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SERVICES ADMINISTRATIFS

ÉDUCATION

Mairies de proximité, les services qu’elles vous rendent !

5 millions d’euros engagés, dès cette année, pour les écoles P.13

P.25

Amiensforum n° 1

avril 2009

www.amiens.fr

Le magazine de la ville d’Amiens

us pale, le magazine de to ici un m n io at rm fo l’in ec uveau rendez-vous av Amiensforum, votre no

les Amiénois

Ladémocratie

au pouvoir DOSSIER P.8

INFOS PRATIQUES

FACILITER LES DÉMARCHES POUR OBTENIR LE PASSEPORT BIOMÉTRIQUE P. 30


Sommaire avril 2009

■ Actualités

PRÉVENTION

DÉMOCRATIE LOCALE

La santé au cœur de la cité..............................................4 Accostage à l’hôtel de ville ..............................................4 Balades urbaines, un nouveau concept........................5 Les parkings nécessitent une véritable ingénierie .....5 Ça roule pour les bus ........................................................5 Dîne avec ton voisin..........................................................6 Le bon sens du double sens ............................................6 Un square célèbre Aimé Césaire ....................................7 Bien plus de confort sur les logements d’urgence .....7 Aux conseils citoyens .......................................................7

■ Le dossier La démocratie au pouvoir................................................8 Le budget à la loupe........................................................12 Parcours de ville...............................................................15

■ Opinions Une année blanche.........................................................16 Démagogie locale ? .........................................................16 Quelque chose a changé................................................17

Balades urbaines, La santé au cœur de la cité

un nouveau concept

P.4

P.5

LE DOSSIER

■ Notre histoire, nos quartiers Né avec l’essor industriel...............................................18 Droit de cité pour les chats............................................20 Des jeux pour les enfants ..............................................21 Noms de noms ................................................................21 Une place à inventer.......................................................21

■ Place du conseil Les mauvaises surprises des ZAC................................22 Le parti de la jeunesse....................................................23 Veille nucléaire.................................................................23

■ Tribune libre Courrier des lecteurs ......................................................24

■ Ils font Amiens Les mairies de proximité ...............................................25 Sourire avant tout............................................................26

La démocratie au pouvoir ENVIE DE…

P.8

ILS FONT AMIENS

■ Se mettre au vert Des bennes bien silencieuses .......................................27

■ Envie de Le jardin des plantes.......................................................28 Les bibliothécaires nous conseillent ...........................29 Un hommage à Jacques Auvet .....................................29

■ Comment faire ? C’est parti pour le passeport biométrique .................30

Le jardin des plantes

P.28

COMMENT FAIRE

Les mairies P.25 proches de vous SE METTRE AU VERT

■ À noter Permanences des élus. À vos agendas ! .....................31 ■ Amiens aime les artistes................................32 Amiensforum – BP 2720 80027 – Amiens Cedex – Fax 03 22 97 12 12 Direction de la publication : Annick Carbonnier – Rédaction en chef : Claire Moreau-Shirbon – Rédaction : Antoine Caux, Jean-Christophe Fouquet, Ingrid Lemaire et Lysiane Voisin – Maquette : Audrey Jamme – Photo : Laurent Rousselin – Iconographie : Sébastien Coquille. Ont collaboré à ce numéro : Coline Bergeon, Pierre Mabire, Céline Pailley, Pierre Sambre et cinq bibliothécaires des bibliothèques municipales. Merci aux services des données cartographiques – Conception graphique : miz’enpage – Impression : Léonce Deprez à Ruitz 62620. Amiensforum est une publication mensuelle de la ville d’Amiens. Pour réagir à un article : initiale du prénom.nom du journaliste@amiensmetropole.com – Si vous ne recevez pas Amiensforum, appelez le 03 22 97 40 40

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C’est parti pour le passeport biométrique P.30

Des bennes bien silencieuses P.27 Amiensforum | Avril 2009


■ Édito…

Donner à voir et à comprendre epuis un an l’équipe municipale que j’ai l’honneur de conduire construit, un projet de société pour notre ville. Ce projet est forcément en rupture avec celui que l’ancienne municipalité a imposé pendant 19 ans. C’est pour cela que vous nous avez élus, pour aller dans le sens

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d’une plus grande solidarité, pour être plus soucieux du bien-être et de la qualité de vie des Amiénois. Nos priorités budgétaires ont été clairement affichées : privilégier le mieux être de nos concitoyens à tous les âges de la vie : places en crèche, nouvelles écoles, écoles rénovées… et, bien sûr, décision de construire des logements, accessibles à tous, dans tous les quartiers de la ville, au rythme de 1100 par an. Nous avons aussi mis en œuvre, en concertation avec les habitants, la réhabilitation de plus de 500 logements très dégradés, réhabilitation qui sera en cours d’ici la fin de l’année comme à Philéas Lebesgue ou à Fafet Brossolette. Pour ce qui concerne les transports, les 43 bus neufs qui ont été achetés et dont certains circulent déjà dans nos rues, concrétisent les premières mesures mises en œuvre pour améliorer le confort des usagers. Enfin, en cette période difficile, l’emploi demeure notre préoccupation première et toute notre volonté reste tendue vers la création de nouveaux emplois qu’il s’agisse d’emplois tertiaires comme avec Business Décision ou Logica, ou d’emplois de type industriel Avril 2009 | Amiensforum

comme avec Igol ou d’emplois liés à la santé comme avec Cyclopharma. Notre volonté est de redonner à notre cité sa vraie dimension de ville industrielle en la positionnant résolument dans des secteurs novateurs, soucieux de l’écologie et prenant en compte notamment nos savoir-faire séculaires. Les industries liées aux agro-ressources et les technologies

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Rendre visibles, rendre lisibles, les choix et les actions de vos élus, c’est l’un des objectifs de ce nouveau journal. ❱❱

innovantes, concernant les transports ferroviaires en particulier, peuvent s’appuyer sur les ressources de la recherche universitaire et sur les pôles de compétitivité à vocation mondiale qui fondent notre crédibilité. Rendre visibles, rendre lisibles, les choix et les actions de vos élus, c’est l’un des objectifs de ce nouveau journal. Ce premier numéro qui revisite l’année écoulée, est un peu atypique. Les numéros suivants traiteront des grands projets de notre mandat. Ils vous permettront de mieux les connaître mais aussi de comprendre comment la ville se transforme. Notre mensuel se veut aussi un nouvel outil de transparence et de démocratie locale, vecteur d’une communication respectueuse et participative. Pour cela, mes chers concitoyens, je vous appelle à prendre la parole dans Amiensforum. ■

GILLES DEMAILLY - MAIRE D’AMIENS

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■ Actualités

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Ça fait deux fois que je viens à Amiens en moins d’un mois. Vous avez une magnifique cathédrale. Et je me suis amusé avec le labyrinthe…❱❱

VITE

DIT

Peter Von Poehl (chanteur), festival du jazz, le 25 mars

PARRAINAGE

PRÉVENTION

Accostage à l’hôtel de ville Avant son départ pour l’océan Indien, dix membres d’équipage du Somme ont fait escale à Amiens. Le temps de présenter ce bâtiment de la Marine nationale ainsi que leurs métiers aux collégiens et lycéens Quatre mois au large du Liban. « Nous étions des casques bleus sur mer, explique le capitaine de frégate Pascal Le Claire, commandant du Somme, un bâtiment de commandement et de ravitaillement. Mission ? Nous assurer qu’aucune arme illégale ni aucune personne n’entre par voie maritime au Liban. Nous sommes le premier équipage français à avoir reçu la médaille des Nations unies. » Avant de repartir trois ans dans l’océan Indien, escale à Amiens À l’occasion de la campagne de recrutement de la Marine nationale, dix marins et leur commandant ont présenté leurs professions, à des jeunes. Mécanicien, électricien, missilier, radariste, navigateur, commis, cuisinier, médecin, infirmier : on exerce 27 métiers sur ce pétrolier ravitailleur, qui abrite 155 marins, dont 25 femmes ! Basé à Toulon, il approvisionne en eau, carburant, vivres ou munitions les navires qu’il accompagne en mission. D’une longueur de 158 mètres, il a en réserve l’équivalent d’un mois d’autonomie de porte-avions : soit de quoi faire un tour du monde sans se ravitailler ! « La Ville d’Amiens et le Conseil général parrainent ce bâtiment depuis 1991, précise Cécile Marseille, conseillère municipale, chargée des anciens combattants et marraine du navire. Ce soutien symbolique permet aux collectivités dépourvues de régiments militaires, de nouer un lien avec les forces armées. » ■ COLINE BERGEON

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La santé au cœur de la cité Pour offrir à tous un accès à l’information santé, la municipalité décline les thématiques de la prévention dans les quartiers . Ce mois-ci: la vaccination. « Sensibiliser le plus large public possible à la prévention et au dépistage des maladies. » L’adjoint au maire Guillaume Bonnet a inscrit la santé dans l’action municipale afin de « mettre l’homme avec un grand H au cœur de la politique ». Une politique « de gauche en phase avec le quotidien des gens », appuie cet infirmier au service d’oncologie médicale et de radiothérapie du CHU d’Amiens. Confronté au quotidien à la maladie, l’homme sait l’importance de la prévention. Non pas un message abstrait et moralisateur, mais une véritable promotion de la santé: « Une politique de santé ne doit pas se construire de manière descendante. Or, la politique gouvernementale ne va pas dans ce sens ». Parce qu’une grande partie de la population est exclue d’une démarche de soins, la ville insiste pour informer les habi-

tants, notamment les plus fragiles socialement. Depuis juin 2008, conférences, ateliers, sensibilisations en centre-ville et forums dans les quartiers se multiplient. « Agir directement dans les quartiers, voilà une démarche pertinente, estime Guillaume Bonnet. La Ville est en prise directe avec la population. À notre niveau, nous pouvons agir en amont de la maladie. » Hygiène, santé mentale, cancers, tous ces thèmes développés ont pour but de nouer un lien entre habitants et professionnels de la santé. À partir du 15 avril, l’importance et les enjeux de la vaccination dans la prévention de certaines maladies seront exposés à tous les publics. Une petite piqûre de rappel. ■ ANTOINE CAUX

SEMAINE DE LA VACCINATION 15 avril : point info place Gambetta avec la Ville, la DRASS, le CHU. 16 avril : forum à l’Atrium à Amiens Nord, de 14h à 16h. 20 avril : forum au CSC Étouvie, de 10h à 12h. LE THÈME DU MOIS DE MAI : les médecines complémentaires (homéopathie, ostéopathie…). Amiensforum | Avril 2009


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Valérie Wadlow

Darren Tulett, Britannique, journaliste à Canal+. Il a lancé le match de ligue 2 : Amiens – Lens

Nous voulons créer du logement social dans le seul espace encore non programmé place au Feurre. Car il n’y a aucun logement aidé sur la Zac Cathédrale. ❱❱

Je n’étais jamais venu à Amiens. C’est vraiment sympa. Et je vois qu’il fait aussi beau qu’en Angleterre ! ❱❱

STATIONNEMENT

« LES PARKINGS NÉCESSITENT UNE VÉRITABLE INGÉNIERIE »

DÉMOCRATIE LOCALE

Balades urbaines : un nouveau concept La visite dans le quartier Sud-Est, le 14 mars, a permis aux élus de tester les balades urbaines, nouvel outil de démocratie locale. Elles se déroulent chaque mois dans un quartier d’Amiens. Alors que l’idée prenait déjà forme, une habitante avait interpellé les élus à Fafet-Brossolette pendant un débat dans les quartiers. « Venez visiter le secteur pour vous rendre compte des difficultés », a-t-elle suggéré. Or, la première « Balade urbaine » a été inaugurée le 14 mars à SudEst. Bel exemple d’un échange constructif entre habitants et élus, ce nouvel outil de la démocratie locale figure chaque mois sur l’agenda du maire et de ses adjoints. Le principe ? Se promener à pied dans une partie de la ville en fonction d’une problématique. Des arrêts sont prévus Avril 2009 | Amiensforum

pour évoquer des questions spécifiques. Dans le quartier SudEst, les élus se sont intéressés à la rénovation des immeubles Philéas-Lebesgue, aux nouveaux locaux de l’association Caps, à la construction de vingt-trois logements rue Condorcet, au devenir de l’école Blaise-Pascal, à l’amélioration du cadre de vie allées des Rencontres et Beausoleil, ainsi qu’au centre commercial. « C’est un moyen de confronter les projets à la réalité, de les aborder sur le terrain et pas seulement sur des plans, développe Étienne Desjonquères, adjoint chargé de la démocratie locale. On rencontre des citoyens qui ne se déplacent pas en réunion. Ils posent des questions inattendues et franches, c’est l’intérêt de la balade. » De l’interpellation d’une riveraine sur un pas de porte à la visite non programmée d’un chantier, le concept suscite l’intérêt. ■ LYSIANE VOISIN

La concession qui accordait au groupe Vinci la gestion des parkings souterrains à Amiens a pris fin le 31 décembre 2008. Pour cette raison, l’ancienne municipalité avait préparé un appel d’offres, comme c’est la règle dans les marchés publics, afin de recueillir les candidatures de gestionnaires. C’est à l’unanimité du conseil municipal que la procédure a été lancée et que le choix de la société de gestion SAGS a été fait. Malheureusement, le prestataire n’a pas répondu aux attentes, notamment à celles des salariés. Après un conflit de plusieurs semaines, la Ville a constaté que tous ses efforts de médiation entre la direction SAGS et les salariés demeuraient infructueux. Aussi, avec le souci de permettre aux usagers une utilisation normale des parkings, la municipalité a décidé d’engager un processus de rupture à l’amiable, du contrat qui la lie à SAGS. À l’issue de ce processus, un nouveau gestionnaire sera choisi selon la procédure d’appel d’offres. « la collectivité n’a pas vocation à assumer tous les métiers. La gestion des parkings nécessite une ingénierie que nous n’avons pas. » explique Valérie Wadlow, adjointe à l’urbanisme et au stationnement. ■

TRANSPORTS

ÇA ROULE POUR LES BUS Après confrontation des points de vue sur le terrain le 21 mars, la création d’une voie réservée aux bus aboutit. Les embouteillages route d’Abbeville aux heures de pointe devraient disparaître. Après la balade urbaine du 21 mars, élus, techniciens et habitants ont imaginé une voie réservée aux bus, de la route de Saveuse à l’avenue de la Commune-deParis. Actuellement coincés dans la circulation automobile, les bus sont en retard de quatre minutes sur un parcours estimé à dix. Avec le nouvel aménagement, ils rejoindront alternativement leur voie centrale puis celle de la circulation automobile selon la configuration des carrefours. Cette technique permet d’économiser de l’espace, de conserver le stationnement de chaque côté de la rue et d’éloigner les bus des manœuvres des riverains et des camions de livraison. Coût : 2 millions d’euros investis cet été pour une mise en service en septembre. ■ L.V.

