorée de toute mauvaise  nouvelle? J'ai cherché et trouvé un bon exemple dans notre environnement local: Il s'agit de M G.Bonneau, Vice‐ président du conseil général chargé de l'insertion, de l'économie sociale et solidaire et des nouveaux emplois.  Au mois de novembre, sur son blog, M Bonneau cite l'entreprise Hélio Corbeil comme un exemple d'Economie Sociale et  Solidaire et grâce, je cite  "au fonctionnement démocratique et au partage des bénéfices" cette société serait  bénéficiaire. Tout ce qui est bon pour l'emploi et l'industrie de mon pays revêt pour moi une importance particulière.  L'E.S.S serait donc la solution miracle pour résoudre la désindustrialisation de la France? Pourquoi n'y a‐t‐on pas pensé  auparavant? Heureusement M Bonneau et, à travers lui, l'Essonne, notre beau département est à la pointe de ce  combat qui sauvera notre nation!  Intéressons nous de plus près à Hélio … Je trouve deux articles l'un du Monde et l'autre d'Essonne Info qui soulignent à  demi mots la fragilité de l'entreprise. D'abord, j'apprends que la SCOP est détenue à 51% par les salariés, qui détient le  reste? Une réponse peut‐être dans le montage financier du rachat de l'entreprise : 3 mois de salaire et la prime de  licenciement (5000€) des salariés,  700 000 € d'emprunt au Crédit coopératif, 150 000 € d'avance par la Région et… 300  000€ d'avance de Serge Dassault!  Je ne sais pas si M Bonneau était au courant (j'espère qu'il me lira) et c'est un peu  dommage car dans son discours des vœux il vilipende "l'autre économie financiarisée, spéculative" dont quelque part ce  projet de SCOP n'aurait pas vu le jour? Et, dans mon innocence, j'imagine que le Crédit coopératif n'a pas engagé une  telle somme sans en percevoir des intérêts?   Quant à l'avenir de l'entreprise? On est bien loin de l'optimisme affiché par l'homme politique et c'est le responsable  d'Hélio qui le dit : "Je pense qu'on a des atouts et qu'on aura encore des difficultés. Mais je suis confiant dans le fait que  si on foire, on aura tout tenté." Car 65% de l'activité consiste à l'impression de TV Magazine (encore Dassault) et une  autre part Télé Star et Télé 7 jours. Soit les société Socpresse, Lagardère et Hachette qui se sont engagés à ne pas  délocaliser la production jusqu'en 2014! Et après?  Quand on est si dépendant de la Presse écrite et particulièrement d'une presse spécialisée, l'avenir est sombre. En  janvier 2011 l'observatoire des métiers de la presse émet un rapport alarmant qui m'incite à regarder plus  attentivement l'évolution de ces titres. Il existe une association: l'OJD pour le contrôle de la diffusion des médias qui  donne les chiffres des tirages des magazines imprimés par Hélio : TV Magazine , Télé Star et Télé 7 jours. Le constat est  accablant : de 2009 à 2012 le tirage de TV Magazine a baissé de 4%, de 8,5% pour Télé Star et de 12,7% pour Télé 7  jours. Je ne peux qu'être admiratif face au courage des salariés qui vivent avec ce couperet au dessus de leurs têtes.  De deux choses l'une: ou M Bonneau ignore ces chiffres ou ses compétences en calcul sont proches du niveau primaire  actuel, ce dont je doute puisqu'il est centralien et enseigne les mathématiques à l'université. Bref, il ne sait pas ou il se  trompe. Ce qui m'inquiète pour les missions dont il a la charge au sein du Conseil Général.  La vérité est peut‐être ailleurs: l'Economie Sociale et Solidaire a‐t‐elle des résultats? Plutôt qu'un effet de marketing  douteux, il serait préférable de montrer le nombre d'emplois créés, l'argent public investi ou prêté, une évaluation claire  et chiffrée de ce choix politique. Ce serait rendre compte et faire confiance aux citoyens. 


La vérité si je ne sais pas