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Association des Amis du Temps des Cerises

Numéro 62 10 novembre 2013

Tel.: 06 86 16 04 30 amistempsdescerises@ouvaton.org

www.amistempsdescerises.org Des actions destinées à réaliser des économies d’échelle dans les services publics devraient être renforcées. Nous faisons confiance aux gouvernements pour prendre toutes les actions appropriées. Mario Draghi, Jean-Claude Trichet En cette belle saison automnale de notre hémisphère nord, l’air y est doux, agréable...On imagine que l’on pourrait avoir l’esprit et le coeur léger... dans ce beau pays qu’est la France, mais pourtant de façon paradoxale l’atmosphère est lourde, pesante, l’inquiétude, voire la peur est là aussi, bien présente. Cet état d’esprit est le résultat de l’immense déception, vécue par ceux qui pensaient qu’une autre politique serait menée. Il n’en est rien...! On pourrait dire selon une formule bien connue, que la désespérance est à la hauteur de l’espérance «promise». Le gouvernement qui se presente comme social-démocrate poursuit en réalité une politique libérale, il est social-libéral ! Le libéralisme est devenu sa doctrine, son mode de pensée et d’action, allant même jusqu’à reprendre non seulement les concepts, mais aussi le langage. Appliquant avec scrupule les directives imposées par la «Troïka» (Commission Européenne, Banque Européenne, FMI). En réponse aux trahisons qui se succèdent, pour satisfaire les exigences de la finance et du Medef, la politique d’austérité avance inexorablement avec son cortége de pauvreté, de chomage, de précarité, de baisse des salaires.... Comment les citoyens vont-il réagir? Là encore les médias font leurs oeuvres... Tout le monde a conscience qu’il y a une montée des nationalismes, des racismes, des droites qui se radicalisent vers l’extrême droite. Cette situation peut servir les intérêts apparemment contradictoires de certains... On ne peut oublier cette formule terrible : «Plutôt Hitler, que le Front Populaire». Il n’ y aurait pas d’alternative... Comme il est étrange que pour les médias, il n’existerait qu’une gauche, celle des solfériniens au pouvoir.... Face à la médiocrité, la vulgarité, l’affairisme ambiant, comme il est salvateur de revenir en arrière, de faire revivre des hommes qui nous ont éclairé, qui ont sû nous faire approcher ce que les humains peuvent donner de meilleur, de sublime parfois. Je reprendrai mot pour mot ce passage écrit par Pierre Juquin au sujet d’ARAGON. «Une poésie savante est devenue chanson de tout le monde. A la mairie, et parfois dans les églises, les mariés écoutent : Que serais-je sans toi?». On chante ARAGON-FERRAT aux réunions de famille, au bal de l’amour, au départ des manifs, les coeurs battants, parfois aux enterrements… Une partie de notre histoire et de notre culture commune est transmise par l’art le plus immédiatement populaire, vivant et éternel, «tant qu’il y aura des hommes». La Littérature, la poésie et l’Histoire seront au rendez-vous au RIO avec la présence de Pierre JUQUIN, Bernard VASSEUR, et Fabice PERRONNEAU. Ce dernier est un merveilleux «diseur». La présentation de ce 2° Tome sur ARAGON «Un destin Français- 1939-1982», sera également illustré par un documentaire. Le monde est agité, le redécoupage de celui-ci en fonction des zones d’influences est en mouvement. Sans doute, l’intervention de l’OTAN en Syrie, qui risquait d’embraser le Moyen-Orient et sa periphérie a été évitée, grâce à des démarches diplomatiques. Cet été, des négociations entre Israël et l’autorité palestinienne se sont déroulées, malgré un contexte de provocation de Tel-Aviv, qui dans le même temps qu’il liberait des prisonniers palestiniens, annonçait une nouvelle vague de colonisation à Jérusalem-Est annexée. C’est la construction de 2000 logements que le gouvernement israëlien a annoncé dans les colonies de Cisjordanie et à Jérusalem-est...Et c’est bien cette poursuite de la colonisation dans les territoires palestiniens qui détruit le processus de paix. Julien SALINGUE, directeur de recherche au CNRS, spécialiste du Proche-Orient entreprend d’enrichir le champ des études sur ce conflit, en se demandant si l’Etat d’Israël peut être qualifié d’Etat d’apartheid. «L’une des principales caractéristiques de l’apartheid, terme qui signifie, en africaner, «séparation», est la dimension institutionnalisée des discriminations, en se concentrant sur ce qui réglemente, norme et organise le vécu, à savoir : politiques, réglementations et législations» Crises de l’Euro, dettes souveraines, guerres, conflits, occupations se multiplient en ce début de XXlème siècle. Comment analyser la mondialisation économique et financière? Alain JOXE, spécialiste des questions stratégiques, directeur d’étu-