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■ Actualités CONVIVIALITÉ

DÎNE AVEC TON VOISIN À la bonne franquette, chacun se retrouve autour d’un verre, dans la cour de son immeuble, le 26 mai. La fête des Voisins célèbre la convivialité dans la ville. Il faut la préparer. Allée des Rencontres, on n’allait pas manquer le rendez-vous. En mai, dans le quartier Sud-Est, on sort toujours les tréteaux dans la rue, les ballons et les couverts en plastique pour partager des plats faits maison. C’est la fête des Voisins. Le 26 mai, les habitants, les associations, les bailleurs sont invités à étendre l’événement à la ville entière. La municipalité donne un coup de main. Membre de la Fédération nationale de la fête des Voisins, la Ville met du matériel promotionnel – invitations, affiches, ballons – à disposition des organisateurs. « Le but est de faire connaissance autour d’un repas convivial, de discuter avec ses voisins, de faire naître les affinités et la solidarité », commente Étienne Desjonquères, maire adjoint chargé de la démocratie locale. Dans un jardin, une cour ou à l’entrée des immeubles, les tables s’installent donc partout. Il ne reste qu’à envoyer les invitations. ■ L.V.

LA FÊTE DES VOISINS : LE 26 MAI Formulaires d’inscription disponibles auprès de la mairie ou en téléphonant au 03 22 97 11 90 Par mail : democratielocale@amiens-metropole.com

AMIENS RECRUTE

VILLE CHERCHE ANIMATEURS SAISONNIERS Bientôt l’été. Les centres de loisirs vont accueillir des centaines de jeunes. Pour les encadrer, des animateurs vacataires : 369 par jour en juillet et 297 par jour en août. « Ce recrutement porte aussi sur le Passeport été, le Jsport, sur les autres périodes de vacances, l’accueil périscolaire en semaine, précise Lucien Fontaine, adjoint au maire en charge de la jeunesse. C’est souvent le premier job pour les jeunes, dont 80 % ont des BAFA. Le 10 avril, le service éducation jeunesse a proposé une première journée d’évaluation des compétences, des connaissances... Pour échanger et associer les postulants au projet éducatif de la Ville », poursuit Lucien Fontaine. La mise en place d’un contrat d’objectif, en sport, culture et jeunesse, permet d’évaluer l’offre et de combler les lacunes. Il vise à impliquer les jeunes Amiénois dans une démarche d’autonomie et de mobilité, de prospection vers l’avenir. Les candidatures simplifiées et transparentes sont nombreuses. Selon les besoins, l’opération sera renouvelée et annoncée sur le site internet d’Amiens Métropole. ■ INGRID LEMAIRE « DEVIENS ANIMATEUR SAISONNIER » - WWW.AMIENS.FR

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TRANSPORTS ALTERNATIFS

Le bon sens du double sens Une voie à sens unique pour les voitures mais à double sens pour les vélos. Les cyclistes militent pour. Les automobilistes, eux, doivent s’habituer. Onze nouvelles rues sont concernées. Chers automobilistes, pas besoin de klaxonner le cycliste qui roule à contre-sens rue Catoire près de la Poste ou rue Alfred-Lemaire. Inutiles, les appels de phares, car cette personne à vélo est dans son droit. Un panneau avertit que la rue est un double sens cyclable. C’est-à-dire qu’un sens est exclusivement réservé à la circulation des cycles non motorisés. « En instaurant le double sens cyclable, il ne s’agit pas de donner l’impunité aux cyclistes », précise Rose Morellec, chargée de mission au pôle mobilité d’Amiens Métropole. Car, si une telle mesure réclamée par les cyclistes peut paraître dangereuse, elle se révèle au contraire sécurisante. « Je préfère voir arriver la voiture devant moi que de la sentir freiner dans mon dos », décrit Yannick en empruntant le

double sens de la grande rue de la Veillère. « Et puis c’est moins dangereux vis-à-vis des portières des voitures arrêtées », enchaîne sa compagne, Flore. Et les chiffres donnent raison à ce couple amiénois. Aucun accident frontal entre cyclistes et voitures n’était à déplorer sur les 400 doubles sens qui existaient en France en 2005, selon Frédéric Héran, chercheur au CNRS. D’ailleurs, nos voisins belges ont généralisé la pratique. Laquelle a pour conséquence de réduire la vitesse des voitures. Bonne nouvelle à Amiens : on comptait jusqu’ici 5 kilomètres de voies à double sens cyclable. On avoisinera bientôt les 10 kilomètres avec notamment la rue de la République, la rue Saint-Leu… Alors chers automobilistes, faites attention ! .■ ANTOINE CAUX

QUELLE PLACE POUR L’AUTOMOBILE EN VILLE ? Réunion débat avec les élus, mercredi 15 avril, à 18h, salle Dewailly de l’hôtel de ville, en présence de Chantal Duchène, du Groupement des autorités responsables de transport (GART) qui rassemble plus de 200 villes, agglomérations, départements et régions ayant la responsabilité de l’organisation des transports publics en France.

LES EXPERTS EN SELLE « La traversée du carrefour Branly, en bas de la rue de Paris, est risquée ! Et la gare, quel point noir ! » Trente et un cyclistes volontaires contribuent à améliorer le réseau cyclable. Car bien des installations se révèlent incohérentes à l’usage. Thierry Bonté, vice-président d’Amiens Métropole aux transports, sollicite donc l’expertise de cyclistes, de 31 « vélo testeurs ». Ils s’étaient mis sur leur 31 pour une balade commune le 31 mars dernier. Un tour rapide en ville a suffi à remplir un cahier de doléances. Pour gommer les bêtises du paysage. ■ A.C. Amiensforum | Avril 2009


Aux conseils, citoyens ! Les conseils d’habitants se mettent en place. C’est un des axes forts de la politique de démocratie locale voulue par la nouvelle équipe. Tout Amiénois peut être tiré au sort pour siéger là où sera débattu l’avenir de la cité. Voici comment ça marche.

Un square célèbre Aimé Césaire

 L’OBJECTIF

HOMMAGE

Le 15 avril, en centre-ville, à proximité du cinéma Gaumont, la plaque commémorative du square Aimé-Césaire se dévoile. « Nommer ainsi un square de centre-ville a un sens politique fort : Amiens est une ville d’accueil et de résistance. Une ville pour tous et pour toutes les différences, quelles que soient les histoires et les trajectoires. Cette inauguration est synonyme de réconciliation et de reconnaissance », commente Maryse LionLec, adjointe au maire en charge de la lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits.

L’élue cite Aimé Césaire lors de son intervention sur le projet de loi sur la commémoration de l’abolition de l’esclavage en décembre 1982 : « Se rappeler que le combat, le séculaire combat pour la liberté, l’égalité et la fraternité, n’est jamais entièrement gagné, et que c’est tous les jours qu’il vaut la peine d’être livré. ». L’Union des Africains d’Amiens se félicite de cette inauguration. ■ INGRID LEMAIRE

Inauguration du square Aimé-Césaire : mercredi 15 avril, 11 h 30, Rendez-vous au carrefour du boulevard de Belfort, prolongement de la rue Charles-de-Foucault Table ronde : « Autour de l’œuvre d’Aimé Césaire » en partenariat avec l’université de Picardie JulesVerne, évocation de la personnalité littéraire, culturelle et politique d’Aimé Césaire, mercredi 15 avril, 14h30, salle des fêtes de l’hôtel de ville

DÉMOCRATIE LOCALE

Bien plus de confort dans les logements d’urgence La Ville n’oublie pas les plus démunis dans sa politique de logement. En partenariat avec l’État, elle soutient la rénovation des foyers La Passerelle et Adoma. « Parce que tous les Amiénois ont le droit d’habiter dignement cette ville », comme le rappelle Isabelle Graux, ajointe au maire chargée du logement, la municipalité accompagne la création d’un accueil de jour et de nuit pour les SDF, route de Rouen. La Société immobilière picarde (SIP) démolira les locaux de La Passerelle en mars 2010 pour y construire un nouvel établissement géré par l’association L’Îlot. Disposant de trente chambres de 9 m2, il offrira de meilleures conditions d’hébergement. Les personnes démunies pourront déjeuner au restaurant social, laver leur linge, Avril 2009 | Amiensforum

prendre des douches, déposer des affaires aux consignes, se rendre à l’infirmerie. À l’ouverture des locaux au printemps 2011, des travailleurs sociaux seront aussi présents pour les guider vers la réinsertion. En outre, des travaux de rénovation et d’extension sont programmés au foyer Adoma d’Amiens Nord en septembre 2009. Objectif : supprimer les chambres de 4,5 m2 au profit de studios de 15 m2. Ici, la Ville investit 120 000 € sur un coût global de 6 380 000 € pour les travailleurs migrants et le public à la recherche d’un hébergement d’urgence. ■ L.V.

Une instance démocratique. Faire participer tous les Amiénois, sans distinction de sexe, d’origine sociale, d’âge ou de lieu de résidence, aux décisions qui engagent la cité. Car les habitants aussi, sont experts de leur ville. Transports publics, politique d’aménagement, festivités : tout sera abordé.

 LA COMPOSITION Il y aura quatre conseils. Chacun composé de 35 personnes. En deux collèges. Un collège composé d’élus municipaux, dont deux de l’opposition, et l’ autre avec 28 habitants. Ces derniers seront tirés au sort : 23, en utilisant la liste électorale municipale ; puis un autre en piochant dans la liste électorale européenne ; et, enfin, 4 en se basant sur une liste de candidatures spontanées (voir ci-dessous). Le tirage au sort est prévu le 16 avril. Les heureux élus seront ensuite contactés pour être incités à participer. Chaque conseil sera renouvelé tous les deux ans.  LE FONCTIONNEMENT Une fois les quatre conseils constitués, les réunions, prévues cinq fois par an, débuteront. Ce à quoi s’ajoute une réunion annuelle de tous les conseils, en présence du maire. Des comptes-rendus seront établis et diffusés. ■ J.-C.F. Amiénois, l’idée vous plait d être tiré au sort pour participer à un conseil d’habitants. Mais vous n’êtes pas inscrit sur les listes électorales aux titres de résident français ou européen, ou bien vous êtes de nationalité non européenne. Pas de panique : la liste « complémentaire » est pour vous ! Allez vous y inscrire jusqu’au 15 mai dans l’une des six mairies de proximité, avec une carte d’identité et un justificatif de domicile : (voir détails et coordonnées page 31).

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■ Le dossier

La démocratie

au pouvoir

« Aider les autres à réussir leur vie » Gilles Demailly, soixante ans, chercheur en chimie organique. Un homme presque inconnu des Amiénois il y a un an, a été élu maire de notre ville. Pour du changement, beaucoup plus d’égalité et de justice sociale. C’est un maire discret, étranger aux ser- était facteur l’été pour financer son dirages de main à outrance. Gilles plôme d’ingénieur. Il devient chercheur, Demailly reste fidèle à lui-même. Il ne puis directeur du laboratoire de chimie orporte pas toujours la cravate, refuse les ganique et des glucides de l’université de places réservées aux spectacles. Ses Picardie. Il est ensuite élu président de l’université et contribue origines modestes le à la reconnaissance des préservent des excès deux pôles de compétitid’apparat. Né en vité à vocation mondiale 1949 dans le Pas-dequi boostent la reCalais, ce fils d’oucherche et les partenavrier agricole a reriats avec le monde introussé ses manches dustriel. Gilles Demailly pour atteindre ses a promis une ville plus ambitions. Pour ré- À la rencontre des Amiénois écologique, solidaire et duire les injustices, il plus démocratique, qui choisit le militantisme de gauche. « C’est un devoir d’ai- se développe dans la concertation. Une der les autres à réussir leur vie », écri- ville gérée de manière exemplaire, où les vait-il dans son livret de campagne. Il déplacements sont facilités et où chacun croit à « l’ascenseur social », convaincu dispose d’un logement de qualité. Comme que le talent, le travail et l’acharnement toujours, il atteindra ses objectifs. ■ peuvent vaincre la misère. Étudiant, il Lysiane Voisin

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Amiensforum | Avril2009


 Mars 2008-avril 2009. Un an après l’arrivée de la Gauche à la mairie d’Amiens, une nouvelle manière de pratiquer la politique place le citoyen au cœur de la vie de la cité. La meilleure façon de penser durable.

56,21 % des voix et beaucoup d’espoir. En ce dimanche 16 mars 2008, Amiens découvrait le nouveau visage de son maire, Gilles Demailly, souriant et serein. Sa première déclaration : « Une page se tourne, une nouvelle période commence ». Une nouvelle période et une autre manière de pratiquer la politique. C’était il y a un peu plus d’un an. Alors que les Goodyear menaient déjà leur légitime combat, les bus s’en étaient allés d’un centre-ville en chantier. La cathédrale se faisait encercler et la place de la gare chapeauter… « Une équipe municipale ne peut décider seule de choix qui engagent la collectivité, promettait le candidat Demailly. Ces choix doivent être le fruit d’un débat. Nous voulons inventer une démocratie vivante, proche des Amiénois. »

FAIRE AVEC LES HABITANTS En dix mois, 70 réunions publiques ont été organisées. « Faire participer les habitants, les associations et les techniciens, résume Étienne Desjonquères, premier adjoint au maire, c’est partager les décisions, répondre aux besoins et garantir des dépenses durables ». L’idée est belle. Mais pas toujours comprise par ceux dont la mémoire embellit les souvenirs. Ceux qui regretteraient presque une politique de béton plutôt qu’une politique de l’humain. Une politique d’inaugurations, relayée par un arsenal de communication, plutôt qu’une politique de concertation. « On sort de dixneuf ans de Robien. Nous proposons une méthode diffé-

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■ Le dossier

Les 43 autobus flambant neufs, tous accessibles aux personnes à mobilité réduite, portent la flotte à 136 véhicules.



>> rente. Il faut s’habituer », analyse Pascaline Annoot, maire adjointe à la solidarité.

