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Le projet Lively Cities : 3 étapes pour reconquérir l’espace public

JUIN 2013/N°2

ETAPE N°2

Tester l’espace public Repenser l’espace avec les usagers

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Un place making "vert"

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Montmartre à Tournai

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Providence Place Gardens, Brighton & Hove, Royaume-Uni

BRIGHTON & HOVE (ROYAUME UNI)

Brighton : partageons notre pièce commune Repenser l’espace public via un concours, tel a été le challenge lancé à Brighton en janvier 2012, histoire de transformer radicalement le temps d’une quinzaine de jours la zone de Providence Place & Ann street, peu attractive, hyper fréquentée par les piétons, avec un petit jardin public, et proche d’une importante artère automobile et commerçante. En effet, malgré un manque criant d’espaces verts en ville, peu de gens choisissent de fréquenter cette zone « invisible » pour ceux qui ne font qu’y passer et très mal perçu par les gens du quartier. Le but était de proposer un concept innovant en repensant complètement l’espace et en le métamorphosant pendant quelques jours, afin qu’il puisse être appréhendé autrement et avec un œil neuf par les utilisateurs. Ce test, pilote, s’il s’avérait positif, deviendrait alors une base de travail, afin de pouvoir transformer le quartier en véritable lieu de destination sur le long terme. Les participants au concours devaient répondre à un certain nombre de problématiques préalablement identifiées comme obstacles à la fréquentation de l’espace, et parmi lesquelles on retrouvait : un certain nombre de comportements antisociaux, mais également des barrières physiques comme les grilles entourant le parc et enfin, le manque d’équipement et d’installa-

tions à disposition des usagers (notamment des sièges). Parmi les trente-huit candidats répondant aux critères du concours, cinq ont été présélectionnés et invités à travailler plus en détail leur proposition, pour une exposition publique en mai 2012 durant laquelle les utilisateurs de l’espace ont pu s’exprimer via des commentaires et enquêtes. Grâce à cela, le jury a choisi Plan Project, le bureau d’architectes vainqueur dont le projet de « pièce commune » invitait chacun à partager un espace de vie extérieur offrant toute une série de services et d’installations accessibles à tous. Parmi les transformations notables, les grilles entourant le jardin ont été temporairement retirées

Lively Cities, un projet INTERREG IVB

et remplacées par un système d’escaliers invitant à s’asseoir et/ou traverser le parc d’une toute nouvelle manière, tables et bancs amovibles ont été mis à disposition des usagers ainsi que du wifi gratuit et des tables de ping-pong (qui ont connu un franc succès, même sous la pluie !), les arbres ont été éclairés, la circulation ralentie, le tout sous l’œil attentif de gestionnaires de l’espace qui n’ont pu que constater le bon fonctionnement du test Cette métamorphose éphémère a connu un véritable engouement bien qu’elle se soit déroulée pendant les deux premières semaines d’octobre. Les nombreux changements ont attiré nombre de curieux et des gens de tous horizons. Les communautés qui avaient participé aux consultations publiques ont continué de travailler volontairement sur l’espace, recueillant le ressenti de ces nouveaux utilisateurs via enquêtes et interviews et en analysant leurs résultats. Ce monitoring va être d’une extrême utilité pour développer la « pièce commune » de façon plus permanente et améliorer l’espace de manière pérenne.

Découvrez en ligne tous les espaces publics sur notre site

www.lively-cities.eu


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The Lively Gazette • JUIN 2013/N°2

NAMUR (BELGIQUE)

Le jardin de Namur

LILLE (FRANCE)

Une baraque ou la métamorphose du vilain petit canard ! à tout, et plus Lors de la dernière édition de notre Lively Gazette, le jardin de Namur avait été remis à neuf encore... et était prêt à accueillir les premiers tests de Lively Cities. Grâce aux enquêtes menées sur site et en ligne, un certain nombre d’éléments étaient ressortis comme priorités d’aménagements légers sur l’espace. Ainsi, dès mai 2012, sous l’œil avisé des stewards de GAU Namur (gestion de centre ville de Namur), des tables et chaises ont été mises à disposition des utilisateurs pour que chacun organise son espace comme il l’entend : seul, en couple, entre amis ou en famille. Cette première étape a rapidement été accompagnée d’une bibliothèque extérieure, de jeux pour les petits et pour les grands, et l’été, petite restauration bio ambulante, parasols et transats ont pris le relais. D’abord timide, la fréquentation s’est peu à peu fait plus récurrente et plus dense, pour atteindre

