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« Notre Amitié » n°134 Bulletin Anaaj Région Parisienne décembre 2012 page1/18

Table des matières Sommaire!

2

Éditorial!

3

L’Assemblée Générale 2012!

4

Disparition d’Albert Jenger,!

6

« Tous des nantis », disent-ils…!

7

Notes de lecture : Paul SECHTER!

8

Tâchez d’être heureux!

9

Couvre-feu!

10

Histoire d'implantation et remerciements!

11

De l’eau pour le Sahel (suite)!

12

J’ai lu… J’ai vu… J’ai entendu…!

13

Croisière sur la Seine!

15

Le progrès !

16

BULLETIN INTÉRIEUR!

18


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Sommaire Editorial

R. Sedes

3

Compte rendu de l’AG

D. Bloch

4

Disparition d’Albert Jenger

A. et R. Sedes

6

Tous des nantis

R. Sedes

7

Paul Sechter

L. Chesnoy

9

Tâchez d’être heureux

G. Héry

10

Histoire d’implantation

J. Skapowski

12

De l’eau pour le Sahel

L. Chesnoy

13

J’ai vu, j’ai lu

J. Bernard

14

Croisière sur la Seine

J. Teppaz

16

Le progrès

L’In-Secte

17

Votre Comité Directeur vous souhaite de bonnes fêtes de nouvelle année et, si possible, une bonne santé en 2013.


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Éditorial Comme on le sait, notre association, malgré une existence déjà longue, fait preuve d'un dynamisme et d'une imagination toujours aussi grands. La recherche de nouveaux centres d'intérêts, le renouvellement et la qualité de nos activités et de notre information sont, pour nous tous, des exigences. Tout ce qui a été réalisé, et qu'énumère ce rapport moral, est le fait de camarades, élus ou non, ayant donné leur temps sans compter, dans l'esprit qui était déjà le nôtre lorsque nous militions dans l'ajisme « Sans magisters et sans maître à penser » et sans autre ambition que d'être utile pour être bien ensemble. Qu'ils en soient remerciés ici même et nos réussites sont leurs récompenses. La solidarité, qui allait tellement de soi dans notre jeunesse, ne doit pas s'affadir ou disparaître au moment où nombre d'entre nous, atteints par l'âge ou touchés par la maladie, restrei-gnent, par la force des choses, leur participation à nos activités, voire ne les suivent plus que par la lecture de “Notre Amitié”. Et que dire de celles et ceux dont les ressources sont tellement faibles qu'elles conduisent à une interminable suite de renoncements. Pensons-y dans l'organisation de nos acti-vités, aussi bien en ce qui concerne leur nature que leur coût. Et pour le reste, agissons pour que l'ANAAJ, comme les autres associations d'anciens des AJ, continue, aussi longtemps que possible, de porter témoignage, par nos actions de cet idéal magnifique que fut l'ajisme et de ses principes, qui sont, plus que jamais, d'actualité. René Sedes.


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L’Assemblée Générale 2012 Nous sommes actuellement 154 adhérents, contre 160 en 2011 et 175 en 2010. La diminution relative mais régulière de cet effectif, s'agissant d'une association d'anciens des AJ peu appelée à se renouveler, demeure un sujet de préoccupation pour le proche avenir de l'ANAAJ. Ayons une pensée toute particulière pour nos copains disparus : Jean Léger (Mickey), Guy Mérigaud et Maurice Thomé, emportés au cours de ces douze derniers mois. Ils nous manqueront beaucoup et nous ne les oublierons pas. Le comité directeur, qui comprend 21 membres s'est réuni à huit reprises. Comme à son habitude, le bulletin trimestriel Notre Amitié, complété par l'encart RemueANAAJ, a maintenu sa parution régulière et son contenu de qualité en informant efficacement nos camarades à propos de nos activités. Mais c'est aussi une tribune largement ouverte aux expressions des uns et des autres sur les sujets les plus divers. Remercions la petite équipe de camarades qui en assure le façonnage et l'expédition ainsi que celles et ceux qui y écrivent (et que nous souhaitons toujours plus nombreux..). L'activité théâtrale s'est poursuivie, (8 spectacles) mais s'est considé-rablement allégée. Pour le cinéma (8 films), le dernier vendredi du mois, les intéressés viennent et déjeunent ensemble. Les projections se sont déroulées comme à l'accoutumée (8 projos). L'affluence, autour de 15 à 25 participants tend cependant à se réduire par rapport au passé. Randonnées 13 randos ont été organisées (17 l'an passé...). Ces activités, sont toujours suivies mais, en raison du vieillissement des participants, elles tendent à devenir plus courtes et présentant moins de difficultés, avec un nombre de participants se réduisant. Les promenades dans Paris sont variées tant par les quartiers que par les monuments choisis que par les copains qui les animent, elles restent très suivies avec (12 promenades réunissant 10 à 25 à chaque fois), à la différence des « randos », sans doute parce que moins fatigantes. De plus, elles sont l'occasion pour les participants de déjeuner ensemble, avant ou de boire un pot, après et d'échanger leurs impressions. Les Repas-restaurant. Ces activités-rencontres bénéficient toujours d'un certain succès, même si le traditionnel Sudel à Montreuil n'a réuni cette fois-ci que 35 copains. De son côté le Rassemblement d'automne à Deuil-la-Barre, le 8 septembre 2011 n'en dénombrait que 17 ! Enfin, le Repas-fête au restaurant Le Rond-Point, le 28 décembre ne totalisait que 21


