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Table des matières

Septembre 2007 – N° 113!

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Edito – Notre questionnaire!

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Notre questionnaire… (suite)!

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Départs!

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Escapade au Mont-Dore !

6

Histoire vécue!

7

Une journée chez Claude Monet!

8

Histoire d’un fait divers ou… !

10

Le calendrier!

12

Le corbeau et le lapin!

13

Rentrée!

14

La page culturelle : Jean Vilar!

15

Prière d’un incroyant!

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Hommage à Raymond Devos!

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Septembre 2007 – N° 113

Sommaire Edito José Salamé Le Mont-Dore Histoire vécue Claude Monet Le corbeau et le lapin Jean Vilar Raymond Devos Prière d’un incroyant Les Bertin Le calendrier Profession UMP Fait divers Viollet-Mickey

2 3 4 5 6-7 8-9 10 11 12 13-14 15-17 18-19 20 21-22 23

Ceux qui espèrent courent derrière ceux qui prospèrent.


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Edito – Notre questionnaire Trente et une réponses au questionnaire concernant le contenu du bulletin. Bravo ! Aucune n’est anodine ni vaine, toutes sont pertinentes, nous en tiendrons compte dans la mesure du possible. Dans la mesure du possible car on fait ça qu’on peut avec ça qu’on a : c’est vous les rédacteurs. Un concert de louanges, dont le mérite revient à ceux qui ont parfois le courage de prendre la plume, confirme les remarques orales souvent entendues prouve que nous sommes restés dynamiques et lucides, et presque dans chaque réponse*, des commentaires édifiants et intéressants. On peut affirmer que, dans leur grande majorité, les copains approuvent les pages militantes, les articles d’orientation davantage que les comptes rendus de sorties (dans lesquels, n’y ayant pas participé, ils ne se retrouvent pas). Pour la nostalgie, nombreux sont heureux de revivre quelques pages de leur passé ajiste. Le sujet n’est pas inépuisable et les rédacteurs sont peu nombreux. G. Brenier. *) Au départ, une petite erreur rédactionnelle : j’aurais dû proposer de classer par ordre d’intérêt plutôt que d’attribuer des notes. Ça n’entache pas entièrement le résultat que vous lirez dans le prochain numéro du bulletin car des réponses continuent de parvenir.


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Notre questionnaire… (suite) Parmi les remarques spontanées (et pertinentes) des copains, on peut relever : « Je pense que ce qui fait un bon journal c’est la diversité des sujets et un juste équilibre de ceux-ci », « Merci de nous permettre de revivre ces souvenirs de jeunesse », « Réduire le nombre des pages », « Pourquoi ne pas pratiquer la parité pour le choix des articles ? » « J’aimerais davantage de débats sur les problèmes de société, nous sommes issus d’un mouvement populaire », « Pour les rubriques politiques, je suis un peu étonné qu’il n’y ait jamais d’opposition », « Ce sont souvent les mêmes qui écrivent dans le journal », « Le bulletin doit en premier nous aider à y voir plus clair dans la société actuelle comme l’était la presse ajiste naguère », « Tout m’intéresse, surtout le passé et l’histoire de l’Ajisme », « J’aimerais un équilibre entre le sérieux et le léger ou drôle, ou truculent », « Continuons le combat, camarades ! », « Je lis tout le bulletin mais je privilégie ce qui a trait aux problèmes actuels de société et aux prises de position », « Pourquoi pas des comptes rendus de livres, de films, d’expos à visiter ? ». Pour ce qui concerne le classement et la notation, la moyenne des notes (pondérée des variations saisonnières) donne grosso modo ceci par ordre décroissant d’intérêt : 1 ce qui se rattache à la mémoire ajiste ou non 8,23/10 2 ce qui a trait à la société présente 8,16 3 les prises de position qui engagent leur auteur 8,03 4 le passé et l’histoire de l’Ajisme 7,83 5 les articles documentaires 7,56 6 les relations de sorties ou de séjours 6,33 7 les souvenirs anecdotiques personnels 6,12 8 les petites histoires pompées sur Internet 5,81 9 10 Tous ceux qui ont répondu n’ont pas classé ou attribué de notes, nombreux ont répondu : « Tout me plaît » et, à une exception près, vous lisez tous le bulletin dans sa totalité. L’exception a pour elle deux excuses : son éloignement et sa vision déficiente. On retiendra : - que l’on peut réduire la pagination et nous en tenir à 24 pages, - que la nostalgie tient une grande place dans l’esprit des lecteurs, - qu’il n’est pas aisé de laisser s’exprimer une opposition laquelle semble confidentielle et n’a jamais été très active au sein du mouvement ajiste, - que les copains attendent du bulletin un moyen d’y voir plus clair ou de trouver un éclairage plus proche du regard qu’ils portent sur la société, - que l’on retrouve souvent les mêmes qui écrivent dans le journal. Eh oui, tu parles d’or, camarade… - que les articles documentaires plaisent mais il n’est pas toujours aisé de trouver un thème « porteur » à exploiter. En conclusion, ces réponses confirment l’esprit fédérateur dans lequel nous pratiquons, le besoin de conserver et d’entretenir le lien avec les idées qui furent celles de nos vingt ans et qui, quoi qu’on en pense, restent d’actualité. Guy Brenier.