des à l’EHESS, nous aide à comprendre comment cet état de guerre permanent correspond à l’émergence d’une nouvelle forme d’impérialisme, qui ne repose plus sur aucun empire national, mais au contraire sur la disparition des Etats au profit d’entreprises transnationales parfois mafieuses. «La candidature à une souveraineté des entreprises est à l’oeuvre depuis une vingtaine d’année. L’idéologie néolibérale utilise les divisions identitaires pour esquiver l’unité des classes dominées qui s’organisaient depuis le XlXéme siècle dans le cadre des Etats.» Son livre s’intitule «Les Guerres de l’empire global». Il faut ajouter à cela, la réflexion qu’il porte sur l’intrication entre la «Technique» et le «Politique». C’est ainsi que nous pourrons aussi nous interroger sur le rôle de la France dans la dernière guerre que nous faisons après celle de la Libye. Le 10 janvier 2012, François Hollande engage l’armée française au Mali dans l’«Opération Serval», pour enrayer une offensive de groupes armés qui occupent les deux tiers du pays.... La France «gendarme de l’Afrique» ? Est-ce les intérêts du peuple malien qui sont défendus ? «La France en guerre au Mali; enjeux et zones d’ombres» est le titre de l’ouvrage du collectif «SURVIE», coordonné par Juliette POIRSON et Fabrice TARRIT. On nous parle beaucoup de la dette des Etats, mais beaucoup moins des folles dérives de la finance mondiale qui ont permis de vendre des milliers d’emprunts dits «toxiques», semant des bombes à retardement dans les comptes des villes, des départements, des hôpitaux ou des sociétés d’économie mixte et qui menacent toujours d’exploser. La banque Dexia, (ex Crédit local de France) est l’une de celles qui a élaboré avec une ampleur inégalée, des produits hautement spéculatifs, véritable «machine de guerre», faite pour conquérir les élus et leur vendre ces prêts venimeux. Ceci a eu pour conséquences d’étrangler des collectivités par des taux d’intérêts qui avoisinent les 40 %, et le risque financier qui pèse sur le monde local est estimé à 19 milliards. Ce sont bien les contribuables qui devront assumer les dégâts de ce scandale financier. C’est cette enquête qu’ont mené à partir de témoignages et de documents inédits, Nicolas CORI et Catherine Le Gall, et qui sera présentée avec leur livre intitulé «Dexia, une banque toxique» Enfin, nous devions terminer notre cycle 2013 avec la venue de Rachel SAADA, avocate spécialiste en droit social, qui avec Marie PEZE et Nicolas SANDRET, ont rédigé un livre «Travailler à armes égales», véritable outil élaboré par le réseau de prise en charge de la souffrance au travail. Nous avons appris deux jours avant d’imprimer ce bulletin, l’impossiblité pour elle d’être présente. Ce rendez-vous est réporté à une date ultérieure. Une autre conférence «surprise» sera programmée.

Jeudi 7 novembre 2013 - 20 h - UFR LLSH – Amphi 2 – 29, boulevard Gergovia

Pierre JUQUIN, Bernard VASSEUR et Fabrice PERONNAUD « Aragon, un destin français » 1939-1982 (2ème tome) Pierre Juquin a mis au jour des inédits et des introuvables, dépouillé des archives et des collections, recueilli d’innombrables témoignages, exploré les documents qu’Aragon et Elsa Triolet - couple mythique - ont légué à la France. Une monumentale et passionnante enquête qui ne laisse dans l’ombre aucune énigme, familiale, politique, littéraire ou même intime, pour livrer cette somme qui fera référence, tout en se lisant comme un roman. Projection d’un documentaire. Entrée : 3 €. Partenariats : Les Amis de l’Huma 63, Cinéma Le Rio, Editions de la Martinière.

Jeudi 14 novembre 2013 - 20 h - UFR LLSH – Amphi 2 – 29, boulevard Gergovia

Julien Salingue

Doctorant en science politique à l’Université Paris 8, ancien enseignant à l’Université d’Auvergne et à Paris 8, ses recherches portent sur le mouvement national palestinien et sur les dynamiques politiques, sociales et économiques en Palestine.