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convives, mais les fêtes de fin d'année y étaient sans doute pour quelque chose... En revanche, le Repas-fête de l'ANAAJ à Saint-Mandé, avec ses jeux et ses chants des AJ a connu son succès habituel avec 45 participants. Les séjours et voyages. Avec une dizaine d'activités de ce type dans l'année et de natures très variées, il était difficile de faire mieux ! Qu'on en juge : à Méréville, en septembre 2011, peintres et randonneurs se retrouvaient et à Carnac 19 copains se refaisaient une santé au centre de Thalasso. Du 17 au 21 octobre 2011, 12 copains séjournant à l'AJ de Cépoy découvraient Montargis et le Gâtinais. Remise en forme, cette fois au Center-Parc, du 23 au 27 janvier 2012 avec 19 amateurs d'eau, en dépit de la saison ! Du 3 au 10 mars 2012 ce sera le séjour de ski et de raquette dans le Vercors où se retrouveront 21 amoureux de la montagne. Et du 4 au 9 avril 2012 une croisière en Hollande à bord du Léonard de Vinci comptera 20 participants. Du 17 au 20 avril 2012,10 copains partaient à la découverte d'Orléans, de sa vieille ville et des bords du Loiret et du 6 au 13 mai 2012, un séjour dans l'Ile d'Oléron réunissait 41 participants venus de Provence, de Touraine, d'Auvergne, du Languedoc, de Vendée et, bien sûr, de Paris... Enfin, clôturant cette série, 11 copains se retrouvaient, du 13 au 9 juillet 2012 pour un autre séjour à Angers et à Doué-la-Fontaine avec croisière sur la Mayenne en gabare. Les activités diverses : Signalons, pour terminer, ces activités d'un jour et de divers genres, qui réunissent, preuve de leur intérêt, un nombre sensiblement important de copains : Sortie à Château-Thierry et Epernay : du pays de La Fontaine au Champagne (14 septembre 2011) avec 15 participants. Quartier Mouffetard : chanteurs de rues et expo sur les chansons de Paris (17 juin 2012) avec 18 participants. Pique-nique au Parc floral de Vincennes (27 juin 2012). Pique-nique bucolique à la campagne : dans le jardin de Claude et Annick Bertrand (4 juillet 2012) avec 42 participants.


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Disparition d’Albert Jenger, une des dernières figures historiques de l’ajisme

Albert Jenger vient de décéder à l’âge de 92 ans. Son incinération a eu lieu au cimetière du Père-Lachaise, le mercredi 5 décembre 2012. Typographe d’origine, il milite très tôt dans le mouvement ajiste. Pendant l’Occupation il adhère aux Camarades de la Route, dont il devient permanent régional pour la région Provence et fréquente le siège du mouvement à Lyon. Dès les lendemains de la guerre, en 1948, il participe à la création, puis dirige et anime le Centre de Kniebis (en Forêt-Noire), placé sous la direction du MLAJ et qui avait pour vocation de favoriser les rencontres et la compréhension entre les jeunes français et allemands. Ce lieu devint ensuite un centre international renommé pour la jeunesse de toute l’Europe. Il participera ensuite activement aux luttes qui agitèrent l’ajisme en cette fin des années quarante et contribuera à la création de la FNAJ, dont il déclinera toutefois la présidence, estimant qu’à trente ans, il était bien trop âgé pour cela… Dès lors, il travaillera dans le secteur international de la Ligue Française de l’Enseignement où sa grande culture, son engagement laïque et son humanisme actif purent se donner libre cours à travers le monde, agissant pour ses idéaux qu’il voulait faire partager, sans jamais renier son passé ajiste et en restant fidèle à ses amitiés d’autrefois. Arlette et René Sedes