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Départs Un militant, grand ami des AJ, nous a quittés : José Salamé Il n’était pas membre de l’AnaAJ mais beaucoup d’entre nous l’ont rencontré ou bien connu, dans les deux AJ tenues par sa femme, Renée, mère aub’, qu’il secondait efficacement : à l’AJ de l’île Sainte-Marguerite, au large de Cannes, entre 1948 et 1957, ou celle de Nice, près du Mont Boron, de 1958 à 1980. Catalan de naissance, il avait combattu dès l’âge de seize ans dans les rangs républicains espagnols, connu la défaite, l’exode à pied vers la France avec une blessure gangrenée et, après sa guérison, le sort difficile des réfugiés dits « apatrides ». Pacifiste, proche des milieux libertaires, très discret mais toujours prêt à l’action, il a soutenu maints combats et opérations de bénévolat ou de solidarité, entre autres dans l’aide aux enfants espagnols, sur place ou dans l’exil. Il avait récupéré sa nationalité espagnole à la mort de Franco. Retiré à Amélie-les-Bains avec sa femme (morte accidentellement en 1989) il est décédé le 18 juin 2007. Il venait d’avoir 87 ans. Ceux qui l’ont eu pour ami ne pourront l’oublier. Jeannette Skapowski.


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Escapade au Mont-Dore Nous   étions   quarante   pour   cette   semaine   auvergnate   plus   Manu,   le   sympathique   chauffeur,  et  Jean,  animateur  érudit  et  dynamique  (qui  nous  a  bien  fait  rire).     Le   premier   soir,   Griffette   s’est   mise   à   boiter   suite   à   un   éternuement   retenu   et   malencontreux  (la  consulter  pour  les  explications  médicales).     Par   chance,  à  part  la  veille  de  notre  jour  de  retour,   il  «  orageait  »  et  pleuvait  tôt  le  matin,   le  soir   et  la   nuit.   C’est   peut-­‐être  grâce  à   cette  humidité  ambiante   que  nous   avons  pu   admirer   les   belles   lumières   éclairant   les   paysages   insolites   modelés   par   les   coulées   de   lave   et   des   glaciers,   le   maillage   des   haies,   les   fermes   de   ci   de   là,   la   chaîne   des   puys,   les   nombreuses   nuances  de  vert   qui   enchantaient  nos  yeux,  les  lacs  où   trois  Anaajistes  se   baignèrent  et  nous   offrirent   un  spectacle   agréable   classé  X,   les   gorges   de  la  Dordogne   (Dore  et  Dogne)   et   patin   coufSin*.     La   visite   du   scénomusée   chez   Toinette   et   Julien   était   fort   intéressante.   Passant   de   l’exposition  des  outils  anciens,   des  photos  d’Auvergnats   aux  visages   rudes  comme  leur  climat,   à  la  vidéo  aux  effets  spéciaux  réalisés  par  ordinateur  et  réussis.     Désormais,  nous  sommes  imbattables  sur  deux  thèmes  :     1°  les   fromages  et   leur  fabrication,  la  différence  entre  cantal,  salers,  fourme  d’Ambert  et   saint-­‐nectaire  «  AOC  »,   2°  les  vaches  Holstein,  ferrandaises,  limousines  et  surtout   la   salers   aux  cornes  en  forme   de  lyre.     Le  pique-­‐nique   au   soleil  au  sommet  du  Puy  de  Dôme   était  «  nickel  »  comme  disent  les   jeunes  et,  dans  ce  cadre,  quel  plaisir  !   *) Ce qui veut dire etc d’après notre guide.