« Israël, un Etat d’apartheid ? »

La démarche consistant à se demander si l’Etat d’Israël peut être qualifié d’Etat d’apartheid n’est pas idéologique mais scientifique : elle se fixe pour principal objectif d’enrichir le champ des études consacrées au conflit opposant Israël aux Palestiniens. Il s’agit d’observer une réalité maintes fois étudiée, mais en modifiant le point de vue, c’est à dire le point depuis lequel on voit. La mise à l’épreuve du concept d’apartheid, notion juridique définie en droit international, permet en effet de jeter un regard nouveau sur la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens, et de sortir des approches dites « équilibrées », avatars idéologiques de la fiction du « processus de paix ». L’une des principales caractéristiques de l’apartheid, un terme qui signifie, en afrikaans, « séparation », est la dimension institutionnalisée des discriminations. Il ne s’agit donc pas de s’intéresser prioritairement aux conditions de vie ou au vécu des Palestiniens, mais de se concentrer sur ce qui réglemente, norme et organise ce vécu, à savoir les politiques, réglementations et législations israéliennes. La démarche adoptée n’est cependant pas strictement juridique, puisqu’elle consiste, à observer et collecter des faits, à les organiser sous forme d’objets de connaissance et à les analyser en les confrontant à l’idéal-type « d’apartheid ». Partenaires : UFR LLSH, SUC, Association France Palestine Solidarité 63 (AFPS), Editions l’Harmattan.


Jeudi 21 novembre 2013 - 20 h - UFR LLSH – Amphi 2 – 29, boulevard Gergovia

Alain JOXE

Sociologue et chercheur en géopolitique, directeur d’études à l’EHESS, président du CIRPES (Centre interdisciplinaire de recherches sur la paix et d’études stratégiques)

«Les Guerres de l’empire global»  

Crise de l’euro et des dettes souveraines, occupations qui s’éternisent en Afghanistan ou en Palestine, restrictions des libertés liées à la lutte antiterroriste, corruption des élites, soulèvements des peuples : comment comprendre ce sombre panorama des premières années du XXIe siècle ? Comment expliquer que les États et l’ONU ne parviennent pas à enrayer cette spirale de désordres ?   La mondialisation de l’économie et de la finance vise à accumuler des profits sans limites, à enrichir les riches et appauvrir les pauvres. Une nouvelle noblesse rentière dénationalisée consacre ainsi la souveraineté des entreprises, au détriment de la fonction protectrice des États. Cette profonde mutation politique conduit à transformer les missions militaires en doctrines policières. Et un nouvel arsenal informatisé surgit (drones et munitions spéciales), utilisable contre les soulèvements populaires dans les pays du Sud comme du Nord. Alain Joxe montre ainsi comment la « révolution électronique » a entraîné à la fois la gestion informatisée des « marchés » et la robotisation de la guerre.  Une mobilisation éthique commence en faveur de la conversion de l’Ancien Monde en union fédérale solidaire, qui seule pourra restaurer la démocratie sociale à bonne échelle en maîtrisant la guerre économique.

Partenaires : UFR LLSH, SUC, Editions La Découverte.

Jeudi 5 décembre 2013 - 20 h - UFR LLSH – Amphi 2 – 29, boulevard Gergovia

Juliette Poirson et Fabrice Tarrit «La France en guerre au Mali, enjeux et zones d’ombres»

Ouvrage coordonné par

Le 9 janvier 2013, le mouvement vers la ville de Mopti des groupes armés qui occupaient depuis plusieurs mois le nord du Mali, conduit les autorités maliennes à demander un appui militaire à la France. L’intervention française lancée le 10 janvier 2013, préparée manifestement de longue date, met un coup d’arrêt à l’offensive vers le Sud du pays de ces groupes armés, provoquant le soulagement compréhensible des Maliens. Mais est-ce bien les intérêts du peuple malien qui sont défendus ?

Partenaire : UFR LLSH, SUC, association Survie, Flibuste.