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« Tous des nantis », disent-ils… Chaque fois qu’il est question de « réformer » les retraites ou de faire les poches des retraités, pour une raison ou pour une autre, l’on voit réapparaître dans les médias ces images de « seniors », actifs, dynamiques (« Dents banches, haleine fraîche »), vivant dans la plus grande aisance, allant pour de longues vacances dans des pays de rêve et résidant, le reste du temps, dans des demeures superbes. Ainsi, ce seraient de véritables parvenus vivant « aux crochets » de l’humanité souffrante. Il se trouve, hélas, que cette image ne correspond, ni de près, ni de loin, à la réalité. Sachons, en effet, que sur 16 000 000 de personnes concernées, 9 000 000 perçoivent une pension inférieure à 1 100 € par mois, que 4 000 000 de celles-ci sont « en dessous du seuil de pauvreté » (c’est-à-dire dans la misère) avec un revenu inférieur à 965 € mensuels et que dans leurs rangs, 700 000 n’ont d’autres ressources que l’ASPA (Allocation spécifique pour personnes âgées), soit 742 €. Une bonne part de ces « nantis » font partie des personnes différant ou renonçant aux soins de santé (10 000 000 de l’ensemble de la population), non couvertes par une mutuelle (4 000 000), en difficulté de logement (10 800 000) et en exclusion bancaire (6 000 000). Pour le reste, la retraite moyenne (et non pas « médiane » 1) des hommes est de 1 552 € par mois et de 889 € pour les femmes. Enfin, s’il est vrai que l’espérance de vie (qui augmente assez régulièrement) est de 78,2 ans pour les hommes et de 85,3 ans pour les femmes 2, l’espérance de vie en bonne santé (qui, elle, diminue non moins régulièrement) est de 61,9 ans pour les hommes et de 63,5 ans pour les femmes. Cela démontre, s’il en était besoin, qu’il y a des retraités pauvres et des retraités riches, de même qu’il y a, dans les mêmes proportions, des salariés pauvres et des salariés riches. Il n’y a pas grand-chose de commun entre les uns et les autres, tout comme entre les 8 900 000 pauvres (vous savez, les « milieux modestes » ou « défavorisés ») dont les difficultés dites de « fin de mois » apparaissent entre le 5 et le 10 et les 400 000 personnes qui détiennent 48 % du patrimoine national ! S’il suffisait d’être courageux, économe et imaginatif pour être riche, le problème de la pauvreté aurait été résolu depuis belle lurette. Seulement, voilà : il faut aussi compter avec « l’hérédité économique », autrement dit, prendre en considération le fait que certains naissent avec une cuiller en or dans la bouche et d’autres avec une cuiller en bois, voire pas de cuiller du tout. Pour le reste, la « variable d’ajustement » entre les uns et les autres, bien que le handicap de départ ne soit évidemment pas le même pour tous, tant s’en faut, réside dans les circonstances, le hasard, les aléas de la vie, la chance ou la malchance, aboutissant, selon le cas, à la corne d’abondance ou à la « soupe à la grimace ». A ce propos, jetons un œil sur notre propre cas : des disparités existent aussi au sein de l’ANAAJ. Si en raison de notre origine commune, elles demeurent considérablement moins importantes que dans le reste de la société, elles sont pourtant bien là et nous ne devrions prendre garde de ne pas nous en remettre à la seule et ponctuelle solidarité pour éviter que, dans le silence, des camarades renoncent à participer à telles ou telles activités parce qu’elles sont au-dessus de leur possibilité financière. D’autant qu’ici comme ailleurs, à la différence de l’aisance, la gêne se tait. René Sedes

