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Dossier prod sommaire

Communiqué de presse Note d’intention Traitement multimédia fonctionnalités du site Maquette site #1 Maquette site #2 Proposition éditoriale Schema Narratif Tannon Adama & Marie Claire Khairullah Les épisodes complémentaires Lancement & diffusion

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3 4 6 7 8 9 10 12 14 15 16 17 21


avec la partecipation de :

communique de presse - 21062011 Plus de 4 millions de kilomètres carrés, presque un demimilliard d’habitants, une trentaine de langues officielles et une grande peur : être au milieu de milliers de migrants qui cherchent une vie plus digne, un espoir, et le plus souvent, le salut même. C’est l’Europe ! Plus encore, c’est la Forteresse Europe. De l’autre coté est un web documentaire qui tente de comprendre l’immigration et de sensibiliser un large public à la défense des droits fondamentaux de chaque femme et de chaque homme. Notre projet se fonde sur une participation à l’écriture par certains organisations qui travaillent dans le domaine, entre lesquelles la Ligue des Droits de l’Homme, la Fasti, la Cimade Rhone Alpes, le reseau Migreurop et le reseau Terra. Pour la diffusion du webdoc nous sommes en pourparler avec Libération, France Inter. Notre projet a été sélectionné au Festival International des Scénaristes di Bourges (20 marzo -2 aprile 2011) et à l’édition 2011 du Cross Video Days de Paris (15 - 16 giugno 2011).

Contacts: osonssavoir@gmail.com http://www.osons-savoir.com

soutenu par :

sélectionné au :

Le tournage aura lieu dans le Sud de l’Europe, tout au long d’un parcours qui nous ramènera, dans les mois de juillet et de aout de Paris à Ventimiglia, de Lampedusa à Istanbul, à la rencontre des protagonists du phénomène. D’abord les migrants donc, mais aussi des chercheurs, des assos, des journaliste, jusqu’aux istitutiones internationales.

Jeremy Cheong Chi Mo +33 6 33678646 Andrea Coccia +39 3487292696 Erika Moleti +39 3462112999

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note d’intention

Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Après la lecture du livre Bilal sur la route des clandestins de Fabrizio Gatti, reporter au magazine italien l’Espresso, nous nous sommes investis dans ce sujet aussi tragique que passionnant qu’est l’immigration. Ce journaliste a eu le courage de partir de Dakar et d’affronter la réalité des migrants dans la peau d’un clandestin. A leurs côtés, il traversa le Mali, le Niger et la Libye pour arriver à la Méditerranée. Il est le seul journaliste à être entré dans un centre de rétention administrative en activité, à Lampedusa et à Milan, en se faisant passer pour un migrant. En 2009, un rapport accablant des députés européens vint conforter ses descriptions. La délégation affirma que les centres pour migrants sont des espaces inhumains et dégradant en marge de la loi, non conformes aux normes européennes en matière d’accueil et de protection, aussi bien en ce qui concerne les droits des demandeurs d’asile que les droits de tout être humain, indépendamment de sa situation juridique. Une évidence s’imposa: il nous fallait comprendre l’immigration et sa com-

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Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, 1948, article 13.

plexité. Et il ne fallait pas seulement comprendre l’importance de l’altérité mais aussi remettre en question nos représentations, engendrées et influencées par le pouvoir des médias. En effet, à travers l’orientation du discours médiatique l’alterité devient suspecte. On se méfie de l’autre, on s’est toujours méfié mais pourquoi se méfier de la diversité, pourquoi ne pas l’accepter, tenter de la comprendre ? Cette différence est permanente, réelle et surtout indispensable. Après de nombreuses recherches, de nombreuses lectures, nous avons constaté l’évolution des différentes politiques européennes à partir de 1985, lorsque l’idée d’une homogénéisation des politiques migratoires européennes fut lancée. Nous débouchons aujourd’hui sur une politique d’externalisation des politiques migratoires et nous soustraitons les applications de ces politiques à des pays non européens. Aujourd’hui, nous acceptons le chantage de la Libye pour qu’elle s’occupe de stopper les flux migratoires en échange de 5 milliards d’euros par an. Le colonel Kadhafi, pendant long-