Jeudi 12 décembre 2013 - 20 h - UFR LLSH – Amphi 2 – 29, boulevard Gergovia

Nicolas CORI

Journaliste d’investigation au journal Libération

«Dexia, une banque toxique»

Les folles dérives de la finance mondiale ont touché nos communes, nos hôpitaux et nos HLM. Dexia, l’ex-Crédit local

de France, leur a vendu des milliers d’emprunts dits « toxiques », dont les taux d’intérêt explosent - et depuis 2008, la banque ne doit sa survie qu’au soutien des États belges et français. Qui va payer la facture (10 milliards d’euros au minimum) ? Que ce soit l’État ou les collectivités locales, ce seront bien les contribuables qui, in fine, devront assumer les dégâts de ce scandale financier. Comment Dexia, en qui les acteurs locaux avaient toute confiance, a-t-elle pu les entraîner dans les pires travers de la spéculation financière ?  L’enquête des auteurs est étayée par des documents inédits et par de nombreux témoignages exclusifs d’anciens de chez Dexia, de hauts fonctionnaires et des concepteurs de ces produits toxiques. Nicolas Gori et Catherine Le Gall racontent ainsi comment est né le premier « emprunt structuré », comment Dexia est devenu dépendante des profits dégagés par ces produits hautement spéculatifs et comment elle a construit une « machine de guerre » pour conquérir les élus et leur vendre ces prêts venimeux. Ils décryptent comment les concurrents de Dexia ont amplifié le mouvement et transformé le marché des emprunts locaux en véritable folie. Enfin, ils révèlent que l’État a bien été alerté du danger représenté par ces emprunts, mais qu’il n’a rien fait pour empêcher leur propagation. Partenaires : UFR LLSH, SUC, La Découverte.


A l’initiative des Amis de l’Huma 63 Jeudi 28 novembre 2013 - Amphi 2, fac de Lettres, 29 Bd Gergovia - 20h Jean ORTIZ - «Rouges vies : mémoires»

Dans ces pages, Jean ORTIZ se confie, se raconte, sans tabous, par tranches de vie. Récits, souvenirs personnels, confidences se mêlent à l’histoire pour donner à ce livre un caractère inédit et inclassable. C’est avant tout le parcours d’un militant passionné, journaliste, universitaire et poète qui se plaît souvent à répéter que le repos des révolutionnaires c’est la tombe. Des années 30 à nos jours, la grande histoire croise la petite.

Mardi 3 décembre 2013 - Maison de la Culture - salle Boris VIAN - 20h30. Spectacle d’Audrey VERNON, « Marx et Jenny » Audrey Vernon vous racontera l’histoire pathétique et mouvementée de Marx, de sa femme Jenny, de Friedrich Engels, leur meilleur ami, et de la fidèle Hélène Demuth, « Lenchen », qui vécut avec eux. Après sept années de fiançailles, Marx et Jenny se marient et s’installent à Paris, mais la mère de Jenny voyant que le couple ne s’en sort pas, envoie sa jeune bonne Hélène Demuth tenir le ménage des Marx. C’est à cette époque que Karl rencontre Engels. Ils deviennent amis, mais voient très vite qu’ils ne pourront pas être deux à vivre de l’écriture et de la révolution. Engels se sacrifie et retourne travailler dans l’usine familiale à Manchester... Les Marx le retrouvent en Angleterre. C’est un combat quotidien pour l’écriture et contre la misère, qu’ils vont mener tous les quatre. Pendant que Karl écrit à la British Library, Lenchen et Jenny se battent pour trouver de quoi faire vivre la famille et les enfants, et Engels envoie quelques pounds chaque semaine... Mais un jour, Jenny part en Hollande chercher de l’argent... Quand elle revient, Lenchen est enceinte... Friedrich Demuth naît, de père inconnu...

Entrée : 15 € (tous publics), 10 € (adhérents, étudiants, chômeurs)

Les Amis du Temps des Cerises sur Internet: www.amistempsdescerises.org Et bien entendu, sur Facebook! L’ensemble des conférences est en écoute libre sur notre site internet. Une question, un renseignement, des infos sur notre association, une seule adresse mail : amistempsdescerises@ouvaton.org

Adhésion 2013-2014 aux « Amis du Temps des Cerises »

Entrée gratuite aux conférences - 5 bulletins d’information annuels (prix public d’entrée : prix libre) Adhésion étudiants-chômeurs : 5 € ; adhésion individuelle : 12 € ; adhésion familiale : 20 € adhésion de soutien : 30 € ; Collectivités : 50 €. Nom et Prénom : ……………………………………………………………………………………………... Adresse : …………………………………………………………………………………………………….... Chèque à établir à l’ordre de : Association des Amis du Temps des Cerises Et à retourner à l’adresse suivante : Les Amis du Temps des Cerises Maison des Associations 2 boulevard Trudaine 63000 CLERMONT-FERRAND

Bulletin62 1  
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