1  L’ex-­‐PDG  d’une   grande   banque,  avec   une  retraite  de  60   000  €   nets   par  mois,  entre  dans  ce?e  moyenne,  c’est  dire  ce  

que  vaut  ce  type  d’élément… 2  Il   y  a  presque   10  ans  de   différence  entre   un   ouvrier   métallurgique   et   un   cadre   supérieur  et  en  plus,   il   y  a  des  régions  

ou  ce?e  «  espérance  »  est  plus  brève  que  dans  d’autres…


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Notes de lecture : Paul SECHTER En 1936, j’avais quinze ans. (24 pages, Ed. L’Harmattan, coll. Graveurs de mémoires, 2011) Le hasard m’a fait rencontrer Paul Sechter qui proposait le week-end dernier dans un stand du PS sur le boulevard de Belleville ce petit livre publié l’an dernier. Dans la présentation du texte, au dos de la couverture, j’ai lu qu’il fait allusion aux Auberges de Jeunesse. Nous avons échangé quelques mots à ce propos. Puis je suis repartie avec en mains son petit opuscule. Il y relate sa vie d’adolescent ouvrier mais surtout ses impressions, ses émotions, ses joies, ses difficultés, depuis son entrée dans un atelier d’imprimerie en 1934, à treize ans, un an après son certificat d’études, jusqu’à la guerre. C’est l’entrée dans le monde des adultes et dans celui des partis politiques. Pour retrouver la succession des événements de l’époque, il s’appuie sur la lecture de quelques livres de journalistes ou d’historiens (Jean Lacouture, plusieurs « Que sais-je », etc.) Je crois que beaucoup d’entre nous, soit parce qu’ils (elles) les ont vécues, soit parce qu’ils (elles) s’y sont toujours intéressé, revivraient ces années avec lui. Je les invite à lire les souvenirs de jeunesse de l’auteur. Vous retrouverez le déroulement détaillé des événements de 36, un chapitre sur les Auberges avant la guerre. Mais surtout une bonne leçon d’histoire racontée avec émotion. En ces temps-là, l’adolescence n’existait pas. Quelle différence avec aujourd’hui où nos petits ou grands « ados » sont la source de tant de problèmes dans la société actuelle. Liliane Chesnoy.


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Tâchez d’être heureux Ce texte a été trouvé en 1692 dans la cathédrale de Baltimore, son auteur est inconnu. Vous en trouverez plusieurs traductions sur la page de Stephan Aubert.

Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes. Dites doucement et clairement votre vérité et écoutez les autres, même le simple d’esprit et l’ignorant  ; ils ont eux aussi leur histoire. Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l’esprit. Ne vous comparez avec personne, vous risqueriez de devenir vain et vaniteux. Il y a toujours plus grands et plus petits que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplis-sements. Soyez toujours intéressés à votre carrière, si modeste soit-elle ; c’est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps. Soyez prudent dans vos affaires, car le monde est plein de fourberies. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe  ; plusieurs individus recherchent les grands idéaux, et partout la vie est remplie d’héroïsme. Soyez vous-même. Surtout n’affectez pas l’amitié. Non plus ne soyez cynique en amour car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l’herbe. Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d’esprit qui vous protège en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l’univers, pas moins que les arbres et les étoiles vous avez le droit d’être ici. Et, qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il le devrait. Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception d’elle ou de lui et quelles que soient vos peines et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie la paix dans votre âme. Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Soyez positif et attentif aux autres. Tâchez d’être heureux.

Transmis par Gigi Héry. -------------------------------------


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Couvre-feu Que voulez-vous, la porte était gardée Que voulez-vous, nous étions enfermés Que voulez-vous, la rue était barrée Que voulez-vous, la ville était matée Que voulez-vous, elle était affamée Que voulez-vous, nous étions désarmés Que voulez-vous, la nuit était tombée Que voulez-vous, nous nous sommes aimés. Paul Eluard.


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Histoire d'implantation et remerciements Ça y est, les copains, j'ai rejoint à mon tour les amis implantés ! Tout d'abord, un grand merci a tous ceux qui ont pris de mes nouvelles, directement ou, le plus souvent, auprès des amis "lamblardistes" Une difficulté de respiration s'étant révélée peu après l'opération, j'ai dû retourner à l'hôpital pour un "réglage" (comme vous allez au garage pour la voiture). J'ai eu droit à des électrodes placées un peu partout, reliées à une sorte de gros ordinateur. L:opératrice suivait sur l'écran et réglait à tout va. L'amélioration a été immédiate et le réglage m'a été confirmé. Sachez donc que "mon" réglage révèle : Au niveau auriculaire droit : za 526 ohms, recueil 2,1 mV. Au niveau ventriculaire droit : za 585 ohms, recueil 6,2 mV. Reprogrammée ON en conservant la stimulation ADI-DDD. Je respire bien, plus de palpitations, mais tous ces termes techniques qui me transforment en mécanique, ça fait un drôle d'effet, mais avouez que c'est quand même beau, la technique moderne !!! J. Skapowski. ---------------- o ---------------Janine Cuesta remercie chaleureusement tous les copains qui lui ont apporté tant de réconfort moral et physique dans la terrible épreuve qu’elle vient de traverser. Cela fait chaud au cœur dans des moments où l’indifférence est souvent présente. Je n’oublierai pas. Avec toutes mes amitiés, Janine.


