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Le Dauphiné Libéré

Mercredi 14 août 2013 page 3

VOTRE RÉGION Un nouveau gymnase pour muscler les champions de la station INFRASTRUCTURE

n Afin de développer les capacités physiques de ses champions, la station de Courchevel s’est dotée d’un gymnase, alors qu’elle en manquait cruellement. Équipée d’une salle de musculation de plus de 100m2, “d’appareils de torture” en tous genres et d’un terrain pouvant accueillir matches de

basket, handball ou volley, l’infrastructure offre une vue imprenable sur les tremplins. Le nouveau gymnase se laisse pourtant désirer. En effet, son toit devait initialement accueillir, pour cette Coupe du monde, l’espace VIP.Mais un dégât des eaux, lors de la fonte des neiges, a perturbé ce schéma

initial. Le bâtiment aura malgré tout une utilité pour cette compétition puisque les tests de doping y seront effectués. L’urine des athlètes y sera analysée afin de détecter d’éventuelles traces de produits dopants, et notamment les bêtabloquants.

SAINT-BON-COURCHEVEL La 23e édition du Grand prix international de saut à ski commence ce matin

Les oiseaux du ski font leur show a 23e édition du Grand prix international de saut à ski a débuté aujourd’hui, après des semaines de prépara­ tion. Michel Raffin, président du club des sports de Courche­ vel, était sur le pied de guerre, lundi matin, avec l’équipe or­ ganisatrice, dans une efferves­ cence croissante, afin de tout mettre en place pour que cet événement international réu­ nissant 19 nationalités se dé­ roule dans les meilleures con­ ditions.

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F Que représente le saut à ski dans la station ? « Le saut à ski est une activi­ té dans les gênes de la sta­ tion.Nous possédons le seul tremplin de 120 mètres de France et nous sommes désor­ mais très bien équipés, grâce aux investissements effectués ces dernières années, notam­ ment pour deux tremplins de 60 et 25 mètres, ainsi que pour de nouvelles infrastructures. Pour autant, cette discipline souffre d’un manque d’en­ gouement de la part des jeu­ nes. Nous sommes le seul club de saut du département et nous ne comptons qu’une vingtaine de sauteurs. Pour parvenir à former une élite, c’est dur. Sur le territoire natio­ nal, il doit y avoir 150 sauteurs, maximum.» F Comment l’expliquez­ vous et quels sont les projets pour y remédier ? «La très grande majorité des

Par tous les temps, de 25 à 120 mètres

REPÈRES LA COMPÉTITION n Aujourd’hui : entraînements

hommes à 9 heures ; à 10 h 30, entraînements dames ; à 14 heures, compétition jeunes ; à 17 heures, sauts d’essai du concours mixte ; et à 18 heures, compétition par équipes mixtes. n Demain : à 10h30, qualifications hommes ; à 13 heures, qualifications dames ; à 13 heures, compétition dames ; et à 19 heures, compétition hommes.

LES ANIMATIONS n Démonstrations aériennes

et spectacle de rapaces, aujourd’hui dès 12 heures et demain à 11 heures. n Concours de saut virtuel. n Animations pour enfants, avec un toboggan de 11 mètres de haut, une structure gonflable de 23 mètres de long, un trampoline... Les sauteurs s’envolent à près de 100 km/h.Malgré cette grande vitesse, les accidents sont rares. Photos DL/A.D. jeunes de la région se dirige en priorité vers le ski alpin. Nous organisons donc régulière­ ment des sessions d’initiation. Des événements comme la Coupe du monde de saut à ski permettent également de tou­ cher le public. Nous avons aus­ si le projet de développer un tremplin artificiel à Chambéry, afin de toucher les citadins.En effet,lesautestlesportàskiqui ne nécessite pas forcément de

neige.» F Comment s’organise une Coupe du monde ? Pour quel budget ? «L’organisation de la Coupe du monde débute six mois en amont de l’événement.Il faut trouver les sponsors, s’occuper des participants, réserver les hébergements... Deux à trois semaines avant le début des festivités, la cinquantaine de bénévoles commence à s’acti­

ver elle aussi. Il faut savoir qu’une telle organisation coûte entre 250 000 et 300000 euros, avec des financements des sponsors, de la région, du dé­ partement.Mais la plus grosse partresteàlachargedelacom­ mune.Nous ne gagnons pas d’argent, loin de là, mais c’est de la communication qui per­ met une visibilité pour le saut à ski à un niveau international.» F Qu’estcequ’unconcours

réussi ? «C’est tout d’abord un con­ cours où les athlètes sautent loin,avecbeaucoupdemonde, une bonne météo et, surtout, un public heureux. On attend entre 10 000 et 15 000 person­ nes pour cette compétition, qui sera sportive mais également festive, avec de nombreuses animations à destination des grands comme des petits. »