Pour  la  partie  culturelle,   passages  et  visites  de  la   cathédrale,   basilique  et  le  musée  des   Templiers  dans  la  jolie  ville  médiévale  de  Salers,  un  bijou.     Pour  les  repas,  adieu  les  régimes  et  vive  la  truffade  et  la  potée  auvergnate.   Pour   la   santé,   les   thermes   du   Mont-­‐Dore   ont   permis   à   certain(e)s   de   puriSier   leurs   narines  délicates.     Pour  les  plantes  :  les   jolies  Sleurs  étaient  présentes   et  nous  avons  fait   connaissance  de   deux   inconnues   jusque-­‐là   :   le   torche-­‐cul   des   bûcherons   garnissant   les   bords   de   route   et   surtout  la  «  grafougnasse  »,  de  la  famille  des  «  œcunidées  »  (aucune  idée).     Pour  ma   part,  je  n’ai  pas  regretté  de  m’être  inscrite  pour  ce   voyage,  dix  ans  après   mon   premier  séjour.  J’étais  ravie  et  merci  à  Griffette  de  nous  l’avoir  organisé  et,  surtout,  je  vous  dis  :   C’est  beau  le  Cantal  !* *)  Souvenir  d’une  expression   maintes   fois  répétée  par  notre   guide  cantalou  et  reprise  en  chœur  dans  le   car.  

Annette.

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Histoire vécue Elle avait apporté son sac de couchage…. Elle a fait son lit et, le soir, s’est glissée dedans rêvant à la nuit sereine qu’elle allait ainsi passer. Le matin, l’œil courroucé – ce n’était pas son habitude – à la question rituelle « T’as bien dormi ? » elle nous répondit par des grognements…. Il s’était passé quelque chose. Dans la matinée, nous l’avons retrouvée, penchée sur son ouvrage (le drap) et tirant des plans sur la comète pour s’assurer que la nuit suivante ne ressemblerait pas à la précédente où une bataille rangée s’était déroulée entre elle et son sac de couchage : trop court… Il fallait y remédier. Elle trouva dans les torchons un bout de tissu convenable pour élargir l’objet et se mit à l’ouvrage. Elle plaisantait enfin !... On pensait qu’elle avait trouvé une solution adéquate à son problème. Elle cousait à petits points serrés sur toute la longueur du sac des morceaux de tissus divers qui, à bien y regarder, ressemblaient à un superbe patchwork du plus bel effet. Le lendemain, mal nous en prit quand, benoîtement, nous posâmes la question traditionnelle : « Alors, bien dormi ? » Elle nous mit alors sous le nez l’objet du délit dont quelques coutures avaient cédé à la suite de mouvements trop nerveux survenus dans la nuit. Elle reprit toutes les coutures et les renforça. Le lendemain, elle se plaignit d’irritations de peau causées par lesdites coutures et décida de coucher désormais dans son sac « à l’envers », ourlets à l’extérieur. Nous respirions ! Mais, étant coutumière d’une éternelle perfection, elle voulut parfaire son œuvre en y adjoignant un joli revers à fleurs l’isolant enfin de la laine rugueuse de sa couverture. Elle put enfin trouver le sommeil dans un lit douillet, à sa convenance, confectionné avec amour par ses doigts experts. Notre Pénélope était comblée mais il nous manquait quelque chose : la cérémonie du matin, animée des récriminations de la cousette, avec force détails sur les péripéties de sa nuit passée. Désormais calmée, elle brodait sagement un joli napperon et passait des nuits sereines, allongée dans son chef d’œuvre. Nous, on aurait bien voulu d’autres chapitres à cette épopée couturière mais nous sommes restées sur notre faim !!! Griffette. -­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­-­