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De l’eau pour le Sahel (suite) La fausse bonne nouvelle évoquée par Guy Brenier dans notre dernier bulletin m’en évoque une autre, vraie celle-ci, rapportée par la presse de l’été dernier. Le sous-sol de ces régions du Sahel* ne possède guère de réserves en eau douce, plus ou moins potable, sous la forme de nappes phréatiques imbibant les couches géologiques superficielles.

Or, il semble que, comme dans le sud tunisien, une importante réserve d’eau « fossile » existe à grande profondeur. Quelles différences ? L’eau des nappes phréatiques se renouvelle en permanence alors que l’eau fossile, chargée en sels, ne se renouvelle plus depuis des centaines de milliers, voire des millions d’années. Des tentatives pour l’exploiter existent déjà : dans le sud tunisien, près du Chott el-Djerid par exemple. Mais, c’est comme le pétrole, ça coute cher pour la puiser et la purifier. De plus, elle s’épuise vite, sans renouvellement possible. Bonne nouvelle, oui, pour les compagnies qui rêvent de s’enrichir, mauvaise pour les populations pauvres actuelles et à venir. L’eau fossile du Sahel, une réalité, mais, comme le pétrole, les gaz de schistes : mêmes espoirs, mêmes problèmes. Liliane Chesnoy.

*) Sahel : régions situées de part et d’autre du désert, le Sahara en Afrique.


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J’ai lu… J’ai vu… J’ai entendu… Poursuivons la rubrique ouverte par Jeannette en septembre 2012 : Entendu à la télévision : Un ingénieur agronome de l’INRA discourt sur les techniques d’obtention des tomates : produire de beaux fruits bien ronds, bien calibrés, bien fermes, supportant les chocs lors des manipulations et le transport. Un quidam s’enquiert : « Que devient le goût ? » Réponse de l’érudit : « Ah, ça, monsieur, ça ne fait pas partie du cahier des charges ». Il en va sans doute de même pour d’autres productions. Alors, adieu les bonnes tomates juteuses de Marmande de nos maraîchers d’antan, on ne produit plus de savoureux abricots muscat et c’en est fini des si délicieuses fraises Madame Moutot de mon enfance (espèce disparue). Produire en quantité au détriment de la qualité gustative semble être la règle en certains circuits commerciaux. Entendu sur France-Inter (25-09) : François Fillon déclare qu’il est « inénervable ». C’est sa contribution à l’évolution de la langue française. Le mot restera-t-il dans les annales ? Journaliste : un métier qui consiste à expliquer aux autres ce que l’on ne comprend pas soi-même. Ecouter ce qui se dit, soit, mais ne rien prendre pour argent comptant ou parole d’évangile. Gardez votre pouvoir de réflexion, entretenez votre esprit critique. Entendu cette brève de comptoir dans un bistrot de mon quartier : « « Moi aussi j’ai couché avec DSK ! – Bah ! Balivernes ! – Non, j’ai couché avec David, Simon et Kostia, ça fait bien DSK ». On fantasme comme on peut. De Pierre Dac : « Rien n’est jamais perdu tant qu’il reste quelque chose à trouver ». Et aussi : « C’est mon opinion et rien ne m’empêchera d’être du même avis que moi ! ».


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En naviguant sur Internet, je suis tombé sur le profil d’une esthéticienne indiquant travailler avec loreale. Si l’on songe qu’il faudrait écrire L’Oréal, on voit que le mot loreale comporte cinq fautes d’orthographe en sept lettres. Qui dit mieux ? Peut-être cet autre qui a inventé le contrôle tequenic facilité par des axés ménager sur les parois de l’appareil.