3,7Centre de retention admnistratif de Lampedusa, 2009. photo, de Sara Prestianni

temps maintenu à distance de la vie politique internationale, a été reconnecté au monde diplomatique et politique européen par Silvio Berlusconi. Sous prétexte de dédommagement à la colonisation, il a renforcé les liens et les relations entre la Libye et l’Union Européenne. Au delà du prétexte, les intérêts européens sont bien évidents : d’une part le gaz et le pétrole présents en Libye et d‘autre part la possibilité d”utiliser le territoire libyen comme une prison en plein d’air, une prison européenne à l’extérieur de l’Europe. Après la célébration d’un gazoduc reliant les deux pays, Berlusconi inaugura le projet d’autoroute financé par Rome, reliant la Tunisie à l’Egypte. Connaissant la position autoritaire du régime libyen, et l’inexistence d’une liberté de la presse ainsi que le non respect de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et de la convention de Genève, il est clair que, sur ce territoire, une issue sanglante se prépare. Par témoignages directs et par les dénonciations des organisations non gouvernementales nous avons connaissance de l’existence de déportations massives dans le désert libyen ainsi que de rafles quotidiennes de clandestins.

Mais l’ancien adage du droit français semble toujours vrai : « testis unus, testis nullus ». Témoin unique, témoin nul. Apparemment cette vérité n’a pas encore la force de changer les choses. Il faut continuer à agir pour savoir et diffuser des informations sur ce qu’il s’est passé et sur ce qu’il se passe encore. La phénomène des migrations est aujourd’hui instrumentalisé de manière quotidienne pour susciter la peur chez la population et utilisé pour justifier la violence des répressions envers les migrants. Cette vision occulte la richesse produite par la diversité et oublie que ces migrants sont avant tout des hommes et qu’ils sont aujourd’hui traités comme des marchandises. Le projet de web documentaire découle de ces constats et d’une envie d’agir et d’informer sur ces problématiques. Pour se faire, nous avons souhaité rassembler des acteurs militants (associations et chercheurs) dans le domaine de la migration afin de porter leurs voix et de médiatiser leurs actions dans le cadre des débats des élections présidentielles d’avril 2012.

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traitement multimedia

Aujourd’hui, le web est devenu la plateforme médiatique la plus utilisée. La liberté, la disponibilité et la créativité qui en résultent nous ont poussé à développer ce projet pour ce support. Les nouveaux médias sont l’avenir de l’information. En effet, les possibilités esthétiques, l’étendue du réseau et la gratuité fondent les nouveaux moyens de diffusion de demain. La puissance d’indexation des moteurs de recherche actuels oriente les internautes directement vers les informations qui les intéressent. Avec ce nouveau moyen, les internautes ont désormais la possibilité de construire leur parcours informatif à travers l’ensemble des supports proposés. Ainsi, nous présenterons trois histoires de vie qui seront la base documentaire. A n’importe quel moment, des documents supplémentaires seront proposés à l’internaute. Vidéos, photos, bandes sonores, textes, hypertextes, nous utiliserons tous les supports internet disponibles pour développer notre sujet. La construction

4 Enfants marocains, 2008 photo, de Jeremy Cheong Chi Mo

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de cette toile d’araignée est alors envisageable uniquement sur le web. Le but de notre webdoc étant de sensibiliser un large public aux enjeux de l’immigration, il va de soi que notre dispositif devra offrir une approche pédagogique. Le parcours du web documentaire correspond alors à une symbolique forte, celle de la quête du savoir, de la recherche, qui revêt ici un double objectif : Un objectif narratif : Ligne conductrice de la narration, l’enquête permet de donner un enjeu général dans la narration : enquêter pour comprendre de quelle manière on a pu arriver à bafouer les droits fondamentaux de certains hommes. Un objectif de contenu : Recherches d’informations sur les motivations, le voyage, les difficultés rencontrées par les migrants et les enjeux au niveau des relations internationales.