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Une journée chez Claude Monet Nos amies (les deux sœurs), Denise et Jacqueline, nous avaient concocté le 30 mai une sortie intitulée « Une journée chez Claude Monet », donc à Giverny où il s’installa en 1883. Tous les copains étaient donc là, tôt (8 h 15 gare Saint-Lazare). Trente et un seront présents à Giverny. La matinée fut consacrée à la visite des jardins et de la maison. Les jardins : palette de fleurs, petites roses bordant les allées, touches de couleurs mêlées ou juxtaposées, forêts de bambous, enchantement des teintes et beauté des eaux courantes… Monet, c’est le principal représentant de la peinture impressionniste. Né en 1840, il y mourut en 1926. Il repose près de l’église du village. Bien sûr, il vint ici pour son jardin, pour le jardin d’eau – un étang couvert de nénuphars – pour les petites rivières qui le traversent. A partir de 1900 et jusqu’à la fin de sa vie, il s’attacha à peindre le bassin aux nymphéas – collection dont il fit don à l’Etat. Les Impressionnistes Avant les impressionnistes, le sujet favori des peintres est le thème historique, allégorique ou les scènes à personnages. Son tableau « Impression - soleil levant » exposé en 1874 donna son nom à cette école. Ils sont une équipe de peintres liés d’amitié : Renoir, Sisley, Bazille, qui avaient le goût de la spontanéité. L’impressionnisme consacre les thèmes de sujets choisis dans la vie quotidienne ainsi que la peinture de plein air. Une toile colorée, inondée de lumière, très différenciée et subtile, voilà leur idéal. Ils bannissent les tonalités sombres, cherchent l’action conjuguée du soleil, de la lumière et de l’air. Ce sont les peintres de la joie, des fleurs, des femmes séduisantes, de la fête. Tout baigne dans une atmosphère colorée et vibrante. Cette peinture « au motif » fut favorisée par l’invention de la couleur en tubes. Monet consacre sa vie à l’étude de ces sensations visuelles mobiles et aux nuances de la couleur. Ses séries « Gare Saint-Lazare », « Cathédrale de Rouen », « Meules », « Peupliers », lui permirent d’exercer sa vision sur un maximum d’apparences. Il vécut donc ici pour « vivre son jardin ». « Voici mon atelier » s’exclama-t-il en le montrant à un de ses visiteurs. Restauré en 1977, le Clos Normand est ouvert depuis au public – et du public il en vient beaucoup, par cars entiers – en ce jour du 30 mai.


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Le soleil n’était pas trop de la partie mais la verdure des grands arbres, les floraisons avaient aussi leur charme. La maison de Monet, c’est un havre de paix, de confort en toute simplicité, une façon moderne du bonheur de vivre en toute convivialité. Et, dans la salle à manger faite pour les grandes tablées, aux meubles peints d’une grande gaieté, nous avons pu admirer quelques estampes japonaises dont il fut collectionneur. Estampes de grands maîtres : Hokusai (mort en 1849), Hiroshige (mort en 1858). Hokusai, le vieil homme fou de dessin introduisit la nature dans sa peinture. Ses 36 vues du mont Fuji révèlent son génie de peintre paysagiste. Quoi de plus normal que Monet fut enthousiasmé par la découverte de cette école de peinture. Rappelons que la peinture japonaise était peu connue puisque le Japon ne s’ouvrit au monde qu’en 1868. Après le repas, retour à Paris pour certains et, pour d’autres, visite du musée américain. Entre 1885 et 1915, une colonie d’artistes américains impressionnistes va travailler près de Claude Monet – tout comme ils le firent à PontAven – ailleurs aussi peut-être. Pour nous, leurs noms sont inconnus. C’est donc une découverte intéressante. L’après-midi se poursuit par une balade dans les rues du village, fleuri bien sûr. Une débauche de roses… et c’est le moment du retour jusqu’à la gare SaintLazare d’où partit le premier train pour la nature, gare représentée par les peintres… dont Monet. Tout s’enchaîne. Merci à nos deux organisatrices, ce fut une bonne journée. Paulette.