Entendu jeudi 18 octobre aux infos de midi sur France-Inter : « Le groupe CIT-Alcatel envisage la suppression de 5.500 emplois… (bla-bla pour justifier l’opération…) et, dans la même phrase : « L’action Alcatel a pris 5,50 % ce matin au cours de la cotation ». Déduction qui s’impose : le groupe s’honorerait auprès de ses « investisseurs » en virant 25.000 employés ce qui ferait monter l’action de 25 %. Une brève dans lefigaro.fr : Un avion heurte un camion en position de décollage Voilà maintenant qu’ils font voler les camions. Libération.fr ne fait pas mieux lorsqu’il sous-titre : Après la pause dominicale de dimanche… A classer avec le projet d’avenir, la logorrhée verbale et l’hémorragie de sang. Jean Bernard. -------------------- o ----------------------


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Croisière sur la Seine Maman, les p’tits bateaux ont-ils des jambes ?... Non, mais, avec un guide passionné par sa région, ils peuvent avoir des yeux et des oreilles. La ligne du chemin de fer de Saint-Lazare à Saint-Germain-en-Laye était commode : 30 minutes de trajet pour desservir Chatou. Et entre Chatou et Bougival il y avait plusieurs iles qui étaient bordées de plages. L’une d’elles possédait même une guinguette, ce qui permettait à tous les « bobos » du XIXe siècle d’y trouver bal, baignade et canotage. Ce lieu fut appelé « La Grenouillère ». Les femmes qui s’y baignaient montraient leurs cuisses. Renoir trouva que la luminosité y était parfaite, il invita des amis peintres qui créèrent l’impressionnisme. Cette région était le Saint-Tropez de l’époque. On pouvait y voir Mistinguett et Maurice Chevalier qui garda son canotier pour monter sur scène. Les spéculateurs achetèrent les terrains aux maraîchers qui ravitaillaient Paris pour y construire de splendides villas. Le vélo apparut avec succès, il permettait de diversifier les promenades. Après 1910, pour éviter les inondations, la Seine fut canalisée et les petites îles se transformèrent en une grande île dépendant de Chatou et de Croissy. Pour ne pas faire de jaloux, on l’appela l’île des Impressionnistes. Jacquot Teppaz.


« Notre Amitié » n°134 Bulletin Anaaj Région Parisienne décembre 2012 page16/18

Le progrès Alors que nous étions jeunes Ajistes, des conférenciers nous expliquaient que la machine allait bientôt remplacer l’homme dans ses tâches. Des revues l’affirmaient, des livres l’expliquaient et les radios nous disaient que nous allions entrer dans la civilisation des loisirs. On y a cru. C’est dans ces années-là que la fonderie typographique s’est dispensée de mes services et j’ai dû me reconvertir. Dans le même temps, dans les années cinquante, une exposition graphique tenue au Grand Palais donnait à voir une machine à composer à distance. Ça n’était pas une fiction, elle fonctionnait sous nos yeux. D’autres de même type étaient en service dans la très catholique Imprimerie Mame, à Tours. C’est le progrès ! clamait-on alors. Ce progrès consistait à faire composer des textes sur une machine laquelle, branchée sur le téléphone, envoyait en quelques minutes toute la composition d’un livre depuis le domicile d’une dame qui assurait la frappe chez elle sur une bande perforée jusqu’à l’imprimerie où ledit livre passerait sous forme de pages de composition au plomb pour être imprimé. On appelait cela la « télécomposition ». Aujourd’hui, nous avons l’ordinateur et Internet. Les grands quotidiens nationaux ont tous des éditions de province mais une unique rédaction et un seul atelier de composition à Paris. Les textes mis en page enregistrent le bon à tirer simultanément à Paris, Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Lille. Dans ces années-là, j’ai lu dans L’Auto-Journal qu’il fallait 123 personnes à la chaîne Renault pour fabriquer une Dauphine. Ce chiffre incluait la sous-traitance et les commerciaux. Et, toujours dans ces années-là, est apparu insidieusement le terme devenu à la mode de productivité. On s’est alors souvenu d’un certain Winslow Taylor. Le taylorisme consiste en une organisation rationnelle du travail qui est divisé en tâches élémentaires, simples et répétitives, confiées à des travailleurs spécialisés. A chaque décennie, dix emplois étaient remplacés par des machines. Souvenez-vous des regards ébahis que nous portions alors sur les robots auxquels on confiait les tâches les plus risquées ou les plus nuisibles pour la santé, notamment aux presses et dans les ateliers de peinture. A ce jour, moins de vingt ouvriers suffisent pour sortir une berline 4 places sur la chaîne de montage. La machine remplace les manquants. C’est le progrès. Chaque ménage français devra posséder sa voiture, a alors proclamé haut et fort un ministre lors de l’inauguration d’un salon de l’Auto. Pour ce faire, au nom du progrès on allait produire et produire plus encore. Les chaînes tournaient 24/24. Pour en assurer la continuité, on faisait venir du Portugal, d’Algérie, du Mali, des ouvriers formés à la hâte et logés à la diable. Il fallait produire et produire toujours. Produire et écouler rapidement. On inventa le crédit automobile, on décréta qu’il faudrait prévoir des places de parking dans