3 Patras, Cimitière des migrants, 2010 photo, de Sara Prestianni


fonctionnalités du site

L’esthétique employée au fil de cette narration sera celle de la carte. Elle réfère directement aux différents mouvements migratoires et permet d’aborder plus aisément des questions de géopolitique. L’articulation des différents épisodes du web documentaire, se fera par des choix de trajectoires sur une carte géographique. Des légendes permettront à l’internaute de s’orienter et de localiser les différents épisodes.

retrouver l’ensemble des épisodes, indépendamment du parcours narratif initié avec les histoires de vie, dans un espace qui lui perAu fil de la narration, le déplacement mettra d’approfondir de manière plus géographique s’effectue dans cette théorique le sujet. carte sur un territoire toujours identifié. Après avoir vu la vidéo d’introduction, Cet espace comprendra diverses rul’internaute voit les points de départ briques : des itinéraires de chaque histoire de le projet, les partenaires, une revue vie ainsi que les zones frontières. de presse, l’annuaire des associations, un agenda, des ressources documenLors du clic sur une zone frontière, un taires (bibliographie, filmographie, zoom automatique s’effectue sur la ré- glossaire). gion concernée. L’épisode histoire de vie / frontière y est symbolisé et on est Ainsi, le but premier de ce web docuobligé de le lire pour passer au niveau mentaire étant de sensibiliser et d’insuivant. Des épisodes optionnels sont former un large public sur l’ensemble alors aussi représentés, soient sur la des enjeux de l’émigration et de l’imcarte si on peut les situer géographi- migration, l’espace central est envisaquement, sinon sur une bande grisée gé comme une bibliothèque ressource, située en bas de l’écran. permet une lecture « à la carte » du sujet à travers divers points de vue. Des La France sera le pays d’arrivée des données géopolitiques pourront être trois histoires. Des cartes de villes se- affichées grâce à une légende située ront alors utilisés pour situer les diffé- en bas à droite de l’écran. Ces inforrents épisodes tout comme sur la carte mations reprendront les principales régionale aux frontières. cartes produites par Migreurop sur l’immigration. Cependant, au-delà de la forme narrative de notre webdoc, il sera également possible pour l’internaute de

5 Algeciras, 2008, photo de Jeremy Cheong Chi Mo

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5 Le mode histoire de vie, on peut sélectionner le personnage que l’on souhaite suivre.

6 Après avoir sélectionné une histoire, les différents épisodes s’affichent sur la carte.

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5 La vidéo se lance.

6 Après avoir cliqué sur une zone frontière, les épisodes disponibles sont situés sur la carte.

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proposition editoriale

Par cette nouvelle forme de documentaire, le public n’est plus un simple observateur. Il peut désormais choisir quel parcours « de vie » suivre, et ainsi découvrir l’ensemble des rapports politiques, économiques et sociaux se référent à cet itinéraire. Entrecoupés par les récits de différents migrants, d’entretiens effectués auprès d’acteurs du tissu associatif et de la recherche, ces différents chemins seront racontés dans le synopsis ci après. Notre choix est de centrer la narration autour des histoires de vie afin d’incarner les problématiques à travers des personnages. Ces histoires seront là pour illustrer les difficultés rencontrées par les migrants mais elles seront surtout utilisées pour amener le spectateur vers des informations plus théoriques.

compréhension sur le phénomène de l’immigration. Pour ce faire, ce webdocumentaire a pour ambition d’être à la fois un puzzle géographique et psychique des expériences des migrants; une reconstitution des difficultés vécues par les migrants, des différents points de vue de la population, des chercheurs et des organismes agissant dans le domaine de la migration; une enquête sur l’instrumentalisation politique du phénomène de l’immigration et le rapprochement des problématiques de l’immigration et du co développement.