De 25 à 120 mètres, la station possède quatre tremplins qui permettent à chacun de s’envoler en fonction de son niveau. Photo DL a station de Courchevel compte quatre trem­ plins, mesurant 120 mètres (le seul en France), 90 mè­

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tres, 60 mètres et 25 mètres (pour les initiations et les jeunes). Le saut est la seule disci­ pline du ski qui se pratique aussi bien l’été que l’hiver, et par tous les temps (seul le vent peut poser problè­ me). La piste “d’envol” des skieurs est en céramique, sur laquelle coule de l’eau et l’atterrissage est en syn­ thétique et arrosé réguliè­ rement. Grâce à cet équipement, il n’y a quasiment pas de déperdition de vitesse et la piste ne souffre d’aucune irrégularité, contrairement à la glace et la neige, en hiver, qu’il faut parvenir à damer de manière unifor­ me. o

Deux réseaux Wifi pour faire vivre l’événement

Amélie DAVIET

Michaël Danis, Guillaume Charvin et Yann Magat (de gauche à droite) s’occupent d’installer les deux réseaux Wifi qui assureront à chacun une bonne connexion. Photo DL/A.D. uelques heures avant le coup d’envoi de la com­ pétition, Michaël Danis, Yann Magat et Guillaume Charvin essaient de garder leur sang­froid. « Ils n’ont pas le droit à l’erreur, tout devra marcher comme sur des roulettes », plaisante à moitié Angélique Goetz, responsable de l’événemen­ tiel du club des sports, en

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ELLES ONT LEUR MOT À DIRE Étrangement, le saut à ski féminin n’est inscrit au programme des Jeux olympiques que depuis trois ans. Et la mise en place d’un programme officiel est encore plus récente. Ainsi, les sportives effectuent, cette année, leur deuxième saison officielle d’été. « La présence des filles motive les garçons », explique, avec un sourire, Michel Raffin, président du club des sports de Courchevel. Bruno Tuaire, directeur de l’organisation du grand prix de saut à ski, a constaté, lui, comme unique changement, l’obligation de doubler les infrastructures, ainsi que les “price money”, les récompenses remises en compétition.

Léa Lemare, talentueux oiseau à spatules Léa Lemare n’a que 17 ans mais c’est déjà une championne. De France. Un titre obtenu cet hiver, au premier concours féminin national de saut à ski. À l’approche de ce Grand prix international de saut à ski, elle reconnaît sentir la pression monter. « J’avais fini par me convaincre que c’était la finalité de ma saison. Maintenant, je veux prendre du plaisir et ensuite, on verra. » Et pour gérer son stress, Léa fait le vide dans sa tête. « Il ne faut pas se laisser envahir. Avant de m’élancer, je répète ma chorégraphie, je souffle un grand coup et j’y vais. » Mais si le corps de Léa s’envole sur le tremplin, sa tête reste ancrée sur ses épaules. Après son baccalauréat ­ qu’elle devrait passer en 2015 ­ elle voudrait poursuivre ses études. « Je verrai plus tard dans quel domaine ».

Le juge est une femme Odette Bouvard est passionnée de saut à ski et juge de la compétition, en compagnie de Franck Salvi (à gauche) et de Pascal Malec (à droite). « Je suis juge depuis beaucoup trop longtemps pour pouvoir l’avouer », plaisante Odette. Elle exerce cette activité à titre bénévole, et y consacre en moyenne cinq week­ends par saison. « C’est également, dans cette discipline, l’une des seules femmes au monde à être juge pour la Fédération internationale de ski, et c’est l’unique en France », rajoute fièrement son fils. Ce dernier, convaincu par la passion de sa maman, s’envole régulièrement du haut du tremplin. « Mais ce n’est pas parce que mon fils sautait que je suis devenue juge, c’est bien le contraire », rappelle Odette.

leur adressant un clin d’œil. Tous les trois sont infor­ maticiens et s’occupent, no­ tamment, d’installer les deux réseaux Wifi qui assu­ reront à chacun un débit correct. Car il faut que pho­ tos, commentaires et résul­ tats puissent circuler sur la toile. « C’est aussi ce qui fait vivre l’événement », rajoute Angélique. o


Les oiseaux du ski font leur show