« Notre Amitié » n°134 Bulletin Anaaj Région Parisienne décembre 2012 page17/18 les HLM, on décida d’un réseau autoroutier entre la France et ses voisins, on lança des tankers géants pour amener le carburant aux raffineries, on décida d’un périphérique autour des grandes villes, on élargit les routes nationales, on expropria pour créer des rocades. Négligeant le transport par fer, on a fermé les lignes « non rentables », développé le TGV et encouragé le tout-camion, système fortement soutenu par Bruxelles. C’est le progrès ! continuait-on d’expliquer. Elle est où, dans tout ça, ma civilisation des loisirs ? Tout dernièrement, l’autre rigolo nous en a fourni sa version en claironnant : travailler plus pour gagner plus. Avec Moulinex qui libère la femme (de son emploi), on voit où conduit le terme de productivité. On fait exécuter en Chine ou en Malaisie les objets du progrès et l’on offre les loisirs de Paul Emploi à ceux qui les fabriquaient jadis et à qui on demande de les acheter. Au nom de la Sainte Productivité. En 1938, à qui achetait une voiture on affirmait que c’était pour la vie entière. L’objet s’inscrivait dans la durée. Aujourd’hui, un représentant honnête vous confiera qu’une voiture doit durer cinq ans et pas davantage. Il faut que la machine tourne, que les chiffres de production soient à la hausse, que l’action PSA tienne la cote. Il se dit même que la carte-mémoire de certains appareils est program-mée pour limiter la durée de leur usage, que dans chaque appareil domestique il est introduit un « maillon faible » afin que ceux-ci soient tels qu’il sera devenu moins couteux de les remplacer que de les faire réparer (une imprimante informatique coûte 100 €, en panne près cinq années de service, il en coûte 75 € pour la faire réparer ou 90 € pour acquérir le dernier modèle plus performant). Produire, toujours produire ! Et le système nous rend captifs car ces objets du progrès qu’hier nous jugions à peine utiles sont devenus indispensables. Subrepticement, on est passé de la notion de production à celle de productivité ; ce dernier mot en cachait un autre, celui de compétitivité. Exprimé par des mots simples, cela revient à produire davantage afin de faire fructifier le plus rapidement possible l’argent investi. Si vous n’avez pas compris, écoutez ce qu’en dit un quotidien plus vendu à Neuilly qu’à Belleville : « On ne ramènera la compétitivité à un chiffre raisonnable pour l’investisseur qu’en pratiquant des coupes claires dans la valeur travail et en opérant des choix judicieux dans les investissements ». L’auteur de l’article a bien écrit : « la valeur travail ». C’est-à-dire l’ouvrier, celui qui produit, qui transforme la matière en objet. Pour s’en libérer, le robot est devenu l’ouvrier parfait. Des machines qui ne sont pas syndiquées, qui font le boulot sans heures sup et sans réclamer les 35 heures et des congés payés, qui opèrent 24/24 sans se mettre en grève et auxquelles on n’aura pas à servir une retraite face à des hommes sans travail et finalement sans moyens d’acheter ce que produisent les machines. Et ils osent appeler ça le progrès ! C’est ça, leur civilisation des loisirs ? L’In-Secte.


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BULLETIN INTÉRIEUR DES ANCIENS ET AMIS DES AUBERGES DE JEUNESSE Maison des Associations - Boîte 31 35-37, avenue de la Résistance - 93100 Montreuil

Parution en mars, juin, septembre et décembre Textes et dessins à adresser au plus tard pour le 30 du mois précédant la parution Responsable de la publication : Guy Brenier - 43, rue Henri-Barbusse - 91330 Yerres 01 69 48 31 72 - guy_brenier@orange.fr


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