Dans le monde d’aujourd’hui, l’information est partout, tout le temps. Il devient complexe pour un simple citoyen de sélectionner les informations et de comprendre le fond du sujet à cause de son manque de vulgarisation et de l’intellectualisme de certaines élites. L’objectif global de ce web documen- Ce web-documentaire a donc l’ambitaire est de lutter contre la désinforma- tion de pouvoir être compris de tous. Il tion actuelle en matière d’immigration. est important à travers cette démarche de comprendre et de faire entendre Il veut proposer des clés de que chacun d’entre nous peut comprendre n’importe quel sujet, dès lors

4 Camp de rétention en Grèece, photo de Sara Prestianni

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3 Patras, grèce campement des subsahariens, photo de Sara Prestianni


7 Lampedusa, 2010; 3Manifestation à Rome, 2010 photos de Sara Prestianni

qu’il s’y intéresse. S’il est expliqué de Plateforme participative manière, non pas simpliste mais ouverte, accessible à tous, c’est à dire en L’internaute pourra participer pleineexplicitant le fondement de l’ensemble ment au web documentaire en postant des concepts, si nécessaire. Ainsi, un ses propres histoires sur la migration glossaire sera intégré au webdoc. (personnel ou d’autrui) en les situant géographiquement. Il pourra aussi reAccès à l’information censer les rafles, les grèves des travailleurs sans papiers, les mobilisations Deux modes de lecture pourront per- en soutien aux migrants, les expulsions mettre aux internautes d’accéder aux .... Grâce à n’importe quel support (vidifférents épisodes. déo, photo, texte) les internautes pourUn mode histoire de vie, le specta- ront laisser des commentaires et comteur aura le choix entre trois parcours pléter le contenu informatif. différents, représentant différents itinéraires migratoires. Ces histoires seront Un espace question ouverte sera segmentées en deux actes : passage aussi créé afin de diffuser les avis des de frontières et difficultés rencontrées internautes sur différents points. Et en Europe. Tout le long des différents pour vous, qu’est ce que l’immigration récits, des épisodes complémentaires ? Et si vous deviez quitter votre pays seront proposés aux internautes afin demain, vous feriez quoi ? Selon vous, d’approfondir le sujet. quels sont les droits fondamentaux qui Un mode galerie documentaire, l’in- doivent être respectés ? ternaute pourra alors accéder à l’ensemble des épisodes regroupés sous différentes thématiques : droits de l’Homme, relation internationale, itinéraire migratoire.

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schema narratif introduction Présentation de trois itinéraires différents par la rencontre de migrants qui viennent de régions différentes (Afrique de l’Ouest, Maghreb et Moyen Orient). Ils nous expliquent leur volonté de circuler à travers le monde comme n’importe quel homme et ce qui les a poussé à partir. Aussi, le spectateur

acte

découvrira les difficultés rencontrées durant les différents voyages. Nous suivrons ces personnes de juin à octobre 2011. Ces trois histoires de vie seront suivies tout au long du web documentaire. L’internaute pourra en voir une ou plusieurs.

1:

Histoires de vie : À travers le récit politiques + économiques + juridiques des migrants, nous illustrerons les dif- ...) qui les composent. férents points de passage (Maroc --> • Zone internationale. • Frontex et les centres de rétention. Espagne / Tunisie, Libye --> Italie / Tur• Carrefour des histoires de vie. quie --> Grèce) des flux migratoires en Europe. On retrouve des épisodes carrefour de vie à l’acte 1 et 2. Ils illustreront Episodes optionnels : • Historique sur les relations Nord d’autres histoires de vie rencontrées sur les zones frontières, reliant ainsi Sud depuis la décolonisation. • Sur le front de frontières : Les fron- l’actualité migratoire (ex : les tunisiens tières seront illustrées selon les divers qui arrivent en ce moment à Lampefacteurs (géographique et technique + dusa).

acte Histoires de vie : Les récits des migrants illustreront les difficultés rencontrées une fois en Europe (logement, éducation, santé, travail, asile, autorisation de séjour). Episodes optionnels : • Historique des politiques migra-

2: toires des pays européens. • Accords de réadmission : les enjeux des frontières entre les états du Sud et du Nord. • L’asile au guichet. • Délit de solidarité. • L’ennemi intérieur (M. RIGOUSTE). • Carrefour des histoires de vie.

conclusion

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La conclusion sera un état des lieux des politiques migratoires au niveau des relations internationales (accord de réadmission, externalisation). Au vue des actualités, nous soulèverons particulièrement les accords passés avec la Tunisie et la Libye. Comment ces politiques évolueront elles avec les dernières révolutions arabes ? Une ouverture sera réalisé pour soutenir la liberté de circulation comme

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un droit fondamental a respecter pour chaque femme et chaque homme. Nous mettrons ainsi en avant la thèse développer par Amartya Sen sur le développement par les droits fondamentaux afin de montrer une alternative aux politiques de co-développement néolibérales mise en place par le FMI, la Banque Mondiale et les pays “développés”.