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Histoire d’un fait divers ou… comment raconter l’histoire Qu’est-ce qui distingue une catastrophe d’un fait divers ? La distance qui nous en sépare et rien d’autre, dit-on. Quoi que… Lundi 22 juillet Le Parisien Aujourd’hui en France traite pleine page une d’une catastrophe qui endeuille le pays tout entier et un pays ami. A Vizille, dans l’Isère, la descente de Laffrey a encore tué : vingt-six pèlerins polonais meurent carbonisés, une quinzaine sont gravement blessés. Ils descendaient de Notre-Dame-de-la-Salette où ils venaient de se recueillir dans la prière. Cette descente de Laffrey, nous la connaissons tous, nous l’avons tous empruntée. Ils revenaient de Fatima et de Lourdes (sans doute se rendaientils à Lisieux ?). Vingt-six morts nécessitent le dépla-cement de quatre ministres et du chef de l’Etat que l’on voit passer en boucle sur toutes les chaînes de télévision. C’est normal, il s’agit assurément d’une catastrophe nationale. Les pèlerins polonais étaient vingt-six. C’est aussi le nombre des journalistes qui ont été passés par les armes en 2006 à travers le monde. Cent vingtquatre, c’est le nombre de ceux qui, reporters, chroniqueurs, attendent en prison d’être jugés. Pour quel crime ? Le même jour ou presque : Cinquante-quatre Burkinabés, Maliens, Camerounais et Nigériens périssent noyés au large des îles Canaries, leur bateau de fortune, surchargé, s’étant retourné dans les vagues. Ils voulaient faire vivre décemment leur famille, Quarante-deux shiites (ou sunnites) perdent la vie sur un marché proche de Bagdad parce qu’un fanatique sunnite (ou shiite) s’est fait exploser avec sa ceinture de dynamite. Ils n’avaient qu’à être sunnites (ou shiites), ça n’arriverait pas, Cinq cents Hongrois décèdent, victimes de la canicule qui sévit dans toute l’Europe Centrale. Dans la région du lac Balaton, on en compte un parmi eux qui est d’origine française. Il occulte les 499 autres, En Afghanistan, les Talibans, ces étudiants intellectuels barbus qui promènent leurs mères et leurs sœurs drapées sous de longues lessiveuses noires, exécutent froidement 23 otages, des impies,


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Au Bangladesh, en Inde, on parle de 2.200 morts, de 30 millions de sans-abri à la suite des inondations qui sévissent cet été. 30 millions, ça ne veut rien dire, c’est une approximation, On évalue entre trois cents et quatre cents le nombre des enfants et des femmes qui meurent chaque jour pour rien au Darfour. Un détail comparé au cas de Bartez qui, souffrant de la cuisse, ne pourra pas jouer contre Monaco. Pendant ce temps, un homme connu (aisé mais modeste), reçu en grande simplicité chez un de ses amis (anonyme mais fortuné) se fait agresser par des paparazzi qui nuisent à son honneur, à la tranquillité des siens alors qu’ils passaient des vacances paisibles et discrètes en famille, à l’abri des regards, sur les bords d’un lac états-unien. Voilà que la presse en fait sa une, s’insurge contre ces gêneurs au nom des valeurs et de l’éthique qui régissent la profession. Radios et télés s’emparent du fait divers pour en faire un fait de société, une « affaire » de droit public international. Le fait divers nous émeut, nous touche tous dans notre honneur et nos convictions, nous oblige à réagir. Ce que ne manquent pas de faire avec zèle les chroniqueurs unanimes qui, soudain pris d’une amnésie collective, oublient l’autocar polonais, les 42 shiites (ou sunnites), les 26 journalistes assassinés, les 23 otages passés par les armes et les 30 millions de sans-abri d’Asie du sud. A propos de la presse écrite, Le Courrier international s’interroge sur le fait de savoir comment il va devenir possible pour ses confrères de traiter du moindre fait (divers, politique ou de société) sans donner en priorité l’opinion du Président Sarkozy, sans citer au moins deux fois le nom de Nicolas Sarkozy, sans faire figurer le président Sarkozy dans le titre et dans la conclusion de l’article. Nous assistons de jour en jour à un matraquage visuel et sonore qui n’aura de cesse qu’après la publication du fait divers nous annonçant qu’il a succombé à une crise (cardiaque, de confiance, d’autorité, de nerfs, d’égo, autres…). G. Brenier.