MIEUX VIVRE ENSEMBLE Le projet Intercampus, entre la route de Rouen et la rue Jean-Moulin, incarne cette nouvelle méthode, cette volonté d’associer le citoyen en l’invitant à « penser global et local », pour paraphraser Étienne Desjonquères. Intercampus, pour le moment, ce sont des jardins familiaux. La municipalité souhaite y densifier l’habitat avec un écoquartier. Quatre-vingts logements à l’hectare étaient prévus. Quelques réunions plus tard, 30 logements à l’hectare verront finalement

2009 l’année du bus ! Ils sentent bon le neuf et ne passent pas inaperçus dans les rues d’Amiens. Ce sont quelques uns des 43 nouveaux bus achetés par la ville pour un montant de 8,4 millions d’euros. Les conditions de transport des usagers s’en trouvent améliorées, eux qui se plaignaient parfois du manque de chauffage dans les anciens bus. Depuis le 1er janvier, c’est la Corporation française des transports (CFT) qui assure le fonctionnement de ce service public à la satisfaction de tous. Mais ce n’est qu’un début ; et pour parvenir à mieux connaître et comprendre les attentes des usagers les élus vont, chaque mois, à leur rencontre dans les bus des différentes lignes, écoutent, échangent : ce sont les « rendez-vous sur la ligne »… Des enquêtes sont aussi lancées dont les résultats seront connus en mai, tout cela afin de préparer de nouvelles améliorations pour la rentrée 2009. Il devenait urgent de redresser la situation : vitesse

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commerciale des bus en chute libre, l’une des plus basses de France, réseau inadapté, usagers mécontents, voire oubliés… « Les transports, c’est un sujet qui a été au cœur de notre campagne, souligne Thierry Bonté, vice-président aux transports, parce qu’il concerne les conditions de vie quotidienne des habitants de notre ville. Les gens utilisent les bus pour aller travailler, nous construisons donc un réseau plus performant, plus rapide et qui corresponde aux attentes » La nouvelle municipalité a déjà lancé des modifications de fond. Dès septembre 2008, en concertation avec les usagers, les lignes 10, 11 et 14, ont été modifiées. Par ailleurs, les voies de circulation des bus sont en phase d’aménagement, par exemple route d’Abbeville. Enfin prochainement des travaux démarrent pour les quais de la place de la gare. ■ A.C. Votre Amiensforum de juillet fera le point sur le sujet.

Nous proposons une méthode différente. Après 19 ans…, il faut s’habituer. ❱❱

de la ville, commun pour concevoir un “vivre ensemble” possible.

Pascaline Annoot

LE LOGEMENT, UNE PRIORITÉ

le jour afin de respecter le souhait des riverains. « L’aménagement d’un quartier concerne l’ensemble des Amiénois », insiste le premier adjoint. Pour lui, les enjeux sont bien collectifs. Et l’avenir

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Logement social :

500% d’augmentation du budget

Le « mieux vivre ensemble » débute par un « mieux vivre chez soi ». Dans le budget, 5,45 millions d’euros sont donc consacrés au logement. Et il y a urgence à Amiens : une offre insuffisante, un parc ancien voire vétuste, et une part de logements sociaux tombée de 36 % à 32 % en vingt ans. Vu le déficit de logements, la Ville cherche à réhabiliter l’existant en dialoguant avec les habitants. PhiléasLebesgue, à Amiens Sud, est

un cas exemplaire avec 283 logements datant de 1959 bientôt rénovés (électricité, isolation, revêtement des sols…). Prévus avant la fin de l’année, ces travaux intègrent les souhaits de 90 % des résidents dont l’avis a été recueilli en direct par des agents de l’Opac. À Fafet Brossolette, 236 logements seront aussi réhabilités. Le coût des travaux, prévus en fin d’année, s’élève à 33 000 € par logement. Du côté des constructions, 1 100 seront prévues chaque année. Au second semestre 2010, par exemple, cent logements aidés seront livrés rue Gauthierde-Rumilly, à Henriville. Amiensforum | Avril2009


Transparence dans les crèches et les écoles « Auparavant, les critères d’attribution de places en crèches étaient méconnus et les dérogations traitées par les adjoints de secteur », constate Marion Lepresle, adjointe au maire chargée de l’enfance et de l’éducation. Un principe fondamental a donc été adpoté pour garantir un juste traitement des demandes : l’étude anonyme des dossiers en commission.Des directeurs de crèche, le Service éducation jeunesse de la Ville, des parents d’élèves et des élus statuent sur les profils des familles. Le jury s’appuie sur des critères précis. Toutes les familles ont les mêmes chances de voir leur demande satisfaite. Y

« C’EST ÇA LA DÉMOCRATIE » Changement de municipalité, changement de philosophie. Une rupture avec la politique de grands travaux de l’ancienne équipe, lourde de conséquences sur la capacité d’investissement de la Ville, au profit d’une gestion qui se donne le temps du consensus. « L’opposition a beau jeu de critiquer notre prétendu immobilisme, quand elle a créé par son laxisme les conditions qui nous rendent prudents dans notre gestion », juge Jean-François Liquier, conseiller municipal. « On nous dit : “Vous ne faites rien à part des discussions, des >> Avril 2009 | Amiensforum

compris pour celles qui ont des enfants handicapés. Les parents mineurs ou présentant des difficultés sociales ne sont pas oubliés. Pour les dérogations scolaires, une autre commission a été créée. En juin, juillet et août, le jury étudie les dossiers selon plusieurs critères. L’accord est automatique lorsqu’il s’agit de réunir les frères et sœurs, d’assurer la continuité du cycle scolaire ou un suivi médical. Les autres demandes sont traitées en fonction des effectifs afin d’éviter de surcharger ou de fermer des classes. Ainsi, 755 dossiers ont été étudiés avant la rentrée de septembre 2008, 670 ont été acceptés. ■

Le budget des aides doublé

« Il y a de plus en plus de gens en difficulté. » Pour Pascaline Annoot, maire adjointe en charge de la solidarité, « doubler les aides facultatives du Centre communal d’action sociale est une importante avancée ». D’un montant de 180 000 euros, ces aides recouvrent des demandes de secours exceptionnel comme les impayés de cantine, les retards de loyer, les factures de gaz et d’électricité. Bannissant l’idée de charité, l’élue souhaite redonner la dignité à des personnes fragilisées. « L’objectif est de mettre en place une épicerie sociale en régie municipale ainsi qu’un jardin solidaire. Ces personnes touchées par la précarité doivent redevenir acteurs de leur vie et citoyennes. À nous de les accompagner. » ■ L.V.

Les projets de tous les Amiénois C’est à Étouvie, un quartier longtemps oublié, que la Ville a installé son premier chapiteau « Ensemble parlons d’Amiens » le 7 juin. Les habitants étaient venus y exprimer leurs attentes et l’événement marquait le début des réunions de concertation. Une méthode de travail, fondée sur la démocratie locale, spécifique à la municipalité qui prône le dialogue et

la prise en compte de la parole de tous les Amiénois. Urbanisme, logement, transport, cadre de vie etc. : les projets émergent en amont avec les habitants. Soixante-dix réunions ont été organisées depuis le début du mandat. À l’image des cinq débats sous chapiteau en octobre, des assises du logement en novembre, des ateliers d’urbanisme à Étouvie et Intercampus, de rencontres thématiques dans les quartiers, de balades urbaines. Chaque fois, élus et techniciens sont présents pour expliquer les propositions, entendre les critiques et garantir le respect de l’intérêt général. « Rien n’est figé, précise Étienne Desjonquères, premier adjoint chargé de la démocratie locale. Ces rendez-vous prennent des formes multiples et évoluent en permanence. » À l’écoute, les élus construisent ainsi des projets durables et adaptés aux besoins de la population. ■ L.V.

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■ Le dossier

>> études…” Mais c’est ça, la démocratie, répond Marion Lepresle, adjointe à l’enfance, l’éducation et la restauration scolaire. Ça prend du temps. De 1989 à 2008, les Amiénois en ont perdu l’habitude. » L'exemple symptomatique pour la nouvelle majorité : la place de la gare et ses vingtsept millions d’euros. « L'absence de concertation aboutit à un résultat qui ne répond pas aux attentes, déplore Gilles Demailly. Pas de dépose minute, un casse-tête pour les bus… On n’a absolument pas pensé aux gens. » Or, comme il le répète, « prendre le temps de la réflexion et de la concertation permet d’éviter les erreurs ». ■ Antoine Caux

Du débat à la Métro Après avoir conquis la mairie d’Amiens, Gilles Demailly a été élu président d’Amiens Métropole et de ses 33 communes. Une assemblée à laquelle on a souvent reproché l’absence de débat. Sans que cela ne soit imposé par un cadre législatif, le maire a tenu à ce que l’opposition municipale y ait un siège parmi les représentants d’Amiens. C’est Bernard Nemitz qui l’occupe. La nouvelle municipalité souhaite que les délibérations métropolitaines qui engagent la ville d’Amiens soient évoquées dans l’enceinte municipale, à titre indicatif. « ZAC Cathédrale ; la gare : on nous cachait les projets concernant la ville, se remémore Marion Lepresle, élue de l’opposition de 2001 à 2008. En commission, on voyait les choses par petits bouts mais jamais dans une vision d’ensemble. C’était une parodie de démocratie. » Tout change donc, pour que les élus strictement municipaux soient connectés aux avancées métropolitaines et aient ainsi une vision exacte de la façon dont est envisagé l’avenir de la cité élargie. ■ J.C. F.

Le budget 2009 à la loupe  BIEN PLUS DE SOCIAL Conséquence d’un choix politique, certains domaines ont vu leurs crédits augmenter. Quelques exemples : enfance et jeunesse (+5,4 %), solidarité (+10,7%), santé (+18,7%), égalité des droits (+123%)…

La politique consacrée à la jeunesse, secteur de l’éducation inclus, représente 52,4 millions au budget 2009. Pour mieux préparer l’avenir. 41 millions d’investissements portés au budget 2009 de la Ville d’Amiens. En donnant la priorité aux valeurs de démocratie, de solidarité et d’écolo-

gie. Sans hausse de la fiscalité. Moins d’investissements affichés, mais une volonté de réaliser véritablement ceux qui ont été votés. Et d’assurer le bon fonctionnement des services rendus au public. Tout cela pour un total équivalant à l’exercice précédent : 176 millions d’euros. Car il faut aux nouveaux élus « réparer ce qui n’a pas été entretenu, comme le formule Jacques Lessard, adjoint aux

Dépenses : 115 M € Recettes : 176,21 M € (en pourcentage,(en M €)

1,25%

6%

(2,2)

(10,54)

14,3% (25,17)

42,5%

10,3%

(74,85)

(18,16)

25,7% (45,29)

Impôts et taxes Dotations de l’État Recettes d’activité des services Autres recettes

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Emprunts nets Autres dotations (région, département, Europe, etc.)

Amiensforum | Avril2009


Patrick Lehingue est professeur de science politique à l’université de Picardie JulesVerne. Pour lui la démocratie locale est une démarche nécessaire mais un travail de longue haleine qui comporte certaines limites.

En six ans, 35 millions d’euros

pour les écoles Il faudrait pouvoir débourser 60 millions d’euros pour les travaux de première nécessité, « en particulier dans les quartiers populaires », note Marion Lepresle, adjointe au maire en charge de l’enfance, de l’éducation et de la restauration scolaire. Dès cette année, plus de 5 millions d’euros sont engagés. C’est à dire plus du double des sommes consacrées sous l’ancienne municipalité.

finances. Dans une ville, il n’y a pas que des grands travaux. Il y a aussi le quotidien des gens ». Comment sont répartis les 176 millions d’un budget 2009 voulu par la nouvelle municipalité « sincère et ambitieux » ? La réponse en détail. On y voit combien la politique « jeunesse », avec 52,4 millions, est prépondérante. ■ J.C. F.

ET POUR 60 MILLIONS DE PLUS

Les lecteurs auront remarqué que le total des dépenses indiqué dans le tableau s’élève à 116 millions au lieu de 176 millions. Voici à quoi serventles 60 millions non détaillés : - Dépenses hors délégations : 11,2M€. Nécessaires à la rénovation et à la gestion des bâtiments administratifs, de l’hôtel de ville, des mairies de proximité, du restaurantmunicipal… - Remboursementde la dette : 12,7M€. - Participations et remboursements à Amiens Métropole : 35M€.Ce sontles apports amiénois auxactions métropolitaines. - Imprévus : 2 M€. Une marge pour répondre auxbesoins urgents.

Avril 2009 | Amiensforum

Amiensforum : Le principe de démocratie locale est-il viable ? P. L. : La démocratie locale est une chose évidente, naturelle. Ajouter le mot « locale » à démocratie est d’ailleurs presque une redondance. Mais sociologiquement, il n’y a presque rien de plus difficile à mettre en œuvre.Toutes les expériences menées, entre autres, à Paris ou Lyon par des chercheurs commeYves Sintomer ou Loïc Blondiaux montrent que, au maximum, on n’attire que 4 à 5% de la population. Ne participent souvent que des retraités, des cadres supérieurs, des membres d’associations, des résidents de centre-ville. C’est-à-dire un noyau qui est tout, sauf représentatif. Finalement, la démocratie locale peut se révéler plus sélective que la démocratie représentative.

❰❰ Entendre les voix inaudibles ❱❱ Af : Qu’est-ce qui freine le citoyen à s’investir ? P. L. : D’abord, les gens ont intériorisé la division du travail politique : «c’est pas mon boulot, des gens ont été élus pour régler les problèmes».Ensuite vient une question de temps libre. Ce qui explique la surreprésentation des retraités. La troisième explication relève de l’intérêt. Il faut arriver à percevoir l’intérêt à défendre. Or, il est difficile en effet de penser collectif.Enfin,il y a une logique de déception. Des expériences ont été menées sans que l’avis de la population ne soit pris en compte. Exemples : le cinéma Gaumont ou la verrière… Il sera donc important de démontrer les résultats, de voir là où la décision politique a été modifiée pour tenir compte de l’avis de la population. AF : Le tirage au sort des citoyens est-il une solution pour contrer ce manque d’investissement ? P. L. : Cela demande un travail pédagogique fort. Avec le danger que les gens choisis se sentent incompétents.Mais cela présente l’avantage d’entendre des voix jusque-là inaudibles. Ce n’est peut-être pas la panacée mais la démocratie locale fait souffler un air vif, très rafraîchissant. L’équipe municipale évite ainsi d’être entourée d’un cercle concentrique, d’un écran protecteur. On croit connaître la ville mais on ne connaît qu’un groupe de 400 personnes au maximum. Phénomène accentué par le nombre d’années passées au pouvoir qui enferme l’élu dans son assurance. La construction de l’institut du monde gothique au pied de la cathédrale en est un formidable exemple. ■ Propos recueillis par Antoine Caux

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■ Le dossier

Parcours de ville 15 Adjoints entourent Gilles Demailly. Une équipe jeune, moyenne d’age : moins de 45 ans. VOIRIES, ÉCLAIRAGES ET ESPACES PUBLICS

ENFANCE, ÉDUCATION ET RESTAURATION SCOLAIRE

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Plus un militant de terrain qu’un professionnel de la politique ❱❱ Serge Raïs

Electricien chez Goodyear depuis trente-huit ans, Serge Raïs s’est toujours élevé « contre toute forme d’injustice, notamment dans le monde de l’entreprise, ses inégalités entre hommes et femmes et ses accidents de travail ». Élu amiénois, il a pris la tête de la voirie, des éclairages et des espaces publics après la démission de Mohammed Boulafrad. Voirie qui représente 525 kilomètres. Et le double de trottoirs. Bout à bout, « la distance de Lille à Marseille ». Serge Raïs gère aussi les 1 150 parcelles de jardins familiaux et le service Piéto +. Un service qu’il aimerait étoffer.