3Le port d’Athènes, le Pireaus,

5Marché marocain, 2008 photo de Matthieu Moraly

5Enfants qui jouent, Maroc, 2008 photo de Jeremy Cheong Chi Mo

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Tannon :

nées. Elle sait que l’unique façon de traverser, est de se cacher sous un des nombreux camions qui, attendent quotidiennement au port de Tanger avant de pouvoir embarquer vers l’Europe.

Tannon a 24 ans, elle vit à Marrakech au Maroc depuis toujours et s’endort chaque soir en pensant à sa vie dans un autre pays. Comme nous tous, elle souhaite voyager et découvrir, d’autres paysages, d’autres manières de vivre. Elle souhaite voir l’Europe, une terre qu’elle a uniquement vu à la télévision ou, dans les jours les plus beaux, de l’autre coté du détroit de Gibraltar. Elle souhaite rejoindre l’oncle de sa mère qui vit en France depuis des an-

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Après avoir discuté avec ses parents, Tannon décide de faire le voyage. Avec l’argent nécessaire elle part vers Tanger. Prés du port, elle rencontre d’autres personnes qui comme elle, souhaitent traverser le détroit. Après plusieurs échecs, elle réussit à passer les contrôles à la douane et, après 48 heures de voyage, toujours cachée sous le camion, elle descend quelques dizaines de kilomètres après Algeciras. Arrivée dans la première grande ville d’Espagne, Sevilla, elle achète un billet de train pour Paris, Gare d’Austerlitz. Arrivée à Paris, elle est arrêtée directement à la sortie du train et est placée en centre de rétention. Des passagers contestent l’arrestation et sont mis en détention provisoire à leur tour. Ils seront jugés pour délit de rébellion et risquent alors jusqu’à deux mois de prison et jusqu’à 7500 € d’amende.


Adama ET Marie Claire :

grants, à Lampedusa. Directement arrêtés par la police, Adama et Marie Claire sont enfermés dans le centre de rétention. Ils savent qu’ils ne doivent pas dévoiler leurs origines pour éviter d’être expulsés, mais heureusement pour eux le centre est bondé et ils sont déplacés en Sicile, au centre de rétention et d’expulsion de Trapani.

Adama et Marie Claire sont un couple nigérien d’une cinquantaine d’années. Ils ont fui leur pays, lorsque Adama, membre d’un parti d’opposition et travailleur social pour l’UNICEF, critiqua, dans un dossier présenté au gouvernement, le manque de réforme sociale dans son pays et la mauvaise gouvernance des dirigeants. Sans pouvoir prendre leurs enfants avec eux, ils rencontrent un passeur pour quitter le Niger. Equipés d’un bidon d’eau et de quelques billets, ils quittent Agadez en direction de Dirkou pour passer en Libye.

Ne pouvant identifier l’origine et la nationalité d’Adama et Marie Claire, les autorités italiennes relâchent le couple. Ils prennent le train pour Milan où ils rencontrent des migrants nigériens qui leur conseillent de ne pas rester en Italie, mais d’essayer de partir vers la France. Ils arrivent à Marseille, où ils rencontrent Wadon, une amie qui vivait dans le même quartier qu’eux à Agadez et qui les aide dans un premier temps. Ils vivent avec elle durant quelques mois dans un squat. Désormais, un nouveau chapitre de leur long parcours débute pour obtenir la protection internationale. Fin 2007, ils demandent l’asile à la préfecture de Marseille. Ils ont désormais le statut de réfugiés politiques mais la seule chose qui les préoccupe est de retrouver leur famille. Après une année de recherche, ils retrouvent leurs enfants dans un camp de rétention. Ils n’attendent plus qu’une chose, se retrouver ensemble.