de véritables pics les beaux jours, principalement à l’heure de la pause-repas, et à la sortie des bureaux/ écoles. La réappropriation de l’espace, pourtant vraiment déserté au début du projet Lively Cities, et à la réputation désastreuse, s’est fait naturellement, sans publicité, mais grâce au simple bouche à oreilles, à l’accès gratuit à quelques services et installations peu onéreux et à la gestion quotidienne de GAU Namur (nettoyage et mise en place le matin, accueil et présence en journée). Le succès de l’espace tient à cette présence rassurante des stewards, mais également à son renouvellement en continu : le jardin d’été est devenu jardin d’hiver fin octobre, le mobilier coloré remplacé par des rondins de bois, le matériel a voyagé d’un espace à un autre, et entre les partenaires, favorisant ainsi les échanges transnationaux. Le constat est encourageant, car on se rend compte qu’on peut transformer radicalement un espace, la perception que les gens en ont et l’utilisation qu’ils en font, sans métamorphose radicale impliquant des investissements très lourds. La présence humaine et une gestion quotidienne sont, en revanche, indispensables.

L’analyse du fonctionnement de la place François Mitterrand a montré que cet endroit avait un gros potentiel car elle est déjà très fréquentée. Le problème principal reste qu’elle n’offre pas le confort nécessaire pour donner l’envie de s’y attarder. La piste qui a été creusée consiste à offrir un nouveau service de restauration rapide et de qualité pour les passants. L’ensemble des acteurs de la place ont imaginé d’implanter une « baraque à tout » dessinée par un artiste contemporain, Erwin Würm, pour détourner le regard et donner envie de se restaurer sur la place ou dans le parc voisin. Elle offrira une grande variété d’aliments : sandwichs, soupes, salades, viennoiseries… Cette «  baraque » pourra être déplacée en fonction des grands événements programmés sur la place, et marquera l’esprit du lieu en proposant une identité graphique forte.

EINDHOVEN (PAYS-BAS)

Repenser l’espace avec les utilisateurs En 2012 pas moins de 10 tests pilotes et 4 événements saisonniers ont vu le jour dans le quartier de Doornakkers à Eindhoven. Ils ont été organisés de manière transnationale par la ville d’Eindhoven, des étudiants (enthousiastes !) de l’Université de Van Hall Larenstein, partenaire de Lively Cities mais aussi de l’Université Technique d’Eindhoven et de l’Académie Ural des Arts et Architecture de l’Oural (Russie). Toutes les idées des tests pilotes ont été inspirées par un ensemble de bonnes pratiques du monde entier et principalement des partenaires du projet Lively Cities. Parmi ces pilotes, une « Route des Lumières » a été créée avec du mobilier urbain éphémère ainsi qu’une fête d’hiver. Nous avons mis en œuvre un grand nombre d’actions proposée par les habitants et organisations de Doornakkers : • la création de deux « social sofas » avec les habitants (en béton et couverts de mosaïques par les communautés), • 3 promenades • la création d’un salon de thé « De Carrousel » Les espaces de travail sont proches d’écoles primaires, l’une d’entre elles accueille un espace de co-working où les propriétaires de petites entreprises peuvent se rencontrer. Doornakkers, est ce qu’on appelle aux Pays-Bas une « Power Area », c’est-à-dire une zone subventionnée par le

gouvernement pour soutenir l’économie locale, réduire le chômage et améliorer la santé. Quand un nouveau test pilote est développé, les besoins particuliers de cette zone et des communautés qui y travaillent, sont toujours pris en compte. Une forte collaboration est mise en place avec les habitants ainsi qu’avec les propriétaires de petites entreprises : par exemple en coordonnant le travail quotidien des « social sofas » qui a été supervisée par un entrepreneur. Cette approche permet de développer un nouveau réseau communautaire. Globalement 2012 a été une bonne année pour tester un certain nombre de pilotes. Certains tests, a priori faciles à mettre en place, ont avorté, et d’autres, au contraire, ont été bien accueillis et bien adaptés dans le quartier. Les habitants de Doornakkers connaissent de mieux en mieux le projet Lively Cities !

Les méthodes développées dans le cadre de Lively Cities montrent que cette offre de restauration risque de ne pas contribuer à l’animation de la place si elle ne fait pas l’objet de mesures d’accompagnement particulières : mise en place de chaises au soleil, d’éléments décoratifs inattendus ou de dispositifs de protection contre les intempéries, distribution de napperons pour inciter au pique-nique urbain, bibliothèques ambulantes… Ces mesures sont en cours de définition et l’ensemble du projet doit s’installer sur la place à l’été prochain, où nous aurons le plaisir de vous accueillir pour un en-cas au pied des tulipes de Shangri-La !