FÊTES, ANIMATION, CÉRÉMONIES, TOURISME

Jacques Goffinon

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2009 à Amiens fera encore plus référence à l’imaginaire de Jules Verne. ❱❱ André Verschueren qui fait chavirer 3500 valseurs lors d’un bal du 14 juillet ressuscité. Une place Gambetta digne d’Alerte à Malibu l’été dernier. Un million de visiteurs pour un marché de Noël transformé en parfums d’hiver, la plus grande manifestation au Nord Ouest de Paris. Jacques Goffinon, journaliste, 56 ans, aime Jules Verne et fait preuve, lui aussi, d’une imagination débordante : « Amiens possède grâce à ce visionnaire, un formidable héritage. Et 2009 devrait encore plus y faire référence ».

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Combattre les inégalités et les injustices ❱❱

Marion Lepresle Sociologue spécialisée en information et communication, cette Rouennaise d’origine s’est engagée en politique pour « combattre les injustices ». Après avoir instauré le bio dans les cantines, Marion Lepresle, 49 ans, rénove les écoles et crée de nouvelles places de crèche. Cinq millions de travaux sont prévus en 2009 pour remettre aux normes les établissements scolaires. Elle souhaite rendre plus attractives les écoles, diversifier les modes de garde et favoriser ainsi la réussite des petits Amiénois.

Étienne Desjonquères 1erADJOINT, CHARGÉ DE LA DÉMOCRATIE LOCALE ETDE LAVIEASSOCIATIVE

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Comme l’écrit Jean Hurstel dans Réenchanter la ville, il faut que « la ville réenchantée soit une zone franche, une ville en capacité de se laisser bousculer par ses habitants déchaînés. ❱❱

La mission de cet homme de 33 ans ? Développer les échanges entre la collectivité, les Amiénois et le milieu associatif pour nourrir les décisions des élus. Son expérience à la tête du CSC Étouvie lui a offert une bonne connaissance des quartiers populaires. Instigateur du projet de démocratie locale, il souligne les 70 réunions qui ont fait avancer les projets. Prochaine étape : les conseils d’habitants, un café citoyen et un lieu entièrement dédié à la démocratie locale.

JEUNESSE, ÉDUCATION POPULAIRE ET CENTRES DE LOISIRS MATERNELS ET PRIMAIRES

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Valérie Wadlow

Lucien Fontaine

Fernand Deligny, dans Graine de crapule

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Éducateur, membre fondateur de l’association Caps, centre à vocation sociale qui compte aujourd’hui 10 salariés, Lucien Fontaine, 40 ans, défend l’éducation populaire qui l’a rendu militant. Né aux Comores, en France métropolitaine depuis ses 6 ans, il se lance en politique en 2002. « Jean-Marie Le Pen est au deuxième tour et je viens juste d’être papa ». Le choc. Il adhère au PS et s’implique dans les municipales de 2008. Nommé à une délégation qui n’existait pas, il réalise aussitôt les Journées d’été à Fort-Mahon dont profitent enfin des centaines de jeunes Amiénois. Prochain défi : la création d’une auberge de jeunesse.

URBANISME ; STATIONNEMENT

Avec cette délégation j’apprends la patience. Il le faut.❱❱ C’est elle qui le dit : « je suis la chieuse de l’équipe ». Valérie Wadlow ne lâche en effet jamais le morceau. Bûcheuse, tenace, précise, hyperactive, cette Normande, d’origine modeste, a toujours milité. Antinucléaire à 15 ans, adhérente au PS à 19, rocardienne à 20, déléguée CFDT dès son tout premier boulot, elle dirige les bibliothèques de l’UPJV depuis 2004. VW aurait adoré « faire archi ». A 44 ans, la voici à l’urbanisme amiénois. Déterminée à garantir la mixité sociale dans les territoires à aménager. « Place au rééquilibrage », martèle t-elle. Montières, ainsi, mêlera logements, bureaux, équipements pour les loisirs et la consommation. Foi de VW.

Sois surtout présent même lorsque tu n’es pas là. ❱❱

POPULATION, ÉTAT CIVIL, ÉLECTIONS

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C’est vraiment la fibre de mon père qui se retrouve en moi. Il m’a transmis la passion. ❱❱ Clarisse de Saint-Amour Après une maîtrise de droit privé et un DESS administration publique , Clarisse de Saint Amour devient avocate en 1997. À Amiens, mais aussi à Doullens, où dès 1989, elle fait ses premières armes politiques aux côtés de son père. La voici à 35 ans chargée de la population, de l’état civil et des élections. La mise en place du passeport biométrique est un des gros défis relevés. Prochains chantiers : harmonisation du fonctionnement des cimetières, travaux à l’ancien cimetière de Saint-Acheul et surtout la mise en place d’un crématorium. Amiensforum | Avril2009


SANTÉ

LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS ; ÉGALITÉ DES DROITS

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FINANCES

La santé nécessite une politique communale active de prévention et de dépistage. ❱❱

❰❰ Jacques Lessart

La lutte pour l’égalité est un combat de tous les jours.❱❱ Maryse Lion-Lec

Qu’il pleuve, qu’il vente ou gèle dur, ni cravate ni costume impeccable ne l’empêchent d’enfourcher son vélo. Bichonné. Jacques Lessard, né lorientais, a grandi au Maroc. Et vécu mai 68, « scotché à la radio ». Pour en avoir, étudiant, fort apprécié l’accueil, il choisit de se créer des racines en Picardie. Adhérent à l’Unef, engagé au PC à 20 ans « pour l’esprit de résistance », convaincu par la gestion municipale de René Lamps, ce professionnel de l’inspection académique fait son entrée au conseil municipal amiénois en 1992. Le « grand argentier », 54 ans, se dit fier que « l’équipe ait tenu l’engagement de ne pas augmenter les impôts locaux ». Admiratif de Gracchus Babeuf, de Jaurès, Angela Davis, Obama, et surtout Mandela, c’est aussi un épatant conteur.

LOGEMENT ET POLITIQUE FONCIÈRE

« Volonté, égalité, ténacité » : telle est la devise de cette ex-présidente du Centre d’information des droits des femmes et des familles de la Somme. Maryse Lion-Lec, 60 ans, a choisi la politique pour donner du sens à ses valeurs républicaines. Dans les entreprises, les associations, auprès des bailleurs et au sein même de la collectivité, l’élue combat les 18 formes de discriminations interdites par la loi. La nouvelle procédure de recrutement, la formation du personnel de la Métropole contre la discrimination et la semaine de sensibilisation aux droits des femmes ont marqué la première année du mandat. En 2009, un plan territorial d’actions en matière d’emploi et de logement est prévu. SÉCURITÉ ET PRÉVENTION DES RISQUES URBAINS

Emilie Therouin

❰❰ Isabelle Graux

❰❰

Je défends un service public pour tous, garant d’une véritable égalité. ❱❱

Isabelle Graux a exercé différentes missions de service public, pour le syndicat des Hortillonnages, le développement des quartiers d’Amiens, et actuellement pour la lutte contre les discriminations à la Ville de Paris. L’élue se bat pour un logement de qualité accessible à tous. Ainsi, 10 000 constructions verront le jour d’ici 2015 ! Elle développe la réhabilitation des logements, dans la concertation, comme à Philéas-Lebesgue où tous les résidents viennent d’être consultés sur les travaux à mener dans leur appartement.

Il faut garantir la sécurité pour tous, mais pas au prix des droits de l’homme ❱❱ En 1995, la poussée de l’extrême droite renforce l’intérêt d’Émilie Thérouin pour la chose publique. Parallèlement à son parcours en droit, elle s’engage auprès de l’association des jeunes Verts. S’occuper des questions de sécurité, elle l’a voulu. Ce qu’elle souhaite ? « Une police de service public, réellement de proximité ». En un an, « on a suscité beaucoup d’espoirs au sein de la police municipale en tenant un discours de vérité. La sécurité n’a rien d’un coup de baguette magique. Chacun doit se préoccuper de la vie en collectivité ».

ADAPTATION DE LA VILLE AUX PERSONNES ÂGÉES ET DE L’ACCESSIBILITÉ AUX PERSONNES HANDICAPÉES.

Karine Messager Avril 2009 | Amiensforum

Guillaume Bonnet En tant que membre des radicaux de gauche, il aurait pu faire référence à Léon Gambetta ou Pierre Mendès-France. Mais Guillaume Bonnet règle son pas sur une autre figure radicale : Michel Crépeau. L’ancien ministre de l’environnement, député-maire de La Rochelle, écologiste urbain aux talents d’orateur, a très tôt souligné le lien entre lieu de vie et impact sur la santé. « Et les inégalités qui en découlent », ajoute Bonnet. Attaché à la République et à la laïcité, ce jeune infirmier de 29 ans, beauvaisien d’origine, martèle la pertinence de l’échelon communal en matière de santé, « un échelon de proximité qui passe par le maintien d’une structure de santé au nord d’Amiens ». CHARGÉ DE MISSION À LA DIRECTION DE L’ÉDUCATION AU CONSEIL RÉGIONAL

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Il faut accompagner les gens pour qu’ils se resituent dans la société ❱❱ Pascaline Annoot Dans son bureau, des piles de dossiers et quelques numéros de l’Humanité. Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes. Ceux de Pascaline Annoot, 55 ans, vénéraient le Général de Gaulle. L’ado rebelle de 14 ans sera marquée par Mai 68. « Un tournant ». Et si elle découvre la misère en tant qu’animatrice chez les Petites sœurs des pauvres, c’est en adhérant au PC en 1976 qu’elle tentera d’y remédier. « J’avais 23 ans. Avec son passé de résistant, c’était le parti le plus proche des causes humanitaires ». Elle prône la «solidarité» avant toute chose. « Il y a de plus en plus de misère. Il faut aider les gens pour leur redonner leur dignité. » Question d’humanité.

ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE, COMMERCE DE PROXIMITÉ

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Avant tout, la loi protège. ❱❱

Éric Mehimmedetsi D’une bonne humeur affichée, Éric Mehimmedetsi, enseignant d’histoire géographie et d’éducation civique depuis 17 ans, a toujours une anecdote à raconter. Sensible à l’équité et au mérite républicain, il applique ce principe quotidiennement dans les zones sensibles où il enseigne. C’est en 1974 qu’il a su « de quel côté de la barricade » il se trouvait. En voyant, dit-il « une pailleuse, mère de trois enfants et archétype du sous-prolétariat, s’exclamer « saloperie ! » le soir de la victoire de Giscard d’Estaing en 1974 ». « La loi est l’émanation du peuple, elle est la même pour tous. Avant tout, elle protège », voilà sa conviction.

« L’engagement politique est à la fois d’ordre privé et une façon de s’intéresser au quotidien de chacun avec des actions possibles, je l’espère, sur le terrain ». L’action de Karine Messager : « Tenter de retisser des liens sociaux pour une catégorie de la population qui s’est peu à peu isolée, par l’âge, parfois la maladie, la dépendance, les accidents de la vie… Aménager la ville ne revient pas à l’aménager que pour une catégorie de la population mais bien pour tous. Nous ne voulons plus d’une ville réservée aux gens jeunes et en bonne santé.

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■ Opinions

Celle-ci sera-t-elle réalisée ? Nous en doutons. Quant aux crèches nouvellement inaugurées, elles furent décidées et financées par l’ancienne majorité. Nous souhaitons que cette dynamique se poursuive.

Jean-Claude Oger

Une année blanche Perdue, cette première année qui assombrit l’avenir d’Amiens où sombrent malheureusement les nombreuses espérances des Amiénois qui attendaient de cette majorité municipale une nouvelle dynamique. C’est une erreur de penser que les Amiénois exaspérés par les travaux et les problèmes de circulation souhaitaient par leur vote l’arrêt du développement et de la dynamique de notre ville. Être de gauche ne saurait se résumer à l’augmentation des impôts au Conseil général, au Conseil régional et à l’augmentation d’1 million d’euros au fonctionnement de la Ville d’Amiens au détriment des investissements. 1 million d’euros de fonctionnement, c’est 10 millions d’euros en moins en investissements. L’investissement, pourtant réponse unanime de tous les États et de toutes les collectivités à la crise mondiale afin de créer des emplois, notre souci majeur. 1 million d’euros supplémentaire en fonctionnement, c’est autant de subventions évaporées pour toutes les associations qu’elles soient sociales, culturelles ou sportives.

Nous partageons aussi le projet de poursuivre la rénovation du quartier Étouvie que nous envisagions en prolongement de celui du quartier nord déjà réalisé. Mais il serait injuste que cela se fasse au détriment des autres quartiers et de notre ville dans son ensemble. Amiens doit rester uni. Il ne faudrait pas que l’intérêt pour un seul quartier amène à se poser la question du nom de la ville qui se trouve à côté d’Étouvie ! En avant, en avant Amiens et les Amiénois. La nouvelle municipalité pourra compter sur le concours de notre groupe qui veut se situer dans une opposition constructive. Chaque fois qu’un projet ira dans le sens de la promotion sociale des habitants ou économique, sportive et culturelle grâce au génie local, nous serons là. Jean-Claude OGER Marie-Thérèse THIBAUT Frédéric THOREL Frédéric COMPAGNON Groupe Indépendant

L’évidente déception, nous la ressentons sur le terrain à l’écoute de la population. Elle doit faire place à l’espoir. L’inertie actuelle même masquée par une concertation factice, prétexte à remplir le vide grâce à une multitude d’assises, rend le risque réel qu’Amiens ne soit plus debout. Les écoles, semble-t-il, devraient bénéficier cette année de 5 millions d’euros pour leur rénovation. Ceux-là seront-ils dépensés ?

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Isabelle Griffoin

Démagogie locale ? Chantre de la concertation et du dialogue, le maire a réussi en quelques mois à détruire la démocratie locale. Notre opposition se doit de dire la vérité, nous voulons être vigilants et garants de ce qui se passe réellement dans notre ville : pas de faux discours !

ILS ONT SUPPRIMÉ LES COMITÉS DE QUARTIER Ces véritables « experts du quotidien » sont écartés des conseils d’habitants et voient leurs prérogatives amoindries. C’est le choix de décourager l’engagement et la bonne volonté, et surtout, c’est mettre à mal un repère essentiel et rassurant pour l’habitant face à des structures administratives toujours plus grandes et éloignées. La crise que nous traversons exigerait de faire le choix de la proximité. ILS ONT SUPPRIMÉ LES ADJOINTS DE SECTEUR Les six adjoints de secteur étaient pourtant un gage de proximité et d’écoute pour les habitants : leur abandon est un recul pour la démocratie dans notre ville. La relation permanente de l’adjoint de secteur avec la population permettait d’identifier rapidement les problèmes et d’y apporter aussitôt les solutions adaptées et efficaces. Aujourd’hui, la population ne sait plus à qui s’adresser et s’en plaint déjà. Manifestement, la vie quotidienne des Amiénois n’est plus une priorité pour l’équipe municipale. Notre ville avait largement inspiré la loi de 2002 sur la démocratie de proximité; aujourd’hui, elle marque un net retour en arrière. Elle perd ainsi sa réputation de ville pionnière en matière de démocratie locale. DES PARKINGS À L’ABANDON Pour des raisons purement idéologiques (en finir avec les grands groupes privés à Amiens), la nouvelle équipe municipale a écarté l’ancien prestataire, Vinci, et elle a choisi une entreprise incapable de respecter le cahier des charges. L’opposition a reçu des salariés écœurés par cette gestion et écrit aussitôt au préfet pour l’alerter sur cette situation catastrophique pour les salariés et les Amiénois. La Mairie doit prendre ses responsabilités. Si l’on ajoute à cette situation les dossiers brûlants qui viennent encombrer le bureau du maire (bus, propreté, projets immobiliers à l’abandon, immobilisme,…), on peut estimer que, telle La belle au bois dormant, le grand sommeil a gagné Amiens ! Isabelle Griffoin Groupe M.P.A. Avenir

Amiensforum | Avril 2009


La manifestation du 19 mars.