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Le calendrier D’où viennent les noms des mois ? Qui ne connaît pas le calendrier des Postes ? Chaque année, il présente sur un seul tableau la succession des jours, des semaines et des mois, les phases de la Lune, les fêtes principales de l’année, les noms des saints et quelques événements de la vie nationale. Se doute-t-on qu’il est l’héritier de l’Almanach royal, publié sous l’Ancien Régime, lui-même héritier du calendrier placé en tête des Livres d’Heures ? Les premiers calendriers ont été des calendriers lunaires, fondés sur le cycle de la Lune, à l’origine du découpage de l’année en mois. C’est pourquoi, dans les civilisations, dans certains pays, le calendrier lunaire a cédé la place à un calendrier solaire, fondé sur le cycle des saisons. La date du commencement de l’année a varié selon les peuples et les époques. Chez les Romains, Romulus la fixe au 1er mars tandis que César la fixe au 1er janvier. En France, l’usage a longtemps varié selon les provinces. Au XIIe siècle, l’Eglise fixa le début de l’année à Pâques. En 1564, Charles IX le rétablit au 1er janvier. Sous la Révolution, la Convention nationale fit coïncider l’année civile avec les saisons, en décrétant que l’année débute le jour de l’équinoxe d’automne, elle fut instituée le 24 octobre 1793 et demeura en usage jusqu’au 1er janvier 1806. Ces mois étaient : pour l’automne : Vendémiaire, Brumaire et Frimaire, pour l’hiver : Nivôse, Pluviôse et Ventôse, pour le printemps : Germinal, Floréal et Prairial, pour l’été : Messidor, Thermidor et Fructidor. Mais revenons aux mois. Nous sommes en l’année 46 avant Jésus-Christ, calendrier julien. A cette époque, les mois commencent en mars pour se terminer au mois de février. Mars : dédié au dieu de la guerre, Mars. Avril : du latin aprilis, ouvrir, mois des bourgeons. Mai : doit son nom à la divinité Maïs. Juin : se disait en latin Janius. Juillet : devint Juilius puis juillet au XIIIe siècle. Août : du latin augustus, consacré par les augures. Septembre : du latin septem, sept. Octobre : du latin octo, huit. Novembre : en latin, novem signifie neuf. Décembre : du latin décem, dix, il était le 10e mois. Janvier : dédié à Janus, dieu des passages. Février : du latin februare, purifier, c’est le mois des purifications. Cela fait des millénaires que l’homme « attrape » le temps pour organiser sa vie. Sans doute nos ancêtres préhistoriques se contentèrent-ils du jour et de la nuit pour rythmer leur existence. Les observateurs attentifs de la nature s’aperçoivent que la Lune et le Soleil étaient soumis à des cycles réguliers qui permettaient de donner des repères pour déterminer une journée, un mois, une année… Le calendrier était né car il répondait à un besoin vital de l’homme, toujours préoccupé de se situer dans le temps et dans l’espace. Nous vivons aujourd’hui dans une société mais il suffit de consulter le calendrier des Postes pour nous apercevoir que notre existence quotidienne se meut dans un environnement perpétuel. Thomé Maurice.


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Le corbeau et le lapin Maître Corbeau sur un arbre perché Restait à ne rien faire toute la journée. Un lapin voyant ainsi la corbeau, L’interpelle et lui demande aussitôt : « Moi aussi, comme toi, puis-je m’asseoir et ne rien faire du matin jusqu’au soir ? » Le corbeau lui répond de sa branche : « Bien sûr, mon ami à la queue blanche, je ne vois rien qui pourrait t’en empêcher ». Blanc lapin s’assoit alors par terre, et sous l’arbre reste à ne rien faire. Tant et si bien qu’un renard affamé, voyant ainsi le lapin somnoler, s’approchant du rongeur en silence, d’une bouchée en fait sa pitance. Moralité : Pour rester assis à ne rien branler, Il vaut bien mieux être très haut placé. Michel Dufay. -------------------------------------