3 ABERDEEN (ECOSSE)

« Dessus - Dessous » à Aberdeen Entre le 8 février dernier et la fin mars de cette année, les piétons empruntant le souterrain « Correction Wynd » du quartier du Green, à Aberdeen, ont fait l’expérience d’une installation vidéo interactive d’art public par Colin Andrews, qui, comme son nom « Above & Below », traduisez « Dessus-dessous », l’indique, permettait à tous les usagers traversant le souterrain de voir en différé ce qui se passait au-dessus de leur tête, dans la rue d’Union street, principale artère commerciale de la ville. Dans Correction Wynd, ce sont plusieurs écrans qui ont été installés au plafond, face au sol, invitant les piétons à se voir. Deux caméras installées sur Union street retransmettaient en léger différé (quelques minutes) les images de la rue, permettant ainsi aux piétons d’aller se faire filmer sur Union street et se retrouver sur les écrans du souterrain quelques minutes plus tard. Cette installation a été mise en place suite à une analyse préalable de l’espace et des raisons

qui poussaient les usagers à éviter l’endroit. Ainsi, il a rapidement été mis en lumière que le manque d’éclairage générait un fort sentiment d’insécurité, sentiment renforcé par le côté confiné et souterrain du lieu. Ces remarques ont été à la base de l’appel fait auprès d’artistes spécialisés dans l’éclairage et le multimédia pour trouver des solutions créatives. En ce sens, le projet « Dessus-dessous » invite les gens à interagir avec le lieu et transforme les caméras de surveillance normalement utilisées afin de prévenir et/ ou

d’identifier les comportements antisociaux en outil principal de l’installation artistique. L’installation est maintenant en cours d’évaluation afin d’en mesurer l’impact en termes de flux piétons et de perception auprès des utilisateurs. S’il en ressort que le test est positif, ce premier pilote sera la base d’une nouvelle série d’appels à projets et performances artistiques dans le Green, afin que le quartier devienne une véritable destination culturelle.

UNIVERSITE VAN HALL LARENSTEIN (PAYS-BAS)

LOUVAIN LA NEUVE (BELGIQUE)

Un place making vert

La transnationalité à tous les niveaux mise à l’épreuve des communautés !

‘Quand vous finissez un immeuble, vous le regardez décliner. Quand vous finissez un jardin, vous le regardez grandir.’ The Landscape Man (émission de télévision)

Les étudiants paysagistes de l’Université de Van Hall Larenstein (Wageningen, Pays-Bas) ont travaillé pour contribuer à faire de la Place des Wallons, dans le centre ville de Louvain la Neuve, un lieu de vie. Tout d’abord, ils ont réalisé un certain nombre d’analyses grâce aux outils suivants : • modèles de circulation des utilisateurs sur l’espace • analyses des activités sur l’espace le jour et la nuit • observations du comportement des utilisateurs de l’espace Ensuite l’analyse des données a permis de mettre en valeur la disparité des flux sur la Place des Wallons. C’est un des facteurs principaux qui fait de cet espace public un lieu de passage, plus qu’un lieu de destination. Cette observation est devenue le problème principal à résoudre. Les étudiants ont alors proposé une forte « identité verte » pour la Place des Wallons, en créant par exemple des entrées facilement

identifiables, des chemins bien définis et plus de place pour que les utilisateurs se rencontrent. Ils ont proposé des fiches pratiques détaillées pour illustrer ce qu’il était possible de faire, où et pour quel coût ? Avec par exemple, pour thème : les arbres en ville, les toits végétalisés, du mobilier urbain vert ou comment faire un graffiti végétal. Ces propositions font partie d’un travail global pour repenser l’espace et en faire un lieu de vie et de rencontres. Elles ont contribué à mettre en forme un modèle de circulation sur l’espace et à créer un sentiment d’appartenance dans le centre ville. Les recherches viendront en support au développement d’espaces verts urbains durables (sachant que ce développement est chronophage et qui peut prendre des années à être mis en place). Cet « urbanisme vert » met en valeur le place making développé sur les espaces publics, puisqu’il crée un environnement de qualité en répondant simultanément aux besoins sociaux et environnementaux.

Louvain la Neuve (LLN) a été le théâtre d’un évènement sur site mettant en lumière le travail que les étudiants de Van Hall Larenstein (VHL) ont réalisé pendant trois mois au sein de la gestion de centre ville de LLN (BE), une collaboration tripartite et transnationale riche et réussie entre l’AMCV (BE), chef de file du projet, la gestion de centre ville de LLN qui assure la présence sur terrain pour toutes les actions mises en œuvre à LLN dans le cadre de Lively Cities et les étudiants de VHL, partenaire du projet. L’occasion de recueillir l’avis des communautés sur un travail transnational de conceptualisation de l’espace, en proposant de faire de la Place des Wallons le tapis vert (en référence au tapis rouge des stars) de LLN. Cet événement sur site a également été l’occasion de tester du matériel un peu plus lourd, qui a ensuite voyagé à Namur, et de nouvelles consultations publiques interactives ludiques telles que l’arbre à idées invitant les usagers à laisser leurs remarques sur de petites plaques de bois, ou encore le panneau « j’aime/j’aime pas » qui, au moyen de gommettes de couleur a permis de déterminer quelles actions recueillaient les suffrages des votants !