Quelque chose a changé… Il y a un an et demi, associatifs, citoyens, syndicalistes, toute la gauche amiénoise, « Unis et Solidaires » se réunissait pour élaborer le programme du changement « À gauche » aux côtés de Gilles Demailly. La dynamique citoyenne a suscité un rassemblement majoritaire autour des valeurs de gauche qui ont permis le retour de la démocratie pour les politiques de la ville.

« REMETTRE ENTRE LES MAINS DES AMIÉNOISES ET AMIÉNOIS LES CLÉS DE LEUR AVENIR » Après une gouvernance de droite, basée sur la communication, les coups médiatiques, les paillettes, nous avons redonné place à la réflexion, au débat, afin d’apporter des réponses efficaces aux besoins quotidiens de tous les Amiénois. Modifier les politiques dispendieuses de la droite, marquer la rupture après dix-neuf années de politiques libérales, a nécessité un temps de sagesse politique qui ne pouvait se prêter à la précipitation. Aujourd’hui des décisions ont mûri pour répondre aux engagements politiques de notre programme. Le retour de la gauche, c’est « l’espoir et l’optimisme » que nous avons commencé à réinstaller durablement chez les Amiénoises et Amiénois pour faire face aux multiples effets dévastateurs d’un système en crise. Le contexte financier, économique et social est loin d’être favorable. Les décisions prises par le président de la République auront des répercussions sur les finances de la ville et de la métropole dans un futur proche : suppression de la taxe professionnelle (63 millions d’euros par an pour Amiens Métropole), baisse des dotations de l’État, licenciements dans nos entreprises locales, toutes ces annonces sont mortifères… Et

Avril 2009 | Amiensforum

que dire du plan de réforme des institutions, de la casse des territoires, du désengagement croissant d’un État défaillant… Sur le plan de la gestion communale, l’équilibre budgétaire ne semble pas avoir été rigoureusement respecté par Gilles de Robien ; les comptes rendus d’activité des ZAC le démontrent bien. La prudence restera de mise pour nous, soucieux du bien-être et de la qualité de vie de nos concitoyens pour les années à venir. Il n’est pas question que ce soit les Amiénoises et les Amiénois qui paient les factures de l’échec des politiques de droite !

NOUS AVONS CONCRÉTISÉ NOTRE ENGAGEMENT EN FAVEUR D’UNE POLITIQUE PLUS SOCIALE LORS DE L’ÉLABORATION DE NOTRE PREMIER BUDGET : − 6 millions annuels pour le logement social : 500 % d’augmentation du budget. (Pendant dix-neuf ans, le logement privé et spéculatif a été encouragé notamment par la loi Robien au détriment du logement social) ; − 6 millions annuels pour les travaux dans les écoles : 200 % d’augmentation ; − 2,3 millions pour le Centre communal d’action sociale : 15 % d’augmentation et doublement des aides facultatives ; − mise en place des premiers budgets « politique de la jeunesse » et de « lutte contre les discriminations ». − changement des pratiques dans la restauration scolaire et publique d’Amiens. L’accent est mis sur une alimentation de qualité avec l’introduction des produits bio dans les assiettes. − adoption de la charte de la démocratie participative pour redonner une réelle place de citoyen acteur à tous les Amiénois au sein de leur cité. La mise en place d’un nouveau réseau de

transport collectif a pris du retard mais fait actuellement l’objet de réflexions et de discussions nécessaires pour répondre à la qualité de service rendu à terme à la population. Il permettra une amélioration des fréquences et des horaires. De nouvelles dessertes désenclaveront les quartiers et faciliteront notamment le déplacement des salariés vers leur entreprise. Avec le sens des responsabilités et le souci de répondre à l’urgence du transport, nous avons fait l’achat de 43 bus neufs. “ Unis et Solidaires ”, nous nous sommes engagés sans publicité ni tapage dans une politique de concertation, de proximité et d’intérêt collectif au bénéfice de la population amiénoise et métropolitaine. « Unis et solidaires » : tribune commune des groupes de la majorité : PS, PCF,Verts, MRC, PRG

NOTE DE LA RÉDACTION : Ces textes sont des tribunes libres. Ils émanent des groupes politiques et sont publiés sous leur responsabilité. Nous les publions dans Amiensforum, in extenso, sous réserve de propos diffamatoires, discriminatoires ou insultants qu’ils pourraient contenir.

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■ Notre histoire, nos quartiers

QUARTIER SAINTE-ANNE

Né avec

Le Grand Wazoo, rendez-vous musical incontournable

l’essor industriel eux événements, fortement structurants pour la cité entière, sont à l’origine de la formation du quartier Sainte-Anne d’aujourd’hui. Premièrement : la démolition des vieux remparts et du bastion de la porte de Noyon par décision de Napoléon Ier. Deuxièmement : la construction

D

Quartier Sainte-Anne

QUELQUES NOMS DE RUES DU QUARTIER SAINTE-ANNE

Ci-dessus, on jardine à la Fosse Noyon. en haut, hussard à vélo devant l’église Sainte-Anne

RUE DE LA CONTRESCARPE

La contrescarpe était un fossé longeant les fortifications médiévales d’Amiens. Celles-ci furent démantelées entre 1822 et 1845. Le fossé existe toujours : c’est le passage de la voie de chemin de fer vers Rouen et Calais.

RUE DU PINCEAU

Cette rue donnant sur l’ancien faubourg de Noyon, aujourd’hui rue Jules-Barni, n’a rien à voir avo ir le pinceau d’un peintre ou même un quelconque patronyme. Son nom vient d’un lieu qui reliait la vall ée de la Somme marécageuse aux zones habitées : Ie « plain sau lt », c’est-à-dire un gué, en vieux picard – un « saut » pour franchir un marécage. Par déformation, il est devenu « Pinceau ».

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d’une gare et le projet d’ouverture de lignes ferroviaires vers Calais et Rouen. Avant 1845, au-delà des fortifications médiévales, s’étend la campagne. Dès le franchissement du bastion, le faubourg de Noyon traverse la petite paroisse Sainte-Anne « hors les murs ». Puis, en laissant le séminaire sur la droite, on atteint Saint-Acheul avant de filer vers Longueau.

RUE VASCOSAN MÉ RUE WULFRAN-WAR

né à Amiens en C’est le nom d’un journaliste lle picarde, cri1797, fondateur de La Sentine itique et relitique vis-à-vis des pouvoirs pol le premier fut Il gieux, favorable à la laïcité. lique à pub aire directeur d’une école prim sse Cai la Amiens, administrateur de municipal en d’Épargne, et fut élu au conseil vante. sui née 1834 avant de mourir l’an

Vascosan, né à Amiens vers 1500, fut un grand imprimeur parisien. Cette rue a aussi abrité la rotative du quotidien Le Parisien libéré dans les années 1970. RUE DEWAILLY

À ne pas confondre avec Louis, l’ancien maire d’Amiens mort en avril 1892. Notre Dewailly se prénommait Noël François, né en 1724. Membre de l’Institut, lexicographe, il fut l’auteur d’un traité de grammaire classique. P.M. Amiensforum | Avril 2009


L’octroi de la rue Jules-Barni fut déplacé. Il se trouve aujourd’hui à deux pas du nouveau square Aimé Cesaire

Comme le train arrive bientôt, pour la voie ferrée, il faut creuser une tranchée profonde afin de relier la ligne de chemin de fer venant de Paris aux anciennes douves qui longent les nouveaux boulevards intérieurs. À cette fin, l’église paroissiale Sainte-Anne doit être détruite et reconstruite plus loin. C’est celle que nous connaissons aujourd’hui, rue Wulfran-Warmé. Ce secteur de la ville est en pleine extension, comme le sont aussi les faubourgs Saint-Pierre, Henriville, de Beauvais et SaintRoch. Des rues sont en cours de percement. Des jardins et des pâtures à moutons disparaissent sous les nouvelles maisons. L’essor sans précédent de l’industrie textile attire à Amiens la population rurale qu’il faut loger. Les petites maisons à une seule fenêtre en rez-de-chaussée sont pour les ouvriers et les cheminots. Celles à deux ou trois fenêtres, pour les ingénieurs et l’encadrement. Les chefs d’industrie, directeurs, propriétaires et riches négociants, occupent les demeures cossues, avec porche sur rue, voire écurie en fond de cour. Les limites du quartier longent la rue Saint-Fuscien, le boulevard de Pont-Noyelles, et reviennent vers la place de la gare par le faubourg de Noyon, vite rebaptisé rue JulesBarni. Confisqué par l’État sous la Révolution, le séminaire est devenu un siège de l’état-major militaire, la caserne Dejean. Il s’est réimplanté rue Saint-Fuscien au retour des libertés religieuses au sein du couvent des Visitandines. Touché en 1917 et 1918 par des tirs d’artillerie lourde allemande, le quartier souffre. Il est plutôt épargné par les bombardements de mai 1940, malgré la proximité de la gare et des installations fer- >> Avril 2009 | Amiensforum

Roland Dorgelès, le « monument » de la rue Vascosan « Nul n’est prophète en son pays. » Le dicton ne s’applique que trop à Roland Dorgelès, l’un des monuments de la littérature du XXe siècle. Amiens ne lui a jamais rendu un hommage à sa mesure. Cet écrivain, journaliste qui présida l’académie Goncourt

Enfant du quartier Saint-Anne et président de l’académie Goncourt jusqu’en 1973 de 1954 jusqu’à sa mort en 1973, est enfant du quartier SainteAnne où il est né en 1885 à l’actuel numéro 71 de la rue Vascosan. Très jeune, il aime les arts et l’écriture et ose reprocher à Jules Verne d’avoir fait disparaître le capitaine Némo à la fin de son Vingt Mille Lieues sous les mers. De son vrai nom Roland Lecavelé, il entre à l’École des beaux-arts d’Amiens. Il suit ses parents à Paris et s’oriente vers

Il est de la première équipe rédactionnelle du Canard enchaîné en 1917 les lettres et le journalisme, et signe Dorgelès dès 1907. Dans les rédactions, il croise AlainFournier (Paris-Journal), l’auteur du Grand Meaulnes ou Clemenceau qui a fondé L’Homme libre. Il est de la première équipe rédactionnelle du Canard enchaîné en 1917, fréquente Montmartre, se lie d’amitié avec Mac Orlan, Utrillo, Apollinaire, Max Jacob, Carco.

Roland Dorgelès (1885-1973)

Pour se moquer de ses confrères critiques d’art – et de Picasso – il monte la fameuse supercherie de Boronali en accrochant un pinceau à la queue d’un âne – celui du cabaret Au Lapin Agile, dont il est assidu – pour barbouiller une toile. L’« œuvre », exposée au Salon des indépendants sous la signature de Boronali, anagramme d’Aliboron (l’âne de Jean de La Fontaine), reçoit tous les éloges. Bien que réformé pour mauvaise santé, Dorgelès s’engage dans l’armée lors de la mobilisation de 1914. Son grade de caporal et sa croix de guerre gagnés au feu témoignent de son héroïsme. De ses notes de tranchées sortiront Les Croix de bois en 1919, prix Femina. ■ P.M.

Trente-cinq ans après sa disparition, ses quelque cinquante romans ne cessent d’être réédités.

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■ Notre histoire, nos quartiers >> roviaires. En revanche, il est touché en 1944 par l’aviation alliée lors de l’opération Fortitude. Opération d’intoxication se traduisant par des bombardements et des mitraillages ciblés, elle visait à faire croire à l’armée nazie que le débarquement angloaméricain se déroulerait sur la côte d’Opale et dans le Pas-deCalais. De nombreux civils furent tués dans ces opérations spéciales – dont on ne qualifiait pas encore les victimes innocentes de «dégâts collatéraux». Résidentiel en son cœur, le quartier SaintAnne dispose de nombreux commerces de proximité et entreprises de service (supérette, compagnies d’assurances, location de véhicules, boulangerie) sur son pourtour, rues Jules-Barni et Saint-Fuscien, principalement. La mémoire, aussi, est à l’honneur ici avec les Archives départementales sises dans l’ancien

couvent des Visitandines. Elles cohabitent avec la direction régionale des affaires culturelles (DRAC). On y dénombre également dix établissements scolaires, publics et privés. La vie associative bouillonne d’activité et de créativité, dans des domaines aussi variés que la culture, le sport, la solidarité, la santé . Les escrimeurs tirent à la salle d’armes rue Just-Haüy. Les familles d’origines vietnamienne et burkinabé se croisent rue du Pinceau. Les matinées dansantes des «Blés d’or» réunissent les aînés rue du Paraclet. L’Amiens Picard Billard compte les points rue Riolan. L’Orchestre de Picardie, dont le rayonnement est international, possède son siège rue Riolan. Les amateurs de chant choral répètent rue JulesBarni avec «Les Rieux». C’est tout cela Saint-Anne. ■ PIERRE MABIRE

Léon Debouverie, le premier des résistants e 10 mars 1950 disparaît un humaniste à la trempe d’acier. À soixante et un ans, Léon Debouverie, résidant du quartier SainteAnne, meurt comme il a vécu : en se battant pour ses convictions républicaines, la démocratie et son amour de la patrie. Au cours d’une de ses vigoureuses interventions, en pleine séance de conseil municipal, il est terrassé par une crise cardiaque. Dès la Première Guerre mondiale, il est au front, combat à Verdun, en Roumanie, puis de nouveau en France. Son ardeur contre l’ennemi lui vaut la croix de guerre, les grades de chevalier de la Légion d’honneur et de la Couronne de Roumanie. Arrivé à Amiens en 1927, il crée une société de négoce de carburants et lubrifiants pour véhicules à moteur. L’affaire est bientôt florissante. Lorsque les Allemands envahissent la ville les 20 et 21 mai 1940, Léon Debouverie a vidé toutes les cuves et jeté du sable dans les bidons d’huile. Ayant envoyé enfants et salariés en exode, il reste le seul de sa famille à participer à la remise en état des services publics. Il fait enterrer les cadavres retirés des décombres ou jonchant les rues, organise le ravitaillement de la population. Les autorités d’Occupation le