Après des jours de voyage et de nombreuses difficultés dues à la mer agitée, le couple arrive, avec 250 mi-

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Khairullah :

vers la Grèce et souhaite passer par la frontière de l’Hèbre.

Khairullah a 16 ans et vie à Kaboul avec sa mère et ses deux frères. Suite à la mort de son père, tué par des miliciens talibans pour avoir refusé de les suivre dans les combats, il part avec sa mère et ses frères vers l’Iran où il commence à travailler au noir pour gagner sa vie. En 2008, suite à la décision du gouvernement iranien de renvoyer les afghans dans leur pays, Khairullah fuit vers la Turquie. Arrivé à la frontière turque, il rencontre une famille afghane avec laquelle il arrive jusqu’à Istanbul. Il y reste pendant six mois en mendiant sur la route et en travaillant au noir avec les touristes à Sultanamet. Après avoir gagné quelques sous, il se dirige

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Durant l’été 2009, il arrive sur l’ile grèque de Lèsbos où il est enfermé pendant un mois dans le centre de rétention jusqu’à ce qu’il reçoive le papier d’expulsion l’obligeant à quitter la Grèce. Avec d’autres afghans, il quitte alors le centre pour arriver à Patras, où il attend dans un camp improvisé de trouver un moyen pour continuer son voyage. Il se cache finalement dans un camion avec deux autres migrants pour arriver à Ancone, en Italie, où ils sont arrêtés par la police. Durant le transport vers la préfecture, il s’échappe et se cache dans un train qui le ramène à Turin. Immédiatement, il saute dans un nouveau train pour arriver à Lyon. Il arrive enfin en France, mais il doit maintenant faire face à des nouveaux problèmes : il a besoin de se renseigner pour faire sa demande d’asile, mais ne parlant que pashtun et un peu d’arabe, il lui est difficile d’accéder aux informations nécessaires. Exténué, il commence à baisser les bras jusqu’à la rencontre de Patricia, militante à la Cimade. Elle l’aidera à obtenir une protection jeune majeur jusqu’à sa majorité. Sa régularisation lui est refusée par deux fois et le jour de ses 18 ans, il reçoit une obligation de quitter le territoire.


les episodes complémentaires

Historique sur les relations Nord Sud depuis la décolonisation : Depuis la période de décolonisation, les pays “développés” ont montré leur volonté d’aider les pays “sous développé” selon les termes de l’ONU. Si le terme de développement peut déjà être mis en doute, nous l’aborderons dans la conclusion avec la théorie d’Amartya Sen du développement selon les droits fondamentaux afin de permettre à chaque homme d’avoir le choix, la capacité et enfin la liberté de mener sa vie comme il l’entend. Dans cette épisode, nous encadrerons les programmes mis en place par les institutions de Bretton Wood et par les pays “développés” dans le cadre de la coopération décentralisée afin d’en comprendre les conséquences sur les populations. Sur le front de frontières : Nous adopte-

rons une vision pluridisciplinaire afin de comprendre que la notion de frontière de se limite pas à son caractère géographique. En effet, la frontière est aujourd’hui juridique, politique,

5 La Turquie vue de l’ile de Samos, 2009 photo de Sara Prestianni

économique et sociale. Dès lors, quels moyens doit on se donner afin de pouvoir les franchir, les abolir pour permettre aux différences de se rencontrer, d’accepter l’altérité dans son intégrité tout en respectant nos identités. Zone internationale : Les zones internationales sont les zones de transit pour les passagers en provenance de l’étranger dans les aéroports. Des nombreux migrants arrivent aujourd’hui par ce biais directement en Europe mais n’arrivent pas à passer la frontière. Ils sont alors placés en zone d’attente dans laquelle un combat dure depuis plus de vingt ans, celui du droit à l’assistance et à l’information juridique.