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Rentrée Ce matin, 1er août, je pense aux millions de vacanciers qui vont rentrer de leur séjour bien mérité de repos et les autres, bronzés comme des bâtons de flic, qui vont aspirer à la détente. Pour les premiers, leur tête sera remplie de beaux souvenirs mais aussi d’une certaine amertume en songeant à la reprise et à ce que cette année de labeur leur apportera. Et là, le journalier va leur péter à la… figure. Augmentation des prix (bien entendu), 5 à 10 % sur l’alimentation, une bonne claque aux assurés sociaux et aux retraités, par une franchise sur les médicaments, les soins infirmiers, les ambulances, jusqu’à 50 € annuels pour financer le coût de la maladie d’Alzheimer et qui doit rapporter – d’après nos experts bien pensants – huit cent cinquante millions d’euro. Et, puis ce gouvernement, comme d’autres l’ont fait depuis des décennies, piochera dans cette manne un jour ou l’autre pour financer les aides patronales et les parachutes dorés. Le retour des congés sera dur pour les millions de citoyens qui auront cru bien faire en enfournant Sarko dans l’urne. Les autres (comme vous et moi) dix-sept millions quand même, ne seront pas étonnés car ce Badinguet de pacotille use d’une démagogie pour plaire aux individus de tout poil, nostalgiques des croix de feu, Action française et autres cagoulards. Le Pen a bien vu à qui il avait affaire. Aux XVIIIe et XIXe siècles, les « partageux » descen-daient dans la rue lorsque le pain augmentait d’un sou. A présent, ceux qui ont le moindre boulot descendent à la banque pour obtenir des prêts. Et cinq millions sont dans la misère. Salut à toi, Dame Bêtise. Vive le Libéralisme ! Mickey et Daniel Viollet.


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La page culturelle : Jean Vilar

Cette année est celle du 60e anniversaire de la création du Festival d’Avignon. Bonne occasion de rappeler le souvenir de Jean Vilar. Dans toute l’histoire du théâtre il n’existe nulle part ailleurs une période aussi exceptionnelle que celle du Théâtre National Populaire. Tous les groupes ajistes étaient de fervents spectateurs du TNP. Les spectacles nous ont laissé des images inoubliables de grands acteurs : Gérard Philipe, Maria Casarès, Sylvia Monfort, Daniel Sorano, Philippe Noiret, Pierre Vaneck, Suzanne Flon, Germaine Montero, Georges Wilson, Christiane Minnazoli… Quelle pléiade d’acteurs  ! Que de personnages multiples sur scène  : Mère Courage, Lorenzaccio, Henri IV, Ubu, Richard II, Ruy Blas, Don Juan, Macbeth, Arturo Ui, Marie Tudor, Danton… Vilar nous a donné le goût des bons auteurs  : Shakespeare, Molière, Corneille, Pirandello, Musset, Hugo, Brecht, Kleist, O’ Casey… Quelle émotion nous ressentions alors. Nous étions littéralement transportés. Un sentiment très fort que ce théâtre nous « élevait » culturellement. Enfin, le théâtre était accessible aux gens qui travaillent, longtemps tenus à l’écart de la culture, du savoir culturel de qualité. Cet accès à une connaissance théâtrale, nouvelle pour nous, les jeunes des années 55, représentait une incomparable richesse, un épanouissement inappréciable. Les spectacles auxquels nous assistions avaient un prolongement dans bien des foyers : des discussions s’en suivaient qui parachevaient notre ouverture au monde. Le TNP a vécu, mais il a fait école. De nombreuses compagnies ont repris le flambeau à leur façon : Planchon, Chéreau, Mnouchkine, Vitez et de jeunes compagnies de province impulsent la continuité d’un théâtre de qualité accessible au plus grand nombre. Jean Bernard. En douze ans, Jean Vilar a monté 81 spectacles pour 5.000.000 de spectateurs.