L

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Léon Debouverie, grand homme Amiènois

repèrent et le nomment « maire ». Le 26 novembre 1940, le gouvernement de Vichy le confirme à la tête d’une délégation spéciale faisant office de conseil municipal. Cependant, Léon Debouverie n’a pas l’échine souple. Il refuse de signer les ordonnances de la Kommandantur et ose montrer son hostilité à l’armée nazie. Contraint de se retirer des affaires communales, il est arrêté par un tribunal militaire. La Gestapo avait trouvé chez lui l’insigne à la croix de Lorraine et des publications gaullistes. Pendant un an le voici en Allemagne, à la forteresse de Zweibrücken. De retour en France, il est interdit de séjour dans sa ville, placé en résidence surveillée à Soissons. Membre du mouvement le Sillon de Marc Sangnier, de centre gauche, Debouverie reprend le combat politique dès la Libération. En 1945, il est élu député de l’Assemblée constituante sous l’étiquette MRP. En 1947, cependant, il est élu à la mairie, sur la liste des Républicains populaires et indépendants. Ce sera son ultime combat au service de ses concitoyens. ■

QUARTIER SAINT-LADRE

Droit de cité pour les chats Un arrêté signé entre la Ville et l’association Chatshuttes devrait aider à réguler la population des chats errants dans le secteur de Saint-Ladre. Depuis le 19 février, l’association Chatshuttes est autorisée à capturer, stériliser, identifier puis relâcher les chats errants. Le Service d’hygiène et de santé environnementale de la ville finance les stérilisations et l’organisation des captures. « Il faut stabiliser une population croissante aujourd’hui estimée à 80 félins et réduire le nombre des naissances. Leur présence génère des nuisances pour les habitants », explique Caroline Verlinde, vice-présidente de Chatshuttes. « Il a été envisagé de proposer ces chats à l’adoption, mais ils sont peu sociables et les refuges pleins. Par ailleurs, la Ville ne souhaite pas entrer dans une démarche d’euthanasie massive », précise Stéphanie Petit-Rouvillain, chef de l’Unité hygiène du milieu. Grâce à cet arrêté, l’association devient propriétaire du chat dit « libre ». Installation d’abris, nourriture, nettoyage, surveillance du site et veille sanitaire : les bénévoles s’occupent de tout. Enfin, il faut savoir que si elle répond aux critères exigés, l’association L’Oasis des chats de SaintLadre pourrait, elle aussi, participer à cette démarche. ■ INGRID LEMAIRE Amiensforum | Avril 2009


QUARTIER MARIVAUX

Des jeux pour les enfants Les habitants ont volontiers suivi les élus dans les rues de Marivaux le 31 mars. Leur mission ? Recenser les espaces de jeux dans le quartier.

QUARTIER ÉTOUVIE

Unanimes sur le manque de jeux pour enfants dans le quartier, les habitants de Marivaux ont rencontré les élus le 31 mars. « Il y a de nombreux espaces vides mal exploités », a souligné une maman. Spontanément, Étienne Desjonquères et Serge Raïs, respectivement chargés de la démocratie locale et des espaces verts, ont invité le public à se rendre sur le terrain. Avec des techniciens, ils ont fait le point sur l’état des squares existants. Pour l’instant, les petits investissent le plus souvent les jeux des immeubles Opac, près de la salle Marivaux.

Les jeunes, eux, se retrouvent toujours au terrain multisports, rue Marivaux. Les autres sites près du centre de loisirs Marivaux et de l’école sont peu fréquentés et mal entretenus. Des aménagements sont possibles pour en faire de véritables lieux ludiques et conviviaux. Et donner du charme à ces grands terrains pourtant bien situés et parfois bordés d’arbres. La réflexion lancée prendra en compte les remarques des riverains qui déplorent la présence de verre cassé et de déjections canines dans ces espaces non clôturés. ■ L.V.

Noms de noms ! Gymnase Rouge ? Choderlos-de-Laclos ? BarackObama ? Touvitouva (contraction de « à Étouvie, tout va ») ? Les propositions de nom émises par les Amiénois pour le tout nouveau gymnase d’Étouvie oscillent entre inventions créées de toutes pièces et références culturelles ou politiques. Idem pour la dénomination de la place attenante : s’y trouvent pêle-mêle Janine Galimini, inspectrice académique ayant beaucoup fait pour le quartier, mais aussi Martin Luther King, René Lamps, place de la Liberté ou encore la place du 19-mars-1962 (cessez-le-feu de la guerre d’Algérie). La population s’est exprimée. Il reste maintenant aux élus à faire leur choix. Et quand ce sera fait, aux plans de se mettre à la page ! ■

QUARTIER SAINT-PIERRE

Une place à inventer On y trouve actuellement un simple sens giratoire, très peu mis en valeur. Rue Denis-Cordonnier, le 11 mai à 18 h, en présence d’élus, les habitants de SaintPierre imaginent la place qui redonne des couleurs au quartier. Les techniciens présenteront leurs propositions, mais le projet reste à créer. Située derrière l’hôpital Saint-Victor, au milieu des immeubles de l’Office public de l’habitat amiénois, c'est-à-dire OPHA, nouvelle appellation de l’Opac, cette future place est davantage dédiée à la flânerie. Les véhicules n’en feront plus le tour et la vitesse alentour sera limitée à 20 km/h. Des sens uniques et un système de priorité à droite ou à gauche devraient être instaurés. La nouveauté ? Un grand espace dédié aux piétons au nord, la partie la plus ensoleillée où des bancs seront installés sous les platanes. ■ Avril 2009 | Amiensforum

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■ Place du conseil

Chaque mois, Amiensforum propose un compte rendu sélectif des débats du conseil municipal, en rapportant les propos des élus de tous bords et en indiquant les principales décisions prises par l’assemblée.

Conseil municipal du 12 mars : débats et décisions

Au menu de ce premier numéro : les bilans des zones d’aménagement concerté Cathédrale et Victorine-Autier, la présentation du « Contrat d’objectifs 2009 éducation jeunesse » et le vœu d’une plus grande transparence des passages de convois de déchets nucléaires en territoire amiénois.

 À la place du marché aux herbes, des immeubles masquent la cathédrale.

Les mauvaises surprises des ZAC Les bilans annuels de deux Zones d’aménagement concerté (ZAC), celles de la Cathédrale et du quartier Victorine-Autier, lancées par la municipalité précédente, ont été soumis le 12 mars à l’approbation des membres de l’assemblée municipale. Négligée pendant trop d’années, cette pratique va se généraliser. Afin que les élus aient de nouveau la maîtrise sur ces ZAC, en toute transparence. Il s’agit d’éviter à l’avenir les dérives constatées. La présentation des bilans des ZAC Cathédrale et VictorineAutier sous forme de CRAC

 Grace aux réunions de concertations, les souhaits d’aménagements des riverains ont été pris en compte.

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Vous avez dit ZAC ?

ZAC signifie « zone d’aménagement concerté ». C’est un périmètre défini que la collectivité prévoit d’aménager en fonction de choix précis. Une fois réalisés, les éléments d’une ZAC sont revendus à des acteurs publics ou privés. Il existe deux types de ZAC : – les opérations mixtes, regroupant logements et équipements publics. Ex. : Zac Intercampus, concédée à la SEM (société d’économie mixte) Amiens Aménagement. – les opérations à vocation d’activités. Ex. : Zac Jules-Verne, concédée à la chambre de commerce et d’industrie.

(compte rendu annuel à la collectivité) a suscité l’ire de la nouvelle municipalité. L’équipe précédente a fait l’objet de critiques, tant dans ses choix que dans son mode de fonctionnement, qui avait induit dépenses importantes et mauvaise répartition de l’espace urbain entre les populations. Pour que cela ne se reproduise plus, le maire, Gilles Demailly, a annoncé un suivi renforcé des opérations d’aménagement (voir ci-contre). Le débat s’est cristallisé autour de la ZAC Cathédrale. Il a été houleux. Valérie Wadlow, adjointe chargée de l’urbanisme et du stationnement, a ainsi ouvert le feu: « Comme nous le regrettons, la ZAC Cathédrale ne comprend aucun logement aidé.» Puis l’élue a déploré « sur cette ZAC de prestige » un « montant de participation de la collectivité de 8870 000 euros. » Soit quatre fois plus que pour le quartier Victorine-Autier. L’opposant Frédéric Thorel a tenté l’ironie: « Il est heureux qu’au XIIe siècle on n’ait pas pensé que la cathédrale était une construction

prestigieuse! » Une réponse hors sujet, selon Francis Lec, qui a recentré le débat. « Une ZAC doit permettre, dit-il, à l’ensemble des contribuables amiénois de prendre possession des terrains pour éviter la spéculation » or la ZAC Cathédrale aurait dû « être une des opérations rentables » et ceci, afin de pouvoir « combler des déficits creusés ailleurs. »

25000 EUROS PAR LOGEMENT Valérie Wadlow a poursuivi: « Sur la ZAC Cathédrale, si on ramène la participation de la collectivité au nombre de logements sortis de terre, on atteint un montant de 25000 euros par logement. Si on applique le même ratio pour le quartier Victorine-Autier, on est à peine à 6000 euros. » Parmi les voix de l’opposition,

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Il y va de la démocratie. Chaque année, pour l’ensemble des ZAC, nous les élus, devons être correctement informés du bilan de ces opérations. ❱❱ Amiensforum | Avril 2009


Le parti de la jeunesse  Chaque logement construit dans la ZAC cathédrale a coûté 25 000 € à la collectivité.

CRAC… des opérations sous surveillance « Pour faire vivre le débat et la transparence, je prends l’engagement de faire en sorte que les services de la collectivité et ceux de la SEM Amiens Aménagement puissent travailler ensemble à l’élaboration de ces comptes rendus. » Comme l’expliquent ces mots de Gilles Demailly, dorénavant, pour chaque ZAC du territoire amiénois, qu’elle dépende d’Amiens ou d’Amiens Métropole, un compte rendu annuel à la collectivité (CRAC) sera présenté aux élus. La séance du 12 mars a inauguré ce dispositif en faisant voter les CRAC des ZAC Cathédrale et Victorine-Autier (qui dépendent de la municipalité) et en présentant, sans soumission à vote, celui de la ZAC Nord, qui dépend, lui, de la Métropole. La suite en avril… ■

écoutons Johanna Bougon: «L’augmentation des prix, des matériaux et des délais et autres imprévus sont monnaie courante pour toute collectivité ambitieuse pour ses habitants. Mais appeler cela mauvaise gestion, c’est prendre ses désirs pour des réalités. » Nouvelle attaque de la majorité, via Laurent Beauvain, qui a dénoncé entre les deux ZAC « deux poids, deux mesures. Deux publics. Deux politiques d’investissement ».

Mais selon Marc Foucault, de l’opposition, « en urbanisme il n’y a pas de politique de gauche ou de droite. […] La question qui se pose aux Amiénois n’est pas “oh là il y a eu 6 millions ou 7 millions de dérapage”, mais: “est-ce que cela les valait? » Question sensible: « Avec la ZAC Cathédrale, on atteint le fond du fond sur la manière dont on a utilisé les deniers publics, devait répliquer Isabelle Graux, adjointe au logement. […] Un aménagement de droite ou de gauche, ce n’est effectivement pas la même chose. »

PROCHAIN CONSEIL : ZAC GARE LA VALLÉE En conclusion, le maire s’est félicité de ce « vrai débat politique ». Avant d’annoncer d’autres échauffourées: « Les gens effrayés par les chiffres de ce soir le seront plus encore lorsque nous évoquerons la ZAC Gare La Vallée. ». Ce compte rendu annuel a été adopté à douze voix pour. C’est-àdire celles de l’opposition. La majorité n’a en effet pas souhaité valider un bilan qu’elle déplore. En revanche, le bilan de la ZAC Victorine-Autier a reçu l’unanimité: «Aucun d’entre nous ne critique les sommes dépensées, tant à Victorine-Autier que sur le quartier nord. Nous continuerons de nous préoccuper de l’ensemble de ces quartiers, » a affirmé Gilles Demailly. ■ JEAN-CHRISTOPHE FOUQUET

REPÈRES CHIFFRÉS

– La ZAC Cathédrale, 8 hectares, a coûté 14,1 millions d’euros. Et la ZAC Victorine-Autier, 34,2 hectares, seulement 10 millions d’euros. – Le mètre carré s’est élevé, à l’achat par la SEM Amiens Aménagement, à 190 euros près de la cathédrale et 19 euros à Victorine. Malgré cela, les mètres carrés constructibles ont été revendus 180 euros à Victorine-Autier et 200 euros près de la cathédrale. Soit quasiment le même prix. – Les travaux d’aménagement public n’ont coûté que 257 euros par mètre carré de voirie à Victorine. Autour de la cathédrale : 400 euros. – 8,87 millions : montant de la participation de la collectivitéZACCathédrale, soit 25 000 euros par logement. À Victorine : 2,1 millions, soit 6 000 euros par logement. Avril 2009 | Amiensforum

Socle commun d’une politique ambitieuse pour les jeunes jusqu’à 25 ans, le « Contrat d’objectifs 2009 éducation jeunesse » de la ville d’Amiens a été présenté par Marion Lepresle, adjointe à l’éducation et à la petite enfance. « Former des citoyens ». Première étape d’un « projet éducatif global » qui « vise à mettre en cohérence l’ensemble des actions éducatives » de façon « plus égalitaire, plus juste, plus transparente et plus écologique », le « Contrat d’objectifs 2009 éducation jeunesse » de la Ville d’Amiens a été soumis au vote par Marion Lepresle, adjointe au maire chargée de l’enfance, l’éducation et la restauration scolaire. On y présente, entre autres sujets, un mode d’attribution des places en crèche « plus démocratique ». Concernant les écoles primaires, l’idée maîtresse consiste à s’enIl s’agit gager à « créer les maintenant conditions d’une offre de mener une scolaire de qualité » véritable politique dans toute la ville. éducative sur Dans les rangs de l’ensemble de la ville. ❱❱ l’opposition, Bernard Némitz s’est fait incisif, fustigeant « une série de déclarations d’intentions au caractère assez général ». Marc Foucault s’est également attaqué au projet : « C’est encore un peu une usine à gaz. On attendra le mois de juin pour voir le plan ». Il a également regretté que « le grand absent de cette politique soit le mot “réussite” pourtant bien au cœur des valeurs qui doivent inspirer un projet pour la jeunesse ». Marion Lepresle a répliqué, invoquant un « vrai programme politique » non pas basé sur la « communication et la « technologie », contrairement au dispositif « Ville aux enfants » de l’ancienne municipalité. Résultat : huit abstentions « en attendant le mois de juin ». ■ J.C. F

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Veille nucléaire Les élus Verts de la ville d’Amiens ont proposé aux membres du conseil municipal de voter un vœu pour une plus grande transparence du passage à Amiens de trains et convois routiers nucléaires. « L’installation d’un nouvel EPR [réacteur pressurisé européen, ndlr] en Seine-Maritime ne peut laisser indifférent le conseil municipal. La ville d’Amiens est directement touchée par le nucléaire. Tous les mois, des convois routiers et ferroviaires de déchets nucléaires traversent notre ville sans que la municipalité en soit tenue informée, mettant ainsi notre population en danger. » Le conseil demande au préfet « que le maire d’Amiens, responsable de la sécurité dans sa ville, soit systématiquement informé des passages de convois de déchets radioactifs dans la ville d’Amiens, afin qu’il puisse prendre les mesures de sécurité indispensables pour la gestion des risques et la protection de la population amiénoise ». Sept élus n’ont pas pris part au vote et cinq se sont abstenus. Deux ont voté contre ce vœu présenté par Bernard Delemotte, à la tête du groupe des élus Verts. ■ JEAN-CHRISTOPHE FOUQUET

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■ Tribune libre

Amiénois, cet espace vous appartient

Exprimez-vous ! partageons Envoyez vos courriers, vos remarques par mail à courrierdeslecteurs@amiensforum.fr ou par la Poste à Amiensforum Hôtel de ville - 80 000 Amiens

éro, Dans le prochain num uestions, ici, vos courriers, vos q liés. nos débats seront pub

il nous



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parlons-en ! Oui,

dans… ❞ je l’ai lu tu elles 

savais que … 





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vous 

dis-lui ! 

discutent de… elles

❝ d’accord… ❞ nous sommes

Amiensforum | Avril 2009


■ Ils font Amiens

Pour faciliter les démarches de ses administrés la municipalité simplifie le fonctionnement des mairies de proximité.