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The Lively Gazette • JUIN 2013/N°2

TOURNAI (BELGIQUE)

Montmartre à Tournai ? Après une première étape de diagnostic et d’analyse, Tournai a développé des projets pilotes sur les deux espaces choisis, à savoir la Place Verte, espace tranquille sur la rive droite de l’Escaut, et le Vieux Marché aux Poteries situé entre la Cathédrale NotreDame et le beffroi, classés à l’UNESCO. Le 24 juillet 2012, un atelier d’écriture a été organisé sur la Place Verte. Stimulés par une animatrice de l’association des écrivains publics de Wallonie Picarde, les résidents de la place et d’autres participants venant de diverses villes de Wallonie ont exprimé leur ressenti par rapport à l’espace. Les textes ont ensuite été lus lors de la journée Lively Cities du dimanche 16 septembre, soit par leurs auteurs, soit par des habitants de la place. Le même jour, un bookcrossing, mené en partenariat avec l’association Tournai Ventre Ville et la bibliothèque communale, a donné l’opportunité à une centaine de personnes, dont une vingtaine de résidents, d’échanger librement des livres. Basé sur une idée lancée en 2009 par des commerçants de l’espace et l’association Tournai Centre Ville, un « Petit Montmartre » a été

organisé durant la journée Lively Cities sur le Vieux Marché aux Poteries. Dans cet agréable cadre historique, peintres et dessinateurs ont partagé leur talent avec près de 1.000 visiteurs. Etant donné le succès de ce projet pilote et le souhait des artistes et des commerçants locaux de renouveler cet événement, il a été décidé d’organiser de nouvelles éditions du « Petit Montmartre » le premier dimanche de chaque mois durant la belle saison (mai – septembre). La journée Lively Cities fut également l’occasion de tester pour la première fois le mobilier urbain amovible acquis grâce au projet : des tables et chaises pour la Place Verte et des chaises « lounge » pour le Vieux Marché aux Poteries. Géré par les stewards de Tournai Centre Ville, ce mobilier amovible permet aux utilisateurs de faire une pause sur ces deux

espaces. L’impact réel de ce mobilier sur la réappropriation de ces lieux sera évalué à la fin de l’été 2013. Tournai réfléchit maintenant à la manière d’offrir l’accès gratuit au Wi-Fi sur le Vieux Marché aux Poteries.

LA LOUVIERE (BELGIQUE)

Bienvenue sur le Jardin des Loups ! La Gestion Centre-Ville de La Louvière a aménagé un jardin sur la place Maugrétout, une place anciennement dédiée au parking récemment rénovée en espace minéral, et très peu utilisée en dehors d’événements existants. L’idée était d’ « amener de l’animation » sans nécessairement « créer une animation ». Ont donc été installés un court de tennis, de l’herbe naturelle et artificielle sur la pierre bleue, des décorations et du mobilier hauts en couleur : tables, chaises, hamacs, fleurs artificielles, poufs, cubes lumineux, sièges, bibliothèque et jeux. Certains commerçants ont participé en

tenant une échoppe proposant essentiellement des rafraichissements. Les utilisateurs pouvaient gratuitement s’installer et rester sur l’espace aussi longtemps que souhaité pour faire du sport, jouer, se reposer, boire un verre ou rencontrer des amis. Une place importante a été réservée à l’atmosphère

de l’espace et l’aménagement mis à disposition, laissant les usagers s’approprier par euxmêmes l’espace et développer leurs propres activités. Le test pilote fut un réel succès et le soutien des communautés important. Les ateliers de cirque et de funambulisme ont sorti leurs activités des murs pour les pratiquer à l’air libre. Le Conservatoire de musique a proposé de venir jouer le jour de l’inauguration. Les clubs de tennis et les écoles sont venus profiter du terrain de tennis ainsi que de la verdure, des livres et des jeux mis à disposition. De nouvelles scènes de vie ont alors lieu sur la place Maugrétout : des employés qui apportent leur sandwich à midi, se reposent avant de rentrer au bureau, des personnes habillées en circonstance pour une fête fête ou une cérémonie utilisent l’espace et les décorations pour des séances photos improvisées, des clients qui savourent leur crème glacée achetée en face... Les personnes interrogées sur place ont pointé les forces du projet : le sport, le mobilier, la décoration, l’atmosphère et le fait qu’il il y ait un espace vert en centre-ville qui apporte de la vie ! Le taux de satisfaction atteint les 97,8%. Cette expérience d’aménagement est très encourageante.

The Lively Gazette #2 [FR]  

La deuxième édition du newspaper du projet Lively Cities

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