5 Lampedusa, 2010 photo de Sara Prestianni

Frontex et les centres de rétention : Frontex est l’agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne. Financée par l’union européenne, cette agence para militaire a pour fonction la surveillance des frontières, l’analyse des problématiques relatives aux fron-

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7 Arrivé de migrants à Lampedusa, 2010, photo de Sara Prestianni

tières et d’assistance aux personnes en cas d’urgence. Ses activités se déroulent des eaux grecs aux côtes des îles canaries. Les associations dénoncent le non respect de grands principes du droit international par le bafouement du principe de non refoulement et du principe d’interdiction des expulsions collectives. Les centres de rétention sont directement associés à cette politique afin de contrôler les populations migrantes. Les associations dénoncent la banalisation de la détention des sans papiers, le non respect des personnes dans leur individualité et les conditions déshumanisantes de vie dans ces centres.

de Genève sur le droit d’asile et le non respect de la déclaration universel des droits de l’Homme. Accords de réadmission : Si les accords de coopération décentralisée et les plans d’ajustement structurel imposés par les pays “développés” imposent l’idéologie libérale, les nouveaux accords conditionnent aujourd’hui l’aide au développement aux pays tiers par la réadmission des migrants chassés d’Europe et par le contrôle sur les territoires des populations afin de les empêcher d’entreprendre le voyage vers l’Europe.

Historique des politiques migraL’asile au guichet par Alexis Spire, toires des pays européens : présentation de l’éditeur, Raison d’Agir : Depuis les années 80, les pays européens ont émis la volonté de mettre Un bureau de préfecture, une file d’aten place une “gestion concertée des tente, un espoir - obtenir des papiers. flux migratoires”. De ce souhait à la Désormais banale, cette image de l’imconvention de Dublin II en 2003, nous migration occulte l’essentiel : ce qui se analyserons l’évolution des frontières joue de l’autre côté du guichet. Là, des de l’Europe vers leurs militarisations et fonctionnaires examinent les dossiers, l’annonce de la construction d’un mur jaugent les candidats, statuent sur leur entre la Grèce et la Turquie, en pas- sort. C’est à eux que l’Etat délègue la sant par les entraves à la convention mise en oeuvre de sa politique d’« im-

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3 Athenes, en attente d’enregistrer une demande d’asile, 2009 photo, de Sara Prestianni


migration choisie ». Mais qui sont ces hommes et ces femmes qui décident d’attribuer des papiers ou, au contraire, de reconduire à la frontière ? Comment tranchent-ils ? De quelle latitude disposent-ils dans l’interprétation des règlements ? Au terme de plusieurs années d’enquêtes dans les coulisses des consulats, des préfectures et des services de la main-d’oeuvre étrangère, Alexis Spire dévoile la face cachée de cette machine à trier les étrangers. Ceux qu’on éloigne, et ceux qui rejoignent la main-d’oeuvre bon marché réclamée par les employeurs. Situés au bas de l’échelle administrative, les personnels chargés de l’immigration sont sommés de « faire du chiffre » et de «

traquer les fraudeurs ». Cobayes de la « modernisation de l’Etat », il s’enrôlent dans cette croisade en croyant défendre le modèle social français. Délit de solidarité, par Violaine Carrère et Véronique Baudet du GISTI : Institué initialement pour lutter contre les réseaux qui aident les étrangers à entrer ou se maintenir illégalement sur le territoire, le délit « d’aide à l’entrée, à la circulation et au séjour d’un étranger en situation irrégulière » a aujourd’hui un champ tellement large que les immunités protégeant les proches parents, et sous certaines conditions les associations, apparaissent bien illusoires. Face à l’aggravation, dans la réforme 2003, des sanctions punissant ce délit, des associations ont cherché à interpeller l’opinion sur l’incrimination de l’aide et du soutien aux étrangers, en inventant l’expression « délit de solidarité ». L’ e n n e m i intérieur par