Des mairies

proches de vous PARTOUT OÙ JE VEUX TOUS LES NUMÉROS DES MAIRIES DE PROXIMITÉ EN PAGE 32

VOS DÉMARCHES DANS LES MAIRIES DE PROXIMITÉ • Délivrance des pièces d’état civil : carte d’identité, passeport • Attestation d’accueil d’une personne étrangère pour une durée de 90 jours maximum • Autorisation de sortie de territoire • Recensement militaire • Certificat d’hérédité • Inscriptions dans les écoles, centres de loisirs maternels et primaires, cantines • Inscription sur les listes électorales • Location de salles municipales

A

INFORMATION & RÉCLAMATION • Centre d’information au public : 03 22 97 40 40 (8h-17h30) • Une question sur les déchets ménagers ? : 03 22 33 12 12 • L’eau et l’assainissement : 03 22 33 13 13 • La propreté : 03 60 01 51 01 • La petite enfance : 0800 811 011 (7h30-17h30)

Avril 2009 | Amiensforum

es Amiénois ne dépendent plus d’un guichet unique relié à leur quartier pour effectuer leurs démarches administratives. Désormais, la plupart des services à la population (voir encadré) sont rendus dans les six mairies de proximité de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 30. « Cela fait gagner du temps aux Amiénois. Ils doivent pouvoir être accueillis dans la mairie la plus proche de leur résidence, mais tout aussi bien dans celle qui se trouve à côté de leur lieu de travail ou de loisirs », précise Étienne Desjonquères, maire adjoint chargé de la démocratie locale. Les remarques liées aux espaces verts, à la propreté des rues, à l’entretien des voiries, peuvent être signalées par courrier adressé à l’une des six mairies. Prochainement, un numéro vert sera créé pour répondre plus efficacement à ce type de réclamations. La mairie de proximité est également le lieu où les conseillers sociaux du CCAS sont à l’écoute des habitants en détresse. Ces

L

ATTENTION

civil – L’accueil spécifique de l’état de décès, et nce ssa nai déclarations de tue à la ffec s’e – e riag ma demandes de e. mairie place de l’Hôtel-de-Vill

conseillers sont chargés d’instruire les dossiers de placement en maison de retraite ou en établissement spécialisé pour les handicapés ; ils doivent informer sur les demandes d’allocations de solidarité destinées

❰❰

Cela fait gagner du temps aux Amiénois. Ils doivent pouvoir être accueillis dans la mairie la plus proche de leur résidence, mais tout aussi bien dans celle qui se trouve à côté de leur lieu de travail ou de loisirs ❱❱ aux personnes âgées ou aux allocataires du RMI ou du RSA. C’est également dans ces mairies que l’on se renseigne sur l’aide sociale facultative, comme les chèques alimentaires, la prise en charge des impayés de cantine, l’aide au paiement des factures d’énergie, etc. En outre, des services publics de quartier ont été créés dans les territoires prioritaires : Étouvie, Amiens Nord et SudEst. Des médiateurs prodiguent des conseils sur le droit du travail ou celui des étrangers, sur la rédaction d’un courrier ou d’un formulaire. La CAF, les bailleurs sociaux et les associations de défense des locataires ou des consommateurs y tiennent également des permanences. ■ LYSIANE VOISIN

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■ Ils font Amiens Tous les jours au contact de la population, l’agent d’accueil informe, écoute et oriente le public dans ses démarches. Rencontre avec Catherine Hébert Fullana, qui fait partie des trente-deux personnes employées dans ce service municipal. ans son métier, il y a un seul impératif : satisfaire tous les usagers du service public. Depuis janvier 2000 Catherine Hébert Fullana, quarante-sept ans, est agent d’accueil à la mairie de proximité Pierre-Rollin. Demandes de formulaires administratifs pour obtenir carte d’identité, passeport ou certificat d’hérédité…, renseignements sur les aides sociales, inscriptions sur les listes électorales, dans les cantines ou les centres

D

et à l’écoute, rassurer, expliquer les procédures administratives : cela s’apprend. Chaque année, tous les agents d’accueil ont l’obligation de suivre régulièrement des formations au Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT).

DES INSTANTS DE CONVIVIALITÉ Située au milieu d’un centre commercial, la mairie de quartier Pierre-Rollin a ses habitués. « Ici, le public passe aussi, tout simplement pour nous saluer. Certaines personnes nous

Le sourire avant tout ! de loisirs, location de salles municipales : l’employée municipale traite les dossiers rapidement, toujours avec le sourire. Tout est en général étudié le jour même, au plus tard le lendemain. « Notre mission de service public consiste à informer et orienter le public y compris lorsque nous ne pouvons honorer la demande, détaille Catherine Hébert Fullana. Lorsque les gens deviennent un peu agressifs, on parvient toujours à les calmer. » Être patient  

EN CAS DE DANGER Le service de police municipale est opérationnel 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 par téléphone au 03 22 22 25 50. Les appels d’urgence pour une intervention de nuit (entre 17h30 et 8h) sont traités à ce numéro par des agents de permanence.

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tter la

sonne ne doit qui ❰❰ Per mairie mécontent. C’est t garder son

un devoir. Il fau sang froid, y compris dans les situations difficiles. ❱❱

connaissent bien, discutent un peu et nous appellent par notre prénom », continue Catherine Hébert Fullana. Une difficulté familiale à surmonter, un élève qui travaille mal à l’école, des grands-parents qui recherchent une maison de retraite : la mairie de proximité laisse de temps en temps place à la confidence. Des conseillers sociaux sont alors là pour prendre le relais et tenter de résoudre les problèmes. Recevant entre 125 et 225 personnes par jour, les agents d’accueil doivent également, dans certains cas, réorienter le public, afin de se concentrer sur leur mission première et faire face à l’urgence des dossiers. En alliant toujours la diplomatie et l’efficacité. ■ LYSIANE VOISIN

Amiensforum | Avril 2009


Se mettre au vert

2 millions C’EST, EN TONNES, LA QUANTITÉ DE DÉCHETS ÉCONOMISÉE EN FRANCE GRÂCE AU TRI DU VERRE.

Surprise à Montières. Des conteneurs à verre entreposés depuis des années attendent sagement qu’on leur trouve un emplacement en ville.

 LE VERRE, 

ce poison pour nos poubelles 4 255 tonnes de verre récoltées en 2008. La Métropole amiénoise a des progrès à faire. « Or, le verre qui n’est pas recyclé coûte cher à la collectivité », calcule l’élu amiénois François Cosserat. Le recyclage du verre évite pourtant un surcoût de 69 à 133 € par tonne, comparé à une élimination par inci-

 La collecte du verre revêt donc un enjeu environnemental, civique mais aussi économique.

COLLECTE DU VERRE

Des bennes

bien silencieuses

es conteneurs à verre trop bruyants ? À Amiens, on avait jusque-là trouvé la solution : soixante d’entre eux dormaient paisiblement près d’un entrepôt municipal dans le quartier de Montières. Difficile alors de critiquer les faibles performances des Amiénois en

L

TRIER, UN GESTE

ÉCOLOGIQUE ET CARITATIF La Métropole amiénoise reverse à la Ligue contre le cancer 2,60 € par tonne de verre collecté, soit 11 260 € en 2008. DIRECTION REIMS Le verre collecté dans la Métropole est ensuite transporté en camion jusqu’à la capitale champenoise où il est recyclé.

 120 000 conteneurs en France. On vient d’en retrouver 60 bien cachés à Amiens.

FRANÇOIS COSSERAT, VISION DURABLE Conseiller municipal à Amiens, François Cosserat est aussi conseiller auprès du président d’Amiens Métropole en charge du développement durable. À ce titre, il veille à ce que la dimension écologique soit bien présente dans chaque aménagement. « Mon rôle est d’éclairer les décisions du moment par une vision plus lointaine et plus durable, définit-il. On sort d’une société du jetable. On doit maintenant passer à une société du bien recyclable ». ■ Avril 2009 | Amiensforum

matière de tri des déchets. « Il faudrait un conteneur pour 500 habitants. On est péniblement à un pour 660 », constate François Cosserat, conseiller auprès du président d’Amiens Métropole en charge du développement durable. Les bennes à verre, tout le monde est pour mais pas devant chez soi. C’est ce que l’on appelle l’effet Nimby pour : Not in my back yard, littéralement : « pas

❰❰

On doit maintenant passer à une société du bien recyclable. ❱❱ dans mon arrière-cour ». « On a effectivement des difficultés pour les placer, poursuit François Cosserat. Les gens ne veulent pas de cette présence disgracieuse et bruyante. » Alors comment en mettre davantage ? Pour l’élu, « la réponse passera par une réflexion sur le partage de l’espace public qui est l’enjeu essentiel. Les conteneurs à verre sont finalement révélateurs d’une situation plus complexe sur l’appropriation de la rue où la voiture a pris trop de place ». ■ Antoine Caux

Quand le verre échoue dans les poubelles classiques, c’est une catastrophe. ❱❱

❰❰

nération ou à un enfouissement. « Quand le verre échoue dans les poubelles classiques, c’est une catastrophe, détaille Patrice Richard, chef du Service collecte, tri et traitement des déchets d’Amiens Métropole. La valorisation des déchets est alors impossible. » Ils se retrouvent en décharge. Dans ce cas, la collectivité paye la taxe d’enfouissement des déchets, ainsi que la taxe globale sur les activités polluantes. Celle-ci passera de 13 à 32 € par tonne en 2015. ■

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■ Envie de « Les rendez-vous au jardin » sur le thème « terres, terrains et territoires » Dimanche 7 juin, de 14h à 18h

Envie de printemps

Le jardin des plantes Plein d’autres idées de visites : Office de tourisme d’Amiens Métropole

A

03 22 71 60 50

Le Jardin des plantes  Récemment, la vocation

botanique du jardin est redevenue primordale

 La serre de style

Napoléon III date de 1895. La petite attenante fut reconstruite en 1997.

 Outre les pétunias, plus

ON VISITE ? Tél.: 0322222250 Entrée gratuite Il est ouvert: Du 1er avril au 30 septembre: de 8 heures à 20 heures Du 1er octobre au 31 mars: de 8 heures à 17h30 Pour les groupes d’au moins 15 personnes, visites guidées organisées sur demande.

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de 1200 espèces. Plantes officinales, médicinales et tinctoriales.

T

rop peu connu des Amiénois, le Jardin des plantes, situé le long de la Somme, à proximité de la Citadelle, est l’un des plus vieux de France. Déjà mentionné dans les archives comme fief médiéval au XIIIe siècle, il devient propriété de l’académie d’Amiens sous Louis XV. Sous l’impulsion de Dom Robbe, prieur du couvent des Feuillants, ce lieu royal se métamorphose, en quelques années seulement, en un jardin botanique, modèle du genre. Quelque peu délaissé après la dernière guerre, c’est pourtant aujourd’hui un jardin public, bien vivant, de presque 9 500 m2. Une balade permet de découvrir son tracé d’origine, ainsi que les serres et l’orangerie aménagées au XIXe siècle, désormais lieux de production des plantes qui ornent la ville. J’apprécie ce lieu paisible dont je foule les allées le temps d’un footing dominical. Et les abords du bassin sont idéaux pour une pause lecture.■ CÉLINE PAILLEY, GUIDE CONFÉRENCIÈRE Amiensforum | Avril 2009


 Lafleur  Ci-dessous Françoise Rose-Auvet

Envie d’un

hommage

Envie de lire Les bibliothécaires d’Amiens nous conseillent Tu devrais voir quelqu’un d’Emmanuelle Urien, Gallimard, 2009

Sarah, secrétaire médicale, amoureuse du mari de sa meilleure amie, a une autre passion: l’écriture. Laissez-vous embarquer dans sa vie. Emmanuelle Urien « bluffe » son lecteur, avec beaucoup de style. Elle plonge dans le quotidien jusqu’à l’absurde et son histoire continue à nous hanter bien après la dernière page. Ouvrage disponible à la bibliothèque Louis-Aragon, cote : R URI

Jacques Auvet, ce sacré « tireu d’fichelles »

La Reine des pirates de Thore Hansen, Flammarion, collection « Castor Poche Aventure », 2004

Victor vit dans les Caraïbes au XVIIIe siècle avec son père. Lorsqu’il trouve un livre ayant appartenu à une certaine Victoria Reed et qui commence par : « Pour Victor mon fils, je t’écris ceci pour que tu saches que moi, ta mère, je penserai toujours à toi », c’est le déclic. Qui est cette mère ? qui l’a abandonné. Quel secret cache-t-elle ? Nous voilà donc transportés au XVIIIe siècle dans la région du monde qui a abrité le plus de légendes sur les pirates : les Caraïbes ! Loin de Jack Sparrow et des créatures fantastiques qui peuplent les histoires de pirates des Caraïbes, Thore Hansen nous dévoile la vie de ces hors-la-loi qui bravaient les autorités anglaises. Alors bienvenue dans l’univers de la piraterie où le rhum et l’or coulent à flots, et où le courage est l’arme la plus sûre qui soit ! Ouvrage disponible à la bibliothèque Édouard-David, cote : JR HAN Avril 2009 | Amiensforum

En voie de disparition de Daniel Depland, Denoël, 2009

Mort ? Vivant ? Le seul personnage de ce livre est-il un zombie ? En tout cas, empêché d’agir, il est figé dans un monde où les impressions et les perceptions l’assaillent. Le corps est délivré des lois de la nature, ce qui lui permet d’appréhender le monde réel dans la plus grande liberté. Réflexion originale sur la vie, présentée sous la forme d’un bric-à-brac : c’est un curieux livre ! Ouvrage disponible à la bibliothèque Louis-Aragon, cote : R DEP