« Notre Amitié » n°113 Bulletin Anaaj Région Parisienne septembre 2007 page16/18

Prière d’un incroyant Ô toi,  Dieu  créateur  de  toutes  choses   -­  du  moins  à  ce  que  disent  tes  laudateurs  – maître  du  monde,  ordonnateur  de  l’Univers,   je  te  lance  un  appel  : Où  es-­tu  ?  Que  fais-­tu  ?   montre-­toi,  ne  serait-­ce  qu’une  fois,   juste  un  geste,  un  seul  petit  geste,   le  monde  a  besoin  de  toi,   il  n’a  que  trop  attendu.   Des  hommes  crient  dans  les  prisons, que  l’on  réduit  au  silence,  que  l’on  torture,   dont  on  brise  à  la  fois  le  corps  et  l’esprit…   Des  bébés  meurent  par  milliers,  exsangues,   accrochés  au  sein  desséché  de  leur  mère,   d’autres  s’épuisent,  hors  de  l’enfance,   à  des  travaux  exténuants  d’adultes…   Des  adolescents  sans  expérience  sont  livrés   aux  turpitudes  de  la  luxure,   des  jeunes  succombent  aux  paradis  artiJiciels,   des  hommes  et  des  femmes,  toujours  plus   nombreux,  brisés,  humiliés,  avilis,   descendent  peu  à  peu  dans  l’ordre  social   et  se  clochardisent,  sans  toit,  sans  travail,   sans  perspective  de  remonter  un  jour  la  pente…   Solitude  de  personnes  âgées  et  de  malades   dont  la  souffrance  et  la  douleur  sont  muettes…   Guerres,  violences,  génocides,  exodes,  famines,  


« Notre Amitié » n°113 Bulletin Anaaj Région Parisienne septembre 2007 page17/18

la mort  est  partout,  dans  le  bruit  des  armes…   Ô  toi  qui  vois  tout  (sacré  veinard  !) toi  qui  te  tiens  peinard,  dit-­on,   sur  un  petit  nuage  au  plus  haut  des  cieux,   entouré  de  tes  anges  adorateurs,   serais-­tu  insensible  à  tant  de  misère  ? Moi,  sur  terre,  je  fais  ce  que  je  peux   pour  qu’un  peu  de  douceur  entre  dans  nos  vies,   c’est  peu  car  il  y  a  beaucoup  à  faire,   c’est  pourquoi  j’implore  ton  aide  :   il  faut  une  force  dynamique,  fût-­elle  céleste   pour  remettre  les  choses  en  bon  état  de  marche. Toi  qui  es  Dieu  le  Père  tout  puissant   descends  de  ton  piédestal  :   Interviens,  s’Il  te  plaît,  Vite.   Alors  je  dirai  :  «  Merci,  mon  Dieu  ».   Pari  tenu  ?  Chiche  !   Jean  Bernard. -----------------------------


« Notre Amitié » n°113 Bulletin Anaaj Région Parisienne septembre 2007 page18/18

On ne prête qu’aux riches. On leur prête même de bons sentiments.

Hommage à Raymond Devos Pour l’anniversaire de la mort de Raymond Devos, disparu le 15 juin 2006 à l’âge de 83 ans, au questionnaire de Proust dans L’Express, à la question : Comment aimeriez-vous mourir ? il répondit : « Par distraction ». L’homme avait réussi à construire un univers absurde et poétique, par exemple, l’art d’accommoder une scène de repas, un sketch. Il dit : « J’étais au restaurant et, à la table voisine, deux hommes parlaient en mangeant. Et je voyais qu’en parlant ils s’envoyaient des morceaux d’aliments à la figure : donc ils alimentaient la conversation ! Et à mesure que les mets arrivaient, ils se sont mis à parler en mangeant. Ils se coupaient la parole sans se couper l’appétit, si bien qu’ils se sont mis à mâcher leurs mots et à articuler leurs mets ! Ensuite, ils se sont mis à ventriloquer et c’était à qui aurait le dernier rot. » Devos, Les mets de la fin. Une admiratrice, Françoise Villefranche. ---------------------------

Notre Amitié n°113 septembre 2007  

Journal trimestriel des anciens et amis des auberges de jeunesse de la Région parisienne. Reflète la vie de l'association, mais apporte auss...

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