5 Détroit de Gibraltar, vu par satellite.

5 Port de Tanger, 2008 photo de Erika Moleti

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Mathieu Rigouste, présentation de l’éditeur, La Découverte : La France des années 2000, comme de nombreux pays, a vu se confirmer un modèle de contrôle censé protéger la population contre la prolifération, en son sein, de « nouvelles menaces » : islamisme, terrorisme, immigration clandestine, incivilités, violences urbaines… Et pour justifier cet arsenal sécuritaire, un principe s’est imposé : désigner l’« ennemi intérieur ». Cette notion évoque la guerre froide, quand cet ennemi était le communisme. Et surtout les guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie, quand l’armée française a conçu la « doctrine de la guerre révolutionnaire », afin d’éradiquer au prix des pires méthodes la « gangrène subversive pourrissant le corps national ». Si cette doctrine a été évacuée officiellement depuis lors par l’État, certains de ses éléments clés auraientils contribué à façonner cette grille de lecture sécuritaire qui présente les populations immigrées issues de la colonisation comme les vecteurs intérieurs d’une menace globale ? C’est ce que montre Mathieu Rigouste dans ce livre rigoureusement documenté, en s’appuyant notamment sur un corpus d’archives conservées à l’École militaire. Retraçant l’évolution des représenta-

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tions de l’ennemi intérieur dans la pensée d’État depuis les années 1960, il explique comment, des territoires colonisés d’hier aux quartiers populaires d’aujourd’hui, la Ve République a régénéré un modèle d’encadrement fondé sur la désignation d’un bouc émissaire socio-ethnique. À travers l’étude minutieuse des étapes de la lutte antimigratoire et de la structuration de l’antiterrorisme, il révèle l’effrayante évolution du contrôle intérieur, de ses dimensions médiatiques et économiques, ainsi que la fonction de l’idéologie identitaire dans la mise en œuvre du nouvel ordre sécuritaire. Carrefour des histoires de vie : Les carrefours des histoires de vie présenteront des personnages rencontrés sur notre route. Ils compléteront l’approche des différentes problématiques par les histoires de vie.

5 Patras, Cimitière des migrants, 2009 photo de Sara Prestianni

5 Mellilla, 2006 photo de Sara Prestianni


Lancement & diffusion

Ce web-documentaire a pour intention de rassembler les différents acteurs travaillants sur la compréhension de la réalité des migrants. Il s’impose donc, de fait, de travailler en étroite collaboration avec nos partenaires (associations & chercheurs). Notre webdocumentaire a pour vocation de rassembler autour de lui la population. De ce désir découle l’importance d’une large diffusion. De fait dès avril 2011, avant même le tournage du web-documentaire, un site internet sera mis en place, afin de créer un premier espace de rassemblement sur le thème de l’immigration. Si nos moyens nous le permettent, nous ferons vivre cet espace dès le début du tournage et durant les déplacements effectuées en postant régulièrement des documents de différents supports. Un making off sera réalisé pour partager cette aventure avec le public. Le rassemblement des différents acteurs militants dans le domaine de l’immigration nous donne accès à un large réseau sur lequel nous pourrons diffuser sans possibilité. Le réseau Migreurop rassemble à lui seul plus de trente organisations internationales. La Fasti regroupe plus de soixante associations de solidarité avec les travailleurs sans papier. Le réseau Terra associe plus de 180 chercheurs internationaux. Sans évoquer les membres de la Ligue des Droits de l’Homme et de la Cimade,

4 Journaux,

un large public est déjà mobilisé par la production du webdoc. Le montage devrait être finalisé pour février 2012. Nous serons alors au coeur de la période pré électorale dans laquelle le sujet de l’immigration sera débattu comme à chaque élection présidentielle. C’est donc ce contexte là, qui apportera sans doute des interrogations à la population française. Le web documentaire sera alors une d e s possibilités de réponse e n portant la parole des asso-

6 Lampedusa, 2010 photo de Sara Prestianni

ciations et des chercheurs partenaires. Des pourparlers sont entamés avec France Inter et Dailymotion afin de mettre en place des plans de diffusion.

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Association Osons Savoir osonssavoir@gmail.com http://www.osons-savoir.com Jeremy Cheong Chi Mo : +33 6 33678646 Andrea Coccia : +39 3487292696 Erika Moleti : +39 3462112999 Suivez nous sur Facebook et Twitter...

De l'Autre Côté - Webdoc  

un webdoc sur l'immigration... un voyage au bout de la migration

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