Où on va papa ? de J.-L. Fournier, Stock, prix Femina, 2008

Roman court mais efficace. Papa de deux garçons handicapés, l’auteur interroge les difficultés, pour un père, de partager, transmettre et vivre des choses avec des enfants en souffrance. Il évoque son impuissance devant ses deux « oisillons qui ont de la paille dans la tête ». Son arme, c’est l’humour, et au fil des pages, on s’autorise à l’accompagner dans le rire, on se laisse contaminer par sa tendresse. Ouvrage disponible dans les bibliothèques Édouard-David, Hélène-Bernheim, Jacques-Prévert, Le Petit-Prince, Louis-Aragon et Léopold-Sédar-Senghor, cote : R FOU

Transformations d’une femme, d’Isabelle Sorente, Grasset, 2009

Une femme se transforme au gré des situations, des rencontres ; aller-retour perpétuel entre passé et présent, éternel balancement entre désir volatil et besoin d’amour palpable et rassurant, sont le moteur de ce roman à la langue directe et incisive, analyste des passions. Une femme, vous et moi… Ouvrage disponible à la bibliothèque Louis-Aragon, cote : R SOR

  Jacques Auvet, pilier du

théâtre de marionnettes Chés Cabotans d’Amiens, s’en est allé. Il a donné vie pendant des années à Tchot Blaise, Papa Cucu, Ch’traite…

Lettres, philosophie, théâtre… Mais surtout, Jacques Auvet a excellé dans les marionnettes. Les cabotans, ces personnages de bois à tringle et à fils qui font la réputation de Chés Cabotans d’Amiens partout dans le monde. Touche-à-tout, Jacques Auvet est acteur, scénographe, comédien marionnettiste, auteur. Défenseur de la culture picarde, il a le bonheur de vivre, en 1997, l’ouverture du théâtre d’animation Chés Cabotans d’Amiens, en plein cœur du quartier Saint-Leu. En 1999, il est fait chevalier des Arts et Lettres. Une distinction à la hauteur de son talent. ■

❰❰

Jacques Auvet est un homme que je respectais beaucoup. Un homme de valeur qui savait travailler. Il représentait le patrimoine picard, l’art de la marionnette et Lafleur. Son œuvre et celle de Françoise Rose-Auvet sont formidables.❱❱ Jean-Pierre Facquier, sculpteur de marionnettes picardes

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■ Comment faire ?

LE PASSEPORT BIOMÉTRIQUE

POUR QUI ? Les personnes de nationalité française. Les mineurs qui ne sont plus enregistrés sur le passeport de l’un des parents. POURQUOI ? Pour voyager dans un pays hors de l’Union européenne. Il est exigé pour les États-Unis. OÙ FAIRE LA DEMANDE ? Dans les six mairies de proximité d’Amiens, ou dans l’une des seize communes équipées dans le département de la Somme, et cela quel que soit le lieu de résidence. QUELS DOCUMENTS FOURNIR ? Le document Cerfa, l’acte de naissance ou de mariage, un justificatif de domicile, le cas échéant un justificatif d’acquisition de nationalité française, les timbres fiscaux qui correspondent au coût et deux photographies (couleur, fond clair, expression neutre) qui peuvent être prises sur place. COMBIEN ÇA COÛTE ? Adultes : 88 € (photos fournies). / 89 € (photos sur place), jeunes de 15 à 18 ans : 44 € (photos fournies) / 45 € (photos sur place). Moins de 15 ans : 19 € (photos fournies) / 20 € (photos sur place). QUEL DÉLAI D’OBTENTION ? Le passeport est délivré sous dix jours. À QUI EST-IL REMIS ? Exclusivement au futur détenteur. Les empreintes digitales sont vérifiées (excepté pour les enfants de moins de 6 ans dont les empreintes non définitives à cet âge ne sont pas relevées).

BON À SAVOIR

 Les passeports instruits et délivrés avant le 27 mars  restent valides jusqu’à la date d’expiration.

 Dans les situations d’urgence, un passeport  provisoire d’un an peut être établi par la préfecture.

 Les animaux de compagnie doivent eux aussi 

posséder leur passeport délivré par le vétérinaire.

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 Sur la photo du passeport biométrique, sourire interdit

C’est parti pour le passeport biométrique Depuis le 27 mars, 16 communes de la Somme sont équipées pour délivrer le passeport biométrique. Dont Amiens et ses 6 mairies de proximité. Pour lutter contre les usurpations d’identité et le terrorisme, une directive européenne de 2004 a rendu obligatoire le passeport biométrique. Muni d’une puce sécurisée, il remplace le passeport électronique. Cette mesure sera généralisée à tous les pays européens d’ici juin. Outre les données d’état civil, ce passeport contient deux empreintes digitales du détenteur. « La demande est faite en mairie. Les documents réunis sont vérifiés puis enregistrés par l’agent d’accueil. Lequel relève les empreintes du demandeur et peut réaliser les photos nécessaires. Le dossier numérique est ensuite transmis à la préfecture qui l’instruit et le valide avant envoi à l’Imprimerie nationale pour fabrication », explique Bertrand Humel. Directeur des services à la population d’Amiens, il a participé à l’expérimentation du dispositif en 2008 à Beauvais. L’Oise était l’un des six départements tests. À Amiens, cette petite révolution ne va pas sans

bouleverser la collectivité. En effet, jusqu’à maintenant, le travail était réalisé en préfecture. « Il s’agit là d’un transfert de charge de l’État vers la collectivité, mais sans moyens financiers correspondants. Nous avons aménagé les six mairies de proximité. Les agents ont été formés techniquement et juridiquement, précise Clarisse de Saint-Amour, adjointe au maire en charge de la population et de l’état civil. Amiens est un bassin d’emploi important. Nous devrons répondre aux demandes de tous, quel

❰❰

Nous avons aménagé les six mairies de proximité. Les agents ont été formés techniquement et juridiquement . ❱❱ que soit le lieu de résidence. Car une personne qui travaille à Amiens fera plus facilement cette démarche ici. En moyenne, 5 000 demandes sont faites chaque année. » Mais Zohra et Malika, agents d’accueil en mairie de centre-ville, sont enthousiastes et ont « hâte de pouvoir démarrer les dossiers. Tout est prêt », assurent-elles. ■ INGRID LEMAIRE Amiensforum | Avril 2009


■ À NOTER

AGENDA DU MAIRE

DANS VOS AGENDAS ! SE DÉPLACER AUTREMENT

Réunion débat. Quels modes de déplacements alternatifs à la voiture peut-on imaginer pour demain ? Et combattre les effets du réchauffement climatique. Le 15 avril, 18h, 3 place Dewailly, Gilles Demailly et ses adjoints invitent les amiénois à débattre de la place de l’automobile en ville avec Chantal Duchêne, directrice générale du Groupement des autorités responsables du transport en France. ■

Fête du travail Départ de la manifestation : Place de la Maison de la culture, vendredi 1er mai à 10h30 Rendez-vous sur la ligne de bus 5. Départ de l’église Saint-Pierre à 17h03. Arrivée à l’école Saint-Maurice à 17h25. Réunion salle Bizet (rue Bizet) à 17h30. Mardi 5 mai.

Accueil de Violette Jacquet-Silberstein, déportée à 17 ans, violonniste dans l’orchestre des femmes du camp d’Auschwitz, avec les lycéens de Robert de Luzarches Jeudi 16 avril à 16h30 à l’hôtel de ville

Cérémonie du 64e anniversaire de la victoire du 8 mai 1945 10h00 : Monument aux Morts - Place Foch, 11h00 : Monument du Général Leclerc Place René Goblet, 11h10 : Monument des Picards Martyrs de la Résistance - Place René Goblet

Conseil d’Amiens Métropole Vendredi 17 avril à 18 h

Journée de l’Europe, réception des étudiants ERASMUS Samedi 9 mai à 11 h, Hôtel de ville

Balade urbaine dans les quartiers Saint-Roch, Faubourg de Hem, La Hotoie, Samedi 18 avril de 9h à 12h, rendez-vous cours Artus

Réunion aménagement des espaces publics placette Denis Cordonnier Lundi 11 mai de 10h30 à 12h, rendez-vous rue Denis Cordonnier.

Les Australiens sont à l’honneur, c’est l’Anzac Day Vendredi 24 avril à 18 h, Hôtel de ville Inauguration de l’exposition sur les Déportés à l’occasion de la 64e journée nationale des Déportés. Samedi 25 avril à 11h dans le hall d’accueil de la mairie

« BALADE URBAINE »

à Saint-Roch/Faubourg de Hem pour aborder les problématiques de ces quartiers sur le terrain. Rendez-vous le 18 avril, à 9h, cour Artus. Points d’étapes jusqu’à 12h : kiosque de la Hotoie (concert de Bertrand & à 9h30), rue du Faubourg de Hem, rue Verrier-Lebel, près du bassin rond (concert de Bertrand & à 11h30). ■

Prix Jean Renaux. Critérium cycliste. Circuit : rues Jean Catelas, 2ème DB, Frédéric Petit et Boulevard Faidherbe Mardi 12 mai à 18h30

ADRESSES DES MAIRIES DE PROXIMITÉ Hôtel de ville 03 22 97 40 40 EN CAS DE DANGER 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 par téléphone

A

03 22 22 25 50

Mairie de proximité Atrium 39, avenue de la Paix 03 22 66 67 12

Mairie de proximité Sud-Est Rue du 8-Mai-45 03 22 50 32 60

Mairie de proximité centre-ville 3, place Léon-Gontier 03 22 97 15 70

Mairie de proximité Étouvie Place du Pays-d’Auge 03 22 66 10 20

Mairie de proximité SaintAcheul 166, chaussée Jules-Ferry 03 22 50 47 65

Mairie de proximité Saint-Pierre 400, boulevard Beauvillé 03 22 22 59 75

Berger Françoise

« RENDEZ-VOUS SUR LA

PERMANANCES DES ÉLUS

David Alain

Mairie de proximité Saint-Pierre

Mairie de proximité Saint-Pierre

Les samedis 11 et 18 avril de 10h à 12h

Les mercredis 22 et 29 avril, 6 et 13 mai de 11h à 12h

Les samedis 11 et 25 avril, 9 mai de 10h à 12h

Debeauvais Fabienne

Mairie de proximité Saint-Acheul

Mairie de proximité Atrium

Tous les mercredis de 10h à 11h30

Les samedis 11 avril et 9 mai de 9h30 à 11h30

Bonnet Guillaume (sur RD-V 03 22 97 40 22)

Hôtel de ville Le mardi 21 avril de 9h à 12h

Bonté Thierry

Mairie de proximité Atrium Le mercredi 24 avril de 10h à 12h et le mercredi 6 mai de 13h à 15h

Boulafrad Mohamed

Mairie de proximité Atrium Les mercredis 15 et 29 avril, 13 mai de 11h à 12h

Mairie de proximité Étouvie Les mercredis 8 et 22 avril, 6 mai de 11h à 12h

Capelle Anne

Mairie de proximité centre-ville Tous les lundis de 10h à 12h

Corne Karine (sur RD-V 03 22 97 15 13)

Mairie de proximité Étouvie Les mercredis 15 avril et 13 mai de 16h30 à 17h30

Rue Monstrelet Les mercredis 8 avril et 6 mai de 16h30 à 18h

Mairie de proximité Saint-Pierre Les samedis 18 avril et 16 mai de 9h30 à 11h30

Delemotte Bernard

Mairie de proximité Atrium Tous les jeudis de 16h à 17h30

Desjonquères Étienne (sur RD-V 03 22 97 15 18)

Hôtel de ville Les mardis 28 avril et 12 mai de 9h à 12h

Dobremelle Michel

Rue Louis-Antoine-de-Saint-Just Les mercredis 8 et 22 avril, et le 6 mai de 13h30 à 15h

Mairie de proximité Sud-Est Les mercredis 15 et 29 avril, 13 mai de 13h30 à 15h

Fontaine Lucien (sur rd-v 03 22 97 40 81)

Mairie de proximité Sud-Est Les vendredis 10 et 24 avril de 14h à 17h30

Guelfat Fatiha

Mairie de proximité Atrium Tous les lundis de 12h à 13h30

Avril 2009 | Amiensforum

Haicheur Lyacout

Mairie de proximité Étouvie

Beuvain Laurent

LIGNE 5 » d’autobus pour amé-

entre les habitants de la rue Denis Cordonnier, les responsables de l’Opac et les élus. Le 11 mai, 18h, rue Denis Cordonnier. ■

Inauguration du square Aimé Césaire Mercredi 15 avril à 11h00 Boulevard de Belfort

Conseil Municipal Jeudi 16 avril à 18h

On prend soin de soi le 15 avril, place Gambetta. Chacun apporte son carnet de vaccination et se met à jour.■

RENCONTRE sur le cadre de vie

Réderie de printemps organisée par les commerçants du quartier des Halles Dimanche 26 avril. De 5h à 18h

Réunion débat « quelle place pour la voiture dans la ville ? » Mercredi 15 avril à 18h salle Dewailly

VACCINEZ-VOUS !

liorer la desserte des quartiers. Le 5 mai, à 17h03 église SaintPierre ; arrêt à 17h13 à la gare ; arrivée à l’école Saint-Maurice à 17h25. Réunion publique à 17h30, salle Bizet rue Bizet. ■

Projet de construction de l’Office Public de l’Habitat d’Amiens rue de Cagny mardi 14 avril à 18h00, salle Mercey

Liquier Jean-François

Mairie de proximité Sud-Est Tous les jeudis de 15h30 à 17h

Loew Héléna

Mairie de proximité centre-ville Tous les jours (sur RD-V 03 22 97 42 74)

Luczak Marie.Hélène

Mairie de proximité Sud-Est Les vendredis 17 avril et 15 mai de 16h30 à 17h30

Maisse Cédric

Mairie de proximité Étouvie Tous les lundis de 14h30 à 16h

Marseille Cécile

Mairie de proximité Sud-Est Tous les vendredis de 15h à 16h30 Du lundi au jeudi de 14h30 à 17h (sur RD-V : 03 22 97 42 74)

Mairie de proximité centre-ville Du lundi au jeudi (sur RD-V 03 22 97 42 74)

Raïs Serge

Mairie de proximité centre-ville Les mercredis 8 avril et 13 mai de 15h à 16h, le mercredi 15 avril de 11h à 12h

Vasseur Jean.François

Mairie de proximité Saint-Acheul Les samedis 18 avril et 16 mai de 10h à 12h

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Amiens aime les artistes !

« Les fruits de l'acheuléen » de Patrice Roger

 

Amiens Forum n°1  

Ami ensf orum , votr e nou veau rend ez-v ous avec l’inf orm atio n mun icip ale, le mag azin e de tous les Am iéno is SERVICES ADMINISTRATI...

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